L'Etat de Droit c'est en principe l'égalité devant la Justice, ce qui signifie, par exemple, que la Justice doit traiter les dirigeants, et notamment les dirigeants politiques, comme tout le monde, et non pas comme des privilégiés au prétexte que ceux-ci sont les représentants de la Nation. Par ailleurs l'amnistie des comportements illégaux pratiqués par les politiques ne peut être qu'attentatoire à l'Etat de Droit.
Mais si l'Etat de Droit c'est l'égalité devant la Justice cette égalité est actuellement "nuancée" dans la pratique, y compris en prison, pour les personnalités "notables".
Par exemple et notamment M. Bernard Tapie, incarcéré le 3 février 1997 après le rejet d'un pourvoi en cassation contre une condamnation à huit mois ferme qui demande quelques jours plus tard, se plaignant de solitude, à être traité "normalement"... Il est transféré près de Marseille le 21 février, à proximité du domicile de son père, souffrant d'une maladie de coeur... Le 11 avril il bénéficie du régime de semi-liberté, l'un de ses amis, architecte Marseillais, ancien administrateur de l'OM, directeur de l'entreprise ayant totalement rénové le "Phocéa" pour 68 millions de francs, l'employant comme "conseiller" commercial ... Le 4 juillet 1997 le tribunal correctionnel de Marseille condamne Bernard Tapie, dans l'affaire des comptes financiers de l'Olympique de Marseille, a trois ans de prison dont dix-huit mois ferme, cette condamnation est transformée en une condamnation à trois ans de prison avec sursis et 300 000 francs d'amende le 4 juin 1998 par la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Le 2 juillet 1998 la chambre criminelle de la Cour de cassation rejette le pourvoi formé par Bernard Tapie contre une condamnation à six mois de prison ferme dans l'affaire de son bateau "Phocéa".
Par exemple encore, le Préfet de la région Corse Bernard Bonnet, qui mis en examen pour "complicité de destruction de biens par incendie en bande organisée" et écroué à la prison de la Santé le 6 mai 1999, bénéficie évidemment du régime des privilégiés. Le préfet Bonnet est également mis en accusation fin juin 1999 pour "complicité de prise illégale d'intérêt" pour des faits remontant à 1995 alors qu'il était préfet des Pyrénées-Orientales. Son avocat, Me Georges Kiejman, qualifie cette mise en accusation de ridicule... Le préfet Bonnet a été condamné à payer un franc de dommages et intérêts à M. José Rossi, président de l'Assemblée territoriale de Corse, pour atteinte à sa présomption d'innocence, le 4 avril 2000 par le TGI de Paris. Il avait relaté dans son ouvrage "Préfet en Corse", Michel Lafon, Paris 1999, la mise en examen de M. Rossi pour "le détournement de plus de 6 millions de francs de crédits d'insertion du RMI, au profit de clubs sportifs", cette relation conduisant à penser que M. Rossi était coupable.