(Décembre 2005) Actionnaire de Veolia ; miss France ???
(Juillet 2005) Médias et communication : 33 millions d'euros annuels pour le big boss britannique ; 3 millions seulement pour le français ...
(Novembre 2004) Johnny Halliday : une adoption rapide gràce aux époux Chirac
(Janvier 2004) Un préfet «modèle» d'intégration
18 mai 2005. Petite éraflure judiciaire
25 janvier 2004. Attentat contre son école de commerce de Nantes
22 janvier 2004. Une affaire "sexuelle" ?
20 janvier 2004. Les noirs veulent, eux aussi, un préfet ...
18 janvier 2004. Attentat contre sa voiture ; une affaire explosive
14 janvier 2004. Une nomination sur fond de polémique autour de la discrimination positive
Un cadeau d'anniversaire.
Aujourd'hui, alors qu'il fête ses 57 ans, Aïssa Dermouche est nommé préfet par le Conseil des ministres. Sur fond de polémique autour de la discrimination positive, cette nomination fera date. Le discours officiel salue la promotion d'un «préfet issu de l'immigration», formule retenue par la Chiraquie pour contrer l'expression «préfet musulman» lancée par Nicolas Sarkozy.
Bardé de diplômes.
Homme affable, posé, soigneusement urbain, Aïssa Dermouche n'a jamais mis en avant ses origines kabyles pour se définir. Il s'est toujours plutôt affiché comme un modèle d'intégration. Deux fois divorcé, père de quatre enfants, il se dit amateur de Verdi et de Fellini, de golf et de Woody Allen. Aïssa Dermouche a passé son bac à Alger, avant de poursuivre ses études supérieures en France, à la fin des années 60. Bardé de diplômes, en sciences sociales, sciences de l'information et en gestion, titré de l'Ecole de commerce et d'administration de Paris et de l'Institut de recherche des transports, il est aussi diplômé d'Harvard, mais par l'établissement de Stockholm, l'International Teaching Program. Il a intégré en 1976 l'Ecole supérieure de commerce de Nantes dont il a pris les commandes en 1989, quadruplant ses effectifs qui comptent aujourd'hui 70 professeurs permanents et 300 experts associés, encadrant 1 860 étudiants, dont 20 % d'étrangers venus de 36 pays. Péché véniel pour le grand public, mais assez mal vu par le milieu universitaire et dans l'enseignement supérieur, il a un peu bluffé en s'attribuant des diplômes abusifs sur ses cartes de visites et au sein des documents de présentation de l'école en 1985.
Légion d'honneur.
La semaine dernière, Jacques Chirac a tenu à souligner qu'il était à l'origine de la nomination sans doute dans le Jura, selon l'Agence France-Presse de ce préfet «issu de l'immigration» : «J'ai donné des instructions formelles à tous les ministres, surtout au ministre de l'Intérieur», avait-il indiqué en marge de ses voeux à la presse. La réussite de Aïssa Dermouche lui aura sans doute été signalée par son directeur de cabinet à l'Elysée, Michel Blangy, ex-préfet des Pays de la Loire. Balladurien d'abord, chiraquien ensuite, Aïssa Dermouche a eu, dans son parcours, quelques inflexions mitterrandiennes. Il participe régulièrement aux «Dîners du siècle» à Paris qui réunissent chefs d'entreprise et politiques. En 1996, il s'était fait remettre la Légion d'honneur grâce à l'appui d'Alain Lamassoure, alors ministre de Jacques Chirac.
Libération,
Par de LA CASINIERE Nicolas, mercredi 14 janvier 2004
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Attentat contre la voiture du préfet
AÏSSA DERMOUCHE, l'homme que l'on présente depuis une semaine comme « le préfet issu de l'immigration » voulu par Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac au nom du principe de « la discrimination positive », a été la cible d'un attentat hier, à quelques dizaines de mètres de son appartement. Sa voiture a été soufflée vers 4 h 40 du matin, selon toute vraisemblance par un engin explosif placé sous le capot du moteur. Le nouveau préfet du Jura, nommé mercredi dernier en Conseil des ministres, avait passé la soirée de samedi au stade de la Beaujoire où il avait assisté au large succès du FC Nantes sur Ajaccio.
Un dernier moment passé dans les tribunes en passionné, avant son départ pour Lons-le-Saunier. A son retour, vers 23 heures, il avait garé sa voiture dans une rue près de l'avenue Camus, dans le quartier chic et central de Nantes. Un détail intrigue déjà le procureur de la République de Nantes : « Il s'est garé dans une rue autre que la sienne, il fallait le savoir ! » Le préfet aurait donc été suivi.
Résultats d'analyses communiqués aujourd'hui En tout cas, le magistrat n'a pas de doute sur le caractère criminel du geste et souligne même « un acte bien préparé ». Les témoins les plus proches non plus : « L'explosion a secoué la maison, tout a tremblé, raconte la propriétaire de la maison devant laquelle s'était garé Aïssa Dermouche. Ma fille, dont la chambre donne sur la rue, est profondément choquée. Certaines portes ont été désaxées, on a d'abord cru à l'explosion d'une canalisation de gaz et, quand on a vu la voiture, on a pensé à une bombe. »
Hier, dès 9 heures, le véhicule d'Aïssa Dermouche a été placé dans la cour du commissariat de Nantes pour un examen plus attentif des débris. « Il faut savoir quel explosif a été utilisé et surtout s'il y avait une minuterie avec l'engin », expliquait hier un enquêteur. L'engin était-il sous le capot depuis plus longtemps ? De leur côté, les occupants de la maison devant laquelle l'explosion a eu lieu affirment n'avoir rien entendu entre 23 heures et 4 heures du matin .
« C'est une question centrale. Les auteurs de cet acte voulaient-ils faire des dégâts matériels ou bien tuer ? Avec les premiers résultats des analyses attendus demain, on connaîtra leur degré de détermination », disait hier un policier. La veille du drame, une manifestation contre l'interdiction du port du foulard islamique à l'école avait rassemblé 800 personnes à Nantes, parmi lesquelles quelques religieux intégristes.
Ces derniers mois, des enquêtes financières avaient permis de repérer quelques mécènes de mouvements islamistes radicaux. Mais le spectre balayé par les enquêteurs est beaucoup plus large et va de certains mouvements d'extrême droite (dont un militant avait commis un attentat à La Baule il y a quelques années) aux religieux juifs intégristes, en passant par quelques très mauvais plaisants ou provocateurs imbéciles...
A Nantes, la nouvelle de cet attentat a surpris : « La nouvelle de la nomination de M. Dermouche comme préfet a fait le tour du monde. Il a reçu des messages par centaines. Des mots pour le féliciter et l'encourager et pas une seule lettre d'injures », assure l'un de ses proches. Depuis hier matin, l'immeuble où réside le préfet du Jura est sous haute surveillance et la protection a été étendue à ses déplacements et à ceux de ses proches.
Rodolphe Landais, Le Parisien, lundi 19 janvier 2004, p. 4
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(Décembre 2001) Le premier ministre français, M. Lionel Jospin, dans son discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le 1er décembre 2001, a affirmé que l'indemnisation des orphelins des déportés juifs de la deuxième guerre mondiale, prévue par le décret du 13 juillet 2000, ne sera pas étendue aux orphelins des déportés non juifs ; cette discrimination positive étant justifiée par "la situation exceptionnelle créée par la politique d'extermination de la communauté juive résidant en France", politique "menée en France durant l'occupation à l'égard des juifs".
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Des Noirs réagissent à la nomination du préfet Aïssa Dermouche.
«On suppose que l'immigration se résume aux Maghrébins»
Ils ont peur d'être les oubliés de la discrimination positive. Après la nomination en Conseil des ministres d'Ais Dermouche au poste de préfet du Jura (lire aussi page 18), certains citoyens originaires d'Afrique noire ou des DOM-TOM s'inquiètent d'être laissés pour compte. Et s'en émeuvent publiquement.
Amers.
Jeudi 15 janvier, 10 h 22. Un communiqué de presse intitulé «Préfet issu de l'immigration : le cri d'alarme "des Noirs de France"» arrive par e-mail à Libération. Il est signé Patrick Lozès, ancien candidat UDF en 2002 aux élections législatives dans la première circonscription de Paris, né au Bénin. Le ton est dur. «Au lendemain de la nomination d'un "préfet issu de l'immigration", les citoyens originaires d'Afrique noire s'émeuvent de ce qu'une trop grande lumière portée sur les uns contribue à laisser les autres dans l'ombre. Amers, ils attirent l'attention des pouvoirs publics sur la situation d'abandon dans laquelle se trouvent les citoyens originaires d'Afrique noire et des DOM-TOM. Ils estiment que la valeur d'universalisation qui est attribuée, en matière d'intégration, à l'immigration en provenance des pays du Maghreb (notamment algérienne), dans les discours et les actes officiels, concourt à passer durablement sous silence les migrations en provenance d'Afrique noire et des DOM-TOM.»
Le lendemain, deux autres communiqués émanant de personnalités noires réagissent à cette nomination. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, militant socialiste à Paris dans le XVe, prend la plume pour demander «que la nomination du préfet Aïssa Dermouche, cette excellente initiative, ne soit pas l'arbre qui cache la forêt.. D'autres citoyens issus de l'immigration non européenne notamment de l'Afrique subsaharienne et des DOM-TOM méritent également de sortir de l'ombre». Dogad Dogoui, homme d'affaires fondateur du club Africagora qui milite à l'anglo-saxonne pour la promotion sociale des Noirs de France, l'admet : «On tire la sonnette d'alarme.» Partisan d'une discrimination positive à la française, il se félicite de la nomination de Dermouche : «Bravo, bonne nouvelle. Mais où sont les Noirs ?» Pour lui, «les plus visibles, les Noirs, on ne les voit pas. On les relègue au fond de la classe». Familier des antichambres des cabinets ministériels, constamment en contact avec un réseau de businessmen et de diplômés, Dogoui espère que cette nomination inaugure une politique plus volontariste. «Enfonçons cette porte : si on ne demande rien, on passera à la trappe.» Il a commencé un travail de recensement pour constituer un «annuaire des compétences» des personnes originaires d'Afrique et d'outremer. «On dit aux entrepreneurs, aux institutions : vous voulez des gens ? On sait où ils sont... ils végètent.»
Fier.
Olivier Falla-Etzol, lui, ne végète pas. Ce trentenaire né aux Antilles et élevé à Grigny par une mère aide soignante est aujourd'hui consultant en stratégie et enseignant à Paris-XII en droit des sociétés. Il aurait pu se retrouver dans des filières poubelles. «Quand j'étais en CP et CE1, un instit' m'aidait au fond de la classe, et j'ai rattrapé mon retard. L'école était mixte, il y avait des Blancs, des beurs, des Blacks, on jouait tous au foot ensemble ; aujourd'hui, il n'y a plus de mélange. L'école ne fonctionne plus.» Il faut donc, selon lui, compenser par des actions volontaristes. Un corpus juridique existe (notamment européen), note-t-il. Mais comment mettre en place des politiques publiques de discrimination positive sans d'abord étudier les différentes composantes de la population française ? «Parler d'un préfet "musulman" n'était pas le bon mot. Mais on ne reconnaît pas de minorité ethnique en France. Je le regrette.»
«Quand on dit "immigration", on pense maghrébin, on visualise arabe, et maintenant kabyle», dit Dogad Dogoui, d'Africagora. Quand Sarkozy a parlé de «préfet musulman», les Africains pratiquants de l'islam savaient que le ministre de l'Intérieur ne s'adressait pas à eux. «C'était évident que c'était quelqu'un originaire d'Afrique du Nord, que cela ne concernait pas tous les musulmans», estime Adamo Doumbia, médecin à Marseille depuis vingt-trois ans, président de l'Amicale des Français d'origine africaine et, lui aussi, musulman. «Qu'il soit kabyle, ou du Sud, ou maghrébin, je suis fier, ce préfet est du continent.»
Joseph Pululu est l'animateur de Radio Mangembo, qu'il qualifie d'«afropolitaine», basée à Melun. «On suppose que toute l'immigration se résume aux Maghrébins. On a eu Tokia Saïfi, Malek Boutih, Aïssa Dermouche... Une communauté est laissée sur le bord de la route... Ça fait mal de ne pas faire partie du débat.» Qu'attend-il ? «Un signal fort : que les partis donnent de bonnes places sur les listes aux élections.» Puis, plus modeste, plus réaliste aussi : «Au moins qu'on propose un entretien d'embauche aux diplômés qui ne trouvent rien.» Son fils, après une maîtrise d'informatique et une licence de maths, a dû envoyer «50 lettres rien que pour un stage». Il travaille aujourd'hui à la radio, avec son père.
Compétition.
Autant de témoignages qui montrent que la discrimination positive version française suscite beaucoup d'attentes. De quoi conforter ceux qui s'en méfient : «Le danger de présenter ce préfet comme "issu de l'immigration", c'est que certaines composantes de l'immigration ne se reconnaissent pas, cela risque donc de favoriser le communautarisme, d'aggraver les clivages», déplore Issa Keïta, juriste spécialiste du marché financier. Stéphane Pocrain, ancien porte-parole des Verts, craint lui aussi les rivalités entre groupes. Même s'il est favorable à une politique d'affirmative action. «Quand ça avance pour les Maghrébins, ça avance pour moi.» Il désapprouve donc qu'une communauté revendique sa part du gâteau pour elle-même. «C'est vraiment un imaginaire colonial, où on peut assister à une compétition entre indigènes à qui on va distribuer des prébendes. C'est le danger.»
Libération, Par Charlotte ROTMAN, mardi 20 janvier 2004, p. 16
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Garde à vue prolongée pour le témoin
LA GARDE A VUE de l'ancien compagnon de l'ex-épouse du préfet du Jura, Aïssa Dermouche, dont la voiture a explosé le 18 janvier (2004), a été prolongée de 24 heures.
Jean-Claude H..., 61 ans, retraité, a été interpellé hier matin vers 2 heures, alors qu'il sortait de son domicile nantais (Loire-Atlantique), situé à proximité du lieu de l'attentat. Les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes avaient prévu de le placer en garde à vue à 6 heures, mais ont procédé à son arrestation lorsqu'ils l'ont vu sortir de chez lui.
Cette opération a été décidée après les déclarations d'Aïssa Dermouche et de sa seconde épouse, dont il a divorcé en 1994, qui ont fait part de difficultés relationnelles avec Jean-Claude H..., ancien kinésithérapeute.
M. Dermouche a notamment évoqué un « accrochage verbal » remontant au mois de novembre 2003 avec ce dernier, alors que son ex-femme a confirmé l'existence de relations difficiles entre les deux hommes. Selon une source proche de l'enquête, le litige porterait notamment sur l'éducation d'une des filles du préfet du Jura, dont Jean-Claude H... s'occupait.
Aïssa Dermouche a eu quatre enfants, dont deux avec sa seconde épouse.Les premières heures de garde à vue n'ont pas apporté d'éléments probants à l'appui de la thèse d'une vengeance d'ordre privé à la suite de la nomination très médiatisée du préfet « issu de l'immigration ». Jean-Claude H... a confirmé l'existence de relations tendues avec Aïssa Dermouche, tout en les minimisant. Il a farouchement nié être à l'origine de l'attentat commis contre le préfet.
Un ex-petit ami d'une fille du préfet également interrogé
Selon nos informations, les perquisitions au domicile nantais du retraité et dans sa résidence secondaire de La Baule ont permis de découvrir des coupures de presse relatives à l'attentat, ainsi que des traces de consultations sur Internet d'informations sur la nomination de M. Dermouche.
En revanche, les enquêteurs n'ont pas retrouvé d'élément permettant de rattacher directement l'ancien kiné à l'explosion de la voiture. De plus, les rares témoins des faits ne l'ont pas reconnu. La prolongation de la garde à vue du retraité vise à « purger » l'hypothèse « familiale ».
Par ailleurs, les policiers continuent à exploiter d'autres pistes d'ordre privé. Ils ont ainsi placé en garde à vue, hier à 16 h 30, Antoine S., un ex-compagnon d'une des filles du préfet, ainsi qu'un ami du jeune homme. L'ex-petit ami aurait mal vécu la séparation d'avec la jeune fille et Aïssa Dermouche avait dû intervenir pour « arrondir les angles ».
Une altercation verbale entre les deux hommes aurait eu lieu alors que le garçon avait bu. Ce dernier aurait-il voulu ensuite se venger ? Des analyses sont toujours en cours pour préciser la nature de la bombe artisanale.
« Les derniers éléments de l'enquête ne plaident pas en faveur d'une saisine du parquet de Paris (NDLR : qui centralise les procédures à caractère terroriste) », expliquait-on hier soir de source judiciaire. Cependant, l'enquête se poursuit dans toutes les directions, notamment vers les groupuscules radicaux de la région nantaise (extrême droite, autonomistes bretons, islamistes radicaux), dont aucun ne semble particulièrement « actif ».
Christophe Dubois, Le Parisien, jeudi 22 janvier 2004, p. 14
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Dermouche, nomination détonante
Charge explosive contre l'école de commerce de Nantes, que dirigeait le nouveau préfet.
Il a été promu pour son itinéraire modèle d'intégration. Et sa nomination comme préfet «issu de l'immigration» a été annoncée à grand renfort de trompettes. Aujourd'hui, Aïssa Dermouche regrette peut-être d'avoir été brutalement sorti de son relatif anonymat au titre de la promotion pour «discrimination positive» si chère à Nicolas Sarkozy (lire aussi page 12). Car sa vie a brutalement basculé dans le registre des faits divers, cible coup sur coup de deux attentats. La semaine dernière, c'était sa voiture qui explosait. Hier matin, c'est le portail de l'école de commerce de Nantes dont il était le directeur, avant d'être nommé préfet du Jura, qui sautait. Comme le précédent, cet attentat n'a fait ni victime ni blessé. Il n'a pas non plus été revendiqué.
Rien vu.
Il était 6 h 15, hier. Le concierge et les deux vigiles embauchés depuis une semaine pour une surveillance renforcée de l'école Sup de co n'ont rien vu. Pas même une ombre s'enfuir à moto, en voiture ou en courant. Les premiers constats des enquêteurs évoquent une «explosion de faible intensité» et un engin assez rudimentaire. La déflagration a pourtant été entendue à près de 8 km dans les quartiers est de la ville. Certains ont même pensé à un avion passant le mur du son. Les dégâts sont minimes : une porte d'entrée détruite, des lattes métalliques du faux plafond arrachées ou tordues. Des fonctionnaires de police scientifique de la PJ et du service explosion du Laboratoire central de déminage de la préfecture de police de Paris ont été dépêchés en début d'après-midi pour recueillir le moindre indice.
Entre cet attentat et l'explosion de la Saab d'Aïssa Dermouche près de son domicile, une semaine, jour pour jour, s'est écoulée. De nombreuses thèses ont été évoquées par la justice : motivations politiques, racistes, vengeances privées ou professionnelles, sans qu'une orientation d'enquête ne se confirme. La piste terroriste ? Vite écartée : le mode opératoire paraît trop sommaire. Le procureur de la République réclame le temps de l'analyse scientifique pour «acquérir des certitudes et effectuer les comparaisons entre la nature des explosifs, la façon de procéder de ces affaires qui revêtent un caractère local à huit jours de distance, même s'il existe de fortes présomptions de rapprochement».
La similitude des deux actes accrédite l'idée de réitération par un auteur identique, mais l'enquête n'écarte pas des auteurs différents dans une éventuelle «stratégie pour brouiller les pistes», selon le magistrat. «Ce n'est ni de la dynamite, ni un produit manufacturé ou un explosif industriel. Mais il ne faut pas se précipiter avant d'être certain qu'il s'agit des mêmes produits, issus de la même source, d'autant que les analyses techniques ne sont pas abouties», poursuit-il. Le bâtiment, dont «la structure n'a pas été endommagée», n'était doté d'«aucune caméra de surveillance extérieure».
La carrière de ce préfet sorti du rang débute sous de bien curieux auspices. Sa nomination a d'abord été entourée d'une polémique sémantique et politique entre Sarkozy et Chirac le qualifiant de «musulman» ou «issu de l'immigration», ce qu'Aïssa Dermouche n'a jamais mis en avant. Directeur de l'école Audencia depuis de longues années, cet homme qualifié de discret aurait préféré qu'on retienne sa désignation comme préfet au seul titre de ses qualités personnelles. Mais il devait être un symbole pour Sarkozy, bien décidé à faire vivre son slogan en faveur de la «discrimination positive».
Vie privée au grand jour.
Ensuite, et en cherchant d'éventuels coupables, les enquêteurs se sont orientés sur la piste des proches d'Aïssa Dermouche, dont une partie de la vie privée s'est de fait trouvée étalée au grand jour. La semaine dernière, trois hommes ont en effet été placés en garde à vue, dont un ancien compagnon de la deuxième épouse d'Aïssa Dermouche et un ami de sa fille. Victime persistante, au moins symbolique, de deux explosions en huit jours, le nouveau préfet se trouve paradoxalement sur la sellette : pour comprendre ce qui pourrait valoir un tel acharnement et en l'absence de piste sérieuse, sa personnalité et son parcours sont mis en question.
Lorsque la voiture du nouveau préfet a explosé, la classe politique, vite indignée, a dénoncé haut et fort l'attaque au symbole de l'Etat. Hier, après l'explosion de la charge devant l'école de commerce, elle s'est montrée étonnamment discrète.
Libération, Par de LA CASINIERE Nicolas, lundi 26 janvier 2004, p. 16
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Préfet Dermouche : la piste d'une vengeance explosive
Deux proches de son ex-femme ont été placés en garde à vue.
«Des jalousies d'ordre privé», avait envisagé dimanche le procureur de la République de Nantes, parmi d'autres pistes, après l'explosion volontaire de la voiture d'Aïssa Dermouche, préfet issu de l'immigration tout juste nommé. Le véhicule avait sauté au petit matin dans une rue des beaux quartiers nantais. Un kinésithérapeute à la retraite résidant à Nantes, ancien compagnon de la seconde ex-femme d'Aïssa Dermouche, a été interpellé et mis en garde à vue mardi en fin de soirée, pour être auditionné par la police judiciaire dans le cadre de l'enquête.
Concubinage discret.
L'homme, d'une soixantaine d'années, aurait eu un contentieux avec le nouveau préfet. Il se serait disputé avec lui, pour des motifs parfaitement privés, notamment à propos des deux enfants d'Aïssa Dermouche issus de ce mariage. Les difficultés de la procédure de divorce lancée en 1994 entre l'ancien directeur de l'Ecole supérieure de commerce de Nantes et son ex-femme ont amené celle-ci à rester très discrète sur son concubinage. Sa famille a été tenue à l'écart, jusqu'à ne pas connaître le nom de son compagnon. Par ailleurs, cette ex-épouse qui a été entendue mardi habite la rue où Aïssa Dermouche avait stationné sa voiture samedi soir. A trente mètres de son propre domicile.
Après des hypothèses politiques, voire racistes ou même intégristes, un soupçon islamiste radical, une piste d'extrême droite locale, évoquée par une radio périphérique, et une déclaration de Charles Pasqua accusant les réseaux bretons, l'enquête semble se concentrer essentiellement sur l'entourage d'Aïssa Dermouche.
Déclarations décalées. Si cette éventualité se confirmait, les grandes déclarations de la classe politique du président de la République aux ténors politiques paraîtraient un brin décalées. En tout cas sans aucun rapport avec les faits. Et ce d'autant plus que le dispositif explosif se révèle être de facture artisanale, sans retardateur ni mécanisme de déclenchement ou de minuterie. Loin de tout professionnalisme.
Contrairement aux premières explications des enquêteurs, la charge n'aurait pas été glissée dans le moteur après avoir forcé le capot de la Saab du préfet du Jura, mais juste posée sur ce capot. De la poudre noire servant à la fabrication de munitions et les restes d'une mèche lente ont été retrouvés près du véhicule incendié après l'explosion. Rien de très élaboré, en somme.
Plusieurs sources proches de l'enquête affirment néanmoins que ce placement en garde à vue «ne signifie pas du tout» que policiers et magistrats «ont la certitude» de tenir un coupable. Hier pourtant, en fin d'après midi, une seconde personne était placée en garde à vue. Et dans la soirée, le procureur adjoint, en charge du dossier en l'absence du procureur, se refusait encore à la moindre déclaration.
Libération,
Par de LA CASINIERE Nicolas, jeudi 22 janvier 2004
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(Novembre 2004) Adoption : Jade Hallyday est arrivée à Paris
JOHNNY HALLYDAY et sa femme Laeticia sont revenus du Viêt Nam hier, en fin d'après-midi, avec leur fille adoptive Jade. Arrivée par le vol Hanoi-Paris de 17 h 20, Laeticia est sortie en serrant contre elle son bébé désiré depuis si longtemps, chaudement emmitouflé dans une couverture polaire écrue, entourée de plusieurs policiers et gardes du corps. Le chanteur, de son côté, a filé par une autre issue, à l'abri des photographes.
Aucun des deux ne s'est exprimé. La chambre du bébé, âgé de 3 mois, est déjà prête dans la maison du couple à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine).
Une adoption rapide grâce à l'aide apportée par Jacques et Bernadette Chirac
Johnny et Laeticia étaient arrivés vendredi dernier dans la capitale vietnamienne pour adopter Jade, soignée jusqu'à présent dans l'orphelinat Thanh Ba de la province de Phu Tho, l'une des plus pauvres du pays, à 70 km au nord-ouest de Hanoi.
Les formalités d'adoption n'ont été achevées qu'avant-hier. Une adoption assez rapide qui a pu se faire grâce à l'aide apportée dans ce dossier par Jacques et Bernadette Chirac, très proches du chanteur, qui ont beaucoup oeuvré pour faciliter les démarches.
Johnny et Laeticia avaient failli s'envoler avec le couple présidentiel lors de leur voyage en Chine en octobre, mais le projet avait été annulé in extremis. Mais c'est finalement le président de la République lui-même qui a annoncé en fin de semaine dernière au chanteur que le dossier d'adoption était débloqué, alors que la première demande remontait au mois de juin. Le couple essayait depuis longtemps, sans succès, d'avoir un enfant.
Le Parisien, 27 novembre 2004, p. 13
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(Juillet 2005) Martin Sorrel est le patron britannique le mieux payé
Le président du groupe de publicité WPP a gagné 33 millions d'euros en 2004
Une percée spectaculaire. A la suite d'un décuplement de ses revenus en 2004, sir Martin Sorrell, président du réseau publicitaire WPP, numéro deux mondial du secteur, est devenu le président britannique le mieux payé. Selon l'agence Bloomberg, sa rémunération s'est élevée l'an passé à 23 millions de livres, soit 33 millions d'euros. Sir Martin Sorrell devance ainsi les 99 dirigeants des 100 premières sociétés britanniques cotées au FTSE 100 dont certains font partie de ses clients. Sur cette somme, près de 19 millions de livres (27 millions d'euros) s'expliquent par un plan « d'incentive » long terme.
La rémunération de celui qui dirige ce géant de la communication depuis vingt ans est plus de deux fois supérieure à celle du deuxième dirigeant britannique le mieux payé. Bart Becht, président du fabricant de produits ménagers et cosmétiques Reckitt Benckiser, a reçu 9,4 millions de livres (13,5 millions d'euros) en 2004. Premier en 2003, Bart Becht a subi une réduction de ses bonus d'un quart. Ce qui a diminué sa rémunération totale de 22 %.
La troisième place revient à Stanley Fink, qui a compensé une réduction de 18 % de son bonus par une gratification à long terme de 3,4 millions de livres (4,9 millions d'euros). Le PDG de MAN Group affiche ainsi une rémunération totale de 10,3 millions d'euros, en hausse de 2,9 %, alors que les bénéfices de la société ont progressé de 37 %.
Au total, la rémunération moyenne des PDG britanniques a progressé de 20 % en 2004, contre une hausse de 73 % en 2003. L'indice boursier FTSE 100 a, lui, augmenté de 16 % sur la période. Pour les spécialistes, ce ralentissement est une conséquence du scandale GlaxoSmithKline qui a secoué la City en 2003. Cette année là, plus de 50 % des actionnaires du géant pharmaceutique avaient rejeté dans le courant du mois de mai un projet de rémunération des dirigeants et déclenché une chasse aux gros salaires chez les patrons britanniques.
Digne des Etats-Unis, la rémunération de sir Martin Sorrell pourrait encore grossir. Selon le nouvel accord qu'il a signé, le président de WPP pourrait engranger 66 millions d'euros dans cinq ans si l'entreprise prend la première ou la seconde place dans un groupe de sociétés avec lesquelles ses performances seront comparées. Un objectif que les observateurs jugent « astronomique », voire irréalisable : « WPP aurait à surpasser toutes les autres entreprises », assure un analyste.
Pourtant, WPP a déjà réalisé un début d'année satisfaisant. Poursuivant l'intégration du groupe Grey, racheté l'an passé, le numéro deux mondial de la publicité a vu son chiffre d'affaires bondir de 20 % sur les cinq premiers mois de l'année. Il vise une hausse de 10 à 15 % de son bénéfice d'exploitation sur l'année et veut augmenter d'un point par an sa marge opérationnelle.
Autant d'éléments qui ont permis à sir Martin Sorrell de remporter l'adhésion de ses actionnaires. Quelque 80 % d'entre eux ont validé son salaire après modification de son contrat qui permet toutefois à WPP de congédier son président sans préavis. En 2003, 47 % des actionnaires s'étaient au contraire opposés aux exigences financières du président de WPP qui, un an plus tôt, avait réduit son salaire de 60 %. Soucieux d'étendre les coupes budgétaires frappant l'entreprise à son propre salaire s'élevant alors à 3,45 millions d'euros, il s'était contenté de 1,38 million d'euros. Le temps de traverser la tempête.
La rémunération de sir Martin Sorrel, à la tête du numéro deux mondial de la publicité, est plus de deux fois supérieure à celle du dirigeant qui arrive juste après lui au classement.
Le Figaro, no. 18962, Le Figaro Économie, vendredi 22 juillet 2005, p. 8, Marie-Catherine BEUTH
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(Juillet 2005) Maurice Levy, numéro cinq en France
L'année 2004 a été bonne pour les dirigeants français des groupes de médias et de communication.
Maurice Lévy, président de Publicis, et Alain de Pouzilhac, ex-PDG de Havas, arrivent en deuxième et troisième place du classement derrière Jean-René Fourtou, PDG de Vivendi Universal. Le premier, qui a fait une entrée remarquée à la cinquième place des dirigeants les mieux payés des quarante premières entreprises françaises, a reçu quelque 3 200 073 euros. Le second a perçu 2 738 450 euros.
Leurs rémunérations brutes - qui comprennent une part fixe et une part variable - ont respectivement augmenté de 45,9 % pour le premier et de 159,7 % pour le second par rapport à 2003.
A l'étranger, l'Américain John Wren, PDG d'Omnicom, a touché 4,3 millions d'euros en 2004. Pratique typiquement américaine : ses bonus (3,3 millions d'euros) représentent les quatre cinquièmes de sa rémunération. En revanche, celles de Michael Roth chez Interpublic et de Tateo Mataki chez Dentsu ne sont pas publiées. Les émoluments des dirigeants sont évidemment fonction des performances des entreprises. Mais les progressions ne sont pas nécessairement parallèles, comme le souligne le magazine américain Campaign. Quand Omnicom enregistre sur la période 2001-2004 une hausse de 43,8 % de ses bénéfices, son PDG, John Wren, voit sa rémunération grimper de 137,8 %.
Le Figaro, no. 18962, Le Figaro Économie, vendredi 22 juillet 2005, p. 8, Marie PERONNAU
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(Mai 2005) Eraflure judiciaire pour le préfet Dermouche Condamné à verser un euro à son ex-épouse
La vie privée d'Aïssa Dermouche ne nuira pas à sa carrière de haut fonctionnaire, même si, mardi, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné ce premier préfet issu de l'immigration pour « abandon de famille ». Épilogue d'un scandale aux conséquences nulles pour l'avenir de l'intéressé, comme l'a confirmé hier le ministère de l'Intérieur.
Le préfet, ancien directeur de l'école de management nantaise Audencia, était cité à comparaître après une instruction portant sur des paiements incomplets des pensions alimentaires de ses deux enfants. Son ex-femme, Michèle Pervier, avait porté plainte avec constitution de partie civile, entraînant automatiquement la saisine d'un juge d'instruction. C'est sur un arriéré de 197 euros, régularisé depuis plus d'un an, que s'est donc penché mardi le tribunal correctionnel de Nantes. « A l'issue d'une audience grotesque, le président a constaté le défaut de paiement, remarque M e Patrick Maisonneuve, avocat d'Aïssa Dermouche. Ce, en précisant qu'il ne relevait pas de la malveillance ou de l'intention de nuire mais de la négligence. » Le préfet a été dispensé de peine. Son ex-épouse recevra une réparation symbolique d'un euro, comme elle l'avait demandé.
Absent, le haut fonctionnaire, né en Algérie il y a 58 ans, a dénoncé dans un courrier un « guet-apens médiatico-judiciaire ». Une thèse reprise par M e Maisonneuve, qui souligne « la conco- mitance » entre la plainte déposée contre son client et sa nomination au poste de préfet du Jura. « L'affaire arrive également peu après les tentatives d'attentats dont il a été la victime », dit-il. En janvier 2004, La voiture du préfet tout juste nommé avait explosé devant son domicile. Une semaine plus tard, une seconde charge détruisait la porte d'entrée d'Audencia. Malgré une forte mobilisation des services de police, aucune des pistes explorées - entourage familial, politique ou professionnel - n'aboutira. L'instruction est aujourd'hui sur le point d'être close, sans résultat.
C'est dans ce contexte que Michèle Pervier porte, en avril 2004, son différend conjugal devant la justice. Et persiste, malgré plusieurs tentatives de conciliation. Une démission du préfet, nommé par Nicolas Sarkozy en vertu de la discrimination positive, sera alors évoquée.
Le jugement rendu mardi n'aura finalement aucune incidence sur la carrière du haut fonctionnaire, actuellement en poste à la préfecture de Lons-le-Saunier, dans le Jura. L'homme reste silencieux aujourd'hui.
« Les spéculations médiatico-parisiennes concernant la vie privée du préfet sont considérées dans le département comme des imbécillités, remarque un connaisseur du Jura. L'audience ne l'aura certainement pas affaibli. » C'est pourtant un homme « méfiant » et « très soucieux de son image » que décrivent ceux qui travaillent avec lui. « Après sa prise de fonction très médiatisée en février 2004, il se sent probablement attendu au tournant », note un journaliste local.
Le préfet Dermouche doit en effet faire ses preuves dans un département industriel qui affronte depuis quelques mois de graves difficultés économiques. « Les secteurs du jouet et de la lunette sont notamment confrontés aux restructurations et aux délocalisations, indique Armant Spicher, rédacteur au Progrès. Il lui a fallu gérer la crise, puis mobiliser des aides financières. » Dans le Jura, Aïssa Dermouche est donc avant tout un préfet certes « rigide et un peu froid », mais aussi « rigoureux » et « travailleur ». Selon un observateur, « c'est un grand ambitieux qui, animé par une haute idée de lui-même, ne veut surtout pas compromettre son avenir ».
Le Figaro, no. 18907, Le Figaro, jeudi 19 mai 2005, p. 10, Delphine Chayet, Dominique HERVOUET
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(Décembre 2005) Mise en examen d'un chiraquien de l'ombre
Alexandre Djouhri est poursuivi pour violence, à propos de Veolia.
L'homme d'affaires Alexandre Djouhri a été mis en examen. Ce lobbyiste discret, intime de Maurice Gourdault-Montagne (conseiller à l'Elysée), d'Henri Proglio (PDG de Veolia) ou d'Arnaud Lagardère (patron d'EADS), avait déclenché l'an dernier un minipugilat dans l'hôtel George-V (Libération du 8 décembre 2004).
Djouhri, franco-algérien, actionnaire de Veolia, avait très mal pris l'intrusion de Mohammed Ajroudi, franco-marocain, prétendu représentant du prince Al-Waleed (neveu du roi d'Arabie Saoudite), dans la partie de Monopoly. Ajroudi affirmait sa volonté de prendre le contrôle de Veolia grâce à des capitaux du Moyen-Orient ; Djouhri lui a signifié à sa façon qu'il n'avait rien à faire dans la cour des grands. Leur petite algarade n'aurait jamais dû encombrer la justice et devrait même s'achever devant un simple tribunal de police : une seule personne est formellement poursuivie, ce qui rend impossible le délit de «violence en réunion».
Seul le contexte est intéressant : Djouhri, natif de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui fréquente aujourd'hui le gratin du CAC 40 et de la Chiraquie, est la preuve que l'ascenseur social n'est pas toujours en panne. Pour sa défense, Djouhri ne trouve rien de mieux que d'affirmer dans les dîners en ville que les journalistes qui s'intéressent à lui seraient forcément corrompus par ses ennemis, son métier ne consistant qu'à servir la France en favorisant ses exportations dans le monde arabe.
Libération, par Renaud LECADRE, QUOTIDIEN : vendredi 02 décembre 2005, p. 17
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(04 décembre 2005) Alexandra Rosenfeld, Miss Languedoc, élue Miss France 2006
Alexandra Rosenfeld, âgée de 19 ans, Miss Languedoc, a été élue Miss France 2006, samedi soir 3 décembre, par les téléspectateurs et un jury de personnalités présidé par Laetitia Hallyday, au palais des festivals de Cannes (Alpes-Maritimes).
En pleurs, elle a reçu sa couronne des mains de Cindy Fabre, Miss France 2005. Alexandra Rosenfeld mesure 1,73 m et étudie en 2ème année de BTS tourisme. Son ambition est "d'ouvrir une agence de voyage".
D'un accent chantant, elle a confié, peu après son sacre, qu'elle ne pensait "pas du tout être élue" et n'avait d'ailleurs "pas fait sa valise" pour les nombreux rendez-vous qui l'attendaient dès les premières heures de dimanche.
Célibataire, fille unique, la jeune femme, qui réside à Saint Thibéry (Hérault), a longtemps pratiqué l'athlétisme et se rêve en Miss France de la "simplicité".
UNE "BELLE BLONDE" APRÈS UNE "BELLE BRUNE"
Parmi 45 candidates, elle a devancé Sophie Ducasse, Miss Ile-de-France et 1ère dauphine, Laura Fasquel, Miss Albigeois Midi Toulousain et 2e dauphine, Elodie Lebon, Miss Réunion et 3e dauphine, Virginie Gaudeneche, Miss Pays d'Ain et 4e dauphine.
Se félicitant de l'élection de cette "belle blonde", succédant à une "belle brune", la présidente du Comité Miss France, Geneviève de Fontenay, a déclaré "enterré" l'affaire du doigt d'honneur pointé par une Miss non identifiée sur une photo de groupe parue le week-end dernier dans un magazine télé.
Pendant plus de trois heures d'émission retransmise en direct sur TF1, quarante-cinq jeunes filles de 18 à 25 ans, sélectionnées en métropole et Outre-Mer par les comités Miss France, ont tenté de séduire un jury de personnalités présidé par Laetitia Hallyday.
Passage obligé, le défilé des candidates en costume régional traditionnel a fait démarrer la cérémonie sur une note "terroir", renforcée cette année par la diffusion d'un clip présentant chaque miss dans sa région d'origine, du Pays d'Ain à l'Artois Hainaut en passant les Comminges et la Loire Forez.
BIKINI
Avec les images des jeunes filles s'ébattant dans les eaux claires de l'Ile de la Réunion, lors d'un séjour de préparation, l'élection a pris un tour plus glamour qui a culminé lors de la présentation des douze finalistes en bikini, une première, en plus d'un demi-siècle de Miss France. Pour cette mini-révolution, acceptée du bout des lèvres par Geneviève de Fontenay, un maillot deux-pièces brun décoré d'une fleur rose avait été choisi par la "dame au chapeau".
Peu avant 23 heures, seules cinq Miss étaient encore en course et s'attachaient à surmonter leur trac pour répondre aux questions d'un jury comptant les acteurs Marlène Jobert, Mathilde Seigner, Jean Reno et Bruno Putzulu, l'ancien pilote automobile Paul Belmondo, Corine Coman (Miss France 2003), les chanteurs Johnny Hallyday et Jenifer. Ces deux derniers ont également assuré l'animation de la soirée en interprétant chacun une chanson, en plus d'une reprise de "Fly me to the moon" par Dany Brillant.
De l'autre côté de l'écran, plus de 300 000 appels de téléspectateurs participant à l'élection ont été enregistrés par la production. Comme toujours, leurs voix n'ont compté que pour un tiers "afin d'éviter un vote régionaliste".
LEMONDE.FR | 04.12.05 | 10h00, Mis à jour le 04.12.05 | 10h30
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