Le discours de Dakar (26 juillet 2007, avec Henri Guaino)
Le discours de Grenoble (30 juillet 2010, avec Maxime Tandonnet et Cédric Goubet)
Le discours de Paris (07 novembre 2014, avec Henri Guaino)

Vers Sarkozy
Vers Sarkozy Président 2007-2008
Vers Sarkozy Président 2008-2012
Vers Sarkozy Présidentielle 2012
Vers Sarkozy et la Justice Républicaine

Nicolas Sàrközy de Nagy-Bocsa

30 novembre 2014. Présidence de l'UMP, 64,5 % des adhérents votants
Septembre 2014. Un sang mêlé cosmo sur facebook, cool ? Un invité agité sur France 2, pas cool ? « C’est retour vers le futur ! »
Juin 2014. Pour ne rien changer Sarkozy veut tout changer ; mise en examen et contre-attaque immédiate et impériale
Mai 2014. A la veille des Européennes l'attaque de fond d'un Sarkozy patriote Européen, et Français ; tandis que ses amis Balkany sont de nouveau au prise avec la Justice.
Mars 2014. Les juges "de gauche" attaquent Sarkozy, à la veille des municipales ; cafouillage gouvernemental, Christiane Taubira nie ... mais ? Une Lettre au Figaro qui révulse les socialistes
Février 2014. Sarko soutient ferme NKM à Paris, battue gràce au clan Tiberi
Janvier 2014. Bernadette Chodron de Courcel le dit : Nicolas Sàrközy de Nagy-Bocsa sera candidat en 2017 ; Très "attendu" à Lyon ; contre le mensonge à Châtelaillon

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A Lyon pour le concert de Carla, Sarkozy continue sa tournée Edité par D.H. avec Reuters le 23 janvier 2014 à 21h32 , mis à jour le 23 janvier 2014 à 21h35. http://lci.tf1.fr/politique/venu-a-lyon-pour-le-concert-de-carla-sarkozy-s-offre-un-bain-de-public-8353027.html

A sa descente de TGV, à son arrivée à l'entrée des artistes, avant le concert... Nicolas Sarkozy a pu tester sa popularité ce jeudi, lors d'un nouveau concert de sa femme Carla, à coups de "revenez, on vous attend" et de "Nicolas, Nicolas".

A chaque concert de Carla où il va depuis le début de la tournée, il est accueilli par des hourras. Nicolas Sarkozy a cette fois profité jeudi à Lyon de la tournée de son épouse, la chanteuse Carla Bruni, pour retrouver ses réflexes politiques et tester sa popularité. Arrivé par TGV deux heures avant le concert, l'ancien chef de l'Etat a pu serrer des mains, signer des autographes et poser de bonne grâce pour des photos, comme il l'avait déjà fait dans plusieurs villes.

Un homme l'attendait devant l'entrée des artistes avec une pancarte où figurait son ancien slogan de campagne "La France forte". Plus loin, une femme lançait : "Bravo, revenez, on vous attend". "Venez au concert de ma femme, vous verrez", lui a répondu l'ancien président. Juste avant le début du concert, alors que Nicolas Sarkozy allait s'asseoir, la salle s'est levée et a scandé : "Nicolas, Nicolas", comme lors de précédents concerts de son épouse.

L'ancien président avait auparavant pris le temps d'apporter son soutien à Michel Havard, le candidat UMP à la mairie de Lyon, qui a pu lui décrire sa stratégie de campagne. La soirée devait s'achever dans un restaurant du centre-ville où le candidat lyonnais était convié à partager la table de l'ex-couple présidentiel et des musiciens de Carla Bruni. Bernadette Chirac, épouse de l'ancien président, a avoué à demi-mot mercredi sur Europe 1 que Nicolas Sarkozy lui avait confié son envie de revenir sur le devant de la scène politique.

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VENDREDI 31 JANVIER 2014 | 09H01 La Nouvelle République http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2014/01/31/En-democratie-il-n-y-a-rien-de-pire-que-le-mensonge.-1778223

« En démocratie, il n'y a rien de pire que le mensonge. »
Il était venu tout exprès de Paris, mercredi soir. Officiellement, Nicolas Sarkozy médaillait Jean-Louis Léonard, maire de Châtelaillon et ancien député UMP de Charente-Maritime. L'occasion de poser de nouveaux jalons sur la route de la prochaine présidentielle et de tacler sévèrement son vainqueur de 2012 sur son bilan chômage.
Déterminé (« là où la mer est passée, elle repassera ») l'ancien président veut fédérer « toutes les énergies » et s'était fait accompagner des centristes de l'UMP, Jean Pierre Raffarin et Dominique Bussereau.

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Municipales à Paris : Sarkozy invité vedette du meeting de NKM Par Les Echos | 10/02 | 12:24 | mis à jour à 23:16 http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0203304857767-municipales-a-paris-sarkozy-au-meeting-de-nkm-649202.php

+ VIDEO - L’ancien président de la République a assisté lundi soir au premier meeting de campagne de la candidate UMP à la mairie de Paris. Largement ovationné, il a mis en avant son « amitié » envers NKM pour justifier sa présence.

Nathalie Kosciusko-Morizet tenait lundi soir son premier meeting de campagne, et a bénéficié d’un soutien de poids... en la personne de Nicolas Sarkozy. Après avoir ménagé le suspense, l’ancien président était finalement aux côtés de la candidate UMP. Il est arrivé peu avant 20 heures au gymnase Japy (11e arrondissement), soit près d'une heure après le début du premier meeting de campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet. Largement applaudi à son entrée dans la salle, il a pris place au premier rang et a simplement déclaré être venu « par amitié », admettant faire « un geste pour celle qui m’a fait l’amitié d’être ma porte-parole » [pendant sa campagne présidentielle en 2012].

Il effectuait d’ailleurs sa première sortie publique dans le cadre des élections municipales . La chaîne d’information en continu BFM-TV notait lundi que « cela faisait plusieurs semaines que l’ancien président confiait à ses proches qu’il voulait soutenir la candidate, faire "un geste fort" ».

En prenant la parole lundi soir, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas manqué de saluer cette présence : « Chers amis, cher Nicolas, chers militants » a-t-elle commencé, avant d’enchaîner : « La campagne est lancée, elle est vive, elle est ardente. [...] Je pense à toi qui me fait l’honneur d’être ici. Je mesure le geste d’amitié et de fidélité que tu nous fais en venant ici », a-t-elle ensuite lancé, à l’adresse toujours de son soutien vedette. Premier tour dans six semaines

Nathalie Kosciusko-Morizet, qui se présente dans le 14e arrondissement, était entourée dans cette salle (qui peut contenir 2.500 personnes debout) de ses alliés Christian Saint-Etienne (UDI, candidat dans le 11e), Marielle de Sarnez (Modem), et des 18 autres têtes de liste. Ses porte-paroles, Pierre-Yves Bournazel et Valérie Montandon, étaient chargés d’animer la soirée.

Malmenée dans les sondages à six semaines du premier tour des élections, la candidate de l’UMP devait reprendre dans son discours les thèmes développés dans une « lettre aux Parisiens » diffusée massivement depuis jeudi : « révolution des horaires », stabilité des impôts, doublement de la vidéosurveillance...

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Les affaires qui menacent Sarkozy Le Monde.fr | 07.03.2014 à 12h09 • Mis à jour le 07.03.2014 à 17h24 http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/03/07/les-affaires-qui-menacent-sarkozy_4379316_823448.html

Menacé par une affaire de trafic d'influence, comme le révèle Le Monde vendredi 7 mars, l'ancien président est déjà visé dans le cadre de plusieurs affaires. Le point sur ces dossiers en cours, des sondages de l'Elysée à l'affaire Tapie, en passant par la Libye, Karachi... ◾Les sondages de l'Elysée

Actuellement à l'instruction, cette affaire vise les sondages commandés par l'Elysée au début du quinquennat de l'ancien chef de l'Etat, pour des sommes conséquentes et sans appel d'offres. M. Sarkozy est couvert par l'immunité présidentielle, mais plusieurs de ses proches conseillers sont inquiétés. Notamment son ancien conseiller Patrick Buisson, dont les bureaux et le domicile ont été perquisitionnés au printemps 2013.

En 2007, l'homme d'affaires Bernard Tapie a bénéficié d'un arbitrage favorable quant à son contentieux l'opposant au Crédit lyonnais. Il a ainsi obtenu quelque 400 millions d'euros des caisses de l'Etat en compensation.

Pourquoi un arbitrage privé plutôt que la justice ordinaire ? Les arbitres étaient-ils réellement impartiaux ? Quel a été le rôle de l'Elysée ? Trois juges d'instruction enquêtent sur cette affaire. L'ancienne ministre de l'économie Christine Lagarde a été entendue par la Cour de justice de la République ; son chef de cabinet, Stéphane Richard, a été mis en examen ; Bernard Tapie, son avocat et un arbitre également.

La justice enquête sur le financement de la campagne d'Edouard Balladur. Elle soupçonne l'ancien premier ministre et son équipe d'alors d'avoir organisé un financement occulte de la campagne présidentielle de 1995 via des rétrocommissions liées à des ventes d'armes au Pakistan.

M. Balladur, alors chef du gouvernement, et François Léotard, son ministre de la défense, devraient être jugés par la Cour de justice de la République (CJR), qui est habilitée à juger les faits commis par des ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

M. Sarkozy, qui était ministre du budget et porte-parole du candidat Balladur, pourrait être entendu en tant que témoin assisté.

En marge de l'affaire, une autre enquête pour « violation du secret de l'instruction » a été ouverte après la diffusion par l'Elysée d'un communiqué de presse affirmant que M. Sarkozy n'était pas cité dans le dossier d'instruction.

◾Le supposé financement libyen de la campagne présidentielle

Une enquête préliminaire est ouverte sur un document publié en avril 2012 par Mediapart – contre qui M. Sarkozy a déposé plainte pour « faux et usage de faux » –, qui évoquait un projet de financement illicite de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2007 par le régime libyen, et sur les déclarations confortant ces accusations, en janvier, de l'intermédiaire Ziad Takieddine. ◾L'affaire Bettencourt

Dans cette affaire, les juges bordelais ont accordé un non-lieu à l'ancien président de la République.

Lire : Un non-lieu pour Nicolas Sarkozy malgré son « comportement abusif »
Un non-lieu pour Nicolas Sarkozy malgré son "comportement abusif" LE MONDE | 08.10.2013 à 10h41 • Mis à jour le 08.10.2013 à 10h41 | Par Gérard Davet et Fabrice Lhomme

C'est avec des mots très durs que les juges d'instruction bordelais chargés de l'affaire Bettencourt ont justifié le non-lieu accordé à Nicolas Sarkozy, dans leur ordonnance de renvoi signée lundi 7 octobre. Selon ce document, cité par l'AFP, il n'y avait pas de "charges suffisantes" pour renvoyer l'ex-chef de l'Etat en correctionnelle, même si ce dernier, selon les juges, aurait essayé par "un comportement abusif", d'obtenir de l'argent de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal.

Les juges bordelais Jean-Michel Gentil et Valérie Noël ont bâti une démonstration en quatre points. Premier point, Nicolas Sarkozy "avait connaissance de l'état de vulnérabilité particulièrement apparent de Mme Bettencourt", estiment-ils. Deuxièmement, "il s'est présenté au domicile d'André et Liliane Bettencourt deux fois" au début de l'année électorale 2007, les 10 et 24 février 2007, et non une seule comme il l'a prétendu. Troisièmement, "le rendez-vous du 24 février avait pour objet d'obtenir un soutien financier de Liliane Bettencourt".

Le quatrième point vient à l'appui de la défense de M. Sarkozy : "Il n'existe pas de charges suffisantes établissant un lien direct entre le comportemen...

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Affaire des écoutes - Taubira : telle est prise qui croyait prendre ! Le Point.fr - Publié le 12/03/2014 à 18:25 - Modifié le 12/03/2014 à 18:33 http://www.lepoint.fr/politique/affaire-des-ecoutes-taubira-telle-est-prise-qui-croyait-prendre-12-03-2014-1800131_20.php

Accusée d'avoir menti par l'opposition dans l'affaire des écoutes de Nicolas Sarkozy, Christiane Taubira, la garde des Sceaux, a tenté de se défendre lors du point de presse du gouvernement, juste après le conseil des ministres.
Refusant de démissionner, elle a assuré aux journalistes ne pas avoir eu "d'informations concernant la date, la durée, le contenu des interceptions judiciaires".
Pour mieux convaincre son auditoire, elle a alors brandi deux lettres. La première, signée d'Éliane Houlette, la procureur nationale financière, est adressée au procureur général de Paris. Et la seconde, écrite par un représentant de ce dernier, a été expédiée à l'attention directe de la garde des Sceaux.

La haute définition aidant, les journalistes du Monde.fr se sont attaqués à la retranscription des lettres. Il en résulte que Christiane Taubira était "régulièrement" tenue au courant de l'évolution de l'enquête liée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2007. Les lettres révèlent également que les conversations téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat, maître Herzog, ont été écoutées entre le 28 janvier et le 11 février 2014. Enfin, il est fait mention du rôle joué par un magistrat à la Cour de cassation, qui s'est révélé être Gilbert Azibert. Ce dernier renseignait régulièrement maître Herzog des avancées de la procédure Bettencourt...

Voici le verbatim de ces documents : (NB : Les passages entre parenthèses n'ont pas pu être retranscrits, car ils étaient occultés par les mains de Christiane Taubira.)

Lettre d'Éliane Houlette, procureur financier, adressée le 26 février au procureur général près la cour d'appel de Paris

Objet : Ouverture d'une information pour des faits susceptibles d'être qualifiés de violation du secret de l'instruction, trafic d'influence passif par une personne exerçant une (...) publique, trafic d'influence passif par un particulier sur une personne chargée d'une (...) de service public, complicité et recel.

J'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants. (...) Dans le cadre de l'information citée en référence, relative au financement de la campagne présidentielle de 2007, MM. Tournaire et Grouman, juges d'instruction, m'ont (...) par ordonnance de soit-communiqué du 17 février 2014, de faits incidents susceptibles de caractériser les infractions de violation du secret de l'instruction, trafic d'influence passif et actif, complicité et recel de ces infractions, à la suite des investigations menées par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions fiscales agissant sur commission rogatoire délivrée le 23 avril 2013.

Les policiers ont intercepté entre le 28 janvier et le 11 février 2014 des conversations téléphoniques entre monsieur Nicolas Sarkozy utilisant une ligne téléphonique souscrite sous un nom d'emprunt (Paul Bismuth) et M. Thierry Herzog, avocat se servant d'une ligne téléphonique souscrite le même jour et au même endroit que la première (...), révélé, d'une part, que monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné de (...) tant sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy que sur la (...) d'une perquisition dans le cadre de l'information en cours et, d'autre part, (...) est entré en relation, à de nombreuses reprises, avec un magistrat du parquet général de la Cour de cassation, dont le nom figure dans la procédure, lequel aurait (...) avant une audience relative à l'examen d'un pourvoi concernant une ouverture d'information suivie à Bordeaux, les documents internes à la Cour de cassation (...) conseiller rapporteur et avis de l'avocat général et rencontré un par un (...) lui expliquer", avant qu'ils ne délibèrent, deux ou trois des conseillers (...) appartenant à la formation appelée à statuer sur ce pourvoi.

Ces communications mettent également en évidence que ce magistrat aurait fait part à Thierry Herzog de son souhait d'être nommé conseiller au tour extérieur au Conseil d'État de Monaco et que Nicolas Sarkozy aurait assuré qu'il l'aiderait dans ce projet "avec ce qu('il fait)" (selon Thierry Herzog).

Certes, les conversations interceptées sont celles d'un avocat avec son client, ce qui pourrait constituer un obstacle à l'ouverture d'une information. Mais elles ont eu lieu à travers une ligne téléphonique ouverte sous un faux nom et au surplus sont de nature à faire présumer la participation de l'avocat concerné à une infraction.

Au vu de ces éléments, j'ai requis ce jour l'ouverture d'une information contre X pour ces faits. Je vous tiendrai informé des développements de cette procédure.
Le procureur de la République financier Éliane Houlette

Lettre de Philippe Lagauche, avocat général près la cour d'appel de Paris adressée à Christiane Taubira, datée du 26 février (2014)

Objet : Ouverture d'une information contre X des chefs de violation du secret de l'instruction, trafic d'influence actif et passif, complicité et recel, relatif à des faits nouveaux mis en évidence dans le cadre de la transcription d'écoutes téléphoniques ordonnées dans le dossier dit "des financements libyens" de la campagne présidentielle de 2007.

J'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir trouver sous ce pli un rapport du procureur de la République financier me rendant compte de l'ouverture ce jour d'une information (...) personne non dénommée des chefs de violation du secret de l'instruction, de trafic d'influence actif et passif et de complicité et recel de ces infractions.

Le juge d'instruction saisi du dossier dit "des financements libyens" de la campagne présidentielle de 2007 (dont il vous est régulièrement rendu compte sous la référence AS/13/2352/FIN) a en effet par ordonnance du 17 janvier 2014 transmis au procureur de la République financier des procès-verbaux transcrivant des écoutes téléphoniques et des (...) d'appels téléphoniques dont il résulterait des suspicions de commission de ces infractions.

Il est en effet apparu que Nicolas Sarkozy, placé sur écoute dans le cadre de cette procédure, en aurait été informé, après que le bâtonnier de Paris eut été lui-même averti par le juge d'instruction conformément aux dispositions de l'article 100-7 du Code de procédure pénale, la personne écoutée étant un avocat au barreau de Paris.

Il est également apparu que le même Nicolas Sarkozy, utilisateur d'une seconde ligne téléphonique portable - ouverte sous un nom d'emprunt pour, semble-t-il, déjouer la première écoute judiciaire -, seconde ligne également écoutée, était en relations fréquentes avec Thierry Herzog, également avocat au barreau de Paris et qui est son conseil dans l'affaire dite "Bettencourt" en cours à Bordeaux ; à la faveur de ces conversations, il apparaît que les deux hommes évoquent à plusieurs reprises les interventions réelles ou supposées d'un magistrat du parquet général de la Cour de cassation, dans le cadre de l'examen par la chambre criminelle de cette Cour d'un pourvoi formé contre un arrêt de la chambre de l'instruction de Bordeaux.

Après examen de la jurisprudence relative à l'interception et à la retranscription de conversations entre une personne et son avocat, il apparaît que la validité de celles-ci, même si elle peut donner lieu à des contestations, peut se soutenir, le contenu des conversations et l'usage d'une ligne ouverte sous une identité d'emprunt étant de nature à faire présumer la participation de cet avocat à des faits constitutifs d'une infraction au sens de l'arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 1er octobre 2003.

La nécessité de faire procéder à des investigations ne pouvant être ordonnées que par un magistrat instructeur - notamment de nouvelles écoutes - a conduit le procureur de la République financier à requérir l'ouverture d'une information distincte des chefs visés en objet, ces faits n'ayant pas de rapport direct avec le dossier initial. Je ne manquerai pas de vous tenir informé des suites de cette procédure.
Le procureur général Philippe Lagauche, avocat général

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Exclusif Le Figaro : Nicolas Sarkozy s'adresse aux Français Home ACTUALITE Politique Par Charles Jaigu Mis à jour le 20/03/2014 à 21:32 Publié le 20/03/2014 à 18:38

C'est par écrit, dans les colonnes du Figaro, que Nicolas Sarkozy a choisi de s'exprimer. L'ancien président de la République répond dans un long texte intitulé «Ce que je veux dire aux Français» à l'ensemble des accusations qui le visent ou qui l'ont visé depuis qu'il a quitté le pouvoir, le 16 mai 2012. «J'ai longuement hésité avant de prendre la parole (…) depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j'avais annoncée au soir du second tour de l'élection présidentielle de 2012 (…) Et pourtant je crois qu'il est aujourd'hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c'est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent.»

«Voici que j'apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois (…) Les juges entendent les discussions que j'ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L'ensemble fait l'objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui sont les destinataires!», accuse Nicolas Sarkozy qui s'interroge «sur ce qui est fait de la retranscription de (ses) conversations».

«Je sais, la ministre de la Justice n'était pas au courant, malgré tous les rapports qu'elle a demandés et reçus. Le ministre de l'Intérieur n'était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s'il ne s'agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l'homme a bien changé», poursuit-il.

«Aujourd'hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France», s'émeut Nicolas Sarkozy.

Il dénonce aussi les méthodes employées par les magistrats. «J'accepte tous les combats à condition qu'ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu'aux coups tordus et aux manipulations grossières», dit-il. Malgré cela, il affirme garder confiance dans «l'institution judiciaire, dans l'impartialité de l'immense majorité des juges».

«Je n'ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais je ne peux accepter d'être en dessous de celles-ci», fait-il valoir.

Au passage, Nicolas Sarkozy renvoie à plus tard les questions sur une éventuelle candidature en 2017: «Contrairement à ce qui s'écrit quotidiennement, je n'éprouve nul désir de m'impliquer aujourd'hui dans la vie politique de notre pays». Mais il ajoute, au moment de conclure: «Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu'ils soient assurés que la meilleure façon de l'éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond comme un citoyen «normal»!

Il s'agit de sa première grande intervention solennelle depuis qu'il a été battu. Une intervention écrite et non orale, afin d'en appeler à «la réflexion plutôt qu'à l'émotion» des Français. En mai 2012, c'est par communiqué qu'il avait regretté l'inaction de la diplomatie française en Syrie, et en juillet 2013, c'est à huis-clos qu'il s'était exprimé devant les cadres de l'UMP après la sanction de ses comptes de campagne. Cette fois-ci, l'ancien président s'adresse aux Français directement.

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21/03 - 07:07 http://www.jeanmarcmorandini.com/article-318394-la-lettre-de-sarkozy-met-en-colere-les-ministres-de-francois-hollande-de-valls-a-taubira-en-passant-par-ayrault.html La lettre de Sarkozy met en colère les Ministres de François Hollande de Valls à Taubira en passant par Ayrault

Christiane Taubira a vivement répliqué à la tribune de Nicolas, assurant dans un communiqué qu'elle "n'entend pas accepter cette injure à l'égard des citoyens français et des juges ainsi que cette attaque envers les institutions de la République".
"Dans un Etat de droit, la mise en œuvre de la loi prévoyant les interceptions judiciaires par des juges indépendants ne peut pas être comparée aux pratiques à l'œuvre dans des régimes autoritaires ou totalitaires", a souligné la ministre de la Justice.

Quant à Manuel Valls , il accuse Sarkozy de s'en prendre "au fondement même de l'Etat de droit" alors qu'"il est acculé par les problèmes". "Assimiler la République française à la dictature de l'ex Allemagne de l'Est, assimiler la justice et la police à la Stasi, l'ex police secrète, cela disqualifie les critiques de Nicolas Sarkozy", a dit au Parisien le ministre de l'Intérieur.
"C'est aussi infamant pour les magistrats et les policiers de notre pays", a-t-il ajouté.

"Mettre en cause l'honneur de la justice et de la police est une grave faute morale", estime Jean-Marc Ayrault dans un communiqué où il rappelle que "la France est un Etat de droit". "La liberté y est respectée. La loi est la même pour tous. Elle doit être respectée par tous", ajoute-t-il.
"Dans un Etat de droit, les juges sont indépendants, et la police agit dans le cadre des lois. Le gouvernement y veille scrupuleusement. La comparaison entre la République française et l'Allemagne de l'Est est insupportable", affirme le Premier ministre.
"Le respect des institutions de la République s'impose à tous, et particulièrement à ceux qui exercent ou ont exercé les plus hautes responsabilités."

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Tribune au "Point" : Sarkozy prône un Schengen II, s'attaque à l'Europe des 28 et à la Commission Le HuffPost | Par Geoffroy Clavel Publication: 21/05/2014 22h02 CEST http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/21/tribune-point-sarkozy-schengen-ii-europe-28-commission_n_5366444.html?utm_hp_ref=france

NICOLAS SARKOZY - "C'est justement parce que je crois à l'Europe que je veux qu'elle s'adapte en changeant profondément". A trois jours du scrutin du 25 mai, ce n'est pas un pavé mais un boulet de canon que Nicolas Sarkozy a décidé de jeter dans la mare européenne.

Dans une tribune publiée ce jeudi 22 mai dans les colonnes de l'hebdomadaire Le Point, l'ancien président de la République livre certes un vibrant plaidoyer en faveur d'une "Europe de la paix". Mais en dénonçant "l'échec sans appel" de Schengen, en remettant en cause les prérogatives de l'Europe des 28 comme de la Commission européenne, Nicolas Sarkozy préconise surtout un virage radical dans l'histoire de la construction européenne. Quitte à parfois prendre sa propre famille politique à contre-pied.

Pour une Europe volontaire mais sans Schengen

A ceux qui en doutaient, Nicolas Sarkozy réaffirme dès les premières lignes de son intervention, une certitude: la France n'a pas d'avenir ailleurs qu'en Europe. Et l'Europe n'a pas d'autre choix que l'union pour échapper à la guerre. "Je le dis comme je le pense: vouloir la destruction de l'Europe, c'est mettre en péril la paix sur le continent", écrit l'ancien président de la République, s'inscrivant dans la lignée de tous les présidents de la Ve République depuis le général de Gaulle.

A ses yeux, les règles tatillonnes de l'Union européenne protègent également "des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent". On devine derrière cet argument une critique à peine voilée de la politique de François Hollande. Sans cette Europe là, enchaîné l'ancien président, "la dérive à laquelle nous assistons serait pire encore. Impôts sans limite, dépenses publiques sans frein ni contrôle, déficits explosés, nivellement généralisé".

Mais "l'europtimisme" de Nicolas Sarkozy s'arrête là. Et après avoir tressé une couronne de lauriers à la "pax europae", c'est un portrait accablant de la politique européenne que dresse l'ancien chef de l'Etat. La politique d'immigration? "Un échec sans appel". "C'est une évidence qu'il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'intégration", tranche-t-il. Une ligne en phase avec les responsables de l'UMP les plus virulents à l'égard de l'Union européenne.

Objectif: changer Schengen et refonder l'Europe avec l'Allemagne

Refusant de dresser les europhiles et souverainistes les uns contre les autres, retrouvant les accents de sa campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy martèle surtout qu'il faut désormais "profondément refonder notre politique européenne". Et cela débute par un partenariat renforcé avec l'Allemagne. Une idée populaire au sein de l'UMP où chacun lorgne sur l'insolente santé économique de Berlin. Mais Nicolas Sarkozy veut pousser encore loin l'intégration franco-allemande.

"Je plaide clairement pour la création d'une grande zone économique franco-allemande cohérente et stable au coeur de la zone euro [...] en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux", écrit-il avant de renchérir: "Si les deux plus grandes puissances économiques européennes font le choix de la convergence économique et fiscale, la zone euro en sera profondément renforcée".

L'Europe des 28 réduite au strict minimum

Face à l'émergence d'un superchampion franco-allemand, quelle place réserve-t-il aux 26 autres Etats-membres? Visiblement une portion congrue. "Nous devons cesser de croire au mythe de l'égalité des droits et des responsabilités entre tous les Etats-membres. [...] C'est à l'Allemagne et à la France d'assumer la plus grande part de la responsabilité dans la conduite du gouvernement économique de la zone euro", assume-t-il.

Au couple France-Allemagne d'assumer donc le leadership de la zone euro en vue d'une nouvelle étape d'intégration. Pour les autres en revanche, Nicolas Sarkozy préconise un détricotage sévère des compétences de l'Union européenne."La situation d'aujourd'hui est à la limite du ridicule et nous condamne à l'impuissance. [...] Il faut supprimer au moins la moitié des actuelles compétences communautaires, qui devront demain être assumées par les Etats nationaux".

Une proposition qui ne devrait pas déplaire à l'UMP Laurent Wauquiez, partisan d'un big bang européen. Si elle devait voir le jour, elle constituerait un recul inédit dans la construction européenne.

Suivant sa logique, Nicolas Sarkozy estime qu'il faut également réduire le rôle de la Commission. S'il se refuse à en faire "les boucs émissaires commodes de nos difficultés", l'ancien président estime que l'institution phare de l'Union européenne "ne devrait plus avoir de compétences législatives, puisqu'il y a un Parlement européen. C'est à lui et à lui seul de légiférer".

Aujourd'hui, la Commission dispose d'un pouvoir d'initiative, c'est à dire de proposer des lois européennes qui sont ensuite votées et validées par le Parlement et le conseil de l'Union européenne.

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Nicolas Sarkozy : «Il faut tout changer» Home ACTUALITE Politique Par Carl Meeus Mis à jour le 19/06/2014 à 07:39 Publié le 19/06/2014 à 07:25 http://www.lefigaro.fr/politique/2014/06/19/01002-20140619ARTFIG00027-nicolas-sarkozy-il-faut-tout-changer.php

L'affaire Bygmalion ne semble pas avoir d'effets sur les sympathisants UMP qui placent invariablement Sarkozy largement en tête des personnalités qu'ils souhaitent voir représenter la droite à la présidentielle de 2017.

À droite, la guerre a commencé. La démission de Jean-François Copé de la présidence de l'UMP a contraint tous les protagonistes à revoir leur stratégie. Le congrès de l'UMP, qui aura lieu fin novembre pour élire son nouveau numéro un, change la donne et oblige tout le monde à modifier ses plans. Le calendrier probable ouvre une nouvelle fenêtre d'annonces de candidatures à la présidence de l'UMP à partir de la fin du mois d'août. Il reste donc à peine deux mois et demi aux principaux protagonistes pour sortir du bois.

Plus que l'UMP, c'est la situation de la France qui inquiète Nicolas Sarkozy. Les chefs d'entreprise qu'il reçoit régulièrement lui brossent un tableau sombre d'un pays où l'économie est à l'arrêt, les investissements au point mort, les contribuables exaspérés par la pression fiscale. Au cours de ses déplacements à l'étranger, l'ancien président a pu également constater qu'à l'intérieur d'une même zone économique, il pouvait y avoir des situations contrastées entre des pays à forte croissance et d'autres qui allaient mal, sans pour autant que la bonne santé des uns rejaillisse sur les autres. Conclusion de Nicolas Sarkozy, pour résoudre cette quadruple crise économique, sociale, morale et politique: «Il faut tout changer!» Devant ses visiteurs, il est très clair: «Il faut réinventer le modèle démocratique français. Notre façon de faire de la politique, l'organisation des formations et les idées.»

Pour l'ancien président de la République, les clivages actuels entre la droite et la gauche, entre le souverainisme et le fédéralisme, entre le libéralisme et le conservatisme n'ont plus lieu d'être et doivent être totalement repensés. Depuis plusieurs mois, il cherche le «fil d'Ariane» d'une prochaine campagne présidentielle. En 2007, c'était la valeur travail. Un coup gagnant. En 2012, il évoquait les frontières. Moins efficace. Ce faisant, Nicolas Sarkozy dépasse la simple problématique de la présidence de l'UMP. S'il devait décider d'en devenir le prochain président, ce serait de toute façon pour la rebâtir, la repenser de manière à l'ouvrir davantage et à redéfinir son corpus idéologique. Mais comme le lui a dit un de ses amis: «Tu ne peux accepter d'être élu à un congrès par 100.000 militants et refuser de te faire élire à une primaire par plusieurs millions d'électeurs.»

Reste que Nicolas Sarkozy veut se laisser du temps avant d'annoncer sa décision. Ses proches le répètent, il est encore dans «le temps de la réflexion». L'ancien Président sait mieux que personne qu'il ne peut revenir avec pour unique ambition de prendre la tête du parti afin de dégager la piste pour 2017. Il ne s'imagine pas courir les fédérations départementales dans toute la France. Dès le 6 mai 2012, il avait d'ailleurs déjà exprimé sa volonté de ne pas refaire le même chemin que celui qui l'avait amené au pouvoir en 2007. Pas question non plus, pour lui, de se représenter à une élection locale comme VGE en 1982. Son retour doit emprunter une autre voie. Et cette voie, c'est celle de la France, pas celle de l'UMP. De ce point de vue, le congrès avancé ne change pas sa stratégie. Il accélère juste le tempo.

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Mise en examen de Nicolas Sarkozy : 5 questions pour comprendre Le Monde.fr | 02.07.2014 à 11h53 • Mis à jour le 02.07.2014 à 15h49 | Par Maxime Vaudano, Samuel Laurent, Diane Jean et Simon Piel

Cette nouvelle qui a ébranlé le monde politique et qui suscite de nombreuses questions. Nos réponses à celles qui nous ont été le plus fréquemment posées.
› 1. C'est quoi une mise en examen ?
› 2. De quoi est accusé Nicolas Sarkozy ?
› 3. Est-ce une première historique ?
› 4. Pourquoi un placement en garde à vue et pas une simple audition ?
› 5. Claire Thépaut est-elle une antisarkozyste notoire ?

1. Qu'est-ce qu'une mise en examen ?

C’est la deuxième phase de procédure pénale, celle qui suit l’information judiciaire. Depuis le 26 février, les enquêteurs rassemblent toutes les pièces possibles sur l’affaire pour que le tribunal puisse juger en connaissance de cause.

La mise en examen, c’est donc la décision prise par les juges d’instruction, chargés des enquêtes judiciaires, d’investiguer sur quelqu’un. Pour qu’une personne soit mise en examen, des indices graves ou concordants existent et rendent vraisemblable sa participation à un crime ou à un délit. Ce qui n’est pas le cas pour une information judiciaire.

L’article 80-1 du code de procédure pénale précise ainsi que le juge d’instruction « ne peut procéder à cette mise en examen qu’après avoir préalablement entendu les observations de la personne ». Dans l’affaire des écoutes de Sarkozy, deux juges d’instruction suivent le dossier : Patricia Simon et Claire Thépaut.

2. De quoi est accusé Nicolas Sarkozy ?

Trois chefs d’accusation ont été retenus contre Nicolas Sarkozy pour sa mise en examen :

◾Le trafic d'influence

Réglementé par l'article 433-2 du code pénal, ce délit est passible de cinq ans d'emprisonnement et d'une amende de 500 000 euros. Il consiste à :

« Solliciter ou d'agréer, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques, pour lui-même ou pour autrui, pour abuser ou avoir abusé de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable. »

◾La corruption active

Le délit de « corruption active » est défini par l'article 433-1 du code pénal, et peut être puni d’une peine de dix ans de prison et de 150 000 euros d’amende. Stade supérieur du trafic d'influence, la corruption active vise à proposer « des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques » à une personne publique, « pour elle-même ou pour autrui », dans le but qu'elle « accomplisse ou s'abstienne d'accomplir un acte de sa fonction », ou qu’elle « abuse de son influence réélle ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable ».

◾Le recel de violation du secret professionnel

Le recel est « le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose » qui « provient d'un crime ou d'un délit ». En l’occurrence, Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir reçu des informations le concernant provenant du dossier confidentiel de la Cour de cassation. Et donc, d’avoir profité de la violation du secret de l’instruction, qui aurait été orchestrée par le magistrat Gilbert Azibert, également mis en examen. Le code pénal fait la distinction entre le recel simple et le recel commis de façon habituelle ou organisée. Le recel simple est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende, le recel commis de façon habituelle de dix ans d’emprisonnement et de 750 000 euros d’amende.

3. Est-ce une première historique ?

Non, Nicolas Sarkozy n’est pas le premier ancien président à se retrouver dans cette situation. Lui-même avait déjà été mis en examen en avril 2013 pour « abus de faiblesse » dans l’affaire Bettencourt, avant de bénéficier d'un non-lieu à l'automne 2013.

Avant lui, son prédécesseur Jacques Chirac avait été mis en examen à deux reprises dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, en 2007 et en 2009, avant d’être condamné à deux ans de prison avec sursis pour « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « prise illégale d'intérêt ».

Sa garde à vue, initiée mardi 1er juillet, était en revanche une première historique pour un président français.

4. Pourquoi un placement en garde à vue et pas une simple audition ? La garde à vue ne dépend pas de la gravité des faits. Aussi est-il inepte de comparer celle de M. Sarkozy et d’autres affaires politiques où il n’y a pas eu de recours à cette mesure. La garde à vue est une forme de convocation judiciaire particulière, qui implique une privation de liberté, dans le but de garder le suspect à disposition des enquêteurs et de l’empêcher de communiquer, modifier des preuves ou de fuir.

La garde à vue n’est possible que si « il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner [que le suspect] a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d'une peine d'emprisonnement ». Son régime a été modifié en 2011. La garde à vue n’est désormais possible que si elle constitue la seule option des enquêteurs pour :

5. La juge Claire Thépaut est-elle une antisarkozyste notoire ?

Il faut commencer par rappeler que Claire Thépaut n’est pas la seule juge qui instruit ce dossier. Elle travaille en tandem avec une autre juge, Patricia Simon. En outre, elles ont récupéré le dossier des écoutes, mais ne les ont pas ordonnées : celles-ci sont le fait de deux autres magistrats, Serge Tournaire et René Grouman.

Lire : Ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy

Mme Thepaut est sous le feu des critiques, car ancienne membre du syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche, minoritaire). Elle ne l’a en revanche jamais présidé comme on a pu le lire, ni fait partie du bureau national, confirme le syndicat au Monde.fr.

Le SM a vivement critiqué Nicolas Sarkozy pendant son quinquennat. Le 2 mai 2012, dans une lettre ouverte à l’ancien président de la république, Mathieu Bonduelle, ancien président du syndicat, écrivait :
« Qui plus que vous – et vos partisans à votre initiative ou avec votre assentiment – aura davantage (sous la Ve République du moins) violé la séparation des pouvoirs, dégradé la loi, travesti la réalité judiciaire, dénigréle travail des professionnels de la justice, tenu pour quantité négligeable les droits et attentes légitimes de tous ceux qu’on appelle abstraitement “les justiciables”. »

Autre critique : elle aurait publié une « tribune » se réjouissant de la défaite de Nicolas Sarkozy. Là encore, c’est faux : il s’agissait d’un simple reportage de Mediapart, le 8 mai 2012, dans lequel elle est interrogée sur les conséquences de la victoire de François Hollande sur l’administration de la justice, Claire Thépaut, alors juge d’instruction à Bobigny, répondait : « Ce qui est certain, c'est que nous aspirons tous à retrouver du calme, de la sérénité et de la confiance. »

Un magistrat qui l’a cotoyée explique au Monde.fr : « Je ne la vois pas mettre en examen Nicolas Sarkozy pour le plaisir. Il en va de sa réputation. A Bobigny, comme à Paris, c'est une professionnelle respectée. »

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Valls répond à Sarkozy : « Jamais je ne dirai que j'ai honte de mon pays » Le Monde.fr | 22.09.2014 à 11h08 • Mis à jour le 22.09.2014 à 16h41 http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/22/sarkozy-un-retour-qui-s-impose-ou-une-soif-de-revanche_4491810_823448.html

C'est un retour qui « s'impose » pour les uns. Une « soif de revanche » pour les autres. Le retour de Nicolas Sarkozy et sa prestation dimanche soir au « 20 heures » de France 2 ont concentré l'attention des personnalités politiques.

L'eurodéputée Rachida Dati a jugé lundi que le retour de Nicolas Sarkozy « s'impose » vu l'état de l'UMP, parti qui « n'a pas de ligne politique », déplore-t-elle. Mais Mme Dati a davantage tenu à réagir au choix de Frédéric Péchenard comme directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. « Nicolas Sarkozy le sait et monsieur Péchenard le sait aussi : je trouve que c'est un mauvais choix, maintenant c'est son choix. Ils sont amis, dont acte », a déclaré sur France Info celle qui se dit « très à l'aise », M. Sarkozy lui ayant « proposé de faire partie de son organisation et de son équipe », explique-t-elle.

« Il ne m'a pas surpris », sa « démarche est crédible » et son « diagnostic assez juste : la France est désespérée parce que le pouvoir est très mauvais », a déclaré sur France Inter Jean-Pierre Raffarin, coprésident de l'UMP. Le travail de M. Sarkozy, « c'est de la mobilisation et très franchement hier soir, il a montré une certaine énergie pour ce faire et ce dont les gens ont envie aujourd'hui, c'est de cette force au service de la crédibilité de l'alternance », a insisté M. Raffarin.

« Je me battrai contre une stratégie du clivage », a-t-il cependant insisté, plaidant pour des primaires « très ouvertes ». « Il faut le rassemblement. J'espère qu'il entendra cela », a-t-il dit.

La présidente du Front national, Marine Le Pen, estime que Nicolas Sarkozy « n'a pas changé, et tant mieux ». Elle a ensuite précisé, sur RMC et BFMTV, qu'elle n'aime pas « son immodestie, son insincérité » et « ses techniques de communication » qu'elle juge « aujourd'hui rejetées par les Français » « Ils ne veulent plus de cela. »

Interrogé en marge d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le premier ministre Manuel Valls a quant à lui réagi avec hauteur à une déclaration de Nicolas Sarkozy, qui disait avoir « honte » pour la France lorsqu'il observait sa politique actuelle vis-à-vis de l'Allemagne, et ses difficultés à réduire le déficit budgétaire.

« Ça me fait toujours un peu de peine, j'ai un peu honte, pour vous dire la vérité, quand on demande au meilleur de la classe d'apprendre moins bien ses leçons pour que ceux qui sont derrière aient de meilleures notes », avait déclaré dimanche M. Sarkozy.

En visite dans un lycée professionnel dans la banlieue de Tours (Indre-et-Loire), la ministre de l'éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a pour sa part déclaré que Nicolas Sarkozy « n'[avait] pas changé, même s'il a cherché à le paraître pendant les premières minutes » de son interview. Mme Vallaud-Belkacem a ensuite lancé : « J'ai entendu que la création de 60 000 postes d'enseignants était inutile... J'espère que ce message sera entendu par les parents, les enseignants... »

Le patron du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, voit pour sa part dans ce retour de Nicolas Sarkozy une « revanche » : « Il revient la rancune au cœur et la revanche à l'esprit, a-t-il déclaré lundi 22 septembre sur RTL. Son programme c'est lui, son bilan c'est l'autre. Il a été candidat à la présidence de l'UMP pendant quarante-huit heures et il est déjà dans la présidentielle. »

Yves Jégo, candidat à la présidence de l'UDI, a quant à lui déclaré lundi sur RMC qu'il a l'intention de saisir le CSA.

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Meeting de Sarkozy à Lambersart : « C’est retour vers le futur ! » LE MONDE | 26.09.2014 à 10h47 • Mis à jour le 26.09.2014 à 12h41 http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/26/quel-sarkozy-retrouve-t-on_4494839_823448.html

A Lambersart (Nord), banlieue huppée de Lille, Nicolas Sarkozy a entamé jeudi 25 septembre "une longue marche" "au service de la France", avec 2017 en ligne de mire, lors de sa première réunion publique depuis son retour en politique et l’annonce de sa candidature à la présidence de l'UMP.

Si beaucoup estiment que l’ancien président de la République « n’a pas changé », un autre débat a vu le jour : quel Nicolas Sarkozy a-t-on retrouvé ? Celui de la présidentielle de 2007 ou de la campagne de 2012 ? Et quelle ligne politique va-t-il suivre ?

Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, il n’y a pas de doutes : M. Sarkozy « persiste et signe sur sa ligne de 2012. » « L’ex-président, qui fait de la démolition de François Hollande un viatique, a ébauché un programme de combat contre notre modèle social. Fonctionnaires, chômeurs, immigration, tout y passe. Nicolas Sarkozy fait revivre tous les poncifs de la droite dure. On finit par se demander pourquoi ce programme n’a pas été appliqué pendant son quinquennat. Il a choisi son chemin : il persiste et signe sur sa ligne de 2012, orientation qui a été repoussée par les Français. »

A l’inverse, le porte-parole de M. Sarkozy, Gérald Darmanin, préfère voir, dans le Sarkozy de 2014, celui de 2007. « Hier soir » (jeudi), lors de son premier meeting, « il en avait les accents », estime le député et maire (UMP) de Tourcoing (Nord). « On doit retrouver le Nicolas Sarkozy de 2007 », c'est-à-dire celui « qui a renoué avec l'électorat populaire, qui a donné envie à beaucoup de gens de faire de la politique, qui a sans doute contribué à ce que beaucoup de gens se réintéressent à la politique ».

M. Darmanin oppose ainsi la ligne de l’ancien conseiller de M. Sarkozy, Henri Guaino, à celle qu’a pu impulser Patrick Buisson en 2012.

Une analyse partagée par Thierry Solère, député UMP des Hauts-de-Seine et proche de Bruno Le Maire : « Une partie de son discours de Lambersart a porté sur la nécessité d'un rassemblement national. On retrouve le Sarkozy de 2007, qui s'est alors imposé comme un rempart contre le Front national en réunissant la droite et le centre. Il s'est appliqué à prendre de la distance avec le Sarkozy de la campagne présidentielle de 2012 et la ligne Buisson. »

« PROGRÈS » OU « RÉGRESSION »

Gérald Darmanin est également satisfait des déclarations de M. Sarkozy, favorables à une exploitation du gaz de schiste en France. « Je suis très heureux que la droite soit du côté du progrès, de l'énergie, du fait que nous ne soyons pas conservateurs et réactionnaires. »

« Le principe de précaution est important, le principe de responsabilité l'est encore plus », explique-t-il, en reprenant les mots utilisés jeudi soir par Nicolas Sarkozy.

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Retrouvez en intégralité le texte du discours :

Mes Chers Amis,

Ceux qui se réjouissaient de voir notre famille se déchirer.
Ceux qui prédisaient que bientôt il n’y aurait plus rien entre le Parti Socialiste et le Front National.
Ceux-là en seront pour leurs frais.

Ils disaient que vous étiez découragés, que vous alliez partir et que vous ne reviendriez pas.

Ils ne connaissaient ni la force de votre engagement, ni votre tempérament, ni votre amour viscéral de la France.
A tous ceux-là qui prédisaient notre disparition, je leur demande de regarder Paris, ici, Porte de Versailles.

A-t-on jamais vu, vous et moi, la France dans cet état ?
Avons-nous jamais connu, vous et moi, une telle colère contre ce gouvernement en particulier et contre tous les pouvoirs en général, une telle perte de crédit de la politique ?

Avons-nous jamais connu un tel climat de défiance, de suspicion et de renoncement dans notre pays ?

Face à cette colère, la facilité serait de renoncer, de laisser la place aux démagogues.

Mais le fait est, que quelque chose nous pousse à emprunter le chemin difficile qui nous conduira à affronter les difficultés au lieu de rester les bras croisés devant la France qui sombre.

Je sais ce que vous avez dans le cœur.

Nous nous connaissons depuis si longtemps.
Nous avons partagé tant d’émotions, affronté tant de crises, surmonté tant de divisions.

Une fois encore, comme un éternel recommencement de l’Histoire, le sursaut viendra de vous.

Parce que nous ne voulons pas que nos enfants ou les enfants de nos enfants soient obligés un jour de s’en aller parce que nous n’aurions rien fait pour que le mot « France » reste pour eux synonyme d’avenir. Je ne peux pas accepter cela.

Face à ce gouvernement, il y a la colère de tous ceux qui n’en peuvent plus, de tous ceux qui travaillent dur et n’arrivent plus à mettre un sou de côté, de tous ceux qui entreprennent et auxquels on rend la vie impossible, de tous ceux qui se sentent dépossédés de leur vie, du fruit de leur travail, qui ont peur de perdre leur emploi, peur de tout perdre, peur aussi de se sentir un jour étrangers dans leur propre pays…Peur qu’on leur vole leurs repères. Peur de voir disparaître ce qui constitue leur identité intime.

Cette colère qui monte contre l’impôt, contre l’Etat, contre les élus, contre les autres, cette colère qui porte en elle les germes de la violence, du rejet, de l’exclusion, ne pas l’entendre serait irresponsable.

Il faut se souvenir où conduisirent les grandes colères de jadis qu’on se refusait à entendre jusqu’à ce qu’elles explosent dans une violence dévastatrice.

Il faut se souvenir de ce qu’engendrèrent dans le passé l’antiparlementarisme pour ne pas prendre la colère d’aujourd’hui à la légère. Je ne prends pas la colère de nos compatriotes à la légère.

Alors Honneur soit rendu à ceux qui continuent de se battre quand tant d’autres ont cessé de le faire.

Mais ce combat serait vain s’il n’était qu’un refus. Comment faire en sorte qu’il redonne un espoir aux Français ?

Nous ne pouvons pas répondre à cette question avec les réponses du passé : nous sommes au XXIe siècle, le monde change, la société change, les mentalités changent.

Nous ne pouvons pas, c’est ma certitude absolue, avoir les mêmes partis, avec les mêmes objectifs, le même fonctionnement que lors de la révolution industrielle, des trente glorieuses ou de la guerre froide.

Les partis où tout le monde pense la même chose, arc bouté sur les clivages d’il y a 50 ans où le sommet décide, où la base suit, c’est fini ! Ils sont morts et je ne conduirai pas ce type de parti.

Les partis qui confondent leur idéologie avec une religion, leur programme avec un catéchisme, c’est fini !

Au XXIe siècle, un parti politique n’est pas une caserne, encore moins une secte.

L’histoire a condamné ces partis qui portaient en eux les germes du totalitarisme.

Comme elle a condamné les partis qui ne sont que des syndicats d’élus, comme ceux qui, en 1944, répondaient au Général de Gaulle qui leur proposait de le rejoindre pour reconstruire la France : nous devons d’abord reconstruire notre parti !

Nous avons la responsabilité de conjurer les menaces qui pèsent sur notre Démocratie, en offrant aux Français – qui d’autre que nous le pourrait ? – la possibilité d’une alternative, puis d’une alternance au désastre actuel.

Devant nos défaillances, car il y en a eu, de nos déchirements d’hier, nous devons tirer la force de construire quelque chose de neuf, aussi éloigné de l’organisation repliée sur elle-même que du fonds de commerce servant sa clientèle.

Il faut courageusement tout remettre à plat pour être capable de nous réinventer.

A nous de rassembler, de surmonter les anciens clivages et de dessiner les nouveaux. A nous, comme le Général de Gaulle, d’appeler au rassemblement de tous les Français qui veulent « promouvoir et faire triompher par-dessus les différences des opinions le grand effort de salut commun et la réforme profonde de l’Etat ». C’était à Strasbourg en 1947, quand la France à nouveau allait mal.

Rassembler ? C’est ne pas refaire, le parti de la droite, ou le parti de la gauche ou le parti du centre. C’est ne pas refaire le parti d’une classe, le parti des ouvriers, ou le parti des fonctionnaires, ou le parti des riches, ou le parti des pauvres, ou le parti des gens instruits ou de ceux qui ne le sont pas, ou le parti de ceux qui habitent la campagne ou de ceux qui habitent dans les villes, le parti des retraités ou celui des actifs…

Rassembler ? C’est construire le parti de la France, dans lequel tous les Français, sans exception, quelles que soient leurs origines, leur histoire, quel que soit leur milieu social, pourra se reconnaître, pourra se sentir libre, pourra avoir la certitude qu’on l’écoute, qu’on le respecte, qu’il peut apporter sa contribution à l’œuvre commune.

Nous devons construire un mouvement politique qui sera un lieu où le monde de la culture rencontrera le monde de l’entreprise, où le monde juridique échangera avec le monde économique, où le fonctionnaire discutera avec le salarié du privé, où l’ouvrier parlera au patron, l’ingénieur à l’agriculteur, où tous les mondes se rencontreront, se parleront, échangeront, où l’on aura envie de venir pour découvrir, pour apprendre, pour partager, pour s’élever.

Un mouvement où l’on viendra non pour soi mais pour les autres.
Un mouvement capable aussi de parler à tous ceux qui rejettent la politique.

Un mouvement qui fondera sa cohésion, son unité, non sur la sanction disciplinaire, sur l’exclusion, sur l’excommunication, mais sur l’intelligence, l’ouverture d’esprit, la générosité, et sur cette forme de fraternité que l’on appelait le compagnonnage et qui, aussi longtemps qu’elle fut vivante, a permis au mouvement gaulliste de surmonter toutes ses divergences, bien des divisions plus douloureuses que celles d’aujourd’hui.

A tous les membres de notre famille politique, je veux dire que les partis politiques ne meurent jamais du trop-plein de débats, du trop-plein d’idées, du trop-plein de personnalités fortes.

Ils meurent du vide, ils meurent de l’ennui, ils meurent du silence pesant qui s’installe lorsque tous les débats sont étouffés, lorsque l’on pose un couvercle sur toutes les divergences au nom d’une unité qui n’est que de façade parce qu’à force d’éviter les sujets qui fâchent, on finit par n’avoir plus rien à dire à personne.

La politique a besoin de talents. Il faut que la politique aille vers eux, vers les entrepreneurs, les penseurs, les savants, les écrivains, les artistes, les sportifs. Au XVIIIe siècle, la politique se faisait avec les philosophes, au XIXe avec les poètes, au XXe, les Communistes ont eu Frédéric Joliot-Curie et Aragon. Les Gaullistes, Malraux, Claudel, Mauriac, les centristes Alain …

Je ne veux plus que l’on tienne à l’écart le monde de la recherche, le monde de la culture, le monde de l’art. Il nous est arrivé de ne pas les prendre au sérieux et même de les regarder comme des adversaires. Ce fut un appauvrissement. Quelle peut-être une politique qui ignorerait la science, l’art, la culture ?

J’ai connu aussi une époque où les chefs d’entreprise n’avaient pas droit de cité en politique, parce que les politiques et l’entreprise étaient deux mondes qui ne se parlaient plus.

J’ai connu une époque où l’on écartait les talents.

Quelle peut-être une politique qui a peur du talent et qui le rejette ?

Les talents, ils se heurtent. Ils s’entrechoquent.
Le talent, c’est difficile à canaliser.
Mais le contraire du talent, c’est quoi sinon la médiocrité ?
Laissons s’épanouir les talents.

Nous y gagnerons tous un supplément d’inspiration et d’intelligence.

Ceux qui ne le veulent pas, ceux qui n’ont pas cette ouverture d’esprit qui permet de partager même avec ceux avec lesquels on est en désaccord, ceux pour lesquels le mot fraternité n’a plus de signification, ceux-là ne sont pas les bienvenus !

Mais, respecter nos différences, préférer le débat à la fausse unanimité, faire de la diversité de nos sensibilités une richesse, ce n’est pas organiser nos divisions en tendances, en courants, en chapelles, en allant de motions de synthèse en motions de synthèse, en reproduisant à l’intérieur de notre famille politique les marchandages, les combinaisons d’appareils, le clientélisme du régime des partis et dont le parti socialiste et la majorité actuelle nous donnent tous les jours le pitoyable spectacle ? Je ne veux pas de ça pour notre famille politique !

Pas de courants, pas de tendances, pas d’écuries ! Mais, une famille, où tout le monde n’est pas toujours d’accord mais où l’on se respecte, où chacun est capable de faire un pas vers l’autre, où l’envie de rester ensemble est plus forte que les divergences. Voilà mon ambition première.

Croire que cela sera sans nuage, ce serait nous préparer bien des déconvenues : la politique est humaine et, dans tout ce qui est humain, il y a du sentiment et de la passion.

Il y aura des débats, des confrontations d’idées et puis, vous voterez. Comme vous voterez lors des primaires pour choisir entre plusieurs candidats pour l’élection présidentielle. Le vote doit être la voie naturelle pour trancher nos débats et cimenter notre unité. Le vote doit être notre règle absolu de fonctionnement.

J’ai beaucoup réfléchi à la crise de confiance qui atteint toutes nos institutions et en premier lieu les partis politiques.

Pour qu’une institution soit respectée, il faut que chacun de ceux qui la servent s’efforce de la rendre respectable.

Et la principale vertu qui rend respectable, c’est le refus obstiné du mensonge, c’est le courage de l’honnêteté intellectuelle, de l’honnêteté des sentiments.

L’honnêteté à la place du mensonge, à la place de la langue de bois qui est la forme achevée du mépris et de la lâcheté.

L’honnêteté à la place de cet excès d’habileté qui, en politique, est l’une des formes du cynisme.

L’honnêteté qui reconnait l’erreur, qui reconnait l’échec, qui reconnait les défaillances, et qui les assume.

L’homme politique ne sait pas tout, n’a pas réponse à tout, ne peut pas tout.

Comment gagner la confiance de ses concitoyens si l’on n’est pas capable de dire « je me suis trompé » ?

La vertu cardinale de la grande formation que nous allons créer devra être le refus du mensonge, parce que c’est la seule attitude qui puisse réconcilier les Français avec la politique.

A tous ceux qui voudront nous rejoindre, je veux dire qu’ils pourront discuter de tout, débattre de tout, mais qu’il y a des valeurs sur lesquelles notre famille politique ne transigera pas parce que ce sont les valeurs d’une forme de civilisation à laquelle nous sommes profondément attachés et que nous voulons préserver.

Nous ne transigerons pas sur nos héritages qui ont façonné l’identité de la France. La France a une identité qui lui est propre, nous n’avons nullement l’intention de demander l’autorisation d’en parler !

Nous ne transigerons pas sur l’héritage de la Chrétienté et sur celui des Lumières qui sont des faits majeurs de notre civilisation.

Nous ne transigerons pas sur l’universalisme qui est un impératif moral et politique forgé par 2000 ans d’Histoire.

Jamais je n’ai trouvé meilleure définition de ce qu’est un Français que celle d’un de nos plus grands historiens du siècle dernier, Lucien Febvre, « c’est l’artisan laborieux d’un perpétuel travail de remaniement, d’adaptation, de synthèse – qui, d’une somme disparate d’individus de provenance diverse, d’une masse hétéroclite de produits importés, de techniques apprises d’autrui, d’habitudes contractées une fois pour toutes, mais aussi d’idées et de croyances venues du bout du monde, réussit à forger une unité perpétuellement changeante, mais toujours marquée d’une marque connue. Une marque telle qu’en regardant les créations successives qu’elle estampille, personne ne s’y trompe : elles sont françaises. Et cela, vraiment, est un grand miracle. »

Nous voulons continuer ce miracle français.
Le repli de la France sur elle-même détruirait le miracle français.
C’est pourquoi nous ne transigerons pas avec l’ouverture de la France au monde, même si la France a, comme toutes les civilisations, le droit de se protéger contre l’aplatissement du monde, contre les concurrences déloyales, même si elle a le droit comme tous les peuples, de choisir qui elle veut accueillir et qui elle ne veut pas recevoir sur son territoire et dans quelles conditions. C’est un choix, ce n’est pas un droit.

Nous ne transigerons pas avec l’humanisme qui fonde notre idée de l’Homme, de sa dignité, de sa liberté.
Nous ne transigerons pas avec l’humanisme parce que ce serait compter pour rien les flots de sang et de haine que la barbarie a fait couler sur notre continent au siècle passé.

Ceux qui pensent que les fins justifient tous les moyens, ceux qui pensent qu’une vie ne vaut pas autant qu’une autre vie même quand le monde compte 7 milliards d’habitants, ceux-là ne sont pas des humanistes et nous n’avons rien de commun avec eux !

Nous voulons continuer le miracle de la République, une et indivisible.

Ce miracle qui vient de si loin dans notre histoire.
Rome a donné le citoyen. Les Capétiens, l’Etat. Les soldats de l’An II, la Nation. La IIIème République, l’école. La Résistance, le programme du Conseil National de la Résistance et la sécurité sociale. La Vème République, la fin du régime d’Assemblée, l’élection du Président au suffrage universel, les moyens pour l’Etat de dominer les féodalités de toutes sortes.

La République !

C’est à vrai dire la grande question politique d’aujourd’hui.

On la croyait réglée depuis longtemps, comme si en France, la République allait de soi. Comme si l’Histoire avait rendu ces deux grands mots, France et République, inséparables pour l’éternité.

A vrai dire, cela fait longtemps que la République s’affaisse.

Mais le mal cheminait à petits pas. On voyait bien, ici ou là, les choses se défaire, les principes s’effriter. Mais, on pensait que que c’était marginal.

Ceux qui alertaient sur les dangers qui menaçaient tout l’édifice étaient mis à l’index. Ils exagéraient. La République, disait-on, n’était pas menacée.

Tout le monde en France était républicain. Où était le problème ?

Et puis brusquement le problème apparait au grand jour : les mille petites fêlures se rejoignent pour former une grande fracture.

D’un seul coup l’ampleur des dégâts se révèle aux yeux de tous.

Le nouveau clivage politique est là : liquider le modèle républicain ou le reconstruire ?

Hier, le principal clivage c’était la Démocratie. Il y avait d’un côté les démocrates et de l’autre ceux qui dénonçaient la Démocratie au prétexte qu’elle était bourgeoise.
Il y avait les partis démocratiques et les partis révolutionnaires, ceux qui ne croyaient qu’aux élections et ceux qui ne croyaient qu’aux luttes sociales.

Ce fut la vraie ligne de partage tout au long du XXe siècle.

Depuis l’effondrement du mur de Berlin et la faillite communiste, tout le monde a fini, par devenir démocrate.

La Démocratie, c’est le multipartisme, les élections libres, la liberté d’expression, les droits de l’Homme. C’est fondamental mais la République, c’est autre chose.

En 58, le Général de Gaulle disait « nous voulons la Démocratie et la République ».

C’était la République au sens où on l’entend en France qui ne se confond pas avec la Démocratie. Nous devons faire de notre mouvement le sursaut contre tout ce qui menace la République.

Le clivage principal c’est l’opposition, non plus des démocrates et des antidémocrates, mais de ceux qui veulent la Démocratie sans la République et de ceux qui, comme nous, veulent la Démocratie et la République.

La Démocratie, ce sont les libertés politiques.

La République, c’est une morale de l’homme et du citoyen.

La Démocratie peut être compatible avec le communautarisme. La République non ! La République ne reconnait aucune communauté, ni aucune minorité parce que la République ne reconnait que des citoyens égaux en droits et en devoirs. Dans la République, il n’y a qu’une seule communauté qui vaille, c’est la communauté nationale.

La Démocratie est divisible.

La République est indivisible. La multiplication des comportements communautaires est contraire à l’idéal républicain. Ils doivent être proscrits et combattus.

La Démocratie tolère les pouvoirs qui se surveillent, qui se méfient les uns des autres, qui s’affrontent, qui parfois se combattent.

La République non !

Dans la République, il y a un équilibre des pouvoirs. Il n’y a pas de concurrence des pouvoirs. La Justice ne fait pas la guerre au pouvoir politique. Le pouvoir politique ne fait pas la guerre à l’autorité judiciaire. Le pouvoir législatif n’est pas en guerre contre le pouvoir exécutif.

Dans la République, tous les pouvoirs sont tendus vers le même but, poursuivent le même idéal, partagent les mêmes vertus civiques.

C’est peu dire que nous en sommes loin aujourd’hui.

La Démocratie peut accepter de donner beaucoup de pouvoir aux corps intermédiaires. La République croit que le peuple est l’arbitre ultime. Je veux dire combien l’emprise de certains corps intermédiaires qui préfèrent la défense de leurs intérêts corporatistes à la modernisation du pays et devenu un problème. L’immobilisme Français n’est pas celui du peuple, il est celui de ces corps intermédiaires, et, de certaines de nos élites.

La République, c’est la souveraineté du peuple.

Dans la République, le peuple garde le droit de parler pour lui-même, de décider pour lui-même, sans intermédiaire.

L’élection du Président de la République au suffrage universel direct, c’est la République !

La possibilité pour le peuple de trancher par le referendum, c’est la République !

Et quand on délaisse la pratique référendaire, on abandonne une partie de l’esprit républicain.

La Démocratie n’appelle aucune neutralité religieuse. La République si ! Parce que la République est laïque et nous voulons qu’elle le reste. Parce que la République, c’est la neutralité de l’espace public et de nos institutions publiques. La laïcité est un principe de respect de toutes les croyances. Elle est la condition de la liberté de conscience de chacun dans un pays qui a connu tant de guerres de religions.

La République, c’est le rejet de tous les fanatismes et de tous les intégrismes. Je dénonce le manque de fermeté républicaine auquel nous assistons aujourd’hui.

La Démocratie peut accepter la Burka. La République non ! Parce que la République est un régime d’émancipation, parce que la Burka est un signe d’asservissement de la femme. Je conteste la décision récente du ministre de l’Education Nationale d’autoriser les femmes voilées à accompagner les sorties scolaires au nom de l’idéal républicain français.

La République se méfie de la religion de la transparence absolue !

Parce que la transparence absolue efface la frontière entre l’espace public et la vie privée, détruit l’intimité, incite à la délation, flatte les plus bas instincts de l’envie, de la jalousie, dresse les citoyens les uns contre les autres. Je veux rappeler notamment que la sexualité est un sujet d’ordre privé et que nous n’en pouvons plus de le voir évoquer à tout bout de champs sur la place publique.

La République protège, les petits et les grands secrets de chacun parce qu’elle protège au nom d’une certaine idée de l’Homme qui reconnait à chacun le droit d’avoir ses jardins secrets et de ne pas étaler toute sa vie au grand jour.
La transparence absolue est totalitaire et elle emportera la Démocratie avec la République. Ce serait faire preuve d’une grande lâcheté que de ne pas oser défendre cette idée qui est une idée juste et parfaitement républicaine.

La Démocratie peut se contenter de l’intégration.
La République non !

La République réclame davantage. Elle réclame l’assimilation qui donne en partage une culture et une histoire communes. On a fait croire à trop d’étrangers qu’ils pouvaient devenir juridiquement français et rester exactement ce qu’ils étaient auparavant. C’est un mensonge ! Pour devenir un citoyen français, il faut adopter le mode de vie français, accepter les règles républicaines françaises et épouser la langue et la culture françaises. Dire cela, ce n’est exclure personne. C’est se donner la chance de réussir l’accueil de ceux qui vont nous rejoindre au lieu d’assister impuissants au dramatique échec de l’intégration d’aujourd’hui.

La Démocratie est indifférente à la manière dont on devient Français, comme elle est indifférente aux modalités du regroupement familial. La République non ! Parce que la République, c’est l’autre nom, qu’en France, on donne à la Nation.

Dans la République on ne devient pas Français par hasard ou n’importe comment. La Démocratie n’est pas concernée par l’effort et le mérite. La République si ! Parce que la République veut que l’effort et le mérite soient au cœur de toute récompense.

La République est incompatible avec l’assistanat.

Parce que dans la République, chacun doit participer à l’effort de tous. Parce que dans la République chacun doit donner quelque chose de lui-même qu’il ne peut plus y avoir d’allocations sans contrepartie ! Un citoyen reçoit. Mais un citoyen donne, sinon il n’est pas tout à fait un citoyen.

La Démocratie ne s’occupe pas de la manière dont les gens sont soignés, la République si !

Parce que la République c’est l’égalité d’accès aux soins. Dans la République française, on ne refuse pas de soigner quelqu’un parce qu’il est pauvre. On ne demande pas son numéro de carte de crédit avant de l’opérer.
La République n’est pas compatible avec n’importe quel système fiscal.

Parce que la République a quelque chose à dire sur la justice fiscale et sur la justice sociale. Parce que la République c’est l’égalité devant les charges publiques. Cette égalité que l’on voit tous les jours rompue par une débauche de créativité fiscale dont chacun se demande si elle rencontrera un jour une limite !

La République ne s’accorde pas avec la mise sous condition de ressources de toutes les prestations sociales, la suppression du quotient familial, la modulation des allocations familiales en fonction des revenus. La République ne veut pas que l’on fasse payer l’école même à ceux qui le pourraient ou à ce que l’on module les remboursements des soins par l’assurance maladie en fonction des revenus. La mise sous conditions de ressources de toutes les prestations sociales, la modulation des remboursements des soins sur le revenu ou la fin de l’école gratuite, ce n’est plus la République.
La République défend l’autorité de l’Etat, car, si l’étatisme et la bureaucratie menacent la République, la contestation de l’autorité de l’Etat par une coalition de communautés, de minorités agissantes, de féodalités, et de groupuscules violents est une plus grande menace encore pour la République.

La République est aussi un régime d’autorité. Sans autorité, il n’y a plus de République. La République doit soutenir les forces de l’ordre quand elles sont attaquées. La République ne peut accepter les territoires interdits et les voyous qui se croient tout permis. Cet affaiblissement de l’autorité qui se ressent dans tous les domaines, met gravement en danger l’unité de la Nation.

La République est un régime d’exigence. L’école de la République est une école de l’exigence. L’égalitarisme, le nivellement, le refus de la reconnaissance du mérite, le refus des classements, le refus des notes sont le contraire de l’idéal républicain.

La République, c’est l’égalité des droits garantie par les devoirs de chacun.

La République, c’est la foi dans la science et le progrès !

La République, c’est le respect de la propriété parce que la propriété c’est la liberté. La propriété, ce n’est pas du vol mais la reconnaissance d’une vie de labeur et, la possibilité de s’élever au-dessus de sa condition initiale.

La République, c’est notre idée de la France.

Ceux qui n’aiment pas la France, ceux qui n’éprouvent pas la fierté d’être Français, d’appartenir à un grand peuple, qui a une grande culture et une grande Histoire, ceux qui ne veulent pas partager cette culture et cette Histoire et qui attisent la guerre des mémoires, ceux-là abiment la République !

La République, c’est l’indépendance nationale et la souveraineté du peuple. Dans le monde tel qu’il est, la souveraineté ne s’exerce pas seule mais avec les autres.

Mais si nous voulons l’Europe pour être plus forts ensemble face aux géants qui émergent dans le monde, nous ne voulons pas d’une Europe qui nous obligerait à renoncer à la République au nom de la Démocratie.

Nous voulons une Europe qui exerce moins de compétences et où les grands Etats prendront leurs responsabilités parce que le leadership n’est pas un droit, il est un devoir. Nous voulons un gouvernement de la Zone Euro où la France et l’Allemagne travaillent la main dans la main parce que la Paix et la prospérité de l’Europe en dépendent. Parce que l’Histoire nous a appris ce qui pouvait arriver lorsque la France et l’Allemagne divergeaient.

Mais nous ne voulons pas que la France se dissolve dans une Europe des régions qui serait un retour à l’Europe du Moyen-âge avant que n’existât la République.

La décentralisation est une avancée de la Démocratie. Mais, le retour des principautés, le chacun pour soi et l’éclatement de la France serait un recul de la République.

Nous voulons la libre concurrence mais nous ne voulons pas qu’elle soit comprise comme une faiblesse qui mettrait nos entreprises et nos travailleurs à la merci de tous les prédateurs du monde, parce que la République, c’est le refus de la prédation et la reconnaissance des frontières.

Nous voulons la libre circulation, mais nous ne la voulons pas sans condition et sans limite. Parce que la libre circulation sans condition et sans limite détruit, petit à petit, la citoyenneté et en fin de compte détruit la solidarité Républicaine.

Nous voulons que l’Europe pèse sur les destinées du monde, mais nous voulons que demeure le miracle du rôle singulier de la France dans le monde.

Nous ne voulons pas d’une Europe qui chercherait à se construire et à régler ses rapports avec le monde sur la table rase des identités, des histoires, des cultures et de la géographie.

Dans ce qui est constitutif de la singularité de la France dans le monde, il y a la langue française si malmenée, que le Gouvernement français ne prend plus la peine de défendre dans les enceintes diplomatiques.

La langue française, c’est la langue de notre culture, de notre pensée, de notre liberté, de notre universalité. C’est la langue de notre République. Ne pas la défendre, ne pas la promouvoir à travers la création, à travers les lycées français à l’étranger, à travers l’action culturelle extérieure, à travers tout ce qui participe à la présence de la France sur la scène du monde, et en France même, dans nos écoles, dans nos universités, c’est un reniement. Qui a jamais trouvé le chemin du succès dans le reniement ?

La façon dont on traite le budget de la culture aujourd’hui est une honte et une faute. Notre culture est une partie de la réponse à la crise. Notre patrimoine est une partie de la réponse à la crise. Nos auteurs, nos artistes, nos créateurs, nos cinéastes incarnent une France qui ne veut pas mourir parce qu’elle a encore tant de choses à dire, à créer, à inventer.

Les partisans du reniement obsédés par toutes les repentances, désireux d’en finir avec l’Etat, la Nation et la République, qui les trouvent dépassés, comme ils trouvent dépassées la langue française et la culture française et sans doute aussi dépassées ces formes de civilité, de politesse, de courtoisie à travers lesquelles se révèlent la vraie nature des civilisations, ceux-là n’ont pas leur place parmi nous. Ils sont responsables de cet air du temps qui est la cause du malaise de notre société.

C’est aux Républicains que nous voulons parler.

A ceux qui aiment la République et qui la sentent menacée.

A ceux qui n’imaginent pas la France sans la République, sans les valeurs de la République, sans le modèle républicain qui donne sa chance à chacun, quels que soient son milieu, ses origines, son histoire personnelle, le lieu où il habite.

Nous voulons parler à tous ceux pour lesquels le mot République signifie le refus de la mise en scène de l’impuissance de la politique telle que les Français l’ont vue hier soir à la télévision.

Nous voulons la République et la Démocratie parce que, pour nous, elles sont complémentaires et indissociables.

Est-ce à dire que rien ne doit changer ou qu’il faut revenir en arrière ?

Bien sûr que non. Notre République ne pourra plus être celle de Jules Ferry, de Jean Moulin ou du Général de gaulle.

C’est la tâche qui nous attend : donner aux valeurs et aux principes républicains une expression nouvelle. Sur le socle à partir duquel la République a pris son élan, édifier une République neuve en gardant les yeux grands ouverts sur le monde tel qu’il est.

Parce que nous ne pouvons pas déterminer notre politique, décider de nos impôts, élaborer nos lois sans tenir compte de ce que font les autres. Je veux en finir avec un débat politique français si excessivement hexagonal.

Refaire une famille autour de l’idée de République, rassembler les républicains que nous sommes, reconstruire une formation politique à l’image de la République où l’on ne découpe pas la société en tranches, en classes, en communautés, et pas davantage un parti en une mosaïque de tribus ennemies les unes des autres, ce ne sera pas simple, dans une époque où l’addition des crises et des malaises a radicalisé les positions et durci les antagonismes.

Peut-être serait-il plus facile de lancer dès à présent la campagne des présidentielles, et d’ouvrir les primaires en sautant l’étape de la reconstruction d’une grande formation politique républicaine. Ce serait se résigner à bâtir sur un champ de ruines, car c’est l’issue fatale à laquelle serait condamnée notre famille politique déchirée par des ambitions contradictoires. Mais qui peut croire que nous ne le payerions pas un jour ? Quel enthousiasme pour les campagnes à venir pourrait bien naître de toutes les déceptions et les rancœurs que nourrirait un tel abandon ?

A ceux qui ce soir attendraient que je dévoile mes intentions pour l’élection présidentielle de 2017, je veux dire : chaque chose en son temps. Pour notre famille politique, une histoire s’achève, une autre commence. Prenons le temps de l’écrire.

D’abord faire émerger la grande force républicaine qui soit capable d’opposer un refus déterminé aux dérives qui entrainent notre pays vers quelque chose qui ne lui ressemble pas.

Ensuite trancher ensemble les grandes questions laissées depuis trop longtemps en suspens. Je veux parler de ce que nous voulons faire de notre pacte national et de notre pacte social. Quand la mondialisation bouleverse tout et quand le chômage ravage nos territoires et mine nos comptes publics.

C’est sur ce projet commun que nous opérerons le plus large rassemblement. Personne n’y parviendra sans le concours de tous.

Dans la politique que nous allons bâtir ensemble, chacun saura qu’il est plus intelligent avec les autres que tout seul.

La grande formation politique moderne que nous allons faire émerger ne sera pas qu’une grande force d’opposition. Elle sera une grande force de propositions, d’imagination face à la grande mutation du monde, à toutes les crises qu’elle engendre et à toutes les chances qu’elle offre aux audacieux.

Elle sera la fabrique d’idées neuves dont notre République a besoin.

Et vous verrez qu’ensemble, nous réussirons de grandes choses.

Ensemble nous dessinerons les voies par lesquelles la France retrouvera sa grandeur.

Vous serez au cœur de ce nouveau grand projet politique. Vous en serez le moteur et la première expression. C’est pour cela que je suis candidat à la présidence de notre famille politique. Plus le mandat que vous me donnerez sera clair, plus vite nous remettrons notre famille en ordre de marche.

La République nous appelle, chacun a appris à l’école à reconnaître ses héros et ses visages :

Les soldats de l’An II et les Hussards noirs.
Lamartine et Victor Hugo
Les tranchées, la France libre et les maquis
Gambetta, Clémenceau et le Général de Gaulle
Jean Moulin
Ils nous ont fait ce que nous sommes. Nous voulons transmettre cet héritage à nos enfants.

La République a mille visages mais elle n’a qu’une seule âme et une seule pensée à jamais tournées vers la justice et le progrès humain. Au fond, c’est elle qui nous confère une mission dans le monde.

La République, c’est la démocratie à la Française.
La France, fille aînée de la République,
La France, disait Clemenceau, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, toujours soldat de l’Idéal.

Voilà notre France, la vraie France, celle que nous ne voulons pas laisser mourir.

Ce n’est pas pour nous, ce n’est pas pour un parti,
C’est pour elle que nous allons nous battre.

Vive la République
Vive la France

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Trois enseignements à tirer de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP Par Francetv info avec AFP Mis à jour le 30/11/2014 | 02:16 , publié le 29/11/2014 | 21:27
Sans surprise, l'ancien chef de l'Etat a bien été élu à la tête du parti, mais avec un score loin du triomphe espéré.

Il n'y a pas eu de coup de théâtre. Sans surprise, les adhérents de l'UMP ont choisi d'élire Nicolas Sarkozy à la présidence du parti, samedi 29 novembre. Avec 64,5% des suffrages, l'ancien chef de l'Etat a largement devancé ses adversaires Bruno Le Maire (29,18%) et Hervé Mariton (6,32%) lors d'un vote électronique marqué par de nombreux couacs.
Que retenir de ce résultat ? Francetv info en tire trois grands enseignements.

1 Un succès en demi-teinte pour Nicolas Sarkozy

Lors de son entrée en campagne, ses soutiens annonçaient un plébiscite autour de 80%, mais son retour annoncé triomphant a été beaucoup plus poussif qu'espéré : Nicolas Sarkozy a rencontré l'hostilité d'un nombre conséquent d'élus.

Au fil de la campagne, les ambitions de ses supporters se sont réajustées à 70%, voire 60%. "Gagner au premier tour, ce serait déjà une immense victoire", assurait finalement Antoine Sillani, président de l'association Génération Sarkozy, avant le scrutin.

Pas besoin de second tour : Nicolas Sarkozy obtient 64,5% des voix. Ce score est cependant bien moins important que celui qu'il avait obtenu en 2004 : cette année-là, il avait été élu à la tête de l'UMP avec 85% des voix, laissant loin derrière ses adversaires de l'époque, Nicolas Dupont-Aignan et Christine Boutin.

2 Bruno Le Maire désormais incontournable

C'était l'outsider de cette campagne : battu avec un score plus qu'honorable de 29,18%, Bruno Le Maire fait désormais partie des personnalités incontournables à droite, après une campagne jugée "réussie" par ses pairs.

Avec 95 meetings au compteur, l'ancien ministre, parfait germanophone et surdiplômé a su casser son image de technocrate un peu froid. Troquant ses costumes cravate pour le jean et le col roulé, l'autoproclamé "candidat du renouveau" est régulièrement descendu de l'estrade lors de ses réunions publiques pour se mêler au public, micro à la main, se prêtant au jeu des questions-réponses.

"J'irai jusqu'au bout, je n'ai rien à perdre, je suis libre", a-t-il répété, égratignant à chacun de ses meetings, tout en restant courtois, l'ancien président. Selon un sondage BVA, sa cote d'influence vient même de dépasser celle de Nicolas Sarkozy, à 67% contre 65%, auprès des sympathisants de droite.

3 La bataille de 2017 à présent lancée

"Le temps est désormais venu de passer à l’action, prévient Nicolas Sarkozy sur Facebook après son élection. Dès lundi, je rencontrerai les principaux responsables de notre famille politique afin de créer les conditions du plus large rassemblement." Tout un programme, à moins de trois ans de l'élection présidentielle de 2017.

Car après ce premier scrutin interne, un autre vote attend l'UMP : la primaire de 2016, destinée à désigner le candidat de la droite à l'Elysée. Durant ses deux ans d'absence, les concurrents de Nicolas Sarkozy se sont organisés et les ambitions ont émergé. L'ancien président doit désormais composer avec François Fillon, Alain Juppé ou même Xavier Bertrand, tous candidats pour 2017.

L'annonce de sa victoire a d'ailleurs été accueillie assez timidement par ces prétendants. Sur Twitter, Xavier Bertrand a par exemple choisi d'insister sur "le score élevé de Bruno Le Maire, qui confirme la demande de renouveau" des militants de l'UMP. "L'union n'est pas la soumission", prévient François Fillon. "Habemus papam", a ironisé de son côté Alain Juppé. Interrogé sur les raisons de son sourire, il a expliqué - non sans humour - qu'il allait simplement "boire du vin de Bordeaux". Rien à voir avec la victoire de Nicolas Sarkozy donc.

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