Sun Tzu, Sun Tsé, Sun Zi

Stratège chinois du VIème av. J.C. selon la tradition, du Vème av. J.C. selon Valérie Niquet-Cabestan (1988), IVème et IIIème av. J.C. selon Samuel Griffith (1963).
Sun Zi, L'Art de la Guerre (Bingfa ou Ping Fa), 109 p., Economica, Paris, 1988.

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La guerre, c'est l'art de duper. C'est pourquoi celui qui est capable doit faire croire qu'il est incapable ; celui qui est prêt au combat doit faire croire qu'il ne l'est pas ; celui qui est proche doit faire croire qu'il est loin ; celui qui est loin doit faire croire qu'il est proche.

Lorsque l'ennemi présente un intérêt, il faut l'attirer ; lorsqu'il est en pleine confusion, il faut s'en emparer ; lorsqu'il est groupé, il faut s'en garder ; lorsqu'il est puissant il faut le fuir ; lorsqu'il s'emporte, il faut le troubler ; lorsqu'il est vil, il faut le rendre arrogant ; lorsqu'il se repose, il faut le harceler ; lorsqu'il est uni, il faut le diviser.

Il faut l'attaquer lorsqu'il n'est pas prêt, tenter une sortie lorsqu'il ne s'y attend pas. Tout ceci augmente les chances de victoire du stratège ; on ne peut rien dire à l'avance.
Article I, 5.

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Il y a cinq manières de connaître la victoire : celui qui sait s'il est possible de combattre ou s'il n'est pas possible de combattre, remporte la victoire ; celui qui sait utiliser des armées nombreuses et peu nombreuses, remporte la victoire ; celui dont les soldats, du haut en bas de la hiérarchie, sont unis autour du même objectif, remporte la victoire ; celui dont le général est capable et dont le souverain ne dirige pas les affaires militaires remporte la victoire.
Ces cinq conditions forment la voie de la connaissance de la victoire.

C'est pourquoi je dis que celui qui connaît son ennemi et se connaît lui-même mènera cent combats sans risque ; celui qui ne connaît pas son ennemi mais se connaît lui-même remportera une victoire pour une défaite ; celui qui ne connaît ni son ennemi ni lui-même sera en danger à chaque combat.
Article IV, 19 et 20.

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