(Octobre 2003) Le 1er Ministre M. Jean-Pierre Raffarin et la Présidente Madame Chirac au Vatican
(Janvier 1996) François Mitterrand à Notre-Dame de Paris
(Juillet 2003)(Fonction publique. La neutralité républicaine attaquée par les islamistes et le judaïsme ultra-orthodoxe)
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(Octobre 2003) Matignon répond aux critiques sur la visite au Saint-Siège de M. Raffarin
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(Janvier 1996)
C’est bien à la cathédrale Notre-Dame de Paris (et non pas au Grand Orient de France ou à la Grande mosquée de Paris), que certaines cérémonies, pourtant officielles, ont lieu.
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L'Eglise catholique s'inquiète de la tournure du débat sur la laïcité
Devant les évêques de France à Lourdes, René Rémond, membre de la commission Stasi, a dénoncé "les intégristes et les fondamentalistes" laïques. "L'opinion nous pousse à aller vers une mesure d'interdiction", a déploré l'historien, et l'Eglise craint un retour de "la plus vieille querelle française".
René Rémond a levé le voile : l'historien, membre de la commission Stasi sur la laïcité, a fait valoir les "inquiétudes" que lui inspirait la tournure prise par le débat sur l'interdiction des signes religieux à l'école. Il s'exprimait devant les évêques de France, réunis en assemblée plénière à Lourdes (Hautes-Pyrénées), qui consacrent cette année leurs travaux aux relations entre l'Eglise et l'Etat. "Mon expérience des débats au sein de la commission Stasi me montre que la laïcité a ses intégristes et ses fondamentalistes, a regretté M. Rémond. Les gardiens de l'orthodoxie laïciste prennent argument du débat en cours pour remettre en cause le statut des cultes en Alsace-Moselle ou les aumôneries."
Exprimant "une certaine inquiétude, à titre personnel", l'ancien professeur à Sciences-Po s'est demandé si l'on n'assistait pas à"la fin d'un cycle" de bonnes relations entre les religions et l'Etat : "On va commémorer le centenaire de la loi de 1905. Mais il ne faudrait pas revenir en arrière, sur un siècle de législation et de jurisprudence."
René Rémond a également évoqué le contexte dans lequel la commission Stasi mène sa réflexion : "L'opinion nous pousse à aller vers une mesure d'interdiction. Je trouve consternant que tout le débat sur la laïcité se résume à une mesure d'interdiction." L'intellectuel catholique n'a pas pris position pour ou contre une loi. Mais il s'est inquiété de ses répercussions : "On va légiférer pour 1 % de la population - les jeunes filles qui portent le foulard - et comme s'il n'y avait qu'une seule religion en France..." M. Rémond a reconnu cependant, devant les évêques, que l'avis de 1989 du Conseil d'Etat sur les signes religieux à l'école était "dépassé" : "Cet avis est intelligent, nuancé. Il incite au discernement. Il reconnaît à chacun le droit d'exprimer ses croyances. Mais les chefs d'établissement sont confrontés aujourd'hui à des situations ingérables."
RÉSURGENCE DU "LAÏCISME"
Les inquiétudes de M. Rémond ont trouvé un écho favorable chez les évêques français, rassemblés à Lourdes du 4 au 10 novembre. Au cours du débat qui a suivi son intervention, plusieurs d'entre eux ont déclaré craindre une résurgence du "laïcisme". Certains signes témoignent, selon eux, d'un retour des vieux clivages autour de la laïcité, " la plus ancienne querelle française", selon une formule de René Rémond. Tel évêque évoque l'interdiction qui lui aurait été signifiée par la préfecture de figurer sur une photo d'identité avec un col romain...
Les évêques sont très réticents à l'égard d'une loi interdisant les signes religieux à l'école. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a déclaré qu'il n'était "pas sûr que cette solution serve la paix sociale". L'évêque auxiliaire de Lille, Mgr Jean-Luc Brunin, craint qu'on ne légifère "à partir d'une représentation globale et fantasmatique de l'islam, pour répondre à des cas particuliers. Il faut des repères fermes, mais ceux-ci ne peuvent être définis de manière unilatérale. Si on continue sur la base de l'interdiction, on risque d'accentuer la fracture sociale".
De l'avis général, c'est l'arrivée de l'islam dans le paysage religieux français qui a bouleversé les repères. Le cardinal Jean-Louis Tauran, ancien secrétaire pour les relations avec les Etats du Saint-Siège, a fait cette constatation à la tribune : "Les problèmes que pose l'islam sont en train de changer l'approche des religions dans la société française."L'ancien chef de la diplomatie vaticane a quitté le langage convenu des chancelleries pour regretter ouvertement"une tendance dans la société française à vouloir privatiser la religion et ses manifestations".
Au cours d'une conférence de presse, Mgr Tauran s'est inquiété des conséquences d'une loi interdisant les signes religieux : "On retourne à la situation de 1905, quand un prêtre ne pouvait pas porter la soutane ! J'espère que les autorités politiques se rendent compte des conséquences." En revanche, il n'a pas d'hostilité de principe à une révision de la loi de 1905 : "Il est très difficile pour moi de comprendre qu'une loi qui a cent ans n'ait pas besoin d'être révisée..."
Pour Mgr Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques, l'urgence n'est pas de légiférer, mais de favoriser le "vivre ensemble en France" : "Reconnaissons qu'il y a un déficit de références symboliques dans notre société. (...) Il y a là un défi qu'il est vital de relever. Ne renvoyons pas cette tâche au seul Etat. Il est de la responsabilité de chaque composante de notre société d'apporter sa contribution à cette œuvre commune."
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Dalil Boubakeur craint un climat de "suspicion"
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Jusqu'à présent, une majorité d'hommes politiques de tous bords ont plaidé pour une loi. Or la semaine dernière, le Premier ministre s'est montré sceptique sur la capacité de règler les questions liées à la laïcité et au port du voile dans les lieux publics par la seule loi, en affirmant que "la loi ne règle pas forcément le problème".
Le grand rabbin de France a fait part vendredi (14 novembre 2003) de ses réserves sur le bien-fondé d'une nouvelle loi sur la laïcité
Interdire tout signe politique ou religieux comme le voile serait "une mauvaise façon de poser le problème", a jugé Joseph Sitruk après avoir rencontré Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
"Ce n'est pas parce qu'on va interdire tel signe qu'on va rendre les gens plus tolérants. C'est s'abriter derrière la loi pour ne pas résoudre un problème."
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Une jurée d'assises remplacée d'office parce qu'elle portait le voile
Une jurée de la cour d'assises de Seine-Saint-Denis a été contrainte lundi (24 novembre 2003) par le président de la cour de céder sa place parce qu'elle portait le voile islamique, a indiqué la Chancellerie qui a précisé que le garde des Sceaux était intervenu pour demander au parquet de réquérir dans ce sens.
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(Décembre 2003)
Le rapport Stasi contre les signes «ostensibles» à l'école
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Voile/Pierre Birnbaum, sociologue, analyse le rapport Stasi:
«Une vision forte de la citoyenneté»
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Jours fériés, de la pratique à la loi
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Mobilisation contre toute loi antivoile
Les anti-loi donnent de la voix. Hier (16 décembre 2003), les appels demandant à Jacques Chirac de ne pas se prononcer pour l'interdiction des signes religieux à l'école se sont multipliés. A l'origine de ces lettres et pétitions, un éventail d'organisations extrêmement variées.
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16 décembre 2003. « On doit savoir dire stop »
ANCIENNE MINISTRE à la Famille dans le gouvernement Jospin (notedt, et concubine de François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste), Ségolène Royal n'est pas opposée à la proposition Stasi de donner deux jours fériés dans les écoles pour les fêtes musulmane et juive.
En matière de laïcité, n'était-il pas possible de s'en tenir aux textes en vigueur ?
« On a peut-être trop toléré »
Etes-vous favorable à l'instauration de deux jours fériés supplémentaires ?
Existe-t-il un risque de stigmatisation de la communauté musulmane ?
Que pensez-vous du principe de discrimination positive que défend Nicolas Sarkozy ? Je préfère dire « compensation des handicaps ». Mais sur le principe, oui, je suis pour. Du reste, la parité, les zones franches, l'aide aux écoles dans les quartiers en difficulté sont des exemples de cette fameuse discrimination positive.
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17 décembre 2003. "Notre pays, la France"
Au terme d'une intervention solennelle, Jacques Chirac, plaidant avec chaleur pour une laïcité ouverte, a annoncé une loi contre les « signes ostensibles » à l'école, et invité tous les Français, sans exception, à se sentir « filles et fils de la République ».
IL Y A DEUX façons d'évoquer l'intervention de Jacques Chirac hier après-midi, en
direct depuis l'Elysée. La première consiste à répondre à une question : « Alors, il a décidé
quoi, le président ? » Résumons en cinq points.
Des accents
formidables
Ce résumé est, en même temps, trompeur. Hier, Jacques Chirac - pour parler de la
France, de son drapeau, de son passé, de ses « valeurs », de la diversité de ses citoyens, de
sa volonté que le pays reste « une terre ouverte, accueillante et généreuse », de l'égalité
des chances, de l'impérieuse nécessité d'une lutte sans merci contre toutes les discriminations,
et contre la xénophobie, le racisme et l'antisémitisme - a eu, par moments, des accents formidables.
Avocat d'une laïcité « ouverte et généreuse », le chef de l'Etat - faisant sienne l'analyse
du trio Juppé-Debré-Baroin - considère que cette laïcité est en cause, et doit être défendue.
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18 décembre 2003. La loi sur la laïcité préoccupe Washington
Les Etats-Unis ont indiqué qu'ils allaient "suivre attentivement" les mesures qui seront prises concernant le port du foulard islamique en France.
Les Etats-Unis ont indiqué jeudi (18 décembre 2003) qu'ils allaient "suivre attentivement" les mesures qui seront prises concernant le port du foulard islamique en France, redoutant à mots couverts qu'elles n'empiètent sur la liberté de religion.
"Liberté de religion" pas négociable
Le président français Jacques Chirac s'est prononcé mercredi pour l'interdiction à l'école des signes religieux "ostensibles", notamment le foulard islamique, la kippa et les grandes croix, malgré des mises en garde des autorités religieuses du pays.
Ce sujet est un thème potentiel de profonde incompréhension entre la France, pays attaché de longue date au principe d'une république laïque, et les Etats-Unis, dont l'identité historique s'ancre dans la liberté de religion.
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Loi sur le voile : « Une peur irraisonnée »
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Voile : tollé dans le monde musulman
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La plus haute autorité de l'islam sunnite donne raison au ministre sur le voile.
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(17 janvier 2004) Laïcité : forte mobilisation
des opposants à la loi
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Karima. Pour le voile et pour la discrimination positive.
C'EST UNE BELLE PLANTE de 1,70 m. Le pas décidé,
l'oeil intense, le sourire désarmant « Ah, il y en a des hommes au Maroc qui viennent me voir
à son sujet ! » sourit Ahmed, accent titi parisien et regard énamouré pour sa fille cadette.
Du haut de ses
20 ans, très élégante dans une tenue acquise grâce à son job d'appoint chez Photo-Station à
Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Karima sourit. « Je vous l'avais bien dit, ce qui compte pour
papa, c'est que ses enfants soient indépendants. »
De ce côté-là, a priori, pas de souci : en
licence de droit à la faculté de Nanterre, la jeune fille hésite entre passer sa thèse et enseigner,
devenir avocate ou se lancer à l'assaut de l'univers. « Des fois, je me dis que je deviendrais
bien ambassadeur de France au Maroc ! »
Pour ses quatre enfants, Ahmed n'a reculé devant aucun investissement. « Il nous a acheté
tous les volumes de l'encyclopédie
Tout l'univers
, s'attendrit Karima. Il nous a toujours dit
:
Vous avez de la chance d'aller à l'école, moi j'ai dû arrêter très tôt. Rien ne tombe du ciel,
cramponnez-vous
. »
Karima et ses frères et soeurs n'ont jamais traîné dans la cité. Et elle
est restée très impressionnée par les témoignages de ses cousins, glanés lors des vacances au
pays. « Malgré tous les tiraillements occasionnés par ces voyages et cette double culture, j'ai
réalisé la chance qu'on avait de vivre en France. »
Tout n'a pas été simple pour autant. Le
bac en poche, poussée par un prof qui la trouvait brillante, Karima s'est retrouvée inscrite
et admise dans une prépa normale sup à Paris. « En sortant de mon lycée où les trois quarts
des élèves étaient comme moi, ç'a été le choc, avoue-t-elle. J'ai failli abandonner, je n'étais
pas à ma place. Mes camarades du quartier, ils ne savaient même pas ce que c'était qu'une prépa.
Et puis, j'ai fini par m'ouvrir. Quand je vois le bien que ça m'a apporté, je me dis qu'on devrait
être plus nombreux à échapper au fatalisme de la cité. Je suis pour la discrimination positive.
»
«
C'est en train de virer au procès de l'islam
»
Elle a raté
de quatre dixièmes son admission, mais en a gardé une amie, Céline, « fille d'architectes qui
ont une immense baraque » à Neuilly. « Chez elle tu verrais, c'est waouhhhh... Je n'ai encore
jamais osé l'inviter chez moi ! Elle est fan de Sarkozy. On s'adore même si on ne se comprend
pas toujours. On a beaucoup discuté de la loi sur la laïcité toutes les deux... »
Bien consciente
que cette fin de non-recevoir est un signe d'assimilation impossible, elle soupire. « Quand
je vois le mal que ma grande soeur a eu pour trouver son stage de contrôleur de gestion avec
son DESS, je reste perplexe. Ce n'est pas à nous de nous intégrer, c'est à vous de nous intégrer.
»
Son père hoche la tête, attristé. « Je suis contre le voile », précise-t-il, désemparé.
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«Epouvantable» selon Ken le rouge
Ken Livingstone, le bouillant maire de Londres, vient de partir en guerre contre la France et son «épouvantable législation» antivoile.
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(14 février 2004) Laïcité : les anti-loi ne désarment pas
De 6 000 personnes (selon la police) à 12 000 (pour les organisateurs) ont participé ce samedi aux manifestations organisées dans plusieurs villes par un collectif d'associations musulmanes, laïques et d'extrême gauche contre l'interdiction du voile islamique à l'école.
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Août 2004 Libération de Paris: commémorations sous le signe du recueillement pour Chirac
PARIS (AFP) - Hommage au général de Gaulle, messe à Notre-Dame et inauguration de l'esplanade Jacques Chaban-Delmas: Jacques Chirac a poursuivi jeudi les commémorations de la Libération de Paris, placées sous le signe du souvenir, du recueillement et de la fidélité aux valeurs de la Résistance.
La veille, le président de la République avait participé, à l'invitation du maire socialiste de la capitale Bertrand Delanoë, aux cérémonies du 60e anniversaire de la Libération de Paris, le 25 août 1944.
Jeudi, le chef de l'Etat a commencé la journée par "un hommage personnel" au général de Gaulle dont il a fleuri la statue sur les Champs-Elysées, en compagnie du fils, l'amiral Philippe de Gaulle, et du gendre du chef de la France libre, le général Alain de Boissieu, chancelier de l'ordre de la Libération.
Jacques Chirac a ensuite rejoint Notre-Dame de Paris pour une cérémonie interreligieuse sur le parvis de la Cathédrale, suivie d'une messe concélébrée par Mgr Jean-Marie Lustiger, cardinal-archevêque de Paris, les archevêques de Washington, Westminster et Berlin et un représentant de l'archevêque d'Ottawa.
Au cours de la cérémonie interreligieuse en hommage aux combattants de la 2e DB (Division blindée) morts pour la France, les représentants des confessions (catholique, réformée, juive, musulmane) auxquelles appartenaient ces soldats, ont prié pour la paix.
"Eloigne de nous les maux de la violence, de l'intolérance et de la haine", a dit Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, dans sa prière. "Conduis-nous vers la désescalade des peurs, des menaces, du surarmement", a déclaré le pasteur Jean-Charles Tenreiro, président de l'Eglise réformée d'Ile-de-France.
Le grand rabbin de Paris David Messas a remercié les pouvoirs publics pour "leurs efforts pour que germent dans notre pays les ferments de la paix".
Lorsque le président de la République est entré dans la cathédrale, les Choeurs ont chanté le "Magnificat". Ce cantique avait retenti dans la cathédrale le 26 août 1944, lorsque le général de Gaulle, accompagné du général Leclerc et des chefs de la Résistance française, y avait pénétré après avoir descendu triomphalement les Champs-Elysées.
Dans l'après-midi, Jacques Chirac a participé à l'inauguration d'une "esplanade Jacques Chaban-Delmas", sur le terre-plein central de l'avenue de Breteuil, dans le VIIe arrondissement de la capitale. La présence du chef de l'Etat à cette cérémonie n'avait été annoncée que la veille.
Devant un parterre où cohabitaient élus de droite et de gauche, ministres et l'acteur Alain Delon, le président a rendu un hommage appuyé à l'ancien Premier ministre, "homme d'engagement et d'honneur" dont "le combat est plus que jamais d'actualité".
A la présidentielle de 1974, Jacques Chirac avait soutenu Valéry Giscard d'Estaing contre Jacques Chaban-Delmas, pourtant issu comme lui des rangs gaullistes.
"Jacques Chaban-Delmas a su dépasser en permanence les clivages et les idéologies partisanes", a déclaré Jacques Chirac. Le chef de l'Etat a également fait valoir "à quel point le message" du promoteur de "la Nouvelle société" "est vivant", notamment dans son "goût du partage" et "cette passion de l'unité". "Car la France n'est elle-même que rassemblée face à l'avenir", a-t-il dit.
Bertrand Delanoë a pour sa part salué "la fidélité" de Jacques Chaban-Delmas à ses amitiés et à ses convictions.
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(16 novembre 2004) Laïcité : l'abbé enlève sa soutane
Fin du suspens au lycée Dumont-d'Urville de Toulon. L'abbé a accepté d'abandonner sa soutane "pour ne pas susciter d'émotion inutile". Début octobre, l'aumônerie avait en effet du suspendre son activité après les protestations d'enseignants et de parents d'élèves contre ce signe religieux ostensible.
Cette suspension avait été décidée un mois après la rentrée et l'application de la loi sur la laïcité. Le proviseur du lycée avait alors justifié sa décision par le fait que le conseil d'administration du lycée ne s'était jamais prononcé sur le fonctionnement de cette aumônerie, présente dans ce lycée public depuis 1952
La semaine dernière, le ministre de l'Education nationale François Fillon avait rappelé que la loi sur les signes religieux à l'école ne devait pas s'appliquer aux "adultes qui ne font pas partie de la communauté éducative", tels que les parents d'élèves et les aumôniers. Il avait ainsi rendu définitivement inopérantes les protestations des enseignants et parents d'élèves de Dumont-d'Urville. Mais de son côté, l'évêché avait fait savoir qu'il n'y avait aucun problème pour accéder aux demandes d'une "tenue plus discrète".
A l'issue d'une réunion lundi entre le proviseur du lycée toulonnais et l'abbé, ce dernier a indiqué qu'il viendrait
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M. de Villepin veut créer une fondation pour gérer le financement des mosquées
À L'ISSUE d'une rencontre avec les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM), mardi 16 novembre (2004), le ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin, a annoncé son intention de créer une « fondation pour les oeuvres de l'islam », un système s'inscrivant « dans le cadre de la loi de 1905 ». Dominique de Villepin prend ainsi le contre-pied de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, qui suggère dans son livre intitulé La République, les religions, l'espérance (Cerf), de modifier la loi de 1905 afin de permettre le financement des mosquées sur fonds publics.
La fondation est une structure juridique dont le conseil d'administration est composé de représentants d'associations et de représentants de l'administration, à travers les ministères concernés. Elle pourrait recevoir des fonds étrangers, y compris saoudiens, mais gérés « avec transparence et traçabilité », fait-on valoir au ministère.
M. de Villepin veut également « reprendre les travaux pour s'attacher à la recherche de solutions aux problèmes de fond, en particulier la question de la formation des imams ». Le ministre a d'abord reçu cinq présidents de conseils régionaux du culte musulman (CRCM), dont Kamel Kabtane, président du CRCM Rhône-Alpes.
Celui-ci se plaignait, depuis plus d'un mois, que les représentants régionaux étaient cantonnés au rôle de « spectateurs » par le ministère, au profit de la « bande des quatre », à savoir les quatre grandes fédérations qui font partie du Conseil français du culte musulman (CFCM) : la Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) et le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF).
CÉLÉBRER LA PAIX RETROUVÉE
« Le ministre n'a pas répondu à nos questions », a jugé M. Kabtane, à l'issue de la rencontre. Le recteur de la Mosquée de Lyon ne cache pas son scepticisme sur la fondation : « On nous reprochait de recevoir de l'argent de l'étranger. Maintenant, on le légitime. Est-ce que l'argent venu d'Algérie, touché par la Mosquée de Paris, sera pris en compte ? », interroge-t-il. En fin de matinée, le ministre a reçu les représentants des quatre fédérations. L'objectif était de célébrer la paix retrouvée, après les turbulences qui secouent l'instance représentative du culte musulman depuis deux mois.
La crise du CFCM a été ouverte le 15 septembre, quand la Mosquée de Paris, contrôlée par l'Algérie, a annoncé qu'elle renonçait à participer aux élections destinées à renouveler le CFCM et les CRCM, qui doivent avoir lieu, en principe, en avril 2005. Dalil Boubakeur - coutumier de l'exercice - a opéré un revirement en annonçant, vendredi 12 novembre, que sa fédération souhaitait finalement « participer aux élections conformément au calendrier électoral qui a été prévu ».
Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, qui réclamait encore, le 11 novembre, des « excuses publiques » de la part de M. Boubakeur, qui l'avait qualifié d' « intégriste », a scellé l'unité retrouvée autour d'un déjeuner avec le recteur de la Mosquée de Paris, lundi 15 novembre.
M. de Villepin a souligné « la nécessité de maintenir le calendrier électoral prévu ». Il a indiqué qu'il recevrait tous les présidents des CRCM au début de l'année 2005. Le bureau du CFCM doit se réunir jeudi 18 novembre pour « préciser le calendrier et définir les perspectives électorales du printemps 2005 », s'est réjoui M. de Villepin.
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FOUAD ALAOUI, secrétaire général de l'UOIF :
« Nous ne comprenons pas pourquoi l'islam devrait se doter d'une fondation »
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.12.04
Le ministre de l'intérieur a proposé, le 7 décembre, de mettre en place une fondation pour financer l'islam de France. Qu'en pensez-vous ?
L'Union des organisations islamiques de France (UOIF) n'y participera pas ?
Il existe bien une fondation du protestantisme.
Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy, qui consiste à modifier la loi de 1905 pour permettre le financement des mosquées sur fonds publics ?
Certains prêtent à l'UOIF l'objectif de monopoliser les fonds étrangers à son profit. Qu'en est-il ?
Combien l'UOIF a-t-elle collecté cette année dans le Golfe ?
L'UOIF ne risque-t-elle pas de nuire à la fondation, en freinant les donateurs étrangers ?
En échange, vous leur demandez d'adhérer à l'UOIF ?
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Créteil veut bâtir une cathédrale aux musulmans
C'est un beau monument, blanc, moderne, vaste (2 200 m2), doté d'un sculptural minaret et d'un dôme, à quelques mètres d'un lac. Si la mosquée de Créteil voit le jour, elle vaudra la visite. «C'est un vrai projet architectural qui va embellir le cadre urbain», affirme Laurent Cathala, maire PS de la commune. «Nous avons fait appel à trois cabinets d'architectes, raconte Karim Benaïssa, président de l'Union des associations musulmanes de Créteil, porteuse du projet. Et le projet que nous avons retenu a fait l'unanimité de l'équipe municipale, des musulmans, des cristoliens...»
Dans ce concert, quelques voix discordantes se sont toutefois fait entendre. A Créteil comme ailleurs, le projet de construction d'une mosquée fait polémique. Parmi les habituels opposants, les riverains, qui craignent une «dépréciation de leur patrimoine». Et pronostiquent qu'un tel monument va drainer des musulmans de toute la région parisienne, occasionnant des difficultés de circulation et de stationnement. L'édifice comprend un hammam et un salon de thé et devrait également attirer des visiteurs non musulmans. L'opposition municipale, elle, est d'accord avec le projet mais l'aurait plutôt vu ailleurs. Dans un endroit moins résidentiel : «Sur la ZAC (Zone d'aménagement concerté, ndlr) de la Pointe du Lac», s'indigne Benaïssa.
Officiellement, les autres religions sont très favorables à cette construction. Dans le journal municipal, catholiques et juifs saluent le projet. En réalité, la qualité de la réalisation susciterait des jalousies. «Les catholiques me disent : "On a construit la cathédrale il y a trente ans, à une époque où il fallait que les édifices se fondent dans le paysage architectural urbain. Aujourd'hui, elle est trop modeste par rapport à la future mosquée", rigole Laurent Cathala. Les juifs me disent : "M. le Maire, la mosquée va être plus belle que la synagogue."»
Pour que ce projet voie le jour, la municipalité n'a pas ménagé ses efforts (lire ci-contre). Mais les musulmans non plus. «Le terrain appartenait au conseil général, nous l'avons sollicité pour qu'il le cède à la ville pour un euro symbolique», raconte Karim Benaïssa. Celle-ci le mettra gratuitement à la disposition des musulmans sous forme de bail emphytéotique. «Depuis bientôt deux ans, nous avons organisé des collectes sur les marchés, partout... continue Karim Benaïssa. Et nous avons réussi à collecter un million d'euros, dont plus de 200 000 pendant le mois de Ramadan.» Le coût total du projet est estimé à 4 millions d'euros, la mairie en apporte un, manque... deux. «C'est beaucoup, reconnaît le responsable musulman, mais maintenant que les gens voient les choses se concrétiser, ils vont peut-être continuer à donner.» En dernier recours, continue-t-il, «on fera appel aux banques» ou «on reverra le projet à la baisse».
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Le maire PS veut assouplir la loi de 1905
«Je souhaite un assouplissement limité dans le temps de la loi de 1905 (qui interdit tout financement public des cultes, ndlr). Pendant dix ans, et seulement pour le culte musulman.
Le président de la République dit que la loi de 1905 permet de répondre aux besoins de la communauté musulmane. François Hollande a déclaré la même chose. J'espère pouvoir démontrer, avec ce projet, que la loi de 1905 n'est pas adaptée.
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Saint Sarkozy, bienfaiteur des religions :
Le ministre sort un livre où il s'affirme catholique et prône une révision de la loi de 1905.
Les religions n'ont pas la place qu'elles méritent dans la société française. Tel est le leitmotiv de Nicolas Sarkozy dans son ouvrage la République, les religions, l'espérance (Ed. du Cerf) à paraître vendredi. Le ministre de l'Economie tire cette certitude de son expérience de ministre de l'Intérieur, mais également d'homme «de culture catholique, de tradition catholique, de confession catholique».
Sur la place de la religion
Nicolas Sarkozy se présente comme un homme de foi, mais séparant strictement sa vie privée et publique. S'il affirme avoir «pensé à Dieu» et peut-être même prié lors de la prise d'otages dans une école maternelle de Neuilly, ville dont il était maire ; s'il dit essayer «d'être chrétien dans [sa] vie personnelle et familiale», il précise que «dans [ses] fonctions de ministre, cela n'entre pas en ligne de compte». Plus largement, le ministre croit «au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale». Il oppose d'ailleurs les jeunes qui ont la foi à ceux qui pratiquent un «agnosticisme désespéré». Pour lui, les religions ont une importance spécifique pour l'équilibre de notre société, dans les banlieues évidemment, mais également en Corse, où les églises sont «les derniers lieux où l'on se rassemble sans distinction des opinions».
Sur la laïcité
A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy lance des coups de griffes aux «laïcards» et à ceux qui ont «une vision sectaire de la laïcité». Pour lui, «la laïcité respecte et même défend le droit inaliénable de chacun à pratiquer sa religion», «celui qui pratique n'a pas à s'en excuser et la République doit même veiller à ce qu'il puisse le faire dans de bonnes conditions». Pour autant, il n'est pas question de laisser les religions prôner n'importe quoi. «En contrepartie de la reconnaissance» (que leur garantit la loi de 1905, ndlr), l'Etat doit «faire preuve d'une intolérance résolue envers toutes les attitudes qui violent les règles de la République sous couvert de prétexte religieux».
Sur l'enseignement
Jugeant l'enseignement du fait religieux, tel que présenté par le rapport Debray, trop «neutre», Sarkozy préconise que les points de convergence entre les religions soient exposés : croyance en un dieu unique, en un au-delà...
Sur l'islam et les musulmans
Nicolas Sarkozy se pose en pourfendeur des idées reçues. Non, «il n'y a pas de "complot" musulman contre la République», même s'il y a «des extrémistes qui (...) cherchent à radicaliser des jeunes sans repères et sans équilibre». Non, l'islam n'est pas incompatible avec la république. Non, le port du voile islamique en France n'est pas nécessairement le signe de l'attachement à un islam radical, mais «essentiellement un réflexe identitaire». Le ministre revient sur les efforts qu'il a déployés pour aider les musulmans à se doter d'une instance représentative. Et plus particulièrement sur le choix qu'il a fait d'accorder une place à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans) au sein de cette instance. «L'UOIF représente une partie de la jeunesse musulmane française, explique-t-il. Compte tenu de cette réalité, qui aurait pu comprendre que l'UOIF ne soit pas membre du CFCM ?» Ajoutant : «Je suis par ailleurs convaincu que lorsqu'un "radical "est intégré dans une structure officielle, il perd de sa radicalité car il devient partie prenante du dialogue.»
Sur la loi de 1905
Sur le mode provocateur qu'il affectionne, Sarkozy fait semblant de s'indigner : «On trouve naturel que l'Etat finance un terrain de football, une bibliothèque, un théâtre, une crèche ; mais à partir du moment où les besoins sont cultuels, l'Etat ne devrait plus engager un centime !» Pour lui, la question du financement public des religions doit être étudiée, et pas seulement pour les musulmans : «A mon sens, il est temps de poser la question du financement national des grandes religions et celle de la formation "nationale républicaine" des ministres du culte. A cet effet, je suis partisan de compléments à la loi de 1905, sans en modifier pour autant la structure profonde» (lire ci-contre).
L'ouvrage de Nicolas Sarkozy laisse sceptique sur deux points. D'abord, il limite son exposé aux trois grandes religions du Livre, ignorant notamment les bouddhistes. Ensuite, il parle des «5 millions de musulmans», catégorie dans laquelle tous les Français issus de l'immigration ne se reconnaîtront pas forcément.
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(Avril 2005) Le drapeau ou le goupillon
Alors que certains verts ou socialistes s'offusquent de ce qu'ils considèrent comme une atteinte au principe de laïcité, le ministre de l'Intérieur demande aux préfets d'assister aux messes en mémoire de Jean Paul II.
C'est Christophe Girard, «chrétien, catholique baptisé» et adjoint vert au maire de Paris qui, le premier, a pointé l'accroc au principe de laïcité constitué par la mise en berne des drapeaux pour la mort de Jean Paul II.
Appel à la désobéissance
Lundi matin, un autre Vert, Yves Contassot, adjoint à l'Environnement à Paris, a lancé: «Que le chef de l'Etat engage l'ensemble de la communauté française, tous les Français, quelle que soit leur religion, il y a manifestement un abus de pouvoir de sa part.»
«Laïcité à géométrie variable»
Les politiques ne sont pas les seuls à monter au créneau. La FSU (première organisation de l'enseignement) s'est élevée contre «une pratique contraire aux principes de la laïcité». «Alors qu'il y a un an à peine était promulguée une loi sur les signes religieux à l'école, de telles pratiques conduisent à donner le signe que les principes de laïcité peuvent être à géométrie variable», a-t-elle déclaré. Déjà, la deuxième fédération de l'enseignement, l'Unsa-Education avait protesté lundi matin pour les mêmes raisons et avec les mêmes arguments. L'Union des familles laïques (UFAL) va plus loin: en plus de dénoncer la mise en berne des drapeaux, l'organisation regrette que la chaîne publique France 2 soit devenue «un outil de propagande» du pape Jean Paul II. Quant à la Ligue des droits de l'Homme, elle juge «excessive» et «déplacée» la décision de mettre les drapeaux en berne.
Les préfets à la messe!
Lundi matin, Matignon a justifié ce choix en expliquant qu'il s'agissait d'un «chef d'Etat» et que les drapeaux seraient de nouveau baissés le jour de ses obsèques. «La tradition républicaine s'applique aux chefs d'Etat en fonction avec lesquels la France entretient des relations privilégiées. Cette décision est aussi conforme a ce qui a été observé pour les précédents papes.» Et le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé de regretter «cette polémique qui n'a pas lieu d'être». Mais qui risque d'être relancée par un télégramme envoyé par le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin à tous les préfets pour les inciter à assister aux messes célébrées par les évêques à la mémoire du pape !
Lundi matin, l'UMP Paris en a même rajouté une couche en souhaitant qu'un site prestigieux de la capitale soit baptisé au nom du pape défunt. Le groupe en fera la demande lors de la prochaine séance du Conseil de Paris le 17 avril, a précisé son président, Claude Goasguen, élu du très bien-pensant XVIe arrondissement.
Le PS, ou du moins sa porte-parole Annick Lepetit, aura tout de même volé au secours du gouvernement en déclarant que «compte tenu de la grande popularité de ce pape et par respect pour les millions de catholiques qui sont aujourd'hui en deuil, je ne pense pas que l'heure soit à la polémique».
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AVOCAT à Paris, Jean-Michel Quillardet est, depuis septembre 2005, le Grand Maître du Grand Orient de France (GODF). Avec 47.000 membres, c'est la première obédience maçonnique.
Y a-t-il chez les « frères » une tentation Bayrou, malgré ses origines démocrates-chrétiennes?
Considérez-vous que le danger Le Pen est aujourd'hui sous-estimé?
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interview
«Le concept de "laïcité positive" ouvre une brèche dans le pacte républicain»
Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France.
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20 minutes http://www.20minutes.fr/article/219731/France-Sarkozy-et-Chirac-cote-a-cote-pour-l-hommage-aux-Invalides-au-dernier-poilu.php
Sarkozy et Chirac côte à côte pour l'hommage aux Invalides au dernier poilu
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Les nouvelles tactiques
des sectes
C.J (lefigaro.fr) avec AFP et France Info
03/04/2008 | Mise à jour : 11:49 |
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Septembre 2008 : Visite de Benoît XVI en France : Le Pape approuve la conception de la laïcite dite positive de N.S. ; deux ministres, avec l'archevêque de Paris, à la mosquée d'Evry pour l'iftar, la rupture du jeûne du ramadan.
Juillet 2008 : Conseil d'Etat, arrêt du 27 juin 2008 n°286798, refus de la nationalité française à une femme portant la burqua ; approbation du gouvernement, et de l'opposition socialiste
Avril 2008 : La Miviludes publie jeudi son 5e rapport annuel sur les sectes et les dérives sectaires
Mars 2008 : Paris, Invalides, obsèques nationales du dernier poilu : Le Président de la République Française laïque fait le signe de croix, ostensiblement et à plusieurs reprises, lors de la cérémonie religieuse dans l'église Saint-Louis des Invalides
Janvier/Février 2008 : Laïcité positive ? Le G.O. mobilise
Mars 2007 : Présidentielle. Le Grand Orient de France défend toujours la République laïque, élitiste et méritocratique
Avril 2005 : Mort du Pape, laïcité et drapeau en berne
Décembre 2004 : Dominique Galouzeau de Villepin propose la création d'une fondation pour financer l'Islam, sans modifier la loi de 1905.
Les islamistes protestent.
Novembre 2004 : Nicolas Sarkosy veut modifier la loi de 1905 pour faire financer la construction des mosquées par l'Etat républicain.
Il est approuvé par le maire de Créteil (P.S.), qui cherche des fonds pour construire une mosquée de 2200 m2 au centre de la ville.
16 novembre 2004 : L'aumonier enlève sa soutane
26 août 2004 : Le président Jacques Chirac célèbre le soixantième anniverssaire de la Libération de Paris à Notre-Dame, sous la direction du cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger
17 mars 2004 : La loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 est publiée au J.O. n° 65 du 17 mars 2004
03 mars 2004 : Le sénat vote la loi (340 pour, 19 contre, 20 abstentions)
14 février 2004 : L'ultra gauche soutient les islamistes contre le projet de loi voté par l'assemblée nationale le 10 février 2004.
10 février. L'Assemblée nationale adopte en première lecture, mardi 10 février, par 494 voix pour 36 contre et 31 abstentions, le projet de loi "encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics". Selon l'article 1 : "Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le réglement intérieur rapelle que la mise en oeuvre d'une procédure disciplinaire est précédée d'un dialogue avec l'élève."
A Londres, Ken le Rouge hurle, avec les communautaristes
26 janvier. Pour le voile, et pour la discrimination positive
17 janvier. Manifestations ostentatoires des islamistes contre la laïcité
Décembre 2003
30 décembre. Le cheikh de la Mosquée d'Al Azhar soutient la France
23 décembre. Les islamistes attaquent la France laïque
21 décembre 2003. Le cardinal archevêque de Lyon prend-il la défense du cléricalisme islamique ?
18 décembre 2003. Les Etats-Unis sont "préoccupés" par la laïcité française ...
17 décembre 2003. Le Président de la République française se prononce en faveur d'une loi et contre de nouveaux jours fériés
16 décembre 2003. Ségolène Royal favorable à un jour férié juif et un jour férié musulman
16 décembre 2003. Des organisations et personnalités hostiles à une loi interdisant les signes "ostensibles" dans l'Educ. Nat.
Une analyse du sociologue Pierre Birnbaum
Le rapport Stasi contre les "signes ostensibles" ... et pour deux jours fériés religieux, un juif et un musulman ....
Novembre 2003
Le voile au palais de justice
Les évêques catholiques contre une loi interdisant le prosélytisme idéologique ?
François Bayrou, le grand admirateur d'Henri IV, les soutient (Europe 1, dimanche 16 novembre 2003)
Le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, est du même avis ...
Le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, également : "La kippa n'est pas un signe prosélytique"
Suspendue, la fonctionnaire se bat pour son voile
Le CRCM, saisi, s'insurge contre le jugement administratif.
Le tribunal administratif, saisi après la première suspension, a donné raison à l'administration (Lyon, 11 juillet 2003). D'après lui, le port du voile est «de nature à instiller», auprès des collègues et des usagers que rencontre Nadjet, «un doute quant à la neutralité de l'intéressée, mais également sur son loyalisme envers les institutions». «La lecture de ce jugement nous pose un vrai problème», murmure Nazir Hakim, trésorier national de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et membre du CRCM en Rhône-Alpes. «J'ai beau chercher, je ne trouve pas dans les attendus quelles sont les valeurs dangereuses attribuées au voile. C'est l'islam dans son ensemble qui se trouve suspecté. Pour notre part, nous ne demandons qu'une stricte et juste application de la loi.» Nadjet ben Abdallah, présente hier matin lors d'un point presse organisé par le conseil, ajoute sur le même thème : «En temps que contrôleur du travail, je demande une application égalitaire, telle que je la pratique avec les usagers, quelles que soient leur couleur de peau, leur race ou leur religion.»
Selon son avocat, Gilles Devers, la fonctionnaire disposait d'un très bon dossier, jusqu'à ce qu'elle porte le voile. Une fiche de notation résume sa situation depuis. Un de ses supérieurs, pour juger son «sens du service public», a choisi de cocher deux cases: «Excellent» et «Très mauvais». Une croix pour la fonctionnaire, une autre pour la musulmane.
Kippa.
L'avocat de Nadjet ben Abdallah compte à présent attaquer la suspension d'un an devant le tribunal administratif. «Avec un suspense modéré», vu le premier jugement. Ce dernier sera porté devant la cour administrative d'appel, où le débat s'annonce intéressant. «Le jugement de première instance, s'indigne l'avocat, insinue que, pour un musulman, le Coran serait supérieur à la loi française.» Dans le dossier de sa cliente, il a glissé l'attestation d'un collègue de Nadjet. L'homme porte régulièrement la kippa au travail, depuis plus de trente ans. «Notre problème, précise l'avocat, n'est bien sûr pas de demander aux juifs d'enlever leur kippa. Mais de lutter contre ce qui s'apparente à une discrimination.»
Le CRCM a décidé de son côté de saisir le conseil national. Le débat qui ne fait que commencer aura valeur de sérieux test pour l'instance représentative. Pour Kamel Kabtane, président en Rhône-Alpes (1), «il faut trouver la voie médiane pour ne transgresser ni la loi française, ni celle du Coran».
(1) Kamel Kabtane, proche de la Mosquée de Paris, a été élu président bien que minoritaire, par un jeu d'alliance avec l'UOIF.
Libération,
Par Olivier BERTRAND,
mardi 29 juillet 2003, p. 13
LE MONDE | 24.10.03 | 16h36, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.10.03
Ainsi les obsèques officielles du président François Mitterrand ont été célébrées à Notre-Dame le 11 janvier 1996 en présence de plus de soixante chefs d’Etat et de gouvernement, chrétiens et non chrétiens, y compris le dictateur communiste Fidel Castro (qui aurait couvert un trafic international de drogue depuis 1980 au moins) et le musulman Yasser Arafat.
A cette occasion le cardinal Jean-Marie Aaron Lustiger, archevêque de Paris, juif converti par sa famille adoptive catholique, a parlé de " communion des saints "...
Xavier Ternisien, LE MONDE | 06.11.03 | 13h37
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.11.03
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Joseph Sitruk a par ailleurs souligné auprès du Premier ministre que la communauté juive était "organisée" depuis près de deux siècles, avec notamment une école rabbinique "qui forme des rabbins à la française, pas seulement de culture française mais de mentalité française". Un exemple à prendre en compte, selon lui, dans le cadre de la formation des imams français.
Lors de la constitution du jury, dans la matinée, cette personne avait prêté serment tête nue. Le procès d'assises à Bobigny, où comparaît un homme accusé de tentative d'homicide de deux policiers, pouvait alors débuter mais la femme qui avait été tirée au sort s'est recouvert la tête d'un voile islamique.
Informé de l'incident alors qu'il se trouvait en visite en Espagne, le ministre de la justice Dominique Perben a aussitôt demandé au parquet de requérir le remplacement de ce juré par un autre, a indiqué son entourage.
A l'issue d'une suspension qui a duré jusqu'à 15H00, le président de la cour, Jean-Pierre Guetti, a ordonné le remplacement de l'intéressée en se fondant notamment sur "l'article 6 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, l'article 2 de la Constitution et l'article 304 du code de procédure pénale", indique-t-on de même source.
Selon la Chancellerie, le fait de porter le voile porte "atteinte au principe constitutionnel de laïcité et est contraire aux principes d'impartialité et d'indépendance consacrés par le code de procédure pénale, code que doit respecter tout citoyen participant au service public de la justice, notamment dans le cadre d'un jury d'assises".
AFP | 24.11.03 | 18h34
LAÏCITÉ Ni ostentatoire ni visible : les sages ont opté pour une formulation de compromis pour lutter contre le prosélytisme religieux à l'école publique
Une centaine de pages pour proposer une définition actuelle, positive et lisible de cette laïcité qui fonde le vivre ensemble en France : la commission Stasi remet ce matin au président de la République son rapport tant attendu sur «l'application du principe de laïcité dans la République».
lefigaro.fr, Cécilia Gabizon
[11 décembre 2003]
Quand on lit de près le rapport, on est frappé par deux choses. D'abord, la réaffirmation des grands principes propres à l'exceptionnalisme français. La réitération d'une vision forte de la citoyenneté, tournée vers l'espace public, et qui dépasse les appartenances communautaires, confessionnelles et ethniques. Non seulement on prend le parti de les ignorer, mais on cherche à limiter leur influence en libérant les individus. Cette phrase du rapport qui dit qu'«aucun groupe, aucune communauté ne peut imposer à quiconque une appartenance ou une identité confessionnelle» est très belle.
Mais on est également frappé par une autre phrase qui n'est pas forcément explicite pour tout le monde. Elle dit que «l'Etat ne saurait recouvrir d'un "voile d'ignorance" le fait spirituel ou religieux». Cette expression est directement tirée d'un ouvrage de John Rawls, philosophe américain contemporain, intitulé Théorie de la justice. Pour lui, il faut mettre un voile d'ignorance sur les appartenances pour pouvoir construire une justice neutre, éthiquement valable pour tous. Rawls défend une conception très hostile au multiculturalisme. Or d'autres auteurs, comme Charles Taylor, se sont élevés contre cette théorie universaliste, affirmant que l'Etat, l'espace public, ne peuvent être coupés des traditions, qu'ils doivent être, au contraire, à l'écoute du culturel, du religieux.
Bizarrement, la commission Stasi reprend la métaphore inventée par John Rawls pour en inverser la signification. Après avoir réaffirmé la tradition de l'espace public à la française, elle écrit que «l'Etat ne saurait recouvrir d'un "voile d'ignorance" le fait spirituel ou religieux». C'est aller au-delà de la stricte séparation entre espace public et espace privé, qui n'a été, dans les faits, depuis le XIXe siècle, jamais véritablement respectée. Ce glissement de la commission témoigne de son ambition de rendre compatibles des principes contradictoires.
Va-t-on vers une remise en question de la laïcité ?
Non, mais on va vers une tension : comment maintenir les grands principes propres à l'exceptionnalisme français tout en reconnaissant un certain culturalisme dans l'espace public ? C'est extrêmement difficile. Peut-être les mesures proposées vont-elles permettre de faire se rencontrer ces traditions contradictoires ?
D'un côté, on réaffirme l'éloignement du religieux à travers le maintien de la jurisprudence du Conseil d'Etat. La commission Stasi préserve les règles fondamentales du droit public, et met l'accent à plusieurs reprises sur la stricte neutralité qui s'impose à tous les agents du service public, neutralité contrôlée par les tribunaux qui prennent soin de vérifier l'«impartialité» de ces agents. Dans ce sens, la tradition française est réaffirmée à l'encontre d'une tradition anglo-saxonne qui semblait devenir influente, et qui prend davantage en compte les qualités personnelles des agents.
D'un autre côté, on est simplement passé de l'ostentatoire à l'ostensible. Et, dans la vie de tous les jours, les problèmes vont demeurer. Cependant, cette difficulté de juger de l'ostensible et de l'ostentatoire est ancienne, et propre à la société française, puisque la question s'était déjà posée en 1789. Lorsqu'on a voté la Déclaration des droits de l'homme qui édicte que nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public, il y a eu un grand débat. Certains ne voulaient pas de la seconde partie de la phrase. On souhaitait à la fois affirmer le principe de la liberté d'opinion et en même temps fixer une limitation. A l'époque, comme aujourd'hui, la question était : qui constate le trouble, et comment l'évaluer ? Et c'est cette question qui permet, au fond, tous les errements. On peut porter atteinte très facilement aux principes en donnant un sens trop large au trouble.
D'un autre côté, la mission Stasi offre la possibilité aux citoyens de confession musulmane ou juive de se reconnaître davantage dans la République, d'y trouver un «domicile symbolique» à travers ces grandes fêtes qui s'imposeraient à l'ensemble de la société. Une fête reconnue par tous, qui s'impose à tous, qui ne stigmatise plus personne puisque les enfants ne seraient plus obligés de se démarquer des autres élèves en se signalant comme musulman ou juif. Cette reconnaissance symbolique donnerait à chacun le sentiment d'une prise en compte légitime par l'espace public.
Ce que propose la commission Stasi peut-il éviter un choc des civilisations ?
C'est une inflexion très sensible qui marque aussi les limites extrêmes d'une logique au-delà de laquelle l'histoire redeviendrait incertaine et tragique.
Libération, Par Catherine COROLLER, samedi 13 décembre 2003, p. 5
A l'école et dans les sociétés, chômer l'aïd ou Kippour est déjà une réalité.
Libération, Par Marie-Joëlle GROS et Hervé NATHAN, samedi 13 décembre 2003, p. 2
Musulmans, féministes, enseignants appellent à ne pas légiférer.
Du côté de la communauté musulmane se sont ainsi exprimés les Jeunes Musulmans de France (JMF). Pour cette émanation de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans), une loi contre le voile serait synonyme de l'«intrusion» de l'Etat «dans la vie spirituelle des Français». Le Conseil des imams de France estime, lui, que le voile est «une obligation divine conforme à la nature humaine», et que «la femme doit avoir toute sa liberté et sa responsabilité de s'y conformer ou non».
Quant au Collectif des musulmans de France (CMF), proche de l'intellectuel Tariq Ramadan, il estime qu'une telle loi «ne serait qu'une loi d'exception, de diversion et de régression».
Egalement mobilisées, des féministes, auteures d'une «pétition contre une loi d'exclusion», qui a déjà recueilli «plus de 400 signatures» dont celles de Françoise Gaspard (sociologue et ancienne maire PS de Dreux), Madeleine Rébérioux (historienne) et Dounia Bouzar, sociologue et membre (non voilée) du Conseil français du culte musulman.
«Il n'est pas opportun de proposer une nouvelle loi telle qu'elle est actuellement mise en avant», préviennent également neuf organisations dont trois fédérations de l'enseignement (Ferc-CGT, FSU et Sgen-CFDT), l'association de parents d'élèves FCPE, le syndicat lycéen UNL, l'association Education et devenir, la Ligue de l'enseignement, la Ligue des droits de l'homme et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).
Et son diagnostic est beaucoup moins sombre que celui de la commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République présidée par Bernard Stasi. Pour elle, l'intégration est un succès, et «il serait contre-productif de grossir des phénomènes politico-religieux marginaux que certains cherchent à exploiter alors que la situation d'ensemble autorise un certain optimisme».
Dans ces conditions, faut-il légiférer ? «Les raisons de formuler dans une loi ce qui serait une réaffirmation de la règle existent.» Mais un tel texte «paraîtrait s'adresser à une minorité d'usagers et de citoyens qui pourraient l'interpréter comme un acte d'incompréhension ou de rejet». Plutôt que d'interdire, mieux vaudrait donc «faire comprendre aux usagers de l'école» ce qu'est la laïcité. Mais ceci sous-entend «un effort considérable de formation et d'explication». Formation des maîtres et des élèves à la laïcité, au fait religieux, voire à l'histoire coloniale.
Libération, Par Catherine COROLLER, mercredi 17 décembre 2003, p. 3
Ségolène Royal. Non, il fallait absolument une nouvelle loi. La circulaire actuelle, qui prévoit l'interdiction des signes ostentatoires à l'école, a montré ses limites. Car aujourd'hui, chaque fois qu'une famille d'une jeune fille voilée attaque un établissement scolaire devant les tribunaux, elle gagne. La justice estimant que, pour condamner, il faut que soit prouvée l'intention de propagande volontaire. Désormais, si j'ai bien compris l'esprit de la loi, ce sont les signes visibles qui seront prohibés. La règle est claire, elle doit s'appliquer à tous.
Oui, car ce sont des fêtes familiales. Cette proposition fait partie de l'équilibre du rapport Stasi. En raison de la tradition culturelle française, les congés scolaires sont calés sur des fêtes religieuses chrétiennes, mais l'idée d'ouvrir une fenêtre sur d'autres cultures ne me choque pas. J'ajoute que, dans bien des écoles, il y a déjà un absentéisme record le jour de l'Aïd et de Kippour. Je souhaite donc que Jacques Chirac retienne cette proposition en se souvenant du 21 avril. Parfois, les responsables politiques doivent avoir le courage de prendre des décisions impopulaires.
Il faut faire preuve de fermeté. Il est de l'intérêt des musulmans modérés que la République ne se laisse pas déborder par des intégristes qui testent ses capacités de réaction. Le voile est un moyen pour les radicaux d'imposer leur mode de vie. On doit savoir dire stop. Dans un souci de tolérance, on a peut-être trop toléré dans le passé. Cela dit, il est clair qu'on doit développer parallèlement des mesures d'intégration pour une communauté qui se sent quelquefois marginalisée dans notre pays.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel, Le Parisien, mercredi 17 décembre 2003, p. 2
1. A l'école, au collège, au lycée, les tenues
ou signes manifestant « ostensiblement » une appartenance religieuse (voile, kippa, grande croix)
seront proscrits : une loi y veillera.
2. A l'hôpital, rien ne justifie qu'un patient refuse
de se faire soigner « par un médecin de l'autre sexe » : une autre loi y veillera.
3. Tous les
fonctionnaires se verront remettre un « Code de la laïcité », leur rappelant les exigences de
la neutralité.
4. L'égalité professionnelle entre hommes et femmes devient « la nouvelle frontière
de la parité ». Le chef de l'Etat souligne que « la mixité, c'est la règle » (« parce qu'elle
rassemble »). Et il martèle : « Le degré de civilisation d'une société se mesure d'abord à la
place qu'y occupent les femmes. »
5. La suggestion-surprise de la commission Stasi - créer deux
jours fériés supplémentaires pour les fêtes religieuses juive et musulmane - a été, elle, écartée
: trop lourd, trop compliqué. Mais le président indique, comme c'est d'ailleurs déjà souvent
le cas, que les élèves qui demanderaient à pouvoir s'absenter ce jour-là y seront évidemment
autorisés. Et aucun examen ne sera organisé le jour de Kippour ou celui de l'Aïd-el-Kébir. Et
puis Jean-Pierre Raffarin va installer auprès de lui un « observatoire de la laïcité ». Sa mission
: « alerter » à la fois « les Français et les pouvoirs publics » sur toute « dérive ».
Il invite donc les Français de toutes origines et de toutes religions à se regrouper derrière
cet « héritage ». Sa phrase clé : « Dans notre République, chacun est respecté dans ses différences
parce que chacun respecte la loi commune. »
Et le président de rappeler à tous de quoi est faite
la France : « Diversité des croyances dans cette vieille terre de chrétienté où s'est aussi
enracinée une tradition juive qui remonte à près de deux mille ans. Terre de catholicisme qui
a su dépasser les déchirements des guerres de religion, et reconnaître finalement toute leur
place aux protestants à la veille de la Révolution. Terre d'ouverture enfin pour les Français
de tradition musulmane qui sont partie intégrante de la Nation... »
La leçon est claire : la France
est forte de ses diversités, mais ces diversités imposent que tout le monde respecte les règles
communes.
Hier, l'espace de trois quarts d'heure, la France républicaine a présenté son meilleur
visage.
Dominique de Montvalon, leparisien.fr, Paru le : 18/12/2003
"Nous allons suivre cela attentivement" a déclaré John Hanford, le responsable du dossier de la liberté religieuse au département d'Etat, en ajoutant que c'était une source "importante de préoccupation en ce moment".
Il a rappelé, lors d'une conférence de presse sur le rapport annuel américain sur la liberté de religion dans le monde, que les Etats-Unis étaient favorables à ce que le port du foulard ou autres signes religieux soit autorisé dès lors que cela ne relevait pas d'une volonté de "provocation" ou "d'intimidation".
"Notre position constante est que si les gens portent cela comme une simple manifestation de leur attachement à leurs croyances, juste comme certains le font chaque jour aux Etats-Unis, et que cela ne constitue pas une provocation personnelle envers les autres, il s'agit d'un droit de base qui doit être protégé", a-t-il déclaré.
"Le président Chirac est préoccupé par le maintien du principe de la laïcité en France, et je crois qu'il a dit que cela n'était pas négociable. Nous espérons que la liberté de religion ne sera pas négociable non plus", a ajouté M. Hanford.
Il a toutefois indiqué qu'il ne disposait pas encore d'assez d'informations pour faire des commentaires définitifs.
Le débat français est suivi avec une attention particulière aux Etats-Unis, où l'administration multiplie les égards envers l'islam modéré afin d'éviter que son combat contre le terrorisme ou la guerre en Irak n'apparaissent dirigés contre le monde musulman.
"Peu de pays chérissent la laïcité autant que la France, qui a rompu avec l'Eglise catholique après la Révolution française et a intégré la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans sa Constitution en 1905", estimait le Washington Post.
Le président français "a rejeté le modèle anglo-saxon d'intégration admiré par certains musulmans français, où les communautés ethniques conservent leurs coutumes", écrivait pour sa part le quotidien USA Today.
La presse américaine considérait que l'intervention du président français avait aussi pour objectif de lutter contre l'extrême-droite.
"Le combat pour intégrer les 5 millions de musulmans au sein de la société française est un sujet politique sensible, qui a été exploité par le parti d'extrême-droite Front National", constatait le New York Times.
Appel d'un ouléma du Qatar
Par ailleurs, un ouléma qatariote, Youssef Al-Qaradaoui, a appelé les musulmans à adresser des messages au président français pour lui demander de "revenir sur sa décision".
Cheikh Qaradaoui, d'origine égyptienne mais établi depuis plusieurs années au Qatar, a lancé cet appel au cours du prêche du vendredi, au cours duquel il a longuement évoqué "les relations historiques entre les arabes et les musulmans d'une part et la France d'autre part" et salué "les positions de la France, qui ne se laisse pas entraîner derrière les positions américaines".
Mais il s'est dit "étonné" que "la France, pays des libertés, des révolutions et des droits de l'Homme, s'attaque au hijab (...) qui n'est pas (un objet) symbolique comme la kippa ou la croix, mais un moyen pour la musulmane de se rapprocher de Dieu".
NOUVELOBS.COM | 19.12.03 | 16:39
Mgr Philippe Barbarin cardinal archevêque de Lyon
CHAQUE SEMAINE, « le Parisien Dimanche » donne la parole à une personnalité. Aujourd'hui : Mgr Philippe Barbarin, cardinal archevêque de Lyon.
Jacques Chirac s'est prononcé pour une loi interdisant les signes religieux ostensibles à l'école...
Mgr Philippe Barbarin. Le débat sur le foulard a montré une peur irraisonnée de notre société. Le président de la République a pris ses responsabilités. Mais interdire le port des signes religieux ostensibles à l'école ne règle pas les difficultés. Cette décision peut apaiser les choses, mais elle risque aussi d'accroître le contentieux contre les religions et même de faire le lit de l'intégrisme. Si l'on exclut les jeunes filles voilées des écoles publiques, où iront-elles ? Cela ne va-t-il pas augmenter la tendance au communautarisme ? J'ajouterai que, personnellement, je me sens plus agressé par les images de jeunes femmes dévêtues sur les affiches publicitaires que par une lycéenne voilée. Le principal est de nous décider à vivre ensemble et à en trouver l'art et la manière.
Etiez-vous favorable à la proposition de la commission Stasi - rejetée par le chef de l'Etat - d'ajouter deux jours fériés pour l'Aïd et Kippour ?
Le choix du président est cohérent avec sa volonté de supprimer un jour férié.
Vous avez pris position contre le projet de loi bioéthique adopté à l'Assemblée le 11 décembre...
Ce projet de loi qui autorise les recherches sur l'embryon humain ainsi que le recours à titre expérimental à ce qu'on appelle le bébé-médicament, constitue une transgression sans précédent. Cela va encourager la production d'embryons surnuméraires dans le seul but d'en faire des objets de recherche. L'embryon n'est pas une chose : la vie humaine doit être respectée dès le premier instant de sa conception. Le recours au bébé-médicament est aussi une atteinte à la dignité humaine puisqu'il s'agit de choisir, à des fins thérapeutiques, l'embryon qui sera compatible avec le frère ou la soeur aîné atteint d'une grave maladie... Choix qui ne peut se faire qu'au détriment des autres embryons qu'on supprimera.
Comment avez-vous réagi à la capture de Saddam Hussein ?
J'ai pensé que ce serait une date significative pour le peuple irakien. Une page se tourne, celle de la liberté d'un pays qui a hâte de se reconstruire. Mais, quoi qu'il ait fait, Saddam Hussein a des droits qu'il faut respecter.
« Eteignez vos téléviseurs le vendredi »
Le 21 octobre à Rome, Jean-Paul II vous remettait la barrette cardinalice. Comment appréhendez-vous vos nouvelles fonctions ?
Comme cardinal, électeur du futur pape, je suis titulaire d'une église à Rome, la Trinité-des-Monts, dont je prendrai « possession » le 7 février. Le successeur de Jean-Paul II devra être quelqu'un de profond et de puissant. Je crois savoir pour qui je voterai le jour venu, mais je ne vous en dirai pas plus !
Comment va Jean-Paul II ?
Tout le monde voit bien que le pape est en très mauvaise santé. Mais, même si le corps ne suit plus et si ses capacités d'élocution se sont dégradées depuis l'été dernier, il conserve toute sa lucidité. Je rencontrerai Jean-Paul II en février pour évoquer avec lui les questions qui me préoccupent dans mon diocèse : formation des prêtres, pastorale des jeunes, place des laïcs...
Quel est le sens de la fête de Noël ?
C'est la plus grande fête des familles. A travers l'Enfant Jésus, Dieu se fait homme et entre dans nos familles. Le symbolisme du cadeau est beau. C'est une source de joie, même si je suis parfois agacé par l'inflation commerciale et les illuminations des rues. Un jour, je me promenais avant Noël avec un ami orthodoxe. Des lumières clignotaient partout et il m'a dit : « Regarde, ils nous prennent pour des poules... Ils veulent nous faire pondre des billets ! »
Seul un Français sur dix se dit catholique pratiquant, c'est-à-dire va à la messe au moins une fois par mois...
La pratique est un moyen pour s'approcher de la source de vie. Mais encore faut-il que les gens aient soif, qu'ils puissent dire à Dieu, comme dans le psaume : « Mon âme a soif de toi. » La question fondamentale, c'est l'équilibre de l'homme. Il se situe dans trois dimensions, le corps (la santé), la personnalité (études, profession, salaire) et la spiritualité. Dans les deux premiers domaines, nous sommes parmi les plus performants au monde. En revanche, pour la vie spirituelle, l'amour, la fidélité aux engagements, la joie, la maîtrise de soi, nous sommes malades. Pensez au suicide des jeunes, aux dépressions... La grande maladie de notre société qui fait l'impasse sur la vie spirituelle, c'est le manque d'espérance. On peut être en bonne santé, avoir un gros salaire et être incapable de rendre heureux ses proches. Or, la vie spirituelle, ça s'apprend dès l'enfance. Le problème aujourd'hui, c'est que les machines ont gagné sur les personnes. Voyez l'usage qui est fait du téléphone portable ou de la télévision. Redonner sa place à la vie spirituelle, c'est affirmer que l'homme n'est pas un animal supérieur mais un être mystérieux, « créé à l'image et à la ressemblance de Dieu ».
Que préconisez-vous pour renouer avec la spiritualité ?
Eteignez vos téléviseurs le vendredi soir, jour de la Passion du Christ, et lisez l'Evangile en famille, même si vous n'allez pas à la messe. Pourquoi ne pas reprendre des gestes simples : le signe de croix au lever, la prière avant les repas... ? C'est une façon concrète de montrer que « Dieu est premier servi ».
Propos recueillis par Philippe Baverel, Le Parisien, dimanche 21 décembre 2003, p. 5
La position du président français Jacques Chirac en faveur d'une loi interdisant à l'école les signes religieux "ostensibles" suscite l'indignation dans le monde arabo-musulman.
tf1;fr, news, Mis en ligne le 23 décembre 2003
Chèque en blanc pour Sarkozy à la mosquée d'Al Azhar
Libération, Par Claude GUIBAL, mercredi 31 décembre 2003, p. 8
La mobilisation a toutefois été plutôt faible. A Paris, la préfecture de police a affirmé que les manifestants étaient 10.000 -plus de 20.000 selon les organisateurs-, deux chiffres toutefois contestés sur le terrain.
Des policiers des renseignements généraux et beaucoup de journalistes présents sur place donnaient ainsi une estimation de 3.000 à 5.000 personnes. Un policier a même fait état de 3.500 personnes
En se plaçant en tête du cortège, on pouvait d'ailleurs voir les cars des gendarmes mobiles et les véhicules de la voirie fermant la marche, et remonter facilement le défilé à pied en moins de dix minutes.
En province, la police a fait de manifestations réunissant 2.700 personnes à Lille, 1.800 à Marseille, près de 500 à Saint-Etienne, 300 à Bordeaux, ou encore une centaine à Toulouse. Publicité
Dans la capitale, le cortège, composé de nombreuses femmes voilées, a quitté les abords de la place de la République peu après 14h30 pour se rendre jusqu'à la place de la Nation.
"Le voile, c'est mon choix"
"Le voile, c'est mon choix et mon droit!", "Ni Chirac ni Stasi! Le voile on l'a choisi!", ou encore "Non à la laïcité!", scandaient les protestataires, dont certains portaient des drapeaux tricolores.
L'ancien champion de judo Djamel Bouras est venu apporter son soutien aux manifestants, au moment du départ du cortège. "On est tous là pour que cette loi raciste et imbécile ne passe pas. Y'en a marre qu'à chaque fois qu'on allume la télé, ce soit l'islam par ci, l'islam par là. Le gouvernement est en train d'installer l'islamophobie dans ce pays", a-t-il déclaré juste avant le départ du défilé. "Même si certaines filles sont obligées de porter le voile sous la pression de leur entourage, cette loi, elle va arranger quoi?", s'est-il interrogé.
"C'est l'islamophobie qu'on essaie d'installer dans la tête des gens. Les autorités ont peur que les soeurs aient accès au savoir parce qu'elles ne veulent pas de musulmans instruits, conscients de leurs droits", estimait pour sa part Anissa, une manifestante venue de Belgique pour soutenir les protestataires en France.
"Tous unis pour une laïcité juste", "Non à l'exclusion.
Oui à l'école pour tous", "La loi a une limite: la liberté" ou encore "La France, patrie des droits de l'homme, pas de la femme voilée", pouvait-on lire sur les banderoles.
En tête de cortège, Mohamed Latrèche, porte-parole du PMF -un groupuscule religieux- haranguait la foule, lançant notamment qu'avec "Chirac, la République laïque est remise en question", avant de passer le micro à une jeune femme voilée qui affirmait que "l'étape suivante serait la fermeture de nos mosquées".
Pas l'unanimité
Les manifestations de samedi sont loin de faire l'unanimité dans la communauté musulmane. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur avait d'ailleurs appelé à ne pas participer à ces défilés.
De son côté, le mufti de Marseille Soheib Bencheikh a dénoncé, dans un entretien au quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France" de samedi, des manifestations qui traduisent selon lui "l'influence des pseudo-religieux qui s'emparent du débat sur la laïcité comme d'un cheval de Troie pour conforter en France cet islam politique, obscurantiste, qui fait des ravages dans les pays arabes".
Soheib Bencheikh, qui est docteur en théologie, s'est dit "favorable à la loi contre les signes religieux à l'école".
"Le voile est une fausse route pour les jeunes filles" a-t-il dit. "Rien dans le Coran ne leur impose d'afficher ainsi leur foi.
Le voile conduit trop souvent à des comportements inquiétants comme le refus de la mixité, de l'égalité des sexes, des cours de biologie ou de sport".
"Encouragent les tensions"
Pour M. Sarkozy, "les manifestations ne feront qu'encourager les tensions, les incompréhensions, les exaspérations. Il n'y a que dans le dialogue, la culture du compromis et le respect mutuel que chacun trouvera sa place dans la République. La règle que nous ferons voter, elle s'appliquera à tous dans les mêmes conditions. Il n'y a pas d'humiliation. Il n'y a personne qui est montré du doigt. Chacun sera considéré avec les mêmes droits mais aussi avec les mêmes devoirs", a-t-il promis à Nice.
Le 21 décembre dernier, un millier de manifestants -dont beaucoup de femmes voilées- avaient déjà défilé dans les rues de la capitale, officiellement à l'appel de trois lycéennes de la banlieue parisienne. AP
NOUVELOBS.COM | 18.01.04 | 08:54
« Mon père nous a toujours dit : cramponnez-vous ! »
« Mais je leur dis :
Karima, elle est libre, elle fera ce qu'elle voudra
! »
Elle est abonnée à « Courrier international », connaît
son Code civil sur le bout des doigts, possède un ordinateur portable. Et pourtant, Karima a
grandi et habite dans un grand ensemble à Asnières, son papa est chauffeur de poids lourd, sa
maman porte le voile...
Tout émancipée qu'elle soit, Karima est très croyante. Et atterrée par la tournure que prend
le débat sur le voile. « S'émanciper, c'est surtout faire ce dont on a envie. Je crois que c'est
ce que font les filles qui portent le voile. »
Elle cite son héroïne, le Prix Nobel de la paix
2003, l'Iranienne Shirin Abadi. « Il ne faut ni obliger ni interdire. » Et pour avoir épluché
la jurisprudence du Conseil d'Etat, elle ne comprend pas la nécessité d'une loi.
« C'est en
train de virer au procès de l'islam, déplore-t-elle. On avait dix cas qui posaient problème
et 5 millions de musulmans se prennent dans la figure des histoires de lapidation. » Du Coran,
qu'elle a lu récemment pour se forger sa propre opinion, elle a préféré retenir un verset :
« Le meilleur croyant, c'est celui qui est le meilleur avec sa femme. »
Karima a eu des amoureux,
rien de bien sérieux. Elle n'est pas pressée de se marier. Se pourrait-il qu'elle choisisse
un « Gaulois » ?
Re-silence. « Non, finit-elle par avouer. Sauf s'il est musulman. »
«
C'est bien le problème, conclut Karima. Les parents disent depuis des années à leurs enfants
:
On n'est pas chez nous, faites comme on vous dit de faire
. Il ne faut pas s'étonner que les
enfants répliquent un jour :
Mais si, on est chez nous, et on fait ce qu'on veut !
»
Florence Deguen, Le Parisien, 26 janvier 2004, p. 4
Hier (10 février 2004), au moment même où les députés français votaient le projet de loi, l'homme qui préside aux destinées de la ville la plus multiethnique d'Europe organisait une «conférence contre l'interdiction du hijab».
Entouré de leaders de toutes les confessions, ainsi que de plusieurs femmes voilées, il a accusé «la droite traditionnelle française» de vouloir capter «le vote antimusulman». «Chirac joue à un jeu très dangereux», a-t-il ajouté, dont seuls «Le Pen et l'extrême droite sortiront vainqueurs».
Dans la foulée, un rabbin, un pasteur et des défenseurs des droits de l'homme ont tour à tour fustigé «une mesure terrible» et surtout «incompréhensible» de ce côté-ci de la Manche. «Le fait d'avoir à défendre un droit aussi ancien nous laisse sans voix», s'est écriée une représentante des sikhs.
Ken «le rouge» avait déjà fait part de sa colère à Jean-Pierre Raffarin dans une lettre ouverte.
Libération,
Par Christophe BOLTANSKI,
mercredi 11 février 2004, p. 13
Quelques milliers d'opposants au texte sur l'interdiction des signes religieux à l'école ont de nouveau défilé ce samedi (14 février 2004) dans plusieurs villes de France.
Les jeunes femmes voilées étaient cependant largement majoritaires parmi les manifestantes. Parmi elles, deux étudiantes de Noisy-le-Sec (Seine St-Denis) de 20 et 23 ans, Hajar Ajimi et Sofia Rahen, qui affirment avoir entamé une grève de la faim le 3 février et qui ont manifesté en fauteuil roulant.
Des manifestations ont également eu lieu dans une dizaine d'autres villes avec, selon la police, 2 600 personnes à Lyon, 600 personnes à Montpellier, 500 à Lille, 400 à Grenoble, 300 à Marseille, 150 à Saint-Etienne, Angers, Nîmes ou Chambéry mais seulement 50 à Rennes. Aucun défilé n'a été signalé dans les régions de Bordeaux ou de Toulouse ni dans l'Est, à part 60 personnes à Metz.
tf1,fr, news,
Mis en ligne le 14 février 2004
tf1.fr, jeudi 26 aout 2004, 19h59
L'aumônerie d'un lycée toulonnais va pouvoir reprendre son activité après la décision de l'abbé de modifier sa tenue. Début octobre, elle avait été suspendue après les protestations contre ce signe religieux ostensible.
Tf1.fr, Mis en ligne le 15 mars 2005
Xavier Ternisien (avec AFP), ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.11.04
D'abord, j'ai trouvé dommage que M. de Villepin fasse cette proposition dans les médias, en précisant que le Conseil français du culte musulman (CFCM) allait travailler sur le sujet. Cela donne l'impression que cette instance est au service du ministre. Il aurait fallu d'abord en discuter avec les intéressés. Nous gardons notre liberté.
Non. Nous refusons l'idée d'une fondation. Pour deux raisons. D'abord, nous pensons que la situation actuelle du CFCM, très instable sur des dossiers moins brûlants, ne lui permet pas de s'engager dans la fondation. Mettre la question de l'argent sur la table de l'organisation du culte musulman, c'est ajouter à la confusion ambiante. Ensuite, nous ne comprenons pas pourquoi l'islam devrait se doter d'une fondation alors que ce n'est pas le cas pour les autres cultes.
Mais c'est un rassemblement de fondations qui existaient déjà ! Vouloir que le culte musulman se dote d'une fondation, avec la caution du CFCM, cela consiste à nationaliser l'islam de France. Il est même précisé que trois ministères seront représentés au conseil d'administration.
Ma crainte, c'est que, demain, les collectivités locales n'accorderont des terrains qu'aux associations qui seront financées par la fondation. On risque de créer une division entre les financements dits « honorables » et ceux qui seront « douteux ». Quand j'ai fait cette remarque au représentant du ministère, il m'a répondu : « Le risque existe. »
Je ne veux pas entrer dans un débat sur le choix de modifier ou non la loi. L'essentiel est que le culte musulman puisse rattraper un retard historique par rapport aux autres cultes. Commençons par le plus simple. Par exemple, reconnaître le culte musulman en Alsace-Moselle. Nous n'avons pas besoin de cette fondation ni de l'aide des pouvoirs publics. Il existe déjà des structures pour collecter les dons des musulmans. La tradition dans l'islam est que les lieux de culte n'appartiennent pas à l'Etat. Même dans le monde musulman, ce sont les particuliers et les fondations qui financent les mosquées.
Aujourd'hui, la part de l'argent du Golfe est minime dans le financement des mosquées. J'estime entre 15 et 20 millions d'euros l'argent collecté dans toutes les mosquées de France pendant le mois du ramadan. Ces dons peuvent permettre de financer des mosquées de proximité. Le problème vient des mosquées-cathédrales, qui sont des projets plus coûteux. Toutes celles qui ont été construites en France ont bénéficié d'argent étranger. Nous sommes opposés à ces mosquées.
Je ne peux pas vous le dire... Ce que je peux dire, c'est que la collecte dans le Golfe ne dépasse pas les 10 % du budget de fonctionnement de l'UOIF et de ses associations membres. Il y a trois ans, nous étions à 27 % d'argent étranger. Nous avons la capacité de nous autofinancer. Il y a tout un mythe autour du financement étranger. Qu'en est-il du financement de la Mosquée de Paris ?
On verra quelle fondation collectera le plus, en France et à l'étranger... J'ose espérer que l'Etat français ne dira pas que le financement étranger devient honorable dès lors qu'il transite par la fondation. Nous sommes engagés dans une logique de financement français à 100 %. C'est pourquoi nous avons mis en place un fonds de solidarité ouvert à toutes les mosquées.
Non, ce n'est pas nécessaire. Les mosquées qui pourront bénéficier du fonds seront celles qui accepteront de faire des collectes chez elles. Pour l'instant, toutes les mosquées de l'UOIF y sont, ce qui représente une centaine de lieux de culte.
Propos recueillis par Xavier Ternisien
Largement accepté, ce vaste projet de mosquée bute sur des problèmes de financement que dénonce la mairie.
Par Catherine COROLLER, mercredi 08 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6
Laurent Cathala est député-maire (PS) de Créteil.
Si les musulmans pouvaient recevoir temporairement des aides financières pour la construction de lieux de culte, cela permettrait de rééquilibrer un peu les choses en leur faveur. A l'heure actuelle, la stricte application de la loi de 1905 m'interdit de réaliser un projet comme celui que nous envisageons : offrant une bonne qualité architecturale et une bonne intégration dans le paysage.
Notre projet se monte à 4 millions d'euros. Les musulmans ont collecté un million. Ville et Région peuvent en respectant la loi de 1905 participer au financement des espaces culturels à hauteur de 1 million. Manquent deux millions... sauf à chercher des financements extérieurs, ce que les musulmans se sont interdits de faire. La loi de 1905 permet de réhabiliter un hangar, pas de réaliser une mosquée.»
Par Catherine COROLLER, mercredi 08 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 6
Par Catherine COROLLER, mercredi 27 octobre 2004 (Liberation - 06:00)
«J'ai le plus grand respect pour les communautés religieuses, a-t-il dit dès dimanche. Mais il s'agit là de laïcité, de la nécessaire neutralité de l'Etat, de sa séparation d'avec l'Eglise.» Et l'élu de s'interroger: «Les drapeaux sont-ils en berne pour le pape parce qu'il était un chef d'Etat? Je n'ai pas souvenir qu'ils l'aient été pour la mort d'Hassan II, le souverain marocain (...) Le sont-ils pour la mort d'un chef religieux? Et dans ce cas, en fera-t-on autant pour les autres chefs des grandes religions?» Depuis, la polémique ne cesse d'enfler.
Puis, le sénateur PS de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé une «sorte de faveur faite à une religion».
Lui emboîtant le pas, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg (PS) a carrément appelé à la désobéissance: «J'invite les maires, les responsables publics, à ne pas se soumettre à une instruction à l'évidence mal inspirée et en tout état de cause sans rapport avec le respect dû aux exigences de notre Constitution».
Le maire communiste d'Aniane, un village de l'Hérault de 2.600 habitants, ne l'a pas attendu pour refuser de s'éxécuter «au nom de la laïcité» de la République.
Un avis que ne partage pas François Bayrou, lequel n'a pas raté l'occasion de prouver qu'avec des alliés comme lui, la majorité n'avait pas besoin d'adversaire. Le président de l'UDF, formation héritière de la démocratie chrétienne, n'a pas manqué de faire savoir que personnellement, il n'aurait «certainement pas» décidé de mettre les drapeaux en berne, une mesure qui «ne correspond pas à la distinction qu'il faut faire entre convictions spirituelles et choix politiques et nationaux».
Par Libération.fr, lundi 04 avril 2005 (Liberation.fr - 18:43)
Chacun des candidats - faut-il imputer cela au système médiatico-politique ? - se cantonne à la défense d'intérêts catégoriels, quelquefois même d'intérêts identitaires. On parcellise : défense des agriculteurs, défense des salariés d'Airbus, etc. Toutes les catégories défilent On attend encore ce qui devrait être au cœur d'une campagne présidentielle: un projet pour la nation.
Etes-vous inquiet?
Je suis déçu. Mais j'espère encore. Car il est important, dans notre société disloquée, que les candidats, avec souffle et éloquence, disent la nécessité de s'élever au-dessus de nos passions, au-dessus des intérêts particuliers.
Souhaitez-vous pour cela des confrontations directes entre candidats?
En tout cas, cette idée qui consiste à faire poser des questions par des citoyens lambda choisis dans un panel est une très mauvaise chose.
Ce serait là, prétend-on, une forme moderne de démocratie directe. En vérité, cela tire la campagne vers le bas, alors que nous aurions besoin - au lieu de cette fausse proximité, de cette fausse compassion - de vrais débats républicains arbitrés par des professionnels.
Les francs-maçons du Grand Orient ont-ils rencontré les candidats?
Nous les avions invités. Mais avant le 31 décembre - date limite pour les loges car, après, nous préférons maintenir avec eux des distances - seul François Bayrou a pu venir. Cela étant, une association interobédiences (Dialogue et démocratie) a décidé d'organiser trois grands rendez-vous. Le premier a eu lieu le 13 fevrier avec Nicolas Sarkozy. Puis, le 6 mars, ce sera François Bayrou et, le 3 avril, Ségolène Royal.
Devant eux, sur quoi insistez-vous?
Nous avons adressé à chacun des candidats six questions. Elles ont trait à ce que nous considérons comme notre patrimoine intellectuel et historique: la défense de la laïcité.
Quelles questions?
Nous leur demandons, par exemple, s'ils sont prêts à s'engager à ne pas toucher à la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Nous leur disons notre crainte, après l'affaire de « Charlie hebdo » et des caricatures du Prophète, que l'on rétablisse un délit de blasphème. Et puis, affirmer encore plus le principe de laïcité, c'est dire que la démarche religieuse est respectable mais qu'il faudrait que l'on arrête avec ce statut particulier qui est encore donné aujourd'hui dans notre société à la seule pensée religieuse.
Le Grand Orient est classé à gauche traditionnellement. Penchez~vous du côté de Royal, ou faites~vous partie de ceux qui, à gauche, s'interrogent?
Le GODF est historiquement classé à gauche à cause de notre rôle au XIXe siècle et sous la IIIe République, mais le GODF est très partagé.
Chacun est libre, sauf de voter Le Pen.
Nous ne donnons aucune consigne de vote. Comme Grand Maître, j'ai simplement le devoir de rappeler les valeurs qui nous rassemblent: outre la laïcité,. une certaine conception de la République qui nous amène à exprimer les plus grandes réserves devant l'approche communautariste comme sur la question de la discrimination positive.
" Il y a dans nos rangs un intérêt pour Bayrou "
Sur ces questions, Nicolas Sarkozy a récemment évolué...
Il semble avoir effectivement modifié son discours. Mais nous attendons qu'il précise sa pensée sur le rapport Machelon, rendu public en décembre à l'initiative du ministre de l'Intérieur et qui semble indiquer qu'il faudrait, pour
aider à l'expression religieuse de l'islam et des églises évangélistes, les financer. Ce rapport n'a pas été, à ce jour, désavoué.
Mais on assiste à une banalisation préoccupante du FN au point que de bons esprits en arrivent à dire que ce serait nonnal qu'on donne des signatures à Le Pen pour qu'il puisse être candidat Je suis sidéré.
Le FN n'est pas un parti comme les autres. A-ton oublié 2002 ?Voilà un effet de plus de lepénisation des esprits.
Donc, pour vous, pas question de donner le moindre coup de pouce à des candidats en manque de parrainages?
Non. Je ne vois pas pourquoi il faudrait le faire, et en particulier pour celui de l'extrême droite.
Quelle note donneriez-vous au bilan des douze années de Chirac à l'Elysée ?
La seule chose que je puisse dire, c'est que, du point de vue des grands principes du GODF, il aura été un vrai défenseur de la laïcité.
Pour vous, y a-t-il vraiment un danger populiste?
On peut au moins s'interroger. Il y a un populisme rampant. né d'une certaine lepénisation des esprits.
Face à cela, qu'attendez-vous des candidats?
J'aimerais qu'ils affirment avec plus de force leur amour de la République, et qu'ils disent plus clairement que le projet républicain né du siècle des Lumières et de la Révolution ftançaise, ce n'est pas quelque chose de ringard, mais, au contraire, l'avenir de notre société.
Pour retrouver le sens du vivre ensemble, les individus ne doivent pas être réduits à leur profession, à leur couleur de peau, à leur ethnie ou à leur croyance, mais être tous porteurs de la citoyenneté universelle.
Le Parisien, Dimanche 4 mars 2007, p. 4,
PROPOS RECUEILLIS PAR DOMINIQUE DE MONTVALON
Recueilli par CATHERINE COROLLER Libération
QUOTIDIEN : vendredi 4 janvier 2008