Simone de Beauvoir

Anne Tristan. Professeure agrégée d'espagnol, animatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) dès sa création en 1970.
Annie de Pisan. Ingénieure en énergie atomique (et pilote d'avion privé !?), animatrice du MLF à partir de 1971.
Auteures de Histoires du M.L.F., Calmann-Lévy, Paris, 1977.

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Anne

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En août 1970, il y a tout juste six ans, quelques femmes manifestèrent à l'Arc de Triomphe en l'honneur de «la femme du soldat inconnu» : alors pour la première fois les journaux parlèrent du M.L.F. (Mouvement de libération des femmes). C'est la presse qui par analogie avec le Women's Lib américain a donné au mouvement ce nom que les militantes ont repris à leur compte.
Depuis, le M.L.F. s'est fait longuement connaître, ou plutôt méconnaître car l'image qui en a été diffusée est celle de mégères hystériques et lesbiennes. Le premier mérite de ce livre est de démentir radicalement ce cliché.
Simone de Beauvoir , préface à Histoires du M.L.F., p. 7

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Mon histoire me semble exemplaire. J'ai eu la chance, difficile à assumer, de naître pour ainsi dire féministe grâce aux conditions particulières de mon enfance. Si j'étais née en France, dans une famille unie, si j'avais eu une vie tranquille et bien tracée, j'aurais été différente, sans doute. Je considère comme un privilège, même s'il est douloureux, d'avoir été très tôt en situation d'ouvrir les yeux sur la réalité et de comprendre quelles étaient ses lois fondamentales: l'injustice et l'exploitation. Je me suis forgé une ligne de conduite qui ne s'apprend pas à l'école: la révolte.
Anne Tristan, Histoires, Le brouillard, p. 15-16

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C'était encore eux. Ils se battaient. J'entendais mon père hurler, des gifles, une chaise qui volait. Je ne bougeai pas. Puis mon nom, crié d'une voix stridente: ma mère. Je sautai du lit. Elle était en larmes, le visage tuméfié. Mon père l'attrapa et la tira dehors, elle résista et tomba. Hors de lui, il la traîna sur le gravier. J'eus peur, il allait la tuer... Je pris une lampe de poche et, surmontant une peur horrible, je descendis sur la route. Je décidais de me rendre chez notre voisin le plus proche, un vieux docteur russe qui avait une collection merveilleuse de petits paresseux. Je frappai à la porte, honteuse de le réveiller en pleine nuit et lui expliquai comme je pus. Il m'accompagna immédiatement.

Ces scènes se répétaient. Mon père, depuis qu'il était parti en France pour faire la guerre, courait beaucoup. Il faisait le joli cœur avec toutes les jeunes femmes qui débarquaient dans notre bled. Ma mère était obligée de les recevoir, avec leur maris, une habitude fréquente au sein de la petite société coloniale. Elle tâchait de faire bonne figure. Quand cela allait trop loin, elle lui faisait des reproches qu'il ne tolérait pas. C'étaient alors les coups. Le lendemain, maman promenait des bleus et des marques. Avec des airs de martyre, comme si les coups lui faisaient plaisir, elle me prenait comme confidente, mais je ne savais que dire. Je lui conseillais de ne pas accepter, de partir, de faire quelque chose. Partir où, avec quoi? Et puis, elle l'aimait. Comment pouvait-elle aimer quelq'un qui la méprisait et la trompait?
Ibidem, L'Afrique, p. 18-19

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LA cour de la Sorbonne grouillait de mouvement et de couleur. Nous étions assises, Jacqueline et moi, sur des marches. Elle n'en revenait pas; elle suivait des yeux les allées et venues avec un sourire ravi. Je me sentais moi aussi sur une autre planète. Depuis le début des « événements », je vivais un rêve. Si j'avais pu, j'aurais campé dans cette cour. J'y tenais un stand, pour y être le plus souvent possible.

« Et voilà F.M.A. au complet! » m'exclamai-je avec un peu d'amertume.
« Betty est passée l'autre jour, mais elle n'a pas beaucoup de temps. Elle finit sa thèse. »

Je ne comprenais pas comment on pouvait penser à autre chose, être ailleurs, alors que le vieux monde était peut-être en train de basculer...
Et encore Betty était une des rares, nous étions quatre ou cinq, parfois deux à venir tous les quinze jours aux réunions de F.M.A. : Féminin, Masculin, Avenir.
Ibidem, Libération des femmes: année zéro, Mai 68 et F.M.A., p. 37

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Je n'avais jamais avorté, mais j'avais vécu mille fois les affres des règles qui n'arrivent pas. J'avais assisté mon amie Danielle, quand nous étions étudiantes, lors de deux avortements-boucherie et j'avais essayé par tous les moyens d'éviter cette situation que je n'aurais pas supportée. La seule idée de toute cette mascarade à laquelle on nous obligeait - clandestinité, recherche d'adresses, médecin auquel on s'en remet - me révulsait. Une rage me poussait à agir pour que tout cela finisse.
Ibidem, Le manifeste des 343, p. 64

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Bien entendu tout le monde s'était rallié au manifeste, puisqu'il avait réussi à sortir. Dans les A.G., on en parlait avec enthousiasme, comme si toutes avaient toujours été d'accord avec cette action. En fait, elle était l'œuvre commune de quelques filles du mouvement, de femmes sans étiquette et de « vedettes». Même le groupe d'Antoinette, encore informel, mais opposé à toute ouverture vers l'extérieur, célébrait le manifeste. On pouvait avoir l'impression d'un grand consensus après la bataille: il était très apparent.

De quoi était fait au juste ce Mouvement des femmes naissant ? Ce que j'avais observé lors de notre première grande réunion rue Descartes, après la parution de l'article dans L'Idiot international, se précisait: il y avait d'une part des femmes «gauchistes» qui avaient toutes milité dans des organisations d'extrême gauche, qui venaient souvent au début en observatrices et qui, sur les conseils de leurs petits copains, essayaient d'intégrer le Mouvement à un de ces groupes révolutionnaires. Sans succès. La plupart d'entre elles tenaient un discours marxiste strict, tout fait, et avaient la bouche pleine de « priorité de la lutte des classes ». Elles quittaient généralement leur groupe gauchiste, parce qu'elles se rendaient compte qu'entre la théorie impeccable de leurs petits amis et leur pratique sexiste, il y avait un monde. On était en pleine bagarre, au milieu des couples « révolution- naires » ! A mon sens, elles étaient intoxiquées idéologiquement par la politique et la théorie mâles, qui excluent par principe une analyse honnête de l'oppression des femmes et sont dogmatiques. Cela vaut pour toute politique mâle, qu'elle soit de « droite» ou de « gauche ».
Ibidem, Après la victoire, p. 70-71

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Je passais ma vie, désormais, avec les copines. Je ne me sentais bien qu'avec elles. De plus en plus je délaissais Roger, qui avait trouvé une chambre et devait déménager. Cependant, Christine exceptée, jamais une femme ne m'avait attirée. J'étais même un peu effrayée par une sorte de « terrorisme homosexuel» dans le Mouvement. On se sentait culpabilisée de continuer à avoir des relations avec un homme. Comme dans tout groupe, il y avait une hiérarchie de la radicalité : en haut, l'homosexualité pratiquante. J'étais parfaitement d'accord en théorie. Mes résistances venaient en fait de la peur inconsciente que j'avais devant l'éventualité d'une relation sexuelle avec une femme. J'étais objet d'amour, à cause de ma position de « chef» et je traînais derrière moi quelques cœurs épris, mais n'éprouvais rien moi-même.

Un après-midi, il y avait une réunion-courrier chez moi. Nous nous mettions à plusieurs pour y répondre. J'étais assise sur le divan à côté de Sandra, une amie de Christine, fraîchement débarquée au Mouvement. Je l'avais vue quelque fois en A.G. Je regardais son profil. Je me sentis toute drôle. j'avais la voix qui tremblait en lui parlant. Quand elle s'est levée, nous nous sommes serré longuement la main. Elle avait un visage doux et de très beaux yeux verts. Jamais je n'avais ressenti ça avec une autre copine. Je n'allais plus cesser de penser à Sandra.

Chaque fois que nous nous sommes revues ce fut le même trouble. Avec une soudaineté que je n'avais pas prévue, voilà que je désirais une femme avec la même force que j'aurais pu désirer un homme. Je n'en revenais pas. C'était tout simple. Mon attirance était partagée par Sandra. Nous avions quelque difficulté à nous rencontrer, parce qu'elle vivait avec une autre femme qu'elle aimait beaucoup. Il y avait aussi Roger. Il souffrait de la situation. Ce qu'il avait le plus redouté arrivait : j'étais amoureuse d'une femme.
Ibidem, Sandra, p. 77-78

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Annie de Pisan

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J'ai toujours été féministe ; pourtant il ne me semble pas que la question des femmes ait jamais été abordée explicitement à la maison. C'est peut-être d'ailleurs ce « silence» qui m'a laissée libre dans le choix de mes idées.

Très jeune, je demande pourquoi c'est à ma mère de servir à table. Mon père répond: « Quand il s'agit de ceux qu'on aime cela ne s'appelle pas servir. » Je suis indignée et nullement convaincue. Les livres ne m'attirent pas beaucoup. Je préfère dessiner, rêver, grimper sur les toits. Ma sœur aînée Nicole, au contraire, passe ses journées plongée dans des romans d'aventures, toute une bibliothèque de livres de « garçons» que mes parents ont achetés en bloc à un démarcheur. Elle m'en lit des passages entiers, si bien que je me prends au jeu. Les héros me fascinent; en même temps je me sens humiliée par la passivité des héroïnes (« moi, je ne les avais même pas remarquées », m'avouera Nicole plus tard). Pourquoi «capitaine de 15 ans» prend-il le commandement alors qu'à bord il y a « une vieille femme de 30 ans? ». Les locutions du style « les hommes, les femmes et les enfants» ou « les femmes, les vieillards et les enfants» me scandalisent. Pourquoi? Personne n'a semé en moi la graine de la révolte: elle devait y être.
Ibidem, Mon féminisme, p. 127

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L'aventure, c'est d'abord la guerre
Je me passionne même pour les exploits de l'Afrika Korps. Le film procès de Nuremberg, un coup de tonnerre, qui me fait comprendre la réalité masquée derrière les discours. La guerre continue pourtant à m'attirer comme source d'aventure. A Marseille, quand je vois partir les « petits gars» du contingent vers l'Algérie, je pleure de jalousie de me savoir exclue de cette aventure-là. Je ne pose pas la question de l'indépendance algérienne en termes de lutte de libération. L'Algérie c'est pour moi l'Islam, c'est-à-dire un « couteau » planté en moi - comme l'est l'Afrique du Sud pour les Noirs - une humiliation permanente, une injure pour toutes les femmes parce que là-bas les femmes sont enfermées, vio lées, méprisées. Je me sens libérée de tout scrupule à l'égard de ce peuple, à l'égard de ces femmes aussi, puisqu'elles ne se sont pas révoltées. Encore une fois mes problèmes de conscience étant résolus, je peux rêver en toute liberté à l'aventure guerrière. Volontairement et pour des raisons féministes, je me situe en dehors du jeu politique. Pourtant, prise à mon propre piège, je vis avec désespoir la fin de la guerre d'Algérie. L'O.A.S. se révèle une baudruche dégonflée.

Un seul véritable personnage demeure: Degueldre le légionnaire, celui qui ne parle pas, l'homme de l'O.A.S. en 1962, l'homme de la Résistance en 1940. Il met un quart d'heure à mourir sous le feu du peloton d'exécution. Même les communistes saluent quelqu'un en lui.
Ibidem, p. 136-137

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Finalement le féminisme me semble ma seule porte - de sortie possible. Anne me reçoit dans son appartement. J'ai l'impression de passer un examen. Pourtant son attention semble ailleurs. Elle se lève, part dans la cuisine, discute avec un homme, une discussion qui ressemble à une dispute, puis elle revient, « c'est difficile d'apppliquer son féminisme dans la vie personnelle », dit-elle. l'air tendu. Elle écoute mon histoire. Je parle de la violence nécessaire. Elle approuve. Toujours avec son air distrait. Nous partons pour l'A.G. : « Un vrai bordel, je ne sais pas si c'est bon que tu commences par là. » Mai 68 m'a habituée au pire. Je ne crains rien. Je ne suis pas déçue. J'ai l'impression de me retrouver au lycée. Des centaines de filles entassées dans une salle de réunion des Beaux-Arts.

Quelques-unes «tiennent» longtemps la parole, les cris d'indignation ou d'approbation viennent par moments couper leur propos. Anne est entourée d'une sorte de cour, elle dit bonjour à droite et à gauche, visiblement connue de tout ce monde. Personne ne s'occupe plus de moi. Cela durera un an. A toutes les Assemblées générales je me demande ce que je fais là. En même temps je sais que s'il doit se passer quelque chose, c'est au M.L.F. Je me lie d'amitié avec Louison, une jeune Indochinoise qui tourne comme moi autour du mouvement sans trop s'accrocher. Nous discutons beaucoup mais ensemble nous n'arrivons à rien mettre sur pied. Le manifeste des 343, je ne le signe pas car je n'ai pas avorté. J'apprends que de nombreuses signataires n'ont jamais avorté !...
Ibidem, Mon activisme au mouvement, Anne, p. 143-144

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L'Eglise porte en elle la haine des femmes comme la plupart des religions modernes. Si elle n'a pas fait pire que les autres, elle n'a pas fait mieux. Non seulement elle a cherché à détruire physiquement les femmes (les sorcières), mais plus encore elle a détruit leur créativité. Maîtresse des arts, elle s'est acharnée à en détourner les femmes. Le cas de la musique - a-t-on assez reproché aux femmes de ne pas avoir eu de génie en musique - est exemplaire: « Il est certain que l'art de la musique était surtout cultivé par l'Eglise et que celle-ci imposait des restrictions aux femmes à ce sujet. On jugeait leur participation au chant de la messe indésirable et elle leur fut toujours interdite (La Femme au Moyen Âge, ed. Leipzig, Sibylle Harksein). »
Nos voix elles-mêmes sont « indésirables ». Faut-il d'autres preuves.
Ibidem, Contre l'Eglise, p. 147

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Parmi les groupes révolutionnaires qui ont surgi dans le cours de l'histoire, les mouvements féministes ont été les moins violents: pourtant on leur a toujours reproché leur agressivité, n'est-ce pas paradoxal? Aux yeux de nos détracteurs nous sommes trop violentes relativement à la cause défendue qui ne mérite pas que l'on fasse tant de foin.

La déclaration de Françoise Giroud : « Je ne suis pas féministe parce que je ne suis pas sexiste» est grave. Elle traduit sa volonté de se démarquer des féministes, elle se situe donc parmi ceux qui nous trouvent ridicules; or, personne ne peut sérieusement contester que seuls les pays où les mouvements féministes ont été forts offrent aux femmes un début d'égalité. Cet acte de foi de la secrétaire d'Etat à la Condition féminine est une provocation à la désertion des femmes à l'égard des féministes.

Quelles que soient les victoires obtenues, les suffragettes, les «dames aux parapluies» sont encore ridiculisées. Fait unique dans l'histoire, ces révolutionnaires, qui ont obtenu en partie gain de cause (droit de vote, droit à l'éducation, droit à l'embauche dans la plupart des métiers, etc.) sont toujours l'objet de mépris. Elles font rire.
Ibidem, Le M.L.F. chez Françoise Giroud, p. 196-197

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Au M.L.F. nous sommes des militantes d'un type particulier, qui n'aiment pas militer. Militer est pour nous un contresens: militer pour les autres, prendre en charge les autres. Avec S.O.S. nous marchions sur une corde raide. La lutte contre la violence dont les femmes sont l'objet nous concerne toutes, mais la prise en charge des femmes battues, c'est du militantisme. Au moment de la lutte pour l'avortement libre, le M.L.F. - volontairement ou non - ne s'était pas occupé des «voyages à l'étranger» ni de la réalisatian en France des avortements. Le M.L.A.C. s'en était chargé. Sans aucun doute, cette étape de la lutte était pourtant capitale, au-delà de la dénonciation du scandale, pourtant le M.L.F. ne voulait pas l'assumer.

La mobilisation autour de S.O.S. Femmes Alternative s'est faite très rapidement parce que la plupart d'entre nous ont cru qu'un petit noyau, et en particulier Vickie et Toby, était décidé à assumer la prise en charge. Nous comptions les «aider». Les mois passant, il est devenu clair que personne dans le groupe n'était en fait décidé à se «sacrifier». Toutes voulaient bien «aider », mais pas plus.
Ibidem, Les femmes battues, p. 238

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Certaines violences ne peuvent être combattues que par la violence. Je pose sérieusement la question: pouvait-on venir à bout de Hitler avec de bonnes paroles ou par une lutte juridique? On contestera ma comparaison: en face des femmes, il n'y a pas Hitler, mais des hommes, des maris, des pères, des frères. Rien à voir avec la Gestapo. Là est le nœud de la question. Si on n'accepte pas la violence des femmes pour la cause féministe, c'est qu'on juge que ce combat ne mérite pas des moyens aussi extrêmes.

Nous ne ferons la preuve qu'il les mérite effectivement qu'en osant utiliser de tels moyens.

S'il est parmi nous des femmes assez «gonflées» pour utiliser la violence, elles doivent le faire. Elles constitueront l'aile extrême du mouvement, celle qui fait avancer la cause.
Ibidem, Une violence justifiée, p. 251-252

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La lutte féministe, qui s'attaque à la volonté de domination des hommes à l'égard des femmes, se situe dans une perspective plus vaste que la lutte des classes, elle remet en question le principe même de domination. On peut supposer que c'est parce qu'il a pris l'habitude tout jeune de voir sa mère en situation d'infériorité face à son père et de lire à travers l'histoire la longue oppression - non dénoncée - des femmes (celle des ouvrières et celle des Noirs est dénoncée même si elle se poursuit) que l'enfant intègre tout naturellement l'idée d'oppression. Soutenir, comme le font les marxistes, que les rapports de domination « descendent tous en dernière analyse de l'exploitation économique, est une hypothèse simplificatrice. II est vraisemblable au contraire que celle-ci n'est que la rationalisation d'un ordre de domination qui se reproduit à travers elle, qui joue de l'économique comme d'une tactique, d'un détour, d'un alibi (...) c'est directement au niveau de la production du rapport social que le capitalisme est, en voie de perdition. »

Ces lignes de Jean Baudrillard dans son livre Le miroir de la production (Casterman, Poche) sont la meilleure réponse que l'on puisse fournir à l'accusation qui nous est portée de nous enfermer dans une lutte catégorielle sans perspective globale. Le terme un peu elliptique de «production du rapport social» est en fait très bien adapté au point d'application de l'action féministe. C'est au sein de la famille que se « produit» le « rapport social », c'est par le regard que l'on porte sur l' « autre» que l'on se forge ce « rapport social». En ce sens, notre lutte s'attache à l'essentiel, aux racines des choses, et elle est globale.
Ibidem, p. 259

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