djihâd

Le djihâd pour les occidentaux c’est la guerre sainte, alors que cet aspect du concept n’est que l’un des trois aspects du djihâd, qui est majeur, mineur interne, et mineur externe.

Le djihâd majeur ou grand djihâd

Le djihâd majeur est l’effort que doit faire tout musulman pour lutter contre lui-même, contre son égoïsme et ses instincts, contre son orgueil et sa passion de dominer les autres. Le grand djihâd est la lutte intérieure que le musulman mène contre l’envie et la jalousie, les idoles que sont le pouvoir, la richesse, le faux savoir, qui l’écartent du chemin de Dieu.

Le djihâd mineur interne ou petit djihâd interne

Le djihâd mineur interne est l’effort que doit faire tout musulman pour maintenir la cohésion de la communauté des croyants, son unité. Il s’agit donc du combat que le bon musulman doit livrer contre les ennemis internes que sont les shismatiques, les hérétiques, les renégats et les apostats. La guerre civile est ainsi justifiée qui permet de soumettre par la force les minorités rebelles qui refusent la loi islamique. Est également ainsi justifié l’attentat politique contre des dirigeants qui ne respecteraient pas les obligations de la religion.

L’Ayatollah Ruhollâh Mussavi Khomeyni (1912-1989), fondateur de la République islamique iranienne en 1979, Imam de l’Islam shi’ite iranien, est très clair à ce sujet qui nous dit que « La foi et la justice islamique exigent de ne pas laisser survivre, dans le monde musulman, les gouvernements anti-islamiques ou ceux qui ne se conforment pas entièrement aux lois islamiques ». Pour lui tout pouvoir laïque est un pouvoir satanique, « le mal suprême qui doit être impitoyablement combattu et déraciné ... c’est non seulement notre devoir en Iran, mais c’est aussi le devoir de tous les musulmans du monde, dans tous les pays musulmans, de mener la Révolution Politique Islamique à la victoire finale" (Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux de l’Ayatollah Khomeyni, Ed. Libres-Hallier, Paris, 1979, pp. 26-27).

Le djihâd mineur externe ou petit djihâd externe, c’est à dire la guerre sainte

La guerre sainte est soit défensive soit offensive. Le devoir du bon musulman est de lutter pour le triomphe universel de sa religion.
Par exemple, pour l’Ayatollah Khomeyni : « La guerre sainte signifie la conquête des territoires non musulmans. Il se peut qu’elle soit déclarée après la formation d’un gouvernement islamique digne de ce nom, sous la direction de l’Imam ou sur son ordre. Il sera alors du devoir de tout homme majeur et valide de se porter volontaire dans cette guerre de conquête dont le but final est de faire régner la loi coranique d’un bout à l’autre de la Terre... L’Europe (l’Occident) n’est qu’un ensemble de dictatures pleines d’injustices ; l’humanité entière doit frapper d’une poigne de fer ces fauteurs de troubles si elle veut retrouver sa tranquillité. Si la civilisation islamique avait dirigé l’Occident, on ne serait plus contraint d’assister à ces agissements sauvages indignes même des animaux féroces (Idem, p. 23).

Le Coran indique qui doit combattre et de quelle manière.

Lutter pour le triomphe universel de l’Islam est un devoir pour tous les musulmans, mais si les volontaires, les mudjahidin, les combattants dans le chemin (voie) de Dieu, sont suffisamment nombreux, il y a dispense pour les autres.
Selon le Coran la supériorité du croyant sur l’infidèle est évidente, ce qui signifie que si le croyant est vaincu c’est que Dieu le veut, qui récompense le combattant tué, un martyre, par les bienfaits du Paradis.
La guerre elle-même est réglementée : il faut avertir l’infidèle avant de l’attaquer, afin qu’il puisse accepter la conversion. S’il refuse, le combat est une nécessité car l’essence de l’homme raisonnable est d’être musulman. S’il s’est égaré dans une autre religion ou dans l’athéisme il faut le rappeler à la raison, qui est d’être muslim, c’est à dire soumis à Dieu.
Il est vrai que Mohammed lui-même a attaqué par surprise la tribu des Banu Mustalique, qu’il a vaincue, ce qui lui a permis de prendre pour femme la fille du chef... et qu’en conséquence certains commentateurs pensent que l’attaque par surprise est autorisée.
Les vainqueurs se partagent le butin, qui comprend les femmes et les enfants qui sont réduits en esclavage, ainsi que les hommes qui peuvent être utiles, à condition qu’il y ait conversion, car le génocide des vaincus ne doit jamais être l’objectif de la guerre sainte.

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