Le compagnon inattendu, Les Temps Modernes, 50 ans, n°587 mars-avril-mai 1996, pp. 55-69.
Portrait et bio-express
Janvier 2010. C'est le kamikase, agent double, anti-CIA qui avait menaçé Robert Redeker
Juin 2008. Protégé par le Crif, promu gràce à Gilles de Robien de la banlieue de Toulouse au CNRS, le philosophe se dit "déçu" ... par la justice Française
Mars 2008. La théorie du complot ; attaque virulente de la Chine et du CIO
Juin 2007. Un chercheur toujours "caché" ...
Janvier 2007. Promotion. Robert Redeker au CNRS.
Amende honorable à propos de Bush en Irak

Robert Redeker

Le sport opium des Etats
Emeutes urbaines et nihilisme culturel
Les intimidations islamistes (Le Figaro, 19 septembre 2006) ; menaces (29 septembre 2006) et défenses (1er octobre 2006) ; un jeune pratiquant gardé à vue (17 octobre 2006) ; Robert Redeker, bien soutenus par les intellectuels "parisiens", n'a pas de regrets (16 novembre 2006); un jeune djihadiste arrêté au Maroc (19 décembre 2006) ; Robert Redeker demande "une forme de réhabilitation" auprès du ministre de l'Education nationale ; 17 janvier 2007, chez Jean-Pierre Elkabbach, où il présente son livre à paraître au Seuil : Il faut tenter de vivre ; "propositions" de Gilles de Robien ; 20 janvier 2007 : nomination au CNRS ; 22 janvier 2007 : invité au dîner du Crif.

2006. Professeur de philosophie au lycée de Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse. 2007. Chercheur du CNRS.
Membre, notamment, du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes, revue fondée en 1945 par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et dirigé par Claude Lanzmann.
Son livre : Le Déshumain : Internet, l'école et les hommes, Itinéraires, Saint-Orens-de-Gameville, 2001, porte sur les mutations anthropologiques induites par Internet.
Auteur, également et notamment, de Le sport contre les peuples, Berg International, 2002 ; Le Progrès ou l'Opium de l'histoire, Pleins Feux, 2004 ; Poésie de l'improvisation, Itinéraires, 2005 ; Il faut tenter de vivre, Le Seuil, Paris, janvier 2007.

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QUE penser de la "pétition des 113" intellectuels (devenus 500) en faveur de la paix (Le Monde daté 21-22 octobre 2001) ? Voilà une action qui est traversée par la nostalgie d'un combat commun avec le monde militant et avec le monde opprimé. Retrouver une posture que les dernières décennies du XXe siècle avaient effacée ; gommer le déchirement, survenu au moment de la critique du totalitarisme, entre l'intellectuel et le militant : voilà la tâche de cette nostalgie.
Ecrire, publier, pétitionner, militer sous le souffle grisant du vent de l'histoire : voilà l'âme de cette nostalgie. Ce pacifisme est habité par le désir de reconstituer une intime articulation entre "les intellectuels" et "le prolétariat", comme elle a pu exister jadis, à ceci près que le prolétariat a déclaré forfait, s'éclipsant de l'histoire.
Perdu le prolétariat ? Qu'à Clio ne plaise ! Un remplaçant lui a été trouvé : l'opprimé du tiers-monde, de préférence musulman. Dans leur précipitation, les pétitionnaires, nostalgiques d'une fusion holiste entre les intellectuels et les opprimés, ont soigneusement évité de sonder la nature de l'idéologie (l'islam) véhiculée par le substitut de feu le prolétariat.
Le discours de la cécité volontaire, Le Monde, 22 novembre 2001, p. IV

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Les stoïciens nous ont légué, parmi leurs bienfaits, une logique des préférables. Est préférable, selon Zénon et Chrysippe, ce qui apporte le plus de bien, de beauté et de progrès. Dans la vie politique, qui doit bannir l'Absolu, cette matrice du totalitarisme, il s'agit à chaque instant de déterminer des préférables : le capitalisme, parce qu'il permet sans le nécessiter un plus ample développement de la liberté, parce qu'il a créé aussi de la richesse et de la beauté, est préférable à l'islam, tout comme la symbolique des Twin Towers est préférable aux discours proférés dans les mosquées.
Le capitalisme, comme Braudel l'a mis en relief, fait surgir des ères de civilisation qui permettent un plus grand épanouissement de la liberté (en particulier de la liberté de penser, d'écrire, de publier, de diffuser) et qui offrent de plus riches possibilités de vivre que tous les autres systèmes bâtis jusqu'ici par les hommes.
La logique des préférables a mauvaise presse auprès des intellectuels, spontanément portés au flirt avec l'Absolu. Les préférables sont, le plus souvent, confondus avec les compromis compromettants et la fadeur politique. Pourtant, c'est bien cette propension à adorer l'Absolu - par exemple : la paix - qui a rendu pacifistes beaucoup d'intellectuels d'entre les deux guerres, les transformant d'abord en munichois puis en pétainistes. Le défaitisme révolutionnaire en 1938 disait, aussi bien à la CGT qu'au PCF : plutôt Hitler que la guerre.
Ibidem

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[28 novembre 2005] Le Figaro, Débats et Opinions
Le nihilisme culturel imprègne les émeutes banlieusardes

Les événements enflammant les banlieues françaises en cet automne sont d'un genre inédit dans notre histoire sociale et politique. Un aspect nouveau les singularise : une violence aveugle venant semer la désolation dans des cités populaires, alors que les mouvements sociaux ont toujours fait preuve, historiquement, d'une violence discriminée.
La violence s'est déchaînée contre la culture, écoles et bibliothèques ont été brûlées, comme en temps de barbarie alors que les mouvements de révolte, par le passé, reconnaissaient dans la culture un ordre des choses inviolable.

L'absence de sens caractérise ces événements. Nul discours ne les porte. Voyons-y les premières émeutes postdiscursives, sans discours théorique articulé apte à les justifier, à les placer dans une stratégie historique.
La justification est venue des médias et des commentateurs, faisant dire à ces événements ce qu'ils ne disaient pas par eux-mêmes. Dans les médias, la révolte des banlieues, comme elle était muette, a été ventriloquée. Elle a été commentée en voix off, ou, en sous-titrage sur un film muet.
On a ainsi accompagné un mouvement aussi violent que muet du discours habituellement tenu par les révoltes sociopolitiques. Ce silence de la théorie et des revendications dans le fracas des nuits d'affrontements est pourtant une des données les plus stupéfiantes de ce mouvement.

Il s'agit également des premières émeutes postprogressistes, n'exprimant pas l'attente d'une société parfaite, d'un avenir radieux où toutes les causes de déchirements entre les hommes auraient été effacées. Elles sont les premières émeutes se manifestant, en France, dans un «dehors» absolu par rapport au grand récit progressiste dont le registre s'ouvrit avec les Lumières.
Cette déferlante de violence se situe à l'extérieur de ce que l'histoire de notre pays connut en guise d'extrémisme politique. Même les attentats anarchistes de la fin du XIXe siècle – la sanguinaire «propagande par les faits» (Ravachol) – se voulaient explicitement une page de ce grand récit. La cité idéale figurait comme horizon paradoxal de ces actions meurtrières. Les attentas anarchistes continuaient, à leur repoussante façon, les Lumières.

La réponse en termes sociaux est vouée à l'échec dans la mesure où ces émeutes n'expriment aucun programme. Ce type de réponse fait écho non pas aux émeutiers mais au sous-titrage par lequel les médias accompagnèrent leurs forfaits. Les violences urbaines, au rebours de ce que la réponse sociale attendrait, s'en prennent avec une rage destructrice aux symboles de ces mêmes programmes sociaux : crèches, pompiers, ambulances, cabinets médicaux, cabinets dentaires, écoles et bibliothèques.
La réponse sociale se formule dans le langage de l'imaginaire de l'État français, mais elle manque de prise sur l'imaginaire des émeutiers. La réponse sociale s'incruste dans une vision historique. Du coup, elle ne peut se révéler efficace qu'à la seule condition que les jeunes issus de l'immigration s'incorporent à l'histoire de France, finissant par admettre que l'histoire de France est, jusqu'au plus profond d'eux-mêmes, leur histoire. Autrement dit : que l'histoire, de nationale, devienne leur histoire personnelle.

L'incompréhension, par les jeunes de banlieue, de cet imaginaire national, et le déchaînement de violence appuyé sur cette incompréhension, trouve son explication dans la victoire de la conception sociologique de la culture sur sa conception philosophique. Pour la sociologie, servant de base à tous les travailleurs sociaux, médiateurs, intervenants en banlieue, «la» culture n'existe pas ; seules existent «les» cultures, toutes également légitimes.
A force de marteler que «la» culture est oppression, élitisme, qu'une pièce de Shakespeare n'a pas plus de valeur qu'une chanson, et qu'un vers de Racine ne vaut pas mieux qu'un couscous, comment s'étonner qu'on brûle des bibliothèques ?

On ne cesse de dévaluer «la» culture (sens philosophique du mot) et de surévaluer, au nom du différentialisme, «les» cultures (sens sociologique), dans leur pluralité. Les travailleurs sociaux ne cessent, dans les banlieues, d'incriminer la France, au nom de l'anticolonialisme, de l'antiesclavagisme, et son histoire.

Ils ne cessent de rendre la France non désirable. Comment s'étonner de la non-intégration, alors que ces jeunes se sentent justifiés dans ce qu'ils sont, autorisés à refuser les règles de la citoyenneté puisque tout est légitimé ? Dans ce cadre, il devient impossible de poser des idéaux régulateurs : un modèle idéal de l'homme, un modèle idéal du citoyen.
Les définitions de l'homme et du citoyen entrent, du fait du pluralisme culturel, en concurrence aux dépens des jeunes de banlieue, qui ne savent plus à quoi il faut essayer de ressembler puisqu'on leur a enseigné que tout se vaut. Le nihilisme est la situation d'égalisation des cultures dans laquelle le travail social enferme depuis trop longtemps les populations des banlieues.

Ce n'est pas la pauvreté, c'est-à-dire une situation sociale, qui engendre la violence anomique et insensée, mais le nihilisme, c'est-à-dire une construction culturelle. Par la faute d'un type d'intervention culturelle trop complaisant avec toutes les différences, les jeunes de banlieue ne disposent plus d'aucun concept du citoyen ou de l'homme pouvant faire office d'idéal régulateur.
La disparition de ce type d'idéal, horizon reconnu et intériorisé par tous, est un résultat de la domination de la vision sociologique de culture – «les» cultures – sur la vision philosophique – «la» culture. La surévaluation des cultures, de toutes les cultures, et le fétichisme de la différence l'accompagnant, entraîne un effet inattendu : l'impossibilité, pour des populations issues de cultures étrangères, de s'amalgamer à la culture nationale et républicaine de la France.
Caractérisées par l'absence de sens, les émeutes des banlieues s'expliquent avant tout par le nihilisme auquel a conduit une politique culturelle inspirée de la sociologie plutôt que de la philosophie.
* Philosophe, membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes, auteur de : Le Progrès ou l'Opium de l'histoire (Pleins Feux).
[28 novembre 2005] Le Figaro, Débats et Opinions, Par Robert Redeker

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"Il va falloir choisir", Marianne, 10 au 16 juin 2006, p. 49

J'ai eu tord d'approuver l'intervention.
J'étais hanté par l'inertie des démocraties face aux dictateurs dans l'avant-guerre.
Je pensais que les Irakiens accueilleraient les Américains à bras ouverts.
Je croyais aussi à une pichenette initiale qui favoriserait une contagion démocratique dans la région.
Je sous-estimais la méconnaissance du terrain des Américains et, surtout, l'absence totale de plan cohérent pour l'après-guerre.
Aujourd'hui la situation est tragique car ils ne peuvent ni partir, ni rester et pourtant il va bien falloir choisir ...

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Le sport, un levier de «puissance imaginaire» pour les Etats, Le Figaro, 09 juin 2006, (Rubrique Opinions)

La Coupe du monde de football – à l'instar des Jeux olympiques – ressemble à la scène politique internationale. Tout se passe comme si elle mimait la vie diplomatique, les rapports entre les États. La Fifa ne manque pas d'évoquer un clone de l'ONU. La «centralité» du sport dans les sociétés contemporaines affecte la politique. La crainte de voir la politique instrumentaliser le sport n'est-elle pas passée de saison ? N'assiste-t-on pas à un retournement, le sport se servant de la politique ?

..... Le sport est avant tout un mythe. Ce n'est pas un «fait social total», comme aurait dit Durkheim, c'est un «mythe total». Du point de vue anthropologique, le mythe est toujours le soubassement du social. D'une part, le sport est un mythe total parce qu'il a éliminé tous les autres, s'étant substitué à eux. Le dernier grand mythe social a été le mythe communiste – «l'idée communiste», comme disait François Furet dans Le Passé d'une illusion –, qui a essayé d'ailleurs de composer avec le sport, de le caporaliser. Mais cette collaboration entre le communisme et le sport, entre le mythe communiste et le mythe sportif, était en fait un combat, une lutte à mort – existait de fait une contradiction de fond entre les valeurs communistes et les valeurs sportives. D'autre part, le sport est un mythe dans lequel se nouent, en un écheveau, toutes les représentations adhérentes à l'imaginaire de notre hypermodernité. Sa puissance «s'origine» dans cet amalgame – le mythe sportif est une sorte d'ogre, avalant toutes les formes imaginaires avant de les recycler en un produit planétairement consommable.

Les États pensent mettre le sport à leur service, alors qu'en réalité se produit l'inverse. Qui est sorti vainqueur de tout le ballet diplomatique pour l'organisation des JO de 2012 ? La ville de Londres ? Le gouvernement anglais ? Tony Blair ? Certainement pas. Le CIO, l'olympisme, le sport. Qui s'est montré, en cette occurrence, au-dessus des États ? Le CIO, l'olympisme, le sport. Les peuples retiennent la leçon inverse de ce que les États voudraient leur faire retenir. De fait, le message politique se dissout dans le message sportif – plus exactement le message du CIO – qui prend le dessus. Ces parodies d'ONU que sont le CIO et la Fifa, en parallèle avec cette parodie de réalité qu'est le sport, ne s'organisent que pour accroître leur puissance. Lorsque ces organisations s'articulent à des États, le résultat est invariablement identique : c'est leur message à elles, s'incarnant dans une affirmation de leur puissance, organisations sportives, qui triomphe. Les organisations sportives phagocytent les États ; le domaine sportif phagocyte le domaine politique et diplomatique.

La politique internationale et le jeu diplomatique ont été absorbés par le sport, qui s'ingénie désormais à les parodier. Opium des États, l'imaginaire sportivo-politique enveloppe désormais toute la politique, internationale autant qu'intérieure. Le sport est devenu l'enveloppe de la réalité. La puissance sur les esprits obtenue par la Coupe du monde de football l'indique : le sport est le linceul de la politique. Ainsi vit-on, le 12 juillet 1998, accrochée à l'Arc de triomphe, à Paris, une banderole proclamant «Zidane président». Les citoyens, dans tous les pays, font confiance au sport et aux sportifs, manifestant au contraire la plus haute défiance devant le personnel politique. Tout ce qui est reproché aux politiques est, par les citoyens, pardonné aux sportifs. La Coupe du monde le montre avec éclat : mythe social total de notre époque, le sport construit une scène internationale parallèle autant que parodique, substituant l'ordre sportif à l'ordre politique.
Robert Redeker. Philosophe. Auteur du Sport contre les peuples (Éd. Berg international). À paraître : Le Sport devient-il inhumain ? (Éd. du Panama).

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(Le Figaro, 19 septembre 2006) Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?, par Robert Redeker .

Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.

L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de «troubles à l'ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l'ordre public» que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.

Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen «d'idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d'inouïe violence.

Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D'autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.

Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran.

Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.
lefigaro.fr, Publié le 19 septembre 2006Actualisé le 19 septembre 2006 : 09h03

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Vendredi 29 septembre 2006 - 06:00 L'auteur de la tribune satanique menacé
Après sa charge antimusulmane dans «le Figaro», l'enseignant Robert Redeker vit caché.

«Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine», un «pillard, massacreur de juifs et polygame», tel se révèle Mahomet à travers le Coran, «livre d'inouïe violence».
La charge parue dans les pages débats du Figaro du 19 septembre était signée Robert Redeker, suivi du nom de son lycée. Dès le lendemain, le répondeur téléphonique et la boîte mail de cet enseignant d'un lycée de la banlieue toulousaine débordaient d'insultes et de menaces de mort, incidemment accompagnées de précisions sur sa vie quotidienne. Il a déposé plainte auprès de la police, qui a tout de suite jugé que ces «menaces circonstanciées» nécessitaient protection.

«Abandonné» par le ministère de l'Education et les syndicats

Robert Redeker, agrégé de philosophie, vit aujourd'hui caché, «quelque part en France», selon la formule consacrée, et sous haute protection de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Il regrette cet isolement forcé. Mais fait savoir qu'il ne regrette pas ses écrits. Il n'a fait, dit-il en substance, qu'exercer le droit républicain à la liberté d'expression.
Pour expliquer que ses propos n'ont rien d'outranciers, il renvoie à l'historien de l'islam Maxime Rodinson et à Voltaire contre l'obscurantisme religieux. «Robert est souvent excessif, rapporte un de ses confrères philosophe, enseignant à Toulouse. Je dirais même qu'il en fait sa manière d'enseigner.»

Membre du comité de rédaction de la revue les Temps modernes, Robert Redeker est auteur de nombreuses tribunes, dont certaines publiées par Libération, dans lesquelles il décrit avec férocité les renoncements et la lâcheté de ses contemporains.
Il dénonce ainsi régulièrement la «pédagogie déferlante», la «sociolâtrie» qui rabaissent selon lui les professeurs au rang de vulgaires animateurs de quartiers.
Il s'en prend aussi aux médias, coupables d'avoir cherché, l'an dernier, une «justification» sociale à l'embrasement des banlieues, «violence aveugle» qui se déchaîna «contre la culture, les écoles et les bibliothèques».
«Il est sûr de sa pensée, rapporte une de ses connaissances . Son irrespect de la chose religieuse ne se limite pas à l'islam. Il met la même ardeur à dénoncer ce qu'a été l'Inquisition catholique ou l'intégrisme dont font preuve quelques curés qui ne se privent pas de vouer les incroyants aux enfers.»

Intitulée «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?», sa tribune au Figaro traitait des réactions aux propos de Benoit XVI sur l'islam et la violence. Il y dénonçait «l'islamisation des esprits en France».
A la manière du communisme jadis, l'islam entendrait aujourd'hui «poser sa chape de plomb sur le monde». Les musulmans se sont sentis insultés, y compris les plus modérés, tel cet imam toulousain qui n'apprécie pas d'avoir été «confondu avec les islamistes».
Les représentants locaux de la Fédération des musulmans de France ajoutent que «ce n'était peut-être pas la peine de mettre de l'huile sur le feu au moment où des croix gammées sont peintes sur la mosquée de Carcassonne».
L'article de Redeker avait valu à l'édition du 19 septembre du Figaro une interdiction de vente en Tunisie et en Egypte.

Robien «solidaire».

L'extrême droite s'est précipitée sur l'affaire. Le FN y voit la démonstration que «l'organisation de l'islam prônée par Nicolas Sarkozy est un échec», tandis que le MPF de Philippe de Villiers salue «la lucidité» du professeur. Sur RTL, le ministre de l'Education nationale, Gilles de Robien, s'est déclaré «solidaire» de Redeker : «Chacun peut bien sûr exprimer ses opinions, nous sommes en démocratie.» Mais il a aussitôt nuancé, faisant valoir qu'en tant que fonctionnaire, l'enseignant aurait dû se montrer «prudent, modéré, avisé en toutes circonstances». La solidarité a ses limites.
Libération, 29 septembre 2006, p. 16, Par Alain AUFFRAY et Gilbert LAVAL (à Toulouse). QUOTIDIEN : Vendredi 29 septembre 2006 - 06:00

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Paru le : 30/09/2006 ISLAM RADICAL. Le professeur menacé, protégé par la police

Le professeur de philosophie d'un lycée de la banlieue de Toulouse qui a publié une tribune contenant des propos virulents contre l'islam est aujourd'hui menacé de mort. Il a été placé sous protection policière.

EN TAPANT « Robert Redeker » sur les moteurs de recherche Internet, les réponses ont changé depuis quelques jours. Habituellement, les liens étaient exclusivement des sites consacrés à ses écrits philosophiques. Aujourd'hui, le Web est inondé de forums, articles et réactions concernant les menaces de mort dont l'intellectuel fait l'objet.
La messagerie Internet du professeur de philosophie déborde d'insultes et d'appels au meurtre contre celui qui aurait insulté l'islam, selon ces violents détracteurs. L'homme est sous la protection policière, il se cache et change régulièrement de domicile.
La fatwa aurait même dépassé les frontières nationales. Des forums jihadistes auraient dévoilé ses cordonnées et publié un plan pour accéder à son domicile et, sur la chaîne Al-Jazira, Youssef al-Qaradawi, islamiste radical égyptien, a fait du professeur de philosophie l'islamophobe du moment.
Preuve de la psychose : l'ambiance qui entoure le lycée Pierre-Paul-Riquet, dans lequel Robert Redeker enseigne. Le professeur, autorisé à déserter les salles de cours, est remplacé pour une durée indéterminée. Au sein de l'établissement, la salle des professeurs est coupée en deux : ceux qui soutiennent du bout des lèvres l'enseignant et les autres qui lui reprochent ses prises de position parfois radicales.
Les lycéens sont également partagés. Certains ne soutiennent pas le professeur, réputé pour ses prises de position polémiques. Pierre Donnadieu, proviseur du lycée, refuse de se prononcer sur le contenu des propos de l'enseignant. Le chef d'établissement assure simplement qu'il a pris « des mesures de sécurité stricte ». La plus spectaculaire : les services administratifs du lycée filtrent et vérifient, un à un, les plis reçus au nom de Robert Redeker. Ils n'écartent aucune éventualité, même celle d'un colis piégé.

« Seul, abandonné »

A l'origine de la polémique, une tribune du professeur dans « le Figaro » daté du 19 septembre. L'intellectuel français y critique l'islam et son prophète Mahomet : « Chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. (...) Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. »

L'homme menacé s'estime « lâché par les syndicats enseignants qui, généralement, vous félicitent lorsque vous critiquez l'Eglise catholique, mais qui sont plus réticents lorsqu'il s'agit de critiquer l'islam ». Il se dit également « seul, abandonné » par l'Education nationale. Pourtant, Gilles de Robien s'est déclaré « solidaire ».

Mais le ministre de l'Education nationale a souhaité apporter une nuance : « En signant une tribune libre, cet enseignant a impliqué l'Education nationale. Un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances. » De son côté, le Premier ministre Dominique de Villepin a condamné vivement les menaces contre l'auteur en les qualifiant d'« inacceptables ». Ligue des droits de l'homme, Reporter sans frontières, et le Mrap se sont exprimés en faveur de la liberté d'expression.

La controverse, qui a lieu un an après la publication des caricatures de Mahomet, a également fait réagir les représentants de l'islam de France qui condamnent unanimement les menaces contre Robert Redeker.

Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, a affirmé que ces fatwas émanaient de radicaux dont « il ne faut pas faire le jeu ». « Je déplore toutes les violences, physiques ou verbales. Ce ne sont pas les musulmans qui le menacent, ce sont des extrémistes, des radicaux. »
Une enquête a été ouverte et confiée aux services du contre-espionnage (DST).
Azzeddine Ahmed-Chaouch

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Dépêches de l'Education du Dimanche 1 octobre 2006 Peillon (PS): la République "se doit de défendre" Redeker

Vincent Peillon, un des responsables du NPS (Nouveau Parti Socialiste), s'est insurgé contre les menaces proférées à l'encontre de Robert Redeker, auteur d'une tribune critique contre l'islam, estimant que c'est "la République toute entière qui, attaquée dans ses fondements, se doit de le défendre".

Dans un communiqué, le député européen socialiste "assure" le professeur de philosophie de "sa solidarité", et "attend de toutes et de tous, autorités républicaines, élus de la nation, collègues enseignants, parlementaires et élus, qu'ils fassent de même".

"Si par gêne, peur ou indifférence, nous ne le faisions pas, mesurons bien ce qu'il pourra nous en coûter demain: rien moins que le prix de la liberté et de la paix, dont on se souviendra alors, dans le remords et la honte, que précisément elles n'ont pas de prix", ajoute M. Peillon.

Pour lui, "il n'est pas tolérable (...) que la liberté et la sûreté d'un citoyen (...) soient à ce point bafoués, sans déclencher une réponse sans ambiguïté des pouvoirs publics et de l'ensemble de la nation".
VousNousIls.fr, Dépêches de l'Education du Dimanche 1 octobre 2006

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Mercredi 18 octobre 2006, Dépêches de l'Education
Affaire Redeker: un suspect arrêté pas considéré comme terroriste

Un homme de 25 ans a été interpellé lundi et placé en gardé à vue pour avoir adressé une menace de mort au Pr. Robert Redeker, auteur d'une tribune sur l'islam le 19 septembre, mais son acte n'a aucun lien avec un quelconque groupe terroriste, selon le parquet de Paris.

Cet homme de 25 ans, employé comme téléopérateur dans une société implantée à Orléans, a été arrêté après avoir envoyé le 29 septembre un e-mail contenant une "menace de mort" à l'adresse de la boîte mail de M. Redeker.

Les policiers sont parvenus à remonter jusqu'à lui par ce biais avant de l'interpeller lundi matin à Orléans d'où il a été transféré à Paris.

Après 24 heures de garde à vue dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Paris, où il a reconnu les faits selon une source judiciaire, le suspect a été retransféré vers Orléans.

En effet, la section antiterroriste du parquet de Paris a décidé de se dessaisir au profit du parquet d'Orléans, car les faits reprochés au suspect ne revêtent, à ses yeux, aucun caractère terroriste.

L'homme, se disant musulman pratiquant, n'aurait aucune affiliation à un groupe terroriste, islamiste radical ou même proche de cette mouvance, selon une source proche du dossier qui précise qu'il semble avoir agi par simple "haine" envers le professeur de philosophie.

Selon les enquêteurs, l'acte de cet homme relève d'une entreprise "individuelle et non pas terroriste".

Après son retour à Orléans, le suspect devrait rester en garde à vue au plus tard jusqu'à mercredi matin, avant d'être déféré au parquet de cette ville qui va décider de la suite judiciaire à donner à son affaire. Il risque d'être poursuivi pour "menaces aggravées", ce qui lui fait encourir cinq années de prison.

Il était connu des services de police locaux pour des faits de droit commun n'ayant pas trait à l'islamisme radical.

Parallèlement, l'enquête préliminaire ouverte à la section antiterroriste du parquet de Paris le 22 septembre pour "menaces de mort" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", se poursuit pour tenter d'identifier d'autres personnes à l'origine de messages contenant des menaces.

Les premières menaces de mort contre le Pr Redeker avaient été diffusées sur internet le 21 septembre.

Placé sous protection policière, Robert Redeker, qui enseigne la philosophie à Saint-Orens-de-Gameville (Haute-Garonne), change régulièrement de domicile, après la publication d'une tribune le 19 septembre dans Le Figaro intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?".

Il avait notamment qualifié le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame" et le Coran de "livre d'inouïe violence".

Le conseil national supérieur de l'enseignement supérieur et de la Recherche (Cneser), consultatif et représentatif, a adopté "à l'unanimité" une motion pour la défense de la liberté d'expression, faisant référence à l'affaire Redeker, a annoncé mardi le syndicat étudiant Uni.
NousVousIls.com, Les dépêches de l'Education,

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16/11/2006 10:58 PARIS, 16 nov 2006 (AFP) - Redeker ne regrette pas ses propos qui visaient "une religion, pas des gens"

Robert Redeker, le professeur de philosophie menacé de mort après avoir signé en septembre une virulente tribune sur l'islam, a défendu une nouvelle fois jeudi ses propos, qui n'avaient selon lui rien de "délictueux" et visaient une "religion, non pas des gens".

"Est-ce que vous retirez quelques phrases ?", lui a-t-on demandé jeudi à l'antenne de la radio RTL, au lendemain de sa participation à un meeting de soutien en sa faveur à Toulouse, sa "première sortie publique" en deux mois.

"Si j'étais allé trop fort, j'aurais outrepassé le droit, c'est-à-dire que je serais tombé dans des écrits délictueux, c'est-à-dire des écrits à caractère raciste, antisémite et donc illégaux ou injurieux", a répondu l'enseignant.

"Dans cet article, je n'ai injurié personne, je ne me suis pas attaqué aux musulmans, je me suis attaqué à un texte, je me suis attaqué à une religion, non pas à des gens, à une religion c'est-à-dire à une idéologie", a-t-il ajouté.

"Si l'on dit +c'est allé très loin+, eh bien on ne pourra plus jamais critiquer aucune idéologie (...) demain vous allez attaquer le libéralisme, vous allez attaquer le communisme, vous allez attaquer le nazisme, le fascisme et on va vous dire +mais il y a des nazis qui sont blessés par vos attaques, il y a des libéraux qui sont blessés par vos attaques+, alors plus aucun débat n'est possible", s'est-il encore justifié.

Robert Redeker, qui enseignait la philosophie dans la région de Toulouse, a publié le 19 septembre dans le Figaro une tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?"

Il y qualifiait notamment le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".

Il a depuis reçu des menaces de mort et vit sous protection de gendarmes, changeant fréquemment de domicile.
la-Croix.com, 16/11/2006 10:58

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BHL, Bruckner et Finkielkraut au meeting de soutien à Robert Redeker source : Associated Press le 15/11/2006 16:06

Philosophes, intellectuels et associations militantes organisent mercredi soir à Toulouse un meeting de soutien à Robert Redeker, professeur de philosophie menacé de mort après la publication d'une tribune critique envers l'Islam dans "Le Figaro" le 19 septembre.

A l'appel d'Arie Bensemhoun, président du CRIF Midi-Pyrénées et de Bernard-Henri Levy, un collectif d'intellectuels et d'organisations (Mohamed Arbi, vice-président de "Ni putes ni soumises", Dominique Sopo de "SOS Racisme", Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, BHL...) est attendu au meeting de soutien à la salle Mermoz de Toulouse en début de soirée.

"Il est temps de se mobiliser pour défendre la liberté et la liberté d'expression", a expliqué M. Bensemhoum à l'Associated Press. "Le droit républicain doit régner en France." "Robert Redeker doit retrouver immédiatement sa liberté", a conclu M. Bensemhoun Philippe Val, journaliste à Charlie Hebdo, participe au meeting de soutien. "Je défends Redeker et la liberté d'expression", a-t-il confié à l'AP. "Néanmoins, il est responsable de ses propos et doit en assumer les conséquences."

Professeur de philosophie et essayiste, M. Redeker a rédigé une tribune dans "Le Figaro" daté du 19 septembre intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?". Menacé de mort, il est toujours sous protection policière et n'assure plus ses cours dans un lycée de la banlieue toulousaine. AP
lenouvelobs.com, 15 nov. 17 h 31

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09-01-2007 sur le site www.la-croix.com Arrestation de l'auteur présumé des menaces contre Robert Redeker

Le parquet de Paris va demander des précisions sur un suspect arrêté au Maroc le 19 décembre (2006) qui a reconnu avoir été l'auteur en septembre de menaces de mort sur Internet visant le professeur de philosophie Robert Redeker

La police judiciaire marocaine a confirmé mardi 9 janvier l'arrestation de l'auteur présumé de menaces de mort visant un professeur de philosophie en France, Robert Redeker. Pendant son interrogatoire, il a reconnu avoir menacé sur Internet le professeur toulousain, a indiqué une source judiciaire à Rabat.

Robert Redeker, qui enseignait la philosophie dans la région de Toulouse, avait publié le 19 septembre 2006 dans le Figaro une tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?" Il y qualifiait le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mohammed de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".

Originaire d'Essaouira, à 450 kilomètres au sud-ouest de Rabat, l'auteur présumé des menaces, âgé de 20 ans, a été extradé vers le Maroc par les autorités libyennes, le 19 décembre 2006, en compagnie d'un autre islamiste présumé de 24 ans, également de nationalité marocaine, a-t-on ajouté de même source.

Ces deux hommes, qui sont détenus à la prison civile de Salé, ville jumelle de Rabat, entendaient se rendre en Irak pour y mener le jihad.

Robert Redeker s'est dit "heureux"

Le parquet en charge à Paris d'une enquête préliminaire sur les menaces reçues par l'enseignant toulousain va adresser aux autorités judiciaires marocaines une "demande d'entre-aide judiciaire" afin d'obtenir plus d'éléments sur le suspect. L'homme n'était pas connu des services de police français, a-t-on indiqué de source proche du dossier.

Comme l'indique le journal Le Parisien dans son édition de mardi c'est sous le pseudonyme d'Omar al-Battar, que le suspect avait mis en ligne le 20 septembre 2006 sur Al-Hesbah, un forum Internet jihadiste réputé proche d'Al-Qaida, un appel au meurtre visant l'enseignant qui avait alors été placé sous protection policière.

Cette interpellation est "le fruit d'un important travail de coopération internationale", souligne un haut responsable de la lutte antiterroriste, cité par le quotidien. Les enquêteurs ont pu retrouver la trace de cet islamiste en utilisant l'adresse mail et en sollicitant l'hébergeur américain du forum.

Robert Redeker s'est dit "heureux" de l'arrestation au Maroc de l'auteur présumé de cet appel au meurtre, "mais reste sur ses gardes", a indiqué mardi Stéphane Baumont, le co-président de son comité de soutien.

"L'annonce de cette arrestation est pour lui une formidable respiration nouvelle, mais il reste inquiet, angoissé", a précisé à l'AFP Stéphane Baumont, qui s'est entretenu longuement mardi matin avec le professeur qui vit caché et sous protection policière avec sa famille depuis quatre mois. Selon une source judiciaire, la protection policière autour de l'enseignant était maintenue. AFP et AP
la-Croix.com, 09-01-2007 16.29

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mercredi 10 janvier 2007, 9h56 Le professeur Redeker demande "une forme de réhabilitation"

TOULOUSE (AFP) - Le professeur de philosophie Robert Redeker, menacé de mort à la suite d'une tribune sur l'islam, a demandé mercredi dans un entretien à La Dépêche du Midi "une forme de réhabilitation" auprès du ministre de l'Education nationale après l'arrestation de l'auteur présumé de ces menaces.

"Ses premières paroles ont été celles d'une accusation. Et il n'est jamais revenu sur ses propos. J'estime aujourd'hui qu'il devrait se livrer à une forme de réhabilitation envers moi", a indiqué ce professeur au lycée de Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse, évoquant le ministre Gilles de Robien.

Près d'une semaine après la publication de sa tribune le 19 septembre dans Le Figaro, le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien lui avait apporté un soutien mesuré, se déclarant "solidaire" mais en ajoutant qu'"un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances".

M. Redeker, 52 ans, "regrette aussi que, jamais, pendant cette période difficile, l'inspection générale de philosophie ne (l)'a ni appelé au téléphone, ni (ne lui a) adressé un message".

"Et lorsque j'ai dû déménager pour assurer ma sécurité, nous l'avons faits seuls avec mon épouse", a-t-il ajouté, précisant qu'il était "fortement déçu" par l'Education nationale notamment.

Ce professeur de philosophie, qui vit toujours caché sous la protection des forces de l'ordre, a tenu à saluer dans cet entretien au quotidien régional le travail de la police et des gendarmes pour l'arrestation le 19 décembre d'Adil al Hyanne. Ce djihadiste originaire d'Essaouira (Maroc), âgé de 20 ans, a été extradé le même jour par la Libye et a reconnu avoir menacé M. Redeker sur internet.

Pour Robert Redeker, cette interpellation est surtout "la preuve apportée à mes détracteurs que cette affaire était sérieuse". "J'ai été très affecté d'entendre et de lire dans une certaine presse d'inspiration islamo-gauchiste que j'avais monté cette affaire de toutes pièces", a-t-il poursuivi, précisant qu'il n'excluait pas "une éventuelle action en justice".

Dans sa tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?", il qualifiait le Coran de "livre d'inouïe violence" et le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".

L'enseignant (qui perçoit toujours son traitement, sans service fait, notedt) doit publier vers le 20 janvier au Seuil un livre sur ses "quatre mois de reclus, d'exilé intérieur", selon son comité de soutien.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 10 janvier 2007, 9h56

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mercredi 17 janvier 2007, 9h31 Robert Redeker: "j'ai vécu comme dans un tombeau"

PARIS (AP) - "Pour ma sécurité, on m'a enterré vivant. J'ai vécu comme dans un tombeau", a déclaré mercredi Robert Redeker dans la première intervention publique de ce professeur de philosophie de Toulouse menacé de mort après la publication d'une tribune critique envers l'Islam dans "Le Figaro" le 19 septembre dernier.

Se considérant "comme en fuite dans mon propre pays", Robert Redeker a estimé sur Europe-1 (notedt, dans l'émission du directeur Jean-Pierre Elkabbach) qu'il se sentait abandonné par ses collègues mais aussi par les syndicats: "il y a derrière des raisons politiques. J'étais une victime mais je n'étais pas une bonne victime. Je n'étais pas pauvre, je n'étais pas sans papier, je n'étais pas, politiquement, sans doute du bon côté".

Précisant qu'il percevait toujours son salaire dans la mesure où il n'avait commis aucune faute professionnelle, Redeker a souligné: "l'Etat ne m'a pas abandonné matériellement (...) mais j'ai le sentiment de n'avoir pas été soutenu par le ministère de l'Education nationale". Il a précisé qu'il devait être reçu par le ministre Gille de Robien durant son séjour parisien. "Je suis heureux de le rencontrer, cela lèvera, peut-être, des malentendus".

Revenant sur la polémique née de sa tribune, Redeker a réaffirmé qu'"aucun prophète ne doit nous terroriser en pays laïc ou ailleurs": "aucun prophète ne doit terroriser la liberté". "Je n'ai pas frappé trop fort. Ce que j'ai dit dans ce texte du 'Figaro' est une partie de la vérité".

Redeker, qui vient de publier un livre intitulé "Il faut tenter de vivre", a précisé qu'il était "toujours protégé": "il y a des dispositifs très précis qui assurent ma protection à mon domicile et lors de mes déplacements. L'organisation de ces dispositifs un peu partout prouve l'existence de la menace qui ne concerne pas que ma personne mais qui concerne aussi mon entourage, ma famille, mes enfants, ma femme".

Interrogé sur l'arrestation en décembre au Maroc d'un Marocain qui aurait reconnu être l'auteur des menaces de mort contre lui, Robert Redeker a estimé que cette arrestation "relance les peurs, relance les craintes parce qu'elle prouve qu'il s'agit de djihadistes organisés".

L'auteur présumé de ces menaces avait été interpellé mi-décembre dernier après avoir été expulsé de Libye où il avait séjourné avec une autre personne. Connu sous le pseudonyme d'Omar al-Batar, le jeune homme d'une vingtaine d'années aurait reconnu être l'auteur des messages de mort mis en ligne sur un site Internet djihadiste contre Robert Redeker. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 17 janvier 2007, 9h31

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17/01/2007 19:52 PARIS, 17 jan 2007 (AFP) - Robien a fait des "propositions" à Redeker

Le ministre de l'Education Gilles de Robien a fait mercredi des propositions à l'enseignant Robert Redeker, menacé de mort à la suite de la publication d'une tribune critique sur l'islam, pour qu'il retrouve une activité professionnelle, a-t-on appris de sources concordantes.

Le ministre de l'Education nationale a reçu Robert Redeker mercredi à 16h00.
Selon un communiqué du ministère, "le ministre a tenu à lui réaffirmer toute sa solidarité dans les épreuves qu'il a endurées, depuis la parution de sa tribune dans la presse en septembre 2006".
"Il a également rappelé que toute atteinte à la liberté d'opinion et d'expression est intolérable, et doit être condamnée", selon le texte.

Gilles de Robien "souhaite désormais que ce professeur puisse retrouver une vie normale et sereine avec sa famille, ainsi qu'une activité professionnelle à laquelle il avait dû renoncer provisoirement pour des questions de sécurité. En ce sens, le ministre a fait plusieurs propositions à Robert Redeker", selon le communiqué.

L'enseignant avait déclaré avant d'être reçu "ne pas avoir été soutenu" par le ministère de l'Education nationale, au contraire de Nicolas Sarkozy.
Après cette entrevue, l'enseignant a déclaré, dans une une interview à Public Sénat, qui doit être diffusée mercredi soir: "ça va beaucoup mieux que ce matin".
"Il y a des propositions qu'il faut étudier", a-t-il confirmé.
"Les propositions visent à faire la chose suivante: que j'aie à l'intérieur de l'institution une existence à nouveau visible", a-t-il précisé.
la-Croix.com, 17/01/2007 19:52

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20 janvier 2007. Robert Redeker quitte l'enseignement et va travailler au CNRS

Robert Redeker, 52 ans, qui vit caché depuis quatre mois à la suite des menaces de mort à son encontre, a annoncé qu'il allait cesser d'enseigner et avait accepté une proposition que lui a faite le ministre de l'Education nationale de travailler au CNRS (Centre national de la recherche scientifique).

"Le ministre de l'Education Gilles de Robien m'a fait une proposition qui est une véritable réhabilitation, a-t-il dit sur l'antenne de France Info. Il a parfaitement compris la situation et a pris la décision de me verser au CNRS où je pourrai continuer à faire mes recherches. Je l'en remercie".

Gilles de Robien avait reçu mercredi Robert Redeker qui s'était plaint de "n'avoir pas été soutenu" par le ministère de l'Education nationale, au contraire de Nicolas Sarkozy.

Le ministre de l'éducation nationale lui avait alors fait des propositions pour qu'il retrouve une activité professionnelle et avait "réaffirmé toute sa solidarité dans les épreuves qu'il a endurées, depuis la parution de sa tribune dans la presse en septembre 2006".

En septembre, lorsque l'enseignant avait été la cible de menaces de mort par internet, Gilles de Robien s'était déclaré "solidaire" du professeur de philosophie, mais avait rappelé qu'"un fonctionnaire doit se montrer prudent et modéré en toutes circonstances". L'auteur présumé des menaces de mort a été arrêté au Maroc le 19 décembre 2006.
LEMONDE.FR Avec AFP | 20.01.07 | 13h12 • Mis à jour le 20.01.07 | 13h13

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REUTERS : samedi 20 janvier 2007 Robert Redeker quitte l'enseignement pour le CNRS

PARIS (Reuters) - Robert Redeker, le professeur de philosophie menacé de mort pour avoir publié une tribune critique sur l'islam, a annoncé samedi sa décision d'arrêter l'enseignement tout en restant au sein de la fonction publique.

Il a expliqué sur France info avoir accepté la proposition du ministre de l'Education, Gilles de Robien, d'être transféré au CNRS, le centre national de la recherche scientifique.

"Je pourrai continuer à être essayiste, à développer mes recherches sans être dans une sorte de simili-retraite", a-t-il précisé.

Robert Redeker, 52 ans, a estimé que le ministre de l'Education avait "parfaitement compris la situation", notamment "l'impossibilité" pour lui de retourner enseigner dans son lycée "ou bien dans un autre".

Professeur dans un lycée de la banlieue toulousaine, Robert Redeker vit caché et sous protection policière depuis la tribune sur l'islam publié dans le Figaro du 19 septembre, où il jugeait cette religion intrinsèquement violente.

Son cas a suscité une mobilisation des intellectuels et des partis politiques en sa faveur. Le Premier ministre Dominique de Villepin a assuré que le gouvernement était mobilisé "pour faire respecter la liberté d'opinion dans le respect des autres".
Yahoo.fr, actualités, REUTERS : samedi 20 janvier 2007

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mardi 23 janvier 2007, 23h39 La menace nucléaire iranienne au menu du dîner annuel du Crif Par Chantal VALLETTE et Frédéric DUMOULIN

PARIS (AFP) - La menace nucléaire iranienne a été au coeur mardi soir des interventions au dîner annuel du Crif du président de l'organisation Roger Cukierman, de Dominique de Villepin et même de Ségolène Royal, qui a fait un passage éclair et non prévu à cette soirée.
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Invité d'honneur de cette 22e soirée du Conseil représentatif des institutions juives de France, le Premier ministre a une nouvelle fois mis en garde Téhéran, désormais placé "devant le choix" entre une "coopération avec la communauté internationale" ou "un isolement croissant".
Rappelant le "message clair" de la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l'Onu, votée en décembre, il a dit "espérer que Téhéran fera le choix du dialogue et prendra les décisions permettant une reprise des négociations".
"Si tel n'était pas le cas, si l'Iran ne se conforme pas à ses obligations, des mesures supplémentaires seront examinées", a insisté M. de Villepin en promettant "la vigilance" et "la détermination" de Paris sur ce dossier "majeur pour notre sécurité et la sécurité d'Israël". "Soyez assuré de nos efforts pour maintenir l'unité de la communauté internationale, car c'est la condition de la légitimité de notre action et donc au final de son efficacité", a ajouté le chef du gouvernement.
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A trois mois de la présidentielle, les personnalités politiques étaient très nombreuses au dîner, parmi lesquelles le patron du PS François Hollande, le candidat UDF à l'Elysée François Bayrou, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, et plusieurs ministres. La communauté juive compte 600.000 membres en France.

Dans une allusion à ce rendez-vous électoral, M. Cukierman a rappelé que son mandat à la tête du Crif expirait lui aussi en mai. "Bien entendu, le Crif restera neutre, et ne donnera aucune consigne, si ne n'est d'aller voter et de ne pas contribuer à la banalisation des idées xénophobes", a-t-il ajouté, alors que la gauche l'accuse souvent d'être acquis à M. Sarkozy.

Parmi les 800 invités du dîner du Crif, figuraient aussi le professeur de philosophie Robert Redeker, qui vit sous protection policière après avoir été menacé de mort à la suite de la publication d'une tribune sur l'islam, ainsi que Ruth Halimi, mère du jeune Ilan, mort il y a un an après avoir été torturé pendant trois semaines par le "Gang des Barbares".
Yahoo.fr, actualités, mardi 23 janvier 2007, 23h39

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Robert Redeker, 52 ans, professeur de philosophie, vit clandestinement sous protection policière depuis septembre après avoir publié dans «le Figaro» une tribune critiquant l'islam.
Il paie cache, Par Judith PERRIGNON, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 24 janvier 2007

Sur la petite boîte électronique accrochée à sa ceinture, il y a un bouton rouge où il est écrit SOS, et en dessous quatre touches allant de 1 à 4 en fonction du danger. L'alarme disparaît derrière une veste sombre.
Le costume-cravate, ça fait quatre ans qu'il s'y est mis pour se distinguer de la salle des profs, «parka et gauche obligatoire».
Il leur ressemblait de moins en moins et tenait à ce que ça se voit.

Tout à l'heure, un motard des Renseignements généraux viendra le chercher, pour l'escorter vers l'aéroport. Il rejoindra le Sud-Ouest, les gendarmes l'accueilleront, l'emmèneront chez lui, une nouvelle maison sans adresse, ni boîte aux lettres. Il relève son courrier à 40 kilomètres de là, il s'y rend chaque jour en voiture. Pour le pain, c'est pareil, il choisit une boulangerie à une heure de route. Il y va seul, son bouton SOS-fatwa à la ceinture, la protection s'est assouplie, mais surtout, ne pas créer d'habitudes. Il dit qu'il n'a pas peur. Que ce sont les autres. Ce n'est pas sûr.

Robert Redeker est un monsieur petit, rond et gris, professeur de philosophie en Haute-Garonne.
Sa plume sulfureuse masque un être engourdi.

En septembre dernier, il publiait une tribune dans le Figaro, tableau d'un islam intrinsèquement violent à l'image de son prophète. Des islamistes le condamnaient aussitôt à mort. Donc à la réclusion. Il vient de publier le récit de ces derniers mois.
C'est le journal d'un homme qui compte et recompte : qui le soutient, qui l'oublie, qui le lâche. Ce n'est pas l'oeuvre d'un intellectuel, creusant son sujet, mais l'inventaire de celui qui ne voit plus que les quatre murs d'une planque. On y devine sa femme, ses vieux parents inquiets, de rares amis et trois enfants. Le dernier, collégien, vivait encore chez ses parents. Ces derniers mois l'ont conduit vers l'internat.
On y entend jusqu'à l'obsession les haines recuites de la salle des profs. On reconnaît aussi, au fil des noms (qui est là, qui n'y est pas), les tranchées du débat intellectuel français devenu aussi prévisible que le conflit israélo-palestinien.

Au milieu de tout ça, un prof qui bricola un pamphlet : «Je l'ai fait dans la galaxie Gutenberg, dans le journal lu en France le matin dans le train, ou au petit déjeuner, où on se bat avec des mots, des formules un peu lapidaires qui provoqueront la réaction... Mais les journaux sont aussi sur l'Internet, la galaxie électronique n'a pas le même fonctionnement que celle de Gutenberg, tout devient mot d'ordre.» A l'autre bout du terminal, les fanatiques font des revues de presse.

Il aurait pu vieillir tranquillement parmi les profs, être l'un d'eux, celui qui s'enorgueillit d'écrire dans la revue les Temps modernes, et des tribunes dans la presse nationale.
Comme beaucoup, il fut un gauchiste forgé par les années 70, jamais encarté, jamais stalinien, ni trotskiste, mais proche des anarchistes de la CNT. Ses 20 ans l'avaient conduit là.
Il avait trois ans de retard, triplé sa première, passé son bac en candidat libre faisant quarante kilomètres en vélo pour rejoindre Toulouse. Il voulait ressembler aux autres, à la jeunesse qu'il fréquentait peu. Il réalisait à peine qu'il était fils de pauvre, chose dont son enfance ne s'était pas embarrassée.
Alors, il embrassa le romantisme révolutionnaire, si fort en ces lieux, refuge des républicains espagnols. Ensuite, comme eux, les profs, il s'embourgeoisa doucement, se maria («Mais pas avec une prof !») avec une femme qu'il rencontra dans un bus. Il eut une famille, un pavillon, des relations à Paris.
Il pestait naturellement contre la gauche et les déboires de la pédagogie à laquelle il crut.

Il afficha son soutien à Jean-Pierre Chevènement. Et puis le vernis a craqué. Il a appris à faire le noeud de cravate. A écrit quelques articles en forme de provocation : éloge de la pub («l'antipublicité ou la haine de la gaîté»), coup de griffe aux jeunes (le «jeunisme contre la jeunesse» ). «Mes élèves m'en ont voulu, ils ont cru que j'étais antijeune.» Il aimait qu'ils le croient.
Il laissait ses collègues dire qu'il était de droite. Plus des leurs. «Peut-être que je ne suis pas tant en désaccord que ça avec eux. Je ne supportais plus l'uniforme.»

Il l'avait enfilé, alors qu'il croyait venir de nulle part. Il est né dans une ferme de l'Ariège, aîné de quatre enfants. Ses parents étaient des ouvriers agricoles, des Allemands, qui ne fréquentaient personne. Le père se levait à 4 heures du matin et parlait peu.
La mère était plus bavarde. Elle venait du beau versant de l'histoire, fille d'un homme politique allemand de l'entre-deux-guerres, un professeur, devenu chef de file de la droite catholique séparatiste rhénane profrançaise, et opposant au nazisme. Mis en prison, il s'évada vers la France, elle l'y rejoignit et se réfugia chez des paysans.
Le père, lui, fut un soldat de l'Afrikakorps, capturé par les Américains, puis ramené en France, dans les camps du Sud-Ouest, avec d'autres perdants transformés en main-d'oeuvre agricole. Un jour, le soldat fut envoyé dans la ferme où résidait encore la réfugiée. Il était à cheval, elle le trouva beau... Ainsi se raconte encore l'histoire dans la famille.
Ils ne sont pas repartis vers l'Allemagne. Drôle de décor : une ferme de la France profonde, où un ancien soldat allemand devenu vacher et une fille d'intellectuels opposants au nazisme, élevèrent deux fils et deux filles. La guerre les rendait discrets. Ils expliquaient à leurs enfants qu'il fallait être irréprochables, et les poussaient vers les études pour refermer la maudite parenthèse.

L'aîné ne fut jamais scolaire mais gourmand de livres. Il aima très jeune les poèmes lyriques, et les romans de François Mauriac. Son premier philosophe, c'était Kierkegaard, figure de l'existentialisme chrétien, qui porte haut l'individu face aux déterminismes, proclame qu'être libre, c'est vouloir ce qui nous arrive. «Il faut que je reconnaisse, que toutes ces lectures, je ne les ai pas abandonnées sur le fond.»

Aujourd'hui, l'homme sans adresse, né tout près de nulle part, renoue avec les premières influences. Il n'est plus très sûr d'être athée. A la fin des années 70, bien que gauchiste certifié conforme, ce fils d'une catholique et d'un protestant s'enfermait deux semaines dans un monastère cistercien, pour y lire les philosophes.

Dans sa tribune du Figaro, il opposait la bonté de Jésus à la violence de Mahomet. Il persiste. Il a lu le Coran, explique que la douceur y est rare, insiste sur le fait que les pages de violence de la Bible sont historiques, tandis que celles du Coran sont prescriptives. Il existait, dit-il, des islams particuliers riches de spiritualité. «Ils n'existent plus. L'islam est en train de mourir dans sa diversité et sa complexité. L'islamisme prend le dessus, il n'est qu'un mot d'ordre planétaire.» «Vous voyez, je nuance», sourit-il. Il le faut bien. Il n'enseignera plus, le ministre le lui a promis, il rejoindra le CNRS. Un jihadiste qui le menaçait a été arrêté au Maroc. C'est à lui de choisir quand la vie reprendra son cours normal. «La décision m'appartient. Une fatwa ne peut pas s'arrêter sauf à envisager une modification de l'histoire, où l'islamisme deviendrait un sujet caduc.» Ce qui n'est effectivement pas pour demain.
Libération, 24 janvier 2007,

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Bio express. Janvier 2007. Robert Redeker en 7 dates

Mai 1954 Naissance à Lescure (Ariège).
1974 Bac en candidat libre.
1980 Devient prof de philo.
1982 Premier enfant.
2002 Président du comité de soutien à Jean-Pierre Chevènement.
2006 Tribune dans le Figaro : «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?»
2007 Il faut tenter de vivre, le Seuil.

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Le parisien, Paru le : 26/06/2007 ISLAM RADICAL. La vie clandestine du prof de philo menacé de mort

Neuf mois après la publication d'un texte polémique qui lui a valu des menaces des islamistes, Robert Redeker se terre toujours dans un lieu tenu secret. Il nous raconte sa vie au jour le jour, faite de terreur diffuse et de clandestinité.

ROBERT REDEKER, qui enseignait la philosophie dans un lycée de la banlieue de Toulouse, vit aujourd'hui comme un reclus. Auteur d'une tribune dans « le Figaro » en septembre 2006, intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? », il fait depuis l'objet de menaces de mort, lancées par des islamistes radicaux dans une fatwa qui circule toujours sur Internet. Ces menaces sont prises très au sérieux par les services de police, à tel point que Robert Redeker a été contraint de changer d'existence. Depuis un an, il vit caché.

Quelle existence menez-vous aujourd'hui ?

Robert Redeker. Je suis passé de l'autre côté de la vie ordinaire. C'est une vie de réfugié politique dans mon propre pays. Cela m'oblige à être prudent dans mes déplacements, à habiter une maison dont personne ne connaît l'adresse, sauf quelques proches de la famille, à devenir méfiant, à intégrer tout un lot de contraintes. Je dois faire 40 km chaque jour pour retirer mon courrier qui arrive dans une boîte postale. Je ne peux pas rester dans une salle d'attente, chez le coiffeur ou chez le médecin. C'est une amie qui me coupe les cheveux. Plus douloureux, j'ai dû enterrer mon père comme un voleur, sans publier l'annonce de sa mort à la mairie. Et ma fille s'est mariée récemment sous surveillance policière.

« Je suis chercheur dans un laboratoire fantôme »

Quels risques encourez-vous ?

Ils sont incalculables, et d'autant plus élevés que la menace de mort dont je suis l'objet ne provient pas d'une seule personne. C'est un appel au meurtre général, diffusé sur Internet, toujours réactualisé. C'est littéralement du terrorisme : une terreur diffuse, qui peut frapper n'importe où, n'importe quand. « Il faut que vous changiez de vie pour le restant de votre existence », m'avait dit un homme de la DST. Ce que j'ai fait.

Regrettez-vous d'avoir écrit cette tribune ?

Non. Regretter serait donner raison aux islamistes. Cela me rendrait encore plus méprisable à leurs yeux. Je ne pensais simplement pas que, dans le cadre des lois de la République, il pouvait m'arriver quelque chose de ce genre-là. Des engueulades, oui, de la polémique et du débat d'idées, d'accord. Mais des menaces de mort, jamais je n'aurais pu l'imaginer.

Qu'en est-il de votre situation professionnelle ?

En janvier, j'ai compris que je n'enseignerai plus. A ce moment-là, j'ai rencontré Gilles de Robien (NDLR : ancien ministre de l'Education), à qui j'ai fait comprendre que je refusais d'être placé en retraite anticipée.
J'aurais vécu cela comme une punition, tandis que j'exigeais une réhabilitation.
On a eu l'idée de me mettre à disposition du CNRS.
Cela n'a pas été chose facile.
Finalement, on a créé une unité de recherche dont je suis le seul membre, sans bureau, sans adresse, sans confrères. Je suis chercheur dans un laboratoire fantôme.

Tout cela a-t-il eu des conséquences financières ?

J'ai dû déménager, acheter une nouvelle maison. Trouver des acheteurs pour la première résidence était difficile dès lors qu'ils apprenaient mon nom. Cela a multiplié les frais.
Claude Lanzmann et André Glucksmann, de vrais amis qui ont compté parmi mes soutiens indéfectibles, avaient lancé une collecte. Cela m'a aidé pour les frais de notaire. Au bout d'un mois, on a fermé le compte, les employés de la banque pouvant être eux-mêmes menacés.

Vous parlez de vos soutiens indéfectibles, qui sont-ils ?

Parmi les philosophes, il y a également Bernard-Henri Lévy et Michel Onfray. Parmi les politiques, figurent des personnes de droite et de gauche : Nicolas Sarkozy, Vincent Peillon, Philippe de Villiers, André Gérin (PC), Jean-Luc Moudenc à Toulouse.
La Licra et d'autres organisations ont été solidaires. Au fond, seuls des esprits libres m'ont soutenu, hors de toute appartenance partisane.

Et ceux qui vous ont lâché ?

Beaucoup de mes confrères ont eu peur de s'afficher comme soutien parce qu'il existe encore des tribunaux staliniens dans les salles des profs. L'un d'entre eux m'a même accusé d'avoir « abusé de la liberté », c'est impossible à concevoir pour un philosophe !
Le syndicat d'enseignants Snes a tardé avant de publier un communiqué minimaliste sur son site Internet. Il y a aussi cet ami, cadre de l'Education nationale, qui m'a affirmé ne plus avouer qu'il me connaissait, de peur que cela ne nuise à sa carrière. Tout cela a eu un avantage : j'ai fait le tri dans mes amis.

« Depuis quand une religion correspond-elle à une appartenance ethnique ? »

Politiquement, comment vous situez-vous ?

J'ai été président du comité de soutien départemental à Chevènement en 2002. Au début, j'étais issu de la gauche de la gauche, mais n'en suis plus depuis longtemps, surtout depuis qu'elle m'a notoirement lâché dans cette affaire. Je ne me sens proche d'aucun parti ou mouvement. Je pense être un inclassable.

Certains vous ont taxé de racisme et d'islamophobie...

N'importe quoi ! Depuis quand une religion, qui est un corps d'idées et de croyances, correspond-elle à une appartenance ethnique ? M'aurait-on accusé de racisme si j'avais attaqué le pape et les chrétiens ? Quant au mot « islamophobie », c'est un mot piège, forgé par l'Iran. Evidemment qu'une certaine forme d'islam a grâce à mes yeux : celui qui accepte la laïcité.
Le Parisien, 26 juin 2007, p. 14, Propos recueillis par Anne-Cécile Juillet

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Robert Redeker, philosophe Marion Cotillard et les complots, par Robert Redeker LE MONDE | 29.03.08 | 13h56 • Mis à jour le 29.03.08 | 13h56

Laisser les propos Marion Cotillard à leur insondable sottise serait une erreur.
En mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York (Le Monde du 5 mars), l'actrice a en effet offert un puissant amplificateur à "la théorie du complot".
Ces divagations ne relèvent pas d'un éclair d'imagination délirante, mais d'opinions répandues. Il importe donc de les analyser.

L'autodésignée "théorie du complot" se ramène à la vision délirante selon laquelle la réalité, jusque dans ses détails, fait l'objet d'une manipulation occulte dont la vérité est masquée à l'humanité.
Ce conspirationnisme se développe à partir d'un usage dément du principe du doute. Il prend la forme d'une croyance affirmant qu'on ne doit rien croire de ce qui nous est dit et pose l'incroyance radicale en toute vérité établie comme norme.

En apparence, il s'agit d'une négation généralisée : nier par principe toute vérité attestée par des procédures reconnues et diffusée par les canaux habituels.
En réalité cette négation masque une double affirmation : d'une part, toute vérité officielle, fût-elle inscrite dans les livres d'histoire, n'est que mensonge ; d'autre part, la vérité cachée est le contraire de ce qu'on nous dit.
On nous dit que Coluche est mort d'un accident, le vrai est qu'il a été assassiné !
On nous dit qu'Al-Qaida a commis les attentats du 11-Septembre, le vrai est que ce sont les Américains qui en sont les auteurs !
On nous dit que l'homme a marché sur la Lune ? Mensonge ! La preuve ? Cette fable profite aux Américains !
La dialectique conspirationniste postule que la vérité est l'exact contraire de la vérité affirmée et attestée. Cette dialectique ne s'alimente que de quelques détails insignifiants mis en exergue au titre de preuves.

Rien de plus dangereux que ce tour d'esprit ! On y reconnaît la logique négationniste. Le succès dans les masses de cette façon de raisonner faux, conduisant à tenir pour vérité le contraire de la vérité dès lors que celle-ci est officielle, ne laisse pas d'inquiéter - c'est ainsi qu'argumentent les négationnistes, ces autres faussaires de l'histoire.

On devine les avantages narcissiques de la croyance dans cette théorie : son adepte s'épanouit dans le sentiment de détenir un secret d'une extrême importance. Il jouit d'en savoir plus que les plus grands savants. Il n'a pas eu à produire d'efforts pour s'élever au-dessus des sommités, il lui a suffi d'appliquer une disposition d'esprit : le rejet de toute vérité affirmée officiellement.
Dans cette négation triomphe le ressentiment contre les élites de la connaissance et se déploie une figure contemporaine de l'anti-intellectualisme. Plus gratifiant encore : l'adepte de cette théorie éprouve l'ivresse d'avoir réussi à déjouer un piège collectif, dans lequel l'humanité ordinaire tombe. Il se découvre plus malin que le conspirateur qui, sous des guises diverses, trompe l'humanité depuis des siècles !

La "théorie du complot" ne vit que d'un fantasme : la manipulation occulte. Cette obsession croît exponentiellement : plus la vérité est importante, plus elle est cachée et plus complexes en sont les manipulations.
D'où Dan Brown et son Da Vinci Code : l'Eglise s'est constituée pour cacher la vérité sur le Christ.
Le conspirationnisme a sa méthode : pour trouver la vérité cachée, il faut croire le contraire de ce qui est officiel. Il n'y a pas de preuves ! C'est qu'elles ont été dissimulées par les conspirateurs ! L'absence de preuves manifestes constitue un argument en faveur de la conspiration.

Cette théorie dénonce aussi les manipulateurs. Pour Dan Brown, c'est l'Eglise qui tient ce rôle. Généralement ce sont les juifs.
La négation du caractère terroriste des événements du 11-Septembre voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation. Nier l'événement du 11-Septembre, c'est affirmer la culpabilité américano-sioniste.
Avec des variantes connues - la banque, l'argent apatride -, ces métaphores du juif. Les versions contemporaines de la "théorie du complot" se coulent dans une matrice : Les Protocoles des sages de Sion.

La théorie du complot est un ersatz des grands récits concernant le destin de l'humanité. Contre-grand récit, elle est une storytelling. Pouffer de rire devant son énonciation reste trop court. Sa parenté avec Les Protocoles des sages de Sion, son identité de structure intellectuelle avec la logique négationniste incitent à la méfiance : la théorie du complot est l'un des viscères réparés, renouvelés, du ventre d'où est sortie jadis la bête.
Robert Redeker, philosophe

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Boycottons les Jeux de la honte d'un État liberticide !
Le Figaro 28/03/2008 | Mise à jour : 09:12 | Commentaires 31 .

Par Jacques Ardoino, Jean-Marie Brohm, Claude Javeau, Fabien Ollier, Marc Perelman, Robert Redeker et Pierre-André Taguieff, respectivement professeur émérite en sciences de l'éducation (Paris-VIII), professeur de sociologie (Paul-Valéry, Montpellier-III), professeur émérite de sociologie (ULB, Bruxelles), directeur de la revue Quel sport ?, professeur en esthétique (Paris-X Nanterre), philosophe (CNRS) et directeur de recherche (CNRS).

À l'heure où une «guerre populaire» est déclarée par les autorités chinoises contre les insurgés tibétains, à l'heure où l'Armée populaire chinoise n'hésite plus à «tirer dans le tas» comme durant les manifestations étudiantes de Tiananmen, personne ne peut plus feindre de l'ignorer : la «paix olympique», l'«amitié entre les peuples» et la «grande fête de la jeunesse» que les autorités chinoises prétendent célébrer dans le faste en août 2008 servent déjà de paravent à la répression systématique des militants des droits de l'homme, des cyberdissidents, des avocats aux pieds nus, des syndicalistes, des pratiquants de Falungong, des religieux, tous qualifiés de «forces hostiles à l'État».
Dans le même temps, le Parti communiste chinois fait des JO un moyen de mobilisation nationaliste de masse sans précédent et exalte l'hégémonisme de grande puissance vis-à-vis du Tibet, des minorités ethniques et de ses autres voisins, particulièrement Taïwan.

Comme naguère pour Berlin-1936 et Moscou-1980, le CIO n'émet aucune réserve ni aucune critique à propos de cette normalisation olympique cynique. Bien au contraire, l'actuel président du CIO, Jacques Rogge, affirme que «ce serait une erreur de juger la Chine trop tôt et trop facilement. Des exemples ont montré par le passé que les bénéfices sociaux et économiques peuvent survenir dans les années qui suivent l'organisation des Jeux». Il se dit être également «convaincu que les Jeux vont permettre aux Chinois d'avoir une nouvelle vision de leur société et qu'ils aideront athlètes et visiteurs à avoir une vision plus juste de la Chine» (AFP, 15 janvier 2008).

En fait, le CIO refuse surtout de voir que les Jeux sont utilisés par le PCC comme un instrument de propagande à l'extérieur et de répression à l'intérieur. Hein Verbruggen, président de la commission de coordination de Pékin-2008 du CIO, estime ainsi regrettable que «les Jeux de Pékin soient utilisés comme une plate-forme par des groupes qui ont des objectifs politiques et sociaux».
Il critique sévèrement les organisations de défense des droits de l'homme et ajoute : «Nous ne pouvons pas permettre que ces préoccupations nous distraient de notre but principal qui est de réussir les Jeux olympiques.» Ainsi encourage-t-il les autorités chinoises à agir dans un sens bien peu conforme avec les idéaux dont prétend se réclamer le CIO : «Le Bocog (Comité d'organisation) doit prendre des mesures pour empêcher ces revendications.» (AFP, 6 juillet 2007.)

Aurait-on oublié qu'en 1936 à Berlin ce furent les hiérarques olympiques, Brundage et Baillet-Latour en tête, qui légitimèrent non seulement les mesures de répression contre les Juifs et les «peuples dégénérés» mises en œuvre par le IIIe Reich, mais aussi les campagnes de diffamation contre le mouvement international de boycott, en particulier en France ?
À l'époque, Avery Brundage expliquait dans une brochure officielle du comité olympique américain en 1935 que «certains Juifs doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas utiliser ces jeux (ceux de Berlin 1936) comme une arme dans leur boycott contre les nazis» (Fair Play for American athletes, publié par l'American Olympic Committee, 1935).

Qui peut encore douter de l'existence d'une collusion idéologique profonde et permanente entre le CIO et les régimes totalitaires, dont le PCC est aujourd'hui un parfait exemple ? Or, que nous disent certains dans un tel contexte ?
Rejetant l'idée du boycott des JO de Pékin soutenue par des personnalités politiques, des intellectuels, des artistes, de nombreux démocrates américains et des collectifs démocratiques, notamment le Comité pour l'organisation du boycott des JO de Pékin 2008 (Cobop), ils en viennent à approuver de fait soit par leur silence, soit par leur ferveur olympique l'organisation de ces Jeux par un régime qu'ils qualifient eux-mêmes d'«autoritaire», de dictatorial ou de tyrannique.

Par naïveté, méconnaissance, voire complicité idéologique, on nous affirme même que les changements en Chine se seraient déroulés «pour le meilleur» et que le bilan de l'«ouverture» au monde serait «globalement positif» grâce aux Jeux.
Reporters sans frontières, Solidarité Chine, la Ligue des droits de l'homme ou Amnesty International ont pourtant insisté à maintes reprises sur les graves violations des libertés démocratiques et droits humains en Chine. On sait par ailleurs que malgré les promesses solennelles faites par le président Hu Jintao, la politique de répression systématique du PCC traite la Charte olympique comme un «tigre de papier».

Face à ce constat accablant, seul le boycott des Jeux du laogaï est en mesure de faire réellement pression sur le régime. Celui-ci craint en effet par-dessus tout la contestation de son pouvoir qu'il cherche à légitimer aux yeux de l'opinion publique internationale grâce à sa «victoire olympique».
Nul ne peut l'ignorer, les JO de Pékin sont en effet destinés à donner un visage d'honorabilité à la principale machine à tuer de la planète (record du monde des exécutions capitales), et à rehausser le prestige de ce despotisme oriental exploiteur.

Les mêmes qui ne cessent de dénoncer les monstruosités du régime chinois prétendent qu'un boycott des Jeux favoriserait «le repli nationaliste» de la Chine. Or, c'est au contraire la mobilisation sportive d'État sans précédent, avec l'objectif déclaré d'être la première puissance médaillée devant les États-Unis, qui alimente le nationalisme virulent de l'actuelle direction du PCC.
Les sportifs d'État chinois, idéologiquement encadrés et biologiquement «usinés», vont être les vecteurs de cette vague chauvine orchestrée au plus haut niveau. Déjà, les parades obsessionnelles à la gloire des athlètes chinois constituent un drill politique préparant aux menées bellicistes et aux identifications héroïques.

Les précédents historiques sont tout de même éloquents : comme en 1936 à Berlin où le Deutschland über alles scandé dans le stade olympique prépara l'Allemagne aux orgies de la haine, comme en 1980 à Moscou où les folklores soviétiques du meilleur de l'URSS couvraient les bruits de bottes de l'Armée rouge en Afghanistan et les souffrances des opposants psychiatrisés, les Jeux de Pékin, qui sont déjà l'occasion d'une mise au pas générale, serviront surtout de tremplin aux conquêtes de l'impérialisme chinois.

Comme nous le demandent de nombreux militants des droits de l'homme en Chine, il faut faire pression sur l'État chinois en appelant clairement et distinctement au seul mot d'ordre politique capable d'isoler et d'affaiblir le Parti unique, de briser sa légitimité olympique et de renforcer l'opposition à son diktat : le boycott des Jeux de la honte.

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Menaces : Redeker déçu par le jugement
Source : AFP Le Figaro 20/06/2008 | Mise à jour : 11:11 | .

Le philosophe Robert Redeker s'est déclaré aujourd'hui dans le quotidien Sud Ouest déçu par le jugement condamnant à six mois de prison avec sursis et 750 euros d'amende l'homme qui l'avait menacé de mort à la suite une tribune critique envers l'islam dans Le Figaro.

"On peut se demander si un verdict d'une telle clémence n'est pas un encouragement pour ceux qui voudraient se livrer à ce type d'intimidation", s'interroge le philosophe.
Pour lui, "ce type de jugement fait peser un risque de banalisation des menaces de mort".

Pour Robert Dedeker, ce jugement est une déception car il est sans commune mesure avec "les épreuves" qu'il traverse depuis bientôt deux ans.
"Je ne peux plus enseigner, j'ai vendu ma maison, je vis dans une résidence tenue secrète, mon épouse doit prendre des précautions, mon fils est en internat. Et je dois être protégé en permanence".

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Le kamikaze anti-CIA voulait tuer Robert Redeker
Le terroriste qui a tué sept agents de la CIA sur une base américaine en Afghanistan était l’homme responsable de la fatwa lancée contre le professeur toulousain Robert Redeker.
Le Parisien Anne-Cécile Juillet | 07.01.2010, 07h00

«Que dieu nous envoie un lion pour décapiter cet homme et la tâche n’est pas impossible si le lion vit en France et s’il s’en remet à Allah ! » Ce message, le premier d’une longue liste, a été posté en septembre 2006 sur Al-Hesba, un forum Internet proche d’Al-Qaïda. Il vise directement Robert Redeker et constitue ni plus ni moins une fatwa, lancée contre ce professeur de philosophie toulousain qui, quelques jours plus tôt, avait publié dans « le Figaro » une tribune critique sur l’islam.

Le 31 décembre, le responsable du forum Al-Hesba, Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi, s’est donné la mort en activant une ceinture d’explosifs au sein d’une base américaine en Afghanistan. En perpétrant cet attentat-suicide, il a tué huit personnes : sept agents de la CIA et un agent jordanien. Six autres ont été blessés.

Une infiltration réussie

Cet attentat constitue une véritable victoire pour Al-Qaïda dans la mesure où Al-Balawi avait été approché par les Etats-Unis pour devenir agent double de la CIA. Une infiltration réussie puisque, selon le « New York Times » d’hier, citant des responsables du renseignement américain, Al-Balawi était considéré comme sa meilleure source sur Al-Qaïda… L’histoire de cet agent double commence il y a plus d’un an.

Ce médecin jordanien de 36 ans, très actif dans son soutien à Al-Qaïda, est approché par un espion jordanien allié des Etats-Unis, chargé de le convaincre de soutenir la lutte contre la nébuleuse terroriste. L’entreprise réussit, en apparence du moins, puisque Al-Balawi avait récemment été invité au camp Chapman, un avant-poste de la CIA situé dans la province afghane de Khost. C’est de ce camp ultrasécurisé que les experts de l’espionnage américain déterminent les cibles de leurs drones. Al-Balawi devait fournir des informations urgentes sur le numéro deux du réseau de Ben Laden, Ayman al-Zarkaoui.

En entrant dans le camp de Chapman, il n’a pas subi les traditionnelles vérifications de sécurité : « C’est notre homme, inutile de le fouiller », aurait même déclaré un membre de la CIA, selon le site d’information islamique Ana Muslim. Al-Balawi aurait ensuite rassemblé les agents américains autour de lui, avant d’actionner les explosifs.

En début de semaine, une fois sa qualité d’agent double révélée, la polémique a rapidement enflé. Sous le feu des critiques, les services de renseignements américains. Le chef des services de renseignements militaires américains en Afghanistan lui-même a dénoncé « l’amateurisme et l’ignorance de la réalité locale » dont feraient preuve les espions américains.

Obama critique les agences de renseignements américaines.

Dans un discours adressé mardi aux leaders des différentes agences de renseignements, Barack Obama a expliqué que le gouvernement avait eu suffisamment d’indications pour déjouer la tentative d’attentat du 25 décembre, mais n’avait pas su recouper ces informations. « C’est inacceptable, a-t-il expliqué, et je ne le tolérerais pas. »

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