Des victimes françaises, riches et moins riches

29 juin 2009 : Justice capitaliste américaine : l'escroc dit "du siècle" (?), 71 ans, est condamné à 150 ans de prison, pour 65 milliards de dollars, dont il ne s'excuse pas vraiment ...
12 mars 2009 : Bernard Madoff avoue "Je suis coupable ... et désolé", donc pas de procès et détention provisoire VIP
12 février 2009 : Les petites économies de Ruth (Le Figaro)
06 février 2009 : VICTIME de l'Inspecteur HARRY Markopolos
03 février 2009 : Record battu ? Trois millions de victimes ?, beaucoup mieux que Maxwell
Une référence : Robert Maxwell
Un pâle imitateur (350 millions seulement) : Arthur Nadel
Un Mad-Off texan : Robert Allen Stanford

20 avril 2009 : Enrico Macias victime des spéculateurs mondialistes
25 décembre 2008 : Elie Wiesel ruiné ?
24 décembre 2008 : Premier suicide : Thierry Magon de La Villehuchet

Bernard Madoff (Mad-Off ?)

16 décembre 2008. Les Usa humiliés par le spéculateur Bernard Madoff, un ancien patron du Nasdaq rescapé du 11 septembre 2001, qui escroque les banques et les riches, notamment juifs. Mais aime sa famille et ne risque que 20 ans (né en 1938).

L'affaire Madoff humilie les autorités américaines Pierre-Yves Dugua lefigaro.fr 16/12/2008 | Mise à jour : 09:43 | De notre correspondant à Washington

Bernard Madoff en a trompé beaucoup parmi les riches et les très riches. Certains ont pourtant su repérer des indices troublants dans les méthodes de gestion de celui qui s'est peut-être rendu coupable de la plus grande escroquerie de tous les temps. Hélas, ni les autorités réglementaires, ni de nombreux professionnels de la gestion de fortune n'ont eu cette perspicacité. Leur métier est pourtant de juger de la crédibilité et de l'honnêteté d'un gérant comme Madoff.

Pour la Securities & Exchange Commission (SEC), l'autorité fédérale américaine de réglementation des marchés financiers, l'humiliation est colossale. Beaucoup pensent même que l'agence ne s'en remettra pas. Car la qualité de ses contrôles a déjà été vivement été mise en cause ces derniers mois.

On reproche ainsi aux équipes de Christopher Cox de n'avoir rien fait pour stopper la prise de risques chez Bear Stearns puis chez Lehman Brothers. Les deux banques d'affaires placées sous sa tutelle ont disparu avec la crise financière.

Concernant Madoff Investment, la SEC aurait dû, par exemple, s'alarmer de constater que les comptes de Madoff Securities étaient audités par un cabinet inconnu n'employant que trois personnes, dont une secrétaire.
Le principal comptable de cette officine, Friehling & Horowitz, âgé de 70 ans, vit en Floride. Les conseillers en placement de capitaux auprès de hedge funds (fonds spéculatifs), Aksia LLC, eux, s'en étaient aperçus. Ils ont dûment mis en garde leurs clients d'éviter Madoff.

Comment de grands noms de la banque privée en Suisse n'ont-ils pas été plus suspicieux à l'égard des performances miraculeuses affichées par Madoff, même en période où les marchés étaient chahutés ? Charles Gra­dante, co-fondateur du cabinet d'analyse de hedge funds Hennessee Group, note par exemple que Madoff prétendait n'avoir subi de moins-values que durant cinq mois depuis 1996. Sur longue période, il a dégagé systématiquement de 8 % à 12 % par an. Ce qui relevait du prodige.

L'illusion d'un succès

Harry Markopolos, un rival de Madoff, s'était convaincu dès 1999 que le génial gérant ne pouvait être qu'un escroc.
Dans une lettre adressée à l'époque à la SEC, il osa même porter cette accusation sur la place publique. La SEC reconnaît aujourd'hui qu'au terme d'une enquête menée en 2007, ses limiers ont conclu que rien ne méritait d'être sanctionné chez Madoff.
En 1992, l'ancien patron du marché Nasdaq avait aussi été inquiété par une procédure en justice impliquant deux comptables de Floride. Ces derniers avaient sollicité illégalement 441 millions de dollars auprès d'investisseurs privés pour les placer dans les mains de Madoff. La SEC avait fini par le blanchir, concluant que l'argent n'avait pas été détourné.

Autre clignotant qui aurait dû faire réfléchir : Madoff ne se faisait pas rémunérer comme un gérant traditionnel, en fonction du rendement. Il ne percevait que des commissions. En procédant ainsi, il n'avait guère de détails à donner sur la stratégie qui était supposée produire ses performances alléchantes.

Encore plus étrange : il concentrait dans sa firme opaque les fonctions de conservation de titres, de compensation et d'exécution d'ordres. D'ordinaire, lorsque l'on est responsable de la gestion de 17 milliards de dollars, on confie à des institutions spécialisées ce type de missions. En fait, la concentration de ces tâches permettait à Madoff de cacher ses activités et lui permettait de mieux inventer ses performances.

Tout porte à croire que sans le krach de 2008, Madoff serait aujourd'hui encore en activité. La crise de confiance a fait que nombre de ses clients en Europe ont exigé, plus que les américains, de retirer une partie de leurs capitaux. Ces demandes ont précipité une crise de liquidité qui a empêché Madoff d'entretenir l'illusion de son succès. Car au même moment, le krach a fait se tarir ses sources traditionnelles d'apports en capitaux. D'où la crainte que d'autres escrocs du même type soient bientôt exposés à leur tour…

-------

Madoff: la liste des victimes de la fraude s'allonge, la régulation en question 16 décembre 2008 13.00 AFP

PARIS (AFP) — La liste des victimes de la gigantesque fraude du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff continuait de s'allonger mardi, notamment en Europe, alors que les autorités de régulation américaines sont mises en cause par des responsable financiers.

La société d'investissement de l'ancien président du Nasdaq a été liquidée lundi soir. Son escroquerie "pyramidale" totaliserait 50 milliards de dollars, selon un principe simple: payer les intérêts des clients existants grâce au capital apporté par les nouveaux.

Après les aveux la semaine dernière de l'homme d'affaires de 70 ans, pas un jour ne se passe sans que de nouveaux établissements financiers ne dévoilent les pertes potentielles auxquelles ils sont exposés.

Mardi, la banque japonaise Aozora a fait état d'une possible perte 101 millions d'euros. Lundi soir, la néerlandaise Fortis admettait un risque potentiel un milliard d'euros, s'ajouant à une longue liste.

Beaucoup européens y figurent: l'espagnole Santander, jusqu'à présent la plus affectée avec 2,33 milliards d'euros de pertes possibles, mais aussi BBVA (Espagne) et les français Natixis, BNP-Paribas.

Axa et Groupama, la banque franco-belge Dexia, la Société Générale, le Crédit Agricole y figurent également pour des montants moindres.

HSBC, troisième banque mondiale, a une exposition d'un milliard de dollars, Royal Bank of Scotland (RBS) de 600 millions de dollars et le fonds d'investissement Man Group de 360 millions de dollars.

En Suisse, plusieurs petites banques privées sont touchées.

Aucun grand établissement bancaire américain n'a fait état de pertes à ce jour. En revanche plusieurs célébrités ont été citées par la presse au nombre des victimes.

Des fondations comme celle du prix Nobel Elie Wiesel ou du cinéaste Steven Spielberg figurent parmi les perdants de cette escroquerie, mais les montants n'ont pas été divulgués.

Carl et Ruth Shapiro, généreux donateurs du Museum of Fine arts de Boston, ont perdu 40% de leur fortune.

Les noms de plusieurs fonds spéculatifs ont été avancés.

"Comment des établissements sérieux pouvaient croire à des rendements dépassant 12% sans se poser de questions ?", s'interrogeait mardi un gestionnaire de fonds français ayant requis l'anonymat. "On peut penser que la respectabilité de Bernard Madoff inspirait une confiance absolue, d'autant que la SEC (Securities and Exchange Commission) elle-même s'était adjointe ses services", a-t-il expliqué à l'AFP.

La SEC, gendarme américain des marchés, est désormais montrée du doigt.

Le patron du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a mis en cause les autorités de régulations américaines: "la surprise n'est pas qu'il y ait des voleurs" mais "la question est: que fait la police?", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse lundi à Madrid.

Le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF), Jean-Pierre Jouyet, a estimé que la réglementation américaine était fautive.

"Pour la quatrième fois, la réglementation américaine est en cause", a déclaré M. Jouyet citant les faillites retentissantes du fonds spéculatif LTCM (1998), du courtier en énergie Enron (2001) et de la banque Lehman Brothers (2008).

Il faut que "la confiance demeure, et pour qu'il y ait confiance, il faut que la réglementation soit bonne", "Je crois que c'est le cas en Europe et que les Etats-Unis ont des progrès importants à faire dans ce domaine", a-t-il conclu.

Les Bourses, qui avaient un peu baissé lundi sous l'effet du scandale, étaient mieux orientées mardi, se concentrant surtout sur la baisse attendue dans la journée des taux d'intérêt par la Réserve fédérale américaine.

--------

Publié le 12/12/2008 à 19:30 - Modifié le 12/12/2008 à 20:25 Le Point.fr Bernard Madoff, ancien patron du Nasdaq, accusé d'une gigantesque fraude lepoint.fr (avec agence)

Bernard Madoff, figure de Wall Street, serait à l'origine d'une fraude qui porte sur quelque 50 milliards de dollars.

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le milieu de la finance. Le parquet de New York et le FBI ont annoncé l'arrestation de Bernard Madoff, conseiller en investissements à Wall Street et ancien pdg de la Bourse Nasdaq et sa libération jeudi soir après versement d'une caution de 10 millions de dollars.

Ce "Self-made man" qui avait commencé sa vie professionnelle comme maître-nageur sur les plages de Long Island, jouissait d'une réputation prestigieuse et était considéré comme un innovateur majeur dans le monde de la finance électronique.

Il est accusé d'avoir monté une gigantesque fraude portant sur quelque 50 milliards de dollars. Âgé de 70 ans, il risque jusqu'à 20 ans de prison et une amende de 5 millions de dollars (c'est nous qui soulignons) s'il est reconnu coupable d'avoir mis en place une "pyramide", précise un communiqué conjoint du procureur Lev Dassin et de la police fédérale américaine (FBI).

Selon le document, Madoff a révélé mercredi à ses employés de la société "Bernard L. Madoff Investment Securities LLC" qu'il avait fondé une société parallèle frauduleuse. S'adressant à son personnel, l'homme d'affaires a déclaré qu'il "(était) fini, n'a(vait) plus rien et (avait) perdu environ 50 milliards de dollars".

Il a reconnu avoir monté une énorme pyramide financière frauduleuse, mais a ajouté qu'il se rendrait aux autorités après avoir utilisé les 200-300 millions de dollars qui lui restaient - dans une société distincte - pour solder ses dettes envers "certains salariés, sa famille et ses amis" (c'est nous qui soulignons).

Le document précise que le 7 janvier dernier, le financier avait déclaré à la SEC, gendarme de la Bourse de New York, que sa société de conseil en investissements - celle qui s'est avérée frauduleuse - servait entre 11 et 25 clients pour un montant total de 17 milliards de dollars qui lui avaient été confiés en gestion.

-------

L'affaire Madoff prend une tournure tragique Anne de Guigné lefigaro.fr 24/12/2008 | Mise à jour : 07:30 | Ajouter à ma sélection .

Le Français Thierry de La Villehuchet, fondateur d'Access International Advisors qui assurait la promotion des fonds Madoff auprès d'Européens aisés, est mort hier à New York.

L'affaire Madoff a connu un rebondissement dramatique. Hier matin à New York, le dirigeant d'Access International Advisors, Thierry Magon de La Villehuchet, a été retrouvé mort dans son bureau de Madison Avenue. Le financier français s'est suicidé. Sa société était exposée à hauteur de 1,5 milliard de dollars d'actifs à la société de Bernard Madoff qui, par son biais, aurait entraîné dans sa chute de nombreuses fortunes européennes.

La découverte de l'escroquerie de Madoff a fait voler en éclats l'œuvre de la vie de l'homme d'affaires français. Hier brillant financier au carnet d'adresses mirifique, Thierry de La Villehuchet, 65 ans, n'aurait pas supporté de voir son nom traîné dans la boue. Et, sans doute, de se sentir responsable de la ruine de son cercle de relations. «Depuis une semaine, il cherchait nuit et jour le moyen de récupérer la mise de ses investisseurs, en menant une action aux États-Unis contre des responsables américains» , a déclaré un de ses proches, cité par La Tribune. «Il n'a pas supporté la course à la recherche des responsabilités à laquelle se sont livrés les Européens », a ajouté cette source.

Un fin barreur

Créé en 2003 par Patrick Littaye, Access International Advisors s'adressait en priorité à la clientèle privée très aisée. Année après année, la société réalisait des performances remarquables, entièrement corrélées à ses investissements dans les fonds de Madoff. En 2007, Littaye et La Villehuchet complexifient leurs réseaux financiers. Ils déposent, au Luxembourg, les statuts de la société anonyme Access Partners et deviendront ainsi conseil d'Access Management, la société qui gérait le désormais fameux fonds Alphalux, par lequel des épargnants français sont exposés à la fraude américaine.

Installé à New York depuis plusieurs années, où il fut longtemps le patron de Crédit lyonnais Securities, Thierry de La Villehuchet n'avait jamais perdu contact avec l'Europe. Ancien champion de voile et réputé très fin barreur, La Villehuchet était connu par les milieux fortunés comme un sympathique bon vivant. Il cultivait son réseau de club en club, avec une affection particulière pour les têtes couronnées. Les Grimaldi lui auraient notamment fait confiance. Philippe Junot, le premier mari de la princesse Caroline de Monaco, était en effet son associé à Londres, tandis qu'à New York il travaillait avec le prince Michel de Yougoslavie.

Des complices

Le carnet d'adresses de ce mondain ne négligeait bien évidemment pas les milieux politiques et économiques. Il fut le discret intermédiaire de nom­breuses affaires franco-américaines. Proche de Jean-François Hénin, il lui présente ainsi Leon Black au début des années 1990. De cette rencontre naîtra quelques années plus tard l'affaire Executive Life. La Villehuchet pouvait aussi s'improviser l'organisateur de séjour express en France pour des sénateurs américains, en quête de contacts.

Le suicide de La Villehuchet intervient au moment où les interrogations sur la capacité de Madoff à avoir agi seul se multiplient. Plusieurs experts américains en fraude estiment que Bernard Madoff bénéficiait de complices pour monter une escroquerie d'une telle ampleur et pendant aussi longtemps. Pour l'instant, seul Madoff a été incriminé. Les enquêteurs poursuivent leur travail.

-------

Publié sur France 24 (http://www.france24.com/fr) La Fondation Elie Wiesel ruinée par l'escroquerie Créé 25/12/2008 - 23:17

AFP - La Fondation Elie Wiesel pour l'humanité a annoncé mercredi avoir perdu "la quasi totalité de ses avoirs", qui avaient été donnés en gestion à la société de Bernard Madoff.

"Nous vous écrivons pour vous informer que la Fondation Elie Wiesel pour l'humanité avait 15,2 millions de dollars en gestion dans la société d'investissement de Bernard Madoff. Cela représente la quasi-totalité des avoirs de la Fondation", a précisé sur son site internet l'organisation de lutte contre l'antisémitisme.

"Nous sommes profondément attristés et désolés d'être, comme de nombreux autres, les victimes de ce qui pourrait être la plus grande escroquerie aux placements de l'histoire", ajoute l'organisation créée en 1986 par le prix Nobel de la Paix et sa femme Marion.

Elle assure cependant que cela ne la "dissuade pas de poursuivre sa mission pour combattre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice dans le monde". Exprimant d'avance sa "profonde gratitude" pour tout soutien à venir, elle assure qu'elle demeure "engagée à poursuivre l'oeuvre de son fondateur".

La Fondation Elie Wiesel, vouée à l'entretien de la mémoire de l'Holocauste, mène des programmes de sensibilisation à l'antisémitisme auprès des jeunes, en organisant concours et conférences internationales.

Des dizaines d'associations caritatives juives créées par de riches mécènes ont été emportées par la vague Madoff, ancien président du conseil d'administration du Nasdaq, l'une des Bourses de New York, accusé d'une escroquerie pyramidale portant sur 50 milliards de dollars.

-------

Un «mini Madoff» en Floride ? Constance Jamet (lefigaro.fr) 17/01/2009 | Mise à jour : 17:01 |

Les clients et collaborateurs du gestionnaire de fonds Arthur Nadel craignent que les 350 millions de dollars qu'ils lui ont confié se soient volatilisés avec lui.
Le financier, introuvable depuis mercredi, a laissé derrière lui une lettre de suicide.

Les journaux de Floride le surnomment déjà le «mini Madoff ». On est sans nouvelle depuis mercredi d'Arthur Nadel… et des 350 millions de dollars qu'il gérait. Les autorités comme les clients et les associés du gestionnaire de fonds de 75 ans craignent désormais d'avoir à faire à une gigantesque escroquerie.

La disparition d'Arthur Nadel coïncide avec les premiers soupçons et plaintes à la police de ses investisseurs. Le gestionnaire de fonds a été vu pour la derrière fois par sa femme Peg, le mercredi 14 janvier. Nadel s'apprête à quitter leur domicile de Sarasota pour se rendre à son travail. Quelques heures plus tard, c'est un Arthur Nadel très déprimé qui appelle le fils de Peg. Il lui explique avoir laissé à la maison une note qui s'avérera être une lettre de suicide. «Nous suivons plusieurs pistes. Nous sommes préoccupés pour sa sécurité»», a reconnu le porte-parole du bureau du shérif de Sarasota, Chuck Lesaltato.

L'incertitude plane encore sur la manière dont Arthur Nadel a employé l'argent de ses victimes. En a-t-il gardé une partie pour lui ? A-t-il utilisé comme Bernard Madoff, qui a perdu plus de 50 milliards de dollars, la fortune de ses nouveaux investisseurs pour payer les intérêts des plus anciens ? Valhalla Investment Partners LP, le fond du gestionnaire, une figure très estimée des cercles philanthropiques de Sarasota, promettait pour 2008, et malgré la dégringolade de Wall Street, plus de 8% de rendement. L'escroquerie a été suspectée par les clients du septuagénaire début janvier quand aucun rapport sur les intérêts du mois de décembre ne leur a été envoyé et qu'aucun bénéfice ne leur a été versé.

Félicité en 2003 par le Wall Street Digest

«J'ai réclamé pendant plusieurs jours les dividendes de 2008 et on a laissé traîner ma demande… puis vendredi [le 16 janvier] Neil Moody, le partenaire de Nadel, m'a confié qu'Arthur avait disparu avec tout l'argent», a témoignée une cliente au Sarasota Herald Tribune. Certains investisseurs du fonds ont perdu plus de 700.000 dollars, les économies de toute une vie.

Neil Moody, qui a co-fondé en 1997 Valhalla Investment Partners LP et deux autres hedge funds avec Nadel, clame son innocence et affirme avoir été aussi dupé que ses investisseurs. «Arthur Nadel s'occupait entièrement de la gestion des fonds et nos fonds qui se montaient à 350 millions de dollars pourraient ne plus avoir aucune valeur», a admis dans un communiqué Neil Moody.

La chute de Nadel a ébranlé Sarasota.
L'homme qui s'est fait un nom en tant que promoteur immobilier dans les années 60, œuvrait avec Neil Moody pour de nombreuses œuvres de charité. En 2003, le Wall Street Digest de Sarasota avait loué l'expérience de deux associés et leur programme de trading assisté par ordinateur.

Comme dans l'affaire Madoff, des fondations ont été victimes des placements de hedge funds de Nadel. L'Union chrétiennes des jeunes de Sarasota a perdu 13% de ses biens soit 1.1 millions de dollars dans l'affaire. Neil Moody qui siégeait au conseil d'administration, a eu la désagréable tâche de révéler la nouvelle à la présidente de l'association et a démissionné.

La chute de la Bourse a révélé au grand jour un grand nombre d'arnaques. Cette semaine, un gestionnaire de fonds de l'Indiana, Marc Schrenker a tenté de maquiller sa mort dans un accident d'avion pour échapper à la justice. Le trentenaire a été arrêté mardi in extrémis par la police alors qu'il venait de s'ouvrir les veines.

--------

Affaire Madoff : au moins 3 millions de victimes NOUVELOBS.COM | 03.02.2009 | 18:12

Ce sont les estimations d'un cabinet d'avocats espagnol, qui a recoupé des informations recueillies dans 25 pays sur les victimes de cette escroquerie pyramidale estimée à 50 milliards de dollars.

Bernard Madoff, le 17 décembre 2008 (Sipa) Le cabinet d'avocats espagnol Cremades&Calvo Sotelo, qui représente les intérêts des victimes espagnoles de l'affaire Madoff, a affirmé mardi 3 février qu'il pourrait y avoir "au moins trois millions de particuliers directement ou indirectement affectés" par la plus grande escroquerie de l'histoire, estimée à 50 milliards de dollars.

Lors d'une conférence de presse à Madrid, Javier Cremades, membre de ce cabinet, a déclaré que cette estimation avait été faite en recoupant les données recueillies par trente cabinets d'avocats dans le monde chargés de défendre des victimes réparties dans 25 pays. Il a estimé que le montant total de l'escroquerie imputée au financier américain Bernard Madoff, pourrait s'avérer "encore plus élevé".

Class action

Le 26 janvier, le cabinet Cremades & Calvo-Sotelo avait déposé un recours collectif (une class action dans le droit américain) aux Etats-Unis, notamment contre les banques Santander et HSBC, arguant de leurs négligences et de leurs imprudences dans la gestion des investissements de leurs clients.

Les clients espagnols du fonds Optimal de Santander ont été exposés à hauteur de la somme record de 2,33 milliards d'euros, alors que le géant bancaire espagnol n'est lui-même exposée qu'à hauteur de 17 millions d'euros.

Santander est devenu le 27 janvier le premier établissement financier touché par le scandale Madoff à proposer à ses clients particuliers le remboursement intégral de leur mise, pour un total de 1,38 milliard d'euros.

Parmi ces clients figurent plusieurs grandes fortunes espagnoles et de nombreux investisseurs latino-américains.

En Amérique latine, il y a "plus de 1.500 affectés", qui en réalité "pourraient être au moins le triple", soit 4.500, notamment en Argentine, au Chili, au Brésil, en Uruguay, au Pérou, en Colombie, en Bolivie, au Mexique et aux Bahamas, a estimé Javier Cremades.

-------

Affaire Madoff : les pertes pourraient finalement s'établir entre 15 et 25 milliards de dollars [ 06/02/09 ] lesEchos.fr

En révélant l'existence d'une douzaine de fonds nourriciers supplémentaires basés en Europe, le « whistleblower » Harry Markopolos jette une nouvelle lumière sur l'étendue de la fraude. Il relativise le montant des pertes provoquées par l'escroquerie. Harry Markopolos a dénoncé l'« incompétence » et l'« amateurisme en matière financière » des juristes de la SEC.

DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK. Tous les grands « networks » américains ont diffusé de larges extraits de son réquisitoire impitoyable. Le visage grave, la voix tremblante d'une rage à peine contenue, le « whistleblower » (dénonciateur) Harry Markopolos, cinquante-deux ans, ancien réserviste des services de contre-espionnage de l'armée américaine devenu gestionnaire de fonds, ne s'est pas privé de dénoncer l'« incompétence » flagrante de la Securities and Exchange Commission (SEC) dans le « scandale Madoff ».

Deux mois après l'interpellation du courtier Bernard Madoff, qui reste aujourd'hui assigné à résidence dans son appartement de Manhattan, ce témoin clef - qui a confessé, à plusieurs reprises, craindre pour sa sécurité personnelle - est le premier à apporter des révélations importantes sur la genèse et l'étendue de l'affaire.

« Mon expérience avec les représentants de la SEC s'est révélée une déception systématique et m'a amené à conclure que ses juristes, de par leur incompétence et leur amateurisme en matière financière, ont contribué à perpétuer d'importantes fraudes telles que celle confessée par Madoff », a constaté Harry Markopolos au cours de son audition de deux jours par la Chambre des représentants.

Après avoir hésité à témoigner publiquement, l'homme qui avait été le premier à alerter le bureau de la SEC de Boston en 1999, avant d'adresser un rapport circonstancié à l'autorité de surveillance, en date du 7 novembre 2005 (« Les Echos » du 7 janvier 2009), a apporté des précisions majeures sur l'ampleur de la fraude.

La mafia russe évoquée

En premier lieu, Harry Markopolos, qui a décortiqué le fonctionnement du schéma de Ponzi de Bernard Madoff depuis plusieurs années, estime que le niveau des pertes engendrées se situe entre 15 et 25 milliards de dollars, contre une estimation initiale de 50 milliards de dollars confessée par l'auteur de la fraude au FBI, lors de son arrestation le 11 décembre.

Ensuite, il estime que l'ancien président du Nasdaq n'a, en aucun cas, pu mettre en place son système sans un réseau important de complicités internes et externes. En particulier, le dénonciateur a encouragé les autorités de régulation à poursuivre les fonds nourriciers (« feeder funds ») principalement investis dans Madoff, tels Fairfield Greenwich, Kingate Global Fund ou Access International, qui n'ont pas accompli la « due diligence » nécessaire sur les activités du courtier indélicat.

Les enquêteurs soupçonnent certains intermédiaires d'avoir misé sur le fait que Bernard Madoff exerçait ses activités dans une « zone grise » où son statut de « teneur de marché » sur le Nasdaq pouvait lui procurer des informations privilégiées pour s'adonner au « front running », par exemple. A cet égard, il a indiqué à la Chambre qu'une douzaine de fonds rabatteurs supplémentaires, ayant subi des pertes significatives et dont il se réserve le droit de révéler la liste, « se cachaient encore en Europe ».

Enfin, pour couronner le tout, le témoin clef, qui bénéficie désormais d'une protection particulière, a affirmé qu'une partie des fonds confiés à Bernard Madoff provenait de « la mafia russe et des cartels de la drogue latino-américains ».

En guise de consolation, le liquidateur de Madoff Investment Securities, Irving Picard, a indiqué hier avoir recouvré quelque 946 millions de dollars d'actifs, dont plus de la moitié issus de comptes auprès de New York Mellon Corp. et de JPMorgan Chase, en vue d'une indemnisation éventuelle des victimes de la fraude. PIERRE DE GASQUET

--------

Le Figaro 12 février 2009 Entreprises p. 24 L'inculpation de Madoff repoussée

Le parquet de New York a de nouveau repoussé d'un mois la décision d'inculper ou non l'investisseur américain Bernard Madoff. Une nouvelle date a été fixée au 13 mars.

Les enquêteurs ont par ailleurs révélé que l'épouse de Bernard Madoff, Ruth, aurait retiré de "Cohmad Securities", une société de courtage dont Bernard Madoff était coactionnaire, (5,5 millions de dollars le 25 novembre (2008) et 10 millions de dollars le 10 décembre (2008).

Le lendemain, 11 décembre, Bernard Madoff, accusé d'une escroquerie qui pourrait atteindre 50 milliards de dollars, avait été arrêté.

--------

Économie 18/02/2009 à 06h51 liberation.fr Vers un nouveau cas Madoff

Etats-Unis. Un milliardaire texan accusé d’avoir créé un système pyramidal.

WASHINGTON, de notre correspondant PHILIPPE GRANGEREAU
A 10 heures du matin hier, une quarantaine de policiers texans ont pris d’assaut les bureaux du Stanford Financial Group à Houston (Texas). Son propriétaire, le flamboyant milliardaire Robert Allen Stanford, est accusé de fraude par le FBI et la commission boursière (SEC), qui a gelé ses avoirs. Cette dernière le soupçonne - à l’instar du financier new-yorkais Bernard Madoff - d’escroquer les personnes qui ont investi dans son fonds de placement de 8,5 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros), en leur faisant croire qu’il obtenait des rendements très supérieurs.

Il s’agirait en réalité d’un système pyramidal où les nouveaux investisseurs paient les intérêts de leurs prédécesseurs. Stanford assure que l’argent se trouve bel et bien dans une banque offshore de l’île d’Antigua, dans les Caraïbes. Mais la SEC l’a sommé en vain jusqu’alors d’en produire les preuves. La commission boursière estime qu’il est «improbable, voire impossible» que Stanford puisse offrir, de manière honnête, des intérêts de l’ordre de 8 % à 10 % sur des certificats de dépôts de cinq ans.
Sur son site Internet, Stanford assure que ses certificats de dépôt, baptisés Stanford Allocation Strategies, sont performants car ils «réduisent la volatilité durant tout le cycle de l’investissement».

Beaucoup se seraient laissés prendre par Stanford, qui dispose de 30 bureaux à travers les Etats-Unis. La Stanford International Bank dit posséder 30 000 clients. Des dizaines d’entre eux ont commencé hier à débarquer à Antigua pour tenter de retirer leurs mises, qui oscille généralement de 100 000 à 500 000 dollars. La banque leur a répondu que «les retraits ont été suspendus pendant deux mois», sur ordre du milliardaire, qui est connu pour sa passion du cricket. Un sport pour lequel il a créé, l’été dernier à Antigua, une coupe attribuant 20 millions de dollars au vainqueur.

Par ailleurs, une «alliance internationale» regroupant 35 cabinets d’avocats, soit près de 5 000 juristes, a vu le jour, hier à Madrid, pour travailler à la défense des 3 millions de personnes victimes de la fraude du financier américain Bernard Madoff.

-------

Madoff : les victimes françaises parlent Le Figaro-Magazine Ghislain de Montalembert et Sophie Roquelle 23/02/2009 | Mise à jour : 09:40 |

Légende de Wall Street, le courtier Bernard Madoff avait tout pour inspirer confiance. En France, 45 banques et assurances lui ont confié directement ou indirectement des fonds.

On croyait que seules quelques grandes fortunes étaient lésées. On découvre jour après jour que des centaines d'épargnants français avaient placé leurs économies chez l'escroc de Wall Street, souvent sans le savoir.

De Courchevel à Saint-Tropez en passant par le Cercle de l'Union interalliée ou le Maxim's Business Club, c'est devenu presque une boutade : «T'es Madoffé ou non?» La réponse est souvent positive. Mais ceux qui en parlent le plus ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus perdu. En matière de fortune, plus on en a, moins on en parle ! N'empêche: la liste des victimes françaises de Madoff s'allonge de jour en jour, surtout depuis que la justice américaine a publié un listing de 12 000 clients de l'escroc américain, à l'origine d'une fraude monumentale évaluée à 50 milliards de dollars (38 milliards d'euros). Parmi eux, une vingtaine d'institutionnels et de particuliers français, parfois dissimulés derrière des structures au nom mystérieux Pargeral, Luxalpha, Finama, Access... Ces fonds appartiennent en réalité à des personnalités connues comme Liliane Bettencourt, l'une des premières victimes de Madoff. La richissime actionnaire de L'Oréal, 86 ans, aurait investi entre 450 et 500 millions d'euros via la structure chargée de gérer ses avoirs dans le groupe de cosmétiques et via la Fondation Bettencourt-Schueller. Elle avait toutefois réaménagé ses placements et sa perte serait d'une vingtaine de millions d'euros. On trouve aussi en bonne place sur cette liste la Financière Agache, holding familiale de Bernard Arnault, patron du leader mondial du luxe LVMH, et première fortune de France (18 milliards d'euros). L'homme d'affaires a fait savoir que le compte était « dormant » depuis plusieurs années.

Même chose pour le groupe Carrefour, dont la trésorerie a fait un tour sur les comptes de Madoff. Le nom de son ancien trésorier, Jean-Pierre Audebourg, est mentionné sur la liste des clients. « Le compte a été soldé en 2003. Il est aujourd'hui en sommeil », explique une porte-parole du groupe de distribution. Certains ne démentent pas, mais restent silencieux, comme la discrète famille Igoin-Apfelbaum, qui compte plusieurs scientifiques dans ses rangs. Ou encore la famille Halley, héritière du groupe de distribution Carrefour-Promodès, qui a investi une partie de ses avoirs via son family office Halley Invest, situé à Bruxelles. « Des gens sérieux, qui n'ont pas la réputation de s'engager à la légère », explique un fin connaisseur du dossier. Comment cette famille si prudente s'est-elle retrouvée impliquée dans cette escroquerie de haut vol ? Les relations d'amitié qui unissaient Paul-Louis Halley, l'homme fort de la dynastie, et Thierry de la Villehuchet, cofondateur d'Access International Advisors, l'un des fonds qui recrutaient des épargnants pour Madoff, ont joué à plein. «Ils étaient très amis. Ils partageaient la même passion du bateau en Bretagne», raconte un proche de la famille.

Car le système Madoff reposait avant tout sur les relations de confiance et d'amitié. « Le boucheà- oreille a fonctionné à plein. Tout le monde voulait rentrer dans Madoff, qui offrait des rendements de 6 à 7 % alors que la Bourse s'effondrait, explique Bertrand de la Villehuchet, le frère de Thierry, qui s'est suicidé à la veille de Noël. Il a estimé qu'il aurait dû s'opposer et qu'il n'avait pas rempli son rôle. » Surtout auprès de ses amis, dont beaucoup sont aujourd'hui ruinés. L'engouement était devenu tel, surtout depuis la crise des subprimes, que toute la jet-set et les milieux d'affaires rêvaient d'investir dans ce fonds miracle dont l'accès était présenté comme un privilège. Entrer dans Madoff, c'était être coopté par les membres d'un club hyper-sélect dont la carte de membre s'achetait plusieurs millions d'euros. Un avocat parisien raconte :«Un de mes clients s'est entendu répondre : “Je ne peux pas te faire rentrer dans Madoff. Avec 5millions d'euros, il ne te prendra pas. Il faut plus !”». La société de Thierry de la Villehuchet et de son associé, Patrick Littaye, jouait un rôle clé pour séduire le gotha européen. Parmi les associés, on retrouve Philippe Junot, l'ex-mari de Caroline de Monaco, et Michel de Yougoslavie. Ces deux figures emblématiques des mondanités européennes se font aujourd'hui fort discrètes. «Je n'ai aucune nouvelle de Philippe depuis Noël», assure un de ses plus vieux amis.

Grands patrons à la retraite, cadres supérieurs fortunés, stars du show-biz, héritiers de vieilles dynasties industrielles... Ils sont nombreux à s'être laissés prendre. Leurs noms se chuchotent dans les cabinets feutrés des avocats parisiens renommés. Un grand nom du cognac aurait perdu 280 millions d'euros dans l'affaire ! On parle aussi des Racamier (héritiers de la fortune Vuitton), des Guerrand-Hermès, d'une partie de la famille Bouygues, du mari d'une ancienne star du cinéma, « dentiste des people », d'un célèbre intellectuelphilosophe, d'un membre éminent de l'Institut... Aucun n'a voulu confirmer ces rumeurs.

Quelques entreprises figurent aussi parmi les victimes. Un groupe industriel de tout premier plan aurait perdu 100millions d'euros, soit entre 25 et 30 % de sa trésorerie, en pariant sur Madoff. Une affaire suivie de près par Bercy, d'autant qu'il ne serait pas le seul dans ce cas.

Mais ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que des milliers d'épargnants anonymes se retrouvent pris au piège après avoir investi les yeux fermés dans des sicav et fonds de placement, eux-mêmes investis dans des fonds liés à Madoff. Parmi ces derniers, des noms reviennent avec force, comme Luxalpha et Luxinvest, deux sicav luxembourgeoises commercialisées par la première banque suisse, UBS, mais aussi Thema, la sicav irlandaise proposée par HSBC, ou encore Fairfield, Kingate... « Ils étaient considérés commes des placements de père de famille, sensés, prudents et offrant un maximum de garanties, car ils avaient reçu le passeport européen », précise Fabrice Rémon, responsable de Deminor France, qui défend les épargnants contre UBS. Le simple nom de cette banque, premier gérant de fortune mondial, suffisait à inspirer confiance. « Beaucoup de ces épargnants n'auraient pour rien au monde acheté du Madoff offshore. Ils voulaient un dépositaire prestigieux », ajoute Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) et passionaria des petits porteurs.

Combien les Français ont-ils perdu ? Certains ont investi quelques dizaines de milliers d'euros, d'autres, quelques centaines de millions... On estime que 45 institutions financières parisiennes (BNP Paribas, Natixis, Meeschaert, Aforge, La Compagnie financière Edmond de Rothschild...) ont guidé leurs épargnants, directement ou indirectement, vers les produits Madoff, parfois sans même le savoir ! L'Autorité des marchés financiers (AMF) soutient que toutes les pertes sont aujourd'hui identifiées. Elles sont évaluées, pour les petits épargnants français ayant investi dans Luxalpha, à 500 millions d'euros, sur un total de 1,4 milliard d'euros d'actifs Madoff acquis par la sicav. Mais combien ont-ils perdu à travers d'autres fonds ? Et directement ? « Les pouvoirs publics minimisent les chiffres pour ne pas affoler les épargnants, mais la facture totale est très supérieure au milliard d'euros », confie un professionnel de la finance. L'affaire est en tout cas suffisamment grave pour que Bercy change de discours. Après avoir affirmé que l'affaire Madoff ne concernait pas « le grand public », mais seulement les plus fortunés des épargnants, Christine Lagarde semble avoir pris la mesure de la fraude. D'autant que les grandes manoeuvres ont commencé pour tenter de récupérer les sommes évaporées.

Tous les regards sont tournés vers le Luxembourg et sa législation en matière de protection des épargnants. Qualifié de « paradis fiscal » par le chef de l'Etat lors de son interview télévisée, le grand-duché peaufine sa défense et tente de démontrer qu'il offre les mêmes garanties que n'importe quel autre pays de l'Union européenne, contrairement à ce que certains ont laissé entendre. Le ministre du Budget luxembourgeois, Luc Frieden, a cherché à éteindre le feu en précisant qu'UBS, en sa qualité de dépositaire des fonds placés sur la sicav Luxalpha, avait bien, au Luxembourg comme ailleurs en Europe, un rôle de « conservateur » (ce que contestait UBS) et devait à ce titre rembourser les épargnants. Une prise de position politique qui reste à confirmer par la toute-puissante Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), l'équivalent luxembourgeois de l'AMF.« Celle-ci a pour l'heure notifié à UBS un certain nombre de griefs, dans le cadre d'une procédure confidentielle, et évoqué de possibles sanctions à l'encontre de la banque », relate MeMarc Stehlin, avocat à Paris. Avec, en toile de fond, un possible retrait de l'agrément européen pour certaines activités d'UBS au Luxembourg ? La banque suisse a un mois pour obtempérer. « Le Luxembourg a parfaitement raison d'opter pour la fermeté, estime Colette Neuville. Il faut que l'on puisse dire que l'Europe est un espace dans lequel les régulateurs font respecter la loi. Il est impératif de donner un vrai sentiment de sécurité aux investisseurs, alors que l'Europe a précisément besoin de capitaux. » Pierre Bollon, délégué général de l'association des sociétés de gestion, confirme : «Le grand-duché a compris que sa réputation était en jeu.»

L'ennui est que, jusqu'à présent, tout montre qu'UBS n'a nullement l'intention de rembourser les épargnants floués. A la suite d'une décision de justice dont elle vient de faire appel, UBS a été condammnée à rembourser 30 millions d'euros à la société de gestion française Oddo Cie, qui lui avait donné l'ordre de clôturer ses positions dans Luxalpha dès novembre 2008 (un mois avant l'arrestation de Madoff !). Or la banque suisse ne s'est exécutée qu'en janvier. Sa mauvaise volonté a éclaté au grand jour le 10 février, lors de la publication de ses comptes annuels : non seulement le sort des clients Luxalpha et Luxinvest n'a pas été évoqué, mais la banque s'est offert le luxe de verser 1,5 milliard d'euros de bonus à ses salariés. Avec l'aval des autorités suisses, premier actionnaire d'UBS ! La bataille juridique ne fait que commencer. Si UBS est au coeur du cyclone, d'autres établissements pourraient se retrouver dans la tourmente. En premier lieu HSBC, dont le fonds Thema, basé en Irlande, a drainé jusqu'à 700 millions d'euros d'épargne vers Madoff. Mais aussi les établissements français qui ont vendu ces produits à hauts risques à leurs clients privilégiés, tout en croyant leur proposer des placements sécurisés. « Nous sommes nous-mêmes victimes », se défend un gérant de fortunes parisien.

La décision du fonds de gestion privée Meeschaert de rembourser ses clients Luxalpha donne une lueur d'espoir aux victimes françaises. « Il s'agit d'un geste commercial fort, qui se chiffre à plusieurs millions d'euros, explique Cédric Meeschaert, président de Meeschaert Gestion privée.Après deux mois d'attente, nous avons estimé légitime de dégager nos clients de cette histoire et de régler le problème entre institutionnels, dans un cadre européen. » D'autres établissements auraient commencé à rembourser certains clients privilégiés, en toute discrétion.

Ces initiatives isolées sont mal perçues par leurs confrères, qui les accusent de trahir la solidarité de la place et voudraient d'abord voir aboutir leur démarche commune à l'encontre des dépositaires des fonds investis chez Madoff, UBS et HSBC, et de leurs commissaires aux comptes, Ernst&Young et Price Waterhouse.

Pour l'heure, les seuls gagnants sont les avocats, dont les équipes s'activent pour préparer assignations et référés. En promettant à leurs clients d'être remboursés plus sûrement que leurs grands-parents qui avaient souscrit des emprunts russes!

-------

USA: Bernard Madoff, accusé d'une fraude gigantesque, plaide "coupable" 12 mars 2009 15.30

NEW YORK (AFP) — Le financier américain Bernard Madoff a plaidé coupable jeudi de 11 chefs d'inculpation devant un tribunal de New York dans la gigantesque fraude dont il est accusé, portant sur quelque 50 milliards de dollars.

"Que plaidez-vous ?", a demandé le juge Denny Chin à Bernard Madoff, qui a répondu "coupable".

Costume gris sur chemise blanche et cravate sombre, le financier s'est montré très nerveux pendant que le juge l'interrogeait, et celui-ci a dû lui demander de parler plus fort pour pouvoir l'entendre.

Il a plaidé coupable notamment de fraude, blanchiment d'argent et vol. "Est-ce que vous vous sentez bien?" lui a demandé le juge. "Oui", a-t-il répondu. A la fin des questions, il a été autorisé à s'asseoir et à boire un verre d'eau, tout en ne cessant de croiser et décroiser ses mains.

M. Madoff était arrivé au palais de justice vers 07H25 locales (11H25 GMT) dans une voiture grise aux vitres teintées, des dizaines d'objectifs d'appareils photo et de caméras braqués sur lui.

L'ancienne coqueluche de la finance avait annoncé mardi son intention de plaider coupable.

Le procureur Marc Litt, écartant toute clémence et possibilité de négociation, a indiqué qu'il allait requérir 150 ans de prison.

Le juge Chin va devoir décider si le financier, 70 ans, peut rester assigné à résidence dans son bel appartement de Manhattan ou bien s'il doit être incarcéré jusqu'à l'énoncé de la condamnation.

La procédure du plaider coupable permet d'éviter un procès devant un jury. C'est le juge qui émettra directement sa sentence mais cette dernière ne sera pas prononcée avant plusieurs mois.

Le juge a autorisé des victimes présumées du financier à témoigner à partir de jeudi, sous des conditions très strictes.

L'une d'elles, Bennett Goldworth, a expliqué jeudi sur CNN que la fraude avait mis sa vie "sens dessus dessous". "J'étais retiré des affaires. J'avais déménagé en Floride. Je dois tout recommencer. Et je dois revenir à New York, pour aller habiter chez mes parents, à 52 ans", s'est-il lamenté, expliquant avoir investi près de 4 millions de dollars chez Madoff.

Si M. Madoff ne devrait pas échapper à la prison, la bataille ne fait que commencer pour parvenir à déterminer qui sont les personnes effectivement flouées et estimer l'ampleur de leurs pertes.

Le tribunal a jusqu'ici enregistré 25 demandes d'intervention de victimes. L'accusation estime qu'en plus de vingt ans, 177 milliards de dollars ont transité par le fonds de Bernard Madoff, au détriment de nombreux investisseurs.

Son avocat Daniel Horowitz a catégoriquement rejeté cette estimation de 177 milliards, la jugeant "extrêmement exagérée".

Les milliards investis par des banques, des célébrités, des organisations caritatives ou des universités servaient à "répondre aux demandes ponctuelles de retraits de certains autres investisseurs", mais "les fonds étaient également utilisés pour l'acquisition de biens destinés à Madoff, aux membres de sa famille ou à ses associés", selon des documents publiés mardi.

Il sera d'autant plus complexe de reconstituer la liste des victimes potentielles du financier que M. Madoff s'est aussi servi des milliards investis par ses clients pour en rémunérer généreusement certains, pendant des années, tout en spoliant les autres.

C'est la crise financière qui a précipité sa chute quand de nombreux investisseurs inquiets ont réclamé leurs mises, permettant de mettre au jour cette gigantesque fraude, qui a commencé selon les enquêteurs dans les années 1980.

-------

NEW YORK USA: Madoff se dit "profondément désolé", espérait s'en sortir Par AFP, publié le 12/03/2009 à 16:14 - mis à jour le 12/03/2009 à 16:17

NEW YORK - Le financier Bernard Madoff, qui a plaidé coupable jeudi pour une fraude portant sur quelque 50 milliards de dollars, s'est dit "profondément désolé et honteux" devant le juge, expliquant qu'il avait cru pouvoir "se dépêtrer" de son escroquerie.

"Monsieur Madoff, dites nous ce que vous avez fait", lui a demandé le juge Denny Chin, après que le financier eut plaidé coupable de 11 chefs d'inculpation.

"Je suis profondément désolé et honteux", a répondu Bernard Madoff, qui s'exprimait pour la première fois publiquement sur l'affaire, expliquant que la fraude avait commencé dans les années 1990.

"Je pensais que cela s'arrêterait vite et que j'arriverais à me dépêtrer" de cette situation, "ainsi que mes clients", a-t-il dit, mais "cela s'est avéré difficile, et finalement impossible".

"Je ne peux pas exprimer convenablement à quel point je suis désolé", a-t-il poursuivi, ajoutant: "je suis ici aujourd'hui pour accepter la responsabilité de mes crimes".

--------

12/03/2009 - 16:28 JDD Madoff en détention, verdict le 16 juin

Le financier américain Bernard Madoff, accusé de fraude sur 50 milliards de dollars, a été placé en détention à la suite du premier jour de son procès, jeudi, à New York.
Plaidant coupable devant le juge, il s'est dit "profondément désolé et honteux" et s'est déclaré responsables des onzes chefs d'accusation pesant contre lui.

Le tribunal a décidé de réserver son verdict pour le 16 juin. Le procureur Marc Litt, a d'ores et déjà annoncé qu'il écarterait toute clémence ou possibilité de négociation. Il devrait requérir 150 ans de prison.

------

AFP 20 avril 2009 Le chanteur Enrico Macias victime de la crise financière

Gaston Ghrenassia dit Enrico Macias

LUXEMBOURG (AFP) — Le chanteur Enrico Macias est l'une des victimes de renom de l'effondrement des banques islandaises qui risque de lui faire perdre une villa de très grande valeur dans le sud de la France, a-t-on appris lundi de source judiciaire luxembourgeoise.

Le chanteur âgé de 70 ans - Gaston Ghrenassia de son vrai nom - a déposé une plainte pour abus de confiance au Luxembourg contre les dirigeants de la banque Landsbanki Luxembourg, filiale locale de l'établissement islandais éponyme.

L'affaire devait être plaidée en audience publique lundi, mais elle a été remise sine die, faute d'avocat pour les six responsables islandais appelés à comparaître.

Leur ancien avocat luxembourgeois s'est retiré du dossier il y a deux semaines. Cette défaillance va obliger les avocats du chanteur à relancer la procédure.

Selon l'un de ses avocats, Me Patrick Goergen, contacté par téléphone par l¹AFP, le chanteur français avait obtenu un prêt de la banque Landsbanki Luxembourg garanti par une propriété en France.

L'avocat s'est refusé à fournir le montant exact du prêt, mais il a évoqué une valeur se montant "à plusieurs dizaines de millions d'euros".

Le prêt avait été consenti après une évaluation de la villa que le chanteur possède dans le sud de la France. Or, une partie des fonds ont ensuite été investis dans des produits financiers de banques islandaises dont la valeur a par la suite fondu avec la crise financière.

L'Islande compte parmi les pays les plus touchés en Europe par la crise. Son secteur bancaire s'est effondré, obligeant le pays à recourir à l'aide du Fonds monétaire international.

Selon l'avocat d'Enrico Macias, les liquidateurs luxembourgeois de Landsbanki Luxembourg ont menacé d'engager des procédures judiciaires pour saisir la villa hypothéquée dans le cadre de la procédure de faillite de la banque.

--------

Publié le 29/06/2009 à 18:40 Reuters Le financier escroc Bernard Madoff condamné à 150 ans de prison

Le financier américain Bernard Madoff, accusé d'une escroquerie évaluée à 65 milliards de dollars sans précédent dans les annales de Wall Street, a été condamné lundi à 150 ans de prison, la peine maximale prévue par la loi.

Cris de joie et applaudissements ont retenti à l'énoncé du verdict, prononcé par le juge Denny Chin. "La fraude est stupéfiante", a souligné le magistrat, face auquel le prévenu, âgé de 71 ans, est resté impassible.

"Je ne peux avancer aucune excuse pour justifier mon comportement", avait-il auparavant déclaré d'une voix calme.

"Comment excuser la trahison de milliers d'épargnants et d'investisseurs qui m'ont confié les économies de toute une vie?", a poursuivi Bernard Madoff, assurant avoir vainement tenté de réparer ses méfaits.

"Plus j'essayais, plus je m'enfonçais", a-t-il dit.

"Je vis maintenant dans le tourment, mesurant la peine et les souffrances que j'ai infligées."

Plusieurs de ses victimes, qu'il a écoutées les yeux baissés, avaient invité le juge à la plus grande fermeté.

"Il n'a exprimé aucun remords (...) Son crime était prémédité et calculé. Il s'apprêtait à duper des investisseurs quelques jours encore avant son arrestation. S'il le pouvait, il continuerait à les voler", a ainsi affirmé Tom FitzMaurice.

"Puisse votre cellule devenir votre cercueil", lui a lancé Michael Schwartz.

"VINDICTE POPULAIRE"

Dans une note adressée vendredi dernier à la cour fédérale de Manhattan, les pouvoirs publics avaient estimé que "l'étendue, la durée et la nature des crimes" de Bernard Madoff devraient lui valoir la peine maximale.

"Une peine adéquate dans ce cas serait un emprisonnement de 150 ans ou (...) un nombre d'années de prison qui offre la garantie que Bernard Madoff y restera à vie", lit-on dans cette note.

Les autorités judiciaires soulignent que le cas Madoff, par son ampleur, ne peut être comparé aux fraudes comptables qui ont défrayé la chronique récemment, comme celles de Worldcom ou d'Adelphia.

L'ex-directeur général de Worldcom purge une peine de 25 ans de prison et les anciens dirigeants d'Adelphia, John et Timothy Rigas, de respectivement 12 et 17 ans.

Dans des documents soumis au juge Denny Chin, rendus publics mardi dernier, l'avocat de Bernard Madoff estimait qu'une peine de 12 ans serait suffisante, se référant à des statistiques disant que l'escroc avait sans doute une durée de vie de 84 ans.

L'avocat, Ira Lee Sorkin, avait invité le juge à ne pas céder à la "vindicte populaire".

Selon l'accusation, Bernard Madoff aurait réussi à escroquer au total 65 milliards de dollars sur une vingtaine d'années, avant la chute des marchés en 2008.

Quelques 4.800 comptes clients seraient concernés.

Parmi ses victimes, dont certaines se sont suicidées, se trouvent de nombreux particuliers fortunés du monde entier mais aussi des fonds d'investissements et des organisations caritatives. Version française Pascal Liétout et Jean-Philippe Lefief

Vers Première Page