Portrait (Juillet 2007, Le Monde)
Arcadi Gaydamak

Juillet 2007 : Le milliardaire israélo-russe Arcady Gaydamak crée sa propre formation politique Justice sociale
Mai 2006 : L'ancien propriétaire de "France Soir" est mis en examen pour abus de biens sociaux
Avril 2006 : 12 avril, la justice refuse de confier le journal de Pierre Lazareff à Arcadi Gaydamark : les salariés se mettent en grève
10 avril, les salariés de France-Soir veulent l'oligarque israélo-russe ;
Mars 2006 : 14 mars, l'oligarque israélo-russe aurait acheté France-Soir ...
Novembre 2005 : Soupçonné de blanchiment
Août 2005 : Le milliardaire Gaydamak rachète le Bétar Jérusalem
1er juin 2002 : Arcadi Gaydamak téléphone d'Israël au jounal suisse Le Temps

28 juin 2001 : ARCADI GAYDAMAK, suspect principal dans l'affaire Falcone, en fuite en Israël, "Matignon a payé 25 millions pour libérer des espions"

23/24 décembre 2000 : Arcadi Gaydamak, L'affairiste russe
Arcadi Gaydamak a reçu l'ordre national du Mérite de Marchiani, au grand étonnement de certains policiers.
Année 1993. Un entrepôt industriel, un peu glauque, en banlieue parisienne, des gardes du corps.
Arcadi Gaydamak reçoit les journalistes.
L'homme d'affaires russe, né en Ukraine, a le profil de ces nouveaux riches qui ont su vite se reconvertir, profitant de la perestroïka. Un genre recherché alors par les journalistes économiques pour peindre la reconversion de l'économie soviétique. Gaydamak a compris le profit qu'il pouvait en tirer.

Il se vend. Il a négocié à l'époque la rédaction de sa biographie officielle par un journaliste de TF1. A l'époque, il donne de sa carrière une version pour enfants. Dit être venu en France à l'âge de 19 ans, après avoir lu une petite annonce de recrutement pour des peintres en bâtiment ; s'être ensuite reconverti dans l'interprétariat et avoir assuré la traduction des négociations de grands accords gaziers franco-russes.
Ses débuts dans les affaires, il les explique par le rachat d'un cirque. Pour assurer les tournées du cirque, il lui aurait fallu investir dans des entreprises de transport ; du transport, il serait passé aux docks de Saint-Pétersbourg.
Là, il lui a fallu protéger les «affaires», créer des sociétés de sécurité, employer des équipes spécialisées. Il aurait aussi investi dans la production d'engrais.
Selon sa version, on avait là une vraie success-story. Sur la scène française, Gaydamak est depuis connu sous d'autres angles.

Il détient un record, celui du plus gros redressement fiscal français (près de 500 millions de francs): les procédures sont pendantes devant le tribunal administratif de Paris, et le fisc français ne semble pas depuis 1999 y mettre une grande ardeur.
Il passe pour être intervenu dans la libération de deux pilotes français en Bosnie, en 1995. Et s'est vu remettre l'ordre national du Mérite par Jean-Charles Marchiani, préfet et second de Charles Pasqua, au grand étonnement de certains services policiers qui lui prêtaient des relations avec les milieux d'affaires suspects en Russie.

Porteur de quatre passeports (angolais, français, canadien et israélien), il fuit les ennuis fiscaux en se réfugiant à Londres.
Puis choisit Israël, où il a bénéficié de la loi du retour.

Ses affaires en Angola avaient été exposées bien avant que les juges français y mettent leur nez, par la presse, et notamment l'Evénement du jeudi, dès 1996. Aux imprudents qui le présentaient comme lié à la mafia russe ou au trafic international d'armes, Arcadi Gaydamak réservait aussitôt des poursuites en diffamation. Les services de renseignement continuaient obstinément à pondre des notes le mettant parfois violemment en cause. Infamie, répondait l'intéressé. En Angola, il a réussi à mettre la main sur une partie du commerce de diamant. Il s'est aussi impliqué dans le rachat de la dette angolaise à l'égard de la CEI (6 milliards de dollars) en payant cash 15 % du dû. Autant dire qu'à Luanda, c'est l'un des patrons.
Par A.T., AVEC PASCAL RICHÉ (à WASHINGTON), Libération, 23/24 décembre 2000, p. 4

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D'après le quotidien Libération du 15 février 2001, un ancien magistrat du parquet de Paris, ancien vice président de l'Association professionnelle des magistrats (APM), aurait classé sans suite en janvier 1997 un dossier mettant en cause M. Gaydamak, dossier transmis par Tracfin, l'organisme anti-blanchiment du ministère des finances. L'APM aurait reçu un abonnement de soutien, de 100 000 francs, à sa revue, Enjeu Justice, en octobre 1997.

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ARCADI GAYDAMAK, suspect principal dans l'affaire Falcone, en fuite en Israël, "Matignon a payé 25 millions pour libérer des espions"

RÉFUGIÉ en Israël, où il est sous le coup d'un mandat d'arrêt international, le milliardaire Arcadi Gaydamak est soupçonné d'avoir été à la tête d'un trafic d'armes entre la France, la Russie et l'Angola. Furieux de ces attaques judiciaires qu'il estime infondées, il contre-attaque en annonçant une rafale de plaintes. Autre attaque en règle contre la « France », l'homme d'affaires raconte les coulisses des libérations d'otages auxquelles il a participé et révèle le versement de rançon par le gouvernement Jospin.

Quelle est votre réaction à l'annulation des poursuites pour « trafic d'armes » ?

Arcadi Gaydamak.
Je suis content, bien sûr. Mais je subis une telle injustice depuis le début de cette affaire qu'une décision contraire ne m'aurait pas surpris. Dans ce dossier, on me présente comme un marchand d'armes, un mafieux, un voyou... Pour pallier les preuves qui leur font défaut, les juges Courroye et Prévost-Desprez veulent créer une image négative de ma personne. Ils vont même jusqu'à remettre en cause mon rôle dans la libération d'otages français.

Quel rôle avez-vous joué dans les libérations d'otages ?

Je suis tellement en colère contre la France et le gouvernement actuel que je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit. Lors de la libération de quatre otages français en Russie, j'ai servi d'intermédiaire entre la DST et le général Zorine de l'ex-KGB. Les otages français, officiellement, étaient membres d'une association humanitaire, Equilibre, mais en réalité c'étaient des espions français, membres de la DGSE (1). Ils étaient en mission au Daguestan pour une opération de repérage de pipe-line pétrolier depuis la mer Caspienne. Ils se sont d'abord fait prendre en août 1997 par des preneurs d'otages locaux, puis ont été revendus à des Tchétchènes. La DGSE à Moscou avait tout essayé pour les faire libérer, mais en vain. Les Tchétchènes voulaient une rançon. Le directeur de cabinet de Lionel Jospin a donné son feu vert pour débloquer vingt-cinq millions de francs (2). Raymond Nart, le n o 2 de la DST, est venu à Moscou avec l'argent, rangé dans deux grands sacs noirs qu'il a donnés à l'ex-KGB. Il est rentré ensuite en France avec les agents de la DGSE. Moi, je suis revenu avec leurs passeports. La DGSE n'a jamais digéré que ce soit moi et la DST qui aient libéré ses hommes.

Quel rôle avez-vous joué lors de la libération des pilotes français en Bosnie, détenus par des Serbes ?

Certains services secrets ne souhaitaient pas que les pilotes reviennent vivants, pour pousser davantage la France dans le conflit avec la Serbie. Il a fallu organiser la protection des pilotes en toute discrétion. Le président Chirac a été tenu au courant de tout par l'intermédiaire de Jean-Charles Marchiani et de Charles Pasqua. Là encore, j'ai mis la DGSE en difficulté, puisque ce service avait annoncé la mort des pilotes. Il y a aussi eu une troisième libération d'otage qui s'est faite grâce à moi et dont vous n'avez jamais entendu parler, celle de Vincent Cochetel. Il a été enlevé en janvier 1998 en Ossétie, dans l'ex-URSS. Il travaillait au Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies. En réalité, selon mes contacts en Russie, il était impliqué dans un trafic de produits humanitaires et avait été kidnappé par ses propres « associés » ossètes. Quand je l'ai su, j'ai fait passer le message à Jacques Chirac et sa libération, en décembre 1998, s'est déroulée discrètement.

Comment expliquez-vous vos ennuis judiciaires ?

Un homme se trouve à l'origine de mes ennuis : Jean-Bernard Curial (NDLR : un homme d'affaires proche des socialistes) . En Angola, il avait un gros litige financier avec Pierre Falcone et était jaloux de nos belles affaires. En 1996, Curial nous a dénoncés au fisc en utilisant ses amis des réseaux d'extrême gauche dans l'administration. Les informations sont parvenues jusqu'au juge Courroye via un proche de Curial, ancien des services fiscaux passé au pôle financier du tribunal. Depuis, je suis victime de l'ambition d'un magistrat qui veut se payer des « puissants ». Un seul exemple : il a fait écrouer pendant les fêtes de Noël le fils d'un ancien président, Jean-Christophe Mitterrand, alors que ce dernier n'a jamais participé à aucune opération commerciale en Angola, il n'en était même pas informé. Tout cela a trop duré, je vais contre-attaquer.

Quelle riposte préparez-vous ?

Mon avocat français, Me Willian Goldnadel, va déposer deux plaintes dans les jours qui viennent. L'une dénoncera le comportement de Jean-Bernard Curial, Philippe Courroye et Georges Serre, un cadre du ministère français des Affaires étrangères. Je m'explique. Quand le juge est venu perquisitionner au ministère, je le soupçonne d'avoir su à l'avance ce qu'il venait chercher. Il est allé directement dans le bureau de M. Serre et a trouvé les cinq fameux dossiers sur Pierre Falcone et moi, documents classés confidentiel défense. C'était un coup monté, j'en ai la preuve matérielle. L'autre plainte visera le ministre de la Défense, Alain Richard. Je l'accuse d'avoir, en janvier 2001, rédigé une plainte de complaisance via un courrier dans lequel il invite la justice à s'intéresser à Pierre Falcone et à moi. Je considère ce courrier comme une dénonciation calomnieuse. D'autant que les services du ministère de la Défense, interrogés par la justice, avaient déjà à deux reprises estimé qu'il n'y avait pas de trafic d'armes nous concernant...
(1) Les services secrets français démentent que leurs agents aient été pris en otages.
(2) Joint hier, Olivier Schrameck a démenti vigoureusement avoir remis de l'argent « ni à Gaydamak », qu'il « ne connaît pas », « ni à quiconque ».
Propos recueillis par Geoffroy Tomasovitch et Laurent Valdiguié, Le Parisien, 28 juin 2001, p. 13.

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SUISSE : Enquête sur l'«Angolagate» : un intermédiaire impliqué défend la régularité de l'opération CORRUPTION.

Après l'ouverture par la justice suisse d'une procédure concernant le règlement de la dette russo-angolaise, Arkady Gaydamak explique le déroulement de cette transaction.
L'homme d'affaires franco-russe, qui a gagné beaucoup d'argent en jouant les intermédiaires, explique le rôle joué par sa banque: «UBS garantissait la légalité de l'accord entre la Russie et l'Angola».

Homme d'affaires prospère et controversé, le franco-russe Arkady Gaydamak a joué un rôle central dans le règlement de la dette entre l'Angola et la Russie. Cette opération fait actuellement l'objet d'une enquête à Genève, où la justice estime qu'elle a donné lieu à des détournements de fonds en faveur de dignitaires russes et angolais. Arkady Gaydamak, qui a contacté Le Temps depuis Israël où il réside, défend la légitimité de la transaction avec un argument massue: la plus grande banque suisse, UBS, garantissait la légalité de l'opération et a été grassement payée pour sa participation.

Le Temps : Quel rôle avez-vous joué dans l'accord passé entre l'Angola et la Russie?
Arkady Gaydamak : Au début des années 90, la Russie a hérité des créances de l'Union soviétique avec toute une série de pays du tiers-monde, dont l'Angola. L'objectif de la Russie lorsqu'elle a pris l'initiative de négocier avec l'Angola, c'était de montrer que ces dettes valaient quelque chose, puisque l'Angola allait rembourser une partie de ce qu'il devait. Cela permettait d'améliorer la situation financière à la fois de la Russie et de l'Angola. Un accord prévoyant le remboursement, à partir de juin 2001, de 1,5 milliard de dollars sur les 5 milliards dus par l'Angola a été signé en novembre 1996. C'est un accord négocié par les deux Etats, pas par moi ou Pierre Falcone (ndlr: l'autre intermédiaire impliqué). Mais j'ai joué un rôle de facilitateur car, à l'époque, la Russie manquait de structures administratives.

– Comment expliquer que l'Angola ait déboursé 775 millions de dollars, mais que le Ministère russe des finances n'en ait reçu que 161?
– C'est une bonne question. La dette a été transformée en 31 billets à ordre d'une valeur de 48,7 millions de dollars chacun et remboursables à des échéances fixes. Le Ministère russe des finances est devenu propriétaire de ces billets en novembre 1996. A ce moment, c'était très important de stabiliser la situation sociale en Russie. Ils avaient besoin d'argent tout de suite et le Ministère des finances a voulu vendre ces billets au plus offrant. C'est alors que j'ai créé la société Abalone, qui a racheté les billets. Six d'entre eux ont été rachetés pour une valeur totale de 161 millions de dollars; à partir de 1998, à la demande de la Russie, j'ai payé le reste en obligations russes. Le Ministère russe des finances a été pleinement payé, il l'a réaffirmé récemment.

– Quels bénéfices avez-vous personnellement retirés de l'opération?
– Abalone a signé un contrat avec l'Angola qui me permettait d'acheter et de revendre du pétrole payé avec les billets à ordre. Il y avait une marge bénéficiaire, en fonction des prix du pétrole, qui étaient très hauts à ce moment-là, et cette marge revenait à moi et à Pierre Falcone. Je ne sais pas ce qu'il a fait de son argent par la suite. Moi, j'ai subi un préjudice du fait de l'interruption de la transaction par la justice suisse, qui a bloqué la moitié des billets. Qui est responsable de ce dommage? Est-ce la Confédération suisse, ou UBS? Mes avocats étudient cette question.

– Quel a été le rôle de UBS?
– UBS a joué le rôle d'arbitre juridique dans toutes ces transactions. Cette banque a étudié l'opération pendant quatre mois; elle l'a approuvée et elle a touché des commissions sur chaque billet à ordre. Le Ministère russe des finances a déposé les billets à UBS parce que la banque garantissait la validité juridique de l'accord et la légalité de l'opération, et qu'elle a été payée pour cela. UBS envoyait l'argent en Russie et payait Abalone. Il est ahurissant de voir aujourd'hui qu'un juge suisse dise que cette opération n'est pas régulière!

– Etes-vous prêt à venir vous expliquer devant la justice, en France ou en Suisse?
– Ce serait avantageux pour moi de venir m'expliquer. Je suis prêt à retourner en France, je veux rentrer, mais le problème est que le juge français qui instruit cette affaire, Philippe Courroye, manipule l'opinion par le biais de la presse et ne cherche qu'à me nuire alors que son dossier est vide. Le juge suisse, Daniel Devaud, est son complice. Mais si un autre juge que Courroye reprend le dossier en France, je suis prêt à rentrer tout de suite.
Le Temps, Date de parution : Samedi 1 juin 2002, Auteur: Sylvain Besson

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Une affaire devenue scandale d'Etat

Arkady Gaydamak est visé depuis l'an 2000 par un mandat d'arrêt de la justice française, qui l'accuse d'avoir vendu des armes russes à l'Angola sans autorisation. En Suisse, la justice enquête sur les très nombreuses commissions versées à divers dignitaires angolais dans le cadre de ces transactions, maîtrisées par Arkady Gaydamak et l'homme d'affaires français Pierre Falcone. En outre, elle a établi que le règlement de la dette russo-angolaise avait donné lieu à de nombreux versements à des sociétés et des personnes privées, notamment des proches du pouvoir angolais. Pierre Falcone vient d'ailleurs d'être inculpé pour «gestion déloyale des intérêts publics» par le juge genevois Daniel Devaud. Le président angolais José Eduardo dos Santos a très mal pris ces procédures: il les a qualifiées d'actes «inamicaux» dans une lettre à Kaspar Villiger.
En Russie, le pouvoir est divisé: la Cour des comptes veut obtenir des explications, le Ministère des finances estime que l'opération était légitime.
Le Temps, 1er juin 2002

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Un sauveur qui sent le soufre pour le Bétar Jérusalem
Foot. Arcadi Gaydamak, le milliardaire russe aux multiples passeports, vient d'investir 11 millions d'euros pour présider le club.

Arcadi est arrivé, le Bétar Jérusalem est sauvé. Le milliardaire russe Arcadi Gaydamak vient de racheter 100 % des parts du Bétar Jérusalem, club mythique, aujourd'hui anémique. Meïr Panigel, ancien patron du club avec Meïr Lévy, confesse qu'il a essuyé une larme mais reconnaît : «Nous avons trouvé un homme qui nous ressemble. Modeste, tranquille et timide. Un vrai mec, quoi...»

«Vrai mec», sans doute. Arcadi Gaydamak (ou Aryé Bar-Lev, en version hébraïsée), 53 ans, l'homme d'affaires d'origine russe aux passeports israélien, français, canadien et angolais et aux entreprises ténébreuses, a quitté Paris il y a cinq ans. Non sans quelques démêlés avec la justice française dans «l'affaire Falcone» où l'on retrouve les noms de Pierre Falcone, Jean-Christophe Mitterrand ou Paul-Loup Sulitzer. Le juge Philippe Courroye aimerait beaucoup entendre M. Gaydamak : une vente d'armes illégales à l'Angola serait au menu de leur rencontre. Gaydamak, lui, jure qu'il a agi «en toute légalité» et même «mis fin à une guerre civile» dans ce pays.

Prétention.
Arcadi Gaydamak est arrivé, jeune homme, en Israël dans les années 70, s'est installé au kibboutz Beït-Hachita, avant de travailler comme docker à Haïfa, puis de s'embarquer comme matelot sur un navire et de ne plus y revenir jusqu'à récemment, après une escale à Marseille. Aujourd'hui, sa fortune est évaluée à quelque trois milliards de dollars qu'il administre depuis sa villa de Césarée (mines de phosphates au Kazakhstan, ferme avicole en Russie, immobilier en Russie, placements bancaires...). «Modeste», il va l'être de moins en moins. D'aucuns moquent déjà sa soudaine prétention à «égaler Roman Abramovich de Chelsea», modèle des «oligarques» russes recyclés dans le sport.

Gaydamak vient donc de déposer une caution bancaire de près de 11 millions d'euros pour s'assurer le contrôle du Bétar. Pour faire bonne mesure, il vient d'offrir une contribution de 400 000 dollars au club arabe de Sakhnin, qui joue en première division et que le Bétar adore haïr. Et, n'étant pas à une contradiction près, il a aussi acquis le club de basket de l'Hapoël Jérusalem, club «rouge» et jadis «ouvrier» de Jérusalem, ennemi juré du Bétar. Gaydamak se contente d'arguer qu'il fait beaucoup pour «les oeuvres sociales, culturelles et sportives».

Populiste.
L'arrivée de l'élégant et, jusqu'ici discret, capitaliste dans le club populiste, épidermique, aux supporters volontiers racistes («Mort aux Arabes» n'étant que le plus délicat de leurs slogans), va détonner. Le public du Bétar regroupe les vieux habitants de Jérusalem, les vendeurs de fruits et légumes du marché de Mahané Yéhouda, les chauffeurs de taxi, tout un petit peuple hâbleur, gueulard, «le coeur sur la main», le verbe haut, gestes à l'appui, aux côtés de personnages flamboyants tirant cigare, patrons de restaurants à la mode et entrepreneurs de BTP. Au-dessus de ce rassemblement digne du Vélodrome, règne Ehud Olmert, ci-devant vice-Premier ministre et ancien maire de Jérusalem. C'est lui qui a oeuvré au rapprochement. Avec une intention claire : candidat à de hautes destinées politiques au Likoud, le parti de droite majoritaire, il compte bien puiser dans les gradins du stade «Teddy» des voix favorables...

Avec Arcadi Gaydamak, le Bétar peut avoir les moyens de nouvelles ambitions. Ce dernier a promis d'assurer la paie (souvent en retard) des joueurs, de «maintenir l'encadrement en place» (qui commence donc à compter ses jours) et, surtout, d'emporter très vite le championnat. «Puis, une coupe du monde.» Rien de moins. Et lui-même, de gagner une place au soleil sur l'échiquier politique local ?
Par Jean-Luc ALLOUCHE, mardi 30 août 2005 (Liberation - 06:00), p. 20

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Un club marqué à l'extrême droite

Le Bétar Jérusalem est l'un des clubs les plus importants du pays, celui qui compte le plus de supporters. Le Bétar vient juste derrière le club de basket du Maccabi Tel Aviv. Il évolue au Teddy Kollek Memorial Stadium, rebaptisé Gehinnom (l'Enfer) pour l'atmosphère hostile de ses fans.

Il a été fondé en 1936 par David Horn, un des responsables du Bétar, la jeunesse libérale nationaliste. Depuis, ses supporters sont apparentés à des mouvements proches de l'extrême droite. C'est en 1950 que le club entre en deuxième division. Trois ans plus tard, il gagne sa place parmi l'élite. Il a gardé cependant une réputation anti arabe revendiquée.
mardi 30 août 2005 (Liberation - 06:00), p. 20

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Le milliardaire Gaydamak interrogé dans une affaire de blanchiment d'argent

Au lendemain de l'annonce de la création de son nouveau parti politique, l'oligarque russe et milliardaire Arkadi Gaydamak a été interrogé par la police et mis en garde à vue pendant dix heures, lundi 28 novembre. Il est suspecté d'avoir participé à une très grave affaire de blanchiment d'argent avec la banque Hapoalim.

En mars 2005, la police avait gelé plus de 400 millions de dollars déposés dans l'une des agences de la banque, rue Hayarkon à Tel-Aviv. La police suspecte que l'argent, qui appartenait à 200 clients internationaux de la banque, aurait été obtenu illégalement et aurait était blanchi par des employés de la banque.
Après avoir examiné le compte en banque du milliardaire russe, la police a découvert que 50 millions de shekels ont curieusement été retirés de son compte juste avant son interrogatoire.

Gaydamak a été relâché par la police après avoir déposé une caution d'un million de shekels. La police a confisqué son passeport et lui a interdit de quitter le pays. Le milliardaire a accusé la police de le persécuter, clamant que s'il n'avait pas été un homme d'affaires très riche, propriétaire d'une équipe de football, il n'aurait jamais été interrogé.
Jerusalem Post, Edition française, 17:14 | 29 novembre, 2005

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mardi 14 mars 2006, 18h32 France Soir: nouvel imbroglio avec l'annonce du rachat par Arcadi Gaydamak

PARIS (AFP) - Le quotidien France Soir, actuellement en redressement judiciaire, connaît un nouvel imbroglio avec l'annonce de son rachat par le milliardaire controversé israélo-russe, Arcadi Gaydamak, alors que le Tribunal de commerce de Lille doit statuer jeudi sur différentes offres de reprise.

Arcadi Gaydamak est depuis décembre 2000 sous le coup d'un mandat d'arrêt international des juges parisiens enquêtant sur un trafic d'armes vers l'Angola auquel il serait mélé.

Lundi soir, M. Gaydamak, résidant en Israël et en Russie, qui possède notamment l'hebdomadaire russe "Moscow News, annonce depuis Jérusalem avoir racheté le quotidien "grâce au groupe de presse russe" qu'il contrôle et déclare vouloir éponger "dans un premier temps 10 millions d'euros de dettes".

Parallèlement, deux communiqués de presse publiés à Paris, mais datés de Moscou, précisent que la société Moscow News rachète "100% des actions de la société Montaigne Press à M. Raymond Lakah", l'actuel propriétaire du quotidien.

Moscow News devient ainsi "actionnaire majoritaire de la SA Presse Alliance", société éditrice de France Soir, détenue à 70% par Montaigne Press et à 30% par les anciens propriétaires, le groupe italien Poligrafici Editoriale.

M. Gaydamak entend "financer le plan de continuation de Montaigne Press pour Presse Alliance, en recapitalisant le quotidien", avec un projet "moderne, viable et rentable". Le plan sera présenté "par le biais de ses avocats au tribunal de Commerce de Lille".

L'homme d'affaires franco-égyptien Raymond Lakah confirme mardi qu'il a bien a "reçu une offre de Moscow News" pour le rachat de l'intégralité des parts de Montaigne Press, et que le Conseil d'administration de la société a donné son aval.

Placé en redressement judiciaire le 31 octobre, France Soir se cherche un repreneur. Le Tribunal de commerce de Lille en charge du dossier, après celui de Bobigny, statuera jeudi de l'avenir du quotidien.

Le personnel de France Soir --115 salariés, dont 75 journalistes-- devait se prononcer sur les quatre offres transmises par les administrateurs aux représentants du personnel.

Ces offres émanent d'Eric Fauveau et Serge Faubert, ex-directeur général et actuel rédacteur en chef de France Soir, Jean-Raphaël Fernandez, représentant un groupe agro-alimentaire marseillais, Jean-Pierre Brunois, homme d'affaires qui a failli acheter le journal en 2004, et Yves Roucaute, dirigeant le groupe Euro Bond Medias, soutenu par plusieurs journalistes comme Gérard Carreyrou, Jean-Claude Bourret ou Paul Wermus.

L'offre de l'homme d'affaires Prosper Amouyal, appuyée par des journalistes, n'est pas présentée, indique-t-on de sources syndicales.

M. Roucaute exprime mardi sa "grande surprise" après les annonces de M. Gaydamak, alors que la décision du Tribunal de commerce de Lille n'est toujours pas rendue" et fait "toutes réserves sur la qualification juridique et les conséquences de telles déclarations".

Pour Me Gilles Baronnie, administrateur judiciaire de France Soir, M. Gaydamak doit "apporter des garanties financières".

"S'il apporte effectivement 20 millions d'euros, qu'il paye le passif de 12 millions d'euros et qu'il apporte ensuite des garanties pour financer le fonds de roulement, pourquoi pas?", estime Me Baronnie.

Créé en 1944, le titre au passé prestigieux eut pour patron Pierre Lazareff, et était le "seul quotidien vendant plus d'un million d'exemplaires".

Sa diffusion en 2005 a chuté à 50.633 exemplaires, en recul de 18,46%, selon les chiffres publiés mardi par l'OJD.
Yahoo.fr, actualités, mardi 14 mars 2006, 18h32

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(10 avril 2006) «France Soir» : Gaydamak plébiscité
Les salariés feront grève s'il n'est pas choisi comme repreneur.

Les salariés de France Soir ont choisi leur camp : ce sera Arcadi Gaydamak ou rien. Alors que le tribunal de commerce de Lille doit rendre sa décision demain sur l'avenir du quotidien, le personnel a tenu à afficher hier son soutien à l'homme d'affaires.

Malgré ses démêlés avec la justice, il est le seul, à leurs yeux, à pouvoir reprendre le titre dans des conditions acceptables.
Le volet éditorial de son projet a été conçu par François Siegel, ancien de VSD et du Monde 2. Et il ne prévoit aucun licenciement sur les 112 postes que compte le journal, alors que celui de l'autre repreneur potentiel, le promoteur immobilier Jean-Pierre Brunois, ne garderait que 50 salariés.

Lors de l'audience de vendredi, le procureur s'est prononcé en faveur de ce dernier.
Inacceptable pour le personnel, qui s'est réuni hier lors d'une assemblée générale exceptionnelle. A la question : «Etes-vous pour une grève à compter de jeudi si le dossier Brunois est validé ?», 73 personnes ont voté pour, 5 contre et 5 se sont abstenues.
L'information devait s'afficher ce matin en pleine page à la une du quotidien, afin de mettre la pression sur le tribunal. «Nous avons tout essayé, il ne nous reste plus que ça», déplore Christian Gourdet, délégué syndical CGT. Les deux autres offres de reprise, celles de Jean-Raphaël Fernandez et de l'ex-directeur du journal Eric Fauveau associé à Serge Faubert, ne semblent plus en mesure de l'emporter.

Loin d'être satisfaisante, la solution Gaydamak est surtout vécue comme celle de la survie au sein de la rédaction. «Je me pose beaucoup de questions sur la suite, mais c'est le seul projet économiquement viable, assure un journaliste. Brunois n'a pas de quoi tenir plus d'un an.»
liberation.fr, par Emmanuel FANSTEN, QUOTIDIEN : mardi 11 avril 2006, p. 20

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13 Avril 2006 9h32 France Soir repris par Rey et Brunois, les salariés en grève

Le tribunal de commerce de Lille a mis fin à un long suspense mercredi en désignant le journaliste Olivier Rey et l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois comme repreneurs du quotidien en difficulté France Soir, une décision qui a immédiatement déclenché une grève des salariés.
MM. Rey et Brunois, associés à la journaliste Christiane Vulvert au sein de la société VME Patrimoine, entendent conserver 51 des 112 salariés, pour faire de France Soir un journal populaire, axé autour des faits divers, du sport, du hippisme et de l'actualité people.
"On va revenir aux fondamentaux de France Soir", a déclaré Olivier Rey. "On a fait un projet cohérent au.niveau de la gestion et de la reconstruction du titre", a ajouté l'ancien journaliste de France Soir, entre 1977 et 1979.
"On a mis 700.000 euros pour racheter le titre et on reprend 51 salariés", a-t-il précisé.
Un des représentants du projet présent à l'audience au tribunal, Guillaume Boureux, a toutefois ajouté que l'objectif était "d'augmenter les ventes du journal et de réembaucher à terme des journalistes".

Hostiles à ce projet, les salariés de France Soir, placé en redressement judiciaire le 31 octobre 2005, se sont immédiatement mis en grève.

"Nous allons essayer d'ouvrir le dialogue avec les salariés qui restent, et essayer d'être intelligents de notre côté. J'espère que l'intelligence sera réciproque", a déclaré M. Rey.
"Comment voulez-vous sauver un journal qui perd aujourd'hui 800.000 euros par mois avec 118 salariés (les salariés sont 112, selon la lettre ouverte favorable à la solution russe publiée mardi dans le quotidien, ndlr), 22 pigistes réguliers et 60 occasionnels?", a-t-il ajouté.

Les salariés plaidaient en faveur du projet présenté par le groupe de médias russe Moscow News de l'homme d'affaires à quadruple nationalité (française, israélienne, angolaise, canadienne) Arcadi Gaydamak, qui prévoyait de conserver tous les salariés.
Moscow News a pris le contrôle pendant la procédure de la société éditrice de France-Soir, Montaigne Press.

"Nous sommes en colère, le tribunal a choisi la plus mauvaise solution, celle qui aboutit à licencier le plus et qui donne le moins d'avenir au journal", a déclaré le délégué syndical CGT Christian Gourdet, qui représentait le personnel dans la procédure.
Le quotidien ne paraîtra pas jeudi, a-t-il ajouté, en précisant envisager de faire appel du jugement.

Trois dossiers rivaux s'étaient finalement détachés au cours de la procédure: le plan de continuation de Moscow News et deux plans de reprise, celui de MM. Brunois et Rey et celui de Jean-Raphaël Fernandez, patron d'un groupe agroalimentaire marseillais.
Le plan de l'ex-directeur général et du rédacteur en chef de France Soir, Eric Fauveau et Serge Faubert, qui paraissait moins bien placé, a également été rejeté formellement mercredi.

Le procureur avait exprimé des doutes sur l'origine des fonds que Moscow News proposait d'investir.
Sous le coup d'un mandat d'arrêt émis en France dans le cadre d'une enquête sur un trafic d'armes vers l'Angola, Arcadi Gaydamak aurait également une dette de 75 millions d'euros auprès du fisc français.

Né en 1944, grand quotidien populaire sous la houlette du mythique patron de presse Pierre Lazareff, France Soir avait battu ses records de ventes annuelles en 1961 avec 1.115.700 exemplaires en moyenne par jour de parution.
En 2005, sa diffusion était tombée au modeste niveau de 50.633 exemplaires (chiffres Diffusion France payée de l'OJD).
Yahoo.fr, actualités, 13 Avril 2006 9h32

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mercredi 10 mai 2006, 15h06 Raymond Lakah mis en examen pour abus de biens sociaux

PARIS (AFP) - Raymond Lakah, ancien patron de France Soir, a été mis en examen jeudi (4 mai 2006) pour "abus de biens sociaux" par une juge d'instruction parisienne pour des transferts présumés douteux entre deux de ses sociétés dont l'ancienne société éditrice du journal, selon une source judiciaire mercredi.

M. Lakah, placé sous contrôle judiciaire, a confirmé à l'AFP cette information du Parisien mais n'a pas souhaité faire de commentaire sur ce dossier confié à la juge d'instruction Xavière Simeoni.

Une enquête préliminaire avait été ouverte le 5 décembre par le parquet de Paris sur les conditions de gestion de Presse Alliance, la société éditrice du quotidien France Soir récemment repris par Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey. Cette procédure judiciaire faisait suite à un état des lieux financiers effectué par Me Gilles Baronnie, nommé mandataire ad hoc avec Me Frédéric Brunet le 7 octobre 2005.

Me Baronnie avait indiqué aux policiers avoir "constaté des mouvements financiers importants", de l'ordre de "14 millions d'euros", effectués depuis les caisses de Presse Alliance au profit de celles de Montaigne Press, la société de M. Lakah basée à Londres qui détenait 70% de France Soir via Presse Alliance.

M. Lakah avait racheté en octobre 2004 70% de Presse Alliance (le reste du capital était alors détenu par la société italienne Poligrafici Editoriale).

Outre l'affaire de France Soir, M. Lakah est actuellement embourbé dans de nombreuses difficultés financières. Sa compagnie aérienne Air Horizons (275 salariés) a été liquidée le 7 décembre.
Yahoo.fr, actualités,

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lesechos.fr Israël : Arcady Gaydamak crée son parti politique [ 10/07/07 ]

Le milliardaire israélo-russe Arcady Gaydamak a créé, hier, sa propre formation, Justice sociale, avec l'intention déclarée d'en faire une force de premier plan sur l'échiquier politique israélien.

Le milliardaire, qui dispose de passeports diplomatiques du Canada et d'Angola, a précisé qu'il ambitionne de remporter aux prochaines législatives prévues en 2010 « entre 30 et 40 sièges » sur les 120 que compte le Parlement.

Gaydamak, propriétaire du Betar, club de football de Jérusalem, espère dans un premier temps se faire élire à la mairie de Jérusalem.

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Portrait Arcadi Gaydamak, l'"Ange d'Israël" LE MONDE | 10.07.07 | 15h30 • Mis à jour le 10.07.07 | 15h30

"Je suis un homme étrange", déclarait-il en 2000. Sept ans après, l'"étrange" Arcadi Gaydamak est toujours autant sollicité. Aujourd'hui, à peine arrivé dans ce grand hôtel de Tel-Aviv, l'homme que certains Israéliens appellent "melech" (le roi) est immédiatement entouré. Avant d'arriver, il nous avait prévenu : "Vous allez voir, ils vont tous se précipiter." Ce fut le cas. Alors le voilà qui écoute les quémandeurs et promet de se pencher sur les requêtes. Le voilà donc, ce milliardaire d'origine russe qui se définit lui-même comme "l'homme le plus populaire d'Israël".

Cette popularité, réelle, il l'a construite pas à pas, jusqu'à devenir, dit-il, la personnalité "la plus citée dans les médias". Lundi 9 juillet, le milliardaire a décidé de mettre cette célébrité au service de ses ambitions. Les premières assises de son parti, baptisé "Justice sociale", devraient se tenir jeudi 12 juillet à Jérusalem.

La popularité d'Arcadi Gaydamak est montée au zénith en 2006 lorsqu'il a décidé de devenir le philanthrope numéro un d'Israël. Il s'est découvert une "âme de bienfaiteur" lors de la guerre des 33 jours, au Liban, pendant l'été 2006. Estimant que l'Etat ne remplissait pas ses devoirs, il s'est proposé d'accueillir dans des camps de vacances les réfugiés de Galilée qui fuyaient les roquettes Katioucha du Hezbollah. L'opération ayant particulièrement bien marché, il a décidé de la renouveler chaque fois que nécessaire. Et d'abord pour venir en aide à la population de Sdérot, ville frontalière de la bande de Gaza et cible des tirs du Hamas.

Au printemps, pour la deuxième fois en moins d'un an, il a donc affrété des autobus pour évacuer les habitants, loué des chambres d'hôtel pour les accueillir et installé, à ses frais, des camps de tentes pour offrir un toit à ceux qui ne supportaient plus de vivre sous la menace.

L'"Ange d'Israël", ainsi baptisé par les bénéficiaires de ses largesses, estime qu'il ne s'agit là que de "l'expression de la tradition juive de solidarité. Apporter aide et soutien à ceux qui en ont besoin : c'est comme cela que nous avons survécu pendant des millénaires". "Nos dirigeants sont irresponsables", poursuit-il. "Le gouvernement est incapable de protéger ses citoyens. Que va-t-il se passer lorsque des bombes tomberont sur Ashkelon, Ashdod ou Tel-Aviv ?" Gaydamak se veut l'"homme-providence". Il sait utiliser tous les événements pour faire parler de lui. Il organise des barbecues géants à l'occasion du Nouvel An juif ou de la fête nationale. Son nom est sur toutes les lèvres. Pour quel bénéfice ? Voilà la question.

Il avoue presque timidement avoir récemment décidé de devenir "un homme public". Pas un politicien, car "c'est artificiel". Lui, il est "un homme de la vie réelle". S'il le voulait, dit-il, il pourrait obtenir 40 députés sur 120 à la Knesset (Parlement). Il veut créer le bien-être social. Il est persuadé que c'est la seule manière de résoudre les crises. "La prospérité économique permettra d'éliminer les tensions et de réconcilier Juifs et Arabes. Les extrémismes naissent du désespoir." Les problèmes politiques, la création d'un Etat palestinien, la tension à Gaza, tout sera réglé par le développement. "Regardez en Russie, lance-t-il, depuis qu'il n'y a plus d'idéologie, il n'y a plus de confrontation. Ce qui compte, c'est le consumérisme. Tout le monde doit faire de l'argent."

Mais comment fait-on "de l'argent" ?

Comment Arcadi Gaydamak est-il devenu si riche ? Né au centre de Moscou, ancien membre des Jeunesses communistes, il débarque en Israël à 20 ans, profitant de la "loi du retour", et travaille dans un kibboutz. Deux mois plus tard, il part en France. Traducteur-interprète, son parcours se perd ensuite dans les méandres des affaires. Gaydamak se définit d'abord comme un homme d'affaires international. "Lorsque vous êtes né dans un village, vous n'avez que les opportunités que vous offre ce village. Moi, je suis un homme du monde et je saisis les opportunités au niveau mondial." Pour ce faire, il a beaucoup voyagé, s'établissant à Londres, à Paris, à Moscou. Il refuse de dire s'il est riche : "C'est un mot que je n'utilise pas, comme celui de "pauvre" d'ailleurs."

Le secret de sa réussite ?

"Il n'y en a pas. Il faut avoir de la dignité. Les gens qui gagnent de l'argent ont l'esprit de dignité plus développé que les autres." Comment ça ? "L'argent vous procure une défense contre l'humiliation. L'argent vous protège." Et d'expliquer que lorsque l'on n'a plus envie de prendre le bus, on s'achète une voiture. Que lorsqu'on ne veut plus prendre les avions de ligne, on s'achète un jet privé. "Mon objectif, c'est d'être libre, ne plus subir d'humiliation." Tel serait le moteur d'Arcadi Gaydamak. Souvent accusé de collusions mafieuses, de trafic d'armes, ce karatéka de 55 ans balaie ces "médisances" d'un revers de main.

Soupçonné de blanchiment d'argent en Israël, il affirme que c'est "une histoire totalement imaginaire" et qu'il attend toujours d'être inculpé. "Que la justice me dise exactement ce qu'on me reproche." Il dément qu'une somme de 4,9 millions de dollars soit toujours consignée par la justice israélienne dans l'attente de la conclusion de l'enquête. Quant au mandat d'arrêt international délivré par le juge Philippe Courroye, le 6 décembre 2000, pour un trafic d'armes à destination de l'Angola, il explique : "C'est une manipulation politique montée contre moi par la DGSE. (...) Je suis prêt à m'expliquer. Je suis prêt à être jugé. Je suis prêt à accepter la décision du tribunal, mais je ne veux à aucun prix être placé en détention préventive." C'est pour cela qu'il aurait fui la France, tandis que Pierre Falcone, son complice présumé, était inculpé et écroué sept mois à partir du 1er décembre 2000 pour "commerce d'armes illicite, fraude illicite, fraude fiscale, abus de biens sociaux, abus de confiance et trafic d'influence". L'"Angolagate" débute. L'instruction durera plus de cinq ans et s'achèvera en juin 2005. Elle permet d'établir qu'en 1993 et 1994 plus de 600 millions de dollars de matériels militaires ont été vendus au régime angolais de José Eduardo Dos Santos. C'était l'époque de la guerre contre les rebelles de l'Unita dirigée par feu Jonas Savimbi. Les soldats cubains étaient partis. Le pouvoir en place à Luanda avait besoin d'armes en échange de pétrole.

Arcadi Gaydamak et Pierre Falcone sont soupçonnés d'être au centre du trafic, dont ils auraient fait profiter largement de nombreuses personnalités. Parmi elles, Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné de l'ancien président, incarcéré pendant trois semaines, ainsi que Charles Pasqua, ancien ministre de l'intérieur ; son bras droit, Jean-Charles Marchiani ; le romancier Paul-Loup Sulitzer ; l'ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali. Dans un rapport de la brigade financière française en date du 9 avril 2002, il est indiqué que MM. Pasqua et Marchiani "ont soutenu le régime de Dos Santos et le processus de vente d'armes à l'Angola. Les profits colossaux ainsi générés permettent de mieux appréhender les raisons de l'aide financière de MM. Falcone et Gaydamak à l'activité politique de MM. Pasqua et Marchiani".

Arcadi Gaydamak n'en démord pas.

Il accuse le juge Courroye d'être "un manipulateur". Il ne connaît pas Jean-Christophe Mitterrand, ni Pierre Falcone. Il ne connaît que Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani, qui lui a remis, en 1999, l'ordre national du Mérite pour services rendus à la France. Il affirme n'avoir été qu'"un trader de pétrole" et n'avoir fait que "gérer l'argent du pétrole angolais à la demande de Luanda pour payer le gouvernement russe, qui vendait des armes". Pour lui, l'"Angolagate" n'est "qu'une affaire montée de toutes pièces". Il rappelle qu'il a "sauvé neuf officiers de l'armée française", qu'il en est "fier", et que c'est pour cela qu'il a été décoré. Il s'agit notamment de deux pilotes français capturés par les Serbes de Bosnie et libérés en décembre 1995, ainsi que de quatre Français travaillant pour l'organisation humanitaire Equilibre, enlevés au Daghestan en août 1997 et libérés après 106 jours de captivité. "En réalité, il s'agissait d'agents de la DGSE qui avaient été kidnappés pour être revendus en Tchétchénie à des demandeurs de rançons", expliquait-il au Monde le 22 janvier 2002. L'homme trouve donc injuste que la France continue de le poursuivre, alors qu'il ne demande qu'à s'expliquer.

La France lui manque.

Il aimerait pouvoir y retourner sans échouer dans une prison. Mais, désormais, sa vie est en Israël. En août 2005, il a acquis le prestigieux club de football de Jérusalem, le Bétar. Il sponsorise le club de basket Hapoel. Il vient d'acquérir une chaîne de vingt-trois magasins pour 100 millions de dollars et a immédiatement décrété qu'ils seront entièrement kasher. Lui-même "n'observe pas tous les préceptes de la religion", mais éviter le porc, "c'est le minimum". Il a pris le contrôle d'une société immobilière et d'une firme d'investissement. Il a acheté une station radio et veut créer une nouvelle chaîne de télévision. Il nous confiait récemment qu'il était prêt à appuyer le candidat de la droite dure, Benyamin Nétanyahou, aux prochaines élections. Lui, c'est la mairie de Jérusalem qui l'intéresse (élections en novembre 2008). "Jérusalem, dit-il, est le symbole de la paix et de la coexistence. (...) Je veux faire la paix dans cette ville, au Proche-Orient et dans le monde." Encore faudra-t-il être élu. Mais Arcadi Gaydamak ne doute de rien : "Je suis désormais sur la bonne voie."
Le Monde, Michel Bôle-Richard

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