Juin 2009 : affaire Stern, le proces, "un homme merveilleux" ; sexuellement "bizarre" ? ; le procureur "un crime non passionnel" (???); indulgence du jury pour la "secrétaire sexuelle" du banquier

09 février 2008 : Il confirme le SMS du Président de la République

Airy Routier

Remarquable journaliste d'investigation, rédacteur en chef au Nouvel Observateur.
Auteur, notamment, de Le flambeur, la vraie vie de Bernard Tapie (avec Valerie Lecasble), Grasset, Paris, 1994 ; L'ange exterminateur, la vraie vie de Bernard Arnault, Albin Michel, Paris, 2003 ; L'arnaque, quand l'Amérique rackette la France, Grasset, Paris, 2005 ; Le fils du serpent, vie et mort du banquier Stern, Albin Michel, Paris, 2005.

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Mais la Confédération helvétique n'est pas la seule à s'inquiéter des révélations possibles de l'enquête sur le meurtre d'Edouard Stern.
A Paris, dès l'après-midi du 1er mars et les jours suivants, souffle un vent de panique. Président de l'UMP, Nicolas Sarkozy appelle directement le juge Graber et le procureur Zappelli, à plusieurs reprises, pour tenter d'en savoir plus. Tous les deux de la même génération, Stern et Sarkozy se connaissaient bien. Ils étaient même devenus amis. Le président de l'UMP n'a pas oublié que fin 1999, ils étaient l'un comme l'autre au creux de la vague: Sar kozy était rejeté par toute la classe politique, après son échec aux élections européennes dont il conduisait la liste, le 13 juin précédent; et Stern venait de se faire chasser de la banque Lazard par son propre beau-père !
Au cours d'un dîner qui les réunissait, au milieu d'autres convives, au domicile de Lindsay Owen-Jones, patron de L'Oréal, celui-ci les avait interpellés pour leur remonter le moral: «Vous êtes tous les deux des types de grande valeur, vous avez un vrai potentiel, je suis absolument sûr que vous reviendrez sur le devant de la scène. Et que vous serez alors beaucoup plus forts. Vous serez les leaders de la politique et des affaires de demain."
La prédiction était juste pour Sarkozy, mais pas pour Stern, qui n'est jamais revenu sous les feux de la rampe, sauf pour le pire.

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Nommé depuis moins d'une semaine à la tête du ministère des Finances en remplacement d'Hervé Gaymard, Thierry Breton active de son côté tous ses réseaux pour tenter de savoir si ce meurtre peut avoir un rapport avec la plainte déposée par Stern contre lui, alors qu'il était administrateur de la société Rhodia.
A gauche aussi, plusieurs leaders, parmi lesquels Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, qui ont fréquenté le banquier, cherchent par tous les moyens à savoir ce qu'il en est.
Le fils du serpent, p. 22, 23

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Pourquoi Edouard Stem a-t-il éprouvé le besoin de se faire enterrer selon les rites juifs, alors qu'il était catholique, tout comme la plupart des membres de sa famille, de ses amis et de ses proches? Et qu'il était totalement inconnu de la communauté juive de Genève ?
Aux yeux de certains, cette démarche était motivée par la volonté, consciente ou non, de renouer les fils, rompus pendant quinze ans, avec un père absent, méprisé, longtemps détesté, mais qui n'avait, lui, jamais renié sa religion.
Pour d'autres, plus sévères, ce retour aux traditions juives était tout simplement, de la part d'Edouard Stem, un pied de nez de plus adressé à un milieu très particulier, le sien, celui des grands bourgeois, juifs convertis de longue date, baptisés et pratiquants. Des familles converties par souci d'intégration, au siècle dernier ou à l'aube de celui-ci, avant même la montée du nazisme, dont certaines ont francisé leur nom, moins pour ne pas apparaître juives que pour ne pas passer pour des Allemands!
Ibidem, p. 29

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Les enfants ont entendu, la foule a écouté, certains ont prié pour l'âme tourmentée d'Edouard Stern, puis tout le monde s'est dispersé. Sauf le noyau dur des proches, qui s'est retrouvé dans le Marais, pour boire un pot chez Henri Weber, député socialiste européen, et Fabienne Servan-Schreiber, la demi-sœur de Stern.
Toute la famille Stern est réunie: sa femme et ses enfants, ses oncles et ses cousins mais aussi ses anciens beaux-parents, Michel David-Weill et son épouse. Il y a bien entendu Charles Heilbronn, Charles-Henri Filippi et Hubert Védrine.
Ils sont rejoints par Nicolas et Cécilia Sarkozy, qui n'ont pu se libérer pour aller à la synagogue, mais tiennent, par leur présence, à témoigner de leur sympathie pour le défunt. Ce qui ne manque pas de panache, car le président de l'UMP, en apparence, a plus à perdre qu'à gagner à se montrer ici, en pareille compagnie. Mais Nicolas Sarkozy fait partie de ces rares hommes politiques qui assument leurs amitiés, surtout en pareilles circonstances. Il s'est mis entièrement à la disposition de Béatrice, pour l'aider à surmonter les obstacles et à faciliter les douloureuses formalités.

Les vraies obsèques d'Edouard Stem ont lieu trois jours plus tard, le jeudi 10 mars, à 11 heures du matin, dans le cimetière juif de Verrier, près de Genève, comme il l'avait stipulé dans son testament. Cette fois-ci, aucune annonce dans les journaux, ni en France ni en Suisse. La cérémonie se déroule dans une stricte intimité, en présence de sa femme, de ses trois enfants, de ses sœurs et d'amis, ainsi que de plusieurs représentants de la communauté israélite de Genève. Soit, tout de même, une soixantaine de personnes. A midi passé, une forte voix claire s'élève dans l'oratoire du cimetière, qui évoque «un homme au caractère ombrageux, frénétique et anticonventionnel ». Kristen Van Riel opine du chef: anticonventionnel, son ami Stem l'était assurément.
Ibidem, p. 33-34

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Reste à comprendre comment ce beau et richissime fils de famille, qui pouvait conquérir - ou acheter - tous les cœurs ou tous les corps, a-t-il pu entrer dans une relation si fusionnelle et si douloureuse avec une femme ni très jeune ni très jolie - même si elle a, comme on dit, du chien - issue d'un milieu modeste, n'ayant pas fait d'études.
En posant cette question à l'une de leurs amies communes, j'ai été sidéré d'entendre la réponse, proférée tout naturellement, comme s'il s'agissait d'une évidence: «Leur histoire commune, c'était la maltraitance. Enfants, ils avaient été l'un et l'autre maltraités, au moins moralement. Ils en parlaient ensemble, dans leur intimité. Ils en souffraient ensemble. »
Ibidem, p. 96

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A En apparence, Christiane Stern adore son seul fils. Ses enfants n'offrent d'intérêt en réalité que par rapport à elle. Elle est comme beaucoup de grandes bourgeoises des années cinquante: mondaine, elle a délégué l'éducation d'Edouard à sa nurse, Lisbeth, mi-Allemande, mi-Polonaise, tandis qu'elle organise des dîners parisiens très courus et se perd dans les turbulences d'une vie superficielle.
Lisbeth - « Lili » - a été sa propre nurse, lorsque son père était ambassadeur à Varsovie. Elle s'occupe maintenant des enfants. Elle fait partie de la famille. C'est elle qui réveille Edouard, 1'habille, le nourrit, c'est elle qui joue avec lui et qui le câline. Tandis que sa mère n'est jamais si fière de lui que quand elle montre l'enfant à ses amies...

Avec son père, les relations d'Edouard sont pires encore. Antoine Stem est un personnage étrange. Etouffé par sa femme et ravi de l'être. Elle est extravertie pour deux. Lui ne porte intérêt qu'à la chasse, à ses voitures et à ses maîtresses. Il gère la banque Stern en dilettante. Quand Edouard est bébé, il ne s'y intéresse pas, comme beaucoup d 'hommes, particulièrement à cette époque. Mais lorsqu'il est enfant puis garçonnet, il reste vis-à-vis de lui tout aussi distant.
Entre les affaires et les parties de chasse, Antoine parlait plus à ses labradors qu'à son fils. Il était capable de faire le trajet Paris-Dinard dans sa Jaguar, avec Edouard à ses côtés (à l'époque, il n'y avait pas de ceintures de sécurité et les enfants n'étaient pas relégués à l'arrière lorsque la place avant était libre), sans lui dire trois mots. En raison de sa froideur naturelle? De sa timidité? De son caractère taciturne? Ou pour d'autres raisons, plus personnelles?
Antoine Stern, de l'avis général, est surtout stupide, plus stupide encore que Maurice Stern, son propre père. Fier de son « milieu », fermé au monde et aux autres, inapte à aimer et même à communiquer. La seule personne brillante de la famille est la mère d'Antoine et la grand-mère d'Edouard: Alice Stern.
Ibidem, p. 98-100

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Que s'est-il passé pour que le richissime divorcé, qui laissait parfois entendre à ses proches qu'il avait des maîtresses un peu partout dans le monde, entre dans une relation aussi fusionnelle, aussi sombre et aussi exclusive avec Cécile Brossard, sa dominatrice? On peut supposer qu'elle a réveillé le masochisme qui était en lui depuis toujours et qu'il avait enfoui, en le sublimant par une forme de puissance et de violence qu'il a exprimées aussi bien dans le cadre de sa vie privée que dans le business. Car, depuis Sade et Sacher Masoch, chacun sait que domination et soumission sont le recto et le verso de la même pièce.
Or, depuis son éviction de Lazard, depuis son divorce et la mort de l'enfant de Julia qu'il n'a jamais reconnu, Edouard le conquérant était entré dans une logique d'échec, qu'il n'a bien entendu jamais admise ni même assumée consciemment. Après avoir pris la banque familiale entre vingt-deux et vingt-cinq ans, après être devenu, à moins de trente ans, l'un des hommes les plus riches de France, après avoir été le dauphin choisi pour présider la banque Lazard, il n'était pas parvenu à en être le patron. Il n'était d'ailleurs plus patron de rien, il n'était pas banquier, il n'était pas reconnu, il était craint et méprisé, il n'était pas lui-même un artiste.
Comment ne pas avoir le sentiment d'avoir gaspillé des qualités exceptionnelles?
Même sa capacité à faire de l'argent, qui ne légitime pas une vie, avait disparu. Il y avait aussi sa bisexualité, dont personne ne sait comment il la vivait, dans son conscient et dans son subconscient. De là pourrait venir son goût malsain pour les armes, pour la chasse - en réalité de vraies tueries d'animaux de toutes sortes. Et cette volonté de faire partager sa passion pour les armes à toutes ses maîtresses, depuis sa jeunesse, n' a-t-elle pas un rapport avec son incapacité à se comporter en homme avec elles?
C'est en tout cas ce qu'affirme une amie commune à Cécile et à lui: «Il n'arrivait jamais à adopter avec ses maîtresses une relation phallique. Et soudain, avec Cécile, la femme est devenue le phallus. Elle le complétait. La perdre, c'était se castrer. Ils étaient devenus fusionnels. »
Analyse superficielle, peut-être, mais qui en vaut bien d'autres...
Ibidem, p. 228-229

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Affaire du SMS de Sarkozy : Airy Routier certain de son information
Par www.actualite-de-stars.com Actualité de star - 09 février 2008 15h05

«Si tu reviens, j'annule tout» ! Ce SMS attribué a Nicolas Sarkozy et mis en ligne le 6 février sur le site Internet du Nouvel Observateur a déclenché «une plainte pour faux, usage de faux et recel » contre le site du journal. Airy Routier, le rédacteur en chef, soutient dans son article publié sur le Net l'exactitude des faits publiés : Nicolas Sarkozy aurait envoyé ce SMS à Cécilia 8 jours avant son mariage avec Carla Bruni.

« Je considère que cette information dont je suis certain est intéressante car elle est révélatrice de la psychologie du président », confiait jeudi Airy Routier au Figaro, « et je suis choqué par cette plainte baroque dont le but est avant tout d'impressionner les journalistes. »

« Le président est assuré que sa plainte n'ira nulle part. Le journal peut être tranquille, tout comme Airy Routier. Les qualifications "faux, usage de faux" et "recel" sont à côté de la plaque. Nicolas Sarkozy a essayé de faire un copier-coller de l'affaire Clearstream », déclare Emmanuel Pierrat, lors d’une interview accordée au Nouvel Obs et publiée sur le blog tempsreel.nouvelobs.com. « Le juge classera la plainte sans suite », poursuit-il.

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Procès Stern : les larmes de l'accusée De notre envoyé spécial à Genève, Cyrille Louis lefigaro.fr 10/06/2009 | Mise à jour : 21:05 |

Béatrice Stern décrit son ex-mari comme respectueux, droit et à l'écoute.
A la barre, l'ex-épouse du banquier français a décrit un homme très respectueux. Loin du système de défense de Cécile Brossard, dont les avocats assurent qu'elle a été poussée au crime passionnel par un homme méprisant.

Deux femmes que tout oppose se font face à la cour d'assises de Genève, où comparaît depuis mercredi la meurtrière présumée d'Edouard Stern. Veste de tailleur gris perle, élégante robe mauve, l'ex-épouse du financier français est venue évoquer d'un timbre clair, très digne malgré l'émotion qui l'étreint, le souvenir du défunt.

Derrière elle, sur le banc des accusés, Cécile Brossard a la mine chiffonnée et la voix brouillée par les sanglots. L'accusée, qui est détenue depuis plus de quatre ans et paraît abrutie par les anxiolytiques, semble n'être plus que l'ombre d'elle-même.

Succédant à son fils Louis et à sa fille Mathilde, qui ont ouvert le procès par une déposition à huis clos, Béatrice Stern se présente à la barre en milieu de matinée pour brosser la personnalité de la victime. Fille du banquier Michel David-Weil, elle a vécu avec Edouard Stern jusqu'à leur divorce, en 1999, et réside depuis lors à New York avec ses trois enfants.

«Malgré notre séparation, nous étions restés très proches, précise-t-elle d'abord. Edouard était un père extrêmement présent, qui appelait tous les jours pour prendre des nouvelles des enfants. Il a beaucoup fait pour leur transmettre ses idéaux d'ouverture, d'écoute, de droiture.»

Nul n'ignorant que la personnalité du banquier sera, d'ici le verdict, immanquablement présentée sous un jour bien plus sombre, la présidente Alessandra Cambi Favre-Bulle entreprend alors de crever l'abcès. «Pouvez-vous, madame, nous parler des défauts d'Edouard Stern ?»

Le témoin, hésitant : «Il était… exigeant. Et puis il pouvait être explosif, soupe au lait. Il se mettait en colère et puis se calmait tout aussi rapidement.

- L'avez-vous connu cassant ou humiliant ?

- Pas du tout, il était très respectueux.

- Manipulateur ? - Non.»

Sans avoir l'air d'y toucher, Béatrice Stern vient ainsi de poser une première mine dans le système de défense de Cécile Brossard. Tout au long de l'instruction, ses avocats ont en effet prétendu que la jeune femme a été poussée au crime passionnel par un homme présenté comme arrogant et méprisant. Or, voici que face elle, l'ex-épouse insiste : «Le père que mes enfants ont connu n'est pas l'homme sur lequel on a écrit toutes ces horreurs».

Du banc des accusés, une voix se fait alors entendre, d'abord frêle, puis plus décidée quoique fréquemment blanchie par les sanglots: «Je suis la première à reconnaître qu'Edouard est un homme extrêmement intelligent, raffiné, assure Cécile Brossard. Il est, en fait, le plus merveilleux des hommes que j'ai jamais rencontrés. Pour moi, il n'est pas question de dire des choses horribles sur lui. Je ne veux pas le salir, je ne veux même pas me défendre. Aujourd'hui, tout ce qui me tient à cœur, c'est de demander pardon à madame Stern, pardon aux enfants.» «Mais madame, interrompt alors Me Marc Bonnant depuis le banc de la partie civile : Si Edouard Stern était un homme merveilleux, il ne fallait pas l'abattre !»

En début d'après-midi, le naturopathe Xavier Gillet se présente à son tour à la barre pour évoquer sa vie commune avec Cécile Brossard, rencontrée à la fin des années 90. Complet beige, abondante chevelure grisonnante, le sexagénaire peine à contenir son émotion à l'heure d'évoquer la lente dérive dans laquelle sa compagne s'est, selon lui, laissée entraîner à partir du moment où elle a rencontré Edouard Stern. «Au début, elle était la femme la plus adorable et la plus joyeuse que l'on puisse imaginer. Mais au fur et à mesure que leur relation s'est développée, elle est devenue plus préoccupée. Elle avait du mal à dormir, se sentait harcelée, menacée…»

Le soir du 28 février, venant d'apprendre qu'Edouard Stern a fait séquestrer le million de dollars dont il lui avait fait don quelques jours plus tôt, Cécile Brossard se rend à son domicile de Genève. Là, ils se disputent. Font l'amour. Puis elle le tue de quatre balles dans le corps. «De ce moment, je ne retiens que des images stroboscopiques, pleure la petite voix dans un silence glacé. Dès qu'il a pris la première balle dans la tête, il s'est levé et puis il est tombé. Je me suis alors souvenue de l'image des animaux qu'il chassait en Afrique. Et j'ai pensé qu'il ne fallait pas qu'il souffre.»

A cet instant, Béatrice Stern et ses enfants ont quitté la salle depuis un long moment déjà. Cécile Brossard, désormais, est seule face aux douze jurés de la cour d'assises.
» La face cachée d'EdouardStern exposée aux assises

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Publié le 12/06/2009 à 14:00 Le Point.fr PROCÈS STERN Dans les enfers d'une sexualité particulière Par Émilie Lanez, envoyée spéciale à Genève

Le richissime banquier Édouard Stern a été tué en février 2005

Cette troisième journée du procès de Cécile Brossard, accusée d'avoir tué, en février 2005, son amant, le banquier Édouard Stern, est consacrée à l'audition des témoins de la défense. Leurs récits plongent la cour dans les enfers d'une sexualité particulière, où la violence, le subterfuge, les déguisements, les fouets et les injures sont autant de moyens requis pour atteindre les ciels du plaisir.

Bob, galeriste, aime les dîners animés où de très belles jeunes filles conversent, sous toutes les formes, avec de riches hommes en blazer d'excellente facture londonienne. Chez Bob, on dîne, puis on s'amuse dans les couloirs. "Chez Bob, tous les prénoms riment avec prends-moi ", écrira dans un poème Cécile Brossard, qui fréquente ces soirées. Ce vendredi matin, Bob raconte la soumission de Cécile et ses états nerveux paroxystiques. Elle s'effondre, s'abrutit de médicaments lorsqu'Édouard fait mine de la quitter, puis elle revit, s'exalte lorsqu'il revient lui clamer son amour. Cécile ne peut le quitter. Elle dit pourtant le vouloir.

Le second témoin est une jeune Russe, Svetlana, une amie de Cécile qui partage son goût pour une sexualité "inventive et plurielle". Édouard emmène les deux femmes dans une chambre d'hôtel, demande à la jeune Russe de lui nouer une ceinture de peignoir autour du cou et de le faire ainsi marcher en laisse à quatre pattes. Le banquier est en slip. Les ébats consommés, Édouard prend un magazine économique. "Il y avait le classement des 100 plus grandes fortunes du monde et cela l'énervait de ne pas y figurer." Vexé, Édouard dîne en silence, les deux amantes blondes pleurent. Édouard quitte la pièce. La défense de Cécile Brossard, maîtres Alec Reymond et Pascal Maurer, obtient du public effaré la compassion qu'elle veut faire naître. Cécile la meurtrière serait d'abord la victime consentante, le jouet maltraité d'hommes carnassiers.

Le dernier témoin prend la parole. Daniel F. est un banquier septuagénaire. C'est au bord de sa piscine, après un dîner jovial, qu'Édouard Stern réclame à Cécile sa cagoule. Elle lui met, il exige alors deux actes sexuels. "Comme deux coléoptères, devant tout le monde, puis il lui a tapé sur les fesses, et lui a dit : Va t'occuper de Daniel ", raconte le témoin. Cécile fond en larmes. "Ma piscine est très bien éclairée, j'ai vu ses larmes." L'avocat des parties civiles, Marc Bonnant, voudrait croire que c'étaient des larmes de jouissance, proche parfois de la souffrance. "Non, maître, c'étaient des larmes de souffrance, je les reconnais." Et Cécile pleure à nouveau.

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Affaire Stern : le procureur écarte le crime passionnel France Info - 16 juin 2009 17:32 C’est l’heure du réquisitoire dans le procès de Cécile Brossard, jugée pour le meurtre de son amant, le banquier Edouard Stern. Le procureur de la cour d’assises de Genève conteste la thèse du crime passionnel et a fait savoir qu’il réclamerait un verdict de culpabilité pour meurtre, passible d’une peine maximale de 20 ans de prison.

Le verdict de "crime passionnel est tout à fait exceptionnel" , a indiqué le procureur général de Genève, regrettant que "le terme "passionnel" (puisse) induire en erreur". Daniel Zappelli a rappelé la règle de Droit selon laquelle le crime passionnel est un meurtre commis sous le coup d’une "émotion violente" ou en proie à un "profond désarroi" qui doivent être tous deux "excusables".

Les avocats de la famille Stern ont également enfoncé le clou en prévenant que "la jurisprudence est très exigeante" pour retenir le crime passionnel. Pour Me Catherine Chirazi, Cécile Brossard était mue par "une seule obsession : l’argent". "On ne juge pas au poids des larmes", a t-elle relevé lors de sa plaidoirie en rappelant la peine de la famille Stern et en se gaussant des sanglots de l’accusée, définie comme une "femme vénéneuse".

Car c’est bien sur une définition que le procès de Cécile Brossard va se jouer. Selon le Code pénal du canton de Genève, si le "crime passionnel" est retenu, il est passible d’une peine minimum d’un an et maximum de dix ans de prison. Sans cette circonstance atténuante, un meurtrier encourt de cinq à vingt ans de prison.

Lors de leur plaidoirie, les défenseurs de l’accusée s’attacheront à démontrer que leur cliente a justement été poussée au désespoir par un amant pervers jouant avec elle "comme le chat avec la souris".

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Publié le 18/06/2009 à 13:56 - Modifié le 18/06/2009 à 15:40 Le Point.fr PROCÈS STERN Cécile Brossard a été condamnée à 8 ans et 6 mois de prison Avec AFP

Cécile Brossard a tué Édouard Stern de quatre balles à bout portant le 28 février 2005 au cours d'ébats sadomasochistes

La Française Cécile Brossard a été condamnée jeudi par la cour d'assises de Genève à 8 ans et 6 mois de prison, pour le meurtre de son amant le banquier Édouard Stern, tué le 28 février 2005 lors d'ébats sadomasochistes.

Les jurés n'ont pas suivi le procureur général, Daniel Zappelli, qui avait requis jeudi 11 années de prison contre Cécile Brossard. Les avocats de l'accusée avaient pour leur part demandé aux jurés une "peine de compassion" qui lui permette de sortir "le plus vite possible" de prison.

Reconnue coupable du meurtre d'Édouard Stern mercredi (la peine n'étant décidée qu'après dans le droit suisse), Cécile Brossard n'a pas bénéficié de l'excuse de "crime passionnel". L'accusée, aujourd'hui âgée de 40 ans, encourait une peine maximale de 20 ans. Elle a déjà passé un peu plus de 4 ans derrière les barreaux.

Le jury a souligné le caractère "particulièrement lâche" du meurtre, mais a tenu compte des "regrets profonds" de l'accusée et de son "enfance difficile".
Les jurés ont atténué la peine en raison de la "liaison tumultueuse" et du comportement "humiliant, harcelant et cruel par moment" de son amant.

Un contexte qui a été longuement décrit par la défense de Cécile Brossard.

Lorsque Édouard Stern lui a lancé : " Un million, c'est cher pour une pute, l'accusée a compris qu'il ne l'épouserait jamais, et l'accusée a été envahie par un sentiment de haine", ont également relevé les jurés, qui qualifient ces mots de "phrase gâchette" (notedt, c'est nous qui soulignons).

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