Nietzsche Friedrich

Friedrich Nietzsche (1844-1900).

1
Idée fondamentale sur la nature de la décadence : ce que l'on a regardé jusqu'à présent comme sa cause, c'en est la conséquence.
Par là se transforme toute la perspective du problème moral.
Toute la lutte morale contre le vice, le luxe, le crime, et même contre la maladie apparaît comme une naïveté, comme une chose superflue - il n'y a pas d'"amendement" (contre le remords).
La décadence elle-même n'est rien qu'il faille combattre : elle est absolument nécessaire et propre à chaque époque, à chaque peuple. Ce qu'il faut combattre de toutes ses forces, c'est l'importation de la contagion dans les parties saines de l'organisme. Friedrich Nietzsche, La volonté de puissance, LGF, Paris 1997.

2
Voici ma conclusion : l'homme véritable représente une valeur bien supérieure à celle de l'homme que pourrait "souhaiter" n'importe quel idéal, tel qu'on l'a présenté jusqu'ici ; tout ce que l'on a désiré par rapport à l'homme ne fut que digression absurde et dangereuse, par quoi une espèce d'hommes particulière voudrait ériger en loi, au-dessus de l'humanité, ses propres conditions de conservation et de croissance ; tout désir de cet ordre a abaissé la valeur de l'homme, sa force et sa certitude de l'avenir : la pauvreté de l'homme et son intellectualité médiocre se dévoilent aujourd'hui le mieux encore lorsqu'il poursuit l'objet de ses désirs ; la faculté qui permet à l'homme de fixer des valeurs a été jusqu'à présent trop mal développée pour faire la part de la valeur effective de l'homme et non pas seulement de la valeur "qu'il désire" ; l'idéal fut jusqu'à présent la véritable force calomniatrice du monde et de l'homme, une force qui répandit sur la réalité son souffle empoisonné, la grande séduction vers le néant ... Ibidem.

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