19 mai 2012. Le réveil, Eva veut donner des conseils financiers au gouvernement Ayrault
22 avril 2012 : Catastrophe ? 2,31% des exprimés

Jouissance, Puissance et Gloire : Après Loïk Le Floc-Prigent c'est François Bayrou, puis Daniel Cohn-Bendit et José Bové, et ensuite ... 2012 ?

Vers des textes d'Eva Joly

Gro Eva Farseth veuve Joly

Avril 2012 : 1er avril, Hulot parle fort - Eva tombe et est hospitalisée ; Poutou peut tout ; Eva danse la gigue :"Nous sommes chez nous ..."
Mars 2012 : 21 mars un salafiste en cause dans les tueries de Toulouse et de Montauban ; le 8 mars Eva Joly mettait en accusation Nicolas Sarkozy et Claude Guéant
Février 2012 : Toutes les civilisations ne se valent pas, Cécile Duflot et les gauches mettent au même niveau les civilisations démocratiques et les civilisations totalitaires (stalinisme, nazisme ...)

Janvier 2012 : La magistrate soutient le délinquant, avec Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon
Décembre 2011 : Son équipe de campagne ; un conseiller spécial très engagé, Sergio Coronado le Chilien
Novembre 2011 : Tractations Verts-Roses très favorables aux Verts pour les législatives, Eva feint la colère contre Areva
Octobre 2011 : La norvégienne Gro Eva Farseth, française par son mariage avec le docteur Joly, se moque du Corrézien (né à Rouen) François Hollande ...
Septembre 2011 : Gro Farseth pense Robert Bourgi crédible
Juillet 2011 : Hulot déculoté par Eva la norve, qui "Je veux représenter la France qui relève la tête" (et non pas ?) ; et qui veut supprimer le défilé militaire du 14 juillet ... Violentes réactions mais Mamère et Bové approuvent ; fait traiter François Fillon ( "Je pense que cette dame n'a pas une culture très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l'histoire française." ) de xénophobie par les medias socialistes, notamment le Libération de Nicolas Demorand et d'Edouard de Rothschild
Juin 2011 : Dominée par Hulot dans les sondages elle l'attaque par la gauche

Décembre 2010 : Mise en examen pour diffamation. Un pacte Joly-Hulot ?
Septembre 2010 : Martine a peur d'Eva, qu'elle voudrait censurer
Août 2010 : Puissance et Gloire : candidate des Verts pour 2012, notamment soutenu par le maire Mamère ; Daniel Cohn-Bendit, le gauchiste reconverti en anti-anticapitaliste, très déçu ... d'avoir été squeezé
Juillet 2010 : Affaire Bettentourt, évasion fiscale tout azimuth

Avril 2009 : Eva Joly attaque les paradis fiscaux ; y compris en Europe
Janvier 2009 : Contre la suppression du juge d'Instruction

Octobre 2008 : La défense des clandestins ... ? Avec José Bové ...
Septembre 2008 : Après Bayrou c'est Cohn-Bendit
Juillet 2008 : Contre Bernard Tapie, et donc contre Nicolas Sarkozy
Juin 2008 : Flirte avec Bayrou

Mai 2007 : La force qui nous manque, Les Arènes, Paris, mai 2007 ; Critique de la réception de Omar Bongo par Nicolas Sarkozy ; Paolini, Bouygues, et l'Elysée: Eva Joly dénonce une machine de guerre pour la propagande ; Eva Joly souhaite une enquête sur un compte japonais présumé de Chirac

Avril 2006 : Eva Joly attaque Claude Chabrol
Mars 2006 : Eva Joly blessée par le film de Claude Chabrol "L'Ivresse du Pouvoir". Eva contre Claude ? L'Ivresse du Pouvoir de Chabrol vendu à une vingtaine de pays .. dont la Norvège

2005 : Echapée malgache chez Ravalomanana. Je suis fière de l’action que j’ai menée à Madagascar

Juin 2003 : Un livre qui gêne "Est-ce dans ce monde là que nous voulons vivre ?"
La déclaration de Paris (19 juin 2003). Le texte.

Mars 2002 : Eva Joly s'installe en Norvège pour lutter contre la corruption
Gro Eva Farseth, épouse puis veuve Joly, abandonne, après Eric Halphen, la poursuite des affaires politiques et financières françaises

ENCORE UNE FOIS, Eva Joly a surpris. La juge d'instruction la plus connue des Français, qui disait vouloir se consacrer, après la magistrature, à l'administration pénitentiaire, l'enseignement ou l'écriture, annonce son arrivée en Norvège comme conseiller spécial du gouvernement !
Née à Oslo et mariée en France à un étudiant en médecine, Gro Eva Farseth, de son nom de jeune fille, a demandé sa mise en disponibilité pour être chargée de la lutte contre la corruption. Son sens aigu de la communication l'a poussée à annoncer sa décision à quatre jours de la reprise de l'affaire Dumas, jugée en appel à partir de lundi prochain, et le jour même où l'un des avocats de Loïc Le Floch-Prigent, l'ancien patron d'Elf, annonce le dépôt d'une requête en suspicion légitime contre elle.
Il y a un an et demi, la publication de son livre « Notre affaire à tous » avait aussi fait l'effet d'un coup de tonnerre, à quelques jours de l'ouverture du procès de Roland Dumas et Christine Deviers-Joncourt.

« Coups de gueule »
Menant des investigations au pas de charge, surprenant Bernard Tapie, l'ancien ministre, à l'heure du laitier, mettant le président du Conseil constitutionnel en examen, Eva Joly a osé, comme peu de ses collègues, s'attaquer aux dossiers les plus sensibles : Crédit lyonnais, Elf, Les Ciments français, Isola 2000 où apparaît la belle-fille du ministre de la Justice d'alors, Jacques Toubon... Epaulée par son fidèle greffier militaire, Serge, elle tire le fil de la corruption, met en cause les plus puissants et, surtout, alerte l'opinion sur le délabrement de la justice spécialisée dans la délinquance en col blanc.
Grâce à ses « coups de gueule », la ministre Elisabeth Guigou lancera la réforme des pôles financiers. Dans le petit monde judiciaire, la juge à l'accent norvégien est admirée et détestée à la fois. Car le succès remporté avec la création des fameux pôles, qui regroupent juges d'instruction et membres du parquet, aidés par des assistants spécialisés, n'empêchent pas certains de lui faire des reproches.
La protection rapprochée dont elle est dotée depuis plus de cinq ans - qu'elle dit « subir » - fait des envieux. Les images télé prises sur le vif d'une perquisition, les interviews et les nombreux colloques et conférences auxquels elle assiste font jaser.

Devenue magistrate sur le tard
Enfin, concernant la tentaculaire affaire Elf, le fait de négliger certains hommes politiques de premier plan et de s'être inclinée devant la raison d'Etat a créé de l'amertume chez ceux qui espéraient un grand nettoyage à l'italienne.
Débarquée comme fille au pair à Paris, Eva Joly a accumulé les expériences les plus diverses : secrétaire chez Eddie Barclay, conseillère juridique d'un hôpital psychiatrique, elle ne fait son entrée dans la magistrature qu'à l'âge de 38 ans - il y a vingt et un ans. Elle est nommée au parquet d'Orléans puis à celui d'Evry en 1983, puis à celui de Paris en 1989. Entre-temps, la magistrate s'est frottée au monde de l'administration et de l'entreprise : elle est détachée au Comité interministériel de restructurations industrielles (Ciri), qui dépend du ministère des Finances.
Ces derniers temps, Eva Joly ne cachait plus son envie de tirer sa révérence. Le dossier Elf repris en main par le juge Van Ruymbeke, et tirant sur sa fin, lui a donné le sentiment que la page pouvait être tournée. Surtout, la déception de la magistrate sur l'état de la justice en France, l'impossibilité de combattre vraiment la grande délinquance financière, l'immobilisme de la communauté internationale sur la question des paradis fiscaux, l'ont rendue amère. Comme d'autres juges d'instruction avant elle, comme d'autres magistrats du parquet... Une de ses anciennes collègues confie : "Chacun des juges qui a quitté la magistrature avait ses propres raisons. Mais la déception qui les habite est, elle, générale."
Laurent Leger, Le Parisien , vendredi 01 mars 2002, p. 13.

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(18 juin 2003) Non-parution immédiate pour le livre d'Eva Joly
Le tribunal repousse sa diffusion pour ne pas perturber le procès (affaires Elf).

Prudente, Eva Joly a préféré rester, hier, à l'abri, chez son éditeur. Elle craignait les coups, et n'avait pas tort. Saisi en référé par un syndicat d'avocats et le conseil de l'ordre, Jean-Claude Magendie, le président du tribunal de grande instance de Paris, a interdit, hier après-midi, aux Editions des Arènes, de «faire paraître ou diffuser l'ouvrage» de l'ex-juge de l'affaire Elf, avant la clôture des débats et la fin des plaidoiries du procès Elf, soit le 7 juillet. Dans ses attendus, le tribunal a jugé la diffusion de l'ouvrage «nuisible au caractère équitable du procès en cours». En cas de non-respect de l'ordonnance, il en coûtera 100 euros à l'éditeur, par infraction constatée, c'est-à-dire par livre en librairie. Eva Joly a annoncé qu'elle faisait appel «immédiatement». «Pour moi, c'est une censure», a-t-elle commenté. L'appel a confirmé la décision tard dans la soirée.

Camouflet judiciaire.
Pour Eva Joly et son éditeur, c'est un château de cartes patiemment bâti qui s'effondre. La sortie en librairie s'accompagnait en principe, ce matin, d'une conférence internationale de juges réunis par eux à la Sorbonne. L'Italien Antonio Di Pietro, l'Espagnol Baltasar Garzon, le Chilien Juan Guzman - on en oublie - ont bousculé leur emploi du temps pour venir signer «une déclaration de Paris», rédigée par Eva Joly, qui pourfend «la grande corruption» et figure en annexe du livre. Le conclave n'est pas annulé, mais le camouflet judiciaire est d'autant plus dur pour l'auteure.

Le président du tribunal s'était entouré, hier matin, de deux assesseurs pour juger ce nouveau sous-dossier, non pas financier mais médiatique, de l'affaire Elf. La salle est comble. Celle du procès Elf, déserte. «Là, c'est le référé, s'exclame un avocat, désignant la salle des criées. «Et là, c'est le procès», ajoute-t-il en montrant la porte voisine. «Qui sait ? Eva Joly va peut-être se tromper de porte...» Mais l'ex-juge de l'affaire Elf s'est fait représenter. Et par un familier de la même affaire, Me Thierry Lévy, avocat de l'intermédiaire Pierre Léthier.

«Cette publication intervient après la clôture des débats du procès Elf. Nombre de mes confrères ont déjà plaidé», proteste l'initiateur du référé, Me Xavier Flécheux, au nom de la Confédération nationale des avocats. C'est à son avis «un incident majeur». Les litiges entre le conseil de l'ordre et un juge sont rares, souligne le bâtonnier Paul-Albert Iweins, au nom du conseil. «Mais ça a toujours été face à Mme Eva Joly», relève-t-il. Rappel des contentieux : Eva Joly soulignant le rôle des avocats dans le blanchiment d'argent, puis s'excusant. Eva Joly demandant un droit de réponse dans le bulletin du bâtonnier, et déposant plainte. Et puis aujourd'hui. «Ce livre concerne fort peu les avocats, concède le bâtonnier. Ceux qui sont maltraités, ce sont les prévenus». La «saisie du livre» n'est pas demandée. «Ce qui me paraît évident, c'est que ce livre ne peut pas paraître maintenant.» De nombreux juges ont écrit des livres sans parler des prévenus, relève Paul-Albert Iweins. «Ont-ils le droit de peser sur les débats, pendant les débats ? La réponse est non. Le moment est scandaleux.» Pour le bâtonnier, «la puissance de feu» d'Eva Joly, sa «statue de Jeanne d'Arc anticorruption», dissuadent les prévenus de toute riposte.

«Dans ce livre, il y a les bons et les mauvais prévenus», remarque Me Iweins. Les mauvais ? «Lorsqu'elle entend André Tarallo, elle est sur écoutes. Lorsqu'elle perquisitionne chez M. Léandri, elle trouve un pistolet chargé, canon braqué sur l'entrée. Elle dit "c'est une attention personnelle". Une "menace". Ces propos, suppositions, accusations, ne peuvent que peser sur les débats.» Et de dénoncer l'opération commerciale. «N'oublions pas que c'est elle, le chasseur. Le livre, c'est le dossier. Les bonnes feuilles, c'est Tarallo, Léandri, Le Floch, Roland Dumas.» L'ouvrage, en outre, fourmille de confidences faites par des témoins, en violation du secret professionnel.

«Leçon d'éthique».
Le bâtonnier vante au passage le bon déroulement du procès Elf. «Le président a obtenu des choses que Mme Joly n'avait pas pu obtenir. Je suppose que cela a dû agacer Mme Joly.» Loin «d'aider la justice», la juge vient «la perturber». «Il faut qu'elle s'habitue à l'idée que le dossier Elf n'est pas un dossier Joly contre le reste du monde». Il demande qu'une «leçon d'éthique» lui soit donnée.

L'avocat de l'éditeur, Me Vincent Toledano, joue plutôt la procédure, et estime les avocats irrecevables dans leurs arguments, pour l'essentiel disciplinaires. «Si le but est d'interdire la parole d'Eva Joly, qu'on le fasse», lance-t-il. Et de proposer, sans rire, qu'on limite la suspension du livre au ressort du tribunal Ñ aux librairies de Paris intra-muros. L'avocat d'Eva Joly a plus de flèches à son arc. «S'il y a un trouble manifeste, lance Me Thierry Lévy, c'est celui des difficultés rencontrées par le juge pour mener à bien sa mission. Et si oui, qui en est responsable ? Celui qui le révèle, ou celui qui a dressé les obstacles ?» L'avocat signale que dans son livre, Eva Joly n'épargne pas sa hiérarchie, qu'elle évoque même ses relations «houleuses» avec le président du tribunal, qui préside justement l'audience. La juge s'est demandé «s'il ne fallait pas inviter le tribunal à se récuser», mais elle y a renoncé.

Temps révolu.
Où sont donc les prévenus, «les victimes» de l'atteinte à la présomption d'innocence, s'interroge Thierry Lévy. «On vous dit qu'ils tremblent devant Eva Joly et n'osent pas demander la saisie du livre. Si aucun des 37 prévenus n'est présent dans cette salle, c'est qu'ils savent qu'il n'y a rien dans le livre qui puisse préjuger de leur culpabilité. Rien !». La juge a vécu dans la crainte, rappelle l'avocat. «C'est le président de la Cour de cassation qui est venu lui dire : Madame, évitez les fenêtres !», s'exclame-t-il. Le tribunal ne peut pas dire que «les juges n'ont pas d'états d'âme». «Ils ont des émotions et ils ont le droit de les exprimer. Le temps où les juges étaient de purs esprits, des esprits dociles, est révolu», conclut-il.

L'avocat n'est pas entendu. «Publier un livre sur l'atmosphère qui a prévalu lors de l'instruction peut modifier la perception des juges», explique Pascal Le Fur, substitut du procureur, qui a requis, hier, une suspension de la parution. En fin d'après-midi, Jean-Claude Magendie accepte l'entrée des caméras de télévision dans la salle pour quelques plans, avant d'annoncer l'interdiction du livre jusqu'au 7 juillet.
Libération, Par Karl LASKE, jeudi 19 juin 2003

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Une « déclaration » pour la traçabilité des flux financiers
Une quinzaine personnalités du monde entier se sont réunies à Paris, jeudi 19 juin, à l'initiative de la juge Eva Joly, pour dénoncer « les effets dévastateurs de la grande corruption et de son corollaire : l'impunité »

SEPT ANS après l'« appel de Genève », signé le 1er octobre 1996 par des magistrats européens pour une meilleure coopération judiciaire, une quinzaine de personnalités du monde entier se sont réunies à Paris, jeudi 19 juin, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, pour dénoncer à nouveau « les effets dévastateurs de la grande corruption et de son corollaire : l'impunité ».

Cette « déclaration de Paris » a été lue devant la presse par la juge Eva Joly, à l'initiative du projet, entourée d'un prestigieux aréopage de magistrats, en activité ou non, parmi lesquels Bernard Bertossa, ex-procureur de Genève, Antonio Di Pietro, ancien responsable italien de l'opération antimafia « Mains propres », Baltazar Garzon, juge d'instruction espagnol, ou encore Juan Guzman, le conseiller à la cour d'appel du Chili qui a inculpé le général Pinochet.

D'autres personnalités ou militants des droits de l'homme, comme le Canadien John Charles Polanyi, Prix Nobel de chimie, Nina Berg, veuve du journaliste Carlos Cardoso assassiné au Mozambique, ou Yolande Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, otage des forces armées révolutionnaires de Colombie, ont évoqué les ravages d'un fléau qui, selon l'appel, « mine les vieilles démocraties occidentales, entrave le développement des pays pauvres et leur liberté politique ».

« Pour faciliter les enquêtes », la « déclaration de Paris » demande la suspension des immunités diplomatique, parlementaire et judiciaire, et l'obligation, pour les institutions financières internationales, « d'organiser une traçabilité totale des flux financiers comportant l'identification précise des bénéficiaires et des donneurs d'ordres ». Elle prône la suppression des « recours dilatoires contre la transmission de preuves aux juridictions étrangères », pratique légale en Suisse, au Luxembourg ou au Liechtenstein, quelques-uns des soixante paradis fiscaux qui « protègent, de manière délibérée, l'opacité des flux criminels ».

Les 24 premiers signataires proposent aussi la création d'un délit d'enrichissement illicite et d'un crime de grande corruption applicable aux détournements supérieurs à 10 millions de dollars. Ils prônent la mise en place d'une veille bancaire autour des « dirigeants politiquement exposés », qui seraient contraints de justifier l'origine licite de leur fortune, ainsi que l'obligation, pour les sociétés cotées, de consolider leurs comptes pays par pays.

Il n'y a là rien d'utopique, estime Mme Joly : « Les outils techniques existent pour tracer les flux financiers des fortunes mal acquises. En outre, les fonds en cause sont concentrés, et la corruption ne concerne que peu de gens parmi les élites des pays. En France, il s'agit d'une centaine de personnes et d'une vingtaine d'entreprises. » Les mesures proposées sont urgentes, poursuit la magistrate. « Si nous ne le faisons pas, c'est parce que certains ne le veulent pas », a-t-elle conclu sous les applaudissements.

Quelques minutes plus tôt, Antonio Di Pietro avait lancé un avertissement solennel sur l'émergence, dans nos démocraties occidentales, « d'un nouveau féodalisme » caractérisé par l'existence de « groupes détenant de grands pouvoirs dans l'économie et les médias, qu'ils utilisent ensuite pour placer leurs hommes à la tête de l'Etat ». « Le contrôle de l'information et de ceux qui peuvent être élus, le vote de lois garantissant l'immunité aux dirigeant, contribuent à l'émergence d'une nouvelle forme de corruption moderne, difficile à déceler et à poursuivre en justice », explique le magistrat, en référence à l'adoption par les députés italiens, le 18 juin, d'un texte garantissant une « immunité temporaire » au président du conseil italien, Silvio Berlusconi, inculpé pour « corruption de magistrats » devant le tribunal de Milan.

Le Prix Nobel de chimie canadien John Charles Polanyi s'est de son côté inquiété des relations opaques qui unissent le gouvernement américain au « complexe militaro-industriel ». La France n'a pas été épargnée dans la succession des témoignages, qui ont mis aussi bien en cause l'homme d'affaires Pierre Falcone, dans l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, que les sociétés de BTP Spie Batignolles et Dumez International, citées parmi d'autres entreprises occidentales par Fine Maema, procureur général au Lesotho, dans une affaire de versement de commissions liées à la construction de barrages.

Depuis l'appel de Genève, la prise de conscience internationale du problème a toutefois avancé. « Une lacune béante » a ainsi, selon M. Bertossa, été en partie comblée dans le cadre du Groupe d'action financière sur le blanchiment (GAFI), qui oblige ses vingt-neuf Etats membres à incriminer la corruption d'agents étrangers sur leur sol.

En 2001, l'Union européenne s'est, pour sa part, dotée d'Eurojust, un outil chargé de coordonner les enquêtes pénales et de favoriser la coopération en matière de criminalité grave. Olivier de Baynast, magistrat représentant la France, rappelle que les accords de Schengen furent « la première traduction concrète de l'appel de Genève, en permettant la transmission directe, entre juges, des commissions rogatoires qui transitaient auparavant par les Etats ».

Depuis, les conventions d'entraide judiciaire sont traduites dans les droits nationaux. De grosses affaires sont désormais centralisées au niveau européen. C'est le cas actuellement d'une vaste escroquerie d'origine mafieuse, portant sur des résidences secondaires en temps partagé en Espagne, qui a fait 70 000 victimes en Europe. Enfin, le mandat d'arrêt européen se substituera, à partir de 2004, aux procédures d'extradition dont les gouvernements avaient la maîtrise. Les pouvoirs d'Eurojust sont néanmoins limités. Nombre de magistrats financiers demandent qu'il se transforme en véritable parquet européen, capable d'engager des poursuites, ce à quoi les Etats s'opposent encore.

Plus largement, après les années flamboyantes de la justice financière, un mouvement de repli semble se produire. Les magistrats ont ainsi exprimé leur inquiétude vis-à-vis des tentatives récurrentes de raccourcir les délais de prescription en matière d'abus de bien social. Tout comme vis-à-vis du projet de nouveau code des marchés publics, qui devait laisser échapper aux appels d'offres plus de 90 % des marchés, et dont le gouvernement vient d'annoncer le retrait.

Les juges continuent d'affronter de nombreux obstacles dans leurs enquêtes. Pour certains, le constat d'impuissance effectué à Genève est toujours d'actualité et les grand-messes anticorruption sont vaines. Sociétés offshore et fiduciaires protégées par le secret, places financières bienveillantes..., l'opacité demeure. En matière de paradis fiscaux, « l'Europe ne tient pas ses engagements », souligne M. de Baynast. La transparence que la « déclaration de Paris » réclame demeure un idéal lointain.
Nathalie Guibert et Alexandre Garcia, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21 Juin 2003

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La Déclaration de Paris (La Sorbonne, 19 juin 2003)

Nous, signataires de cet appel, venus du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, nous dénonçons les effets dévastateurs de la grande corruption, avec son corollaire, l’impunité.

L’explosion des marchés ouverts a favorisé des pratiques de prélèvements, de commissions et de rétro-commissions, qui se sont développées de manière inquiétante au point d’envahir des secteurs entiers de l'économie.
Les activités les plus sensibles sont l’énergie, les grands travaux, l’armement, l’aéronautique et l’exploitation des ressources minières.
Sur ces marchés d’intérêt national, quelques grandes sociétés ont intégré la corruption comme un moyen d’action privilégiée. Ainsi, plusieurs milliers de décisionnaires à travers le monde échappent à tout contrôle.
La grande corruption bénéficie de la complicité de banques occidentales. Elle utilise le circuit des sociétés off shores. Elle profite de la soixantaine de territoires ou d’Etats qui lui servent d’abri.

La grande corruption est une injustice. Elle provoque une ponction de richesses dans les pays du Sud et de l’Est. Elle favorise la constitution de caisses noires ou de rémunérations parallèles à la tête des grandes entreprises. Elle rompt la confiance nécessaire à la vie économique.
Parce qu’elle a atteint parfois le cœur du pouvoir, la grande corruption mine les vieilles démocraties occidentales. Elle entrave le développement des pays pauvres et leur liberté politique.

Alors que la globalisation a permis la libre circulation des capitaux, les justices financières restent tenues par des frontières qui n’existent plus pour les délinquants. La souveraineté de certains Etats bancaires protège, de manière délibérée, l’opacité des flux criminels. Logiquement, les bénéficiaires de la grande corruption ne font rien pour améliorer la situation.

Il convient de tirer les conséquences de cette inégalité devant la loi dont profite la grande corruption. Il est indispensable de rétablir les grands équilibres de nos démocraties. Plutôt que d’espérer une vaine réforme de ces Etats, il est possible d’inventer de nouvelles règles pour nous-mêmes.
A un changement de monde, doit correspondre un changement de règles.

Aussi nous demandons :

1. Pour faciliter les enquêtes :

- la suspension des immunités diplomatiques, parlementaires et judiciaires le temps des enquêtes financières (le renvoi devant un tribunal restant soumis à un vote sur la levée de l’immunité).

- la suppression des possibilités de recours dilatoires contre la transmissions de preuves aux juridictions étrangères.

- l’interdiction faite aux banques d’ouvrir des filiales ou d’accepter des fonds provenant d’établissements installés dans des pays ou des territoires qui refusent, ou appliquent de manière purement virtuelle, la coopération judiciaire internationale.

- l’obligation faite à tous les systèmes de transferts de fonds ou de valeurs, ainsi qu’aux chambres de compensations internationales d’organiser une traçabilité totale des flux financiers, comportant l’identification précise des bénéficiaires et des donneurs d’ordre, de telle manière qu’en cas d’enquête pénale, les autorités judiciaires puissent remonter l’ensemble des opérations suspectes.

2. Pour juger effectivement les délinquants :

- l’obligation légale faite aux dirigeants politiquement exposés de justifier de l’origine licite leur fortune. Si celle-ci ne peut être prouvée, elle pourra faire l’objet d’une “confiscation civile”.

- la création d’un crime de “grande corruption”, passible d’une peine similaire à celles prévues contre les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation.

3. Pour prévenir la grande corruption :

- l’obligation faite aux sociétés cotées de déclarer dans leurs comptes consolidés, pays par pays, les revenus nets (impôts, royalties, dividendes, bonus, etc.), qu’elles payent aux gouvernements et aux sociétés publiques des pays dans lesquels elles opèrent..

- la compétence donnée à la Justice du pays où est établi le siège social des sociétés multinationales lorsqu’une de leurs filiales à l’étranger est suspectée d’un délit de corruption, et que le pays ou est commis le délit ne peut pas, ou ne souhaite pas, poursuivre l’affaire.

- la mise en place d’une veille bancaire autour de dirigeants politiquement exposés et de leur entourage. Par dirigeants politiquement exposés, nous entendons les hommes et les femmes occupants des postes stratégiques au gouvernement, dans la haute administration et à la direction générale des entreprises privées intervenants dans les secteurs “à risque”.

- les portefeuilles de titres et les comptes bancaires, des dirigeants politiquement exposés ainsi que ceux de leurs famille proche, ouverts dans leur pays où à l’étranger, sera soumis à une procédure d’alerte lors de tout mouvement important, avec l’instauration d’une obligation pénale de signalement pour les cadres bancaires et les gestionnaires de titres.

Combattre la grande corruption est un préalable à toute action politique authentique. Nous devons restaurer la confiance dans les élites politiques et économiques. A l’heure de la globalisation, la responsabilité de ceux qui nous dirigent est immense. Elle doit échapper au soupçon, pour permettre l’espoir.

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L'échappée malgache d'Eva Joly Par VINCENT HUGEUX, publié le 02/12/2010 à 13:38 l'express.fr

Pendant deux ans Eva Joly était à Madagascar, conseillant le président de l'époque. Le dessein était noble ; le résultat fut mince. Entre 2004 et 2006, Eva Joly a conseillé le président malgache de l'époque, Marc Ravalomanana, pour le compte de l'Agence norvégienne de développement et de coopération. Elle apparaissait alors comme la figure de proue d'un aréopage fourni de consultants occidentaux : 17, de l'aveu même de l'ancien chef de l'Etat, dont un économiste norvégien, un Britannique, une escouade de sociaux-démocrates bavarois, des Américains, un urbaniste français et... un philosophe grec.

La tâche assignée à la rugueuse Eva ? Inspirer, au nom de la bonne gouvernance, une réforme en profondeur du système judiciaire de la Grande Ile, miné par la faiblesse des effectifs, les carences de la formation, la corruption et le surpeuplement des prisons. Critiquée en Europe pour le concours apporté ainsi à un autocrate mal élu, la Franco-Norvégienne le fut aussi à Antananarivo dès lors que, fidèle à ses principes, elle préconisa la création d'une haute cour de justice appelée à châtier les ministres indélicats.

Si elle se dit "fière" du travail accompli, Eva Joly dresse de son aventure insulaire un bilan mitigé. Certes, elle a assuré avoir contribué à la libération de "quelque 3 000 prisonniers", dont certains détenus sans jugement depuis plus de dix ans. Mais, convient l'ex-magistrate, "l'évolution du régime n'a pas été celle espérée". On peut cultiver son franc-parler et manier la litote.

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Eva Joly : « Je n’ai jamais travaillé pour Ravalomanana » Mardi, 29 Novembre 2011 11:48 La Gazette de la Grande Ile

Eva Joly n’a pas été ménagée, le week-end dernier, lors de sa visite à La Réunion. Le journaliste Christian Chadefaux a profité de l’occasion pour rappeler le passé peu brillant sinon compromettant de la candidate des Verts à l’élection présidentielle française de 2012.
Cependant, celle-ci n’a pas manqué de répondre à ces critiques. Ci-après ce que rapporte à ce sujet notre confrère « Le Journal de l’Ile de la Réunion ».

« Dans un courrier des lecteurs, publié hier dans nos colonnes, Christian Chadefaux, l’ancien rédacteur en chef de l’Express de Madagascar, accuse la candidate écologiste d’avoir été pendant 4 ans “la conseillère personnelle du président de Madagascar Marc Ravalomanana pour l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption”.
Période pendant laquelle le journaliste a été expulsé de l’île, après 55 ans de présence.

Eva Joly s’est ardemment défendu de toute compromission avec l’ex-président malgache. “J’ai travaillé pendant huit ans pour le gouvernement norvégien pour de meilleurs rapports Nord-Sud, contre la corruption.
Je n’ai jamais travaillé pour Ravalomanana, j’ai travaillé pour Norad (l’Agence norvégienne pour le développement international), à Madagascar, comme au Kenya, au Nigeria, en Tanzanie ou en Zambie”.
Elle a expliqué avoir été missionnée par Norad pour mettre en place une cellule de lutte contre la corruption.

Elle a aussi assuré avoir justement fait pression sur Marc Ravalomanana pour faire cesser les dérives dans les prisons “qui ressemblaient à des camps de concentration”, les détentions provisoires sans limite, l’utilisation des prisonniers dans les rizières des magistrats, etc. “Je suis fière de l’action que j’ai menée à Madagascar”.

Aux électeurs français de Madagascar d’apprécier, car Mme Joly n’a rien dit, à l’époque, concernant les abus perpétrés par M. Ravalomanana.

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Paru le : 22/02/2006 Eva Joly très déçue par le film

EVA JOLY est ressortie de la projection privée du film de Chabrol avec un sentiment de nausée.
L'ancienne juge de l'affaire Elf, aujourd'hui chargée de la lutte contre la corruption en Norvège, préfère « ne pas commenter » le film. Mais ses proches ont compris à quel point la projection l'avait blessée.

« C'est une caricature », confie Laurent Beccaria, l'éditeur d'Eva Joly. « Réduire sept ans d'enquête à ces face-à-face grotesques entre une juge dilettante et un PDG fatigué, c'est affligeant », confesse un magistrat parisien.

Même réaction de la part de Laurence Vichnievsky, cochargée de l'affaire Elf, aujourd'hui présidente du tribunal de Chartres. « C'est triste », glisse-t-elle simplement.

« L'Ivresse du pouvoir » a de quoi dérouter ceux qui ont suivi l'affaire Elf. Certes, tous les « ingrédients » du dossier y sont. Dans le film, le PDG a une maladie de peau, comme Le Floch-Prigent, et le sénateur a bien un accent du Sud, comme un certain Charles Pasqua.
Patrick Bruel joue au millimètre le rôle de Philippe Jaffré, le successeur de Le Floch à la tête d'Elf, soupçonné d'avoir « alimenté » Eva Joly jusqu'à ce que celle-ci finisse par perquisitionner dans son bureau.

Mais l'essentiel semble échapper à Chabrol : les juges Eva Joly, Laurence Vichnievsky, Renaud Van Ruymbeke et leur collègue suisse Paul Perraudin sont parvenus à mettre à plat un système de détournements des caisses d'Elf de plusieurs centaines de millions d'euros, et une vingtaine de personnes ont été condamnées par la cour d'appel.
« Cela ne s'est pas fait en claquant les gants », résume un enquêteur d'Eva Joly, persuadé que la juge, à l'inverse de son personnage à l'écran, « peut être fière de son travail ».
leprisien.fr, Laurent Valdiguié, Paru le : 22/02/2006

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Paru le : 24/03/2006 Cinéma/Eva Joly attaque Chabrol

Polémique EVA JOLY déclenche les hostilités contre Claude Chabrol et son film « l'Ivresse du pouvoir ».

La juge, aujourd'hui en poste en Norvège, a enclenché une première requête, auprès du président du tribunal de Paris, pour obtenir une copie du film. Cette première demande lui a été refusée par un des adjoints de Jean-Claude Magendie, le président du tribunal parisien. Du coup, l'ancienne magistrate en charge de l'affaire Elf vient de déposer - via son avocat Me Thierry Lévy - une assignation d'heure à heure devant ce tribunal. Une audience a été fixée au 7 avril prochain.
Eva Joly somme ainsi, par voie de justice, la production de Chabrol de lui fournir une copie du film, afin de « pouvoir étudier d'éventuelles poursuites civiles ».

« J'envisage d'attaquer pour violation de la vie privée, je verrai exactement sous quelle forme en regardant le film dans le détail », nous indique la magistrate.

Entre un voyage à Madagascar et un autre au Kenya, pour des opérations anti-corruption au nom du gouvernement norvégien, Eva Joly a vu en salle le film de Chabrol. L'ancienne juge en est ressortie avec « la nausée ». « Un sentiment de malaise », a-t-elle écrit dans une tribune publiée dans « le Monde », la semaine dernière.

« Claude Chabrol a réduit l'enquête Elf à une suite de clichés... Au passage, il a choisi de violer l'intimité de ma vie privée. Il n'a cessé lors des interviews pour la promotion du film d'ajouter des détails sordides et erronés sur ma vie personnelle. »

La juge et ses enfants admettent difficilement la mise en scène par Chabrol de la tentative de suicide du mari d'Isabelle Huppert qui incarne la célèbre magistrate à l'écran. « En mettant en scène le couple Joly, Claude Chabrol a pris le parti de lier la mort du mari d'Eva Joly à l'affaire Elf, ce qui est inacceptable », confie un magistrat proche de la juge de l'affaire Elf.

Du côté de Claude Chabrol, pas de réaction hier soir de son producteur, Patrick Godeau. Le film « l'Ivresse du pouvoir » est d'ores et déjà un succès : il a dépassé le million d'entrées et a été vendu à une vingtaine de pays dans le monde dont... la Norvège.
Le Parisien, 24 mars 2006, Laurent Valdiguié avec Alain Grasset, p. 33

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(7 avril 2006) Claude Chabrol poursuivi par Eva Joly

L'ex-magistrate de choc de l'«affaire Elf» traîne le célèbre cinéaste en justice.
Le film «L'ivresse du pouvoir» violerait sa vie privée et son intimité.

C'est un affrontement spectaculaire, qui se déroule sur un terrain inédit: à la frontière entre la haute politique, la bassesse des «affaires», les arts et la justice. Il oppose deux personnalités hautement médiatiques: un des cinéastes les plus populaires de France et une ex-juge d'instruction pugnace qui, il y a quelques années, acquit la notoriété en faisant trembler la Mitterrandie.
Cet affrontement s'est joué vendredi matin devant la dix-septième chambre du Tribunal de grande instance de Paris.

D'un côté, Claude Chabrol, poursuivi pour son dernier film, «L'ivresse du pouvoir», qui a allégrement dépassé le cap du million d'entrées en France et a été vendu à une vingtaine de pays.

Ce film s'inspire librement de l'«affaire Elf»: un méga-scandale politico-financier qui entraîna notamment la chute de l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Roland Dumas et de l'ex-PDG d'Elf Loïk Le Floch-Prigent, tous deux poursuivis pour des détournements de fonds et abus de biens sociaux commis au détriment du géant pétrolier.
De l'autre côté, Eva Joly, la juge qui, précisément, instruisit cette affaire et qui, dans le film, est incarnée par Isabelle Huppert.Vendredi, l'ex-magistrate -aujourd'hui conseillère anti-corruption du gouvernement de Norvège, son pays d'origine- a demandé à la justice parisienne de contraindre le producteur de «L'ivresse du pouvoir» de lui en fournir une copie, afin de «pouvoir étudier d'éventuelles poursuites civiles» à son encontre. Le jugement a été mis en délibéré à la semaine prochaine. Eva Joly envisage d'attaquer Claude Chabrol pour violation de la vie privée et de son intimité.

«Réactionnaire, populiste»

Le cinéaste, certes, a maintes fois souligné le caractère fictionnel de son oeuvre. Mais, a remarqué Eva Joly, ce film «a été lancé comme un film basé sur l'affaire Elf et sur moi. Et Chabrol a dit dans des interviews qu'il s'agissait de moi». Ensuite, «il n'a cessé d'ajouter des détails sordides et erronés sur ma vie personnelle». La narration des déboires conjugaux du personnage d'Isabelle Huppert avec son mari, et la scène montrant la tentative de suicide de ce dernier ont particulièrement heurté Eva Joly, qui est elle-même veuve. Plus globalement, l'ex-magistrate considère que le personnage du «Comte de Monte-Christo, le vengeur» incarné par Isabelle Huppert à l'écran est insultant pour elle. «On me retire tout honneur. On m'impute des motifs et des modes de comportement que je trouve dévalorisants.»

Plus globalement, Eva Joly affirme avoir ressenti de «la nausée» et «un sentiment de malaise» à la vue d'un film qui, au-delà de sa personne, lui paraît «réactionnaire et populiste». «Le film banalise la thématique de la corruption en la réduisant à une lutte entre une femme ivre de pouvoir, vengeresse, et le chef manipulé d'une compagnie pétrolière.» Ce faisant, Claude Chabrol aurait donc «réduit un scandale d'Etat à une histoire personnelle», à «une suite de clichés», à «un petit théâtre de moeurs», à «une comédie du pouvoir». Il aurait donc «réalisé exactement le film qu'une partie du pouvoir politique et médiatique avait envie de voir».

«S'il n'y avait que le film, je me serais tue», a assuré Eva Joly: «Un créateur est libre de s'inspirer des morceaux choisis d'actualité.» Mais en personnalisant à ce point le portrait de son héroïne et en y mêlant les allusions à celle qui l'a inspirée dans la vie réelle, le cinéaste aurait franchi la ligne jaune entre liberté de création et violation de la vie privée.
La Libre Belgique 2006, BERNARD DELATTRE, Mis en ligne le 07/04/2006

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JDD, Politique 25/05/2007 - 13:41

Joly critique la visite de Bongo à Sarkozy

L'ex-juge Eva Joly a regreté que l'un des premiers chefs d'Etat étrangers à rendre visite à Nicolas Sarkozy à Paris soit le président du Gabon, Omar Bongo, ce qui reflète à ses yeux "les mauvaises habitudes de la France". "Pour moi, c'est un grand mystère que la France, les journalistes, les philosophes, aient toléré la 'France-Afrique' pendant si longtemps", a-t-déclaré dans une interview au site d'informations en ligne Rue89.
"Ils savent bien qui c'est, Omar Bongo, ils savent bien comment le Gabon a évolué, c'est visible, c'est connu, et pourtant ça n'intéresse personne", a-t-elle ajouté.

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24.05.2007 Paolini, Bouygues, et l'Elysée: Eva Joly dénonce une machine de guerre pour la propagande

Nonce Paolini devient Directeur général de TF1, succédant à Patrick Le Lay (qui reste cependant président). Libération donne deux informations intéresantes :

N.Paolini n'a pas d'amitié politique connue. Mais :"il est très lié à Martin Bouygues. Lequel ­ il le revendique ­ est l'ami intime de Nicolas Sarkozy, et là, malaise : Paolini sera-t-il, par Bouygues interposé, la voix de son maître ?"

Apprenant qu'il aurait L.Solly pour adjoint, Paolini aurait contacté Bouygues pour refuser le cadeau empoisonné. Peine perdue, Interrogé par Libé, le conseiller communication de N.Sarkoy a affirmé : "pour l'instant Laurent Solly fait le tour des entités de la holding du groupe Bouygues, et, dans la première quinzaine de juin, il sera DG adjoint de TF1". L'information intéressante: "Joint par Libération, TF1 n'est pas au courant."
Ce qui a le mérite d'être clair.

Interrogée sur RTL, Eva Jolly a réagi non moins clairement :

"Une démocratie ça se mesure à sa presse indépendante et à sa justice indépendante et je trouve que ce que nous voyons en France est plutôt inquiétant" "Nous voyons un président de la République qui fête sa victoire d'élection avec Martin Bouygues et qui téléphone le 8 mai à Omar Bongo pour le remercier de ses bons conseils et qui ensuite, le 22 mai, nomme son directeur adjoint de campagne, directeur adjoint de TF1" Eva Jolly dénonce un mélange des genres, et une nomination qui a été "annoncée par l'Elysée". "Pour moi c'était une violation d'une règle fondamentale en démocratie". TF1, est "vraiment une machine de guerre pour la propagande". "Cela me paraît des conditions assez berlusconiennes et je souhaite mieux pour mon pays"

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Eva Joly souhaite une enquête sur un compte japonais présumé de Chirac le 25/5/2007 à 17h35 par AFP

L'ancienne juge Eva Joly souhaite que la justice française enquête sur l'affaire d'un compte bancaire présumé de l'ex-président Jacques Chirac à la Tokyo Bank en 1992, dans une interview publiée par le quotidien 20 minutes.

"Si les institutions judiciaires françaises fonctionnent normalement, Jacques Chirac sera entendu sur les affaires non prescrites le concernant - les HLM (logements sociaux) de la Ville de Paris et les emplois fictifs du RPR - mais aussi sur son compte allégué au Japon", déclare l'ex-juge d'instruction de la retentissante affaire Elf, l'une des plus vastes affaires de pot-de-vins en France.

"Une démocratie digne de ce nom ne peut vivre avec cette suspicion non vérifiée", affirme l'ex-magistrate franco-norvégienne, devenue conseillère anti-corruption en Norvège.

L'ex-président, dont l'immunité présidentielle sera levée le 16 juin, a opposé "un démenti catégorique" à toute existence d'un compte bancaire. Il pourrait être amené prochainement à rendre des comptes à la justice dans plusieurs affaires concernant notamment la période précédent son accession à la tête de l'Etat en 1995.

L'hebdomadaire d'investigation Le Canard Enchaîné a fait état dans son édition de mercredi de nouvelles notes d'un ancien haut responsable du renseignement, le général Philippe Rondot, dans lesquelles est évoqué ce compte présumé.

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Européennes: Eva Joly possible candidate Source : AFP 08/06/2008 | Mise à jour : 16:03

L'ancienne juge Eva Joly a exprimé sa volonté de s'engager dans le débat européen aux côtés de François Bayrou, et indiqué qu'elle serait "peut-être" candidate aux européennes de juin 2009 sous les couleurs du Mouvement démocrate (MoDem).

"La situation politique française est très bloquée, c'est un terrain pour beaucoup de populisme d'un coté, et de l'autre coté des discussions idéologiques", a indiqué Eva Joly devant la presse, à l'issue d'une "convention sur l'Europe" organisée par le MoDem, dont elle était l'invitée vedette.

"François Bayrou est plus orienté vers l'action. En plus c'est un vrai européen, et pour moi l'avenir est vraiment dans l'Europe", qui peut contribuer à "corriger les défauts français", a-t-elle ajouté. Elle a notamment jugé "choquant" le "non traitement des affaires" en France, citant le classement du dossier sur les résidences en France de la famille d'Omar Bongo "sans même ouvrir une enquête".
Faut-il s'attendre à la voir porter les couleurs du MoDem aux élections européennes? "Peut-être", a-t-elle répondu.

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vendredi 25 juillet 2008, mis à jour à 17:30 Reuters l'express.fr L'ancienne juge Eva Joly dénonce la procédure pour Bernard Tapie

L'ancienne magistrate Eva Joly dénonce les conditions dans lesquelles Bernard Tapie a obtenu une indemnisation record de 285 millions d'euros de l'Etat et estime qu'elle résulte d'une instruction de Nicolas Sarkozy.

"On voit dans cette histoire un président de la République qui donne des instructions dans l'intérêt non pas de l'Etat, mais dans celui de ses alliés politiques ou de ses amis", dit-elle dans un entretien au site internet Mediapart.

L'ex-juge d'instruction fut chargée d'enquêtes mettant en cause Bernard Tapie et a quitté la magistrature en 2002 pour devenir conseillère du gouvernement norvégien.

Elle juge sans précédent le choix du gouvernement dans l'affaire. Alors que la Cour de cassation avait annulé en 2006 un arrêt accordant 135 millions d'euros à Bernard Tapie, et ordonné un nouvel examen du dossier, l'Etat a décidé en octobre 2007, par le biais d'instruction écrites de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, de recourir à un arbitrage privé.

"Le fait d'avoir recours à la justice privée non transparente est tout à fait extravagant quand les deniers publics sont en jeu", souligne Eva Joly. "On ne voit pas quelqu'un qui a gagné en cassation abandonner cet avantage et avoir recours à une procédure non transparente", dit-elle.

BAYROU PARLE "D'ABAISSEMENT DE L'ÉTAT"

François Bayrou est revenu à la charge sur l'affaire dans un tribune au Monde de samedi. A ses yeux, "par le fait du prince, parce qu'il s'agit de soutiens ou de complices dans un certain nombre d'opérations politiques, passées, présentes ou à venir, l'Etat protège et enrichit ceux qui se moquent de sa loi."

"L'affaire Tapie donne la mesure de l'abaissement de l'Etat", insiste-t-il.

L'indemnisation de 285 millions d'euros pour l'ex-groupe Bernard Tapie répare les manoeuvres jugées déloyales du Crédit lyonnais lors de la vente de ses parts d'Adidas en 1993.

On sait aujourd'hui que la banque, par un montage off-shore, s'est vendue à elle-même ces parts pour 318 millions d'euros, avant de les céder en 1994 à l'homme d'affaire Robert-Louis Dreyfus pour 708 millions d'euros.

François Bayrou conteste que Bernard Tapie ait été perdant dans la vente et rappelle que l'homme d'affaires avait acheté le groupe en 1990 avec un prêt à court terme du Crédit lyonnais de 1,6 milliard de francs, soit environ 243 millions d'euros.

Le ministère de l'Economie annoncera lundi prochain s'il dépose un recours contre la décision du tribunal arbitral. C'est peu probable, a dit Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, jeudi. "Le principe d'un arbitrage est que les parties renoncent à faire appel, sinon on ne fait pas d'arbitrage. (...) Ca parait difficilement envisageable mais il est de notre devoir d'examiner la chose", a-t-il dit.

Une autre réunion jeudi de la même instance arbitrale, ou devaient être calculés les intérêts sur l'indemnisation de Bernard Tapie, susceptibles de porter son gain à 400 millions d'euros, n'a pas davantage abouti à une décision. Le sujet sera traité en septembre. Après déduction du passif de son ancien groupe, Bernard tapie conserverait une somme comprise, suivant les estimations, entre 20 et 80 millions d'euros.
Gérard Bon et Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser

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Verts: Eva Joly co-listière de Cohn-Bendit aux européennes de 2009 AFP 16 septembre 2008 12.00

PARIS (AFP) — L'ancienne juge Eva Joly sera candidate aux élections européennes de juin 2009 en Ile-de-France sur la liste des Verts, a annoncé lundi Daniel Cohn-Bendit, qui partagerait avec elle la tête de liste.

"Que je sois n°1 ou n°2, avec Eva Joly, je suis sûr qu'on fait plus de deux élus en Ile-de-France ! Donc nous serons de toutes façons deux têtes de liste", a indiqué le co-président des Verts européens sur France-Inter.

L'ex-juge d'instruction de l'affaire Elf "est très écologiste", et "elle a toute une argumentation sur la fiscalité et les paradis fiscaux" qui aidera les Verts au Parlement européen, s'est félicité Daniel Cohn-Bendit.

Eva Joly avait exprimé le 8 juin sa volonté de s'engager dans le débat européen aux côtés de François Bayrou, et indiqué qu'elle serait "peut-être" candidate aux européennes de juin 2009 sous les couleurs du MoDem.

Mme Joly, conseiller spécial du gouvernement norvégien, avait alors précisé qu'elle était engagée dans un projet lui tenant "beaucoup à coeur", une enquête avec la Banque mondiale sur les flux financiers illicites, qui ne doit se terminer qu'en juin prochain.

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Point de vue Omerta sur les clandestins, par Eva Joly LE MONDE | 03.10.08 | 13h56

S'adressant au pape, Nicolas Sarkozy affirmait que "c'est en pensant à la dignité de l'homme que nous affrontons la si délicate question de l'immigration, sujet immense qui demande générosité, respect de la dignité et en même temps prise de responsabilités". Il est temps de lever le voile sur la triste réalité que cachent ces belles paroles.

Depuis vingt-cinq ans, la Cimade porte le regard de la société civile au coeur des centres de rétention français. Cette association avait été approchée par le gouvernement dès la création en 1984 de l'enfermement administratif des étrangers, car son histoire était liée, plus que toute autre, à cette problématique. Au fil des ans, la Cimade s'est adaptée à une législation sans cesse modifiée par les gouvernements successifs, pour exercer tant bien que mal sa mission : la mise en oeuvre de l'exercice effectif du droit des étrangers enfermés.

Depuis 2003 avec l'instauration d'une politique chiffrée des expulsions, la Cimade a dû réagir. Le plus souvent dans l'indifférence générale, elle a tenté d'alerter l'opinion publique sur ce dont elle seule pouvait témoigner : la dégradation considérable de la situation des étrangers "retenus".

Mais aujourd'hui le rôle de cet organisme indépendant est menacé. En effet, cette mission répond à un marché public, qu'à l'occasion de son renouvellement, le gouvernement s'apprête à transformer en profondeur. Désormais, il n'y aura plus sur le territoire français un seul observateur à même de publier des rapports couvrant l'ensemble des sites de rétention, mais une multiplicité d'intervenants locaux.

Plus personne ne sera en mesure de relever les disparités de pratique administrative et judiciaire de la rétention sur le territoire ; et ce d'autant plus que les titulaires de ces marchés seront tenus par une clause de neutralité et de confidentialité. N'importe quelle "personne morale" pourra répondre, de l'organisme parapublic - à l'indépendance très relative à l'égard du gouvernement - à l'entreprise privée.

La rédaction de l'appel d'offres suscite le doute sur la nature de la nouvelle mission : alors que la Cimade aide activement les "retenus", les assiste pour rédiger des recours administratifs, le nouveau marché semble ne prévoir que la distribution d'un fascicule d'information "en vue de l'exercice de leurs droits". Soit un double feuillet en guise d'introduction au code des étrangers, voilà une touchante attention qui ne risque pas de rendre les retenus trop procéduriers.

Je ne veux pas prendre la défense de cette association à laquelle je ne suis liée en aucune manière, mais je veux témoigner de ce que la mission qu'elle occupait jusqu'à présent est d'une importance fondamentale. A ceux qui m'objectent qu'aucun pays européen n'est doté d'une telle structure, je réponds que la Chine et les Etats-Unis non plus ; et qu'il n'est en cette matière aucune norme supérieure à celle que nous dictent nos principes, dont le fondement doit demeurer la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Cette réforme mineure en apparence est emblématique de la perte de repères de notre pays et de sa dérive vers des pratiques toujours plus éloignées des idéaux qui l'ont fondé. Les étrangers sans papiers sont vulnérables et c'est l'honneur de notre pays que de leur garantir de pouvoir exercer réellement ce peu de droits que notre législation leur concède.

Chacun sait que la lutte contre l'immigration clandestine est un arbitrage permanent entre le respect des droits humains et la volonté de réduire le flux migratoire. Cette équation n'a pas varié depuis que le pays a fermé ses frontières en 1974. Ce que chacun doit comprendre, c'est que cet arbitrage ne peut pas être indéfiniment en défaveur des droits de l'homme. Il arrive un moment où le dispositif ne peut plus être durci sans trahir ce que nous sommes.

Cette limite atteinte, il faut savoir admettre - publiquement - que malgré tous les efforts de la force publique, le dispositif laisse du jeu. Même la Corée du Nord ne parvient pas à rendre totalement étanche ses frontières. Je m'étonne de ce que la question de cette limite ne soit pas publiquement posée. Il faut dire qu'elle comporte certains aspects peu reluisants.

La politique du chiffre est en effet une course en avant. Des résultats tangibles en valeur absolue étant hors de portée (la diminution du nombre de clandestins sur le territoire par les reconduites demeure dérisoire), le gouvernement focalise sa communication sur l'augmentation du chiffre de reconduites d'une année sur l'autre. La mise en oeuvre de cette augmentation statistiquement marginale a un coût moral tout à fait exorbitant.

Mais le spectacle du volontarisme politique ne s'encombre pas de ce genre de détails. Ainsi, si la France ratifie la directive retour votée récemment au Parlement européen, autorisera-t-on l'enfermement des étrangers pendant dix-huit mois consécutifs ? Cette mesure est aussi cruelle qu'inutile puisque l'on sait qu'une reconduite matériellement réalisable intervient presque toujours dans les premières semaines de la rétention. De même, doit-on redouter qu'en vertu de ses objectifs chiffrés, la France n'entérine le principe des reconduites de mineurs isolés vers des pays de transit où ils n'ont aucune attache.

Cette politique recèle d'autres dangers : la pression grandissante exercée sur les préfectures, les services de police, de gendarmerie et sur la justice est une incitation permanente à franchir la ligne rouge de la légalité républicaine. Des traquenards autour des écoles aux guets-apens devant les guichets de préfecture en passant par les rafles aux sorties de métro, la réalité d'aujourd'hui menace d'ores et déjà notre identité nationale. Ne louvoyons pas avec l'Etat de droit, nous avons tout à perdre et rien à gagner.

Alors que dans les services publics, l'heure est à la modernisation, les administrations concernées par l'immigration clandestine s'enfoncent tous les jours, un peu plus, dans des méandres kafkaïens.

Je sais que dans le pays de Voltaire et de Rousseau, il est devenu chic de mépriser le "droit-de-l'hommisme", je sais que le terrain est idéologiquement quadrillé et que quelques formules lapidaires ont chauffé à blanc les opinions : "angélisme", "régularisation massive", "appel d'air", "immigration choisie"...

Je sais aussi que la gauche est pétrifiée par ce sujet, mais je veux prendre ici à témoin ceux qui ont l'espoir de refonder une démocratie sociale sur des idées claires : nous ne gagnerons jamais en reniant nos principes.

Eva Joly, ancienne magistrate, est candidate de l'union des écologistes aux élections européennes.

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Eva Joly et José Bové roulent pour Cohn-Bendit
Aurélie Ladet | 20.10.2008, 22h37 | Mise à jour : 21.10.2008, 13h24 le parisien.fr

D'un côté, une ancienne magistrate, juge d'instruction rendue célèbre dans l'affaire politico-financière d'Elf. De l'autre, un "repris de justice", qui revendique "la désobéissance civique" quand il fauche un champ OGM...
Deux personnalités fortes, deux parcours différents, unis sur une seule et même liste pour les élections européennes de 2009.

Eva Joly et José Bové ont rejoint le mouvemement Europe-Ecologie autour du député européen Vert, Daniel Cohn-Bendit. Une liste de signataires encore provisoire, présentée lundi face à la presse comme le «green deal» nécessaire devant l'«urgence» de la crise écologique.

Sur la tribune aussi, d'autres personnalités entouraient l'ex-leader de mai 68: Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, le président du Mouvement écologiste indépendant (MEI) Antoine Waechter, ou encore Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot.

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Eva Joly: "Je ne peux pas croire à un tel coup contre la démocratie" Par Laurent Chabrun, publié le 07/01/2009 18:06 - mis à jour le 07/01/2009 19:24 lexpress.fr

Eva joly, la juge d'instruction emblématique de l'affaire Elf, désormais installée en Norvège et future candidate aux élections européenne pour les Verts, réagit à la proposition de Nicolas Sarkozy de supprimer le juge d'instruction.

Que pensez-vous de cette éventuelle suppression du juge d'instruction?

Il faut d'abord dire que la justice française souffre, essentiellement, d'un manque de moyens financiers et humains. Et que, bien souvent, les dysfonctionnements ou les erreurs sont dus à la surcharge de travail des magistrats. Les propositions du président de la République ne me semblent pas de nature à résoudre ce problème.

Et sur le fond?

Je ne peux pas croire que le président de la République portera un tel coup à la démocratie française. La suppression du juge d'instruction est une atteinte majeure aux libertés publiques. Un tel système fera, par exemple, que les enquêtes portant sur des faits de corruption politique, la délinquance de l'élite, resteront entre les mains du pouvoir exécutif.

Avec une telle mécanique judiciaire vos enquêtes auraient-elles abouties?

Je ne crois pas. Il y aurait eu des pressions directes du pouvoir politique sur le parquet. Ce qui a permis à la France de combattre la corruption, c'est l'indépendance des juges d'instruction.

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Le 16 avril 2009 à 18h00 télérama.fr . entretien La lutte contre la délinquance financière Eva Joly (1/2) : bille en tête contre la corruption

LE MONDE BOUGE - Tête de liste des Verts aux européennes, la Norvégienne Eva Joly sort un livre… qui n’a rien à voir avec l’écologie. Car la magistrate qui a révélé l’affaire Elf en France, réquisitionnée par l’Islande pour enquêter sur les malversations financières qui l’ont conduit au bord de la faillite, se mobilise plus que jamais pour dénoncer et combattre les réseaux véreux de la finance internationale.

« Si tu veux, tu peux, il suffit de le faire. » Elle a fait sienne cette maxime durant sa jeunesse norvégienne et ne s’en est plus jamais départie.
En France, Eva Joly est la femme par qui le plus important scandale politico-financier est arrivé. L’affaire Elf aura été l’acmé de sa carrière de magistrate et le point de départ d’un combat opiniâtre contre la corruption internationale.
Infatigable, elle revient aujourd’hui sur tous les fronts. Au côté du gouvernement islandais pour essayer de comprendre comment ce pays a été balayé par la crise financière.

Au côté de Daniel Cohn-Bendit comme candidate sur la liste Europe Ecologie pour les prochaines européennes.
Avec un livre, Des héros ordinaires (Les Arènes), dans lequel elle dresse le portrait de quelques personnalités courageuses en lutte contre la corruption et les paradis fiscaux.
Des thèmes brûlants d’actualité qu’Eva Joly connaît bien et sur lesquels elle livre une analyse qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions.

Télérama : Vous revenez d’Islande, où le gouvernement vous a demandé de l’aider dans son enquête sur la faillite des trois principales banques du pays. En quoi consiste cette aide ?

Eva Joly : L’histoire de l’Islande est une métaphore de ce qui nous arrive. Les Islandais se sont réveillés, un jour, avec une ardoise de 100 milliards de dollars et la perspective d’être endettés sur des générations. Au­tant que les Allemands après le traité de Versailles ! C’est monstrueux. Il faut établir l’enchaînement des responsabilités et ne pas passer par pertes et profits un désastre de cette ampleur. Ma première suggestion au gouvernement islandais a été de multiplier par cinq le nombre d’enquêteurs.

Nous avons désormais une équipe solide de vingt personnes, et je dispose d’un budget pour recruter des experts internationaux. Je considère cette investigation comme le laboratoire qui va nous permettre de comprendre comment les banques opèrent partout dans le monde. Nous allons mener en Islande l’enquête que refusent de faire des pays comme la France ou l’Angleterre.

Compte tenu de votre engagement au côté des Verts aux prochaines élections européennes, on vous attendait avec un livre traitant en partie d’écologie, vous nous livrez une galerie de portraits d’anonymes qui luttent en Europe contre la corruption. Pourquoi ce choix ?

Tout se tient : la pollution, le pillage des ressources, la pauvreté persistante, les flux financiers illicites, la corruption, les paradis fiscaux… La lutte contre la grande délinquance financière m’a appris qu’il fallait traiter le cancer de la corruption avant qu’il se diffuse. Or, l’importance de la corruption est difficile à appréhender. Il m’a semblé qu’à travers les personnages de mon livre (policiers, hauts fonctionnaires, journalistes, simples citoyens), je la rendais plus concrète. Cet ouvrage pointe les défaillances de nos institutions et révèle l’importance de ces individus, qui, de Londres à Paris, de Naples à Sofia, mettent courageusement le projecteur sur les dérives de l’Etat de droit. Sans eux, on ne parlerait pratiquement jamais de corruption, de manipulations financières ou de paradis fiscaux.

Vous dédiez ce livre à François-Xavier Verschave, inventeur du concept pourfendeur de la Françafrique, qui dénonça longuement les relations ambigües de la France avec ses anciennes colonies. Nicolas Sarkozy avait promis la rupture avec ces prédécesseurs dans ce domaine. A-t-il tenu parole ?

Non, les relations entre la France et l’Afrique n’ont pas changé, et bien des indications en attestent. Le classement invraisemblable par le parquet de Paris de la plainte déposée en mars 2007 par trois associations pour « recel de détournement de fonds publics » visant les présidents gabonais (Omar Bongo), congolais (Denis Sassou Nguesso), et guinéo-équatorien (Teodoro Obiang). La visite de Nicolas Sarkozy à Omar Bongo juste avant son élection et son appel au même Bongo au lendemain de son élection pour le remercier de ses conseils. Son refus d’aborder le sort des nombreux journalistes assassinés au Congo avec Denis Sassou Nguesso. Tout cela montre que Le pouvoir français conserve toujours des relations coloniales avec certains Etats africains, pour le plus grand profit d’une petite camarilla africaine et française.

Comment réagissez-vous à l’ouverture, début avril par le parquet de Monaco, d’une enquête préliminaire visant un compte off shore détenu par feu Edith Bongo, la femme d’Omar Bongo ?

Quelle honte pour la France de se voir donner des leçons de justice et de transparence par Monaco ! Le parquet de Paris a commis une erreur historique en classant cette affaire. Il n’a même pas invoqué l’« opportunité politique » pour le faire mais, « l’absence de délit constitué ». Comment peut-on mentir ainsi à l’opinion au vu des preuves flagrantes de détournements de fonds publics qui figurent dans le dossier ? Cela dit, ne soyons pas naïfs. Monaco a juste fait un geste de bonne volonté avant le G20. On risque d’apprendre dans quelques mois que l’argent déposé sur le compte d’Edith Bongo était tout à fait légitime, qu’elle avait une très riche grand-mère ou qu’elle avait gagné au loto…

“En 2008, il y a eu 26 ouvertures d’instructions financières en France, il y en avait eu 120 l’année précédente. La volonté politique est très claire.”

Dans votre livre, Drago Kos, président de la Commission pour la prévention de la corruption en Slovénie, affirme : « La Commission européenne se fiche complètement de la lutte contre la corruption. » Partagez-vous cet avis ?

Drago Kos souhaite que l’Europe soit plus vigilante dans sa lutte contre la corruption. Pour l’instant, l’Union européenne doit se contenter d’agir avec l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), qui n’est que l’embryon d’un organisme d’en­quête. Il n’existe pas de parquet européen qui pourrait contrer plus efficacement la criminalité financière internationale. La Commission européenne ne reste pourtant pas toujours inerte. En 2008, elle a bloqué 800 millions d’euros d’aide à la Bulgarie, dans l’attente de progrès sur le front de la corruption dans ce pays. Cette décision prouve qu’elle peut montrer les dents. Elle pourrait le faire beaucoup plus, et ce sera une de mes priorités si je suis élue.

En Bulgarie, vous décrivez un système politique gangrené par la corruption et la mafia, et vous annoncez au détour d’une phrase que Dominique de Villepin préside le groupe d’« experts européens » chargé par le gouvernement bulgare d’améliorer l’image de son pays auprès des instances européennes. Comment jugez-vous ce type d’engagement ?

Je trouve incroyable qu’un ancien Premier ministre français fasse du lobbying pour améliorer l’image de la Bulgarie. C’est sidérant. Cela prouve que la seule valeur qui compte dans notre monde est l’argent et que tout est à vendre.

On est frappé en lisant le livre de l’ampleur de la corruption dans plusieurs pays de l’Union européenne et de la discrétion des organismes (Office antifraude de l’Union européenne, Comité anticorruption de l’OCDE, le GRECO au Conseil de l’Europe) chargés de lutter contre elle...

Comme toutes les constructions supranationales, ces organismes sont faibles, car ils fonctionnent sur le consensus. Par nature, ce sont des lieux propices aux collusions d’intérêts et aux jeux d’alliances. Pourtant, croyez moi, s’ils n’existaient pas, la situation serait encore pire. En dépit des pressions très fortes des Etats, certaines procédures sont menées à leur terme.

Le gouvernement anglais n’a par exemple pas réussi à obtenir la tête de Mark Pieth, le président du Comité de lutte anticorruption de l’OCDE, et a subi l’humiliation d’être sévèrement pointé du doigt dans un rapport de l’OCDE pour avoir stoppé une enquête en Grande-Bretagne contre le groupe d’armement British Aerospace, accusé de corruption massive sur des contrats d’armes.

Ces condamnations, peu connues de l’opinion publique, peuvent-elles avoir le moindre impact dans la lutte contre la corruption ?

Ces organismes n’ont pour l’instant rien de mieux à proposer que de rendre public ce type de rapports et d’essayer de les faire vivre dans un espace public pollué par de nombreuses informations sans grande importance. C’est leur seule arme. C’est un sabre de bois, mais c’est un sabre.

“La criminalité financière est internationale. Nous devons mettre en place une justice supranationale.”

Que faudrait-il faire pour renforcer la lutte contre la corruption au niveau européen ?

Les enquêteurs sont limités à leur territoire national, alors que la criminalité financière est internationale. Nous devons mettre en place une justice supranationale. Un procès contre la France se déroulerait devant les tribunaux français, mais resterait hors de portée du parquet français.
Par ailleurs, l’Europe s’est depuis longtemps dotée d’une Cour européenne des Droits de l’homme et, dans la mesure où on peut penser que la grande corruption est une violation des Droits de l’homme, il serait concevable de créer également un tribunal européen chargé de la criminalité économique trans-frontières.

En Bulgarie, certains journalistes n’hésitent pas à dénoncer à leurs risques et périls les dérives mafieuses, comment jugez-vous l’état des médias en France ?

Je suis partagée. Comme partout dans le monde, la presse est en crise et je comprends la lassitude et le découragement des journalistes qui sortent des affaires sans que rien ne bouge. En même temps, je trouve qu’il y a des silences assourdissants sur certains sujets.
Quand on apprend par exemple qu’une perquisition au domicile de Gaston Flosse, véritable proconsul sénateur de la Polynésie française, a permis la découverte d’une lettre détaillant les conditions dans lesquelles un journaliste tahitien aurait été assassiné, il me semble que le rôle de la presse est d’enquêter.
Même chose quand le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « trafic d’influence » contre Christian Poncelet, sénateur des Vosges et ancien président du Sénat. Dans ce type de cas, les médias devraient demander en permanence des comptes au procureur compétent. Il faut bien comprendre que, dans leur tête, les procureurs rendent d’abord compte à leur ministre, lui-même en ligne directe avec la présidence de la République.
La presse ne doit pas hésiter à poser les questions gênantes et rappeler, le cas échéant, les procureurs à leur inaction. Les magistrats rendent la justice au nom du peuple français et non au nom du pouvoir, mais ils ont tendance à l’oublier si on ne leur rappelle pas !

Six ans après la Déclaration de Paris, appelant les juridictions des différents Etats à s’unir contre la corruption internationale, la coopération internationale reste minime, n’est-ce pas décourageant ?

Tout n’est pas noir. Une convention anti-corruption a été adoptée par l’ONU en 2003 et ratifiée par 130 pays qui se sont dotés d’une législation anticorruption. Les instruments juridiques s’en trouvent améliorés, et c’est un énorme progrès.

Vous avez mis sur pied, avec l’aide du gouvernement norvégien, le Network, un réseau informel international d’enquêteurs spécialisés dans la lutte contre la corruption. On n’y trouve aucun Français. Faut-il y voir un signe ?

Non, c’est un hasard. Pas une fatalité. Reste qu’il n’existe plus de grandes enquêtes en cours actuellement en France et ce n’est pas bon signe. En 2008, il y a eu 26 ouvertures d’instructions financières, il y en avait eu 120 l’année précédente. La volonté politique est très claire.

Vous avez déclaré un jour : « On ne peut pas gagner le combat contre la corruption, nous avons perdu contre le pouvoir et la cupidité, mais cette lutte vaut la peine d’être menée. » Où trouvez-vous la force de continuer à mener une cause qui vous semble perdue ?

Je ne crois plus qu’on puisse instruire contre le pouvoir à très haut niveau. Nulle part, y compris dans des pays très démocratiques. Au bout d’un moment, le pouvoir finit toujours par ne plus tolérer les intrusions qui le menacent. Quand j’ai créé une unité anticorruption à Madagascar, j’ai expliqué aux enquêteurs qu’ils pouvaient épingler le directeur des douanes, pas le Premier ministre.

Cette guerre-là est perdue d’avance. Madagascar est un pays à la démocratie incertaine. Dans un pays comme la France, il faut être plus courageux, mais c’est à haut risque. Au niveau international, nous pouvons fermer les lieux où les personnalités corrompues cachent leur butin. C’est la raison pour laquelle il faut lutter sans relâche contre les paradis fiscaux (1).

“Les magistrats rendent la justice au nom du peuple français et non au nom du pouvoir, mais ils ont tendance à l’oublier si on ne leur rappelle pas !”

Faut-il réformer le cadre légal autorisant le versement de toutes sortes de rémunérations complémentaires (primes, stock-options, parachutes dorés…) aux dirigeants des grandes entreprises ?

Je pense que certains patrons comme Daniel Bouton (Société Générale) ou Thierry Morin (Valéo) ont une image d’eux-mêmes qui n’a rien à voir avec la réalité. Je n’ai jamais compris comment on pouvait croire que le résultat d’une très grande entreprise était dû à la performance de ses cadres dirigeants. Prenez les compagnies pétrolières, leur résultat dépend bien plus du cours du pétrole et de celui du dollar que de l’action de leurs dirigeants.

Nous avons accepté en période de croissance des comportements intolérables. Certains dirigeants ont fait prendre des risques mortels à leur entreprise et voudraient continuer à ponctionner pour leurs revenus et leurs retraites des sommes démesurées. Avec ma fille, nous avons écrit un livre technique sur l’abus de biens sociaux. Dans la jurisprudence française, on trouve des boulangers ou des entrepreneurs de carrosserie condamnés pour s’être versé une rémunération trop importante alors que leur entreprise battait de l’aile. Je parle de 300 €, pas de milliers de stock-options ! A cette aune, Daniel Bouton serait en faute. Mais il ne sera jamais inquiété.

“Il existe un salaire minimum, il faudrait créer un salaire maximum.”

Ne craignez-vous pas qu’en se focalisant sur les avantages des chefs d’entreprise on occulte les questions plus essentielles des paradis fiscaux et de la régulation des marchés financiers ?

Vous savez bien que la réalité n’existe pas, il n’y a que la perception de la réalité qui existe. Et, dans cette perception, les symboles sont très importants. Pour notre « vivre ensemble », notre contrat social, il est vital que ces comportements cessent. Il existe un salaire minimum, il faudrait créer un salaire maximum. Depuis vingt ans, une frange de la population s’est autoproclamée indispensable et s’est arrogé des rémunérations délirantes. Il faut la ramener à la réalité.

En introduction de votre livre, vous écrivez : « A Paris, j’ai connu des reparties qui vous marquent pour toujours, parce qu’elles vous font entrevoir la réalité du ­monde. » Auxquelles pensiez-vous ?

Il y en eut de très nombreuses. Celle de Pierre Conso, par exemple, l’ancien patron des Ciments français. Cet homme plaisant et bien intentionné m’a dit un jour : « Madame Joly, ce que vous me reprochez là – délits d’initié, présentation de faux bilans, camouflage de l’endettement –, il n’y a que les juges pour s’en étonner. C’est ça le monde. »

Avec sa casquette de professeur à HEC, il m’a ensuite fait cette proposition : « Si vous voulez, je pourrais vous faire réaliser une étude par mes étudiants qui vous montrerait que toutes les entreprises du CAC 40 ont des filiales dans les paradis fiscaux qui servent à commettre des délits d’initié. »

Une autre fois, un dirigeant d’une grande compagnie pétrolière m’a dit : « Madame Joly, vous devriez m’admirer de maintenir le montant de la corruption à hauteur de 2,5 % dans le pétrole. Car, bien sûr, vous connaissez les pourcentages dans l’armement ? C’est 40 %. » Tout ça était dit avec tellement d’évidence, et cette morgue des élites que je reconnais entre mille.

Vous revenez en France dans l’arène politique, un monde dont vous connaissez moins les codes, ne craignez-vous plus ces reparties qui ne manqueront pas de vous être à nouveau adressées ?

J’ai désormais quelques certitudes. Du temps de l’affaire Elf, je n’avais pas encore compris « the big picture », je n’avais pas l’image complète. Aujourd’hui, je comprends mieux comment fonctionne le monde. Je pense être porteuse de cette force-là et pouvoir l’utiliser utilement.

. Propos recueillis par Olivier Milot (1) Lire sur ce sujet : “La question des flux financiers illicites”, par Raymond Baker et Eva Joly, dans le no 124 de la revue “Commentaire” (commentaire.fr).

A lire Des héros ordinaires, d'Eva Joly, éd. Les Arènes, 192 p., 19 €.

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télérama.fr Eva Joly (2/2) : “Bannir les paradis fiscaux d’Europe”

LE MONDE BOUGE - Tête de liste des Verts aux européennes, la Norvégienne Eva Joly sort un livre… qui n’a rien à voir avec l’écologie. Car la magistrate qui a révélé l’affaire Elf en France, réquisitionnée par l’Islande pour enquêter sur les malversations financières qui l’ont conduit au bord de la faillite, se mobilise plus que jamais contre les réseaux véreux de la finance internationale.

Seconde partie de l’incroyable entretien qu’elle nous a accordé : comment une vraie lutte contre les paradis fiscaux est essentielle et possible. Eva Joly (1/2) : bille en tête contre la corruption | 16 avril 2009

En France, Eva Joly est la femme par qui le plus important scandale politico-financier est arrivé. L’affaire Elf aura été l’acmé de sa carrière de magistrate et le point de départ d’un combat opiniâtre contre la corruption internationale. Infatigable, elle revient aujourd’hui sur tous les fronts. Au côté du gouvernement islandais pour essayer de comprendre comment ce pays a été balayé par la crise financière. Au côté de Daniel Cohn-Bendit comme candidate sur la liste Europe Ecologie pour les prochaines européennes.
Avec un livre, Des héros ordinaires (Les Arènes), dans lequel elle dresse le portrait de quelques personnalités courageuses en lutte contre la corruption et les paradis fiscaux. Des thèmes brûlants d’actualité qu’Eva Joly connaît bien et sur lesquels elle livre une analyse qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions. Suite et fin de l’entretien qu’elle nous a accordé.

Télérama : Quel jugement portez-vous sur les mesures prises contre les paradis fiscaux (1) par le G20 ?

Eva Joly : Il n’y a pas de volonté politique suffisante pour en finir avec les paradis fiscaux. Partout les liens sont très forts entre le pouvoir et le capital. Barack Obama ne fait pas exception. Personne ne peut se fait élire président des Etats-Unis sans l’appui de Wall Street.

Les plus gros donateurs de sa campagne s’appellent Goldman Sachs, UBS, J.P. Morgan, Chase et Citigroup. Tous des géants de la finance.

En Europe, Angela Merkel était très offensive contre les paradis fiscaux, mais son propre secrétaire d’Etat à l’Economie, Axel Nawrath, m’avait un jour confié : « Madame Joly, l’Europe ne fera jamais rien contre les paradis fiscaux. Au cœur de l’Europe, nous avons le Luxembourg et la City de Londres. Et vous croyez que les Anglais ou les Luxembourgeois accepteront qu’on réforme un système dont ils sont les premiers bénéficiaires ? »

“Qui sait que l’île Maurice, un million d’habitants, réalise à elle seule 57 % des investissements étrangers en Inde ?”

L’annonce de la fin du secret bancaire et la publication par l’OCDE de listes de pays « non coopératifs » ne constituent donc pas, à vos yeux, une avancée ?

Seuls les particuliers seront touchés par ces mesures, et encore, ceux qui ne sont pas astucieux. Les autres se cacheront derrière des sociétés fictives ou des trusts [NDLR : entités juridiques permettant de dissimuler les véritables propriétaires]. En effet, on ne va pas toucher aux structures car elles sont utilisées par les multinationales. Quant aux listes noires et grises de l’OCDE, elles existent depuis dix ans et ont beaucoup varié avec le temps sans jamais empêcher la croissance des paradis fiscaux.

Ces listes sont en plus le fruit de compromis entre Etats, et de nombreux paradis fiscaux y échappent. Prenez l’île Maurice, elle n’est présente sur aucune liste alors que c’est un très grand paradis fiscal. Qui sait que cette île de un million d’habitants réalise à elle seule 57 % des investissements étrangers en Inde, alors qu’il n’y a d’autres activités que des sociétés fictives gérées par 150 individus ? Neuf de ces individus se retrouvent même à eux seuls derrière 1 500 sociétés dont ils sont à la fois gestionnaires et membres du conseil d’administration. Qui peut croire que cela a une réalité économique ? Personne.

Comment les multinationales se servent-elles, concrètement, des paradis fiscaux ?

La technique la plus répandue est celle des prix de transfert, qui permet aux entreprises de maquiller leurs comptes pour payer moins d’impôts dans les pays où elles sont implantées.
Le système est simple. Une société vend son produit, par exemple du minerai, à un prix délibérément sous-estimé à une filiale installée dans un centre offshore. La filiale revend le même minerai, cette fois-ci au prix fort. Quand la société publie ses comptes dans le pays où se trouve la mine qu’elle exploite, elle affiche des résultats modestes sur place, qui limitent les impôts dont elle doit s’acquitter. Ses vrais profits sont ailleurs.

Grâce à ce subterfuge, l’entreprise américaine Exxon n’a ainsi pas payé d’impôts pendant vingt-six ans au Chili sur les mines de cuivre acquises lors des privatisations par le régime Pinochet. Quand Exxon a revendu la mine, elle a touché plus de 1,8 milliard de dollars. La mine était donc très rentable !

Mais au Chili, pas un contribuable n’a vu passer les profits sur le cuivre. Quand vous savez que l’OCDE estime qu’environ 60 % des échanges internationaux sont réalisés par des multinationales qui achètent et vendent à leurs propres filiales et succursales, imaginez l’ampleur des manipulations possibles.

“On sait que Total a gagné près de 13 milliards d’euros l’année dernière, mais on ignore où…”

Qu’aurait du faire les dirigeants du G20 pour lutter efficacement contre les paradis fiscaux ?

Ils auraient dû au moins interdire aux banques bénéficiant de fonds publics de posséder des filiales dans les paradis fiscaux. Ils n’ont pas osé prendre ce risque car la moitié des transactions bancaires mondiales passent par les paradis fiscaux ! Ils auraient également pu rendre automatique et obligatoire, dans le monde entier, l’échange d’informations fiscales entre les pays. C’est un système que l’Union européenne a instauré depuis l’été 2003 avec la directive sur la taxation des revenus de l’épargne. Chaque Etat membre est tenu de déclarer une fois par an les intérêts touchés dans leur pays par des ressortissants européens disposant de comptes chez eux. La France informe par exemple chaque année le fisc allemand des intérêts touchés par des Allemands qui ont ouvert des comptes sur son sol. Et inversement. C’est un outil précieux pour éviter l’évasion fiscale entre pays membres de l’Union européenne, et, comme par hasard, la Belgique, le Luxembourg et l’Autriche, ont négocié un régime dérogatoire à ce système.

Ils auraient également pu imposer aux multinationales de publier leurs bénéfices pays par pays. C’est une mesure simple, qui ne coûte rien et qu’on pourrait introduire immédiatement. Actuellement, les entreprises ne publient que des comptes consolidés. Du coup, on sait par exemple que Total a gagné près de 13 milliards d’euros l’année dernière, mais on ignore où. Si ces informations étaient publiées en annexe des comptes, on verrait alors qu’elle réalise d’importants bénéfices à l’Ile Maurice et aux Bermudes et très peu en Algérie ou en Angola. Vous le voyez, ce ne sont pas les mesures efficaces qui manquent, juste la volonté politique de les décider, de les mettre en place et de créer un système de sanctions pour rendre obligatoire leur application.

L’Europe a-t-elle vocation à être en pointe dans cette lutte ?

Je ne sais pas si « elle a » mais il faudrait qu’« elle ait » vocation. Nous devrions bannir les paradis fiscaux de notre continent en imposant leur boycott absolu par les banques et les entreprises européennes. C’est ma position, et c’est l’une des raisons pour lesquelles je me présente aux européennes. Comme citoyenne, j’ai épuisé toutes les possibilités dans ce combat. Il faut maintenant qu’il devienne un enjeu politique, un enjeu de société.

Comment, très concrètrement, un citoyen lambda peut-il lutter contre les paradis fiscaux ? En faisant pression sur son gouvernement, en boycotant les banques et les entreprises qui les utilisent ?

On peut adhérer à des ONG comme Transparency International ou Tax Justice Network. On ne peut pas en revanche boycotter les grandes entreprises cotées en Bourse, ou alors il faudrait les boycotter toutes. Aux Etats-Unis comme en France, presque toutes ces grandes entreprises ont des filiales dans les paradis fiscaux. Même en Norvège, nous avons une société nationale qui est allée se faire défiscaliser en Belgique. C’est hallucinant ! Quant à Lehman Brothers, qui est à l’origine de la crise des subprimes, elle possédait cent quarante et une filiales dont cinquante-sept dans les paradis fiscaux.

. Propos recueillis par Olivier Milot (1) Pays ou territoires alliant souvent le secret bancaire à une fiscalité basse ou nulle.
A lire Des héros ordinaires, d'Eva Joly, éd. Les Arènes, 192 p., 19 €.

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Eva Joly, juge et parti Samedi 21 Août 2010 Gérald Andrieu - Marianne

Eva Joly est candidate. C’est dit. Mais pour l’heure, elle joue surtout sur un registre: celui de l’ancienne magistrate purificatrice. Séduisant, mais peut-être pas suffisant pour tenir toute une campagne présidentielle. Son entourage assure qu’elle y travaille.

Candidate à la présidentielle ?

Eva Joly l’est. Elle l’a réaffirmé lors des « Journées d’été du rassemblement des écologistes » de Nantes. Fair play, la Franco-norvégienne a même annoncé jeudi soir être favorable à des « primaires de l’écologie ». Mais juge, Eva Joly l’est avant tout. Elle le reste jusqu’au bout de ses ongles soigneusement vernis et semble avoir du mal à conjuguer désormais ses deux fonctions.

On aurait pu penser que sa saillie sur le patron du FMI (« DSK je le connais bien, je l’ai mis en examen ») aurait gêné les militants. Au contraire : à Nantes, cette réplique fait exploser de rire ceux jusqu’à qui elle est parvenue.
La député européenne Sandrine Bélier l’a trouve « excellente » et juge la réaction d’Eva Joly « très amusante et très saine ».
Le trésorier des Verts Mickaël Marie, lui aussi, apprécie la sortie : « C’est un rappel simple et sobre des faits. Ce n’est pas parce qu’elle est entrée en politique qu’elle a abandonné ses exigences éthiques. »
Sans doute. Mais cela aurait pu être aussi une formidable première occasion de se différencier, sur le plan politique, de cet autre candidat potentiel à l’Elysée…

Vendredi matin, rebelote. A l’entrée de la Faculté de Droit (comme un symbole), les journalistes font le pied de grue. Ils attendent « Eva la candidate ». Mais une fois encore c’est « Eva la magistrate » qui entre en scène. Dans une petite salle reculée de l’université nantaise, elle prend place aux côtés de Corinne Lepage.
L'objet de cette conférence de presse ? Un sujet politico… judiciaire ! Avec ses éternels petites lunettes rondes sur le bout de nez, Eva Joly est venue apporter son soutien à un collègue, Jean de Maillard, qui estime avoir été congédié de ses fonctions de président du Tribunal correctionnel d'Orléans parce que, dit-il, il aurait « une conception de la justice qui n’est pas dans l’air du temps ».
Eva Joly, elle, explique voir dans ce limogeage un nouveau « signe inquiétant du noyautage de la Justice » par le pouvoir.

Une fois encore, l'unique candidate écologiste déclarée est dans son rôle. Celle de la purificatrice. Celle qui « symbolise » aux yeux des gens « une éthique de l’action publique », selon les termes de son collègue du Parlement européen, Yannick Jadot. Mais lui qui fait partie de ceux qui l'ont encourargé à se porter candidate reconnaît que la situation est aujourd’hui « très compliquée » : « Eva Joly a fondé sa crédibilité sur son parcours. Mais à un moment donné son parcours ne devra plus être la seule raison poussant les gens à voter pour elle. »
Il va donc lui falloir se construire un discours politique : « Elle a commencé lors de la campagne des européennes, assure Jadot, notamment en développant un discours sur un salaire maximal. » Il est vrai. Elle a commencé. Et y travaillerait même « beaucoup ». Mais une mesure, aussi juste soit-elle, ne fait pas un programme...

C'est qu'Eva Joly a dû faire face à un problème : le calendrier s'est subitement emballé. Il y a encore quelques jours, dans son entourage, on n’imaginait pas qu’Eva Joly ait à se déclarer avant les Assises de novembre au cours desquelles sera entérinée la forme finale que prendra Europe écologie. Novembre, c’était le timinig parfait.
Mais en affirmant dans Le Nouvel observateur ne pas se sentir « les épaules assez larges » pour prendre part à la présidentielle, Cécile Duflot les a mis dans l’embarras. Et pour Eva Joly de se retrouver candidate en comparution immédiate ! Reste maintenant vingt et un mois de campagne. C'est long, et peut-être beaucoup trop...

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Cohn-Bendit : «Eva Joly est une bonne candidate» bourdinandco | RMC.fr | 20/08/201034réactions

Daniel Cohn-Bendit, qui déclare vouloir prendre ses distances par rapport à la fusion des Verts et d'Europe Ecologie, encourage et croit malgré tout en la candidature d'Eva Joly.

Daniel Cohn-Bendit, chef de file des partis écologistes, avoue être lassé de l'absence de débats constructifs au sein de son parti mais soutient néanmoins ouvertement Eva Joly, potentielle candidate à la présidentielle 2012.

La première université d’été politique de l'année, celle d’Europe Ecologie et des Verts, se tient depuis hier, jeudi, et jusqu’au dimanche 22 août, à Nantes.

Les deux partis écologistes souhaitent y montrer leur unité. Mais Daniel Cohn-Bendit, le chef de file, affiche ouvertement ses distances, avouant une certaine lassitude, notamment liée à l’organisation de ce rassemblement. Il s’exprime ce vendredi sur RMC pour expliquer ses réticences et donner son point de vue sur la potentielle candidature d’Eva Joly à la présidentielle de 2012.

« Cette prochaine étape ne passe pas par moi »

Il déclare ainsi : « La phase actuelle de développement de la fusion Europe-Ecologie, les Verts, et d’autres formations de l’écologie… Ce n’est pas ma tasse de thé, ce n’est pas ma culture. Cette unification d’Europe-Ecologie, cette prochaine étape ne passe pas par moi. Je veux continuer à avoir une voix, à expliquer, à apporter politiquement ce que je crois pouvoir apporter en ce moment. »

Non, Europe Ecologie n'est pas un parti anti-capitaliste

« Je ne veux pas que l’on dise que contre Sarkozy, qui dit ‘je lave plus blanc que n’importe qui’, nous on dise ‘on est capable de laver encore plus blanc que Sarkozy’. Ce n’est pas vrai. Se confronter à une perspective de pouvoir, c’est se confronter à dire aux gens que l’évolution écologique sera quelque chose de lent et que ça ne vient pas du jour au lendemain. C’est ce que je cherche à exprimer au sein d’Europe-Ecologie… Même si Europe Ecologie et les Verts participent au prochain gouvernement ; cinq ans après, le capitalisme continuera d’exister. J’espère qu’il aura été réformé, qu’il y aura des réformes structurelles, que l’on sera arrivé à améliorer la situation pour les citoyens. Mais dire que l’on est un parti anti-capitaliste, c’est une phraséologie du XIXème siècle qui n’apporte pas de réponse aux Français aujourd’hui » a insisté le leader écologiste, qui déplore par ailleurs l'absence de débats constructifs au sein de son parti.

« Eva Joly est une bonne candidate »

Malgré les regrets exprimés, Daniel Cohn-Bendit a tenu à encourager la candidature d'Eva Joly, aux primaires d'Europe Ecologie (dont elle a appelé l'organisation), comme à la présidentielle 2012 : « Je crois qu’Eva Joly est une bonne candidate. J’espère qu’elle gagnera ces primaires. Dans ces primaires, elle doit exprimer son programme, ses propositions, et cette jeune politique, cette nouvelle tête est une personne qui peut très bien représenter l’idéal de l’écologie politique dans une confrontation présidentielle » affirme-t-il.

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31/08/2010 à 00h00 liberation.fr Par MATTHIEU ECOIFFIER Le PS juge Eva Joly trop incisive

Gauche . Martine Aubry s’est emportée contre les déclarations de la nouvelle star d’Europe Ecologie.

Eva Joly dans le collimateur des socialistes.
«On a un problème Joly», s’énervait dimanche un député proche de Martine Aubry, à l’université d’été du PS de La Rochelle. La candidate présumée d’Europe Ecologie (EE) à la présidentielle n’était pas invitée par le PS ce week-end, mais sa dénonciation d’une «faute politique» à propos du «deal» Delanoë-Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris a pris à rebrousse-poil nombre de dirigeants socialistes.

Déjà fortement énervés par les commentaires de l’ex-juge sur Dominique Strauss-Kahn. «DSK, je le connais bien, je l’ai mis en examen [dans un volet de l’affaire Elf, ndlr]. Il y avait une suspicion, c’était normal de vérifier. Et j’ai fait un non-lieu.

C’est de l’histoire très ancienne», avait affirmé l’eurodéputée dans Libération le 19 août. Un simple rappel des faits vécu comme un blasphème rue de Solférino. «C’est honteux», tempêtait vendredi Aubry, lors d’un apéro-huîtres. S’indignant par ailleurs que l’ex-magistrate commente une affaire judiciaire en cours.

Le lendemain, Joly en remettait une couche, se disant «choquée» par le retrait de la constitution de partie civile de la Ville de Paris contre l’indemnisation des Parisiens par l’UMP et Jacques Chirac à hauteur de 2,2 millions d’euros : «Cet accord renvoie l’image d’une classe politique qui fonctionne comme une caste. Et cela confirme le sentiment d’une inégalité des citoyens devant la loi.»

Furieuse, Aubry a téléphoné samedi à Cécile Duflot, numéro 1 des Verts, pour lui dire qu’elle trouvait ces sorties «inadmissibles». Et fait le même reproche, à La Rochelle, à Jean-Vincent Placé, numéro 2 des Verts. «Martine veut qu’Eva passe à autre chose», confiait ce dernier. Bertrand Delanoë accusait pour sa part l’ex-juge de «commettre une erreur de droit».

Bref, au PS la posture éthique de Joly inquiète, sinon hérisse.

Néophyte en politique, cette dernière écorne les codes de bienséance entre partenaires de l’opposition. «Il faut qu’ils comprennent qu’elle n’est pas sous tutelle, notamment des appareils Verts ou PS. Que Martine appelle Cécile pour remettre Eva à sa place est ridicule. C’est bien mal la connaître», expliquait hier Yannick Jadot, un de ses proches.

L’intéressée n’est pas prête à courber l’échine : «Je suis une femme politique, j’ai une totale liberté de parole» ! Ce week-end, Aubry se disait prête à la rencontrer. Mais, selon EE, aucun contact n’a, pour l’heure, été pris.

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16/12/2010 - 17:14 leJDD.fr

Eva Joly mise en examen

Selon les informations d’Europe 1, l’eurodéputée et ancienne juge d’instruction Eva Joly a été mise en examen jeudi après-midi pour diffamation par une juge du tribunal de Grande instance de Paris.

Dans une interview accordée à Mediapart le 20 juin dernier, elle avait reproché à Florence Woerth, épouse de l’ancien ministre du Travail Eric Woerth, d’être l’employée d’une société qui a participé à l’évasion fiscale de Liliane Bettencourt.

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17/12/2010 | 07:56 | Guillaume Tabard | LesEchos.fr Hulot, candidat biodégradable ?

Nicolas Hulot a affirmé jeudi 16 décembre qu’il dirait « avant l’été » s’il serait candidat ou non à la présidentielle de 2012. En a-t-il réellement l’intention ou est-ce juste un moyen de se faire entendre ?

Il faut d’abord rappeler que Nicolas Hulot avait joué exactement le même scenario en 2007. Il avait entretenu le doute sur une candidature. C’était un peu plus d’un an avant l’échéance et les sondages le créditaient d’environ 15 % d’intention de vote.

Finalement, l’animateur d’Ushuaïa ne s’était pas lancé dans la course mais il avait fait signer son pacte écologique par la quasi totalité des candidats.

Et, une fois Nicolas Sarkozy élu, ça avait donné le Grenelle de l’environnement. Donc, en terme de résultats, sa démarche avait porté du fruit.

Cinq ans après, Nicolas Hulot est toujours aussi populaire.

82 % de bonnes opinions selon Ifop-"Paris Match", devant Dominique Strauss-Kahn et Jacques Chirac. Cinq ans après, le Grenelle de l’environnement a donné des résultats concrets, mais, forcément, il a fallu faire des compromis, des concessions, la plus forte étant l’abandon de la taxe carbone, une mesure que Nicolas Sarkozy avait mis sur le même pied que la légalisation de l’avortement ou l’abolition de la peine de mort.

Aujourd’hui, Nicolas Hulot trouve qu’on est au milieu du gué. Il remet donc le couvert, si j’ose dire. Avec la même recette : faire planer la menace, car sur le plan électoral c’en est une, d’une candidature à la présidentielle.

Tout serait simple si les Verts n’avaient pas déjà prévu de soutenir une autre candidature, celle d’Eva Joly, qui ne peut être que déstabilisée par l’hypothèque Hulot, tant que celle-ci n’est pas levée.

Entre Eva Joly et Nicolas Hulot, il faudra effectivement choisir.

En tout cas, dans les sondages, il n’y a pas photo. 66 % des sympathisants Verts préfèrent la personnalité de Nicolas Hulot à celle d’Eva Joly.
Mais les écolos n’ont pas choisi la facilité. Une primaire doit en principe départager avant l’été 2011 la juge d’instruction et Yves Cochet. Mais tous les dirigeants du nouveau parti, de Cécile Duflot à Daniel Cohn-Bendit, soutiennent clairement Eva Joly.

Quant à Nicolas Hulot, s’il connaît son sujet et s’il a un savoir-faire médiatique unique, il n’est pas encore au point sur la stratégie politique. Car, en septembre, il vient au congrès fondateur des Verts-Europe Ecologie. Il dit : bravo, je suis avec vous. Là, il redit qu’il veut aider la nouvelle formation.

Mais envisager sa candidature, tout en disant qu’il ne se décidera que dans six mois, ne peut que gêner Eva Joly, qui a déjà bien du mal à se mettre dans la peau d’une candidate à l’Elysée.
Pendant six mois, elle ne pourra rien faire sans qu’on lui dise : tout cela est bien gentil mais que ferez vous si Nicolas Hulot se déclare.

Les deux figures écologistes doivent se rencontrer samedi 18 décembre pour en parler. Mais Nicolas Hulot joue un jeu plus large puisqu’il doit également rencontrer Jean-Louis Borloo, le père du Grenelle de l’environnement.

On a donc bien l’impression que, comme en 2007, l’animateur s’agite avant tout pour faire monter les enchères et obtenir des garanties dans les projets présidentiels des futurs candidats, plus que pour se mettre lui-même en piste pour l’Elysée.

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Ecologistes : Joly tacle Hulot leparisien.fr T.d.L | Publié le 04.06.2011, 07h43 | Mise à jour : 12h46

Eva Joly a attaqué Nicolas Hulot samedi matin sur ses déclarations concernant Jean-Louis-Borloo. L'ex-animateur de TF1 a dit avoir envisagé un temps un tandem avec le président du Parti radical.

Le ton monte entre les prétendants à la présidentielle écologiste, alors que se tient ce week-end à La Rochelle le congrès d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV). Légèrement distancée dans les sondages par Nicolas Hulot, Eva Joly a attaqué ce samedi matin l'ex-animateur de TF 1.

Aux yeux d'Eva Joly, Jean-Louis Borloo, «qui se prétend un radical de droite, en réalité est le clone de Sarkozy par ses actions». «C'est un positionnement et une réelle différence entre nous», a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse à propos de Hulot, candidat à la primaire d'EELV dont le premier tour se déroulera du 15 au 24 juin. «En voulant devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy même après le discours de Grenoble, où le président de la République a monté les Français les uns contre les autres», le patron du Parti radical «a trahi les valeurs des radicaux», accuse Eva Joly. Selon elle, il est «par ailleurs le meilleur élève de Nicolas Sarkozy car il a soutenu le bouclier fiscal, signé le permis d'exploiration de gaz de pétrole de schistes et a laissé se détricoter les accords de Grenelle».

Est-elle la seule candidate de l'écologie de gauche désormais ? «Non il y a d'autres candidats!», mais concernant Nicolas Hulot, «ça paraît assez clair aujourd'hui». «Il y a ceux qui pensent qu'il suffit de faire de la pédagogie pour changer le monde et ceux qui savent que pour changer le monde c'est un combat et un rapport de forces.»

«J'ai clairement fait un choix et ce n'est pas celui » du tandem avec Borloo

Alors même que Daniel Cohn-Bendit, grand absent du congrès, a fustigé la stratégie d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) en Une du Monde daté samedi, Nicolas Hulot a profité d'un dîner, vendredi, en marge du congrès pour distiller aux journalistes des informations sur la stratégie à adopter. Comme on lui demandait s'il avait envisagé un tandem avec Jean-Louis Borloo pour 2012, il a répondu : «Oui», «pendant un court temps», mais «ce n'était pas envisageable d'y aller sans Europe Ecologie-Les Verts.» Or, ce tandem n'est «pas compatible avec la culture» d'EELV, a-t-il fait valoir. Pour autant, Nicolas Hulot ne semble pas avoir fermé la porte. «Chacun sait que c'est quelqu'un pour qui j'ai du respect», «j'ai discuté avec lui en amont de ma candidature», «j'attends de voir ce qu'il va proposer», a-t-il dit.

Ce samedi sur Europe 1, Nicolas Hulot a tenu à préciser ses propos en rappelant notamment sa fidélité aux écologistes. «J'ai clairement fait un choix et ce n'est pas celui » du tandem avec Borloo. «Ma priorité, c'est de travailler avec EELV (...) je suis là pour défendre le projet des écologistes et seulement celui-là», a-t-il souligné. «Pour autant, si Jean-Louis Borloo veut nous rejoindre, je ne vois pas pourquoi on lui fermerait la porte» Invité à réagir, Jean-Louis Borloo s'est contenté de rappeler à Nicolas Hulot son « estime pour ce qu'il porte et ce qu'il est».

Cohn-Bendit : «Je reprends ma liberté de parole»

Lors de ce congrès, Cécile Duflot devrait être reconduite ce samedi après-midi à la tête du parti pour la troisième fois. En l'absence de Daniel Cohn-Bendit. «Je reprends ma liberté de parole. Je veux montrer que le résultat ne me plaît pas. Nous nous présentons comme la force politique qui veut faire de la politique autrement et nous avons organisé un congrès où les gens ont passé plus de temps dans des queues pour voter au lieu de débattre des grandes questions», déplore le leader écologiste dans une interview au Monde. Battu avec 26,5% de voix, il assène : Cécile Duflot «a, avec ses amis, la main sur le parti (...) Elle est plus forte que moi pour mener un parti; je n’ai jamais vu une organisation aussi pyramidale !» Mais sa motion fusionnera «pour montrer une grande famille réunie. Il va y avoir la photo avec tous les candidats pour la présidentielle, le nouveau bureau exécutif, les grandes personnalités du rassemblement», ironise-t-il.

Pour lui, Eva Joly et Nicolas Hulot défendent un contenu de la transformation écologique et sociale «très similaire» et seront choisis non pas sur un «programme» mais sur une «personnalité». LeParisien.fr

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France 24 12/07/2011 - Verts Eva Joly sera la candidate d'Europe Écologie-Les Verts dans la course à l'Élysée

Avec 58,16 % des voix, l'ex-magistrate Eva Joly a remporté le 2e tour de la primaire Europe Écologie-Les Verts face à Nicolas Hulot. "Je veux représenter la France qui relève la tête", a-t-elle déclaré après l'annonce des résultats.

AFP - Eva Joly a été officiellement investie candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle après sa large victoire sur Nicolas Hulot, recueillant 58,16% des voix, a annoncé mardi lors d'une conférence de presse Philippe Meirieu, président du conseil fédéral d'EELV.

Nicolas Hulot a obtenu 41,34%. Il y a eu 0,49% de votes blancs. Dans le détail, 13.223 voix se sont portées sur l'ex-magistrate et 9.396 pour l'ex-animateur, a-t-on précisé à EELV.

Il y a eu 22.861 votants (sur 32.896 inscrits) dont 13.778 sympathisants ayant voté par internet, ce qui donne une participation de 69,49%.

Avant d'aller au journal télévisé de 20h00 de TF1, l'eurodéputée EELV devait prononcer son premier discours de candidate à La Bellevilloise à Paris (XXe) juste après les déclarations de Cécile Duflot, secrétaire nationale d'EELV, et Philippe Meirieu, président du conseil fédéral (parlement écologiste).

Elle est arrivée à La Bellevilloise au côté de l'ancien résistant Stéphane Hessel, corédacteur de la déclaration universelle des droits de l'homme qui avait fait part de son soutien à M. Hulot pendant la primaire.

Dès mardi midi, Nicolas Hulot s'était "incliné avec respect" sur le "vote clair" et le "choix sans ambiguïté" des sympathisants écologistes en faveur de l'ex-juge. Il n'y a pas "d'autre commentaire que de souhaiter à Eva Joly et à EELV de rencontrer l'adhésion du plus grand nombre dans la campagne présidentielle à venir", assure-t-il dans cette déclaration écrite à l'AFP.

Au premier tour, Mme Joly avait raté la victoire de 64 voix, obtenant 49,75% contre 40,22% à l'homme du Pacte écologique de 2007. Les reports de voix des deux autres candidats, Henri Stoll et Stéphane Lhomme, lui ont bénéficié.

Après ce scrutin, il faudra réussir le rassemblement. Les Journées d'été à Clermont-Ferrand (18-20 août) devraient être l'occasion de réunir l'ensemble des écologistes d'EELV pour lancer la campagne de 2012.

Mais après les attaques subies pendant la primaire, Nicolas Hulot, qui ne fera rien qui nuira au rassemblement, attend tout de même de voir quelle couleur l'ex-juge donnera à sa campagne. Les deux candidats doivent d'ailleurs se voir d'ici les Journées d'été.

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Eva Joly veut supprimer le défilé du 14 juillet Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 14/07/2011 à 10:26, mis à jour à 17:25

La candidate d'Europe Ecologie à la présidentielle propose de le remplacer par un "défilé citoyen".

16h00. La candidate d'Europe écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, Eva Joly, s'est déclarée favorable à la suppression du défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées. Elle propose de le remplacer par un "défilé citoyen".

14h30. Les famille des soldats tués en Afghanistan sortent du palais de l'Elysée. Elles ont été reçues par le chef de l'Etat.

13h30. L'Elysée confirme la mort d'un nouveau soldat français en Afghanistan. Le commando marine participait avec des policiers afghans à une opération de contrôle en Kapissa.

>> Lire aussi: Un sixième soldat français tué en 48h

12h20. Le président Sarkozy monte dans sa voiture, direction l'Elysée pour présider le conseil de sécurité pour "organiser les nouvelles conditions de sécurité" des soldats français en Afghanistan.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, et le chef d'état-major des armées, Edouard Guillaud, tiendront une conférence de presse à 17h30 au ministère de la Défense à l'issue d'un conseil de sécurité sur l'Afghanistan à l'Elysée.

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Suppression du défilé du 14 Juillet : la leçon d'histoire de Fillon à Joly Avec Olivier Beaumont, envoyé spécial en Côte d'Ivoire | Publié le 15.07.2011, 07h55 | Mise à jour : 17h42

Depuis Abidjan, François Fillon, qui effectue jusqu'à dimanche une mini-tournée en Afrique de l'Ouest, a dénoncé la proposition d'Eva Joly de supprimer le défilé du 14 Juillet.

«Pathétique», «choquante», «consternante»... A peine intronisée candidate d'Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, Eva Joly a presque réussi à faire l'unanimité contre sa proposition, jeudi, de mettre fin au défilé militaire du 14 juillet. A droite comme à gauche, la classe politique s'élève ce vendredi pour protéger cette tradition instaurée en 1880 à laquelle l'écologiste voudrait substituer un «défilé citoyen».

La «tristesse» de Fillon

Depuis Abidjan (Côte d'Ivoire), le Premier ministre a réagi «avec tristesse» aux propos d'Eva Joly. «Je pense que cette dame n'a pas une culture très ancienne de la tradition française, de l'histoire française et des valeurs françaises», a souligné François Fillon interrogé peu après 15h30 lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de son entretien avec le président ivoirien, Alassane Ouattara.

«Ce défilé est d'abord le symbole d'une armée qui défend la République. Chaque année, nous rendons hommage à cette armée parce que cette institution défend les valeurs de la République et de la culture française. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de Français qui partagent l'avis de Mme Joly», a conclu Fillon.

«Des idées de soixante-huitarde attardée», fustige la droite

C'est à droite que les réactions sont les plus virulentes. Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino a qualifié de «pathétique» et même d'«insulte» la suggestion de la candidate écologiste. «Cette proposition, je la juge choquante», a réagi le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire. Le député UMP Jacques Myard a fustigé «des idées de soixante-huitarde attardée» estimant qu'Eva Joly «donne dans le pacifisme béat». Marc Laffineur, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, s'est dit «scandalisé et choqué» que cette proposition ait été formulée «le jour où six soldats français ont été tués en Afghanistan» .

Certains n'ont pas hésité à renvoyer Eva Joly à ses origines étrangères, pour la décrédibiliser. Le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy lui a ainsi conseillé sur Twitter de «retourner en Norvège !». Ce vendredi sur France Info, le député de Marseille Guy Teissier, président UMP de la Commission de la Défense à l'Assemblée nationale, s'est dit consterné «qu'il puisse encore exister des anti-France».

Un défilé citoyen pour «fumer du chichon», moque le FN

Même ton chez la présidente du Front national Marine Le Pen, qui a jugé «absolument consternants» les propos de l'ex-magistrate, qui «ne comprend strictement rien au lien extrêmement profond qui existe entre le peuple français et son armée». Elle a jugé que cette incompréhension est «peut-être» due au fait qu'Eva Joly est née en Norvège. Dans le «défilé citoyen» d'Eva Joly «il y aura des stands pour fumer le chichon (haschisch) aussi ?», a-t-elle aussi ironisé.

Au centre, l'ex-secrétaire d'Etat à la Défense et président du mouvement Gauche moderne, Jean-Marie Bockel (ex-PS) a considéré que Mme Joly «ne comprend rien à la sensibilité française et est totalement déconnectée de la réalité de notre pays».

«Une très mauvaise idée», pour Royal

A gauche aussi, cette proposition a été généralement très mal accueillie. Pour Ségolène Royal, «ce serait une très mauvaise idée que de remettre en cause nos traditions». «Le 14 juillet, c'est notre fête nationale, c'est la fête de la République, de nos trois valeurs, la liberté, l'égalité, la fraternité, et n'oublions jamais (...) que si nous sommes un peuple libre, c'est parce que justement des hommes et des femmes ont donné leur vie pour que nous (le) soyons», a-t-elle lancé. L'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius s'est dit lui aussi «attaché» au défilé, «façon de montrer que l'armée française est une armée citoyenne».

Harlem Désir, secrétaire national du PS par intérim, a rappelé ce vendredi sur France Info que le défilé militaire était «un grand moment de rencontre, beau rendez-vous», spécialement important «dans un moment où nos soldats risquent leur vie». «Nous devons rendre hommage a ceux qui s'exposent.» a -t-il estimé. Jeudi, Manuel Valls avait simplement qualifié tout cela de «pas très sérieux».

D'autres ont été plus mesurés, comme Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (FG) pour 2012, qui a expliqué qu'il verrait bien «un défilé citoyen, à la suite du défilé militaire» qui «rappelle à toute puissance étrangère ce qu'il lui en coûterait de s'en prendre à la France et à sa République».

Bové et Mamère soutiennent Joly, Duflot reste muette

Seuls quelques écolos, qui n'en sont pas à leur première charge contre le défilé du 14 juillet, soutiennent Eva Joly.
José Bové a ainsi comparé le défilé sur les Champs-Elysées à celui de la «place rouge à Moscou» : «Montrer les muscles comme on le voit, ça fait un peu has-been».
La proposition d'Eva Joly «tombe sous le sens, estime Noël Mamère dans la mesure où ça fait plusieurs fois que le 14 juillet français associe des tortionnaires et des gens qui aujourd'hui comme Bachar Al Assad (le président syrien) sont en train de tirer sur leur peuple».
Il a fustigé «ceux qui aujourd'hui à droite (...) parlent d'anti-France en citant Eva Joly», y voyant «des relents pétainistes» et une façon de suggérer: «Mme Joly est une étrangère, qu'elle retourne chez elle».

Signe d'un certain embarras, Cécile Duflot, contactée par Europe1, a préféré botter en touche: «je ne suis pas au courant et je suis en vacances».

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Demorand: "Libé, c'est ma famille" Par Renaud Revel, publié le 13/07/2011 à 17:00 lexpress.fr

Depuis janvier, Nicolas Demorand dirige la rédaction du quotidien Libération.

L'ancien de France Inter a été fraîchement accueilli à Libération. Il se dit pourtant en osmose avec un quotidien dont il dessine l'avenir, entre papier et Web.

Deux médias, deux métiers : homme de radio, ayant grandi à France Inter, vous avez été parachuté en janvier dernier à la tête de Libération. Quelles différences y a-t-il, dans le traitement de l'information, quand on passe de la radio à un grand quotidien ?

Pas parachuté, élu ! Pour répondre à votre question, je dirais qu'il y a deux différences notables, au-delà de la culture journalistique, qui, elle, est commune. La première tient à la technique : fabriquer un journal est un processus industriel extrêmement lourd. Il vise à produire un prototype quotidien. Et ce processus se déploie à un rythme de supertanker, qui n'a rien à voir avec la fulgurance de la radio ou de la télévision. Le temps du direct, c'est un claquement de fouet, c'est l'art de la performance renouvelé quotidiennement. Libé m'évoque une image différente : celle d'un colosse que l'on voit, au fil de la journée, se réveiller, s'étirer, se déployer, se mettre en marche et finir en trombe. Quant à l'autre différence, elle tient tout simplement au vécu, à l'histoire, à l'identité de ce titre...

Un journal dont l'ADN est si particulier. C'est à vous de vous adapter à ce journal, et non l'inverse ?

C'est vrai que ce titre, fondé en 1973, qui a longtemps fonctionné sur le mode d'une coopérative ouvrière et accompagné la gauche jusqu'en 1981 et au-delà, a une histoire très forte. Très riche. Lorsque l'on arrive ici, même quarante ans après, même si les temps ont changé, on sent immédiatement que cette histoire-là est vivante, actuelle. Se greffe à ce contexte une autre histoire, plus familiale celle-là, une culture d'entreprise qui relève des liens ténus qui unissent "les Libé", comme on disait "les Lip". Même la jeune génération, qui n'a pourtant pas connu les époques fondatrices, reste très attachée à cette histoire qu'elle vit, aussi, comme un héritage. Lors de ma toute première intervention devant la rédaction, certains m'ont clairement expliqué que je ne faisais partie ni de cette famille ni de cette histoire ! Mais qu'est-ce que la famille ? Avoir grandi en dévorant Libé, n'est-ce pas faire partie, d'une autre manière, tout aussi légitime, d'une communauté partagée, de la seule et même famille ?

La rédaction ne l'entend pas ainsi, qui a voté une motion de défiance contre vous à 78 %. Comment analysez-vous cette réaction ?

Comme une demande de dialogue supplémentaire à un moment crucial pour Libération. Si les ventes du journal, portées par l'extraordinaire actualité de ces derniers mois, sont bonnes, il nous faut aussi penser à l'avenir et engager de profondes réformes. Elles se résument à deux questions : comment, alors qu'Internet a détruit le modèle économique de la presse, continuer à produire de l'information de qualité ? Comment, alors que la civilisation de la lecture "à l'ancienne" recule irrémédiablement, retisser le lien avec les jeunes générations pour lesquelles la fréquentation assidue d'un journal, papier ou même Web, n'est plus une évidence ? Trouver des éléments de réponse à ces deux questions est le coeur de mon travail à Libération. Et la feuille de route que m'ont fixée les actionnaires.

Le 10 mars 2011, vous écrivez votre tout premier édito, intitulé "Au boulot la gauche !". N'est-ce pas là une manière de s'inscrire dans l'histoire de ce quotidien ?

L'appel du Monde

Avant d'accepter l'offre d'Edouard de Rothschild et de rejoindre Libération, Nicolas Demorand avait été approché par les nouveaux propriétaires du Monde - le trio Bergé-Niel-Pigasse -, qui lui avaient proposé les rênes du titre. Pas moins. Volonté de changement et de rajeunissement, les trois hommes semblaient considérer que Demorand était l'homme de la situation. Mais les enjeux industriels du Monde, conjugués aux pesanteurs d'un groupe en crise, ont poussé l'intéressé à finalement préférer la goélette Libération au tanker du boulevard Auguste-Blanqui. Ce n'était pas anodin, en effet ! Les manchettes et les Unes de Libé disent beaucoup de choses sur l'actualité, évidemment, mais aussi sur l'état d'esprit du journal. Et ce titre fut pour moi la manière, sans doute la plus économe en mots, de décrire ce que doit être un journal comme Libération dans le moment politique de la présidentielle : frondeur, dissident, qui pousse la gauche à être elle-même, la rappelle à ses devoirs et à ses ambitions.

Mais Libération "colla" à François Mitterrand, dont il accompagna l'ascension, en 1981. Qu'en est-il aujourd'hui ? Le journal sera-t-il le relais bienveillant de la Rue de Solferino, en vue de la présidentielle de 2012 ?

Certainement pas. Il y a une expression qui me plaît, pour décrire les rapports de Libération à la gauche, que Laurent Joffrin employait. Ce journal doit être la "maison commune". Libération étant aujourd'hui en France le seul grand quotidien de gauche, il a pour vocation de restituer la totalité des débats qui peuvent traverser cette famille politique. Loin de moi l'idée d'affermer Libération à une chapelle ou à un courant ! Nous devons avoir la ligne la plus ouverte possible, afin de témoigner de la manière la plus juste de l'étendue de ce qu'est aujourd'hui la pensée de gauche. Et notre rôle, c'est d'abord d'organiser le débat public, d'en rendre compte, dans ses contradictions éventuelles.

Avec le risque de voir ce journal cohabiter, demain, avec un président ou une présidente de la République de gauche...

Comment gère-t-on la proximité idéologique avec la famille politique qui se retrouve un jour au pouvoir ? Cette redoutable question est aujourd'hui celle du Figaro. A vous d'apprécier le résultat. Pour ma part, j'espère vivement qu'on aura, d'ici à un an, ce délicat problème déontologique à gérer !

Libé, c'est d'abord un journal d'opinion dans un paysage médiatique européen où ce type de presse tend à disparaître. Comment expliquez-vous cette singularité ? Libé en chiffres

Ventes moyennes en kiosque 2010: 118 786 exemplaires (source OJD).
Ventes moyennes en kiosque mai 2011: 123 479 exemplaires.
Abonnements (papier + Web): 15 000 exemplaires (dont 6 000 pour le Web).

La presse, on le sait, connaît une crise grave. Mais elle n'est pas sans atouts : il lui reste quelques éléments identitaires forts, parmi lesquels, précisément, la capacité à organiser une partie du débat public et donc à donner la parole aux différents courants de pensée qui s'y expriment. Qui assume cette fonction, sinon les journaux ? Contrairement à ce qu'il se passe aux Etats-Unis, la télévision en France ne fonctionne pas sur ce modèle de la polarisation idéologique. Pas plus que la radio, qui, malgré quelques nuances ou colorations, cherche à dispenser l'information la plus neutre possible. C'est donc à la presse d'organiser la confrontation démocratique. Ce sont dans ses colonnes et dans la confrontation entre les différents journaux que celle-ci prend forme. Ce qui me frappe depuis mon entrée à Libération, c'est que la presse écrite - que l'on dit vieillissante, menacée, ringarde et archaïque - assume comme nul autre média ces fonctions démocratiques essentielles. Je ne vois pas qui remplirait demain ce rôle si les journaux venaient à disparaître.

Et puis il y a eu la chance : votre arrivée à la tête de Libé a coïncidé avec un enchaînement rare d'événements phares...

Chance ou malchance, je ne sais pas ! Mais il est vrai qu'entre les révolutions arabes, la catastrophe de Fukushima, les interventions en Libye et en Côte d'Ivoire, la mort de Ben Laden et l'affaire DSK, j'ai vécu ces derniers mois dans une lessiveuse. Mais quelle matière pour un journal comme Libé ! En témoignent d'ailleurs les ventes qui ont fait plus que doubler certains jours : + 120 % lors de l'éclatement de l'affaire DSK, + 70 % pour Fukushima. Cela prouve que, dans les moments de sidération ou de forte actualité, il y a toujours ce réflexe du kiosque et ce raisonnement simple : "Quand le monde bascule, la presse délivre de la plus-value, quelque chose qu'il n'y a pas ailleurs, que ni la télévision ni la radio ne sont en mesure d'offrir." On reconnaît alors aux journaux, dans le temps immédiat de l'événement, une plus grande réflexivité, une profondeur d'analyse, une capacité à interroger et à organiser le débat.

Précipitation, emballement : on lui reproche pourtant aujourd'hui, à propos de l'affaire DSK, d'avoir jeté en pâture l'intéressé et fait peu de cas de la présomption d'innocence.

Bio Express de Demorand

Du micro à l'écrit
5 mai 1971 Naissance à Vancouver.
1989 Etudes à Normale Sup.
1997 Premiers pas à France Culture.
2002 Responsable de la matinale de France Culture.
2006 Présentation de la tranche 7h-9h30 de France Inter.
2009 C Politique sur France 5.
2010 Anime la tranche 18-20 heures sur Europe 1
Janvier 2011 Directeur de la rédaction de Libération.

Après lui avoir reproché de ne rien dire, voilà le reproche inverse : en dire trop ! Passé l'effarement face à un sex scandal inédit en France, je trouve au contraire que la presse a bien travaillé, dans la limite évidemment de ses moyens qui ne seront jamais ceux de la police ou de la justice. Et qui n'ont permis ni aux équipes du New York Times ni aux journalistes français d'établir précisément, et surtout rapidement, le profil de la plaignante. Le vrai problème me semble être celui des temps médiatique et judiciaire, dont le choc fut porté à incandescence par l'affaire DSK, et qu'aucune de ces deux instances ne parvient plus à maîtriser. Surtout aux Etats-Unis, où les caméras sont partout, à tous les stades de la procédure. Quant aux nombreuses interrogations déontologiques soulevées par l'affaire, nous avons choisi d'en rendre compte publiquement dans les colonnes de Libération pour que nos lecteurs aient toute l'information sur la manière dont la rédaction vivait l'événement.

Votre arrivée coïncide également avec une nouvelle politique de Unes chocs. A l'image de cette photo floue, pleine page, du visage de Ben Laden...

Il y a à Libération une vraie culture graphique et iconographique. Et dans une société de l'image, quoi de plus évident que de chercher à frapper l'oeil du lecteur ! La Une de Libé est pour moi un média à part entière. J'ai beaucoup aimé cette photo de Ben Laden, car elle était l'inverse de l'image iconique vue partout. Elle traduisait la présence fantomatique et l'évanescence du personnage, dont le spectre hantait le monde depuis le 11-Septembre. A elle seule, elle était une information. L'image arrêtée, dans un monde de flux, est un luxe et une force de la presse écrite.

Où en est Libération dans sa réflexion sur Internet ?

Nous sommes comme tout le monde dans une zone grise, de transition technologique. Viendra le moment où chacun sera équipé d'un smartphone et s'informera partout, tout le temps. Ce moment, proche, obligera la presse écrite à être un média de plus-value radicale. Libé aura un site flambant neuf à la fin de l'année, qui nous permettra d'entrer résolument dans ce nouveau partage des tâches : le flux sur le Web, de l'information de très grande qualité pour les éditions papier ou digitale. L'élection présidentielle va être l'occasion pour nous de mettre en oeuvre cette nouvelle manière de travailler. Pour le reste, les fondamentaux de Libé sont sains : l'entreprise va bien, le lourd passif est en passe d'être apuré et nous gagnons un peu d'argent. Nos ventes ont progressé de près de 10 % au mois de mai. Beaucoup de choses restent maintenant à inventer, que ce soit dans nos méthodes de travail ou dans la définition de ce que peut et doit être sur le fond et la forme un quotidien à l'heure numérique.

On a un temps évoqué un mariage entre Libération et Le Nouvel Observateur. Qu'en est-il ?

La question n'est plus d'actualité.

Que vous a dit Edouard de Rothschild, le propriétaire de Libération, en vous embauchant ?

Je ne le connaissais pas et il m'a dit d'emblée : "Je veux que ce soit vous et vous réussirez, je n'ai aucun doute." J'ai accepté parce que je n'ai pas eu la chance de faire partie de la génération des fondateurs du journal en 1973. Quarante ans plus tard, alors que le paysage médiatique n'a plus rien à voir, que la presse est en danger, les défis qui attendent la génération des refondateurs sont aussi passionnants. Et décisifs pour qui croit, comme moi, que l'information a non seulement une valeur économique, mais aussi démocratique.

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Eva Joly pense Robert Bourgi crédible francetv.fr Par Jacques Deveaux Publié le 12/09/2011 à 16H32, mis à jour le 12/09/2011 à 18H08

Eva Joly a réagi aux déclarations de Robert Bourgi sur le financement des partis politiques. Elle juge ses propos crédibles. Pour elle, que la vie politique française soit financée par l'étranger est une forme de trahison.

La candidate écologiste s'interroge également sur le moment choisi.

Robert Bourgi "n'a pas craqué" dit- elle, pensant sans doute aux interrogatoires qu'elle a pu mener lorsqu'elle était juge. Elle y voit donc un contre-feux, un timing politique.

Bourgi a choisi cette date pour aider ses amis. Elle s'indigne aussi du fait que cet argent provienne de pays pauvres. Enfin, comme une réponse à François Fillon qui semblait lui réclamer des gages de nationalisme, elle trouve qu'il y a une forme de trahison à faire financer la vie politique française par l'étranger.

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13 septembre 2011 06h00 Par DOMINIQUE RICHARD sudouest.fr Les valises sortent du bois

Les accusations de Robert Bourgi jettent une lumière crue sur le financement de la vie politique française sous la Ve République.

Il y a quelques mois, Valéry Giscard d'Estaing avait affirmé que de l'argent venu du Gabon avait financé la campagne électorale de Jacques Chirac en 1981. Sans susciter de tsunami médiatique. Mais cette fois-ci, la charge, signée Robert Bourgi, est plus sérieusement étayée. Conseiller officieux de Nicolas Sarkozy pour les affaires africaines, l'avocat franco-ivoirien, proche de l'ancien président gabonais Omar Bongo, affirme avoir convoyé pendant des années des valises de billets au bénéfice de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. Il dit se tenir à la disposition la justice pour peu que le procureur de Paris, sous l'étroite tutelle du pouvoir politique, juge opportun d'ouvrir une enquête.

Arrière-cours nauséabondes

Rien n'est moins sûr, même si l'ancien président et celui qui fut son homme de confiance disent vouloir porter plainte pour diffamation. Il n'est pas certain que l'intérêt bien compris des uns et des autres soit d'aller au fond des choses. Ni qu'un consensus politique se dégage pour explorer les arrière-cours nauséabondes de la Françafrique, ce marigot apparu au lendemain de la décolonisation où macèrent raison d'État et réseaux d'influence, affairisme et barbouzeries sur fond d'une corruption qui ne veut pas dire son nom. Décédé en 2009, Omar Bongo, l'ancien chef d'État gabonais à la « générosité » sans égale, affirmait qu'il finançait en sous-main tous les partis français…

C'est après le départ du général de Gaulle du pouvoir que le froissement des billets est devenu plus perceptible dans les coulisses de certains états-majors, plus particulièrement avant les présidentielles. Dans un entretien, non publié, accordé à l'historien bordelais Michel Bergès, l'ancien trésorier du parti gaulliste Maurice Papon racontait qu'un jour où il devait venir chercher des espèces au siège du patronat, il avait eu la surprise d'être devancé par Jacques Chirac. Aucun malentendu de cette nature n'était envisageable avec Omar Bongo. L'homme lige des gaullistes en Afrique de l'Ouest avait la haute main sur la distribution des prébendes.

Le rôle d'Elf

Gorgé d'or noir, ce petit pays est devenu un eldorado en 1973, au moment du premier choc pétrolier. Il s'est imposé comme la tête de pont des réseaux français tissés par l'ancien résistant gaulliste Jacques Foccart. Alors au faîte de sa puissance, le groupe Elf, où officiaient nombre d'anciens des services secrets, essaimera à partir du Gabon au Congo, en Angola, au Nigeria… Bien plus tard, lors du procès des anciens dirigeants de la compagnie, on apprendra qu'une commission prélevée sur chaque baril était virée à l'intention de dignitaires et de gouvernants africains au Liechtenstein (60 millions d'euros par an en moyenne).

Une cagnotte bien utile pour masquer des opérations inavouables.

Certaines d'entre elles transitaient aussi par la Fiba, la banque créée à Paris par Elf et l'État gabonais, et qui rayonnait aussi au Congo, un pays riche en hydrocarbures. « C'était le terminal des valises, des sacs et des cantines », si l'on en croit le témoignage d'un conseiller d'Omar Bongo cité dans l'ouvrage d'Antoine Glaser et Stephen Smith « Ces messieurs Afrique » (éd. Calman Lévy). La Fiba, aujourd'hui dissoute, est restée hors de portée de Renaud Van Ruymbeke et d'Eva Joly, les juges qui ont cherché la trace des fonds ayant irrigué massivement la droite avant de bénéficier à la gauche sous le dernier septennat de François Mitterrand.

Lorsque Omar Bongo descendait à l'hôtel Meurice à Paris, nombre de politiques frappaient à la porte de sa suite. Ces visiteurs, souvent recommandés par Robert Bourgi, repartaient rarement les mains vides. Le chef d'État gabonais n'était pas le seul à se montrer prodigue. Hier, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne a d'ailleurs affirmé que le président aujourd'hui déchu, Laurent Gbagbo, avait versé 3 millions d'euros pour la campagne de Jacques Chirac en 2002.

Nicolas Sarkozy aussi ?

Robert Bourgi assure n'avoir jamais approvisionné Nicolas Sarkozy en espèces sonnantes et trébuchantes. Dans le dernier livre de Pierre Péan, « Les Mallettes de la République », l'ancien conseiller pour l'Afrique de Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, s'inscrit en faux. En 2009, une note diplomatique de l'ambassadeur des USA au Cameroun, révélée par le site WikiLeaks, faisait d'ailleurs état des confidences d'un haut fonctionnaire de la banque des États d'Afrique centrale. À ses dires, sur ordre d'Omar Bongo, 28 millions d'euros au total auraient été détournés au bénéfice de plusieurs partis politiques français, notamment pour soutenir Nicolas Sarkozy.

De quoi ranimer de vieilles querelles et rouvrir peut-être des plaies plus anciennes. Depuis plusieurs années, la fille de l'ancien ministre Robert Boulin ne clame-t-elle pas que son père a été tué en 1979 parce qu'il s'apprêtait à dévoiler les secrets brûlants du financement du parti gaulliste ?

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leparisien.fr Publié le 26.10.2011, 20h13 En déplacement en Alsace, Eva Joly ne lâche rien sur le nucléaire

Eva Joly est restée ferme mercredi sur sa volonté de voir la France "sortir du nucléaire", après que des responsables socialistes ont invité les écologistes à assouplir leur position s'ils souhaitent parvenir à un accord de gouvernement.

"Je veux sortir du nucléaire, je suis très claire là-dessus, et après mon voyage à Fukushima je suis plus déterminée que jamais", a déclaré la candidate d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) à la présidentielle à l'occasion d'un déplacement à Balbronn (Bas-Rhin). "C'est le désir populaire. Je ne peux imaginer que le Parti socialiste n'évolue pas sur cette question", a-t-elle ajouté.

Mercredi matin, plusieurs ténors du PS ont invité EELV à en rabattre, rappelant le faible score dont est créditée Mme Joly dans les sondages pour 2012 (autour de 5%). La candidate EELV a relativisé ces chiffres : "C'est l'effet des primaires, cela évolue en vague, encore une fois je porte un projet, je n'ai pas le nez sur les sondages", a-t-elle dit.

Eva Joly a lancé quelques piques acérées à l'intention du Parti socialiste et de son candidat François Hollande.
"Vous trouvez raisonnable que le spécialiste de la Corrèze décide de notre avenir énergétique ? Vous ne trouvez pas bien d'aller à Fukushima ? Vous pensez que cette expérience de la Corrèze est suffisante ? Je pense que Fukushima est un voyage obligatoire pour quiconque souhaite diriger la France", a dit Mme Joly, qui avait déjà invité M. Hollande à se rendre au Japon.

Mme Joly a aussi attaqué le PS sur sa "crédibilité". "Comment peut-on prétendre être crédible économiquement quand on présente un budget avec une croissance de 2,5%, dans (un) contexte (...) où chacun sait que la croissance n'est pas au rendez-vous, ce qui veut dire en réalité qu'il présente un budget avec un déficit qui ne se dit pas important ?", a-t-elle demandé.

Récusant l'argument du "vote utile" qui revient à "enfermer les électeurs dans une situation qui n'existe plus", celle de 2002, Eva Joly a plaidé pour "un vrai choix".
"Nous allons faire l'alternance, nous allons la faire avec nos partenaires de gauche, mais dans cette alliance c'est moi qui représente la créativité et la nouveauté", a-t-elle martelé.

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Exclusif : la face cachée de l'accord Hollande-Duflot marianne2.fr Jean-Claude Jaillette - Marianne | Vendredi 18 Novembre 2011 à 12:38

Des documents internes à Europe-Ecologie-Les Verts que Marianne s'est procurés, révèlent que le parti était au bord de la faillite au moment où ses responsables négociaient avec François Hollande. Explications.

Ah ! si François Hollande avait eu connaissances de la situation financière d’Europe-Ecologie-Les Verts que nous publions ci-contre. Il aurait su qu’il disposait d’une carte maîtresse, l’argent, pour maîtriser l’intransigeance de ses partenaires sur le nucléaire. Il aurait compris qu’il pouvait tendre à l’extrême les négociations sans risquer la rupture finale, sans se soucier des menaces et des ultimatums lancés par Eva Joly.

Il se serait ainsi épargné les conséquences politiques désastreuses des bricolages de textes d’après signature de l’accord. Car pour sauver leur organisation de la débâcle financière et pour soutenir la campagne de leur candidate Eva Joly, EELV a besoin d’un accord électoral avec le PS qui leur garantisse un nombre de voix important et un groupe parlementaire.

En effet, les finances d’Europe Ecologie les Verts (ELV) sont au plus mal. « La faillite menace même si un plan d’apurement des dettes n’est pas mis en place d’urgence. » C’est en substance le discours qu’a tenu la trésorière nationale, Eva Sas aux membres du conseil fédéral présents le 17 septembre dernier à Paris. Elue à ce poste à la mi-juin après que son prédécesseur a jeté l’éponge sur un constat de cessation de paiement, elle a mis quelques semaines à bâtir un plan d’attaque.

Les salaires de juin n’ont pas été payés à temps. Ceux de juillet non plus, car la banque du parti, le Crédit Coopératif, s’est fait tirer l’oreille. Il avait pourtant promis un prêt de 1,5 millions d’euros quelques mois auparavant. Oralement. Mais devant la gravité de la situation, il a exigé… de la rigueur. Il a obtenu trois hypothèques sur les locaux de la fédération du Nord Pas-de-Calais et sur ceux de l’Ile-de-France, puis a imposé que les régions contribuent à renflouer les finances nationales en avançant 400.000 euros.

Pour la trésorière, l’urgence est donc d’augmenter les capacités d’autofinancement. Or, dans un parti, une part essentielle des recettes provient de la République qui accorde environ 1,70 euro pour chaque voix gagnée lors des élections législatives. Et, si le-dit parti parvient à constituer un groupe parlementaire rassemblant au minimum 15 députés, il dispose de moyens supplémentaires.

La « motion d'urgence-finances »

C’est ainsi qu’à EELV, les finances ont rattrapé la politique. Marianne s’est procuré « la motion d’urgence finances » présentée les 17 et 18 septembre dernier au conseil fédéral. Impossible, selon les calculs d’Eva Sas, de retrouver une autonomie financière en quatre ans sans un minimum de 1,5 million de voix aux législatives de 2012 rassemblées grâce à un score moyen de 6%. Le plus confortable (hypothèse considérée comme moyenne) étant d’atteindre 1,8 millions de voix qui permettrait, d’honorer les échéances bancaires (près de 400.000 euros), tout en dégageant 1,3 millions d’euros par an.

Mais pour atteindre l’idéal, « il nous faut, explique la trésorière, 80 circonscriptions réservées dans lesquelles un score moyen de 35% doit être réalisé, à quoi s’ajoute un score moyen de 5% dans les circonscription autonomes », celles dans lesquelles un autre candidat PS se présentera. Elle conclue : « ces projections ne pourront être valablement étayées qu’après signature de l’accord législatif. »

Quelques jours plus tôt, elle était allée s’expliquer devant ses camarades du Pas-de-Calais, sévèrement mis à contribution sous la pression du banquier (hypothèque de locaux, avance de trésorerie sous forme d’un prêt) : « Un budget a été fait pour les trois ans à venir, qui n’est pas encore affiné car il dépendra beaucoup de l’accord des législatives (on récupérera toutes les voies des circonscriptions réservées) » peut-on lire dans le compte-rendu de la réunion.

Sans accord, point de salut. Et sans le soutien opérationnel du PS, la charge des dettes étranglera le parti. Comme elle étrangle les Etats, cruel clin d’œil à l’actualité…

Michel Sapin ignorait tout de la situation financière d'EELV

Que valent dès lors les professions de foi d’Eva Joly « Nous ne sommes pas prêts à brader nos idées pour quelques dizaines de circonscriptions » ? Michel Sapin, chef de fil des négociateurs pour le PS, nous a assuré « qu’il ignorait tout de la situation financière de ses partenaires ». Dont acte. Mais de l’autre côté de la table, les comptes étaient dans toutes les têtes. François Hollande n’a rien cédé sur l’EPR mais il a réservé à ses partenaires verts 60 circonscriptions, gagnables à coups sûrs – un peu moins que l’idéal calculé par la trésorière - leur garantissant « 25 à 30 députés » en cas de victoire de la gauche à la présidentielle et « 15 en cas de défaite », soit l’assurance d’un groupe parlementaire.

Ainsi, le trou financier du parti pourra être comblé. Mais surtout, la campagne d’Eva Joly - qui semble « prendre de la hauteur » sauf dans les sondages - pourra être financée. Et même, comme le prévoit le budget prévisionnel en notre possession, digéré par le parti en cas de score inférieur à 5%. Si la candidate Eva Joly n’atteignait pas ce niveau, elle serait en effet privée du remboursement de ses frais de campagne par l’Etat.

Selon la trésorière, le dispositif de campagne présidentielle sera forcement marqué par la sobriété. Il en coûtera néanmoins entre 1,7 millions d’euros et 4 millions selon le nombre de meetings tenus (entre 3 et 8 selon les hypothèses), et le nombre de sondages réalisés (entre 75000 euros et 150.000 euros). Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un parti qui se fait le chantre de la critique de la politique sondagière.

A lire ce budget prévisionnel de campagne que nous publions (voir ci-dessous), il apparaît une fois encore, que l’hypothèse basse, conséquence probable d’une absence d’accord avec le PS, contribuera à tirer le score de la candidate vers le bas tout en creusant le déficit. Comment en effet espérer franchir le seuil des 5% des voix déclenchant automatiquement le remboursement des frais de campagne en ne tenant que trois grands meetings, en se contentant d’un minium d’affiches et de tracs et en limitant les déplacements ? Réponse samedi 19 novembre, quand l’accord de mardi dernier sera présenté aux responsables d’EELV. S’il le refuse, les pires projections financières deviendront réalité.

Signe que, décidément l'heure est aux économies de bout de chandelle: lors de son voyage éclair au Japon pour visiter le site de Fukushima, la candidate a dû se contenter d'un fauteuil de classe économique. Selon son entourage, elle en est revenu épuisée. L'inconfort du siège s'ajoutant aux conséquences du décalage horaire. Article actualisé à 12 h 50.

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Publié le 22/11/2011 à 17:07 Eva Joly revient pour tirer à boulets rouges sur le PS lepoint.fr

PARIS (Reuters) - La candidate écologiste à l'élection présidentielle, Eva Joly, est revenue mardi dans la campagne après une éclipse médiatique en parallèle de la signature d'un accord tumultueux entre sa formation et le Parti socialiste, sur lequel elle tire à boulets rouges.

L'accord, qui porte sur les circonscriptions réservées à Europe Ecologie-Les Verts (EELV) mais constate les dissensions entre les deux camps sur le nucléaire, semble avoir coûté cher au candidat socialiste François Hollande, en recul dans les sondages, même s'il reste favori face à Nicolas Sarkozy.

Dans un entretien publié par Le Monde daté de mercredi, Eva Joly a des mots durs pour les socialistes qualifiés "d'archaïques" et qui, à ses yeux , peuvent être soupçonnés d'être les "marionnettes" de la filière nucléaire.

L'ancienne juge d'instruction devait être l'invitée du journal de 20h de France 2 mardi soir et intervenir aussi sur RTL mercredi, avant d'entamer une série de déplacements en Bourgogne jeudi, à La Réunion vendredi, à Mayotte dimanche. Un débat sur le nucléaire avec le ministre de l'Industrie Eric Besson est programmé mercredi 30 novembre.

Des doutes étaient apparus sur son maintien dans la course. Elle s'était mise en retrait pendant que la polémique se déroulait entre EELV et le PS sur l'accord, finalement conclu après un cafouillage, mais qu'elle n'approuve pas.

"(Je suis) plus décidée que jamais à porter le mandat que j'ai reçu lors des primaires de mon parti. Je veux réussir le rendez-vous entre la France et l'écologie", dit-elle au Monde.

Sur le texte commun signé par le PS et EELV la semaine dernière, elle avoue que "cet accord ne (la) fait pas rêver" et critique le volet nucléaire du projet présidentiel du PS, dont le candidat est François Hollande.

"La vérité, c'est que les amis de François Hollande se sont révélés archaïques face à la modernité de notre projet. Face à ces blocages, mon travail plus que jamais sera de convaincre les Français", dit-elle.

DES CIRCONSCRIPTIONS CEDÉES PAR LE PS

Eva Joly critique le rôle du géant du nucléaire Areva, qui a admis être intervenu auprès du PS au sujet d'un paragraphe de l'accord sur la reconversion de la filière du retraitement et du combustible, retiré puis maintenu avec des précisions.

"J'ai été outrée, scandalisée, de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS. Faire connaître un point de vue est une chose. S'immiscer dans la vie démocratique pour réécrire un paragraphe d'un accord entre partis en est une autre", dit-elle.

"Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d'être du bois dont on fait les marionnettes, et on ne me fera pas croire que c'est bon pour la politique", ajoute Eva Joly.

Elle entend ainsi mener campagne contre eux sur ses propres thèmes. "Je vais parler de sortie du nucléaire et je crois que nous gagnerons cette bataille dans les urnes", dit-elle, ajoutant: "Je ne me tairai pas, car je ne suis pas une femme sous influence".

Le PS et EELV ont fait le constat de leurs désaccords dans leur texte commun, le PS ne souhaitant que réduire la part du nucléaire dans l'énergie électrique de 75% à 50% d'ici 2025.

Cependant, les deux partis sont d'accord pour aller de concert à la bataille des élections législatives, le PS réservant à son partenaire des circonscriptions où il représenterait seul les deux organisations.

Dans les sondages, François Hollande est à environ 30% des voix au premier tour, Eva Joly autour de 5%. Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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Eva Joly présente une équipe de campagne segmentée Le 01 décembre 2011 par Barbara Leblanc Economie usinenouvelle.com

La candidate d’Europe Ecologie Les Verts s'entoure pour l’élection présidentielle de 2012 de personnalités ayant chacune en charge un pan de l'économie et l'industrie françaises.

Eva Joly lève le voile le 1er décembre sur son équipe de campagne, divisée en plusieurs pôles dont un conseil stratégique et un conseil d’action et de proposition. En son sein, elle s’entoure de trois conseillers économiques et sociaux, Philippe Meirieu, Lucile Schmidt et Pascal Canfin.
Sur le plan de la macroéconomie et la politique industrielle, c’est Jérôme Gleizes qui est aux commandes, aidé d’Eva Sas pour les questions fiscales.

Le parti Europe Ecologie Les Verts divise les questions d’environnement en plusieurs segments. Si Hélène Gassin s’occupe de l’énergie et le climat, Denis Baupin est en charge des questions de transition écologique et Sandrine Bélier de celles ayant un lien avec la biodiversité. Jacques Perreux s’attarde sur les thématiques autour de l’eau et Pierre Serne de celles liées au transport.

L’agriculture est confiée à René Louail, les questions alimentaires et d’économie sociale et solidaire étant attribuées à Alain Lipietz.
Au niveau social, David Belliard est en charge des questions de santé, Sandrine Rousseau des thématiques sociales, François Desriaux des sujets liés aux conditions de travail.

André Gattolin s’occupe des questions européennes pour la candidate. Les libertés numériques sont confiées à Frédéric Neau et les PME et l’artisanat à Andrée Buchmann.

La présentation de l’équipe d’Eva Joly intervient quelques jours après celle de François Hollande pour le parti socialiste. Une équipe dont la composition se veut plus segmentée par grands secteurs que celle de son adversaire socialiste.

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Sergio Coronado, dans l'ombre d'Eva Joly. L'artificier. Le Parisien, 2 décembre 2011, p. 07 Rosalie Lucas

Avec Eva Joly, il partage ce même amour de la France. Né au Chili, Sergio Coronado, homme clé de la campagne de la candidate écologiste à la présidentielle, est arrivé en France à 12 ans.
« Mais contrairement à Eva, je n’ai pas gardé d’accent », s’amuse celui qui a pris la nationalité française en 1994.

Militants de gauche, ses parents avaient d’abord fui en Argentine après le coup d’Etat de Pinochet. Mais là aussi, la dictature les a rattrapés, et en 1982, ils ont choisi l’exil pour la France avec leurs deux fils, Sergio et Ricardo, qui sont toujours inséparables.

Depuis hier, Coronado est officiellement porte-parole de Joly, avec José Bové, Dominique Voynet et Michèle Rivasi, alors que son frère a aussi rejoint le staff de la candidate.

Sergio devient aussi son directeur de la stratégie et de la communication. Mais ce quadra est aux côtés d’Eva Joly depuis des mois. « Quand je suis arrivé début 2011, sa campagne prenait l’eau, raconte-t-il. Tout le monde ne parlait que de Nicolas Hulot. »

Rôle déterminant pour la victoire lors de la primaire

Depuis, elle a, contre toute attente, remporté la primaire. « C’est Sergio qui lui a proposé de muscler son jeu face à Hulot », rapporte un élu écologiste. Coronado a suggéré à Joly d’attaquer Hulot sur sa proximité avec Borloo.
L’idée lui est venue après avoir passé un Noël avec le centriste chez des amis communs où il a compris que Hulot et ce dernier étaient amis.
« Il a fait gagner Eva, assure la sociologue Esther Benbassa. C’est un faiseur d’hommes et de femmes. Je suis sénatrice grâce à lui. »
« Sergio est un homme de coups », le décrit un autre élu. « On ne fait pas de politique sans donner des coups et sans en prendre, défend Noël Mamère. Le député connaît très bien Coronado qui a été son responsable de communication lors de sa candidature à la présidentielle de 2002. Il a une très grande intelligence des situations politiques. »
« Il est brillant », confirme le sénateur Jean-Vincent Placé, qui lui reconnaît une « grande constance dans ses idées ».

C’est à SOS Racisme que Coronado a commencé à militer. Il était membre de la coordination lycéenne contre la réforme Devaquet. Son virage écolo commence avec Tchernobyl en 1986. Et en 1991, il franchit les portes de Génération Ecologie. « J’ai choisi le parti écolo le plus à gauche », sourit-il. En 1997, le diplômé en sciences politiques débarque chez les Verts.

Avant de se consacrer à sa campagne législative dans la deuxième circonscription des Français de l’étranger, il se concentrera sur celle de Joly. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas savoir travailler collectivement et, parfois, d’être « méprisant ». D’autres s’inquiètent de le voir donner une ligne « trop gauchiste » à la campagne de Joly. Lui répond vouloir la « dynamiser », et ne s’inquiète pas de constater que les soutiens à la candidate dans le parti ont diminué. « En 2002, c’était pire, la moitié du mouvement était contre nous. » Coronado assure que, dans la tempête, il saura rester calme. « Je suis impassible quand tout le monde pète un câble », se vante-t-il.

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BIO expresse
13 mai 1970 : naissance à Osorno (Chili).
1975 : deux ans après le coup d’Etat contre Allende, sa famille s’exile en Argentine.
1982 : après un coup d’Etat, en Argentine, la famille part pour la France.
1991 : entre à Génération Ecologie.
1994 : prend la nationalité française.
1997 : entre chez les Verts.
2002 : responsable de la communication du candidat à la présidentielle Noël Mamère.
2011 : porte-parole d’Eva Joly .
2012 : candidat aux élections législatives (EELV) dans la 2e circonscription des Français de l’étranger.

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Mercredi 04 Janvier 2012, mis à jour à 16h14 courrier-picard.fr AMIENS 1000 à 1500 € requis contre Xavier Mathieu

Xavier Mathieu a comparu très entouré.

Le leader charismatique des Conti a été jugé ce mercredi en appel à Amiens. Il devait répondre à nouveau de son refus de se soumettre au test ADN. Le parquet à requis 1000 à 1500 euros d'amende contre Xavier Mathieu. Délibéré le 3 février

15h45 La cour passe au dossier suivant, l'affaire est mise en délibéré au vendredi 3 février.

15h40 Fin des plaidoiries, le dernier mot va au prévenu.

Xavier Mathieu déclare: " Ce genre de fichier existait entre 1940 et 1945, il y était inscrit les juifs, roms, tziganes et homosexuels, et on a voit à quoi il a servi." Le syndicaliste ajoute " En quoi être fiché va servir à la justice, en quoi etait besoin de me ficher pour la récidive? J'ai bu, mais je ne boirai certainement plus, et je n'avais pas bu ! Métaphore!" .

"On m'a dit qu' un leader syndical devait être exemplaire, je rappellerai que la personne qui m'a poursuivi s'appelle Michèle Aliot-Marie", précise Xavier Mathieu. "Comment ne pas voir l'acharnement, et la discrimination alors que l'Etat n'a pas joué son rôle. il n'a pas poursuivi les dirigeants de Continental."

Beaucoup d'émotion lorsqu'il parle de 5000 vies brisées de l'alcool et d'un suicide.

Et de conclure "jamais je ne donnerai mon ADN autrement que par amour!"

14h50 L'avocat général a requis une condamnation de Xavier Mathieu, à une peine de d'amende de 1000 à 1500 euros.

Le leader syndical est venu chercher une relaxe. C'est ce que vont demander ses avocats dans la foulée, les plaidoiries commencent aussitôt la fin des réquisitions.

14h45 Cécile Duflot quitte la salle à son tour.

14h30 Le magistrat du parquet dit que le saccage de la préfecture est un délit, et que même s'ils s'agit d'une action syndicale, cela reste un délit, et qu'en tant que tel son auteur doit être fiché. "On doit prendre en compte le mobile du délit pour la peine, mais pas pour la caractérisation de la peine".

14h10 Dernier témoin cité par la défense, Mathieu Bonduelle, secrétaire général du syndicat de la magistrature évoque "le dévoiement du fichier national des empreintes génétique" qui est devenu un fourre-tout . Et de rappeler que le FNAEG fiche plus 1,7 million de personne ce qui est "très inquiétant"

14 heures Eva Joly quitte la salle d'audience, Cécile Duflot reste. Un nouveau témoin est appelé à la barre. Charles Hoarau, déjà présent lui aussi à Senlis, est syndicaliste à Marseille. Il rapporte comment lui aussi a refusé de se soumettre au prélèvement ADN et avait obtenu gain de cause en 2004.

13h50 Catherine Bourgain, généticienne à l'INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale), est le premier témoin appelé par la défense. Elle était déjà intervenue en première instance à Senlis.

13h45 Le dossier tant attendu par le public est attaqué d'entrée. Lecture de l'Etat civil du prévenu.

Trois témoins sont cités.

13h20 Filtrage mis en place à l'entrée du palais, Xavier Mathieu est entré. Il discute avec ses avocats.

Eva Joly a trouvé une place assise, elle est à côté de Cécile Duflot.

L'audience de la cour d'appel d'Amiens commence 13h10 Xavier Matthieu se dirige vers le palais

13h05 Eva Joly entre au palais de justice, Les Conti s'en prennent verbalement aux CRS à l'entrée.

12h45 Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon vont au café le Brussels en attendant l'audience.

12h35 Nathalie Arthaud demande la relaxe de Xavier Mathieu ajoutant que "le gouvernement craint les travailleurs en lutte."

Eva Joly: " Lorsque nous serons au pouvoir en mai 2012 nous ferons changer le texte" ( NDLR: fichage ADN)

"Aujourd'hui on s'appelle tous Xavier Mathieu à cet instant", déclare Jean-Luc Mélenchon

12h15 Laurence Rossignol, dit qu'elle représente François Hollande, absent, et dit qu' "aujourd'hui ce n'est pas un lieu de campagne". Et qu'il est normal que ceux qui ne sont jamais venus (NDLR Hollande et Aubry) ne soient pas là.

12h05 Maxime Gremetz est également présent dans l'assemblée. Xavier Mathieu fait le parallèle avec les fichiers de juifs et d'homosexuels pendant le régime de Vichy. Il demande également aux présents de ne pas siffler pendant dans le prises de parole. Xavier Mathieu termine son discours en scandant résistance

12 heures Prises de parole, Xavier Mathieu parle. Autour de lui quatre candidats à la présidentielle, Mélenchon (Front de Gauche), Joly (EELV), Arthaud (LO) et Poutou (NPA) répondent aux nombreux médias qui suivent la journée.

Les CRS sont présents discrètement dans les rues adjacentes. Les grilles du palais sont fermées.

L'ambiance est plutôt bon enfant. on compte environ 300 personnes.

11h40 Le cortège arrive devant le palais de justice. D'autres élus sont là, comme Olvier Chapuis-Roux (PC) conseiller régional, mais aussi, Mickael Wamen, délégué syndical CGT des Goodyear et leur avocat Fiodor Rilov.

Des CRS sont aussi présents en nombre. ils ont été déployés dans le centre ville et devant la préfecture depuis ce mercredi matin.

Les manifestants crient "c'est dans la rue que ça se passe"

11h35 Le Cortège prêt à s'élancer vers le palais de justice où Xavier Mathieu doit comparaître en tout début d'après-midi. Eva Joly et Cécile Duflot sont également présentes

11h25 Point presse de X.Mathieu. "J'ai rien à dire à François Hollande, le PS a délaissé la classe ouvrière". J'ai rien à foutre dans ce fichier. J'ai été condamné pour le saccage de la préfecture (NDLR de Compiègne)"

Xavier Mathieu et Jean-Luc Mélenchon se serrent la main et discutent.

11h15 Jean-Luc Mélenchon est arrivé. Le candidat à la présidentielle est déjà venu au soutien des Goodyear à Amiens il y a quelques semaines. Il commence son point presse en disant, "le seul absent aujourd'hui, c'est l'Etat de droit".

11 heures Un rassemblement s'est formé à la gare d'Amiens pour accueillir Xavier Mathieu. Il arrive de l'Oise où il réside toujours. Marie-Georges Buffet, Députée de Seine-Saint-Denis (PCF) est présente.

Quelques élus locaux comme Lucien Fontaine et Emilie Thérouin sont présents.

Des pétards retentissent en attendant le train de 11h10. aux slogans de "touche pas à mon ADN".

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France: "Toutes les civilisations ne se valent pas" pour Claude Guéant MONDE | dimanche 5 février 2012 à 0h47RTBFinfo.be

Le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, juge que "toutes les civilisations ne se valent pas" et a appelé à "protéger notre civilisation" dans un discours prononcé samedi à Paris lors d'un colloque organisé par l'association étudiante de droite Uni.

"Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas", a déclaré le ministre également chargé de l'Immigration, lors d'un colloque organisé à l'Assemblée nationale et fermé à la presse, selon le texte de son discours obtenu par l'AFP.

"Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", a-t-il argumenté: "celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

"Nous devons protéger notre civilisation"

"En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation", a conclu Claude Guéant.

Les propos du ministre de l'Intérieur ont suscité un torrent de critiques sur internet, à trois mois de l'élection présidentielle française.

"Retour en arrière de trois siècles. Abject"

Sur son compte twitter, Harlem Désir, numéro deux du Parti socialiste français, y a vu "la provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix du (parti d'extrême-droite) FN. Une majorité en perdition électorale et morale".

Sur le sien, la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cécile Duflot, a écrit : "Retour en arrière de trois siècles. Abject".

De fréquents dérapages à connotation raciste

Le ministre français de l'Intérieur a été l'auteur de plusieurs dérapages du même acabit depuis qu'il a succédé à Brice Hortefeux (lui-même condamné pour propos racistes).

En mars 201, il avait notamment parlé de "croisade" concernant le dossier de la campagne militaire en Libye. Il avait également déclaré que "l'accroissement du nombre de fidèles (musulmans) et un certain nombre de comportements posent problème" en avril 2011.

Une plainte pour "incitation à la discrimination raciale" avait été introduite mais la Cour de justice de la République (CJR) avait rejeté la demande d'enquête sur le ministre. Julien Vlassenbroek avec Belga

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"La provocation pitoyable" de Claude Guéant sur les civilisations Créé le 05-02-2012 à 08h09 - Mis à jour à 08h21 nouvelobs.com Par Le Nouvel Observateur avec AFP

Le ministre de l'Intérieur a déclaré que "toutes les civilisations ne se valent pas" suscitant l'indignation à gauche.

A moins de 80 jours du premier tour de la présidentielle, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclenché une vive polémique en déclarant que "toutes les civilisations ne se valent pas" dans un discours sur la République, aussitôt dénoncé à gauche.

Très rapidement, cette phrase prononcée samedi 4 février lors d'un colloque organisé par l'association étudiante de droite Uni, s'est répandue sur internet, provoquant des réactions indignées. D'abord au conditionnel, la réunion étant huis clos, avant qu'elle ne soit confirmée dans la soirée par l'entourage de Claude Guéant.

Dans le discours obtenu par l'AFP, Claude Guéant appelle à "protéger notre civilisation" et s'en prend à la gauche.

Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas", a déclaré le ministre également chargé de l'Immigration."Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", a-t-il argumenté, ajoutant: "celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

"Cette phrase a été prononcée à l'occasion d'un discours absolument républicain dont tout l'enjeu était de condamner les civilisations qui ne respectent pas la liberté de conscience, la liberté d'expression et l'égalité entre les hommes et les femmes", a fait valoir auprès de l'AFP l'entourage du ministre.

Mais, avant même ces explications, les réseaux sociaux s'était emparée de la phrase, rapportée au conditionnel par Fréquence ESJ, un site lié à l'Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Paris.

"Provocation pitoyable"

Sur son compte twitter, Harlem Désir, numéro 2 du PS, y a vu "la provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix FN. Une majorité en perdition électorale et morale".

"Retour en arrière de 3 siècles. Abject", a posté de son côté la secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts Cécile Duflot.

Sur twitter, Louis de Raguenel, chargé de la veille internet au ministère de l'Intérieur, a expliqué qu'"il s'agissait de condamner celles qui ne respectent pas la liberté de conscience, d'expression et l'égalité hommes/femmes".

Dans un communiqué, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a "condamné les propos" de Claude Guéant en lui "demandant "ce qu'il cherchait en s'enfermant dans son discours xénophobe et raciste". Le ministre "se range dans la catégorie de ceux qui différencient et hiérarchisent les hommes, permettant le basculement vers un véritable racisme culturel", ont-ils ajouté.

"Une nouvelle étape dans une dérive vers des extrêmes inacceptables" SOS Racisme a dit, dans un communiqué, "espérer un démenti urgent" de ces propos. "Si ces derniers, très graves, avaient été bel et bien tenus par le ministre de l'Intérieur en fonction, ils marqueraient une nouvelle étape dans une dérive vers des extrêmes inacceptables, structurés notamment par des logiques d'infériorisation de l'Autre".

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EN DIRECT. Toulouse : le suspect, cerné, pourrait se rendre dans l'après-midi Publié le 21.03.2012, 05h46 | Mise à jour : 09h17 leparisien.fr

Une opération du RAID est en cours depuis 3 heures du matin dans un quartier résidentiel de Toulouse, au 17 rue du sergent Vigné, contre un individu suspecté d'être le «tueur au scooter». Ce Toulousain d'origine algérienne, âgé de 24 ans, qui se revendique d'Al-Qaïda, est retranché dans un appartement. Il ne détiendrait apparemment pas d'otage. Plusieurs coups de feu ont été entendus dans le quartier. Deux policiers ont été blessés mais pas gravement.

Selon le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, présent sur place, le suspect est «quelqu'un qui a des attaches avec des personnes qui se réclament du salafisme et du jihadisme». «Cette personne a effectué des séjours en Afghanistan et au Pakistan par le passé», dit «être un moudjahidine», «appartenir à Al-Qaida et dit avoir voulu venger les enfants palestiniens et s'en prendre à l'armée française», a ajouté sur place le ministre qui s'est exprimé peu après 6h du matin.

S'il est confirmé que l'individu est bien l'homme le plus recherché de France, cela pourrait mettre fin à une série de sept assassinats de sang froid qui ont choqué la France et Israël, suscité les condamnations internationales et mis la campagne présidentielle entre parenthèses. Trois enfants juifs, un rabbin et trois parachutistes ont été exécutés à bout touchant depuis le 11 mars, probablement par un même homme opérant à scooter et procédant toujours selon le même mode opératoire.

Le suivi des évènements, minute par minute :

9h14. Le suspect a été identifié hier. Le suspect a été «identifié mardi» après que les enquêteurs ont pu effectuer tous les recoupements nécessaires entre les éléments de renseignements et ceux de l'enquête de PJ, expliquent des sources proches de l'enquête. La direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait dressé «deux courtes listes de suspects potentiels dans les deux pistes principales retenues, celle de l'ultra-droite radicale et celle de l'islamisme radical dans la région Midi-Pyrénées», ont-elles poursuivi. Parallèlement, l'enquête de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) «a rassemblé de son côté de nombreuses indications dans différents domaines».

9h11. A Jerusalem, les funérailles des victimes de la tuerie de Toulouse viennent de commencer.

9h05. Nicolas Sarkozy fera une déclaration après le Conseil des ministres et après avoir rencontré les communautés religieuses.

9h04. Les représentants des communautés religieuses seront reçus à 9h30 à l'Elysée.

9h02. Une détonation vient de résonner dans l'immeuble, nous apprend notre envoyé spécial sur place.

9 heures. «Il dit qu'il se rendra dans l'après-midi», assure Claude Guéant. Le ministre explique sur BFMTV que le suspect négocie actuellement avec la police avec un téléphone, qui les forces de l'ordre lui ont donné en échange d'un Colt lancé par la fenêtre. «Le suspect est encore armé» note Claude Guéant, qui évoque «une Kalashnikov, un fusil Uzi et plusieurs armes de poing»

8h56. Guéant : «notre souci est d'interpeller» le suspect de Toulouse «vivant».

8h55. Le quartier bouclé. Le quartier est entièrement bouclé, confie notre envoyé spécial Adrien Godet, situé à trois pâtés de maison de l'immeuble concerné. Chaque habitant doit prouver son identité et est accompagné par un policier dans ses déplacements. Un bus spécialement affrété est stationné à proximité de l'immeuble assiégé.

8h50. La colère du père d'un militaire. Le père d'un des militaires tués réagit avec virulence à l'opération en cours sur RTL. «Ce qui m'intéresse c'est ce qu'il va dire ce monstre, cet assassin, moi je ne prends pas de pincettes, c'est un assassin !» lance-t-il. «On va le mettre sur la place publique? on va le bruler? Ca ramènera mon fils? Ca ramènera les trois enfants? La justice fait ce qu'elle veut maintenant, moi je voulais juste comprendre...maintenant j'apprend que c'est al-aquda. Il a quoi à voire avec Al-Qaeda mon fils?»

8h31. «Il semblerait» que le suspect «ne veuille pas se rendre», témoigne un responsable du crif présent sur place.

8h30. Crainte d'«amalgames». Pour Dalil Boubakeur (recteur de la mosquée de Paris), il ne faut «pas d'amalgame entre la religion musulmane à 99% pacifique, citoyenne, responsable, non violente et tout à fait intégrée dans notre pays et puis ces mini-petites franges de gens décidés à faire un mal atroce».

8h23. Le suspect a un casier en Afghanistan. L'homme de 24 ans, retranché à Toulouse et suspecté d'être le «tueur à scooter», a déjà été arrêté à Kandahar, en Afghanistan, pour des faits de droit commun, selon une source proche de l'enquête confirmant une information d'Europe 1.

8h21.
Marine Le Pen: «Le risque fondamentaliste a été sous-estimé» en France. «Des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme. Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes qui tuent nos enfants chrétiens, nos jeunes hommes chrétiens, nos jeunes hommes musulmans et les enfants juifs il y a deux jours» estime Marine Le Pen sur iTélé.

8h20. Le Crif soulagé. «C'est un immense soulagement, pas seulement pour notre communauté, mais pour l'ensemble des Toulousains et les enfants qui n'auront plus peur de se promener dans la ville», se félicite Marc Sztulman, secrétaire général du Crif Midi-Pyrénées, venu sur place pour suivre l'opération menée pour arrêter cet homme de 24 ans.

8h17. L'immeuble va être évacué, selon RTL.

8h15. Pistes. Les enquêteurs sont également remontés au suspect grâce à l'adresse IP de l'ordinateur de son frère, également arrêté.

8h14. Pour l'instant, trois policiers ont été légèrement blessés dans l'opération.

8h04. Sarkozy en contact tout la nuit avec Guéant. Le président Nicolas Sarkozy a été en contact toute la nuit avec son ministre de l'Intérieur, sur les derniers développements de l'enquête sur le tueur de Toulouse, a-t-on appris mercredi auprès de l'Elysée.

8h03. Des morts auraient-ils pu être évités ? «Je ne le pense pas, sauf à transformer la France en Etat policier» lance Gérard Longuet sur RTL.

8h02. Gérard Longuet : «Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats». Gérard Longuet, ministre de la Défense, assure sur RTL que le suspect ne s'est pas signalé auparavant. Interrogé ensuite sur la nécessité de surveiller les personnes faisant des séjours en Afghanistan, le ministre précise : «Elles ne vont pas en Afghanistan, elles vont au Pakistan». «Nous avons regardé 20.000 dossiers de soldats», a-t-il dit. «Les informations liées au jihad ont été également épluchées. C'est le croisement des informations liées à ce que nous pouvons connaître et le travail d'examen des fichiers des adresses internet des interlocuteurs de la première victime qui a permis de se rapprocher», a-t-il dit.

8 heures. Il n'y a plus de tirs depuis deux heures dans l'immeuble.

7h50. Israël félicite la France. Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, s'est félicité mercredi matin de l'action rapide de la police française dans l'enquête sur la tuerie de Toulouse (sud-ouest de la France), dans une interview à la radio publique israélienne. «Je me félicite de l'action rapide des autorités françaises et j'ai remercié M. Alain Juppé», a déclaré M. Ayalon, qui a accueilli à l'aéroport de Tel-Aviv le chef de la diplomatie française venu participer aux funérailles des quatre victimes juives de la fusillade lundi à Toulouse.

7h45. Les voisins terrorisés. Les habitants de l'immeuble n'ont pas été évacués. ils sont calfeutrés chez eux. "Je suis allongée par terre depuis 3 heures du matin. Dites à la police qu'elle vienne nous chercher...", supplie une voisine contactée par téléphone par Le Parisien.fr

7h40. Le suspect s'entretient actuellement avec le négociateur du Raid à travers la porte.

7h35. La piste du scooter a mené au suspect. Les enquêteurs, selon RTL, ont trouvé un concessionnaire affirmant avoir reçu la visite d'un homme la semaine dernière lui demandant comment «customiser» son scooter. Ce «visiteur» faisait partie de l'entourage du suspect. C'est l'une des pistes qui a mené à l'opération lancée cette nuit.

7h15. Le président est sur le pied de guerre. Selon RTL, Nicolas Sarkozy suit l'opération depuis chez lui. L'avion présidentiel est en état «d'urgence» sur le tarmac de Villacoublay.

7h10. Le suspect était dans le collimateur du Renseignement. Le suspect visé par le RAID «fait partie de ces gens de retour de zones de combat qui ont toujours été une inquiétude pour les services», indique une source proche de l'enquête. «Il était dans le collimateur de la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur), comme d'autres, depuis les deux premiers attentats» de Montauban et Toulouse, avait signalé Claude Guéant un peu plus tôt dans la nuit.

7 heures. Plusieurs salves de tirs a l'arme lourde ont été entendues entre 3h30 et 5h30, confirme l'envoyé spécial du Parisien.fr à Toulouse, Adrien Godet. Ils proviennent d'un immeuble de quatre étages, le seul de ce quartier pavillonaire.

6h50. Les premières informations filtrent sur le profil du suspect. Selon la radio RTL, il se prénomme Mohamed, est âgé de 24 ans. Il est de nationalité française, affirme Claude Guéant.

6h30. L'intervention des policiers du Raid se poursuit

6h15 : Selon le parquet antiterroriste, il y a «plusieurs opérations en cours».

6h14. «Il parle beaucoup de son engagement au profit d'Al-Qaïda et de la cause jihadiste», a confié le ministre de l'Intérieur. L'homme «converse par la porte, et peut-être que d'autres moyens de communication plus faciles pourront- ils être produits», a-t-il espéré. «Cette personne a effectué des séjours en Afghanistan et au Pakistan dans le passé, il a des attaches avec des personnes se réclament du salafisme et du jihadisme», a poursuivi le ministre, selon lequel le suspect est de nationalité française, et toulousain.

6h12 : «Il se revendique être un moudjahidine, appartenir à al-Qaïda et avoir voulu venger des enfants palestiniens autant qu'avoir voulu s'en prendre à l'armée française compte tenu de ses interventions à l'extérieur», déclare Claude Guéant.

6h11. Le frère du suspect a été interpellé. «Tout le monde sait que sur les lieux du crime, on n'a jamais vu qu'une seule personne, mais le frère a également été arrêté» a déclaré M. Guéant, «parce que l'environnement fait l'objet de vérifications également».

6h10 : première déclaration de Claude Guéant. Selon le ministre de l'Intérieur, l'opération est toujours en cours contre le suspect, qui «a des attaches» avec des salafistes et des jihadistes. Sa mère «n'a pas souhaité prendre contact avec lui».

6 heures : selon RTL, l'opération se déroule au 17 rue du sergent Vigné, dans un immeuble de quatre étages.

5h40 : selon les journalistes présents sur place, six ou sept coups de feu ont été entendus.

5h10 : L'homme retranché s'était rendu dans les zones troublées pakistano-afghanes, selon une source proche de l'enquête.

4h50 : le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est sur place.

4h45 : il n'y aurait pas d'otage. Selon une source proche de l'enquête, un homme se revendiquant d'Al-Qaïda est retranché dans un pavillon et ne détient apparemment pas d'otage. Deux policiers ont été blessés mais pas gravement.

4h30 : une opération du RAID est en cours depuis environ 3h du matin dans le quartier de la Croix-Daurade à Toulouse en lien avec les tueries de Toulouse et de Montauban, indique à l'AFP une source proche de l'enquête.

Le Raid, une unité d'élite

Le Raid, est l'unité d'élite de la police nationale. Ses 170 membres sont triés sur le volet et passent des tests sans pitié pour y entrer. Ils suivent ensuite une formation très stricte et doivent faire preuve de leur aptitude physique ainsi que d'une bonne «gestion du stress et analyse du comportement».

L'une des qualités nécessaires est «l'humilité», parce qu'au Raid, entend-on souvent, «on a besoin de tout, sauf de cow-boys». Il faut aussi «du courage, bien sûr», mais pas aveugle, car «la sécurité des hommes et des femmes du Raid est érigée en priorité dans l'unité».La formation dure trois mois et elle est aussi continue car «tous les jours il faut s'entraîner à sauter en parachute, à simuler des attentats de toutes sortes ou des prises d'otages».

Le Raid, qui a fêté ses 20 ans en 2005, a résolu avec succès plusieurs prises d'otages durant sont histoire, dont celle de la maternelle de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) en 1993, l'arrestation des membres d'Action directe en février 1987 ou d'Yvan Colonna, le nationaliste corse condamné pour l'assassinat du préfet Claude Erignac en juillet 2003.

Son dernier fait d'arme remonte à 2009 quand il a traqué et interpellé Jean-Pierre Treiber, accusé du meurtre de Géraldine Giraud et Katia Lherbier en 2004 et auteur d'une cavale de 74 jours. Le Raid est commandé depuis 2007 par Amaury de Hauteclocque, petit-neveu du Maréchal Leclerc. LeParisien.fr

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Eva Joly accuse Sarkozy, Guéant, Hortefeux de «xénophobie» dans «leur expression» Mis à jour le 08.03.12 à 12h49 20minutes.fr

Eva Joly, candidate EELV à l'Elysée, a accusé ce jeudi Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Claude Guéant de «xénophobie» dans «leur expression» Sur Europe 1, l'eurodéputée a assuré qu'en France, «il y a une xénophobie ambiante, qui est portée malheureusement au plus haut niveau de notre Etat».

«Un Brice Hortefeux, un Claude Guéant et même Nicolas Sarkozy, dans leur expression, ont une xénophobie», a estimé l'ex-juge d'instruction. «Souvenez-vous Claude Guéant qui dit : "les cultures ne se valent pas toutes". La supériorité d'une culture, c'est la porte d'entrée à la supériorité des races», a encore dit la candidate d'Europe Ecologie-les Verts.

«Avec cette politique-là il n'y aurait pas la place pour Picasso en France»

La candidateà l'Elysée a également assuré qu'avec les projets de Nicolas Sarkozy sur l'immigration, la jeune fille au pair norvégienne qu'elle était en son temps n'aurait «pas pu épouser» son mari français. Elle a para ailleurs qualifié d'«indigne» la volonté de diviser par deux l'immigration légale annoncée mardi par le président-candidat.

«Je pense à la jeune fille que j'étais quand je suis tombée amoureuse de Pascal», a-t-elle évoqué. «Nous avons vécu dans 14 m2, dans une chambre de bonne». «Avec les critères qu'il propose là, parler français, avoir un boulot, un logement décent, la France se serait privée de Marie Curie, de Jane Birkin, de Dalida et tant d'autres».

«Avec cette politique-là il n'y aurait pas la place pour Picasso en France», a insisté l'ex-juge d'instruction et eurodéputée. —

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Nicolas Hulot vote pour "la planète", mais pas forcément pour Eva Joly Le Point.fr - Publié le 02/04/2012 à 06:52 - Modifié le 02/04/2012 à 07:17

L'ancien animateur de télévision, candidat malheureux à la primaire EELV, place l'écologie "au-dessus des partis".

L'ancien animateur de télévision devenu chantre de l'écologie politique, Nicolas Hulot, a refusé dimanche de dire s'il voterait ou non pour Eva Joly à la présidentielle, alors même que la candidate d'Europe Écologie-Les Verts est en difficulté. Nicolas Hulot a été battu l'été dernier par l'ex-juge dans la "primaire" organisée par le parti écologiste, après un débat tendu où son engagement a été présenté par ses rivaux comme ambigu, compte tenu notamment du financement de sa fondation par de grandes sociétés.

"Je vote pour la planète", a dit Nicolas Hulot au journal de 20 heures de France 2, regrettant que les thèmes du changement climatique et de la transformation écologique de l'économie soient absents du débat.

Prié de dire s'il soutenait Eva Joly, il a refusé de répondre, expliquant : "Ce n'est pas l'important, l'important, c'est de se retrouver sur des idées." Il a expliqué qu'il ne dira pas pour qui il votera. "Je ne veux plus rentrer dans ce jeu-là, je pense que l'écologie est au-dessus des partis. Je me déterminerai en temps utile", a-t-il dit. Eva Joly est actuellement entre 2 et 3 % dans les sondages

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Publié le 02/04/2012 07:37 | La Dépêche du Midi Eva Joly hospitalisée, sa campagne perturbée

Eva Joly, 68 ans, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a été hospitalisée hier à l'hôpital Cochin à Paris. Touchée à la tête, elle aurait été victime d'une mauvaise chute dans un escalier, à la sortie d'un cinéma.

En début de nuit, son co-directeur de campagne Stéphane Sitbon Gomez a annoncé sur Twitter que « l'agenda de campagne de demain matin (Ndlr : aujourd'hui) était modifié, mais la campagne continue. Aucun meeting ne sera annulé ».
Hier midi, Eva Joly était l'invitée d'Anne-Sophie Lapix sur Canal +. Elle semblait touchée par la difficile campagne électorale qu'elle mène. A la peine dans les sondages (lire ci-contre) elle a déclaré, émue : « J'ai un accent, je ne suis pas née ici, j'ai pas fait l'ENA, je suis une femme et une femme qui n'est pas jeune ». La candidate EELV a expliqué pourquoi la gauche ne penserait pas à lui donner, en cas de victoire, le ministère de la Justice.
« Je représente trop d'étrangeté », a-t-elle ajouté, évoquant « un handicap très lourd » dans cette campagne. « On a le droit de m'écraser moi, de m'injurier moi, mais pas d'injurier l'écologie ».
Dans le 20 heures de France 2, son ex-concurrent lors de la primaire écologiste, Nicolas Hulot, ne s'était pas montré très amical. Prié de dire s'il soutenait Eva Joly, il a refusé de répondre.

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Poutou ne veut pas faire carrière, mais "contester" le système Le Point.fr - Publié le 12/04/2012 à 00:37 - Modifié le 12/04/2012 à 00:54

Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste a affirmé sur France 2 qu'être président n'était pas son "rêve".

Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a affirmé mercredi soir sur France 2 qu'être président n'était pas son "rêve" mais qu'il se présentait à la présidentielle pour "contester un système".
Dernier à passer son grand oral à l'émission Des paroles et des actes, l'ouvrier girondin a été interrogé sur sa volonté d'être président. "Non, c'est pas mon rêve", a-t-il répondu, "je suis candidat pour porter un programme, pour porter des idées, pour contester un système".

"La carrière politique, je veux pas en faire une, je veux que la politique soit l'affaire de tous", a-t-il martelé, tout en contestant tout découragement devant les intentions de vote très faibles dont le créditent les sondages (0,5 à 1 %) : "Si je suis là, si je me fais chier depuis huit mois, c'est bien que je suis motivé !"
Son objectif ? "Faire passer cette idée de la révolte, de la contestation sociale." "On a une économie qui ne satisfait pas les besoins de la population et qui, au contraire, cherche à satisfaire les profits de ceux qui dirigent l'économie", a critiqué le successeur d'Olivier Besancenot à l'élection présidentielle.

"Rendez-vous avec le peuple"

Lui s'est dit partisan d'une "démocratie" où la population "décide par le bas". Face aux regards ironiques des journalistes, il a attaqué : "C'est sûr que c'est paradoxal ! On discute de la vraie démocratie, les autres candidats, ils ont l'air de s'en tamponner de la démocratie !" "Moi, je n'ai pas rendez-vous avec le peuple, j'ai pas entendu des voix", a-t-il ironisé.
Le candidat trotskiste, souriant et décontracté, a défendu son programme économique, suggérant d'"exproprier" "ceux qui dirigent l'économie n'importe comment" pour "leur enlever les moyens de nuire".

Il a attaqué au passage les journalistes qui lui parlaient de "charges sociales", un "mot patronal", selon lui, auquel il préfère celui de "cotisations sociales". Philippe Poutou a critiqué le "choix politique" de "remplir les poches des plus riches", affirmant l'option du NPA: "L'argent, il faut aller le chercher là où il est, c'est peut-être osé, mais on l'assume".
Il a plaidé pour "une Europe sociale et des peuples", demandant d'"harmoniser le droit social par en haut" et "la suppression de tous les traités". Il a enfin défendu le "droit humain fondamental" qu'est "la liberté de circulation", "la régularisation de tous les sans-papiers" ainsi que le "droit de vote de tous les immigrés à toutes les élections". Le Point.fr

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le 19 mai 2012 à 16h28, mis à jour le 19 mai 2012 à 16h29 tf1news Eva Joly prête à servir le gouvernement pour mettre de l'ordre dans la finance

Eva Joly, candidate d'EELV à la dernière présidentielle, aimerait pouvoir s'occuper de "la réforme financière" auprès du gouvernement Ayrault, a-t-elle dit samedi. Au cours d'une rencontre avec quelques journalistes le 19 mai, Mme Joly, qui a des compétences pointues en ce domaine pour avoir longtemps exercé comme juge d'instruction au pôle financier à Paris, a confié qu'elle se verrait bien "haut-commissaire à la réforme financière", a rapporté Le Monde daté de dimanche-lundi

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