Portrait et Bio Express (Libération, 29 mai 2007)

Richard Prasquier
Roger Cukierman

13 mars 2008. Le Président Shimon Peres insulté lors de la réception du Crif
19 février 2008. Les tableaux volés aux juifs exposés à Jérusalem
15 février 2008. Le dîner annuel du Crif, en présence, pour la première fois, du Président de la République, Nicolas Sarkozy l'"ami d'Israël". La shoah individualisée aux enfants de 10 ans : Maître Serge Klarsfeld est pour ; Simone Jacob-Veil est vigoureusement contre
13 mai 2007. Richard Prasquier, son conseiller, succède à Roger Cukierman à la tête du Crif
07 mai 2007. Roger Cukierman félicite Nicolas Sarkozy
1er avril 2007. Présidentielle, profanation, protestations. Jacques Chirac condamne.
Mars 2007. Le Crif scandalisé par l'ancien Premier ministre centriste Raymond Barre ; quatre candidats ;
Février 2007. Antisémitisme: hausse de 45% des agressions physiques en 2006 selon le Crif (77 en 2005, 112 en 2006)
Décembre 2006. Contre Ségolène pour Nicolas ?
Novembre 2006. Le Congres Juif Mondial à Paris ; Dominique de Villepin s'adresse aux congressistes au cours d'un dîner de gala au Sénat : La France "se tient résolument aux côtés d'Israël"
Juillet 2006. 64ème anniversaire : Roger Cukierman dénonce "la haine de l'autre"
Mars 2006. Les américains au secours des français
Février 2006. Roger Cukierman demande toute la vérité sur l'assasinat d'Ilan Halimi ; et compare le président iranien à Hitler ; Dominique de Villepin promet la vérité, 7 mises en examen pour crime anti-sémite (judéophobe)
Février 2005. Roger Cukierman dénonce la politique arabe de la France

Mai 2004. Serge Hajdenberg candidat à la présidence des institutions juives de France : « Je n'aime pas l'hypocrisie »
Il est battu ferme par l'ancien dirigeant de la banque Rothschild

LE DIMANCHE 16 MAI (2004), les 150 délégués du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) éliront leur président pour les trois ans à venir. Un vote clé alors que l'antisémitisme retrouve des relais en France, et que la situation au Proche-Orient reste explosive. Candidat à un second mandat, comme le permettent les statuts du Crif : Roger Cukierman.

Mais il trouve en face de lui Serge Hajdenberg, 62 ans, président-fondateur de Radio J, présenté par certains comme pro-Likoud et frère aîné de l'ex-président du Crif (1995-2001), l'avocat Henri Hajdenberg.

Pourquoi êtes-vous candidat ?
Serge Hajdenberg. Je suis candidat parce que Roger Cukierman est, pour moi, décrédibilisé, à gauche comme à droite. Comme beaucoup, je n'ai pas oublié certaines de ses déclarations. Ainsi, en 2002, au lendemain du premier tour de la présidentielle, il a osé dire, évoquant le score de Jean-Marie Le Pen : « C'est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles. » C'était laisser croire que la communauté juive était lepéniste. Lors du dîner du Crif de janvier 2003, on l'a aussi entendu dénoncer « l'alliance brun-vert-rouge ». Un amalgame trop facile. Notre président a tenu depuis trois ans notre communauté à l'écart de la société civile. Moi, je souhaite inscrire ma démarche dans la ligne de l'action qu'ont successivement conduite Théo Klein, Jean Kahn et mon frère Henri. En ouvrant le Crif aux partis, aux syndicats, aux associations, aux autres religions et aussi, en jouant à l'intérieur du Crif, la carte de la transparence dans la gestion et le maximum de délégations de pouvoirs. Le président du Crif ne doit pas être l'homme d'un dîner annuel avec le Premier ministre. Sans compter que tout ne se joue pas dans un petit milieu à Paris.

N'est-ce pas un risque pour le Crif de changer de président à l'heure des actes antisémites ?
Le capitaine qui jette son bateau sur les rochers, on le met aux fers. C'est une image, bien sûr.

Vous êtes sévère...
Je n'aime pas l'hypocrisie. Roger Cukierman n'a pas de sens politique. Il gère le Crif comme une entreprise, pas comme un porte-parole politique. En plus, il est un peu plus extrémiste que la moyenne.

Quelles relations souhaiteriez-vous avoir avec l'Etat d'Israël ?
La vocation du Crif est d'essayer d'expliquer les positions qui méritent d'être expliquées, et de faire en sorte qu'en tout état de cause la France et Israël se parlent en permanence. Il ne s'agit pas de soutenir tel ou tel chef de gouvernement.

« J'ai pris ma décision seul »

Comment vous définissez-vous ?
De coeur, je suis centre-gauche. Economiquement, centre-droit.

Comment réagissez-vous aux profanations de cimetières ?
C'est extrêmement grave, mais il ne s'agit surtout pas de réduire cela à des actes antisémites. Ce sont des attaques contre la France.

Qui vous a poussé à vous engager ?
J'ai pris ma décision seul.

Vous dites non à la continuité ?
Par rapport aux trois dernières années, j'entends être, en effet, un candidat de rupture. Pour que le Crif soit à nouveau entendu, et à l'écoute des autres. Il ne s'agit ni de minimiser, comme l'a longtemps fait la gauche, la montée des actes antisémites ni de se rassurer à bon compte, comme on l'a vu à droite, en disant (ce qui est d'ailleurs vrai) : la France n'est pas antisémite. Il s'agit, dans le dialogue, d'affronter un défi lancé à la République.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon, Le Parisien, samedi 08 mai 2004, p. 5

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(16 mai 2004) Roger Cukierman, réélu président du Crif
Le président sortant a été réélu par l'assemblée générale avec 113 voix, contre seize pour Serge Hajdenberg, président de Radio J.

Roger Cukierman, 67 ans, a été réélu dimanche président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) pour un mandat de trois ans, a annoncé le Crif dimanche 16 mai.
Roger Cukierman a été réélu par l'assemblée générale avec 113 voix, contre seize pour Serge Hajdenberg, président de Radio J et frère de Henri Hajdenberg, ancien président du Crif, et quinze abstentions. Serge Hajdenberg, 62 ans, s'était porté candidat pour remédier au "déficit de communication du Crif, lié à la personnalité de son actuel président".
"Le Crif s'est coupé de ses partenaires naturels, les partis politiques, les syndicats, la société civile", a-t-il dit, en mettant également en cause un "manque de transparence" dans la direction de l'organisation.
Estimant que le Crif avait "mal géré" la crise liée à la montée de l'antisémitisme en 2001-2002, "isolant la communauté juive", Serge Hajdenberg plaide "pour le dialogue des institutions juives avec tous les acteurs de la société civile et les minorités religieuses".

Polémique

Le président sortant, ancien dirigeant au sein du groupe bancaire Edmond de Rothschild, enfant caché pendant la guerre, au célèbre franc-parler, a pris les rênes du Crif alors que la France renouait avec une montée de l'antisémitisme, en relation avec la seconde intifada au Proche-Orient. Il a tiré la sonnette d'alarme lors du dîner du Crif en décembre 2001, en évoquant, devant l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, la montée d'une "haine anti-juive" en France, puis n'a cessé d'alerter, au risque de s'attirer certains reproches d'exagération et de "paranoïa", y compris au sein de la communauté juive.

Lors du dîner du Crif de janvier 2003, il a créé la polémique en assimilant antisionisme et antisémitisme et en dénonçant une "alliance brun vert rouge".
NOUVELOBS.COM | 16.05.04 | 13:44

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(12 février 2005) Pour son dîner, le Crif sert à Raffarin une kyrielle de griefs
Le président de l'instance juive dénonce la politique arabe de la France.

Haro sur la politique arabe de la France.
Samedi (12 février 2005), le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organisait son dîner annuel, événement politico-mondain, au cours duquel son président, Roger Cukierman, a coutume d'interpeller le gouvernement.
Le nombre des actes antisémites ayant diminué fin 2004, après avoir flambé auparavant, et un espoir d'accalmie semblant se dessiner au Proche-Orient avec l'élection de Mahmoud Abbas, on pouvait espérer un discours apaisé.
Il n'en a rien été. Face à Jean-Pierre Raffarin et aux seize ministres présents ­ et en l'absence remarquée de Nicolas Sarkozy annoncé avec Cécilia puis excusé ­, Cukierman a enfilé le costume qu'il affectionne : celui de défenseur d'une communauté menacée.

Affaire Dieudonné.
Les années précédentes, il avait concentré ses attaques sur la responsabilité des jeunes issus de l'immigration et de la gauche altermondialiste dans la hausse des actes antisémites. Samedi, il a accusé la justice de «mal apprécier la gravité du phénomène». En cause, les jugements, trop cléments, rendus dans des affaires concernant des écoliers juifs maltraités par des camarades de classe, à propos de l'humoriste Dieudonné ­ poursuivi pour «injures raciales» et relaxé en appel ­ ou encore de la maison Flammarion. Cet éditeur, coupable, selon le Crif, d'avoir publié en 2002 un ouvrage «tendancieux» sur la Palestine, récidive avec Pogrom, d'Eric Bénier-Bürckel, roman jugé «inqualifiable» par l'écrivain Olivier Rolin dans une tribune publiée dans le Monde la semaine dernière.

Pour le reste, Roger Cukierman a consacré une violente salve à la diplomatie française. A la demande de l'Elysée, cette partie du discours jugée trop agressive avait été édulcorée. Insuffisamment? Interviewé hier sur Europe 1, François Fillon a jugé «pas normal que le président du Crif se livre chaque année à une attaque globale de la politique étrangère de son pays».
«Je dois vous faire part du malaise que je ressens, avait déclaré Cukierman lors du dîner de samedi. Malaise devant ce qui me paraît être une incompatibilité entre la politique étrangère de la France et la politique de lutte contre l'antisémitisme.» Après avoir évoqué l'affaire Al-Manar, chaîne de télévision du Hezbollah autorisée puis interdite par le CSA pour antisémitisme, il a critiqué l'accueil fait à Yasser Arafat lors de son hospitalisation. «Je comprends certes l'aspect humanitaire de son transfert en France. Mais aucun propos n'est venu rappeler sur son catafalque l'ambiguïté du personnage.» Or «les espoirs de paix que suscite l'arrivée au pouvoir de son successeur démontrent combien le soutien de la France à Arafat était lourdement erroné».

Dans sa réponse, Jean-Pierre Raffarin a rappelé que «plusieurs décisions d'une sévérité exemplaire ont été rendues en 2004 par les tribunaux». Sans citer Dieudonné, il a «condamn[é] fermement (...) certains artistes qui cherchent à faire applaudir la haine». Ajoutant que «leur notoriété ne les met pas hors la loi». Sans citer non plus Flammarion, le Premier ministre s'est dit «vigilant quant à certaines initiatives supposées littéraires, telle que celle qui, récemment, était présentée dans la presse comme "un livre inqualifiable"».

Voyage.
A propos du Proche-Orient, Raffarin a salué «l'espoir retrouvé». Mais à part une allusion à la «volonté et l'engagement de la France» en faveur de la paix, il n'a rien dit du rôle que pourrait jouer la diplomatie française. Il n'a d'ailleurs pas annoncé son déplacement en Israël au moment où il évoquait les relations israélo-palestiniennes, mais en conclusion du paragraphe consacré aux célébrations du 60e anniversaire de la libération des camps d'extermination nazis. La formulation de l'invitation du gouvernement israélien (lire ci-contre) semble aussi en faire un événement surtout lié à la mémoire de la Shoah.
Par Catherine COROLLER, lundi 14 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 13

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20/02/2006 21:18 : PARIS, 20 fév 2006 (AFP) - Le Crif réclame "toute la vérité" sur le meurtre d'Ilan Halimi

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a pressé lundi le Premier ministre Dominique de Villepin d'établir "toute la vérité" sur le meurtre d'Ilan Halimi pour savoir s'il a été tué "parce que juif".

"Le Crif a appelé au calme et au sang-froid. Mais une question s'impose à nous de manière pressante: Ilan est-il mort parce que juif?", s'est interrogé M. Cukierman au dîner annuel du Crif, devant M. de Villepin et de nombreux ministres.
"Vous devez la vérité à notre pays", a-t-il poursuivi. "Je demande à votre gouvernement de nous fournir la vérité, rien que la vérité, toute la vérité sur cette affaire et notamment sur les motivations des assassins".

Ilan Halimi, 23 ans, enlevé le 21 janvier, avait été découvert agonisant le 13 février nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures. Sa mère a déclaré au quotidien israélien Haaretz: "si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné".
Dimanche, le Crif avait renouvelé l'appel au calme lancé vendredi lors de l'enterrement du jeune homme et condamné les incidents qui avaient émaillé une marche à sa mémoire à Paris.
la-croix.com, 20/02/2006 21:18

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20/02/2006 22:28 : PARIS, 20 fév 2006 (AFP) - Le président du Crif compare le président iranien à Hitler

Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a comparé lundi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Hitler et suggéré que l'Iran soit exclu de la phase finale de la Coupe du monde de football.

"Les déclarations du président iranien n'ont rien à envier au Mein Kampf de Hitler", a lancé M. Cukierman durant le dîner annuel du Crif en présence du Premier ministre Dominique de Villepin. "Hitler l'a dit, Hitler l'a écrit, Hitler l'a fait. Et Hitler n'avait pas la bombe atomique".

"L'histoire nous a appris qu'il fallait toujours prendre au sérieux les menaces", a-t-il poursuivi. "Il y a plus de 70 ans, en Europe, un petit homme moustachu et vociférateur avait déjà écrit son projet de suprématie raciale. Pour ne pas l'avoir cru, l'Europe a payé le prix fort. Aujourd'hui, un petit homme tient un langage aussi inquiétant. Il vient d'Iran".

"Nous souhaitons que la France joue un rôle moteur dans l'union des grandes puissances occidentales", a-t-il poursuivi. "L'Europe et les Etats-Unis doivent imposer aux Iraniens, par tout moyen, de renoncer à l'arme nucléaire alors qu'il est encore temps. Et le temps presse".

"Va-t-on exclure l'Iran des compétitions sportives internationales? et notamment de la phase finale de la Coupe du monde de football?", s'est-il interrogé. "Une telle décision aurait un impact considérable sur le peuple iranien, très fier, et à juste titre, de son accession à cette phase finale" en juin.

"Va-t-on appliquer à l'Iran des sanctions économiques?", a-t-il ajouté, évoquant la pression "efficace" contre l'Afrique du sud du temps de l'apartheid, "va-t-on réagir après l'agression de notre ambassade à Téhéran? va-t-on rompre les relations diplomatiques? va-t-on exclure l'Iran de l'ONU?".
la-croix.com, 20/02/2006 22:28

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21-02-2006 : Affaire Ilan : Villepin promet la vérité

La thèse d'un crime antisémite a été retenue à l'encontre de sept personnes mises en examen lundi 20 février au soir par la juge d'instruction chargée de l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre d'Ilan Halimi, alors que le chef présumé des ravisseurs était toujours en fuite

Dominique de Villepin a déclaré lundi 20 février au soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Paris, avoir demandé "que toute la lumière soit faite" sur les "motivations" du meurtre "odieux" d'Ilan Halimi, en confirmant que la juge avait retenu "les circonstances aggravantes de crime commis en raison de l'appartenance à une religion".

Le garde des sceaux, Pascal Clément, l'avait fait juste avant lui. L'un des membres du gang de kidnappeurs a "fait savoir qu'il s'était attaqué à Ilan Halimi "car il était juif et qu'un juif, c'est riche"", a-t-il indiqué. "C'est une aggravation, la résonance n'est plus tout à fait la même".

Ilan Halimi avait été enlevé le 21 janvier. Il a été découvert trois semaines plus tard agonisant à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Une grande partie de son corps portait des traces de tortures.

Interrogée par le quotidien israélien Haaretz, la mère d'Ilan, Ruth Halimi, a déclaré que "si Ilan n'avait pas été juif, il n'aurait pas été assassiné", en accusant la police française d'ignorer le caractère antisémite des faits. Selon les enquêteurs et le parquet, d'autres victimes n'étaient pas juives et le but premier des ravisseurs était d'obtenir de l'argent.

Les sept suspects - six hommes et une femme - ont été mis en examen pour "enlèvement et détention", "association de malfaiteurs en vue d'enlèvement, détention et séquestration en bande organisée sous conditions" et "association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre avec préméditation en raison de l'appartenance ou la non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion". Le chef du gang de kidnappeurs toujours en fuite
Toutefois, cette circonstance aggravante peut ne pas être retenue à l'issue de l'instruction en fonction des déclarations des suspects.

L'hypothèse de motivations à caractère antisémite provoque depuis la semaine dernière un émoi dans la communauté juive parisienne. Le président du Crif, Roger Cukierman, a pressé lundi le premier ministre d'établir "toute la vérité" sur ce meurtre pour savoir si Ilan Halimi a été tué "parce que juif".

De son côté, le MRAP a annoncé lundi soir son intention de porter plainte et de se constituer partie civile dans le cadre de l'instruction, estimant que le "mobile raciste" de ce crime "doit être considéré comme une circonstance aggravante".

L'un des suspects, un jeune homme âgé de 19 ans, est considéré par la justice comme le plus impliqué. Selon son avocate, Me Véronique Massi, qui conteste cette forte implication, il a au contraire "tenté de tout arrêter" et a quitté le gang bien avant que M. Halimi soit retrouvé agonisant. Il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD).

Les six autres personnes devaient comparaître tard lundi soir devant le JLD. Le parquet a requis contre elles le mandat de dépôt mais il n'était pas connu lundi peu après minuit qu'elle était la décision du juge. Samedi, trois personnes, dont deux femmes, avaient été mises en examen et écrouées.

Le chef présumé de la bande, qui se fait appeler "the brain of barbarians" ("cerveau des barbares"), 25 ans, était toujours activement recherché lundi. Au moins deux autres personnes, son bras droit de 22 ans ainsi qu'une femme soupçonnée d'avoir séduit des victimes, sont aussi toujours en fuite.

A ce jour, selon les enquêteurs, sept personnes, dont Ilan Halimi, ont été prises pour cibles par ces malfaiteurs, dans diverses tentatives d'enlèvement pour leur extorquer de l'argent. Les enquêteurs travaillent également sur un lien éventuel entre ce gang et des tentatives d'extorsion sur des médecins parisiens en 2005.
la-croix.com, 21-02-2006, AFP et AP

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(Mars 2006) Des juifs américains au secours des juifs français
Une pétition circule pour que l'on accorde l'asile aux juifs «persécutés» en France.

«Asile américain pour les juifs français», tel est l'intitulé d'une pétition qui circule à Los Angeles : «Après la torture barbare et l'assassinat d'un jeune juif de Paris, parce qu'il était juif, dans un contexte où l'antisémitisme islamique augmente dans ce pays (...), nous pensons que l'Amérique, fidèle à sa tradition d'offrir l'asile politique aux gens en danger dans leur propre pays devrait leur ouvrir ses portes. Nous demandons au Congrès de passer une loi accordant le statut de réfugié aux juifs français.»

Quelque 5 000 personnes ont paraphé cette pétition lancée par des juifs d'origine française vivant aux Etats-Unis. Leur inquiétude n'a pas épargné les juifs de Californie. Choqué par le meurtre d'Ilan, le rabbin Nachum Kosofski a invité le consul général de France à Los Angeles, Philippe Larrieu, à parler dans sa synagogue pour s'expliquer sur la France, l'antisémitisme et la République.

A l'entrée de cette congrégation orthodoxe on lit une oraison funèbre : «A la mémoire d'Ilan», écrite par Judea Pearl, le père du journaliste Daniel Pearl assassiné au Pakistan : «Ne restons pas silencieux autour de ta tombe, Ilan, aucun repos (...) jusqu'à ce que le climat raciste de ton meurtre soit jugé au tribunal de l'histoire. Jusqu'à ce qu'un autre Zola se lève avec un J'accuse encore plus tonitruant, et que cette culture de la duplicité soit dénoncée comme infâme, comme le furent l'affaire Dreyfus et le traité de Munich.»

Le consul de France allait d'ailleurs s'exprimer sur ce terrain, reconnaissant qu'il y a eu «un problème d'antisémitisme en France», citant l'affaire Dreyfus et Vichy mais ajoutant que ce n'est pas une spécialité française : «Si les chiffres d'agressions antisémites ont baissé de 48 % en 2005 en France (...), l'organisation ADL (Anti-Defamation League) a recensé une augmentation de 17 % d'incidents antisémites aux Etats-Unis.»

Problème général, donc, affirme le consul, qui tient à rappeler la «contribution de la communauté juive à la culture française» ­ avec l'exemple de ses Premiers ministres juifs Léon Blum et Mendès France ­ et «l'absolue détermination du gouvernement français à combattre l'antisémitisme». Les fidèles de ce quartier où alternent synagogues et restaurants casher (Los Angeles est la troisième ville juive au monde) semblent rassurés. Ils ne signeront probablement pas la pétition.
Le Parisien, QUOTIDIEN : mercredi 15 mars 2006, p. 9, Annette Lévy-Willard

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16/07/2006 11:56 PARIS, 16 juil 2006 (AFP) - Le Crif dénonce "la haine de l'autre" qui veut "faire disparaître Israël"

Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a dénoncé dimanche "cette haine de l'autre qui, sous des prétextes religieux, ne rêve que de faire disparaître l'Etat d'Israël soixante ans après la shoah".

"Comment ne pas évoquer cette épidémie du fanatisme religieux, avec son cortège d'actes terroristes et d'attentats suicide", a dit le président du Crif, en commémorant à Paris le 64e anniversaire de la rafle du Vel d'hiv.

En France, a par ailleurs souligné M. Cukierman, "nous célébrons en ce moment le centième anniversaire de la réhabilitation d'Alfred Dreyfus", officier juif injustement accusé de trahison. "Mais, a-t-il ajouté, comment ne pas évoquer aussi la barbarie qui a conduit il y a quelques semaines, dans le pays des droits de l'Homme, à une mort atroce le jeune Ilan Halimi", un juif de 23 ans séquestré et torturé en février par un gang dont le chef présumé est Yossouf Fofana.

"Pour que demain l'Histoire tragique ne se répète pas, pour que la France soit unie, généreuse, tolérante, il faut qu'elle soit convaincue que les identités plurielles peuvent se conjuguer avec les valeurs de la République dans une condamnation sans faille du racisme et de l'antisémitisme", a-t-il déclaré.

"L'antisémistisme n'est pas qu'une menace, c'est une réalité", a affirmé de son côté Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants, pour qui, "malgré des progrès constatés, des actes ignobles, barbares ou des propos infames nous rappellent, encore trop souvent, la nécessité de ne jamais baisser la garde".

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française avait raflé 12.884 juifs, en rassemblant plus de 8.000 au Vélodrome d'Hiver, avant qu'ils ne soient transférés vers le camp de Drancy, puis déportés vers les camps d'extermination.
lacroix.com, 16/07/2006 11:56

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dimanche 12 novembre 2006, 8h16 Le Congrès juif mondial se réunit à Paris

PARIS (AFP) - Venus de quelque 80 pays, les représentants des principales communautés juives dans le monde se retrouvent dimanche à Paris pour la réunion de l'organe suprême du Congrès juif mondial, son conseil exécutif.

C'est "la plus grande rencontre" de la diaspora juive, a souligné le Français Pierre Besnainou, président du Congrès juif européen.
Elle rassemblera une centaine de personnes, à huis clos dans un grand hôtel parisien, sous haute protection policière.

Seront abordés notamment la montée de l'antisémitisme en Europe, la situation au Moyen-Orient (et en particulier les relations avec l'Iran) et le dialogue inter-religieux.
A cette occasion, le président du Conseil français du culte Musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, le grand rabbin de France Joseph Sitruk et l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, participeront à un débat public sur le thème "Ensemble vers la Paix".
Sans être une première, le dialogue entre les trois religions monothéistes à un tel niveau est inhabituel.

Selon M. Besnainou, c'est la première fois que la capitale française est choisie pour accueillir la réunion du comité exécutif "depuis 1948".
"Les vrais enjeux se trouvent aujourd'hui en Europe" a-t-il commenté. "L'antisémitisme renaît en Europe, en particulier en Europe de l'Est, l'Europe joue un rôle important pour la première fois dans le processus de paix au Moyen-Orient et dans le cadre des négociations avec l'Iran".
Un rapport sur la montée de l'antisémitisme en Europe sera notamment présenté au cours de la réunion.

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général du Congrès juif mondial Israël Singer estime, lui, qu'"on ne peut ignorer que l'Europe est une région du monde dans laquelle il y a pour les juifs des problèmes croissants".
"Nous devons confronter l'antisémitisme, et nous trouverons des moyens de lutter contre", a-t-il ajouté. "La santé de l'Europe - et pas celle des juifs - sera jugée sur la façon dont elle traite sa minorité juive".
"L'Europe n'est pas le seul endroit où sévit l'antisémitisme, mais il est nécessaire, dans un continent de 375 millions de personnes, de parvenir à le mettre sous contrôle", a encore dit M. Singer.

Parmi les nombreuses personnalités attendues figurent Benita Ferrero-Waldner, commissaire européen aux Relations extérieures, Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'Homme pour le Conseil de l'Europe, et Marc Otte, envoyé spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Proche-Orient.

Dimanche matin, la première session sera consacrée aux "nouvelles manifestations de l'antisémitisme". Dans l'après-midi seront abordées les "menaces contre Israël : Iran, terrorisme et indifférence".
Le Premier ministre français Dominique de Villepin s'adressera aux congressistes dimanche soir, au cours d'un dîner de gala au Sénat.
Yahoo.fr, actualités, Par Michel MOUTOT, dimanche 12 novembre 2006, 8h16

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12.11.06 | 21:12 La France "se tient résolument aux côtés d'Israël", assure Villepin

PARIS (AP) -- La France "se tient résolument aux côtés d'Israël" face au risque de nouvelle flambée de violence au Proche-Orient et "ne transigera pas sur sa sécurité, qui passe par le règlement du conflit israélo-palestinien", a déclaré dimanche Dominique de Villepin devant le Congrès juif mondial.
"C'est tout le sens de l'engagement de la France et de l'Europe au Proche-Orient, aux côtés des peuples de la région", a ajouté le Premier ministre français lors du dîner de gala au Sénat pour l'assemblée générale du CJM.

Dominique de Villepin a rappelé la mobilisation de la France et de l'Union européenne en faveur d'une "solution juste et durable" au Proche-Orient. "Notre objectif est celui de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité. Seule la paix, fondée sur une solution politique et un règlement négocié, pourra assurer de manière durable la sécurité et l'avenir d'Israël et des peuples de la région", a-t-il rappelé, réitérant la proposition faite par Jacques Chirac d'une conférence internationale sur le Proche-Orient.

Le Premier ministre français a estimé que la libération par les Palestiniens du soldat israélien Shalit, enlevé au début de l'été, et "l'arrêt de toutes les violences sont indispensables".

Répondant à une autre inquiétude de la communauté juive, le Premier ministre a assuré que la lutte contre l'antisémitisme était "une priorité absolue" pour le gouvernement.

Il a précisé que les chiffres disponibles pour 2006 confirmaient "la tendance à la baisse" observée en 2005 (-47%). "Mais notre vigilance doit rester intacte, car ce combat, nous le gagnerons dans la durée", a souligné le Premier ministre.

L'assemblée générale du Congrès juif mondial se tenait pour la première fois ce week-end à Paris. Les dirigeants du CJM seront reçus lundi par le président Jacques Chirac. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 12.11.06 | 21:12

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PRESIDENTIELLE. Roger Cukierman, président du Crif, critique la rencontre entre Royal et le député du «parti de Dieu».
«Le Hezbollah n'est pas fréquentable»

Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), réagit à la rencontre de Ségolène Royal avec un député du Hezbollah.

Ségolène Royal a-t-elle tort de vouloir le dialogue avec tous les partis ayant une légitimité démocratique ?

Le Hezbollah n'est pas fréquentable. Nous rappelons notamment son implication dans l'attentat du Drakkar [du nom de l'immeuble dans lequel étaient cantonnés les soldats français, ndlr] qui tua 58 soldats français à Beyrouth, en 1983. Chacun sait, en outre, que la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, est un haut lieu de l'antisémitisme, où fleurissent les accusations de crime rituel.

Mais le Hezbollah n'est-il pas un interlocuteur incontournable dans la région ?

L'objectif du Hezbollah, c'est la déstabilisation du gouvernement libanais pour imposer un pouvoir pro-iranien. En outre, ils veulent toujours la destruction de l'Etat d'Israël. Il est donc juste, comme le fit Lionel Jospin en 2000, de traiter cette organisation de groupe terroriste.

Avez-vous eu l'occasion de débattre avec Ségolène Royal sur ces sujets ?

Je l'ai invitée en juin dernier à un petit-déjeuner du Crif. François Hollande, Julien Dray et d'autres personnalités sont déjà venus. Nous espérons toujours une réponse favorable de Ségolène Royal. En tant que candidate de l'opposition, elle est également invitée à notre prochain dîner.

Sur le Proche-Orient, comment jugez-vous les positions de Nicolas Sarkozy ?

Il se comporte en ami d'Israël.
Après le déclenchement de la guerre contre le Hezbollah, cet été, il a été tout à fait clair : c'était la réponse d'un Etat victime d'attaques terroristes.

Le candidat de l'UMP peut-il, comme veulent le croire certains dans son entourage, compter sur le soutien électoral de la communauté juive ?

En France, les juifs votent comme l'ensemble de la nation, à l'exception peut-être de l'extrême droite.
Je n'ai jamais cru à l'existence d'un vote juif.
S'il devait y avoir une vraie différence entre les candidats, cela pourrait jouer. Mais je n'y crois pas trop. En tant que ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy a été très actif dans le combat contre l'antisémitisme. Sur cette question, ce que disent les dirigeants du PS comme François Hollande ou Julien Dray me rassure. J'attends d'entendre Ségolène Royal. Je ne crois pas qu'elle en restera là. Elle aura à coeur de rectifier le tir.
Libération, 4 décembre 2006, p. 4, Par Alain AUFFRAY QUOTIDIEN : lundi 4 décembre 2006

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PARIS (AFP) 26 Février 2007 16h15 Antisémitisme: hausse de 45% des agressions physiques en 2006 selon le Crif

Le Crif a fait état lundi, dans un communiqué, d'une forte hausse des actes antisémites en 2006, jugeant que "l'aspect essentiel et le plus inquiétant" réside dans une "augmentation de 45% des agressions physiques" contre les personnes.

Notant que les actes antisémites ont reculé de 21% au dernier trimestre 2006, "tendance à la baisse" qui s'est maintenue en janvier 2007, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) voit l'avenir comme "incertain", eu égard aux "aléas qui pèsent sur l'actualité", et estime ainsi que "la vigilance doit demeurer entière".

Le Crif rappelle que le "Service de protection de la communauté juive (SPCJ) opère un rencensement des actes antisémites sur la base des appels téléphoniques passés sur le numéro vert, complétée par un échange d'informations avec le ministère de l'Intérieur".

Ainsi, en 2006, le SPCJ a enregistré 213 actions (contre 134 en 2005) soit une hausse de 40%, 158 menaces (contre 148 en 2005) soit une hausse de 7%, 371 actes (contre 300 en 2005) soit une hausse globale de 24%".

"L'aspect essentiel et le plus inquiétant qui se dégage des chiffres concerne ceux des actes, actions et menaces contre les personnes qui sont à l'évidence les cibles premières de l'antisémitisme", note le Crif qui ajoute: "on observe une augmentation de 45% des agressions physiques qui passent entre 2005 et 2006 de 77 à 112 et une hausse de 71% des insultes qui passent quant à elles de 48 à 82". Pour le Crif, "cette tendance s’inscrit d’ailleurs dans celle de la hausse des violences contre les personnes, évoquée à propos des statistiques générales de la délinquance".

"Dans ce recensement, la forte augmentation des violences est relativement compensée par une certaine stabilité des menaces qui permet de maintenir le taux global d’augmentation à 24%", poursuit le Crif, qui souligne toutefois: "nous ne pouvons nous limiter à ce constat car un tag antisémite et une agression physique ne sauraient être tenus pour équivalents en termes de gravité".

Le Crif rappelle que "le début de l’année 2006 a été dramatiquement marqué par l’assassinat d’Ilan Halimi. Mois après mois, la courbe annuelle a fait apparaître une hausse très nette des violences durant les mois de février et mars que nous interprétons comme des répercussions par sorte de mimétisme de cette affaire".

Il juge par ailleurs que "les semaines de guerre entre Israël et le Hezbollah (guerre du Liban, ndlr) ont provoqué pendant l’été une augmentation des menaces qui s’est poursuivie pour se fondre dans une augmentation générale des actes en septembre et en octobre, mois de fêtes pendant lesquels la communauté juive est plus visible et le cas échéant ciblée".

Ainsi "la tension n’est redescendue qu’en décembre, comme c’est d’ailleurs le cas chaque année".

Selon le Crif "les actes antisémites sont commis parfois avec une réelle détermination, parfois par simple opportunité" selon une "courbe aléatoire", de sorte que "des mois sans actualité particulière peuvent rester chargés en termes de violence antisémite", dénotant ainsi "une sorte de +bruit de fond+ constant".

S'agissant des agressions physiques, le Crif relève "une importante quantité de faits violents à l’encontre de mineurs ou de jeunes", le mobile antisémite ne faisant "aucun doute dans la quasi-totalité des cas" et aggravant parfois "le mobile crapuleux".
Yahoo.fr, actualités, 26 Février 2007 16h15

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samedi 3 mars 2007, 8h57 Le CRIF "scandalisé" par les propos de Raymond Barre sur Maurice Papon, Bruno Gollnisch et le "lobby juif"

PARIS (AP) - Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) se déclare "scandalisé" par des déclarations de l'ancien Premier ministre Raymond Barre qui, dans un entretien diffusé jeudi sur France Culture, a pris la défense de Maurice Papon et Bruno Gollnisch, tout en dénonçant la campagne qu'aurait menée contre lui en 1980 le "lobby juif le plus lié à la gauche".

A la question de savoir si
Maurice Papon, qui fut son ministre du Budget de 1978 à 1981, aurait dû désobéir et de se démettre de ses fonctions lorsque, sous l'Occupation, il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, M. Barre a répondu par la négative.

"Personnellement j'ai plutôt le tempérament de la désobéissance. Mais quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou à plus forte raison dans le pays, on ne démissionne pas. On démissionne lorsqu'il s'agit vraiment d'un intérêt national majeur", a souligné l'ancien Premier ministre. Selon lui, "ce n'était pas le cas car il fallait faire fonctionner la France".

Décrivant Maurice Papon comme un "bouc émissaire", M. Barre s'est dit conscient de la portée de ses déclarations: "Que vous me fassiez passer pour un antisémite, pour quelqu'un qui ne reconnaît pas la Shoah, j'ai entendu cela cent fois et cela m'est totalement égal. Mais ce que je viens de dire, je le répète."

Interrogé par ailleurs sur Bruno Gollnisch, qui a été conseiller municipal FN de Lyon lorsqu'il était maire (1995-2001), Raymond Barre a maintenu son soutien à cet élu, condamné pour propos négationnistes. "J'ai dit en parlant de Bruno Gollnisch que je blâmais ce qu'il avait dit mais que, pour le reste, je l'avais connu et que c'était un homme bien. C'était un bon conseiller municipal, et que ceux qui ne sont pas satisfaits de cela pensent ce qu'ils veulent."

Enfin, l'ancien chef du gouvernement a tenté de justifié les propos qu'il avait tenus après l'attentat de la rue Copernic en 1980. Il avait alors déploré la mort de "Français innocents", alors que l'attentat "voulait frapper les juifs se trouvant dans cette synagogue".

Raymond Barre a fait valoir que, "dans la même déclaration", il avait affirmé que "la communauté juive ne peut pas être séparée de la communauté française". A ses yeux, une "campagne" avait été orchestrée contre lui par "le lobby juif le plus lié à la gauche".

"Je considère que le lobby juif pas seulement en ce qui me concerne est capable de monter des opérations indignes, et je tiens à le dire publiquement", a-t-il poursuivi Raymond Barre.

Dans un communiqué, le CRIF estime que Raymond Barre "rejoint l'extrême droite" en faisant "l'apologie" de MM. Papon et Gollnisch et en s'en prenant au "lobby juif". AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 3 mars 2007, 8h57

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PARIS, 27 mars 2007 (AFP) - Quatre candidats pour la présidence du Crif

Quatre candidats se présentent pour succéder à Roger Cukierman à la présidence du Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif), annonce de Conseil dans un communiqué.

L'élection aura lieu le dimanche 13 mai. Sont candidats Arié Bensemhoun, président du Crif de Toulouse-Midi-Pyrénées, Henri Hajdenberg, qui a déjà présidé le Crif de 1995 à 2001, Richard Prasquier, conseiller du président Cukierman et Joseph Zrihen, actuel vice-président du Crif.

Selon les statuts du mouvement, le président du Crif est élu pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois. Il doit recueillir la majorité absolue des membres de l'Assemblée générale au premier tour de scrutin ou la majorité relative au second tour.

Le président Roger Cukierman n'est pas rééligible, ayant accompli deux mandats de trois ans.

L'Assemblée générale réunit les délégués des associations membres du Crif, les délégués régionaux et les anciens présidents du Crif, soit 171 personnes.

Le Crif, créé en 1943, se définit comme "la voix officielle et politique" de la communauté juive en France, le "représentant de la communauté juive organisée" (ndlr l'ensemble des associations et mouvements juifs).

Son rôle est de "défendre les Français juifs, les droits de l'Homme et l'existence de l'Etat d'Israël". Il ne s'occupe pas du culte, qui est l'affaire du Consistoire.
la-Croix.com, 27/03/2007 18:24

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Jacques Chirac condamne la profanation de 53 tombes du cimetière juif à Lille LEMONDE.FR avec AFP | 01.04.07 | 15h23 • Mis à jour le 01.04.07 | 17h52

Jacques Chirac a condamné dimanche "de la manière la plus solennelle" les dégradations dans le carré juif du cimetière de Lille, demandant que les auteurs de ces actes soient "sévèrement punis". "C'est avec une très vive émotion que j'ai pris connaissance des dégradations inacceptables commises dans le carré juif du cimetière de Lille Sud", a écrit le chef de l'Etat au président de la communauté juive de Lille, Jean-Claude Komar.

"A la suite de cet acte inqualifiable et intolérable, que je condamne de la manière la plus solennelle, je tiens à vous exprimer, ainsi qu'aux familles, ma très profonde sympathie et ma pleine solidarité avec l'ensemble de la communauté juive de Lille et de notre pays", a ajouté M. Chirac, en précisant avoir "demandé au gouvernement que tout soit mis en oeuvre pour retrouver les auteurs de cette infamie afin qu'ils soient sévèrement punis".

Le ministre de l'intérieur, François Baroin, avait condamné de son côté "avec la plus grande fermeté" les "exactions commises" et souligné que "tous les moyens nécessaires" seraient mobilisés pour "retrouver au plus vite" les auteurs des faits.

Un peu plus tôt, le Conseil représentatif des Institutions juives de France (Crif) a qualifié dimanche d'"acte odieux" la profanation de ces 53 tombes juives "à la veille de Pessah, la Pâque juive".

Le Crif "condamne avec la plus grande fermeté la profanation de cinquante-trois tombes dans le carré juif du cimetière de Lille Sud. Il ne peut s'empêcher de constater que cet acte odieux a été perpétré dans la nuit du samedi 31 mars au dimanche 1 avril, à la veille des fêtes de Pessah, la Pâque juive". "Le Crif demande aux autorités de déployer tous les moyens pour arrêter les auteurs de cette profanation et les condamner à des peines exemplaires", a ajouté cette institution dans un communiqué.

Aucune inscription n'a été relevée dans le cimetière. Une des tombes a été cassée, mais la plupart ont été descellées entre la partie horizontale et la partie verticale, sur laquelle sont inscrits les noms et dates de naissance et de décès, a constaté un journaliste de l'AFP dans le cimetière.
LEMONDE.FR avec AFP | 01.04.07 | 15h23 • Mis à jour le 01.04.07 | 17h52

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lundi 7 mai 2007, 9h06 Le CRIF adresse ses "plus respectueuses et chaleureuses félicitations" à Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) - Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) a adressé lundi par la voix de son président Roger Cukierman ses "plus respectueuses et chaleureuses félicitations" à Nicolas Sarkozy pour son élection à la présidence de la République française.

Dans son communiqué, le CRIF précise le contenu du message que Roger Cukierman a adressé à Nicolas Sarkozy:
"Les prises de position que vous avez exprimées, sont porteuses despoir pour une France qui doit se réconcilier avec elle-même. J'y ai été sensible et j'ai compris que vous aurez à coeur de porter haut les valeurs françaises qui nous sont chères, celles d'une République qui permette à chacun de ses citoyens de s'inscrire dans un ensemble de valeurs respectueuses de tous, et ne laissant aucune place à l'intolérance, le racisme et l'antisémitisme", conclut le communiqué. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 7 mai 2007, 9h06

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dimanche 13 mai 2007, 18h55 Richard Prasquier succède à Roger Cukierman à la tête du Crif Par Chantal VALETTE

PARIS (AFP) - Richard Prasquier, 62 ans, a été élu dimanche président du Conseil représentatif des institutions juives de france (Crif), succédant à Roger Cukierman, qui ne se représentait pas et dont il était le conseiller. Richard Prasquier était également président du groupe de liaison avec la Conférence épiscopale et de la commission des relations internationales du Crif.

Dès son élection, il s'est placé en continuateur de Roger Cukierman, disant que celui-ci serait pour lui "la statue de Commandeur" et dont il a salué l'action constante "pour améliorer la situation d'Israël et celle des juifs en France". Il a longuement évoqué la mémoire de son père venu de Pologne en 1946, avec sa femme quand lui-même n'était qu'un bébé, et à qui il a dédié son engagement au service de la communauté juive.

Un peu plus tard, M. Prasquier a dit qu'il attendait avec intérêt la composition du gouvernement (le Crif est l'organe politique de la communauté juive en France) et qu'il se préparait à la réunion prochaine du Comité des six sur l'Iran. Il considère que l'Iran et sa politique nucléaire constituent une menace pour Israël mais aussi pour tous les juifs et pour l'ensemble de la société.

De son côté, le président sortant Roger Cukierman semblait heureux de l'élection de son conseiller, dont il a salué "l'engagement, l'intellignece et la grande culture". Les quatre candidats (à la présidence) étaient "des hommes de grande valeur", a-t-il toutefois insisté.

Richard Prasquier l'a emporté sur trois autres hommes du sérail. L'avocat Henri Hajdenberg a déjà été président du Crif (de 1995 à 2001), Joseph Zrihen est l'actuel vice-président et Arié Bensemhoun est un militant de longue date, ancien président du Crif de Toulouse-midi-Pyrénées. Ce dernier s'était retiré à l'issue du premier tour, où il était arrivé en quatrième position avec 25 voix.

Richard Prasquier a été élu au second tour avec 77 voix, contre 50 à Henri Hajdenberg et 36 (bien 36) à Joseph Zrihen.

Les quatre candidats avaient fait campagne sur les mêmes thèmes - lutter contre l'antisémitisme, améliorer l'image d'Israël dans les médias, contribuer à faire prendre conscience de la menace iranienne, et améliorer la représentativité du Crif- et à quelques jours du vote, aucun d'entre eux n'était donné gagnant avec certitude. D'ailleurs, aussitôt après son élection, Richard Prasquier a dit qu'il "n'avait rien préparé, par superstition".

Dans la foulée, l'assemblée générale a accepté la proposition du nouveau président de nommer Roger Cukierman président d'honneur du Crif.

L'Assemblée générale du Crif réunit les délégués des quelque 60 associations membres de l'organisation, les délégués régionaux et les anciens présidents du Crif, soit 170 personnes.

Le Crif, créé en 1943, se définit comme "la voix officielle et politique" de la communauté juive en France, le "représentant de la communauté juive organisée" (ndlr l'ensemble des associations et mouvements juifs).

Son rôle est de "défendre les Français juifs, les droits de l'Homme et l'existence de l'Etat d'Israël". Il ne s'occupe pas du culte, qui est l'affaire du Consistoire. Celui-ci s'est retiré du Crif, où il estimait ne pas avoir assez de délégués, mais son retour semble ardemment souhaité par les instances du mouvement, particulièrement par son nouveau président.

La communauté juive de France compte environ 600.000 personnes.
Yahoo.fr, actualités, dimanche 13 mai 2007, 18h55, Par Chantal VALETTE

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Richard Prasquier, 62 ans. Le nouveau président du Crif, cardiologue, affiche un abord engageant mais se veut intransigeant dans sa défense de la communauté juive de France.
A coeur et à Crif Par Catherine COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : mardi 29 mai 2007

L'apparence est bonhomme.
Richard Prasquier, récemment élu président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), est rond au physique. Et, de l'avis de beaucoup, rond au moral. Silhouette courte et replète, crâne dégarni, grands yeux clairs, sourire désarmant, il est un interlocuteur attentif.

Lorsqu'il est en déplacement, ce cardiologue donne son numéro de portable à ses patients. Au cours d'un voyage de presse organisé par le Crif en Israël, il a traversé le pays, téléphone collé à l'oreille, prodiguant conseils et réconfort à ses malades inquiets.

Pour autant, la présentation qui a été faite de lui après son élection à la tête du Crif l'agace.
On l'a dit modéré, ouvert au dialogue, cultivé. Tout le contraire de son prédécesseur, Roger Cukierman, célèbre pour ses diatribes contre la politique arabe du gouvernement français ou l'antisémitisme vert-brun-rouge. «Il est plus consensuel et plus subtil que Roger Cukierman», affirme Joël Rochard, président du cercle Bernard Lazar.
Jean-Yves Camus, autre membre actif de la communauté juive, tempère : «Il est très lisse.»

Trop poli pour être honnête, le nouveau président du Crif ? Richard Prasquier durcit lui-même son portrait : «Votre journal a été très complaisant avec moi, et très sévère avec mon prédécesseur.» Lui tresse des louanges à Roger Cukierman : «Il a exprimé les craintes d'une très grande partie de la communauté juive de France, évitant à des mouvements extrémistes juifs de se développer.»

Sur le fond, Richard Prasquier se veut aussi intransigeant que Roger Cukierman. Comme lui, il affiche une vision partiale des rapports judéo-musulmans. Lorsque le quotidien israélien de gauche Haaretz l'invite à réagir à l'assassinat d'un chauffeur de taxi palestinien par un Franco-Israélien, il affirme que «le fait que ce soit un immigrant juif qui est soupçonné ne devrait pas jeter une ombre de racisme sur la communauté juive de France».

Parlant du «monde musulman», en revanche, il n'hésite pas à dénoncer «une explosion de l'antisémitisme». Comme Roger Cukierman, il revendique un soutien inconditionnel à Israël, et voit dans l'antisionisme de certains milieux gauchistes et islamistes un nouvel habit de la «haine ancestrale des Juifs». «Quelques-uns savent que ce qui donne sens à tous [en gras dans le texte, ndlr] mes engagements est le lien indissoluble avec Israël», écrivait-il dans sa lettre de candidature à la présidence de l'institution juive. «J'y vais depuis quarante ans, je parle bien sûr hébreu et j'y ai une fille, un gendre et un petit-fils, sans compter les rares membres survivants de ma famille.»

La photo du «petit Israélien» en question, un bébé rieur, figure en bonne place dans son cabinet médical. Avec sa femme, juive brésilienne d'origine polonaise, il a eu trois garçons et deux filles. La descendance bien vivante d'une lignée qui a failli disparaître ? De chacun d'eux, il parle avec une réelle chaleur.

Lui est né Richard Praszkier en juillet 1945 à Gdansk (Pologne) de parents ayant échappé par miracle aux camps d'extermination. En 1946, la famille débarque à Paris avec le bébé et une valise. Le père apprend la couture. Success story. Chambre d'hôtel, petit deux-pièces, et ainsi de suite jusqu'à ce magnifique appartement de la place Victor-Hugo sis dans un superbe immeuble haussmannien ravalé de frais, où Richard Prasquier a installé son cabinet.

L'enfance est solitaire. «Je suis fils unique. Nous n'avions pas de famille. Mes parents sont restés dans un cercle de Juifs polonais arrivés en même temps qu'eux, mais je n'avais pas de copains dans ce groupe car les autres enfants étaient un peu plus jeunes que moi. J'étais très bon élève, très heureux en classe.» D'éducation religieuse, point. Traumatisé par l'expérience nazie, le père ne veut pas que son fils soit circoncis.

En 1955, la grand-mère de Richard Prasquier épouse le célèbre rabbin Rubinstein de la synagogue de la rue Pavée. Le futur président du Crif est élève au lycée Charlemagne à proximité : «Pendant plusieurs années, je les ai vus quotidiennement.» Son père demande au rabbin «de ne pas faire de prosélytisme» . Promesse tenue, mais effet contraire : «A l'âge de 11-12 ans, j'ai demandé à être circoncis et j'ai fait ma bar-mitsva.» Aujourd'hui, Richard Prasquier revendique une «pratique traditionnelle».

Enfant, le futur président du Crif entend ses parents et leurs amis parler de la Shoah, de l'antisémitisme en Pologne. Son père est sioniste, a envisagé de s'installer en Israël, aux Etats-Unis. Pour finalement rester en France. «Pour eux, c'était un pays formidable. Une terre d'accueil. Ils ne parlaient que polonais. Ils ne savaient rien de Vichy, de Pétain.»

Richard Prasquier, lui, s'interroge. Mais, du destin tragique des Juifs, il ne trouve pas trace dans les ouvrages scolaires. «L'histoire enseignée n'était pas mon histoire à moi.» Alors il cherche. Ses livres de chevet sont Jésus et Israël, de Jules Isaac, sur l'antisémitisme chrétien, et l'Histoire de l'antisémitisme, de Léon Poliakov. «Je les ai lus très jeune, vers 13-14 ans, dans une phase où je voulais comprendre ce que signifiait être juif.»
La capture d'Eichmann en 1960 par les Israéliens et son procès sont une révélation. «Quelque chose d'immense, d'inouï s'était produit. Mais comment se faisait-il qu'on n'en parle pas au lycée ?»

Du monde, Richard Prasquier cultive une vision tragique. Pourtant, il n'a pas souffert du racisme. A une exception. Un jour, un camarade de classe fredonne devant lui des chansons antisémites. Il le gifle. «Trente-cinq ans et demi plus tard, j'ai reçu une lettre envoyée du fin fond du Finistère. C'était lui.» Son ancien condisciple lui écrit «avoir dit à [ses] enfants de ne jamais se laisser happer par des idées nauséabondes». Richard Prasquier avait conté cet incident à ses propres enfants, leur disant qu'«il ne [fallait] jamais se laisser faire».
La morale est plutôt réconfortante : «Ça laisse penser que les gens peuvent changer.» «Cela étant, je ne suis pas optimiste à tous crins», ajoute-t-il.

Plus que l'extrême droite, il craint le «poison de l'antisémitisme instillé depuis cinquante ans dans les pays arabes» .

L'autre événement marquant de sa jeunesse est la guerre des Six Jours en 1967. «Israël était seul, vraiment seul. J'ai ressenti moi aussi un sentiment de solitude extrêmement fort. A cette époque, j'ai vraiment voulu y partir.» Il devient médecin, un rêve que son père avait caressé pour lui-même. Sa vie s'organise autour de sa carrière de cardiologue et d'un investissement croissant en faveur des Juifs.

Depuis 1993, il retourne régulièrement sur les lieux de la Shoah en Pologne. Il y a emmené des cohortes d'évêques et de cardinaux, a rencontré Jean Paul II. Plus pour amener les catholiques à toucher du doigt l'aboutissement de deux mille ans d'antisémitisme chrétien que par intérêt pour cette religion.

Ses loisirs ? Il hésite. «La lecture, mais je n'ai pas trop le temps.» Il ne joue plus vraiment de piano. Ni ne fréquente les musées. Ses rapports avec la France semblent distants. «Au fond, ma culture est française, mais je me sens bien à l'étranger.» Il ne dira pas pour qui il a voté à l'élection présidentielle. «Je me situe dans une position centrale, loin des extrêmes.» Même s'il «accueille avec beaucoup d'espoir le nouveau gouvernement».
Libération, Portrait, 29 mai 2007, p. 36

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Bio Express
Libération, Portrait, 29 mai 2007, p. 36

Richard Prasquier en 7 dates

7 juillet 1945 Naissance à Gdansk (Pologne).
1946 Arrivée en France.
1958 Naturalisation. Praszkier devient Prasquier.
1986 Décès de son père lors de la bar-mitsva de son fils.
1993 Président de l'Acefi (souscription d'obligations pour financer le développement économique d'Israël).
1998 Président du comité français de Yad Vashem (mémorial de la Shoah).
13 mai 2007 Elu président du Crif.

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la-Croix.com, 13/02/2008 21:11 PARIS, 13 fév 2008 (AFP) - Sarkozy, Fillon et une vingtaine de ministres au dîner du CRIF

Le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon et une vingtaine de membres du gouvernement ont participé mercredi au pavillon d'Armenonville, dans le bois de Boulogne, à Paris, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ont constaté des journalistes de l'AFP.

C'est la première fois qu'un chef de l'Etat participe à ce dîner dont le Premier ministre est habituellement l'invité d'honneur.

M. Sarkozy devait prononcer un discours dans la soirée.

Un millier de convives ont participé à ce dîner.

Parmi eux, des dignitaires religieux comme l'archevêque de Paris, le cardinal André Vingt-Trois, le président de la Fédération protestante de France, le pasteur Claude Baty, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, aux côtés du grand rabbin de France, Joseph Sitruk.

Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, et sa rivale UMP aux élections municipales, Françoise de Panafieu, étaient aussi présents de même que des artistes (Roger Hanin, Rika Zaraï), l'écrivain Marek Halter et les avocats Beate, Serge et Arno Klarsfeld.

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Recueilli par Cordélia Bonal LIBERATION.FR : jeudi 14 février 2008 Serge Klarsfeld: «Il s'agit d'armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes»

Le président de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France, également historien et avocat, se dit très satisfait de la proposition de Nicolas Sarkozy de confier la mémoire d'un enfant déporté à chaque élève de CM2.

Comment accueillez-vous la proposition de Nicolas Sarkozy qui souhaite que les élèves de CM2 «se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah»?

C'est une bonne initiative, qu'il faut comprendre comme une œuvre de vie. Il ne s'agit pas de s'identifier de façon morbide à un enfant mort en déportation, mais de faire acte de vigilance.
Il s'agit d'armer moralement les enfants contre les idéologies extrêmes. Il est important que les enfants d'aujourd'hui sachent que d'autres enfants du même âge, qui ont vécu dans le même cadre de vie, ont été déportés, et il est important que ces enfants soient nommés.

Etes-vous à l'origine de cette idée?

Pas de cette idée précise, non. Mais cela va dans le sens de notre action à la fondation. Cela participe d'un ensemble: depuis des années je travaille sur cette question des enfants déportés, nous avons recensé leurs noms et leurs prénoms, leurs adresses. Il existe des plaques commémoratives, les instituteurs emmènent leurs classes aux archives, reconstituent la vie de ces enfants, font des recherches...

Mais cela ne risque-t-il pas d'être pesant pour des enfants si jeunes?

En CM2, les enfants sont déjà confrontés à un certain nombre de choses. Ils ont la télévision, ils voient les massacres dans le monde, ce qui se passe au Darfour, les camps de réfugiés. Mais comme c'est loin, il est difficile pour eux de réaliser, c'est un peu une autre planète. Là, on parle de ce qui s'est passé en Occident, sur les lieux mêmes où ils vivent, donc je pense que c'est plus facile pour eux.

Comment réagissez-vous aux propos de Nicolas Sarkozy lors du dîner du Crif, pour qui les crimes des nazis sont nés non «d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence»?

Je pense que c'est un constat lucide, valable pour le nazisme comme pour le communisme. Peut-être en effet, aurait-il mieux valu que l'on soit un peu plus bigot au XXe siècle! Même si tout cela est bien sûr complexe, et que les gens n'ont pas abandonné Dieu d'un coup le 1er janvier 1933.
Je crois qu'une laïcité tolérante ne doit pas empêcher la spiritualité.

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17:40 | 15/02/2008 Le Point.fr Shoah : Simone Veil juge "insoutenable" la proposition de Sarkozy Par Charlotte Chaffanjon

"C'est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste."

C'est ainsi que Simone Veil juge la volonté de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 "la mémoire d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah".

La présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée déclare que son "sang s'est glacé" lorsqu'elle a entendu le président de la République, dont elle fut un soutien important pendant la campagne présidentielle, faire cette proposition mercredi soir au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), auquel elle participait.

"On ne peut pas infliger cela à des petits de dix ans ! On ne peut pas demander à un enfant de s'identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter", a-t-elle expliqué au site de L'Express vendredi.
Et de poursuivre : "Nous-mêmes, anciens déportés, avons eu beaucoup de difficultés après la guerre à parler de ce que nous avions vécu, même avec nos proches.
Et aujourd'hui encore, nous essayons d'épargner nos enfants et nos petits-enfants. Par ailleurs beaucoup d'enseignants parlent - très bien - de ces sujets."

L'ancienne ministre pense qu'une telle mesure risque d'attiser les antagonismes religieux : "Comment réagira une famille très catholique ou musulmane quand on demandera à son fils ou à sa fille d'incarner le souvenir d'un petit juif ?"

Polémique

L'idée de Nicolas Sarkozy, dont Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, s'est empressé de préciser qu'elle n'était pas "une idée balancée sans moult réflexions", a immédiatement déclenché une polémique chez les enseignants .

Le Snuipp-FSU, syndicat majoritaire en primaire, s'est en effet inquiété de l'impact psychologique qu'aurait sur les élèves ce "parrainage posthume". De son côté, le SE-Unsa s'est dit "particulièrement choqué" par l'initiative du président de la République.

Nicolas Sarkozy droit dans ses bottes

Des mises en garde qui n'ont pas déstabilisé le président de la République. "On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays, pour leur dire : Un jour c'est vous qui écrirez l'histoire de ce pays. Nous, nous en sommes la mémoire, ne refaites pas les mêmes erreurs que les autres ", a-t-il déclaré vendredi lors d'un déplacement à Périgueux.

"Il s'agit d'une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c'est-à-dire une histoire d'enfants qui avaient leur âge", a-t-il poursuivi.

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Israël : Les tableaux volés aux juifs ! exposés à Jérusalem
Le parisien, Catherine Dupeyron, 19 février 2008, p. 10

IL NE S'AGIT PAS d'une exposition comme une autre. Delacroix, Degas, Seurat, Monet, Courbet, Matisse, Ingres, etc. : 53 œuvres d'art ont fait le chemin de la France jusqu'à Jérusalem pour une exposition exceptionnelle intitulée « A qui appartenaient ces tableaux? »

L'inauguration a eu lieu hier soir au musée d'Israël, le plus grand du pays, en présence de Christine Albanel, ministre de la Culture, et du ministre israélien Itzhak Hergoz, chargé des relations avec la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

Ces tableaux seront ensuite présentés au musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris.

La valeur de ces œuvres dépasse largement leur intérêt artistique, même s'il s'agit de « pures merveilles », selon un visiteur hier. Ces 53 tableaux appartiennent,jusqu'à nouvel ordre, aux Musées nationaux récupération (MNR). Mais ils sont à Jérusalem pour se faire reconnaître si ce n'est de leur propriétaire, du moins de leurs ayants droit.

Ce sont des œuvres orphelines de leurs propriétaires depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Mille tableaux aux propriétaires encore inconnus

Lorsque les nazis occupent la France et les autres pays d'Europe dans les années 1940, ils achètent ou confisquent des milliers d'œuvres d'art.
En France, le butin fut de 60 000 œuvres, récupérées à la fin de la guerre par les MNR. Quarante-cinq mille d'entre elles sont restituées à leurs propriétaires d'avant-guerre. Mais il existe aujourd'hui un reliquat de 2 000 œuvres, dont 1 000 tableaux, dont les propriétaires n'ont pu être identifiés. Parmi elles, 10 % seraient des œuvres spoliées, notamment à des familles juives arrêtées et déportées.

Cette exposition en Israël est donc destinée à re­trouver les ayants droit de familles juives, qui étaient en France pendant la guerre et ont disparu dans la tourmente de la Shoah. Cette action est complémentaire de celle de la Commission d'indemnisation des victimes de spoliations intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant l'Occupation (CNS), mise en place en 1999 par le gouvernement Jospin.

En moins de dix ans, la CNS a examiné 25 000 dossiers, dont 15 000 pour des spoliations matérielles et environ 10 000 pour des spoliations bancaires.

Chaque tableau est présenté avec sa fiche d'identité et son itinéraire « autant qu'il est possible de le faire », précise Isabelle le Masne de Chennont, commissaire de l'exposition et conservateur général à la Direction des musées de France. « Raconter l'histoire de ces tableaux nous ramène souvent à une impasse », précise-t-elle. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils sont là.

Ainsi du pont Saint-Martin peint par Utrillo. Un tableau sans aucun doute confisqué compte tenu du tampon accolé au dos par les nazis. mais « à ce jour il a été impossible de déterminer qui en était le propriétaire, Utrillo ayant peint beaucoup d'œuvres sur le même thème ».

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Vif incident entre Shimon Peres et de jeunes juifs lors d'une soirée du Crif NOUVELOBS.COM | 14.03.2008 | 18:50

Alors qu'il faisait allusion, jeudi 13 mars, dans un discours devant des membres de la communauté juive, à la mort des huit jeunes juifs de la Yeshiva de Jérusalem, assassinés la semaine dernière par un Palestinien, le président israélien Shimon Peres a été interrompu par une poignée de jeunes militants qui l'accusent d'être responsable du drame.

Au cours d'une soirée au Palais des Congrès, à Paris, organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), un premier jeune a interrompu Shimon Peres au début de son discours en criant "c'est de ta faute s'ils sont morts", relayé par une dizaine de manifestants scandant en hébreu "traître".

"Je ne sais pas qui vous êtes pour dire qui est traître et qui ne l'est pas mais si vous parlez si fort cela montre que vous êtes une infime minorité", a répondu le président israélien, acclamé par la salle. Le petit groupe a été évacué par le service d'ordre et la soirée a repris son cours.

L'attitude de la France en 1948

Dans la suite de son discours, Shimon Peres a rappelé l'attitude de la France au moment de la première guerre israélo-arabe de mai 1948. "Beaucoup de pays qui avaient voté en faveur de la création d'un Etat juif refusaient de nous fournir des armes, la France, à ce moment-là, s'est tenue à nos côtés de façon extraordinaire et inoubliable. C'était la France de la Résistance et c'était Israël qui défendait sa vie. Je veux dire au peuple français, aux dirigeants français, merci, merci de tout cœur".

Le boycott du Salon du Livre

A propos du boycott par des pays arabes du Salon du Livre qu'il venait d'inaugurer, Shimon Peres a résumé: "si encore ils boycottaient seulement les livres, mais qu'ils ne boycottent pas les Dix commandements, y compris 'tu ne tueras point".

Le président israélien a affirmé, répondant encore aux jeunes qui l'avaient interpelé peu avant, qu'être juif c'est "ne pas vouloir dominer les autres et chercher la fraternité et l'égalité entre les hommes".

Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), dans son discours de bienvenue, avait souligné que la communauté juive de France, "assume avec d'autant plus de joie sa double fidélité (à la France et à Israël) que le regard porté sur Israël par la France est de nouveau un regard de sympathie et de compréhension".

Salle comble

Le Palais des Congrès de la porte Maillot a fait salle comble (3.700 places) pour cette soirée.
Après les discours de bienvenue, Serge Moati a présenté un documentaire consacré à Shimon Peres et à l'histoire d'Israël.
Plusieurs artistes se sont succédé sur scène à l'occasion de cette soirée, dont Enrico Macias, Orlika, Ishtar, Sarith Haddad, Hugues Aufray... etc.
Parmi les nombreuses personnalités venues à cette soirée figuraient notamment Bertrand Delanoë, Jean Sarkozy, Pierre Lellouche ou encore Roger Hanin.

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