Mai 2011. Football blacks-beurs-blancs : Lilian Thuram et Yannick Noah (blacks), Mohammed Belkacemi (beur), versus Blanc, qui aurait eu des propos racistes (le Noir est "grand" et "puissant"), selon le raciologue Michel Wieviorka ; sauvé par le beur qui préfère sa soeur à la France ? ... Mise au pilori médiatique : Blanc s'excuse sur TF1 d'avoir dit que les Blacks étaient "puissants" et ne pas avoir protesté contre les quotas positifs pro-petits-blancs. Discrimination beur-positive : la "ministre" Jeannette Bougrab avait bien doublé son salaire à la Halde. Racisme anti-Blanc ? Le Cran veut porter plainte
Avril 2011. Pas de discrimination positive pour les petits-blancs du football

Décembre 2005. Actionnaire de Veolia ; miss France ???
Juillet 2005. Médias et communication : 33 millions d'euros annuels pour le big boss britannique ; 3 millions seulement pour le français ...
Novembre 2004. Johnny Halliday : une adoption rapide gràce aux époux Chirac
Janvier 2004. Un préfet «modèle» d'intégration
18 mai 2005. Petite éraflure judiciaire
25 janvier 2004. Attentat contre son école de commerce de Nantes
22 janvier 2004. Une affaire "sexuelle" ?
20 janvier 2004. Les noirs veulent, eux aussi, un préfet ...
18 janvier 2004. Attentat contre sa voiture ; une affaire explosive

14 janvier 2004. Une nomination sur fond de polémique autour de la discrimination positive
Un cadeau d'anniversaire.
Aujourd'hui, alors qu'il fête ses 57 ans, Aïssa Dermouche est nommé préfet par le Conseil des ministres. Sur fond de polémique autour de la discrimination positive, cette nomination fera date. Le discours officiel salue la promotion d'un «préfet issu de l'immigration», formule retenue par la Chiraquie pour contrer l'expression «préfet musulman» lancée par Nicolas Sarkozy.

Bardé de diplômes.
Homme affable, posé, soigneusement urbain, Aïssa Dermouche n'a jamais mis en avant ses origines kabyles pour se définir. Il s'est toujours plutôt affiché comme un modèle d'intégration. Deux fois divorcé, père de quatre enfants, il se dit amateur de Verdi et de Fellini, de golf et de Woody Allen. Aïssa Dermouche a passé son bac à Alger, avant de poursuivre ses études supérieures en France, à la fin des années 60. Bardé de diplômes, en sciences sociales, sciences de l'information et en gestion, titré de l'Ecole de commerce et d'administration de Paris et de l'Institut de recherche des transports, il est aussi diplômé d'Harvard, mais par l'établissement de Stockholm, l'International Teaching Program. Il a intégré en 1976 l'Ecole supérieure de commerce de Nantes dont il a pris les commandes en 1989, quadruplant ses effectifs qui comptent aujourd'hui 70 professeurs permanents et 300 experts associés, encadrant 1 860 étudiants, dont 20 % d'étrangers venus de 36 pays. Péché véniel pour le grand public, mais assez mal vu par le milieu universitaire et dans l'enseignement supérieur, il a un peu bluffé en s'attribuant des diplômes abusifs sur ses cartes de visites et au sein des documents de présentation de l'école en 1985.

Légion d'honneur.
La semaine dernière, Jacques Chirac a tenu à souligner qu'il était à l'origine de la nomination ­ sans doute dans le Jura, selon l'Agence France-Presse ­ de ce préfet «issu de l'immigration» : «J'ai donné des instructions formelles à tous les ministres, surtout au ministre de l'Intérieur», avait-il indiqué en marge de ses voeux à la presse. La réussite de Aïssa Dermouche lui aura sans doute été signalée par son directeur de cabinet à l'Elysée, Michel Blangy, ex-préfet des Pays de la Loire. Balladurien d'abord, chiraquien ensuite, Aïssa Dermouche a eu, dans son parcours, quelques inflexions mitterrandiennes. Il participe régulièrement aux «Dîners du siècle» à Paris qui réunissent chefs d'entreprise et politiques. En 1996, il s'était fait remettre la Légion d'honneur grâce à l'appui d'Alain Lamassoure, alors ministre de Jacques Chirac.
Libération, Par de LA CASINIERE Nicolas, mercredi 14 janvier 2004

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Attentat contre la voiture du préfet

AÏSSA DERMOUCHE, l'homme que l'on présente depuis une semaine comme « le préfet issu de l'immigration » voulu par Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac au nom du principe de « la discrimination positive », a été la cible d'un attentat hier, à quelques dizaines de mètres de son appartement. Sa voiture a été soufflée vers 4 h 40 du matin, selon toute vraisemblance par un engin explosif placé sous le capot du moteur. Le nouveau préfet du Jura, nommé mercredi dernier en Conseil des ministres, avait passé la soirée de samedi au stade de la Beaujoire où il avait assisté au large succès du FC Nantes sur Ajaccio.

Un dernier moment passé dans les tribunes en passionné, avant son départ pour Lons-le-Saunier. A son retour, vers 23 heures, il avait garé sa voiture dans une rue près de l'avenue Camus, dans le quartier chic et central de Nantes. Un détail intrigue déjà le procureur de la République de Nantes : « Il s'est garé dans une rue autre que la sienne, il fallait le savoir ! » Le préfet aurait donc été suivi.

Résultats d'analyses communiqués aujourd'hui En tout cas, le magistrat n'a pas de doute sur le caractère criminel du geste et souligne même « un acte bien préparé ». Les témoins les plus proches non plus : « L'explosion a secoué la maison, tout a tremblé, raconte la propriétaire de la maison devant laquelle s'était garé Aïssa Dermouche. Ma fille, dont la chambre donne sur la rue, est profondément choquée. Certaines portes ont été désaxées, on a d'abord cru à l'explosion d'une canalisation de gaz et, quand on a vu la voiture, on a pensé à une bombe. »

Hier, dès 9 heures, le véhicule d'Aïssa Dermouche a été placé dans la cour du commissariat de Nantes pour un examen plus attentif des débris. « Il faut savoir quel explosif a été utilisé et surtout s'il y avait une minuterie avec l'engin », expliquait hier un enquêteur. L'engin était-il sous le capot depuis plus longtemps ? De leur côté, les occupants de la maison devant laquelle l'explosion a eu lieu affirment n'avoir rien entendu entre 23 heures et 4 heures du matin .

« C'est une question centrale. Les auteurs de cet acte voulaient-ils faire des dégâts matériels ou bien tuer ? Avec les premiers résultats des analyses attendus demain, on connaîtra leur degré de détermination », disait hier un policier. La veille du drame, une manifestation contre l'interdiction du port du foulard islamique à l'école avait rassemblé 800 personnes à Nantes, parmi lesquelles quelques religieux intégristes.

Ces derniers mois, des enquêtes financières avaient permis de repérer quelques mécènes de mouvements islamistes radicaux. Mais le spectre balayé par les enquêteurs est beaucoup plus large et va de certains mouvements d'extrême droite (dont un militant avait commis un attentat à La Baule il y a quelques années) aux religieux juifs intégristes, en passant par quelques très mauvais plaisants ou provocateurs imbéciles...

A Nantes, la nouvelle de cet attentat a surpris : « La nouvelle de la nomination de M. Dermouche comme préfet a fait le tour du monde. Il a reçu des messages par centaines. Des mots pour le féliciter et l'encourager et pas une seule lettre d'injures », assure l'un de ses proches. Depuis hier matin, l'immeuble où réside le préfet du Jura est sous haute surveillance et la protection a été étendue à ses déplacements et à ceux de ses proches.
Rodolphe Landais, Le Parisien, lundi 19 janvier 2004, p. 4

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(Décembre 2001) Le premier ministre français, M. Lionel Jospin, dans son discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le 1er décembre 2001, a affirmé que l'indemnisation des orphelins des déportés juifs de la deuxième guerre mondiale, prévue par le décret du 13 juillet 2000, ne sera pas étendue aux orphelins des déportés non juifs ; cette discrimination positive étant justifiée par "la situation exceptionnelle créée par la politique d'extermination de la communauté juive résidant en France", politique "menée en France durant l'occupation à l'égard des juifs".

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Des Noirs réagissent à la nomination du préfet Aïssa Dermouche.
«On suppose que l'immigration se résume aux Maghrébins»

Ils ont peur d'être les oubliés de la discrimination positive. Après la nomination en Conseil des ministres d'Ais Dermouche au poste de préfet du Jura (lire aussi page 18), certains citoyens originaires d'Afrique noire ou des DOM-TOM s'inquiètent d'être laissés pour compte. Et s'en émeuvent publiquement.

Amers.
Jeudi 15 janvier, 10 h 22. Un communiqué de presse intitulé «Préfet issu de l'immigration : le cri d'alarme "des Noirs de France"» arrive par e-mail à Libération. Il est signé Patrick Lozès, ancien candidat UDF en 2002 aux élections législatives dans la première circonscription de Paris, né au Bénin. Le ton est dur. «Au lendemain de la nomination d'un "préfet issu de l'immigration", les citoyens originaires d'Afrique noire s'émeuvent de ce qu'une trop grande lumière portée sur les uns contribue à laisser les autres dans l'ombre. Amers, ils attirent l'attention des pouvoirs publics sur la situation d'abandon dans laquelle se trouvent les citoyens originaires d'Afrique noire et des DOM-TOM. Ils estiment que la valeur d'universalisation qui est attribuée, en matière d'intégration, à l'immigration en provenance des pays du Maghreb (notamment algérienne), dans les discours et les actes officiels, concourt à passer durablement sous silence les migrations en provenance d'Afrique noire et des DOM-TOM.»

Le lendemain, deux autres communiqués émanant de personnalités noires réagissent à cette nomination. Gaspard-Hubert Lonsi Koko, militant socialiste à Paris dans le XVe, prend la plume pour demander «que la nomination du préfet Aïssa Dermouche, cette excellente initiative, ne soit pas l'arbre qui cache la forêt.. D'autres citoyens issus de l'immigration non européenne ­ notamment de l'Afrique subsaharienne ­ et des DOM-TOM méritent également de sortir de l'ombre». Dogad Dogoui, homme d'affaires fondateur du club Africagora qui milite à l'anglo-saxonne pour la promotion sociale des Noirs de France, l'admet : «On tire la sonnette d'alarme.» Partisan d'une discrimination positive à la française, il se félicite de la nomination de Dermouche : «Bravo, bonne nouvelle. Mais où sont les Noirs ?» Pour lui, «les plus visibles, les Noirs, on ne les voit pas. On les relègue au fond de la classe». Familier des antichambres des cabinets ministériels, constamment en contact avec un réseau de businessmen et de diplômés, Dogoui espère que cette nomination inaugure une politique plus volontariste. «Enfonçons cette porte : si on ne demande rien, on passera à la trappe.» Il a commencé un travail de recensement pour constituer un «annuaire des compétences» des personnes originaires d'Afrique et d'outremer. «On dit aux entrepreneurs, aux institutions : vous voulez des gens ? On sait où ils sont... ils végètent.»

Fier.
Olivier Falla-Etzol, lui, ne végète pas. Ce trentenaire né aux Antilles et élevé à Grigny par une mère aide soignante est aujourd'hui consultant en stratégie et enseignant à Paris-XII en droit des sociétés. Il aurait pu se retrouver dans des filières poubelles. «Quand j'étais en CP et CE1, un instit' m'aidait au fond de la classe, et j'ai rattrapé mon retard. L'école était mixte, il y avait des Blancs, des beurs, des Blacks, on jouait tous au foot ensemble ; aujourd'hui, il n'y a plus de mélange. L'école ne fonctionne plus.» Il faut donc, selon lui, compenser par des actions volontaristes. Un corpus juridique existe (notamment européen), note-t-il. Mais comment mettre en place des politiques publiques de discrimination positive sans d'abord étudier les différentes composantes de la population française ? «Parler d'un préfet "musulman" n'était pas le bon mot. Mais on ne reconnaît pas de minorité ethnique en France. Je le regrette.»

«Quand on dit "immigration", on pense maghrébin, on visualise arabe, et maintenant kabyle», dit Dogad Dogoui, d'Africagora. Quand Sarkozy a parlé de «préfet musulman», les Africains pratiquants de l'islam savaient que le ministre de l'Intérieur ne s'adressait pas à eux. «C'était évident que c'était quelqu'un originaire d'Afrique du Nord, que cela ne concernait pas tous les musulmans», estime Adamo Doumbia, médecin à Marseille depuis vingt-trois ans, président de l'Amicale des Français d'origine africaine et, lui aussi, musulman. «Qu'il soit kabyle, ou du Sud, ou maghrébin, je suis fier, ce préfet est du continent.»

Joseph Pululu est l'animateur de Radio Mangembo, qu'il qualifie d'«afropolitaine», basée à Melun. «On suppose que toute l'immigration se résume aux Maghrébins. On a eu Tokia Saïfi, Malek Boutih, Aïssa Dermouche... Une communauté est laissée sur le bord de la route... Ça fait mal de ne pas faire partie du débat.» Qu'attend-il ? «Un signal fort : que les partis donnent de bonnes places sur les listes aux élections.» Puis, plus modeste, plus réaliste aussi : «Au moins qu'on propose un entretien d'embauche aux diplômés qui ne trouvent rien.» Son fils, après une maîtrise d'informatique et une licence de maths, a dû envoyer «50 lettres rien que pour un stage». Il travaille aujourd'hui à la radio, avec son père.

Compétition.
Autant de témoignages qui montrent que la discrimination positive version française suscite beaucoup d'attentes. De quoi conforter ceux qui s'en méfient : «Le danger de présenter ce préfet comme "issu de l'immigration", c'est que certaines composantes de l'immigration ne se reconnaissent pas, cela risque donc de favoriser le communautarisme, d'aggraver les clivages», déplore Issa Keïta, juriste spécialiste du marché financier. Stéphane Pocrain, ancien porte-parole des Verts, craint lui aussi les rivalités entre groupes. Même s'il est favorable à une politique d'affirmative action. «Quand ça avance pour les Maghrébins, ça avance pour moi.» Il désapprouve donc qu'une communauté revendique sa part du gâteau pour elle-même. «C'est vraiment un imaginaire colonial, où on peut assister à une compétition entre indigènes à qui on va distribuer des prébendes. C'est le danger.»
Libération, Par Charlotte ROTMAN, mardi 20 janvier 2004, p. 16

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Garde à vue prolongée pour le témoin

LA GARDE A VUE de l'ancien compagnon de l'ex-épouse du préfet du Jura, Aïssa Dermouche, dont la voiture a explosé le 18 janvier (2004), a été prolongée de 24 heures.
Jean-Claude H..., 61 ans, retraité, a été interpellé hier matin vers 2 heures, alors qu'il sortait de son domicile nantais (Loire-Atlantique), situé à proximité du lieu de l'attentat. Les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes avaient prévu de le placer en garde à vue à 6 heures, mais ont procédé à son arrestation lorsqu'ils l'ont vu sortir de chez lui.

Cette opération a été décidée après les déclarations d'Aïssa Dermouche et de sa seconde épouse, dont il a divorcé en 1994, qui ont fait part de difficultés relationnelles avec Jean-Claude H..., ancien kinésithérapeute.
M. Dermouche a notamment évoqué un « accrochage verbal » remontant au mois de novembre 2003 avec ce dernier, alors que son ex-femme a confirmé l'existence de relations difficiles entre les deux hommes. Selon une source proche de l'enquête, le litige porterait notamment sur l'éducation d'une des filles du préfet du Jura, dont Jean-Claude H... s'occupait.

Aïssa Dermouche a eu quatre enfants, dont deux avec sa seconde épouse.Les premières heures de garde à vue n'ont pas apporté d'éléments probants à l'appui de la thèse d'une vengeance d'ordre privé à la suite de la nomination très médiatisée du préfet « issu de l'immigration ». Jean-Claude H... a confirmé l'existence de relations tendues avec Aïssa Dermouche, tout en les minimisant. Il a farouchement nié être à l'origine de l'attentat commis contre le préfet.

Un ex-petit ami d'une fille du préfet également interrogé

Selon nos informations, les perquisitions au domicile nantais du retraité et dans sa résidence secondaire de La Baule ont permis de découvrir des coupures de presse relatives à l'attentat, ainsi que des traces de consultations sur Internet d'informations sur la nomination de M. Dermouche.
En revanche, les enquêteurs n'ont pas retrouvé d'élément permettant de rattacher directement l'ancien kiné à l'explosion de la voiture. De plus, les rares témoins des faits ne l'ont pas reconnu. La prolongation de la garde à vue du retraité vise à « purger » l'hypothèse « familiale ».
Par ailleurs, les policiers continuent à exploiter d'autres pistes d'ordre privé. Ils ont ainsi placé en garde à vue, hier à 16 h 30, Antoine S., un ex-compagnon d'une des filles du préfet, ainsi qu'un ami du jeune homme. L'ex-petit ami aurait mal vécu la séparation d'avec la jeune fille et Aïssa Dermouche avait dû intervenir pour « arrondir les angles ».
Une altercation verbale entre les deux hommes aurait eu lieu alors que le garçon avait bu. Ce dernier aurait-il voulu ensuite se venger ? Des analyses sont toujours en cours pour préciser la nature de la bombe artisanale.

« Les derniers éléments de l'enquête ne plaident pas en faveur d'une saisine du parquet de Paris (NDLR : qui centralise les procédures à caractère terroriste) », expliquait-on hier soir de source judiciaire. Cependant, l'enquête se poursuit dans toutes les directions, notamment vers les groupuscules radicaux de la région nantaise (extrême droite, autonomistes bretons, islamistes radicaux), dont aucun ne semble particulièrement « actif ».
Christophe Dubois, Le Parisien, jeudi 22 janvier 2004, p. 14

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Dermouche, nomination détonante
Charge explosive contre l'école de commerce de Nantes, que dirigeait le nouveau préfet.

Il a été promu pour son itinéraire modèle d'intégration. Et sa nomination comme préfet «issu de l'immigration» a été annoncée à grand renfort de trompettes. Aujourd'hui, Aïssa Dermouche regrette peut-être d'avoir été brutalement sorti de son relatif anonymat au titre de la promotion pour «discrimination positive» si chère à Nicolas Sarkozy (lire aussi page 12). Car sa vie a brutalement basculé dans le registre des faits divers, cible coup sur coup de deux attentats. La semaine dernière, c'était sa voiture qui explosait. Hier matin, c'est le portail de l'école de commerce de Nantes dont il était le directeur, avant d'être nommé préfet du Jura, qui sautait. Comme le précédent, cet attentat n'a fait ni victime ni blessé. Il n'a pas non plus été revendiqué.

Rien vu.
Il était 6 h 15, hier. Le concierge et les deux vigiles embauchés depuis une semaine pour une surveillance renforcée de l'école Sup de co n'ont rien vu. Pas même une ombre s'enfuir à moto, en voiture ou en courant. Les premiers constats des enquêteurs évoquent une «explosion de faible intensité» et un engin assez rudimentaire. La déflagration a pourtant été entendue à près de 8 km dans les quartiers est de la ville. Certains ont même pensé à un avion passant le mur du son. Les dégâts sont minimes : une porte d'entrée détruite, des lattes métalliques du faux plafond arrachées ou tordues. Des fonctionnaires de police scientifique de la PJ et du service explosion du Laboratoire central de déminage de la préfecture de police de Paris ont été dépêchés en début d'après-midi pour recueillir le moindre indice.

Entre cet attentat et l'explosion de la Saab d'Aïssa Dermouche près de son domicile, une semaine, jour pour jour, s'est écoulée. De nombreuses thèses ont été évoquées par la justice : motivations politiques, racistes, vengeances privées ou professionnelles, sans qu'une orientation d'enquête ne se confirme. La piste terroriste ? Vite écartée : le mode opératoire paraît trop sommaire. Le procureur de la République réclame le temps de l'analyse scientifique pour «acquérir des certitudes et effectuer les comparaisons entre la nature des explosifs, la façon de procéder de ces affaires qui revêtent un caractère local à huit jours de distance, même s'il existe de fortes présomptions de rapprochement».

La similitude des deux actes accrédite l'idée de réitération par un auteur identique, mais l'enquête n'écarte pas des auteurs différents dans une éventuelle «stratégie pour brouiller les pistes», selon le magistrat. «Ce n'est ni de la dynamite, ni un produit manufacturé ou un explosif industriel. Mais il ne faut pas se précipiter avant d'être certain qu'il s'agit des mêmes produits, issus de la même source, d'autant que les analyses techniques ne sont pas abouties», poursuit-il. Le bâtiment, dont «la structure n'a pas été endommagée», n'était doté d'«aucune caméra de surveillance extérieure».

La carrière de ce préfet sorti du rang débute sous de bien curieux auspices. Sa nomination a d'abord été entourée d'une polémique sémantique et politique entre Sarkozy et Chirac le qualifiant de «musulman» ou «issu de l'immigration», ce qu'Aïssa Dermouche n'a jamais mis en avant. Directeur de l'école Audencia depuis de longues années, cet homme qualifié de discret aurait préféré qu'on retienne sa désignation comme préfet au seul titre de ses qualités personnelles. Mais il devait être un symbole pour Sarkozy, bien décidé à faire vivre son slogan en faveur de la «discrimination positive».

Vie privée au grand jour.
Ensuite, et en cherchant d'éventuels coupables, les enquêteurs se sont orientés sur la piste des proches d'Aïssa Dermouche, dont une partie de la vie privée s'est de fait trouvée étalée au grand jour. La semaine dernière, trois hommes ont en effet été placés en garde à vue, dont un ancien compagnon de la deuxième épouse d'Aïssa Dermouche et un ami de sa fille. Victime persistante, au moins symbolique, de deux explosions en huit jours, le nouveau préfet se trouve paradoxalement sur la sellette : pour comprendre ce qui pourrait valoir un tel acharnement et en l'absence de piste sérieuse, sa personnalité et son parcours sont mis en question.

Lorsque la voiture du nouveau préfet a explosé, la classe politique, vite indignée, a dénoncé haut et fort l'attaque au symbole de l'Etat. Hier, après l'explosion de la charge devant l'école de commerce, elle s'est montrée étonnamment discrète.
Libération, Par de LA CASINIERE Nicolas, lundi 26 janvier 2004, p. 16

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Préfet Dermouche : la piste d'une vengeance explosive
Deux proches de son ex-femme ont été placés en garde à vue.

«Des jalousies d'ordre privé», avait envisagé dimanche le procureur de la République de Nantes, parmi d'autres pistes, après l'explosion volontaire de la voiture d'Aïssa Dermouche, préfet issu de l'immigration tout juste nommé. Le véhicule avait sauté au petit matin dans une rue des beaux quartiers nantais. Un kinésithérapeute à la retraite résidant à Nantes, ancien compagnon de la seconde ex-femme d'Aïssa Dermouche, a été interpellé et mis en garde à vue mardi en fin de soirée, pour être auditionné par la police judiciaire dans le cadre de l'enquête.

Concubinage discret.
L'homme, d'une soixantaine d'années, aurait eu un contentieux avec le nouveau préfet. Il se serait disputé avec lui, pour des motifs parfaitement privés, notamment à propos des deux enfants d'Aïssa Dermouche issus de ce mariage. Les difficultés de la procédure de divorce lancée en 1994 entre l'ancien directeur de l'Ecole supérieure de commerce de Nantes et son ex-femme ont amené celle-ci à rester très discrète sur son concubinage. Sa famille a été tenue à l'écart, jusqu'à ne pas connaître le nom de son compagnon. Par ailleurs, cette ex-épouse ­ qui a été entendue mardi ­ habite la rue où Aïssa Dermouche avait stationné sa voiture samedi soir. A trente mètres de son propre domicile.

Après des hypothèses politiques, voire racistes ou même intégristes, un soupçon islamiste radical, une piste d'extrême droite locale, évoquée par une radio périphérique, et une déclaration de Charles Pasqua accusant les réseaux bretons, l'enquête semble se concentrer essentiellement sur l'entourage d'Aïssa Dermouche.

Déclarations décalées. Si cette éventualité se confirmait, les grandes déclarations de la classe politique ­ du président de la République aux ténors politiques ­ paraîtraient un brin décalées. En tout cas sans aucun rapport avec les faits. Et ce d'autant plus que le dispositif explosif se révèle être de facture artisanale, sans retardateur ni mécanisme de déclenchement ou de minuterie. Loin de tout professionnalisme.

Contrairement aux premières explications des enquêteurs, la charge n'aurait pas été glissée dans le moteur après avoir forcé le capot de la Saab du préfet du Jura, mais juste posée sur ce capot. De la poudre noire servant à la fabrication de munitions et les restes d'une mèche lente ont été retrouvés près du véhicule incendié après l'explosion. Rien de très élaboré, en somme.

Plusieurs sources proches de l'enquête affirment néanmoins que ce placement en garde à vue «ne signifie pas du tout» que policiers et magistrats «ont la certitude» de tenir un coupable. Hier pourtant, en fin d'après midi, une seconde personne était placée en garde à vue. Et dans la soirée, le procureur adjoint, en charge du dossier en l'absence du procureur, se refusait encore à la moindre déclaration.
Libération, Par de LA CASINIERE Nicolas, jeudi 22 janvier 2004

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(Novembre 2004) Adoption : Jade Hallyday est arrivée à Paris

JOHNNY HALLYDAY et sa femme Laeticia sont revenus du Viêt Nam hier, en fin d'après-midi, avec leur fille adoptive Jade. Arrivée par le vol Hanoi-Paris de 17 h 20, Laeticia est sortie en serrant contre elle son bébé désiré depuis si longtemps, chaudement emmitouflé dans une couverture polaire écrue, entourée de plusieurs policiers et gardes du corps. Le chanteur, de son côté, a filé par une autre issue, à l'abri des photographes.

Aucun des deux ne s'est exprimé. La chambre du bébé, âgé de 3 mois, est déjà prête dans la maison du couple à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine).

Une adoption rapide grâce à l'aide apportée par Jacques et Bernadette Chirac

Johnny et Laeticia étaient arrivés vendredi dernier dans la capitale vietnamienne pour adopter Jade, soignée jusqu'à présent dans l'orphelinat Thanh Ba de la province de Phu Tho, l'une des plus pauvres du pays, à 70 km au nord-ouest de Hanoi.
Les formalités d'adoption n'ont été achevées qu'avant-hier. Une adoption assez rapide qui a pu se faire grâce à l'aide apportée dans ce dossier par Jacques et Bernadette Chirac, très proches du chanteur, qui ont beaucoup oeuvré pour faciliter les démarches.
Johnny et Laeticia avaient failli s'envoler avec le couple présidentiel lors de leur voyage en Chine en octobre, mais le projet avait été annulé in extremis. Mais c'est finalement le président de la République lui-même qui a annoncé en fin de semaine dernière au chanteur que le dossier d'adoption était débloqué, alors que la première demande remontait au mois de juin. Le couple essayait depuis longtemps, sans succès, d'avoir un enfant.
Le Parisien, 27 novembre 2004, p. 13

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(Juillet 2005) Martin Sorrel est le patron britannique le mieux payé
Le président du groupe de publicité WPP a gagné 33 millions d'euros en 2004

Une percée spectaculaire. A la suite d'un décuplement de ses revenus en 2004, sir Martin Sorrell, président du réseau publicitaire WPP, numéro deux mondial du secteur, est devenu le président britannique le mieux payé. Selon l'agence Bloomberg, sa rémunération s'est élevée l'an passé à 23 millions de livres, soit 33 millions d'euros. Sir Martin Sorrell devance ainsi les 99 dirigeants des 100 premières sociétés britanniques cotées au FTSE 100 dont certains font partie de ses clients. Sur cette somme, près de 19 millions de livres (27 millions d'euros) s'expliquent par un plan « d'incentive » long terme.

La rémunération de celui qui dirige ce géant de la communication depuis vingt ans est plus de deux fois supérieure à celle du deuxième dirigeant britannique le mieux payé. Bart Becht, président du fabricant de produits ménagers et cosmétiques Reckitt Benckiser, a reçu 9,4 millions de livres (13,5 millions d'euros) en 2004. Premier en 2003, Bart Becht a subi une réduction de ses bonus d'un quart. Ce qui a diminué sa rémunération totale de 22 %.

La troisième place revient à Stanley Fink, qui a compensé une réduction de 18 % de son bonus par une gratification à long terme de 3,4 millions de livres (4,9 millions d'euros). Le PDG de MAN Group affiche ainsi une rémunération totale de 10,3 millions d'euros, en hausse de 2,9 %, alors que les bénéfices de la société ont progressé de 37 %.

Au total, la rémunération moyenne des PDG britanniques a progressé de 20 % en 2004, contre une hausse de 73 % en 2003. L'indice boursier FTSE 100 a, lui, augmenté de 16 % sur la période. Pour les spécialistes, ce ralentissement est une conséquence du scandale GlaxoSmithKline qui a secoué la City en 2003. Cette année là, plus de 50 % des actionnaires du géant pharmaceutique avaient rejeté dans le courant du mois de mai un projet de rémunération des dirigeants et déclenché une chasse aux gros salaires chez les patrons britanniques.

Digne des Etats-Unis, la rémunération de sir Martin Sorrell pourrait encore grossir. Selon le nouvel accord qu'il a signé, le président de WPP pourrait engranger 66 millions d'euros dans cinq ans si l'entreprise prend la première ou la seconde place dans un groupe de sociétés avec lesquelles ses performances seront comparées. Un objectif que les observateurs jugent « astronomique », voire irréalisable : « WPP aurait à surpasser toutes les autres entreprises », assure un analyste.

Pourtant, WPP a déjà réalisé un début d'année satisfaisant. Poursuivant l'intégration du groupe Grey, racheté l'an passé, le numéro deux mondial de la publicité a vu son chiffre d'affaires bondir de 20 % sur les cinq premiers mois de l'année. Il vise une hausse de 10 à 15 % de son bénéfice d'exploitation sur l'année et veut augmenter d'un point par an sa marge opérationnelle.

Autant d'éléments qui ont permis à sir Martin Sorrell de remporter l'adhésion de ses actionnaires. Quelque 80 % d'entre eux ont validé son salaire après modification de son contrat qui permet toutefois à WPP de congédier son président sans préavis. En 2003, 47 % des actionnaires s'étaient au contraire opposés aux exigences financières du président de WPP qui, un an plus tôt, avait réduit son salaire de 60 %. Soucieux d'étendre les coupes budgétaires frappant l'entreprise à son propre salaire s'élevant alors à 3,45 millions d'euros, il s'était contenté de 1,38 million d'euros. Le temps de traverser la tempête.

La rémunération de sir Martin Sorrel, à la tête du numéro deux mondial de la publicité, est plus de deux fois supérieure à celle du dirigeant qui arrive juste après lui au classement.
Le Figaro, no. 18962, Le Figaro Économie, vendredi 22 juillet 2005, p. 8, Marie-Catherine BEUTH

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(Juillet 2005) Maurice Levy, numéro cinq en France

L'année 2004 a été bonne pour les dirigeants français des groupes de médias et de communication.
Maurice Lévy, président de Publicis, et Alain de Pouzilhac, ex-PDG de Havas, arrivent en deuxième et troisième place du classement derrière Jean-René Fourtou, PDG de Vivendi Universal. Le premier, qui a fait une entrée remarquée à la cinquième place des dirigeants les mieux payés des quarante premières entreprises françaises, a reçu quelque 3 200 073 euros. Le second a perçu 2 738 450 euros.

Leurs rémunérations brutes - qui comprennent une part fixe et une part variable - ont respectivement augmenté de 45,9 % pour le premier et de 159,7 % pour le second par rapport à 2003.

A l'étranger, l'Américain John Wren, PDG d'Omnicom, a touché 4,3 millions d'euros en 2004. Pratique typiquement américaine : ses bonus (3,3 millions d'euros) représentent les quatre cinquièmes de sa rémunération. En revanche, celles de Michael Roth chez Interpublic et de Tateo Mataki chez Dentsu ne sont pas publiées. Les émoluments des dirigeants sont évidemment fonction des performances des entreprises. Mais les progressions ne sont pas nécessairement parallèles, comme le souligne le magazine américain Campaign. Quand Omnicom enregistre sur la période 2001-2004 une hausse de 43,8 % de ses bénéfices, son PDG, John Wren, voit sa rémunération grimper de 137,8 %.
Le Figaro, no. 18962, Le Figaro Économie, vendredi 22 juillet 2005, p. 8, Marie PERONNAU

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(Mai 2005) Eraflure judiciaire pour le préfet Dermouche Condamné à verser un euro à son ex-épouse

La vie privée d'Aïssa Dermouche ne nuira pas à sa carrière de haut fonctionnaire, même si, mardi, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné ce premier préfet issu de l'immigration pour « abandon de famille ». Épilogue d'un scandale aux conséquences nulles pour l'avenir de l'intéressé, comme l'a confirmé hier le ministère de l'Intérieur.

Le préfet, ancien directeur de l'école de management nantaise Audencia, était cité à comparaître après une instruction portant sur des paiements incomplets des pensions alimentaires de ses deux enfants. Son ex-femme, Michèle Pervier, avait porté plainte avec constitution de partie civile, entraînant automatiquement la saisine d'un juge d'instruction. C'est sur un arriéré de 197 euros, régularisé depuis plus d'un an, que s'est donc penché mardi le tribunal correctionnel de Nantes. « A l'issue d'une audience grotesque, le président a constaté le défaut de paiement, remarque M e Patrick Maisonneuve, avocat d'Aïssa Dermouche. Ce, en précisant qu'il ne relevait pas de la malveillance ou de l'intention de nuire mais de la négligence. » Le préfet a été dispensé de peine. Son ex-épouse recevra une réparation symbolique d'un euro, comme elle l'avait demandé.

Absent, le haut fonctionnaire, né en Algérie il y a 58 ans, a dénoncé dans un courrier un « guet-apens médiatico-judiciaire ». Une thèse reprise par M e Maisonneuve, qui souligne « la conco- mitance » entre la plainte déposée contre son client et sa nomination au poste de préfet du Jura. « L'affaire arrive également peu après les tentatives d'attentats dont il a été la victime », dit-il. En janvier 2004, La voiture du préfet tout juste nommé avait explosé devant son domicile. Une semaine plus tard, une seconde charge détruisait la porte d'entrée d'Audencia. Malgré une forte mobilisation des services de police, aucune des pistes explorées - entourage familial, politique ou professionnel - n'aboutira. L'instruction est aujourd'hui sur le point d'être close, sans résultat.

C'est dans ce contexte que Michèle Pervier porte, en avril 2004, son différend conjugal devant la justice. Et persiste, malgré plusieurs tentatives de conciliation. Une démission du préfet, nommé par Nicolas Sarkozy en vertu de la discrimination positive, sera alors évoquée.

Le jugement rendu mardi n'aura finalement aucune incidence sur la carrière du haut fonctionnaire, actuellement en poste à la préfecture de Lons-le-Saunier, dans le Jura. L'homme reste silencieux aujourd'hui.

« Les spéculations médiatico-parisiennes concernant la vie privée du préfet sont considérées dans le département comme des imbécillités, remarque un connaisseur du Jura. L'audience ne l'aura certainement pas affaibli. » C'est pourtant un homme « méfiant » et « très soucieux de son image » que décrivent ceux qui travaillent avec lui. « Après sa prise de fonction très médiatisée en février 2004, il se sent probablement attendu au tournant », note un journaliste local.

Le préfet Dermouche doit en effet faire ses preuves dans un département industriel qui affronte depuis quelques mois de graves difficultés économiques. « Les secteurs du jouet et de la lunette sont notamment confrontés aux restructurations et aux délocalisations, indique Armant Spicher, rédacteur au Progrès. Il lui a fallu gérer la crise, puis mobiliser des aides financières. » Dans le Jura, Aïssa Dermouche est donc avant tout un préfet certes « rigide et un peu froid », mais aussi « rigoureux » et « travailleur ». Selon un observateur, « c'est un grand ambitieux qui, animé par une haute idée de lui-même, ne veut surtout pas compromettre son avenir ».
Le Figaro, no. 18907, Le Figaro, jeudi 19 mai 2005, p. 10, Delphine Chayet, Dominique HERVOUET

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(Décembre 2005) Mise en examen d'un chiraquien de l'ombre
Alexandre Djouhri est poursuivi pour violence, à propos de Veolia.

L'homme d'affaires Alexandre Djouhri a été mis en examen. Ce lobbyiste discret, intime de Maurice Gourdault-Montagne (conseiller à l'Elysée), d'Henri Proglio (PDG de Veolia) ou d'Arnaud Lagardère (patron d'EADS), avait déclenché l'an dernier un minipugilat dans l'hôtel George-V (Libération du 8 décembre 2004).

Djouhri, franco-algérien, actionnaire de Veolia, avait très mal pris l'intrusion de Mohammed Ajroudi, franco-marocain, prétendu représentant du prince Al-Waleed (neveu du roi d'Arabie Saoudite), dans la partie de Monopoly. Ajroudi affirmait sa volonté de prendre le contrôle de Veolia grâce à des capitaux du Moyen-Orient ; Djouhri lui a signifié à sa façon qu'il n'avait rien à faire dans la cour des grands. Leur petite algarade n'aurait jamais dû encombrer la justice et devrait même s'achever devant un simple tribunal de police : une seule personne est formellement poursuivie, ce qui rend impossible le délit de «violence en réunion».

Seul le contexte est intéressant : Djouhri, natif de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), qui fréquente aujourd'hui le gratin du CAC 40 et de la Chiraquie, est la preuve que l'ascenseur social n'est pas toujours en panne. Pour sa défense, Djouhri ne trouve rien de mieux que d'affirmer dans les dîners en ville que les journalistes qui s'intéressent à lui seraient forcément corrompus par ses ennemis, son métier ne consistant qu'à servir la France en favorisant ses exportations dans le monde arabe.
Libération, par Renaud LECADRE, QUOTIDIEN : vendredi 02 décembre 2005, p. 17

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(04 décembre 2005) Alexandra Rosenfeld, Miss Languedoc, élue Miss France 2006

Alexandra Rosenfeld, âgée de 19 ans, Miss Languedoc, a été élue Miss France 2006, samedi soir 3 décembre, par les téléspectateurs et un jury de personnalités présidé par Laetitia Hallyday, au palais des festivals de Cannes (Alpes-Maritimes).

En pleurs, elle a reçu sa couronne des mains de Cindy Fabre, Miss France 2005. Alexandra Rosenfeld mesure 1,73 m et étudie en 2ème année de BTS tourisme. Son ambition est "d'ouvrir une agence de voyage".

D'un accent chantant, elle a confié, peu après son sacre, qu'elle ne pensait "pas du tout être élue" et n'avait d'ailleurs "pas fait sa valise" pour les nombreux rendez-vous qui l'attendaient dès les premières heures de dimanche.

Célibataire, fille unique, la jeune femme, qui réside à Saint Thibéry (Hérault), a longtemps pratiqué l'athlétisme et se rêve en Miss France de la "simplicité".

UNE "BELLE BLONDE" APRÈS UNE "BELLE BRUNE"

Parmi 45 candidates, elle a devancé Sophie Ducasse, Miss Ile-de-France et 1ère dauphine, Laura Fasquel, Miss Albigeois Midi Toulousain et 2e dauphine, Elodie Lebon, Miss Réunion et 3e dauphine, Virginie Gaudeneche, Miss Pays d'Ain et 4e dauphine.

Se félicitant de l'élection de cette "belle blonde", succédant à une "belle brune", la présidente du Comité Miss France, Geneviève de Fontenay, a déclaré "enterré" l'affaire du doigt d'honneur pointé par une Miss non identifiée sur une photo de groupe parue le week-end dernier dans un magazine télé.

Pendant plus de trois heures d'émission retransmise en direct sur TF1, quarante-cinq jeunes filles de 18 à 25 ans, sélectionnées en métropole et Outre-Mer par les comités Miss France, ont tenté de séduire un jury de personnalités présidé par Laetitia Hallyday.
Passage obligé, le défilé des candidates en costume régional traditionnel a fait démarrer la cérémonie sur une note "terroir", renforcée cette année par la diffusion d'un clip présentant chaque miss dans sa région d'origine, du Pays d'Ain à l'Artois Hainaut en passant les Comminges et la Loire Forez.

BIKINI

Avec les images des jeunes filles s'ébattant dans les eaux claires de l'Ile de la Réunion, lors d'un séjour de préparation, l'élection a pris un tour plus glamour qui a culminé lors de la présentation des douze finalistes en bikini, une première, en plus d'un demi-siècle de Miss France. Pour cette mini-révolution, acceptée du bout des lèvres par Geneviève de Fontenay, un maillot deux-pièces brun décoré d'une fleur rose avait été choisi par la "dame au chapeau".

Peu avant 23 heures, seules cinq Miss étaient encore en course et s'attachaient à surmonter leur trac pour répondre aux questions d'un jury comptant les acteurs Marlène Jobert, Mathilde Seigner, Jean Reno et Bruno Putzulu, l'ancien pilote automobile Paul Belmondo, Corine Coman (Miss France 2003), les chanteurs Johnny Hallyday et Jenifer. Ces deux derniers ont également assuré l'animation de la soirée en interprétant chacun une chanson, en plus d'une reprise de "Fly me to the moon" par Dany Brillant.
De l'autre côté de l'écran, plus de 300 000 appels de téléspectateurs participant à l'élection ont été enregistrés par la production. Comme toujours, leurs voix n'ont compté que pour un tiers "afin d'éviter un vote régionaliste".
LEMONDE.FR | 04.12.05 | 10h00, Mis à jour le 04.12.05 | 10h30

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La FFF dément vouloir instaurer des quotas tf1.fr 29 avril 2011 - 10h43

Selon Mediapart, la FFF et Laurent Blanc voudraient limiter le nombre de Noirs et d'Arabes dans les équipes. Des accusations immédiatement réfutées par les intéressés.

L'affaire fait la Une de L'Equipe. L'article publié jeudi par Mediapart a fait l'effet d'une bombe. Le site d'information accuse la FFF de vouloir instaurer des quotas discriminatoires basés sur la couleur et l'origine des joueurs.

Les accusations de Mediapart

Le site d'informations générales affirme que la DTN (Direction Technique Nationale), en accord avec Laurent Blanc, aurait décidé d'instituer des quotas destinés à réduire « le nombre de joueurs de type africains et nord-africains. » François Blaquart, le nouveau directeur technique national, est mis en cause, tout comme l'actuel sélectionneur des Bleus qui aurait approuvé cette proposition.

Blanc et la FFF démentent

Philippe Tournon, porte-parole de l'équipe de France et de Laurent Blanc, dément formellement dans les colonnes de L'Equipe : « Je viens d'avoir Laurent, et jamais, absolument jamais, il n'a été question en sa présence de quotas liés à une couleur de peau, une origine. » Côté FFF, le président Fernand Duchaussoy déclare : « Jamais la Fédération n'a donné de telles consignes. Ce n'est pas dans notre philosophie. »

Une affaire d'Etat

Les démentis se multiplient dans les instances du football français, mais l'affaire est déjà remontée au plus haut niveau. Chantal Jouanno, ministre des Sports, a ainsi réagi dans le quotidien sportif : « Il appartient à la Fédération (FFF) de mener son enquête. C'est une accusation tellement grave que l'on ne peut se contenter de la balayer en disant : ‘Tout cela est faux'. »

Le monde du football français dans son entier est secoué par ce nouveau scandale. L'Etat veut qu'une enquête soit menée et Mediapart affirme avoir des preuves. Affaire à suivre... ------- Thuram persiste et signe Emmanuel Quintin(Sport24.com) 03/05/2011 | Mise à jour : 12:24 lefigaro.fr

Lilian Thuram a réaffirmé son opposition à toute forme de quotas Crédits photo : Panoramic Invité sur RTL lundi soir, Lilian Thuram a réaffirmé son opposition à l'instauration de quotas discriminatoires dans les centres de formation. Et indiqué qu'il trouvait les excuses formulées par Laurent Blanc insuffisantes.

Sur un terrain, Lilian Thuram se montrait intraitable face aux attaquants adverses.

Depuis qu'il a raccroché les crampons, le recordman du nombre de sélections en équipe de France n'a pas changé. Après la Coupe du Monde et la grève de Knysna, il avait réclamé que «Patrice Evra ne revienne plus jamais en équipe de France.» Et depuis jeudi dernier et la révélation par Mediapart de la possible volonté de la FFF d'établir des quotas discriminatoires dans ses centres de formation, le champion du monde 1998 s'est dit «abasourdi» par cette affaire. Ancien membre du conseil fédéral, qu'il a quitté en fin d'année, et aujourd'hui à la tête de la fondation Education contre le racisme, il a cherché à en savoir plus. De coups de fil en entretiens avec différents membres de la Fédération, Thuram s'est alors fait son opinion : «Nous sommes au cœur d'un scandale», assénait-il dimanche dans Téléfoot.

Les excuses insuffisantes de Blanc

Lundi soir, le héros de la demi-finale de Coupe du Monde 1998 contre la Croatie, en a remis une couche. Invité par son ancien coéquipier, Bixente Lizarazu, sur RTL, s'en est pris directement aux personnes présentes lors de la fameuse réunion du 8 novembre à la FFF, au cours de laquelle l'idée de quotas a été avancée. Et il n'a pas épargné Laurent Blanc, son ancien partenaire en équipe de France. «Ses excuses n'ont pas été à la hauteur de ce qui s'est passé», a déclaré Lilian Thuram. «J'ai eu l'occasion de parler avec le Président de la Fédération et Monsieur Le Graët au début de cette histoire. Ils m'ont dit que si cette histoire s'avérait vraie, ils se sépareraient de ces personnes. Rappelez-vous que Laurent Blanc lui-même a dit que si vraiment il y avait des gens qui avaient tenu ces propos, il fallait les exclure de la fédération. (...) Je pense que le tort qu'il a eu, c'est de nier (...) Soyons sérieux, je ne suis pas là pour attaquer Laurent Blanc, mais faisons les choses correctement», a-t-il expliqué tout en rappelant que «le problème n'est pas de savoir si Laurent Blanc est raciste ou pas, il est de savoir si on peut être favorable ou non à la discrimination d'enfants de 12 ans. Moi, je ne le suis pas.»

Une discrimination inadmissible

Sur le fond de l'affaire, le Guadeloupéen a donc rappelé son opposition à l'instauration de ces fameux quotas, expliquant notamment que le problème des binationaux, à l'origine de ce projet de quotas, était un faux problème. «Les meilleurs jouent toujours pour l'équipe de France. Ceux qui partent jouer dans d'autres sélections sont ceux qui n'ont pas le niveau pour être en équipe de France. Cette histoire de binationalité ne tient pas debout. Le vrai problème, c'est la volonté de discriminer des enfants de 12 ans. Et ce n'est pas possible ! C'est inadmissible» Un propos confirmé dans une interview accordée à Mediapart, dans laquelle l'ancien joueur de Monaco, Parme, la Juventus Turin ou Barcelone s'offusque que cette discrimination envisagée ne soit même pas assumée «puisque quelqu'un dit : "Il ne faut pas que cela se sache." C'est que vous savez que vous êtes en train de faire quelque chose d'illégal.» En conclusion, Lilian Thuram assure que s'il avait été dans la salle (Ndlr : où s'est tenue la réunion du 8 novembre), «cette discussion n'aurait pas eu lieu.»

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Noah : «Tous les renvoyer» lefigaro.fr (Sport24.com) 04/05/2011 | Mise à jour : 08:30

Interrogé par Mediapart, Yannick Noah a préconisé des sanctions radicales contre ceux qui ont évoqué l'instauration de quotas dans le football français.

«Il faut tous les renvoyer. Mais le problème, c'est que tu ne pourras pas. Tu pourras peut-être en virer une dizaine mais les autres vont rester. Alors je préfèrerais un vrai débat de fond» a expliqué l'ancien tennisman qui a évoqué le cas du sélectionneur : «Laurent (Blanc) dit: «les Blacks, ils courent plus vite, parce qu'ils sont plus costauds». Mais ça ne veut rien dire. C'est troublant. Je suis persuadé que si je me retrouve à table avec Laurent et qu'on a une conversation, je le fais changer d'avis en dix minutes.

Pour moi, c'est de l'ignorance. Tu peux être un très bon sélectionneur mais là, si tout est confirmé, c'est une grosse boulette.»

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Quotas FFF: la "taupe" Belkacemi se défend Mercredi 4 mai 2011 - 23:52 sport.fr

Mohammed Belkacemi sort de son silence. Le conseiller technique national pour le football des quartiers, qui a enregistré la réunion du 8 novembre 2010, s'est défendu d'être une taupe. Il voulait simplement que les dirigeants du football français soient au courant des propos tenus dans ce genre de réunion.

Mohammed Belkacemi se serait bien passé de cette publicité. Depuis mardi, le nom du conseiller technique national de la FFF pour le football des quartiers est connu de tous. C'est par lui que le scandale des quotas ethniques dans le football a explosé. Tout est parti d'un enregistrement, de la désormais fameuse réunion du 8 novembre 2010, avec notamment Laurent Blanc. Un enregistrement qui a depuis été dévoilé par le site Mediapart, et qui secoue le football français. Dans une interview livrée sur Infosport, Belkacemi, au côté de Jean-Pierre Escalettes sur la photo, s'est enfin expliqué, après s'être dénoncé à la Commission d'enquête interne de la FFF, qui l'a à nouveau entendu ce mercredi.

Sa ligne de défense est simple. Oui, il a bien enregistré la réunion du 8 novembre. "Pour témoigner en interne des propos inqualifiables que j’avais déjà entendus auparavant", se justifie-t-il. Il a ensuite remis son enregistrement dès le lendemain à la Fédération. Selon le Parisien, André Prévosto, chargé du football amateur, serait la personne à qui il aurait remis l'enregistrement. Belkacemi n'aurait donc pas pu donner l'enregistrement à la presse, ce qu'il réfute fortement. "Je n'ai donc jamais remis l'enregistrement à un journaliste." Il ne comprend donc pas pourquoi on le qualifie de taupe. " Cette affaire ne me profite pas. Elle me dépasse et me blesse, déplore-t-il. Je veux simplement faire mon travail. Je ne suis pas une star. Je n'ai aucun intérêt à bénéficier d'une telle publicité".

Duchaussoy "ne savait rien"

Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, a nié avoir été mis au courant de l'existence de l'enregistrement de la réunion du 8 novembre 2010, durant laquelle les quotas ethniques avaient été évoqués. Dans un communiqué transmis à l'AFP, Duchaussoy confesse n'avoir été mis au courant de cet enregistrement que la semaine passée. "Monsieur Prévosto a porté ces éléments pour la première fois à ma connaissance jeudi dernier, à la suite des révélations du site Mediapart, a-t-il expliqué. Après information des membres du Conseil Fédéral, dès vendredi (dernier), j'ai pris l'initiative de diligenter une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur cette affaire. Je n'hésiterai pas à poursuivre en justice toutes les personnes qui profèreraient à mon encontre des propos diffamatoires." Chantal Jouanno, la ministre des Sports, a quant à elle expliqué qu'il n'y avait aucune raison de ne pas croire les dirigeants de la FFF, Fernand Duchaussoy en tête.

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« Venez voir si nous sommes racistes ! » Publié le 04 mai 2011 - 00:16 La République du Centre

Christian Teinturier pointe du doigt la Fifa, l'instance en charge du foot mondial, coupable d'une décision électorale à l'endroit des binationaux.
Vice-président de la Fédération, Christian Teinturier prend la défense de François Blaquart, Laurent Blanc et de l'ensemble du foot français.

Le premier dirigeant de la ligue du Centre, parce qu'il est aussi vice-président de la 3F, vit douloureusement la crise que traverse l'instance fédérale depuis les révélations de Mediapart, site d'information en ligne. Mais il dément qu'un projet de quotas discriminatoires ait jamais été envisagé.

Christian Teinturier, étiez-vous de la réunion du 8 novembre 2010 au cours de laquelle l'idée d'instaurer des quotas discriminatoires a été émise ?

Non, il n'y avait que la direction technique nationale, que ses membres.

Comment vivez-vous le procès fait à la Fédération française, vous qui en êtes l'un des vice-présidents ?

C'est une histoire abracadabrantesque, et pas possible. Dans ce genre de réunions, il est naturellement abordé un certain nombre de réflexions, et l'avenir en même temps. L'histoire de la binationalité, ça fait un moment, déjà, que l'on en parle. Moi-même, j'ai échangé sur ce sujet avec Laurent Blanc, le sélectionneur, et d'autres des entraîneurs nationaux. Parce qu'il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'autre chose. Perdre des garçons, à l'âge de 18, 19 ans, que nous avons formés dans nos centres, dans nos pôles, nous pose un vrai problème. Il n'est question que de cela en réalité. Un joueur comme Karim Aït-Fana, qui est passé par Châteauroux et porte actuellement le maillot de Montpellier en L1, vient de choisir de jouer pour le Maroc. À 21 ans. Il avait auparavant évolué dans toutes nos sélections, des moins de 16 ans jusqu'aux espoirs. C'est une situation qui me gêne énormément. Et ce n'est pas qu'un problème économique. Quand on prend en formation des jeunes qui peuvent aller voir ailleurs, on n'en retient pas d'autres à la place. Et quand, sur une classe d'âge, on a douze binationaux, on prend le risque d'en perdre beaucoup Maintenant, bien sûr que nous restons sur des critères objectifs : le talent, et certainement pas la couleur de peau. Il n'a jamais été question d'avoir recours à des quotas, ou de militer pour eux. Et puis, il faut savoir que, de toute façon, les clubs font ce qu'ils veulent avec leur centre de formation.

La Fédération n'a rien à se reprocher ?

N'est-il pas normal qu'elle donne des directives pour développer une identité de jeu à la française, un meilleur spectacle, plus offensif ? Qu'elle réfléchisse, aussi, à la typologie de ses joueurs. Pour aller vers des gabarits plus vifs et techniques, pour favoriser la possession de la balle ? Mais, ce qui me fait le plus de mal dans cette affaire, c'est que rien de ce qui a été dit le 8 novembre n'au rait dû sor tir de ce qui n'était qu'une réunion de travail

Vous avez une idée de ce qui a pu se passer ?

J'ai bien peur que quelqu'un, au sein de la FFF, quelqu'un qui gagne bien sa vie, soit à l'origine de cette fuite, dans le seul but de déstabiliser la Fédération. C'est dommage, on devrait tous tirer dans le même sens. Mais je pose la question : à qui profite le crime ? Quelles sont les motivations profondes de la personne qui est à l'origine de tout ça ? J'espère que la commission d'enquête fera la lumière sur ces événements

La suspension du directeur technique national, François Blaquart, à qui il est reproché d'avoir parlé de « quotas », est-elle justifiée à vos yeux ?

Le mot a été employé, il l'a reconnu, mais comme il peut être utilisé dans une discussion, dans une réunion. Mais je le répète : jamais il n'a été porté à ma connaissance qu'un tel projet était envisagé. Nous autres, dirigeants et élus, ne l'aurions pas accepté Maintenant, la suspension de François Blaquart, que je connais bien, frappe quelqu'un qui défend le football français, qui fait le maximum pour lui.

Laurent Blanc, qui a présenté ses excuses en prenant conscience que certains de ses propos, rapportés par Mediapart, pouvaient avoir choqué, peut-il à son tour être inquiété ?

J'espère bien qu'il ne le sera pas, mais on peut se poser la question. Ce qu'il y a de dramatique avec cette histoire qui prend des proportions injustifiées, c'est que l'image du football français est à nouveau écornée, alors que l'on sort d'une Coupe du monde difficile, alors que les résultats sont à nouveau là. C'est un coup dur de plus

Comment la 3F peut-elle se sortir de cette affaire ?

En tout cas, et pour avoir eu au téléphone le président Fernand Duchaussoy dimanche, je peux vous dire qu'un garçon comme Laurent Blanc est mal, très mal. Il ne vit vraiment pas bien ce qui se passe, et le procès qu'on lui fait. Il se retrouve aujourd'hui dans une situation qui n'est pas très sereine

Jusqu'à quel point êtes-vous impliqué dans les travaux de la commission d'enquête ?

Je le serai au travers des décisions qui seront prises, une fois que tous les acteurs auront été entendus. Mais pas davantage. C'est toujours pareil : on veut faire du football français le reflet de notre société, mais il n'y a pas de raison pour qu'il en soit le catalyseur. Le foot a sa vie propre, à lui.

Il n'y a pas de racisme, en aucune manière ?

Venez voir dans nos petits clubs, à l'Escale, par exemple, à Orléans, venez voir si nous ne travaillons pas pour l'intégration de tous Venez voir si nous sommes racistes Nous accuser de cela, c'est n'importe quoi ! Le vrai problème, c'est que les choses ont été séquencées, et sorties de leur contexte. Il aurait fallu les regarder dans leur ensemble pour les apprécier justement

Par quoi peut passer la défense des intérêts du football français ?

Il n'y a pas de solutions, c'est une problématique d'autant plus difficile à appréhender que nous sommes quasiment le seul pays d'Europe dans cette situation. Je peux comprendre, et accepter, qu'un joueur comme Ludovic Obraniak parte porter le maillot de la Pologne à 29 ans, ou que Jacques Faty, qui aujourd'hui à 27 ans, choisisse le Sénégal après avoir été, chez les jeunes, capitaine de toutes les équipes de France par lesquelles il est passé. La FIFA, il y a trois ans, a pris une mesure électorale, qui satisfait beaucoup de nations. Jusqu'à la première sélection en compétition officielle, nos internationaux peuvent nous quitter... Laurent Binelli

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Michel Wieviorka : «Ce qui a changé, c'est la France» CHARLES DE SAINT SAUVEURS | Publié le 06.05.2011, 07h00 leparisien.fr, et Le Parisien, 6 mai 2011 p.2

Le sociologue Michel Wieviorka, spécialiste des questions de racisme. |

Amateur de football, le sociologue Michel Wieviorka, spécialiste des questions de racisme ou de laïcité, est directeur d'études à la prestigieuse Ecole des hautes études en sciences sociales. A la demande du gouvernement, il avait rédigé un rapport sur la diversité en France, publié en 2008.

Que vous inspire la polémique dans le football français ?

MICHEL WIEVIORKA. Ce qui est choquant, c'est d'associer la couleur de la peau ou l'origine géographique –– l'Afrique noire en l'occurrence –- à des caractéristiques physique.Le Noir devient "grand" et "puissant". ça rappelle l'antropologie physique d'autrefois... Dire celà, comme Laurent Blanc la fait, c'est tenir des propos racistes. Et pourtant je ne pense pas qu'il le soit.

Lilian Thuram a-t-il eu raison de s'exprimer de la sorte ?

Lilian est un ami. En s'exprimant, il est dans son rôle de leader d'opinion. Christophe Dugarry a eu tort de s'enprendre à lui. Quant à ceux qui ne disent rien devant des propos aussi scandaleux, je trouve qu'ils manquent singulièrement d'esprit civique. Ils ne sont pas à la hauteur.

La France est-elle plus raciste qu'avant ?

Il y a toujours eu des réalités économiques, culturelles, sociales vécues sur le mode de la racialisation, de l'ethnicisation. Aujourd'hui, ce phénomène se focalise notamment sur la question noire.

Comment cela ?

J'ai réalisé une enquête de terrain en 1990 sur le racisme, où il n'étai jamais question des Noirs. Aujourd'hui, ce racisme existe, et cela n'est évidemment pas sans lieu avec le fait qu'ils soient plus nombreux dan l'Hexagone. C'est en 2005 qu'on a commencé à en parler : avec la création des Indigènes de la République, du Cran (Conseil représentatif des associations noires) et puis des émeutes en banlieue.

Selon vous, le racisme se serait déplacé ?

En quelque sorte oui. L'antisémitisme paraît régresser, même en banlieue. L'intégration des Arabes, fils ou petit-fils d'immigrés venus du Maghreb dans les années 1950-1960, est un problème moins aigu qu'il y a quinze ou vingt ans. En revanche, la question noire a pris de plus en plus de place, ainsi que les phobies liées à l'islam.

Alors, la France black-blanc-beur qui gagne, c'est bien fini ?

Black-blanc-beur, c'était juste une expression bon enfant, pas une construction idéologique. Ce qui a changé, c'est la France. Les questions d'immigration, de laïcité, de religion, d'identité, de discrimination n'étaient pas aussi prégnantes. La France va plutôt moins bien qu'à la fin des années 1990. C'est un pays qui doute de lui et de sa place. La mondialisation nous effraie plus que les autres. Et la crainte que nos enfants vivent moins bien est générale. Ce qui s'est dit à la Fédération de football est le reflet de ce qui se passe dans notre société, des peurs qui sont les siennes.Le Parisien

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ZIDANE À PROPOS DU PROJET DE QUOTAS DE LA FFF «Laurent Blanc n’est pas raciste» Mohamed TOUATI lexpressiondz.com 09 Mai 2011 - Page : 13

Le symbole de l’équipe de France «Black Blanc Beur», d’origine algérienne, vole au secours du patron des Bleus et remet les pendules à l’heure.

Laurent Blanc n’est pas raciste et comment aurait-il pu l’être: son épouse est d’origine algérienne a tenu à préciser la star du football mondial. «Je le connais bien: on a le droit de tout dire sauf qu’il est raciste. C’est n’importe quoi!

D’ailleurs, personne n’en parle, mais sa femme est d’origine algérienne», a confié l’ex-joueur de la Juventus de Turin. Zinedine Zidane a enfin parlé. Il a du coup blanchi le sélectionneur de l’équipe de France. Dans un entretien publié sur le site du JDD, le 7 mai, l’ex- meneur de jeu de l’équipe de France championne du Monde en 1998, a recadré la polémique et du coup, circonscrit l’incendie pour ramener le débat à de plus justes proportions.

Que pense-t-il de cette affaire des quotas qui a plongé le football français dans la tourmente? «Parler de quotas, c’est une aberration.», a jugé l’ex-n°10 des Bleus.

L’ancienne coqueluche du Real Madrid estime que le sujet doit être limité à ce seul mot, à connotation raciste, qui a affecté la famille du foot français. Et Zidane a-t-il été choqué par le vocabulaire employé? «Oui, le mot quota évidemment ou plutôt ce que cela peut sous-entendre. Et je suis sûr que Lolo (Laurent Blanc Ndlr) s’est laissé embarquer dans la discussion. Et qu’à aucun moment, il n’a pensé que ses propos ou ce qui était dit par les autres pouvaient être interprétés comme une discrimination.

Ce mot de quota était maladroit. Il y a déjà de la discrimination dans la société, pas seulement avec les Arabes ou les Noirs, alors laisser rentrer ce mot dans le foot, ce n’est pas possible», a-t-il fait justement, remarquer. Il faut avouer que les déclarations de Laurent Blanc telles que rapportées dans le Verbatim publié par le site Médiapart avaient de quoi égratigner les oreilles même de ceux qui n’ont jamais douté de sa rectitude.

«Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les Blacks (...) Je crois qu’il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d’autres critères, modifiés avec notre propre culture», aurait-il dit lors d’une réunion qui s’est tenue le 8 novembre 2010 au siège de la FFF.

Au cours de la discussion, certains dirigeants du foot français ont suggéré un système de quotas limitant le nombre de joueurs africains et maghrébins dans les centres de formation français. «Moi, j’y suis tout à fait favorable», aurait répondu Laurent Blanc.

L’ex-libéro de l’équipe de France a présenté ses excuses il y a un peu plus d’une semaine. «Si pour ce qui me concerne, j’ai heurté certaines sensibilités, je m’en excuse», a-t-il déclaré le 30 avril. Le mal était déjà fait. Le sélectionneur des Bleus, sans doute très affecté par les réactions autant étonnées que négatives de certains de ses anciens coéquipiers, s’est retiré en Italie avant qu’il ne soit auditionné par les enquêteurs chargés de faire la lumière sur cette affaire qui a débordé les frontières de l’Hexagone.

Des rumeurs ont même couru sur un dépôt de démission de sa part, rapidement démenties par le chargé de la communication de la Fédération française de football. Laurent Blanc doit-il rendre le tablier? «Non, car on voit bien que l’on mélange tout dans cette histoire! Laurent Blanc a remis l’équipe de France dans le bon sens, avec un vrai projet de jeu.

Son seul sujet, c’est de disposer de la meilleure équipe possible», a souligné Zinedine Zidane. La sortie médiatique de l’ex- capitaine des Bleus ramènera-t-elle un peu plus de sérénité? Tout porte à le croire. Laurent blanc devrait s’en sortir avec un carton jaune.

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Football, les excuses de Laurent Blanc la-Croix.com 14/5/11 - 12 H 32

Le sélectionneur de l’équipe de France Laurent Blanc s’est excusé vendredi 13 mai sur TF1 pour les « propos tenus » lors de la réunion de la Direction technique nationale du 8 novembre 2010 à l’origine de l’affaire des quotas et a avoué avoir songé à démissionner.

« Je tiens à m’excuser pour les propos tenus lors de cette réunion. Les termes (employés) ont complètement dérapé », a-t-il déclaré faisant allusion à ses propos sur les quotas de binationaux dans les sélections de jeunes. « On ne devient pas sélectionneur pour être au milieu de cette tempête », a ajouté Laurent Blanc qui a expliqué toutefois que « démissionner n’aurait pas été la bonne solution ».

Les deux enquêtes ouvertes sur cette affaire avaient déjà dédouané le sélectionneur de l’équipe de France. En revanche, des enquêtes disciplinaires concernant le directeur technique national François Blaquart et le directeur général adjoint de la Fédération française de football André Prévosto, qui avait reçu l’enregistrement de la réunion dès le 9 novembre sans en avertir sa hiérarchie, ont été lancées.

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Halde : J. Bougrab a bien doublé son salaire Par Europe1.fr avec AFP Publié le 13 mai 2011 à 18h19 Mis à jour le 13 mai 2011 à 18h19

Jeannette Bougrab pousuivait en diffamation le Canard enchaîné pour avoir affirmé qu'elle avait doublé son salaire en arrivant à la tête de la Halde: elle a été déboutée vendredi par le tribunal de Paris qui a estimé que les textes sur sa rémunération pouvaient prêter à confusion.

Dans un jugement très argumenté, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a considéré que l'enquête du Canard était "sérieuse" et reconnu que "la fixation, par la Halde même, de la rémunération de sa présidente était surprenante".

Le 23 juin 2010, dans un article intitulé "La présidente de la Halde s'augmente de 100%", le Canard enchaîné avait écrit que Jeannette Bougrab avait fait voter par le collège de l'instance de lutte contre les discriminations une délibération visant à doubler son indemnité mensuelle qui passait de 6.900 à quelque 14.000 euros. L'information avait été démentie par l'intéressée qui avait porté plainte en diffamation.

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Football: le Cran veut porter plainte dans l'affaire des quotas - Publié le 12/05/2011 à 14:49 - lepoint.fr Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) va porter plainte dans l'affaire des quotas dans le football français, a annoncé jeudi son porte-parole.

Dans une tribune publiée par Le Monde, daté du 13 mai, Louis-Georges Tin accuse la ministre des Sports Chantal Jouanno d'avoir "enterré l'affaire" et estime que seule une enquête judiciaire permettra d'y voir clair.

"Nous prenons en ce jour une décision grave: dans l'affaire de la Fédération française de football (FFF), nous portons plainte", écrit-il. "A l'évidence, tout a été fait pour enterrer l'affaire".

Les deux commissions chargées d'enquêter sur l'affaire des quotas ethniques dans le football français ont disculpé mardi le sélectionneur Laurent Blanc, tout en dénonçant les dysfonctionnements de la Fédération.

Les enquêteurs, diligentés d'une part par le ministère des Sports et d'autre part par la Fédération française de football (FFF), ont également estimé que rien ne permettait d'affirmer qu'une politique de quotas discriminatoires avait été menée.

La ministre des Sports, Chantal Jouanno, a exclu des poursuites judiciaires contre certains participants à une réunion, le 8 novembre dernier, de la Direction technique nationale au cours de laquelle l'idée de quotas de sélection pour les binationaux a été évoquée.

Louis-Georges Tin reproche à la ministre des Sports d'avoir apporté son soutien public à Laurent Blanc, "alors même qu'il n'avait pas encore été auditionné." "Ce soutien intempestif a créé à nos yeux un malaise difficile à dissiper."

Pour le porte-parole du Cran, "seule une enquête judiciaire permettrait d'y voir plus clair".

Il se dit inquiet d'entendre que la binationalité, l'une des questions évoquées le 8 novembre, est 'un problème' en France.

S'il ne croit pas que les personnes qui ont tenu ces propos "soient forcément des membres du Front national", il estime que les idées du parti de Marine Le Pen sont si "banalisées" qu'elles "se sont installées dans l'esprit de personnes au plus haut niveau".

D'autres associations de lutte contre le racisme réfléchissent à la possibilité de porter plainte, démarche qui risque cependant de se heurter à un problème de prescription, comme l'a souligné Chantal Jouanno.

En revanche, le collectif Banlieues Respect a estimé que l'affaire était "close" dans un souci "d'apaisement et de construction". Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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