Tom Cruise, Cécilia Ciganer Sarkozy, Nicolas Sarkozy

Février 2008 : "La France évolue dans le bon sens"
Août 2004 : Tom Cruise, de l'Eglise de Scientologie, reçu par Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l'Intérieur et des Cultes
Octobre 2002 : Condamnation modérée en appel
Juillet 2002 : Prescription
Juin 2002 : Dommages et intérêts
Mai 2002 : Peines d'amende
Février 2002 : Faut-il dissoudre l'Eglise de scientologie ?
Commerces, associations, cours de danse, arbres de Noël : l'emprise de l'Eglise de scientologie se concentre à Paris, dans le17e. Malgré la mobilisation du maire, la lutte contre cette secte est rendue délicate par le caractère anonyme de ses officines.

Au 69, rue Legendre, la vitrine du Celebrity Center (CC) attire l'œil. La façade est fleurie, l'immeuble sans cesse éclairé. L'institution, ouverte en 1984 dans le 17e arrondissement de Paris, offre d'"aider les artistes". Peu d'acteurs ou de chanteurs fréquentent les lieux. Mais des centaines d'anonymes viennent y pratiquer des exercices et acheter leurs ouvrages. A deux pas, un sauna, fermé au public et protégé des regards par un rideau rouge, est réservé à leur "purification".

Le CC est un "lieu de vie": théâtre, cafétéria, salle de cours. Des jeunes gens et jeunes filles s'y affairent. Parfois l'un d'eux sort pour aborder le chaland qui passe : "Vous savez qui nous sommes ? Les médias ne sont pas du tout objectifs sur notre compte. Ils ne disent pas que nous avons sauvé 250 000 personnes de la drogue." Convié à l'intérieur, le passant se trouve rapidement invité à mesurer son stress sur un appareil. Encore un peu, et il sera sollicité pour remplir un test de personnalité, prélude à une proposition d'inscription. A Paris, le CC est l'une des deux "Eglises" de l'association spirituelle de scientologie, reconnue comme "secte" par deux rapports parlementaires, en 1995 et 1999.

Nelly Reziga s'est inscrite au cours du CC en 1998, pour "apprendre à communiquer". Son patron, directeur d'une agence immobilière, voulait la convertir à la philosophie de L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie dans les années 1950. "Tous les jours, il me répétait que j'étais nulle, que ce que je faisais à l'agence était nul, qu'il fallait que j'accepte de me perfectionner" en suivant des cours. Nelly a fini par céder aux injonctions. "C'étaient des exercices stupides", se souvient-elle. Il fallait fermer une paupière, puis l'autre, fixer du regard son interlocuteur pendant plusieurs minutes. Elle devait réciter des chiffres avec "inspiration" ainsi qu'on le lui demandait. Mille francs pour ces premières leçons, elle les avait déboursés, pensant qu'elle serait quitte. Mais les "violences verbales" ont continué. Elle a résisté aux pressions incessantes de son patron ; elle n'y est pas retournée.

"Voyant qu'il n'avait pas prise sur moi, il s'est attaqué à mes enfants. Il me disait qu'ils allaient rater leur vie, que je n'étais pas une bonne mère", qu'il fallait que "je m'améliore". Apeurée, elle est allée au commissariat. Puis "il m'a licenciée", raconte Nelly. Elle a porté plainte, en décembre 1998, pour contrainte et abus de faiblesse contre son employeur et contre le Celebrity Center. L'instruction est en cours.

Jusqu'ici, le CC était le seul site officiellement scientologue dans le 17e arrondissement. Mais, l'été dernier, un autre endroit s'est ouvert, 4, rue des Moines, à l'ombre des marronniers du square des Batignolles. Le local, une galerie d'exposition à l'enseigne : "Qu'est-ce que la scientologie ?", est lumineux, neutre, étudié pour mettre en confiance. Mais aussi pour jouer sur les psychoses du moment : une affiche rappelle l'action des scientologues pour sauver les victimes de l'attentat contre les Twin Towers, le 11 septembre à New York. "Le New York Times a reconnu l'efficacité des méthodes de L. Ron Hubbard", lit-on sur la devanture. Le lieu reste ouvert le soir, tard, et les week-ends, à l'heure de la messe.

Fin septembre, la Scientologie s'était aussi installée Salle Wagram, louée 50 000 francs par jour pendant plus d'une semaine pour une autre exposition temporaire. Nouveaux lieux estampillés "sciento", manifestations : la Scientologie se fait plus visible dans le quartier, mais aussi plus occulte, plus mouvante et insaisissable.

Environ 800 personnes fréquentent le CC, selon la police. Soit un tiers des effectifs du mouvement, évalués en France, par les renseignements généraux, à 2 500 personnes. Un chiffre stable et plus faible que les 10 000 adeptes revendiqués par la Scientologie. Certes, tous les membres du CC n'habitent pas le quartier. Mais "il y a une forte communauté scientologue" dans le 17e, reconnaît Alexandra Bidari, chargée des relations presse du CC. "Les gens qui pratiquent la scientologie ont plus vite fait d'habiter le quartier." Certains sont médecins, avocats, de profession libérale, et exercent dans l'arrondissement.

Les scientologues, prosélytes, distribuent plus ici qu'ailleurs des tracts contre la drogue, remplissent plus souvent les boîtes aux lettres de leurs journaux. Ils organisent aussi des fêtes - arbre de Noël, remise de cadeaux, collecte de vêtements, beaucoup d'activités qui comblent des vides dans la vie du quartier. Se rendant ainsi serviables et sympathiques aux yeux de la population, ils se banalisent.

A la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS), on s'inquiète de la concentration de la Scientologie en un seul lieu. Membre de la MILS, Anne Fournier va jusqu'à évoquer l'exemple de "Clearwater, en Floride, où, dit-elle, la Scientologie a fini par faire main basse sur la ville. La police est devenue sciento, les services de la mairie aussi". Une association, Attention-enfants, créée en mars 2000, a été la première dans l'arrondissement à dénoncer "l'emprise de la Scientologie dans le quartier". Selon son président, Xavier Laugaudin, nouveau conseiller d'arrondissement (MRG), le 17e serait devenu "un terrain d'expérimentation" de ce mouvement sectaire. Il arrive en tête des arrondissements parisiens pour l'implantation des activités scientologues : cinq personnes ou entreprises affiliées y sont localisées sur dix-neuf que compte la capitale. Du moins pour celles qui le reconnaissent. Car, depuis quelques années, sociétés, commerces et associations se développent sans afficher ouvertement leur appartenance au mouvement sectaire.

CERTAINES - telle l'association caritative Le Chemin du bonheur, installée rue des Batignolles - sont facilement identifiables par les opuscules qu'elles éditent. Mais la plupart n'affichent pas la couleur. Rue des Dames, une agence de voyages, Les Tables de France, est tenue par une famille cotisant à l'International Association of Scientology (IAS). Un peu plus loin, rue des Moines, s'est ouvert un organisme de formation continue, Certitude, dont l'un des dirigeants figure dans le guide Wise 2001 des personnes qui reversent une partie de leur chiffre d'affaires au mouvement sectaire. A la même adresse se trouvait auparavant le siège de New Era, la maison d'édition du groupe sectaire. En s'appuyant sur des rapports de police, Françoise de Panafieu, maire (RPR) de l'arrondissement, répertorie "onze points d'ancrage" de la Scientologie sur le quartier. "Elle a jeté son dévolu sur le 17e", conclut-elle.

Bon nombre d'adeptes proposent des animations artistiques qui les mettent en contact avec les enfants. Leurs activités ne sont pas illicites. Mais le fait de ne pas apparaître en pleine lumière jette le soupçon sur leurs intentions. "C'est une tactique bien connue de la Scientologie,explique Anne Fournier, que de développer des associations sur lesquelles personne ne peut rien dire et dont l'activité ne peut être en soi contestée."

Rue Legendre, le directeur du cours de rattrapage ne dit pas qu'il est scientologue, sauf si on lui demande : "Mes convictions religieuses n'ont rien à voir avec mes activités professionnelles", assure-t-il. Rue Boursault, l'atelier de dessin n'affiche pas la couleur, mais les initiés sauront que la méthode enseignée a été écrite par Rose-Marie Nicaud, scientologue affiliée au guide Wise. Rue Lecomte, Le Plaisir de chanter est un cours de chant animé par une autre adepte. La musique est un domaine de prédilection des scientologues. Chaque année, à la Fête de la musique, un groupe d'adeptes joue rue Lévis, la rue piétonne la plus commerçante du quartier. "Les enfants peuvent être un moyen pour les scientologues d'approcher les parents", affirme Anne Fournier. Ils peuvent permettre, explique-t-elle, d'en savoir plus sur la famille, de connaître ses revenus ou ses difficultés éventuelles afin de pouvoir ensuite proposer une aide qui permettra d'attirer les adultes vers l'"Eglise".

Si aucune plainte de parents n'a été recensée depuis l'ouverture de ces cours dans le quartier, pour Janine Tavernier, fondatrice et ancienne présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi), le danger est réel : "Quand ils mettent la main sur un enfant, ils en deviennent propriétaires", affirme-t-elle. "Un jour ou l'autre, ceux qu'ils ont approchés sont, à un moment difficile de leur vie, tentés d'y revenir, poursuit-elle. Ceux qui deviendront scientologues seront incités à se couper de leur famille. Ils seront dépersonnalisés pour devenir des robots au service de la cause."

Depuis quelques mois, les écoles redoublent de vigilance. Il y a trois semaines, une enseignante d'un établissement du quartier a reconnu être scientologue. Originaire de Lyon, elle avait demandé sa mutation dans le 17e arrondissement et l'a obtenue. Le directeur de l'école a alerté l'académie. Consciente du risque d'une suspicion généralisée, l'association Attention-enfants se refuse à donner "des noms et des adresses". "Toute liste est rapidement caduque car des lieux se ferment et d'autres s'ouvrent. Elle inciterait les gens à baisser la garde hors des lieux signalés", estime Xavier Laugaudin. L'association se limite à encourager les parents ou les habitants à poser des questions sur le contenu des cours, les activités annexes des associations. Il s'agit de déstabiliser la Scientologie par une simple exigence de transparence sans tomber dans la chasse aux sorcières.

"On doit savoir faire le distinguo entre la liberté de conscience de chacun et les méthodes totalitaires d'embrigadement pour ne pas, à notre tour, tomber dans une pratique sectaire", assure Corinne Secco, une militante de l'association. Jean Dupuis, porte-parole de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France, n'en dénonce pas moins "la campagne de haine contre les scientologues" de l'association de M. Laugaudin, qui "manipule" le maire. "Ceux qui nous attaquent, s'exclame-t-il, font régner un climat qui ressemble à celui des années 1930, quand on établissait des listes de juifs." A l'entendre, les scientologues sont victimes d'une injonction contradictoire : "Si nous disons que nous sommes scientologues, on nous accuse de faire du prosélytisme. Si nous le cachons, on nous reproche d'avancer masqués."

MME DE PANAFIEU entend ne pas laisser le terrain libre à la Scientologie. Après avoir interpellé le ministre de l'intérieur à l'Assemblée nationale, en octobre, elle posera une nouvelle fois une question, le 4 décembre, au préfet de police, lors du conseil de Paris sur les mesures prises pour lutter contre les sectes. Elle a par ailleurs saisi les services de la Mairie de Paris pour qu'ils verbalisent la Scientologie, en infraction avec la législation sur les enseignes, rue des Moines. "Je fais ce que je peux pour que les gens se sentent épaulés", confie-t-elle. Mais face au "malaise" d'une bonne partie de la population, elle ne cache pas son impuissance.

"On bute tous sur l'absence d'outils juridiques", reconnaît Christophe Caresche, adjoint (PS) chargé de la sécurité à la Mairie de Paris. Il admet que la nouvelle loi About-Picard, votée en mai, n'apporte pas une réponse suffisante. M. Caresche déclare, de son côté avoir demandé à la préfecture d'"interdire toute manifestation des sectes sur la voie publique". Un vœu pieux tant la législation en matière de colportage et de racolage est difficile à faire respecter.

En attendant, les habitants doivent s'inventer eux-mêmes des garde-fous. Pour la première fois, une manifestation aura lieu, samedi 24 novembre, devant le nouveau local de la Scientologie, rue des Moines, à l'instigation de l'association Attention-enfants. Elle devrait obliger les élus à se positionner plus fermement. Hervé Benessiano (DL), premier adjoint à la mairie du 17e, a prévu d'y participer. Bertrand Delanoë, maire de Paris, devrait être représenté. "Il n'y a pas de clivage politique sur cette question, assure Mme de Panafieu. Nos prises de position vont bien au-delà d'une quelconque récupération."

Le même jour, au même endroit, la Scientologie a prévu de distribuer des tracts pour dénoncer "le trafic de drogues" dans le square, trafic contre lequel, dit-elle, "personne ne fait rien".
Béatrice Jérôme, A Paris, la Scientologie fait son nid, LE MONDE.fr | 23.11.01 | 11h47, Le Monde, 24 novembre 2001, p. 14

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Faut-il dissoudre l'Eglise de scientologie ?
300.000 euros d'amende ont été requis vendredi (22 février 2002) contre l'antenne parisienne de l’Eglise de scientologie, jugée en tant que personne morale pour "escroquerie" et "publicité mensongère". Le parquet n'exclut pas une dissolution. Décision le 17 mai (2002).

Non-lieu, amende... ou dissolution ? Il faudra attendre le 17 mai (2002) pour connaître la décision du tribunal correctionnel de Paris au sujet de l'association spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France (Asesif). Vendredi, le tribunal a mis sa décision en délibéré dans cette affaire où l'Asesif et son président comparaissaient pour publicité mensongère, tentatives d'escroquerie et infraction à la loi informatique et liberté, pour avoir envoyé des courriers et tracts à des personnes qui avaient explicitement demandé à être rayés des fichiers.

Auparavant, le parquet avait requis une amende de 300.000 euros à l'encontre de l'antenne parisienne de l'Eglise de Scientologie, sans réclamer ni exclure sa dissolution pure et simple, pour tentative d'escroquerie et infraction à la loi informatique et libertés. Une peine de douze mois de prison avec sursis et 12.000 euros d'amende avait été par ailleurs requise à l'encontre de Marc Walter, président de l'Asesif. Concernant la dissolution de l'Asesif, la représentante du parquet a simplement demandé au tribunal de "réfléchir à cette peine au moment de (son) délibéré", sans émettre d'opinion précise.

Pour sa part, la défense de l'antenne parisienne de l'Eglise de scientologie avait fait citer quelques membres de l'Eglise, ravis des "bienfaits" de leur démarche spirituelle. Des chercheurs, notamment américains, sont aussi venus s'inscrire en faux à l'encontre de la loi anti-secte en France et l'idée d'une manipulation mentale des adeptes. Mais parallèlement à ces démêlés judiciaires, l'Eglise de scientologie a décidé de lancer une autre offensive… sur un tout autre plan. Ses adeptes américains n’ont pas hésité à en appeler aux institutions internationales. A Los Angeles, l'Eglise de scientologie a demandé jeudi l'intervention des Nations Unies pour mettre fin à ce qu'elle estime être "des violations répétées des droits de l'Homme" contre ses adeptes par le gouvernement français.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 22 février 2002

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(Mai 2002) L'Eglise de scientologie d'Ile-de-France condamnée

L'ASSOCIATION spirituelle de l'Eglise de scientologie d'Ile-de-France (Asesif) a été condamnée en tant que personne morale, vendredi 17 mai, à 8 000 euros d'amende pour violation de la loi sur l'informatique et les libertés par la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Son président, Marc Walter, a été condamné à 2 000 euros d'amende. Lors de l'audience des 21 et 22 février, le parquet avait requis 300 000 euros d'amende contre l'association et avait en outre demandé au tribunal de « réfléchir » à une peine de dissolution ( Le Monde du 25 février).

L'Asesif, qui souhaite faire appel, estime qu'il s'agit d'une « condamnation mineure ». C'est la première fois que la Scientologie est condamnée en tant que personne morale.
Deux condamnations définitives pourraient conduire à sa dissolution, en vertu de la loi About-Picard, adoptée il y a un an. Une nouvelle information judiciaire a été ouverte, le 6 mai, contre l'Asesif, à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile pour « extorsion en bande organisée ».
lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.05.02

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(Juillet 2002) Les poursuites contre la Scientologie sont éteintes à Paris

Après la procédure ouverte en 1983, c'est celle datant de 1989 qui a été déclarée prescrite, il ne reste plus rien des dossiers judiciaires parisiens visant l'Eglise de scientologie.
La juge d'instruction de Paris Colette Bismuth-Sauron a rendu, vendredi 26 juillet, une ordonnance constatant la prescription de l'action publique dans un dossier ouvert en 1989 pour des faits d'escroquerie contre des membres de la Scientologie.
lemonde.fr, Article publié le 01 Août 2002

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(Octobre 2002) SCIENTOLOGIE : condamnation de l'Association spirituelle de l'église de scientologie d'Ile-de-France et de son président Marc Walter

La cour d'appel de Paris a condamné lundi 13 octobre l'Association spirituelle de l'église de scientologie d'Ile-de-France et son président Marc Walter à 5 000 euros d'amende avec sursis, au lieu des 8 000 et 2000 euros prononcés en première instance, pour « conservation en mémoire informatisée de données nominatives ». La Scientologie, relaxée du délit d'escroquerie, a été reconnue coupable d'avoir conservé illégalement les coordonnées d'un ancien adepte.
lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.10.03

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(Juin 2002) JUSTICE : Danièle Gounord, porte-parole de la Scientologie, a été condamnée à payer 20 000 euros de dommages et intérêts à Jacqueline Tavernier.

Danièle Gounord, porte-parole de la Scientologie, a été condamnée, jeudi 20 juin, à payer 20 000 euros de dommages et intérêts à Jacqueline Tavernier, ancienne présidente de l'Unadfi, une association de lutte contre les sectes, et à Me Olivier Morice, son avocat.
La cour d'appel de Paris lui a notamment reproché d'avoir indiqué que « l'Unadfi a pour vocation la restriction des libertés individuelles » et d'avoir comparé ses pratiques à celles « en vigueur sous le troisième Reich ».
lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.06.02

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SECTES Pour la Scientologie, "la France évolue dans le bon sens" NOUVELOBS.COM | 21.02.2008 | 07:58

Avec des déclarations sur les sectes qu'elle a démenti partiellement, Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, a déclenché une vive polémique.
Seule l'Eglise de Scientologie salue ses propos.
Attaques au PS, et même au sein de l'UMP.

La croix de l'Eglise de Scientologie (AP)

L'Eglise de Scientologie a estimé mercredi 20 février que "la France évoluait dans le bon sens" à propos de l'interview d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du président Sarkozy, à VSD sur les sectes.

Emmanuelle Mignon a démenti mercredi avoir déclaré à VSD que les sectes étaient "un non-problème en France", sans préciser si elle infirmait ou confirmait d'autres propos tenus sur la Scientologie.

Dans son interview à VSD, confirmée par la direction de l'hebdomadaire, Emmanuelle Mignon a jugé à propos de la Scientologie: "Je ne les connais pas mais on peut s'interroger. Ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix".

Secte en France

La Scientologie est considérée comme une secte dans les rapports parlementaires français mais bénéficie du statut de religion dans d'autres pays comme les Etats-Unis. "La France évolue dans le bon sens, a estimé Danielle Gounord, du service de communication de la Scientologie. Elle s'aligne désormais sur la majorité des pays européens". Pour Danielle Gounord, la France "ne peut pas rester indéfiniment à la traîne en se faisant épingler dans des rapports systématiquement négatifs de l'Onu, de l'OSCE et du département d'Etat".

"Cette démarche n'est pas venue d'un seul coup", ajoute-t-elle rappelant que quelques jours avant qu'il ne quitte Matignon, en mai 2005, Jean-Pierre Raffarin avait demandé "le retrait de la liste noire des sectes publiée par le rapport parlementaire". "Le ton était donné", a-t-elle encore dit.

Pas de commentaire de la Miviludes

Danielle Gounord a également dénoncé "le militantisme complètement inacceptable de la Miviludes" (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). "On ne demande rien sinon l'application de la loi de 1905 sur la laïcité", a-t-elle ajouté. De son côté, la Miviludes n'a pas souhaité faire de commentaires, renvoyant aux services du Premier ministre dont elle dépend.

Emmanuelle Mignon a indiqué à VSD que le gouvernement voulait "transformer" la Miviludes "en quelque chose de plus efficace et en finir avec le bla-bla".

Hollande réclame une "vérification"

Alors que les positions de Nicolas Sarkozy sur la religion et la laïcité continuent de faire grincer des dents, les propos prêtés à Emmanuelle Mignon ont été vivement attaqués. Réclamant une "vérification", le numéro un du PS François Hollande a jugé que si ces propos avaient bien été tenus, "ça mettrait en cause la présence même de Mme Mignon à l'Elysée". Pour le porte-parole du parti Julien Dray, "l'ensemble du camp laïque va devoir descendre dans la rue".

Alain Gest (UMP), membre du conseil d'orientation de la Miviludes, a fustigé "une méconnaissance totale" de la question des sectes. Le souverainiste de droite Nicolas Dupont-Aignan a appelé le chef de l'Etat à "clarifier la position de l'Etat".

François Bayrou (MoDem) s'est indigné d'"une réhabilitation de la Scientologie". Il a rappelé la visite en 2004 de l'acteur américain Tom Cruise, adepte de ce groupe, à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie.

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