Pierre Nora Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, directeur des sciences humaines chez Gallimard.
Bio expresse

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La visite de Mitterrand au Panthéon (après son élection à la Présidence de la République le 21 mai 1981), c'était les retrouvailles de la gauche avec elle-même, le réenracinement dans une version de l'histoire de France : Schoelcher (député martiniquais ayant préparé le décret d'abolition de l'esclavage en 1848), Jaurès, Jean Moulin. La panthéonisation de Malraux, c'est aussi, pour Chirac, une forme de ressourcement, l'onction gaullienne. ...

Il y a du malentendu dans cette affaire, et c'est ce qui la rend intéressante. Un malentendu qui a commencé du vivant de Malraux. Son vrai génie aura d'ailleurs été d'en être lui-même l'artisan. Malraux ou le malentendu. Il continue avec cette dernière "métamorphose", son grand mot. Sa panthéonisation n'apprend pas grand chose sur lui, mais beaucoup sur l'époque, son désir de légende, son besoin de spectacle et de mythologie. Du moins chez ceux pour qui la mythologie malraucienne est encore vivante.
Le farfelu du Panthéon, Le Point, 16 novembre 1996, p. 23, interview de Pierre Nora à propos de l'entrée d'André Malraux au Panthéon le 23 novembre 1996.

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