Pierre Botton
08 mai 2009. Hommage de Pierre Botton aux surveillants de prison
21 juillet 2005. Pierre Botton versus Jean-Marie Colombani du Monde
10 janvier 1996. 5 ans dont 18 mois avec sursis et 2 millions de francs d'amende

Michel Noir

15 mai 2009. Les 20 ans du noirisme à Lyon
Mars 2006 : Après la politique, le roman, la comédie, le journalisme, la Bourse
Septembre 2005 : Pigiste à Lyon
Novembre 2003 : Michel Noir et Pierre Botton condamnés à 18 mois, avec sursis ... et 15 000 euros d'amende ... pour des "commissions" de 1,3 million d'euros. Martin Bouygues est relaxé ...
Novembre 2003 : Pierre Botton, gendre de Michel Noir, gagne un procès en diffamation
Octobre 2003 : suite encore des "comptes suisses", Noir nie, comme Alain Juppé, sa fille l'accuse en public ...
Avril 2002 : suite de l'affaire des "comptes suisses"
Février 2001 : Michel Noir : affaire des "comptes suisses" : Cour d'appel de Lyon

10 novembre 1999 : Incompétence de la CJR
Après trois ans d'instruction, la Cour de justice de la République se déclare incompétente pour juger M. Michel Noir, l'ancien ministre du gouvernement Chirac sous la présidence Mitterrand (1986-1988) car elle n'a "retenu aucun fait en relation avec les activités de ministre de nature à mériter des poursuites". En conséquence l'affaire relèverait des tribunaux ordinaires ; les recherches policières auraient démontré que, entre 1986 et 1988, trois versements d'un total de onze millions de frs auraient transités sur des comptes suisses pour être transférés sur les comptes personnels du gendre de l'ancien ministre, M. Pierre Botton.
Michel Noir reste mis en examen dans l'affaire des "comptes suisses"

LYON, 21 fév. 2001 (AFP) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon a rejeté mardi (20 février 2001) une requête demandant l'annulation de la mise en examen de l'ex-maire de Lyon Michel Noir dans l'affaire des "comptes suisses", a-t-on appris mercredi (21 fév. 2001) de source judiciaire.

Dans cette affaire, Michel Noir a été mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux.

Il lui est reproché d'avoir perçu entre 1986 et 1992 plusieurs millions de francs que son gendre, Pierre Botton, serait allé retirer en Suisse sur des comptes ouverts au nom de sociétés écrans panaméennes alimentées par le groupe Bouygues, une filiale du groupe Dumez et une autre du groupe suisse Sulzer. Ces accusations, qui se fondent notamment sur les déclarations de Pierre Botton, ont toujours été contestées par son beau-père.

L'avocat de Michel Noir, Me François Saint-Pierre a indiqué à l'AFP qu'il formait un pourvoi en cassation. Dans le cas d'un nouveau rejet, Michel Noir serait renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lyon.

"La Cour de Justice de la République a démontré qu'il n'y avait aucune charge de recel contre Michel Noir", a expliqué Me Saint-Pierre, "il n'y a aucune explication valable pour que Michel Noir soit jugé à Lyon alors qu'il a été reconnu étranger aux faits à Paris", a-t-il ajouté.

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Le parquet de Lyon requiert le renvoi en correctionnelle de Michel Noir et Pierre Botton

L'ancien maire de Lyon et son ex-gendre sont mis en examen pour "abus de biens sociaux" dans l'affaire des "comptes suisses", liée à la concession du périphérique nord de la ville.

Le parquet de Lyon a requis, mercredi 3 avril, le renvoi devant le tribunal correctionnel des cinq personnes poursuivies dans l'affaire dite des " comptes suisses" parmi lesquelles figurent l'ancien maire (RPR) de Lyon, Michel Noir, et son ex-gendre, Pierre Botton, mis en examen pour "recel d'abus de biens sociaux". Martin Bouygues, PDG du groupe éponyme, André Kamel, PDG de Dumez international et directeur général de Dumez Nigeria, et Bertrand Martin, ancien PDG de CCM-Sulzer, sont quant à eux poursuivis pour "abus de biens sociaux". Il revient désormais à la juge d'instruction, Noëlle Cousinier, d'ordonner ou non, sur la base des réquisitions du parquet, le renvoi en correctionnelle des personnes visées. "Je souhaite que cette affaire soit audiencée le plus rapidement possible, ce sera le point de départ de ma nouvelle vie", a déclaré, jeudi matin, au Monde, Pierre Botton. "A la barre du tribunal, je révélerai tout ce que je n'ai pas dit au cours de l'instruction", a-t-il ajouté.

Ouverte en août 1994 au cabinet du juge d'instruction Philippe Courroye - en poste au pôle financier parisien depuis juillet 1999 -, l'enquête s'est centrée sur Michel Noir, suspecté d'avoir bénéficié, entre 1986 et 1992, via les comptes suisses de son gendre, de virements occultes pour un montant total de 11 millions de francs - à l'occasion notamment de la signature en 1989 du contrat de concession du périphérique nord de Lyon - provenant de trois entreprises : Bouygues Nigeria Limited, Dumez Nigeria et la Compagnie de construction mécanique (CCM). Dès le début de l'enquête, Pierre Botton a soutenu que les virements, effectués sur les comptes ouverts en 1986 à Genève - à la Société de banque suisse (SBS) et à la Banque de l'Union européenne (BUE) - au nom de deux sociétés panaméennes, Belette Agencies et Toves Management, créées pour servir de paravent et dont il était l'ayant droit économique, étaient destinés à son beau-père, Michel Noir. Ce dernier lui aurait demandé, avait-il déclaré aux enquêteurs, de recueillir "des fonds nécessaires à son ascension politique et aux campagnes électorales qui allaient s'ouvrir", faisant notamment allusion aux élections municipales de mars 1989 - que Michel Noir remporta.

Les déclarations de M. Botton avaient été peu ou prou corroborées par les trois chefs d'entreprise poursuivis. Martin Bouygues, mis en examen le 22 décembre 1995, avait ainsi reconnu que les versements - pour un total de 2,3 millions de francs - effectués par son groupe sur le compte Belette avaient eu pour but de "soutenir l'action politique de Michel Noir". Lors d'un interrogatoire, en mai 1997, M. Noir, qui a toujours contesté avoir bénéficié personnellement des fonds, avait toutefois déclaré, évoquant une rencontre datant du printemps 1988 : "J'ai demandé à Martin Bouygues de soutenir financièrement ma campagne, et j'ai obtenu du groupe Bouygues la somme de 1 million de francs en espèces qui a transité par l'intermédiaire de Pierre Botton." Cette déclaration avait relancé les interrogations concernant le contrat de concession du périphérique nord de Lyon (TEO), signé quelques mois après l'élection de M. Noir à la mairie de Lyon avec le groupe Bouygues et la société Dumez, partenaire minoritaire. M. Noir avait contesté tout lien entre l'attribution de ce marché colossal - 6 milliards de francs - et le million de francs que lui avait versé Bouygues. "Nous avons choisi-...- Bouygues et Dumez car ces deux groupes avaient des références internationales", avait-il indiqué au juge.

Trois des virements à destination des comptes genevois de M. Botton - les 22 décembre 1986, 29 janvier 1987 et 7 avril 1987 - ayant été effectués alors que Michel Noir était ministre délégué chargé du commerce extérieur, dans le gouvernement de Jacques Chirac de mai 1986 à avril 1988, le juge Courroye avait adressé, en avril 1996, les premières conclusions de son enquête à la Cour de justice de la République (CJR) - seule compétente pour juger des crimes et délits commis par un ministre dans l'exercice de ses fonctions.

Le magistrat s'était également appuyé sur certaines déclarations de Bertrand Martin. Evoquant les difficultés financières que connaissait en 1986 sa société, CCM-Sulzer, il avait indiqué, dans un entretien publié par Le Monde le 21 décembre 1995 : "Quelqu'un m'avait dit que M. Botton pouvait nous aider, notamment grâce à ses relations avec M. Noir, qui était alors ministre du commerce extérieur." En avril 1987, M. Martin avait été promu commandeur de l'ordre national du Mérite, sur le contingent du ministère du commerce extérieur. Le 10 novembre 1999, la commission d'instruction de la CJR avait rendu un arrêt d'incompétence.
Le Monde, Fabrice Lhomme, 05 avril 2002, p. 12, LE MONDE | 04.04.02 | 14h45

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(Octobre 2003) POUR LA TROISIEME et dernière fois, Michel Noir et Pierre Botton se retrouvent côte à côte devant le tribunal correctionnel de Lyon, cette fois-ci dans le dossier dit des comptes suisses. Les deux hommes, qui ne se voient plus depuis des années, ont perdu de leur superbe. Michel Noir, les cheveux grisonnants, raconte sa vie après la politique, à laquelle il a renoncé en 1995. « J'ai quitté la vie publique après vingt ans de mandat, j'ai donc droit à une pension du parlement de 5 800 € par mois. Avec 15 000 ou 20 000 € annuels de droits d'auteur, je peux trouver une occupation sans exigence économique », explique l'ancien député-maire de Lyon.

« C'est une chose dont j'ai honte »

Michel Noir, 59 ans, a donc repris ses études et décroché un doctorat de sciences de l'éducation. Il a ensuite créé une entreprise, Scientific Brain-Training, spécialisée dans l'édition de jeux vidéo destinés à entraîner la mémoire. Une activité pour laquelle, précise-t-il, il ne touche aucune rémunération.
Son ex-gendre, lui, manifestement fragilisé par les épreuves, a plus de difficultés à reconstruire sa vie. Après deux ans et demi de détention, il a dû soigner une dépression nerveuse qu'il évoque dans un livre sorti ces derniers jours en librairie : « J'aime la vie. Comment remonter la pente ». Puis, il a repris son ancien métier : l'agencement de pharmacies. « Je gagne 4 000 € par mois, mais il ne me reste que 1 500 € compte tenu de ma dette fiscale. Mes revenus littéraires sont également retenus par le fisc », confie-t-il.
Il décrit également sa situation familiale particulière. Les deux filles qu'il a eues avec Anne-Valérie, la fille aînée de Michel Noir, puis sa troisième fille qu'il a eue il y a trois ans avec Julia, la plus jeune fille des Noir, dont il est également séparé. « C'est une enfant de l'amour et je l'ai reconnue », explique-t-il. Anne-valérie, son ex-épouse, aujourd'hui installée aux Etats-Unis avec ses enfants, qu'il regrette aujourd'hui amèrement d'avoir entraînée dans cette affaire. « Les seules personnes qui sont allées retirer des fonds en Suisse, c'est moi et Anne-Valérie. C'est une chose dont j'ai honte. Je regrette d'avoir demandé ça à mon épouse », annonce-t-il, les larmes aux yeux, en entrant dans le vif du sujet.
« C'est Michel Noir qui m'informait qu'il y avait eu des versements et quel jour je pouvais les retirer. C'est Michel Noir qui était à l'origine des demandes de fonds auprès des donateurs », assure-t-il.
Une thèse que l'ancien ministre du Commerce extérieur nie en bloc, contestant avoir été le destinataire des 8,6 millions de francs (1,3 M€) versés par les sociétés de BTP Bouygues, Dumez et CCM-Sulzer sur les comptes suisses de sociétés panaméennes entre 1986 et 1991. « Je n'ai pas été au courant de ces comptes en suisse avant 1994, je n'ai jamais demandé aux chefs d'entreprise de verser des fonds sur ces comptes », a assuré Michel Noir.
Catherine Lagrange, Le Parisien, mardi 14 octobre 2003, p. 16

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« Papa, tu as gâché ma vie »

Devant le tribunal, la fille de Michel Noir a déclaré : « Oui, je me suis rendue en Suisse, à la demande de mon père. A mon retour, je lui remettais l'enveloppe, et il la glissait dans sa cache habituelle, dans le renfoncement d'une poutre.

DE LA POLITIQUE, des valises de billets et des larmes. Devant le tribunal de Lyon, le procès Noir-Botton a viré au psychodrame familial. « Au mélo petit bourgeois plutôt qu'à la tragédie antique », ironise le procureur André Pellet. L'audience d'hier a même atteint des sommets de « justice réalité », sous les yeux de Martin Bouygues, le patron de TF 1, qui, s'il n'était pas mis en cause, pourrait imaginer une émission à grande audience. Sauf que, là, les acteurs ne jouent pas. Ils se déchirent.
En témoin choc, hier matin, Anne-Valérie Noir-Botton, fille aînée de Michel Noir et femme de Pierre Botton. Droit dans les yeux, elle va crucifier la défense de son père. « Papa, tu as gâché ma vie, j'espère que tu as honte de toi », crie presque la jeune femme brune en se tournant vers lui, la voix brisée de sanglots. Dans la salle, Botton doit se retenir pour ne pas bondir vers son beau-père. Michel Noir, lui, ne bronche pas.
« Avez-vous quelque chose à ajouter ? » demande le président à l'ancien maire de Lyon. « Rien », murmure Noir. « M. Noir, à cette audience, vous avez continué à vous promener dans les décombres de votre passé avec une fierté de notable », commentera le procureur. La formule résume tout.

Michel Noir dément

Il est arrivé le premier. Les cheveux grisonnants, un imper froissé à la colombo sur une veste en velours côtelé noir. Le sourire intact, la poignée de main chaleureuse, Michel Noir rejoint son banc avec élan. Sur ses talons, Pierre Botton le suit comme une antithèse. Il a une vieille veste de moto, l'air de chien battu, et tourne en rond avant de s'asseoir derrière.
Les deux hommes s'évitent. A la barre pourtant, Botton l'appelle encore « Michel » et soutient que même après leur brouille « officielle », au printemps 1989, il a continué à gérer l'argent de Suisse, versé par Bouygues et Dumez. « Je suis parti de la mairie en avril 1989 parce que Michel a eu l'intelligence de comprendre, après son élection, que tout ce que j'avais fait pour lui représentait un risque, mais j'ai continué à gérer pour lui », décode Botton.
Michel Noir dément, la voix lasse : « Après les municipales, un soir, Pierre Botton est venu dans mon bureau et m'a proposé une approche vénale... Il m'a dit qu'il avait toujours rentabilisé ses investissements et que j'étais pour lui un investissement. Je l'ai mis dehors de mon bureau. » Noir maintient donc qu'il n'était pas au courant des comptes suisses et qu'il n'a pas reçu du liquide.
Et le violoncelle, payé en espèce 225 000 F en février 1991 ? « L'argent de ma mère », soutient l'ancien ministre. La remise de 500 000 F en espèces à la banque ? « Nous avons fait appel aux élus de l'agglomération et aux militants qui ont donné des chèques de 500 F », avance l'ancien maire.
« Les Lyonnais sont généreux ! » ironise le procureur. Noir rit jaune, mais maintient.
Sa fille va porter l'estocade. « Oui, je me suis rendue en Suisse, à la demande de mon père. A mon retour, je lui remettais l'enveloppe, et il la glissait dans sa cache habituelle, dans le renfoncement d'une poutre. » Sur le désaccord entre son père et son mari, là aussi, elle donne raison à Botton. « J'avais dit à Pierre de ne pas accepter d'être directeur de campagne de mon père. Je savais qu'il le jetterait comme une vieille chaussette. Mon père est comme cela... Je ne suis pas persuadée aujourd'hui qu'il soit capable de sentiment. »

Une mallette de 1 million de francs

« Vous rendez-vous compte de l'importance de votre témoignage ? » insiste le procureur. « J'ai toujours dit la vérité, je ne vais pas revenir dessus, même si c'est mon père », lâche la jeune femme. Une pause. Des sanglots. « Mais j'aime Pierre et c'est lui qui dit la vérité. »
Le parquet a dit la sienne hier soir. André Pellet a requis trois à six mois avec sursis contre Martin Bouygues. Au cours de l'audience de mardi, Noir a bizarrement reconnu avoir reçu de Martin Bouygues une mallette de 1 million de francs, argent qui, selon lui, n'avait rien à voir avec les comptes suisses de Botton.
Bonhomme, le patron du groupe de BTP et de communication, dément timidement, et, pour toute défense, se défausse sur « son père Francis » aujourd'hui décédé. « Vous êtes un faux naïf, une version industrielle du célèbre « papa m'a dit », lui assène le procureur, faisant allusion au surnom du fils aîné de François Mitterrand. Le patron de TF 1 encaisse.
Michel Noir et Pierre Botton encaissent eux aussi sans broncher les dix-huit mois avec sursis réclamés par le procureur. « C'était une affaire d'Etat, c'est devenu une affaire d'état d'esprit. J'ose espérer, conclut le magistrat, qu'elle correspond à une époque aujourd'hui révolue. »
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 16 octobre 2003, p. 17

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Botton gagne contre Colombani

PIERRE BOTTON a gagné le procès en diffamation que lui avait intenté Jean-Marie Colombani. La chambre de la presse du tribunal correctionnel de Paris vient de condamner le directeur du « Monde » à verser 1 500 € à Pierre Botton et 1 000 € à son éditeur, Flammarion.
Dans son livre, « Il y a toujours des complices », Botton affirmait avoir réglé pour les époux Colombani un aller-retour à Cannes ainsi qu'une nuit au Carlton, lors du festival en 1991. Il soutenait aussi que Jean-Marie Colombani avait effectué un « training » politique pour Michel Noir, l'ex-maire de Lyon.
S'estimant diffamé, le directeur du « Monde » réclamait 150 000 € de dommages et intérêts. Le tribunal l'a renvoyé dans ses buts. « Pierre Botton disposait d'éléments suffisamment sérieux pour étayer sa thèse et pouvait, sans excès ni outrance... associer Jean-Marie Colombani à un système dont il dénonçait les dérives » estime le jugement. Le patron du « Monde » a dix jours pour faire appel.
L.V., Le Parisien, mercredi 05 novembre 2003, p. 16

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(14 novembre 2003) Michel Noir et Pierre Botton condamnés à 18 mois avec sursis

L'ancien maire de Lyon Michel Noir a été condamné cet après-midi à 18 mois de prison avec sursis et à 15.000 euros d'amende dans le procès dit des comptes suisses. Le tribunal correctionnel de Lyon a également condamné son ex-gendre, Pierre Botton, à la même peine.
Lors du procès, le procureur André Pelet avait requis 18 mois de prison avec sursis contre les deux hommes, mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux. Contre Michel Noir, il avait en outre réclamé une amende de 30.000 euros et contre Pierre Botton une amende de 10.000 euros.

En ce qui concerne les chefs d'entreprise du Batiment et des Travaux Publics poursuivis pour abus de bien sociaux, Khalil-André Kamel, dirigeant de Dumez, a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende, Bertrand Martin, ex-P-DG de CCM-Sulzer, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

En revanche, Martin Bouygues, P-DG de la société qui porte son nom, a été relaxé.

Michel Noir, ancien maire de Lyon et ex-ministre du Commerce extérieur, était accusé d'avoir profité entre 1986 et 1991 de 8,6 millions de francs (1,3 million d'euros) provenant d'abus de biens sociaux.
Les fonds auraient transité sur les comptes suisses de Pierre Botton ouverts à Genève au nom de deux sociétés-écrans domiciliées à Panama.
Pierre Botton, qui a déclaré devant les enquêteurs avoir joué un rôle actif dans la collecte de fonds, a expliqué que l'argent était destiné au financement des ambitions politiques de son beau-père, élu maire de Lyon en 1989.
leparisien.fr, 14 novembre 2003

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(Septembre 2005) Michel Noir, pigiste non rémunéré à « Lyon Capitale »

Après un court passage au théâtre, quatre romans, un retour sur les bancs de la faculté pour passer une thèse de science cognitive, puis la création d'une société et d'un site Internet d'exercices d'entraînement à la mémoire, Michel Noir devient pigiste dans la presse.

L'ancien maire RPR de Lyon (1989-1995), contraint de quitter la vie politique en 1996 après sa condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité dans l'affaire Botton, commence mardi 27 septembre une chronique mensuelle dans l'hebdomadaire Lyon Capitale.

L'ancien ministre de Jacques Chirac partagera alternativement la page « esprits libres » avec deux universitaires très à gauche, Philippe Corcuff, ancien collaborateur de Charlie Hebdo, et Claude Burgelin ainsi qu'avec un spécialiste du patrimoine lyonnais, Régis Neyret.

Silencieux pendant près de dix ans, « le Grand », comme l'appelaient ses compagnons du RPR, revient progressivement sur la scène politique lyonnaise, aux côtés de Dominique Perben, le candidat UMP à la mairie de Lyon, un ami d'enfance, parrain de l'un de ses six enfants.
Ce furent d'abord des dîners discrets organisés dans sa maison de la Croix-Rousse pour mettre en contact M. Perben avec des acteurs socio-économique de la ville. Puis la critique publique, dans Le Progrès, en décembre 2004, de la politique de stationnement et la hausse des tarifs de parking décidée par l'actuel maire de Lyon, Gérard Collomb (PS).
Le tout accompagné de louanges pour Nicolas Sarkozy, le « meilleur capitaine », expliquait-il. La même année, Michel Noir avait appelé les Lyonnais à se prononcer en faveur du traité constitutionnel européen, lors du référendum du 29 mai. Début septembre, enfin, il a participé à « la fête champêtre » de l'UMP du Rhône, où il a animé une table ronde.

L'équipe de Lyon Capitale, qui doit affronter depuis la rentrée la concurrence de deux nouveaux titres, n'ignore pas que M. Noir reste un sujet très « vendeur » pour la presse lyonnaise. L'une des meilleures ventes du journal a été réalisée avec une « une » consacrée à l'ancien maire de Lyon. Comme pour les autres chroniqueurs, son intervention ne sera pas rémunérée, mais Michel Noir aura toute liberté d'en choisir le thème.
Pour sa première chronique, le nouveau pigiste a privilégié les transports, le grand casse-tête des Lyonnais, mais aussi le sujet de prédilection du candidat Perben, ministre des transports.
Sophie Landrin, lemonde.fr, Article paru dans l'édition du 27.09.05

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Paru le : 20/03/2006 People Michel Noir entre en Bourse

IL AVAIT disparu du devant de la scène depuis son interprétation de l'« Oncle Vania » sur les planches d'un théâtre de Lyon, en 1996.

Michel Noir, 61 ans, ancien maire RPR de la capitale des Gaules et ancien ministre de Jacques Chirac, frappé d'inéligibilité pendant cinq ans dans l'« affaire Botton », commence une nouvelle vie en... entrant en Bourse.

Plus précisément, Scientific Brain Training (1,7 million d'euros de chiffres d'affaires et un bénéfice de 0,5 millon d'euros en 2005), la société qu'il a fondée, il y a six ans, avec deux chercheurs de renom, va prochainement, sous la houlette de Europe Finance et Industrie, s'introduire au marché libre.

Il préside une société technologique

Selon les informations financières que doit délivrer toute entreprise avant de se faire coter, SBT, dont Noir est l'un des actionnaires, « conçoit et édite des programmes destinés à tester, à entraîner et à stimuler les capacités mentales que sont la mémoire, la concentration, le langage et les fonctions visu-spatiales ».

Un débouché de choix pour celui qui, autour de la cinquantaine, n'avait pas hésité à retrouver les bancs de la fac pour passer une thèse de science cognitive.
Le « Grand », comme on l'appelait alors au RPR, opère également un come-back discret, mais remarqué dans le microcosme lyonnais, en apportant son soutien à Dominique Perben, candidat UMP à la mairie de Lyon et parrain de l'un de ses six enfants.
J.A., Le Parisien, Paru le : 20/03/2006, p. 7

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humanite.fr (pcf) le 11 janvier 1996 C. M. Noir-Botton-Mouillot-PPDA : à Lyon plus dure est la cour d'appel

C’EST la fin du deuxième épisode judiciaire - mais ce n’est sans doute pas le dernier - du long feuilleton « Noir-Botton ». La cour d’appel de Lyon a aggravé hier les peines infligées en première instance, le 20 avril 1995, aux principaux protagonistes de cette affaire où, sur fond d’argent-roi et de vie facile, un petit monde d’affairistes ne lésinant pas sur les moyens, d’hommes politiques sans scrupules et de journalistes à la morale chaotique a pu se croire un temps au-dessus des lois.

Ils avaient choisi, en faisant appel, de repasser leurs plats à froid devant la justice. Elle les leur a rendus plutôt gratinés. Pierre Botton, celui qui faisait office de sommelier aux pratiques douteuses en faisant couler à flots, pour son beau-père de député-maire de Lyon (à l’époque) et quelques autres, l’argent pompé dans ses multiples sociétés, n’a en effet rien gagné au change.

Reconnu notamment coupable d’abus de biens sociaux pour un montant d’environ 25 millions de francs, il a été condamné à cinq ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, ainsi qu’à une amende de 2 millions de francs. Addition nettement plus salée qu’en première instance (quatre ans de prison, dont deux avec sursis). En outre, et ce n’est pas un simple pourboire, les juges lui ont infligé l’interdiction de gérer une entreprise commerciale et la privation des droits civils et civiques pendant cinq ans. Une sentence que le gendre de Michel Noir n’a guère eu le temps de digérer : deux policiers en civil l’ont appréhendé à l’audience pour le conduire à la prison Saint-Joseph, où il a déjà séjourné près de sept mois, de novembre 1992 à avril 1993.

Une addition nettement. plus salée

Selon les juges, il était « à craindre que le condamné ne cherche à se soustraire à son exécution ».

L’homme d’affaires, il est vrai, devrait avoir quelques autres comptes à rendre à la justice, si l’on en croit l’enquête judiciaire en cours du côté de… ses comptes en Suisse. N’empêche, son avocate, Me Frédérique Pons, « profondément choquée », n’en démord pas : ce jugement serait un « règlement de comptes ». Pierre Botton se pourvoira donc en cassation, même si cela n’a aucun effet suspensif sur son incarcération.

Michel Noir, Michel Mouillot et Patrick Poivre d’Arvor, les trois grands bénéficiaires de ses largesses, de nouveau condamnés pour recel d’abus de biens sociaux, ont déjà laissé connaître leur intention de faire de même. Cela peut se comprendre : la cour d’appel de Lyon est loin - euphémisme - de les avoir blanchis.

Les deux hommes politiques - l’un est toujours député (non inscrit) de Lyon, l’autre s’est fait réélire maire UDF de Cannes en juin dernier - ont vu leur peine légèrement aggravée : dix-huit mois de prison avec sursis, au lieu de quinze en avril dernier, et la confirmation de la privation pendant cinq ans de leurs droits civiques et civils, donc de leur inéligibilité durant cette période. Ils devront en outre s’acquitter chacun de 200.000 francs d’amende.
Dans ses attendus, la cour s’est montrée particulièrement sévère avec l’ancien ministre de Jacques Chirac qui « se devait d’avoir un comportement personnel intègre ». « Au lieu de cela, a-t-elle noté, il a trahi la confiance qui lui avait été accordée (par les électeurs) et a, pour s’assurer un train de vie important, profité en connaissance de cause d’avantages matériels que lui procurait un homme d’affaires sans scrupules dont la fortune soudaine interrogeait tout son entourage. »

Propos non moins sévères pour Michel Mouillot, les juges ayant considéré comme une circonstance aggravante sa décision de briguer un nouveau mandat municipal malgré sa condamnation en avril. « Les juges et non les électeurs, soulignent-ils, ont pour mission d’apprécier les conduites contraires à la loi. »

Profiteurs sans états d’âme

Reste le cas du présentateur vedette de TF1, absent à l’audience. En apparence, c’est lui qui s’en tire le moins mal, si l’on peut dire : reconnu coupable de recel d’abus de biens sociaux, il est condamné à quinze mois de prison avec sursis et à 200.000 francs d’amende.
La cour ayant relevé qu’il n’était pas « le seul journaliste connu à avoir profité sans état d’âme des largesses de Pierre Botton », elle a répété la sanction infligée en première instance, alors que l’avocat général avait, le 12 novembre dernier, requis son aggravation, demandant dix-huit mois de prison avec sursis.

Mais c’est encore trop pour l’intéressé qui, dans un communiqué, a plaidé une fois de plus non coupable en affirmant ne s’être « jamais livré à un acte délictueux en connaissance de cause ». Cette condamnation, suspendue jusqu’à l’arrêt futur de la Cour de cassation, fait évidemment tache, surtout au moment où il ne serait plus en odeur de sainteté à TF1. Un autre feuilleton qui commence ?

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Botton condamné en appel pour avoir diffamé Colombani Publié le 21 juillet 2005 par acrimed

Alors que le tribunal de grande instance de Paris avait débouté Jean-Marie Colombani de son action en diffamation contre Pierre Botton, la cours d’appel de Paris (lire : Colombani perd son procès contre Botton), dans un arrêt du le 30 juin 2005, vient de condamner l’ancien homme d’affaires et financier de la carrière de Michel Noir ainsi que les éditions Flammarion.

Le Monde a rendu compte de ce jugement dans un article que nous reproduisons ci-dessous intégralement (Acrimed).

M. Botton condamné en appel pour avoir diffamé M. Colombani

Dans un arrêt du 30 juin, la cour d’appel de Paris a condamné Pierre Botton et les éditions Flammarion pour diffamation à l’encontre de Jean-Marie Colombani, directeur du Monde. Cette décision infirme le jugement du tribunal de Paris du 29 octobre 2003 (Le Mondedu 15 novembre 2003), qui avait débouté M. Colombani. Le directeur du quotidien reprochait à M. Botton des passages de son livre Il y a toujours des complices (Flammarion) et des propos tenus, en février 2002, dans l’émission de France 3 “ On ne peut pas plaire à tout le monde ”.

M. Botton affirmait, notamment, avoir payé des billets d’avion à M. Colombani et à son épouse, en 1991, pour le festival de Cannes. Les magistrats d’appel n’ont pas retenu la bonne foi qui lui avait été accordée en première instance, estimant que M. Botton s’était “ livré à une critique très grave et sévère (...) sans disposer d’éléments d’enquête sérieux ”.
Olivier Biffaud, Le Monde, le 16 juillet 2005 [1].

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« Les surveillants m'ont sauvé la vie » PIERRE BOTTON, ancien détenu PROPOS RECUEILLIS PAR LOUISE COLCOMBET Le Parisien, 8 mai 2009, p. 15

IL A ÉTÉ l'un des détenus les plus médiatisés des années 1990. Pierre Botton, ancien homme d'affaires déchu et gendre de Michel Noir, l'ex-maire RPR de Lyon, a passé deux ans en prison pour son implication dans différentes affaires politico-judiciaires.
II a été incarcéré dans sept maisons d'arrêt différentes.
Aujourd'hui, il prend la parole pour défendre le mouvement des surveillants.

Pourquoi vous mobiliser en faveur des surveillants de prison ?

• Pierre Botton. J'ai une dette énorme envers eux. lls m'ont sauvé la vie. C'était le 24 décembre 1992 à 19 h 30. Noël arrivait. J'étais en totale détresse ... en phase de présuicide.
En soulevant l'œilleton, le surveillant l'a compris et, au mépris du règlement, a ouvert la porte et m'a pris dans ses bras. Ces gens ont eu un rôle très important dans ma vie.lls m'ont ramené à la réalité, sans jarnais me juger, et ainsi ils ont facilité mon retour à la vie civile. Grâce à eux j'ai compris mes fautes.

Comprenez-vous leur grogne?

Ils font un métier terriblement difficile, que personne d'autre ne voudrait faire. Les détenus eux-mêmes en sont conscients. Ils ont l'habitude de dire aux surveillants : «Toi, tu as pris perpète.» Mais aujourd'hui, ils n'ont pas les moyens de faire leur métier correctement.
Pour tenir un bâtiment il faut du temps. Et le temps, ce sont des effectifs. Mais il n'y a pas que ça ...

Que faut-il modifier selon vous?

Leur statut et leurs prérogatives. On n'a cessé de leur enlever du pouvoir, tout en leur demandant de garder les prisons au calme. Aujourd'hui, un gardien ne peut pas rallonger une promenade ou un parloir de trois minutes. Il ne peut demander à un psychologue d'intervenir en faveur d'un détenu. De même, la nuit, ils n'ont pas les clés des cellules.

Lorsque j'étais à la prison de la Santé, l'un des détenus s'est pendu. Il a fallu vingt-cinq minutes pour faire ouvrir la porte! Il faut leur faire confiance.
En glissant un peu d'humanité en prison, on réglera beaucoup de problèmes.

Le gouvernement doit-il accéder à leurs demandes?

Evidemment. Aujourd'hui, ils ne sont que des porte-dés alors même qu'ils pourraient être les premiers agents de la réinsertion.
Ce sont eux qui sont au contact quotidien des détenus. Les juges, eux, on ne les voit que deux fois par an !
Les surveillants n'ont pas du tout la reconnaissance qu'ils méritent.
Leur hiérarchie les sanctionne dès qu'ils essaient d'humaniser leur travail. L'opinion publique, elle, ne les respecte pas. La prison n'intéresse personne. PROPOS RECUEILLIS PAR LOUISE COLCOMBET

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Lyon : vingt ans après son élection, Michel Noir a tourné la page le 15.05.2009 06h00 leprogres.fr

« Pour moi, la vie politique, c'est fini », martèle l'ancien maire de Lyon, Michel Noir

Elu maire de Lyon en 1989, Michel Noir a symbolisé la rupture dans une ville jusqu'ici repliée sur elle-même. Jusqu'à sa chute en 1995. Vingt ans plus tard, ses proches se réunissent ce soir à Lyon, mais l'aventure est terminée

Sortez vos mouchoirs : entre 80 et 90 proches de Michel Noir, ceux qui l'ont aidé à s'asseoir dans le fauteuil de maire de Lyon, du moins ceux qui ne l'ont pas trahi après - au premier chef son ex-gendre Pierre Botton - vont se réunir ce vendredi soir dans un grand hôtel lyonnais.
Devraient prendra place autour de l'ancien maire les Chabert, Guinchard, Parent, Moyat, Dubernard, Gelpi, De Lavernée, Isaac-Sibille, Geoffroy, Gignoux, Jakubowicz et d'autres.

Aucune signification politique n'est donnée à cette soirée assure le principal intéressé. « Juste une réunion d'amis ». Aussi, aucun journaliste n'y sera admis. Dommage, la photo eut été belle.

Durant la soirée vont redéfiler les pages de six années lyonnaises. Avec très certainement un brin de nostalgie. On y parlera bien sûr de la « longue marche » de Michel Noir entamée douze ans et du grand chelem, mais pas de la fin de son parcours politique, achevé sur un des grands scandales politico-financier des années quatre-vingt-dix en France. Même si encore aujourd'hui, certains qui seront là lui en veulent d'avoir voulu les éclabousser, personne ce soir ne voudra gâcher la fête.

1989 : c'est un pan de la vie lyonnaise que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : au deuxième tour des municipales, Michel Noir (RPR) remporte les neuf arrondissements de Lyon, ouvrant les portes de l'hôtel de ville à une nouvelle génération politique.

Il était un maire jeune - 44 ans - dont on disait alors que rien ne l'arrêterait. Bien qu'ayant battu un maire sortant UDF - Francisque Collomb - Noir symbolisait la rupture.
Rupture avec un apolitisme lyonnais de type « notables de la IVe République ».
Rupture avec l'image d'une ville repliée sur elle-même, bétonnée par Louis Pradel, endormie sous Francisque Collomb.
Un Francisque Collomb qui traitait Noir de « jeune loup un peu chien fou ». Cette rupture à Lyon, fut un réel défi que le nouveau maire a su relever. Outre un certain nombre de réalisations majeures sous son mandat (lire ci-dessous), d'autres poursuivies ou reprises par ses successeurs Raymond Barre et Gérard Collomb, Lyon lui doit sa place dans le concert des villes internationales.

Si son élection fut un choc, sa chute le fut tout autant. Noir est tombé en 1996 pour abus de bien sociaux. Le scandale avait éclaté en 93, et entre les deux tours de l'élection municipale de 95, l'ancien maire avait pris les devants, annonçant qu'il ne figurerait pas sur les listes d'union. Il est aussi vrai qu'il s'agissait d'une condition posée par Raymond Barre.

Vingt ans, plus tard, que reste-t-il du noirisme ? Sur le plan politique, pas grand chose. En 2008 Chabert a pris une veste aux municipales à Villeurbanne et les derniers noiristes lyonnais, sauf le maire du 6e, Jean-Jacques David, ont disparu sous la vague Collomb.

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