

La guerre du Kosovo oppose deux nationalismes : le nationalisme serbe et le nationalisme albanais, discrétement soutenu par la Turquie, membre indispensable de l'Otan et donc alliée des Etats-Unis.
La guerre des deux nationalismes commencent au VIIème siècle avant l'ère chrétienne lorsque les Serbes,
des slaves issus de la Galicie orientale (actuellement la région de Lvòv en Ukraine) pénètrent dans les
Balkans et asservissent les populations locales, notamment les Illyriens qui eux-mêmes avaient asservis notamment
les Vénètes au nord et les Iapyges au sud, qui eux-mêmes, etc ...
Devenue province romaine en - 27 l'Illyrie,
profondément romanisée, donne trois empereurs au IIIème siècle : Aurélien, Dioclétien, et Constantin qui
choisit de se faire idéologiquement légitimer par le christianisme.
Soumis à Byzance et convertis au
christianisme orthodoxe, aux Bulgares également orthodoxes, puis de nouveau à Byzance, les Serbes ne conquièrent leur indépendance
qu'en 1180 et pour deux siècles seulement. C'est alors que la Grande Serbie va atteindre son apogée, au milieu du XIVème siècle, qu'elle
devient l'Etat le plus puissant des Balkans et qu'elle intégre l'Albanie, jusqu'à la catastrophe de 1389.
En 1389 la Grande Serbie est vaincu par les Turcs et l'Empire Ottoman va asservir les Serbes jusqu'au XIXème siècle...
Ce n'est qu'au Congrès de Berlin de 1878 que les Serbes obtiennent leur indépendance.
Quant aux Albanais ils affirment être les descendants des Illyriens... qui après avoir résistés à l'invasion Turque au XIVème siécle(les angevins régnèrent tant bien que mal sur l'Albanie de 1269 au milieu du XIVème), collaborent, s'islamisent et deviennent les fameux janissaires, les miliciens qui oppriment les peuples qui résistent aux Turcs, notamment en refusant l'islamisation... Et ce n'est qu'en 1912 que l'Albanie devient indépendante et en 1919 que cette indépendance est reconnue... Après l'occupation italienne de 1939 à 1943, qui permet de constituer une "Grande Albanie" par l'annexion du Kosovo, c'est l'Allemagne nazie qui proclame la "Grande Albanie ethnique", et c'est le parti communiste, qui après avoir éliminé tous les autres résistants, s'installe au pouvoir en 1945, sous la direction d'Enver Hodja, formé en France. La nouvelle Albanie socialiste "a toujours proclamé n'avoir aucune revendication territoriale tout en affirmant que les régions yougoslaves peuplées d'Albanais appartenaient à l'Albanie et devait lui revenir, et en dénonçant avec violence le "génocide" perpétré contre ces albanais " (Yves Lacoste et autres, Dictionnaire de Géopolitique, p. 92).
Revendiqué par les deux nationalismes, albanais et serbe, le Kosovo, qui fut donc au coeur de la Grande Serbie au XIVème siècle, et qui
connu à cette époque la floraison des monastères orthodoxes qui y subsistent aujourd'hui, et qui abrita à Péc (le Vatican des Serbes)
la patriarchie, l'autorité suprême de l'Eglise nationale orthodoxe, n'était plus peuplé en 1998 que par une petite minorité de serbes
(environ 10% de la population), à cause du différentiel démographique et à cause, selon les Serbes, d'une épuration ethnique constante
et régulière sous l'Empire Ottoman, et notamment au XVIIème siècle (Grande Migration de 1690).
La revendication territoriale
serbe est historique et religieuse, comme celle d'Israël en Palestine, sauf que les Serbes ne peuvent pas s'appuyer sur un texte sacré mondialement
connu qui leur permettrait de dire que Dieu leur a donné le Kosovo...
Donc guerre de deux mémoires nationales, mais également guerre d'une mémoire internationale, celle du peuple juif, victime du nazisme. C'est la mémoire de la shoah, la catastrophe, de la deuxième guerre mondiale, qui motive la mobilisation de la communauté contre Milosevic, et en faveur des Albanais du Kosovo, la mobilisation des medias et des personnalités puissantes et influentes auprès des Etats-Unis, celle de Mrs Madeleine Albright, par exemple et notamment...