Catherine Nay : Un pouvoir nommé désir, Grasset, janvier 2007
Bio express
Considérations généalogiques
Vers Ségolène Royal
Vers François Bayrou
Vers Dominique Galouzeau de Villepin
Vers Michèle Alliot-Marie
Vers Jean-Louis Borloo
Vers patrimoines
Cécilia discrète et omniprésente,
pour le 1er tour, et le deuxième tour, de la Présidentielle

Maître Nicolas Sàrközy de Nagy-Bocsa (1955-), avocat fiscaliste et d'affaires (1981), conseiller municipal (1977), maire de Neuilly (1983), conseiller général (1986), président du conseil général des Hauts-de-Seine (2004), conseiller régional (1983), député (1988), ministre (1993), président de l'UMP (2004), président de la République française (2007).
Auteur, notamment, de : Georges Mandel, Le Moine de la Politique - Editions Grasset, Paris, 1994 (extraits)
et, pour la présidentielle 2007, son remarquable autoportrait "Témoignage", XO Editions, Paris, 17 juillet 2006

analyse biographique : le syndrome de l'orphelin
Avec les gauches le coup du CPE contre Villepin
Le coup de clearstream qui achève Villepin
Le plan anti-Chirac de décembre 2004

Pronostic : 60/55% des exprimés. Soutenu par ses amis PDG et leurs medias, Simone Veil, Roger Hanin, Jacques Séguéla, André Glucksmann, le star-system ...et le show-biz (Arthur, Bigard, Bouvard, Hallyday, Macias ...), les ralliés de l'UDF et les traîtres socialistes ...


04 mai 2007 : Des aristocrates Hongrois tentés par la politique
03 mai 2007 : Nicolas déjà président à Montpellier, avec Bernadette Chodron et le traître Besson
02 mai 2007 : Ségolène domine Nicolas, qui lui rend hommage en conclusion, sans réciprocité
1er mai 2007 : Le mitterrandien Jacques Séguéla se rallie lui-aussi
30 avril 2007 : Attaque de Lilian Thuram contre Nicolas Sarkozy
29 avril 2007 : Triomphe à Bercy devant de nombreux VIP, Simone Veil, Enrico Macias, André Glucksmann et Rika Zaraï notamment ; le porte-parole du groupe UDF se rallie in extremis ; Dominique Galouzeau confirme, il est bien mort
28 avril 2007 : Le débat Royal-Sarkozy : "des combines" dit Nicolas ; il plante Plantu ; victime et porte parole du peuple ;
27 avril 2007 : Nicolas Sarkozy embrasse son ami socialiste Michel Charasse ; Royal-Bayrou sur BFM-TV, Nicolas "particulièrement choqué" ;
26 avril 2007 : Nicolas Sarkozy s'oppose au débat Royal-Bayrou, prévu devant la presse régionale, puis télévisé par Canal Plus : les medias annulent
25 avril 2007 : Philippe de Villiers, souverainiste islamophobe, se rallie à Nicolas Sarkozy. Laurence Parisot (Medef) pour l'ouverture économique de la France ; 10 parlementaires UDF et le député-maire UDF de Rouen votent Nicolas Sarkozy ; Nicolas Sarkozy dénonce les "petites combinaisons partisanes"
24 avril 2007 : Jacques Attali encense les deux candidats du deuxième tour, donc son ami Nicolas Sarkozy
23 avril 2007 : Après négociations (?) Jacques Chirac confirme son soutien à Nicolas Sarkozy, qui exhibe à Dijon son ami le traître Besson
22 avril 2007 : Présidentielle, premier tour, résultat : 31,18% des exprimés (25,9% des inscrits).
Favorit (55% des exprimés) du second tour (premier président de la République, depuis Mac Mahon (1873-1879), issu de l'immigration ? ; et premier président divorcé, responsable d'une famille re-recomposée, de la Vème République ? ).
Parole d'"américain" :"Rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français"(référence "american dream"). Le ralliement du "traître" Besson.
21 avril 2007 : Résumé : soutenu par George W. Bush, Jean Jaurès, Léon Blum, Doc Gynéco, Johnny Halliday, Roger Hanin, André Glucksmann, Simone Veil, Enrico Matias, Jean-Louis Borloo, Bernard Tapie, Bernadette Chodron, Jacques Chirac, Charles de Gaulle, Jean-Paul II, Valéry Giscard d'Estaing ...
18 avril 2007 : C'est Giscard LUI-MEME
17 avril 2007 : Après le Général (le sabre), le Saint pape Jean-Paul II (le goupillon)..., et après ...?
16 avril 2007 : Après George W. Bush et Simone Veil, le Général lui-même ...
12 avril 2007 : L'aubaine Ben Laden ?
10 avril 2007 : Pédophilie: Sarkozy confirme, la gauche fulmine
06 avril 2007 : La peur du débat ?
05 avril 2007 : Après Bernard, Bernadette, et après ... Dieu ?
04 avril 2007 : Enfin, le soutien du remarquable comédien Bernard Tapie
21 mars 2007 : Après, notamment, Doc Gynéco, André Glucksmann et Simone Veil, Nicolas reçoit le "soutien" de Jacques Chirac ; Bayrou contre le mépris de Sarkozy ;
19 mars 2007 : Accusé de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998, Yvan Colonna, veut la condamnation ... de Nicolas Sarkozy ... ; débouté le 04 avril 2007
17 mars 2007 : Simone Veil, invitée par le grand rabbin de France, Joseph Sitruck, élevé au grade de commandeur de la légion d'honneur dans les salons de l'Elysée, attaque violemment Bayrou (comme Lionel Jospin ...), et critique Sarkozy
14 mars 2007 : Corruption : Nicolas conteste le Canard
13 mars 2007 : L'ami du "grand comédien et homme d'affaires" Bernard Tapie fait du forcing sur Nicolas Sarkozy ...
11 mars 2007 : Essai de plombage de Nicolas Sarkozy par Jacques Chirac, pour une République laïque et fraternelle, donc contre le racisme et l'anti-sémitisme
10 mars 2007 : Immigration et identité nationale
1er mars 2007 : Adoubé par le père des "Rois maudits"
28 février 2007 : Blessé par le Canard à propos de son ancien appartement de Neuilly
06 février 2007 : Caricatures islamiques, défense de Charlie Hebdo et réactions ;
02 février 2007 : Après les "travailleurs", Jaurés et Blum, maintenant les enseignants
30 janvier 2007 : Après Johnny Halliday et Doc Gynéco le grand philosophe bushiste Glucksmann, quelques autres intellectuels "parisiens" et le socialiste national Max Gallo, rejoignent Nicolas Sarkozy ; qui rend hommage à son ami Tony Blair
24 janvier 2007 : La générosité de Jacques Chirac : Des milliers de SDF en France et 500 millions d'euros pour le Liban ...
23 janvier 2007 : Au Crif : "Il n'y a pas de message électoral, ça ne servirait à rien parce qu'il n'y a pas de vote juif"
14 janvier 2007 : Sacré par 80 000 fans, et 4 millions de dollars
08 janvier 2007 : Après Johnny c'est le Doc qui fait des siennes ...
05 janvier 2007 : Un milliard, le prix des électeurs corses ? Nicolas arrose la Corse, avec l'argent des métros ... à cause de Tiberi ? ...
02 janvier 2007 : Nicolas contre l'exécution de Saddam
27 décembre 2006 : SDF, Me Klarsfeld confirme : "un accueil humain pour chaque personne d'ici deux ans" ... Sarkozy l'a dit ; Chirac veut le faire avant la présidentielle ...
25 décembre 2006 : Encore une trahison : le Président anti-CPE par une maîtresse avide ...
20 décembre 2006 : Ami ou traître, le Johnny Halliday ...?
07 décembre 2006 : Les gauches demandent des sanctions pour les propos de Pascal Sevran, ancien admirateur de François Mitterrand et nouvel "ami" de Nicolas Sarkozy, sur la démographie africaine
04 décembre 2006 : Après les échecs de Fabius et DSK, Nicolas Sarkozy, issu par sa mère d'une famille sépharade de Salonique, est le "candidat naturel des électeurs juifs"
04 décembre 2006 : La catholique sociale Christine Boutin se retire, et devient "conseillère" politique de Nicolas Sarkozy
29 novembre 2006 : Donc pas de surprise ... : il est candidat, avec Cécilia, de "la rupture tranquille"
28 novembre 2006 : Cécilia se plante avec la Brosse (François de), son nouveau "communiquant"
21 novembre 2006 : L'achat d'Hulot ?
18 novembre 2006 : Quelques centaines de syndicalistes de gauche, profs et magistrats notamment, manifestent contre la loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance
15 novembre 2006 : Après Bush l'"ami" de Abdelaziz Bouteflika
10 novembre 2006 : Les Nicolas prennent la défense d'un homme, agressé, lui et sa femme par des voleurs, qui, se défendant, tue l'un d'eux, et est écroué par les magistrats de Créteil ... : puis remis en liberté, et mis en examen pour "homicide volontaire" ...
30 octobre 2006 : Barbarie à Marseille ; salopards et racaille ; cinq mineurs arrêtés ;
26 octobre 2006 : Hommage aux travailleurs
24 octobre 2006 : Contre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy : 143 des 300 auditeurs de l'Ecole de la Magistrature de Bordeaux ; Bilan chiffré des émeutes de l'automne 2005 ;
20 octobre 2006 : A Yorktown Michèle Alliot-Marie :" La France est passionnément mais définitivement indépendante "
19 octobre 2006 : Les assises pour les agresseurs de policiers, gendarmes et pompiers ; les syndicats de magistrats sont contre
06 octobre 2006 : L'ami d'Israël et des américains attaque la politique étrangère et de défense de Jacques Chirac
02 octobre 2006 : Nicolas Sarkozy à la Grande Synagogue de Paris
21 septembre 2006 : Le procureur général Nadal soutient les juges de Bobigny, accusés, depuis longtemps, de laxisme pro-jeunes, et qui se disent "écoeurés"
12 septembre 2006 : Adoubé par George W. Bush
11 septembre 2006 : Nicolas Sarkozy à New-York ; rassure la communauté juive et dit "OUI, J'aime les américains" ;
09 septembre 2006 : Des "people" de gauche et d'extrême-gauche pour la régularisation des sans-papiers de Cachan ; difficilement relogés dans la confusion (11 octobre 2006)
03 septembre 2006 : Son ami Alain Carignon le dit :"Sarkozy, c'est la France en forme"
02 septembre 2006 : Doc Gynéco avec "son petit maître à penser", contre la racaille de banlieue
1er septembre 2006 : Contre le mariage homosexuel, mais pour une équivalence financière entre le pacs et le mariage hétéro
28/30 août 2006 : Soutenu par le grand Halliday, et admirateur, comme les Chirac, de l'immense Madonna juive kabbaliste
23 août 2006 : Nicolas bat Ségolène au second tour
27 juillet 2006 : Nicolas savait tout, selon le général Rondot
19 juillet 2006 : Attaqué, violemment, par Jack
17 juillet 2006 : De retour "pour toujours"
16 juillet 2006 : La défense d'Israël
14 juillet 2006 : 200 voitures brûlées, en Ile-de-France
12 juillet 2006 : Nicolas, avec Cécilia, au musée Grévin
06 juillet 2006 : Contre le droit de gràce, et l'amnistie personnalisée
05 Juillet 2006 : Mondial 2006, la France bat le Portugal, racaille bis sur les Champs, et ailleurs ... plus "accidents"
02 juillet 2006 : Mondial 2006, la France bat le Brésil : la racaille intervient sur les Champs-Elysées
29 juin 2006 : Nicolas et Cécilia en Guyane, "contre l'insécurité et l'immigration clandestine"
29 juin 2006 : Lèse-Majesté ? Paris-Match : Alain Genestar "licencié" par l'"ami" de Nicolas, l'héritier "grand patron" Arnaud Lagardère ; l'interventionnisme positif ...
29 juin 2006 : Etat de droit, Etat soeur ? Malgré l'interdiction du tribunal administratif la "rave party" aura lieu à Vannes ...
28 juin 2006 : Arno Klarsfeld promu médiateur national de sans-papiers (France 3, 19-20h)
27 juin 2006 : Les magistrats de l'USM (Barella) contre leur responsabilité pour "faute lourde" (erreurs grossières, manquement et violation grossière des principes directeurs du procès pénal)
25 juin 2006 : Entente cordiale entre Tony Blair et Nicolas Sarkozy
24 juin 2006 : Vie publique, vie privée : le couple en public, et la plainte contre Le Matin de Lausanne "pour atteinte à la vie privée" ...
15 juin 2006 : Des milliers d'euros pour les familles de "sans-papiers"
12 juin 2006 : Cécilia, enfin de retour ..., se prépare pour la présidence ..., peut-être
10 juin 2006 : Un tiers des émeutiers majeurs déférés devant les magistrats de Bobigny ont été déclarés innocents ...
09 juin 2006 : Passage à l'acte : le syndicat de la magistrature (socialiste) saisit le CSM contre Nicolas Sarkozy
06 juin 2006 : Nicolas tire à gauche ; et, 8 juin 2006, les magistrats socialistes le menacent
13 mai 2006 : Plus de 10 000 manifestants (toutes les gauches réunies, par 460 associations) contre l'immigration de qualité "à la canadienne"
11 mai 2006 : Nicolas Sarkozy le savait, selon le général Rondot, dès septembre 2004 ....
09 mai 2006 : affaire Clearstream, alors que les gauches, les centristes et les médias, demandent la démission de Dominique de Villepin, devant les juges Nicolas Sarkozy se pose en "victime"
08 mai 2006 : Le soutien de Arno Klarsfeld
07 mai 2006 : Selon son "conseiller" Patrick Devedjian Nicolas Sarkozy serait prêt à remplacer Dominique de Villepin
28 avril 2006 : Un coup foireux contre Sarkozy, ou bien de Sarkozy ? L'affaire Clearstream, une synthèse provisoire
25 avril 2006 : Il bat tout le monde ; mais les "responsables" chrétiens l'attaquent sur l'immigration "choisie" ; ainsi que les associations idéalistes universalistes ;
02 avril 2006 : L'affaire en mains
31 mars 2006 : Nicolas Sarkozy salue le "compromis" de Jacques Chirac
18 mars 2006 : Les putes de Paris accuse Nicolas Sarkozy
14 mars 2006 : Cécilia de retour à New-York
05 mars 2006 : Avec Dominique Strauss-Kahn contre la judéophobie
17 février 2006. Barrella insulte les députés de la commission d'enquête sur le procès d'Outreau
12 janvier 2006 : L'"américain" veut un système constitutionnel sensiblement "à l'américaine"
11 janvier 2006 : Patrick Balkany, l'ami de toujours, le confirme : Cécilia est bien de retour
06 janvier 2006 : Cécilia est de retour
01 janvier 2006 : Violences ferroviaires (opportunes ?) : renforcement de la sécurité dans les trains (création d'une police ferroviaire nationale)
25 décembre 2005 : Présidentielle 2007, communauté juive de France, l'histoire des historiens ou des politiques, Nicolas contre Jacques et Dominique, en faisant appel à la mémoire d'Arno Klarsfeld
07 décembre 2005 : Nicolas battu par Dominique : pas de primaires décisives
25 novembre 2005 : Oui à la discrimination positive (affirmative action). Non aux quotas
09 novembre 2005 : Etat de droit, liberté d'expression démocratique, égalité juridique, fait du Prince : Nicolas Sarkozy fait, sans recourir au juge, interdir de fait, par menaces, la publication d'une biographie de Cécilia, à la demande expresse de cette dernière, après six mois de séparation, séparation consécutive à une relation de taille ...
09 novembre 2005 : Une justice indulgente, ou laxiste ? Nicolas Sarkozy voudrait expulser les délinquants étrangers, les gauches protestent ...

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Les émeutes

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Octobre/Novembre 2005 : Est-ce-que Azouz Begag défend les "jeunes" délinquants de banlieue ?, après les émeutes insurrectionnelles de Clichy-sous-Bois, puis du 93, puis de l'Ile-de France, puis de la province, puis de Paris ; émeutes insurrectionnelles qui, selon Nicolas Sarkozy, sont "organisées" ;

06 novembre 2005, 11ème nuit d'émeutes, Jacques Chirac le dit : l'ordre républicain doit être rétabli ... les contribuables paieront ;
34 policiers blessés par armes à feu ;
les gauches réagissent : Jospin le recours , ou DSK, ou les Verts ? ; ou les communistes ?
08 novembre 2005 : Etat d'urgence ; certains magistrats (Barrella) contestent (les magistrats "papas Noël" du tribunal de Bobigny, qui relaxent systématiqquement les "jeunes" délinquants .... ?) ; François Hollande sera "attentif" ;
10 novembre 2005 : Sarkozy maintient qu'un "jeune" qui met le feu à un bus occupé n'est pas un "jeune" mais un voyou et une racaille ; les délinquants étrangers seront expulsés, la Ligue des Droits de l'Homme proteste ..., SoS-racisme saisit le conseil d'Etat ...
16 novembre 2005 : Etat d'urgence prorogé pour 3 mois à compter du 21 novembre 2005

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Octobre 2005 : Anne Fulda, journaliste au Figaro, auteure de "Un président très entouré"
La cour de cassation pour les voleuses professionnelles avec enfants
affaire Barrella contre Sarkozy (délinquants contre victimes ?)

22 septembre 2005 : Où est passée Cécilia ?
17 septembre 2005 : Affaire immobilière ???
29 août 2005 : L'ami commun de Nicolas et de Richard
25 août 2005 : Cecilia mise en scène à New-York
18 juillet 2005 : Les communistes s'amusent avec le "couple" Sarkozy
01 juillet 2005 : 200 avocats et magistrats contre leur responsabilité en cas de "bavures"
23 juin 2005 : 100 anti-sarkozy pour défendre les "sans-papiers"
20 juin 2005 : Voyoucratie, pour nettoyer les banlieues au karcher; les gauches protestent
10 juin 2005 : Pour une régulation de l'immigration ; le MRAP proteste
31 mai 2005 : Nicolas ministre d'Etat, et donc "lieutenant" du Premier ministre Villepin
Mai 2005 : Compassion pathétique et empathie politique : Le divorcé Nicolas a des "difficultés" avec Cécilia, l'ex de l'ancien amuseur public Jacques Martin
Nicolas Sarkozy attaque brutalement Dominique Galouzeau de Villepin
Mars 2005 : Brillante élection partielle dans le 9-2
Février 2005 : La justice refuse d'appliquer sa loi sur la sécurité

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Décembre 2004 : Ce catholique, qui aime à rappeler que sa mère est originaire d'une famille juive de Salonique est un ami d'Israël, qui mise sur lui ; et sur Jacques Chirac ... ?
Réception présidentielle
Il oblige Joelle à démissionner ; et lui obtient un strapontin au Conseil économique et social, à la place de Lucette Michaux-Chevry, amie de Jacques Chirac
Novembre 2004 : Un sacre à 5 millions d'euros. Choquant dit Jean-Louis Debré (Chiraquien). Démesure totale dit Michel Sapin (PS). C'est énorme ! dit Michel Mercier (UDF).
Un show pour l'"américain", avec Shirel et Leïla, Sardou et Delon ...
Octobre 2004 : Le Bienfaiteur des religions
14 juillet 2004 : Le Président : "C'est Moi le Boss"
24 juin 2004 : Chantage ?
28 avril 2004 : Escarmouches, les socialistes protestent de leur israélophilie
23 avril 2004 : Sarkozy l'américain veut rassurer Israël
24 janvier 2004 : Contre Sarkozy et Perben, le président de l'Union syndicale des magistrats

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30 décembre 2003 : Pour Sarkozy, le cheikh de la Mosquée d'Al-Azhar
12 décembre 2003 : Contre Sarkozy, des avocats et des magistrats syndiqués manifestent à l'UNM ; et à Paris : pour la défense des criminels ???
15 juillet 2003 : Contre Sarkozy, une certaine justice soutient la prostitution
06 juillet 2003 : Contre Sarkozy, les fonctionnaires corses disent non à la réforme
La meurtrière suisse de deux CRS remise en liberté par un juge "des libertés" ...
12 mai 2003 : Contre Sarkozy, l'Union syndicale des magistrats (USM) (pour les délinquants ?). Le ministre de l'Intérieur lui répond vertement.
25 avril 2003 : Nicolas Sarkozy attaque les drogues, le syndicat de la magistrature proteste et le garde des sceaux ...
9 février 2003 : Une suppléante active

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1er décembre 2002 : Sarkozy attaque Juppé
17 novembre 2002 : Les "Sarko" s'imposent à l'UMP (Union pour un mouvement populaire)
11 novembre 2002 : Il aime Jean-Pierre. A suivre ...
Octobre 2002 : Cécilia veille
Les "intellectuels parisiens" contre Sarkozy
Sarkozy réplique : "la priorité des priorités c'est le droit des victimes"
Michel Tubiana contre-attaque

Septembre 2002 : `Sarko´, le fils de son père
Point de vue du père et de la fille du père, en 2000 ...

Du Gard inondé à Sangatte, de New York à Bucarest, de Neuilly aux cités de banlieue, on ne voit que lui. Mais où s'arrêtera donc Nicolas Sarkozy?

Mais comment fait-il? Un jour il parle `tolérance zéro´ à New York avec Rudolf Giuliani et le lendemain peste à Bucarest contre les mendiants roumains de Paris. Puis c'est une `rave-party´ et un mariage à Neuilly. Et, entre-temps, une visite à Sangatte, une descente en banlieue, une télé sur les prostituées et une photo avec les inondés. Un diable d'homme, ce Sarkozy?

`J'ai dix ans de moins que les autres, et les autres sont paresseux´ , répond-il quand on l'interroge sur sa boulimie d'action et son irrésistible ascension. Car, à ce double égard, il y a - évidemment- du Chirac chez le ministre français de l'Intérieur. Comme le locataire de l'Elysée, il n'a pas attendu les années pour s'imposer. Maire de Neuilly à 28 ans, député des Hauts-de-Seine à 33, ministre dans le gouvernement Balladur à 38, numéro deux du gouvernement Raffarin à 47: fulgurant parcours s'il en est.

L'expliquent une prodigieuse vivacité d'esprit et une capacité de travail peu commune. Un incroyable professionnalisme, aussi. `Sarko´ est un politicien à l'américaine. S'il demeure indécrottablement populaire dans l'opinion, c'est notamment parce que, en vingt ans de carrière, il n'a jamais laissé une lettre sans réponse, une promotion sans félicitations. S'il est là où il est aujourd'hui, c'est parce qu'il a toujours veillé à entretenir ses puissants réseaux d'amitié. S'il brille souvent à la télé, c'est parce qu'il s'y est toujours longuement préparé. Si son culot d'acier parvient fréquemment à masquer une certaine mauvaise foi, c'est parce qu'il allie l'aisance de l'improvisation à l'éloquence de l'avocat et à l'assurance de l'enfant bien né.

En effet, Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca a beau dire qu'il n'est qu' `un fils d'immigré de la première génération´ , sociologiquement, son Neuilly d'adoption tout comme le bon goût de ses relations le positionnent plutôt dans la `France d'en haut´ : celle des Bernard Arnault (le milliardaire qui fut son témoin de mariage), Martin Bouygues (le parrain de son fils), Franck Riboud ou autres Jean-Claude Decaux (les pdg avec qui il se détend en vélo).

A ces atouts, `Sarko´ greffa une ambition insatiable. Comme il dit: `Quand on me laisse un espace libre, je l'occupe´. Petit par la taille mais grand par la volonté, il sacrifia tout à sa carrière, y compris ses deux parrains en politique: Jacques Chirac (qu'il trahit au profit d'Edouard Balladur aux présidentielles de 1995) et Charles Pasqua (dont il grappilla sans vergogne l'héritage avant même la mort politique). Mitterrand lui-même s'extasia un jour devant le `réel talent pour mordre et trahir´ de Sarkozy...

A la longue, cependant, à force de petites phrases cassantes et de conjurations infamantes, l'image de l'intéressé en prit un coup. Entre loup et requin, Sarkozy en vint à personnifier un certain cynisme en politique. L'homme s'en rendit compte. Du coup, l'arrogance et l'agressivité au vestiaire, on le vit chez Drucker, il s'afficha dans les magazines `people´ avec ses `potes´ Barbelivien, Clavier ou Pioline. `Je ne veux plus détruire´, promit-il même. Sarkozy se revendique toujours d'une `droite moderne, ouverte et décomplexée´.

Sûr que `la répression est la meilleure des préventions´, c'est donc sans le moindre état d'âme qu'il terrorise les loubards des banlieues avec ses `flash-balls´. Mais, désormais, il s'affiche aussi `cool´, calme, serein, et prône `des solutions dépassionnées, pragmatiques et sages´. `Je suis devenu raisonnable´, assure-t-il: `Je ne céderai plus à la tentation des postures et des réactions épidermiques´.

L'homme apprend vite. Il a bien compris que si Raffarin lui avait été préféré à Matignon, c'est précisément parce qu'il avait un profil plus rond. Mais le n°2 du gouvernement ne désespère sans doute pas le moins du monde de son avenir. En effet, s'il est un hyperactif, `Sarko´ est tout sauf un homme pressé. Tel un félin en embuscade, il sait attendre son tour. L'histoire a d'ailleurs montré que, sans grimacer, il savait boire le calice jusqu'à la lie. En 1995, l'échec de sa trahison balladurienne le condamna à un long purgatoire. En 1997, impavide, il se fit huer en pleines assises du RPR par des milliers de militants néo-gaullistes acquis à Séguin. En 1999, il endura une nouvelle traversée du désert après l'échec de sa liste aux européennes. Et en 2002, il ne put éviter la mise sur orbite élyséenne, par la direction de l'UMP interposée, de son grand rival Alain Juppé.

Mais Sarkozy a toujours su rebondir. Et, d'ici à 2007, tout peut se passer. Le jour venu, Chirac léguera-t-il effectivement la droite française au fidèle d'entre ses fidèles: à son fils préféré Juppé, au `meilleur d'entre nous´ ? Ou, au contraire, privilégiera-t-il son fils rebelle, ce `petit salaud´ comme il le qualifia en apprenant sa trahison balladurienne? Cet homme qui, comme lui, n'a jamais fonctionné qu'à l'ambition, à la baraka et au rapport de forces?

Ce `Sarko´ fils indigne certes, mais aussi et surtout digne fils de son père? Réponse en 2007.
La Libre Belgique 2002, Bernard Delattre (à Paris), mis en ligne le 11/09/2002

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2000 : L'intérimaire Sarkozy au chômage

« Sarkozy est trop à droite. Si on l'écoutait, on perdrait toutes les élections! » Dès l'été 1999, Claude Chirac confirme ce jugement sans nuance. Balladurien de cœur, le très libéral Sarkozy a montré ses limites aux élections européennes, et prouvé, selon Madame Fille, son pouvoir de nuisance au sein du camp paternel.
Associé à Madelin, il n'a jamais obtenu qu'un maigre 12,8 %,à la traîne derrière la liste Pasqua. Ce grand aîné à qui il souffla la mairie de Neuilly, voilà trente ans, et qu'il traitait, peu avant le scrutin, de « vieillard dépassé et d'impuissant en politique ».
Pour une fois d'accord avec Claude, le goguenard Pasqua aura le triomphe souriant: « Cet intrigant de Sarko devait se ramasser, il s'est ramassé! »
Sous la surveillance des amis de Séguin et de Juppé, Sarkozy avait pourtant parcouru la France et tenté l'impossible: à savoir, redresser le RPR. Malgré ses indiscutables efforts, on l'y regardait plutôt de travers, dans ce parti, et certains l'imaginaient capable de tout.
D'abord de préparer la création, en compagnie de son ami Madelin, du «grand parti libéral dont la France a besoin », ainsi que tous deux se prenaient à rêver. Ensuite, de vouloir «savonner la planche» d'un Séguin trop désabusé pour s'opposer à l'abandon des quelques principes gaullistes dont se targue encore un peu le RPR. On soupçonnait aussi Sarkozy de nourrir d'autres ambitions démesurées, lui dont on brocarde souvent le «chiraquisme chaptalisé à la façon d'un mauvais vin ». En clair: devenir le Premier ministre d'un Chirac victorieux en 2002, en attendant de pouvoir lui succéder.
C'est dire si Sarkozy veillait à soigner ses relations dans la presse, et il y veille toujours. Hélas! on n'est plus en 1995, quand Balladur planait haut dans les sondages, et le pouvoir de séduction de son ancien bras droit et porte-flingue s'est en partie dissipé. Désormais moins dupes du personnage, plusieurs journalistes racontent une scène qu'ils ont chacun vécue en tête-à-tête avec ce balladurien repenti, dans son bureau du RPR, en pleine campagne des élections europeennes. C'est du Sarkozy pur jus. Au milieu de la conversation, le téléphone sonne. Il décroche, prononce quelques phrases et commentaires succincts destinés à son correspondant, avant de rapidement reposer l'appareil. Puis il lâche, sur un ton désinvolte, presque excédé: «C'était encore Chirac !» Le journaliste présent est censé comprendre que le Président harcèle ce pauvre Sarkozy, tant il a besoin de ses précieux et rassurants conseils. Sous-entendu: « Comme si je n'avais pas assez de travail, il faut que je joue les gourous... »
Bien joué mais pas très probant. Le «C'était encore Chirac! » entendu par quelques confrères les a plus divertis que convaincus. La frime ne permet pas de surmonter tous les obstacles et ceux qui encombrent la route de Sarkozy sont de taille.
Desservi par son passé - il figurait au nombre de ceux qui voulaient « tuer » Chirac en 1995 -, et par cette réputation de traître que sa marionnette des Guignols contribue à conforter, Sarkozy possède pourtant un carnet d'adresses en or. A l'instar de celui d'un expert en communication, on y découvre le gotha de l'industrie, de l'audiovisuel, de la finance, ainsi que des journalistes et des personnalités de gauche. Cela dit, un bel agenda ne pèse pas lourd en comparaison de certaines amitiés et sympathies absentes. Sarkozy avoue d'ailleurs avoir souvent ressenti combien « la haine [à son égard] était tangible au sein du RPR ». Et c'est en pensant notamment à lui que la chronique signée « Rastignac ~ dans Valeurs actuelles délivrait ce diagnostic douloureux: « Il faut décidément bien du mérite pour lui donner sa voix [à la droite]. »
Au crédit de Sarkozy, il faut rappeler que Villepin a, pendant un temps, souhaité le voir prendre en main le RPR après la démission de Séguin. Mais avec un enthousiasme qui laisse rêveur:
«Je n'ai pas voulu de Sarkozy, mais il n'y avait personne d'autre... Et l'on peut penser ce qu'on veut de lui, cependant, il est là. C'est son mérite. »
Le compliment est un peu court, et le verdict indiscutable : les bureaux de l'état-major RPR sonnent depuis longtemps le creux.
A la fin du mois d'août 1999, Sarkozy croyait encore à sa chance. Avec quelques longueurs d'avance sur les Delevoye, Fillon, Alliot-Marie et autres postulants, il se veut alors candidat à la présidence du parti. Conscient que son image trop libérale et conservatrice dessert son ambition, il ébauche une sorte d'autocritique, lors de l'université des jeunes du parti.
Sur l'immigration, par exemple: «La France est diverse, dit-il. Si nous voulons la représenter, il va falloir apprendre à lui ressembler ». Il en vient ensuite à évoquer l'hostilité du parti au Pacs : «Nous n'avons pas su nous faire entendre de la communauté homosexuelle qui a parfois pu être blessée. »
Mais point trop n'en faut et, le 27 août, Chirac le reçoit et lui remet les pieds sur terre: c'est non. « Ce n'est pas dans ton intérêt de te présenter », laisse tomber le Président qui, en guise de consola- tion, l'assure que son avenir n'est cependant pas bouché.
La méfiance de Chirac se comprend, il connaît son homme. Et il sait que ce rusé a déjà balisé le terrain et conclu dans son dos un joli projet de Pacs à trois: pour Séguin, la Mairie de Paris; à son lieutenant François Fillon, le secrétariat général du RPR; quant à Sarkozy, il se contenterait de la présidence du parti.
Un scénario trop déplaisant, qui ne peut être toléré. Père & Fille n'avaient que faire d'un RPR à cette sauce-là, trop indigeste à leur goût.
in Claude Angeli et Stéphanie Mesnier, Chirac père et fille, Grasset, Paris, 2000, p. 60-64.

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Cécilia veille

SON BUREAU EST À CÔTÉ de celui du ministre et son agenda, presque aussi chargé que celui de son époux. Cécilia Sarkozy est incontournable. Comme elle l'était déjà à la mairie de Neuilly ou encore, il y a neuf ans, au ministère du Budget. Plus qu'un couple, ces deux-là forment un tandem. Un tandem dont l'ambition est sans limites. Depuis quinze ans, date de leur première rencontre, Nicolas et Cécilia ne se quittent plus.

Pasqua : « C'est une fille très intelligente. Elle calme Nicolas » Au point de se téléphoner jusqu'à deux ou trois fois par heure. Car l'ancienne épouse de Jacques Martin joue un rôle capital dans la carrière de son ministre de mari. Cette grande femme élégante, maman de deux filles et d'un petit Louis (le fils de Sarko), ne refuse pas caméras et photos. Partout, elle accompagne son mari : dans les meetings et les joggings, à la télévision ou dans les gendarmeries. A la différence d'Anne-Marie Raffarin qui préfère la discrétion, Cécilia assume cette présence. Ne déclare-t-elle pas au quotidien « le Monde » : « La politique est un monde tellement violent qu'il vaut mieux être deux » ?

Charles Pasqua, qui connaît son Sarkozy, est le premier à souligner dès 2000 le rôle de Cécilia : « Cette fille est très intelligente. Elle calme Nicolas. » Depuis son bureau de la Place Beauvau, Cécilia, aujourd'hui, préfère parler de son ministre et de sa nouvelle popularité : « Quand on est arrivés ici, j'avais très peur pour lui. Finalement, il est plus rasséréné, plus dense. Pour lui, Beauvau, c'est un très beau vélo. Une belle administration avec trois cent mille personnes à diriger, à faire bouger. Il est en train d'imprimer sa marque dans un ministère difficile. Sans doute les gens sont-ils en train de s'en rendre compte », se réjouit-elle.

Une épouse qui sait aussi se mettre en scène. Petite-fille du pianiste espagnol Isaac Albéniz, Cécilia est la coqueluche des médias hispaniques. Son cousin Antonio Ruiz Gallardon, actuel gouverneur de la région de Madrid et proche du chef du gouvernement José Maria Aznar, n'est-il pas candidat aux municipales dans la capitale ibérique ? Les télévisions françaises commencent aussi à s'intéresser à elle. Un long reportage va bientôt lui être consacré sur France 2, et « les Guignols de l'info » confectionnent sa marionnette.
B.J., Le Parisien , jeudi 17 octobre 2002, page 4

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Loi Sarkozy : un appel unitaire dénonce la "guerre contre les pauvres"

Deux jours avant l'examen du projet de loi sur la sécurité intérieure en conseil des ministres, ses opposants ont décidé de faire front commun. Un appel unitaire regroupant une trentaine d'associations, de syndicats (dont la CGT, la Confédération paysanne, les étudiants de l'UNEF) et de partis de gauche - y compris le Parti socialiste, après de longues hésitations - devait être rendu public, lundi 21 octobre, afin de dénoncer les visées du ministère de l'intérieur. Selon ce texte, le projet de loi, "s'il était adopté, pourrait conduire à un Etat autoritaire et à réprimer tous ceux qui ont eu le malheur d'être rejetés au bord de la route".

Les initiateurs de l'appel - la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM) - ne font pas que renouveler les accusations de "lois liberticides", formulées à maintes reprises contre le projet de Nicolas Sarkozy. "Si on continue à répondre uniquement en termes de plus ou moins de sécurité, on va droit dans le mur", explique Michel Tubiana, président de la LDH. L'appel se place donc presque exclusivement sur le terrain social, puisqu'il reproche avant tout au gouvernement "d'entrer en guerre contre les pauvres". Ce thème est parvenu à fédérer les anciens partenaires de la gauche plurielle - PS, PCF et Verts - auxquels s'est jointe la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Bien que délesté des dispositions sensibles modifiant le code de procédure pénale, qui relèveront de l'autorité du garde des Sceaux, le projet de M. Sarkozy est "toujours aussi inquiétant", selon les signataires de l'appel : "Parce qu'il vise, pêle-mêle, les mendiants, les sans-domicile-fixe, les jeunes, les gens du voyage, les prostitués, les militants qui mèneraient des actions revendicatives, ce texte institue une République où la pauvreté est constituée en délit et où la manifestation d'une révolte devient un crime."

L'appel unitaire résume sa philosophie en une formule : "Ce ne sont pas les pauvres qu'il faut combattre, c'est la pauvreté ! " Les signataires estiment que "lutter contre l'insécurité, c'est bien sûr réprimer quand c'est nécessaire mais c'est aussi prévenir, éduquer, rétablir partout les services publics, reconstruire la vie là où elle n'existe plus et rétablir les solidarités qui ont disparu".

"BOUCS ÉMISSAIRES"

Face à ce qu'il considère comme de "nouvelles classes dangereuses", le gouvernement prend le risque de toucher, selon l'appel, "à la nature même de la République": "Nous ne serons plus égaux devant la loi car ce ne sont pas les gens d'"en haut" qui dorment sous les ponts ou mendient." Le texte, bref mais pugnace, insiste à plusieurs reprises sur les pouvoirs trop importants dont disposerait l'administration : "Lutter contre l'insécurité, ce n'est pas désigner les pauvres comme boucs émissaires et faire de chacun de nous des citoyens soumis à l'arbitraire de l'Etat." Exemple de ces dérives possibles : l'extension prévue des fichiers de police. "Accepterons-nous d'être, parce que simples suspects, fichés à vie dans les fichiers qui, multipliés à l'infini et croisés, recenseront jusqu'au moindre détail de notre vie quotidienne ?"

Selon l'avis même d'un des initiateurs de l'appel unitaire, "son accouchement a été laborieux". Il a duré deux semaines, à compter du 3 octobre, date à laquelle le projet de loi a été transmis au Conseil d'Etat. Depuis, notamment au sein d'un PS déchiré par les querelles intestines, le débat faisait rage pour savoir s'il était opportun de signer le texte. Entre ceux qui craignaient d'être à nouveau accusés d'angélisme face à l'insécurité et les pourfendeurs traditionnels des visées sécuritaires de la droite, un compromis a été trouvé. Il a consisté à supprimer un paragraphe, relatif à l'action de la police, qui expliquait que le travail difficile des policiers reposait sur la confiance des citoyens, que cette confiance était entamée par endroits et que le projet de loi de M. Sarkozy allait encore aggraver les choses. La LCR trouvait la formulation trop molle, le PS la jugeait trop dure ; ces lignes ont donc disparu de la version finale.
Piotr Smolar, LE MONDE | 21.10.02 | 10h51, MIS A JOUR LE 21.10.02 | 12h03

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Sécurité : la gauche attaque, Sarkozy réplique

INTÉRIEUR Associations et partis d'opposition reprochent au ministre d'« entrer en guerre contre les pauvres » ; il affirme défendre « la France des oubliés »
Le ministre présidait, chez Jean-Louis Debré, député maire d'Evreux, le tout premier Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance installé en France.

« Les droits de l'homme sont une priorité, mais la priorité des priorités c'est le droit des victimes. » Hier, dans la salle bondée du conseil municipal d'Evreux, où il présidait, chez Jean-Louis Debré, député maire de la ville, le tout premier Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance installé en France, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, était venu roder son discours.

« Je sais que la buée envahit à nouveau les cabines téléphoniques du côté du Café de Flore », a-t-il ironisé, pour dénoncer l'activisme de certains milieux intellectuels contre son projet de loi pour la sécurité intérieure qui sera présenté demain en Conseil des ministres. L'« homme le mieux informé de France » n'ignorait pas qu'au moment où il parlait, ses principaux détracteurs avaient choisi de monter au créneau contre son texte dans un « appel unitaire ».

« Le gouvernement a décidé d'entrer en guerre contre les pauvres », dénoncent ainsi trente-quatre partis, syndicats et associations. Rédigé à l'initiative du Syndicat de la magistrature, de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France, ce texte a été approuvé notamment par le Parti socialiste, manifestement embarrassé.

Il aura fallu, en effet, que les rédacteurs de la motion retirent un paragraphe jugé désobligeant envers la police pour que les socialistes apposent leur paraphe. Les Verts ont signé sans état d'âme comme le Parti communiste, la Ligue communiste révolutionnaire, la CGT, la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE), Attac et la Confédération paysanne de José Bové.

« Nous espérons que notre geste fera prendre conscience au ministre que son projet n'est pas bon, ou, le cas échéant, qu'un mouvement d'opinion le lui fera comprendre », déclarait hier Michel Tubiana, le président de la LDH, qui appelle les Français à « se mobiliser ».

« Nous savons que la violence dans les quartiers est un problème crucial, explique Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), également signataire du document. Mais le dispositif prévu ne s'attaque pas aux causes profondes de l'insécurité. Il risque simplement d'augmenter les tensions. » Au slogan de ses détracteurs, le « premier flic de France » réplique qu'il s'adresse avant tout à la « France des oubliés ». « Mon projet est approuvé par 80 % des gens qui ont le smic », affirme-t-il. Plus les Français ont un revenu faible ou moins ils sont instruits, et plus ils adhèrent au contenu de son texte, avait, en tout cas, révélé un sondage Le Figaro-Ipsos publié le 7 octobre dernier.

Le message de Nicolas Sarkozy se veut sans équivoque. « J'ai un travail à faire et je le ferai », affirme-t-il, imperturbable. Et d'égréner les formules qui font mouche devant cet auditoire sélectionné : « Faut-il que ceux qui ont le travail le plus pénible, ceux qui ont la durée de trajet la plus longue, ceux qui habitent dans les appartements les moins confortables, faut-il que ceux-là de surcroît aient peur ? », interroge le ministre. Non, semble murmurer la salle, un brin étonnée par l'énergie qui se dégage de cet animal politique.

Nicolas Sarkozy savoure l'instant. Il reprend : « On ne dialogue pas pour ramener la paix publique, on rétablit d'abord la paix et après on discute. » Vient le ton de la confidence : « Trois jours après que j'ai reçu six jeunes beurs représentants d'associations de la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonne, l'un d'eux a été roué de coups par des voyous de son quartier qui ne toléraient pas qu'il discute avec le ministre de l'Intérieur. »

« Depuis cinq mois et demi que je suis en poste, poursuit-il, le moment le plus difficile pour moi fut de recevoir les pères et mères des trois jeunes filles violées et assassinées dans la Somme. Je n'oublierai jamais le visage des parents ni l'embarras du ministre qui n'a pas eu le courage de leur dire que le fichier français des empreintes génétiques ne compte qu'un millier de noms quand celui de la Grande-Bretagne en totalise plus de soixante mille. »

Lutte contre la prostitution, les squatteurs, la mendicité agressive, les violences anti-institutionnelles, élargissement des fichiers utiles à la justice : Nicolas Sarkozy veut aller jusqu'au bout de son projet de loi. Et le ministre de conclure : « Les droits de l'homme ne sauraient être opposés au besoin légitime de sécurité et encore moins au bon sens. »
lefigaro.fr, Delphine Moreau et Jean-Marc Leclerc, [22 octobre 2002]

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Contre-feu à gauche contre le projet Sarkozy
Appel unitaire d'une trentaine d'associations opposées au projet de loi sur la securité.

Nicolas Sarkozy est passé maître dans l'art de s'approprier les mots de ceux qui combattent ses projets sécuritaires. Coïncidence ou habile calcul de calendrier, il a répété hier à Evreux (Eure) que son texte donne la priorité à «la France des oubliés ; ceux qui ont le travail le plus pénible, ceux qui ont la durée de trajet la plus longue, ceux qui habitent dans des appartements les moins confortables», au moment même où une trentaine de partis, de syndicats et d'associations de gauche lançaient à Paris un appel unitaire contre un projet qualifié de «guerre contre les pauvres». On ne peut guère faire mieux en matière de télescopage lexical à l'heure où les lignes traditionnelles du débat droite-gauche sur la sécurité sont brouillées. En appui à Sarkozy, Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, s'est fendu hier d'un communiqué pour affirmer que «la gauche d'en haut n'a plus les pieds sur terre». L'ancien secrétaire d'Etat à la Ville du gouvernement Balladur a «proposé» aux partis de gauche de «venir une semaine en Seine-Saint-Denis en quittant la rue de Solférino, afin de comprendre que les mesures présentées par Nicolas Sarkozy répondent à une situation d'insécurité dont les pauvres sont les premières victimes».

Stigmatisation.
Parmi les signataires de l'appel à gauche figurent Attac, la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement de lutte contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), le Syndicat des avocats de France (Saf), le Syndicat de la magistrature (SM), le Parti communiste, les Verts et le Parti socialiste qui a longuement tergiversé avant d'apposer sa signature (Libération des 19 et 20 octobre) au bas du texte. «Ce qui nous a réunis, c'est que, depuis vingt-cinq ans, nous n'avions pas vu un tel projet qui vise à la criminalisation de pans entiers de la société, a expliqué hier Michel Tubiana, président de la LDH. Ce texte nous inquiète d'autant plus qu'il conduit à baisser les bras dans la lutte contre la pauvreté.» Selon le président de la LDH, «on a remplacé les fortifs et les apaches de la fin du XIXe siècle par le périphérique et les banlieues» dans la stigmatisation de la pauvreté. «C'est un texte de renoncement à refaire du tissu social», a dit encore le président du Syndicat des avocats de France.

A deux jours de la présentation du projet Sarkozy en Conseil des ministres, les signataires ont accusé hier le gouvernement de mentir aux Français : «Ce texte ne concourt en rien à la sécurité intérieure mais à celle des gens d'en haut qui veulent se protéger des gens d'en bas», a conclu Tubiana. Pour Ulrich Schalchli, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, les moyens mis en oeuvre par le projet de loi «vont toucher tout le monde», à travers la fouille des véhicules ou l'extension du contenu des fichiers de police. «Ce gouvernement s'apprête à ficher toute personne qui aura été soupçonnée, a-t-il affirmé. A terme, avec la politique de "tolérance zéro", quinze millions de personnes seront fichées.»

Travail pédagogique.
L'appel lancé hier vise à «mobiliser les militants» de manière à ce qu'ils «multiplient les initiatives locales», selon Michel Tubiana. De son côté, le secrétaire général du Mrap, Mouloud Aounit, a insisté sur la mise en oeuvre d'un travail pédagogique sur la loi Sarkozy. «Nous envisageons une sorte de vade-mecum qui va décortiquer le texte et le traduire concrètement avec une tournée au plus près du terrain.» Une mission de grenadier-voltigeur face à l'artillerie déployée par Nicolas Sarkozy sur le terrain de la sécurité.
Libération, Par Jacky DURAND, mardi 22 octobre 2002

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« Cher Jean-Pierre, cher Nicolas »
De compliments en accolades, Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin ont passé la journée (du 10 novembre 2002) à se prouver leur « réelle amitié ».

QUAND un Premier ministre et un ministre de l'Intérieur inaugurent ensemble une gendarmerie, qui coupe le cordon ? Hier à Chasseneuil-du-Poitou, en apothéose d'une journée très « amicalement vôtre », Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy ont trouvé la solution : Jean-Pierre tient le cordon, pendant que Nicolas joue des ciseaux. Et à les voir toute la journée se décerner des compliments, on se dit que les deux font vraiment la paire.
C'est Sarkozy qui commence. Le ministre de l'Intérieur ouvre en Poitou-Charentes, la région du Premier ministre, les assises de la démocratie locale par une déclaration à son « cher Jean-Pierre ». « Dans ce combat de la décentralisation, je serai à tes côtés, comme je le suis tous les jours depuis six mois. C'est l'occasion pour moi de te dire que mon soutien à ta politique et à ta personne est fait de conviction, de loyauté et, si tu le permets, d'une bien réelle amitié », affirme Sarkozy devant 1 500 personnes.
Dans la salle, « cher Jean-Pierre » en rosit de plaisir. Un peu après, il renvoie le compliment à son « cher Nicolas » : « J'ai apprécié sincèrement, authentiquement ton intervention. Comme j'apprécie au quotidien l'action que tu mènes dans le pays pour faire en sorte que l'autorité républicaine retrouve du sens, que la République puisse assurer cette première des libertés qu'est la sécurité. » Et Raffarin d'insister encore sur « l'équilibre entre fermeté et humanité » dans la politique de Sarkozy.

« Il n'y aura pas une fâcherie entre lui et moi »

Au déjeuner, le numéro de duettistes continue. A tour de rôle, les deux hommes font le tour des journalistes pour dire tout le bien qu'ils pensent l'un de l'autre. Les phrases sont tellement identiques qu'on ne peut s'empêcher de songer à un coup monté.
Dans la préparation du projet de décentralisation, « nous avons toujours été sur la même ligne », expliquent-ils l'un comme l'autre. « On se découvre, dans le travail quotidien, avec des positions assez voisines », renchérit Raffarin, qui glisse au passage que, maintenant que la décentralisation est lancée, il va - preuve de sa confiance - laisser faire son ministre de l'Intérieur pour se consacrer, lui, au dossier des retraites. Sarkozy, lui, énumère les sujets sur lesquels il est « sur la même longueur d'onde » que Raffarin : la double peine, la Corse. « En six mois, dit-il, il n'y a pas un cas de désaccord avec lui sur les sujets qui sont les miens. »
Et, pour couper court aux spéculations de ceux qui le décrivent comme un Premier ministre bis, Sarko lance, spontanément : « Il n'y a qu'un Premier ministre. Pas deux. » Et de lancer : « L'équilibre du gouvernement ne souffrirait pas une brouille, une fâcherie entre Raffarin et moi. » Une mise en garde ?
Myriam Lévy, Le Parisien , dimanche 10 novembre 2002, page

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(17 novembre 2002) Les Sarko s'imposent

ALAIN JUPPÉ avait décidé de ne pas lui donner la parole. Cela n'a pas empêché Nicolas Sarkozy, fidèle à sa réputation, de faire parler de lui, et de profiter de sa popularité auprès des militants du parti chiraquien. Au point de frôler l'incident avec la nouvelle équipe dirigeante de l'UMP. Quand le ministre de l'Intérieur débarque en fin de matinée au parc des expositions du Bourget, il a bien l'intention de faire une entrée de star. Ses officiers de sécurité sont sur les dents. Tout le monde se presse déjà autour lui. Mais il file voter. « Je vote Alain Juppé », annonce fièrement celui qui passe pour être son plus grand rival dans la perspective des échéances électorales de 2007. « Aujourd'hui, le meilleur pour présider le mouvement, c'est Alain », ajoute-t-il.
Ça tombe bien, voilà le maire de Bordeaux qui vient accueillir son « ami Nicolas ». Les deux hommes font leur entrée dans le grand hall. Les troupes de Sarko crient « Nicolas ! Nicolas ! » tandis que la salle lui réserve un accueil enthousiaste. Mais ses proches, eux, ne décolèrent pas contre les organisateurs : « Ils nous ont empêchés de faire le tour de la salle et n'ont pas voulu qu'une caméra suive Nicolas. »

« Je me suis assis là ou Alain m'a dit »

Décidé à jouer des coudes, le ministre de l'Intérieur bouscule le protocole. Il s'installe au premier rang alors qu'une chaise lui est réservée au deuxième. Son épouse, Cécilia, s'assoit également au premier rang, à côté de... Jean-Pierre Raffarin, alors que les épouses de ministre ont droit à des fauteuils dans les travées suivantes. Du coup, la discrète Anne-Marie Raffarin est reléguée bien loin. Résultat : on ne voit que les Sarkozy. Alain et Isabelle Juppé enragent. Les conseillers de Raffarin apprécient modérément le « coup ». Fait-on remarquer à « Nicolas » que sa place est au second rang ? Il réplique : « Le second ? Mais c'est déjà trop pour moi. Je me suis assis là où Alain m'a dit de me mettre. »

A l'heure du déjeuner, Sarkozy avale rapidement son plat de pâtes partagé en compagnie de Raffarin, Juppé, Douste et Madelin. Puis, il rejoint la table des... journalistes. « L'UMP, c'est une bonne idée. Je crois à la pérennité de l'union car c'est l'intérêt de tous », dit-il. Veut-il la présidence de l'UMP en 2004, comme le dit la rumeur ? « 2004 n'est pas un obstacle à vue humaine. Je dois d'abord résoudre tous les problèmes que j'ai aujourd'hui à la place qui est la mienne. »

Conséquence de l'agacement qu'il a provoqué le matin, Sarko doit se contenter l'après-midi d'un anonyme siège entre le sénateur Henri de Raincourt et la ministre de l'Industrie, Nicole Fontaine. C'est de là qu'il écoutera l'interminable discours de Juppé. Dans la voiture qui le ramène au ministère, il lâche : « Cette fois, Alain ne pourra pas dire que je lui ai volé la vedette. »
Bruno Jeudy, Le Parisien , lundi 18 novembre 2002, page 5

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(30 novembre 2002) Sarkozy peint le portrait de Juppé au couteau
Il s'en est violemment pris au président de l'UMP devant les élus parisiens censés fêter... leur nouvelle union.

Entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, c'est donc coup pour coup. Samedi, le ministre de l'Intérieur a profité d'une rencontre avec les élus UMP de Paris, à laquelle participait aussi Jean-Pierre Raffarin, pour décocher une violente attaque contre le nouveau président du grand parti de droite. Sans jamais citer le nom de son rival, Nicolas Sarkozy a égrené un chapelet de formules à double sens qui le visaient directement. Les élus de la capitale, qui tenaient depuis vendredi un séminaire de formation pour afficher leur union retrouvée après trois années d'étripage collectif, ont fait un triomphe au ministre de l'Intérieur. Comme s'ils n'avaient pas vraiment perçu que derrière chacun de ses conseils pour réussir l'union, le locataire de la Place Beauvau se livrait en fait à un cinglant réquisitoire contre Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy l'accuse d'avoir multiplié les mauvaises manières à son endroit ces derniers temps, et notamment d'avoir écarté, mardi dernier, l'un de ses fidèles, le député européen Brice Hortefeux, de l'équipe dirigeante de l'UMP.

Portrait.

Pour bien signifier son mécontentement, Nicolas Sarkozy a frôlé le dérapage : «Il n'y a que les faibles qui se referment et qui se privent des compétences des autres. Aucune ambition ne sera satisfaite sur la division et sur la fermeture», a-il lancé à son auditoire en dressant en creux le portrait du président de l'UMP. Puis, tout en s'élevant «contre l'esprit de sectarisme», il a affirmé que «les ambitions ne sont possibles que sur (la base) du rassemblement, de l'union et de l'ouverture». «Moi comme les autres, je peux avoir des réactions épidermiques», a-t-il ajouté avant de préciser qu'il ne peut y avoir de victoire «ni maintenant, ni demain, ni jamais, si nous ne sommes pas capables de nous additionner». Et pour fermer le ban, il a asséné que «les Français ne peuvent pas faire confiance à des hommes et à des femmes qui n'ont pas cet esprit de rassemblement». A peine son discours achevé, il en a remis une louche, en marge de la réunion, en affirmant n'être «ni sourd, ni aveugle». Et de jurer que, lui, apporterait son «écot à l'union pour plusieurs personnes à la fois s'il le faut».

Déclaration de guerre.

Depuis quinze jours, les relations entre Sarkozy et Juppé se sont considérablement dégradées. Lors du congrès fondateur de l'UMP, le 17 novembre, le premier a eu le sentiment d'être maltraité par le second. D'autant plus que la veille de cette réunion, l'ancien Premier ministre avait affirmé dans un entretien au Parisien «n'avoir (lui) jamais divisé (son) camp». Très remonté, Sarkozy avait peu goûté l'accueil qui lui avait été réservé par les organisateurs du congrès, estimant que la sono avait été poussée au maximum pour couvrir les applaudissements de la salle lors de son arrivée. Enfin, le ministre de l'Intérieur a pris comme une déclaration de guerre la décision du maire de Bordeaux de se priver des services de Brice Hortefeux à la tête de l'UMP. Dès lors, il n'avait qu'une envie : répliquer à Juppé qui, ces temps-ci, s'amuse à tester les nerfs du ministre de l'Intérieur.

Passé ce défoulement, Nicolas Sarkozy a cherché à soigner sa popularité auprès d'une centaine d'élus parisiens qui n'en finissent pas d'agiter le chiffon rouge de «l'insécurité dans la capitale». Le ministre de l'Intérieur leur a donc vendu son bilan («1 000 policiers de plus remis sur le terrain à Paris depuis mon arrivée»), ses formules chocs pour se faire applaudir («Les policiers ne sont pas faits pour remplir de la paperasse, mais pour arrêter les voyous») et a multiplié les annonces («Je vais vous mettre 400 policiers de plus dans la police des transports», «Les gardes républicains seront désormais présents au Champ-de-Mars et aux Buttes-Chaumont»).

Arrivé alors que son ministre de l'Intérieur était déjà reparti, Jean-Pierre Raffarin en a profité pour jouer les rassembleurs. Pour lui, la querelle Juppé-Sarkozy est tout bénéfice. Non seulement les deux hommes forts de sa majorité se neutralisent, mais en plus ils esquintent jour après jour leur image. Le Premier ministre, qui observe le tandem se déchirer avec gourmandise, a eu beau jeu de prendre de la hauteur. «On ne travaille pas les uns contre les autres», a-t-il souligné avant d'appeler les élus «à ne pas jouer en solo». Et comme il le fait désormais de tribunes en tribunes, Raffarin a affirmé son autorité sur la majorité et plaidé pour son modèle politique, «l'humanisme social et républicain».

Suggestions.

Les dégâts causés par l'affrontement Sarkozy-Juppé sont tels que la ministre de la Défense, Michelle Alliot-Marie, a réitéré hier, dans le Journal du dimanche, une de ses suggestions qui ne plaira à aucun des deux protagonistes : elle a proposé que «le président de l'UMP s'engage à ne pas être candidat aux élections présidentielles». Quant aux élus UMP de la capitale qui voulaient profiter samedi de la venue de deux «stars» pour cautionner l'union qu'ils cherchent désormais à afficher à travers la mise en place d'un groupe UMP au sein du Conseil de Paris, ils en ont été pour leurs frais : la sortie de Sarkozy a éclipsé leurs bonnes intentions. Il faut se méfier des caprices des stars.
Libération, 2 décembre 2002, p. 14, Par Antoine GUIRAL, lundi 02 décembre 2002, Enghien-les-Bains envoyé spécial

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(26 avril 2003 : Contre Sarkosy qui attaque les drogues) Tollé dans les associations

Estimant que «la seule politique pénale pertinente est la recherche des trafiquants», le Syndicat de la magistrature se demande «comment la justice va pouvoir faire face à ce nouvel afflux de "dangereux délinquants"». Avant de dénoncer «un gouvernement de combat contre la jeunesse, première victime de sa politique sécuritaire.» Un argument repris par le Collectif d'information et de recherche cannabiques (Circ). «Les mesures proposées risquent d'être prises pour une dépénalisation par les politiques et l'opinion, alors qu'il s'agit du retour de la répression», regrette Jean-Pierre Galland. «La contraventionalisation est un racket organisé et une simple mesure d'affichage qui occulte la santé publique», dénonce enfin Farid Ghehioueche, coordinateur de la journée mondiale du cannabis (1).(1) Manifestation le 3 mai à 14 h 00 place de la Bastille, à Paris.
Libération, Par Arnaud AUBRON, samedi 26 avril 2003, p. 3

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(26 avril 2003 : Sarkosy attaque les drogues) Sous la décriminalisation des drogues, la répression
Selon le souhait de Sarkozy, les usagers n'iraient plus en prison mais feraient l'objet de poursuites systématiques.

Ton scooter confisqué pour un joint. Cette nouvelle sanction contre les fumeurs de cannabis, annoncée mercredi par Nicolas Sarkozy, pourrait être adoptée prochainement. Car une chose semble établie : le gouvernement va modifier la loi de 1970 sur les stupéfiants. Un groupe de travail interministériel doit se réunir le 5 mai sur la question. Et de nouvelles dispositions législatives pourraient être adoptées au plus tard à la rentrée. Des dispositions qui maintiennent l'interdit, notamment sur le cannabis, en adaptant les sanctions aux nouvelles pratiques : plus de prison pour simple usage, mais de méchantes contraventions.

Projet de loi. En s'intronisant «Monsieur drogues» du gouvernement devant la Commission d'enquête sur la politique nationale de lutte contre les drogues illicites, le ministre de l'Intérieur a fait fort. Il a volé la vedette sur le dossier à ses concurrents au sein du gouvernement (lire ci-contre). Jusqu'à éclipser l'intervention, le même jour, de son collègue Jean-François Mattei (Santé) devant la même commission. Mais au-delà des querelles de préséance, un projet politique existe. Et il est explicité pour la première fois. «Nous avons beaucoup travaillé sur ce dossier», explique-t-on au cabinet de Sarkozy, où l'on n'écarte pas la possibilité d'intégrer un volet «toxicomanie» au projet de loi sur la prévention de la délinquance qui devrait être adopté «fin juin ou début septembre». De son côté, le ministère de la Santé fait remarquer qu'il a été «logiquement» le premier à évoquer une modification de la loi et que certaines dispositions «drogues» s'incluraient très logiquement dans la prochaine loi sur la Santé publique. Au ministère de la Justice, on se montre formel : cette modification de la loi de 1970 n'est pas encore actée. A Matignon d'arbitrer. «La réforme de la loi de 70 ne peut s'élaborer qu'à l'interministériel, nous précisait hier Didier Jayle, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt). J'ai proposé que nous coordonnions ce travail au gouvernement.»

Reste que le projet Sarkozy fait l'objet d'un consensus ministériel, du moins entre l'Intérieur et la Santé. Il s'appuie sur une préoccupation commune : maintenir l'interdit et enrayer la progression de la consommation de cannabis chez les jeunes. «Notre objectif est clair : prévenir l'expérimentation chez les jeunes et tout faire pour éviter le passage à la consommation régulière chez les expérimentateurs», a rappelé Mattei. En langage sarkozien, cela donne : «Un fléau. A 16 ans la moitié des jeunes a expérimenté le cannabis et un quart fume habituellement.» Dans son état actuel, «la loi est inadaptée et doit être modifiée», martèlent à l'unisson les deux ministres.

Démodée. Quelle que soit la position idéologique adoptée, la loi de 1970 est, de l'avis de tous, totalement démodée. A l'époque ­ il y a plus de 30 ans ­, sans faire la moindre distinction entre les différents produits illicites, l'objet principal de la loi était de réprimer sévèrement l'usage de l'héroïne pour contraindre ses consommateurs à se faire soigner, et elle prévoyait une peine d'un an de prison et une grosse amende pour simple usage, quelle que soit la drogue. Des sanctions devenues «disproportionnées» pour un simple fumeur de cannabis et donc «jamais appliquées», a répété hier Nicolas Sarkozy. D'où le dispositif avancé par le ministre de l'Intérieur : chaque interpellation ­ soit 100 000 par an ­ doit donner lieu à une sanction, permettant de punir «réellement et rapidement tant les mineurs qui consomment régulièrement du cannabis ou de l'ecstasy que les usagés d'héroïne qui refusent les soins et la substitution».

L'échelle de peines ne comprendrait plus la prison pour le simple usage. Mais l'obligation d'effectuer des travaux d'intérêt général, des stages, ou le recul de l'âge pour passer le permis de conduire. Un conseiller du ministère a évoqué la confiscation du passeport (Libération du 14 mars). Sarkozy mentionnant de son côté «la confiscation temporaire du scooter». Cette disposition, permise par le code pénal, peut paraître surprenante. «C'est quand même plus intelligent de lui piquer son scooter que d'envoyer un jeune dans un centre méthadone (pour héroïnomanes, ndlr) parler de sa consommation de cannabis», commentait vendredi un proche du dossier.

«Supprimer la prison pour usage est un progrès, a réagi Anne Coppel, sociologue spécialiste des drogues. Reste que la loi et l'interdit ne protègent pas contre l'usage. Seule la prévention a un effet. Or elle est quasi inexistante.».
Libération, Par Matthieu ECOIFFIER, samedi 26 avril 2003, p. 2-3

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Perben contredit Sarkozy

Piqué au vif, le ministre de la Justice Dominique Perben a déclaré vendredi (25 avril 2003) que rien n'était encore décidé sur le dossier des drogues. Nicolas Sarkozy avait expliqué la veille un futur changement de la loi de 1970 sur l'usage des drogues. Le dossier est en chantier, a expliqué Dominique Perben, "je ne sais pas ce qu'a voulu dire le ministre de l'Intérieur".
rtl.fr, info, 25/4/2003

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(12 mai 2003) Projets Sarkozy, atteintes à la justice
Avec l'idée de tenir des audiences dans les ports et aéroports, le ministre de l'Intérieur montre qu'il rêve de juges qui soient des auxiliaires de la police.

Le ministre de l'Intérieur semble vivre dans la toute-puissance. Il semble avoir décidé d'envahir et de prendre le contrôle de l'espace judiciaire sans ­ et parfois contre, c'est le cas en matière de rétention des étrangers ­ l'avis de son collègue ministre de la Justice. Sa dernière trouvaille, tenir des audiences dans les aéroports et les ports, est la négation de l'Etat de droit.

Un jour ou l'autre, à force d'annoncer urbi et orbi et aux forces de l'ordre que tout est possible, il ne les maîtrisera plus. Il va surtout mettre l'exécutif, et de fait l'Etat, en situation de rupture face à l'opinion. A force de faire des promesses qu'il veut faire tenir par les autres, il perd le sens de l'unité gouvernementale et de l'efficacité de l'Etat.

Dans l'affaire des rétentions d'étrangers, il passe les bornes du raisonnable. Son cabinet a clairement affirmé qu'il souhaite faire intervenir les juges dès le deuxième jour de la rétention en échange d'un allongement des délais, comme si l'allongement du délai maximum de rétention allait devenir le délai maximum de droit. Quelle meilleure preuve que le ministère de l'Intérieur considère la justice comme une simple auxi liaire à compétence liée ! La virulente campagne de dénigrement contre les juges des libertés que nous avons connue, au motif qu'ils ne mettaient pas systématiquement en détention provisoire les personnes arrêtées, en est la preuve.

A quoi servent alors les juges et les avocats si la décision est présupposée par le ministre de l'Intérieur ? Une audience doit se tenir en ces lieux symboliques de sérénité, de respect que sont les palais de justice. Le ministre de l'Intérieur rêve-t-il de tenir les audiences dans les commissariats ?

Une audience, qui est aussi l'occasion d'une catharsis, doit se tenir dans un lieu publiquement repéré par les citoyens sans différencier entre les types d'affaires. Tous les justiciables, quelles que soient leurs origines et leur condition, doivent pouvoir se retrouver en audience publique dans un lieu de justice républicaine. Or, la zone contrôlée par la police de l'air et des frontières dans les ports et aéroports n'est ni plus ni moins qu'un grand commissariat, en aucun cas un lieu neutre et paisible.

Apparemment, le ministre de la Justice a, lors de l'arbitrage interministériel, tenté de s'opposer sans succès aux dérives du ministre de l'Intérieur sur ce point. C'est donc sous pression et sans publicité réelle que le ministre de l'Intérieur souhaite faire juger un contentieux des plus sensibles. C'est sous pression que les juges et avocats «spécialisés» dans la rétention seront amenés à travailler : a-t-on, en France, besoin de juridictions spéciales ?

Déjà, vouloir faire statuer les juridictions d'application des peines dans les prisons était un recul de l'Etat républicain. Ce projet tend à considérer le recours à une juridiction comme une «charge indue», selon l'expression utilisée au sein du ministère de l'Intérieur pour qualifier les présentations des justiciables à l'audience.

Quand, de plus, dans son projet, le ministre souhaite que l'appel soit jugé immédiatement et sans délai, cela signifie qu'il est prêt à faire juger les dossiers d'étrangers à 2 ou 3 heures du matin : encore un moyen, sans doute, d'assurer la publicité des audiences, la qualité des débats et la transparence des procédures.

Le ministre de l'Intérieur n'a qu'une idée en tête : éviter que les policiers escortent les étrangers dans les tribunaux. C'est une fausse économie : ce que l'Etat gagnera en personnel au niveau policier, il le perdra au niveau judiciaire.

Le ministre de l'Intérieur ne peut être dans une logique du «je fais arrêter des personnes, c'est bon pour mes statistiques d'efficacité, la suite ne m'intéresse pas».

Arrêter des personnes qui ne pourront pas être jugées, ne pas avoir les moyens d'exécuter les décisions prononcées et remplir des prisons surchargées, tout cela pose des problèmes dont le ministre de l'Intérieur ne peut se désintéresser et dont il est comptable au titre de la solidarité gouvernementale.

Il serait temps que le ministre de l'Intérieur arrête de jouer en solo au sein du gouvernement dans le domaine judiciaire. Il envoie l'Etat dans le mur de l'impuissance au seul motif d'afficher à tout prix qu'il est immédiatement actif.

Il est plus que temps que le Premier ministre rappelle à chacun sa place dans la chaîne pé nale et qu'un plus juste équilibre s'instaure entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice.
Libération, Par Dominique BARELLA, lundi 12 mai 2003, p. 7
Dominique Barella est président de l'Union syndicale des magistrats (USM).

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(16 mai 2003) Le ministre de l'Intérieur répond à Dominique Barella à propos de la salle d'audience de Roissy : Le juge doit appliquer la loi

Sous le titre «Projets Sarkozy, atteintes à la justice» Dominique Barella, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), critiquait dans les pages «Rebonds» (édition de «Libération» du lundi 12 mai 2003) la volonté du ministre de l'Intérieur «d'envahir et de prendre le contrôle de l'espace judiciaire». Le magistrat estimait notamment que Nicolas Sarkozy passait «les bornes du raisonnable» dans l'affaire de la rétention des étrangers. Il en voulait pour preuve le raccourcissement des délais de comparution des personnes en situation irrégulière et la tenue d'audiences judiciaires, les concernant, dans les zones contrôlées par la police dans les ports et les aéroports. Ce qui amènerait à faire travailler «sous pression» juges et avocats spécialisés dans des «juridictions d'exception».

Nicolas Sarkozy a tenu à lui répondre dans un texte que nous publions ci-dessous.

Dans une tribune marquée d'inexactitudes, le président de l'Union syndicale des magistrats, Dominique Barella, a cru pouvoir illustrer mes rêves de toute-puissance par la question de la salle d'audience de l'aéroport de Roissy. Lui répondre me donne l'occasion d'exposer ce problème vieux de dix ans. Je l'en remercie bien vivement.

La loi française prévoit que les étrangers qui se présentent sans passeport ou sans visa dans les ports et les aéroports français peuvent être refoulés par la police aux frontières et reconduits dans leur pays d'origine. De telles dispositions, qui sont l'expression la plus naturelle de la souveraineté des Etats, existent dans tous les pays du monde. Une convention internationale fait même obligation aux compagnies aériennes, coupables d'avoir mal contrôlé les documents de voyage avant l'embarquement, de prendre en charge gratuitement le trajet de retour.

Il se peut toutefois que la reconduite de l'étranger qui a tenté de pénétrer illégalement sur le territoire ne soit pas immédiatement possible. Il se peut également que celui-ci veuille déposer une demande d'asile. Dans ces deux hypothèses, la loi prévoit que l'étranger est maintenu dans une zone de transit pendant une durée maximale de quatre jours. Ce délai peut être prolongé par le juge des libertés et de la détention pour une durée de huit jours renouvelable une fois. Le rôle du juge est de vérifier que la personne a été informée de ses droits, que ceux-ci ont été respectés et que l'administration met tout en oeuvre pour examiner la demande d'asile ou pour reconduire l'étranger dans son pays d'origine sans le faire attendre inutilement dans la zone de transit. Tous nos partenaires européens ont des procédures semblables, bien que leurs délais de rétention soient beaucoup plus longs.

En France, 95 % des étrangers concernés par ces procédures arrivent à l'aéroport de Roissy. Cette plate-forme aéroportuaire concentre tous les enjeux. Elle fait l'objet d'une pression croissante de la part des filières d'immigration clandestine. En 2002, 12 000 personnes ont été déférées au juge contre 3 000 en 1998.

Par une loi du 6 juillet 1992, le législateur français a prévu que, pour ce type d'affaires, les audiences se tiendraient dans une salle spécialement aménagée à proximité de la zone de transit. Contrairement à ce qu'affirme Dominique Barella, il ne s'agit nullement de ma «dernière trouvaille», mais d'un choix effectué par le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Depuis cette date, la salle d'audience de Roissy a été construite. Sa conception est conforme à tous les principes de notre droit. Le public peut assister aux audiences et les avocats assurer la défense des étrangers concernés. La solennité des procédures juridictionnelles est garantie.

Bien que l'aménagement de la salle ait coûté 450 000 euros au budget de l'Etat, elle demeure inutilisée car certains syndicats, qui n'ont même pas visité la salle, refusent que des magistrats y siègent. Ils font pression sur le ministère de la Justice pour que le décret qui doit formellement en consacrer l'existence ne soit pas pris.

Mon projet de loi n'entend pas prendre le contrôle de l'espace judiciaire. Dans la plus grande transparence démocratique, il se contente de demander au législateur s'il trouve normal que sa volonté soit méconnue depuis plus de dix ans. Si tel n'est pas le cas, le Parlement confirmera le principe d'une salle d'audience à Roissy et donnera au gouvernement les moyens juridiques d'en assurer le fonctionnement.

Pour l'efficacité de notre action, les avantages de la salle d'audience de Roissy sont évidents. Plutôt que de déplacer au tribunal de grande instance de Bobigny une quarantaine de personnes par jour, avec l'escorte nécessaire, mieux vaut déplacer les juges. Chaque jour, nous mobilisons trente fonctionnaires de police uniquement pour cette tâche. Comment soutenir que ces fonctionnaires ne seraient pas mieux employés à lutter contre la délinquance dans le département de la Seine-Saint-Denis ou à démasquer les passeurs qui agissent dans la zone internationale de l'aéroport de Roissy, comme le fait l'Allemagne à l'aéroport de Francfort avec une brigade spécialisée de cent policiers en civil ?

Mais les avantages de la salle d'audience de Roissy concernent les étrangers eux-mêmes. Actuellement, pour pouvoir tenir les audiences au siège du tribunal de grande instance, les étrangers de la zone de transit sont réveillés à cinq heures du matin et transportés avec leurs bagages à Bobigny où ils attendent, jusque tard dans l'après-midi et dans une pièce exiguë, le résultat de l'audience avant d'être ramenés à Roissy. L'utilisation de la salle d'audience construite à proximité de la zone de transit permettrait d'y déférer les personnes les unes après les autres et améliorerait très nettement les conditions humaines de leur déroulement.

Pour contrer ces arguments pratiques incontestables, Dominique Barella se prévaut de postulats non seulement éloignés du pragmatisme dont nos concitoyens voudraient ardemment voir se vêtir l'action publique, mais surtout dépourvus de fondement.

La salle d'audience de Roissy est parfaitement adaptée au principe de publicité des audiences judiciaires : elle ne se situe pas en zone internationale, les portes en sont ouvertes, son accès est libre et son emplacement sera indiqué sur tous les panneaux d'accès à l'aéroport. La plate-forme de Roissy est d'ailleurs une véritable ville à elle seule. Tous ceux qui voudront assister à ces audiences le pourront.

Quant à écrire que la justice sera sous pression et moins indépendante parce qu'elle statuera dans une salle qui se situe à proximité d'un local de police, c'est tout simplement faire insulte à la magistrature. L'indépendance procède, et c'est heureux, de l'éthique individuelle de chaque magistrat et il n'y est nullement porté atteinte.

A vrai dire, ce qui semble agacer Dominique Barella n'est pas le fait de siéger dans un tribunal situé à Roissy, mais d'y être contraint par le législateur. Je ne rêve pas de juges qui soient des auxiliaires de police. Mais je crois à des juges qui garantissent la protection des libertés individuelles, comme le prévoit la Constitution, mais se souviennent qu'ils n'ont d'autre légitimité que celle d'appliquer la loi.
Libération, Par Nicolas SARKOSY, vendredi 16 mai 2003, p. 10
Nicolas Sarkozy est ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales.

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(juillet 2003, SMS) La "conductrice au sms" libérée

Le juge des libertés a ordonné la remise en liberté de la conductrice suisse qui a provoqué la mort de deux CRS. Enceinte d'un troisième enfant, la jeune femme est sous curatelle.

Le juge des Libertés de Thonon-les-Bains a statué favorablement ce matin à une demande de remise en liberté de l'automobiliste suisse qui a percuté et tué deux CRS début juin en voulant envoyer un "sms" à 170 km/h. L'avocat de l'automobiliste, Me Thierry Chateau, avait expliqué au juge que sa cliente, détenue à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), "est enceinte de cinq mois, présente une grossesse à risques et ses enfants âgés respectivement de 1 an et de deux ans ont besoin de voir leur mère".

Me Chateau a également affirmé que sa cliente était sous curatelle car elle ne possède pas un "entier discernement" pour certains aspects de la vie ; elle a en revanche parfaitement le droit de conduire. Il a ajouté que cette femme partageait sa vie avec un Kosovar "dans des conditions qui ne sont pas idéales".

Un "assassinat" selon Sarkozy

Le ministre de l'Intérieur, ayant utilisé le terme d' "assassinat" pour révéler les circonstances de cet accident, Me Chateau s'est inquiété du "respect des droits de la défense et de la pression qui est mise sur le parquet".

La conductrice suivait une voiture conduite par des amis. Les ayant perdus de vue, la jeune femme a eu l'idée de leur envoyer un SMS, alors qu'elle roulait à plus de 170 km/heure. Son véhicule a alors heurté de plein fouet un véhicule de la police, qui a fait deux tonneaux, causant la mort de deux policiers. La jeune femme a eu le poignet brisé et ses enfants, assis à l'arrière du véhicule sont indemnes.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 09 juillet 2003

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(15 juillet 200") Relaxe pour la prostituée de Reims

"Maud" était poursuivie pour "racolage passif" et tombait théoriquement sous le coup de la nouvelle loi sur la prostitution.

Le 17 mars, "Maud", une prostituée occassionnelle de 43 ans, est interpellée dans une ruelle proche du commissariat de Reims. Elle est ensuite mise en examen pour "racolage passif" aux termes de la nouvelle loi sur la prostitution, dite "loi Sarkozy".

Ce mardi, elle était donc la première française jugée par un tribunal correctionnel pour ce nouveau délit -une prostitutée kosovar a déjà été condamnée à de la prison ferme à Bordeaux. A la barre, "Maud" a affirmé qu'elle marchait dans la rue, souvent arpentée par les prostituées, dans une tenue "qui n'avait rien de provoquant, jupe à peine au dessus du genoux, manteau 3/4 boutonné". Elle a assuré qu'elle vendait son corps une à deux fois par semaine pour améliorer ses revenus -elle est au RMI- et notamment "pour nourrir sa chienne".

"Humainement, il faut la dispenser de peine"

Lors de ses réquisitions, la substitut du procureur avait demandé une condamnation sans peine. Tout en affirmant que l'infraction était "constituée", elle a estimé que la loi avait pour but de lutter contre les réseaux de prostitution et que la prostituée était "indépendante". "Humainement, il faut la dispenser de peine", avait-t-elle conclu.

De son côté, l'avocat de "Maud", Me Pierre Gonzalez de Gaspard, avait bien entendu plaidé la relaxe. "On demande la condamnation de quelqu'un pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il a fait (...) le racolage ne peut être qu'un acte positif, il ne peut pas y avoir d'attitude passive dans le racolage".

Le tribunal de Reims a donc relaxé "Maud".
tf1.fr, news, Mis en ligne le 15 juillet 2003

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Nicolas Sarkozy à l'ENM de Bordeaux sur fond de manifestation
Quelques dizaines d'avocats et de magistrats ont manifesté devant l'Ecole nationale de la magistrature, à Bordeaux, pour protester contre la participation du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, à une conférence-débat. Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants ont scandé "Sarkozy partout, justice nulle part" à l'arrivée du ministre.

BORDEAUX - Nicolas Sarkozy a participé vendredi à une conférence-débat à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux, mais sa visite a provoqué une manifestation d'une soixantaine d'avocats et de magistrats dénonçant une "violation de l'indépendance de la justice".

A l'issue de cette conférence de deux heures qui s'est tenue à huis clos dans l'amphithéâtre de l'école, le ministre de l'Intérieur a assuré que l'ambiance avait été "excellente" et que les étudiants avaient "même voulu applaudir à la fin".

Syndicat de la magistrature (SM, gauche), l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le Syndicat des avocats de France (SAF), l'Union des jeunes avocats (UJA) et la Ligue des droits de l'homme (LDH) avaient appelé à manifester contre sa venue.

Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants ont scandé "Sarkozy partout, justice nulle part" à l'arrivée du ministre.

"C'est un acte symbolique qui vise à faire rentrer dans l'opinion publique, de façon insidieuse, que les magistrats ne doivent pas être indépendants dans leur tête", a déclaré lors d'un point de presse Me Raymond Blet, du SAF.

Evelyne Sire-Marin, présidente nationale du Syndicat de la magistrature, a dénoncé "un grand empiétement sur la séparation des pouvoirs".

"Que des juges et des avocats soient entourés par des CRS sans pouvoir approcher de l'ENM montre que l'ENM est une terre conquise pour le ministre de l'Intérieur", a-t-elle dit.

Même l'USM, habituellement modérée, s'en est inquiétée par la voix de son représentant régional Jean-Bernard Rouch. "Que des magistrats ne puissent pas accéder à l'école qui les a formés, c'est un peu inquiétant", a-t-il dit.

"EXPLOITATION POLITIQUE"

Nicolas Sarkozy a pour sa part dénoncé "une exploitation politique de petits groupes politiques dont on ne parle pas souvent et qui ont voulu se faire un peu de publicité".

"L'idée qu'un ministre de la République puisse ne pas répondre à l'invitation d'une grande école de la République, c'est une idée que personne ne peut comprendre", a-t-il lancé.

"De la même façon qu'il est tout à fait normal que le ministre de la Justice rencontre les élèves commissaires de police, que le ministre de l'Intérieur rencontre les élèves magistrats dans un dialogue libre, sans concession et sans agressivité inutile est un bel exercice de démocratie", a-t-il ajouté.

"Policiers, gendarmes, magistrats font partie de la même chaîne pénale. Pour autant, chacun à son travail qui n'est pas de même nature, mais nous devons mieux nous comprendre, davantage dialoguer entre nous pour être plus efficaces. Tout le reste, c'est de la petite polémique", a estimé le ministre.

Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu au commissariat central de Bordeaux pour féliciter les policiers qui ont participé aux récentes arrestations de dirigeants présumés de l'organisation séparatiste basque ETA, ainsi que ceux du Groupement d'intervention régional (GIR) qui vient de mettre fin aux agissements d'un réseau de trafiquants de cartes bleues à Bordeaux.

Nicolas Sarkozy était ensuite attendu à Saint-Emilion par les maires de la circonscription, à l'invitation du député UMP Jean-Paul Garraud, auteur d'un amendement sur l'interruption involontaire de grossesse à l'origine d'une vaste polémique.
liberation.fr, 12 décembre 15:57:52

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La plus haute autorité de l'islam sunnite donne raison au ministre sur le voile.
Chèque en blanc pour Sarkozy à la mosquée d'Al Azhar

Al Azhar fait bien les choses. Nicolas Sarkozy n'a pas boudé sa joie, hier au Caire, au sortir d'une rencontre avec Mohamed Sayed Tantawi, cheikh de la prestigieuse mosquée Al Azhar. Principale autorité de l'islam sunnite, l'imam a donné sa caution au ministre de l'Intérieur en lui expliquant que «le voile est une obligation divine», mais si la femme musulmane «vit dans un pays non musulman, comme la France, dont les responsables veulent adopter des lois opposées au voile, c'est leur droit et je ne peux pas m'y opposer». Versets à l'appui, le cheikh a absous les écolières françaises contraintes d'ôter leur foulard dans les établissements publics. «Celui qui se trouve obligé n'est pas un pécheur, Dieu lui pardonne», a conclu Mohamed Tantawi.

Annoncé comme une simple visite de courtoisie par les responsables français qui s'agaçaient de l'intérêt porté à cette rencontre «décidée bien avant l'affaire du voile», l'entretien a donc tourné à la bénédiction. Un adoubement dont Sarkozy va pouvoir se prévaloir dans le débat sur la laïcité, ainsi que pour courtiser les voix des musulmans de France dans l'optique d'une course à l'Elysée. Pour le ministre, qui a prononcé un vibrant plaidoyer pour la laïcité française, garante du respect des religions, la déclaration de cheikh Tantawi est «une confirmation de la position française» et «une prise de position de nature à apaiser les tensions». «L'obligation religieuse de porter le voile n'existe pas dans les pays non musulmans, et celui qui l'a dit fait référence dans le monde musulman», a répété Sarkozy en se félicitant des propos «sans ambiguïté» du cheikh d'Al Azhar.

Le ministre n'ignorait pas qu'il relevait un pari risqué en se rendant à Al Azhar. Son prédécesseur, Jean-Pierre Chevènement, a en effet lourdement regretté d'avoir effectué la même démarche en 1998. Tantawi lui avait affirmé que bien que le voile soit un élément fondamental de l'islam, «toute personne dans tout pays doit se plier aux lois de ce pays ou le quitter». Ravi de ce blanc-seing, Chevènement avait rapidement déchanté. Sous la pression d'associations françaises proches des Frères musulmans, Al Azhar avait par la suite démenti les propos de Tantawi, affirmant que celui-ci avait évoqué le niqab (voile intégral), et non le foulard. «Le cheikh a dit que si le visage et les mains étaient découverts, ce n'était pas un problème», avait explicité son porte-parole.

Mais face à Nicolas Sarkozy, et en présence des télévisions arabes, Mohamed Tantawi s'est, cette fois, montré clair. Nommé à son poste par l'Etat égyptien, c'est pourtant un expert dans l'art de naviguer entre deux eaux. Hier, sa déclaration provoquait déjà le mécontentement de certains oulémas d'Al Azhar, qui estimaient ne pas avoir été consultés sur la question. La légitimité de cheikh Tantawi est en effet loin de faire l'unanimité. Surnommé «Sayed OK» (Monsieur OK), Mohamed Tantawi «se contente de répéter ce que le président Moubarak veut qu'il dise», explique un Egyptien. Choqués par les déclarations du grand imam d'Al Azhar, certains journalistes égyptiens ont ainsi jeté à Sarkozy : «L'imam se trompe, le voile est obligatoire dans le Coran.» Ces derniers jours, des articles de la presse arabe ont aussi accusé la France de «racisme» et de «persécution», contraignant l'ambassade de France au Caire à publier dans le quotidien Al Ahram une mise au point sur les principes de laïcité. L'imprimatur de Tantawi est donc un beau cadeau de Noël pour Nicolas Sarkozy. Mais il n'a pas fini de provoquer des remous dans le monde musulman.
Libération, Par Claude GUIBAL, mercredi 31 décembre 2003, p. 8

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Ennemi de l'Intérieur

Dominique Barella, 47 ans, président de l'Union syndicale des magistrats. Pas laxiste, il abhorre le tout-répressif façon Sarkozy et les primes au rendement sauce Perben.

Dominique Barella en 7 dates
Mai 1956 Naissance à Château- du-Loir (Sarthe).
1982 Entre à l'ENM.
1984 Substitut du procureur de la République.
1987 Juge au TGI de Saintes.
1994 Membre du Conseil supérieur de la magistrature.
1999 Procureur de la République près le TGI de Rochefort.
2002 Président de l'Union syndicale des magistrats.

Il s'est juste fait traiter de nanti par le maire de Neuilly-sur-Seine un soir de grande écoute à la télé. Et ça l'a fâché. Parce que c'est l'Intérieur qui se fout de la magistrature, comme l'hôpital de la charité. Sarkozy-Barella, c'est depuis un petit tandem médiatique qui fonctionne bien : le ministre de l'Intérieur déroule ses chiffres sécurisants tel un tapis rouge sous ses pas d'homme pressé, le président de l'Union syndicale des magistrats (USM) les saupoudre de ses doutes. Dominique Barella a d'ailleurs un dossier «Sarkozy» sur son bureau de permanent syndical. Il a choisi une chemise en carton rose pour l'habiller. Y a glissé les courriers qu'il fit au ministre, qui avait déclaré sur France 2 en novembre : «M. Barella n'habite pas dans un quartier où il y a des prostitués ou des proxénètes en bas de son immeuble parce que s'il y habitait, il saurait que c'est l'enfer.» L'intéressé a demandé par écrit à consulter sa fiche des Renseignements généraux, vu que son immeuble n'a visiblement aucun secret pour le tout-puissant ministre. L'Intérieur l'a renvoyé vers la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). Barella l'a saisie. Tandis qu'à la Justice, Dominique Perben lançait la prime au rendement pour les magistrats dits efficaces. Y a de l'ambiance.

Mais Dominique Barella a un problème. Il est à la tête d'un syndicat majoritaire et modéré qui revendique des moyens pour la justice, mais se garde bien de s'aventurer en politique. Il avait un jour demandé aux vingt-six membres du conseil national de l'USM ce qu'ils avaient voté au premier tour de l'élection présidentielle. Il y avait de tout, à gauche comme à droite. «Ce qui gêne Sarkozy, c'est que nous, on est des technos», dit-il. Mais ce qui gêne Dominique Barella, qui affiche sa «religion du doute», bride une sensibilité de gauche, balaie d'un éclat de rire ses prétendues candidatures sur des listes socialistes («ces rumeurs, ce sont les conseillers de Sarko qui les font courir pour affaiblir le bureau de l'USM»), alterne mots prudents et mordants... c'est qu'il se laisserait volontiers, cette fois, aller à la contestation politique.

Ce procureur devenu permanent syndical n'est pas du genre notable compassé. Il n'a rien d'un homme drapé dans sa robe comme dans un autre monde. «Les magistrats évoluent. Ils sont conscients qu'il faut être de plus en plus dans la vie. Barella incarne cette mutation», explique Marylise Lebranchu, ex-ministre de la Justice. Difficile d'être mutant et représentant.

Il a poussé dans la terre rurale du Perche, un village où tout le monde connaissait la librairie-papeterie de ses parents. Il a le souvenir d'un grand-père, poilu de 1914-1918, qui commença saute-ruisseau pour finir notaire et très gaulliste. Celui d'une grand-mère maternelle, veuve si jeune d'un tailleur de pierres qu'elle dut travailler à l'usine puis comme garde-barrière des chemins de fer. Laissant à sa descendance le «joli souvenir» de jeux multiples dans la cahute au bord des rails.

A 20 ans, après un bac C et une prépa d'ingénieur, il a envie de travailler. Il est maître auxiliaire de maths dans un lycée de la Beauce. Puis animateur et directeur de centres de vacances pour adolescents pas forcément turbulents. Il encadre des colos sur trois semaines, à dominante montagne ou canoë : «Il y avait une première semaine de mise à niveau, puis, pendant quinze jours, on mettait les tentes sur les canoës, une estafette suivait avec le matériel. Toute une ambiance.» Un temps, il a pensé vivre ainsi, travaillant tantôt pour la mairie d'Aubervilliers ou le centre d'action sociale du ministère des Finances. Mais l'entourage le repousse vers les études. Il fait sa maîtrise de droit, entre au CFPA (centre de formation des avocats) de Clermont-Ferrand pour finalement, après quelques hésitations, rejoindre l'ENM (Ecole nationale de la magistrature), dont il a réussi le concours. C'est le chemin des écoliers qui l'a mené jusqu'à la magistrature.

En 1982, il sort de l'ENM moins cravaté que la normale. Il lit le Canard enchaîné, Libé, le Monde (il tient à cet ordre-là), a voté Mitterrand un an plus tôt. Il reste chez le jeune magistrat les gestes jamais cérémonieux du directeur de colo et quelques douces utopies glanées au fil des années 70. «Ma génération a connu la deuxième vague de 68. On n'en a pas été les acteurs, mais des petits citoyens en formation qui en ont perçu les effets. Lorsque Edgar Faure a créé les délégués de classe, j'étais en quatrième, je me suis présenté, j'ai été élu.»

Il commença comme substitut du procureur de la République à Bonneville (Haute-Savoie). Se souvient encore de ce Polonais qui, avec sa femme, voulait monter au mont Blanc avec un enfant de 2 ans. Il prit une ordonnance de placement, envoya les gendarmes au refuge chercher l'enfant. Et se fit traiter de «Jaruzelski» par le père. Il fut juge aux affaires matrimoniales en Charente-Maritime : «Vous statuez sur des preuves que vous n'aurez jamais. Ce qui s'est passé entre un homme et une femme, eux seuls le savent.» Puis juge au tribunal de grande instance de Saintes, puis procureur de la République. «Quelqu'un de précieux à l'audience. Tout le temps bouillonnant d'idées, qui s'investissait fortement», se souvient Patrice de Charrette, alors président du tribunal de Saintes.

Sa mémoire à lui est faite d'images insoutenables sur les lieux d'un crime, de sentiments d'impuissance à répétition, mais aussi de quelques certitudes. Il affirme: «Il est faux de dire que l'on ne peut pas faire son deuil tant que la justice n'a pas trouvé le coupable. Je ne crois pas à la transformation du bureau du juge en bureau de psychanalyse. On habille le mot vengeance par le mot deuil, c'est plus politiquement correct». Il raconte que «le jeune délinquant d'aujourd'hui fait des choses plus graves que celui d'hier», que le coefficient d'occupation des sols façon Minguettes ne justifie rien mais y est réellement pour quelque chose. Que la frustration humaine va s'amplifiant avec le «bruit de fond consommateur» et qu'il admonesterait bien, s'il en avait le pouvoir, les grandes surfaces aux alouettes. Qu'«il y a danger à dire, comme Sarkozy, et pas que lui, qu'il suffit de taper. L'abattage, la comparution immédiate, la prime au rendement, les audiences jusqu'à 23 h 30, c'est plus notre métier». Il ajoute : «On voit venir la critique. Si la délinquance ne baisse pas suffisamment, c'est la faute aux magistrats.»

Selon lui, il y a trois métiers que l'on ne peut pas faire toute sa vie : enseignant, journaliste et magistrat. «Ce sont des métiers où l'on fonctionne dans une bulle et, en même temps, trois professions avec un rôle pédagogique important, ce qui suppose de vivre d'autres choses.» Lui se donne encore deux ans de parole syndicale. Reprendra du service, mais pense aussi à se mettre au vert. Il a des enfants. Gagne 4 500 euros par mois. Aime les films de Woody Allen, les biographies, et relirait volontiers Comment fais-tu l'amour Cerise ? de René Fallet. Il a un pavillon dans les environs de Saintes. Un appartement à Paris. Le quartier indique qu'il n'y a pas tapinage sous ses fenêtres. Et alors ?
Libération, Par Judith PERRIGNON, samedi 24 janvier 2004, p.48

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Sarkozy l'Américain
En visite à Washington, le nouveau patron de Bercy a rencontré les plus hauts dignitaires américains et abordé tous les domaines : diplomatie, justice, réformes de société... Une tournée de présidentiable.

NICOLAS SARKOZY, ministre de l'Economie, n'est pas (encore) un grand amateur d'économie. Par contre, la politique, il adore. Le turbulent numéro deux du gouvernement, reçu ici en véritable présidentiable, a laissé une forte impression lors de son passage vendredi et hier à Washington.

Officiellement venu pour les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, il a rencontré à sa demande deux des plus hauts responsables américains, Colin Powell et Condoleezza Rice, afin de « dédramatiser les désaccords que nous avons pu avoir ». Lors de ses entretiens (auxquels a assisté son épouse et toute nouvelle conseillère technique à Bercy, Cécilia), il a évoqué les grands problèmes du monde : la guerre en Irak, la réduction de la dette de ce pays ou encore la question épineuse des prisonniers français de Guantanamo.

Avec les responsables de l'AJC (American Jewish Committee), une influente organisation juive, il a discuté librement de politique française vis-à-vis d'Israël, de la loi sur les signes religieux et de la lutte contre l'antisémitisme.

« Combien d'ambassadeurs noirs en France ? »
Tout cela paraît intéresser Sarkozy bien plus que les réunions des ministres de l'Economie « où le communiqué final est rédigé trois jours à l'avance » et, où, ironise-t-il, « les gens débattent sur la place des virgules ».
Même tonalité lorsqu'il explique : « Je suis devenu ministre des Finances. Ce sont des choses qui arrivent, même si elles ne sont pas voulues. » Aux journalistes lui faisant remarquer qu'il est inhabituel pour le patron de Bercy de s'aventurer hors de ses plates-bandes, il répond : « Les habitudes sont faites pour être changées. »
A l'occasion d'un discours devant des Français expatriés, Sarko endosse son costume de candidat à la présidentielle pressé de réformer la société. Ainsi vante-t-il « le formidable dynamisme et l'optimisme des Américains. Même si leur modèle n'est pas transposable en France, il faut s'inspirer de ses bons côtés. Aux Etats-Unis, on ne craint pas ceux qui réussissent, et l'on donne une seconde chance à ceux qui ont échoué. » Il redit son intérêt pour la « discrimination positive », en vantant les carrières de Colin Powell et de Condoleeza Rice.
Dès son retour à Paris, promet-il, il va « demander à ses collègues de la Défense et des Affaires étrangères : combien y a-t-il en France de généraux et de diplomates noirs ? » En privé, Sarko, qui assure être surnommé l'Américain par les médias pour son pragmatisme et son côté fonceur, confie : « Je me sens bien aux Etats-Unis. »
Thomas Cantaloube, Le Parisien, dimanche 25 avril 2004, p.
WASHINGTON, VENDREDI (23 avril 2004). Discours de Nicolas Sarkozy devant l'American Jewish Committee

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Nicolas Sarkozy à Washington en ministre d'Etat
Le nouveau responsable de Bercy ne s'est pas cantonné aux questions économiques

A Washington, vendredi 23 avril (2004), Nicolas Sarkozy était le gouvernement français à lui seul.
Toujours ministre de l'intérieur - et des cultes - devant l'American Jewish Commitee, principale organisation juive américaine, qui a offert un déjeuner en son honneur ;
ministre des affaires étrangères avec Condoleezza Rice et Colin Powell, qui l'ont reçu à sa demande ;
ministre de la justice, aussi, avec le secrétaire d'Etat, auprès duquel il s'est inquiété du sort des détenus français de Guantanamo Bay ;
ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, de temps à autre ;
partout ministre d'Etat, premier ministre sans portefeuille, libre d'esquisser les contours d'une France possible, puisque l'occasion incitait aux comparaisons.

Au déjeuner de l'American Jewish Commitee (AJC), M. Sarkozy a prononcé hardiment un discours en anglais, dans lequel il a révélé que "les journalistes" l'avaient appelé "Sarkozy l'Américain". "J'en suis fier, a-t-il dit. Je n'ai pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines."
Il cite un nom, au hasard : Arnold Schwarzenegger. "Comme Sarkozy, c'est difficile à prononcer. Mais cela n'a pas empêché les Californiens de l'élire gouverneur", admire-t-il. Autrement dit, dans l'Amérique du melting-pot, "tout le monde a une chance".

M. Sarkozy a évoqué Colin Powell, fils d'immigrés jamaïcains, qui fut le plus jeune général de l'armée de terre américaine, et Condoleezza Rice, autre Américaine africaine, conseillère du président des Etats-Unis pour la sécurité nationale.
Rentré à Paris, a-t-il dit, il demandera au ministre de la défense "combien il y a d'officiers noirs dans les armées françaises" et à celui des affaires étrangères "combien d'ambassadeurs noirs".
"Ministre de l'intérieur, j'ai nommé préfet un musulman brillant, dont les parents sont nés en Algérie. J'ai dit que je le nommais parce qu'il était musulman, ce qui a provoqué beaucoup de débats", a-t-il rappelé.
Pour lui, il ne fait pas de doute que "l'exemple américain de l'affirmative action -discrimination positive- doit être pris en compte".

Le contact entre M. Sarkozy et l'AJC s'est établi en octobre 2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français faisait contre l'antisémitisme.
Devant des hôtes convaincus de sa sensibilité à cette cause et de sa volonté de faire respecter les valeurs républicaines, M. Sarkozy a su défendre habilement des idées moins faciles à accepter pour son auditoire :
que la loi sur les signes religieux à l'école "est une loi de liberté et non de prohibition" ;
que le terrorisme doit être combattu sans faiblesse, mais que "l'humiliation, la pauvreté, le manque d'intégration sont un problème" ;
qu'"aucune démocratie ne peut accepter la moindre entorse à la sécurité d'Israël", mais qu'il n'est pas sûr que la politique du gouvernement israélien actuel ait fait progresser cette sécurité et que "la question des Palestiniens, du statut des Palestiniens, de l'Etat des Palestiniens se pose au monde". ....
Patrick Jarreau, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.04.04, LE MONDE | 24.04.04 | 11h52

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(28 avril 2004) Sarkozy déchaîne les foudres socialistes
Les députés socialistes ont quitté leurs bancs mercredi. Le nouveau ministre de l'Economie les a accusé de ne pas avoir lutté contre l'antisémitisme lorsqu'ils étaient aux commandes de l'Etat.

A l'Assemblée nationale, les jours se suivent et se ressemblent. Mardi, le député socialiste Henri Emmanuelli avait élevé des "protestations publiques" contre "les menaces" qu'aurait proférées Nicolas Sarkozy à son encontre ("fais gaffe à toi, fais gaffe, fais bien attention à toi") lors de la séance des questions au gouvernement. Un incident pour lequel François Hollande a décidé d"alerter" Jacques Chirac et exigé des excuses de MM. Raffarin et Sarkozy.

Alors que l'on croyait que la nuit porterait conseil aux deux camps, les coups ont redoublé mercredi au palais Bourbon. En guest-star, toujours le même Nicolas Sarkozy. Les députés PS ont quitté leurs bancs pour protester contre ses propos accusant le gouvernement Jospin de ne pas avoir lutté contre l'antisémitisme. Tandis que la séance des questions se poursuivait, les députés socialistes groupés en bas de l'hémicycle scandaient "des excuses, des excuses" à l'adresse du ministre de l'Economie.

"Le gouvernement n'a jamais voulu blesser personne"

En réponse à une question d'un député socialiste sur sa récente visite aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a relaté qu'il avait été "l'invité de la totalité des associations des juifs américains qui lui ont remis une récompense pour le combat déterminé que nous menons contre l'antisémitisme". "Ca ne risquait pas d'arriver à M. Vaillant parce qu'après cinq années du gouvernement de M. Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis que la France était un pays antisémite", a-t-il lancé.

Devant l'émotion soulevée par la "sortie" de son collègue, Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, a revêtu l'uniforme du démineur, affirmant solennelllement que le "gouvernement n'avait jamais voulu blesser personne". Les socialistes, eux, réclament les excuses de Nicolas Sarkozy. Excuses que celui-ci s'était bien gardé d'apporter hier en direction d'Henri Emmanuelli : "Je n'ai pas envie de perdre mon temps à répondre aux provocations de M. Emmanuelli. J'ai bien d'autres choses à faire", avait-il lancé aux journalistes.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 28 avril 2004

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(24 juin 2004) Jacques Chirac (en même temps 1er ministre, maire de Paris, président du RPR) exige que Nicolas Sarkosy choisisse entre la présidence de l'UMP et Bercy ...

Chirac à Sarkozy : ce sera Bercy ou le parti
Ultime tentative du Président pour dissuader son rival de prendre la tête de l'UMP : s'il se présente, il devra quitter le gouvernement.

L'UMP au bord de la crise de nerfs.
Entre intox, fuites et démentis, l'Elysée a été contraint hier de rendre publiques les conditions que Jacques Chirac impose à Nicolas Sarkozy : il est «libre» de s'attaquer à la présidence de l'UMP, mais s'il veut succéder à Alain Juppé en novembre, il devra quitter le gouvernement. Alors que le parti se réunit ce week-end en conseil national élargi au Coudray-Montceaux (Essonne), la tension entre les chiraquiens et le ministre des Finances est à son comble.

Tout a démarré par un entretien entre le chef de l'Etat et Sarkozy mardi. Comme ils le font régulièrement, les deux hommes abordent de multiples sujets et en viennent rapidement à parler de l'UMP. Depuis plusieurs jours, le numéro 2 fait monter la pression et laisse dire qu'il est décidé à se présenter à la présidence du mouvement. Mercredi, son entourage explique aux journalistes que le président de la République est désormais bien disposé à son égard. «La situation est apaisée, il n'y a plus de fatwa contre lui», dit un de ses proches. A la mi-journée hier, l'AFP relaye la version sarkozienne et affirme que Chirac aurait assuré le locataire de Bercy de son soutien pour l'élection de novembre. Elle ajoute que ce dernier devra, s'il est élu, quitter le gouvernement. La dépêche met le feu aux poudres.

«Dissuasion».
A Matignon, Jean-Pierre Raffarin n'a pas du tout la même version du tête-à-tête de mardi. Pour lui, le message de l'Elysée à Sarkozy relève de la «dissuasion». Le Premier ministre juge lui-même «inacceptable» que le chef du parti majoritaire soit en même temps au gouvernement car ce serait, selon lui, introduire une «double hiérarchie» au sein de l'exécutif. Au sommet de l'Etat, même si tous admettent que le ministre des Finances est difficilement contournable, l'ambiance est encore au «Tout sauf Sarkozy». Ce qui n'empêche pas les amis de ce dernier de se féliciter du pseudo «feu vert» de Chirac. Manière de mettre la pression sur l'exécutif. Roger Karoutchi, président du groupe UMP d'Ile-de-France, parle ainsi d'«excellente nouvelle qui va redonner courage, volonté et espoir à tous les élus et militants de l'UMP». «Une décision sage», renchérit pour sa part Pierre Méhaignerie. Le président centriste de la Commission des finances de l'Assemblée, sarkozyste récemment converti, redit qu'il ne voit pas «de contradiction» entre la présidence de l'UMP et le ministère de l'Economie. Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie et très proche de Sarkozy, argumente : son ami peut très bien cumuler puisque, dans le passé, Jacques Chirac, à qui il «ressemble», a bien «réussi» à le faire.

Face à cette confusion, l'Elysée sort de son silence. Et édicte la règle : «chacun est libre» d'être candidat, mais «un ministre ne peut pas être en même temps président du principal parti de la majorité». «Une fois les conditions fixées, chacun fait ce qu'il veut», ajoute un proche du Président. Dans la foulée, Jean-Pierre Raffarin, interrogé dans les couloirs du Sénat, enfonce le clou : «Il faut laisser aux propos leur exact message, et toute interprétation, supra ou infra, serait non pertinente», déclare-t-il. Et Alain Juppé, qui devrait annoncer son départ de la tête de l'UMP à la mi-juillet, d'ironiser depuis Bordeaux : «Tout ce qui peut rapprocher Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est de bon augure, pour moi et pour tout le monde d'ailleurs.»

«Loyauté».
Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée et chiraquien fidèle, entonne à son tour le credo en vogue, estimant que la présidence de l'UMP nécessite «un engagement politique de tous les instants. La meilleure solution, c'est de pouvoir se consacrer à une tâche à la fois». L'argument du non-cumul décliné sur tous les tons hier a évidemment pour but de faire douter Sarkozy.

Jean-Louis Debré, autre chiraquien, qui a déjeuné hier avec le ministre des Finances dans un restaurant parisien, a, lui, insisté sur l'argument institutionnel. «Il ne peut pas y avoir à la tête du parti majoritaire quelqu'un qui ait un autre itinéraire politique que celui du gouvernement et du président de la République. Puisqu'on est passé du septennat au quinquennat, il faut que ce parti majoritaire soit également fidèle et loyal à l'égard du Président.»
Le conseil national de demain a été organisé par Juppé pour permettre aux uns et aux autres de dire «tout ce qu'ils ont sur la patate». Ça promet.
Libération, Par Vanessa SCHNEIDER, vendredi 25 juin 2004, p. 2-3 (Liberation - 06:00)

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14 juillet 2004. Nicolas Sarkozy au piquet

Jacques Chirac aurait pu ménager Nicolas Sarkozy, dans la forme au moins, en glissant un mot aimable sur le tonus et la popularité de son très remuant ministre de l'économie. Au lieu de cela, il a envoyé son rival au piquet, en quelques formules sèches qui augurent mal de leurs relations dans les années à venir, une fin de quinquennat que Jacques Chirac souhaite pourtant apaisée, il l'a dit.

A propos du budget de la défense, que Nicolas Sarkozy souhaite mettre à contribution pour alléger les déficits publics, Jacques Chirac s'est ainsi présenté comme le véritable patron de Bercy : "Je décide, il exécute !" D'un ton tout aussi net, presque hargneux, le chef de l'Etat a répété qu'il n'était pas question que Nicolas Sarkozy reste au gouvernement si celui-ci se faisait élire à la tête de l'UMP.

L'argumentation de l'Elysée n'est pas neuve. Les fidèles du chef de l'Etat n'ont cessé de la développer ces dernières semaines dans les journaux et les médias audiovisuels. A les entendre, permettre au ministre de l'économie de cumuler sa fonction de grand argentier avec la présidence du principal parti de la majorité, ce serait réduire à rien l'autorité du premier ministre.
Si l'argument n'est pas nouveau, le ton l'est. Jamais le chef de l'Etat n'avait énoncé publiquement cette règle de non-cumul, destinée à placer Nicolas Sarkozy devant un choix cornélien. Jamais Jacques Chirac n'avait insisté à ce point sur le fait qu'il n'a pas "l'intention de tolérer" le moindre manquement à la "collégialité" et à la "solidarité" gouvernementale.

A lire les déclarations récentes de Nicolas Sarkozy et à interpréter les petites phrases de ses lieutenants, le ministre des finances, dont on connaît l'impatience sinon l'impulsivité, risque de se cabrer à nouveau devant une offensive aussi brutale. Et comme il n'est ni dans sa nature de se soumettre ni de son intérêt de se démettre, on peut pronostiquer que la guéguerre Chirac-Sarkozy va repartir de plus belle, sur fond de campagne référendaire, dont Jacques Chirac compte tirer tous les avantages attachés à sa fonction pour tenir en lisière son dangereux rival.
Bertrand Le Gendre, LEMONDE.FR | 14.07.04 | 15h31

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Avocats et magistrats unis contre le projet de loi sur la criminalité
Le texte « Perben 2 » accorde plus de pouvoirs à la police et aux procureurs

DES JUGES et des avocats, peu nombreux, mais ensemble. Ils étaient une soixantaine, mercredi 17 décembre (2003), au Palais de justice de Paris, pour dénoncer les dangers du projet de loi sur la criminalité de Dominique Perben : des stars, comme le juge antiterroriste Gilbert Thiel ou Renaud Van Ruymbeke, juge d'instruction du pôle financier, assis côte à côte. Des figures du monde judiciaire, comme Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur de Paris aujourd'hui conseiller à la Cour de cassation, Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'homme et maître de la cérémonie, Paul-Albert Iweins, le bâtonnier de l'ordre des avocats parisiens, ou Patrick Maisonneuve, un ténor du barreau. Des syndicalistes enfin, combatifs pour le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), plus discrets pour l'Union syndicale des magistrats (modérée).

Le projet de loi dit « Perben 2 », qui accorde de nombreux pouvoirs supplémentaires à la police et aux procureurs, et qui développe les procédures judiciaires non contradictoires ( Le Monde du 29 novembre, 2003), sera définitivement adopté par le Parlement à la fin du mois de janvier. Il reste donc peu de temps pour espérer amender le texte ou, à défaut, convaincre le garde des sceaux d'en étaler dans le temps les dispositions les plus controversées. Mais bien que leur discours n'ait pas porté comme ils l'espéraient ces derniers mois, les participants ont affirmé qu'il n'était « jamais trop tard pour se battre pour les libertés ». L'un a même proposé de « descendre dans la rue ». Sans succès.

Le projet « limite considérablement les droits de la défense et institue un déséquilibre radical dans la procédure pénale », a lancé Michel Tubiana en introduisant le débat. « La question du procès équitable est posée », a résumé Evelyne Sire-Marin, présidente du SM. « Les Français vont se réveiller avec la gueule de bois », a prédit Gérard Tcholakian, du Syndicat des avocats de France.

« VERS LA DÉLATION »

Les avocats, partagés sur la pertinence du plaider-coupable, nouvelle disposition par laquelle le procureur négociera directement la peine d'une personne ayant reconnu une infraction, sont en revanche unanimes sur la question des libertés. « Nous dénonçons un glissement de notre procédure pénale vers la délation et l'accusation », a précisé le bâtonnier Iweins. « S'opposer à cette loi, ce n'est pas vouloir l'insécurité pour nos concitoyens », a renchéri le nouveau bâtonnier élu de Paris, Jean-Marie Burguburu. « Nous savons qu'il existe dans le pays un désir de sécurité mais nous devons dire aux Français que la réponse que le gouvernement veut y apporter est ma uvaise », a analysé pour sa part Jean-Yves Le Borgne, responsable de l'Association des avocats pénalistes. Le nouveau régime de la garde à vue, étendue à quatre-vingt-seize heures pour la criminalité organisée, « démontre que plus l'affaire sera grave, moins la défense sera présente », a ajouté Me Le Borgne. « Quand une nation donne moins de droits à ceux qu'elle suspecte, elle est dans une situation de régression démocratique. »

Les magistrats pointent d'autres pièges de la loi Perben : nouvelle régression du rôle du juge d'instruction, empiétement du procureur sur les fonctions de juge, concurrence entre les nouveaux pôles spécialisés (criminalité, financiers, antiterroristes). « On est en train de faire du juge vis-à-vis du parquet ce que Dominique Perben est face à Nicolas Sarkozy : un supplétif. C'est toute une conception de la justice qui est en cause », a dénoncé Dominique Coujard, président d'assises. Pour ce magistrat, le texte, dont l'ambition affichée au départ était de lutter contre la criminalité organisée, fait en outre « une impasse complète sur la lutte contre la corruption ».

Jean-Pierre Dintilhac a exprimé son accord sur ce dernier point. L'ancien procureur de Paris a tempéré les plus militants, affirmant que « la première atteinte aux droits de l'homme, c'est la délinquance ». Mais, a-t-il convenu, « la démocratie implique la séparation des pouvoirs ». Les nouveaux outils donnés à l'accusation par le projet s'inscrivent dans un contexte de dépendance des magistrats face au pouvoir politique, a-t-il souligné. « Il faut veiller à l'augmentation des garanties des contre-pouvoirs. Et c'est là où le bât blesse. »
Nathalie Guibert, lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.12.03

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(Octobre 2004) Saint Sarkozy, bienfaiteur des religions
Le ministre sort un livre où il s'affirme catholique et prône une révision de la loi de 1905.

Les religions n'ont pas la place qu'elles méritent dans la société française. Tel est le leitmotiv de Nicolas Sarkozy dans son ouvrage la République, les religions, l'espérance (Ed. du Cerf) à paraître vendredi. Le ministre de l'Economie tire cette certitude de son expérience de ministre de l'Intérieur, mais également d'homme «de culture catholique, de tradition catholique, de confession catholique».

Sur la place de la religion

Nicolas Sarkozy se présente comme un homme de foi, mais séparant strictement sa vie privée et publique. S'il affirme avoir «pensé à Dieu» et peut-être même prié lors de la prise d'otages dans une école maternelle de Neuilly, ville dont il était maire ; s'il dit essayer «d'être chrétien dans [sa] vie personnelle et familiale», il précise que «dans [ses] fonctions de ministre, cela n'entre pas en ligne de compte». Plus largement, le ministre croit «au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale». Il oppose d'ailleurs les jeunes qui ont la foi à ceux qui pratiquent un «agnosticisme désespéré». Pour lui, les religions ont une importance spécifique pour l'équilibre de notre société, dans les banlieues évidemment, mais également en Corse, où les églises sont «les derniers lieux où l'on se rassemble sans distinction des opinions».

Sur la laïcité

A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy lance des coups de griffes aux «laïcards» et à ceux qui ont «une vision sectaire de la laïcité». Pour lui, «la laïcité respecte et même défend le droit inaliénable de chacun à pratiquer sa religion», «celui qui pratique n'a pas à s'en excuser et la République doit même veiller à ce qu'il puisse le faire dans de bonnes conditions». Pour autant, il n'est pas question de laisser les religions prôner n'importe quoi. «En contrepartie de la reconnaissance» (que leur garantit la loi de 1905, ndlr), l'Etat doit «faire preuve d'une intolérance résolue envers toutes les attitudes qui violent les règles de la République sous couvert de prétexte religieux».

Sur l'enseignement

Jugeant l'enseignement du fait religieux, tel que présenté par le rapport Debray, trop «neutre», Sarkozy préconise que les points de convergence entre les religions soient exposés : croyance en un dieu unique, en un au-delà...

Sur l'islam et les musulmans

Nicolas Sarkozy se pose en pourfendeur des idées reçues. Non, «il n'y a pas de "complot" musulman contre la République», même s'il y a «des extrémistes qui (...) cherchent à radicaliser des jeunes sans repères et sans équilibre». Non, l'islam n'est pas incompatible avec la république. Non, le port du voile islamique en France n'est pas nécessairement le signe de l'attachement à un islam radical, mais «essentiellement un réflexe identitaire». Le ministre revient sur les efforts qu'il a déployés pour aider les musulmans à se doter d'une instance représentative. Et plus particulièrement sur le choix qu'il a fait d'accorder une place à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans) au sein de cette instance. «L'UOIF représente une partie de la jeunesse musulmane française, explique-t-il. Compte tenu de cette réalité, qui aurait pu comprendre que l'UOIF ne soit pas membre du CFCM ?» Ajoutant : «Je suis par ailleurs convaincu que lorsqu'un "radical "est intégré dans une structure officielle, il perd de sa radicalité car il devient partie prenante du dialogue.»

Sur la loi de 1905

Sur le mode provocateur qu'il affectionne, Sarkozy fait semblant de s'indigner : «On trouve naturel que l'Etat finance un terrain de football, une bibliothèque, un théâtre, une crèche ; mais à partir du moment où les besoins sont cultuels, l'Etat ne devrait plus engager un centime !» Pour lui, la question du financement public des religions doit être étudiée, et pas seulement pour les musulmans : «A mon sens, il est temps de poser la question du financement national des grandes religions et celle de la formation "nationale républicaine" des ministres du culte. A cet effet, je suis partisan de compléments à la loi de 1905, sans en modifier pour autant la structure profonde» (lire ci-contre).

L'ouvrage de Nicolas Sarkozy laisse sceptique sur deux points. D'abord, il limite son exposé aux trois grandes religions du Livre, ignorant notamment les bouddhistes. Ensuite, il parle des «5 millions de musulmans», catégorie dans laquelle tous les Français issus de l'immigration ne se reconnaîtront pas forcément.
Par Catherine COROLLER, mercredi 27 octobre 2004 (Liberation - 06:00), p. 14

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Novembre 2004. CONGRES DE L'UMP. Le sacre de Sarkozy coûtera cinq millions d'euros

Rien n'a été laissé au hasard pour que l'intronisation de Nicolas Sarkozy, dimanche au Bourget, à la tête du parti chiraquien, soit une réussite. Un véritable show à l'américaine. Et déjà certains s'interrogent : n'en fait-il pas trop ?

LE « SACRE » de Nicolas Sarkozy devrait coûter la bagatelle de 5 millions d'euros à l'UMP. C'est la somme officiellement annoncée.
Mais depuis quelques jours, cette estimation nourrit polémique et fantasmes. Certains « pros » de l'événementiel évoquent une facture de 7 millions d'euros.
« De voir autant de dépenses à un moment où on demande beaucoup d'efforts et d'économies aux Français paraît presque indécent », lance François Hollande. « Il faut éviter tout excès et trouver la voie de la modestie », renchérit le chiraquien Jean-Louis Debré (voir ci-contre), trop content d'alimenter une critique récurrente de l'Elysée : « Sarko en fait toujours trop. »
Depuis des semaines, le futur patron de l'UMP travaille dans les moindres détails la préparation de cette journée. Il veut la marquer de son empreinte. Flanqué de Christophe Lambert (président de Publicis Conseil) et de Renaud Le Van Kim (réalisateur télé spécialisé dans les retransmissions de cérémonies), Sarkozy imagine un grand show à l'américaine, conçu pour la télévision.
Son épouse, Cécilia, veille à tout.

Le futur patron du parti aurait préféré le Palais omnisports de... Paris-Bercy ou l'hippodrome de Longchamp. Mais c'était déjà réservé. Le parc des Expositions du Bourget inaugurera donc la nouvelle page de la droite.
Terminées les grand-messes gaullistes. Sarkozy veut révolutionner l'exercice. Il innove. Exemple : le pupitre derrière lequel il prononcera son discours fondateur sortira du sol. Un pupitre high-tech monté sur vérins électroniques spécialement conçus, dit-on, pour lui !
Il aura dans son dos un mur d'écrans plasma amovibles. A quelques mètres au-dessus de lui, un autre écran, gigantesque et mobile, permettra aux militants de ne pas manquer une miette du spectacle.
Côté restauration, on innove aussi : l'immense salle de banquet au menu unique est remplacée par seize stands gastronomiques différents.

Les théâtres romains supprimés

Toutes ces nouveautés ont un coût.
Ce troisième congrès de l'UMP en deux ans coûtera plus cher que les précédents. Alain Juppé avait dépensé un peu moins de 4 millions d'euros (en novembre 2002) et 3 millions d'euros (en février 2004) à la veille des élections du printemps.
Attaqué sur ce terrain, Sarkozy se défend : « Je rendrai publics les chiffres. Une enveloppe a été fixée. Elle sera tenue. Quelle formation politique fait payer ses participants à son congrès ? »
Et de justifier le surcoût : 1. C'est la rançon de son succès puisque 25 000 militants sont annoncés (contre 17 000 en 2002). Quatre avions spéciaux et neuf TGV ont été affrétés, sans compter les cars. Ça coûte cher : qu'ils viennent de Corse ou de... Neuilly, ils ne paieront que 20 €. 2. Une soirée bodega avec les chanteurs Faudel et Shirel a été rajoutée samedi soir.
Toutefois, face à la polémique naissante, on a tenté de réduire la facture ces derniers jours. Ainsi les douze théâtres romains, qui devaient accueillir les débats thématiques du matin, sont supprimés. Autre économie : d'immenses photos de Chirac, Juppé et Sarkozy qui devaient décorer la salle sont passées à la trappe...

Il n'empêche : dimanche au Bourget, en dépit de cette copie revue à la baisse, Sarko fera son show.
Et il sera au moins à la hauteur de celui qu'avait fait, en 1976, un certain Jacques Chirac lorsqu'il a créé le RPR pour s'opposer à Valéry Giscard d'Estaing, alors installé à l'Elysée.
Bruno Jeudy et Ludovic Vigogne, Le Parisien, vendredi 26 novembre 2004, p. 2-3

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« On est dans la démesure totale »

PRESIDENT de la région Centre, Michel Sapin est ancien ministre de l'Economie.

Combien a coûté au PS le congrès de Dijon, en 2003 ?
Michel Sapin. Tout compris, 1 394 307 € pour deux jours.
Et il y avait du monde, environ 2 500 personnes, ce n'était pas un petit congrès. Pour le congrès 2006, j'ai réservé dans le budget prévisionnel 1,5 M €.

Qu'est-ce qui coûte le plus cher dans ce type d'événement ?
Toute la partie salle et scénographie. Chez nous, les militants viennent à leurs propres frais, et seuls les membres du bureau national et les salariés du parti sont logés, soit une centaine de personnes.
5 M € pour le congrès de l'UMP... Ça me paraît impensable ! 5 M €, c'est ce que le parti a versé au compte de campagne de Lionel Jospin à la présidentielle.
L'UMP est riche, puisqu'il reçoit la contribution de l'Etat la plus élevée, qui est de l'ordre de 33 M €, contre 19 M € pour le PS. Ils font ce qu'ils veulent de leur argent, bien évidemment, mais ne sont-ils pas en train de subir les premiers effets de la démesure de Sarkozy et de son manque manifeste de modestie ?

Cela étant, le RPR a toujours eu un train de vie élevé...
Oui, mais on a désormais des mécanismes de financement public et des interdictions de financement privé. Cela oblige les gens à devenir raisonnables. Pour un parti normalement constitué, le premier parti de France d'après M. Chirac, cinq ou six millions dépensés pour un congrès, c'est incroyable. On est dans la démesure totale.

On ne verra pas de congrès du PS à 5 M € ?
Tant que j'en serai le trésorier, ça ne risque pas d'arriver.

Quel est le prix de votre référendum interne ?
63 000 € pour l'impression et le routage du traité, plus 30 000 € pour les partisans du oui et du non. Donc, à la louche, 100 000 € pour animer la vie politique du pays pendant trois mois !
Propos recueillis par Nathalie Segaunes, Le Parisien, vendredi 26 novembre 2004, p. 3

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« C'est énorme ! »

SENATEUR UDF, Michel Mercier est président du conseil général du Rhône.

Combien a coûté le dernier congrès de l'UDF, en 2003 ?
Michel Mercier. Un peu moins de 1 MF, soit 153 000 €.
On l'avait fait à Paris, à la Mutualité, car c'est là que c'est le moins cher. Nous avons un budget annuel, à l'UDF, de l'ordre de 4 M € par an.

Qu'est-ce qui coûte le plus cher dans vos congrès ?
La location et l'aménagement des salles.

Que pensez-vous du chiffre de 5 M € pour le congrès de l'UMP ?
Je ne sais pas s'il est vrai. Si c'est le cas, bien sûr, cela fait beaucoup, plus que le budget annuel de l'UDF. C'est énorme !
En janvier prochain, nous allons organiser un congrès de trois jours, et on va tout faire pour essayer de ne pas dépasser les 200 000 €. C'est le maximum pour nous.
Nous, on a au moins appris à gérer avec parcimonie l'argent qui nous vient de l'Etat.

Mais êtes-vous choqué par ces 5 M € dépensés ?
L'UMP dépense son argent comme elle veut.
Ce qui me paraît moins normal, ce sont les bases du financement des partis politiques. Plus de 33 M €, cela fait beaucoup pour un parti, qui est, certes, un parti important. Mais nous, qui sommes aussi un parti important, nous avons vraiment très peu.
Il faut peut-être chercher un autre système de financement, avoir une base fixe, la même pour tout le monde, plus une somme en fonction du nombre de voix. Il faut donner les moyens d'exister à tous ceux qui ont des élus. Or, pour l'UDF, c'est très difficile. Nous sommes pourtant une force nationale. Nous avons trente-trois sénateurs, trente députés et onze députés européens.
Aux dernières élections européennes, en juin, le rapport de voix entre l'UMP et l'UDF était de un à deux, et le rapport de financement entre nos deux partis est de... un à dix ! On voit bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Propos recueillis par N.S., Le Parisien, vendredi 26 novembre 2004, p. 3

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Les chiraquiens lancent la polémique

C'EST LE CHIRAQUIEN Jean-Louis Debré qui, le premier, a ouvert les hostilités sur le coût du sacre.

Interrogé sur le budget du congrès de l'UMP, le président de l'Assemblée a démarré au quart de tour. Et comme aux plus belles heures de la guerre Chirac-Balladur en 1995, Debré a fait feu sur Sarkozy : « Compte tenu des difficultés des Français, il faut être modeste. Il faut aujourd'hui éviter tout excès. »
Et de renchérir sur France Inter : « Je m'éloigne de tous ceux qui en rajoutent et qui tombent dans les excès. Il faut que la politique montre justement cette voix de la modestie. »
D'un seul coup, la controverse soulevée en début de semaine par le socialiste François Hollande a pris de l'ampleur pour le plus grand bonheur de l'Elysée et de Matignon.

« C'est choquant si ça ne sert à rien »

Quelques très rares francs-tireurs osent imiter le président de l'Assemblée. « Je trouve que c'est cher. Il y a une sorte de déphasage avec la réalité de la société », s'offusque Dominique Paillé, député UMP des Deux-Sèvres.
D'autres confient en privé leurs critiques mais refusent publiquement de s'en prendre au premier acte du nouveau et si puissant président de l'UMP.
A l'UDF, on ironise aussi sur le « sacre napoléonien ». Député du Loir-et-Cher, Maurice Leroy n'hésite pas à rapprocher les 5 millions d'euros dépensés par l'UMP de l'aide d'urgence de 200 000 € - débloqués par le gouvernement - pour les sinistrés de la Guadeloupe.

Les amis de Nicolas Sarkozy jugent la polémique « déplacée ». Rallié au nouveau patron de l'UMP, François Fillon prend sa défense : « Nicolas veut faire quelque chose de qualité. Ce sera un congrès haut de gamme sans plus. »
Interrogé sur Public Sénat, le futur numéro trois du parti, Pierre Méhaignerie, se montre embarrassé : « Ça ne ressemble pas à nos traditions du CDS (NDLR : ancien parti centriste) d'hier. »

Finalement, les meilleurs avocats de Sarko se trouvent parmi ceux qui d'habitude ne le ménagent pas.
Le libéral Hervé Mariton estime que « la vie est trop courte pour militer triste ».
Quant à Rachid Kaci, candidat à la présidence de l'UMP avec Nicolas Dupont-Aignan, il relève : « C'est choquant si ça ne sert à rien. La somme paraît affolante mais si Sarkozy réussit à remobiliser les militants alors tout le monde aura oublié la dépense. »
B.J. et Lu.V., Le Parisien, vendredi 26 novembre 2004, p. 3

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Les coulisses d'un show à l'américaine
FINI les grands-messes gaullistes à la papa. Place au « Sarko show ». Le congrès du Bourget se présente comme un spectacle télévisuel, cumulant les records et les innovations.

Seize restaurants.
Dès 9 heures, les milliers de militants UMP sont invités à déambuler dans une véritable « cité politique ». Ils pourront y assister à des débats. Douze forums, auxquels participeront ministres, parlementaires, personnalités de la société civile, sont organisés, sur des thèmes comme le travail, la sécurité, l'école...
Ils se promèneront également entre stands de mouvements liés à l'UMP (de Gay Lib à La Droite libre), tables de dédicaces de livres...
Pour le déjeuner, ils auront le choix entre seize restaurants différents : huit cuisines régionales, huit cuisines européennes.

Vingt-huit pages de discours.
13 heures : et c'est parti pour le show... Secrétaire général délégué de l'UMP, François Baroin sera le premier à monter sur une scène en triangle très high-tech. Christine Boutin et Nicolas Dupont-Aignan, candidats malheureux à la présidence de l'UMP, lui succéderont. Président de la commission des opérations électorales, Robert Pandraud proclamera les résultats.
Le héros du jour, Nicolas Sarkozy, fera alors son entrée et prononcera un discours de vingt-huit pages auquel il travaille depuis un mois. Chaque militant repartira d'ailleurs avec un exemplaire du texte.
Lui succéderont sur scène Jean-Claude Gaudin et Pierre Méhaignerie, qui seront respectivement vice-président et secrétaire général dans la nouvelle équipe, François Fillon et Alain Madelin, qui ont supporté depuis le début sa candidature et enfin deux ministres chiraquiens, Philippe Douste-Blazy et Michèle Alliot-Marie. Un peu avant 16 heures, Jean-Pierre Raffarin conclura la journée.

« Nicolas, tu aimes les emmerdes. »
Côté people, Sarko ne sera pas en reste. Ce sont en effet Shirel (la fille de Jeane Manson) et Leïla Doriane - les deux héroïnes des « Enfants du soleil », la comédie musicale de son pote Didier Barbelivien - qui interpréteront a capella « la Marseillaise » finale.

Durant l'après-midi, un film tout à la gloire du nouveau patron du parti majoritaire sera projeté. Avec un casting impressionnant : Jean Reno, Michel Sardou, Pierre Palmade, Mimie Mathy, Daniel Prévost, Richard Virenque, Bernard Laporte... et Christian Clavier, qui lui lance : « Nicolas, tu aimes les emmerdes... ».
Son fils Louis (7 ans) souhaitera « bonne chance papa » en conclusion du film. 600 journalistes, 412 parlementaires, 80 ambassadeurs. Dans la salle, Bernadette Chirac sera assise au premier rang (son époux, lui, a adressé un message que Sarkozy lira à la tribune). A ses côtés, seront installés les ministres, en compagnie de leur épouse. Tous seront présents, sauf peut-être Dominique de Villepin. Hier soir, on ne savait toujours pas si le ministre de l'Intérieur, qui voulait un long discours, serait là. Une autre venue ou absence sera particulièrement notée : celle de Jérôme Monod, père fondateur de l'UMP, qui entretient de très mauvaises relations avec le nouveau patron du parti. En revanche, 412 parlementaires se sont annoncés. Tandis qu'à l'initiative de Brice Hortefeux, 400 membres de corps diplomatiques, dont 80 ambassadeurs, ont répondu présents. Enfin, 600 journalistes « du monde entier » se sont fait accréditer pour l'occasion. En novembre 2002, pour le sacre de Juppé, ils n'étaient que 300.
Lu.V., Le Parisien, dimanche 28 novembre 2004, p. 3

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Et Sardou lui souhaite « grande carrière »
IL EST 9 h 30 et il y a déjà beaucoup de monde au Bourget. Les militants sont arrivés tôt pour assister au triomphe de Nicolas Sarkozy.

« Nicolas, t'es trop petit ! »

Organisés pour occuper la matinée, les forums de discussion connaissent plus ou moins de succès. Si celui sur la mondialisation ne fait pas le plein, ceux sur le travail et le renouveau politique ont un beau succès. Très tôt, c'est aussi le défilé des personnalités. Charles Pasqua crée encore une petite effervescence autour de lui tandis que certains ministres déambulent sans être dérangés. Cécilia Sarkozy a droit, elle aussi, à un petit bain de foule, enchaînant autographes et photos. Puis c'est au tour du futur président de l'UMP de faire un tour des stands d'une demi-heure. La cohue est indescriptible. « Je ne l'ai pas vu », se désole un militant. « Nicolas, t'es trop petit », crie une autre. « C'est lui, je le confirme, rit un ministre : on ne le voit pas. »

Debré a boudé. 13 heures : le show va commencer dans quelques minutes. Anne-Marie Raffarin est là depuis une bonne demi-heure, quand son époux arrive en compagnie de Bernadette Chirac. Celle-ci embrasse Christian Poncelet, le maire du Havre Antoine Rufenacht, mais serre la main d'Edouard Balladur. Aux premiers rangs, les places, réservées au gouvernement, sont chères. Dominique Perben, Michel Barnier, Xavier Darcos... n'en ont pas. Tout comme Jean-Louis Borloo, qui restera debout. Cécilia Sarkozy fait la police. Le ministre des Finances belge, assis au premier rang, doit laisser la place à Pierre Méhaignerie, nouveau secrétaire général du parti. Conseiller à l'Elysée, Jérôme Monod, père de l'UMP, est relégué au quatrième rang. Pas de trace en revanche de Jean-Louis Debré.

« Good luck, Nico », lance Delon.

13 h 52 : le président de la commission des opérations électorales, Robert Pandraud, donne les résultats. Christine Boutin a obtenu 5,8 %, Nicolas Dupont-Aignan 9,1 % et Nicolas Sarkozy 85,1 %... Le noir se fait alors dans la salle. Un film à la gloire de celui qui est désormais président est diffusé sur tous les écrans dans la salle. Plus d'une vingtaine de stars lui rendent hommage : Clavier, Virenque, Chimène Baldi, Jean Reno, Mimie Mathy... « Good luck, Nico ! », lance Delon. Marek Halter cite étrangement un vieux proverbe yiddish : « Il est préférable de perdre avec un homme intelligent que de gagner avec un idiot. » Michel Leeb, lui, se souvient d'une partie de ping-pong où Sarko, mené 17-6, l'avait battu 21-18 avant de se mettre à imiter Chirac... Michel Sardou lui souhaite « longue vie et grande carrière ». Le mot de la fin revient à Louis, son fils de 7 ans : « Bonne chance mon papa. » Sarko entre alors dans la salle. Gagnant très rapidement le premier rang, il fait la bise à Bernadette, serre dans ses bras Raffarin, embrasse une Cécilia au bord des larmes.

La colère de Mam.

« Vous êtes plus de 40 000 cet après-midi au Bourget », s'emballe Sarkozy en introduction de son discours. Les choses ont été bien faites. Derrière son pupitre surgi de la scène, il a une cravate bleue, en parfaite harmonie avec un décor bleu et blanc très élégant. Cinquante minutes plus tard, il en descend après avoir lu le message du président de la République aux militants. C'est alors l'effervescence dans la salle. Edouard Balladur et une grosse moitié des 400 parlementaires présents... s'en vont. Dans le parc des Expositions, des milliers de militants font de même. François Fillon, Jean-Claude Gaudin ou encore Pierre Méhaignerie, qui se succèdent sur scène, parlent dans un énorme brouhaha. Même au premier rang, on n'écoute guère. Surtout, l'heure tourne et le Premier ministre ne veut pas parler après 15 h 45. Dès que Philippe Douste-Blazy a prononcé le dernier mot de son intervention, le chef du gouvernement monte donc sur scène. Tant pis pour Michèle Alliot-Marie et Alain Madelin qui devaient prendre la parole. La ministre de la Défense a explosé de colère quand Raffarin lui a dit qu'elle ne parlerait pas. MAM quitte la salle. Madelin, lui, a eu une vive explication avec Cécilia Sarkozy.

Shirel et Leïla.

Raffarin fait court : vingt petites minutes dans une salle qui n'est plus guère concentrée. 16 h 10 : les deux héroïnes des « Enfants du soleil », Shirel et Leila Doriane, interprètent « la Marseillaise ». Puis Sarkozy remonte sur scène et fait venir tout le gouvernement. Raffarin se tient en arrière, en profitant pour envoyer des coucous aux parlementaires. Cécilia, elle aussi, se fait discrète. Son époux la fait venir à ses côtés : le nouveau président de l'UMP tient à ce qu'elle assiste à son triomphe...
Ludovic Vigogne, Le Parisien , lundi 29 novembre 2004 , p.2

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(Décembre 2004) Sarkozy veut convertir les juifs à sa religion élyséenne
En cajolant la communauté, le président de l'UMP veut se démarquer de la politique proarabe de Chirac.

Cette sortie-là était parfaitement préméditée. Le 28 avril (2004), à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie, de retour d'un séjour aux Etats-Unis où il a été reçu en grande pompe par le très influent American Jewish Committee (AJC), accuse le gouvernement Jospin d'avoir donné de la France l'image d'un «pays antisémite». Sa phrase déclenche une vive polémique avec la gauche.
Toutes les associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme y vont de leur commentaire. Le lendemain, Jacques Chirac fait la leçon à son ministre : «L'antisémitisme est un sujet trop grave pour entretenir la polémique.» Mais Nicolas Sarkozy n'en démord pas : «Mes déclarations étaient pensées, équilibrées et justes. Ce que j'ai dit était à la fois raisonnable et responsable», dira-t-il après coup. Certain d'avoir touché sa cible et définitivement «structuré» l'électorat juif, comme il le confie alors. En avait-il tant besoin ?

Goy hyperactif. Depuis le début de sa carrière, l'ancien maire de Neuilly «travaille» avec un soin tout particulier ses relations avec la communauté juive. Il a célébré des dizaines de mariages civils de couples juifs et n'a jamais raté une fête de la synagogue de Neuilly, sa ville, qui abrite une importante communauté. Son face-à-face télévisé avec l'intellectuel musulman Tariq Ramadan a conforté son statut de «star chez les juifs», comme dit Patrick Gaubert, président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et député européen UMP. Qui ajoute : «Il connaît toutes les fêtes et les rites de la religion sur le bout des doigts. Il s'adresse de façon exceptionnelle, pour un non-juif, à une communauté qui aime qu'on l'aime. Il a donné le sentiment aux gens qu'il était le seul à faire quelque chose pour eux, le seul qui puisse nous sauver de l'antisémitisme ambiant.»

Son passage à l'Intérieur va encore lui permettre de renforcer ses liens avec les juifs pour mieux les convertir au sarkozysme. Dès son installation, il explique, les yeux dans les yeux, à Chirac qu'«il ne faut pas être trop intelligent avec les actes antisémites en cherchant des explications, mais qu'il faut être sévère».
Ce catholique, qui aime à rappeler que sa mère est originaire d'une famille juive de Salonique, dit alors à toutes les organisations israélites qu'il reçoit vouloir rompre avec la politique de son prédécesseur socialiste, Daniel Vaillant, et promet des poursuites pénales à la moindre agression. Hyperréactif, il médiatise toutes ses sorties en se rendant systématiquement au chevet des victimes. A Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), où un fidèle a été blessé, comme à Gagny, où une école confessionnelle a été incendiée, il parle de «tolérance double zéro en matière d'antisémitisme et de racisme».
En parallèle, il effectue un gros travail plus souterrain : il appelle en direct chaque victime et reçoit au ministère des kyrielles de présidents d'associations juives de province. «Des gens qui mettent leur costume et rentrent chez eux en expliquant qu'ils ont vu un ministre qui va les protéger», note Patrick Gaubert.

«Nicolas Sarkozy met les Français dans des boîtes, dit un de ses amis. Pour chaque catégorie sociale ou chaque religion, il a un message généraliste et un message bien particulier. Et celui qu'il adresse aux juifs est très performant.»
Systématiquement acclamé dans les dîners du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), il reçoit une ovation des sympathisants de Hachomer Hatzaïr, une organisation sioniste classée à gauche, dont l'un des sympathisants avait été agressé en marge d'une manifestation contre la guerre en Irak.
En 2003, le Centre Simon-Wiesenthal lui remet son prix.

Marchepied. Cette lune de miel est stratégique pour ses rêves élyséens. Mais elle est aussi un marchepied destiné à acquérir une stature internationale.
Les principaux lobbies juifs américains le portent au pinacle, tel David Harris, le directeur de l'AJC, qui le présente comme «un homme de charisme, de vision, de courage, de dynamisme».
Les dirigeants israéliens voient en lui un futur chef d'Etat et, surtout, un homme susceptible de mettre fin au dogme gaulliste de «la politique arabe de la France». «Il n'a pas la politique étrangère de la France à son passif, comme d'autres dirigeants qui portent comme une croix les mauvaises relations avec Israël», souligne Roger Cukierman, président du Crif. «A l'heure du nationalisme diasporique, son passage devant les associations juives américaines a eu un impact très fort en France. Tous ses nouveaux amis imaginent qu'il va changer la politique proarabe de la France. Mais avec quatre ou cinq millions d'immigrés d'origine nord-africaine, je doute d'un tel changement», avance l'historienne Esther Benbassa.

«Cadre» et «morale». Sarkozy n'a jamais caché son goût pour les cultures minoritaires et la religion, qui, selon lui, «donne un cadre et apporte une morale». Il a senti qu'il avait devant lui un boulevard entre Chirac l'anticommunautariste, qui, selon un député UMP, a «dilapidé par sa politique arabe son capital sympathie gagné par la reconnaissance en 1995 des crimes de l'Etat français sous Vichy», et un PS jamais à l'aise pour s'adresser à des groupes religieux. «La communauté juive vit dans l'émotion du moment. Elle va vers celui qui sait lui parler. Sarkozy veut que les gens votent pour lui en fonction de leur identité juive et non par rapport à leur citoyenneté française», explique Laurent Azoulay, fondateur du Cercle Léon-Blum, une association proche du PS qui cherche encore comment contrer le patron de l'UMP.
mardi 14 décembre 2004 (Liberation - 06:00)

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Réception présidentielle pour Sarkozy en Israël
Le patron de l'UMP a reçu hier un accueil digne d'un chef d'Etat.

Israël sait reconnaître ses bons amis. Et Nicolas Sarkozy est l'un d'eux, contrairement à nombre de dirigeants français, au premier rang desquels figure Jacques Chirac. Très au fait des subtilités de la politique française, le Premier ministre Ariel Sharon ne s'y est pas trompé. «Je suis certain que vous avez bien conscience de faire partie de nos amis», a-t-il lancé hier à Sarkozy dans la salle du Conseil des ministres, avant de le recevoir durant une heure et demie. Comme s'ils pariaient sur son destin présidentiel et voulaient voir en lui un anti-Chirac, les dirigeants israéliens ont accordé à l'ancien ministre de l'Economie un traitement bien supérieur à celui d'un quelconque patron de parti et, surtout, à celui réservé au ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, lors de son dernier passage ici.

Vastes limousines. Il y a d'abord ces signes visibles auxquels Sarkozy est loin d'être insensible : deux vastes limousines mises à sa disposition par le ministère des Affaires étrangères et une escorte policière de cinq véhicules. Il y a aussi ces rendez-vous, dignes d'un chef d'Etat, qui lui ont permis de rencontrer hier Ariel Sharon, le chef de l'Etat, Moshe Katzav, ou encore de dîner avec le ministre de l'Economie, Benyamin Netanyahou. Il y a enfin ces petites phrases complices distillées par Shimon Pérès, président du Parti travailliste et prix Nobel de la paix, qui, en pleines tractations à la Knesset sur la composition du futur gouvernement d'union nationale, juge «très important» de rencontrer une heure Nicolas Sarkozy, «parce qu'il faut regarder l'avenir». Ou celle au diapason lâchée par le président Katzav assurant qu'en tant qu'«ami d'Israël Nicolas Sarkozy est toujours le bienvenu ici».

Amis, amitié : le président de l'UMP en visite depuis mardi et jusqu'à ce soir en Israël a eu, lui aussi, ces mots-là à la bouche toute la journée d'hier. Tôt dans la matinée, il allé sur le mont Hertzl à Jérusalem pour déposer sur la tombe du Premier ministre assassiné, Yitzhak Rabin, une couronne de fleurs barrée de bleu-blanc-rouge et signée en lettres dorées «Nicolas Sarkozy». Toujours au côté de son épouse Cécilia, qui prend régulièrement des photos avec son téléphone portable, il s'est ensuite rendu au mémorial de Yad Vashem. Nouvelle marque d'estime à son égard, il a allumé la flamme du souvenir dans la crypte dédiée aux six millions de juifs exterminés. Mais Nicolas Sarkozy a parfois du mal à réfréner son besoin de caméras. Et c'est alors une guide de Yad Vashem qui l'interrompt sèchement pour lui dire qu'en un tel lieu on fait silence et «on ne parle pas de politique».

«Deux vrais amis». L'étape suivante l'a conduit dans la vieille ville de Jérusalem, là même où Chirac avait eu, en 1996, son fameux incident avec la sécurité israélienne qui le serrait de trop près, menaçant alors, en anglais, de reprendre son avion pour Paris. Pour bien afficher sa différence et éviter les provocations, Sarkozy a, lui, négocié une protection par des policiers français et refusé la présence de militaires israéliens à ses basques. Derrière un rideau de caméras, des commerçants palestiniens interrogent : «C'est le Président ?» «Non, pas encore...», sourit le député UMP Eric Raoult, aussi du voyage. Main dans la main, le couple Sarkozy a ensuite posé devant l'église du Saint-Sépulcre avant d'enchaîner au pas de charge la visite du Golgotha et du tombeau du Christ. Avec le mur des Lamentations et l'esplanade des Mosquées pour toile de fond, le président de l'UMP y est de nouveau allé de son couplet sur «Israël et la France qui, comme deux vrais amis, doivent tout se dire». Avant d'ajouter à propos de son séjour : «Ce n'est pas une visite d'Etat puisque je ne suis pas membre du gouvernement. Mais que penserait-on d'un responsable politique qui se claquemurerait en France ?» Avec lui, il y a peu de risques.
Par Claude GUIBAL, jeudi 16 décembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 14

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Israël mise sur Sarkozy

«ET CHIRAC, il vient ? » Dans une ruelle de la vieille ville de Jérusalem, un commerçant interpelle hier Nicolas Sarkozy. L'ancien ministre des Finances fait mine de ne rien entendre.
Eric Raoult, son ami et député de Seine-Saint-Denis, qui l'accompagne dans ce voyage, se charge de la réponse : « Non, mais on amène son fils... »
Grand éclat de rire dans la délégation française.
Le marchand, lui, a encore en mémoire la visite heurtée qu'avait effectuée au même endroit en 1996 le président de la République. A l'époque, le chef de l'Etat n'avait pas supporté l'omniprésence des services de sécurité israéliens. Furieux, il avait fini par lâcher dans un anglais sonore : « It is not a method. It is a provocation. »

Huit ans plus tard, Sarkozy s'en est mieux sorti.
Prévenu, il avait, il est vrai, « posé ses conditions » en refusant la présence de forces de sécurité en treillis. Et puis, depuis le début de la seconde Intifada, l'atmosphère a bien changé dans la ville sainte désertée par les pèlerins et les touristes.
Le président de l'UMP a pu déambuler dans le quartier arabe, visiter l'église du Saint-Sépulcre et le tombeau du Christ, s'incliner devant le mur des Lamentations.
Une balade tranquille et quasi anonyme. La notoriété de Sarkozy est ici proche de zéro. Surpris par la présence de photographes et de cameramen, des passants cherchent à connaître l'identité de l'hôte de marque. Un boucher croit reconnaître... Michel Barnier. Un conseiller s'empresse d'informer le gaffeur.
Accompagné de Cécilia, Sarkozy serre quelques mains sur son passage. Comme celle de Mansour, un pâtissier palestinien, qui a vécu à Clermont-Ferrand et figure au rang des fans : « J'espère qu'il sera bientôt président. »

Devant le mur des Lamentations, des religieux juifs en tenue noire s'étonnent de la présence d'un homme politique français. L'un d'eux demande : « Mais ce Sarkozy peut-il devenir votre président ? » Sarkozy, lui, n'est pas mécontent de sa promenade oecuménique : « Ce n'est pas une visite d'Etat parce que je ne suis pas membre du gouvernement, se défend-il. Mais que penserait-on d'un responsable politique qui se claquemurerait en France ? »

« Il faut regarder l'avenir »

Ses deux jours à Jérusalem ressemblent pourtant bien à un voyage officiel.
L'accueil que lui réservent les autorités est digne d'un chef d'Etat. Deux limousines mises à sa disposition, entretiens avec le président, le Premier ministre et le chef de l'opposition : Israël sait reconnaître ses amis.
En plus, l'Etat hébreu n'a pas voulu rater l'occasion d'enquiquiner une diplomatie chiraquienne jugée proarabe et propalestinienne. La presse israélienne ne s'y trompe pas, encensant « Sarkozy, l'ami d'Israël ». Le président Moshe Katzav, qui a reçu Sarkozy pendant trois quarts d'heure, ne lésine pas non plus sur les compliments : « En tant qu'ami, M. Sarkozy est toujours le bienvenu. »
Quant à Ariel Sharon, qui entretient de mauvaises relations avec Jacques Chirac, il sort le grand jeu : une heure et demie d'entretien dans la salle du Conseil des ministres. « Je suis certain que vous avez conscience, M. Sarkozy, que vous faites partie de nos amis », insiste Sharon devant les caméras et un Sarkozy aux anges. Réponse du président de l'UMP : « Nous admirons le courage dont vous avez fait preuve. Nous comprenons que la sécurité d'Israël n'est pas négociable. »
Plus tard, Sarko confie : « Quand un homme politique prend des initiatives de paix, y compris contre ses propres amis, comme le fait Sharon à Gaza, ça mérite qu'on l'écoute. » Prudent, Sarkozy évite de franchir la ligne jaune. Cette fois, ni petites phrases assassines, ni dérapages comme en Chine. La seule pique est venue de... Shimon Peres. Comme on lui demandait s'il n'avait pas autre chose à faire que rencontrer Sarkozy, l'ancien lauréat du prix Nobel répond, et le message est clair : « C'est important de le recevoir car il faut regarder l'avenir. ».
Bruno Jeudy, Le Parisien, 16 décembre 2004, p. 6

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Démission de la suppléante de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale

PARIS (AP) - Nicolas Sarkozy va pouvoir bientôt retrouver son siège de député. Sa suppléante, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a remis vendredi sa démission, a-t-on appris dans l'entourage du président de l'UMP.
Une législative partielle se tiendra donc dans un délai de trois mois maximum dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine. Mme Ceccaldi-Raynaud avait remplacé M. Sarkozy à l'Assemblée nationale en 2002, après sa nomination au ministère de l'Intérieur.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 31 décembre 2004, 17h07

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Sarkozy récupère son siège

Nicolas Sarkozy a reçu ses étrennes avec quelques heures d'avance. Le président de l'UMP revenait hier (31 décembre 2004) d'une semaine de vacances au Québec dans la luxueuse propriété du milliardaire Paul Desmarais, un puissant homme d'affaires canadien qui a déjà reçu sur ses terres George Bush père et Bill Clinton.
Au moment où Sarkozy atterrissait à l'aéroport de Roissy, la lettre de démission de sa suppléante, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, arrivait sur le bureau de Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée.
Précieux sésame qui permettra à l'ancien ministre de l'Economie en mal de tribune de retrouver, à la mi-février, son fauteuil de député des Hauts-de-Seine. Dans son fief de Neuilly, l'élection sera une formalité. Mais cette démission aura été obtenue au forceps, après cinq semaines d'un bras de fer mêlant sens de l'honneur corse, pressions politiques et menaces voilées.
L'affaire s'est nouée lors des sénatoriales de septembre dernier, lorsque Sarkozy place en seconde position sur la liste UMP des Hauts-de-Seine la belle-soeur du président de l'Assemblée, Isabelle Debré, en lieu et place de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, qui entendait « récupérer » le siège au palais du Luxembourg de son père, Charles Ceccaldi-Raynaud (79 ans), après avoir déjà hérité de son fauteuil de maire de Puteaux. « Sarkozy avait besoin du soutien de Jean-Louis Debré pour prendre l'UMP », décrypte un proche des Ceccaldi-Raynaud.

« J'ai obtenu plusieurs petites choses »

Du coup, lorsque Sarkozy, devenu président de l'UMP, demande à sa suppléante de démissionner, elle refuse. Poussée par son père, gravement malade. Sarkozy a beau annoncer à sa place sa démission, puis lui proposer un poste au Conseil économique et social, Joëlle Ceccaldi-Raynaud fait de la résistance.
« Elle redoutait surtout de perdre son immunité parlementaire, alors que les juges ont déjà opéré quinze perquisitions dans sa mairie », affirme un membre de son entourage. « Ce n'était pas facile pour elle de démissionner, par rapport à son père », rectifie un élu des Hauts-de-Seine.
Hier, Joëlle Ceccaldi-Raynaud n'a pas voulu dévoiler la contrepartie de sa démission : « J'ai obtenu plusieurs petites choses », a-t-elle seulement confié à un ami. La vice-présidence de son père au conseil général des Hauts-de-Seine ? Quelque jeton de présence dans telle société ? Le soutien de Sarkozy aux municipales de 2008 à Puteaux ? « C'est une ville stratégique pour la droite. Et Joëlle a résisté trop longtemps pour obtenir ce genre de garantie », dément un observateur.
« Sauf drame, Joëlle n'aura pas d'adversaire en face d'elle aux municipales », précise un sarkozyste. Et le même homme d'assurer que les relations ne sont pas aussi dégradées entre Sarkozy et son ex-suppléante.
Magnanime, l'ancien ministre pourrait, d'ailleurs, la reprendre comme suppléante en février : « Ce serait un beau geste », dit-on à Neuilly. Le premier de la longue histoire entre les familles Sarkozy et Ceccaldi...
Nathalie Segaunes, Le Parisien, samedi 01 janvier 2005

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(Janvier 2005) Jacques Chirac inaugure le Mémorial de la Shoah et appelle à la vigilance contre l'antisémitisme
Le président a vivement condamné le négationnisme, "ce crime contre la vérité".

Le président français, Jacques Chirac, a inauguré, mardi 25 janvier, le Mémorial de la Shoah, au cœur du quartier parisien du Marais, et s'est recueilli devant le Mur des noms, gravé à la mémoire des 76 000 juifs de France déportés pendant la seconde guerre mondiale.
"Je suis venu ici, aujourd'hui, rappeler l'engagement de la France à toujours se souvenir du martyre juif. M'inclinant avec respect devant les victimes de la Shoah, je suis venu rappeler la promesse de notre pays de ne jamais oublier ce qu'il n'a su empêcher", a déclaré le chef de l'Etat.

L'ancienne ministre Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, Eric de Rothschild, président du Mémorial, Roger Cukierman, président du CRIF, Serge Klarsfeld, président de l'association des Filles et Fils des déportés juifs de France, étaient notamment présents, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, Bernadette Chirac, Anne-Marie Raffarin, ainsi que plusieurs ministres.
Au début de la cérémonie, les participants ont observé un moment de silence en hommage à tous les déportés. Le Mémorial se veut institution de référence en Europe pour la Shoah, comme le Musée de l'Holocauste à Washington ou Yad Vashem à Jérusalem.

"DÉTERMINATION" CONTRE L'ANTISÉMITISME ET LE NÉGATIONNISME

Le président français, Jacques Chirac, a appelé à la "vigilance" et à la "détermination" contre l'antisémitisme, qui "n'a pas sa place en France", en inaugurant, mardi 25 janvier, le Mémorial de la Shoah à Paris.
"Je veux redire avec gravité que l'antisémitisme n'a pas sa place en France. L'antisémitisme n'est pas une opinion. C'est une perversion. Une perversion qui tue", a déclaré le président de la République.
L'antisémitisme "est une haine qui plonge ses racines dans les profondeurs du mal et dont nulle résurgence ne peut être tolérée. Il n'y a pas d'acte ni de propos excusable en la matière", a-t-il dit.
"Qu'elle suinte par l'écrit, la parole la télévision, l'ordinateur ou le satellite, cette haine est intolérable", a poursuivi Jacques Chirac, en faisant valoir que le gouvernement "met et mettra tout en œuvre pour que cesse l'antisémitisme".

Le président a qualifié le négationnisme de "crime contre la vérité" et prévenu que ceux qui s'y livrent seront "poursuivis et condamnés avec toute la rigueur de la loi". "En cet instant, l'Histoire hante nos consciences. Elle nous fait un devoir pour toujours", a déclaré le président de la République.
"A ceux qui voudraient nier cette réalité, nier ces faits, nier cette histoire, je dis solennellement qu'ils seront poursuivis et condamnés avec toute la rigueur de la loi", a prévenu le chef de l'Etat. "La science fut dénaturée pour légitimer le racisme. Nous n'accepterons pas qu'elle soit dévoyée pour justifier le négationnisme, ce crime contre la vérité", a-t-il ajouté.
"Se souvenir, c'est aussi transmettre. Il faut que, toujours, l'Histoire soit dite. Jamais la chaîne ne doit se rompre. Nos enfants et nos petits-enfants devront garder au plus profond de leur cœur, poignante comme une douleur et présente comme une menace, la conscience de ce qui s'est passé", a déclaré Jacques Chirac. Il a invité "tous les professeurs de France" de mener leurs élèves au Mémorial.
LEMONDE.FR : ARTICLE PUBLIÉ LE 25.01.05

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(Mars 2005) Nicolas Sarkozy élu haut la main député dans les Hauts-de-Seine

NEUILLY-SUR-SEINE (AFP) - Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a été élu haut la main dimanche député des Hauts-de-Seine lors d'une élection législative partielle, ce qui lui permettra de retrouver les bancs de l'Assemblée nationale dès mardi.

M. Sarkozy a obtenu 70,74% des suffrages de la 6-ème circonscription de ce département dont il préside le Conseil général.

C'est la sixième fois depuis 1988 qu'il est élu dans cette circonscription, avec trois points de plus que lors de la législative nationale de 2002, a-t-il relevé avec plaisir.

Cette fois, la participation a été de 41,37%, soit "six points de plus" que lors de la précédente législative partielle dans la circonscription en 1995, a-t-il ajouté.

La socialiste Céline Solmy a remporté 11,66% des suffrages. Le Front National, qui présentait Bruno Ligonie, a rassemblé 5,56% des voix.

"C'est la première fois que le FN fait un score aussi bas dans la circonscription. La droite républicaine, quand elle sait tenir un discours clair, peut récupérer des électeurs qui s'étaient égarés dans une impasse", a déclaré M. Sarkozy.

Il était entouré de son épouse Cécilia, du maire de Neuilly Louis-Charles Barry, à qui il avait cédé son fauteuil lorsqu'il était devenu ministre de l'intérieur en 2002, et du comédien Christian Clavier, un ami intime.

"Je veux dire aux électeurs de la sixième circonscription, et au-delà à toutes les Françaises et les Français, que cette responsabilité qui pèse sur mes épaules, je la mesure, je sais ce que représente cette confiance. Je voudrais dire à chacun d'eux individuellement: je ne vous décevrai pas", a encore affirmé M. Sarkozy.

Cette victoire permet à l'ambitieux président de l'UMP, qui a les yeux rivés sur l'élection présidentielle de 2007, de rejoindre ses collègues de l'UMP dont beaucoup restent de fidèles chiraquiens, mais auprès de qui, selon ses amis, il ne devrait pas avoir de difficulté pour s'imposer.

"On peut être à la fois chiraquien et pour Nicolas Sarkozy", a ainsi assuré Roger Karoutchi, président du groupe UMP au Conseil régional.

"Le retour de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale permettra d'enrichir nos débats afin d'aider le gouvernement à poursuivre l'effort de modernisation indispensable à notre pays", a affirmé de son côté le chiraquien Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

Parmi les députés, M. Sarkozy peut compter notamment sur Thierry Mariani, Yves Jégo, Christian Estrosi, Nadine Morano, Eric Raoult. Mais aussi sur l'ex-UDF Pierre Méhaignerie, le président de la commission des finances dont il a fait son secrétaire général à l'UMP, ainsi que les libéraux comme Hervé Novelli ou encore sur la douzaine de députés du groupe des Démocrates, créé par Alain Joyandet.

Sachant que c'est lui qui distribuera les investitures pour les prochaines législatives, les autres députés devraient rester encore quelque temps dans une prudente expectative, avec une question en tête: Jacques Chirac sera-t-il ou non candidat à sa propre succession ?
yahoo.fr, actualités, lundi 14 mars 2005, 7h34

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Nicolas Sarkozy critique les hommes politiques qui refusent le suffrage universel

NICE (AP) - Dans une pique à Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a estimé mercredi soir 25 mai 2005) que seuls ceux qui ont affronté le suffrage universel "ont le droit de parler au nom de la France".

"Je respecte tous ceux qui ont affronté le suffrage universel et je les trouve plus méritants que tous ceux qui ne savent pas ce que c'est que gagner une élection", a lancé le président de l'UMP devant 1.200 personnes réunies à Nice pour son dernier meeting de la campagne du référendum.

"Ceux qui ont le droit de parler au nom de la France sont ceux qui ont affronté une fois dans leur vie le suffrage universel", a ajouté Nicolas Sarkozy.

La critique du président de l'UMP vise implicitement Dominique de Villepin. Haut fonctionnaire, le ministre de l'Intérieur, candidat quasi-déclaré à la succession de Jean-Pierre Raffarin à Matignon après le référendum de dimanche, M. de Villepin ne s'est en effet jamais présenté à une élection.
Ses détracteurs rappellent qu'il a aussi été l'artisan de la dissolution ratée de 1997. AP
yahoo.fr, actualités, mercredi 25 mai 2005, 21h02

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Référendum 29 mai. Sarkozy : «Cécilia compte beaucoup pour moi»
Il a admis avoir des problèmes de couple, et a joué la corde sensible.

Le chef de l'UMP est aussi «un chef de famille». Pour elle, Nicolas Sarkozy a demandé hier soir sur France 3 du «respect». Visiblement ému, il s'est élevé «contre les rumeurs les plus folles». Selon lui, «il y a juste une famille qui essaie de construire».

Ne démentant pas vivre des «difficultés» conjugales, il a joué l'identification «à des millions de familles» et assuré que la sienne était «en train de les surmonter». Pour être plus explicite, il a précisé : «Cécilia compte beaucoup pour moi. Et je crois que la réciproque est vraie.»

Depuis dimanche, la vie privée du couple Sarkozy est devenue un enjeu politique (Libération de mardi). Prétextant «un coup de fatigue», l'ex-ministre avait choisi ce jour-là de ne pas apparaître au journal télévisé de 20 heures sur TF1.

Dès lors, chacun, dans les appareils politiques, a spéculé sur les déboires du couple : a- t-elle quitté le domicile conjugal ? Est-il responsable de ce départ ? Le couple est-il en instance de divorce ? Hier soir, le président de l'UMP a balayé d'un revers de la main «ces rumeurs».
Alors que son entourage répétait depuis mercredi qu'il était disposé à répondre à toute question sur le sujet, Sarkozy a même commencé par s'en prendre à ses interlocuteurs journalistes : «Allez-y, faites votre joli métier...» Avant d'ajouter : «Il est normal en tant qu'homme public que je réponde aux questions. Mais est-ce que vous ne croyez pas que parfois ça va un peu loin, que ma famille mérite aussi d'être respectée ?»
Puis il a contre-attaqué : «Malheureusement, nous vivons dans un monde où tout le monde n'a pas les mêmes scrupules, où tous les coups peuvent être donnés et où, pour abattre quelqu'un, on utilise tous les procédés.»
Sarkozy n'a pas précisé qui se cache derrière ce «on».

Arrivés main dans la main au ministère de l'Intérieur en mai 2002, Nicolas Sarkozy et son épouse ­ et conseiller ­ Cécilia sont vite devenus le couple politique le plus médiatique. Ils ont même surenchéri pour mêler vie privée et vie publique, ne rechignant pas à apparaître dans des reportages «people» ou à mettre en scène leur intimité familiale.
Désormais, l'ancien ministre réclame, pour lui comme pour les siens, «un peu de répit». Et en profite pour tenter d'exposer une nouvelle facette de son personnage : le Sarkozy qui souffre.
Par Didier HASSOUX, vendredi 27 mai 2005 (Liberation - 06:00)

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(10 juin 2005) Villepin veut accélérer la lutte contre l'immigration
En installant le comité interministériel de contrôle, le Premier ministre a affiché son intention de "changer d'échelle dans la lutte contre l'immigration irrégulière".

Dominique de Villepin a affiché vendredi 10 juin son intention de "changer d'échelle dans la lutte contre l'immigration irrégulière" et a chargé ses ministres de lui soumettre des "propositions" dans "les prochaines semaines", notamment sur l'accueil des travailleurs et étudiants étrangers, à l'occasion de l'installation à Matignon du comité interministériel de contrôle de l'immigration. Patrick Stefanini, un proche d'Alain Juppé, a été nommé mercredi en Conseil des ministres secrétaire général de ce comité.

Propositions attendues

Aucune décision n'est sortie de la première réunion du nouveau comité, dont la création avait été annoncée le 11 mai par Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur. Le chef du gouvernement a en revanche chargé les ministres membres du comité, à commencer par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, de lui adresser des "propositions d'action" dans "les prochaines semaines". Ces propositions porteront notamment sur "l'augmentation du nombre des éloignements d'étrangers en situation irrégulière".

Sur ce point, Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'il souhaitait augmenter de 50% le nombre de reconduites à la frontière de clandestins en 2005, après la hausse de 72% enregistrée entre 2002 et 2004. Cliquer ici pour lire l'intégralité du discours de Nicolas Sarkozy. Les propositions devront aussi porter sur "l'accélération" de la mise en place de la biométrie pour les demandes de visa, sur la lutte contre le travail illégal ou une lutte accrue contre les mariages blancs.

Quotas

Sans évoquer la mise en place des "quotas" préconisés par Nicolas Sarkozy pour contrôler les flux migratoires, Dominique de Villepin a aussi invité ses ministres à lui soumettre leurs idées sur "l'adaptation de notre pratique en matière d'immigration aux besoins de l'économie française". Jeudi, les deux hommes ont semblé se rapprocher sur cette question. Le ministre de l'Intérieur a ainsi proposé des "quotas" par "catégorie".
Le soir même, le Premier ministre réaffirmait son hostilité aux "quotas ethniques ou par nationalité", sans exclure des quotas par catégorie professionnelle.
"Concrètement, cela veut dire que nous allons choisir ceux qui ont vocation à s'installer en France, plutôt que de subir", a expliqué vendredi Nicolas Sarkozy à l'issue de la réunion, sans préciser si le gouvernement envisageait ou non des "quotas". "On veut accueillir des étrangers dont on a besoin plutôt que des étrangers à qui on n'a à offrir ni un logement ni un travail", a-t-il dit. Et d'ajouter, en réponse à une question sur ses divergences avec M. de Villepin sur ce point: "pourquoi on ne serait pas sur la même longueur d'ondes?"

"Ferme et juste"

Ce programme de travail "témoigne de la volonté de changer d'échelle dans la lutte contre l'immigration irrégulière", a souligné Dominique de Villepin dans un communiqué diffusé par Matignon. "Il s'agit de mettre fin à des détournements des droits ou des procédures existants inacceptables et trop longtemps tolérés".
Nous voulons "une politique d'immigration ferme et juste", "nous voulons une immigration choisie et non pas une immigration subie", a renchéri Nicolas Sarkozy dans la cour de Matignon, affichant sa volonté "de mettre en oeuvre une action extrêmement déterminée". "Nous en avons assez que les procédures d'asile politique soient systématiquement détournées, qu'il existe des mariages blancs, que les visas de tourisme soient utilisés pour s'installer en France. Il faut remettre les choses un peu d'équerre". (avec AP)
NOUVELOBS.COM | 10.06.05 | 17:05

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(10 juin 2005) Le MRAP s'insurge contre Sarkozy
Immigration. La proposition du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de fixer, "catégorie par catégorie", le nombre de migrants en France, relève du "néo-colonialisme", selon le MRAP. La Cimade juge l'idée "simpliste".
NOUVELOBS.COM | 10.06.05 | 17:15

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(20 juin 2005) Les propos de Nicolas Sarkozy sur le "nettoyage" de La Courneuve provoquent l'indignation

Lors d'une visite, lundi 20 juin (2005) à la Cité des 4000 de La Courneuve, près de Paris, où un garçonnet de onze ans a été tué par balles dimanche, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a déclaré : "Les voyous vont disparaître, je mettrai les effectifs qu'il faut, mais on nettoiera la Cité des 4000."

En déplacement mardi dans le sud de la France, le ministre de l'intérieur a tenu à justifier l'emploi de ce vocabulaire : "Le terme 'nettoyer' s'applique parfaitement à ceux qui sont capables de tuer un petit garçon de onze ans." "Il a été parfaitement compris par ceux qui vivent un enfer" à la Cité des 4 000.

Mais il n'a pas été entendu par tous de la même oreille : dans la journée de mardi, les réactions critiques ont été nombreuses. D'autant que selon des propos rapportés par le maire (PCF) de la Courneuve, Gilles Poux, le ministre avait auparavant promis devant la famille de la victime de "nettoyer au karcher" le quartier.

L'ÉTAT N'EST PAS LÀ "POUR NETTOYER"

La Ligue des droits de l'homme a dénoncé, mardi, "un langage inquiétant" de la part du ministre de l'intérieur. "On nettoie des êtres humains alors qu'il s'agit d'arrêter des délinquants. Ce vocabulaire relève d'un discours populiste et non pas de la représentation de la république", a déclaré le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois.

L'Union syndicale des magistrats a souligné que l'Etat "devait faire appliquer les lois de la République à tous" et n'était pas là "pour nettoyer". "Le mot de nettoyage est un mot historique lourd de sens dont il faut éviter l'usage", a estimé le président de l'USM, Dominique Barella. Le syndicat a également critiqué "une méconnaissance des nécessités de discrétion d'une enquête judiciaire" dans cette affaire de la part du ministre de l'intérieur qui a, lors de sa visite, affirmé que l'arrestation des meurtriers était "une affaire d'heures plutôt que de jours". "Cette annonce est une quasi-incitation des auteurs ou complices à prendre la fuite et à faire disparaître les preuves", a estimé le président de l'USM.

"PROPOS INACCEPTABLES"

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) dénonce, lui, des propos "inacceptables". "Le ministre de l'intérieur fait un amalgame révoltant entre des immigrés sans papiers et des tueurs d'enfants", peut-on lire dans un communiqué du Mrap. Selon ces propos cités par le Mrap, M. Sarkozy a annoncé "des opérations systématiques en liaison avec le procureur de la République pour aller chercher des armes, pour démanteler des trafics, pour expulser des clandestins, pour rechercher des délinquants et punir des voyous". "Autant il est naturel que le ministre de l'intérieur affirme sa solidarité avec les victimes et sa détermination à rechercher les coupables, autant on ne peut accepter la stigmatisation de toute une population qui devrait être soumise à un 'nettoyage au propre comme au figuré'."

Du côté de la gauche, des élus et responsables ont dénoncé les "incantations" et les "formules chocs" de Nicolas Sarkozy au détriment, selon eux, d'une réelle action sur le terrain.
"On attend d'un ministre de l'intérieur (...) d'éviter des formules chocs et de traiter les problèmes", a déclaré François Hollande sur Europe 1. "Il ne s'agit pas d'aller sur le terrain pour dire 'regarder comme je fais', il s'agit d'agir, de prendre des décisions et de rendre compte", a lancé le premier secrétaire du Parti socialiste. "Comment se fait-il que les effectifs (de police) aient baissé à La Courneuve ? Le maire lui-même constate que toutes les promesses qui lui avaient été faites ne sont pas tenues", a ajouté François Hollande, soulignant que Nicolas Sarkozy avait déjà été ministre de l'intérieur pendant deux ans. "C'est ça ce gouvernement, les mots, les formules, les incantations..."
"Les gens ont plutôt envie qu'on règle les problèmes, pas qu'on les déplace (...) Ce n'est pas avec un karcher qu'on fait sortir certaines pratiques de ces cités, mais avec une politique de fond et des moyens", a, de son côté, estimé le député PS de Seine-Saint-Denis, Bruno Le Roux.
LEMONDE.FR | 21.06.05 | 18h37 • Mis à jour le 21.06.05 | 19h50

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(23 juin 2005) L'appel à une riposte contre Sarkozy n'a pas été entendu. Petit défilé en solidarité avec les sans-papiers

Ce fut un rassemblement «malgré». Malgré l'orage qui détrempe; malgré les embouteillages; malgré les malentendus sur les horaires, malgré, surtout, les absents. Hier à 18 h 30, ils étaient un peu plus d'une centaine sous les arbres de la Bastille à Paris à avoir répondu à l'appel conjoint des collectifs de sans-papiers, des associations (Ligue des droits de l'homme, Droits Devant, Mrap) des syndicats (CGT, SUD, FSU) et des partis politiques (LCR, PC, Verts). Ce devait être le début de la «contre-offensive» après la demande faite par Nicolas Sarkozy aux préfets de «poursuivre l'effort» de reconduite à la frontière des immigrés illégaux, ce fut juste l'occasion pour les sans-papiers d'affirmer leur détermination.

Sous les parapluies et les feuilles de journaux humides, ils sont maliens, sénégalais, congolais, ou chinois. Une majorité d'hommes, quelques femmes, des enfants. Beaucoup, comme Biltou, Malienne de 25 ans, vivent d'expédients depuis des années. Elle dit: «Je ne mange pas tous les jours pour que ma fille de 2 ans et demi ait ce qu'il lui faut. Je ne reçois aucune aide sauf du Samu social. On me refuse des papiers. Je ne travaille pas, mais je sais tresser, alors je me débrouille.» Elle dit encore: «Je ne retournerai pas. A Bamako, il n'y a rien.»

Plus loin, deux Chinois écarquillent les yeux pour dire qu'ils ne savent pas dire. Les djembés sortent, une sono scande la «solidarité». Ce devait être le mot d'ordre de ce rassemblement où militants politiques et syndicalistes se sont faits rares. Un slogan revendiqué par le président de la Ligue des droits de l'homme, Jean-Pierre Dubois: «Nous voulions lancer un signal de solidarité aux sans-papiers dont la situation, déjà effroyable, est en train de se dégrader de façon inacceptable.» «Il faut en finir avec l'hypocrisie qui règne en France depuis trente ans. En Espagne et en Italie, la régularisation massive des sans-papiers s'est faite sans explosion sociale, et sans qu'on ait le sentiment que ces pays soient d'un coup submergés par des hordes d'étrangers. Si la classe politique française n'a rien fait, c'est pour des raisons électoralistes.» Les sans-papiers ne désarment pas. «Jeudi, on ira voir Sarkozy dans son cabinet pour lui parler», lance l'un d'eux.
vendredi 24 juin 2005 (Liberation - 06:00)

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(01 juillet 2005) Les magistrats se mobilisent contre les propos de Nicolas Sarkozy

Plus de 200 magistrats et avocats ont manifesté, vendredi 1er juillet (2005), sur les marches du Palais de justice de Paris pour dénoncer les propos contre les juges de Nicolas Sarkozy.
Le ministre de l'intérieur a mis en cause, la semaine dernière, le juge qui a accordé la libération conditionnelle à l'un des meurtriers présumés de Nelly Crémel, estimant qu'il devait "payer" pour sa "faute".
Lundi, il a déclaré qu'il sentait "monter la colère de beaucoup de gens" à la suite de la libération de quinze caïds présumés du milieu grenoblois, relâchés à la suite d'une "erreur" de procédure du juge d'instruction.

Réactions réservées des magistrats aux propositions sur la récidive

Les deux principaux syndicats de magistrats, l'USM et le SM, ainsi que l'Observatoire international des prisons (OIP) ont accueilli avec les plus grandes réserves, vendredi 1er juillet, les propositions d'un rapport sur la prévention de la récidive pour les délinquants dangereux. Les "centres fermés de protection sociale" (CFPS), dont la création est suggérée par le rapport, semblent "un mélange des genres entre prison et soins qui ne sera jamais accepté par le milieu psychiatrique", a estimé le président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).
Pour le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), les mesures proposées "visent en fait à l'accroissement du contrôle social au-delà de la durée de la peine et pour une durée indéfinie". L'OIP, une association qui défend les droits des détenus, estime pour sa part que ces centres, "une peine après la peine", sont "une dérive vers un enfermement à vie qui ne dit pas son nom et qui va concerner une immense majorité de personnes (...) sur la base d'une évaluation éminemment hasardeuse".

Cette manifestation était organisée à l'appel de l'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire), du Syndicat de la magistrature (gauche), de l'Association nationale des juges d'application des peines (Anjap) et de deux syndicats de magistrats de l'ordre administrafif.

"Les magistrats font un travail difficile jour et nuit. Nous ne voulons pas en plus assumer chaque jour des déclarations d'insultes et de mises en cause", a déclaré à la presse le président de l'USM, Dominique Barella.
"Aujourd'hui, des avocats sont aussi présents aux côtés des magistrats. Ce sont les institutions qui sont mises en cause, bien au-delà des seuls magistrats", a ajouté M. Barella, dénonçant au passage "une chasse aux magistrats".

"EXPLOITATION MINABLE D'UN FAIT DIVERS"

"Les magistrats sont parfaitement ouverts au débat à condition qu'il ne s'agisse pas d'un jeu de massacre", a, de son côté, réagi Valéry Turcey, membre du Conseil supérieur de la magistrature. "Face à une situation qui est quand même une menace sur le principe de la séparation des pouvoirs, qui est un des fondements de la démocratie, (...) les magistrats doivent être là pour dire 'non, nous ne sommes pas d'accord'", a déclaré Valéry Turcey, membre du Conseil supérieur de la magistrature.

"Sous prétexte que M. Nicolas Sarkozy est candidat à l'élection présidentielle, le débat prend un tour totalement démagogique", a estimé Côme Jacquemin, du Syndicat de la magistrature. Le juge d'instruction Jean-Louis Périès a pour sa part dénoncé "l'exploitation minable d'un fait divers", et la vice-présidente du tribunal de Paris, Sylvie Rebboh, a déploré que les projets de réforme du gouvernement "ne s'accompagnent pas de l'annonce de moyens de travailler".

Jeudi, le premier ministre, Dominique de Villepin, a exclu la solution de peines de prison automatiques pour les délinquants multirécidivistes, défendue par Nicolas Sarkozy, mais confirmé la réouverture du dossier controversé de la responsabilité des magistrats.
LEMONDE.FR | 01.07.05 | 16h29 • Mis à jour le 01.07.05 | 18h09

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18/08/2005 Valenton se paie le couple Sarkozy

A LA MAIRIE de Valenton, on en rit encore à gorge déployée. Si, ces dernières semaines, l'ensemble de la presse française scrute le moindre geste du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, le bulletin municipal de la petite ville communiste ne fait pas exception.

Ainsi, dans sa livraison de juillet-août, le magazine se gausse des déboires conjugaux du chef de l'UMP. Pour accompagner un article pédagogique sur les chèques sans provision, le bulletin a choisi une illustration pour le moins polémique. A première vue, il s'agit d'un fac-similé d'un chèque de 150 euros. Tout ce qu'il y a de plus banal. Mais en observant attentivement, on s'aperçoit que le titulaire du compte n'est autre qu'une mystérieuse « M l l e Cécilia Sarkyzo », demeurant au « 2, rue de la Fidélité, 92200 Neuilly »...

« On est tombé à un degré de triple zéro »

Barré de la mention « Spécimen », le chèque est adressé le 29 mai 2005 (NDLR : référence à la claque du non au référendum sur le traité constitutionnel) à un certain Nicolas.
Pas avare de détails caustiques, le magazine va jusqu'à apposer un mignon petit coeur à côté de la supposée signature de Cécilia Sarkyzo. L'allusion au couple Sarkozy est plus que limpide.

Interrogé hier, Christian Leduey, rédacteur en chef de la publication assume, hilare, « un petit clin d'oeil humoristique ». Il raconte : « L'idée nous est venue lors de la mise en page alors que nous ne savions pas quoi mettre en illustration. On estime qu'on peut se le permettre. Un magazine municipal n'est pas aussi institutionnel qu'on veut bien le faire croire... »
Selon Christian Leduey, le maire communiste aurait découvert cette boutade après publication, en même temps que les Valentonnais. « Il n'a rien dit. Généralement, cela signifie qu'il apprécie le magazine », observe le rédacteur en chef.

En revanche, à l'UMP, la plaisanterie ne passe pas. « C'est d'un mauvais goût... On est tombé à un degré de triple zéro, s'énerve Michel Herbillon, patron départemental du parti de Sarkozy et député-maire de Maisons-Alfort. Ce mélange de calomnie et de rumeur discrédite les publications municipales. C'est un procédé de faussaire qui n'a pas de respect pour les habitants de sa ville. » Une chose est sûre, la publication est déjà tombée sur le bureau du ministre de l'Intérieur, actuellement en vacances.

Sa réaction ? Pour l'heure, un simple haussement d'épaules, selon son entourage. Mais rien n'indique que Cécilia, particulièrement visée, trouve la plaisanterie à son goût et laisse les choses en l'état.
leparisien.com, Rahim Bellem et Julien Duffé, Paru le : 18/08/2005

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(Août 2005) « Match » met en scène Cécilia

CETTE SEMAINE, « Paris-Match » fait fort, très fort même. A la une, l'hebdomadaire présente en effet - surpris en juillet à New York, à l'évidence par des paparazzis - un tandem composé de Cécilia Sarkozy et de Richard Attias, 45 ans.

Match » le décrit comme « un homme d'affaires spécialisé dans la communication événementielle ». Il a notamment à son actif, apprend-on, l'organisation logistique du Forum économique de Davos, « rendez-vous des grands de ce monde ».
Cécilia et lui se seraient « rencontrés », toujours selon « Match » et photos à l'appui, fin 2004, lorsque Nicolas Sarkozy, l'actuel ministre de l'Intérieur, soucieux que la fête de son intronisation à la tête de l'UMP soit parfaite, en avait confié la mise en scène au dit Richard Attias.

Le dossier de « Match - la une et six pages, sous le titre global « Cécilia Sarkozy, l'heure du choix » - est d'autant plus surprenant que les photos ne sont « éclairées » que par un seul article, et non signé. Son titre : « A Paris, à Manhattan comme en mai à Pétra, Cécilia et Richard Attias ne font pas mystère de leur complicité ».
Le scribe anonyme, évoquant la présence surprise du tandem à Pétra, en Jordanie, le 18 mai dernier, lors d'une prestigieuse manifestation internationale dont Attias est, cette fois encore, l'organisateur et dont la star est le roi Abdallah II, écrit : « L'apparition publique de ce qui ne peut être vu que comme un couple étonne... »
Pourtant, l'hebdomadaire fait état de la présence en ce mois d'août de Cécilia au Pyla, près d'Arcachon, peut-être à cause de son fils Louis (en vedette avec son père la semaine dernière dans « Match ») : « Ensemble, les époux Sarkozy ont fait leur jogging... ».

Vie publique-vie privée, frontière floue

Dans le couple Sarkozy, l'un ou l'autre aurait-il, par extraordinaire, souhaité cet étonnant reportage, ou consenti à sa parution ? Ou s'agit-il d'un nouvel épisode - impressionnant - de la réduction, sur le mode anglo-saxon, de la vie politique française aux affaires de coeur (les vraies comme les autres) ?
En tout cas, le ministre d'Etat paie cher d'avoir naguère exposé et même surexposé son couple. Au risque - évident dès le premier jour - que la frontière entre vie privée et vie publique, encore à peu près respectée en France à ce jour, devienne soudain floue.
Dominique de Montvalon, leparisien.com, Paru le : 25/08/2005

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lundi 29 août 2005 Le messager
Christophe Lambert, 40 ans, publicitaire, ami de Sarkozy et de l'ami de Cécilia, amateur de corrida, concepteur de formules chocs et d'un essai pour dépoussiérer la droite.

Ne dites pas à sa mère qu'il fait de la politique, elle le croit publicitaire comme son papa. Qu'elle ouvre la double page centrale de Paris Match ! L'homme à l'écharpe, à côté de son petit dernier, c'est Nicolas Sarkozy avant le congrès de l'UMP. Christophe Lambert, président de Publicis Conseil donnait «un coup de pouce à un ami».
L'épisode serait resté anonyme s'il n'y avait sur la même photo son collègue de Publicis Richard Attias et Cécilia Sarkozy. Le vaudeville a commencé là. Christophe présente son ami Richard à Nicolas et Cécilia. Richard et Cécilia deviennent amants et s'enfuient en Amérique. Nicolas en veut à Christophe puis lui pardonne. Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes... La formule, qui a fait vendre beaucoup de chocolat, a contribué à la réputation de Christophe Lambert. «Quelqu'un qui comprend la communication dans toutes ses dimensions», a salué son big boss Maurice Lévy, qui l'a appelé en 2003 pour redoper Publicis en France.

«Je ne suis pas un créatif, mais j'ai confiance en ma capacité de vision», dit Christophe Lambert sans fausse modestie. Paraphrasant François Dalle (L'Oréal), «la pub, c'est saisir ce qui commence», il se voit en anticipateur, entre chimiste et Frankenstein : «Mon métier, c'est trouver les ingrédients et provoquer les réactions.» A la SNCF («Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous»), à Auchan («la vie, la vraie»), au Club Med («Il y a tant de monde à découvrir»), ou pour son ami Sarkozy.
En pub comme en politique ne dit-on pas campagne ? Les marques, «univers de sens et de valeurs», font toujours rêver le patron de Publicis Conseil (3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires) : «Je tends la main vers un paquet de petits LU et c'est l'enfance, les coins coupés, les licenciements boursiers... Tant que l'imaginaire est là, ça fonctionne. Sans les marques, la société de consommation serait l'enfer sur terre.» Christophe Lambert est le fils spirituel de Jacques Séguéla et de Steve Jobs, le fondateur gourou d'Apple. «La génération "copier-coller"», dit-il.

Gavé de sondages et d'études de consommateurs, éponge à tendances et à concepts, il distille des perles qui feront vendre, les enfile et en fait des convictions. «La société, assure-t-il, est devenue moins cynique, plus humaine, et très morale.» Le mois de décembre qui a suivi le sacre à l'UMP, il s'est attelé à son Apple iBook. Six mois plus tard est sorti un livre (1) qui ressemble à du sarkozysme, mais qui n'est pas du sarkozysme. Car Christophe Lambert est lambertiste, encore que la marque ait déjà été déposée. L'essai, «qui n'est pas téléguidé», décortique les «trente peureuses», trois décennies sapées selon lui par Mai 68, «qui a figé la société sans la changer».
La France a peur, dit Lambert qui regardait Roger Gicquel quand il était petit. Peut-elle encore s'en sortir ? L'avenir est dans les valeurs. Morale, justice, humanisme. Et aussi travail, autorité et rigueur, prône ce pourfendeur des 35 heures. Le monde a intérêt à bien se tenir : «La société des morales sera certainement aussi rigide que la société de la peur était molle, mais la France, aujourd'hui, a faim de rectitude.» Elle attend l'Homme, «chef moral avant d'être un chef de clan». Lequel ? Teasing.

Chez BBDO, sa boîte avant Publicis, Christophe Lambert avait trouvé «Ask for more» pour Pepsi. «Demandez plus». Au soda, à vous-même, et au futur président de la République. «Ça le résume bien», commente Laurent Weil, son ami depuis le lycée Pasteur de Neuilly, «la légèreté n'est pas un mot qui le caractérise». Les trois mille salariés sous ses ordres depuis deux ans peuvent en témoigner. «Il a mis tout le monde au boulot, dit l'une, on ne rigole pas du tout.»
En arrivant dans son bureau avec terrasse, au sixième étage du drugstore des Champs-Elysées, Christophe Lambert a coupé sa barbe et son catogan, vendu sa Jaguar à vitres fumées et congédié son chauffeur. Il s'est dit qu'il devait écrire un livre. Et trouver mieux que la plus magnifique formule à ses yeux : le «Just Do it» de Nike.

A 16 ans, ce fils de mitterrandistes dansait à la Bastille sur le «Changer la vie» de Jacques Séguéla. Benjamin de trois garçons, il croquait les petits LU par tous les coins, écoutait Genesis, vivait à Neuilly, cet «épouvantable ghetto de riches vulgaires», et se passionnait pour Sartre et Heidegger. Sa mère était dans le commerce du bijou fantaisie.
L'avenir, c'était journaliste à Libération, ou publicitaire comme son père, en charge du budget Renault chez Publicis. Un septennat plus tard, son percepteur le félicitait de son choix, Christophe arrêtait de voter à gauche et épousait la fille de son patron chez Boulet Dru Dupuy Petit. «L'irrésistible ascension de Christophe Lambert», comme il dit dans un sourire plein de grandes dents blanches, avait commencé.

Sa vocation de patron ­ «ma véritable nature au fond» ­ explosait. Il bosse du soir au matin. «Je suis un feignant qui a beaucoup de volonté, explique-t-il, j'ai une capacité énorme à ne rien faire et je lutte en permanence contre moi-même. J'entraîne ma volonté, c'est un des muscles les plus importants.»

Grand, mince (il ne l'a pas toujours été), athée angoissé, l'action pour seule religion, Christophe Lambert n'a «pas le bonheur facile». Il aime se battre. «La pub est une arène, il est au milieu et il mène le combat. Il a besoin d'affrontements», dit l'ami Laurent Weil. Métaphore attendue : sa deuxième vie est à Arles, près de la capitale des aficionados français. Sa grand-mère paternelle, postière au Perreux-sur-Marne, venait de Sommières. Il avait 3 ans pour sa première corrida sur les genoux de son père. Quarante ans plus tard, il ne rate jamais une feria de Séville, quel que soit le client à ferrer dans le monde, «cela m'aide à supporter les 51 autres semaines».
Il possède avec Simon Casas son propre élevage de toros de combat dans la plaine de la Crau. Passe-temps à risques, qui rend modeste : «Une façon d'être acteur dans ce monde, sans avoir à se mettre devant le toro. C'est une forme de grande lâcheté, au fond. Il suffit d'avoir de l'argent.» Sa deuxième femme est la torera française Marie Sara, avec laquelle il a deux petits enfants. «Elle fait ça à cheval, c'est terrifiant. Quand je vais la voir, c'est le public qui me fait le plus peur. Une arène, c'est l'amplificateur des triomphes et des échecs. On dit bronca en espagnol, la honte.»
Marie Sara vit dans le Gard, dans la maison de leurs rêves, ouverte aux amis passionnés de corrida, «il est généreux, gentil et pas trop snob», dit l'un d'eux, photographe sans le sou. Lui reste à Paris la semaine : «Personne n'a voulu se sacrifier pour l'autre, on se voit le week-end, c'est assez moderne.» Laurent, l'ami d'enfance aujourd'hui critique de cinéma, n'est pas étonné par le quadragénaire qu'il est devenu : «Il n'a pas changé.» Il l'imagine à 60 ans, «à la tête d'un élevage de toros de combat dignes de ce nom en France», écrivant un roman. Christophe Lambert jure qu'il travaillera longtemps : «J'en ai besoin pour vivre.»
Copain de Marc Lévy (quelques millions de romans vendus), il pense aussi qu'au fond seule la littérature compte. Plus qu'un essai, en précampagne présidentielle. «Ce n'est pas ça, un livre. On raconte ça a sa mère, mais ce n'est pas vrai.»
(1) La Société de la peur, Plon, 15 €.

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Christophe Lambert en 7 dates
10 octobre 1964 Naissance à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).
1981 Etudes de sciences politiques au Canada.
1985 Chef de projet chez BDDP.
1990 Coprésident de RSCG.
1996 Président général de CLM/BBDO.
1998 Elevage de toros de combat.
2003 Président de Publicis Conseil.
Par Pascale NIVELLE, liberation.fr, lundi 29 août 2005, p. 36

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(Septembre 2005) Affaire
Sarkozy et Estrosi cités dans un dossier judiciaire

LE MINISTRE de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, et Christian Estrosi, le ministre de l'Aménagement du territoire, se retrouvent cités dans un dossier judiciaire instruit au pôle financier parisien.

Dans le cadre d'une vaste enquête financière, la juge Dominique de Talancé a arrêté un marchand de biens niçois, Pierre Raynaud. Or, dans la sacoche de ce dernier, les enquêteurs policiers de la brigade de recherches et d'investigations financières (Brif) ont mis la main sur un dossier de « vente d'immeubles du ministère des Finances ». Et dans la sacoche de Pierre Raynaud, se trouvait un courrier de Nicolas Sarkozy à Christian Estrosi faisant référence à une société liée à Raynaud. Dans quel cadre cette intervention ? « Il n'y a rien de particulier dans ce courrier, c'est une réponse à un député comme nous en faisons tous les jours », réagit Claude Guéant, le bras droit du ministre de l'Intérieur.

Un courrier signé de Nicolas Sarkozy

Selon nos sources, pourtant, la juge examine les suites éventuelles à donner à ce volet de l'affaire. Incarcéré durant quatre mois et aujourd'hui sous contrôle judiciaire, Pierre Raynaud, défendu par Me Martine Malinbaum, ne s'est pour l'heure pas expliqué devant la magistrate. « Je vous fais la même réponse qu'à la juge, nous déclare-t-il : je connais Nicolas Sarkozy comme tous les Français, et Christian Estrosi comme tous les Niçois. Un point c'est tout. »

Impossible d'en savoir plus de la bouche de cet homme d'affaires à l'accent méridional, déjà condamné dans le passé et connu sur la Côte d'Azur pour avoir été un proche de l'ancien maire d'Antibes, Pierre Merli. « Quand Raynaud avait été entendu une première fois dans le cadre des affaires financières de Merli, ce dernier avait dit à ses amis : Ne vous inquiétez pas, le petit ne parlera jamais », raconte un proche de Raynaud, pour dire que l'homme n'est pas « un bavard ».

L'affaire débute le 26 avril dernier. Les enquêteurs de la juge de Talancé sont sur la piste de Pierre Raynaud depuis quelques semaines. Le Niçois a été placé sur écoutes téléphoniques et les policiers apprennent qu'il monte sur Paris pour un rendez-vous, le soir même au Plaza Athénée. Raynaud est arrêté à Orly, à sa descente d'avion. Sa sacoche est aussitôt placée sous scellés ainsi que ses agendas. A l'intérieur de la mallette, un dossier attire l'attention des policiers. Le dossier Aerium.
Raynaud l'explique volontiers aux enquêteurs, il a été mandaté par ce fonds d'investissement anglais pour deux opérations. La première concerne la ville de Nice et la construction d'un hôtel de luxe. Raynaud a d'ailleurs sollicité le maire de la ville sur ce projet et a la copie d'un échange de courriers avec Jacques Peyrat.
La deuxième opération concerne la vente, par le ministère des Finances, de deux immeubles parisiens, rue de l'Université et rue de la Tour-des-Dames. Dans le cadre de cette opération, les policiers découvrent dans la sacoche de Pierre Raynaud un courrier signé de Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, adressé à Christian Estrosi, « député des Alpes-Maritimes ».
Nicolas Sarkozy, dans ce courrier daté du 24 novembre 2004, informe Christian Estrosi que « la candidature du fonds Aerium à l'acquisition de deux immeubles appartenant à l'Etat (...) lui est bien parvenue » et qu'il en a « pris bonne note ».

Les relations « amicales » des protagonistes

« L'avis d'appel à candidatures pour ces deux immeubles devrait être rendu public dans les prochaines semaines, écrit le ministre. Le fonds Aerium a naturellement vocation à participer à cette procédure. » Le ministre d'Etat, le même jour, écrit aussi à un avocat niçois, Me Daniel Hancy, pour lui indiquer que « Michel Hainque, délégué général adjoint de la mission interministérielle de valorisation du patrimoine immobilier de l'Etat, est à la disposition du fonds Aerium pour toute information sur cette opération ».
« Je me souviens de cette affaire, nous indique Me Hancy. Christian Estrosi est un ami, et il m'a effectivement facilité un rendez-vous avec un fonctionnaire parisien, M. Hainque, pour l'achat d'immeubles du ministère des Finances. » Me Hancy se souvient « d'un rendez-vous » à Bercy : « Il y avait deux représentants d'Aerium, moi et Pierre Raynaud », nous confie-t-il.
« Me Hancy est un ami de Christian Estrosi, qui lui a facilité un rendez-vous au ministère, c'est tout », admet lui aussi Eric Ciotti, son directeur de cabinet au conseil général des Alpes-Maritimes.

Au final, malgré les relations « amicales » des protagonistes, Aerium n'a finalement pas acheté les deux immeubles. Selon le dossier saisi par les policiers, cette société anglaise avait pourtant fait deux offres, l'une de 20 millions d'euros pour la rue de la Tour-des-Dames, l'autre de l'ordre de 130 millions d'euros pour la rue de l'Université. Et les enquêteurs s'interrogent sur les annotations financières manuscrites retrouvées sur le dossier de Pierre Raynaud.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, 17 septembre 2005, p. 16

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(Neuilly) Journal municipal
Où est passée Cécilia ?

DEPUIS deux ans, l'épouse de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine apparaissait chaque mois en photo dans « Neuilly Journal indépendant », la publication locale qui fait office de bulletin municipal.

Depuis mars, Cécilia a totalement disparu de ce mensuel où elle posait deux, voire trois fois par numéro.
En 2004, et bien que n'ayant aucune fonction officielle ou élective, elle y était omniprésente. En avril, elle inaugurait un salon. En mai, elle fêtait avec son époux la réouverture du célèbre restaurant Jarasse, détruit par un incendie. En juin, elle musardait à la braderie des Sablons. En juillet, le couple était à la une et souhaitait en pages intérieures de bonnes vacances aux Neuilléens. Cinq pages plus loin, on voyait encore Cécilia inaugurant la nouvelle maison des jeunes. En septembre, sa haute silhouette émergeait au milieu du forum des sports tandis que, quelques pages plus loin, elle posait pour la Fête des vendanges. En décembre 2004, c'est en ménagère qu'elle apparaissait entre poissons et choux-fleurs au Carreau de Neuilly, un marché couvert rénové.

« En jeans et l'air absent »

En janvier 2005, Cécilia accueillait les Neuilléens pour les voeux en haut de l'escalier d'honneur de l'hôtel de ville. En page 4, elle posait même avec la reine de Jordanie, dont l'ambassade est située à Neuilly.

C'est alors qu'intervient une sorte de rupture, remarquée à l'époque par Thierry Hubert, unique conseiller municipal vert de la commune : « On la voit, en jeans et veste à carreaux, l'air absent, pour les voeux du personnel », remarque-t-il.
En février 2005, apparaissent les ultimes clichés de Cécilia pages 3 et 6. Elle est la marraine des « sourires d'enfants handicapés ». Et puis plus rien ! Le maire de Neuilly, Louis-Charles Bary, 77 ans, a déjà prévenu qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Mais dans « Neuilly Journal indépendant », c'est lui qui inaugure, accueille et préside les manifestations officielles et occupe les photographes.
Nicolas Sarkozy est désormais seul, lui aussi, dans les colonnes du journal pour rendre hommage en juin aux déportés juifs ou évoquer la laïcité un mois plus tard. La disparition médiatico-locale de Cécilia est telle que le sujet alimente désormais les conversations des Neuilléens. Ils avaient compris qu'on s'apprêtait à proposer à leurs suffrages une nouvelle candidature Sarkozy au féminin. Mais Cécilia est partie. Qui sera le prochain maire ?
Martine Chevalet, Le Parisien, Paru le : 22/09/2005

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(Octobre 2005) La mendicité avec enfant n'est plus un délit
La Cour de cassation a relaxé une Rom poursuivie en vertu d'un texte de Sarkozy.

Une petite claque pour Sarkozy administrée, mercredi, par la Cour de cassation elle-même. Dans la loi d'août 2003 qui porte son nom, le ministre de l'Intérieur ­ dans un souci sûrement humain ­ avait créé un délit spécial de mendicité avec enfant. Est désormais considéré comme ayant privé de soins un bambin, celui ou celle qui a maintenu «un enfant de moins de 6 ans sur la voie publique ou dans un espace affecté au transport collectif de voyageurs dans le but de solliciter la générosité des passants». Délit très sévèrement puni de sept ans de prison et de 100 000 euros d'amende.

Arrêtée deux fois à Paris, sur les Champs-Elysées en mai et août 2003, avec son fils de deux ans, Angelica, qui vit en caravane avec ses quatre enfants, avait été relaxée par le tribunal en janvier 2004, puis par la cour d'appel, le mois suivant. Les juges avaient en effet estimé que «la privation de soins à son fils» n'était pas démontrée. «Ses enfants sont scolarisés et suivis médicalement», avait plaidé l'avocat, Me Henri Braun, qui avait relevé qu'Angelica ne mendiait pas par plaisir : «Elle n'a pas le choix, c'est une attitude de survie, pas un comportement délictueux.» Il avait aussi souligné que si privation de soins il y avait, elle était plutôt du fait de l'Etat qui ne fait rien pour aider les Roms, et tempêté contre un gouvernement mû par la volonté de nettoyer les rues «pour que la pauvreté et la misère ne se voient pas».

Après cette double relaxe, le parquet général de Paris, mécontent, avait formé un pourvoi. Rejeté donc par la Cour de cassation, qui a donné raison aux juges. Et ce, contre l'avis de Dominique Commaret, l'avocate générale, pour qui le législateur avait voulu préserver les enfants d'une mise en danger. Pour elle, le simple risque suffit, même si la santé des enfants n'est pas atteinte. Une faute préventive en quelque sorte. Analyse repoussée par la cour.

Désormais, pour que cet article de la loi Sarkozy s'applique, il faudra que soit prouvée une altération réelle de la santé des enfants de mendiants. Voilà qui obligera les policiers et les magistrats à une enquête plus poussée, pas toujours ­ et c'est peu dire ­ entreprise dans ce genre d'affaires.
Par Dominique SIMONNOT, vendredi 14 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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Coup de gueule des magistrats
Ils ont violemment critiqué les méthodes du ministre.

Quel honneur et quelle surprise! Vendredi (14 octobre 2005), Dominique de Villepin avait bousculé son calendrier pour une visite au congrès de l'Union syndicale des magistrats.
Jamais, au grand jamais, on n'y avait vu un Premier ministre. D'où la question, pourquoi? A l'évidence, pour faire le pompier anti-Sarkozy et calmer les magistrats, furieux des attaques répétées du ministre de l'Intérieur.
Une colère jamais vue non plus, lisible dans le discours ­ d'une rare violence ­ du président de l'USM, Dominique Barella. Il parle de «haine» des juges, de «délire» de la part des responsables politiques. Et entre tous, il désigne le ministre de l'Intérieur : «Nombre d'entre nous ont encore en mémoire ses outrances réitérées contre l'institution judiciaire et les juges qu'il exècre publiquement» ou «chacun sait qu'il dit n'importe quoi sur le fonctionnement» de la justice.
Et ces conseils enragés au garde des Sceaux qu'il lui suggère de glisser à son collègue de l'Intérieur : «Faire cesser les viols commis par des policiers, les agressions sexuelles de policiers à l'égard de leurs collègues féminins, les claques à des mineurs de 8 ans.» Ou encore, faire diminuer les erreurs de procédures, faire baisser les agressions qui sont en augmentation. Coup de pied final, suggérer à Sarkozy «qu'il s'occupe d'améliorer le taux d'élucidations de la police française, qui est un des plus faibles d'Europe».

Ce discours endiablé, Villepin l'avait lu. Et pour ne pas sembler y répondre, préséance oblige, c'est lui qui a ouvert le congrès, avec des mots doux, un visage avenant. Tout en allusions, dans son rôle d'exact contre-pied de son ministre de l'Intérieur :«Je suis venu vous adresser un message de confiance. J'ai confiance dans la justice. J'ai confiance dans le travail des magistrats.»
Et c'est bien normal, tant les magistrats, «avec un sens aigu des responsabilités», mettent de «rigueur» à leurs tâches. Lui même respecte infiniment la justice. L'air de rien, il se dit «heureux» de poursuivre son dialogue avec Barella, entamé, rappelle-t-il, lorsque lui-même occupait la place Beauvau, etc. En conclusion de la matinée, Pascal Clément, le garde des Sceaux, à son tour, a délivré un message d'amour : «On dit trop peu que les Français aiment et respectent les magistrats.» Emouvant.
Par Dominique SIMONNOT, samedi 15 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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(Octobre 2005) Le syndrome de l’orphelin

De son enfance, Nicolas Sarkozy n’a retenu que les humiliations. Celles d’être un fils d’émigré et de divorcés. En quête de reconnaissance, il n’a eu de cesse de se chercher d’autres pères.

Les biographes sont des gens impitoyables. Ils sont méticuleux, pointilleux, voire obstinés. Ils ont cette manie d’aller chercher les sources d’un engagement. D’où proviennent celles de Nicolas Sarkozy ? De quel tréfonds, de quel territoire secret de l’âme cet homme survolté puise-t-il son incroyable énergie, depuis plus d’un quart de siècle ? Quel est son moteur, son carburant mental ?

Et tous vous conduisent au siècle dernier, au cœur de l’Europe, quelque part entre Budapest et la frontière roumaine, en plein royaume magyar, du côté du fleuve Tisza, là où l’Occident se dilue dans les brumes de l’Orient. C’est là que se niche, à l’extérieur, la quête identitaire du ministre de l’Intérieur. Le grand traqueur d’immigrés, l’homme qui vitupère la gauche pour son laxisme en matière de contrôle des frontières, est un homme qui vient du dehors. Par son père.

Un personnage hors du commun que le jeune Nicolas n’a jamais cessé de rechercher. C’est la thèse de Nicolas Domenach (Sarkozy au fond des yeux, éditions Jacob-Duvernet, 2004) et d’Anita Hausser (Sarkozy, itinéraire d’une ambition, éditions l’Archipel, 2003). Le syndrome de l’orphelin. Sarkozy est un homme en manque de père. Tout part de la légende d’un exilé venu de l’Est.

Pal Nagy Bogsa y Sarkozy, aristocrate hongrois, né à Budapest en 1928, vit dans un château, à Alatyan, à une centaine de kilomètres de la capitale. Sa famille possède des centaines d’hectares de terres et quelques usines. En 1944, l’invasion de l’Armée rouge provoque la fuite des Nagy Bogsa vers l’Autriche. A 20 ans, le jeune Pal ne veut pas rester dans cette zone si incertaine.

Il décide d’aller vivre en France. Il dessine plutôt bien et rêve d’exercer son art à Montparnasse. Le garçon a le tempérament d’un artiste. Pour organiser son départ, les siens le déclarent mort, et vont même jusqu’à reconnaître le cadavre d’un autre jeune homme, mort noyé dans un lac. Officiellement, donc, Pal Nagy Bogsa y Sarkozy est décédé.

C’est donc un fantôme qui fuit le communisme vers l’Ouest. Après un périple tumultueux, il rejoint Marseille et s’inscrit à la Légion étrangère, afin d’obtenir la nationalité française. Mais il découvre que les légionnaires sont envoyés en Indochine pour faire la guerre. Il se fait aussitôt réformer et saute dans le premier train en direction de Paris, sans un centime en poche, avec, pour seul bagage, un kilo de pain.
« Ah, oui, la légende du train… » , soupire, dubitatif, Nicolas Sarkozy à ses interlocuteurs. Le patron de l’UMP a des doutes. Le château de son père ? En voyage en Hongrie, il n’en a pas retrouvé la trace. Là encore, la « légende » prétend que les communistes l’auraient rasé. Mais poursuivons : en 1948, Pal débarque à Paris, dans l’euphorie des années d’après-guerre. Les premiers jours, il vit comme un clochard, à la belle étoile. Pas très longtemps. Le jeune homme, grand séducteur, ne tarde pas à trouver des soutiens du côté du beau sexe. Il est grand, élancé, très bel homme. Il a un sourire ravageur et l’insouciance de ses 20 ans. Il trouve un job de dessinateur industriel chez Boussac, expose un temps ses croquis, puis atterrit dans la publicité.

Il additionne les conquêtes, jusqu’au jour où il s’éprend d’une jeune fille de bonne famille, Andrée Mallah, fille d’un chirurgien-urologue, juif d’origine de Salonique. Elle est étudiante en droit et ambitionne de devenir avocate. Pour lui, elle plaque tout. Ils se marient en 1960. Trois enfants naissent, Guillaume, l’aîné, puis Nicolas, le 28 janvier 1955, et François, le petit dernier. Tout paraît sourire à la famille. Pal vient d’ouvrir un studio de publicité et gagne beaucoup d’argent. Andrée est une mère aimante et très présente.

Mais le jeune marié n’a pas l’âme d’un père de famille. C’est un dandy invétéré, dilettante, absent la plupart du temps. Le couple ne résiste pas aux frasques de Pal le magnifique. Nicolas Sarkozy vit très mal la séparation de ses parents. A cette époque, les enfants de divorcés sont montrés du doigt, comme des animaux de foire. Il n’a que 5 ans et redoute le regard des autres. D’autant que, très vite, sa petite taille lui pose un problème. Il est le vilain petit canard, le gosse au patronyme dont les sonorités viennent d’on ne sait où. Sarkozy ? C’est de quelle origine, dites-vous ?

Le gosse découvre qu’il est, lui aussi, à sa manière, un exilé, comme papa, ce père qu’il chérissait tant et qui se révèle si peu adulte. Pal le versatile, après Andrée, se remarie trois fois. C’est un papillon, souriant toujours, courant d’une conquête à une autre, ayant peu de temps à consacrer à ses enfants. Nicolas en souffre terriblement, mais serre les dents. Pas question de se lamenter. Il admire sa mère, qui élève seule ses trois rejetons, reprend néanmoins ses études de droit et devient avocate.

Dadoue, comme ses enfants la surnomment, est une femme exemplaire, libérale, moderne, mais dure à la tâche. Ils vivent dans le XVIIe arrondissement de Paris, près du parc Monceau, dans l’hôtel particulier du grand-père, Bénédict Mallah, gaulliste ardent qui va entraîner son petit-fils dans le culte du Général.
A l’école des bons pères de Saint-Louis, près du parc Monceau, le gamin est turbulent, un peu rebelle. Il a un goût irrépressible pour les sucreries et les pâtisseries, en particulier pour les macarons. Il ne manque de rien. Il est un enfant des beaux quartiers. Et pourtant, à l’entendre, il a vécu l’enfer. « Ce qui m’a façonné, confesse-t-il, c’est la somme des humiliations d’enfance… Je n’ai pas la nostalgie de l’enfance parce qu’elle n’a pas été un moment particulièrement heureux. »
Réaction de son frère, Guillaume Sarkozy, ancien vice-président du Medef : « A l’entendre, c’était Germinal à peu de chose près… » Non, vraiment, personne dans la famille ne se souvient des souffrances du jeune Nicolas. Sans doute a-t-il enfoui durant toute son adolescence ce sentiment d’être une pièce rapportée dans l’univers ouaté des fils de riches de l’Ouest parisien.
« Ce qui est fascinant chez lui, résume un dirigeant de l’UMP, c’est cette soif de revanche qu’il a en permanence. Il semble n’être jamais rassasié de reconnaissance. Aujourd’hui, il est le candidat le plus solide, dans son camp, pour l’élection présidentielle. Et pourtant, il ne parvient pas à se calmer. Il a un besoin permanent d’être aimé, d’être rassuré. »

Les psychologues ont un nom pour qualifier ce comportement : le complexe du bâtard. L’homme en quête de légitimité n’aura de cesse de lutter tant qu’il ne possédera pas tout l’héritage. En politique, l’orphelin n’a jamais cessé de se chercher un père, ou un parrain. D’abord Achille Peretti, le vénérable maire de Neuilly-sur-Seine, à qui il succède en 1983, puis Charles Pasqua, le grognard, puis Jacques Chirac, le hussard, puis Edouard Balladur, le cardinal, puis encore Jacques Chirac.
« C’est ce qui nous surprend chaque jour, raconte un collaborateur de l’Elysée. Sarkozy revendique une filiation absolue avec le Président, frisant une jalousie maladive pour les autres dauphins, et, dans le même temps, il le combat sans cesse. Pour nous, son attitude est difficile à cerner. »

Est-ce vraiment si singulier ? Tous les hommes politiques ne sont-ils pas bâtis sur le même modèle, celui du narcissisme et du besoin effréné de séduire ? Au fond, Sarkozy n’est-il pas la copie conforme de Jacques Chirac ? Leur parcours n’est pas si différent. Le jeune Chirac a trahi Chaban le légitime en 1974, en jouant Giscard. Sans état d’âme. Sarkozy, le fils rebelle, a trahi Chirac vingt ans plus tard, en 1993, en se ralliant à Balladur. Même scénario.
Autre exemple : Chirac est entré dans les cabinets ministériels très jeune. Sarkozy est maire de Neuilly à 28 ans, alors qu’il habite encore chez Dadoue, sa maman. Sur la photo officielle, dans son fauteuil de maire, on a du mal à croire que le galopin est devenu le responsable d’une des villes les plus riches de France. Il a l’air d’un premier communiant. Il est pourtant déjà, paradoxe, un vieux militant gaulliste.
Dès qu’il a pris ses fonctions, « le gamin », comme le surnomme Chirac, n’a pas mené sa carrière tout à fait comme les autres. Il s’est constitué un formidable carnet d’adresses dans le show-business. Son arme fatale : Neuilly est la capitale de la variété française. A quelques encablures de la mairie, avenue du Général-de-Gaulle, se trouve l’ultra-moderne siège de la Sacem, la Société des auteurs et compositeurs de musique.
Toutes les stars viennent ici, un jour ou l’autre, chercher un chèque ou chanter dans le grand auditorium. Sarkozy devient un fidèle du lieu. Il joint l’utile à l’agréable : il adore lui-même chanter, se montre dans les concerts des chanteurs populaires, surtout dans les loges, où s’agglutinent les photographes des people. Il marie Johnny Hallyday, Michel Sardou, fréquente Christian Clavier, Jean Reno, Céline Dion, se lie d’amitié avec le compositeur de ritournelles guimauve Didier Barbelivien.
Objectif : exister dans la presse, apparaître le plus possible. Plus tard, il se montre souvent avec Karl Zéro, l’animateur de Canal+, avec qui il fait du karting, se fait inviter à l’anniversaire de l’animateur Arthur. Quand Tom Cruise vient à Paris, il est là pour la photo, malgré les réticences de son entourage, lequel reproche à l’acteur américain ses liens avec l’Eglise de scientologie. Sarko fait du vélo avec Michel Drucker. Sa soif de célébrité n’a pas de limite.

Elle est, bien sûr, la marque d’une stratégie de marketing politique savamment orchestrée. Le Petit Chose voit grand. Son omniprésence télévisuelle en fait une vedette, à son tour. Mais, malgré cette métamorphose, il reste pour beaucoup, selon la formule d’Alain Juppé, « le petit frère turbulent qui fait des bêtises ». Pour l’entourage de Jacques Chirac, son goût pour les people n’est pas nouveau.
Sarko roi des relations publiques, prince du coup de pub ? C’est même là-dessus que le leader gaulliste l’a remarqué en 1975 quand le « gamin » a organisé sa première grande manif « de jeunes », au Bourget, les 6 et 7 décembre, avec les vedettes de l’époque, Nicolas Peyrac, la chanteuse Joëlle et Thierry Le Luron. Et, clou de la journée, la présentation d’une… tarte géante de 3 mètres de long sur 2 mètres de large, pour fêter l’anniversaire de Guy Drut, le champion olympique du 110 mètres haies… Ringard ? Pas au milieu des années 70.
Pour les caciques gaullistes, c’était terriblement moderne. Le jeune Nicolas usait des armes de la publicité avant les autres. Depuis, il surfe sur cette vague avec frénésie. « Il fait la même chose avec les journalistes, dit un de ses proches. Il a besoin de les faire entrer dans son cercle personnel. Il veut les convaincre, puis se faire aimer. Il les tutoie le plus souvent, pour créer une relation intime, un peu à la manière de Bernard Tapie. Avec Cécilia, il a fait la même chose. Il a voulu que tout le monde l’aime. Il l’a exposée à toutes les caméras. Leur couple a brûlé pour cause de surexposition. C’est cruel… »

Nicolas Sarkozy débordé par la machine infernale qu’il a façonnée, celle d’un superman courant à perdre haleine devant les caméras ? Où va-t-il à si vive allure ? Que fuit-il ? Qui cherche-t-il à éblouir ? Est-ce le fantôme de ce jeune homme caché dans un train, entre Marseille et Paris, venant des brumes de l’Est ? Ses amis lui conseillent de se poser un peu, de se mettre en quarantaine, de réduire, pour quelque temps, l’exposition aux caméras. Pour provoquer à nouveau du désir. Sarko au régime médiatique ? Certains en doutent : peut-on encore sevrer un télé-addict ?
challenges n° 9, octobre 2005, Serge Raffy, pp. 56-59

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Azouz Begag, principal opposant à Nicolas Sarkozy

Azouz Begag est aujourd'hui l'un des plus sévères critiques de Nicolas Sarkozy. Il est aussi ministre ­ "ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances", ce qui n'est pas la chose la moins surprenante dans cette affaire.

Depuis dimanche soir, c'est en effet lui qui intervient dans les radios, les télévisions, les journaux pour dire combien il juge les propos de son "collègue", le ministre de l'intérieur et numéro deux du gouvernement, inadaptés à la tension nouvelle dans les banlieues en général et à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en particulier. "Nicolas Sarkozy revendique un débat au sein du gouvernement, dit-il en souriant, et bien, il a raison. Moi aussi, je pense qu'il faut débattre."

Qu'en dit Dominique de Villepin ? "Il me laisse libre de ma parole, assure le ministre délégué à l'égalité des chances. Il ne relit aucune de mes interviews, ne contrôle aucun de mes propos. Croyez qu'il le fait pour Nicolas Sarkozy ? Pourquoi le ferait-il pour moi ?" Avant d'ajouter, "après tout, ce n'est pas inintéressant de voir que deux ministres n'ont pas la même France dans leur ligne de mire."

Pas la même France... Azouz Begag est en effet le seul ministre du gouvernement à avoir passé son enfance dans un de ces bidonvilles qui fleurissaient encore, dans les années 1950, sur les bords du Rhône, à Villeurbanne. Et il ne perd pas une occasion de défendre "ceux qui sont nés pauvres" contre "ceux qui sont nés avec une cuillère d'argent dans la bouche" dans une sorte de rappel implicite que le ministre de l'intérieur, lui, fût maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Il réfute donc chacun des mots employés par M. Sarkozy pour évoquer la banlieue. Le mot "racaille" lancé par le ministre à Argenteuil ? "Il ne faut pas dire aux jeunes qu'ils sont des racailles, il ne faut pas dire aux jeunes qu'on va leur rentrer dedans et qu'on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d'apaisement" , assure M. Begag. Déjà, lorsque le ministre de l'intérieur avait affirmé qu'il "nettoierait au Karcher" la cité de La Courneuve, M. Begag avait affirmé, tranquillement et fermement, le 30 juin : "J'emploie plutôt le terme "nettoyer" pour nettoyer mes chaussures, ma voiture. Je ne nettoie pas les quartiers."

Pour autant, un tel désaccord peut-il déboucher sur un conflit plus ouvert, voire le départ de l'un ou l'autre des protagonistes ? Matignon, qui ne dissuade aucunement M. Begag d'aller porter la contradiction à M. Sarkozy, assure que la coexistence de deux lignes au sein même du gouvernement n'est pas une difficulté : "Azouz Begag est dans son rôle. Il est là pour incarner l'intégration. Mais Sarkozy et lui font tous deux partie du même gouvernement", assure un collaborateur de M. de Villepin.

Et même si les familles des deux jeunes morts de Clichy-sous-Bois, ­ "instrumentalisées par l'avocat Jean-Pierre Mignard, membre du PS et proche de François Hollande", affirme le ministère de l'intérieur ­ refusent de rencontrer M. Sarkozy, il n'est pas question pour autant d'envoyer au devant d'elles M. Begag.

"Sarkozy a probablement dérapé sur le vocabulaire, reconnaît-on au sein même du gouvernement. Car, face aux jeunes de banlieue, dès qu'on hausse le ton, cela paraît tout de suite de la provocation. Mais notre électorat ne comprendrait pas que l'on abandonne la fermeté face à eux."

Que Nicolas Sarkozy paraisse déstabilisé ou affaibli ne déplaît pas à Matignon, mais jusqu'à un certain point. Car le ministre reste très populaire à droite, alors que M. Begag reste inconnu.
lemonde.fr, Raphaëlle Bacqué et Christophe Jakubyszyn, Article paru dans l'édition du 02.11.05, LE MONDE | 01.11.05 | 12h31 • Mis à jour le 01.11.05 | 20h23

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"Rien de spontané", selon Sarkozy
Pour le ministre de l'Intérieur, les violences qui ont secoué la Seine-Saint-Denis dans la nuit de mercredi à jeudi n'avaient "rien de spontané".

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi 3 novembre (2005) que les violences qui, ont touché les communes de Seine-Saint-Denis dans la nuit de mercredi à jeudi n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées".

Interrogé sur la polémique suscitée par ses propos sur les quartiers de banlieue, le ministre a déclaré que "quand on tire à balles réelles comme cette nuit à quatre reprises sur des forces de l'ordre qui sont des fonctionnaires, qui sont des pères de famille, qui sont parfois des jeunes, qui ont parfois la couleur de ceux qui ont tiré dessus, on n'est rien d'autre qu'un voyou".

"Pas question de céder"

"Ce qui est extraordinaire, c'est se préoccuper des mots et pas des réalités", a jugé le ministre de l'Intérieur.
"Il n'est pas question d'abandonner le terrain, il n'est pas question de céder, il n'est pas question que la République s'incline", a par ailleurs assuré Nicolas Sarkozy.

"Il faut que ça cesse, il faut que le calme revienne, je le dis très sereinement, très calmement", a-t-il poursuivi, ajoutant que "tous ceux qui se comportent de façon dangereuse, avec des armes, tous ceux qui ont un comportement qui ne correspond en rien aux valeurs et aux règles de la République auront à en rendre compte".

Selon le président de l'UMP, "il n'y a pas d'avenir pour nos quartiers si l'on ne sort pas de ces quartiers les bandes, l'économie souterraine, les trafics et les trafiquants".
"Je suis persuadé que dans les problèmes que la France a à affronter aujourd'hui, les deux mots qui comptent ce sont les mots fermeté et justice", a-t-il affirmé. "Ferme et juste: je ne sortirai pas de ce tandem". (Avec AP)
NOUVELOBS.COM | 04.11.05 | 14:55

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dimanche 6 novembre 2005, 20h39 Villepin fera lundi des propositions concrètes sur les banlieues

PARIS (Reuters) - Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont prôné la fermeté après dix nuits de violences dans les banlieues françaises mais le Premier ministre a également promis pour lundi soir des mesures et des propositions pour les quartiers sensibles.

Le chef de l'Etat, critiqué par l'opposition de gauche mais aussi par certaines voix de la majorité de droite en raison de sa discrétion dans la crise des banlieues, a réuni en fin d'après-midi un conseil de sécurité restreint à l'Elysée.

"Aujourd'hui, la priorité absolue, c'est le rétablissement de la sécurité et de l'ordre public. Le dernier mot doit revenir à la loi", a-t-il affirmé dans sa première déclaration publique depuis le début des troubles.
"La République est tout à fait déterminée, par nature, à être plus forte que ceux qui veulent semer la violence ou la peur. Ceux-là seront appréhendés, jugés, et punis", a-t-il poursuivi, Dominique de Villepin à ses côtés.
"Mais nous comprenons bien aussi que l'évolution des choses suppose le respect de chacun, la justice et l'égalité des chances. Nous sommes tout à fait déterminés à aller dans cette voie et à poursuivre l'effort engagé dans ce domaine", a affirmé Jacques Chirac.
"Mais il y a un préalable, c'est une priorité, je le répète: il s'agit du rétablissement de la sécurité et de l'ordre public", a-t-il conclu.

A son retour à Matignon, Dominique de Villepin s'est lui aussi exprimé devant la presse, le visage grave.
Il a annoncé un renforcement des "dispositifs de sécurité partout sur le territoire où cela est nécessaire". "Nous ne pouvons accepter aucune zone de non-droit", a-t-il dit, précisant qu'une accélération des procédures de justice à l'encontre des personnes arrêtées avait aussi été décidée.
Le chef du gouvernement en a appelé "à la responsabilité de tous". "La violence n'est pas la solution", a-t-il dit, notant que "déjà des riverains, des parents dans les cités en appellent à la raison, cherchant à faire comprendre aux plus jeunes les risques qui existent". "Nous voulons éviter tout drame", a-t-il insisté.
Il a tenu "à saluer l'action des forces de l'ordre, l'action des pompiers qui mènent des actions difficiles et souvent dangereuses".
Mais, comme Jacques Chirac, Dominique de Villepin a assorti ce message de fermeté d'une promesse d'action en faveur des quartiers sensibles.

"RÉPUBLIQUE OUVERTE, FRATERNELLE"

"J'aurai l'occasion demain de dire aux Français les moyens que le gouvernement entend prendre et les mesures qu'il entend proposer pour avancer dans la République que nous souhaitons, ouverte, fraternelle, une République de l'égalité des chances", a déclaré le Premier ministre, qui devrait être l'invité du 20h00 de TF1 lundi.
Le Premier ministre a rappelé qu'il avait reçu depuis jeudi à Matignon "des élus, des maires de droite et de gauche, des représentants d'associations, des enseignants, des policiers".
"Avec eux, je suis convaincu que la solution, c'est à la fois bien sûr la fermeté mais aussi le respect et l'action", a martelé Dominique de Villepin.

Le défi des banlieues est de taille pour le Premier ministre, qui ne cesse de proclamer qu'il n'y a "qu'une seule France" peuplée de citoyens égaux en droits et en devoirs.
Son message depuis son arrivée à Matignon est simple: réaliser la synthèse gaullienne entre le libéral et le social, faire avancer la France "en la rassurant".
Or chômage, logements dégradés, services publics absents forment le décor de la périphérie des grandes villes, sur lequel se greffent la délinquance et la montée des communautarismes.
Depuis 2002, des dispositifs ont été adoptés en faveur de quartiers dits "sensibles" - plan de rénovation urbaine, réforme de la dotation de solidarité urbaine, programme des "Cadets de la République", équipes de réussite éducative.
"Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Oui. Nous allons aider davantage les enseignants, les policiers, les agents des services publics dans les quartiers, nous allons renforcer l'accompagnement pour les jeunes qui cherchent une formation ou un emploi", a déclaré Dominique de Villepin jeudi dernier.
Plusieurs élus, de droite et de gauche, reçus jeudi à Matignon ont pour leur part lancé une mise en garde contre des "effets d'annonce" ou un "énième plan pour les banlieues". Certains d'entre eux ont réclamé un véritable "plan Marshall" avec une injection massive de crédits.
yahoo.fr, actualités, dimanche 6 novembre 2005, 20h39

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lundi 7 novembre 2005, 7h01 Poursuite des violences dans les banlieues, 34 policiers blessés

PARIS (Reuters) - Les violences urbaines se sont poursuivies dans la nuit de dimanche à lundi - soit la 11e nuit consécutive - dans la Région parisienne et dans nombre de villes de province, et les incidents les plus graves ont été signalés à Grigny dans l'Essonne où des émeutiers ont tiré sur les forces de l'ordre.

Au plan national, le ministre de l'Intérieur dénombrait vers 05h00 (04h00 GMT) 839 véhicules incendiés et 186 interpellations. En outre, 34 policiers ont été blessés.

L'Union des Organisations islamiques de France (UOIF) a édicté dimanche une "fatwa" condamnant les violences en cours dans de nombreux quartiers sensibles de la région parisienne et de province, dont nombre d'habitants se réclament de l'islam.
L'UOIF, l'un des plus importants groupes islamiques de France, rappelle sur son site internet que "dans plusieurs versets" du Coran, "Dieu blâme la destruction et le désordre et rejette ceux qui les accomplissent".
"Il est formellement interdit à tout musulman recherchant la satisfaction et la grâce divine de participer à quelque action qui frappe de façon aveugle des biens privés ou publics ou qui peuvent attenter à la vie d'autrui. Contribuer à ces exactions est un acte illicite", dit le décret religieux.

En début de nuit, environ 200 émeutiers, dont certains étaient armés, ont tiré à Grigny sur des policiers avec des fusils à pompe. Une trentaine d'agents ont été blessés à la cité de la Grande Borne et deux d'entre eux ont été hospitalisés après avoir reçu du plomb à la gorge et aux jambes. "Les tirs n'auraient sans doute pas pu tuer à cette distance, mais ils auraient pu occasionner des blessures graves, rendre un policier aveugle par exemple", a déclaré un porte-parole de la police nationale.

A Colombes (Hauts-de-Seine) des pierres ont été jetées contre un autobus, blessant à la tête un enfant de 13 mois qui a été hospitalisé. En Seine-Saint-Denis, un centre social a été attaqué à Rosny-sous-Bois. A Aubervilliers, c'est un magasin de motos qui a été pris pour cible. Une crèche de Saint-Maurice (Val-de-Marne) a été attaquée, tout comme la trésorerie principale de Trappes (Yvelines). A Suresnes (Hauts-de-Seine), un entrepôt pharmaceutique a été détruit.

INCIDENTS A NANTES, RENNES, STRASBOURG...

En province, des incidents ont éclaté dès l'après-midi de dimanche dans la banlieue de Saint-Étienne (Loire). L'incendie d'un autobus a fait deux blessés et entraîné la paralysie des transports en commun. Dans le département de l'Eure, six voitures ont été incendiées dans la soirée de dimanche, a-t-on appris auprès de la préfecture. Après les importantes violences urbaines de la nuit de samedi à dimanche à Evreux, la préfecture de l'Eure a doublé son dispositif policier grâce à l'arrivée d'une nouvelle compagnie de CRS.

A Nantes (Loire-Atlantique), une maternelle du quartier de la Malville a été incendiée. A Strasbourg (Bas-Rhin), des cocktails Molotov ont été jetés contre une école primaire. A Lens (Nord) un engin incendiaire a atteint la porte d'une église. A Toulouse (Haute-Garonne), dans la cité du Mirail, une voiture a été jetées dans une bouche d'accès du métro. Le trafic a été interrompu sur la ligne. Selon la police, 25 voitures ont été incendiées dans la ville et 13 personnes ont été interpellées.
Six voitures ont été incendiées à Rennes (Ille-et-Vilaine), a-t-on appris auprès de la préfecture, et des incidents sporadiques ont été enregistrés à Orléans (Loiret).

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, s'est rendu en début de nuit à la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Saint-Denis, à Bobigny.
Le syndicat professionnel de la Police nationale Action Police CFTC a demandé au Premier ministre le renfort de l'armée dans les banlieues ainsi que l'instauration d'un couvre-feu nocturne après les tirs survenus contre des agents.
"Rien ne semble plus pouvoir enrayer la guerre civile qui s'étend chaque jour un peu plus à l'ensemble du territoire national. Les événements que nous vivons actuellement sont sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", lit-on dans le communiqué de ce syndicat, diffusé dans la nuit.
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 7h01

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lundi 7 novembre 2005, 9h58 Violences urbaines: 1.408 voitures incendiées; 395 interpellations dans toute la France

PARIS (AP) - Au total, 1.408 voitures ont été incendiées dans toute la France au cours de la 11e nuit consécutive de violences urbaines, a annoncé le directeur général de la Police nationale (DGPN) Michel Gaudin.

Ce chiffre est en nette augmentation par rapport à la nuit précédente au cours de laquelle 1.295 voitures avaient brûlé, a dit Michel Gaudin lors d'une conférence de presse. Il a précisé que la police avait procédé à 395 interpellations contre 345 la nuit précédente.

"On assiste à un glissement vers la province", a souligné Michel Gaudin avant d'ajouter: "On assiste à une sorte de vague et onde de choc qui se répandent à travers le pays".
Il a déclaré que 36 policiers ont été blessés dans tout le pays contre 21 la nuit précédente. Les forces de l'ordre ont essuyé les tirs d'armes à feu à cinq reprises, a-t-il dit sans toutefois préciser le type de munitions utilisée. AP
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 9h58

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lundi 7 novembre 2005, 10h57 Banlieues: le gouvernement s'est mis en situation de "défi" et de "confrontation", déplore Lionel Jospin

PARIS (AP) - Réagissant aux violences qui agitent depuis onze jours certains quartiers sensibles, Lionel Jospin a estimé lundi que le gouvernement est "tombé dans le pire des pièges" en se mettant en situation de "défi", de "confrontation" et de "provocation". "Il faut absolument revenir au calme", a-t-il souligné, préconisant une "politique globale" alliant à la fois "fermeté" et action "sociale".

On voit "un gouvernement qui s'était tant vanté de son savoir-faire en matière de sécurité tomber sans doute dans le pire des pièges qui est celui d'une sorte de match, de défi lancé. Bien sûr l'autorité doit être affirmée, mais l'autorité doit être calme, je dirais presque froide", a-t-il sermonné sur France-Culture dans une flèche décochée au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Sous son gouvernement, de 1997 à 2002, "nous ne nous sommes pas mis en situation de défi, en situation de confrontation, en situation de provocation", a fait valoir l'ancien Premier ministre. "Les mots violents n'effacent pas la violence des actes, au contraire des fois ils la provoquent", a-t-il lancé, en allusion aux termes "racaille" ou "Kärcher" utilisés par Nicolas Sarkozy.

Or, pour Lionel Jospin, l'intervention dimanche soir de Jacques Chirac ne règle pas le problème. "Le Premier ministre, le président sur les marches de l'Elysée et les jeunes dans les quartiers qui répondent par la violence, le match se poursuit et ça ne peut pas être ça tout à fait l'Etat républicain", a-t-il considéré.

Face à cette situation "préoccupante" et "désastreuse", il a exhorté le gouvernement à "ramener le calme" et à mener une "politique globale". "L'ordre est nécessaire, mais la répression seule ne peut pas suffire", a-t-il fait valoir. "Il faut le retour à la sécurité et à l'ordre public" et "il faut que le gouvernement développe sa politique (...) dans toute sa dimension: sa dimension de retour au calme et à l'ordre, sa dimension répressive et aussi une forme de dialogue qui doit être mené".

A cet égard, Lionel Jospin a accusé la droite d'avoir taillé dans les crédits sociaux. "Il ne faut pas en même temps nous faire des couplets sur le libéralisme, sur la nécessité de remettre en cause les droits sociaux à cause de la compétition, et après s'étonner qu'on aie des problèmes dans un certain nombre de banlieues", a-t-il lancé. Enfin, il a regretté que la police de proximité ait été "vidée d'une partie de substance". AP
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 10h57

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lundi 7 novembre 2005, 10h51 Violences urbaines: les Verts dénoncent "l'aveuglement" de Jacques Chirac

PARIS (AP) - Les Verts ont dénoncé lundi "l'aveuglement" de Jacques Chirac face aux violences urbaines, au lendemain des déclarations du chef de l'Etat à l'issue du conseil de sécurité intérieure.

"Les Verts renouvellent l'expression de leur grande inquiétude face à l'incompréhension du président de la République et du gouvernement", a déclaré dans un communiqué Cécile Duflot, porte-parole du mouvement.

Les écologistes "condamnent la répression comme unique réponse" aux violences urbaines, qui "agit comme une provocation supplémentaire".

Ils réclament "une réponse politique urgente" face à la flambée de violence dans les banlieues, afin de "proposer un avenir à toutes celles et ceux qui vivent dans l'ensemble du pays".

Les Verts souhaitent en outre que "l'attitude irresponsable" du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy "soit sanctionnée, et que des conséquences politiques rapides en soient tirées". AP
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 10h51

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lundi 7 novembre 2005, 10h29 Strauss-Kahn (PS): Sarkozy "aujourd'hui dépassé" par "trop d'activités"

PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn, député socialiste du Val-d'Oise, a demandé lundi à Nicolas Sarkozy de "se concentrer sur son travail" de ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il avait "trop d'activités" et était "aujourd'hui dépassé".

L'ancien ministre socialiste a estimé sur RTL que Nicolas Sarkozy avait aujourd'hui "une tâche difficile". "Le problème, c'est qu'il fasse son travail, son travail, c'est de rétablir l'ordre et rien d'autre", a-t-il dit.

Selon Dominique Strauss-Kahn, Nicolas Sarkozy "a trop d'activités". "On ne peut pas à la fois être à plein temps ministre de l'Intérieur, à plein temps président de l'UMP, à plein temps président du département des Hauts-de-Seine, quasiment à plein temps candidat contre le président de la République. Aujourd'hui, il est dépassé", a-t-il jugé.

M. Strauss-Kahn, élu de Sarcelles, a affirmé que les violences urbaines actuelles constituaient "un mouvement sans précédent". Il a tenu "à rendre hommage aux forces de police", qui "font leur travail de façon aujourd'hui très admirable".

Sur les difficultés des banlieues, M. Strauss-Kahn a admis que droite et gauche devaient "en prendre leur part". Pour autant, "la politique qui a été menée depuis trois ans a aggravé les choses", a-t-il dit.

Il a ajouté qu'on ne pouvait pas parler d'"échec" de la politique de la Ville, car "il ne faut pas demander à la politique de la Ville de traiter les problèmes qui sont des problèmes de services publics" ou "de compenser" l'absence de services publics.
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 10h29

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lundi 7 novembre 2005, 18h34 Violences urbaines: la CGT et le PCF font front commun

PARIS (AFP) - Marie-George Buffet, numéro un du PCF, et Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ont lancé lundi un appel commun en faveur d'un "dialogue" pour apaiser les banlieues, affichant une unité qui s'était estompée au fil des ans.

Lors d'un point de presse dans le hall de l'immeuble de la Place du colonel Fabien, siège du PCF, les deux dirigeants, debouts, ont appelé les pouvoirs publics à "ouvrir le dialogue" avec la population "qui s'estime exclue".

Observant qu'"on ne peut plus simplement dire: +fermeté, fermeté+ !", Mme Buffet a ajouté qu'il fallait "tout de suite prendre des initiatives pour que le dialogue s'ouvre", "à partir des sous-préfectures pour rencontrer les élus, les représentants des services publics, les représentants des jeunes, pour tout de suite voir sur quels points on peut avancer".

Le mouvement de violences urbaines a commencé le 27 octobre à Clichy-sous-bois, une municipalité socialiste, tandis que le département, la Seine-Saint-Denis, reste un bastion historique du PCF.

En dépit de cet appel commun, Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, a récusé toute idée d'une réactivation de l'axe privilégié qui associait par le passé le parti communiste et la CGT.

"La CGT confronte régulièrement ses points de vue avec diverses organisations politiques, comme le PS, les Verts ou le PC, qu'elle a déjà rencontrées plusieurs fois ces dernières années, il n'y a là rien d'exceptionnel", a-t-elle assuré à l'AFP.

Elu à la tête de la CGT en 1999, Bernard Thibault a été le premier dirigeant cégétiste à abandonner ses fonctions dans les instances dirigeantes du parti communiste.

Dans un souci d'affirmer l'autonomie du syndicat, il a quitté le conseil national du PCF en 2001, redevenant simple "militant de base".

La dernière visite officielle de M. Thibault au siège du PCF remonte au 23 juillet 2001 quand il avait rencontré Robert Hue, prédécesseur de Mme Buffet, pour mettre au point "une réalité nouvelle" où les deux organisations assument "sereinement" leurs convergences et "divergences".

Les dirigeants de la CGT et du PCF peuvent tirer avantage du rapprochement qu'ils ont montré lundi, observe Dominique Andolfato, chercheur au CNRS, interrogé par l'AFP.

D'une part, explique-t-il, Mme Buffet pourrait y voir une "concrétisation de sa stratégie d'un pôle à la gauche du PS" et d'autre part, M. Thibault, qui n'a pas bénéficié du succès escompté lors de la manifestation du 4 octobre pour la défense de l'emploi, peut se sentir "relégitimé" en se rapprochant du PCF.
yahoo.fr, actualités, lundi 7 novembre 2005, 18h34

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(8 novembre 2005) France/Etat d'urgence: Sarkozy réunit les préfets des zones de défense

Le ministre de l'Intérieur français, Nicolas Sarkozy, réunit mardi à 14H00 (13H00 GMT) les préfets des sept zones de défense pour la mise en place des mesures consécutives au Conseil des ministres sur l'état d'urgence, a annoncé le ministère.

Le Conseil des ministres qui doit permettre d'imposer des couvre-feux dans les banlieues en réactivant (notedt, expression journalistique idiote, la loi n'a pas besoin d'être "réactivé" puisqu'elle fait partie du droit positif de la République) une loi sur l'état d'urgence, adoptée en avril 1955 pendant la guerre d'Algérie, a débuté à 10H00 (09H00 GMT), a constaté un journaliste de l'AFP.

Il a été avancé de mercredi à mardi matin afin de permettre aux préfets d'instaurer dès mercredi, une fois le décret publié au Journal Officiel, un couvre-feu là où cela sera jugé nécessaire pour faire face aux émeutes.

"Partout où c'est nécessaire, les préfets pourront sous l'autorité du ministre de l'Intérieur appliquer le couvre-feu s'ils l'estiment utile pour permettre un retour au calme et assurer la protection des habitants", avait déclaré le Premier ministre Dominique de Villepin, annonçant la mise en oeuvre des "dispositions de la loi de 1955".
yahoo.fr, actualités, AFP 08.11.05 | 10h33

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mardi 8 novembre 2005, 17h34 La justice ne peut faire face à l'état d'urgence, selon l'USM

PARIS (Reuters) - Les tribunaux français, notamment ceux de la région parisienne, sont dans l'incapacité matérielle de faire face aux conséquences d'une proclamation de l'état d'urgence dans les banlieues, estime l'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire).

Les contrevenants au couvre-feu et aux autres restrictions imposées dans le cadre de l'état d'urgence sont passibles, selon la loi de 1955, d'un emprisonnement de huit jours à deux mois et d'une amende.

Selon Dominique Barella, président de l'USM, les tribunaux ne peuvent pas juger les personnes arrêtées dans ce cadre car ils sont déjà débordés par les procès des auteurs présumés des violences.

Le syndicat a déjà contacté les cabinets du Premier ministre Dominique de Villepin et du ministre de la Justice Pascal Clément pour leur faire part de ce problème, a-t-il indiqué.

"C'est ingérable par le système. On est en train de donner des missions de rétablissement de l'ordre public à la justice. On passe d'un dispositif de crise à un dispositif d'émeute alors que la justice n'est pas en capacité de faire face", a déclaré à Reuters Dominique Barella.

Selon lui, les tribunaux de banlieue comme Bobigny ou Créteil sont déjà totalement saturés par les procès des auteurs supposés de violences. Le juge Jean-Pierre Rosenszveig
Trois chambres correctionnelles de Bobigny ont ainsi siégé tout l'après-midi de lundi et une partie de la nuit. Le rythme des procès ne faiblit pas.

Par ailleurs, les parquets reçoivent des centaines de procédures par jour et doivent envoyer jour et nuit un magistrat à la cellule de commandement de la préfecture, selon une décision du ministère de la Justice.

Les procès pour infraction aux couvre-feux ne pourront juridiquement pas être traités en comparution immédiate mais par convocations devant les tribunaux, ce qui saturerait les audiences dans les prochains mois, estime l'USM.
yahoo.fr, actualités, mardi 8 novembre 2005, 17h34

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lundi 7 novembre 2005, 21h25 Loi de 1955 (Etat d'urgence): le PS sera "attentif", prévient Hollande

LYON (AP) - Le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a prévenu lundi soir que le PS serait "attentif" au "bon usage du recours à la loi de 1955.

"Le recours à la loi 1955 ne peut être que d'un usage exceptionnel. Cette loi ne peut pas s'appliquer partout ni être durable. Nous devrons être attentif à son bon usage", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Lyon. Le couvre-feu ne peut être mis en oeuvre "dans tous les quartiers", a-t-il ajouté.

Lors de l'intervention du Premier ministre sur TF1, il "a manqué, au-delà des nécessaires rappels à l'ordre républicains, (...) un message à la population de ces quartiers" et "un message aux élus qui sont confrontés en première ligne aux violences", a noté M. Hollande, déplorant également l'absence d'un "message d'espoir".

"Si la désespérance l'emporte, alors, il sera beaucoup plus difficile de lutter contre les violences", a-t-il poursuivi. "Il lui a manqué une dimension sociale. Il a fait beaucoup de généralités, d'imprécisions. C'est beaucoup de verbe et très peu d'actions. Il aurait dû aller beaucoup plus loin dans l'autocritique plutôt que de s'attarder sur l'aspect sécurité", a conclu le premier secrétaire du PS. AP
yahoo.fr, actualités,

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mercredi 9 novembre 2005, 19h04 Banlieues: 273 personnes écrouées depuis fin octobre

PARIS (Reuters) - La justice a emprisonné 273 des 1.462 personnes placées en garde à vue après treize nuits consécutives de violences dans les banlieues françaises, a annoncé le ministère de la Justice.

Parmi ces personnes écrouées figurent 56 mineurs, 173 majeurs condamnés à des peines de prison ferme et 44 autres placés sous mandat de dépôt dans l'attente d'un procès.

Lors d'une visite à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le ministre de la Justice Pascal Clément a fait l'éloge de la détention qu'il voit comme un moyen de réinsertion sociale.

"C'est ici qu'est assurée concrètement la sécurité des Français. Les surveillants y contribuent pleinement. Ils sont les artisans de la paix sociale. Une incarcération est à la fois le moyen d'arrêter un individu dangereux mais aussi, et souvent, un outil de réinsertion", a-t-il dit dans un discours.

Le bilan judiciaire des émeutes arrêté à mercredi soir fait état de 329 majeurs qui ont fait ou feront l'objet de comparutions immédiates et de 48 autres majeurs convoqués ultérieurement devant le tribunal. Les autres gardés à vue majeurs ont été libérés sans poursuites.

Outre les incarcérations, les tribunaux ont prononcé 32 peines de prison avec sursis, des mesures de mises à l'épreuve ou de travail d'intérêt général (TIG) pour les majeurs.

Les juges ont relaxé 34 personnes majeures dans les dossiers où les preuves présentées étaient jugées inexistantes ou insuffisantes.

Au total, 281 mineurs ont par ailleurs été présentés à un juge des enfants. Outre les 56 incarcérés, 225 font l'objet d'autres mesures ou ont été libérés sans poursuites faute d'éléments.

Pascal Clément a demandé aux procureurs de requérir des peines de prison ferme en cas de "trouble grave à l'ordre public" ou si les prévenus sont des récidivistes. Il a réuni les procureurs généraux mercredi après-midi à Paris.

Les syndicats de magistrats se montrent réticents à suivre les consignes de sévérité systématiques, expliquant qu'ils jugent ces faits de violences sur le fondement unique de procédures policières, qui n'offrent pas toujours assez de preuves pour déclarer les suspects coupables.
yahoo.fr, actualités, mercredi 9 novembre 2005, 19h04

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mercredi 9 novembre 2005, 19h58 Sarkozy demande l'expulsion des étrangers condamnés, colère des associations

PARIS (AFP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a demandé mercredi l'expulsion de tous les étrangers condamnés dans le cadre des violences urbaines, suscitant la réaction des associations de défense des droits de l'Homme, unanimes à dénoncer "une application de la double peine".

Le ministre de l'Intérieur a indiqué, lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, que "120 étrangers, pas tous en situation irrégulière, ont été condamnés" pour avoir participé aux dernières nuits d'émeutes urbaines.

Les 120 étrangers évoqués par M. Sarkozy comptent parmi les quelque 1.800 interpellés depuis le début des émeutes, a-t-on par la suite précisé à l'AFP.
"J'ai demandé aux préfets qu'ils soient expulsés sans délai de notre territoire national, y compris ceux qui ont un titre de séjour", a ajouté M. Sarkozy.
Ces expulsions se feront "dans tous les cas où la loi le permet", a-t-on par la suite précisé à l'Intérieur, expliquant que l'on s'appuyait sur la base du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (articles L521-1 à 4).
Ces articles précisent les "cas dans lesquels un étranger peut faire l'objet d'une mesure d'expulsion" si sa présence sur le territoire "constitue une menace grave pour l'ordre public" (L521-1).
Les trois alinéas suivants établissent un certain nombre de protections à une mesure d'éloignement. C'est notamment le cas des mineurs (L521-4).
Le ministère de l'Intérieur n'était pas en mesure de préciser en début de soirée combien d'étrangers en situation régulière pourraient être concernés.

Les associations de droits de l'Homme ont immédiatement dénoncé la décision de Nicolas Sarkozy soulignant qu'il s'agissait de l'application de la "double peine".
La Ligue des droits de l'Homme (LDH), par la voix de son président Jean-Pierre Dubois, a estimé que l'annonce du ministre de l'Intérieur était "totalement illégale parce que, a-t-il indiqué à l'AFP, c'est une expulsion collective et que ce type d'expulsion est interdite par la Convention européenne des droits de l'Homme. Même au regard du Conseil d'Etat, c'est illégal".
"Sarkozy, a-t-il ajouté, jette le masque: il avoue que la double peine n'a jamais été supprimée. Comme à Argenteuil, il met de l'huile sur le feu. Nous considérons que le gouvernement bascule dans l'illégalité".
Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) "ne peut qu'être horrifié devant cette inacceptable proposition démagogique et dangereuse: la double peine, forme moderne de bannissement qui nous renvoie à une sombre et tragique période de notre histoire", a indiqué son secrétaire général Mouloud Aounit.

Pierre Henry, président de France Terre d'Asile, a aussi estimé qu'"on assiste là au retour de la double peine quand l'Etat devrait faire preuve de mansuétude après avoir fait l'étalage de sa force". "Cette mesure, a-t-il ajouté auprès de l'AFP, est disproportionnée. Cela ne peut qu'activer les rancoeurs".

Enfin Richard Moyon, porte-parole de RESF (Réseau Education sans frontières), a jugé la décision de Nicolas Sarkozy "proprement scandaleuse et incohérente". "Il tente de se faire de la publicité en abrogeant, dans un premier temps, la double peine puis en la ressortant plus tard de façon massive". "C'est une violation du droit, un des nombreux aspects de l'incohérence de la politique de Sarkozy".
yahoo.fr, actualités, mercredi 9 novembre 2005, 19h58

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(10 novembre 2005) La Ligue des droits de l'Homme (LDH), par la voix de son président Jean-Pierre Dubois , a estimé que l'annonce du ministre de l'Intérieur était "totalement illégale parce que, a-t-il indiqué à l'AFP, c'est une expulsion collective et que ce type d'expulsion est interdite par la Convention européenne des droits de l'Homme.
AFP JOURNAL INTERNET - 10 nov. 15 h 55

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11 novembre 2005 4:30

France: Sarkozy «persiste et signe» contre les «voyous» PARIS - Le ministre de l'intérieur français Nicolas Sarkozy a de nouveau dénoncé jeudi les «voyous» et la «racaille» responsables de l'insécurité dans les quartiers sensibles.
Il s'est défendu sur France 2 de tout amalgame avec les jeunes.

«Ceux qui ont tiré à balles réelles à hauteur de tête sur les forces de l'ordre, ceux qui ont brûlé le bus où il y avait cette handicapée de 56 ans, ceux qui ont caillassé un bus pour mettre à l'hôpital un gosse de 18 mois...
Quand je dis ce sont des voyous ou des racailles, je persiste et je signe, et en aucun cas dans mon esprit, ça veut dire tous les jeunes», a-t-il déclaré dans l'émission «A vous de juger».

«Quand j'ai parlé de 'racaille', on a compris que j'étais déterminé à débarrasser nos quartiers de minorités qui rendent la vie impossible à la majorité», a insisté le ministre. Il revenait sur des expressions qui lui ont été beaucoup reprochées ces dernières semaines.

De l'avis de Nicolas Sarkozy, la France vient de vivre «une crise parmi les plus difficiles qu'un gouvernement ait eu à affronter». «Les choses s'apaisent et ça ne veut pas dire que ça ne peut pas se reproduire», a-t-il prévenu.

Le ministre a insisté sur la nécessité d'une «politique de rupture avec ce qui a été pratiqué depuis 40 ans dans notre pays, et qui a échoué». Le changement passe selon lui par un retour des forces de l'ordre dans les banlieues.
«Il faut accepter que la police fasse son travail et sorte de ces cités des gens qui ne sont ni plus ni moins que des délinquants qui vivent d'une économie parallèle, qui empêche l'économie réelle de se développer dans ces quartiers», a-t-il insisté.
edicom, 11 novembre 2005 4:30

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jeudi 10 novembre 2005, 12h07 SOS-Racisme saisit le Conseil d'Etat après les propos de Nicolas Sarkozy sur l'expulsion des étrangers

PARIS (AP) - Dominique Sopo , président de SOS-Racisme, a annoncé jeudi que l'association saisissait le Conseil d'Etat avec un référé liberté, au lendemain des déclarations du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy qui a demandé aux préfets d'expulser les étrangers condamnés pour des violences urbaines.
"La proposition de Nicolas Sarkozy est illégale", a souligné Dominique Sopo lors d'une conférence de presse au siège de SOS-Racisme, rappelant que dans le droit français chaque cas devait être étudié individuellement.
L'association considère la demande de Nicolas Sarkozy comme une mesure d'expulsion collective. "Nous venons de saisir le Conseil d'Etat avec un référé liberté", a déclaré Dominique Sopo. Dans cette procédure, le Conseil d'Etat a 48 heures pour se prononcer.

Le président de SOS-Racisme a critiqué également le fond des propos du ministre de l'Intérieur: "Nicolas Sarkozy fait un lien entre les troubles en cours et une présence étrangère", a-t-il déploré.
Dominique Sopo a expliqué les violences urbaines qui touchent certaines banlieues depuis près de deux semaines par la "ghettoïsation" de certains quartiers et la "discrimination massive" dont sont victimes les habitants de ces quartiers, notamment en terme d'emploi et de logement. "Il y a un effet de frustration, d'humiliation, de ressentiment" qui explique selon lui les violents incidents. AP
yahoo.fr, actualités, jeudi 10 novembre 2005, 12h07

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(Fait du Prince) Sarkozy met à l'index une bio sur Cécilia (recyclée en "roman" en février 2006)
La maison d'édition First a reporté sine die la publication du livre «Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison».
Selon «Le Canard enchaîné», le ministre de l'Intérieur a directement menacé l'éditeur «de foudres judiciaires».

Il flotte comme un parfum de censure au ministère de l'Intérieur. Alors que Nicolas Sarkozy a déjà attaqué en justice «France-Soir» et l'AFP pour avoir révélé le nom de sa nouvelle compagne, voilà qu'il s'est mis en tête d'interdire la publication d'un livre consacré à sa femme, Cécilia, en instance de séparation avec son mari.

Selon «Le Canard Enchaîné» publié hier (16 novembre 2005), Sarkozy a fait directement pression sur le patron des éditions First, Vincent Barbare, pour qu'il renonce à publier ce livre écrit par Valérie Domain, chef des informations du magazine «Gala».
Le 9 novembre, le ministre a convoqué l'éditeur dans son bureau pour le «menacer de foudres judiciaires et variées», écrit l'hebdomadaire.

Et Sarkozy a visiblement eu gain de cause : hier, la maison d'édition a en effet annoncé que la publication du livre intitulé «Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison» était reporté sine die.
L'ouvrage, tiré à 25 000 exemplaires et déjà annoncé dans toutes les librairies, est censé raconter «l'histoire de Cécilia, avant, pendant et après Nicolas», avec de nombreuses photos à l'appui.
Le plus curieux, dans cette affaire, est que la femme du ministre elle-même semble avoir collaboré à la rédaction du livre, en racontant notamment les circonstances de sa rencontre avec le nouvel homme de sa vie... De quoi en effet susciter l'ire de Nicolas Sarkozy qui, depuis 2002, s'était spécialisé dans l'exploitation médiatique de son bonheur familial.
par T.L., LIBERATION.FR : jeudi 17 novembre 2005 - 18:35

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"J'ai appelé Nicolas au secours" (Cécilia Sarkosy, jointe hier (17 novembre 2005) sur son téléphone portable

(Le Parisien) Comment réagissez-vous à la polémique au sujet du livre qui vous était consacré ?

Cécilia Sarkosy. Je suis scandalisée. C'est moi qui ai demandé à Nicolas de faire quelque chose. J'avais tencontré Valérie Dimain quand elle avait fait ce premier livre, "Femmes de, filles de", qui était un livre très gentil à mon égard. A l'époque j'étais à l'UMP. Elle m'a rappelée par la suite. Cette fois-ci, elle m'a dit qu'elle voulait faire une biographie sur mon enfance, ma famille. Je l'ai rencontrée une demi-heure, pas plus (Valérie Domain affirme avoir rencontré Cécilia à plusieurs reprises ces derniers mois, elle en aurait la preuve par textos et bandes enregistrées).

Aviez-vous relu les épreuves du livre qui devait paraître le 24 novembre ?

Pas du tout ! Je n'ai jamais relu ce manuscrit. Ces jours-ci on m'a relu quelques passages qui m'ont scandalisée. Voilà pourquoi j'ai réagi. Je ne souhaite plus que notre vie privée soit médiatisée. Je ne souhaite pas en parler, je ne veux plus qu'on en parle. C'est tout ce que je souhaite dire à ce sujet.

Après que vous l'avez alerté, qu'a fait exactement Nicolas Sarkozy pour que le livre ne soit pas en librairie ?

Je n'en ai pas la moindre idée. Quand j'ai su que ce livre était sur le point de sortir, j'ai appelé Nicolas au secours. C'est moi qui lui ai demandé de m'aider. Je lui ai dit ce qu'il en était et il m'a dit qu'il s'en occupait. C'est tout ce que je sais.
Propos recueillis par L.V., Le Parisien, 18 novembre 2005, p. 3

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Cécilia Sarkozy (Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre).

Cécilia Sarkozy, née Cécilia Maria Sara Isabel Ciganer Albeniz le 12 novembre 1957 à Boulogne-Billancourt, est l'épouse de l'homme politique français Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP.

Son père, André Ciganer, russe, a quitté son pays pour fuir les soviétiques qui ont exterminé sa famille. Ami de Joseph Kessel, il s'installe à Paris comme fourreur rue François-Ier, puis place Beauvau. Sa mère, Diane Albeniz, était espagnole, fille d'ambassadeur et petite-fille du compositeur Isaac Albéniz.

Cécilia obtient son baccalauréat et entame des études de droit. À l'époque, elle vit de petits boulots, travaille dans la communication, devient mannequin cabine chez Schiaparelli, la nuit. Elle abandonne finalement le droit et devient attachée parlementaire de René Touzet, sénateur de l'Indre, au sein du groupe de la Gauche démocratique, et ami de son frère.

Lorsqu'elle rencontre puis épouse le 10 août 1984 Jacques Martin, l'animateur vedette de l'École des fans, elle cesse de travailler. Elle rejoint Nicolas Sarkozy en compagnie de ses deux filles de six mois et deux ans et demi Judith et Jeanne-Marie. Elle obtient le divorce en quatre mois (1989) et épouse Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1996. Ils ont un fils, Louis né le 28 avril 1997.

Elle devient une personnalité connue comme membre des cabinets ministériels de son mari dès 2002. Afin d'éviter toute polémique, Nicolas Sarkozy indique que son épouse n'est pas rémunérée pour son travail. Son seul salaire fait office de traîte pour les deux. En mai 2005, en pleine campagne du référendum français sur la constitution européenne, elle n'apparaît plus aux côtés de son mari. Les médias français se font juste l'écho de la rumeur de problèmes conjugaux. Ailleurs en Europe, des journaux comme Le Matin de Suisse romande et La Libre Belgique publient des détails, et indiquent qu'elle entretiendrait une liaison avec Richard Attias. Par la suite, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention d'attaquer en justice Le Matin pour « intrusion et atteinte dans la vie privée ».

Le 25 août 2005 paraît à la une de Paris Match une photo de Cécilia Sarkozy et Richard Attias ensemble.
Fin septembre, le nom de la nouvelle compagne de Nicolas (Anne Fulda) est révélé.

Cécilia Sarkozy n'exerce plus aucune fonction au sein de l'UMP, ni aux côtés de son mari. Quant à Richard Attias, il a été démis de ses fonctions au sein de Publicis Events, qui a perdu le contrat d'exclusivité publicitaire qui liait l'entreprise à l'UMP.

Le 9 novembre 2005, Nicolas Sarkozy convoque au ministère de l'Interieur le président-directeur-général des Éditions First [1], Vincent Barbare, pour le menacer de « foudres judiciaires et variées », selon Le Canard Enchaîné du 16 novembre 2005. Motif : cette maison d'édition s'apprêtait à publier le 24 novembre l'ouvrage signé de Valérie Domain, journaliste à Gala, et intitulé Cécilia Sarkozy, entre le cœur et la raison. Dans une interview du Parisien publiée vendredi 18 novembre 2005, Cécila Sarkozy indique que c'est elle qui a alerté son mari sur la sortie du livre. "Je ne souhaite pas que ma vie privée soit médiatisée", a-t-elle affirmé. L'auteur affirme quant à elle que Cécilia Sarkozy était parfaitement au courant de la teneur du livre. Valérie Domain souhaite que son ouvrage soit publié et est déjà en contact avec d'autres éditeurs.

Toujours selon le Parisien du 18 novembre 2005, la procédure de divorce à l'amiable entre Nicolas et Cécilia Sarkozy, pilotée par Me Georges Kiejman, est aujourd'hui au point mort. Alors qu'une nouvelle femme est entrée dans la vie de Nicolas Sarkozy, Cécilia partage son temps entre New York où travaille son nouveau compagnon, le publicitaire Richard Attias, et Paris, où son fils est scolarisé.
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9cilia_Sarkozy », mise à jour, 18 novembre 2005, 15h17

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Anne Fulda, née en 1958, est une journaliste française .

Journaliste politique au Figaro depuis 1992, elle a couvert l'actualité de l'Élysée jusqu'en 2005.
Elle est actuellement grand reporter sans rubrique précise et a signé ces derniers jours les portraits de personnalités de la rubrique « Et vous » du quotidien.

Auteur d'un ouvrage sur Jacques Chirac en 1997 : Un président très entouré. Elle a aussi réalisé une bande dessinée à caractère humoristique sur la vie au palais de l'Élysée.

La divulgation, ou non, de sa relation avec Nicolas Sarkozy qui commence alors qu'il vit encore avec son épouse Cécilia Sarkozy, connue de toute la presse parisienne, est l'objet d'un débat qui déborde dans la blogosphère à la fin du mois de septembre 2005. Le tout-Paris médiatique et politique était au courant de la situation dès le mois d'août et le nom de la journaliste apparaît le 30 septembre sur l'encyclopédie en ligne Wikipédia. Le 7 octobre, le « quotidien permanent » du site Web du Nouvel Observateur la nomme dans un article rapidement retiré, le quotidien Le Matin publié en Suisse romande fournit le lendemain des détails sans équivoque et c'est finalement France Soir qui rend public son nom le 11 octobre dans la presse française.

L'avocat de Nicolas Sarkozy et de cette journaliste annonce le 12 octobre son intention de porter plainte contre France Soir et l'Agence France Presse, qui ont diffusé la nouvelle.

Elle mesure 1m78, est mariée et a deux enfants.
Récupérée de Wikipedia, 18 novembre 2005, 17h18

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Vendredi 25 novembre 2005, 14h55 Discrimination positive: une politique d'égalité, pas de quotas juge Sarkozy

Une "égalité réelle des chances passe par la discrimination positive", a jugé le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, estimant "absurde" de l'accuser de prôner des "quotas ethniques", dans une tribune parue vendredi dans Le Figaro.
"L'égalité réelle des chances passe par la discrimination positive", écrit le président de l'UMP, qui veut en finir "avec cette rumeur absurde selon laquelle (il serait) un partisan du communautarisme et des quotas ethniques".
"La noblesse de la politique, c'est de hiérarchiser les priorités et de faire des choix. C'est choisir d'aider davantage tel département rural plutôt que les Hauts-de-Seine, telle ville pauvre plutôt que Neuilly, tel enfant de La Courneuve ou d'un bassin industriel sinistré plutôt que tel élève des beaux quartiers de Paris", écrit le président du conseil général des Hauts-de-Seine.
"Et si par ce biais nous touchons beaucoup d'enfants ou de petits-enfants d'immigrés, c'est normal", poursuit-il.

Cette discrimination positive, selon lui, vise les territoires qui cumulent "le chômage de masse, l'immigration subie, l'échec scolaire et le blocage de l'ascenseur social", mais aussi les personnes pour aider "ceux qui respectent les règles de la vie commune" plutôt que "ceux qui les bafouent".
Même après des études réussies, les jeunes de ces quartiers se heurtent "à une nouvelle barrière, celle des préjugés et parfois du racisme", explique le ministre.
Il propose d'"accroître fortement la rémunération" des enseignants des quartiers sensibles, de réserver des places "dans les classes préparatoires aux grandes écoles aux meilleurs élèves des ZEP" (zones d'éducation prioritaire) dont certains pourraient voir leurs études financées contre un engagement à "passer un concours de la fonction publique".
Dès 2006, le ministère de l'Intérieur va mettre en place des "préparations intégrées" aux concours de la police, de la gendarmerie et de la Sécurité civile, rappelle-t-il.
Il évoque un "concours réservé aux personnes originaires des zones urbaines et des régions industrielles les plus sensibles" et souhaite que l'Etat recrute "davantage en fonction de la capacité et des aptitudes professionnelles" que de "diplômes universitaires et de (la) réussite à des épreuves théoriques qui tendent à favoriser ceux venant d'un milieu aisé".

Dans le domaine du logement, il recommande de réserver "un pourcentage des places disponibles dans les HLM qui se situent hors des ZUS" (zones urbaines sensibles), pour les habitants des quartiers sensibles, de "majorer certaines aides au logement", d'"accroître et diversifier l'offre de logements, dans les banlieues sensibles comme dans les quartiers résidentiels et de centre-ville".
Il demande aussi aux entreprises de participer "au déblocage de l'ascenseur social".
Vendredi 25 novembre 2005, 14h55, L'Internaute, actualité

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L'UMP soulagée par l'accord Villepin-Sarkozy
Ministres et députés se réjouissent de n'avoir pas à choisir avant début 2007.

«C'EST LA DROITE qui a gagné.» Hier, à l'instar de Renaud Donnedieu de Vabres, les ministres affichaient leur soulagement dans la cour de l'Elysée, après l'accord entre sarkozystes et chiraco-villepinistes sur le choix du candidat de l'UMP pour la présidentielle. «On nous annonçait une crise. Il y a aujourd'hui une dynamique», se félicitait le ministre de la Culture.

Pour autant, les avis sont partagés sur le sens de cette «synthèse» à la mode UMP. Nicolas Sarkozy a-t-il emporté la mise, en obtenant que le premier ministre accepte l'idée d'un vote des militants après l'avoir tant combattu ?
Ou, au contraire, le président de l'UMP a-t-il cédé en renonçant à mettre en place une machine (des primaires décisives) qui, de facto, aurait empêché toute candidature de Dominique de Villepin ?

«Une fois de plus, Sarkozy a reculé alors qu'il était en position de force», se plaît-on à souligner dans le camp chiraquien, où l'on rappelle avec gourmandise que, déjà, Nicolas Sarkozy avait renoncé à demander à l'UMP un nouveau vote contre la Turquie, à la demande de Jacques Chirac.

Pronostic sur le vote des militants

Le ministre de l'Intérieur a une vision diamétralement opposée. La décision du bureau politique, «c'est très exactement ce que j'avais prévu», a-t-il dit, hier soir sur France 3, en insistant sur l'unité de l'UMP. «Divisée, la famille perd.» «Le plus important, c'est d'avoir obtenu un vote et surtout que le premier ministre ait donné l'assurance qu'il n'y aurait qu'un seul candidat en 2007», se réjouit Roger Karoutchi, en charge des fédérations à l'UMP.
Une version qu'atténue sensiblement un ministre, selon lequel la phrase de Dominique de Villepin ne fermait aucune possibilité : «Je souhaite qu'il y ait un seul candidat et un seul projet.»
Roger Karoutchi ose déjà un pronostic sur le vote des militants : «L'an prochain, Sarko fera 65% des voix, Villepin 25%, Boutin et Dupont-Aignan se partageant le reste.»
En attendant, Karoutchi a reçu consigne de Sarkozy de permettre à Villepin de rencontrer les fédérations UMP lors de ses déplacements en province. Pas question de rééditer l'incident de la Somme, où l'UMP locale avait boudé la semaine dernière le voyage du premier ministre. L'accord surprise à l'UMP a pour première conséquence d'alléger la pression sur les parlementaires et les ministres qui conservent le pire souvenir de la rivalité Balladur-Chirac entre 1993 et 1995. La décision du bureau politique leur permet en effet de retarder au début de l'année 2007 un choix que beaucoup d'entre eux ne veulent pas précipiter.

Pour les ministres, l'accord retarde l'affrontement et permet de préserver, le plus longtemps possible, l'unité gouvernementale. «Il n'y a plus de primaires, pas de combat interne qui aurait ouvert une année d'affrontements», s'enthousiasme le chiraquien Christian Jacob.
La plupart des membres du gouvernement s'alignent sur la phrase prononcée lundi soir par Dominique de Villepin : «Je suis le garant de l'action gouvernementale jusqu'au dernier jour.» D'autres ont retenu son avertissement : «Les plaies ouvertes à l'occasion des primaires seraient payées comptant devant les Français.»

En menant personnellement ce combat et en assistant, à la surprise générale, au bureau politique, Villepin a donné à ses partisans un signal fort de mobilisation dans la perspective de 2007. Et fait un grand pas vers la candidature. Les proches de Sarkozy ont le sentiment que, au fond, en acceptant un vote des militants, très largement acquis au président de l'UMP, Villepin «n'est plus si sûr» de vouloir être candidat. Les sarkozystes seraient-ils en train, une fois encore, de sous-estimer la détermination du premier ministre ?
lefigaro.fr, Philippe Goulliaud et Bruno Jeudy [08 décembre 2005]

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(25 décembre 2005) Arno Klarsfeld, des prétoires français à Tsahal

L'avocat Arno Klarsfeld a été chargé par le président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, de mener un "travail approfondi sur la loi, l'histoire et le devoir de mémoire", après la polémique autour de la loi du 23 avril 2005 mentionnant le "rôle positif" de la colonisation.

Né en 1966, Arno Klarsfeld s'est très rapidement familiarisé avec le combat pour la mémoire que ses parents, Serge et Beate Klarsfeld, couple franco-allemand, mène depuis des décennies à la tête de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France. Inscrit aux barreaux de Paris, de New York et de Californie, Arno Klarsfeld laisse tomber le cabinet d'affaires new-yorkais pour rejoindre celui de son père et de sa sœur à Paris. L'un des avocats des parties civiles lors du procès Papon, le jeune Klarsfeld se fait aussitôt remarquer pour sa pugnacité, son sens de la provocation qui frôle parfois l'insolence mais aussi pour sa boulimie de travail et la bonne connaissance de ses dossiers.

Infatigable défenseur de la cause du Rwanda, ce jeune avocat aux cheveux longs, portant jeans et rollers aux abords des palais de justice, veut être un touche à tout : littérature, télévision, radio et pourquoi pas cinéma, dit-il. Après les paillettes du show-biz et les lumières des procès retentissants, il se retire quelques temps du paysage français, indigné par la politique de Paris à l'égard d'Israël. En 2003, il quitte Paris pour l'Etat hébreu où il effectue son service militaire au sein d'une unité de gardes-frontières, les MAGAV, notamment près de Bethléem.

Deux ans après, il rassemble ses souvenirs de soldat de Tsahal dans un ouvrage, " Israël transit " (éditions de L'Archipel) au cœur duquel il creuse des pistes de réflexions sur la question israélo-palestinienne et raconte comment lui et ses frères d'armes luttaient contre les risques d'attentats. " Meilleur tireur de son unité", comme l'indique son éditeur, " il peut, grâce à son passé sportif de tri-athlète, endurer les épreuves physiques auxquelles les recrues sont soumis ".

Mais son ouvrage-entretiens avec Yves Derai n'est pas qu'une histoire d'amour avec Israël, une " fusion" avec l'Etat hébreu, c'est aussi un hymne à la paix avec les Palestiniens, qui vivront dans la dignité sitôt qu'ils disposeront d'un Etat.
A son retour, cet europhile et citoyen franco-israélien éprouvant une admiration pour l'Oncle Sam, a repris les chemins des palais de justice.
lemonde.fr, Gaïdz Minassian, LEMONDE.FR | 25.12.05 | 11h45, Mis à jour le 25.12.05 | 14h08

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mercredi 4 janvier 2006, 20h29 SNCF: M. Sarkozy annonce la création d'une police ferroviaire nationale

PARIS (AP) - Après les agressions dont ont été victimes les passagers du train Nice-Lyon le 1er janvier, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi soir la création d'une police ferroviaire nationale "pour assurer la sécurité des transports".

"Je veux créer un service national de police ferroviaire qui sera doté de 1.000 à 1.500 fonctionnaires dès cette année et qui auront comme seule compétence d'assurer la sécurité des voyageurs sur les trains et notamment les trains régionaux", a-t-il dit sur TF1.

Jusqu'ici, le pays comptait un service régional de police des transports (SRPT) en Ile-de-France depuis la fin 2003, alors qu'un décret paru le 28 décembre dernier prévoit d'en créer d'autres à Lille, Lyon et Marseille.

"Je réunirai dès la semaine prochaine la totalité des transporteurs publics ferroviaires pour voir comment on peut mieux organiser la lutte contre la délinquance", a annoncé M. Sarkozy en ajoutant qu'il existait aujourd'hui un "problème de coordination" entre la police territoriale et les services de sécurité de la SNCF.

Le ministre compte aussi "renforcer les possibilités juridiques des agents de sécurité de la SNCF pour qu'ils puissent verbaliser et relever tous les délits" et "renforcer leur possibilité d'armement avec notamment des armes non létales", comme le pistolet à impulsion électrique Taser, "de façon à ce qu'ils puissent mieux assurer leur sécurité". AP
yahoo.fr, actualités, mercredi 4 janvier 2006, 20h29

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Racket dans le Nice-Lyon : la police en cause ?

Un groupe d'une centaine de jeunes éméchés aurait été raccompagné dimanche à la gare de Nice par des forces de l'ordre pour être mis dans le train.
Selon les déclarations de sources policières mercredi 4 janvier, un groupe d'une centaine de jeunes éméchés aurait été raccompagné, dimanche du Nouvel An, à la gare de Nice par des forces de l'ordre pour être mis dans le train Nice-Lyon, à bord duquel des passagers ont été violentés et rançonnés.
"On les a ramenés à la gare et ils sont montés dans le train. Ils étaient environ une centaine. Le train est parti à 06H00. A Nice, il ne s'est rien passé", a affirmé le commissaire divisionnaire Georges Gasperini, chef d'état-major de la direction départementale de la sûreté publique des Alpes-Maritimes.

La SNCF, qui avait été alertée par la sûreté départementale sur la présence de ces jeunes, avait placé dans le train une équipe de trois agents de la police ferroviaire, accompagné d'un chien, mais cette équipe est descendue à Saint-Raphaël.
C'est à bord de ce train qu'au moins une vingtaine de jeunes gens ont écumé la rame entre Saint-Raphaël et la gare des Arcs-Draguignan (Var), semant la terreur parmi les 600 passagers, dont certains ont été violentés et rançonnés, tandis qu'une jeune fille a été victime de violences sexuelles.

Placés en détention provisoire

Deux jeunes gens de 19 ans, soupçonnés d'avoir participé à cette équipée sauvage, ont été placés en détention provisoire à l'issue de leur comparution immédiate lundi devant le tribunal correctionnel de Draguignan, dans l'attente de leur procès, renvoyé au 6 mars. Un mineur, également arrêté, sera jugé séparément.

Par ailleurs, la veille de ces incidents, au soir du 31 décembre, à leur arrivée en gare de Nice, 22 jeunes gens dont deux mineurs, soupçonnés d'avoir commis des dégradations dans un train qui arrivait de Marseille avaient déjà été interpellés et placés en garde à vue, a-t-on appris de source judiciaire. Selon le parquet de Nice, un premier groupe avait été arrêté à la descente du train pour avoir cassé des vitres dans un wagon. Treize autres jeunes gens étaient ensuite interpellés après avoir été signalés par les contrôleurs comme ayant incendié des sièges. Les 22 ont finalement été relâchés après les faits du Nice-Lyon, sur instruction du parquet de Nice, faute d'éléments permettant de les poursuivre, a-t-on précisé de source judiciaire.

Ces jeunes étaient venus réveillonner et faire la fête à Nice, en profitant du billet à 1,20 euro offert par la SNCF et la région PACA à l'occasion du Nouvel An.

Manque de communication et plaintes

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a de son côté regretté mercredi le manque de communication de la SNCF avec les forces de l'ordre. D'après lui, celles-ci n'ont pas été prévenues du passage du train n'ont ainsi pas pu prendre le relais de la sécurité de la SNCF. "Le problème c'est que les services de sécurité ne savaient pas qu'il y avait une opération de promotion tarifaire de la SNCF" sur ce train, a encore regretté Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait à Vélizy en marge d'une cérémonie marquant le 61ème anniversaire des CRS. "Je demanderai donc au président de la SNCF que dorénavant quand ils font des opérations de promotion tarifaire de ce type, ils prennent contact avec les services de sécurité pour que ceux-ci assurent la sécurité des trains", a poursuivi le ministre. Pour sa part, la SNCF a déposé deux plaintes pour "dégradation de matériel" et pour "l'ensemble des événements à bord" du train.

"Négligences"

Pour sa part, la préfecture des Alpes-Maritimes a affirmé qu'il y avait eu des "négligences de plusieurs partenaires". "Il y a eu une série de dysfonctionnements, notamment du conseil régional et de la SNCF qui ne nous ont pas prévenus de l'arrivée de ce train" samedi à Nice, a déclaré au cours d'une conférence de presse Françoise Souliman, directrice de cabinet du préfet des Alpes-Maritimes. "Il nous a manqué une base légale interdépartementale" pour coordonner l'intervention des forces de sécurité, sur l'ensemble du trajet du train sur trois départements: Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, a poursuivi Françoise Souliman. Cette base légale sera opérationnelle très prochainement, a-t-elle assuré. "Les Alpes-Maritimes ont fait tout ce qui était en leur pouvoir", a-t-elle ajouté.
NOUVELOBS.COM | 04.01.06 | 17:56

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Une équipée sauvage aux cris de « on va te faire la peau ! » [05 janvier 2006]

«On va te niquer ! On va te faire la peau

C'est par ces mots, selon les témoignages recueillis par les gendarmes que, peu avant l'arrêt du train en gare des Arcs, cinq individus ont mis en garde leur victime et son compagnon, sans doute pour les dissuader de déposer plainte.
Peu auparavant, les adolescents s'étaient attaqués au couple pour lui dérober des effets personnels, avant d'infliger des attouchements à la femme.

Quelques minutes plus tard, ce sont des wagons dévastés que découvrent les gendarmes appelés pour rétablir l'ordre.
«A bord, le calme était revenu, mais personne n'osait parler, raconte l'un d'eux. Personne n'avait osé intervenir pour stopper les jeunes dans leur équipée sauvage.»

Une fois délivrés, les passagers tentent de retrouver leur calme.
«Mais sur le quai, il y avait encore des menaces de mort contre les passagers», raconte le chef de gare Jean-Pierre Faissole.
Un peu plus loin, à l'hôtel L'Avenir, Linda Gasmi offre refuge à un couple : «L'homme et la femme m'ont dit qu'ils avaient été agressés et qu'ils ne voulaient plus reprendre le même train.» Peu après, deux jeunes femmes se présentent : «Elles m'ont dit qu'il y avait eu des attouchements. Elles étaient traumatisées. »

Dans le même temps, d'autres jeunes demeuraient menaçants sur le quai. «Certains, raconte un témoin, disaient aux passagers qu'ils allaient les saigner s'ils parlaient.»
lefigaro.fr, C. L., [05 janvier 2006]

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(06 janvier 2006) Le couple Sarkozy se serait reformé

PARIS - Le couple Sarkozy, qui avait fait la "Une" au moment de sa séparation au printemps dernier, se serait reformé, croit savoir la radio RTL, qui en a fait son gros titre vendredi soir.
Le porte-parole du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP s'est refusé à commenter une information relative à "la vie privée".

Seul signe tangible, l'alliance revenue au doigt de Nicolas Sarkozy lors de son passage sur TF1 mercredi soir.
Selon RTL, le retour de Cécilia place Beauvau aura des conséquences publiques et politiques.
L'épouse de Nicolas Sarkozy jouait un rôle politique important auprès de son mari, gérant communication, agenda et réseaux.

Depuis le départ de sa femme, le ministre de l'Intérieur, qui avait entamé une nouvelle vie, avait affirmé sa volonté de ne plus communiquer sur la sphère privée.
Quand il lui avait été demandé s'il se sentait responsable de la pression médiatique qui s'exerçait sur lui, puisqu'il avait mis en scène le couple formé avec Cécilia, qui était aussi son chef de cabinet, il avait reconnu que cela aurait été "un comble de s'exonérer de toute responsabilité".
"Des responsabilités, j'en ai certainement, et ce n'est pas mon genre d'aller les mettre sur les épaules des autres et c'est justement instruit de l'expérience que j'ai décidé : plus jamais", avait-il ajouté.
libération.fr, vendredi 06 janvier 2006 (Reuters - 19:20)

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mercredi 11 janvier 2006, 9h03 Cécilia Sarkozy "revenue" auprès de son époux, selon Balkany

PARIS (AFP) - Patrick Balkany, député UMP des Hauts-de-Seine et proche de Nicolas Sarkozy, affirme mercredi (11 janvier 2006) que Cécilia Sarkozy est "bel et bien revenue" auprès de son mari et que tout est "rentré dans l'ordre" dans le couple après sept mois de séparation.

Dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France (Le Parisien, 11/01/2006, p. 4), le maire de Levallois-Perret raconte que Mme Sarkozy est "rentrée de New-York le 2 janvier". "Je le confirme. Cécilia est bel et bien revenue place Beauvau", siège du ministère de l'Intérieur, dit-il.
Selon l'ami du couple, qui raconte en détail les retrouvailles, "c'est comme si tout était maintenant rentré dans l'ordre".
Depuis plusieurs jours, des informations de presse faisaient état de la réconciliation de Nicolas et Cécilia Sarkozy.
Interrogé mercredi matin, l'entourage de Nicolas Sarkozy n'a voulu faire aucun commentaire.
yahoo.fr, actualités, mercredi 11 janvier 2006, 9h03

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jeudi 12 janvier 2006, 19h47 Réforme des institutions: Sarkozy rejoint les "présidentialistes"

PARIS (AFP) - En proposant jeudi une réforme des institutions, Nicolas Sarkozy a rejoint Bayrou, Lang ou Jospin dans le camp des "présidentialistes", favorables à un renforcement des pouvoirs du chef de l'Etat au détriment du Premier ministre, parfois purement supprimé.

Lors de ses voeux à la presse, le président de l'UMP a proposé "une nouvelle rédaction de la Constitution" prévoyant "que le Premier ministre +coordonne l'action du gouvernement+ alors que le texte actuel dispose qu'il la +dirige+".
Dans un quinquennat, a précisé M. Sarkozy, "celui qui dirige l'action du gouvernement, c'est le président de la République", ce dernier devant rendre "plus régulièrement des comptes à la représentation nationale".

Une architecture qui ressemble à celle avancée par François Bayrou lors d'un récent colloque. Le président de l'UDF se prononce toutefois pour "une VIème République", alors que son homologue de l'UMP estime qu'on peut évoluer sans "changer le numéro".
"Tout le monde a voté pour le président de la République, pourtant il se tient en retrait (...) Et personne n'a voté pour le Premier ministre, qui est chargé de gouverner", a argumenté M. Bayrou.
Comme en écho, M. Sarkozy a jugé jeudi "pas anormal de dire que le pouvoir est dans les mains de celui qui a été élu", plutôt que "de celui qui a été nommé".

Pour M. Bayrou, il faut que le président soit chargé de "déterminer et de conduire la politique de la nation". Il ne propose pas pour autant la suppression du Premier ministre, estimant "utile" qu'il y ait "un coordinateur, un entraîneur".

Cette fonction, les socialistes Lionel Jospin, ancien chef de gouvernement ou Jack Lang, ex-ministre de la Culture, ne la jugent plus nécessaire. Tous deux prônent l'instauration d'un strict régime présidentiel.
"Tirant les leçons" de son expérience de cohabitation, M. Jospin juge un exécutif à "deux têtes" "néfaste pour l'unité et l'efficacité". "La seule solution simple", c'est que le président élu "soit en même temps un président-Premier ministre".
Jack Lang propose un président qui "gouverne directement en nom propre", ce qui "mettrait fin à la tartufferie du prétendu président-arbitre".

Ces responsables se retrouvent pour défendre, en contrepoids, un Parlement aux prérogatives accrues.

Sarkozy veut qu'il puisse "débattre avec le gouvernement des orientations de la politique gouvernementale, et le cas échéant les amender", Bayrou veut qu'il "pèse vraiment dans le débat", Jospin qu'il "soit renforcé dans ses attributions", et Lang qu'il soit "pleinement souverain".

Suppression de l'article 49-3 (adoption sans vote), ordre du jour plus ouvert aux textes d'initiative parlementaire: le renforcement des pouvoirs des élus est au coeur de la VIe République défendue avec acharnement par le député Arnaud Montebourg, sans grand succès auprès du PS pour l'instant.

Mais, dans son projet, le Premier ministre "exerce l'ensemble du pouvoir exécutif", le président, élu par les parlementaires, étant simplement "le garant du bon fonctionnement des institutions".
yahoo.fr, actualités, jeudi 12 janvier 2006, 19h47

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04 février 2006. La bio de Cécilia recyclée

SUR LA COUVERTURE, il y a marqué "roman" en lettres blanches accompagné de la photo d'un coupe dont on ne voit pas les têtes.

L'auteure, Valérie Domain, précise dans l'avertissement que "les ingrédiens" de son livre relèvent de la fiction et ne sauraient "être attribués à quelque personne réelle".

Mais à la lecture de l'ouvrage, pas de doute possible. Il s'agit bien de la biographie de Cécilia Sarkozy, interdite par First, recyclée sous une autre forme chez Fayard.
D'ailleurs le titre est resté authentique :"Entre le coeur et la raison".

Prudente Valérie Domain a changé les noms.
Nicolas Sarkozy s'appelle désormais Guillaume Michaut-Cordier, Cécilia Sarkozy, Célia Michaut-Cordier, Richard Attias, le publicitaire qui a, un temps, partagé la vie de Cécilia, est devenu Hervé Dormont.
L'histoire, elle, ne change pas. Célia tombe amoureuse d'Hervé. "Elle aurait pu devenir un jour la première dame de son pays, peut-on lire. Elle a décidé de partir sur un coup de coeur".
La rupture avec Guillaume s'est faite progressivement. Célia se serait sentie délaissée par son époux, trop occupé par sa carrière politique.
"Aussi pugnace en politique qu'en amour, Guillaume ne va pas lâcher prise, écrit Valérie Domain. Il souffre, mais il attend son heure."

Selon l'auteure, c'est l'apparition "nouvelle femme dans la vie de son mari, Sophie Cachou, journaliste", qui pousse Célia à revenir. D'autant que Guillaume l'informr par texto "de sa décision d'épouser sa rivale".
Très détaillé, le livre doit paraître le 8 février (2006) en librairie 'Fayard, 235 pages, 16 euros). A moins que le couple Sarkozy ne tente une nouvelle fois de s'y opposer.
Frédéric Gerschel, Le Parisien, 4 février 2006, p. 5

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"La commission, c'est le bal des faux-culs!"
par Dominique Barella, président de l'Union Syndicale des Magistrats

En quoi les principes de séparations des pouvoirs n'ont pas été respecté, lors des auditions ?
-Les principes de séparation des pouvoirs et du secret professionnel ont été violés parce que le Parlement est là pour voter les lois et non pour refaire un procès. Lors des auditions, le rapporteur s'est comporté comme un procureur, il a été très agressif. Il a voulu refaire l'enquête à sa façon et a eu un comportement très dur. La commission d'enquête a voulu se dédouaner de ses propres responsabilités. Le Conseil Supérieur de la Magistrature pose bien ce problème, c'est le schéma du tribunal populaire. Même Jean-Louis Debré s'est dit choqué de ces méthodes. Il y a eu de vraies dérives dans cette affaire, et l'article du journaliste de Libération, qui compare le juge Burgaud au criminel nazi Adolf Eichmann, en est la preuve. L'Union Syndicale des Magistrats va d'ailleurs porter plainte contre ce journaliste.

Après les auditions, quelles sont les réformes envisagées ?
Les réformes envisagées concernent les conditions de garde à vue et de détention provisoire. Le principe de collégiabilité va être mis en avant. Mais il y a déjà eu une centaine de modifications du code pénal depuis trente ans, les parlementaires font n'importe quoi! La commission d'enquête, c'est le bal des faux-culs! Mettre au pilori un homme seul, c'est indigne. Notre pays est en train de piétiner ses principes les plus fondamentaux!

L'après-Outreau va-t-il renverser la vapeur en matière de politique judiciaire? Quel est le rôle des politiques dans cette affaire?
-Les politiques n'ont qu'une idée, c'est réformer le CSM pour se venger d'un mal vécu. Celui d'être mis sur le même pied que les simples citoyens en matière de poursuites judiciaires. Ils veulent la peau des magistrats. Ils réformeront donc le CSM mais les conditions de garde à vue et de détention provisoire ne sont pas leur priorité. Ils veulent politiser le CSM et désigner eux-mêmes, ou par des intermédiaires, les magistrats.
lenouvelobs.com, Propos recueillis par Pauline Mouchard, (le vendredi 17 février 2006), NOUVELOBS.COM | 17.02.06 | 13:03

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05/03/2006 20:18 PARIS, 5 mars 2006 (AFP) - Strauss-Kahn: "L'antisémitisme monte dans notre pays"

Le député PS du Val d'Oise Dominique Strauss-Kahn a estimé dimanche que "l'antisémitisme montait" en France, au sortir d'une réunion avec le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy au sujet de trois agressions visant de jeunes juifs à Sarcelles vendredi et samedi.

"L'antisémitisme monte dans notre pays. Ce serait faux de ne pas vouloir le voir", a dit le député.
"Je crois que c'est le hasard qui fait qu'il y a eu successivement" ces trois agressions à Sarcelles, a poursuivi M. Strauss-Kahn.
"Autant qu'on le sache aujourd'hui il n'y a pas de lien entre eux. Mais c'est vrai que c'est dans un climat d'ensemble dans lequel l'antisémitisme a tendance à augmenter", a ajouté le candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.

Lors de la réunion, à laquelle assistaient les trois jeunes agressés et leur famille, "plusieurs intervenants ont évoqué le fait que les émeutes de novembre et l'affaire Ilan Halimi ont pu avoir une influence sur les jeunes les plus déstructurés", a indiqué à l'AFP le maire PS de Sarcelles François Pupponi.
"Cette tension palpable depuis quelques mois est la continuité des violences urbaines", a jugé l'élu.

Nicolas Sarkozy a annoncé le renforcement des moyens permettant d'assurer la sécurité de l'importante communauté juive de Sarcelles.
"Dans le climat où l'antisémitisme monte dans notre pays, ce genre d'interventions renforçant la possibilité de maintenir l'ordre public est absolument nécessaire", s'est félicité M. Strauss-Kahn.
La vidéosurveillance "sera développée aux alentours des synagogues et donc plus seulement à la sortie immédiate des synagogues" et "28 CRS seront mis en place à Sarcelles", a détaillé le député UMP du Val d'Oise Jérôme Chartier.
"Nous souhaitons que rien ne soit laissé au hasard dans l'enquête qui, j'espère, conduira le plus rapidement possible à l'arrestation des malfaiteurs", a poursuivi le parlementaire de la majorité.

M. Strauss-Kahn a dit sa conviction que cette rencontre "était nécessaire parce qu'il y a eu une succession d'événements au cours de ces derniers jours qui font que dans la ville de Sarcelles il y a aujourd'hui une émotion assez forte".
Les victimes des agressions et leurs familles n'ont pas fait de commentaire.
lacroix.com,

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(14 mars 2006) Paru le : 14/03/2006 Cécilia Sarkozy est repartie à New York

TOUT INDIQUE que Cécilia et Nicolas Sarkozy ont de nouveau repris leur indépendance. Depuis le 3 mars dernier (2006), Cécilia Sarkozy est repartie à New York, où elle s'est envolée avec son fils, jusque-là scolarisé en France.

Aux Etats-Unis, Cécilia Sarkozy a rejoint une de ses filles, et vit en compagnie du publicitaire Richard Attias.
« Aucun commentaire », nous a confié hier Richard Attias, refusant, sur le mode de la plaisanterie, « d'évoquer (sa) vie privée ».

Selon plusieurs proches du ministre de l'Intérieur, les époux Sarkozy envisageraient désormais de confier leur dossier juridique à deux avocats, ne passant plus par les conseils de M e Georges Kiejman, pressenti initialement pour monter un dossier de divorce amiable.

Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on se refuse aussi à la moindre allusion sur le sujet, appliquant la nouvelle règle prescrite par le ministre, selon laquelle il n'évoque plus « (sa) vie privée ».

« Durant la période où elle était à Paris, on ne l'a jamais revue à l'UMP »

La dernière apparition publique des époux Sarkozy remonte au 1 e r mars, au restaurant le Pichet, pour l'anniversaire de Pierre Charron, le conseiller en communication du ministre de l'Intérieur.
« Nicolas et Cécilia sont venus tous les deux, il y avait là tout les réseaux Sarko, de la politique, du show-biz et du monde du rugby, raconte un des 100 participants. Ils avaient l'air détendu. »

Jeudi 2 mars, dans la journée, le couple se serait vivement disputé place Beauvau. Selon nos sources, gêné, le personnel du logement de fonction s'est discrètement éclipsé.
Le lendemain, jour où Nicolas Sarkozy faisait un aller-retour au Portugal, Cécilia prenait l'avion pour Manhattan. Le week-end suivant, le ministre de l'Intérieur se déplaçait en Espagne. « A aucun moment lors de ces voyages, Nicolas n'a évoqué le sujet », assure un député de son entourage. « C'est devenu totalement tabou, ajoute un membre de la garde rapprochée du ministre.

Sarko gère sa nouvelle vie tout seul. Et, dans cette histoire, on ne sait plus quoi penser, Cécilia étant revenue en janvier après des mois de séparation... » « Durant toute la période où Cécilia était à Paris, en janvier et février, on ne l'a jamais revue à l'UMP, ni dans aucune manifestation officielle », assure un permanent du parti.

Quel que soit l'avenir de l'ex-couple le plus médiatisé de la politique, la vie privée de Nicolas et Cécilia Sarkozy passionne les Français.
Le livre « interdit » de Valérie Domain, refusé par la maison d'édition First puis publié sous forme de roman par Fayard, est dans les meilleures ventes de ce premier trimestre. 90 000 exemplaires ont déjà été imprimés et se trouvent actuellement dans les rayons de librairie.
« Inspiré » de la vie des époux Sarkozy, l'ouvrage « relève de la fiction », prévient l'auteur dans un avertissement rédigé à la première page. « N'empêche, confie un libraire, ce livre se vend parce que les acheteurs pensent y lire la vraie histoire. »
« On en est loin », rectifient plusieurs proches du ministre, qui ont pointé dans le roman « une foule de choses inexactes ». La véritable histoire de ces six mois dans la vie d'un couple resterait donc à écrire.
Le Parisien, 14 mars 2006, Frédéric Gerschel et Laurent Valdiguié, p. 14

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samedi 18 mars 2006, 18h06 "Pute pride" à Paris: les prostituées défilent pour "leurs droits humains"

PARIS (AFP) - Place Pigalle puis rue Saint-Denis, des dizaines de prostituées ont manifesté, samedi à travers Paris, pour "faire reconnaître leur métier et leurs droits humains", lors de la première "marche des fiertés des travailleurs du sexe contre la loi Sarkozy" adoptée il y a trois ans.

Karima, qui vend ses "services sexuels" depuis 18 ans, est venue de Limoges spécialement pour cette "Pute Pride".

"La Loi Sarkozy a renvoyé les filles dans l'insécurité, juge cette transsexuelle de 36 ans, exerçant en appartement. Elles doivent exercer dans des endroits mal famés, elles ne vont plus voir les policiers si elles sont violées ou frappées par un client, parce qu'elles redoutent un PV...".

Le cortège siffle, sonne l'alarme à coups de sirènes et alterne les slogans: "vous couchez avec nous, vous votez contre nous", "ni coupables, ni victimes, fières d'être putes!".

Travaillant dans des bars à hôtesses, sur le trottoir ou en appartement, ces prostituées ne sont pas toutes prêtes à clamer leur "fierté", mais refusent "la honte, la clandestinité". Elles exigent l'abrogation de la loi sur la sécurité intérieure de mars 2003, qui rend le racolage passible d'une amende de 3.750 euros et d'une peine de deux mois de prison, accompagnées d'un retrait de la carte de de séjour pour les personnes étrangères.

Les yeux masqués par un loup, une Brésilienne de 33 ans explique qu'elle ne peut plus travailler au bois de Boulogne: c'est "trop dangereux" depuis "la loi Sarkozy qui nous rend plus vulnérables, plus faibles, dans la main du client... Pourtant, nous sommes des travailleuses comme tout le monde, dit-elle. Nous payons des impôts, mais nous n'avons pas de droits".

Kouka Garcia, "médiatrice de santé publique" auprès des prostituées latino-américaines, assure en espagnol que "beaucoup se cachent désormais et ne viennent plus voir les associations".

Les "traditionnelles" sont rares dans le défilé. "Les filles du bois de Vincennes ont eu la trouille, parce qu'il y a eu une augmentation des PV la semaine dernière, croit savoir Jean-François, alias Maîtresse Nikita, et elles ont aussi du mal à laisser tomber le masque".

Sous un parapluie rouge, Lisa cache ses yeux derrière un loup de velours noir. "Je ne travaille presque plus porte Dauphine ou porte d'Auteuil, tellement j'ai peur, depuis mes deux gardes à vue, dit cette transsexuelle algérienne de 21 ans, sans papiers. Les policiers nous chopent et, si on a l'argent de notre travail sur nous, ils nous le prennent!", assure-t-elle.

Les manifestants étaient 100, selon la police, plusieurs centaines, selon le groupe activiste "les putes", à l'initiative de la marche. Beaucoup étaient membres d'Act Up, du PASTT (Prévention, action, santé, travail pour les transgenres) ou de l'association féministe "Femmes publiques".
Yahoo.fr, actualités, samedi 18 mars 2006, 18h06

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vendredi 31 mars 2006, 20h48 Nicolas Sarkozy salue le "compromis" de Jacques Chirac

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a salué la décision de Jacques Chirac de demander que la disposition de loi sur le CPE "ne soit pas appliquée en l'attente d'un nouveau texte législatif".

"Je salue cette décision de sagesse conforme à ce que l'immense majorité des parlementaires de l'UMP souhaitait", a déclaré le président de l'UMP vendredi soir.

Nicolas Sarkozy a rappelé avoir plaidé depuis plusieurs semaines en faveur d'un "compromis", soulignant que de nouvelles manifestations de rue "comportent des risques chaque jour plus importants".

Il a souhaité que les organisations syndicales "fassent preuve d'esprit de responsabilité pour élaborer un compromis qui permette à notre pays de retrouver la paix civile et l'unité dont il a besoin".

Le numéro deux du gouvernement fait entendre sa différence tout au long de la crise du CPE en critiquant la méthode du Premier ministre Dominique de Villepin et en prônant un "compromis", notamment une non-application de la loi le temps de mener de véritable négociations.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 31 mars 2006, 20h48

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CPE : Sarkozy cherche une sortie de crise
Le président de l'UMP veut parvenir au plus vite à une solution négociée avec les syndicats.

L'AUTO-INTRONISATION de Nicolas Sarkozy sur le perron de Matignon, samedi, a clos officiellement son bras de fer avec Dominique de Villepin.

L'UMP et son président gèrent désormais la sortie de crise du CPE. Au début de son petit déjeuner avec les caciques du parti, le premier ministre a bien tenté de rester maître du jeu en esquissant un projet gouvernemental de modification du CPE, mais il s'est heurté à l'opposition de la quasi-totalité des convives, Sarkozy en tête. «Pour que Nicolas reprenne la main, explique l'un de ses proches, il fallait que le gouvernement accepte de laisser l'initiative au Parlement.»

C'est donc officiellement à Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, et à Josselin de Rohan, son homologue au Sénat, que revient de rédiger la proposition de loi destinée à modifier le CPE. En guise de préambule à l'invitation au dialogue qu'il va lancer aux syndicats, Accoyer a fait hier son mea culpa : «Nous n'avons pas assez parlé avec les partenaires sociaux.» L'émissaire de l'UMP a prévu de s'entourer de trois députés pour mener les discussions : le sarkozyste Dominique Paillé, le chiraquien Jean-Louis Warsmann et Jean-Paul Anciaux, proche de Borloo. Il a précisé sur Radio J que la proposition de loi ne serait «vraisemblablement pas» déposée avant fin mai.

«C'est un peu tard», a déjà fait savoir l'entourage du président de l'UMP. Dès samedi, Nicolas Sarkozy a appelé Bruno Julliard (Unef), François Chérèque (CFDT), Jacques Voisin (CFTC), Jean-Louis Walter (CFE-CGC) et Jean-Claude Mailly (FO). Hier matin, il a eu le cégétiste Bernard Thibault (CGT). «On sent bien que notre interlocuteur n'est plus le premier ministre mais les députés UMP, et le patron des parlementaires UMP, c'est Nicolas Sarkozy», a commenté François Chérèque hier sur France Inter.

«Le CPE est mort, mais il faut encore l'enterrer»

Les supporters de Sarkozy n'ont pas le triomphe modeste. «Les liens entre les groupes UMP de l'Assemblée et du Sénat et le parti sont suffisamment étroits pour que la patte de ce dernier soit bien visible dans le texte qui sera déposé», a prédit Dominique Paillé, député des Deux-Sèvres, dans Le Parisien. Nadine Morano (Meurthe-et-Moselle) a carrément affirmé que «la balle étant complètement dans le groupe UMP, c'est la démocratie qui reprend la main».

La partie est pourtant loin d'être jouée pour le président de l'UMP. François Chérèque l'a publiquement prévenu qu'il voulait «débattre d'abord de l'abrogation». Message reçu cinq sur cinq par les sarkozystes. «Chérèque n'est pas un excité, soulignait hier l'un d'entre eux. S'il a demandé l'abrogation, c'est qu'il pense qu'il faut en passer par là.» Une opinion que semble partager Nicolas Sarkozy. Pour lui, affirme l'un de ses proches, «le CPE tel qu'il a été voté est mort, mais il faut encore l'enterrer». Le chef de l'UMP voudrait «aller vite, tout en prenant son temps». Ce qui signifie que si la mobilisation anti-CPE ne faiblit pas demain, il pourrait préconiser son abrogation pure et simple avant de faire de nouvelles propositions en faveur de l'emploi des jeunes.

Au risque de provoquer la démission du premier ministre ? «En acceptant d'être dessaisi du CPE, il a fait le plus dur, ironise un sarkozyste. L'abrogation ne devrait pas poser trop de problèmes.»

En attendant les manifestations, le chef de l'UMP va vérifier ce soir, lors de la commission exécutive du parti, que sa position est bien partagée. Le sondage CSA-Le Parisien-i télé devrait l'aider : 47% des personnes interrogées estiment qu'il sort «renforcé» de la crise, et 30% seulement «affaibli».
lefigaro.fr, Judith Waintraub 03 avril 2006, (Rubrique France)

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mardi 25 avril 2006, 18h14 Tous les candidats PS seraient battus au second tour par Sarkozy

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy l'emporterait au second tour de l'élection présidentielle sur tous les candidats du PS, de justesse s'il s'agissait de Ségolène Royal, plus largement face à tous les autres, selon un sondage IFOP-Paris Match publié mardi.

Au premier tour, dans le cas où il serait le seul candidat UMP, le président de l'UMP arriverait en tête avec 32%, devant la présidente PS de Poitou-Charentes, créditée de 30% des intentions de vote.

En revanche, il serait devancé d'un point (29%) par Mme Royal dans le cas d'une primaire avec Dominique de Villepin, qui ne recueille que 6% des intentions de vote.

Au second tour, M. Sarkozy l'emporterait sur la candidate socialiste avec 51% des voix contre 49%.
Le ministre de l'Intérieur devancerait plus nettement encore les autres candidats socialistes potentiels au 1er tour: 33% face à Lionel Jospin (21%), 34% face à Dominique Strauss-Kahn (19%), 35% face à Jack Lang (21%), François Hollande (19%) ou Laurent Fabius, crédité de 14% seulement.
Au second tour, M. Sarkozy l'emporterait avec 56% face à Jack Lang ou Lionel Jospin, 58% face à François Hollande, 59% face à Dominique Strauss-Kahn et 61% en cas de duel avec Laurent Fabius.

Sondage réalisé par téléphone les 20 et 21 avril auprès d'un échantillon de 883 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué par la méthode des quotas.
Yahoo.fr, actualités, mardi 25 avril 2006, 18h14

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mardi 25 avril 2006, 12h57 Projet de loi sur l'immigration: les Eglises chrétiennes confient leurs "inquiétudes" à Dominique de Villepin

PARIS (AP) - Les autorités catholiques, protestantes et orthodoxes de France ont écrit mardi au Premier ministre Dominique de Villepin pour faire part des "réelles inquiétudes" que suscite chez elles le projet de loi sur l'immigration, un projet qu'elles jugent à la fois "irréaliste d'un point de vue pratique" et "problématique sur le plan humain".

Mgr Jean-Pierre Ricard, le pasteur Jean-Arnold de Clermont et le métropolite Emmanuel, présidents respectivement de la Conférence des évêques de France (CEF), de la Fédération protestante de France et de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, regrettent que le projet de loi restreigne les possibilités de régularisation des centaines de milliers de sans-papiers.

"Ce signal restrictif (...) ne pourra que maintenir dans la précarité administrative et sociale de trop nombreuses personnes", s'inquiètent les trois hommes, réunis au sein du Conseil d'Eglises chrétiennes en France.
Le projet de loi contient des mesures qui, si elles sont adoptées, risquent "de fragiliser ou de retarder le regroupement de familles étrangères ou de couples mixtes", redoutent-ils encore.

Lundi déjà, à l'initiative du Secours catholique, de la Cimade, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et du Service national de la pastorale des migrants, un appel a été lancé contre le "recul" annoncé des droits liés au respect de la vie familiale et à l'accueil des demandeurs d'asile. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 25 avril 2006, 12h57

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(28 avril 2006) L'affaire Clearstream tourne à l'affaire d'Etat NOUVELOBS.COM | 28.04.06 | 20:01

Chirac et Villepin ont tour à tour dû démentir vendredi les informations selon lesquelles ils ont joué un rôle dans l'affaire du "corbeau" mettant en cause Sarkozy.

L 'affaire Clearstream vire à l'affaire d'Etat: Dominique de Villepin -et indirectement Jacques Chirac- sont désormais mis en cause dans cette affaire de manipulation visant notamment Nicolas Sarkozy. Selon Le Monde, le général Philippe Rondot a affirmé aux juges qu'il avait été chargé dès janvier 2004 par le Premier ministre et sur "instructions" du président d'une enquête sur les soupçons de corruption pesant sur Nicolas Sarkozy.
Signe de la gravité des accusations, l'Elysée s'est fendu d'un communiqué dans lequel Jacques Chirac "dément catégoriquement avoir demandé la moindre enquête visant des personnalités politiques dont le nom a pu être mentionné". Dominique de Villepin s'est dit quant à lui "choqué par certains amalgames qui sont faits et la mise en cause de l'Etat".

Listing évoqué dès novembre 2003

Selon Le Monde daté de samedi, le général Philippe Rondot, ancien conseiller du ministère de la défense pour les questions de renseignement, a affirmé le 28 mars devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'affaire Clearstream, avoir évoqué un listing contenant des noms d'hommes politiques -qui auraient détenu des comptes occultes à l'étranger via la société luxembourgeoise Clearstream- dès le 15 novembre 2003 lors d'un entretien avec le directeur de cabinet de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, Philippe Marland.
Ce listing, qui accusait notamment Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et Nicolas Sarkozy, s'est révélé faux.
Selon le général Rondot, M. Marland lui a alors donné pour instructions de limiter son enquête aux seuls hauts fonctionnaires des services de renseignement et membres des milieux industriels sensibles cités, à l'exclusion de tout homme politique.

"Convoqué" chez Villepin

Le général dit avoir été "convoqué" par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, le 9 janvier 2004, en présence de Jean-Louis Gergorin, haut dirigeant du groupe EADS.
"Gergorin a sorti de sa poche intérieure de veste un papier. C'était le même listing qu'il m'avait remis en novembre 2003. Dominique de Villepin m'a alors fait part des instructions qu'il avait reçues au sujet de cette affaire des listings Clearstream de la part de Jacques Chirac", raconte-t-il.
Le futur Premier ministre lui aurait alors demandé de s'intéresser aux hommes politiques cités. Ce témoignage contredit directement les affirmations de Dominique de Villepin. "Je dis que je n'ai pas d'information le 9 janvier sur tout cela", c'est-à-dire sur le listing, a-t-il ainsi réaffirmé au Monde.

"Rumeurs"

Dans un communiqué publié vendredi, il affirme aussi que c'est lui, et non la ministre de la Défense, qui a demandé "le 9 janvier 2004 au général Rondot de tenter de vérifier la crédibilité" de ce qui n'était alors que "des rumeurs". Et "il ne s'agissait en aucun de s'intéresser à des personnes, mais bien à des réseaux et à des intermédiaires. Nous n'avons jamais parlé de Nicolas Sarkozy comme possible bénéficiaire de compte bancaire à l'étranger: je suis formel sur ce point", assure-t-il.
Le général Rondot, lui, affirme que dès ce jour-là "le nom de Nicolas Sarkozy a été évoqué". Le Monde cite même la fiche manuscrite qu'il avait rédigée à l'issue de cette réunion: "Enjeu politique: N. Sarkozy. Fixation sur N. Sarkozy (ref. conflit J. Chirac/N. Sarkozy)".

"Nouvelle tournure"

Selon Dominique de Villepin, l'affaire n'a pris "une tournure nouvelle" qu'au "printemps 2004 avec la mention de personnalités politiques (...) dans une liste de titulaires de comptes". C'est seulement alors qu'il dit avoir "demandé des vérifications à la DST" qui "a conclu à l'absence d'éléments concrets et probants sur les auteurs de cette manipulation".
Un brin médusée, la classe politique observait un silence prudent sur cette affaire vendredi, y compris du côté des sarkozystes. En déplacement en Corse, le principal intéressé n'a pas fait de commentaires. Jeudi soir, il avait simplement dit qu'il aurait "aimé être informé" plus tôt de son innocence dans l'affaire.

"Une affaire d'Etat"

Pour le député sarkozyste Yves Jego, "il faut laisser la justice faire son travail".
"Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est qu'on s'aperçoit qu'il y a eu une tentative de déstabilisation contre Nicolas Sarkozy et que tout cela reposait sur une manipulation pure et simple", a déclaré le député UMP Thierry Mariani.
"Cela ne peut plus durer (...) Il s'agit d'une affaire d'Etat puisque cela concerne des service de l'Etat, des ministères voire même le Premier ministre lui-même", a déploré quant à lui le Premier secrétaire du PS François Hollande. "Il faut que la vérité soit établie que les témoignages qui doivent être donnés soient rendus le plus vite possible".

Lahoud dément être le "corbeau"

Par ailleurs, Imad Lahoud et son avocat ont affirmé vendredi lors d'une conférence de presse que l'informaticien n'était "en aucune manière le 'corbeau'" de l'affaire.
Imad Lahoud "n'est pas l'auteur des manipulations. Il n'est en aucune manière le corbeau", a insisté son avocat, Me Olivier Pardo, lors d'une brève conférence de presse. "A ce stade, je réserve toute autre déclaration à la justice française. Depuis un an, mon nom est cité comme l'auteur des manipulations", a ajouté son client, niant également être le mystérieux "corbeau".
Me Pardo a rappelé que l'informaticien avait travaillé entre février et mai 2003 pour la DGSE (Direction générale de surveillance étrangère) "pour des missions ponctuelles sur la traque du financement du terrorisme international".
Selon l'avocat, début juin 2003, le général Philippe Rondot aurait sollicité M. Lahoud pour qu'il continue ces missions jusqu'en juin 2004. Depuis, il est directeur scientifique du centre de recherche d'EADS.

Mis en examen

"Dans le cadre des missions de la DGSE, Imad Lahoud n'a ni manipulé, ni trafiqué aucun fichier", a souligné Me Pardo, ajoutant que son client "n'a pas remis ces fichiers manipulés".
L'écrivain et journaliste Denis Robert, auteur d'une enquête sur la société Clearstream, a affirmé avoir remis à Imad Lahoud en mars 2003 un listing de comptes Clearstream. Un fait qu'Imad Lahoud a nié au cours de l'enquête.
Imad Lahoud est mis en examen depuis 2002 pour la gestion d'un fonds d'investissement. Il a même effectué trois mois de détention provisoire dans ce dossier instruit par le juge Jean-Marie d'Huy, l'un des juges de l'affaire Clearstream.
NOUVELOBS.COM | 28.04.06 | 20:01

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Georges MANDEL Patriote conservateur anti-nazi 1885 - 1944 par Charles REICH (http://judaisme.sdv.fr/perso/gmandel.htm)

Georges Mandel, français, conservateur sur le plan politique, juif d'origine alsacienne non pratiquant, anti-munichois, antifranquiste et finalement résistant fusillé par la milice en 1944 réunit les ingrédients en apparence les plus contradictoires d'une personnalité que l'on peut qualifier de complexe.

Né à Chatou en 1885,son père était un modeste tailleur s'appelant Rothschild. Cette famille, juive qui ne célébrait que les grandes fêtes juives, avait fui l'Alsace annexée en 1871. Ses grands-parents sont enterrés au cimetière de Marmoutier (voir sur le site : P.Katz Histoire de la communauté juive de Marmoutier).

A peine adolescent, durant l'affaire Dreyfus, il baigne dans "une atmosphère dreyfusarde" et se sent impliqué dans son lycée par les divisions et les affrontements caractéristiques de cette époque. Tout au long de sa carrière politique cette période marquée par ces luttes intenses imprimera ses marques profondes sur Mandel.

Très jeune, il devient journaliste et à l'âge de 21 ans il entre à L'Aurore, le journal de Clemenceau avec lequel il aura des relations très étroites parsemées de nombreux situations conflictuelles avec "le Tigre" qui n'apprécie pas toujours ses initiatives ou ses coups politiques qui parfois se terminent mal.

En 1906,Clemenceau devient président du Conseil et avec un sens aigu de la "manoeuvre", Georges Mandel parvient à entrer en deux temps dans son gouvernement.
En 1917 Clemenceau redevient président du Conseil à un moment particulièrement difficile pour les armées françaises, Georges Mandel contribue au choix de la plupart des ministres de son cabinet.

En 1919, il est élu député de la Gironde avec la vague "Bleu horizon" qui balaie tout le territoire et en parallèle se présente aux élections cantonales pour acquérir ainsi une assise électorale locale.

A partir des années trente, Mandel dénonce le péril allemand. Le 9 novembre 1933, il fait un discours à la Chambre qui est publié sous forme de brochure sous le titre : l'Allemagne réarme. Que faire?
Comme l'écrit Nicolas Sarkozy dans Le moine de la politique : "La question allemande avait toujours été au centre des préoccupations de Georges Mandel". Une longue route avec Clemenceau l'avait placé définitivement du coté des partisans des méthodes énergiques avec l'Allemagne.
Lui qui avait réprimé avec force les syndicats et contribué à contrôler la presse avec Clemenceau le voilà qui devient le "Cassandre" minoritaire de la droite qui selon Nicolas Sarkozy "était ainsi un des rares Français qui connaissent Mein Kampf dans le texte".

Ministre des Postes en 1934, il dirige le ministère et les services avec une poigne de fer, n'hésitant pas à révoquer des directeurs incompétents ou des fonctionnaires de base peu efficaces.

En 1935, Hitler ayant rétabli le service militaire obligatoire, il obtient la condamnation de l'Allemagne par la S.D.N. En juin 1935, Laval succède à Flandin, Mandel s'oppose à Laval sur le dossier éthiopien. En effet, celui-ci accepte le transfert des deux tiers de ce pays à Mussolini.
Le 7 mars 1936 la rive gauche du Rhin est réoccupée par l'Allemagne nazie, le gouvernement Sarraut affaibli par le manque d'enthousiasme des militaires et de l'Angleterre à l'idée de réagir fermement contre Hitler n'émet qu'une faible protestation auprès de la S.D.N.. Georges Mandel ne démissionne pas du Gouvernement.

Après la chute du Front Populaire, Mandel devient ministre des Colonies dans le gouvernement Daladier ; il se prononce pour une alliance avec l'Union soviétique contre l'Allemagne nazie.
En 1938, il s'oppose aux "Accords de Munich" soutenu par Paul Reynaud et quelques autres membres du Gouvernement. Ces accords sont ratifiés par la Chambre par 535 contre 75.
Mandel dans une premier temps veut remettre sa démission du Gouvernement puis se ravisant, estime plus courageux de rester.

Daladier est renversé le 19 mars 1940, Paul Reynaud lui succède et Mandel accède au ministère de l'Intérieur. Pétain fait son entrée au Gouvernement comme vice-président du Conseil ; Mandel est favorable à l'arrivée de Pétain dans ce Gouvernement dirigé par Reynaud. Il croit qu'il en résultera un signal positif signifiant que la France se battra jusqu'au bout… et se trompe lourdement.
Il fait procéder à l'arrestation de défaitistes et de saboteurs mais n'arrive pas à endiguer le courant défaitiste qui commence à se manifester ouvertement et se renforce dans le gouvernement.

Durant la débâcle de mai/juin 1940, il songe "au réduit breton" pour pouvoir poursuivre la lutte puis à l'Empire colonial.
Finalement après l'échec de ces tentatives, il se résigne après la démission de Reynaud et l'arrivée au pouvoir de Pétain de prendre le "Massilia" avec 25 autres parlementaires pour rejoindre l'Afrique du Nord pour poursuivre, pense-t-il la résistance.
Cet épisode peu glorieux est connu : Mandel est arrêté, comme d'autres compagnons d'infortune célèbres sur les ordres du nouveau Gouvernement puis transféré par Vichy en France métropolitaine. Il est condamné à la prison à vie en même temps que Paul Reynaud quelques temps plus tard.

En novembre 1942, Mandel est transféré, de même que Paul Reynaud quelques mois plus tard, dans un camp de la Gestapo en Allemagne. Quelques mois plus tard, il est déporté au camp de Buchenwald.
Début juillet 1944, les Allemands le livrent à la Milice en le rapatriant en France. Le collaborateur Henriot vient d'être exécuté par la Résistance et la Milice souhaite exercer sa vengeance sur Mandel et l'abat, le 7 juillet, dans la forêt de Fontainebleau.

Profondément conservateur sur le plan politique et économique, Mandel se révèle un nationaliste intransigeant profondément marqué par la première guerre mondiale et les luttes menées par Clemenceau.
Son origine juive alsacienne constitue certainement un deuxième élément de sa motivation anti- défaitiste.
Tout au long de sa carrière politique, il a souvent été en désaccord avec son propre camp et parfois haï par les éléments les plus réactionnaires de la droite. Georges Mandel est ainsi un homme politique peu facile à classer sur l'échiquier politique.
S'il avait survécu à la deuxième guerre mondiale qu'aurait-il pensé du sionisme et de la création de l'Etat d'Israël, lui qui se sentait si profondément français et patriote ?
A . S . I . J . A ., (http://judaisme.sdv.fr/perso/gmandel.htm), Charles REICH

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Bio express

1955 (28 janvier) : naissance à Paris (XVIIème) de Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, fils d'un émigré hongrois, Pal Nagy-Bocsa y Sarközy, et de Andrée Mallah, d'une famille juive sépharade de Salonique (Grèce). Nicolas est baptisé dans la religion catholique.
(1948 : Le légionnaire (Légion Etrangère) Pal Nagy-Bocsa y Sarközy acquière la nationalité française sous de nom de Paul Sarközy de Nagy-Bocsa.)
1959 : Paul Sarközy quitte le domicile conjugal. Madame Andrée Sarközy reprend ses études et devient avocate. Paul Sarközy se remariera trois fois.
1973 : Nicolas Sarközy obtient son baccalauréat B. La famille s'installe à Neuilly.
1974 : Nicolas adhère à l'Union des démocrates pour la République (UDR, gaullistes). Il milite pour l'élection de Jacques Chaban-Delmas à la présidentielle.
1975 : Il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) créé par Jacques Chirac. Son parrain est Charles Pasqua.
1976 : Responsable de la section du RPR de Neuilly.
1977 : Secrétaire RPR de la circonscription électorale Neuilly-Puteaux. Elu conseiller municipal de Neuilly.
1978 : Maîtrise de droit privé à l'Université de Nanterre (Paris X).
1979 : Institut d'Etudes Politiques de Paris (Sciences-Po).
1980 : Président du comité de soutien à la candidature présidentielle de Jacques Chirac.
1981 : Obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA).
1982 : Il épouse la fille d'un ami corse de Charles Pasqua, Marie-Dominique Culioli, son témoin est Charles Pasqua. Ils ont deux fils, Pierre (1985) et Jean (1987).
1983 : Charles Pasqua étant hospitalisé il se présente à la mairie de Neuilly et est élu.
1987 : Chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au ministère de l'Intérieur il est le conseiller en communication du gouvernement Chirac au moment de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine, officiellement le nuage radioactif est arrêté par la frontière française).
1989 : Cécilia Ciganer-Albeniz, épouse de l'animateur/amuseur de la télévision Jacques Martin, quitte le domicile conjugal avec ses enfants pour vivre avec le maire de Neuilly. L'épouse de Nicolas Sarközy s'opposant au divorce celui-ci ne sera prononçé qu'en 1996.
1993 : Elu député de Neuilly il est ministre du Budget dans le gouvernement Balladur.
1995 : Il abandonne Jacques Chirac pour soutenir la candidature présidentielle d'Edouard Balladur, qui est le favorit des sondages. C'est Jacques Chirac qui est élu.
1996 : Il épouse Cécilia Ciganer-Albeniz, ses témoins sont ses amis les grands "entrepreneurs" Martin Bouygues et Bernard Arnault. Son fils Louis naît en 1997. Sa nouvelle épouse participe très activement à sa vie politique.
1999 : Il essaye de revenir en gràce auprès du président Jacques Chirac en conduisant la liste RPR-Démocratie libérale (Alain Madelin) aux élections européennes. Il n'arrive qu'en troisième position (12,8 % des suffrages exprimés), derrière la liste souverainiste de Charles Pasqua (13,1 %) et l'union UDF-RPR de Dominique Baudis (25,58%).
2002 : Il revient en gràce en participant très activement à la campagne présidentielle de Jacques Chirac, qui ne le remercie pas en nommant Jean-Pierre Raffarin Premier ministre. Toutefois, nommé ministre de l'Intérieur, il peut commencer à préparer sa propre candidature présidentielle ...
2004 : Ministre d'Etat, de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, la "préparation" continue ... Il est candidat à la présidence de l'UMP chiraquienne ... Et est élu en novembre avec 85,1% des voix des militants. Son épouse, très présente médiatiquement, est son chef de cabinet.
2005 : Ministre d'Etat, de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire dans le gouvernement Galouzeau de Villepin. Son épouse quitte le domicile conjugal avec ses enfants pour vivre, à New York, avec un publicitaire, Richard Attias. Nicolas Sarkozy s'affiche publiquement avec Anne Fulda, journaliste au Figaro. En novembre, lors des violentes émeutes des banlieues de la France entière, il est pris à partie par les medias et les oppositions politiques et syndicales (notamment les magistrats) pour avoir traité les émeutiers de voyous et de racaille.
2006 : Lors de la crise du CPE en mars/avril, le premier Ministre étant affaibli, il manoeuvre pour reprendre les affaires en mains. L'affaire Clearstream refait surface, qui le mettrait en cause, et qui aurait été diligentée par le premier Ministre sur les ordres du président de la République, ce qu'ils contestent tous les deux. Les oppositions essaient d'en tirer profit ...

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mardi 2 mai 2006, 5h01 Projet de loi sur l'immigration: une "atteinte aux droits fondamentaux des personnes", dénonce le collectif Alerte

PARIS (AP) - Le collectif Alerte, qui regroupe une trentaine de fédérations et d'associations de lutte contre la pauvreté et l'exclusion, estime que le projet de loi Sarkozy II sur l'immmigration examiné à compter de mardi à l'Assemblée nationale constitue une "atteinte aux droits fondamentaux des personnes".

Pour le collectif, "cette nouvelle modification de la loi s'inscrirait dans un climat de surenchère sécuritaire extrêmement défavorable au respect des droits fondamentaux des personnes étrangères".

Jugeant que le projet de loi vise principalement à remplacer une immigration "subie" par une immigration "choisie", Alerte dénonce un texte favorisant à ses yeux "une sorte de 'marchandisation des personnes, contraire à la dignité humaine". Dans un communiqué diffusé mardi, il estime aussi qu'en "restreignant le rapprochement familial", le projet de loi "instaure une mesure discriminatoire, contraire aux droits de l'Homme".

"Au nom de quoi la France aurait le droit moral de choisir entre les personnes qui frappent à sa porte en ne retenant que celles dont elle attend une valeur ajoutée économique", lance le collectif. Et de souligner qu'une "telle politique", qui "ne peut être celle d'une France porteuse des valeurs d'égalité et de fraternité", "priverait les pays les plus pauvres de leurs 'meilleurs éléments'".

Le collectif souligne également que le projet de loi "restreint fortement le droit pour les étrangers installés en France d'y faire venir leur famille et crée de nouveaux obstacles à l'entrée et au séjour en France des conjoints de Français", estimant que "limiter ce droit pour les seuls étrangers serait une mesure discriminatoire".

Il dénonce aussi des "mesures qui vont accroître la précarité", comme la suppression de la "possibilité de régularisation pour les personnes sans papiers résidant en France depuis dix ans". De plus, déplore le collectif Alerte, "la réforme des centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) générerait la mise à la rue de très nombreuses personnes actuellement accueillies dans ces centres et entraînerait des risques sanitaires et sociaux".

Le collectif compte, entre autres membres, la Ligue des droits de l'Homme, Médecins du Monde, France Terre d'Asile, le Mouvement ATD Quart Monde, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés. AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 2 mai 2006, 5h01

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Dans la garde rapprochée de Sarkozy
Pour Klarsfeld, le patron de l'UMP est un «rempart contre l'extrême droite».

Nicolas Sarkozy irait-il jusqu'à consulter Arno Klarsfeld avant d'accepter ou de refuser le poste de Premier ministre ?
La question se pose, tant il est vrai que l'avocat chic semble désormais solidement installé, à côté de Christian Clavier ou de Jean Reno, dans la garde rapprochée «people» du président de l'UMP.
Le voilà, pour la deuxième fois en six mois, invité à produire un «travail de réflexion» pour éclairer le ministre de l'Intérieur. En décembre, Sarkozy l'avait déjà sollicité, en sa qualité d'«avocat de la mémoire et de la vérité» pour un «travail approfondi sur la loi, l'Histoire et le devoir de mémoire». Quelques semaines de réflexion plus tard, Klarsfeld proposait sa version corrigée du fameux amendement «colonisation» de la loi de février 2004 : «Les manuels scolaires reconnaissent les méfaits de la colonisation ainsi que ses aspects positifs.»
Un silence charitable a accueilli cette contribution. Mais Sarkozy en redemande : «Connaissant la détermination et la grande compétence qui sont les vôtres, [...] je souhaiterais vivement que vous puissiez mener, à nouveau, un large travail de réflexion sur la délinquance des mineurs», écrit-il dans sa lettre de mission datée du 2 mai (2006).

En 2007, Klarsfeld n'hésitera pas : «Je voterai Sarkozy, parce que je le trouve sympathique. Il a le mérite de répondre aux questions que posent l'insécurité, la violence et l'immigration. C'est, à mes yeux, le meilleur rempart contre l'extrême droite : on lui fait un procès en lepénisation très injuste.»
Et il n'a pas de leçon à recevoir d'une gauche qui « porte en elle un PCF et une extrême gauche aussi démago que Le Pen».

Le coup de foudre remonterait à l'an passé : une rencontre «par hasard», à Longchamp, où les deux hommes font du vélo. Sarkozy a aussitôt saisi tout le parti qu'il pouvait tirer d'un supporter avocat de l'association des fils et filles des déportés juifs de France.
Le 27 mars, à Douai, il était aux premières loges, parmi les spectateurs du meeting de précampagne du candidat à la présidentielle. S'il peut «aider» en 2007, Klarsfeld se tient à sa disposition.
Pour le reste, il fait savoir qu'il n'est «candidat à rien» et que son «travail de réflexion» n'aurait pas été rémunéré. C'était donc un rapport gratuit. Précision rassurante.
Libération, par Alain AUFFRAY, QUOTIDIEN : mardi 09 mai 2006, p. 13

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mardi 9 mai 2006, 13h35 Nicolas Sarkozy se pose en "victime" devant les juges

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est posé en victime lors d'une audition, en qualité de partie civile, par les juges chargés de l'enquête sur l'affaire des faux listings de la société financière luxembourgeoise Clearstream.
"J'ai été reçu par les juges en tant que victime. Je leur ai dit que je voulais la vérité et que je leur faisais toute confiance", a déclaré le ministre de l'Intérieur à des journalistes après l'audition au pôle financier du palais de justice de Paris.
Prié de dire s'il avait mis en cause qui que ce soit lors des deux heures d'audition chez les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, Nicolas Sarkozy, accompagné de son avocat Me Thierry Herzog, a répondu par la négative.

Les noms de Bocsa et Nagy, identités du père hongrois de Nicolas Sarkozy, figuraient parmi plus de 800 autres sur les faux listings de comptes bancaires Clearstream envoyés en mai et juin 2004 par un correspondant anonyme à la justice française.
Nicolas Sarkozy s'est constitué partie civile le 31 janvier dernier dans la procédure, ouverte pour "dénonciation calomnieuse" depuis 2004. Son entourage avait fait part la semaine dernière de son intention de demander une extension des poursuites à des faits de "faux et usage et faux".
Nicolas Sarkozy pense qu'il était la véritable cible de la manipulation. Le Premier ministre, Dominique de Villepin, est mis en cause par certains médias dans cette enquête qui vise à identifier le "corbeau".

La procédure a déjà établi que les listings falsifiés lui avaient été remis fin 2003 par Jean-Louis Gergorin, un cadre du groupe aéronautique EADS.
Dominique de Villepin a dit avoir demandé en janvier 2004, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, une enquête à un militaire spécialisé dans le renseignement, le général Philippe Rondot.
L'avocat du général Rondot, Me Eric Morain, a annoncé mardi avoir demandé que le statut de "témoin assisté" pour son client, afin qu'il puisse avoir accès au dossier.

LE TON MONTE A L'UMP

D'autres personnalités mentionnées dans les faux listings seront entendus prochainement par les juges en qualité de parties civiles, notamment les anciens ministres Alain Madelin (UDF), Jean-Pierre Chevènement (MDC), Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn (PS).
Dans un entretien mardi à Libération, Jean-Pierre Chevènement estime que la piste d'un complot politique est exploitée à outrance, au préjudice d'une autre, celle d'un règlement de comptes entre industriels de l'armement.
Il rappelle que les courriers du "corbeau" intervenaient en pleine guerre de succession à EADS entre Philippe Camus - dont Jean-Louis Gergorin était l'adjoint - et Noël Forgeard, visé par les faux listings.
"Il y a de fortes présomptions qui mériteraient d'être creusées. Pourquoi M. Gergorin n'est-il pas entendu par la justice ?", se demande le maire de Belfort.

La publication dans la presse il y a une dizaine de jours des déclarations de Philippe Rondot aux juges, affirmant que Dominique de Villepin lui avait demandé d'enquêter sur Nicolas Sarkozy, ont transformé ce dossier en affaire d'Etat.

Sur le plan politique, le ton est encore monté d'un cran mardi dans la majorité entre sarkosystes et chiraquiens.
Sur France Inter, le sénateur UMP "sarkozyste" François Fillon a évoqué la démission de Dominique de Villepin.
"Ou bien le Premier ministre est en mesure d'apporter des preuves irréfutables que cette affaire a été montée de toutes pièces et qu'il n'y est pour rien, ou bien il faudra que le président de la République tire les conséquences de cette situation et change son Premier ministre", a-t-il déclaré.

Le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, proche de Jacques Chirac, a pour sa part écarté, dans un entretien au Monde, l'hypothèse du remplacement de Dominique de Villepin par Nicolas Sarkozy à Matignon. "On n'impose pas au chef de l'Etat le choix d'un Premier ministre", dit-il.

Dominique de Villepin a exclu implicitement toute démission. "La réponse aux attaques, c'est la vérité et la justice et, pour notre majorité, c'est l'unité et le travail au service des Français", a-t-il dit au groupe UMP du Sénat.

Le groupe PS à l'Assemblée nationale devrait déposer sous peu une motion de censure contre le gouvernement.
Yahoo.fr, actualités, mardi 9 mai 2006, 13h35

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(11 mai 2006) Rondot aurait informé Nicolas Sarkozy

Le journaliste Stéphane Denis affirme au Point qu'il a transmis en septembre 2004 et avril 2005 un message du général Rondot à Nicolas Sarkozy. Celui-ci dément.

Dans une interview au Point parue jeudi 11 mai, le journaliste Stéphane Denis affirme qu'il a transmis en septembre 2004 et avril 2005 un message oral du général Rondot à Nicolas Sarkozy sur l'enquête Clearstream, ce que le ministre de l'Intérieur dément.

Stéphane Denis, "parent" et "ami" du général Rondot, éditorialiste au Figaro, relate, dans l'interview, que le général l'avait chargé à l'été 2004 de "dire à Sarkozy qu'il avait enquêté sur l'affaire" Clearstream, et qu'il tenait "le dossier complet à sa disposition".

En septembre 2004, ajoute Stéphane Denis, celui-ci a "pu en parler au téléphone" à Nicolas Sarkozy, et est "revenu sur le sujet le 1er avril 2005" en face-à-face, lors d'une remise de décoration au musée Jacquemart-André à Paris.

"Grotesque"

A ce moment, "je lui répète qu'on a voulu l'abattre et que Philippe Rondot souhaite qu'il l'appelle pour lui parler de cette enquête où il a innocenté tout le monde", selon les propos de Stéphane Denis.

Au côté de cet entretien, Le Point publie un démenti du ministre de l'Intérieur. Selon Nicolas Sarkozy, Stéphane Denis "ne [lui] a jamais transmis de message de Rondot".

"Vous imaginez le grotesque de la situation. C'est moi qui aurais dû appeler Mme Alliot-Marie et M. Rondot ? Je ne connaissais même pas le nom, ni l'existence de ce dernier", ajoute le ministre de l'Intérieur.

Nicolas Sarkozy a regretté, lors des développements de l'affaire Clearstream, de ne pas avoir eu toutes les informations en sa possession, déplorant "ne pas avoir été informé qu'on savait qu'(il) n'avai(t) pas à être suspecté".
NOUVELOBS.COM | 11.05.06 | 10:51

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samedi 13 mai 2006, 17h30 Grand défilé à Paris contre le projet de loi sur l'immigration

PARIS (Reuters) - "Parce qu'il n'existe pas d'êtres sous-humains", plus de 10 000 personnes ont manifesté à Paris contre le projet de loi sur l'immigration de Nicolas Sarkozy.

A l'appel du collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable", le cortège a quitté la place de la République vers 15h30. La manifestation doit se terminer place Saint-Augustin, non loin du siège de l'UMP et du ministère de l'Intérieur.
Selon la police, 10.000 personnes ont rejoint le défilé mais certaines sources syndicales indiquaient en milieu d'après-midi des chiffres trois fois supérieurs.
Le 29 avril, près de 15.000 personnes avaient manifesté dans toute la France, dont 5.000 dans les rues de la capitale.

Au son de tam-tam africains ou de youyous, les manifestants brandissent des pancartes proclamant "Des papiers pour tous, des frontières pour personne" ou "Français et immigrés côte-à côte pour défendre les droits sociaux".

Tous ou presque portent le petit badge rouge et blanc du collectif où une petite silhouette est mise à la poubelle. D'autres ont ressorti les "mains jaunes" de SOS-Racisme.

Créé en décembre, le collectif regroupe aujourd'hui près de 500 associations, ONG, syndicats et partis politiques. Sa charte affirme que le texte du ministre de l'Intérieur s'inscrit dans une "perspective utilitariste".

"Derrière l'immigration utile se cache une conception archaïque de l'humanité selon laquelle certains être humains sont, par nature, les outils des autres", dénonce le collectif.
La pétition contre la réforme du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda), lancée en janvier, avait recueilli samedi plus de 51.000 signatures.

Vendredi, Jacques Chirac a défendu le texte du ministre de l'Intérieur, qui prône le passage à une "immigration choisie". A Vienne, le chef de l'Etat a assuré que la législation serait appliquée "avec toute l'humanité nécessaire".

"ILS N'ONT COMMIS AUCUN CRIME"

Lors d'une conférence de presse au terme du sommet Union-européenne-Amérique latine et Caraïbes, le président français a souligné l'importance d'avoir "un minimum de cohérence dans une politique d'immigration, sinon on crée davantage de problèmes qu'on en résout".

Pour Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du Parti communiste qui avait pris place dans le carré de tête, "c'est une loi qui interdit l'amour" en durcissant les conditions du regroupement familial.

Les députés ont achevé l'examen du texte jeudi avec près d'une semaine de retard. Après le vote solennel de mercredi, le Sénat examinera le projet de loi à partir du 6 juin.

Malgré ce calendrier serré - et la majorité absolue de l'UMP à l'Assemblée - les manifestants espèrent que la mobilisation de samedi poussera le gouvernement à "adoucir" certaines dispositions.

Le texte durcit les modalités d'entrée et de séjour des étrangers en France avec des conditions plus strictes pour le regroupement familial ou encore l'abrogation de la régularisation automatique "de plein droit" après 10 ans de présence illégale sur le territoire français.

"Le CPE a été voté lui-aussi mais il a fallu par la pression que le gouvernement change de politique", rappelle Lucette Lamousse, présidente d'une association d'aide aux travailleurs immigrés dans la Meuse.
Elle refuse de baisser les bras par solidarité avec les sans-papier de sa région, souvent originaires d'Europe de l'Est. "Beaucoup se retrouvent sans papiers parce qu'ils ont perdu leur travail ou après un divorce. Ils n'ont commis aucun crime".
Yahoo.fr, actualités, samedi 13 mai 2006, 17h30

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Le coup de maître du CPE

(2005) Le tour de Sarkozy? Pas encore. A la grande rage de l'intéressé, déjà recalé après les régionales, c'est Dominique de Villepin qui prend la place: Villepin, aussitôt pillonné par les sarkozystes, qualifié de «fou dangereux », d'illuminé inquiétant, de poète (l'injure suprême), de gaullo-gaucho attardé et d' « égotique délirant »...

Le mécanisme de mise àmort est enclenché d'emblée. Les bons sondages en faveur de Villepin ne font évidemment qu'exaspérer les rancœurs (la tronche de Sarkozy à La Baule, lors des universités d'été de l'UMP).

Lorsque le Premier ministre, pour mettre fin à l'embrasement des banlieues (quelque peu attisé par le ministre de l'Intérieur, on en conviendra), permet l'instauration de l'état d'urgence (ce qui, en l'occurrence, se révèle efficace), Sarko affiche une totale opposition à la mesure.

Mais le coup de maître sera l'affaire du CPE.

L'idée de ce type de contrat travail vient, en fait, du camp sarkozyste. Le patron de l'UMP fait d'ailleurs dire, par ses lieutenants,que ce projet est, en fait, le sien.
Que Villepin, en quelque sorte,lui a piqué.A l'évidence, lePremier ministre veut répondre aux critiques des amis du ministre de l'intérieur qui l'accusent d'être incapable d'amorcer une dynamique de rupture libérale. Or, aussitôt que la contestation dans la rue prend de l'ampleur, Nicolas Sarkozy voit la faille. Il perçoit l'erreur: laisse la CFDT rejoindre le front syndical. Avoir une occasion à ne pas manquer.

Les chiffres du chômage sont (un peu) meilleurs, le contrat nouvelle embauche (CNE) est passé comme une lettre à la poste, et d'assez nombreux contrats ont déjà été signés: il faut donc absolument empêcher que Villepin n'en tire parti et se rengorge.

D'où l'extraordinaire initiative, assassine, mais très osée et très risquée, qui consiste, soudain, à retirer le tapis , sous les pieds du Premier ministre en encourageant des députés UMP amis à le lacher, semant le doute, en incitant certains francs-tireurs à joindre leurs voix à celles de l'opposition pour critiquer la « méthode» exécrable du gouvernement, puis finalement, à demander l'abrogation du CPE.

Dès lors, Villepin, avec la rue et une partie de la majorité contre lui, est mort. Sarkozy, triomphant, dicte, au président de la République, les conditions de la fin de partie; mais il n'oublie pas de souligner, ensuite, à quel point cette solution est ridicule et minable.
Finement joué, encore une fois. Cynique, mais efficace.
Le soir de l'intervention télévisée dans laquelle Chirac annonce la capitulation, il réalise ce premier « putsch» médiatique qui consiste à convoquer la presse, complaisante sinon complice, pour lui annoncer que, désormais, il est le maître du jeu, puisqu'il a tout réglé.
Ce qu'elle répercute.

A ce moment-là, en effet, il a mis l'essentiel du pouvoir médiatique dans sa poche. Comme jamais, sans doute, qui que ce soit d'autre n'y était parvenu depuis la Libération.
Un chef-d'œuvre de savoir-faire: lui sont acquis, ou quasi, le groupe Hachette-Lagardère, le groupe TF1, le groupe Dassault-le Figaro (à quelques commandes d'avions près), la Tribune de Bernard Arnault, le Point, l'Express, en dépit de quelques divergences idéologiques.

Il s'en félicite sans fard. Affirme n'avoir rien à craindre du Parisien, bénéficier de ses entrées au Monde, ne pas avoir à se plaindre de la télévision de service public - et pour cause. Certes, il n'est pas précisément la tasse de thé de Libération (bien qu'Edouard de Rothschild, l'actionnaire principal du journal, l'ait à la bonne). Mais l'espèce d'hystérie anti-chiraco-villepiniste de Libé le met en joie, et, à l'entendre, fait son jeu.
pp. 19-20, Marianne / 13 au 19 mai 2006, E.D. avec le service politique

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mardi 6 juin 2006, 19h23 Enfants immigrés: Sarkozy veut contrebalancer son image du tout-répressif

PARIS (AFP) - En régularisant certaines familles d'enfants sans-papiers, Nicolas Sarkozy cherche à contrebalancer son image du tout-répressif, à l'heure où la socialiste Ségolène Royal est accusée par son camp de "dérive droitière", après ses propos sur la sécurité et les 35 heures.

Le ministre de l'Intérieur a détaillé cette nouvelle mesure de régularisation "au cas par cas", mardi après-midi au Sénat, en préambule à la discussion sur son projet de loi sur l'immigration qui durcit par ailleurs les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France.

Selon la place Beauvau, 720 familles, soit près de 2.500 personnes, seraient concernées par cette régularisation.

"Lorsqu'un enfant étranger est né en France ou qu'il y est arrivé en très bas âge, qu'il est scolarisé en France, qu'il ne parle pas la langue de son pays d'origine, qu'il n'a aucun lien avec ce pays, il serait très cruel de l'y reconduire de force", a affirmé M. Sarkozy devant les sénateurs, en précisant qu'il avait demandé aux préfets d'être "très attentifs à la situation des parents de ces enfants".

C'est un "os à ronger" jeté à l'opinion publique, a immédiatement réagi le Collectif un(e)s contre l'immigration jetable.

Ce n'est pas la première fois que le ministre de l'Intérieur, qui a l'habitude de dire qu'il a "deux jambes, une jambe droite, une jambe gauche", surprend en se positionnant là où on ne l'attendait pas.

En octobre 2003, il supprime, dans sa première loi sur l'immigration, la double-peine (expulsion du territoire d'un étranger né en France ou vivant en France depuis plusieurs années, après un séjour en prison).

En octobre 2005, soucieux de voir évoluer sa formation politique "à la vitesse de la société", il propose le droit de vote des immigrés aux élections municipales, sous certaines conditions. Il s'attire une fin de non-recevoir du Premier ministre Dominique de Villepin tandis que plusieurs députés UMP (Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Myard) et le vice-président de l'UMP Jean-Claude Gaudin, expriment leur désaccord.

Ce nouvel assouplissement en matière d'immigration intervient au moment où Mme Royal, plus populaire que lui selon un sondage Ifop Paris-Match publié mercredi (51% contre 48%), essuie les foudres de son camp pour ses propos sur la délinquance juvénile et les 35 heures, ayant été accusée la semaine dernière par le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon d'une "dérive droitière sans précédent".

Toutefois, "la décision de Nicolas Sarkozy sur la régularisation d'enfants scolarisés et de leurs parents n'est pas conjoncturelle", fait-on valoir dans l'entourage du ministre.
"Cela fait six ou sept mois que j'attire l'attention de M. Sarkozy sur le sujet", a affirmé mardi Abderrahmane Dahmane, secrétaire national de l'UMP, chargé des relations avec les associations de Français issus de l'immigration.

Pour l'avocat Arno Klarsfeld qui avait adressé, le 29 mai, une note sur le sujet au président de l'UMP, cette annonce "va dans le sens" de ce qu'il souhaite "pour ceux qui ont des attaches fortes en France".
Yahoo.fr, actualités, Par Nadège PULJAK, mardi 6 juin 2006, 19h23

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[08/06/2006 - 16:20] Des magistrats menacent Nicolas Sarkozy de poursuites

PARIS (Reuters) - Le Syndicat de la magistrature (SM) dénonce les nouvelles attaques de Nicolas Sarkozy contre des décisions de justice et n'exclut pas de saisir la Cour de justice de la République si le ministre de l'Intérieur persiste.
Dans un communiqué, le SM précise avoir d'ores et déjà saisi le Conseil supérieur de la magistrature de "l'atteinte portée à l'indépendance de la justice" par le ministre.
"Après avoir demandé en juin 2005 des sanctions contre un juge de l'application des peines à raison d'une décision juridictionnelle, Nicolas Sarkozy récidive aujourd'hui en stigmatisant les décisions prises par les juges des enfants de Bobigny", écrit-il.

Ce "dénigrement systématique de décisions jugées trop laxistes" constitue non seulement une atteinte à la séparation des pouvoirs mais également une infraction réprimée par l'article 434-25 du code pénal, ajoute le syndicat.
Ce texte punit une telle infraction de six mois d'emprisonnement et de 7.500 euros d'amende.

Jeudi, lors d'une conférence de presse-bilan, Nicolas Sarkozy s'en est pris à l'excuse de minorité dont bénéficient les élèves de 16 et 17 ans multirécidivistes.
"Comment comprendre que des individus âgés de 16 à 18 ans agressant avec violence des personnes seules, identifiées après plusieurs mois d'enquête, soient remis en liberté sous contrôle judiciaire?", a-t-il notamment déclaré.
Aux yeux du ministre de l'Intérieur, "trop de décisions judiciaires ne sont ni compréhensibles, ni dissuasives".
Yahoo.fr, actualités, [08/06/2006 - 16:20]

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(9 juin 2006) Les juges et Sarkozy à couteaux tirés
Le ministre de l'Intérieur a reproché jeudi (8 juin 2006) au tribunal pour enfants de Bobigny de n'avoir pas "prononcé une seule décision d'emprisonnement" durant les émeutes des banlieues de novembre dernier. Le président du tribunal dément.
Le Conseil supérieur de la magistrature est saisi.

Nicolas Sarkozy s'est mis à dos les juges. Jeudi, le ministre de l'Intérieur a reproché au tribunal pour enfants de Bobigny de n'avoir pas "prononcé une seule décision d'emprisonnement" durant les émeutes des banlieues de novembre dernier.

Des accusations que récuse le président de ce tribunal, le plus important pour les mineurs de France. "Ce reproche est factuellement faux et trahit une méconnaissance totale de la loi concernant les mineurs pour lesquels le flagrant délit n'existe pas", a rétorqué Jean-Pierre Rosenczveig. "Dans un cas (sur douze mandats de dépôts demandés par le parquet) une mesure de détention provisoire a été prononcée contre un mineur", a précisé le magistrat.

"Dénigrement systématique"

Entre le 28 octobre et le 9 novembre, 207 personnes ont été déférées à Bobigny, dont 85 mineurs, selon les chiffres du parquet. Ces mineurs, dont Jean-Pierre Rosenczveig rappelle que 62% n'étaient pas connus de la justice, ont fait l'objet "des mesures de liberté surveillée qui s'imposaient avec parfois des mesures d'éloignement ou une prise en charge par les institutions".
"Le tribunal de Bobigny agace M. Sarkozy car il incarne d'autres réponses que les réponses purement répressives qu'il souhaiterait développer", a-t-il estimé.

De sonc côté, le Syndicat de la magistrature (gauche) a saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour "atteinte à l'indépendance de la justice".

Le CSM, garant de l'indépendance des juges, est libre d'émettre un avis lorsqu'il est saisi.
Rappelant le précédent de l'affaire Crémel lorsque Sarkozy avait estimé que le juge qui avait libéré l'un de ses deux meurtriers présumés devait "payer pour sa faute", le SM souligne que ce "dénigrement systématique de décisions trop laxistes" constitue une atteinte à la séparation des pouvoirs mais également une infraction réprimée par le code pénal.
tf1.fr, D'après AFP, Créé le 09 juin 2006, Mis à jour le 09 juin 2006 à 08h51

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(10 juin 2006) Un tiers des 122 jeunes émeutiers majeurs déférés à Bobigny sont innocents.
L'ordre public avant la justice

Qui sont les jeunes «émeutiers» déférés devant le tribunal de Bobigny en novembre, et quel sort leur a réservé la justice ? Le Centre d'analyse stratégique (CAS, ancien Commissariat général du plan), mandaté par Matignon, vient de répondre à ces questions dans un rapport d'une vingtaine de pages, encore inédit.
Cette étude, intitulée «La justice et les violences urbaines, les procédures de comparutions immédiates au TGI de Bobigny», porte sur les jeunes majeurs. Les mineurs qui ne peuvent pas (encore) être jugés séance tenante comme les adultes, feront l'objet d'une étude ultérieure.

Sur les 207 personnes déférées au cours de la première quinzaine de novembre 2005, les sociologues du CAS ont passé en revue les dossiers des 122 majeurs.
Uniquement des garçons de 18 à 21 ans, français dans leur immense majorité, habitant chez leurs parents, issus de familles traditionnelles pour une grosse moitié, originaires d'une trentaine de villes de Seine-Saint-Denis (Clichy, Montreuil, Saint-Denis, Drancy et Aubervilliers en tête). Beaucoup n'ont pas de travail stable, un quart est en formation.

Ces jeunes hommes ont tous été expédiés en comparution immédiate, sauf sept (cinq ont été mis en examen dans un dossier confié à un juge d'instruction et deux ont été convoqués par procès verbal devant le tribunal correctionnel).

Relaxe.
Premier sujet d'étonnement des chercheurs : «Le taux extrêmement élevé des relaxes.» Dans 34,8 % des cas, les déférés ont été jugés innocents, alors que la moyenne nationale se situe à 5,3 % dans les tribunaux correctionnels, selon les données publiées en 2005 par la chancellerie.
Pour certains, les juges n'ont pas tranché tout de suite sur le fond, mais ont décidé de les envoyer en prison en attendant. Ainsi, «sur 40 relaxes prononcées, 9 ont concerné des personnes ayant comparu détenues, soit une proportion de 22,5 %», remarquent les sociologues.
Emprisonnés, puis innocentés. «Dès lors, on perçoit bien la difficulté à laquelle se trouvent confrontés les magistrats, pressés de prendre part à une politique coordonnée de maintien de l'ordre public [...], cependant qu'ils doivent veiller, in fine, à statuer sur le fond des dossiers qui leur sont transmis, conformément aux prescriptions du code de procédure pénale.» Autrement dit : dans la panique, on demande à la justice de condamner sur la base de dossiers mal ficelés, histoire d'aider à ramener le calme. Or, le juge est censé punir des coupables, en s'appuyant sur une procédure respectueuse des droits des prévenus.

Affrontements.
En Seine Saint-Denis, les auteurs de l'étude ont aussi remarqué une particularité : les dossiers les plus nombreux portent sur des faits de violence envers les policiers, commis en réunion et avec des «armes par destination» (pierres, projectiles...).
Les faits de dégradation ou de destruction de biens privés ou publics ne viennent qu'ensuite. Contrairement à ce qui a pu être observé dans les autres tribunaux de la région parisienne, «l'épisode de violences urbaines a été marqué par de réels affrontements entre les jeunes et les agents de la force publique», écrivent-ils.
Peine standard : 4 mois de prison avec 2,6 mois de sursis.
Libération, 10/11 juin 2006, p. 12, par Jacqueline COIGNARD

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(14 juin 2006) Deux options prévues pour les familles sans papiers

Selon une circulaire, les familles d'enfants sans papiers se verront proposer par les préfets une aide au retour ou une admission exceptionnelle au séjour.

L a circulaire concernant les enfants sans papiers scolarisés en France doit être adressée aux préfets mercredi matin 14 juin, a annoncé le ministre délégué à l'Aménagement du territoire, Christian Estrosi.
Cette circulaire, signée mardi par le ministre de l'Intérieur, comporte deux options: une aide au retour ou une admission exceptionnelle au séjour, "dans l'intérêt des enfants".

L'aide au retour est de 7.000 euros par couple, plus 2.000 euros par enfant jusqu'au troisième, puis 1.000 euros par enfant supplémentaire.

L'admission au séjour concerne quant à elle les enfants scolarisés au moins depuis septembre 2005, nés en France ou arrivés avant l'âge de 13 ans, et dont la famille "manifeste une réelle volonté d'intégration".

Critères stricts

Christian Estrosi a invité les familles ayant un enfant solarisé depuis l'année 2005-2006 à se présenter dans les préfectures dans les deux mois pour se voir proposer une "aide au retour volontaire exceptionnelle". Certaines de ces familles pourront être admises au séjour "dans l'intérêts des enfants".

Les critères pour obtenir une régularisation sont les suivants: l'enfant doit être scolarisé au moins depuis septembre 2005, être né en France ou être arrivé en France à l'âge de 13 ans au plus; la famille doit quant à elle manifester " une réelle volonté d'intégration, caractérisée notamment par la scolarisation des enfants, leur maîtrise du français, le suivi éducatif des enfants, le sérieux de leurs études et l'absence de trouble à l'ordre public", précise la circulaire. "A partir du moment où les critères sont remplis, on régularise les parents ce qui règle automatiquement la situation des enfants", a souligné Christian Estrosi. Selon lui, cette circulaire est une "position juste, ferme, équilibrée, et respecte une véritable dimension humaine pour les enfants et pour leur famille".
NOUVELOBS.COM | 14.06.06 | 12:32

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12.06.06 | 13h46 Nicolas Sarkozy a-t-il du coeur ?, par Laurent Greilsamer

Cela ne nous regarde pas, mais le bruit court déjà tout Paris et les provinces.
Cécilia est revenue place Beauvau, au ministère de l'intérieur.
La Cécilia. La seule, l'unique Cécilia Sarkozy.

On imagine le jeune Louis jouant dans les couloirs du ministère, peut-être dans le bureau de son père. Louis joue tandis que monte de la France un cri encore vague mais têtu : ne touchez pas aux enfants ! Il ne s'agit ni de lui ni de ses camarades : il s'agit des enfants sans papiers, fils et filles de sans-papiers venus en France illégalement. Au fil des années, ces enfants ont été scolarisés et plus ou moins bien intégrés.

Que faire ? Nicolas Sarkozy étudie le dossier. Là, nous brodons, car nous devons avouer que nous ne campons pas dans le bureau de Nicolas Sarkozy. Que faire, donc ? Justement, le ministre termine la lecture de la synthèse des rapports des préfets de la République, des préfets inquiets qui retiennent toute son attention : depuis des mois, des enseignants, des parents et des militants s'organisent et s'opposent à l'expulsion des enfants sans papiers et de leurs parents. Même s'ils ont obtenu un moratoire jusqu'au 4 juillet, leur mobilisation ne faiblit pas. Et les premiers militants de gauche ont été rejoints par des femmes de militaires en poste en Bretagne...

Cette synthèse l'ébranle. Mais il y a aussi Ségolène, Ségo par-ci, Ségo par-là. Par là surtout, sur son terrain : la sécurité, un monopole de droite rentable. Voilà un autre souci. En écoutant ses préfets qui lui font part de la colère montante d'une fraction de l'opinion, il ferait d'une pierre deux coups : déborder Ségolène sur sa gauche et éteindre un début d'incendie.

Justement, Arno Klarsfeld arrive dans son bureau. Nicolas Sarkozy a déjà fait appel à lui à deux reprises : il lui a demandé un rapport sur les lois mémorielles et lui a confié une mission de réflexion sur la délinquance des mineurs. Mais là, Klarsfeld junior vient de sa propre initiative. Il veut convaincre le ministre de mettre un terme à la reprise des expulsions d'enfants à la fin du moratoire. Pour lui et son père Serge Klarsfeld, qui a rédigé le Mémorial des 11 000 enfants juifs de France déportés durant la seconde guerre mondiale, le cas des enfants sans papiers n'est pas négociable. Si on ne les écoute pas sur ce dossier, ils tireront à vue.

Arno plaide auprès de Nicolas : "Ces gamins parlent la langue française, ils ont tous leurs petits copains en France, ils ont leurs habitudes à la boulangerie du coin, leurs joueurs de foot préférés chez les Bleus et ne connaissent rien du pays vers lequel on va les envoyer." Nicolas opine. Il faut faire quelque chose. Et la machine Sarko se met en route. Deux jours plus tard, devant le Sénat, le ministre de l'intérieur choisit une immigration humaine...

Les radios parlent de "clémence". Le Monde titre à la "une" : "Sans-papiers : Sarkozy fait un geste". Nos confrères du quotidien espagnol El Pais vont plus loin et décrètent : "Sarkozy a du coeur". Allons bon ! Nous qui imaginions avoir affaire à un homme politique. ....
Laurent Greilsamer, Le Monde, Article paru dans l'édition du 13.06.06

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24 juin 2006. Nicolas et Cécilia, la valse hésitation médiatique
Il avait juré de ne plus exposer sa vie privée. En campagne, le couple s'affiche à nouveau.

Sur sa vie privée, les vérités de Nicolas Sarkozy fluctuent au gré de ses séparations et de ses rabibochages avec son épouse Cécilia.
En octobre 2005, il jure par exemple à la télévision de ne plus vouloir exposer les siens comme il l'a fait par le passé.
Mais quelques semaines plus tard il déambule avec eux dans des lieux hyperfréquentés pour afficher les retrouvailles.

Cette semaine encore, le couple Sarkozy apparaît, en famille, lors d'un séjour à Londres, dans Paris Match.
La semaine précédente, le nouveau retour de Cécilia avait été officialisé par des photos du couple en train de faire du shopping à Paris, puis assistant à une corrida à Séville. L'entourage du patron de l'UMP assure qu'il s'agit à chaque fois de «photos volées». Et répète la nouvelle doctrine du chef : «Je ne souhaite ni me cacher ni m'exposer.» En d'autres termes, Nicolas Sarkozy ne posera plus pour les photographes en famille mais ne cherchera pas à se montrer discret sur sa vie privée.

Lundi, lorsqu'il a appris que Match s'apprêtait à publier des photos de lui et Cécilia, il a exigé ­ et obtenu ­ de ne pas figurer en couverture de l'hebdomadaire.
Jeudi soir à Agen, où le président de l'UMP tenait meeting, Cécilia était assise bien en vue dans l'assistance.
Lors de sa précédente réunion publique à Nîmes le 9 mai, c'était son ancienne compagne qu'il avait installée au premier rang, sous l'oeil des photographes.
Ce qui ne l'empêche pas de réclamer la condamnation du journal suisse le Matin, accusé d'avoir procédé à «un grand déballage» en mai 2005, au moment de la crise conjugale que traversait son couple.
Libération, 24/25 juin 2006, p. 20, par Antoine GUIRAL

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AP | 22.06.06 | 21:16 Vie privée: décision en septembre dans l'affaire Sarkozy contre un journal suisse

THONON-LES-BAINS, Haute-Savoie (AP) -- Le tribunal de grande instance de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) a mis en délibéré au 22 septembre jeudi sa décision sur les poursuites engagées par Nicolas Sarkozy contre le quotidien Suisse "Le Matin", qui avait publié une série d'articles sur ses déboires conjugaux.

Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, qui pose dans le magazine "Paris-Match" de cette semaine à l'occasion d'un week-end à Londres avec son épouse Cécilia, avait porté plainte pour "atteinte à la vie privée" après la parution des articles entre le 22 et le 29 mai 2005. Absent à l'audience, Nicolas Sarkozy, candidat présumé à l'élection présidentielle en 2007, réclame un euro symbolique à Edipresse, éditeur suisse du quotidien, ainsi que la publication de la décision du tribunal dans cinq éditions successives du quotidien helvétique et durant au moins quatre jours sur son site Internet.

Son avocat Me Philippe Blanchetier estime que ces articles constituent une "intolérable intrusion et une atteinte à la vie privée". Il est "acquis que la vie conjugale et sentimentale de toute personne relève de la vie privée", a-t-il déclaré, car il s'agit "d'une sphère dans laquelle chacun à le droit d'être protégé". "Quelle que soit sa notoriété, une personne à droit à une vie privée" a-t-il expliqué, dénonçant ce "grand déballage". Evoquant le problème de la compétence de la juridiction française, le conseil de Nicolas Sarkozy a invoqué la diffusion en France, dans cette région limitrophe de la Suisse, du quotidien lausannois.

Me Jean Braghini, représentant les intérêts d'Edipresse, a jugé "incomplets", "partiels" ou "préhistoriques" les arguments juridiques invoqués et a souligné que son confrère avait plaidé au nom du couple Nicolas et Cécilia Sarkozy, alors que "seul le nom de Nicolas Sarkozy figurait sur l'assignation". Sur le fond, "on ne peut pas vouloir une chose le lundi et son contraire le mercredi", a-t-il lancé, évoquant, articles de presse à l'appui, "la médiatisation soigneusement organisée de la vie du couple Sarkozy". "Quand on s'est mis sous les projecteurs, la protection est diminuée", a-t-il poursuivi, s'attachant à démontrer "la stratégie de communication à la fois conjugale et politique" de M. Sarkozy. "Cécilia le pilier central (...) Elle est nécessaire aux ambitions de son mari" a expliqué l'avocat en brandissant "Paris-Match". Pour Me Braghini, "Le Matin" "n'a rien fait de plus que les autres publications".

Reprenant la chronologie des faits, il a rappelé que le dimanche 22 mai, Nicolas Sarkozy avait décliné à la dernière minute son invitation au journal de 20h de TF1. Le lendemain, alors que des indiscrétions au sein du gouvernement Rafarin suggéraient un différend conjugal chez les Sarkozy, le président de l'UMP avait paru préoccupé lors d'un meeting de son parti auquel son épouse était inhabituellement absente. "Quand on est a la fois chef de cabinet, conseillère, et épouse, les gens ont le droit de savoir pourquoi le chef de cabinet s'est fâché avec le président", a estimé Me Braghini. AP

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Le samedi 24 juin 2006. Nicolas Sarkozy demande conseils à Tony Blair

Le ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a rencontré par deux fois le premier ministre britannique Tony Blair ces dernières semaines pour prendre des conseils politiques liés notamment à la campagne électorale dans le cadre de la présidentielle française de 2007, écrit l'Observer dimanche.

La rencontre la plus récente a eu lieu ce week-end à Londres où s'est rendu le numéro deux du gouvernement français, qui préside également le parti au pouvoir UMP, pour y déposer une gerbe sur la statue de Charles de Gaulle et rencontrer son homologue britannique John Reid, ajoute le journal.

Selon un proche de M. Sarkozy, le sénateur UMP Gerard Longuet, cité par l'Observer, la rencontre a fourni de l'inspiration à M. Sarkozy pour son discours politique prononcé devant l'UMP jeudi à Agen (sud-ouest de la France).
cyberpresse.ca, Le samedi 24 juin 2006 ; également Le Parisien, 25 juin 2006, Jean Robin, p. 5

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mardi 27 juin 2006, 12h29 Les magistrats menacent le pouvoir d'une grève

PARIS (Reuters) - Les magistrats feront grève si le gouvernement présente un projet de réforme qui met en cause leur responsabilité pour des décisions juridictionnelles, annonce l'Union syndicale de la magistrature (USM).

"En cas de projet de réforme prévoyant une responsabilité disciplinaire et civile des magistrats pour leurs actes juridictionnels", il y aura "déclenchement d'un mouvement de grève reconductible" et, au besoin, "manifestation nationale à Paris", dit le syndicat dans un communiqué.
Cette décision a été prise lors de son conseil national élargi du 23 juin, précise-t-il.

Dans un entretien télévisé lundi soir (26 juin 2006), le président Chirac a écarté l'idée d'une réforme globale avant 2007 mais a demandé au gouvernement de prendre "avant la fin de l'année" des mesures sur les droits de la défense et la responsabilité des magistrats.

La commission d'enquête parlementaire sur le fiasco judiciaire de l'affaire d'Outreau a proposé dans son rapport d'élargir la responsabilité des magistrats aux cas de "manquement et violation grossière des principes directeurs du procès pénal".

Il s'agirait de pouvoir punir un magistrat qui ne respecterait pas les principes d'égalité des armes entre accusation et défense, de l'instruction à charge et à décharge, et du respect du caractère contradictoire des procédures.

Le ministre de la Justice Pascal Clément envisage de son côté d'aller plus loin en rendant possible la sanction d'une "erreur grossière et manifeste d'appréciation", ce qui ouvre la voie à une mise en cause d'un jugement ou d'une décision de juge d'instruction par la voie disciplinaire.

Le régime disciplinaire actuel des magistrats est jugé trop faible par la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau, car un mauvais travail avec de graves préjudices, effectué de bonne foi, ne peut conduire à aucune sanction.

L'inspection générale des services judiciaires, qui a enquêté sur l'affaire d'Outreau, a illustré ce problème en rendant le 9 juin un rapport qui relève de nombreuses "insuffisances" de la part des magistrats impliqués dans le fiasco d'Outreau, mais aucune "faute".
Yahoo.fr, catualités,

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mercredi 28 juin 2006, 20h12 Arno Klarsfeld nommé médiateur pour faciliter la régularisation des élèves sans papiers et de leur famille

PARIS (AP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a nommé mercredi l'avocat Arno Klarsfeld médiateur national pour étudier "les cas les plus difficiles" lors de la procédure de régularisation ouverte pour les familles d'élèves sans papiers.

"J'ai décidé (...) de nommer un médiateur national, pour les cas les plus difficiles où on n'arriverait pas à trouver une solution, en la personne d'Arno Klarsfed", a expliqué M. Sarkozy sur France-3.

Arno Klarsfeld "est un homme d'une grande qualité, (un) avocat qui a toujours combattu pour les droits de l'Homme", a-t-il assuré. C'est "une personnalité qui fera merveille, j'en suis sûr, à cette place".

Le ministre a également demandé que toutes les familles concernées déposent une demande de régularisation. "Tout le monde doit se faire connaître parce que nous allons examiner chaque cas un par un", a-t-il dit. Il a toutefois répété qu'il ne régulariserait pas toutes les familles d'enfants scolarisés parce que cela reviendrait à créer "une nouvelle filière".

"Comme l'inscription dans une école est un droit, si tous ceux qui ont un enfant dans une école deviennent français ou ont le droit de résider en France, vous comprendrez qu'à ce moment-là, on ne peut plus rien contrôler", a indiqué M. Sarkozy.

Le ministre a également précisé que les étrangers ayant déposé une demande d'asile dans un autre pays européen ne pourraient pas bénéficier de cette procédure et qu'ils seraient expulsés vers ce pays, suivant les règles européennes.

Interrogé sur les longues files d'attente qui se forment depuis quelques jours devant les préfectures, le ministre a souligné que les dossiers de régularisation devaient être déposés avant le 13 août, et non le 1er juillet comme le pensent certains. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 juin 2006, 20h12

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29 juin 2006 : 13h12 Teknival : l’Etat prépare la fête contre la décision de la justice lefigaro.fr (avec AFP)

Le tribunal administratif de Rennes avait créé la surprise en suspendant l’arrêté de réquisition des terrains prévus pour la rave-party de ce week-end. Mais la préfecture a décidé de continuer les préparatifs pour accueillir les 40.000 raveurs attendus.

La suspension de l’arrêté de réquisition des terrains n’y aura rien fait. La préfecture du Morbihan a annoncé jeudi que les préparatifs du teknival breton prévu samedi à l'aérodrome de Vannes-Meucon se poursuivaient, malgré l’interdiction par la justice de réquisitionner ces terrains.

«Nous continuons le teknival sur l'aérodrome de Vannes-Meucon. La préfète, qui tient ses instructions du gouvernement, a donné l'ordre de continuer les préparatifs», a indiqué une responsable de la préfecture du Morbihan.

Une décision critiquée par le président du Mouvement pour la France (MPF) Philippe de Villiers. Celui-ci a annoncé jeudi qu'il portait plainte contre le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour avoir donné l'ordre à la préfecture du Morbihan de désobéir à une décision de justice.

«C'est la rue qui commande»

Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes avait en effet créé la surprise mercredi matin en suspendant l'arrêté pris par la préfecture de réquisition des terrains.

Le maire de Vannes, Norbert Trochet, s'est déclaré quant à lui «choqué qu'un préfet n'exécute pas les attendus d'un tribunal». «Si la préfecture n'accepte pas les décisions de justice, ça devient grave. En tant que citoyen, je trouve ça ahurissant. C'est la rue qui commande, à moins que, pour la préfecture, il y ait un espoir que d'ici ce soir ou demain un jugement en appel contredise le jugement du tribunal administratif», a réagi le maire. Tout en se disant cependant inquiet des risques d'atteinte à l'ordre public en cas d'annulation du teknival.
lefigaro.fr, Publié le 29 juin 2006. Actualisé le

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jeudi 29 juin 2006 (Reuters - 12:51) Sécurité et immigration au menu de Nicolas Sarkozy en Guyane

CAYENNE, Guyane française - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a entamé ce jeudi une visite d'une journée en Guyane sur le thème de la lutte contre l'insécurité et l'immigration clandestine, après un premier déplacement le 21 avril dernier dans ce département français d'outre-mer.

"J'avais pris l'engagement de revenir en Guyane il y a deux mois parce qu'il y a des problèmes d'insécurité, d'immigration clandestine et de développement économique", a-t-il dit à la presse à son arrivée à l'aéroport de Cayenne-Rochambeau.

"Je crois dans les chances de la Guyane et j'ai des choses à lui dire. Je vais égrener des mesures concrètes, à la fois sur le plan des effectifs, de la stratégie et de l'immobilier", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy doit se rendre sur un site d'orpaillage clandestin, dans l'ouest de la Guyane, non loin de la frontière avec le Surinam, pour rencontrer des forces de l'ordre engagées dans une opération "Anaconda" de lutte contre cette activité illégale.

Le ministre de l'Intérieur doit ensuite signer un accord de coopération avec le ministre de la Justice et de la police du Surinam, à Saint-Laurent-du-Maroni, où il découvrira le dispositif de lutte contre l'immigration clandestine, en pirogue sur le fleuve Maroni. Le reste de la visite sera consacrée, à Cayenne, à la lutte contre l'insécurité et à l'aménagement du territoire.

La Guyane est l'un des départements les plus criminogènes de France. En 2005, près de 6.000 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits à la frontière, l'objectif fixé en 2006 par Nicolas Sarkozy étant de 7.500 reconduites aux frontières.

Le rapport de la commission d'enquête parlementaire dirigée par le sénateur guyanais Georges Othily estime qu'il y a entre 30 à 35.000 étrangers en situation irrégulière en Guyane, pour une population totale estimée à 191.000 habitants fin 2005.

Les statistiques de l'immigration clandestine en Guyane font débat parmi les élus locaux, car de nombreuses reconduites consistent à ramener les clandestins sur la rive d'en face des fleuves frontières, le Maroni pour le Surinam et l'Oyapock pour le Brésil. Les expulsés sont souvent de retour en Guyane les jours suivants.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 29 juin 2006 (Reuters - 12:51)

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(27 juin 2006) Sarkozy, la main dans l'info
Le locataire de la place Beauvau a pris l'habitude d'intervenir dans le travail des journalistes.

Dans quel pays le ministre de l'Intérieur peut-il exiger ­ et obtenir ­ la tête du directeur d'un grand hebdo sous prétexte qu'il a publié des photos qui déplaisent ? La Corée du Nord ? Le Turkménistan ? Cuba ? Pas besoin de chercher si loin : l'histoire se passe en France, où Nicolas Sarkozy, ulcéré par la publication, à la une de Paris Match, d'un cliché de son épouse en compagnie du publicitaire pour lequel elle l'avait quitté, a fait chuter Alain Genestar, le patron du magazine (lire ci-contre).

Et s'il n'y avait que Match ! Car le ministre de l'Intérieur entretient avec de nombreux médias des relations intimes, voire incestueuses. On ne compte plus ses interventions, discrètes ou directes, sur les rédactions. Il va même parfois jusqu'à s'en vanter. Dossier à charge.

Télévision
JT sous influence

Selon nos informations, Nicolas Sarkozy n'est pour rien dans le prochain passage Des Chiffres et des lettres de France 2 à France 3. Pour tout le reste, en revanche... Sarkozy et la télé, c'est un véritable roman d'amitié : coups de fils, conseils, pressions de la part du président de l'UMP mais aussi autocensure de la part des chaînes pour ne surtout pas lui déplaire.

Exemple en novembre 2005, lors de la crise des banlieues. Figurez-vous que nos chères télés, si promptes d'habitude à faire feu de toute insécurité et tsunami de toute eau, se sont soudainement montrées d'une prudence de Sioux. Très vite, France 3 ne donne plus le nombre de voitures brûlées, France 2 ne montre pas les pourtant télégéniques incendies d'autos et TF1 fait dans le positif à coups de reportages sur les initiatives en banlieue. Un oukase de Sarkozy ? Même pas. Il a simplement suffi que des élus tel le député UMP Jacques Myard fassent publiquement les gros yeux en accusant les médias d'être «instrumentalisés par les casseurs». Et Sarkozy là-dedans ? Oh, trois fois rien, il s'est juste contenté d'appeler personnellement Robert Namias et Arlette Chabot, patrons de l'info de TF1 et France 2, pour les remercier de leur prudence.

Sont-elles sourcilleuses, ces chaînes, et soucieuses d'équité... Le 6 novembre, 7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon de Namias. Le dimanche suivant, 7 à 8 contrebalance avec les interviews de maires de banlieues chaudes... Le 8 novembre, dans Nous ne sommes pas des anges (Canal +), la représentante d'une association souligne la responsabilité de Sarkozy dans les émeutes en banlieues et fait le parallèle entre le couvre-feu de Villepin et celui de Papon en octobre 1961. Emoi à la direction de Canal +, qui exige «un autre point de vue». Ce sera, deux jours plus tard, celui d'un maire UMP... Officiellement, Nicolas Sarkozy n'est pas intervenu. Juste, il a fait demander la cassette au service de presse... Le 10 novembre, France 2 diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des flics. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide d'ôter le reportage du site web de France 2 : «Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère [...] au risque d'envenimer les choses à la veille d'un week-end à risque». Le ministre de l'Intérieur peut dormir sur ses deux oreilles, Chabot veille.

Et puis Sarkozy passe à la télé. Il faut alors mettre les petits plats dans les grands. Quand il est invité du Grand Journal de Canal + de Michel Denisot début mars 2006, il accepte, mais à condition de figurer aux côtés de Denisot en Une de TV Mag, le supplément télé de la Socpresse (le groupe de presse de Dassault) distribué avec 42 quotidiens nationaux et régionaux et diffusé à près de cinq millions d'exemplaires. Commentaire d'un cadre de Canal : «Sarkozy n'en a rien à faire du Grand Journal, ce qui l'intéresse, c'est d'être sur la table du salon de 5 millions de personnes.» Ce n'est pas la première fois que Sarkozy prend ses aises avec la chaîne cryptée : quand en juin 2005, dans le plus grand secret, Canal + décide de mettre fin au contrat de Karl Zéro, celui-ci fait donner ses amis qui tenteront de faire plier Bertrand Méheut, PDG du groupe. Au premier rang des pro-Zéro : Sarkozy, qui appelle en personne.

Enfin, il y a Sarkozy le faiseur de stars. Le 7 mars, la veille d'un délicat voyage du ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n'arrivant jamais seul, Sarkozy était déjà au courant. Le 17 février, recevant place Beauvau le club Averroès, qui défend l'image des minorités dans les médias, le ministre de l'Intérieur et ami intime de Martin Bouygues, PDG de la maison mère de TF1, avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été, un Noir au 20 heures. Mieux, selon certains témoins de la rencontre, Sarkozy aurait raconté avoir lui-même soufflé l'idée à Bouygues...

Radio
Conseil en recrutement

Le ministre de l'Intérieur garde aussi un oeil sur le recrutement des journalistes politiques. En février, le Canard enchaîné révèle que Jean-Pierre Elkabbach, directeur d'Europe 1 (filiale de Lagardère, tout comme Paris Match), a pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy sur le choix d'un journaliste politique. «C'est normal, fanfaronne Sarkozy. J'ai été ministre de la Communication.» Et il ajoute : «Je les connais, les journalistes.» Elkabbach revendique sa «méthode» de recrutement, qui consiste, dit-il, à prendre l'avis des politiques, mais aussi de syndicalistes ou d'associations : «Je fais cela pour tous les services parce que je veux avoir les meilleurs... Je ne peux pas interdire aux politiques de me donner leur avis. Mais ensuite je décide à 100 % moi-même».

Presse Edition
Convocation

Pauvre Valérie Domain. Cette journaliste de Gala croyait pouvoir publier tranquillement une bio autorisée de Cécilia Sarkozy. Elle l'avait même rencontrée à plusieurs reprises. Mais le livre ne verra pas le jour, du moins sous sa forme initiale. Fin 2005, l'éditeur est convoqué place Beauvau par le ministre de l'Intérieur en personne. Menace de procès, intimidation : il comprend le message et remballe son ouvrage. Lequel sera transformé à la va-vite en roman à clé. Chez Prisma, propriétaire de Gala, on anticipe les soucis à venir en demandant désormais aux journalistes maison de soumettre leurs projets de livre à la direction.

Mais Nicolas Sarkozy ne peut pas convoquer au ministère tous les journalistes. Un homme de l'ombre, dans son cabinet, se charge de faire passer les messages non officiels aux rédactions. Pierre Charon a ainsi fait savoir à quelques journalistes que le fils cadet de François Hollande et Ségolène Royal avait été interpellé, en mai dernier, après une soirée arrosée. C'est lui aussi qui a agité la menace d'un procès dans les rédactions susceptibles de révéler l'identité de la journaliste du Figaro qui partageait la vie de Nicolas Sarkozy après sa rupture avec son épouse.

Mais c'est sans doute avec Paris Match que les interventions ont été les plus directes et les plus pressantes. Outre l'affaire de la Une de Cécilia, il y a eu le cas Noah. Dans un entretien à l'hebdomadaire, en décembre dernier, le chanteur-tennisman déclare : «Une chose est sûre : si jamais Sarkozy passe, je me casse !» Bizarre : le 15 décembre, lorsque l'hebdo arrive en kiosque avec la longue interview ­ titrée «Mes quatre vérités à la France» ­ dans laquelle Noah évoque notamment la crise des banlieues, la petite phrase a tout simplement disparu, comme le révèle le Canard. Sur ordre de Sarkozy ? Ou bien l'hebdo a-t-il décidé de s'autocensurer et de s'éviter, cette fois, les foudres du ministre de l'Intérieur et de son ami Arnaud Lagardère, propriétaire de Match ? A chacun sa version.
Libération, par Olivier COSTEMALLE et Raphaël GARRIGOS et Catherine MALLAVAL et Isabelle ROBERTS QUOTIDIEN : mardi 27 juin 2006

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(29 juin 2006) Paris Match en grève pour son patron

La rédaction de Paris Match est en grève ce mercredi pour protester contre l'éviction jugée "politique" de son patron. Selon les journalistes, Alain Genestar a été démis à cause de la couverture en août dernier sur Cécilia Sarkozy avec un autre homme que son mari. C'est la seconde grève de l'histoire du magasine.

C'est la seconde grève de l'histoire du magasine, après celle de mai 68. Les journalistes de l'hebdomadaire Paris Match sont en grève ce mercredi pour protester contre l'éviction de leur patron, Alain Genestar, qu'ils jugent "politique".

En poste depuis 1999, ce dernier a dû quitter ses fonctions de directeur de la rédaction à la demande du groupe HFM, Hachette Filipacchi Médias, filiale du groupe Lagardère. Or, selon les journalistes, cette éviction est directement due à la couverture d'août dernier sur Cécilia Sarkozy, épouse du ministre de l'Intérieur et ami personnel d'Arnaud Lagardère... Le groupe FHM avance de son côté un "différend déontologique" déstabilisant la rédaction qui sera dirigée par interim par Olivier Royant, directeur général adjoint de l'hebdomadaire.

Une couverture polémique

Paris Match avait vendu à 900.000 exemplaires (au lieu de ses 600.000 habituels) son numéro du 25 août dont la Une montrait l'épouse du ministre de l'Intérieur en compagnie d'un autre homme, présenté comme son compagnon. Cette couverture avait provoqué de grands remous dans la presse et le monde politique, dans un pays où la vie privée n'est pas souvent mise sur la place publique. Et Nicolas Sarkozy avait même évoqué ses problèmes de couple dans le journal télévisé de France 3.
LCI, Par D.H, Créé le 29 juin 2006, Mis à jour le 29 juin 2006 à 15h30

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(29 juin 2006) Guyane Nicolas Sarkozy s'affiche avec Cécilia

DANS la pirogue qui remonte le fleuve Maroni, frontière entre la Guyane et le Suriname, Nicolas Sarkozy, lunettes fumées et sourire aux lèvres, passe son bras sur l'épaule de sa femme. Tout aussi souriante, Cécilia Sarkozy fait un geste de la main en direction des caméras.

A moins de dix mois de la présidentielle, l'épouse du ministre de l'Intérieur (déjà réapparue lors du meeting de Sarkozy à Agen, Jeudi dernier) a vraiment repris sa place au côté de son mari lors d'un déplacement officiel.

Pendant une demi-heure, au large de Saint-Laurent-du-Marori, c'est un véritable ballet de pirogues, avec celles des photographes et des caméras, qui tournent autour de l'embarcation, baptisée "liberté",où se trouve le couple.

Arrêté au milieu du fleuve,le numéro deux du gouvernement prend le temps de discuter quelques minutes avec des gendarmes puis avec des policiers.. Sarkozy est là pour signer un accord de coopération avec le ministre de la Justice et de la Police du Suriname.
Le texte prévoit notamment des patrouilles communes sur le fleuve particulièrement prisé des clandestins.. La traversée du Maroni, qui s'étire sur 520 km de frontière naturelle, prend dix minutes de pirogue.

"Une saveur particulière"

Au côté de son mari, Cécilia Sarkozy ne dit rien mais sa présence est spectaculaire.
Le patron de l'UMP avait pourtant assuré qu'il ne médiatiserait plus son couple. Une promesse trop difficile à tenir? « Celà na rien à voir avec de la médiatisation, réplique un proche de Sarkozy. Nicolas reste fidèle à ce qu'il a dit : "Je ne me cache pas et je ne m'expose pas."

Reste qu'un peu plus tard, dans le discours qu'il prononce à la mairie de Saint-Laurent, celle de Léon Bertrand, le ministre du Tourisme, il fera lui-même deux allusions à Cécilia : « Ma présence ici a pour moi une saveur toute particulière », commence-t-il, avant de se tourner vers elle: « Je me rappelle avec émotion notre visite il y a trois ans.» Ala fin, il insiste : « La Guyane est dans mon cœur. Et la preuve, c'est que Cécilia est avec moi. »

Quelques minutes plus tôt. arrivant à l'hôtel de ville, Sarkozy avait été accueilli par des sifflets. Sans se démonter, le ministre s'avance vers le groupe de manifestants qui l'invective. « Il faut faire plus pour la sécurité », lui lance un homme. « le Kärcher, on le veut pour nous aussi », enchaîne une femme. Un peu surpris, Sarko réplique: « Quand il y a des protestations à Paris, c'est parce que j'en fais trop. Ici, c'est parce que je n'en fais pas assez ! J'aime ces protestations. » Et de lancer : « Je suis ici pour entendre et pour répondre à vos préoccupations. Cest la troisième fois que je viens et ce que je dis, je le fais... »
Le Parisien, 30 juin 2006, Didier Micoine, p. 6

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le 2-7-2006 10:48 Echauffourées sur les Champs-Elysées après la victoire de la France

Soixante-neuf personnes ont été interpellées la nuit dernière à Paris pour des violences, dégradations ou vols lors des rassemblements qui ont couronné, notamment sur les Champs-Elysées, la qualification des Bleus contre le Brésil au Mondial-2006 de football.

Selon la préfecture dimanche, trente-sept personnes ont été placées en garde à vue, beaucoup d'autres étant essentiellement en état d'ivresse. "Une petite moitié" de ces interpellations a eu lieu sur la célèbre avenue.
Une fonctionnaire de police a été blessée par le jet d'une bouteille en verre qui s'est brisée sur son visage.

En tout, les vitrines de cinq commerces, dont un Mac Donalds et le Drugstore, ont été dégradées dans le secteur des Champs-Elysées, deux voitures ont été brûlées, à la Concorde et sur l'avenue, ainsi qu'un scooter. Quelques véhicules ont également été "légèrement dégradés" dans l'est de Paris.

500.000 personnes ont fêté jusqu'à 03H00 du matin la victoire (1-0) de l'équipe de France en quart de finale contre le Brésil, dont la majorité sur l'avenue des Champs-Elysées.
RTL.be, le 2-7-2006 10:48, Yahoo.fr, actualités

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jeudi 6 juillet 2006, 18h06 Au moins cinq morts et plusieurs blessés graves: la fête du Mondial a parfois mal tourné

PARIS (AP) - Après la victoire des Bleus mercredi soir en demi-finale de la Coupe du monde, l'heure était à l'euphorie dans les rues de toutes les villes de France. Mais la fête a parfois dégénéré, le bilan de ces incidents s'élevant jeudi à au moins cinq morts et plusieurs blessés graves.

Bon nombre des incidents d'après-match se sont produits dans la capitale. Un homme est ainsi décédé à la station Opéra du métro parisien. Il a chuté vers minuit du toit d'une rame sur laquelle il était monté. Tombé sur la voie, il est passé sous un train.

Parallèlement, un accident impliquant une moto a fait six blessés, dont un, la passagère de la moto, est décédée jeudi dans l'après-midi. Près du stade Charléty, où la partie venait d'être retransmise sur écran géant, une personne a été grièvement blessée à l'arme blanche.

Les forces de sécurité étaient largement mobilisées dans tout Paris pour éviter les incidents malheureux. Au total, 189 personnes susceptibles de violence ont été interpellées. Sur ce total, 117 ont été placées en garde à vue.

Dans le même temps, à Lyon, un jeune homme qui fêtait à la fois son bac et le triomphe de l'équipe de France s'est laissé emporter par l'euphorie. Il a sauté du pont Kitchener-Marchand et a disparu dans la Saône vers 3h30 du matin, selon la police.

A Montpellier (Hérault), un homme de 24 ans originaire de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a été frappé d'un coup de couteau à la gorge aux alentours de minuit. Il est décédé au centre hospitalier Lapeyronie, où les secours l'avaient transporté. L'agression s'était produite peu avant en plein centre-ville, près de la place de la Comédie, où la demi-finale avait été projetée sur écran géant.

Autre drame, dans le nord du pays: à Loison-sous-Lens, près de Lens (Pas-de-Calais), une femme de 20 ans a été tuée vers 23h30 dans un accident de la circulation. La passagère s'était assise sur la portière du véhicule, le corps penché à l'extérieur, quand le conducteur a fait une embardée pour éviter un piéton sur la route. Elle a percuté une barrière métallique et a été tuée sur le coup.

A Carpentras (Vaucluse), une jeune fille de 18 ans a été grièvement blessée à l'issue du match, vers minuit. Victime d'un traumatisme crânien, alors qu'elle était assise sur une portière de voiture, elle aurait été déséquilibrée par une embardée. Elle a été évacuée d'urgence par hélicoptère vers le centre hospitalier de Montpellier. Les secours faisaient état d'un pronostic vital réservé.

A Deauville (Calvados), deux policiers ont été sérieusement blessés mercredi soir lors des manifestations de joie qui ont suivi cette demi-finale. Une trentaine de jeunes s'en étaient pris à eux alors qu'ils interpellaient l'agresseur d'une femme.

Par ailleurs, un journaliste du quotidien régional "Le Bien Public" s'est fait violemment agressé jeudi soir dans les rues de Dijon alors qu'il témoignait des événements urbains. "Ses clichés ont déplu à certains, incapables de s'exprimer autrement que par la voie de la violence", ont déploré les syndicats de journalistes SNJ et CFE-CGC. AP
jeudi 6 juillet 2006, 18h06

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jeudi 6 juillet 2006, 19h37 La démocratie n'est "pas compatible avec le droit de grâce ou d'amnistie" pour Nicolas Sarkozy

BALLAN-MIRE, Indre-et-Loire (AP) - "Je ne crois pas que la démocratie soit compatible avec le droit de grâce et le droit d'aministie", a lâché jeudi le président de l'UMP Nicolas Sarkozy, à quelques jours de la traditionnelle grâce présidentielle que doit décréter Jacques Chirac.

"Ce n'est pas parce qu'on est élu au suffrage universel qu'on doit amnistier tel ou tel", a ajouté M. Sarkozy lors d'une réunion publique près de Tours (Indre-et-Loire). AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 6 juillet 2006, 19h37

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12 juillet 2006. Nicolas Sarkozy découvre son double de cire au musée Grévin

Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP Nicolas Sarkozy a découvert mercredi soir lors d'une cérémonie au musée Grévin à Paris, son double de cire, qui sera exposé au public à compter de jeudi.

Arrivé main dans la main avec son épouse Cécilia, le numéro deux du gouvernement a eu droit à un accueil dithyrambique de la part des responsables de l'institution parisienne qui ont justifié son entrée au musée par sa "longue carrière d'homme politique", sa "forte médiatisation" et son "implication passionnée dans la vie" du pays.

Le président de l'Académie Grévin, Bernard Pivot, a souligné que c'était à la fois "un honneur" et "un paradoxe" de se faire immortaliser ainsi, car "ici, on est réduit au silence".

"Est-il bon d'entrer au Musée Grévin avant une élection présidentielle ?", a-t-il lancé, en rappelant que cela avait été profitable à Charles de Gaulle et Jacques Chirac, immortalisés avant leur accession à l'Elysée, mais pas à Edouard Balladur, ni Lionel Jospin, ni Georges Marchais, tous battus.

A côté de son double habillé en costume sombre, chemise bleue et cravate club, M. Sarkozy a répondu que c'était pour lui "un honneur". "Si on fait depuis si longtemps le métier que je fais, c'est pour aller à la rencontre du public", a-t-il dit.

Il n'a pas manqué d'emboîter le pas à M. Pivot, qui venait d'affirmer que la candidature de M. Chirac en 2007 était "très improbable": "si vous le dites, je n'ai rien à rajouter", a-t-il lâché.

"Vous vous rendez compte du cauchemar! Il y avait un Nicolas Sarkozy, il y en aura deux. Je sais qu'il y en a certains à qui ça va faire plaisir. Envoyez leur la photo surtout", a-t-il ironisé.

Soulignant que le musée Grévin était "beaucoup plus discret" sur les départs que sur les arrivées des statues de cire, M. Sarkozy a souhaité que son double n'ait pas à quitter les lieux "dans dix mois", sous-entendu en cas d'échec à la présidentielle.
Yahoo.fr, actualités, 20Minutes.fr avec AFP | 14.07.06 | 17h50

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AP | 16.07.06 | 20:33 Liban-Israël: Nicolas Sarkozy désigne un "agresseur": le Hezbollah

PARIS (AP) -- Dans le conflit entre Israël et le Liban, il y a un "agresseur", selon Nicolas Sarkozy. "Cet agresseur, c'est le Hezbollah, qui se comporte de manière invraisemblable", a accusé le ministre de l'Intérieur sur TF1.

"La situation est dramatique parce qu'il y a un risque d'escalade", d'engrenage" et de "généralisation", a-t-il déploré.

"Israël doit se défendre et a le droit de se défendre", a estimé M. Sarkozy, qui lui a toutefois conseillé de "garder son sang froid et de ne pas faire de la surenchère, de proportionner la réaction".

Le Liban, quant à lui, "a le droit à l'indépendance et au respect de son intégrité et de son unité", a-t-il estimé. Or, "le comportement irresponsable du Hezbollah conduit aujourd'hui à la désagrégation" de l'Etat libanais. Dès lors, "il faut débarrasser le Liban des influences extérieures".

"L'Iran se met un peu plus au banc de la communauté internationale", a déploré M. Sarkozy. Car "il y a plus que des soupçons sur les liens entre le Hezbollah et le régime iranien". "Je crains par ailleurs qu'il n'y ait pas que l'Iran qui soit concerné", a-t-il ajouté. AP
lenouvelobs.com, AP | 16.07.06 | 20:33

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Paru le : 15/07/2006 VIOLENCES . Plus de 200 voitures brûlées

Moins graves qu'en 2005, les incidents en Ile-de-France ont quand même été nombreux dans la nuit du 13 au 14 juillet. Pour tenter de comprendre les raisons de cette violence, gros plan sur la cité de la Grande-Borne à Grigny (Essonne).

LES ÉCHAUFFOURÉES entre jeunes et policiers et les voitures incendiées sont désormais monnaie courante lors du 14 Juillet.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, ce sont 230 voitures qui ont été brûlées dans la région parisienne et dans l'Oise, contre 460 l'an dernier et 270 en 2004.
Une seule voiture et un scooter auraient été incendiés à Paris officiellement.

Même si les incidents ont été moins nombreux, le bilan reste lourd. Quant à dire que la banlieue s'apaise, les policiers des diverses unités de sûreté départementales de la région sont, selon le mot d'un commissaire, encore « sceptiques », mais veulent rester « confiants ».

La soirée avait été soigneusement anticipée par les forces de l'ordre très mobilisées, mais « sans déploiement ostentatoire » pour éviter les provocations. Quelques arrestations préventives de délinquants connus pour leur goût de « la carcasse brûlée » ou leur « influence » sur des plus jeunes avaient été opérées dès le début de l'été.

La Seine-Saint-Denis.
Le département arrive en tête avec 60 véhicules incendiés. L'an passé, 70 voitures avaient été détruites à la même époque. La situation a été « sous contrôle permanent » selon la police, et les affrontements ont été rares, ce qui n'avait pas été le cas l'an passé où de véritables scènes de guérilla urbaine s'étaient déroulées.
19 voitures ont été incendiées à Saint-Denis, et une quinzaine d'autres à Epinay. 55 personnes ont été arrêtées dans la nuit de jeudi à vendredi et hier soir 42 étaient en garde à vue, dont 21 mineurs.
A minuit, on comptait déjà 23 nouvelles interpellations et 10 voitures brûlées.

Les Hauts-de-Seine.
Trente voitures détruites et 10 feux de poubelles répartis entre Nanterre, Puteaux, Gennevilliers et Rueil.

Le Val-de-Marne.
Ce sont 16 véhicules qui ont disparu dans les flammes dans dix communes.

L'Essonne.
Dans ce secteur réputé sensible, la nuit a été plutôt calme. Trente voitures détruites en raison de 16 incendies allumés sur des véhicules, et qui se sont se propagés à d'autres. Une seule personne a été interpellée à Evry après avoir mis le feu à une poubelle. C'est d'ailleurs le seul incident notable à Evry où les policiers ont dû utiliser les flash-balls pour calmer un regroupement dans le quartier des Pyramides.

La Seine-et-Marne.
Elle n'a enregistré que 9 voitures détruites. Mais six hommes ont été arrêtés pour avoir jeté sur des policiers divers projectiles ou des fusées d'artifice. Ils ont tous été remis en liberté après avoir subi un rappel à la loi ou s'être vu remettre des convocations. Une bagarre entre bandes a éclaté à La Ferté-sous-Jouarre entre une dizaine de jeunes.

Le Val-d'Oise.
Bilan : 49 voitures ont brûlé dans la nuit. Les policiers ont procédé à 24 interpellations, se traduisant par 22 placements en garde à vue. Les deux points chauds : Ermont (10 voitures incendiées) et surtout Argenteuil (13 voitures), dans le quartier du Val-d'Argent, où les forces de l'ordre se sont heurtées à des groupes de jeunes armés de fusées de feux d'artifice et de pierres. Un policier a été légèrement blessé. A Ezanville, un gros pétard aurait déclenché l'incendie qui a détruit un appartement.

Les Yvelines.
Une quarantaine de voitures détruites ou endommagées, dont 8 à Guyancourt dans une concession automobile Renault. Dans le quartier sensible du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, 14 voitures ont été incendiées. Sans oublier 7 autres à Trappes.
Jean-Marc Ducos et nos éditions départementales, Le Parisien, 15 juillet 2006, p. 10

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17 juillet 2006. Sarkozy fait son autoportrait et bat la grosse caisse
Le cinquième livre du ministre, «Témoignage», est sorti bruyamment. Le patron de l'UMP tente d'apparaître comme un homme de dialogue.

Et voilà le nouveau Sarkozy ! Ecrit dans le plus grand secret, Témoignage (1), le cinquième livre du patron de l'UMP, est sorti hier dans un vacarme médiatique que seul ce dernier est capable d'organiser : 20 heures de TF1, Europe 1, bonnes feuilles au Point et fuites distillées ici ou là pour faire monter la sauce.

Le tout quelques heures après la traditionnelle intervention présidentielle du 14 Juillet, à laquelle il semble presque répondre.
Les 300 pages de l'ouvrage, promis à un grand succès populaire si on se réfère au tirage initial (130 000 exemplaires), ne contiennent pourtant aucune révélation. A quelques mois de l'échéance de 2007, il n'est pas temps pour Nicolas Sarkozy de faire un livre-programme.
Son souci est d'essayer de donner une cohérence à une activité bouillonnante et à des dizaines de discours et de déclarations parfois contradictoires. En sept chapitres, eux-mêmes divisés en sous-chapitres, il livre sa conception du pouvoir et résume ses vues en matière d'institutions, d'économie, de justice, etc.

S'il ne se gêne pas pour tailler un costard à Dominique de Villepin en qualifiant notamment le CPE d' «échec inéluctable», il s'attache surtout à se montrer en homme de dialogue, pragmatique, capable de rassembler le plus grand nombre de Français pour 2007.
Tout au long de ces pages, il revendique sa franchise et se défend de toute démagogie : «Etre populaire n'est pas être populiste.»

Outre celle de s'adresser directement aux Français à la veille d'échéances électorales majeures, ce livre a une autre vertu pour le ministre de l'Intérieur : il lui permet de refermer officiellement une page tourmentée de sa vie privée, celle de sa séparation il y a plus d'un an avec son épouse Cécilia.
C'est à la demande de cette dernière, qui s'est réinstallée place Beauvau et réoccupe ses fonctions auprès de lui, qu'il s'exprime à ce sujet, explique-t-il. Tout en jurant qu'on ne le prendra plus à exhiber sa vie privée, il ne peut s'empêcher de transformer cette «épreuve», qui l'a «bouleversé», en moyen d'adoucir son image : «Peut-être cela m'a-t-il obligé à sortir de moi cette part d'humanité qui sans doute me faisait défaut.»
Nicolas Sarkozy veut montrer qu'il est comme tous les Français. «Ce que nous avons vécu dans ma famille, des millions de gens l'ont vécu. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs espérances, sont les mêmes que les nôtres.»

A présent, tout est réglé, martèle le presque candidat qui confie : «Cécilia est ma femme. Elle est une partie de moi. Quelles que soient les épreuves que notre couple a traversées, pas une journée ne s'est déroulée sans que nous nous soyons parlé.»
Et pour que les choses soient bien claires : «Aujourd'hui, Cécilia et moi nous sommes retrouvés pour de bon, pour de vrai et sans doute pour toujours.» Tout est en ordre pour 2007. (1)Témoignage, XO Editions, 16,90 euros.
Libération, 18 juillet 2006, p. 11, Par Vanessa SCHNEIDER, QUOTIDIEN : Mardi 18 juillet 2006 - 06:00

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19.07.06 | 13:39 REGULARISATIONS Sans-papiers : Lang s'en prend à Sarkozy

Interviewé sur Europe-1, l'ancien ministre socialiste appelle à "faire barrage" aux "méthodes Sarko".

Le député socialiste du Pas-de-Calais Jack Lang a dénoncé mercredi 19 juillet la "méthode inhumaine" et "absurde" du ministre de l'Intérieur qui consiste à "arracher à leurs amis, leurs copains, leurs copines, des mômes qui suivent des études à l'école primaire, au collège ou au lycée".

Jack Lang a appelé de ses voeux la constitution "dans les prochaines heures, dans les prochains jours", d'une "chaîne de l'amitié" pour empêcher cette "ignominie". "Il faut faire bloc, il faut faire barrage, il faut faire bouclier", a-t-il insisté sur Europe-1.

Un système "arbitraire"

L'ancien ministre a dénoncé un système de "régularisation plus ou moins arbitraire, à la tête du client, en fonction des préfectures", s'en prenant violemment à Nicolas Sarkozy: "Je considère que Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac avec lui, aussi, sans doute, ment et trompe les Français".

"Aujourd'hui, quoi qu'il dise, il y a plus de 200.000 personnes sans papiers en France" et "chaque année, même avec les méthodes Sarko qui coûtent très, très cher financièrement, et sans compter l'aspect humain, il ne peut en renvoyer que 20 à 25.000.

Par conséquent, ces 200.000 clandestins resteront sur le territoire national", a-t-il analysé.

Dès lors, "mieux vaudrait, comme le font tous les pays civilisés (Italie, Grèce, Espagne), régulariser dans certaines conditions, plutôt que de vivre dans une hypocrisie qui permet à des patrons voyous d'exploiter ces personnes et d'empêcher leur accès aux soins avec des risques d'épidémies multiples", a-t-il ajouté.
NOUVELOBS.COM | 19.07.06 | 13:39

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27.07.06 | 08:48 Affaire Clearstream: le général Philippe Rondot dédouane Dominique de Villepin

NANCY (AP) -- Le général Philippe Rondot a adressé une lettre aux magistrats chargés du dossier Clearstream afin d'éclaircir le rôle des politiques, et plus particulièrement ceux du Premier ministre, Dominique de Villepin, qu'il dédouane de toute manipulation, et du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, dont il affirme qu'il était au courant de toute l'affaire. "L'Est Républicain" publie de larges extraits de cette lettre dans son édition de jeudi.

L'ancien militaire et spécialiste français du renseignement n'avait pas répondu le 22 mai dernier aux questions de juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons qui lui avaient refusé le statut de témoin assisté. Dans sa lettre, il affirme que personne ne (lui) a "jamais demandé de cibler M. Nicolas Sarkozy ou d'autres, ni de nommer ou de laisser se faire un montage visant des personnalités".

"Je suis, aujourd'hui, sûr que le patronyme de M. Nicolas Sarkozy ne figurait pas sur les documents reçus contrairement à ce que j'ai pu déclarer dans ma déposition du 28 mars 2006", ajoute le militaire. "Tout soupçon de manoeuvre à l'égard de Nicolas Sarkozy, qui avait fait des déclarations publiques à ce sujet, était manifestement infondé", note-t-il. "J'ai bien essayé de faire passer un message à M. Nicolas Sarkozy, M. Philippe Marland (directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, NDLR) en ayant été averti, a laissé sans suite".

"J'ajoute que Dominique de Villepin souhaitait éviter toutes rivalités de service et toute fuite". "Quand, à l'automne 2004, les doutes se sont confirmés, nous avons ensemble mesuré les risques médiatiques que pouvait engendrer une telle affaire, ce qui ressort de mes échanges avec M. Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Philippe Marland (directeur de cabinet du ministre de la Défense, NDLR)".

Revenant sur sa relation avec l'informaticien Imad Lahoud, soupçonné d'avoir introduit de faux noms dans les listings Clearstream, Philippe Rondot précise dans sa lettre: "C'est donc en janvier 2003 que j'ai fait la connaissance de M. Imad Lahoud. Je l'ai mis aussitôt en relation avec la DGSE qui l'a "traité selon ses procédures". "Suivant cette opération à travers les comptes-rendus de ce service et quelques contacts avec IL (Imad Lahoud, NDLR), il est vite apparu que cette source avait un profil complexe, pouvant nous entraîner dans des actions douteuses", souligne l'ex-agent. "J'ai, malgré ma méfiance naturelle, continuer à voir IL pour tenter de pénétrer des réseaux bancaires arabes susceptibles de remonter à Oussama Ben Laden", précise-t-il encore.

Pour conclure, le général Philippe Rondot estime s'être comporté en "militaire loyal et scrupuleux, soucieux de ne pas faire obstacle à la justice" française. Selon "L'Est Républicain", Philippe Rondot est convoqué ce jeudi par les enquêteurs de la Direction nationales des infractions financières dans le cadre de cette affaire Clearstream. AP

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23.08.06 | 14:55 Présidentielle: Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal au second tour, selon un sondage Ipsos

PARIS (AP) -- Dans l'hypothèse d'un duel Royal-Sarkozy au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy l'emporterait, avec 51% des intentions de vote, contre 49% pour sa rivale socialiste, selon un sondage Ipsos pour le dernier numéro de l'hebdomadaire "Le Point", jeudi en kiosques.

En revanche, face à Dominique de Villepin au second tour, Ségolène Royal serait élue avec 61% des voix, contre 39% à l'actuel Premier ministre, selon ce sondage. Au premier tour de la présidentielle, 37% des sondés déclarent qu'ils voteraient pour Nicolas Sarkozy s'il était le candidat de l'UMP, contre 28% pour Ségolène Royal et 11% pour Jean-Marie Le Pen.

En revanche, si Dominique de Villepin était le candidat de l'UMP, le président du Front national Jean-Marie Le Pen serait présent au second, avec 16% des intentions de vote au premier tour, derrière Ségolène Royal en tête avec 37%. L'actuel Premier ministre n'obtiendrait que 13%.

- Sondage réalisé les 18 et 19 août 2006 par Ipsos pour "Le Point" sur un échantillon de 871 personnes, âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 23.08.06 | 14:55

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29.08.06 | 09:23 Le clan Halliday rejoint l'UMP et affiche son soutien à Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) -- Trois membres de la famille Halliday, parmi les plus célèbres -Johnny, Laetitia et David- ont adhéré au parti de Nicolas Sarkozy, a confirmé mardi la députée UMP de Meurthe-et-Moselle Nadine Morano.

"Ca fait longtemps que je suis au courant de cet engagement de Johnny Halliday", a déclaré Nadine Morano sur RTL. "Nicolas Sarkozy me l'avait dit, je savais très bien que Johnny Halliday avait adhéré à l'UMP (...), nous sommes très, très heureux, effectivement de l'accueillir".

La députée a annoncé la présence de la rock star "à Marseille dimanche matin lors du discours de Nicolas Sarkozy" pour la clôture de l'université d'été de l'UMP.
Johnny Halliday "soutient l'action de Nicolas Sarkozy, c'est un chanteur populaire que j'apprécie énormément, que beaucoup de Français apprécient, comme d'autres artistes, comme Jean Reno, comme Christian Clavier, j'en aurais beaucoup d'autres à citer qui ont rejoint Nicolas Sarkozy", a indiqué Nadine Morano.

"Des artistes de gauche comme de droite ont salué en Nicolas Sarkozy l'action qu'il a prise pour lutter contre le 'peer to peer' et pour la protection intellectuelle des artistes", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la possible utilisation du titre "L'envie d'avoir envie" comme hymne de la campagne électorale de l'UMP, la députée a démenti "que Nicolas Sarkozy ait envie de s'accaparer quoi que ce soit". AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 29.08.06 | 09:23

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29 août 2006 Le prêchi-prêcha de Madonna

Elle a toujours de l'énergie à revendre et ce côté «provoc» qui, aujourd'hui, fait partie des figures imposées.

Exception française, les concerts rock commencent rarement à l'heure. C'est donc avec près d'une heure de retard que Madonna est entrée en scène dans un Bercy surchauffé par un public de 15 à 50 ans, arborant une tenue d'écuyère dominatrice, cuir noir et cravache, sur fond d'images vidéo d'un corps humain qu'on imagine le sien: radios d'os et de colonne vertébrale; souvenirs d'une mauvaise chute de cheval. Aussitôt, elle enfourche la selle d'un manège et attaque Like a Virgin, tandis que défilent des images de chevaux de course tombant lourdement avec leur monture.

Ambiance disco et boule lumineuse géante descendant du plafond, Madonna enchaîne et utilise l'avant-scène et les passerelles en compagnie de formidables danseurs-acrobates qui occupent en tous sens l'immense dispositif scénique. Elle a toujours de l'énergie à revendre et ce côté «provoc» qui, aujourd'hui, fait partie des figures imposées.

Cette fois, la reine du dance floor apparaît les bras en croix sur un crucifix constellé de miroirs brillants, sorte de Madonne déplorant les malheurs du monde – guerres, génocides, famines – que l'on aperçoit en image sur fond d'écran. Ce qui surprend de la part de cette ex-«material girl» convertie à la kabbale et persuadée de vouloir «sauver le monde» et «révéler la meilleure part de nous-mêmes»...

Même punition, sur fond de musique disco, lorsque sont projetées des images de petits enfants africains victimes du sida sur lesquelles il est inscrit: «20 millions d'entre eux n'auront plus de parents d'ici à 2020.» Pour enfoncer le clou, Madonna cite dans la foulée l'évangile selon Saint-Mathieu et l'adresse Internet de la fondation caritative de Bill Clinton. Enfin, on se demande ce que viennent faire sur la chanson Sorry ces images de Hitler, Tito, Staline, Le Pen au côté d'un George Bush ridiculisé.

Évidemment, ce genre de prêchi-prêcha finit par lasser, d'autant plus que Madonna n'est pas Joan Baez. Pas crédible sur le terrain politique, on l'attend plutôt sur celui de l'entertainement, dont elle reste, à 48 ans, l'une des plus brillantes représentantes. Mais pour renouer avec l'esprit de ses précédents spectacles, notamment le «Girlie Show», il faut attendre, entre deux tunnels (en duo avec un chanteur yéménite), des séquences beaucoup plus musicales où elle apparaît dans Hung Up en costume blanc façon Travolta («Hang Up»). Dommage que son «Confessions Tour» hésite entre les paillettes disco et le séminaire mondialiste.
Jean-Luc Wachthausen. lefigaro.fr, Publié le 29 août 2006, Actualisé le 29 août 2006 : 12h14

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(17/09/2004) La prière de Madonna
La retraite spirituelle de Madonna en Israël, à l’occasion du Nouvel An juif, ne plaît pas à tout le monde.

Il y a eu Louise Ciccone, puis Madonna. Maintenant il faut l’appeler Esther.

Adepte de la kabbale, tradition juive donnant une interprétation mystique de l’Ancien Testament, la popstar américaine a changé de nom il y a deux mois. Elle arbore un fil rouge au poignet en signe d’appartenance à cette tradition.

Pas de journalistes juifs

La visite de cinq jours, à laquelle participe un groupe de quelque 2 000 personnes originaires de 22 pays, dont Marla Maples, l’ex-femme de Donald Trump, mènera la chanteuse au mur des Lamentations, à Jérusalem, à Safed (nord d’Israël) et sur la tombe de Rachel, à Bethléem (Cisjordanie).

L’organisation qui accueille la star en Israël a ordonné aux journalistes couvrant sa visite de porter du blanc et de ne pas prendre de notes sur ses apparitions lors du Nouvel An juif, Rosh ha-Shana.
Les journalistes juifs, eux, n’ont pas le droit d’assister à la cérémonie, une loi religieuse interdisant tout travail lors de cette fête.
Un millier de policiers vont être déployés pour assurer la sécurité de la délégation de la kabbale, a indiqué Gil Kleiman, porte-parole de la police.

Considéré par certains comme une secte, le mouvement de la kabbale compterait plus de quatre millions d’adeptes dans le monde, dont Britney Spears et le couple Beckham.
Metro, (17/09/2004)

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vendredi 1 septembre 2006, 12h53 Nicolas Sarkozy opposé au mariage homosexuel

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy se déclare opposé au mariage homosexuel, à l'adoption d'enfants par des couples de même sexe.

"Le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle : les enfants ont besoin d'un père et d'une mère", déclare le président de l'UMP dans un entretien au Figaro-Magazine à paraître samedi.

Il ajoute cependant que les homosexuels ne doivent pas être victimes de discrimination. "C'est pourquoi je suis partisan de l'égalité sur le plan financier", dit-il préconisant une amélioration du Pacs (pacte civil de solidarité).

Le Pacs, forme d'union civile créée par le précédent gouvernement de gauche, permet l'union homosexuelle mais plusieurs dispositions financières ne sont pas équivalentes à celles du mariage.

Selon Nicolas Sarkozy, il faut "créer un système qui, sur le plan fiscal, patrimonial et successoral, garantisse l'égalité entre un couple hétérosexuel et un couple homosexuel".

L'Inter-LGBT ("lesbiennes, gais, bi et trans") a réagi en déplorant que le ministre de l'Intérieur n'ait pas attendu le résultat d'une mission de réflexion confiée à l'ex-ministre de l'Education Luc Ferry.
"L'Inter-LGBT déplore l'impossible dialogue avec Nicolas Sarkozy sur les questions liées au couple et à la parentalité et regrette les choix faits par le président de l'UMP", explique l'association.
Elle demande à Nicolas Sarkozy d'intervenir pour l'égalité financière dès la loi de finances pour 2007.

Le Parti socialiste s'est prononcé en faveur du droit au mariage et à l'adoption pour les homosexuels dans son projet officiel pour la présidentielle de 2007.

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02/09/2006 16:25 MARSEILLE (AFP) - Doc Gynéco: Sarkozy, mon "petit maître à penser"

Le chanteur de rap Doc Gynéco, encarté à l'UMP, a affirmé que Nicolas Sarkozy était son "petit maître à penser", samedi .

Pour le rappeur, M. Sarkozy est "un ami avant tout", et "aussi, a ajouté le chanteur, quelqu'un qui m'aide à penser, un petit maître à penser... puisque mon père, c'est déjà Johnny" (Halliday).

Avec M. Sarkozy, "on s'est rencontrés place Beauvau, lors des émeutes des banlieues (automne 2005). On s'est parlé, on s'est apprécié. J'ai décidé de continuer un bout de route avec lui", a-t-il ajouté.

"Je le soutiendrai en votant pour lui... peut-être", a-t-il également dit.
Pourquoi +peut-être+ ? lui a-t-on demandé. "Parce que c'est pas à moi de diriger les votes de ceux qui savent pour qui voter. Par contre, s'il y a des gens d'extrême droite, des anti homos, des anti tout, on a besoin de leur voix", a-t-il répondu.

Doc Gynéco participait à une table ronde sur le "thème: "La Nation: une idée d'avenir", aux côtés des ministres Jean-François Copé (Budget) et Renaud Donnedieu de Vabres (Culture).
"Que Doc Gynéco soit là, ça montre que quelque chose est en train de bouger", a assuré M. Copé, en déplorant qu'on ne puisse parler sans "tension et stress" de la Nation, alors même que "le débat va porter sur la question d'identité".
Cette question "reste pour moi une idée sociale, une idée de droite", a répondu Doc Gynéco.
la-Croix.com, 02/09/2006 16:25

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samedi 2 septembre 2006, 12h10 Doc Gyneco s'engage pour Nicolas Sarkozy

MARSEILLE (AP) - Doc Gyneco, caution de Nicolas Sarkozy pour les banlieues? Le rappeur d'origine guadeloupéenne a apporté samedi matin son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle de 2007 lors d'un passage très remarqué à l'université d'été de l'UMP.

Doc Gyneco, invité à participer à une table ronde sur le thème de "la nation, une idée d'avenir", est ensuite allé saluer Nicolas Sarkozy, qui dédicaçait son livre aux jeunes UMP. Les jeunes militants, ravis, ont immortalisé la rencontre avec leurs téléphones portables.

Interrogé sur les raisons de son soutien au président de l'UMP, le rappeur a estimé que M. Sarkozy incarnait une "idée sociale de droite" pour les banlieues.

"J'ai vécu 25 ans sous perfusion sociale. Avec lui on a décidé peut être d'avoir une idée sociale de droite qui pourrait faire stopper cette idée de vivre toujours avec des aides et de redynamiser des quartiers où les gens ne vivent à 100% que par des aides sociales", a expliqué Doc Gyneco, précisant qu'il avait pris une carte UMP "à 50 euros".

Le chanteur a défendu les propos de Nicolas Sarkozy contre les "racaille" ou la nécessité de "nettoyer au Kärcher" les banlieues, qui avaient contribué à embraser les quartiers à l'automne dernier. "Les banlieusards, c'est des clowns. Ils sont choqués d'avoir entendu racaille et kärcher quand tous les jours entre eux ils s'insultent", a-t-il lâché.

Doc Gyneco a reconnu que son adhésion à l'UMP pouvait être interprétée comme une caution donnée à Nicolas Sarkozy après la crise des banlieues. "Je suis un ami. Je suis caution pour ceux qui veulent le voir de cette manière", a-t-il dit.

Le président de l'UMP doit accueillir dimanche une autre star pour la clôture de l'université d'été en la personne de Johnny Hallyday, autre nouvel adhérent du parti. AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 2 septembre 2006, 12h10

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09/09/2006 19:32 Manifestation de soutien aux ex-squatteurs de Cachan, à Paris

PARIS (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes, 15 000 selon les organisateurs et 3 500 d'après la police, ont manifesté samedi à Paris en soutien aux anciens squatteurs de Cachan (Val-de-Marne).

Ils ont réclamé leur régularisation, la scolarisation de leurs enfants et le relogement des centaines de personnesd'origine africaine expulsées le 17 août par les forces de l'ordre du plus grand squat de France - une ancienne résidence universitaire qui fut occupée durant trois ans.

Des personnalités du monde du spectacle et de la politique ont participé au défilé parmi lesquelles Jack Lang, ancien ministre socialiste de la Culture et candidat à l'investiture PS pour la présidentielle, Olivier Besancenot, porte-parole de laLCR, Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière ou encore la comédienne Josiane Balasko (notedt, mais également, notamment, Albert Jacquard).

Le cortège s'est ébranlé aux environs de 15h00, place de la République pour se rendre place Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement. Certains manifestants scandaient "800 m² pour les ministres, 8 m² pour les malheureux".

A l'issue de la manifestation, qui s'est dispersée dans le calme, une délégation d'ex-squatteurs a été reçue par unconseiller technique de Nicolas Sarkozy. "Dans la mesure du possible, des solutions de relogement pérenne dans le parc social sont activement recherchés pourles famille en situation régulière", précise le ministère de l'Intérieur dans un communiqué selon lequel 92 logements ontété identifiés.

S'agissant des personnes en situation irrégulière "la loi s'appliquera", a dit à Reuters un conseiller, précisant qu'ils seront expulsés du sol français.

UN CONSEILLER DE SARKOZY RECOIT DES EX-SQUATTEURS

Le ministère de l'Intérieur a réitéré aux ex-squatteurs l'offre d'hébergement hôtelier, qu'ils ont à trois reprises rejetées,lui préférant un logement permanent. "Cette proposition demeure. Elle présenterait l'avantage d'offrir à ces personnes demeilleures conditions d'hygiène et des facilités pour la scolarisation de leurs enfants", fait valoir le ministère dans soncommuniqué.

Depuis leur expulsion, quelque 200 ex-squatteurs ont trouvé refuge dans un gymnase de la ville de Cachan. Le maireespérait les voir libérer le lieu à la rentrée scolaire. Par ailleurs, 178 ont accepté d'être hébergés à l'hôtel.

Vendredi, le maire de la commune de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), Joseph Rossignol (divers gauche), a pris un arrêté afin de réquisitionner d'anciens locaux du Commissariat à l'énergie atomique pour y reloger les anciens squatteurs,mais le préfet s'y oppose.

Bernard Tomasini a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif pour demander l'annulation de cet arrêté,qu'il juge "illégal". Vides depuis 1999, ces locaux du ministère de la Défense doivent être transformés en un centre delogistique et de formation des pompiers par la Ville de Paris.
Le tribunal doit statuer dans les prochains jours en urgence, puis dispose d'un délai d'un mois pour examiner le fond dudossier, ce qui suspend l'arrêté, selon la préfecture.

Ces dernières semaines, de nombreuses personnalités s'étaient déjà mobilisées pour les ex-squatteurs, dont lesfootballeurs Lilian Thuram et Patrick Vieira qui ont offert à 70 d'entre eux des billets pour le match France-Italie demercredi dernier.
09/09/2006 19:32, nouvelobs.com

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lundi 11 septembre 2006, 12h16 11-Septembre: Nicolas Sarkozy remet une médaille d'honneur aux pompiers new-yorkais

NEW YORK (AP) - Le ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a rendu hommage dimanche aux habitants de New York et à leurs pompiers pour le courage qu'ils ont manifesté lors des attentats de 2001.

M. Sarkozy a remis une médaille d'honneur aux pompiers de la caserne "Engine 54-Ladder 4- Battalion 9", sur la 8e avenue à Manhattan. C'est cette caserne qui a payé le plus lourd tribut parmi les pompiers de New York le 11-Septembre, avec 15 morts dans leurs rangs.

"Je suis venu vous dire une chose très simple: les pompiers new-yorkais pourront toujours compter sur les pompiers de France", a-t-il dit en ajoutant qu'il s'exprimait au nom de tous les Français.

Le ministre français a demandé au petit Aidan Fontana, 10 ans, d'accepter cette médaille d'honneur au nom de tous les pompiers de cette caserne meurtrie et de son père David, de l'équipe 1, mort alors qu'il intervenait près du World Trade Center immédiatement après les attentats.

Samedi, deux jours avant les cérémonies officielles du cinquième anniversaire, M. Sarkozy avait remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur au chef de la police new-yorkaise (NYPD), Raymond Kelly.

Nicolas Sarkozy, qui est considéré comme le candidat de droite le mieux placé pour la présidentielle de 2007 en France, effectue une visite de quatre jours aux Etats-Unis au cours de laquelle il doit notamment rencontrer le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan lundi à New York et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice mardi à Washington.

Il prévoit également de s'entretenir avec le conseiller à la Sécurité nationale Stephen Hadley et avec deux candidats potentiels à la présidentielle américaine de 2008, les sénateurs républicain John McCain et démocrate Barack Obama. AP
lundi 11 septembre 2006, 12h16, Yahoo.fr, actualités

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(11 septembre 2006) Sarkozy rencontre Kofi Annan à New York

Le numéro deux du gouvernement français, Nicolas Sarkozy, candidat probable à l'élection présidentielle de 2007, devait rencontrer lundi le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, à New York, à l'occasion d'une visite aux Etats-Unis qui suscite une controverse en France.

M. Sarkozy, qui est aux Etats-Unis depuis samedi en tant que ministre de l'Intérieur, a rencontré dans la matinée des représentants de huit organisations juives américaines au Consulat général de France.
»Il y a beaucoup d'inquiétude. Ils se demandent qu'est ce qui se passe en France, pourquoi il y a eu les émeutes en banlieue», l'an dernier, a déclaré M. Sarkozy à la presse à l'issue de cette rencontre.

Il a assuré à ses interlocuteurs, qui s'en inquiétaient, que ces émeutes n'avaient »pas de rapport» avec la situation en Israël.
»Il y a eu des polémiques au début des années 2000 sur la réalité ou non de l'antisémitisme et j'ai dit à nos amis que la France n'était pas un pays antisémite mais qu'il y avait des faits d'antisémitisme, que nous les combattons avec une grande énergie», a ajouté M. Sarkozy.

Selon lui, »les résultats sont spectaculaires puisque les faits d'antisémitisme ont été divisés par deux sur l'année 2005. J'en tire la conclusion qu'il ne faut pas baisser la garde, qu'il faut au contraire continuer cette politique ferme».

M. Sarkozy a dîné en privé dimanche soir avec un certain nombre de personnalités américaines influentes, dont Felix Rohatyn, ancien ambassadeur des Etats-Unis en France, a indiqué son entourage.
Il a remis dimanche une médaille à des pompiers new-yorkais. La veille, il a décoré de l'ordre de la Légion d'honneur le chef de la police new-yorkaise, Raymond Kelly.

Sa visite aux Etats-Unis suscite une controverse en France. Le parti socialiste français a fustigé une »confusion des situations» entre le ministre et le candidat, affirmant que »c'est avec l'argent des contribuables qu'il se rend aux Etats-Unis», et a demandé à M. Chirac de »mettre un terme à cette situation».
En marge d'un sommet Asie-Europe (Asem) à Helsinki, Jacques Chirac a assuré que c'était lui qui avait chargé Nicolas Sarkozy de représenter la France aux cérémonies du 11 septembre à New York.
»A ma connaissance, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur qui, allant aux Etats-Unis à cette époque, a été chargé par moi de représenter la France aux cérémonies du 11 septembre puisqu'il se trouvait là, (...) a fait le voyage sur un avion de ligne ordinaire, probablement d'Air France-KLM», a déclaré M. Chirac.

Nicolas Sarkozy a proclamé dimanche son amour pour les Américains, tout en soulignant que cela ne voulait pas dire un alignement de la France sur les positions américaines. "Oui, j'aime les Américains», a-t-il dit. Mais, "la France doit déployer une politique autonome de celle des Etats-Unis, qu'allié ne veut pas dire rallié», a-t-il ajouté.

Sa visite de quatre jours aux Etats-Unis se termine mardi à Washington, où il aura des entretiens avec la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, le secrétaire à la Sécurité intérieure Michael Chertoff et le conseiller national à la sécurité, Stephen Hadley, pour parler des questions liées au terrorisme.

Il doit également rencontrer deux sénateurs influents, le républicain John McCain, candidat potentiel à la présidentielle de 2008, et le démocrate Barack Obama, seul Noir à siéger au Sénat.

Ces multiples entretiens aux Etats-Unis font suite à son déplacement jeudi et vendredi à Bruxelles, consacré à la »relance» européenne. Ils doivent permettre à M. Sarkozy de travailler sa stature internationale, à moins de huit mois de l'élection présidentielle en France.
tageblatt, Notre édition du Mardi, 12/09/2006

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mercredi 13 septembre 2006, 1h09 Sarkozy rencontre Bush et dit vouloir rebâtir la relation France-Etats-Unis

WASHINGTON (AFP) - Le numéro deux du gouvernement français, Nicolas Sarkozy, un des candidats probables à l'élection présidentielle de 2007, a rencontré mardi à la Maison Blanche le président George W. Bush et a dit vouloir rebâtir la relation entre la France et les Etats-Unis.
M. Sarkozy a discuté avec M. Bush pendant environ 35 minutes dans le bureau du conseiller national à la sécurité Stephen Hadley, a précisé la délégation du ministre français.

"Je suis convaincu que nos relations souffrent de trop d'incompréhensions causées par un manque de dialogue et parfois par un poil de mauvaise foi. Je ne veux pas chercher de coupable, je veux trouver des solutions. Je veux que nous rebâtissions la relation transatlantique", a dit plus tôt M. Sarkozy dans un discours qui ressemblait à un programme de politique étrangère, devant la Fondation franco-américaine à Washington

Nicolas Sarkozy, qui est en visite aux Etats-Unis depuis samedi en tant que ministre de l'Intérieur, a estimé que la crise en 2003 entre la France et les Etats-Unis sur la guerre en Irak était la plus grave depuis 1966 et le départ des forces américaines des bases de l'Otan en France.
"Je crois que nous commençons à surmonter cette crise", a-t-il affirmé. "Mais il est juste de dire que cette crise a provoqué une réapparition dans chacun de nos pays de beaucoup d'idées fausses colportées sur nos deux peuples", a-t-il ajouté.

Le ministre français a répété son attachement particulier pour les Américains et les Etats-Unis: "Je ne suis pas un lâche (...) je suis fier de cette amitié (...) je la revendique".
Concernant la crise sur le nucléaire iranien, le numéro deux du gouvernement français a affirmé qu'il fallait "laisser toutes les options ouvertes".
"Nous devons faire preuve de la plus grande fermeté et de la plus grande unité pour régler cette question. La diplomatie doit être notre principale arme, même si je pense qu'il faut laisser toutes les options ouvertes pour que la diplomatie puisse se déployer", a dit M. Sarkozy.
Il a proposé de "créer, sous l'égide de l'AIEA (Agence internationale à l'énergie atomique), une Banque mondiale du combustible nucléaire" qui "garantirait la livraison de combustible nucléaire civil ainsi que le retraitement des matières fissiles à tous les Etats désireux de développer l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, mais qui naturellement renonceraient à l'option nucléaire militaire".

Le ministre français a rappelé qu'il était un "ami" d'Israël.

"Israël avait le droit, j'allais dire le devoir, de se défendre et de défendre ses citoyens", a-t-il estimé, en référence au conflit au Liban cet été. "Tous les amis d'Israël doivent dire à Israël: nous sommes à vos côtés, mais ayez la réaction appropriée, pas la réaction disproportionnée", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a également estimé qu'il y avait "maintenant urgence à agir pour que le Darfour ne reste pas une page honteuse de notre histoire parce que notre indifférence, notre aveuglement, notre manque de courage (...) nous aurait fait détourner le regard du premier crime contre l'Humanité du 21e siècle".

Le ministre français a déjeuné avec le secrétaire à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff, et devait rencontrer la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice. Il a également discuter avec deux sénateurs influents, Barack Obama et John McCain.

Ces multiples entretiens aux Etats-Unis doivent permettre à M. Sarkozy de travailler sa stature internationale à moins de huit mois de l'élection présidentielle en France. Ils interviennent quelques jours après un déplacement à Bruxelles, consacré à la "relance" européenne.
Yahoo.fr, actualités, Par Jérôme BERNARD

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21.09.06 | 18:25 Nadal : Bobigny est un "laboratoire d'exemplarité"

Le procureur général près la Cour de cassation, soutient les magistrats du tribunal de Bobigny, qu'il qualifie de "juridiction de combat, d'élite".

Le procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal est "venu soutenir", jeudi 21 septembre, les magistrats du tribunal de Bobigny, qu'il a qualifié, en réponse aux critiques de Nicolas Sarkozy, de "laboratoire d'exemplarité en matière de lutte contre la délinquance". "Il n'y a pas dans cette juridiction d'esprit de démission, c'est une juridiction de combat, d'élite", a déclaré Jean-Louis Nadal lors d'un point-presse, à l'issue d'une rencontre de près d'une heure avec une centaine de magistrats du tribunal réunis dans une salle d'assises. "Je constate la qualité d'engagement des magistrats qui sont ici. Bobigny est un laboratoire d'exemplarité en matière de lutte contre la délinquance", a insisté Jean-Louis Nadal, l'un des plus hauts magistrats de France.

"Qualité exceptionnelle"

Interrogé sur l'usage du mot "démission" (Nicolas Sarkozy avait accusé les magistrats de Seine-Saint-Denis de "démission" face à la délinquance, ndlr), Jean-Louis Nadal a répondu: "le mot 'regret' existe aussi dans le dictionnaire".
A la question "demandez-vous ses excuses", le haut magistrat a répondu: "je ne suis pas le Garde des Sceaux".

Jean-Louis Nadal a insisté sur la "qualité exceptionnelle" des deux chefs de la juridiction, le président du tribunal, Philippe Jannin, et le procureur de la République François Molins.
Il a ajouté qu'il avait pu mesurer, quand il était à la cour d'appel de Paris, que "le département de Seine-Saint-Denis est le plus dur à gérer en matière de lutte contre la délinquance".
"Je suis venu soutenir les magistrats pour leur dire surtout 'pas de démission, on garde le moral'!", a-t-il encore déclaré.

"Malaise des juges"

Jean-Louis Nadal a insisté sur l'idée qu'"un juge seul n'est rien, un policier seul n'est rien", en appelant à "un partenariat sans faille". Cette réaction suit celle de Guy Canivet, Premier président de la Cour de cassation, qui s'est vivement indigné jeudi matin dans un communiqué des "termes provocants" du ministre de l'Intérieur sur le fonctionnement de la justice.

Plus haut magistrat du siège, Jean-Louis Canivet a "demandé à être reçu par le Président de la République, garant de l'indépendance de la magistrature, pour lui exposer la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges dans une situation qui compromet l'exercice de la justice".
NOUVELOBS.COM | 21.09.06 | 18:25

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jeudi 21 septembre 2006, 18h51 "Trop c'est trop", les juges de Bobigny "écoeurés"

BOBIGNY (AFP) - "Furieux", "écoeurés": les magistrats de Bobigny sont sortis jeudi de leur réserve après les accusations de "démission" portées la veille à l'encontre de leur tribunal par le ministre de l'Intérieur. Pour autant, ils continuent à travailler.

"Trop c'est trop! On est tous furieux, écoeurés. Nicolas Sarkozy a une cible, Bobigny. Ses propos sont de la diffamation contre ce département et contre le tribunal". Fraîchement nommé à Bobigny, ce juge des libertés et de la détention (JLD), qui préside aussi des comparutions immédiates, ne décolère pas.

Fort de l'expérience de plusieurs années dans d'autres tribunaux, à Paris et en province(notedt, c'est nous qui soulignons), il constate qu'"il n'y a aucun laxisme des juges à Bobigny".

Dans les couloirs du deuxième tribunal de France, à l'abri des regards, loin des prévenus, ses collègues ne parlent plus que des "provocations de Nicolas Sarkozy". Les audiences, elles, se déroulent "comme d'habitude", fait remarquer un juge du siège.

"Il n'appartient pas à un ministre de l'Intérieur de contester des décisions de justice, il y a pour cela des voies de recours normales", s'indigne une magistrate, non syndiquée, du parquet. "Qu'il vienne nous voir travailler", "pendant qu'il parle, moi je bosse", ajoute-t-elle.

Le parquet de Bobigny a reçu 240.000 plaintes en 2005, et a apporté une réponse à 80,7% des affaires poursuivables, deux points au-dessus de la moyenne nationale.

En correctionnelle, 25 audiences se déroulent chaque semaine à Bobigny et 44% d'entre elles se finissent après 22 heures, a précisé mercredi le président du tribunal Philippe Jeannin à l'adresse de Nicolas Sarkozy, en rappelant le ministre à "la réalité quotidienne".

Les magistrats ont reçu jeudi la visite de "soutien", exceptionnelle, du procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal. "Il n'y a pas dans cette juridiction d'esprit de démission", a-t-il dit.

"Sa venue était nécessaire", commente une parquetière. Le juge des enfants Alain Vogelweith dit pour sa part avoir apprécié "que la hiérarchie se mobilise ainsi face au silence assourdissant du Garde des Sceaux".
Les juges de Bobigny pourraient manifester plus ouvertement leur indignation dans les jours qui viennent.
Certains ont aussi envie de débattre du fond, le traitement de la délinquance des mineurs. "Nicolas Sarkozy et son préfet nous présentent l'incarcération des mineurs comme étant un indicateur de performance de la justice. Moi je ne suis pas dans cette logique", déclare Hélène Franco, juge des enfants à Bobigny et vice-présidente du Syndicat de la magistrature.
Aujourd'hui, selon Mme Franco, "il faut 6 à 8 mois pour obtenir un premier rendez-vous avec un éducateur. Le jeune de 15 ans qui a besoin d'un suivi a le temps de s'enfoncer".
Yahoo.fr, actualités, jeudi 21 septembre 2006, 18h51

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02/10/2006 16:15 PARIS, 2 oct 2006 (AFP) - Sarkozy à la grande synagogue de Paris pour le Yom Kippour

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy se rendra lundi à 19H15 à la grande synagogue de Paris, à l'occasion de Yom Kippour, a annoncé l'Intérieur lundi après-midi.

En parallèle de la cérémonie, qui "se déroulera à huis clos", a-t-on précisé de même source, M. Sarkozy rencontrera Félix Loeb, président de la grande synagogue ainsi que le Grand Rabbin Gilles Bernheim.
la-Croix. com, 02/10/2006 16:15

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publié le vendredi 6 octobre 2006 Nicolas Sarkozy prône une révision de la stratégie nucléaire de la France

Sarkozy prône la rupture dans la politique étrangère.

Dans un long entretien accordé à la revue Le Meilleur des mondes, publiée jeudi, le président de l’UMP et candidat quasi-déclaré à l’élection présidentielle de 2007 se prononce notamment pour une révision de la stratégie nucléaire de la France dans le cadre d’une "actualisation nécessaire" de la politique de défense.

"Est-ce qu’il faut revoir notre stratégie nucléaire ? La réponse est sans doute oui, pour partie, dans le cadre de l’actualisation nécessaire de notre politique de défense", déclare M. Sarkozy dans cet entretien accordé aux philosophes Pascal Bruckner et André Glucksmann, à la dramaturge Yasmina Reza et à Michaël Prazan, professeur de lettres et journaliste.

"Aujourd’hui l’adversaire ce n’est plus l’empire soviétique qui n’existe plus, c’est le terrorisme et la prolifération qui prospèrent sur le chaos alimenté par les Etats défaillants et attisé par des Etats despotiques en rupture de ban avec la communauté internationale", fait valoir le ministre de l’Intérieur. Il observe également que l’Europe est aujourd’hui "soumise au risque des armes chimiques".

"Est-ce que nous sommes adaptés à cette nouvelle lutte ? Est-ce que notre stratégie est la bonne ? Est-ce que nos concepts doivent évoluer ? Le débat mérite d’être mené", poursuit M. Sarkozy.

Le président de l’UMP estime que "toute politique de défense crédible ne peut se construire que par une alliance -non exclusive d’autres partenaires- entre les Britanniques et les Français". La Grande-Bretagne et la France sont les seules puissances nucléaires européennes.

Nicolas Sarkozy s’inscrit cependant dans la continuité de Jacques Chirac quand il estime que la France "doit rester une puissance nucléaire et y consacrer les moyens financiers qui sont nécessaires".

En prenant position pour une révision de la politique nucléaire, M. Sarkozy brise un nouveau tabou dans sa course à l’Elysée. La dissuasion a toujours été en France un domaine réservé du chef de l’Etat. Jacques Chirac avait assuré le 19 janvier dernier lors d’une visite à la base de sous-marins nucléaires de L’Ile Longue (Finistère) que l’arme nucléaire était désormais adaptée aux nouvelles menaces que pourraient faire peser des Etats terroristes ou des puissances régionales.

Dans le même entretien, le président de l’UMP "conteste l’idée du domaine réservé", qui lui "paraît contraire à la démocratie". "Je conteste l’idée qu’un homme, quelle que soit sa fonction, demeure propriétaire de cette question", lance-t-il dans une autre provocation envers Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy récuse par ailleurs "la répartition théorique des tâches entre l’international, qui devrait échoir au président, et le national, qui serait l’affaire du Premier ministre". Ce dernier "doit soulager le président de la République d’un agenda international par définition extrêmement chargé".

Autre "rupture", le président de l’UMP refuse "la notion de secret ou de raison d’Etat", impossible à tenir selon lui dans le contexte de la mondialisation où "l’on sait tout et en temps réel".

Nicolas Sarkozy réaffirme son refus, exprimé récemment lors de son voyage très controversé aux Etats-Unis, d’une "France arrogante et pas assez présente" sur la scène internationale.

Il critique les relations personnelles nouées par Jacques Chirac avec les dirigeants chinois ou russe, dans lesquelles "on semble parfois prêt à échanger des principes contre la realpolitik".

"Je ne peux pas accepter qu’au prétexte d’avoir de bons rapports avec la Chine ou avec la Russie, on s’abstienne de dire ce que l’on pense à propos de références universelles qui ont fait la place de notre pays à travers le monde", accuse le président de l’UMP.

"La France doit porter des valeurs universelles, et la seule façon de les porter, c’est de les faire vivre", souligne M. Sarkozy.
Par AP, armees.com, publié le vendredi 6 octobre 2006

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11.10.06 | 08:57 L'évacuation du gymnase n'est pas encore terminée
Une trentaine de personnes ont passé une nouvelle nuit dans le gymnase, qui devait pourtant être entièrement évacué mardi.

L 'évacuation totale du gymnase de Cachan (Val-de-Marne), n'a pas pu être achevée mardi soir 10 octobre, comme prévu initialement.
Une trentaine d'ex-squatteurs a passé une nuit supplémentaire sur place. Selon Nasser Ramdane, président de SOS-Racisme en Ile-de-France, ces 34 personnes -en majorité des célibataires mais aussi quelques femmes avec enfants- étaient encore dans le gymnase à 3h30 mercredi. Nasser Ramdane a précisé que leur situation devait être examinée mercredi.

Mardi en début de soirée, sur une liste de quelque 400 personnes devant bénéficier d'un hébergement provisoire, il ne restait plus qu'une centaine d'occupants du gymnase.
L'évacuation s'est poursuivie mardi soir dans une ambiance tendue en raison de désaccords sur les lieux d'hébergement proposés, situés pour certains en grand banlieue parisienne.

Ancien bâtiment de la gendarmerie

Jusqu'au début de la nuit, le maire socialiste de la ville, Jean-Yves Le Bouillonnec, a parlementé avec les derniers occupants du gymnase afin de les convaincre d'accepter les hébergements qui leur avaient été proposés.

Ainsi, vers 1h30, un groupe de 18 personnes a finalement regagné Grigny (Essonne), d'où ils étaient revenus.

Un peu plus tôt, un autre groupe d'une trentaine de personnes, dont des enfants, ont été conduit dans un ancien bâtiment de la gendarmerie à Boissy-saint-Léger (Val-de-Marne), mis à disposition par le conseil général.

France Terre d'asile "a déjà hébergé plus de 400 personnes, soit au-delà du protocole d'accord", qui prévoyait 370 places, a fait valoir M. Le Bouillonnec. "On gère ceux qui sont encore là", a-t-il ajouté.

Cette opération d'évacuation entamée samedi, au lendemain de la signature d'un accord prévoyant l'hébergement de 370 personnes et le ré-examen au cas par cas des dossiers des sans-papiers, s'était poursuivie mardi dans la confusion, par à-coups.
Mardi soir, les accès au gymnase, où toutes les installations - "stand" restauration, tentes...- avaient été démontées et la majeure partie des matelas emmenée, étaient sévèrement contrôlés par les services de la ville pour éviter que des gens y pénètrent.

"Plus de place"

Le directeur général de l'association France Terre d'asile, Pierre Henry, qui a trouvé des solutions d'hébergement provisoire pour environ 300 personnes depuis samedi, a indiqué mardi soir qu'il n'avait "plus de place" et qu'il considérait avoir "rempli sa mission".
"Au-delà, il y a un problème que je ne sais pas gérer. Je vais d'ailleurs demander à mes équipes de se retirer", a-t-il dit à la presse en soirée. "Je n'ai plus de solution. Je n'ai plus de place. Il faut que le préfet réquisitionne, que le conseil général se mobilise", a-t-il ajouté.

L'évacuation a débuté samedi dernier dans la soirée, sous l'égide de l'association France Terre d'asile qui prend en charge l'ensemble des personnes en situation irrégulière qui figuraient parmi les occupants du gymnase, avec en priorité les femmes et les enfants.
Mardi, les employés municipaux de Cachan ont procédé au démontage de la cuisine improvisée et des bâches installées par l'association dans la cour attenante au gymnase. Une grande partie des matelas situés dans le bâtiment a également été retirée, et les employés municipaux barraient les entrées du bâtiment pour toute personne souhaitant y entrer à nouveau.

Les occupants qui ont accepté les hébergements provisoires proposés ont été relogés dans des centres d'accueil de France Terre d'asile, dans des foyers gérés par la Sonacotra ou encore dans des hôtels situés à Sartrouville (Yvelines), Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), Limay (Yvelines), Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), Stains (Seine-Saint-Denis), Créteil (Val-de-Marne), Montigny (Val d'Oise), Les Ulis (Essonne), Vincennes (Val-de-Marne) et Paris.

Des hébergements dans un foyer ont également été proposés à Porcheville (Yvelines), solution acceptée par une minorité de ceux auxquels elle était proposée, en raison de la distance avec Paris. Une mère de famille malienne expliquait ainsi que "travaillant tôt le matin et en début de soirée à Paris, il m'est impossible de partir aussi loin". (avec AP)
NOUVELOBS.COM | 11.10.06 | 08:57

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jeudi 19 octobre 2006, 18h24 Sarkozy promet les assises aux agresseurs de policiers, les magistrats indignés

PARIS (AFP) - Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, veut faire voter un amendement à son projet de loi sur la délinquance prévoyant de renvoyer les agresseurs de "policiers, gendarmes et pompiers devant les assises", une mesure jugée "démagogique" et "irréalisable" par les magistrats.

"Je ferai voter un texte dans mon projet de loi sur la prévention de la délinquance qui renverra devant les assises toute personne qui portera atteinte à l'intégrité physique des policiers, des gendarmes ou des sapeurs pompiers", a déclaré jeudi Nicolas Sarkozy à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine).

Il n'a pas précisé à partir de quelle gravité de l'agression débuterait cette criminalisation, tout en soulignant plusieurs "avantages", dont celui d'avoir "des jurés et donc le peuple français qui jugera".

Peu après, au Sénat, le Garde des Sceaux, Pascal Clément, a annoncé un durcissement des peines encourues par ceux qui, comme la semaine dernière à Epinay-sur-Seine, tendent des guet-apens aux policiers.

Une "infraction spécifique de violences volontaires sur agent de la force publique commise avec arme et en bande organisée" sera punie de 15 ans de réclusion, contre 10 aujourd'hui, ce qui revient à la criminaliser et donc à en traduire les auteurs devant une cour d'assises. "Nous espérons qu'ainsi il y ait une dissuasion par la gravité de la menace judiciaire", a expliqué M. Clément.

De plus, les auteurs de rébellion encourront un an d'emprisonnement, contre six mois actuellement, ce qui permettra, une fois la loi sur la délinquance votée, de traduire les mineurs en présentation immédiate.

Quant à ceux qui "appellent à l'émeute et qui incitent les habitants à s'opposer à l'action de la police", ils risqueront deux mois de prison, au lieu d'une simple amende, ce qui permettra de les placer en garde à vue. Cette formule vise notamment les majeurs qui poussent les mineurs à des actes de violences.

Pascal Clément a annoncé qu'il allait donner aux parquets des instructions de "grande fermeté", mais il n'a pas soufflé mot de l'annonce beaucoup plus large de Nicolas Sarkozy.

Celle-ci a reçu un accueil partagé chez les syndicats de police: Alliance (premier syndicat de gardiens de la paix) et Synergie (deuxième syndicat d'officiers) se sont dits "très satisfaits". Mais le Syndicat national des officiers de police (SNOP, majoritaire) a souligné la "fragilité" des jurés d'assises et la longueur des procédures, tandis que FO a estimé que l'arsenal en place était suffisant et qu'il vaudrait mieux "commencer par l'appliquer".

Les deux principaux syndicats de magistrats ont jugé "démagogique" et "irréalisable" la proposition Sarkozy.

"Cela aboutirait à ce que les cours d'assises ne puissent plus gérer les crimes, les choses graves", a estimé Dominique Barella, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire).

Cela renverrait aux assises "des milliers d'infractions puisque l'atteinte à l'intégrité physique commence actuellement par de toutes petites contraventions", a-t-il ajouté, en citant en exemple "le moindre frôlement, une personne qui se débattrait..."

Pour Hélène Franco, vice-présidente du Syndicat de la Magistrature (SM, gauche), "cette proposition est tellement irréaliste et démagogique qu'on a envie de ne pas y répondre".

Juge pour enfant au tribunal de Bobigny, elle cite un exemple d'infraction qu'elle voit souvent dans les banlieues: le jet de yaourts sur les policiers. "Réunir une cour d'assises pour ça, c'est proprement démagogique".
Yahoo.fr, actualités, jeudi 19 octobre 2006, 18h24, Par Jean-Louis PANY

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Futurs magistrats, nous refusons la logique Sarkozy. Non à une justice sous pression : 143 auditeurs sur 300 de l'Ecole de la magistrature de Bordeaux (1).
Libération, QUOTIDIEN : Mardi 24 octobre 2006 - 06:00

Auditrices et auditeurs de justice, nous souhaitons manifester notre vive inquiétude face aux propos tenus, à plusieurs reprises, par le ministre de l'Intérieur. Après avoir estimé qu'un juge de l'application des peines devait «payer pour sa faute», il a taxé de «laxisme» les juges des enfants du tribunal de grande instance de Bobigny, en dénonçant une «démission des juges», selon lui trop peu sévères.

Nous avons juré d'être dignes et loyaux. La loyauté envers notre fonction et l'Etat que nous servons nous impose de faire la plus juste application possible de la loi en usant de toutes les ressources qu'elle possède : en ce sens, l'emprisonnement n'est pas l'unique réponse pénale et le taux d'incarcération n'est pas la mesure de l'efficacité de la justice.

Le ministre de l'Intérieur ne saurait, pour porter de telles accusations, arguer de sa qualité de citoyen et invoquer sa liberté d'expression en utilisant la tribune que lui offre sa fonction. Son statut de ministre d'Etat et le devoir de loyauté qu'il implique se concilient mal avec la critique d'un service public régalien.

Le ministre de l'Intérieur ne peut exercer des pressions sur les magistrats pour tenter d'influencer leurs décisions. Si le ministère de la Justice et le ministère de l'Intérieur doivent collaborer dans la lutte contre la délinquance, une telle immixtion de celui-ci dans les affaires de celui-là constitue une atteinte grave aux principes démocratiques d'indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs.

Le ministre de la Justice nous a rappelé, lors de notre prestation de serment, la nécessité d'entretenir la confiance des citoyens dans la justice que nous allons rendre. Cette confiance peut-elle exister sans une défense vigoureuse des principes qui fondent notre mission ?

Futurs magistrats, nous exprimons notre soutien aux magistrats de Bobigny et à tous ceux qui agissent en faveur d'une justice plus sereine.

(1) Liste des 143 signataires :
Hélène ACQUIER, Anissa AIT OUARET JALADE, Ariane AMSON, Karima ANTAR, François ANTONA, Camille ASPEELE, Emilie AUBERT VIGLINO, Mathieu AURIOL, Myriam BAKLE'H, Victoria BARIGANT, Fabienne BASSET, Claire BERGER BOIVIN, Magali BERLIN, Antoine BERTHELOT, Mathieu BERTOLA, Juliette BEUSCHAERT, Wladis BLACQUE BELAIR, Violaine BOISSEAU, Clémence BONNIN, Alexandra BOUDET, Sonia BOUSQUEL, Patrick BOTTERO, Nicolas BRACONNAY, Sandrine BRANCHE, Hélène BUSSIERE, Céline CALAME, Félicie CALLIPEL, Marie CHABROLLE, Sara CHAUDIER, Alice CHERIF, Sara CHAUDIER, Stéphanie CLARINI, Jennifer CLERGEOT, Isabelle CONFORT, Caroline COUSTILLAS, Gaële CRENN, Cécile CUENIN, Sarah DA SILVA PINTO BULYCZ, Olivier DABIN, Louise DELCOURT, Emmanuelle DELERIS, Damien DESFORGES, Anne Laure DESHAYES, Sandra DESJARDIN, Adeline DIALO, Alexa DUBOURG, Céline DUCOURNAU, Fabienne DUPRAY, Delphine DURAND, Wilfrid ESPOSITO, Anne ETIENNE, Julien FAROBBIA, Anaïs FENARD, Julien FICARA, Cécile FLAMET, Aurélie FONTAINE, Sébastien FOURNIER, Anne GASTINEAU, Maud GAUTHIER, Nicolas GETTLER, Marina GRELET, Pierre GRINSNIR, Julie GUILLARME, Nathanaëlle GUILLON, Alice GUILLOUX, Gilles GUTIERREZ, Delphine HAUBENSACK, Joël HENNEBOIS, Frédérique IRAGNES, Nathalie JALLUT, Lise JAULIN, Leslie JODEAU, Nelly JOUSSERAND, Isabelle KAROLAK, Aline KLEIN, Edwige KOUASSI, Sophie LADOUES DRUET, Magali LAFOURCADE, Cécile LE GAC, Elise LEBAS, Cécile LEMOINE, Sandra LEROY, Marie LEYMARIE, Manon LIPIANSKY, Sandrine LISBERNEY, Pierre François LONG, Mathilde LOISEAU, Marie MARTINI, Jacques MARTINON, Stéphanie MARY, Aurore MATHIEU, Nicolas MAURY, Audrey MEGA, Yannick MENECEUR, Marie pierre MERLE LAPARRA, Catherine MICHALLET, Julie MOUSTROU, Sophie NOIR, Fabrice PARISI, Etienne PERRIN, Stéphanie PERRIN, Antoine PESME, Alice PICOT, Gérard PITTI, Caroline POMATHIOS, Mélanie RAINSART, Carole RAMET, Nicolas REGIS, Lydie REISS, Cécile RENOTON, Julien RICHAUD, Floriane ROBIN, Lucie ROBIN, Mathilde ROBIN, Chantal RUSSO, Guillaume SAINT CRICQ, Aurélia SCHAFF, Emilie SENDRAN, Julie SIRERE, Thibaud SOUBEYRAN, Séverine SYBE, Marie TERRADES, Marie TERRIER, Caroline THAUNAT, Amaria TLEMSANI , Fanny TOURNIER JUNG, Laure TOUTENU, Julie TRIPON, Anaïs TRUBUILT, Anne sibylle VAILLANT, Julie VERA, Elisabeth VERCRUYSSE, Nathalie VERGEZ, Alice VERGNE, Cécile VIANOT, Céline VIGUIER, Caroline VILNAT, Anaïs VRAIN, Marie WALAZYC, Lydie WAROLIN, Gregory WEILL, Cécile WOESSNER, Elise YAZEDJIAN RINAUDO.

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Bilan chiffré des émeutes de l'automne 2005. Source Libération du 24 octobre 2006 p. 2-3.

10 300 véhicules incendiés, coût estimé de 40 millions d'euros
300 entreprises et bâtiments publics détruits, coût estimé de 120 millions d'euros
5643 gardes à vue
422 condamnations à des peines de prison ferme
118 mineurs incarcérés sur 577 présentations aux juges des enfants

A Bobigny (Seine-Saint-Denis) : 122 jeunes majeurs déférés, 34,8% jugés innocents et relaxés

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vendredi 27 octobre 2006, 19h03 Un an après les émeutes, Nicolas Sarkozy rend hommage à la France "qui se lève tôt"

MENDE (AP) - Nicolas Sarkozy a passé vendredi le premier anniversaire du début des émeutes en banlieue en Lozère, au coeur de la France rurale. "Ce n'est pas parce que quelques voyous brûlent des bus (...) que je dois ne m'occuper que de ces voyous", a expliqué le ministre de l'Intérieur à Rieutort-de-Randon.

"Pour moi, il n'y a pas d'anniversaire. Ce n'est pas parce qu'ici, on ne casse rien et qu'on travaille dur, qu'on n'a pas des souffrances, des demandes, des inquiétudes, des besoins et des aspirations: désertification, accès Internet, services publics, agriculture", a ajouté le président de l'UMP, qui avait coiffé pour l'occasion sa casquette de ministre de l'Aménagement du territoire.

Nicolas Sarkozy a commencé sa journée au café Magne de Rieutort-de-Randon, sous un soleil printanier. Interrogé par des buralistes, inquiets du projet de loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il a rappelé qu'il était "favorable à cette mesure" du gouvernement Villepin tout en prônant une "tolérance" pour les débits de tabac, "qui jouent un rôle social notamment dans des bourgs de quelques centaines d'habitants".

"Interdire de fumer dans les endroits où l'on vend du tabac c'est quand même curieux", a jugé le ministre qui s'est dit "contre les règles rigides qui s'appliqueraient partout sur le territoire de la République".

Revenant sur les 35 heures, il a rappelé le choix qui, selon lui "s'offrira aux électeurs en 2007: nous voulons donner la possibilité de travailler plus pour gagner plus, la gauche reste de son côté sur une rigidité du temps de travail."

Après un passage éclair à la charcuterie, au point Poste et au centre multimédia, il s'est vu remettre par le député-maire UMP Francis Saint-Léger un GPS et un bâton de pélerin, deux cadeaux symboliques dans la perspective de l'élection présidentielle. "Mon plus beau cadeau, c'est d'être ici", a-t-il lancé. "Je me sens en harmonie avec les habitants, je partage vos valeurs: travail, humilité face aux saisons, solidarité familiale et à l'intérieur des villages, attachement à une terre, un histoire, un pays".

Nicolas Sarkozy a ensuite signé le pôle d'excellence rurale "Valorisation du lait des montagnes de Margeride", sacrifiant au rituel des caresses aux vaches. Au pas de charge, il s'est ensuite rendu sur le chantier du pôle médico-chirurgical du Gévaudan à Marvejols, où il a de nouveau insisté sur la valeur travail. "On ne donne pas assez à ceux qui veulent s'en sortir, et trop à ceux dont la seule idée est d'empoisonner la vie des autres", a-t-il affirmé sous les applaudissements, dans ce département historiquement ancré à droite.

Au centre hospitalier de Mende, il a abordé les enjeux futurs de la ruralité: maintien des services publics, désenclavement par le biais des nouvelles technologies (téléphonie mobile et Internet haut débit), accroissement de la valeur ajoutée des productions (laitières, forestières) par l'image de marque, les labels de qualité et les services associés, regroupement des médecins pour pallier la sous-médicalisation actuelle des zones rurales.

Avec 75.000 habitants, la Lozère est le département le moins peuplé de France. Mais depuis le recensement de 1999, elle ne perd plus d'habitants. AP
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30 octobre 2006 "Salopards" : Sarkozy répond à Fabius

Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'intérieur s'indigne qu'on lui reproche d'avoir employé le terme "racaille", alors qu'au sujet de l'incendie du bus de Marseille, Laurent Fabius appelle à "vraiment tout mettre en oeuvre pour retrouver ces salopards" et les "châtier".

Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur s'est indigné lundi 30 octobre qu'on lui ait reproché l'usage du terme "racaille" il y a un an, quand le socialiste Laurent Fabius a appelé la veille à trouver "les salopards" qui ont incendié un bus à Marseille. Commentant "les insultes de Laurent Fabius", pendant le week-end, Nicolas Sarkozy a dit: "Quand je pense qu'on a contesté dans ma bouche le mot racaille, quand je vois les propos de M. Fabius, faut qu'il se calme, ce sont des affaires sérieuses!". Laurent Fabius, candidat à l'investiture PS pour la présidentielle, a déclaré dimanche qu'il fallait "vraiment tout mettre en oeuvre pour retrouver ces salopards" et les "châtier".

Critiquant encore "le grand débat" au PS entre "ceux qui me demandent de retirer les CRS et ceux qui me demandent de les maintenir", le ministre de l'Intérieur a ironisé: "Heureusement que le matin en me levant, quand je dois savoir ce que j'ai à faire, je ne les entends pas".

"Le débat sur la police de proximité est un débat ridicule", a-t-il réaffirmé, puisque c'était une police "qui était présente pour faire de l'îlotage entre 9 et 16 heures, c'est-à-dire aux heures où il ne se passe rien".
NOUVELOBS.COM | 30.10.06 | 14:58

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30.10.06 | 07:10 Incendie du bus à Marseille: des mineurs parmi les coupables, selon Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) -- Nicolas Sarkozy a annoncé lundi des avancées dans l'enquête pour retrouver les auteurs de l'incendie d'un bus samedi soir à Marseille, dans lequel une jeune femme a été très grièvement brûlée.

Interrogé sur Europe-1, le ministre de l'Intérieur a précisé que des mineurs se trouvent parmi les responsables présumés de cet acte. "Un énorme travail a été fait depuis que cet acte criminel, inadmissible, inacceptable et qui ne restera pas sans réponse a été commis". "J'ai bon espoir que dans les tout prochains jours, il y ait des éléments nouveaux", a dit le ministre en refusant d'entrer dans le détail mais précisant simplement que des mineurs sont impliqués dans cet acte.

"Ceux qui sont capables d'entrer dans un bus, de jeter de l'essence, de mettre le feu, quel que soit leur âge, doivent rendre compte d'un acte criminel. Nous avons des éléments qui nous permettent de penser qu'il y a, parmi les auteurs, des mineurs", a ajouté M. Sarkozy. Interrogé sur les raisons de ce geste, le ministre a répondu: "il faut en finir avec cette culture de l'excuse permanente qui consiste à tout expliquer avant de tout excuser": "mettre le feu à un bus, briser la vie d'une jeune femme; il n'y a aucune explication, il n'y a aucune excuse et rien ne saurait justifier un acte barbare", a encore M. Sarkozy en demandant à nouveau la révision de l'ordonnance de 1945 sur les mineurs. AP
AP | 30.10.06 | 07:10

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mardi 31 octobre 2006, 12h13 Bus incendié: cinq mineurs interpellés dans les quartiers nord de Marseille

MARSEILLE (AP) - Cinq mineurs âgés de 15 à 17 ans ont été interpellés et placés en garde à vue mardi matin à Marseille dans le cadre de l'enquête sur l'incendie du bus qui a grièvement brûlé une étudiante de 26 ans, a-t-on appris de sources policières.

Les policiers, la plupart en civil, ont participé dès 6h du matin à une opération dans les cités voisines du lieu de l'attaque du bus 32 de la RTM (Régie des transports marseillais). Interpellés dans les cités des Oliviers, des Lauriers et des Lilas, les suspects étaient connus des services de police pour des affaires de violences, dégradations, outrages et des petites affaires de stupéfiants, affirmait-on de sources policières.

Jacques Beaume, procureur de la République, a précisé lors d'un point presse que "la qualification sur laquelle travaillent les enquêteurs est une qualification criminelle d'incendie volontaire ayant entraîné soit des incapacités de travail de 7, 8 ou 10 jours, soit surtout pour la victime la plus gravement atteinte, mutilation ou infirmité permanente".

Les auteurs présumés du guet-apens de samedi soir résideraient dans ces quartiers populaires du nord de Marseille où l'opération policière a duré moins d'une heure mardi matin.

Mama Galledou, une étudiante franco-sénégalaise de 26 ans, a été brûlée à 62% lors de l'attaque du bus dans le quartier Saint-Jérôme. Dans un coma artificiel, elle est toujours sous assistance respiratoire. "Le pronostic vital est toujours réservé", a précisé mardi l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille. La jeune femme se trouve à l'hôpital de la Conception.

Interrogé sur Europe-1, le ministre de Transports Dominique Perben a insisté mardi matin sur les moyens mis en oeuvre pour retrouver rapidement les auteurs présumés de cette attaque: "Ce qui était très important c'est que nous mettions tous les moyens pour retrouver les auteurs présumés de ce crime abominable".

"Les policiers, le procureur de Marseille, tout le monde s'y est mis, les moyens scientifiques et techniques, l'appel à témoins, qui a été très important". A la question de savoir si des témoignages de voisins avaient permis ces interpellations, le ministre a répondu: "probablement". AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 31 octobre 2006, 12h13

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vendredi 10 novembre 2006, 13h01 L'homme qui a tué un cambrioleur remis en liberté

PARIS (Reuters) - La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a ordonné la remise en liberté sous contrôle judiciaire d'un habitant de Nogent-sur-Marne placé en détention pour le meurtre d'un homme qui l'avait agressé à son domicile le 27 octobre.
Le président de la chambre, statuant seul en "référé" (urgence), a suivi les réquisitions du parquet général. Ce dernier estime que la détention de René Dahan ne se justifie plus, l'enquête ayant permis de mieux cerner son rôle.

Ce dossier a provoqué une polémique jeudi entre le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui demandait la remise en liberté de cet homme, et le monde judiciaire et la gauche d'autre part qui dénonce "l'exploitation" d'un fait divers.

Vendredi à l'audience, le député UMP Nicolas Dupont-Aignan, candidat déclaré à la présidence pour 2007, s'est rendu à la cour d'appel pour soutenir René Dahan et demander sa libération. "C'est un injustice insupportable qui symbolise le dérèglement de notre société", a-t-il à la presse.
Devant la salle d'audience, le père du cambrioleur tué et le frère de René Dahan se sont étreints, très émus, déclarant qu'ils étaient tous deux victimes de cette affaire.

Confronté à trois agresseurs surgis à son domicile à Nogent sur Marne (Val de Marne) le 27 octobre, René Dahan, directeur commercial dans une entreprise textile, a provoqué la mort de l'un d'entre eux en ouvrant le feu sur lui, grâce à une arme qu'il lui avait arrachée.
L'homme est mort après être tombé par la fenêtre. Les deux autres agresseurs ont pris la fuite avant d'être arrêtés ensuite et écroués pour "tentative de vol avec arme".

Le parquet de Créteil a requis et obtenu initialement l'incarcération de René Dahan dans le but d'éviter toute concertation entre lui et son épouse sur leur récit des faits, et pour protéger René Dahan du fait que ses agresseurs étaient en fuite.
Ce dernier demeure mis en examen pour "homicide volontaire". L'enquête devra établir les circonstances exactes du crime. Le parquet général écarte en l'état la notion juridique de "légitime défense" qui suppose un "péril imminent" et une "riposte proportionnée à l'attaque". /TL
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14.11.06 | 17:19 Nicolas Sarkozy reçu "en ami" par Abdelaziz Bouteflika

ALGER (Reuters) - Nicolas Sarkozy a conclu une visite de deux jours en Algérie par une rencontre avec Abdelaziz Bouteflika qualifiée d'amicale par le président algérien. "J'ai reçu Nicolas Sarkozy en tant qu'ami, et en tant que ministre d'Etat ministre de l'Intérieur", a déclaré Abbdelaziz Bouteflika qui, à cette occasion, a cherché à rassurer sur son état de santé.

"C'est vrai que j'étais très malade, mais aujourd'hui je vais beaucoup mieux", a-t-il dit à l'issue de l'entretien, tout en laissant transparaître son agacement face aux rumeurs circulant sur sa condition.

"Arrêtez de poser des questions sur ma santé", s'est ensuite exclamé le président algérien, dont la question de l'état de santé est rarement évoquée en public par les responsables algériens.

L'entretien de Nicolas Sarkozy avec Abdelaziz Bouteflika constituait le point d'orgue de la visite du président de l'UMP, qui a cherché à pacifier le climat entre Paris et Alger tout en peaufinant sa stature d'homme d'Etat dans l'optique de l'élection présidentielle française, pour laquelle sa candidature est plus que probable.

Lundi, Nicolas Sarkozy a annoncé avoir obtenu de l'Union européenne la suppression de la consultation européenne préalable à la délivrance d'un visa de séjour pour les Algériens désireux de venir en France.

Cette décision permettra de raccourcir de 15 jours les délais d'obtention du visa, qui peuvent atteindre actuellement des semaines, voire des mois et suscitent une forte irritation côté algérien.

Une telle mesure devrait également être bien accueillie par le million de Français d'origine algérienne qui seront appelés aux urnes au printemps prochain.

VISITE A TIBHÉRINE

Au cours de sa visite, le numéro deux du gouvernement français a alterné les gestes en direction des Algériens, en déposant une gerbe au monument des Martyrs de la guerre d'indépendance, et en direction des anciens de l'Algérie coloniale, en se recueillant au cimetière chrétien de Saint-Eugène.

Il a aussi recherché le consensus en se rendant au monastère de Tibhérine, à 70 km au sud d'Alger, pour rendre hommage aux sept trappistes français enlevés puis égorgés par des activistes islamistes en 1996, au plus fort de la guerre civile.

"Les sept moines trappistes n'étaient que des hommes de paix qui ne demandaient que de respecter leurs frères, musulmans, et vivre en paix", a-t-il déclaré sur place.

Les autorités algériennes n'ont toutefois pas obtenu du ministre de l'Intérieur une condamnation de la colonisation, que les responsables à Alger exigent avec insistance de Paris avant toute signature d'un traité d'amitié entre les deux pays.

Le ministre algérien de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, a jugé à cet égard qu'un tel traité, maintes fois annoncé et maintes fois repoussé, n'était pas encore d'actualité. "Je crois, et c'est mon avis personnel, que compte tenu des contingences actuelles, le moment n'est pas favorable pour signer le traité", a dit le ministre, qui s'est entretenu lundi avec son homologue français.

"Il y a encore des efforts à faire pour créer un consensus le plus large possible", a-t-il estimé, ajoutant qu'il partage l'avis de Nicolas Sarkozy "lorsqu'il dit qu'il vaut mieux encore construire, parce que l'amitié ne se décrète pas".

Le projet de traité d'amitié entre la France et l'Algérie, devait intervenir à l'origine à la fin 2005, mais il a été plusieurs fois reporté en raison des points de friction subsistant entre les deux pays.

Alger avait à l'époque vivement réagi à l'adoption par les députés français, en février 2005, d'une proposition de loi relative à l'indemnisation des rapatriés, dont l'article IV reconnaissait le "rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".

La mention a été abrogée par décret en février dernier mais, ce week-end, Alger a une nouvelle fois conditionné l'amélioration des relations à la reconnaissance par Paris des crimes commis pendant les 130 années de colonisation.
lenouvelobs.com, par Zohra Bensemra, Vendredi 17 novembre 2006 - 17h57, REUTERS | 14.11.06 | 17:19

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AP | 18.11.06 | 15:13 Plusieurs centaines de personnes défilent contre la loi Sarkozy

PARIS (AP) -- Plusieurs centaines de personnes manifestaient samedi à Paris à l'appel d'associations, de syndicats et de partis de gauche, pour dénoncer le projet de loi Sarkozy de prévention de la délinquance, un texte considéré comme "liberticide" par ses détracteurs.

Les manifestants, qui répondent à l'appel de la FSU, de la CGT, de la Ligue des droits de l'homme (LDH), de la LCR, ou encore du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), ont quitté la place d'Italie peu après 14h et doivent défiler jusqu'aux abords de l'Assemblée nationale.
"Retrait du projet de loi. Prévention, éducation, oui! Répression, délation, non!", peut-on lire sur la banderole en tête du cortège. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 18.11.06 | 15:13

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22.11.06 | 09:43 Sarkozy offre un "super ministère" à Hulot

Selon Le Parisien, Nicolas Sarkozy a proposé au militant écologiste un "super-ministère du Développement durable".

Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a proposé à Nicolas Hulot un "super-ministère du Développement durable", selon Le Parisien paru mercredi 22 novembre. Le ministre de l'Intérieur a rédigé une lettre dans laquelle il affirme adhérer aux propositions écologiques du présentateur de TF1.
Au verso de cette lettre, il invite Hulot et le comité de veille écologique à rejoindre l'éventuel futur gouvernement. Selon le quotidien, Nicolas Sarkozy offre à Nicolas Hulot un "super-ministère du Développement durable avec une responsabilité des transports, du logement, de l'équipement, du risque industriel et de l'énergie sous le signe de l'environnement".

Au téléphone avec Royal et Hollande

"Il aurait un levier formidable sur tous les grands corps d'Etat", comme la Direction départementale de l'équipement (DDE) ou la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire), explique au Parisien Nathalie Kosciusco-Morizet, la "Madame écologie à l'UMP".
Celle-ci avait tenté en 2002 et 2004 de faire entrer Hulot au gouvernement, une proposition qu'il avait par deux fois refusée.
Depuis un an, le parti entretient d'étroites relations avec le militant écologiste.
Nicolas Hulot a aussi, toujours selon Le Parisien, des entretiens téléphoniques réguliers avec Ségolène Royal et François Hollande.
NOUVELOBS.COM | 22.11.06 | 09:43

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28.11.06 | 14h26 Face à "l'effet Royal", M. Sarkozy cherche un second souffle (François de la Brosse, recommandé par Cécilia Sarkozy, a provoqué un malaise)

C'était pourtant l'objectif. En s'invitant, le 23 novembre au 20 heures de Patrick Poivre d'Arvor sur TF1, Nicolas Sarkozy s'était promis de rectifier son image autoritaire et cassante.
Seulement voilà, il n'a pu s'empêcher de "sécher" son interlocuteur en évoquant l'interview réalisée par le journaliste, quelques jours auparavant, avec Ségolène Royal, "enfin, si on peut appeler ça une interview", a lancé en direct le ministre de l'intérieur.

C'était aussi l'objectif ce 16 novembre, date du conseil national de l'UMP : faire vivre le débat, inviter à l'expression de toutes les sensibilités.
Au final n'ont été retenues que les images d'un Sarkozy vociférant à l'adresse de Michèle Alliot-Marie, coupable de critiques trop appuyées. Sa diatribe passée, le président de l'UMP a dépêché deux députés en salle de presse. Leurs rapports ne l'ont pas rassuré : "Les journalistes de gauche t'ont trouvé agressif, ceux de droite sont dubitatifs." M. Sarkozy a su qu'il en avait trop fait. "Je sais que mon pire ennemi c'est moi-même", a-t-il confié un jour à un de ses interlocuteurs.

Depuis, il rame... A cinq mois du premier tour de la présidentielle, il sait que chaque erreur se paye cash. Ni l'effet de la primaire socialiste dans la montée en puissance de Mme Royal ni les conséquences de sa "sortie" contre "MAM" n'ont été anticipés. Le voilà contraint de confier à Jean-Pierre Raffarin l'organisation à la va-vite de trois forums régionaux, en décembre, pour mettre en scène le débat à l'intérieur de l'UMP.
D'autant que toutes les remarques sur son inappétence pour le dialogue ne viennent pas que de ses adversaires. "Il a du mal à aller au-delà du cercle de ses amis", se plaint parfois le président du groupe UMP, Bernard Accoyer. "Il reste un solitaire, explique un de ses conseillers politiques. Il a du mal à passer du statut de rebelle à celui de rassembleur."

Mais comment se réformer ? Parfois, il se permet encore un "Je vais les niquer !" à l'adresse des chiraquiens. Il laisse déborder son mépris contre Dominique de Villepin : "Cette fois, il est mûr !", lâche-t-il devant un petit groupe de députés alors qu'il sort d'une explication houleuse avec le premier ministre.
Dans le huis clos du petit-déjeuner de la majorité, le mardi matin, l'atmosphère est lourde. Sûr de rien ni de personne, il s'attend au pire de ses ennemis. "C'est une question de confiance", a-t-il lâché un jour à M. de Villepin qui lui demandait d'abandonner son poste de président de l'UMP quand il serait candidat.

"Il ne laisse rien passer, raconte un élu. C'est dans sa nature." Le parlementaire villepiniste Hervé Mariton peut en témoigner. Alors que le livre du ministre de l'intérieur, Témoignage (éditions XO), est en passe de devenir le best-seller de l'été, M. Sarkozy appelle directement le député de la Drôme qui, dans Le Parisien, a osé expliquer que cet ouvrage "n'était pas à la hauteur".
Furieux, M. Sarkozy lui lance : "Qu'est-ce que tu dirais si j'allais chez toi pour dire que tu n'es pas à la hauteur ?"

Nerveux ? Pas rassuré en tout cas. Ses proches eux-mêmes ne sont pas sans subir ses foudres. Certains conseillers sont remis, sans ménagement, à leur place, priés par le "patron" de s'occuper davantage des élus, de la presse ou du parti. Les parlementaires sont désormais dûment briefés avant leurs interventions. Même les amis de plus de vingt ans ne sont pas épargnés : "J'aimerais que Brice soit un peu plus politique et un peu moins ministre des collectivités locales", a-t-il glissé un jour à l'adresse de son principal conseiller, Brice Hortefeux.
"Bref, personne n'est heureux", dit un familier de la Place Beauvau. Les prochains sondages sont attendus avec un peu d'angoisse. Chacun anticipe "un trou d'air" pour le candidat de l'UMP, consécutif à la désignation officielle de la candidate socialiste. Le découragement pointe : "Les Français ont élu deux fois Chirac, ils pourraient bien élire Royal", se désole un conseiller.

L'articulation entre les différents rouages de la campagne - élus, parti, communication - tarde à trouver son harmonie.
L'arrivée d'un nouveau communicant, François de la Brosse, recommandé par Cécilia Sarkozy, a provoqué un malaise.
Son slogan - "Sarko j'y crois" - a été jugé "inepte". Dans l'entourage du ministre, les débats sont parfois vifs. Faut-il organiser la campagne à l'UMP ou s'en affranchir ? Faut-il s'arc-bouter sur la "rupture" ou s'affilier à une forme de continuité chiraquienne ? Faut-il quitter le gouvernement ou tenir la place ?

Pour l'heure, M. Sarkozy laisse ces questions sans réponse. Au risque de laisser la cacophonie s'installer. Le programme législatif de l'UMP porte la marque de cette ambivalence. Trop libéral pour les centristes, trop social pour les libéraux. Pour l'heure, chacun feint de s'en contenter, repoussant à plus tard l'étalage de ses états d'âme.
Autre question ouverte : la forme que prendra le congrès du 14 janvier. Prévu pour être "modeste", il affiche désormais l'objectif d'être le plus grand rassemblement jamais mis en scène par un parti.
Commentaire d'un député sceptique : "Un congrès à 80 000 personnes ? Jamais on n'a réussi a réunir autant de monde dans un même lieu. Cela sert juste à le rassurer."
Le Monde, Philippe Ridet, Article paru dans l'édition du 29.11.06. LE MONDE | 28.11.06 | 14h26 • Mis à jour le 28.11.06 | 14h26

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30 novembre 2006 Sarkozy candidat de «la rupture tranquille»

Scoop : Nicolas Sarkozy est candidat à la présidentielle. La candidature du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP a été annoncée hier de manière rocambolesque. Elle devait être rendue publique ce matin dans une interview de l'intéressé à plusieurs journaux régionaux, à l'image de Jacques Chirac qui s'était porté candidat dans La Voix du Nord en 1995. Mais la presse régionale s'est fait voler la politesse par Libération, qui a publié hier soir en avant-première l'interview sur son site Internet.

Dans cet entretien, Sarkozy indique que sa décision a été « mûrement réfléchie ». Celui qui ne cache pas ses ambitions depuis bientôt quatre ans affirme pourtant que sa candidature « n'était pas évidente ». « C'est le choix d'une vie », explique-t-il. Détournant le slogan du rêve américain, le chef de l'UMP veut « faire de la France le pays où tout peut devenir possible ».

Concernant le cumul des mandats, le ministre-président de l'UMP- candidat refuse pour l'instant de lâcher les siens. S'il annonce qu'il ne sera « plus ministre au moment de l'élection », Sarkozy explique qu'il est encore « trop tôt » pour quitter le gouvernement. Il préfère attendre que l'UMP ait « décidé de [le] soutenir ». Un vote par Internet est prévu dans le parti pour départager les éventuels candidats – dont Michèle Alliot-Marie ou Dominique de Villepin – avec clôture du scrutin le 14 janvier 2007, date du congrès de l'UMP. Un vote qui pourrait ne pas tout régler pour autant, Jacques Chirac laissant planer le doute d'une troisième candidature au premier semestre 2007. Hier soir, Dominique de Villepin a minimisé l'impact du vote de l'UMP et ce faisant de la candidature Sarkozy, estimant qu'« une élection présidentielle, c'est la rencontre entre un homme et un peuple ».

Face à la gauche, Nicolas Sarkozy estime que « le PS a choisi l'immobilisme » en désignant Ségolène Royal. Il lâche un « je veux une rupture tranquille » aux accents mitterrandiens et reprend les propos du socialiste strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis pour railler « l'ordre juste » de Royal qui, à ses yeux, est « juste de l'ordre ».

Par rapport à Jacques Chirac, Sarkozy se fait plus offensif, souhaitant à l'avenir « un président responsable ». Un pavé dans la mare de l'immunité chiraquienne vis-à-vis des affaires. Le président fêtant hier ses 74 ans, Sarkozy lui souhaite d'« être heureux ». Pas sûr qu'une victoire du ministre en 2007 soit le cadeau rêvé pour le chef de l'Etat.
Bastien Bonnefous, 20 Minutes | édition du 30.11.06

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lundi 4 décembre 2006, 15h08 Christine Boutin conseiller politique de Nicolas Sarkozy

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a intégré à son équipe la députée Christine Boutin, qui a renoncé à présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2007, a annoncé lundi une porte-parole du parti.

"Christine Boutin rejoint l'équipe politique rapprochée de Nicolas Sarkozy avec le titre de conseiller politique", a dit Valérie Pécresse lors d'un point de presse.

"Nous estimons que son humanisme social a toute sa place dans la palette des sensibilités de l'UMP et qu'elle doit s'exprimer au plus près du président du mouvement."

Christine Boutin a fait savoir qu'elle soutiendrait désormais la candidature de Nicolas Sarkozy.
Yahoo.fr, actualités, lundi 4 décembre 2006, 15h08

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Sarkozy, «candidat naturel des électeurs juifs»
En France comme en Israël, le ministre de l'Intérieur met en avant sa lutte contre l'antisémitisme.

Il y a deux ans tout juste, Nicolas Sarkozy débarquait aux côtés de son épouse Cécilia pour une visite de quarante-huit heures en Israël. Déjà tout entier tourné vers son rêve élyséen, le tout nouveau patron de l'UMP d'alors (sans fonction ministérielle) était venu recevoir, avec des fastes dignes d'un chef d'Etat, la bénédiction des plus hautes autorités du pays, toutes sensibilités politiques confondues. Le message de Nicolas Sarkozy était simple : s'il est élu à l'Elysée, ce sera la fin du dogme gaulliste de «la politique arabe de la France» .

Rupture.
A sa sortie d'un entretien avec Ariel Sharon, le Premier ministre israélien de l'époque lui avait publiquement lancé : «Je suis certain que vous avez bien conscience de faire partie de nos amis.»
Une petite phrase destinée à montrer que Sarkozy, à ses yeux, incarnait bien une vraie rupture avec Jacques Chirac.
Même le dirigeant travailliste et prix Nobel de la paix Shimon Peres avait jugé «très important» de rencontrer le futur candidat de l'UMP à la présidentielle, estimant qu'à travers lui, il «faut regarder l'avenir» .
En Israël, Nicolas Sarkozy était également venu tirer les dividendes de sa politique menée au ministère de l'Intérieur après une série d'actes antisémites auxquels la gauche, sous Lionel Jospin, n'avait pas su répondre avec force. De même, il entendait montrer à la communauté juive française, qu'il travaille avec un soin tout particulier depuis le début de sa carrière, qu'Israël misait vraiment sur lui pour tourner une page de ses si complexes relations avec la France.
Lors de ce voyage, il confiait à Libération , depuis l'esplanade des mosquées, vouloir «bien évidemment se rendre très bientôt dans les territoires palestiniens» . Il avançait la date de «février ou mars 2005» . Il ne s'y est finalement jamais rendu.

Aujourd'hui, les sarkozystes sont persuadés que, très majoritairement, le vote juif, si tant est qu'il existe, leur est acquis.
Dans le quotidien israélien Haaretz , le ministre de l'Aménagement du territoire, Christian Estrosi, assurait, fin novembre, que «Sarkozy est le candidat naturel des électeurs juifs» . Pour enfoncer le clou et marquer les esprits chez les juifs français, François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a insisté ce week-end sur les «fautes» de Ségolène Royal au Proche-Orient (lire page 2). Il a dénoncé sa rencontre «avec un membre du Hezbollah, organisation qui prône la destruction d'Israël, qui a provoqué et mené la guerre contre Israël» . De même, il a rappelé à propos du Hamas (que Royal a hésité à rencontrer) qu'il s'agit d'une «organisation terroriste, qui appelle à la destruction d'Israël et qui retient en outre un otage franco-israélien, le jeune Gilad Schalit» .

Hyperréactif.
Catholique qui laisse volontiers rappeler que sa mère est originaire (de par son père) d'une famille juive de Salonique, Nicolas Sarkozy est une «véritable star chez les juifs de France» , a coutume de dire Patrick Gaubert, député européen UMP et président de la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme).

La mairie de Neuilly a été pour lui un formidable point d'ancrage pour tisser des liens solides avec la communauté.
Jamais il ne rate une fête à la synagogue ni la célébration de mariages civils de couples juifs dont les familles sont influentes.
Au dîner annuel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), il est systématiquement acclamé, y compris par des sympathisants de Hachomer Hatzaïr, organisation sioniste classée à gauche.
Depuis son arrivée au ministère de l'Intérieur, il s'est montré hyperréactif après chaque acte antisémite, n'hésitant pas à se rendre sous l'oeil des caméras au chevet des victimes. A chaque fois, il a multiplié les déclarations chocs en promettant par exemple «la double tolérance zéro en matière d'antisémitisme et de racisme» .
Il a par ailleurs reçu des dizaines de présidents d'associations juives de province à son ministère en leur assurant que leur communauté serait tout particulièrement protégée.
En 2003, le centre Simon-Wiesenthal lui a remis son prix.
Et David Harris, directeur du très influent American Jewish Committee, qui l'a reçu aux Etats Unis en 2004, voit en Sarkozy «un homme de charisme, de vision, de courage, de dynamisme» . Bref, comme le dit un membre de sa garde rapprochée, «côté juif, il est blindé» .
Libération, 4 décembre 2006, p. 4, Par Antoine GUIRAL QUOTIDIEN : lundi 4 décembre 2006

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LE MONDE | 28.11.06 | 15h23 • Mis à jour le 28.11.06 | 15h23 Nicolas Sarkozy, considérations généalogiques
LES SARKOZY, UNE FAMILLE FRANÇAISE de Pascale Nivelle et Elise Karlin. Calmann-Lévy, Paris, 2006.

Nicolas Sarkozy a toujours affirmé qu'il avait subi son enfance plus qu'il ne l'avait vécue. Ce livre - un des plus passionnants qui ait été écrit récemment sur le président de l'UMP - vient lui rappeler d'où il vient. Quelle généalogie, quelle époque, quels secrets de famille l'ont façonné. "Parce que raconter une famille, c'est une manière de parler de lui", écrivent Pascale Nivelle et Elise Karlin, on lira ce livre avec cette interrogation : Sarkozy perçait-il déjà sous Nicolas ?

Mais, au-delà de ce qu'il apporte à la connaissance de la psychologie du ministre de l'intérieur, Les Sarkozy : une famille française est d'abord une plongée dans les origines du futur candidat à la présidentielle. C'est aussi l'occasion de faire revivre l'atmosphère d'une époque - les années 1950-1960 à coups de petites notations suscitant la nostalgie des actualités Pathé-Journal.

D'abord il y a le père.

Incroyable personnage dont l'identité à tiroirs et les zones d'ombre empruntent à un personnage de Modiano. Un nom de prince parsemé de trémas - Pal Istvan Ernö Särkösy Nagybocsaï - et une destiné qui le voit passer de l'état de quasi-paria quand il débarque à Paris en 1946 (après avoir brièvement pensé à devenir légionnaire) à une aisance frelatée. Il a pour lui un charme, le culot de ceux qui, partis de rien, estiment que rien ne leur est impossible. Flambeur et flamboyant, il charrie avec lui un impossible accent, roule les "r" comme un chauffeur de taxi russe, bluffe les hommes par son assurance et les femmes par son charme slave. Doté d'un petit don pour le dessin et de bagout, il a un avenir tout tracé : il deviendra publicitaire.

Mais, sur son passé douloureux et plein de fureur, il tire un rideau quand il arrive en France. On ne saura pas quel fut son parti dans ces années troubles qui virent la Hongrie céder à la collaboration avec l'Allemagne nazie. Il a fui le communisme. Voilà pour l'histoire officielle.

De l'autre côté, il y a la mère, Andrée Mallah.

Cette fois c'est jusqu'à Salonique qu'il faut aller pour retrouver les racines de cette famille juive. Le père d'Andrée, Benedict, est médecin converti au catholicisme. Sur cette judéité aussi, un rideau a été tiré. Séduit par Pal, Benedict ne retient pas sa fille de l'épouser. Trois enfants naîtront - Guillaume, Nicolas et François -, qu'il hébergera dans son hôtel particulier de la rue Fortuny, à deux pas du parc Monceau.

Au début des années 1960, le couple divorce.

Nicolas Sarkozy garde une blessure profonde de cette période. La mère et les enfants se sentent soudain déclassés socialement et marginalisés dans leur milieu, où le divorce est tout à la fois une exception et une faute. Désormais, la famille Sarkozy passe ses vacances dans les villas des autres, famille hébergée, un peu honteuse, largement assistée par le grand-père.

Nicolas Sarkozy forgera alors sa personnalité sur ce sentiment d'humiliation sociale, contre ce père intermittent qui, réunissant un jour ses enfants dans une pizzeria de l'avenue de Wagram, leur dira brutalement : "Je ne vous dois rien." La violence de ces mots ne sera pas oubliée, la peine jamais ravalée. Homme sans père et au passé tronqué, le futur président de l'UMP se construira seul et trouvera ses mentors - ou ses pères de substitution - au gré de ses engouements politiques.

Que reste-t-il d'une famille ?

En novembre 2005, les Sarkozy sont tous réunis à Neuilly. Le père, la mère, les trois fils, les belles-filles, les petits-enfants. On tait ses souffrances, ses jalousies. Andrée couve sa nichée d'un regard satisfait. Pas un de ses fils qui n'ait excellé. Le père, une coupe de champagne à la main, passe de l'un à l'autre, superbement oublieux : "Père de président, écrivent les auteures, si cela doit arriver, ce grand illusionniste sera bon. Il a toujours aimé les rôles de composition."
Le Monde, Philippe Ridet, Article paru dans l'édition du 29.11.06.

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La Tribune.fr - 15/12/06 à 18:18 L'exil de Johnny Halliday déchaîne les passions

La décision de Johnny Halliday de s'installer en Suisse pour échapper à la fiscalité française continue à faire des vagues. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, considère ce choix comme scandaleux.
Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, y voit la preuve qu'"il y a bien un problème". Mais le candidat à l'élection présidentielle n'entend pas pour autant supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Après le vrai-faux départ de Laetitia Casta pour Londres, le vrai départ fiscal de Johnny Hallyday pour la Suisse continue de déchaîner les passions.
L'interprète français des "Portes du pénitencier" a annoncé ce jeudi qu'il partait s'installer à Gstaadt pour raison fiscale. Johnny Halliday qui, en 1989, chantait "aujourd'hui, on a plus le droit ni d'avoir faim, ni d'avoir froid" pour les Restos du Coeur et proposait de "dépasser le chacun pour soi", explique aujourd'hui qu'il en a "marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu'on nous impose comme impôts".

Les étrangers fortunés qui souhaitent se délocaliser en Suisse peuvent bénéficier de conditions fiscales avantageuses. Ils doivent pour cela demeurer six mois par an en Suisse et ne pas travailler dans la Confédération helvétique. L'imposition est établie sur la base des dépenses du riche exilé et non de ses revenus. Le loyer ou la valeur locative du domicile servent de base au calcul. Le taux d'imposition, qui varie d'un canton à l'autre, s'applique à cinq fois le loyer annuel.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, juge "assez scandaleux" le départ annoncé de Johnny Halliday au moment où "d'autres essayent de porter la parole des plus démunis". Nicolas Sarkozy, qui compte Johnny Halliday parmi ses amis, estime lui aussi qu'il y a un "problème". Mais de nature différente. "Un pays où tant de nos artistes, de nos créateurs, de nos chercheurs, où tant de gens se disent qu'il faut partir, c'est bien qu'il y a un problème", a regretté le ministre de l'Intérieur.
Pourtant, le candidat à l'élection présidentielle ne souhaite "pas" supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). "Quand on gagne de l'argent, c'est normal de payer des impôts", a-t-il indiqué.

A quelques mois de la présidentielle de 2007, l'opposition ne s'est pas privée d'ironiser sur le départ annoncé du chanteur, qui s'était affiché aux côtés de Nicolas Sarkozy début septembre à l'université d'été de l'UMP. "Nicolas Sarkozy devrait se méfier de ses propres amis", a estimé jeudi le premier secrétaire du PS, François Hollande. Dans la même veine, François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle, a affirmé que Nicolas Sarkozy "n'a pas de chance avec ses soutiens".
La Tribune.fr, Xavier Harel, 15/12/06 à 18:18

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Yannick Vallée, mis en examen pour proxénétisme, a quitté la présidence de Grenoble-I.
Un patron d'université dans une trouble affaire de prostitution

Yannick Vallée, 47 ans, le président de l'université Grenoble-I, qui s'était fait connaître du grand public lors de la crise du CPE, a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire le 19 décembre pour «proxénétisme et abus de faiblesse». Il a aussitôt présenté sa démission «dans l'intérêt de l'université», tout en proclamant son innocence et en évoquant une «affaire strictement privée», sans rapport avec ses responsabilités.

Garde à vue.

«Je viens d'être mis en examen pour des faits que je conteste et qui me sont imputés par une femme avec laquelle j'ai eu dans le passé des relations et qui n'a pas accepté que j'y mette un terme», indique-t-il dans un communiqué transmis hier à l'AFP par son avocat grenoblois, Me Bernard Gallizia. «Je m'étonne de constater que cette affaire strictement privée ait été révélée par la presse», ajoute-t-il, précisant qu'il réservait ses «déclarations au juge d'instruction». L'information judiciaire a été ouverte contre lui par le parquet de Grasse (Alpes-Maritimes) après une garde à vue à la gendarmerie. Elle fait suite à la plainte déposée par une ancienne maîtresse l'accusant de l'avoir forcée à se prostituer pour lui.

«Il ne s'agit pas de proxénétisme au sens traditionnel du terme», a commenté son avocat, mais de problèmes avec une «maîtresse dont les moeurs particulières l'ont amenée à se prostituer dans le cadre d'un jeu sexuel». La jeune femme serait ainsi dans une logique de «représailles» après une «rupture mal digérée». Le juge a retenu l'assistance à une femme qui se prostitue, ce qui suffit pour incriminer quelqu'un de proxénétisme.

Début 2006, Yannick Vallée, alors premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, avait été très médiatisé durant le mouvement anti-CPE (Contrat première embauche). Télégénique, parlant clair et n'ayant pas peur des joutes verbales, il était devenu l'un des interlocuteurs du gouvernement, pesant pour la suspension du texte et parlant d'un «mouvement révélateur d'un malaise dans les universités». A plusieurs reprises, il avait dénoncé une «stratégie de pourrissement» du pouvoir. «Sans geste fort, nous ne sortirons pas du conflit, avait-il réclamé le 17 mars 2006. Le mouvement s'amplifie et se radicalise. Il faut trouver une porte de sortie. [Sinon] la semaine prochaine sera ingérable.»

Frais d'inscription.

Ingénieur chimiste de formation, Yannick Vallée en était revenu à des positions plus traditionnelles après la fin de la crise. Il s'était notamment prononcé pour la hausse modulable des frais d'inscription dans les universités pour pallier à leur sous-financement. Il s'était aussi rallié à l'idée de mettre en place des préinscriptions dès février, une mesure destinée officiellement à mieux orienter les futurs étudiants, dénoncée par le syndicat étudiant Unef comme une façon déguisée d'instaurer une sélection. Enfin, il défendait la nécessité de rapprocher les universités du monde de l'entreprise.

Yannick Vallée, une autorité reconnue dans l'enseignement supérieur, a dû envoyer par courrier sa démission de la présidence de l'université Joseph-Fourier Grenoble-I. «Il a assuré que cette affaire était sans lien avec ses responsabilités universitaires. Bien qu'il conteste les accusations portées contre lui, il a jugé que sa situation n'était pas compatible avec son maintien à la tête de l'université», a déclaré le recteur de l'académie de Grenoble, Jean Sarrazin. Au ministère de l'Education, on se refusait à commenter «une affaire privée», affirmant vouloir respecter «la présomption d'innocence».
Par Véronique SOULE, QUOTIDIEN : lundi 25 décembre 2006

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27 décembre 2006 Klarsfeld se fait l'avocat de Sarkozy chez les sans-abri
Le possible porte-parole du candidat UMP a rencontré hier les responsables des Enfants de Don Quichotte.
Par Christophe FORCARI, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 28 décembre 2006

Nicolas Sarkozy et les Enfants de Don Quichotte, même combat. Pour l'avocat Arno Klarsfeld, chargé par le président de l'UMP d'une mission sur le droit à l'hébergement, la charte rédigée par l'association à l'initiative du campement de sans-abri à Paris va «dans le sens de ce qu'a proposé Sarkozy». Ce texte, qui vient d'être signé par le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, réclame l'ouverture des centres d'hébergement à plein temps et toute l'année, des solutions d'hébergement durable, la création de logements sociaux et d'un droit au logement opposable.

Arno Klarsfeld, qui a rencontré hier après-midi les responsables de cette association dans un café proche du campement du canal Saint-Martin à Paris, a estimé que ces revendications étaient «raisonnables et faisables. [...] Tout cela a un coût, mais ne devrait pas être exorbitant.» «L'idée, c'est de trouver d'ici à deux ans une solution raisonnable en termes de quantité et de qualité d'accueil pour les SDF. Sarkozy n'a pas dit qu'il y aurait zéro SDF dans deux ans. Il a dit qu'il y aurait un accueil humain pour chaque personne d'ici deux ans», a précisé l'avocat.

Augustin Legrand, fondateur des Enfants de Don Quichotte, a jugé de son côté qu'Arno Klarsfeld était favorable «à un consensus national autour de la charte, afin qu'on mette en oeuvre un plan Marshall pour les SDF tout de suite. Il y a urgence. Et s'ils signent la charte, c'est qu'ils sont conscients de cette urgence et prêts à bouger maintenant.»

L'acteur Jean Rochefort, déjà venu apporter son soutien à l'association, était encore présent hier sur les bords du canal Saint-Martin lors de la rencontre avec Arno Klarsfeld.

Ce dernier avait prévu de dormir hier soir dans un centre d'hébergement à Nanterre. Bertrand Delanoë devrait, lui, se rendre dans un centre parisien aujourd'hui.
Par Christophe FORCARI, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 28 décembre 2006

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L'exécution de Saddam Hussein est une faute, par Nicolas Sarkozy LE MONDE | 02.01.07 | 13h33 • Mis à jour le 02.01.07 | 13h33

J'aurais aimé saluer dans le procès de Saddam Hussein une étape marquante de la démocratisation de l'Irak. Malheureusement, l'exécution de l'ex-dictateur irakien jette le trouble sur un événement qui aurait dû être positif pour la reconstruction de ce pays martyrisé. D'abord, il faut reconnaître avec satisfaction que Saddam Hussein a été jugé.

J'observe que le Haut Tribunal pénal est une instance irakienne, formée exclusivement de magistrats irakiens, dont les audiences sont publiques. Les experts et les observateurs disent, certainement à juste titre, que les débats ont été menés de manière brouillonne, dans une atmosphère qui manquait de sérénité. Trois avocats de la défense ont d'ailleurs été assassinés. Le fait que Saddam Hussein ait été jugé par un tribunal irakien est déjà un exploit en soi dans les circonstances dans lesquelles se trouve plongé le pays. Rappelons que l'Irak n'a fait la découverte que depuis quelques mois des élections libres, d'une Constitution librement consentie, d'un gouvernement de coalition, de la délibération parlementaire et d'une justice indépendante, mais surtout qu'il est le lieu d'une guerre civile particulièrement sanglante.

C'est aussi un exploit parce que l'accusé se trouve être celui qui a asservi ses concitoyens par l'assassinat et la terreur pendant plus de trente ans, et dont se revendiquent encore les terroristes (je ne peux pour ma part appeler "résistants" ceux qui posent quotidiennement des bombes au milieu des civils).

J'aurais aimé saluer le fait qu'à travers ce procès hautement symbolique l'Etat irakien se soit approprié des éléments qui contribuent essentiellement à sa souveraineté, comme un système judiciaire indépendant et professionnel ou une police démocratique et intègre.

La condamnation à la peine capitale et l'exécution du condamné m'en empêchent. Je suis opposé à la peine de mort. C'est pour moi une question de principe. Je crois que le monde doit continuer à cheminer vers son abolition totale. Et, en l'occurrence, bien qu'il s'agisse d'un des grands criminels de l'Histoire, j'estime que l'Irak se serait grandi en n'exécutant pas celui qui l'a tant fait souffrir. Je souhaite ardemment la stabilisation de l'Irak. Mais, pour moi, la stabilisation en profondeur de cette région passe par la promotion des valeurs démocratiques. Je déteste l'idée que certains peuples seraient condamnés à la violence au seul motif que cette violence s'inscrirait dans une tradition multiséculaire, voire millénaire. Et je considère comme une étape indispensable du processus de démocratisation de l'Irak l'abolition de la peine de mort.

Enfin, je déplore profondément que Saddam Hussein, le dictateur qui avait plus de sang sur les mains que quiconque au monde, n'ait pas eu à comparaître pour ses autres crimes. Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux Kurdes, dont les souffrances ont été indicibles, et dont le massacre au gaz de 5 000 civils dans la bourgade d'Halabja en 1988 n'aura été qu'un événement atroce parmi de nombreux autres. Je regrette que justice n'ait pas été rendue aux chiites, qui subirent en 1991 une répression barbare de la part de la garde républicaine irakienne - d'ailleurs sous le regard impassible de la communauté internationale.

Il est difficile de réconcilier les différentes composantes d'un peuple au sortir d'une dictature. Mais cette tâche me paraît d'autant plus malaisée lorsque la lumière n'est pas faite sur le passé.
L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, est une faute.
Nicolas Sarkozy est président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).
Le Monde. Article paru dans l'édition du 03.01.07. LE MONDE 02.01.07 | 13h33 • Mis à jour le 02.01.07 | 13h33

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vendredi 5 janvier 2007, 14h48 Sarkozy annonce 1,02 milliard d'euros sur sept ans pour la Corse Par Charles SICURANI

AJACCIO (AFP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi à Ajaccio que le gouvernement accordait "1,02 milliard d'euros" à la Corse sur sept ans, au cours d'une visite de l'île de Beauté où il était surtout attendu sur la dernière vague d'attentats.

"J'ai obtenu il y a 15 jours du Premier ministre qu'un mandat de négociation soit donné au Préfet de Corse pour une nouvelle convention cadre de sept années pour un montant de travaux qui va s'élever à 1,02 milliard d'euros", a-t-il déclaré à l'occasion de sa visite de l'île, son 18è et vraisemblablement dernier voyage en Corse en qualité de ministre de l'Intérieur.

Ces fonds seront débloqués dans le cadre du programme exceptionnel d'investissement (PEI) pour la Corse, qui est prévu jusqu'en 2017.

Le ministre de l'Intérieur a fait état de cette enveloppe au cours d'une rencontre avec des élus et socio-professionnels de Corse.

Quatre parlementaires PRG - Emile Zuccarelli, Paul Giacobbi, Nicolas Alfonsi, François Vendasi - et le président du groupe "La Corse dans la République" à l'assemblée de Corse, François Dominici, avaient refusé de participer à cette rencontre.

Ils ont expliqué leur geste dans un communiqué, dénonçant "un excessif mélange des genres entre des fonctions gouvernementales et la campagne d'un candidat à l'élection présidentielle".

M. Sarkozy s'est défendu d'effectuer une visite électorale : "Je suis là en tant que ministre de l'Aménagement du territoire, je fais mon travail jusqu'au bout parce que la Corse, vous savez, elle ne peut pas attendre que les élections passent", a-t-il dit.

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs lancé un appel à la jeunesse corse l'invitant à prendre part à la construction de la "Corse de demain" en se détournant des "poseurs de bombes cagoulés" deux jours après une série de cinq attentats au cours de laquelle un nationaliste a été tué par l'explosion de l'engin qu'il transportait.

"Aidez-nous à construire la Corse de demain plutôt que de vous retrouver derrière des poseurs de bombes cagoulés", a lancé M. Sarkozy aux "jeunes Corses", devant la presse, dès son arrivée.

Il a évoqué d'emblée la mort d'Ange-Marie Tiberi, 54 ans, militant de Corsica Nazione Indipendente, tué mercredi soir à Solaro par l'explosion de la bombe qu'il transportait.

"Regardez ce qui est arrivé (à M. Tiberi), un monsieur de 54 ans qui avait une situation, une famille, qui saute parce que sa bombe lui saute dans les bras, on ne peut le souhaiter pour personne, c'est un gâchis fantastique, pour cet homme, pour sa famille et pour la Corse".

En 2006, il y a eu "150 interpellations de poseurs de bombes", a rappelé M. Sarkozy, qui a ajouté : "On va continuer" car "je pense que le mouvement nationaliste est aujourd'hui très affaibli" et "c'est parce qu'il est affaibli qu'il est dangereux".

Pour autant, M. Sarkozy a estimé que "la réponse aux problèmes de la Corse, ce n'est pas uniquement sécuritaire, c'est aussi le développement".

"Les jeunes Corses veulent travailler en Corse, on va leur donner du travail et continuer à créer les conditions du développement", a-t-il ajouté.

Après une visite du marché d'Ajaccio peu après 10H00, M. Sarkozy a eu une "rencontre de travail" avec les élus et des acteurs socio-professionnels de Corse, au Palais des Congrès d'Ajaccio.

Dans l'après-midi, il devait visiter le moulin à huile de Sainte-Lucie de Tallano, avant d'intervenir, dans un gîte, sur le développement rural, et de signer la convention pour la mise en oeuvre du "Pôle d'excellence rurale Sud-Corse".
Yahoo.fr, actualités, vendredi 5 janvier 2007, 14h48

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8 Janvier 2007 10h36 Doc Gynéco en cellule de dégrisement après un accident à Paris

Doc Gynéco a passé quelques heures en cellule de dégrisement dans un commissariat parisien au cours du week-end après avoir heurté un taxi sur son scooter alors qu'il était ivre, a-t-on appris lundi de source policière, confirmant des informations du Parisien et de France-Soir.

Le rappeur d'origine guadeloupéenne a heurté dans la nuit de samedi à dimanche, rue de Rivoli, le taxi qu'il suivait et où se trouvait l'écrivain Christine Angot, avec qui qui il avait passé la soirée chez des amis, selon la presse. Le contrôle d'alcoolémie de Doc Gynéco a révélé une dose d'alcool trois fois supérieure au maximum autorisé selon la police.

Il a été placé en cellule de dégrisement au commissariat du Ier arrondissement avant d'être entendu sous le régime de la garde à vue.

Doc Gynéco avait officialisé son soutien au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, lors de la convention d'été de l'UMP à Marseille.
Yahoo.fr, actualités, 8 Janvier 2007 10h36

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14 janvier 2007. Cécilia, discrète et omniprésente

PlÉBISCITÉ par les militants, Nicolas Sarkozy vient de monter sur scène. Dans quelques secondes, il va prononcer son discours. Face à lui, au huitième rang, trois bras lui font signe. Ce sont Pierre et Jean, ses deux fils, et Cécilia son épouse.

Assis loin des élus, parmi les amis intimes du couple, ils sont entrés dans la salle à l'abri des regards, une minute auparavant, alors que la pénombre régnait

Pour la fin de « la Marseillaise », le candidat fait monter sur scène les élus qui le soutiennent et fait signe à Cécilia, chemise sable et pantalon gris, pour qu'elle le rejoigne.
Celle-ci préfère rester au pied de la tribune et faire la bise à Pascal Sevran...

Cécilia Sarkozy, si discrète hier en public et pourtant si omniprésente en coulisses. ..
Là elle a accueilli toutes les personnalités, veillé à la place de chacun. Une attitude à l'image du rôle qu'elle joue dans la campagne présidentielle de son époux.

Elle inspire nombre de choix mais ne se montre pas. Au QG, rue d'Enghien, elle aura son bureau.
Le Parisien, 15 janvier 2007, p. 3, Lu.V.

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lundi 15 janvier 2007, 8h50 Sarkozy candidat UMP à la présidentielle avec 98,1% des suffrages

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy, plébiscité dimanche par l'UMP pour porter les couleurs du parti à la présidentielle, s'est immédiatement tourné "vers tous les Français", en affirmant vouloir être "le président de la France réunie".

Fort d'avoir réussi le rassemblement de sa famille politique -tous les ténors du parti étaient présents dimanche- Nicolas Sarkozy est passé à l'étape suivante, celle de la conquête des électeurs hors de son camp, devant quelque 80.000 à 100.000 militants UMP, selon le parti, venus assister à son entrée officielle dans la course à l'Elysée.

Sur les plus de 330.000 adhérents de l'UMP, 69,06% ont pris part au vote. 98,1% ont voté pour M. Sarkozy, seul en lice, les autres votant blanc. Dès l'annonce du résultat, a été affiché le slogan de campagne: "Ensemble, tout devient possible", M. Sarkozy prenant ensuite la parole, sur une vaste scène blanche avec en arrière-plan le sigle UMP, projeté sur un fond rouge et bleu.

Pendant une heure vingt, martelant les mots "France" près de 80 fois, "République" (plus de 50 fois) et "président" (près de 30), il a affiché une volonté de rassemblement au delà de son camp, en évitant de faire de l'affrontement idéologique gauche/droite l'enjeu de la présidentielle.

"Je veux être le président d'une France réunie (...) le président qui va remettre la morale au coeur de la politique (...) Je veux une démocratie irréprochable", a-t-il dit. Affirmant vouloir se "tourner vers tous les Français", M. Sarkozy a prévenu qu'il ne serait "pas que le candidat de l'UMP". Alors que plébiscité dans son parti il suscite des réactions hostiles au dehors (il inquiète 51% de français selon un sondage IFOP/JDD), il s'est efforcé de prouver que, mûri par les épreuves, il avait "changé", répétant ce mot plusieurs fois.

En réponse à ceux, à gauche comme à droite, qui l'accusent d'atlantisme et de communautarisme, il a affirmé que la guerre en Irak était "une faute" et a rendu hommage à Jacques Chirac qui a fait "honneur à la France" en s'y opposant. "Je refuse le communautarisme qui réduit l'homme à sa seule identité visible", a-t-il également déclaré.

M. Sarkozy n'a pas du tout cité sa rivale socialiste Ségolène Royal, cible favorite des intervenants de la matinée. Ceux-ci avaient raillé la "ségolénitude" ou "la duplicitude", en allusion au néologisme "bravitude" forgé par Mme Royal. Michèle Alliot-Marie, qui a confirmé son "soutien" à M. Sarkozy, l'a pour sa part qualifiée de "Blanche-Neige contre les sept percepteurs".Parmi les intervenants figuraient les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, et Yves Guéna, gaulliste historique et ancien président du Conseil constitutionnel

Dominique de Villepin, qui comme le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, a refusé de participer au vote, est venu au congrès dans la matinée mais sa visite est passée quasiment inaperçue. Le visage tendu à son arrivée, le Premier ministre, qui s'était pris de bec mardi avec les députés UMP, est resté plus d'une demi-heure, sans s'exprimer.

Nicolas Sarkozy avait auparavant demandé aux militants de "faire un triomphe à tous ceux qui viendront ici", pour prévenir toute manifestation hostile à l'égard de M. de Villepin.

L'UMP a dépensé environ 3,5 millions d'euros pour cette manifestation, affrétant huit TGV et 520 cars pour amener les participants, chacun payant une somme modique de 10 euros.

Alors que M. Sarkozy débutait son discours, une vingtaine de sans-papiers ont brièvement pénétré dans son QG de campagne, à Paris.
Yahoo.fr, actualités, Par Nadège PULJAK et Pascale JUILLIARD, lundi 15 janvier 2007, 8h50

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23/01/2007 20:49 PARIS, 23 jan 2007 (AFP) - Venir au dîner du Crif n'est "pas un message électoral" pour M. Sarkozy

Participer au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) n'est "pas un message électoral", a déclaré Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et chargé des cultes mardi soir, avant ce dîner.

"Je viens chaque année ici, mais ce n'est pas une question de candidat, c'est important pour la République qu'on soit là pour dire qu'il y a des choses qu'on n'acceptera pas, parmi celles-ci l'antisémitisme", a déclaré M. Sarkozy, candidat de l'UMP à la présidentielle, à l'AFP.

"Il n'y a pas de message électoral, ça ne servirait à rien parce qu'il n'y a pas de vote juif", a insisté M. Sarkozy.

Interrogé sur la présence de Ségolène Royal, la candidate du PS à la présidentielle, qui initialement ne devait pas être présente, M. Sarkozy a affirmé: "Elle a tout à fait raison d'être ici puisque j'y suis".

"Non, je ne l'ai pas croisée, mais si je l'avais fait je lui aurais dit +bonsoir, comment allez vous+", a-t-il poursuivi.
la-Croix.com, 23/01/2007 20:49 PARIS, 23 jan 2007

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mercredi 24 janvier 2007, 15h49 La France accorde un prêt de 500 millions d'euros au Liban

PARIS (AP) - "La France apportera son concours au Liban sous la forme d'un prêt de 500 millions d'euros à des conditions très avantageuses", a annoncé mercredi Jacques Chirac au Premier ministre libanais Fouad Siniora, selon le porte-parole de l'Elysée Jérôme Bonnafont.

"Cette contribution très significative exprime l'amitié profonde, la solidarité, et la confiance qui unissent la France au Liban et à tous les Libanais", a ajouté le chef de l'Etat selon M. Bonnafont.

Jacques Chirac, qui a reçu M. Siniora pour un déjeuner à l'Elysée à la veille de la conférence Paris III sur le Liban, a "souhaité que tous les pays et toutes les institutions présentes démontrent leur confiance dans le programme économique et social du gouvernement libanais par une contribution significative".

"Le coût de l'inaction serait bien supérieur à l'engagement aux côtés du Liban", a averti le président français, soulignant "l'importance du programme économique décidé par le gouvernement libanais". Il a souhaité que la conférence de Paris envoie "un message de confiance et d'espoir dans la capacité de l'économie libanaise à reprendre et du Liban à se reconstruire".

Les deux hommes ont évoqué la situation au Liban après les manifestations violentes de la veille. Jacques Chirac "a redit qu'il souhaitait que l'esprit d'unité et de dialogue prévale dans le respect des institutions libanaises et dans le respect de son gouvernement légitime, issu d'élections démocratiques", selon son porte-parole.

Le président français a aussi "exprimé l'espoir que le Liban puisse jouir pleinement de sa souveraineté et ne soit plus la victime des conflits régionaux", et notamment "que tous les pays de la région respectent son indépendance et sa souveraineté".

Les affrontements entre partisans de l'opposition et du gouvernement ont fait trois morts et plus de 170 blessés mardi mais le mot d'ordre de grève a été suspendu dans la soirée et le calme était revenu mercredi, bien que la tension demeure.

"Descendre dans la rue ne peut qu'aggraver la situation et accroître les tensions", a déclaré Fouad Siniora dans la cour de l'Elysée. "Ce qui est dans l'intérêt des Libanais, c'est de revenir au dialogue."

"Notre porte et la porte de nos coeurs et de nos esprits est ouverte", a-t-il assuré, comme on l'interrogeait sur d'éventuels contacts avec l'opposition. "Notre main est tendue et cela va continuer." Il a exclu de démissionner: "je continue dans le gouvernement tant que ce gouvernement a la confiance des institutions libanaises, du Parlement libanais." "Ce gouvernement a l'appui et le soutien de la majorité des Libanais", a-t-il affirmé.

Alors qu'on lui demandait si les violences pourraient dissuader les donateurs de Paris III, Fouad Siniora a estimé qu'ils sont "tous conscients de l'importance d'aider le Liban" et "que ne pas aider le Liban sera beaucoup plus coûteux que de l'aider". Pour autant, "sans aucun doute, la communauté internationale et tous ceux qui aiment le Liban (...) souffrent de ce qui s'est passé hier et auraient souhaité que le Liban apparaisse toujours uni pour qu'ils puissent l'aider".

Il a défendu son programme de réformes, estimant que "lorsque nous prenons du retard, cela ne peut qu'augmenter le prix que nous payons, le prix politique, le prix social, le prix économique".

"Certains disent que l'histoire du Liban est l'histoire des occasions ratées. Il est vraiment temps de ne pas laisser échapper une autre occasion", a plaidé le Premier ministre libanais. "Nous sommes en désaccord sur un certain nombre de points mais nous ne devons pas être en désaccord sur l'avenir."

"Ne pas faire les efforts nécessaires qui permettraient de parvenir à des résultats véritable aura des répercussions négatives sur le Liban et les Libanais, sur le niveau de vie, sur l'avenir des jeunes", a-t-il averti. "Il est temps que nous comprenions tous l'importance de faire un effort" et "la nécessité d'un consensus entre les Libanais". AP
mercredi 24 janvier 2007, 15h49, Yahoo.fr, actualités

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Sarkozy fait des conquêtes chez les ex-intellectuels de gauche Le philosophe André Glucksmann a annoncé son soutien au candidat de l'UMP. Par Eric AESCHIMANN, Libération, QUOTIDIEN : mardi 30 janvier 2007

Un ex-«nouveau philosophe» (André Glucksmann), un théoricien de la libération sexuelle (Pascal Bruckner), un ancien des Inrockuptibles (Marc Weitzmann), un écrivain chevènementiste (Max Gallo) : dans le champ intellectuel, Nicolas Sarkozy ratisse.

Dans une tribune publiée par le journal le Monde daté d'aujourd'hui, André Glucksmann, grand contempteur du totalitarisme, a annoncé son soutien au président de l'UMP. Un ralliement bruyant, qui illustre la droitisation d'une fraction des intellectuels français, autrefois rattachés à la gauche.

En 1995, soucieux de contourner Edouard Balladur par la gauche, Jacques Chirac avait entamé un travail de séduction méthodique des intellectuels de gauche, qui lui avait ramené dans ses filets le soutien de personnalités aussi inattendues qu'Emmanuel Todd ou Régis Debray.

Dans son souci d'adoucir son image de champion de la rupture libérale, Sarkozy marche dans les pas de son modèle. Il a organisé quelques déjeuners et des petits déjeuners en tête-à-tête. «Il est très courtois, très brillant», raconte Pascal Bruckner, sensible à certains de ses propos. «J'apprécie ce qu'il dit sur l'éducation ou sur le patriotisme. On a besoin d'un candidat courageux, qui prenne des risques.»

Revirement.

André Glucksmann fonde sa décision sur les questions internationales, notamment la Tchétchénie, où il met en regard les déclarations anti-Poutine de Sarkozy avec l'amitié jamais démentie de Chirac pour le leader russe.

Curieusement, Glucksmann ne dit pas un mot de la question irakienne ­ probablement à cause de la dégradation de la situation sur place et le brusque revirement de Sarkozy qui, il y a quinze jours, a rendu hommage à la clairvoyance du président français sur le sujet. La relation avec l'Amérique n'en est pas moins la toile de fond de ce rapprochement inattendu.

Lors de la crise irakienne, le ministre de l'Intérieur avait fait savoir son désaccord avec la stratégie chiraquienne ; pour sa part, Glucksmann a participé en avril au lancement d'une revue «anti-antiaméricaine» d'inspiration ouvertement «néoconservatrice», même si on y retrouve autant de représentants de la gauche que de la droite : le Meilleur des mondes.

La revue, qui a publié deux longues interviews de Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn en octobre, ne soutiendra aucun candidat. Mais elle n'en est pas moins en train de devenir un point de passage privilégié vers le sarkozysme, puisqu'on y retrouve deux autres «transferts» venus de la gauche.

Le premier, Pascal Bruckner, qui, tout en se revendiquant comme un «atlantiste de toujours», s'affiche comme un déçu de Ségolène Royal. «Je l'aimais bien [...] mais ce qui m'a refroidi c'est la déclaration où François Hollande a dit qu'il n'aimait pas les riches, raconte-t-il. Je n'aime pas l'hypocrisie des socialistes qui se sont enrichis sous Mitterrand.»

Le second est encore plus étonnant : Marc Weitzmann, longtemps critique littéraire aux Inrockuptibles, dit se reconnaître dans les discours de Sarkozy «sur la méritocratie et la remise en cause de l'égalitarisme».

Parmi ses nouveaux amis, le candidat de l'UMP peut également compter sur le chevènementiste Max Gallo, qui ne cache pas son intérêt pour Sarkozy quand il parle de «la Nation et de l'histoire nationale», et son «inquiétude» quand Royal se prend les pieds dans le tapis sur les sous-marins nucléaires ou la Corse.

Alors, tous pour Sarko ? Des réticences demeurent. Le psychanalyste Jacques-Alain Miller n'est pas plus tendre avec la candidate socialiste, qui «a inventé une nouvelle langue de bois qu'elle est seule à parler», et juge que la France «a besoin d'une dose de liberté entrepreneuriale». Mais il préfère pour le moment s'en tenir à un vote blanc, parce que «Sarkozy est le candidat des riches».

Le cinéaste Romain Goupil, cofondateur du Meilleur des mondes, ne veut pas entendre parler du candidat qui «célèbre le travail» : «Je suis un paresseux et les discours sur les réalités économiques, ça me hérisse le poil.»

Démarche.

Ex-«nouveau philosophe» comme Glucksmann, Bernard-Henri Lévy (1) ne cache pas, lui, une sympathie pour la socialiste, même s'il attend de connaître son programme pour se prononcer : «Elle a dit qu'elle voulait d'abord écouter, il faut respecter sa démarche.»

Enfin, Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, souvent très critique envers la gauche, comprend que Royal «fasse peur à ceux qui s'intéressent d'abord aux questions internationales, puisque, sur ce sujet-là, elle ne dit rien de précis». Mais, ajoute-t-il, Sarkozy «reste le plus dangereux».
(1) Membre du groupe des personnes physiques actionnaires de Libération.
Libération, 30 janvier 2007, p. 12

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30.01.2007 | 16:47 Nicolas Sarkozy rend hommage à Tony Blair

Le candidat de l'UMP a rendu hommage au Premier ministre britannique Tony Blair, le considérant, le temps d'un lapsus, comme un membre de sa famille politique.

Nicolas Sarkozy et Tony Blair (Reuters)

Nicolas Sarkozy a rendu hommage mardi 30 janvier au Premier ministre britannique, Tony Blair, au point d'en faire, le temps d'un lapsus, un membre de sa propre famille politique.

"La façon dont il a conduit la Grande-Bretagne avec la résolution du problème de l'Irlande du Nord, le plein emploi, la modernisation du pays, c'est quelque chose qui doit nous faire réfléchir", a déclaré le candidat UMP à la présidentielle après un déjeuner au 10 Downing Street.

"Il ne s'agit pas de plaquer un modèle qui n'est pas le nôtre. Mais en même temps, Tony Blair est un homme dont le pragmatisme a été très utile à son pays", a-t-il ajouté.

"Les socialistes européens devraient être fiers de ce qu'a fait l'un des nôtres", a-t-il poursuivi avant de rectifier : "l'un des leurs." (Reuters)
NOUVELOBS.COM | 30.01.2007 | 16:47

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samedi 3 février 2007, 0h11 Sarkozy veut séduire les enseignants en leur parlant salaire et carrière Par Philomène BOUILLON

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidentielle, est parti vendredi à la conquête des enseignants en chargeant Xavier Darcos, ancien ministre à l'Enseignement scolaire, d'une mission sur leur salaire et leur carrière, alors que leur vote semble de plus plus volatil.

Dans une lettre à M. Darcos publiée vendredi, le candidat UMP demande un bilan sur la "mission" des enseignants, leur "rémunération" et leur "progression de carrière".

Prenant ouvertement leur défense, M. Sarkozy critique le ministre UDF de l'Education Gilles de Robien et sa rivale socialiste Ségolène Royale.

Ainsi, qualifie-t-il d'"injuste toute mesure qui demanderait aux enseignants de travailler davantage sans revenu supplémentaire", une allusion au décret récent de M. de Robien qui supprime des décharges horaires pour économiser 2.800 équivalents temps plein.

Ainsi près de 50.000 enseignants seront touchés dès la rentrée par cet allongement du temps de travail. Ils perdront 1.000 à 1.500 euros de revenus net par an s'ils ne recourent pas aux heures supplémentaires.

Vendredi soir, lors d'une réunion publique à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Nicolas Sarkozy a déclaré que les enseignants "ne devaient pas être les boucs émissaires de la faiblesse de l'école".

"Je m'engage, si je suis élu, à leur donner la considération qui leur est due, à revaloriser leur carrière (...) à multiplier les passerelles avec les autres administrations publiques de sorte que leurs perspectives de carrière soient élargies", à permettre à ceux "qui voudront travailler davantage, de gagner plus", a-t-il promis.

"Je m'engage à ce que les gains de productivité qui pourraient être réalisés leur soient redistribués pour moitié. Je m'engage à ce qu'ils soient mieux formés, mieux accompagnés, mieux soutenus et par conséquent moins isolés", a-t-il ajouté.

Dans une vidéo-pirate de janvier, Ségolène Royal avait proposé que les enseignants assurent "35 heures de présence dans les collèges". La diffusion de cette vidéo avait suscité de vives réactions dans le milieu enseignant.

La lettre du ministre à Xavier Darcos a été publiée alors que la principale fédération de l'Education, la FSU, clôturait vendredi son congrès à Marseille et que la grogne monte chez les enseignants.

"Ce n'est pas un hasard si cette lettre est publiée aujourd'hui, à la fin du congrès de la FSU, et à quelques jours d'une journée de mobilisation", jeudi dans le cadre d'un appel commun à toute la Fonction publique, ironise le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

"Si Nicolas Sarkozy veut montrer son intérêt pour les enseignants, il doit se désolidariser de son collègue Gilles de Robien et faire en sorte que soit retiré le décret", a-t-il poursuivi.

M. Sarkozy se tourne vers les enseignants dans une période où, après avoir longtemps été acquis à la gauche, ils semblent être devenus plus volatils dans leurs choix électoraux.

Un baromètre politique du Centre d'étude de la vie politique française (Cevipof) de Sciences-Po de décembre révèle ainsi que si 36 % des enseignants ont l'intention de voter pour Ségolène Royal, 18 % se prononcent pour M. Sarkozy, 8 % pour François Bayrou et 5 % pour Jean-Marie Le Pen.
Yahoo.fr, actualités, samedi 3 février 2007, 0h11

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Mis en ligne le 08/02/2007, La Libre Belgique, Sarkozy, soutenant "Charlie Hebdo", fâche les musulmans G.P.

Le Conseil français du culte musulman dénonce un "dérapage".

Le procès intenté par trois organisations musulmanes à l'encontre du magazine "Charlie Hebdo" pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion" - en l'occurrence, la publication, en février 2006, de caricatures du prophète Mahomet - a connu un développement politique étonnant dès son ouverture.

Le soutien apporté par le ministre français de l'Intérieur et candidat de la droite UMP à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, au journal à travers une lettre lue à l'audience a suscité la réaction courroucée de l'organe représentatif des musulmans de France, le Conseil français du culte musulman (CFCM), que le ministre a lui-même porté sur les fonts baptismaux.

Et pour cause, parmi les trois plaignants au procès, figurent la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui sont deux piliers du CFCM. Abdalllah Zekri, un chargé de mission auprès de l'organisme, a jugé "inadmissible" la démarche du ministre de l'Intérieur, évoquant un "dérapage". Si des rumeurs de démission en bloc bruissaient hier, les membres du bureau exécutif de l'organe, qui se sont réunis en soirée en séance extraordinaire, se sont finalement quittés sans avoir pris de décision dans l'immédiat.

Le tonitruant ministre de l'Intérieur a répété, dans sa lettre de soutien, la position qu'il a défendue au moment de la "crise des caricatures", il y a un an, sur le thème : "Je préfère l'excès de caricatures à l'absence de caricatures".
Il s'était démarqué, à l'époque, du président Jacques Chirac qui avait condamné des "provocations manifestes" pouvant blesser les "convictions religieuses".

Lundi, Nicolas Sarkozy a défendu "une vieille tradition française : celle de la satire, de la dérision et de l'insubordination". Il a dit comprendre que "certains dessins incriminés aient pu heurter les convictions religieuses de certains de nos concitoyens musulmans". Mais, a-t-il ajouté, "la force d'une société démocratique, comme d'ailleurs la force d'une religion aussi brillante que la religion musulmane, se juge à sa capacité à accepter la critique et l'impertinence, fussent-elles excessives".

Absent au procès, Nicolas Sarkozy a donc réussi à voler la vedette aux autres "politiques", présents eux, qui ont apporté leur soutien au directeur de "Charlie Hebdo", Philippe Val. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a estimé que "ce procès n'aurait jamais dû avoir lieu. Ce n'est pas parce qu'un terroriste musulman est caricaturé que la religion musulmane est vilipendée", a-t-il souligné. François Bayrou, président de l'UDF et autre candidat à l'élection présidentielle, témoignera ce jeudi.

Au-delà de ces tribulations judiciaro-politiques, la première journée du procès a été marquée par la défense du directeur de "Charlie Hebdo". Il s'est... défendu d'avoir voulu injurier les musulmans et a revendiqué le droit à la caricature. "Il s'agissait d'une critique de la religion en tant qu'idée, mais en aucun cas, elle n'exprimait un mépris quelconque envers les croyants d'une foi quelconque", a-t-il déclaré à la barre du tribunal correctionnel. "C'est nécessaire de rire. Si on n'a plus le droit de rire des terroristes, qu'est-ce qu'il reste au citoyen ?", a-t-il ajouté, reprenant - ce qui ne manque pas de piment pour le directeur de "Charlie Hebdo" - le cri du pape Jean-Paul II : "N'ayez pas peur !"

"S'il s'agissait de s'en prendre aux terroristes, n'aurait-il pas été plus judicieux de choisir de caricaturer Ben Laden ou le mollah Omar ?", plutôt que le prophète Mahomet, lui a rétorqué l'avocat de la Ligue islamique mondiale, troisième partie plaignante.
Les trois caricatures incriminées par les plaignants, dont deux avaient été publiées par le journal danois "Jyllands-Posten", représentent en effet Mahomet, l'une, avec une bombe dans son turban, une autre, le présentant accueillant des kamikazes au paradis et déclarant : "Stop, on est à court de vierges", la troisième, du dessinateur Cabu, le présentant se voilant la face en disant : "C'est dur d'être aimé par des cons".
Lalibre.be, Mis en ligne le 08/02/2007

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mercredi 28 février 2007, 13h53 Sarkozy affirme que les attaques sur son appartement ramènent "le débat bien bas"

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy a affirmé mercredi que les accusations sur son appartement avaient pour effet de "ramener la démocratie et le débat bien bas", redisant qu'il s'était senti "blessé par ces attaques".

"J'ai été blessé par ces attaques qui sont malhonnêtes. J'ai produit tous les éléments qui sont nécessaires, mais vraiment, ramener une campagne électorale à çà, c'est triste pour ceux qui le font", a déclaré le ministre de l'Intérieur qui s'exprimait à l'issue du Conseil des ministres.

Le Canard enchaîné affirme que Nicolas Sarkozy et son épouse Cécilia ont bénéficié en 1997 d'un rabais "d'au moins 300.000 euros" lors de l'achat de leur appartement de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) - ville dont M. Sarkozy a été maire jusqu'à son entrée au gouvernement, en 2002 - au promoteur immobilier Lasserre. L'appartement a été revendu en 2006.

Le ministre et candidat UMP à la présidentielle a assuré qu'il ne comptait pas porter plainte contre l'hebdomadaire satirique. "Je suis beaucoup plus tranquille que çà, mais franchement je vous assure que c'est ramener la démocratie et le débat bien bas", a-t-il dit à la presse.

Sa collègue à l'Environnement, Nelly Olin, a pour sa part jugé cette histoire "lamentable". "Les coups bas, il faut arrêter. Qui a la preuve de tout çà ? Cette campagne est lamentable dans ce sens là", a-t-elle jugé à la sortie du Conseil des ministres.

Mardi soir, en visite à Madrid, M. Sarkozy s'était dit "blessé" par cette histoire, contestant "les allégations d'un article blessant et outrancier". Xavier Bertrand, porte-parole du candidat UMP à la présidentielle, a affirmé mercredi sur RMC qu'il n'y avait "pas d'affaire" à propos de l'achat par Nicolas Sarkozy de son appartement de Neuilly en 1997. "Nous avons voulu remettre les pendules à l'heure, il a acheté cet appartement à un prix normal et a même demandé à l'époque à la direction des services fiscaux de dire, si oui ou non c'était le prix normal, et la direction a dit que c'était le prix normal", a déclaré M. Bertrand.

M. Bertrand réagissait aux informations du Canard enchaîné affirmant que M. Sarkozy avait bénéficié d'un rabais "d'au moins 300.000 euros" et avait réalisé des travaux somptuaires. "Qui plus est, a ajouté M. Bertrand, pour les travaux, il les a payés. Il a présenté les factures. Dont acte. Point à la ligne".
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 février 2007, 13h53

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Sarkozy qualifie les informations sur son appartement d'"outrancières" NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 13:05

Le candidat qualifie d'"outrancières" les informations du Canard Enchaîné selon lesquelles il aurait bénéficié d'un important rabais lors de l'achat d'un appartement à Neuilly de la part d'un promoteur en contrat avec la ville.

Nicolas Sarkozy a qualifié, mardi 27 février, d'"outrancières et ridicules" les informations du Canard Enchaîné selon lesquelles le ministère de l'Intérieur aurait bénéficié d'une importante remise lors de l'achat d'un appartement à Neuilly de la part d'un promoteur en contrat avec la ville.

Le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, en déplacement à Madrid au moment de la publication de ces révélations, a "formellement" contesté des informations selon lui "outrancières, ridicules et opportunes dans le calendrier électoral", visant "à le salir".

"J'apprends les allégations du Canard Enchaîné laissant entendre que j'aurais bénéficié lors de l'achat de mon appartement en 1997 sur l'île de la Jatte à Neuilly de conditions financières anormalement favorables. Je tiens à m'élever en faux contre cette mise en cause scandaleuse qui, comme par hasard, intervient moins de deux mois avant le premier tour de l'élection présidentielle", dit-il dans un communiqué.

"Voilà un appartement que j'ai acheté il y a dix ans, que j'ai depuis vendu, et on s'aperçoit à moins de deux mois de l'élection présidentielle qu'il y aurait eu un problème", avait-t-il auparavant déclaré à des journalistes.

300.000 euros de rabais

Selon Le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un rabais d'au moins deux millions de francs (300.000 euros) lors de l'achat et l'aménagement d'un duplex à Neuilly en 1997.

Le journal satirique écrit dans son numéro à paraître mercredi que le couple Sarkozy a revendu le duplex en novembre dernier pour 1,94 million d'euros, réalisant une plus-value de 122%.

Selon l'hebdomadaire satirique, il a acquis l'appartement à un prix 12 à 35% moins élevé que ceux constatés lors de transactions réalisées au même moment dans la même résidence.

Dans son communiqué, Nicolas Sarkozy précise qu'il a acheté le 4 septembre 1997 deux appartements situés respectivement au premier et au deuxième étage et totalisant une surface de 222 m² "pour un prix frais compris de 5.747.670,25 francs, soit un coût moyen hors frais de 24.636 francs" le mètre carré. "Le prix des appartements varie bien évidemment selon leurs caractéristiques. D'autres ont été vendus dans le même immeuble à des prix inférieurs, 22.115 francs du mètre carré pour l'un, 21.509 francs du mètre carré pour un autre. Tous les autres prix sont dans la norme de mon propre achat", explique-t-il. "Déjà engagé dans la vie politique et conscient du type d'attaque dont je pourrais un jour faire l'objet, j'ai simultanément pris la précaution de faire vérifier par la Direction des Services Fiscaux des Hauts-de-Seine Nord que ce prix était conforme aux prix du marché. La direction des services fiscaux me l'a confirmé", précise-t-il.

Cette résidence a été bâtie par le groupe Lasserre, principal promoteur de la ville de Neuilly, dont Nicolas Sarkozy était maire, et sur une zone d'aménagement concerté (ZAC) créée par Nicolas Sarkozy, précise Le Canard enchaîné.

A la charge du promoteur

Nicolas Sarkozy a en outre bénéficié de travaux restés à la charge du promoteur pour un montant de 925.000 francs, auxquels s'ajoutent 500.000 francs de ristourne sur d'autres travaux d'aménagement, ajoute l'hebdomadaire.

Dans son communiqué, Nicolas Sarkozy souligne que l'appartement lui a été vendu "en l'état futur d'achèvement" et qu'il a donc "commandé au promoteur un certain nombre d'aménagements complémentaires dont le coût s'est monté à un total d'environ 600.000 francs". "Ces aménagements complémentaires, je les ai payés en sus du prix d'achat".

"Je démens formellement des travaux somptuaires qui me sont prêtés", a dit aux journalistes le président de l'UMP, qui a dit ne pas être "impressionné" par un article qu'il a affirmé, au demeurant, ne pas avoir lu.

"S'agissant de l'escalier en chêne reliant le premier et le deuxième étage, je l'ai réglé par chèque à un artisan le 24 octobre 1997. Son coût était de 72.360 francs", précise-t-il dans son communiqué.

Le Canard enchaîné affirme que cet escalier en "chêne ciré" a été réalisé pour la somme de 94.700 francs. (Reuters)
NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 13:05

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jeudi 1 mars 2007, 17h44 Maurice Druon décerne un brevet de gaullisme à Sarkozy

ARTIGUES-DE-LUSSAC, Gironde (AP) - Nicolas Sarkozy a reçu jeudi un brevet de gaullisme de Maurice Druon lors d'une visite dans le village de l'académicien et auteur du "Chant des partisans". "C'est ma descendance. S'il avait eu l'âge, il aurait été chez de Gaulle avec moi, sûrement", a déclaré Maurice Druon après avoir reçu le candidat dans l'ancienne abbaye cistercienne où il réside, à Artigues-de-Lussac (Gironde).

Nicolas Sarkozy, qui devait tenir une réunion publique jeudi soir à Bordeaux, a tenu à faire auparavant cette visite à l'ancien ministre de la Culture et secrétaire perpétuel de l'Académie française, en compagnie d'une nombreuse délégation composée des anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, des ministres Michèle Alliot-Marie (Défense), Dominique Perben (Transports), Dominique Bussereau (Agriculture) et Jean-François Copé (Budget).

"C'était l'occasion d'aller voir Maurice Druon, un ami, un homme qui représente beaucoup dans la défense du français, un homme qui aime ce terroir. C'était l'occasion de joindre le très agréable, la culture, et peut-être aussi l'utile", a expliqué le candidat. "Maurice Druon, ça compte dans l'imaginaire des Français".

Nicolas Sarkozy a confié être ami avec l'auteur du "Chant des Partisans" "depuis des années". "Mes premières émotions littéraires, c'est 'Les Rois Maudits'", a-t-il ajouté.

Les deux hommes ont poursuivi leur échange d'amabilités lors de l'inauguration, au centre du village, d'une place Maurice-Druon. Devant la population rassemblée, l'académicien a souhaité le succès au candidat, estimant que "deux grandes conceptions politiques vont s'affronter" les 22 avril et 6 mai: "d'une part il y a celle d'une société d'assistance distribuant de petites aides pour aider de grandes misères", et d'autre part "celle d'une France grande, active, puissante, dont la prospérité générale retombera sur tous les citoyens". "C'est cette politique-là que vous incarnez", a lancé l'académicien.

"Un président de la République, ce n'est pas un homme d'un clan, d'un parti, c'est l'homme de la nation toute entière", a répondu le candidat sur le même ton gaullien. "La nation mérite d'être incarnée, défendue, représentée avec la hauteur de vue que vous attendez d'un président de la République". AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 1 mars 2007, 17h44

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Le texte de l'allocution de Jacques Chirac NOUVELOBS.COM | 12.03.2007 | 16:17

Voici le texte intégral de l'intervention par laquelle Jacques Chirac a indiqué dimanche soir 11 mars qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle.

"Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,

Ce soir, c'est avec au cœur l'amour et la fierté de la France que je me présente devant vous.

La France est une Nation ardente et indépendante. La France, c'est une Nation engagée pour la justice et pour la paix. C'est une voix qui s'élève au-dessus des intérêts particuliers.

La France, mes chers compatriotes, je l'aime passionnément. J'ai mis tout mon cœur, toute mon énergie, toute ma force, à son service, à votre service. Servir la France, servir la paix, c'est l'engagement de toute ma vie.

J'aurais voulu, bien sûr, bousculer davantage les conservatismes et les égoïsmes, pour répondre plus vite aux difficultés que connaissent certains d'entre vous. Mais je suis fier du travail que nous avons accompli ensemble. Fier d'avoir restauré avec vous des valeurs républicaines essentielles, comme le principe de laïcité. Fier d'avoir conduit des réformes importantes, pour garantir nos retraites ou mieux aider les personnes âgées dépendantes et les personnes handicapées. Fier d'avoir combattu sans relâche l'insécurité et fait reculer la délinquance. Fier de voir les Françaises et les Français engagés sur les chemins de l'innovation et de l'avenir. Fier surtout d'avoir montré que, contre le chômage, il n'y avait pas de fatalité. Même s'il faut aller beaucoup plus loin, le chômage est au plus bas depuis un quart de siècle. La France tient son rang. La France affirme sa place dans le monde.

Tout cela, c'est grâce à vous, grâce à votre talent, grâce à votre créativité. Grâce aussi, et je le mesure bien, aux efforts considérables que vous avez consentis.

Mes chers compatriotes,
Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement. Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat. D'une manière différente, mais avec un enthousiasme intact et la même passion d'agir pour vous, je continuerai à mener les combats qui sont les nôtres, les combats de toute ma vie, pour la justice, pour le progrès, pour la paix, pour la grandeur de la France.

S'agissant des échéances électorales, j'aurai l'occasion d'exprimer mes choix personnels.

Mais ce soir, et au nom de la confiance que vous m'avez témoignée, je voudrais vous adresser plusieurs messages.

D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre.
Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme.
Le vrai combat de la France, le beau combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens ! Oui, la France est riche de sa diversité ! Oui, l'honneur de la politique, c'est d'agir d'abord pour l'égalité des chances ! C'est de permettre à chacun, à chaque jeune, d'avoir sa chance. Ce combat, malgré tous les obstacles, et même si je mesure le chemin qui reste à parcourir, il est désormais bien engagé. Il doit nous unir dans la durée. C'est l'une des clés de notre avenir.

Mon deuxième message, c'est que vous devez toujours croire en vous et en la France.
Nous avons tant d'atouts. Nous ne devons pas craindre les évolutions du monde. Ce nouveau monde, il faut le prendre à bras-le-corps. Il faut continuer à y imprimer notre marque. Et il faut le faire sans jamais brader notre modèle français. Ce modèle, il nous ressemble. Et surtout il est profondément adapté au monde d'aujourd'hui, si nous savons le moderniser en permanence. Nous devons poursuivre résolument dans la voie de la réforme, en faisant toujours le choix du travail, de l'innovation et de l'esprit d'entreprise.

Mon troisième message c'est l'Europe.
Lors du référendum, vous avez exprimé vos doutes, vos inquiétudes, vos attentes. Il est vital de poursuivre la construction européenne. Les nationalismes qui ont fait tant de mal à notre continent peuvent renaître à tout moment. Et ce n'est pas seuls que nous ferons face aux bouleversements économiques du monde. La France doit affirmer l'exigence d'une Europe puissance. D'une Europe politique. D'une Europe qui garantisse notre modèle social. C'est notre avenir qui est en jeu. Portons toujours cet idéal et cette volonté.

Mon quatrième message, c'est que la France n'est pas un pays comme les autres.
Elle a des responsabilités particulières, héritées de son histoire et des valeurs universelles qu'elle a contribué à forger. Ainsi, face au risque d'un choc des civilisations, face à la montée des extrémismes notamment religieux, la France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et entre les cultures. L'enjeu : c'est la paix, c'est la sécurité du monde.

De même, il serait immoral et dangereux de laisser, sous l'effet d'un libéralisme sans frein, se creuser le fossé entre une partie du monde de plus en plus riche et des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants abandonnés à la misère et au désespoir. Le devoir de la France, c'est de peser de tout son poids pour que l'économie mondiale intègre la nécessité du développement pour tous.

Enfin, il y a la révolution écologique qui s'engage. Si nous ne parvenons pas à concilier les besoins de croissance de l'humanité et la souffrance d'une planète à bout de souffle, nous courons à la catastrophe. C'est une révolution dans nos esprits tout autant qu'à l'échelle mondiale qu'il faut mener. Pour concevoir un nouveau mode de relation avec la nature et inventer une autre croissance. Avec sa recherche, avec ses entreprises, avec son agriculture, avec l'avance qu'elle a prise dans le nucléaire et les choix résolus qu'elle a faits dans les énergies renouvelables, la France a tous les atouts pour relever ce défi majeur du XXIe siècle.

Mes chers compatriotes,
Vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir. Pas un instant, vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime. Cette France riche de sa jeunesse, forte de son histoire, de sa diversité, assoiffée de justice et d'envie d'agir. Cette France qui, croyez-moi, n'a pas fini d'étonner le monde.
Vive la République ! Vive la France !"
NOUVELOBS.COM | 28.02.2007 | 13:05

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> Tollé autour du ministère de "l'immigration et de l'identité nationale" proposé par Sarkozy LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 10.03.07 | 10h37 • Mis à jour le 11.03.07 | 11h15

Je veux un ministère de l'immigration et de l'identité nationale", avait annoncé, jeudi soir 8 mars, le candidat UMP lors de l'émission "A vous de juger" sur France 2. Depuis, Nicolas Sarkozy est accusé de "lepénisation" et de"xénophobie" à gauche et au centre.

En visite au salon de l'agiculture samedi matin, la candidate PS à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, a qualifié d'"assez ignoble" ce qu'elle a appelé "l'amalgame" fait par Nicolas Sarkozy "entre les immigrés et l'identité française". "Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l'identité française et les travailleurs immigrés, étrangers qui viennent ici pour contribuer à la croissance économique et qui, je le rappelle quand même, viennent à la demande des entreprises", a-t-elle déclaré."Jamais les travailleurs immigrés n'ont menacé l'identité française, a-t-elle protesté. Au contraire, les immigrés réguliers, qui sont demandés par les entreprises, viennent en France souvent faire un travail que les Français ne veulent pas faire".

Vendredi, le premier secrétaire du PS, François Hollande, avait dénoncé un "flirt poussé" avec les thèses du Front national.

"OUVERTURE À L'EXTRÊME DROITE"

Le candidat centriste, François Bayrou, qui a été l'une des premières personnalités à réagir aux propos de M. Sarkozy, a jugé, que le candidat de l'UMP avait franchi "une frontière". "Enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale, je ne sais pas si vous voyez ce que ça cherche à évoquer mais je dis qu'il y a là une frontière franchie". Il a invité Simone Veil, figure de la vie politique française et rescapée des camps de la mort nazis, à réagir à cette proposition.

La communiste Marie-George Buffet a qualifié, elle, les propos du candidat UMP "xénophobes et racistes". "Accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire", a déclaré la candidate communiste dans un communiqué. Et d'ajouter :"Réveiller ainsi l'époque de Vichy pour mieux donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national est indigne d'un candidat républicain à l'élection présidentielle".

Pour Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy s'est livré à une "petite opération de racolage" sur ses terres. Quant aux associations de défense des droits des immigrés, SOS-Racisme a fait part de sa "totale désapprobation" face aux mesures défendues par le ministre de l'intérieur tandis que la Ligue des droits de l'homme (LDH) a estimé que le fait d'associer les deux termes conduisait à une "lepénisation" et équivalait à une "ouverture à l'extrême droite." Le MRAP a exprimé son indignation "face aux idéologies vichystes qui reviennent en force"."Nicolas Sarkozy n'hésite pas à flirter avec les pires heures du passé", a estimé le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples dans un communiqué.

"RIEN DE CHOQUANT"

Les porte-parole de Nicolas Sarkozy ont répliqué que cette polémique était infondée et qu'il n'y avait "rien de choquant" à relier les mots "immigration" et "identité nationale", dont "personne n'est propriétaire", et que c'était "tout aussi nécessaire qu'opportun". Xavier Bertrand et Rachida Dati ont également défendu les nouvelles conditions souhaitées par Nicolas Sarkozy pour le regroupement familial. "Affirmer que la France ne doit accueillir que les migrants qui parlent et écrivent le Français, aiment la France, respectent ses valeurs est aussi fondamental que de reconnaître que l'identité française s'enrichit avec l'arrivée de nouveaux migrants", ont-ils expliqué.

Nicolas Sarkozy, lui, a estimé, vendredi soir lors d'un déplacement en Basse-Normandie, que les Français trancheraient. "L'intégration et l'identité nationale, ce ne sont pas des gros mots, ça existe. Ce sont de bien petites polémiques. Mais si on veut m'interdire de parler de l'identité nationale, faisons le débat avec les Français", a-t-il déclaré aux journalistes. "Je ne vois pas comment on peut faire de l'intégration sans parler de ce que nous sommes", a-t-il conclu.
LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 10.03.07 | 10h37 • Mis à jour le 11.03.07 | 11h15

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Borloo pose ses conditions à son ralliement à Sarkozy LE MONDE | 13.03.07 | 14h52 • Mis à jour le 13.03.07 | 14h52

Son choix, tardif, est fait : Jean-Louis Borloo est prêt à s'engager au côté de Nicolas Sarkozy... pour peu que ce dernier reprenne le programme de l'actuel ministre de l'emploi et de la cohésion sociale. "Si ce programme n'est pas repris, martèle M. Borloo, je peux ne soutenir personne." Le candidat de l'UMP, lui, va donc recevoir le livre L'Architecte et l'horloger (Editions du Moment). Il découvrira la "tour EFEL" borloosienne, "les quatre piliers sur lesquels on construit une société, les quatre priorités du prochain gouvernement" : emploi, formation, équité et logement.

En 55 pages (suivies d'un entretien avec le journaliste Gérard Leclerc) qu'il a présentées, mardi 13 mars, à la presse, M. Borloo fait de son action à la tête du ministère de la cohésion sociale, de son expérience aussi de maire de Valenciennes, l'alpha et l'oméga de la future action gouvernementale. "Architecte", il veut reconstruire les piliers de ses quatre causes nationales. "Horloger", il veut régler les rouages - "pour ne pas prendre de retard" -, qui régissent la nouvelle "mosaïque de cultures, de métiers et de pouvoirs".

Atteindre les 100 % de qualifiés, réduire le temps partiel subi, créer un "office national pour l'habitat", autant de propositions sur des thématiques bien connues. Mais, insiste-t-il, ces objectifs ne valent que par la méthode qu'il propose pour les atteindre. "Il faut savoir mettre tout le monde autour de la table, syndicats, patronat, collectivités territoriales, associations, etc.", explique M. Borloo.

Les objectifs sont donc clairs, même si les moyens politiques pour mettre en oeuvre ce programme restent encore flous. C'est non pour Bayrou : "S'il est élu face à Sarkozy, il sera le champion de la gauche et si c'est face à Royal, il sera celui de la droite." Non plus encore pour Royal : "J'ai mis mes idées au clair, je ne change pas de famille politique."

M. Borloo attend donc un signe de Nicolas Sarkozy. Mais celui qui "aurait pu être candidat" refuse d'"être une caution". Quand on lui fait remarquer que certaines orientations du candidat de l'UMP semblent peu conciliables avec sa vérité (ministère de l'identité nationale, dialogue social...), M. Borloo relativise : "Nicolas Sarkozy et moi, on n'est pas fait pareil mais ce n'est pas pour autant qu'on n'est pas capable de faire équipe."

"Le président de la République fait la politique étrangère et sert de corde de rappel, de rassembleur, mais il ne décide pas la politique au jour le jour", ajoute-t-il, soulignant l'importance que prend alors le choix du premier ministre. S'il n'est pas appelé à ce poste, serait-il prêt à entrer dans le gouvernement d'un François Fillon ? "Je n'ai pas une envie ministérielle telle que je ferai les choses à contre-coeur." Et la mairie de Paris ? Pour l'ancien maire de Valenciennes, il n'en est pas (encore) question. Même si, certains, dans l'entourage de M. Sarkozy, expliquent que la voie pourrait être dégagée, pour peu qu'un ministère (parité oblige) soit proposé à la candidate UMP, Françoise de Panafieu.
Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn, Le Monde, Article paru dans l'édition du 14.03.07.

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Sarkozy conteste les accusations du Canard NOUVELOBS.COM | 14.03.2007 | 11:53

L'hebdomadaire affirme que le candidat UMP aurait concédé un rabais de 775.000 euros au promoteur Lasserre sur des terrains municipaux à Neuilly. Quelques mois plus tard, le couple Sarkozy avait acheté un appartement construit sur ces terrains.

Nicolas Sarkozy aurait concédé en avril 1997 un rabais de cinq millions de francs (775.000 euros) au promoteur Lasserre sur des terrains municipaux de l'île de la Jatte, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), selon Le Canard Enchaîné paru mercredi 14 mars. Une accusation dont se défend Nicolas Sarkozy. Dans son édition du 27 février, le journal satirique avait déjà dénoncé l'acquisition par le candidat de l'UMP, à une valeur bien en dessous de celle du marché, d'un duplex sur cette même île de la Jatte. Pour la troisième semaine consécutive, le journal met en cause Nicolas Sarkozy.

Réduction

Alors maire de Neuilly, il aurait cédé en avril 1997 au promoteur Lasserre un terrain sur l'île de la Jatte avec un rabais de 775.000 euros. Quelques mois plus tard, le couple Sarkozy aurait acheté au même promoteur un duplex de 233m2 avec une réduction de plus de 300.000 euros.

Le candidat UMP se défend de ces accusations dans les colonnes du journal. "La ville de Neuilly et la Sem 92 ont fait face en 1997 à un effondrement du marché immobilier (...) Dans ce contexte les nombreux promoteurs contactés se refusaient à réaliser la troisième tranche de la ZAC de l'île de la Jatte", affirme-t-il.

"Il était indispensable de vendre les terrains et c'est ainsi (que) les parcelles de la troisième tranche" ont été cédées "à un prix adapté à la réalité du marché au seul promoteur qui acceptait de s'engager sur la réalisation de cette troisième tranche", justifie Nicolas Sarkozy. (AP)
NOUVELOBS.COM | 14.03.2007 | 11:53

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vendredi 16 mars 2007, 17h03 Simone Veil critique le projet Sarkozy sur l'immigration

PARIS (AFP) - Simone Veil, qui a exprimé son soutien à Nicolas Sarkozy, critique le projet du candidat de l'UMP de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, dans une interview à l'hebdomadaire Marianne à paraître cette semaine.

"Je n'ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë. J'aurais préféré parler d'un ministère de l'immigration et de l'intégration", explique Mme Veil à propos de ce projet très controversé, selon le texte diffusé par Marianne par courrier électronique.

Comme on lui demande si elle a fait part de son désaccord à M. Sarkozy, Mme Veil répond: "Il est très difficile à joindre en ce moment. Mais je compte bien lui en parler. Je lui ai toujours dit ce que j'en pensais".

"Nicolas Sarkozy, pour moi, est le plus qualifié pour devenir président de la République, même si je ne suis pas toujours d'accord avec certaines de ses positions ou de ses attitudes", ajoute Mme Veil.

"On doit prendre position, on ne peut pas se défausser", affirme-t-elle.

M. Sarkozy, interrogé sur cette réaction de Mme Veil vendredi en marge d'un déplacement, a estimé que "chacun avait le droit d'avoir sa propre opinion".

Mme Veil déclare en outre concernant la candidate socialiste: "Je ne suis pas socialiste (...) mais j'admire la force et le courage de Ségolène Royal de s'être engagée dans ce combat".

En revanche, Mme Veil réitère ses critiques contre François Bayrou, candidat UDF, affirmant qu'"il n'a pas la carrure d'un président". "Aujourd'hui, ses propositions me paraissent très peu démocratiques", précise-t-elle.
Yahoo.fr, actualités,

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Simone Veil : Bayrou "est le pire de tous" NOUVELOBS.COM | 17.03.2007 | 10:13

Le candidat UDF est "une imposture", estime l'ancienne ministre centriste. "Tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue".

L'ancienne ministre centriste Simone Veil, qui a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle, considère que "Bayrou, c'est le pire de tous" les candidats.

Selon le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France du samedi 17 mars, Simone Veil, qui était invitée vendredi matin par le grand rabbin de France, Joseph Sitruck, élevé au grade de commandeur de la légion d'honneur dans les salons de l'Elysée, a qualifié la candidature de François Bayrou d'"imposture". "Tout ce qu'il a été capable de faire lorsqu'il était ministre de l'Education nationale, c'est de mettre un million de personnes dans la rue", au moment de la remise en cause de la loi Falloux sur le financement de l'école privée.

"Aucune base"

"Personne ne semble voir les conséquences que ce vote aurait sur la démocratie", poursuit l'ancienne membre du Conseil Constitutionnel. "Quand il n'y a plus de partis, on installe un système totalitaire. Son projet de cohabitation ne repose sur aucune base." Car pour Simone Veil, la situation politique française est très différente de celle d'outre-Rhin: "quand il y a une alliance en Allemagne, cela se discute longtemps à l'avance et sur un vrai projet politique."

Simone Veil est aussi revenue sur son désaccord avec la proposition de Nicolas Sarkozy, dont elle préside le comité de soutien, de créer un ministère de "l'immigration et de l'identité nationale": "J'aurai préféré de loin Immigration et Intégration. Le choix des mots, c'est important en politique", commente-t-elle. L'ancienne ministre de la Santé d'Edouard Balladur précise qu'elle n'était déjà pas d'accord avec les termes de "Karcher" et "racaille" employés par le ministre de l'Intérieur, mais affirme: "il faut choisir et j'ai choisi. Je ne suis pas socialiste et Bayrou c'est pire".
NOUVELOBS.COM | 17.03.2007 | 10:13

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Yvan Colonna demande à la justice de condamner Nicolas Sarkozy LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.03.07 | 15h55 • Mis à jour le 19.03.07 | 15h55

Entouré de gendarmes, dans une salle elle-même surveillée par les forces de l'ordre, Yvan Colonna, accusé de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998, a demandé, lundi 19 mars devant le Tribunal de Paris, la condamnation de Nicolas Sarkozy pour "atteinte à la présomption d'innocence".

Le berger de Cargèse reproche au ministre de l'intérieur et candidat UMP à l'élection présidentielle, de l'avoir à plusieurs reprises publiquement présenté comme coupable, alors que son procès ne débutera qu'à l'automne, devant la cour d'assises spéciale de Paris.

"En tant que juriste de formation [M. Sarkozy est avocat], il sait en connaissance de cause qu'il n'aurait pas dû employer ces termes", a affirmé M. Colonna. D'autant qu'il est le président du premier parti de France, candidat à la présidentielle et ministre de l'intérieur"et bénéficie donc d'un large écho médiatique", a-t-il ajouté.

Yvan Colonna a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir ainsi exercé "une pression inacceptable et intolérable sur l'ensemble de l'appareil judiciaire". Il demande 15 000 euros pour ses frais de justice et souhaite la publication du jugement dans trois journaux et sur des sites Internet.

LE PARQUET POUR UN REJET DE LA DEMANDE

Nicolas Sarkozy s'était félicité, lors d'un meeting en 2003, de l'arrestation de l'assassin du préfet Erignac, mais ces propos sont aujourd'hui prescrits. Le 5 janvier 2007, en visite en Corse, il s'était vu demander s'il pensait qu'Yvan Colonna était l'assassin, et avait répondu : "il n'y a pas que moi qui le pense, sinon je ne pense pas qu'on l'aurait gardé en prison".

Yvan Colonna se réfère aussi au discours de Nicolas Sarkozy lors de son investiture comme candidat par l'UMP, le 14 janvier 2007. Il avait vanté la "République réelle à laquelle (il) croit, celle qui met en prison l'assassin présumé du préfet Erignac".

Le parquet a soutenu le rejet de la demande d'Yvan Colonna, estimant que les propos litigieux du ministre de l'intérieur ne faisaient que décrire la situation juridique du suspect.

Les avocats du candidat ont nié qu'il ait voulu porter atteinte aux droits d'Yvan Colonna. "Quel que soit le sort qui sera réservé électoralement à Nicolas Sarkozy, il sera jugé en toute indépendance et en toute loyauté", a dit Me Thierry Herzog.
La décision du juge des référés sera rendue le 4 avril.
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 19.03.07 | 15h55 • Mis à jour le 19.03.07 | 15h55

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mercredi 21 mars 2007, 21h26 François Bayrou s'en prend violemment au "mépris" de Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) - François Bayrou s'en est violemment pris mercredi soir au "mépris" du candidat UMP Nicolas Sarkozy, qui s'est moqué de son image d'homme au tracteur: "il n'aurait pas dit la même chose si j'avais commencé dans la vie non pas en travaillant de mes mains mais en héritant de mon papa d'un grand groupe multimilliardaire!".

"J'ai bien entendu avant hier Nicolas Sarkozy se moquer du tracteur, qui a en effet été (...) une part si importante de ma jeunesse", a-t-il dit lors de son meeting au Zénith de Paris. "Il a dit: 'tout de même la cinquième puissance mondiale, cela mérite autre chose qu'un sourire' -ça j'imagine que c'était pour Ségolène Royal- 'ou qu'un tracteur'".

"J'ai très bien entendu le message. J'ai très bien entendu le mépris", a lancé le candidat UDF. "Il est des gens pour qui les paysans et les ouvriers, et les professeurs sans doute, et au fonds tous ceux qui font vivre la France ne méritent que condescendance et petits sourires".

Mais "je suis fier d'avoir travaillé de mes mains", a assuré le candidat UDF. C'est "plus formateur (..) de savoir ce que c'est de marner" et "de rencontrer en sortant de chez soi autre chose que les milliardaires du CAC 40 et les vedettes du show biz".

Et "si je dois choisir entre être le président du CAC 40 et celui des ouvriers et des paysans et des artisans, et des enseignants et des médecins et des infirmières, mon choix est tout fait!". AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 21 mars 2007, 21h26

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mercredi 21 mars 2007, 20h58 Le soutien du président Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy

PARIS (AFP) - Le président Jacques Chirac a annoncé mercredi 21 mars 2007 lors d'une allocution radiotélévisée, que Nicolas Sarkozy quitterait le ministère de l'Intérieur lundi 26 mars, pour "se consacrer pleinement" à la campagne présidentielle.

Le chef de l'Etat en a profité pour apporter son "vote" et son "soutien" au candidat UMP à la présidentielle.
Yahoo.fr, actualités, mercredi 21 mars 2007, 20h58

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jeudi 5 avril 2007, 8h25 Nicolas Sarkozy "sensible" au soutien de Bernard Tapie

PARIS (AP) - Le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi matin être "sensible" au soutien de Bernard Tapie.

"Il vaut mieux être dans une période de la campagne où on rassemble très au-delà de sa famille plutôt qu'on divise", a-t-il noté sur Canal+. "D'autres hommes de gauche qui me rejoignent, j'y suis sensible".

"Ce qui compte c'est que celui qui gagne sur un projet ouvre, parce que le Président ne peut pas être l'homme d'un parti, l'homme d'un clan, l'homme d'une secte", a plaidé le président de l'UMP qui n'a pas "négocié" avec Bernard Tapie, ancien ministre de François Mitterrand. Il a cependant écarté la possibilité qu'il soit ministrable, répondant "dans un autre cas de figure".

Le candidat de l'UMP a jugé que "l'ouverture avant d'avoir gagné c'est complexe: même si on met les meilleurs joueurs du monde dans la même équipe, s'il n'y a pas de système de jeu, si les uns jouent le marquage individuel, quand les autres jouent la zone, cela ne peut pas marcher".

En tant qu'"homme libre", "je leur dis à ceux qui m'aident, me rejoignent, me soutiennent: restez ce que vous êtes mais leur demande de me laisser être ce que je suis", a ajouté Nicolas Sarkozy. "Si on additionne gens qui se ressemblent, on additionne rien du tout".

Et de se présenter comme "meneur de jeu, disons le Jean-Michel Larqué de l'époque". AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 5 avril 2007, 8h25

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Elysée 2007 Bernadette Chirac à Lyon : Nicolas Sarkozy est "le meilleur" NOUVELOBS.COM | 06.04.2007 | 13:53

L'épouse du chef de l'Etat était aux côtés du candidat UMP lors d'une réunion publique. "Je pense que Nicolas Sarkozy est le meilleur pour relever les défis de demain", a-t-elle déclaré. Pour gagner, a-t-elle ajouté, "il faut travailler".

Bernadette Chirac a déclaré jeudi 5 avril au soir que Nicolas Sarkozy était "le meilleur pour relever les défis de la France de demain", à l'issue d'une réunion publique du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, à Lyon.

"Si je suis là, c'est évidemment parce que je le soutiens", a dit l'épouse du président Jacques Chirac à la presse avant de repartir à Paris dans l'avion de l'ex-ministre de l'Intérieur.

"Je pense que Nicolas Sarkozy est le meilleur pour relever les défis de la France de demain, pour porter les espérances de la France de demain. Et donc je fais tout ce que je peux pour l'aider à gagner", a-t-elle ajouté. "Ensemble, on peut gagner."

Priée de dire si elle voyait Nicolas Sarkozy élu le 6 mai prochain, elle a répondu, après une fraction de seconde d'hésitation : "Oui, oui, mais il faut travailler."

"Rassemblement de toute une famille"

Plus que le discours du candidat, qui s'en est pris à "la bonne conscience de gauche" devant environ 15.000 personnes, à Eurexpo, en banlieue lyonnaise, c'est la présence symbolique de Bernadette Chirac qui a constitué l'événement de cette soirée.

Sa venue est "l'image du rassemblement de toute une famille (...) C'est un témoignage d'amitié qui me touche beaucoup", a déclaré Nicolas Sarkozy quelques heures avant le meeting.

Le candidat de l'UMP à l'Elysée a fait son entrée dans le hall d'Eurexpo aux côtés de l'épouse du chef de l'Etat, vêtue d'un tailleur noir et d'un col roulé beige. Ils ont fendu la foule en distribuant sourires et poignées de mains.

Au pied de la tribune, Nicolas Sarkozy a saisi la main de Bernadette Chirac pour la brandir au dessus de leurs têtes. Une scène que le public n'a pu voir que par l'intermédiaire d'écrans géants. Puis, l'épouse de Jacques Chirac s'est assise au premier rang, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement.

"Trait d'union"

Nicolas Sarkozy a rendu un vibrant hommage à l'épouse du Président, au début de son discours.

"Je voudrais dire à Bernadette Chirac que, pour nous deux, c'est une forme d'aboutissement", a-t-il lancé. "Jamais je n'ai perdu votre confiance, toujours, nous nous sommes parlé et si aujourd'hui la famille est réunie, c'est parce que, Madame, au moment où ça a été moins cinq, vous avez su être un trait d'union. Cette unité de la famille, je veux vous la dédier."

Nicolas Sarkozy qui avait choisi en 1995 de soutenir la candidature d'Edouard Balladur à la présidentielle plutôt que celle de Jacques Chirac a eu, ces douze dernières années, des relations houleuses avec le chef de l'Etat.

Dans un court message, Jacques Chirac a cependant annoncé le mois dernier qu'il apportait son soutien et son vote à son ancien ministre de l'Intérieur.

Bernadette Chirac a déclaré être venue à Lyon avec l'accord du chef de l'Etat : "Sans son accord, je ne serais pas venue. Il m'a absolument encouragée à venir partager cette réunion très importante", a-t-elle déclaré.

Côte à côte à la tribune

Elle a rappelé qu'elle avait rencontré "régulièrement" Nicolas Sarkozy quand il était au gouvernement et affirmé qu'elle avait "toujours été très heureuse de converser avec lui" de "choses très importantes".

"Il me parlait de son programme, de ses combats et moi j'essayais de lui donner de l'écoute", a-t-elle ajouté. "C'est très important pour un homme politique important d'avoir de l'écoute, et peut-être un tout petit peu de la part de l'épouse du chef de l'Etat."

Interrogée sur la volonté affichée par Nicolas Sarkozy de "rupture" avec les politiques du passé, Bernadette Chirac s'est montrée pleine de compréhension pour le candidat de l'UMP.

"Chaque époque a sa propre vision, le monde change, chaque époque envisage son programme", a-t-elle dit. "Il est normal qu'un futur président de la République ait son programme. Mais je n'ai jamais observé que Nicolas Sarkozy soit en contradiction ou en opposition avec les initiatives ou les programmes que mon mari a initiés pendant ses douze ans de présidence."

A la fin de son discours, Nicolas Sarkozy avait fait monter Bernadette Chirac à la tribune, où ils ont chanté côte à côte la Marseillaise. "Il y a une forte émotion chez moi ce soir. J'essaye d'être pudique, de ne pas la montrer", confiait peu après Bernadette Chirac. "Je suis très heureuse d'être là ce soir auprès de Nicolas Sarkozy, c'est très important pour la France."

Priée de dire si elle participerait à d'autres réunions publiques du candidat de l'UMP, elle a répondu : "Peut-être, s'il me le demande." (Reuters)
NOUVELOBS.COM | 06.04.2007 | 13:53

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vendredi 6 avril 2007, 19h25 Présidentielle: Sarkozy exclut à nouveau de participer à un débat avec deux ou trois candidats

PARIS (AP) - Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois exclu vendredi de participer à un débat avec une partie seulement des candidats à l'élection présidentielle, se refusant à "mépriser" les autres.

Le candidat de l'UDF François Bayrou a proposé mardi qu'un débat à quatre -Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen et lui- se tienne sur Internet pour contourner les règles d'égalité des temps de parole imposées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel.

"S'il est au deuxième tour, je débattrai avec lui", a promis sur i>télé le candidat de l'UMP, s'étonnant de "tous ces gens" qui "veulent débattre maintenant qu'on n'y a pas le droit". "J'étais tout à fait d'accord pour débattre, Ségolène Royal avait refusé".

"La règle, c'est qu'il y a douze candidats labellisés par le Conseil constitutionnel et la loi française, c'est de dire le même temps pour chacun", a rappelé Nicolas Sarkozy. "Comme Internet n'existait pas au moment où il y a eu cette loi, c'est hors système. Au nom de quoi je vais aller débattre avec deux ou trois candidats et mépriser tous les autres", s'est-il interrogé. AP
Yahoo.fr, actualités, vendredi 6 avril 2007, 19h25

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mardi 10 avril 2007, 18h45 Pédophilie: Sarkozy confirme, la gauche fulmine

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy se dit "totalement imperturbable" face à la polémique née de ses déclarations sur l'origine génétique de la pédophilie, des propos que l'UMP tente de minimiser et que la gauche et une partie de la droite dénoncent.

"Quelle est la différence entre l'inné et l'acquis ? Je me garderai bien de la trancher mais ces questions-là il y a beaucoup de gens qui se les posent", a déclaré à la presse le candidat présidentiel de l'UMP lors d'un déplacement à Tours.

Vivement critiqué par Ségolène Royal, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen et des spécialistes pour avoir déclaré à Philosophie Magazine qu'il inclinait "à penser qu'on naît pédophile", l'ancien ministre de l'Intérieur a fustigé l'élitisme de ses adversaires et leur "pensée unique".

"Il y a un certain nombre de candidats qui n'ont pas compris qu'une campagne électorale c'était fait pour débattre, qui sont tellement membres des élites et de la pensée unique qu'on ne peut plus rien dire", a-t-il déclaré.

"C'est l'éternel débat autour de l'inné et de l'acquis", a expliqué à la presse Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. "Il s'agissait d'un débat avec un philosophe et il est normal que dans un débat toutes les nuances, toutes les perspectives, toutes les hypothèses soient avancées", a-t-il ajouté.

Patrick Ollier, président de l'Assemblée nationale et député UMP, a jugé pour sa part que "Nicolas Sarkozy n'a rien dit qui puisse choquer les gens". Il a estimé, devant les agences de presse, "choquant qu'on crée une polémique sur des interrogations et des orientations qu'un candidat formule sur des sujets aussi importants dans la société que la pédophilie".

FEU NOURRI A GAUCHE

Christiane Taubira, député PRG et soutien de Ségolène Royal, a constaté quant à elle "une confrontation essentielle entre sa vision de la société et la nôtre".

"Nous n'avons pas l'intention de considérer (ces propos) comme une diversion ou comme un fait divers mais comme une révélation profonde" de sa conception d'une société "où tout est joué et où la politique ne sert strictement à rien", a-t-elle déclaré lors du point de presse du Parti socialiste.

Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, s'est interrogé devant la presse : "Comment se fait-il qu'on n'ait pas dénoncé davantage cet imprégnation idéologique digne de la scientologie ?".

Pour Laurent Fabius, "cette prise de position, inspirée des néoconservateurs américains, traduit une vision de l'homme et de la société malheureusement assez proche de l'eugénisme".

Marie-George Buffet, candidate communiste à l'élection présidentielle, a jugé "extrêmement graves" des propos, qui, a-t-elle dit sur RMC et BFM TV, rappellent "des choses qu'on a entendues à d'autres époques".

Selon elle, "on revient sur tout ce qui a été l'évolution des sciences dans notre société. C'est-à-dire reconnaître que chaque homme, chaque femme est libre et non pas qu'il est prédestiné ou que dans ses gènes il y aurait déjà toute sa vie qui serait inscrite et qu'il serait incurable".

Interrogé sur France Inter, Philippe de Villiers, candidat du MPF, s'est dit quant à lui "abasourdi" par des propos qui "relèvent d'un autre âge".
Yahoo.fr, actualités, mardi 10 avril 2007, 18h45

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Yvan Colonna débouté de son action contre Nicolas Sarkozy LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.04.07 | 18h29 • Mis à jour le 04.04.07 | 20h29

Yvan Colonna, accusé de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, a été débouté, mercredi 4 avril, de son action en référé contre Nicolas Sarkozy pour "atteinte à la présomption d'innocence" par le tribunal de grande instance de Paris. Il a annoncé son intention de faire appel de la décision. Le nationaliste corse, qui doit comparaître à l'automne devant la Cour d'assises spéciale de Paris, reprochait à M. Sarkozy de l'avoir à plusieurs reprises présenté publiquement comme coupable avant tout jugement.

UNE ACTION JUGÉE "COHÉRENTE"

Le Tribunal de grande instance de Paris a estimé que les propos litigieux du ministre de l'intérieur, même s'ils "suscitaient une impression certaine de culpabilité" d'Yvan Colonna, ne le présentaient pas comme l'auteur du crime et ne portaient pas atteinte à ses droits. Par ailleurs, souligne le juge, "rien ne permet de considérer aujourd'hui que l'indépendance ou l'impartialité de la Cour d'assises, qui va connaître des faits reprochés à Yvan Colonna, puissent être altérées par les propos litigieux".

Me Gilles Simeoni à la presse, avocat d'Yvan Colonna, a déclaré à la presse :"Nous sommes convaincus que le droit est avec nous (...) S'il s'agissait de deux individus lambda, le juge des référés aurait prononcé une condamnation. Mais la personnalité de M. Sarkozy ainsi que la proximité de l'élection présidentielle ont probablement joué dans la décision du magistrat."

LES FRAIS DE JUSTICE À LA CHARGE DE M. COLONNA

Arrêté en juillet 2003 après quatre ans de fuite et emprisonné depuis dans l'attente de son procès, Yvan Colonna reprochait à Nicolas Sarkozy d'avoir attenté à la "présomption d'innocence". Le 5 janvier 2007, lors d'un déplacement à Sainte-Lucie-de-Tallano (Corse-du-Sud), notamment, un journaliste avait demandé à M. Sarkozy : "Vous pensez qu'il est l'assassin comme vous l'avez dit le jour de son arrestation ?" Le ministre de l'intérieur avait alors répondu : "Il n'y a pas que moi qui le pense sinon je ne pense pas qu'on l'aurait gardé en prison."

Le 14 janvier, lors de son investiture par l'UMP pour la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait vanté la "république réelle à laquelle [il] croit, celle qui met en prison l'assassin présumé du préfet Erignac". Le tribunal remarque dans ses attendus que dans le premier discours, Nicolas Sarkozy ne fait pas référence à la culpabilité d'Yvan Colonna mais au fait qu'il est en prison. La seconde fois, il parle d'assassin "présumé, c'est-à-dire hypothétique ou supposé, aucunement certain", souligne le tribunal.

Le berger de Cargèse, qui demandait 15 000 euros pour ses frais et souhaitait la publication du jugement, devra payer les frais de justice du candidat et ancien ministre de l'intérieur.
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 04.04.07 | 18h29 • Mis à jour le 04.04.07 | 20h29

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La branche armée d'Al-Qaeda frappe Alger A Alger, mercredi. (REUTERS) Ce groupe a revendiqué les deux attentats qui ont frappé la capitale algérienne hier.
Libération, Par SERVICE ETRANGER QUOTIDIEN : jeudi 12 avril 2007

Deux attentats quasi simultanés ont fait au moins 24 morts et 222 blessés hier dans la matinée à Alger, selon un bilan encore provisoire. Ils ont été perpétrés à l'aide de voitures piégées conduites par des kamikazes. Le premier a visé le palais du gouvernement, en plein centre-ville de la capitale algérienne. Cette imposante bâtisse abrite les services du Premier ministre ainsi que plusieurs ministères, dont celui de l'Intérieur. Une voiture piégée a explosé à l'entrée du palais.
La déflagration a dévasté le poste de garde et une façade du palais sur huit étages, tuant très certainement les policiers en faction. Elle a également soufflé les fenêtres de dizaines d'immeubles alentour. L'autre attentat, apparemment perpétré à l'aide de deux autres voitures piégées qui ont explosé en même temps, a eu lieu à Bab Ezzouar, en banlieue est de la ville, sur la route de l'aéroport international d'Alger et près de l'une des plus importantes universités du pays. Un début de panique s'est emparé des étudiants. Selon l'agence de presse officielle algérienne APS, la cible était un commissariat.

Le Premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, a condamné des actions «criminelles et lâches».
Dans l'après-midi, le groupe Al-Qaeda au Maghreb islamique a revendiqué les attentats, d'abord par un appel à la chaîne de télévision Al-Jezira, puis sur un site Internet islamiste utilisé régulièrement par le réseau terroriste de Ben Laden. Le site a mis aussi en ligne les photos des trois auteurs des attentats, qu'il identifie. «Nous ne serons en paix que lorsque nous aurons libéré toute la terre d'Islam [...] et que nous aurons repris pied dans notre Andalousie spoliée et notre Qods [Jérusalem, ndlr] violée», avertit le communiqué.

Les attentats d'hier surviennent cinq jours après un dur accrochage entre l'armée et un groupe islamiste à Aïn Defla, à 160 km à l'ouest d'Alger, au cours duquel neuf militaires ont été tués. En Kabylie, dans la région de Béjaïa, plusieurs milliers de militaires mènent depuis trois semaines une vaste traque d'islamistes armés. Le 13 février, six personnes avaient été tuées dans une série d'attentats. (avec AFP, Reuters)

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lundi 16 avril 2007, 16h07 Sarkozy en pélerinage à Colombey-les-deux-Eglises à six jours du premier tour

COLOMBEY-LES-DEUX-EGLISES, Haute-Marne (AP) - A six jours du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy est allé lundi à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne) se recueillir sur la tombe du général Charles de Gaulle.

Le général de Gaulle "incarnait la passion au service de l'intérêt général, l'oubli de soi, la fidélité à ses convictions". "Ses valeurs n'ont pas pris une ride", a déclaré le candidat de l'UMP à son arrivée. "Colombey, c'est le témoignage d'une époque où la France ne doutait pas d'elle-même, et le général de Gaulle, c'est le symbole de l'espérance", a ajouté M. Sarkozy.

Dans une allusion aux appels en faveur d'un accord PS-UDF pour lui barrer la route de l'Elysée, le candidat de l'UMP a réaffirmé sa volonté de "parler à l'ensemble des Français", marquant son refus des "petites combinaisons" au moment "où il y a tant de déclarations, de tentatives d'alliance de partis, de boutiques".

Il a répété son souhait de redonner aux Français leur "fierté" et son refus de la "repentance systématique". "Je veux être dans la continuité de l'histoire de la France", a déclaré le candidat de l'UMP. "Peut-être que la rupture que j'appelle dans la façon de faire de la politique, c'est retrouver le sens de l'identité nationale française", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy s'est ensuite recueilli, seul, pendant quelques instants, devant la tombe du fondateur de la Ve République. Il est également allé à la Boisserie, demeure du général de Gaulle, et au pied de l'immense croix de Lorraine dressée sur une colline voisine de Colombey à la mémoire du chef de la France Libre.

Cette visite n'avait pas été annoncée à la presse. Le déplacement a été couvert par un pool de journalistes. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 16 avril 2007, 16h07

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Nicolas Sarkozy cite de Gaulle et Jean Paul II comme sources d'inspiration LEMONDE.FR avec AFP | 17.04.07 | 10h24 • Mis à jour le 17.04.07 | 11h38

Le fondateur de la Ve République et un pape. Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy a présenté, lundi soir 16 avril sur TF1, le général de Gaulle et Jean Paul II comme les deux personnages qui l'inspiraient le plus.

"Si j'avais deux noms à citer, je dirais sans hésitation d'abord le général de Gaulle, pour sa passion de la France, la fidélité à ses convictions et pour l'exemple du service de l'intérêt général", a-t-il déclaré. Le candidat s'était rendu dans la matinée à Colombey-les-Deux-Eglises pour se recueillir sur la tombe de l'ancien président de la République.

"Je dirais également sans hésiter, même si ça peut étonner, Jean Paul II, l'homme qui a eu le courage de dire aux jeunes Français et aux jeunes du monde 'N'ayez pas peur'. C'est une très belle phrase qui m'avait beaucoup marqué", a ajouté le président de l'UMP.

"FAIRE PEUR" EST "UN BON SIGNE"

Invité à répondre à ses détracteurs qui estiment qu'il "fait peur" à une partie de l'électorat, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il s'agissait d'un "bon signe". "C'est peut-être le favori qu'on désigne comme ça parce qu'on n'a pas autre chose à dire", a-t-il expliqué.

Pour se défendre, il a pris en exemple trois présidents de la Ve République."Un certain nombre de gens, lorsque le général de Gaulle était candidat, défilaient avec des pancartes où il était écrit 'le fascisme ne passera pas'. Ces gens ont disparu. Le général de Gaulle a été élu. Le ridicule ne les a pas tués", a-t-il expliqué.

"Lorsque François Mitterrand a été élu, une partie de la droite expliquait que les chars soviétiques seraient place de la Concorde. (...) Lorsque Jacques Chirac a été candidat, on parlait de lui comme une personnalité menaçante, a-t-il conclu. Dans le fond, tout cela est bon signe."
LEMONDE.FR avec AFP | 17.04.07 | 10h24 • Mis à jour le 17.04.07 | 11h38

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mercredi 18 avril 2007, 18h48 Valéry Giscard d'Estaing apporte son soutien à Nicolas Sarkozy

PARIS (AFP) - L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing annonce son soutien au candidat UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, dans un entretien à paraître jeudi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

"Par les choix qu'il propose sans ambiguïté aux Français, par son expérience de l'exercice du pouvoir et sa capacité de faire avancer les choses, par sa volonté déclarée de dialogue, par l’existence d’une majorité sur laquelle il pourra s'appuyer et qui donne des signes encourageants de renouvellement, Nicolas Sarkozy est le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président", déclare-t-il.

M. Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF, explique préférer M. Sarkozy à son ancien lieutenant François Bayrou, accusant le candidat centriste "d'entretenir l'incertitude, de flotter dans le vide entre des politiques évidemment différentes, et de s'appuyer sur des majorités impuissantes et fragiles".
Yahoo.fr, actualités, mercredi 18 avril 2007, 18h48

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lundi 23 avril 2007, 8h13 Sarkozy veut rassembler le peuple "autour d'un rêve français"

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche soir vouloir "rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français".

"Mes chers compatriotes, je ne souhaite qu'une chose: rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français", a déclaré le candidat UMP au siège du parti à Paris. Il a aussi affirmé vouloir protéger les Français, notamment les plus faibles, contre les peurs qui les habitent.

Le candidat arrivé en tête des suffrages au premier tour a dit vouloir proposer "un rêve français qui est celui d'une république fraternelle où chacun va trouver sa place" et "où personne n'aura plus peur de l'autre, où la diversité ne sera plus vécue comme une menace mais comme une richesse".

Il a assuré sa concurrente au deuxième tour, la socialiste Ségolène Royal, de son "respect", et a jugé que le résultat du premier tour démontrait le désir des Français d'un "débat d'idées" entre les deux tours, tout en remerciant les "onze millions d'électeurs qui ont voté pour (lui)".

"Je veux dire merci et un merci qui vient du plus profond de mon coeur", a-t-il lancé à ses électeurs, ajoutant avoir "voulu parler à ceux auxquels ont ne parlait plus" ainsi qu'"à la France qui donne beaucoup et qui ne reçoit jamais".

"Dans les quinze jours qui restent, je veux dire aux Français qui ont peur, peur de l'avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui ont une vie de plus en plus lourde, que je veux les protéger contre la violence, contre la délinquance, contre la concurrence déloyale, contre les délocalisations, contre la dégradation de leurs conditions de travail, contre l'exclusion", a encore affirmé le président de l'UMP.

"A tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux qui sont malades, aux handicapés, à tous ceux qui ont trop souffert, à chacun je veux donner une espérance, (...) je veux leur dire que la France est une famille où le plus fragile à droit à autant d'attention que le plus fort", a poursuivi M. Sarkozy.

Le candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen (Front national) a annoncé dimanche qu'il donnerait sa consigne de vote pour le deuxième tour le 1er mai.

"Le 1er mai, je parlerai sur la place de l'Opéra (à Paris), je donnerai à ce moment là la consigne que j'estimerai être la bonne", a déclaré sur la chaîne TF1 M. Le Pen, dont c'était la cinquième et sans doute dernière campagne présidentielle.

Philippe de Villiers (MPF) a refusé d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour, assurant n'être "pas propriétaire de (ses) voix". "Je ne suis pas propriétaire de mes voix, les Français sont libres et je m'en tiendrai à cette déclaration. Je veux respecter ceux qui ont choisi de me soutenir et les idées que je représente, qui seront portées par 577 candidats aux législatives", a-t-il déclaré sur TF1.

De son côté, Frédéric Nihous, candidat de Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT), a annoncé qu'il attendrait les prochains jours "pour voir s'il y a lieu de donner des consignes de vote".

"Nous avons abordé un certain nombre de sujets qui concernent la ruralité. Nous attendons de savoir ce qu'ils (Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal) vont proposer par rapport à ça", a-t-il déclaré.

"On avisera dans les prochains jours pour voir s'il y a lieu de donner des consignes de vote ou pas", a-t-il indiqué.

L'ancien secrétaire national du PS démissionnaire de ce parti, Eric Besson, a quant à lui annoncé dans un communiqué son ralliement au candidat UMP Nicolas Sarkozy.
Le député de la Drôme et ancien responsable des questions économiques au PS explique que "des deux candidats en lice" pour le second tour de l'élection présidentielle, la socialiste Ségolène Royal et M. Sarkozy, "il me paraît le mieux préparé, le plus qualifié et le plus cohérent".

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Mea culpa d'Eric Besson lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy Le Monde, 23.04.07 | 21h08, par Emmanuel Jarry

DIJON, Côte d'Or (Reuters) - L'ex-secrétaire national du Parti socialiste à l'économie Eric Besson a fait lundi soir son mea culpa devant plus de 5.000 partisans du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, à Dijon, la ville du numéro 2 du PS, François Rebsamen.

"Il y a quatre mois à peine, je participais au début d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation du favori de l'élection présidentielle", a lancé Eric Besson, qui a claqué la porte du PS en février à la suite de désaccords sur la campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal.

Il était lundi l'invité surprise du premier meeting de Nicolas Sarkozy au lendemain du premier tour de l'élection, qui a vu le candidat de l'UMP arriver largement en tête.

L'ancien "M. Economie" du PS a annoncé dès dimanche soir son ralliement à l'ancien ministre de l'Intérieur, qui affrontera le 6 mai, au second tour, Ségolène Royal.

"Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que si la confrontation portait sur (...) les idées et sur la capacité à gouverner, alors Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy", a-t-il dit. "Il fallait donc, pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à ce qu'il fasse peur.

"Dans cette entreprise, j'ai pris ma part, trop largement ma part, et je suis reconnaissant à Nicolas d'avoir bien voulu, parce que nous nous connaissions, mettre cela sur le compte du combat partisan", a-t-il poursuivi.

"DIABOLISATION"

Il a averti que cette "entreprise de diabolisation" serait poursuivie entre les deux tours. "Alors il faudra dire trop c'est trop, et j'aurai peut-être l'occasion de le dire."

Eric Besson a reconnu que le candidat de l'UMP, qu'il a tutoyé, avait "précisé ses positions" et "levé toute ambiguïté" sur plusieurs points, dont l'intervention militaire américaine en Irak et le communautarisme.

Il lui a réaffirmé son soutien : le "discours de vérité (...) c'est toi, Nicolas Sarkozy, qui le tient aujourd'hui, car nous avons besoin de réformes profondes, volontaristes, d'une action déterminée pour retrouver la confiance de la France".

"Je suis un homme de gauche qui va soutenir et voter pour un homme qui se revendique de droite", a insisté l'ex-responsable socialiste. "Je suis un progressiste convaincu que pour cette élection c'est un républicain de droite qui porte le mieux les valeurs auxquelles je crois.

"Nul ne doute de ta capacité à incarner la France qui ose, qui entreprend, qui crée des richesses et qui se lève tôt", a-t-il poursuivi. "Ta victoire - parce que dans 13 jours, j'en suis persuadé, tu sera victorieux - ne sera pas seulement ta victoire (...), mais sera surtout la victoire de tous les Français qui ont besoin de retrouver l'espoir.

"Alors je dirai simplement, forza Nicolas et allez la France !" a conclu Eric Besson, à qui le candidat de l'UMP a donné l'accolade en le rejoignant à la tribune pour prendre à son tour la parole.

La foule avait réservé une ovation à l'ancien dirigeant socialiste à son arrivée sur la scène, introduite par le ministre de l'Equipement et des Transports, Dominique Perben.

Eric Besson a confié plus tard à des journalistes qu'il s'était senti un peu mal à l'aise. Ses premiers mots ont d'ailleurs été pour rappeler que sa dernière intervention publique avait commencé par ces mots: "Chers amis, chers camarades." Une formule à laquelle il a préféré cette fois celle de "Citoyennes, citoyens."

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Chirac reçoit Sarkozy, confirme son soutien pour le 6 mai

PARIS (REUTERS) - Jacques Chirac a reçu lundi Nicolas Sarkozy, qu'il a ""chaleureusement"" félicité et à qui il a confirmé son soutien pour le second tour de la présidenteille le 6 mai, a-t-on appris dans l'entourage du chef de l'Etat.

Le chef de l'Etat et le candidat de l'UMP, qui est arrivé en tête du premier tour du scrutin présidentiel avec 31,11% des voix, se sont entretenus pendant environ trois-quarts d'heure au palais de l'Elysée.

Selon François Fillon, conseiller politique de l'UMP, Jacques Chirac avait téléphoné dimanche soir à Nicolas Sarkozy.

Prié de dire dire au micro de RTL si le chef de l'Etat, qui a eu des relations houleuses avec Nicolas Sarkozy ces 12 dernières années, avait félicité le président de l'UMP, François Fillon a répondu : ""Absolument.
Yahoo.fr, actualités, Publié le: 23/04/2007 à 09:34:58 GMT

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Europe 1, la matinale, Olivier Durin, mardi 24 avril 2007 08h30
Jacques Attali

"L'élection se fera sur la personnalité du candidat et non sur le projet", a d'abord estimé Jacques Attali à propos du duel final qui opposera le 6 mai Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal.
A propos de la main tendue de la candidate socialiste à François Bayrou, Jacques Attali pense que "Ségolène est loyale, libre et souhaite faire la transparence sur son projet".

"Ce sont deux candidats de haut niveau et la France peut en être fière, a ajouté l'ancien conseiller de François Mitterrand.
"L'écologie et la dette, sujets d'une ampleur extrême, ont disparu de la campagne. Les deux candidats doivent remettre ces sujets sur la table", a estimé Jacques Attali.

"Ségolène Royal n'a plus de parti à sa gauche. Le PS et l'UMP sont deux grands partis, et je ne crois pas à un grand parti du centre", a-t-il renchéri.

"Il faut sortir de cette diabolisation de l'un et de l'autre. Ce sont deux démocrates capables de gouverner la France. Arrêtons les caricatures. L'un n'est ni un autoritariste et l'autre ni une folle furieuse", a conclu Jacques Attali.
Europe 1, la matinale, Olivier Durin, mardi 24 avril 2007 08h30

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Le député-maire UDF de Rouen se rallie à Nicolas Sarkozy 24.04.07 | 19h49

LE GRAND-QUEVILLY, Seine-Maritime (Reuters) - Le député-maire UDF de Rouen, Pierre Albertini, annonce son ralliement au candidat de l'UMP à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy.

"Même si je n'approuve pas dans la totalité les propositions de Nicolas Sarkozy, je constate une très forte convergence sur les grands objectifs", a-t-il dit lors d'une réunion publique du président de l'UMP au Grand-Quevilly, près de Rouen.

"C'est pourquoi, sans renier en aucune manière ni mon parcours ni mes valeurs, je voterai pour Nicolas Sarkozy" au second tour de l'élection présidentielle, a ajouté Pierre Albertini, un des co-auteurs du programme législatif de l'UDF.

Il a précisé qu'il n'avait pas l'intention d'abandonner sa "famille" politique, l'UDF. Mais "le 6 mai, c'est le choix de la raison que dicte l'intérêt supérieur du pays", a-t-il ajouté.

Selon l'entourage du ministre UDF de l'Education nationale Gilles de Robien, en rupture avec le président de l'UDF, François Bayrou, et soutien de Nicolas Sarkozy, c'est le 11e parlementaire de l'UDF qui rallie ainsi le candidat de l'UMP.

Avant le meeting, Pierre Albertini avait reçu Nicolas Sarkozy dans sa mairie de Rouen.
lemonde.fr, 24.04.07 | 19h49

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Nicolas Sarkozy dénonce les "petites combinaisons partisanes" LEMONDE.FR Avec AFP | 25.04.07 | 15h04 • Mis à jour le 25.04.07 | 15h04

Il y a un deuxième tour, [les Français] choisiront Mme Royal ou moi, il faut les laisser choisir librement. Mais les petites combinaisons partisanes, on a connu ça. En Italie, ça donne le gouvernement Prodi qui a déjà démissionné deux fois", a déclaré Nicolas Sarkozy, mercredi 25 avril, en allusion à un possible accord entre Ségolène Royal et François Bayrou, en vue du second tour de l'élection présidentielle, le 6 mai.

Le candidat UMP a indiqué qu'il n'attendait "rien du tout" de la conférence de presse du président de l'UDF, mercredi après-midi. "Je respecte ce qu'il dit mais, moi, je ne suis pas propriétaire des voix qui se sont portées sur moi, lui non plus", a-t-il estimé lors d'une visite d'un chantier de construction de cent logements destinés au personnel de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, dans la capitale. "Si je suis élu président de la République dans onze jours par les Français, je constituerai une majorité présidentielle où tous ceux qui à l'UDF se reconnaissent dans les idées qui sont les miennes pourront librement s'exprimer et participer à la constitution de cette nouvelle majorité", a-t-il annoncé.

Il a observé que "des électeurs de l'UDF sont avec la droite et le centre depuis vingt ou trente ans" et "n'ont pas envie de se retrouver entre le Parti communiste et Mme Laguiller", laquelle à cette fois appelé à voter pour la candidate socialiste.

Le ministre des PME, Renaud Dutreil, a lui aussi dénoncé mercredi le "jeu des combinaisons que Ségolène Royal est en train de tester une nouvelle fois avec un succès d'ailleurs très relatif". Et d'assurer, à l'issue du conseil des ministres : "Nicolas Sarkozy, c'est le candidat populaire face à une candidate très bourgeoise qui incarne les conservatismes et qui commence d'ailleurs très classiquement à négocier avec les appareils des partis politiques".
LEMONDE.FR Avec AFP | 25.04.07 | 15h04 • Mis à jour le 25.04.07 | 15h04

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Villiers "invite" à voter Sarkozy le 6 mai RTL 25/04/2007 19h02

Philippe de Villiers, président du MPF (2,23% des voix au 1er tour de la présidentielle), a "invité" mercredi "les Français à faire le choix de la droite et de Nicolas Sarkozy pour barrer la route à la "gauche" le 6 mai.

Jusqu'à présent il avait gardé le silence autour de ses intentions. Il est le premier des douze candidats présents au premier tour à appeler au vote en faveur du candidat de l'UMP.

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Présidentielle Quand Sarkozy proposait un plan anti-Chirac à Bayrou
La scène aurait eu lieu en 2004, selon «Sud Ouest». Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 26 avril 2007, p. 6

Depuis que Sarkozy a proposé à Bayrou une alliance contre Chirac, les deux hommes ne se parlent plus.

C'est en tout cas l'histoire que le président de l'UDF a souvent racontée, ces derniers jours, en marge de ses déplacements de campagne, comme une confidence qu'il ne souhaitait pas rendre publique.

Hier, le quotidien Sud Ouest a mis en ligne sur son site un enregistrement réalisé le 16 mars dans les locaux du journal. François Bayrou y fait le récit d'une rencontre dans la résidence secondaire du journaliste Jacques Chancel, vieil ami de Cécilia Sarkozy.

Selon lui, la scène se joue le 6 décembre 2004 : «Nicolas Sarkozy est élu à la tête de l'UMP. Le dimanche suivant, il me fait inviter par Jacques Chancel pour venir passer un après-midi avec lui. Là, il me dit : "Je te propose une alliance contre Chirac. On va faire les jeunes et on va le démoder, lui qui est vieux. On va lui faire la guerre et, au bout du compte, on fait une alliance contre Chirac.

" Je lui dis : " Je ne veux pas faire d'alliance avec toi. Je ne veux pas faire une alliance contre Chirac sur le critère de l'âge. Cela ne me ressemble pas. " Depuis, en effet, il y a comme un froid entre nous...»

«Tout cela est totalement faux», s'exclamait-on hier dans l'entourage du candidat UMP. Interrogé dans la soirée sur TF1, Nicolas Sarkozy a évacué la question avec mépris : «Il y a trois ans, j'étais numéro 2 du gouvernement», a-t-il lancé comme pour signifier qu'il avait alors autre chose à faire que de comploter avec le président de l'UDF.
Mais si, comme l'affirme Bayrou, la rencontre a bien eu lieu en décembre 2004, alors Sarkozy venait de quitter le gouvernement pour prendre la tête de l'UMP.
A l'époque, une majorité des députés UMP n'a pas encore abandonné Chirac et les siens. Le quinquagénaire Sarkozy avait tout intérêt à ringardiser le vieux Chirac. Une entente avec François Bayrou aurait pu l'y aider.

Cette rencontre a bien eu lieu, confirmait hier Jacques Chancel : «Nicolas était à la maison pour quelques jours, avec toute la famille [...]. Après le café, je les ai installés dans notre bibliothèque. Après deux heures de discussion, ils se sont quittés [...] On avait l'impression que la discussion avait été de bonne qualité et amicale.»
Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 26 avril 2007, p. 6

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jeudi 26 avril 2007, 12h26 Sarkozy estime que le débat Royal-Bayrou tourne au ridicule

PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy, a estimé jeudi 26 avril que l'affaire du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou tournait à la "tragi-comédie" et au "ridicule".

Le candidat de l'UMP à la présidentielle s'exprimait après l'annonce par le Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), qui doit recevoir vendredi la candidate socialiste, qu'il était opposé à ce que cette réunion se tranforme en débat Bayrou-Royal.

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vendredi 27 avril 2007, 16h36 Nicolas Sarkozy rend une visite amicale au socialiste Michel Charasse

PUY-GUILLAUME, Puy-de-Dôme (AP) - Nicolas Sarkozy a rendu vendredi une visite amicale à l'ancien ministre socialiste Michel Charasse à l'occasion de son déplacement en Auvergne.

Le candidat UMP s'est arrêté dans la mairie de Puy-Guillaume, village dont Michel Charasse est le maire, pour s'entretenir avec lui. "J'ai beaucoup d'amitié pour Michel Charasse depuis longtemps (...) et je n'envisageais pas de passer dans ce département sans aller lui rendre visite", a déclaré M. Sarkozy à l'issue de cette rencontre.

"Michel Charasse est l'expression d'un socialisme qui a le sens de l'Etat, il a le sens du respect des personnes", a ajouté M. Sarkozy.

"Il y a entre nous une certaine complicité intellectuelle qui ne demande aucun reniement à personne", a ajouté M. Sarkozy. "La politique, ce n'est pas la guerre".

"Il y a une tradition républicaine dans ce département qui fait qu'on a l'habitude d'accueillir les candidats quand ils passent", a ajouté M. Charasse. "Il aurait traversé sans dire bonjour, j'aurai trouvé ça bizarre".

L'ancien ministre du Budget de François Mitterrand a expliqué qu'il s'était lié d'amitié avec Nicolas Sarkozy pendant la cohabitation de 1993-1995 lorsque M. Sarkozy était ministre du gouvernement Balladur et lui-même conseiller de François Mitterrand.

Il a assuré qu'il n'était pas question pour lui de rejoindre le pôle de gauche que constitue M. Sarkozy pour son éventuelle majorité présidentielle. "Je ne lui ai jamais demandé sa voix, il n'a jamais demandé la mienne, on n'a pas changé d'avis, on n'appartient pas au même camp", a-t-il dit. "Le pôle, c'est glacial". "Il n'y a pas d'arrière-pensée, de rencontre secrète", a ajouté M. Charasse.

Les deux hommes se sont donnés l'accolade en se quittant.

Après cette rencontre, M. Sarkozy s'est rendu à l'usine Electro Alu de Chateldon où il a été accueilli par une vingtaine de manifestants socialistes. AP
Yahoo.fr, actualités, vendredi 27 avril 2007, 16h36

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Nicolas Sarkozy dénonce des "propos diffamatoires et injurieux" 27.04.07 | 16h31 lemonde.fr

PUY-GUILLAUME, Puy-de-Dôme (Reuters) - Nicolas Sarkozy juge que les propos de François Bayrou et Ségolène Royal à son égard étaient "diffamatoires et injurieux".

Le candidat de l'UDF et celle du PS, du MRC et du PRG, ont accusé vendredi Nicolas Sarkozy d'avoir exercé des pressions pour empêcher leur projet de débat d'aboutir.

Le candidat de l'UMP a qualifié ces accusations de "propos diffamatoires et injurieux" et les a comparé à un procès stalinien, lors d'une visite à Puy-Guillaume, dans le Puy-de-Dôme.

"J'ai été particulièrement choqué par un certain nombre de propos qui n'ont rien à voir avec le débat démocratique puisqu'ils sont tout simplement injurieux", a-t-il expliqué à la presse après une rencontre avec Michel Charasse, sénateur-maire socialiste de Puy-Guillaume.

"Il faut respecter les journalistes et les médias dans notre pays. Personne n'est sous contrôle et personne ne fait pression sur rien. Faire des procès de Moscou comme ceux auxquels on assiste depuis quelques heures, ce n'est pas de la rénovation de la vie politique", a-t-il ajouté.

Selon Nicolas Sarkozy, le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou "est une tragi-comédie qui tourne au ridicule et je vais m'en tenir le plus éloigné possible".

En marge d'un échange avec des représentants de la presse régionale à Paris dans la matinée, il avait mis les propos de François Bayrou sur le compte de l'amertume.

"Je pense que François Bayrou doit être très déçu et je mets ça sur le compte de l'amertume parce que c'est assez insultant à l'endroit des journalistes que de penser qu'ils peuvent obéir à des consignes et par ailleurs c'est blessant à mon endroit, mais je ne lui en veux pas", avait-il expliqué.

François Bayrou a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir exercé des pressions pour empêcher la tenue du débat télévisé envisagé sur Canal+ samedi. "Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude", a dit le président de l'UDF au micro de RTL.

Ségolène Royal a également fait état de pressions sur le "système médiatico-financier", lié selon elle à Nicolas Sarkozy, pour faire échouer la tenue d'un débat télévisé.

Selon des sources concordantes au sein du Parti socialiste, le débat aura lieu samedi sur BFM TV et RMC. On précise au PS qu'il pourrait se dérouler à 11h00 ou midi. BFM TV n'a pas confirmé ces informations, pas plus que l'entourage de François Bayrou.

Dans un entretien diffusé sur Public Sénat, François Bayrou déclare : "En principe le débat aura lieu demain. On va joindre toutes les propositions. Et tous les journaux et organes de presse qui sont intéressés par ce débat pourront y assister. Ce sera un débat ouvert. On est en train de trouver une salle.
lemonde.fr, 27.04.07 | 16h31

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Sarkozy dénonce "les petites combines" de Royal et Bayrou Par Libération.fr / AFP LIBERATION.FR : samedi 28 avril 2007

Nicolas Sarkozy a ironisé ce matin, avant que ne commence le débat Royal-Bayrou, sur "les petites combines" auxquelles s'apprêtaient à se livrer, selon lui, Ségolène Royal et François Bayrou "dans un hôtel parisien".

"Les petites combines un samedi matin dans un hôtel parisien, ce n'est pas de la République irréprochable", a déclaré le candidat UMP, en déplacement samedi à Valenciennes, en compagnie de Jean-Louis Borloo (Cohésion sociale).

Nicolas Sarkozy a prévenu qu'il "ne s'intéresserait pas" au contenu du débat Royal-Bayrou en fin de matinée à Paris. "Dans ce qui se dira, il y aura beaucoup d'arrières-pensées", a-t-il dit.

"Ils sont ensemble dans un grand hotel parisien, moi je préfère être ici à Valenciennes avec Jean-Louis Borloo sur le terrain, tout le reste c'est combine et compagnie", a poursuivi le candidat UMP.
Par Libération.fr / AFP LIBERATION.FR : samedi 28 avril 2007

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Nicolas Sarkozy s'est plaint de sa caricature auprès de Plantu 28.04.07 | 16h22 lemonde.fr

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est plaint auprès de Plantu, dessinateur du journal Le Monde, d'être caricaturé de la même façon que Jean-Marie Le Pen, avec un uniforme, un brassard et flanqué d'une mouche au-dessus de la tête, écrit le journal dans son édition du week-end.

A une date qui n'est pas précisée, un motard a remis au caricaturiste du Monde "une lettre à en-tête du ministère de l'Intérieur", quand le candidat à l'Elysée de l'UMP occupait encore la place Beauvau, écrit le quotidien.

"Je n'ai pas manqué de remarquer un détail qui agrémente ma présence sur votre dessin, une mouche. (...) Je sais qu'elles accompagnent généralement la représentation de Jean-Marie Le Pen, j'ignore sincèrement ce qui me vaut un tel traitement (...)", écrivait Nicolas Sarkozy, selon Le Monde.

Il estimait, dans cette lettre, avoir beaucoup oeuvré dans sa carrière politique pour faire reculer l'extrémisme et proposait à Plantu un entretien pour "dissiper le malentendu".

Le Monde rapporte que Plantu n'a pas donné suite à cette demande mais a le lendemain dessiné trois mouches au-dessus de la tête de Nicolas Sarkozy.

Selon Le Monde, le candidat de l'UMP s'est ensuite plaint à nouveau auprès de la direction du journal pour avoir été caricaturé en petit chien puis affublé d'un brassard avec les lettres "IN" pour identité nationale, un thème de campagne que ses adversaires politiques jugent inspiré du Front national.

Plantu estime ne pas avoir été victime d'une pression, ajoute l'article signé par la médiatrice du journal, Véronique Maurus, mais dit "avoir la chance d'être soutenu par la rédaction et la direction du Monde".

"Sarkozy impressionne tellement que, s'il y a un pétochard dans la rédaction en chef, la liberté du dessinateur est fichue", ajoute le dessinateur.
28.04.07 | 16h22 lemonde.fr

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Nicolas Sarkozy contre-attaque et se pose en "porte-parole du peuple" LE MONDE | 28.04.07 | 15h52 • Mis à jour le 28.04.07 | 15h52 CLERMONT-FERRAND ENVOYÉ SPÉCIAL

La campagne du second tour a véritablement commencé, vendredi 27 avril, pour Nicolas Sarkozy.
Quatre jours qu'il supportait le pas de deux entre Ségolène Royal et François Bayrou. Quatre jours à les regarder tirer à eux la couverture des journaux sans savoir comment reprendre la main. Quatre jours à supporter que le troisième se comporte en arbitre du deuxième tour. Et enfin une fenêtre de tir s'est dégagée, vendredi, après que le candidat de l'UDF eut déclaré sur RTL avoir "la certitude", à défaut de "preuve", que le candidat de l'UMP avait fait pression sur les médias pour empêcher le débat qui devait avoir lieu samedi entre Ségolène Royal et lui.
Alors que le PS avait dans un premier temps refusé de lui faire le cadeau d'un front "anti-Sarko", voilà que le Béarnais lui apportait sur un plateau l'occasion de se poser en victime. Immédiatement après, M. Sarkozy et sa "plume", Henri Guaino, décidaient de "cogner".

"FRUIT D'UNE MANIPULATION, D'UN COMPLOT"

Dans la grande halle d'Auvergne de Clermont-Ferrand archicomble (15 000 personnes, selon l'UMP), en présence de Valéry Giscard d'Estaing et de Charles-Amédée de Courson, député (UDF) de la Marne, M. Sarkozy s'est comparé dans un premier temps à Georges Pompidou, "qu'on a voulu salir et qui, finalement, a été élu parce que les Français ne sont jamais dupes des coups bas".

Jouant l'homme blessé, il lance à ses détracteurs : "Qu'avez-vous fait de si grand pour vous permettre d'instruire un procès à mon égard ?" Puis il s'attaque au président de l'UDF, délaissant sciemment Mme Royal : "La politique n'est pas faite pour permettre aux hommes politiques d'exister dans les médias. Elle n'est pas faite pour le contentement des hommes politiques. On ne fait pas de la politique pour soi-même."

Désormais lancé, le candidat de l'UMP tente alors de retourner à son profit l'argument du référendum anti-Sarkozy : "Il y a des gens qui sont tellement convaincus d'avoir raison, tellement convaincus qu'ils ne peuvent qu'être promis à un destin exceptionnel, que leur défaite ne peut être que le fruit d'une manipulation, d'un complot, d'une manoeuvre frauduleuse." Il prévient : "Je ne laisserai personne voler aux Français le deuxième tour de l'élection présidentielle." Condamnant "un déni de démocratie", il s'en prend à ceux qui "provoquent un brouillage médiatique pour prendre leur revanche sur les urnes".

"PROCÈS STALINIEN !", "FASCISTES", "MENSONGES !"

"Procès stalinien !", "fascistes", "mensonges !", tonne-t-il en réponse aux accusations dont il est l'objet. Ne reste plus que l'appel au peuple, comme il avait fait appel "à la majorité silencieuse" avant le premier tour. S'estimant vilipendé par "les élites" et les tenants de "la pensée unique", qui "n'ont pas supporté le premier tour et la participation immense du peuple, qui veut choisir son destin", le candidat s'est affiché "en porte-parole du peuple", "de ceux qui travaillent dur", quand Mme Royal serait "la candidate des partis, des combinaisons et des médias".

La contre-attaque suffira-t-elle pour déjouer la diabolisation ?
Certains sont prêts à l'aider, et même au Parti socialiste. Traversant le Puy-de-Dôme, où Mme Royal est arrivée en tête, le 22 avril, M. Sarkozy a marqué une halte symbolique à Puy-Guillaume, dont le maire est l'hypermitterrandiste Michel Charasse. "Un clin d'oeil", s'est félicité le candidat. Et un bon coup de main par les temps qui courent. "Vous le soutenez ?", ont demandé les journalistes à l'ancien ministre du budget qui ressortait de sa mairie après dix minutes d'entretien bras dessus, bras dessous avec le candidat de l'UMP.

"Il y a, a-t-il répondu, une tradition républicaine dans ce département qui fait qu'on a l'habitude d'accueillir les candidats quand ils passent s'ils n'appartiennent pas à des partis violents ou extrémistes. Nicolas Sarkozy appartient à la grande famille de la droite républicaine. Je ne lui ai jamais demandé sa voix, il ne m'a jamais demandé la mienne."
"Je ne suis pas le frère d'Eric Besson", a ironisé le sénateur PS, qui n'a jamais porté Ségolène Royal dans son coeur. "La politique, ce n'est pas la guerre", a commenté M. Sarkozy, retrouvant une oasis de paix après trois jours de canonnade.

Candidat de "la grande famille républicaine" ? Juste ce qu'il demandait pour faire pièce aux accusations sur ses "collusions" avec le monde des affaires et des médias. Quelques heures après, il pouvait lancer, revigoré, sa contre-offensive.
Philippe Ridet Article paru dans l'édition du 29.04.07. Elections 2007 : Le Monde chez vous pour 16€/mois

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dimanche 29 avril 2007, 17h04 Sarkozy pose en "candidat du peuple de France"

PARIS (AP) - Nicolas Sarkozy s'est présenté dimanche comme "le "candidat du peuple de France" lors d'une grande réunion publique au Palais omnisports de Paris-Bercy à une semaine du second tour de l'élection présidentielle.

"Je veux être le candidat du peuple de France et pas des médias, des appareils, des intérêts partisans, des sectarismes", a déclaré le candidat UMP devant une vingtaine de milliers de personnes massées dans la salle. Plusieurs milliers de personnes suivaient son discours sur deux écrans géants installés à l'extérieur.

"Je veux parler au peuple de France et je veux être son porte-parole", a lancé M. Sarkozy. "Ce peuple, c'est vous, c'est nous tous".

Le candidat de l'UMP s'est adressé à "tous ces sans-grade, ces anonymes, ces gens ordinaires". "Je lui demande, à cette majorité silencieuse, de se lever, de m'aider et de construire la victoire de nos idées", a-t-il lancé. "C'est à vous que je veux donner la parole, c'est à vous que je veux rendre le pouvoir".

"Je ne veux pas être président de la République pour obtenir un statut. Je veux changer les choses pour répondre aux problèmes de la France et des Français", a dit M. Sarkozy. AP
dimanche 29 avril 2007, 17h04, Yahoo.fr, actualités

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dimanche 29 avril 2007, 15h39 Présidentielle: l'UDF Morin rallie Sarkozy

PARIS (AP) - Le porte-parole du groupe UDF à l'Assemblée nationale Hervé Morin annonce qu'il votera "Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle".

"J'estime que Ségolène Royal n'est pas à la hauteur de la fonction présidentielle et reste enfermée dans un vieux système d'alliance entre les appareils du Parti communiste et de l'extrême gauche", explique le proche de François Bayrou dans un communiqué à paraître mardi dans l'hebdomadaire "L'Eveil de Pont-Audemer".

"Il est inconcevable quand on est un responsable politique de s'abstenir. Il y a un moment où il faut faire un choix", explique-t-il alors que le candidat de l'UDF n'a donné aucune consigne de vote pour le second tour.

"C'est pourquoi, dans l'intérêt du pays, je voterai sans hésitation Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle", conclut Hervé Morin. AP

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La mue sarkozyste de Dominique de Villepin 26.04.07 | 10h06 lemonde.fr

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin, qui participera au meeting de Nicolas Sarkozy à Bercy, s'est livré à un panégyrique inédit du candidat de l'UMP à la présidentielle, saluant l'homme qui permettra à la France "d'aller plus vite et plus loin".

Interrogé sur France Info, le Premier ministre a confirmé sa présence dimanche au palais omnisports de Bercy, à Paris, aux côtés de Nicolas Sarkozy, mais n'a pas précisé s'il s'exprimerait à la tribune.

"Je suis un Premier ministre heureux de voir que sa famille politique est en tête. (...) Je serai ravi d'être à cette occasion avec l'ensemble de ma famille politique rassemblée", a-t-il dit.

Après un déjeuner de réconciliation à Matignon soigneusement mis en scène mardi, la rivalité entre les deux hommes appartient officiellement au passé.

Fort discret durant la campagne du premier tour, Dominique de Villepin, qui ne dédaignait pas quelques piques à l'adresse de l'ancien ministre de l'Intérieur, se range désormais avec un enthousiasme inusité derrière Nicolas Sarkozy, dont il n'hésite plus à répéter le nom. Jusqu'à épouser son concept de "rupture".

"Pour faire passer un message politique qui est en l'occurrence celui de la nécessité du changement dont tout le monde convient, il faut parfois emprunter des chemins surprenants", a justifié le chef du gouvernement.

"Le mot rupture, qui était pour moi difficilement acceptable il y a quelques mois, aujourd'hui qu'est-ce qu'il veut dire? Il veut dire qu'il faut tout simplement aller plus loin dans la voie de changement et qu'il faut faire différemment sur un certain nombre de sujets. Moi je m'y retrouve tout à fait", a-t-il affirmé.

"Je passe le témoin à quelqu'un qui aujourd'hui peut permettre à notre pays d'aller plus vite et plus loin, Nicolas Sarkozy, j'en suis très heureux. Je fais tout pour que ce passage de témoin puisse se passer dans les meilleures conditions", a-t-il assuré en "Premier ministre heureux".

"UN TEMPS D'AVANCE"

Pour Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy a "un temps d'avance" sur la candidate socialiste Ségolène Royal, dont il n'a jamais cité le nom.

Il est "celui qui offre la réponse la plus mûrie, la plus réfléchie, et donc la plus crédible". "En politique, il n'y a pas de mystère : l'expérience, cela pèse, cela compte. Le fait de connaître les dossiers, le fait d'être aux affaires, le fait d'avoir l'expérience internationale, nationale (...), cela peut faire la différence".

Le Premier ministre a insisté sur le "rassemblement" de la droite, critiquant en creux l'éclatement de la gauche, qui dispose d'un réservoir naturel de voix inférieur à 37% pour le second tour de la présidentielle.

"Le fait de bénéficier d'une logique de rassemblement de l'ensemble d'une famille, d'un grand mouvement populaire (..), c'est aussi un atout. Cela permet de se sortir de la gangue politicienne", a-t-il jugé.

"Quand je regarde la gauche, qu'est-ce que je vois? Je vois beaucoup d'impréparation. Je me dis que décidément pendant cinq ans, la gauche ne s'est pas mobilisée autour de la réponse aux préoccupations des Français. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a un temps d'avance", a-t-il poursuivi.

Dominique de Villepin a loué "la vision" du candidat de l'UMP - "elle s'appuie sur des valeurs, sur une volonté de changement" -, sa "volonté d'une action équilibrée" : "quand il insiste sur ce triptyque croissance-travail-investissement, il montre bien que sur chacun de ces domaines, il faut avancer et avoir une crédibilité".

Nicolas Sarkozy "a indiqué sa volonté d'engager une négociation sociale avec les partenaires sociaux sur des sujets aussi importants que l'égalité salariale, la flexi-sécurité les conditions de travail. On voit bien à quel point le travail est au coeur de son projet", a poursuivi le Premier ministre. "Il propose un calendrier : C'est très important d'être capable de dire aux Français quand on fera les choses et comment".

Bref, Dominique de Villepin est dans "un état d'esprit merveilleusement serein, soucieux de maximiser toutes les chances qui sont celles de ma famille et de Nicolas Sarkozy".

"Pour moi, c'est l'achèvement le plus important. Que ma famille politique, que Nicolas Sarkozy puisse l'emporter au deuxième tour", a-t-il lancé.
lemonde.fr, 26.04.07 | 10h06 lemonde.fr

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dimanche 29 avril 2007, 20h34 Stars, chansons et grande foule pour le meeting parisien de Nicolas Sarkozy

PARIS (AP) - Une pléthore de "people", la quasi-totalité des ténors de la droite et environ 30.000 personnes ont assisté dimanche à la grande réunion publique de Nicolas Sarkozy au Palais omnisports de Paris-Bercy dans une ambiance surchauffée.

14h45: les places assises sont déjà toutes occupées. Les jeunes UMP s'échauffent: "Sarko président!", "l'UDF avec nous!". Cinq minutes plus tard, une première ola embrase Bercy. "On va gagner!", scande la foule.

15h: une formidable ovation accompagne l'image de l'entrée de Nicolas Sarkozy, filmé à son entrée dans les coulisses en compagnie d'Enrico Macias.

Vingt minutes plus tard, la chanteuse Miss Dominique, révélée par l'émission de M6 "La nouvelle star", chauffe l'ambiance: "Est-ce qu'il y a des hommes célibataires dans la salle?"...

Des "people" se relaient ensuite pour chanter les louanges du candidat. "La France est un joyau. Au soir du 6 mai, nous allons t'offrir ce joyau. Il n'y a que toi Nicolas qui saura le faire briller", dit Henri Salvador.

Malgré un micro défaillant, Jean-Marie Bigard se moque de François Bayrou. "Il me fait penser à un tennisman éliminé en demi-finale à Roland Garros, qui reste sur le court central et il explique aux deux finalistes qu'ils ne savent pas bien jouer au tennis", lâche l'humoriste. "M. Bayrou, sortez du court central, une prochaine fois peut-être..."

Au même moment, Johnny Hallyday fait son entrée. Accompagné de son épouse Laeticia, le chanteur exilé fiscal en Suisse rejoint la tribune des invités, où se pressent les "people": les comédiens Jean Reno, Christian Clavier, Véronique Genest, Yves Rénier ou encore Charlotte Rampling, les chanteurs Carlos et Doc Gyneco, les sportifs Alain Prost, Brian Joubert, Jérôme Rothen, Bernard Laporte, Basile Boli ou Christophe Dominici... La télévision et la radio sont représentées par Arthur, Philippe Bouvard ou encore Thierry Roland.

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy va saluer les "plus de 10.000" personnes qui n'ont pu entrer dans la salle en compagnie de son ami Faudel, qui leur chante "Mon pays". A l'intérieur, Gilbert Montagné entonne "Ensemble on va gagner". Alain Juppé tape des mains.

A 16h, Dominique de Villepin fait son entrée en compagnie de Jean-Louis Borloo, un des prétendants à Matignon en cas de victoire de Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre, qui faisait son unique apparition de toute la campagne à un meeting du candidat UMP, rejoint la quasi-totalité de son gouvernement, les présidents des deux Assemblées, Patrick Ollier et Christian Poncelet, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ou encore Simone Veil.

Plusieurs "people" s'adressent à "leurs camarades de la rive gauche". "Le diable, c'est pas ici. Ici, c'est vachement bien", ose l'ex-Nul Dominique Farrugia.

Le philosophe André Glucksmann présente Nicolas Sarkozy comme "le candidat de l'ouverture de la société française". "On nous dit qu'il ne s'agit pas d'une élection présidentielle mais d'un référendum, qu'il s'agit de faire barrage à un monstre autoritaire, raciste. Il est exactement l'inverse de cette caricature", affirme M. Glucksmann.

Parmi les politiques, l'UDF Nicolas Perruchot ajoute son nom à la longue liste des parlementaires centristes ralliés à Nicolas Sarkozy.

Michèle Alliot-Marie et François Fillon se paient Ségolène Royal: "Nous n'avons pas besoin de quelqu'un qui change d'idées aussi souvent que de jupe", lance la ministre de la Défense. "Non Mme Royal, le drapeau, ce n'est pas sur les balcons qu'il faut les installer, c'est dans les coeurs qu'il faut les accrocher", attaque M. Fillon.

Dans la foule, tous sont convaincus de la victoire de Nicolas Sarkozy. "J'aurais été plus inquiet d'un duel avec Bayrou", confie Antoine Dubrisay, un étudiant en médecine de 19 ans. "Les tentatives d'alliance avec Bayrou de Ségolène Royal et sa campagne 'tout sauf Sarkozy' ne fera rien à part nous rapporter des voix".

"Le fait qu'il soit diabolisé m'incite encore plus à voter pour lui, renchérit Philippe de Clisson, un autre étudiant parisien de 21 ans. AP
Yahoo.fr, actualités, dimanche 29 avril 2007, 20h34

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Pour le footballeur Lilian Thuram, il faut «tout faire pour que les gens vivent ensemble» : «M. Sarkozy réveille le racisme latent des gens» Par Chérif GHEMMOUR, Libération, QUOTIDIEN : lundi 30 avril 2007

Footballeur engagé, Lilian Thuram explique les raisons pour lesquelles il s'oppose, sur toute une série de thèmes, aux propositions de Nicolas Sarkozy, et donne sa vision de la société française. Entretien.

Que pensez-vous des résultats du premier tour ?

On pourrait dire qu'il y a un recul du FN mais c'est Sarkozy qui a récupéré les voix de Le Pen.
Les discours du FN s'est banalisé dans la société. Les mots de Le Pen n'ont jamais été aussi présents et, ce qui est dramatique, c'est que ses idées sont portées par un homme issu d'un grand groupe politique, l'UMP. Je trouve ça triste. Moi, ma priorité, c'est de tout faire pour que les gens vivent ensemble, se respectent et qu'on ne cherche pas des boucs émissaires.
Or, c'est ce que font les discours de Le Pen, Villiers et, dernièrement, de Sarkozy. Je me dis donc que ma vision de la société n'était pas celle de pas mal de Français puisque Sarkozy est arrivé en tête.

Le curseur du débat politique s'est donc déplacé vers la droite, voire l'extrême droite ?

Complètement ! Malheureusement, il y a eu un tournant après le 11 septembre 2001. Nous sommes entrés dans un cycle de peurs, de méfiance.
Ce qui s'était passé dans les banlieues a joué énormément dans l'imaginaire collectif. Quand il y a des manifestations de cet ordre, il y a toujours une montée du racisme. Nous traversons une véritable crise de la citoyenneté. On parle d'une crise de l'intégration. Mais à qui la faute ? Il y a des revendications d'histoire ou de mémoire vis-à-vis de la colonisation, de l'esclavage ou de, tout simplement, trouver sa place dans la société, qui prouvent bien que ces citoyens veulent participer à la France. Mais ils ne se reconnaissent pas dans cette France-là. Il est dommage que des politiques jouent sur ce malaise en stigmatisant les populations des banlieues. Il y a des termes précis qui servent à «délimiter», à séparer ces populations, comme «Français de souche», «minorités», «Français de deuxième ou troisième génération»... Cela illustre cette difficulté à accepter l'autre avant de le considérer comme Français à part entière...

Mais c'est le peuple français, ou du moins une bonne partie, qui éprouve de réelles difficultés à faire de la place à ces «autres» Français...

Il y a un poids énorme de l'histoire. L'esclavage a éduqué les gens dans le sens que l'homme blanc était supérieur à tous les autres et que l'homme noir était le plus bas dans l'échelle. Il y eut ensuite la colonisation avec la prétendue mission de l'homme blanc à civiliser les «sauvages»... Aujourd'hui, en France, l'inconscient collectif est comme ça : l'autre est différent et inférieur. Comment expliquer aux gens qu'on peut être Français en étant tous égaux? En France, les gens se disent plus facilement racistes qu'avant. Ils devraient avoir peur de ce sentiment : si vous êtes plus racistes, l'autre le sera également.

Lequel des deux candidats se rapproche le plus de votre «projet de vie» ?

Il est évident que M. Sarkozy ne s'attache pas au «vivre ensemble». Refuser de faire le travail de mémoire, c'est refuser d'avancer. Il faut relire le passé pour préparer l'avenir. Il est prêt à beaucoup pour devenir Président. Il dit ce que les gens veulent entendre... Il réveille le racisme latent des gens, je le lui ai dit et je suis prêt à le lui redire. On me dit parfois que j'exagère, mais regardez l'évolution de son discours depuis 2005, au moment où je l'ai rencontré : il a affirmé vouloir récupérer les voix du FN. Pour y parvenir, il y a deux moyens : soit en disant aux gens du FN, ce que vous pensez des immigrés est faux ; soit en allant dans le sens des idées de Le Pen... Les «moutons égorgés dans la baignoire», «le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» , l'immigration «choisie» et non plus «subie», etc., tout cela pointe du doigt une certaine population.

Et Ségolène Royal ?

Elle a pris le risque de répéter qu'elle voulait une France métissée. C'est un risque car je ne pense pas que la majorité des Français soit prête à entendre une telle idée... Dans son discours sur les immigrés, rien ne m'a choqué. Si demain, elle dit quelque chose de dangereux pour le «vivre ensemble», je lui dirai la même chose qu'à M. Sarkozy ! Ce n'est pas parce que je dénonce certains discours de M. Sarkozy que je suis avec Mme Ségolène Royal. Quand je l'ai rencontrée, je lui ai parlé des jeunes de banlieues qu'on stigmatise et auxquels on demande toujours de prouver qu'ils aiment la France... Des gages de citoyenneté, toujours !

Auriez-vous souhaité que des sportifs français s'impliquent plus dans cette campagne ?

Par rapport à la stigmatisation des immigrés et des jeunes de banlieue, je regrette qu'il n'y ait pas eu plus d'implication, oui. Parce que la plupart de nous avons eu un parcours assez similaire : on vient des couches de la société dites «défavorisées» et on a donc un peu tous la même sensibilité. Le jour où chacun de nous comprendra qu'on a le pouvoir de faire changer les choses...

Beaucoup de gens pensent qu'un Noir ou un Arabe, c'est une victime de la société, qui doit forcément voter à gauche... N'est ce pas une forme de racisme que de considérer des gens selon un code prédéfini ?

Bien sûr ! On peut être noir et voter Le Pen, Sarkozy ou à gauche... Pour ma part, évidemment, c'est beaucoup plus difficile de ne pas être sensible à certaines choses plus dérangeantes. Un Noir sera normalement beaucoup plus sensible à des discours racistes parce que lui, il l'a subi dans son histoire. Ce n'est pas toujours le cas. Tenez, en Guadeloupe, beaucoup de gens ont voté Sarkozy, qui refuse de se pencher sur la mémoire du pays. Or ces Guadeloupéens sont descendants d'individus ayant subi les horreurs de l'esclavage... Ces gens auraient dû se montrer plus attentifs et plus sensibles, éprouver une «réserve morale». Mais les gens ne sont pas toujours vigilants...

Que pensez-vous de la «discrimination positive» que défend Sarkozy ?

J'ai déjà pris l'exemple des huit Blancs qui attendent un bus, un neuvième arrive pour monter mais il ne peut pas parce que le quota de Blancs est atteint et que seuls des Noirs, ou autres, peuvent embarquer... Ce n'est pas ma façon de voir les réalités. Je crois même que ce genre de politique peut générer des conflits. Il faut mettre en place un système incitatif, avant tout, sur le plan éducatif : faire comprendre aux décisionnaires pourquoi il leur faut de la diversité dans les entreprises. Aujourd'hui, il est devenu beaucoup plus difficile de réussir à l'école. La ghettoïsation de l'école m'inquiète. L'expérience d'ouverture de Sciences Po aux étudiants des quartiers défavorisés est très intéressante.

La France ne se ment-elle pas à elle-même en tardant à offrir à ses «minorités visibles» la place qu'elles sont en droit d'attendre ? En tout cas, la France n'arrive pas à se regarder telle qu'en elle-même... Je voyage beaucoup à l'étranger et le reproche récurrent qu'on fait aux Français, c'est d'être prétentieux. Notre pays vit dans le souvenir de la «Grande France». Cela veut dire qu'on n'a pas réalisé que cette grandeur reposait sur des massacres, sur la négation de l'autre, sur sa chosification... Aujourd'hui, il y urgence de déboucher sur quelque chose de plus intelligent...

On en prend le chemin ?

C'est pas gagné d'avance...
Par Chérif GHEMMOUR, Libération, QUOTIDIEN : lundi 30 avril 2007

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mardi 1 mai 2007, 8h34 Jacques Séguéla votera Sarkozy

PARIS (AP) - Le publicitaire Jacques Séguéla, qui avait fait les campagnes de François Mitterrand et qui affirme voter à gauche depuis 50 ans, a annoncé mardi sur RTl qu'après avoir voté Ségolène Royal au premier, il voterait Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle dimanche prochain.

"Jai voté Ségolène, jai voté Mitterrand en fait. Jai voté Ségolène, je suis content de l'avoir fait. Jai attendu jusquà la dernière seconde. Ségo ma fait rêver, et Sarko la fait", a dit Séguéla qui déclare avoir fait un choix "humain, économique et sociétal".

"Je pense que François Mitterrand doit se retourner dans sa tombe quand je vois qu'à une semaine de l'élection (Henri) Emmanuelli est en train de lancer un parti progressiste. Alors que tout le monde devrait se mobiliser les gens de gauche pour essayer de faire réussir leur candidate, ils sont en train de se diviser eux-mêmes. Et vous voulez qu'avec ce parti de branquignoles on arrive à relancer la France? (...).
Je pense simplement que celui qui a le plus de chances de nous remettre sur les rails, c'est pas le tracteur de Bayrou, c'est pas la charrette de Ségolène Royal, c'est la Formule-1 de Nicolas Sarkozy", souligne Séguéla.

Interrogé sur la possible accusation de traîtrise dont il pourrait faire l'objet, Séguéla répond: "dans une élection présidentielle on est toujours le traitre d'un Français sur deux. (...)
La France va avoir un sursaut (...). Je ne veux pas être dans l'opposition au moment où ce coup de rein va être donné (...), je veux (...) aider celui qui me semble a le plus de chances pour faire avancer la France. Je veux l'aider à ce que la France réussisse. Moi je ne vote pas Sarkozy, je vote France", déclare encore le père de la "Force tranquille". AP
Yahoo.fr, actualités, mardi 1 mai 2007, 8h34

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LEMONDE.FR | 03.05.07 | 01h01

23 h 38 : Que pensez-vous de votre adversaire ?, demande PPDA. Nicolas Sarkozy, parlant de Ségolène Royal : "je respecte son talent et sa compétence. Je pense qu'elle n'est pas là où elle est par hasard. J'ai du respect pour le parcours de Mme Royal". Selon lui, les deux candidats "ont donné l'image d'une démocratie apaisée et renouvelée". "Je n'ai aucun sentiment d'hostilité", a-t-il ajouté.

La candidate socialiste, elle, affirme qu'elle "s'abstient de jugement personnalisé, car le débat politique est un débat d'idée, et ce qui est important c'est le choix de société que nous incarnons, la différence de valeurs, la vision différente de l'avenir de la France".
Article interactif Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se sont affrontés tous azimuts LEMONDE.FR | 03.05.07 | 01h01 • Mis à jour le 03.05.07 | 01h01

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La haute main de Sarkozy sur les médias REUTERS Par Raphaël GARRIGOS, Catherine MALLAVAL, Isabelle ROBERTS, LIBERATION QUOTIDIEN : samedi 28 avril 2007

Les médias sont-ils au service de Sarkozy ?
Et, si oui, qui passe les plats ? Alors que l'organisation du débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a continué vendredi de défrayer la chronique (lire ci-contre), la question d'une certaine intrusion ­ pour rester poli ­ du candidat Sarkozy dans les médias se repose avec une méchante acuité.
Suite d'un long feuilleton, lors duquel l'homme a su déployer un large registre : grosse colère (récemment, en coulisses de l'émission France Europe Express sur France 3, parce qu'il n'avait pas de loge), invectives directes à des journalistes, remerciements douteux, par exemple à Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005, quand il ne s'agit pas d'abus de pouvoir caractérisé.

C'est bien Nicolas Sarkozy qui, lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur, a exigé et obtenu le limogeage du patron de Paris Match, qui avait eu l'outrecuidance de montrer Cécilia en compagnie d'un autre que lui en une. Caractère autoritaire ? Manque de respect pour l'indépendance des médias ? Ce qui est sûr, c'est ce que le candidat jouit d'un formidable réseau de copains qui tiennent le haut du pavé dans les médias.

Un grand réseau

D'abord, il y a Martin Bouygues, le plus proche de tous, son meilleur ami et, ça tombe bien, patron de TF1 (soit un tiers de l'audience télévisuelle).

Mais il y a aussi Arnaud Lagardère, son «frère», patron du groupe qui abrite en son giron Europe 1, Paris Match, le JDD, etc.

C'est sans compter avec Serge Dassault, déçu du chiraquisme, et propriétaire du Figaro, Bernard Arnault, le témoin de son mariage avec Cécilia, et propriétaire de la Tribune, ou encore François Pinault, propriétaire du Point avec qui Sarko partage entre autres la même passion du vélo.

Et alors ? Tous ces patrons-actionnaires ont-ils le petit doigt sur la couture et peuvent-ils vraiment mettre leurs journalistes au garde-à-vous ? Pas si simple. Mais certains faits sont troublants.

La télé sous influence

Coups de fil, conseils, pressions, et sans doute et aussi une bonne dose d'autocensure de la part des chaînes de peur de déplaire, l'ombre de Sarko plane sur les JT. La crise des banlieues de 2005 en est l'illustration toute spéciale.
Novembre de cette année-là, 7 à 8 (TF1) saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon du directeur de l'information. Le dimanche suivant, l'émission contrebalance avec les interviews de maires de banlieues chaudes.
Le 10 novembre, cette fois, c'est France 2 qui diffuse dans son JT les images du tabassage de jeunes par des policiers. Ceux-ci sont suspendus. Arlette Chabot décide d'ôter le reportage du site web de France 2 : «Nous ne voulions pas tomber dans la surenchère.» En août dernier, le ministre de l'Intérieur, invité à TF1 pour une interview, en profite pour passer un savon mémorable à un journaliste. La raison ? Un reportage sur les sans-papiers de Cachan, jugé trop complaisant.

En juin 2005, quand Canal + songe à se débarrasser de Karl Zéro à la déontologie variable, Sarkozy appelle Bertrand Méheut, patron du groupe, pour l'en dissuader. Pour le coup, il n'est pas le seul, puisque Laurent Fabius s'est lui aussi fendu d'un coup de fil. Autre affaire : le 7 mars 2006, la veille d'un délicat voyage du ministre aux Antilles, TF1 annonce que le joker de PPDA sera désormais le journaliste noir et antillais Harry Roselmack. Un bien beau hasard n'arrivant jamais seul, Sarkozy est déjà au courant.

Le 17 février, recevant Place Beauvau le club Averroes, qui défend l'image des minorités dans les médias, le ministre de l'Intérieur avait en effet annoncé la nouvelle : il y aura, cet été, un Noir au 20 heures. D'ici à ce que ce soit Sarkozy qui ait lui-même soufflé l'idée à Bouygues...

Plus récemment, ainsi que le raconte cette semaine le Canard enchaîné, Claude Guéant, directeur de campagne de Sarkozy, a tenté de s'assurer auprès de Patrick de Carolis, président de France Télévisions, que les émissions de Georges-Marc Benhamou, récent soutien de l'UMP, seraient bien reconduites à la rentrée. Raté : Carolis l'a envoyé sur les roses.

Mercredi dernier encore, lors de l'interview de Sarkozy sur TF1 par PPDA et François Bachy, un détail amusant : plusieurs plans ont montré que, sous la table, le candidat de l'UMP avait enlevé ses chaussures. Sarkozy en chaussettes ! Il se croit chez lui, ou quoi ?

Brouillage sur les ondes

Est-ce un hasard si les Guignols s'en donnent à coeur joie sur un si zélé Jean-Pierre Elkabbach qui, du haut d'Europe 1, pratiquerait à outrance des interviews cire-UMP ? En tout cas, en février 2006, le Canard enchaîné révèle que Jean-Pierre Elkabbach, directeur de la station, a pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy sur le choix d'un journaliste politique. «C'est normal, fanfaronne Sarkozy. J'ai été ministre de la Communication.» Et il ajoute : «Je les connais, les journalistes.»

De son côté, Elkabbach revendique sa «méthode» de recrutement, qui consiste, dit-il, à prendre l'avis des politiques, mais aussi de syndicalistes ou d'associations : «Je fais cela pour tous les services parce que je veux avoir les meilleurs... Je ne peux pas interdire aux politiques de me donner leur avis. Mais, ensuite, je décide à 100 % moi-même.»

Pressions sur la presse

C'est sans doute sur Paris Match que les interventions de Nicolas Sarkozy ont été les plus directes et les plus pressantes. Témoin, l'incroyable limogeage de l'ancien patron de Paris Match, Alain Genestar. Témoin aussi, depuis, le chouchoutage du candidat. Ah ! ce titre «Un destin en marche», dont a bénéficié Sarkozy en décembre dernier (sans parler des huit pages lui étant dédiées).

Mais si c'était tout. Très déboussolant aussi, le tout récent «outing» de Joseph Macé-Scaron, actuellement directeur adjoint de la rédaction de Marianne (1) , dans l'émission On refait le monde du 16 avril sur RTL : «J'ai été démissionné du Figaro Magazine [en juin 2005], tout simplement parce que j'ai refusé de tailler des pipes à M. Nicolas Sarkozy.» Direct. Autant que les coups de fil de Sarkozy à Edouard de Rothschild (actionnaire de référence de Libération ) pour se plaindre...
REUTERS Par Raphaël GARRIGOS, Catherine MALLAVAL, Isabelle ROBERTS, LIBERATION QUOTIDIEN : samedi 28 avril 2007 (1) Les Inrockuptibles du 24 avril.

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jeudi 3 mai 2007, 21h18 Sarkozy endosse déjà le costume présidentiel

MONTPELLIER (AP) - Se verrait-il déjà élu avant même le vote des Français? A trois jours du second tour, Nicolas Sarkozy a endossé le costume présidentiel jeudi soir à Montpellier pour la dernière grande réunion publique de sa campagne.

Persuadé d'avoir remporté son débat de mercredi soir face à son adversaire socialiste Ségolène Royal, le candidat de l'UMP a prononcé un discours gaullien, marquant sa volonté de rassemblement. Mais sans rien renier de son discours de premier tour.

"On va gagner!" Les plus de 15.000 supporters, selon l'UMP, massés au Parc des expositions de Montpellier sont persuadés de la victoire. Au premier rang, Bernadette Chirac, venue apporter pour la deuxième fois de la campagne son soutien au candidat, après le meeting de Lyon le 5 avril, et symboliser l'unité de la "famille UMP". Les "Premiers ministres" François Fillon, Jean-Louis Borloo et Michèle Alliot-Marie, sont là, de même que les UDF Rudy Salles, Yvan Lachaud et Michel Hunault et le transfuge socialiste Eric Besson.

"C'est ici (...) que j'ai voulu aller jusqu'au bout de cette vague populaire qui depuis des mois monte des profondeurs du pays et porte en elle un immense espoir de renouveau", commence le candidat. "Je n'ai pas l'intention de trahir les espérances du peuple français."

Se retournant en arrière, M. Sarkozy fait le bilan de ses quatre mois de campagne, qui a "établi" selon lui un "lien profond" entre le peuple français et lui. Au fil de ses déplacements, la France "a cessé pour moi de n'être qu'une idée pour devenir presque une personne qui souffre et qui espère", confie même le candidat. "Tout au long de cette campagne, la France ne m'a pas quitté (...) Je n'ai fait campagne que pour elle", poursuit M. Sarkozy.

Sur le même ton gaullien, le candidat UMP oppose le "rassemblement ouvert, tolérant et respectueux du peuple de France" qu'il veut construire à la "coalition hétéroclite" et "sectaire" de son adversaire.

"Je ne veux pas rassembler les partis. Je veux rassembler les Français", martèle M. Sarkozy. "Je veux rassembler sur des valeurs, sur des convictions parce que pour moi les valeurs et les convictions, c'est plus important que les étiquettes." Paraphrasant le général de Gaulle, dont il a cité le nom à plusieurs reprises, le candidat UMP appelle "tous les Français de bonne volonté" à "s'unir avec lui" pour "construire une République fraternelle".

"Le général de Gaulle a voulu l'élection présidentielle au suffrage universel, non pas pour organiser les combines entre appareils partisans, mais pour donner la parole au peuple de France", rappelle M. Sarkozy.

Cette volonté de rassemblement n'a pas empêché celui qui veut être "le porte-parole du peuple français" de reprendre l'ensemble de son discours du premier tour destiné à la "France exaspérée", donc aux électeurs du Front national.

M. Sarkozy a assumé jusqu'au bout toutes ses positions qui ont fait polémique: le thème de l'identité nationale, la volonté de "dire adieu" à l'héritage de 1968, les mots "racaille" et "Kärcher". Il s'agissait de "répondre à la demande de Nation, de République, d'Etat", bref "de France" qui s'est exprimée selon lui tout au long de la campagne.

Le candidat UMP a terminé par un appel à la mobilisation. "Il nous reste deux jours pour faire jaillir une énergie nouvelle pour la France (....) Deux jours pour que soit créées les conditions du renouveau français", a-t-il conclu dans ce qui ressemble fort à un autoportrait.

Vendredi, Nicolas Sarkozy terminera sa campagne par un déplacement sur le Plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance. AP
jeudi 3 mai 2007, 21h18, Yahoo.fr, actualités

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vendredi 4 mai 2007, 17h15 L'histoire des Sarkozy en Hongrie marquée par un goût certain pour la politique

ALATTYAN, Hongrie (AP) - D'ici deux ans, le petit village hongrois d'Alattyan aimerait célébrer son 800e anniversaire avec Nicolas Sarkozy, donné favori de l'élection présidentielle française. Avant de quitter le pays à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, son père, Pal, y avait passé de nombreux étés.

S'il ne reste que quelques souvenirs de la famille Sarkozy à Alattyan, son histoire démontre que le prétendant à l'Elysée est loin d'être le premier à dédier sa vie à la politique. Son grand-père et son arrière-grand-père, qui s'appelaient tous deux Gyorgy Sarkozy, ont été conseillers municipaux et maires adjoints de la ville voisine de Szolnok.

Pendant son mandat du début des années 1920 jusqu'en 1936, le grand-père s'est fait connaître pour le grand nombre de projets de développement qu'il avait encouragés, dont la construction du théâtre de la ville et son principal hôtel, le Tisza Szallo.

Selon un ouvrage publié en 1935 sur l'histoire du comté de Jasz-Nagykun-Szolnok, où figure Alattyan, à environ 85km au sud-est de Budapest, les Sarkozy ont été anoblis en 1628 par le roi Ferdinand II. L'arbre généalogique de la famille compte également des juges et vice-gouverneurs, aussi loin qu'aux XVIIIe et XIXe siècles.

"C'est une famille dans laquelle le service rendu à la collectivité s'est transmis pratiquement de père en fils à travers de nombreuses générations", observe Sandor Mosonyi, 67 ans, policier à la retraite travaillant sur l'histoire du village pour son 800e anniversaire. "Nicolas réunit le meilleur de cette tradition, d'abord comme ministre de l'Intérieur, et maintenant peut-être comme président."

Selon le policier, une crise économique a contraint les Sarkozy à vendre leur résidence d'été à Alattyan en 1934 pour quelques sacs de blé seulement. Mais ils ont continué à y venir en vacances et à séjourner dans la maison plus grande d'un proche, Lajos Toth-Maar.

Jusztika Ivanics, 71 ans, était petite fille lorsque le père du candidat de l'UMP et ses oncles chassaient le faisan et le lapin ou jouaient aux cartes toute la nuit. Son parrain était maître d'hôtel et sa marraine, femme de ménage dans la demeure de Toth-Maar, leur donnait parfois un coup de main. "Ils étaient tous si élégants et bien élevés", se souvient la septuagénaire.

Lorsque la maison de Lajos Toth-Maar a été détruite en 1949, Jusztika Ivanics a conservé quelques souvenirs, dont une poignet de porte en bronze et une perle en verre provenant d'un chandelier. Les terres ayant appartenu à la famille Sarkozy ont été divisées par le régime communiste après la Seconde Guerre mondiale.

Alattyan se prépare doucement pour l'anniversaire de 2009. "Je suis en contact avec Pal Sarkozy et il m'a assuré qu'il participerait à ce grand événement", affirme Sandor Mosonyi. "Ce serait un immense honneur pour nous si Nicolas pouvait aussi venir."

L'ancien ministre de l'Intérieur s'est rendu en Hongrie à plusieurs reprises, même s'il n'est jamais venu, à la connaissance des villageois, à Alattyan. En 1994, il s'était rendu avec son père dans une autre commune hongroise, Bocsa, d'où est originaire la famille. Il avait même signé le livre d'or du village de son nom complet, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa.

S'il était élu, il est peu probable que les origines du candidat aient un effet sur les relations franco-hongroises. "Sarkozy ne prêtera pas plus attention à la Hongrie qu'un autre président français", estime le commentateur politique Miklos Tallian.

Du reste, les habitants d'Alattyan ne lui tiennent pas rigueur de ne pas parler hongrois. Attaqué par Jean-Marie Le Pen sur le terrain de ses origines, Nicolas Sarkozy avait cependant revendiqué ses racines. Le président du Front national est "la preuve vivante que, même avec des grands-parents français, le résultat peut être contestable", avait-il lâché. AP
vendredi 4 mai 2007, 17h15, Yahoo.fr, actualités

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La grande discrétion de Cécilia Sarkozy Le Parisien, 5 mai 2007, p. 6

ALORS, ELLE EST OÙ Cécilia? »
Souvent, très souvent, la question " est revenue.Durant toute1a campagne présidentielle de son époux.
Cécilia Sarkozy aura choisi au total de ne se montrer que deux fois. Le 14janvier, porte de Versailles, lors de l'intronisation de son mari, elle l'écoute au huitième rang, entourée de leurs enfants. Dimanche 22 avril, elle l'accompagne à leur bureau de vote de Neuilly. Entre ces deux dates, rien. Mais beaucoup de questions, de rumeurs, d'insinuations.

Face à elles, Nicolas Sarkozy tentera de mettre les choses au clair le 5 avril dans « Paris Match» : « Quand on la voyait trop, on m'en faisait reproche, maintenant que nous tirons les leçons du passé, on m'interroge. Son rôle est essentiel à mes côtés, mais c'est un rôle privé et non public. »
« Je suis sortie du cadre », confie de son côté son épouse dans « le Point », également le 5 avril.

Même si elle a choisi l'ombre, même si elle mettra très peu les pieds au QG rue d'Enghien (qu'elle a choisi), Cécilia Sarkozy n'en a pas moins été influente dans l'odyssée élyséenne de son époux.
Cest elle qui a veillé sur l'Organisation du congrès du 14 janvier ou sur celle de la soirée du premier tour au QG, où n'étaient invités que les proches du couple.
C est elle qui supervise la soirée qui aura lieu, demain, en cas de victoire du candidat UMP : la fête populaire place de la Concorde, celle au Show Case, une boîte parisienne, pour toutes les petites et grandes mains de la campagne, celle qui aura lieu aù QG avec les intimes.

Même en vacances, elle a suivi la progression de certains conseillers qu'elle apprécie particulièrement et dont elle a favorisé la promotion, comme Rachida Dati, porte-parole du candidat
Travaille-t-elle aussi sur l'avenir et l'équipe gouvernementale qui pourrait se constituer? Il y a dix jours, elle a rendu visite à Michèle Alliot-Marie au ministère de la Défense...

Quelle première dame de France sera-t-elle?
« Si je suis élu demain, quelle sera la place de Cécilia? J'attends le lendemain de l'élection pour le dire », expliquait Sarkozy à « Paris Match» il y a un mois. « Je ne pourrai plus imposer à Cécilia et à rnes enfants ce que je leur ai imposé », confiait-il mi-février sur l'île de la Réunion. Ajoutant: « Cécilia a une peur bleue des journalistes. »

A l'image de son mari qui s'imagine être un président très différent de celui qu'était Jacques Chirac, il est difficile de concevoir Cécilia dans rôle proche de celui de Bernadette.« En se comportant comme ils l'ont fait durant cette campagne, Nicolas et Cécilia ont voulu faire passer un message aux Français : les temps ont changé, ce n'est plus un couple mais un homme que l'on élit à l'Elysée », décrypte un député sarkozyste.
LUDOVIC VIGOGNE, Le Parisien 5 mai 2007, p. 6

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