Alain Minc, Grand conseilleur "parisien", comme Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, notamment ...

Fils d'un dentiste polonais ashkenaze, naturalisé français en 1947. Né le 15 avril 1949 à Paris 19ème.
Enarque, inspecteur des finances (1975) il pantoufle dans le secteur privé dès 1979. Conseiller financier, essayiste influent et médiatisé, auteur d'un grand nombre d'ouvrages, libéral mondialiste.
Ami et conseiller non officiel du Président de la République Française Nicolas Sarkozy.
Auteur révisionniste d'une Histoire de France réactualisée : Une Histoire de France, Grasset, Paris, 24/09/2008.

Auteur, notamment, de Spinoza, un roman juif, Gallimard, Paris, 1999 (ouvrage condamné pour plagiat) ; de Epîtres à nos nouveaux maîtres, Grasset, Paris, 2003, ouvrage dans lequel il s'en prend au "pouvoir gay", et ouvrage qui fait scandale dans le microcosme "parisien" ; Une sorte de diable, Les vies de J. M. KEYNES, Grasset, Paris, janvier 2007.

Février 2014. "C'est politique" sur France 5, Alain Minc pense à Laurent Fabius pour remplacer Jean-Marc Ayraud

Mars 2009. Pub pour People-Moi, CGT plus, Parisot moins
Février 2009. Plenel versus Minc versus Plenel ...

Août 2008. Contre les "philosophes parisiens" André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy : Géorgie : SOS raison !
Février 2008. Vengeance et menaces
Janvier 2008. Accusé d'avoir précipité Le Monde dans la crise

Juin 2007.Réélection au Monde, malgré l'opposition de la rédaction
Janvier 2007. Démission de Vinci

Février 2006. Alain Minc aurait conseillé l'OPA hostile de l'Italien ENEL sur l'européen Suez

Janvier 2003. Alain Minc ne soutient pas Ariel Sharon

1 Ce sont les fonds de pension anglo-saxons qui font désormais la pluie et le beau temps sur les marchés boursiers occidentaux : les "deux cents famille" ont désormais pour héritiers le fonds de retraites des instituteurs de Californie , celui des ouvriers de General Motors, au même titre que les fonds d'investissements britanniques et l'Etat de Singapour. Ce sont les épargnants de la planète qui choisissent les Etats dont ils acceptent de financer, à des taux plus ou moins bas, les déficits publics.
La mondialisation heureuse, Plon 1997, Pocket 10473, p.17.

2
L'économie n'est pas devenue, avec la mondialisation, la maîtresse absolue du monde. C'est une vue de l'esprit d'imaginer qu'elle assure la paix, la prospérité et la stabilité des relations internationales. Etrange héritage marxiste que celui de libéraux convaincus du primat de l'économie et des infrastructures matérielles, puisqu'ils prêtent au développement du commerce des vertus pacifiques et stratégiques !
Ibidem p.27.

3
Aucune logique économique ne peut s'opposer à la mondialisation, ni lui servir d'alternative. Il n'existe plus d'autre mode de développement : tous ont été engloutis par leurs impasses et leurs propres erreurs. Le marché-roi n'a rien à craindre, le monde lui appartient et chaque jour renforcera son emprise. Mais cette toute-puissance est aussi la source de sa fragilité. La supposer éternelle, c'est admettre qu'aucun spasme stratégique de grande ampleur ne se produira à vue humaine : pari aléatoire...
Ibidem p.39.

4
Il existe une préférence française pour le chômage et l'exclusion, mais ce n'est pas une fatalité. D'autres pays ont su y échapper, soit comme les Etats-Unis et l'Angleterre, en donnant la priorité aux working poors, aux travailleurs pauvres sur les chômeurs aidés, soit comme les Pays-Bas et les pays de l'Europe du Nord, en inventant de nouvelles formes de solidarité qui, à la différence de l'Etat-Providence traditionnel, demeurent compatibles avec les impératifs de la mondialisation.
Ibidem p.108-109.

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Parmi les « nouveaux maîtres» auxquels il adresse ses épîtres dans son dernier essai (Epîtres à nos nouveaux maîtres, Grasset, Paris, 2003), il est un groupe qu'Alain Minc désigne comme « le plus puissant», celui formé par les gays.
Selon l'essayiste, les homosexuels constitueraient en France un véritable réseau d'entraide, un groupe de pression particulièrement actif, voire une sorte de franc-maçonnerie extrêmement influente. Bref, un lobby gay, dont Minc dénonce, avec force, la dérive communautariste.

Autrefois marginalisés, stigmatisés, parfois même pourchassés, les gays auraient aujourd'hui conquis un véritable pouvoir (d'influence et de décision) au sein de l'Etat et, surtout, dans les univers des arts et des médias.
Mieux, au nom de la modernité, leurs mythes, leurs références, leurs symboles auraient peu à peu supplanté les vieux dogmes républicains. En clair, leurs valeurs auraient triomphé.

Ce tableau, on s'en doute, fait hurler certains des intéressés. Seul gay nommément mis en cause par Alain Minc, Christophe Girard, adjoint chargé de la culture à la Mairie de Paris, a réagi le premier, niant de façon virulente toute tentation communautariste, qualifiant même l'auteur de «touriste».
L'attitude de cet influent élu de l'Hôtel de Ville de Paris, son parcours professionnel dans le milieu de la mode, sa fréquentation puis sa rupture théâtralisée avec Pierre Bergé, figure et banquier de la cause homosexuelle, semblent, hélas, donner raison à l'auteur des Epîtres.

Sans craindre de renvoyer les homosexuels à une caricature digne de la Cage aux folles, le même Christophe Girard a, par exemple, annoncé qu'à l'occasion de la Joumée de la femme il s'exprimerait au féminin, genre : «Je suis très heureuse d'être parmi vous»!
Plus grave, depuis sa prise de fonction, Christophe Girard s'est distingué en défendant l'idée d'une bibliothèque homo, d'un centre d'archives homo, et même de «jeux Olympiques» homos.

Certains vont jusqu'à lui reprocher des nominations «sexuellement compatibles», «une forme d'esprit clanique» que le dirigeant d'une entreprise gay dénonce ici, mais sous couvert d'anonymat: «A la Mairie de Paris, on est au bord de la dérive. Si Bertrand Delanoë ne met pas très vite le holà à certaines pratiques dans les nominations, notamment à la culture, certains vont faire Tapette City
Mais pourquoi, après tout, les homos échapperaient-ils aux travers communautaristes de la société française tout entière?

Pourquoi ce groupe, et ce groupe-là seulement, serait-il exempté des accusations de copinage, de lobbying, de piston et autres renvois d'ascenseur que l'on reproche aux Corréziens, aux Corses, aux énarques, aux juifs ou aux francs-maçons?
Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 32

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Contre les soudards
Par Alain Minc*

Tout d'abord, je précise que je ne me positionne pas en tant que juif mais en tant que citoyen français. Mon lien avec Israël est en pointillé. Le contfit israélo-arabe m'interpelle autant que le problème de l'Irak.

Je suis un mauvais juif, un juif sartrien!
Cela dit, je souhaite la victoire du maire d'Haïfa, Arnram Mitzna. Il a la stature d'un Yitzhak Rabin. En outre, je pense que la paix en Israël, ne peut venir que d'un général. C'est l'histoire de l'Etat qui le veut. Sharon n'est pas un général, mais un soudard. Ce n'est donc pas un homme d'Etat, mais Arafat non plus. Nous assistons à une guerre entre deux soudards. Dans tous les conflits, la logique implique que le plus fort fasse davantage de concessions.
Aujourd'hui, les Israéliens sont encore les plus forts. Il leur revient donc d'offrir une alternative à l'adversaire. Ce que fait Mitzna. C'est pourquoi je suis sensible à sa candidature.
Président d'AMC, essayiste. Marianne, 13/19 janvier 2003, p. 14

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(Février 2006) Les P-DG de Suez et de GDF mandatés pour négocier la fusion

PARIS - Les conseils d'administration de Suez et de Gaz de France ont approuvé samedi soir un projet de fusion et mandaté les présidents des deux groupes pour définir les modalités de ce rapprochement encouragé par le gouvernement français pour donner naissance à un géant européen de l'énergie.

C'est le Premier ministre, Dominique de Villepin, qui avait annoncé lui-même l'opération dans l'après-midi. "Compte tenu de l'importance stratégique de l'énergie, la fusion entre Gaz de France et Suez semble aujourd'hui la voie la plus appropriée", avait-il dit en présence des principaux intéressés.
Il avait ajouté que la France avait ainsi "l'ambition de créer un des tout premiers groupes mondiaux de l'énergie, en particulier dans le secteur du gaz", Suez-GDF étant de fait un des leaders du gaz naturel liquéfié.
Réunis dans la soirée, les conseils des deux groupes ont approuvé le projet de fusion. Celui de Gaz de France a assuré que ce projet s'inscrivait "dans le prolongement des coopérations existantes" et concrétisait "l'aboutissement de discussions entamées depuis plusieurs semaines".
Le projet "répond pleinement aux ambitions stratégiques du groupe Gaz de France dont il permet une mise en oeuvre accélérée", peut-on lire dans un communiqué.
Le conseil d'administration souligne la nécessité du "respect de la culture des deux groupes et l'importance qu'il attache à un projet qui soit créateur d'emplois".
Le P-DG Jean-François Cirelli a été mandaté pour poursuivre les négociations.
Côté Suez, le conseil d'administration a également chargé le P-DG Gérard Mestrallet de "mener à bonne fin les discussions permettant la fusion des deux groupes".
Il a demandé que tout soit mis en oeuvre pour que ce projet se réalise "dans les meilleurs délais et dans le respect des concertations nécessaires".

MENACE D'OPA D'ENEL SUR SUEZ

Les représentants des principaux actionnaires de Suez ont indiqué qu'ils recommanderaient "à leurs conseils d'administration respectifs de conserver leur participation dans le nouvel ensemble".
Suez et Gaz de France évoquaient depuis plusieurs années un éventuel rapprochement. Ils ont noué des partenariats, notamment sur la gestion de centrales électriques dans le sud de la France.

Mais le processus a été accéléré après que le groupe italien Enel eut fait part ces derniers jours de son intérêt pour Suez en brandissant la menace d'une OPA. Des sources proches du dossier évoquaient même le dépôt d'une offre hostile dès lundi matin.
Cette perspective a provoqué un vent de panique au gouvernement, où on se mobilise déjà depuis le mois de janvier pour essayer de bloquer l'offre de Mittal Steel sur Arcelor.

Dominique de Villepin, chantre du "patriotisme économique", et son ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, ont multiplié les consultations pour voir comment protéger Suez alors que l'Europe de l'énergie est en ébullition depuis l'OPA de 29,1 milliards d'euros du géant allemand E.ON sur l'espagnol Endesa, qui était convoité par Gas Natural.
Le gouvernement français a décidé d'accélérer le processus de fusion afin de protéger une grande entreprise au coeur des réseaux politiques et économiques des appétits d'un concurrent étranger.
Il a réussi à convaincre les dirigeants et les principaux actionnaires, dont Albert Frère, premier actionnaire de Suez avec 7,2% du capital, avait annoncé dès vendredi soir qu'il était favorable à une fusion avec Gaz de France.

Certains soupçonnent le financier belge d'être derrière l'offre d'Enel en vue de dépecer Suez. Ils se basent sur le fait que le consultant français Alain Minc, qui travaille pour lui, conseille le groupe italien.

En visite à Berlin, le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti, a déclaré que les pays européens devaient cesser de s'opposer à des rachats de leurs entreprises nationales par des étrangers, sous peine de provoquer un blocage du marché communautaire.

PART DE L'ETAT SUPERIEURE À 34%

L'opération devrait prendre la forme d'une absorption de GDF par Suez, l'opération étant financée en actions et en numéraire.
De source gouvernementale, on a souligné que le nouveau groupe serait une entreprise "à capitaux mixtes", ce qui signifie que l'Etat français, qui détient aujourd'hui près de 80% de GDF, entend rester présent à son capital.
Thierry Breton l'a confirmé dans un entretien au Journal du Dimanche. "Il est encore trop tôt pour déterminer la part définitive de l'Etat dans le nouvel ensemble. La participation de l'Etat ne sera en aucun cas inférieure à la minorité de blocage, soit 34%", a-t-il dit en réponse à une question sur le possible passage de l'Etat sous les 50%.
"Les intérêts stratégiques de la France seront complètement préservés, notamment grâce à des droits en matière de gouvernance qui restent à arrêter", a assuré le ministre de l'Economie.
Sur la base des cours de clôture de vendredi, la participation de l'Etat dans Gaz de France se transformerait en une part de 32,4% dans le nouvel ensemble. Mais ce chiffre ne tient pas compte de la prime propre à ce genre d'opération.

Le nouvel ensemble pèse plus de 72 milliards de capitalisation boursière, ce qui en ferait le numéro deux européen derrière Electricité de France (77 milliards).
Il affiche un chiffre d'affaires combiné 63,9 milliards en 2005 Les deux groupes doivent publier leurs comptes annuels en mars. Sur le premier semestre, Suez a dégagé un profit net de 1,5 milliard tandis que Gaz de France a affiché 1,2 milliard.
Si ce rapprochement a déjà été plébiscité par les investisseurs, les syndicats de Gaz de France n'ont pas caché leur hostilité en rappelant que le gouvernement avait promis que l'Etat conserverait 70% au moins du capital. La CGT, la CFDT et FO ont dénoncé une privatisation déguisée.
Les conseils d'administration des deux groupes ont insisté sur le respect des cultures des deux groupes et sur les créations d'emplois, non chiffrées à ce stade.
Yahoo.fr, actualités, 26 février 2006 (Reuters - 09:14), Libération, par Yann Le Guernigou et William Emmanuel

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31 janvier 2007. Trop de Minc tue le Minc Le conseiller des patrons, empêtré dans un conflit d'intérêts, démissionne de son poste d'administrateur du groupe Vinci. Par Nicolas CORI, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 31 janvier 2007

Alain Minc qui se dit victime des marchés et de la mondialisation financière. On croit rêver. Pourtant, c'est bien l'explication que donne l'essayiste et conseiller des patrons pour justifier son retrait du conseil d'administration de Vinci, peu après que François Pinault, dont il est proche, eut pris 5 % du capital du groupe de BTP. «On ne va pas contre ce qu'on appelle le marché», se lamentait hier l'intéressé dans la Tribune. Et de dénoncer ses dérives à l'anglo-saxonne. Le chantre de la «mondialisation heureuse» partirait-il en guerre contre les pressions à la rentabilité et les licenciements boursiers demandés par les actionnaires ? Non, Minc s'est lancé dans un autre combat : la lutte contre le «politiquement correct» et le «culte de l'indépendance» de ces maudits fonds de pension anglo-saxons.

«Je suis parti, non en raison des pressions de la direction de Vinci contre moi, détaille l'intéressé à Libération, mais en lisant le Wall Street Journal. Ce journal, qui exprime l'opinion des marchés, estimait que ma position risquait de poser des problèmes de conflit d'intérêts. Cela aurait pu nuire à l'image de Vinci.» Nous n'avons pas retrouvé trace de cet article, mais il est vrai que, depuis l'arrivée de Pinault dans le groupe de BTP, les critiques ont fusé dans la presse sur la situation de Minc. Via sa holding Artémis, le milliardaire Pinault a déboulé du jour au lendemain au sein de Vinci sans avoir prévenu sa direction. Cette dernière est du coup convaincue que ce placement financier cache en fait des intentions hostiles. Avant de s'attaquer à Vinci, Pinault cherchait, avec l'aide de Minc, à prendre le contrôle de Suez. Et la montée dans Vinci pourrait bien être conçue comme une opération à double détente.

«Incompatible».

«Dans ces conditions, il était devenu incompatible pour Minc de garder un poste au sein du conseil de Vinci tout en restant le conseiller stratégique et financier de Pinault», estime un proche de la direction. «Et Yves-Thibault de Silguy lui a donc demandé de partir.» Ce à quoi Minc répond : «François Pinault ne m'a parlé ni de son investissement ni du rythme de ses achats. Il ne m'a prévenu que lorsqu'il a franchi le seuil des 5 %.» Et sur le fond du problème, à partir du moment où on fait des affaires, on risque de se retrouver en conflit d'intérêts. «Je crois à la transparence, poursuit Minc, mais pas à l'indépendance. Au nom de cette passion puritaine, il n'y aura bientôt plus de place pour les banquiers d'affaires, les avocats, les conseillers, tous expérimentés...» Du coup, le conseiller-essayiste annonce dans la foulée qu'il n'occupera plus aucun poste dans un conseil du CAC 40 (ce qui devrait le conduire à renoncer à son mandat chez l'équipementier Valeo).

Mais ces débats sur l'éthique comparée des affaires sont un prétexte. La démission de Minc est surtout la suite de l'affaire Zacharias, du nom de l'ex-président de Vinci aimant beaucoup les euros. L'année dernière, un conflit avait opposé Antoine Zacharias à Xavier Huillard, son second et directeur général. Huillard refusait que son président se verse une prime exceptionnelle de 8 millions d'euros, estimant qu'il avait déjà touché beaucoup d'argent sous forme d'indemnité et de stock-options. En réaction, Zacharias avait demandé la démission de son second. Le conflit s'était réglé au cours d'un conseil d'administration particulièrement tendu, début juin 2006. A deux voix près (neuf pour, sept contre), Huillard avait conservé son poste. Et Zacharias avait démissionné dans la foulée.

Minc, lui, était dans le clan du président, qui le rémunérait pour ses conseils, en plus des jetons de présence: 160 000 euros par an. Du coup, il présente les pressions pour le faire démissionner comme une «épuration stalinienne» qui touche les «administrateurs ayant pris position pour Antoine Zacharias». Une allusion à la démission du conseil en décembre dernier d'Alain Dinin, un autre proche de l'ex-patron de Vinci, lui aussi rémunéré pour ses conseils. Et il se lâche contre Xavier Huillard, accusé de ne pas avoir la carrure pour diriger une entreprise cotée au CAC 40. «J'avais exprimé en vain mes réticences auprès d'Antoine Zacharias lorsqu'il avait nommé Xavier Huillard directeur général», dit-il à la Tribune.

«Conte de fées».

Pourquoi n'avoir pas démissionné tout de suite, alors ? «Je suis contre la vision d'un conseil homogène et unanime, explique Minc au quotidien financier. Un conseil, c'est un lieu où l'on débat. Ce que la direction de Vinci conteste.» Sauf que l'intéressé n'a, jusqu'ici, pas vraiment fait preuve d'indépendance d'esprit au sein du conseil. «Depuis l'éviction de Zacharias, Alain Minc a participé à sept conseils d'administration, détaille un proche de Vinci. Il a voté sept fois dans le sens de la direction. Il s'est prononcé contre la possibilité pour Zacharias de toucher ses stock-options. Il a approuvé le départ d'Alain Dinin et, surtout, il a voté en faveur du plan stratégique présenté par Huillard. Alors décrire sa démission comme l'abandon d'un bateau ivre relève du conte de fées.»

De toute façon, personne n'est dupe. Et chaque camp est prêt à en découdre. D'un côté, Minc laisse entendre que le groupe de BTP pourrait être victime d'une OPA ­ «Vinci n'est plus un sujet de l'histoire, mais un objet», répète-t-il ­ ; de l'autre, on répond «même pas peur». «A force de rater ses coups, la capacité de nuisance d'Alain Minc s'émousse», lance Jean-Pierre Versini-Campinchi, l'avocat de Huillard. Qui ajoute : «De toute façon, mieux vaut un ennemi déclaré à l'extérieur qu'un faux ami à l'intérieur.»
Libération, 31 janvier 2007, p. 16

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LE MONDE Election contestée d'Alain Minc à la tête de la holding du Monde
NOUVELOBS.COM | 29.06.2007 | 12:45

Alain Minc a été élu jeudi président du conseil de surveillance du Monde SA, mais son élection à la tête de la holding Le Monde et partenaires associés est contestée par les personnels du groupe, qui ont claqué la porte de la réunion.

Le conseil de surveillance du Monde s'est séparé jeudi 28 juin dans une ambiance de crise sans avoir pu élire Pierre Jeantet à la tête du directoire en raison d'un blocage entraîné par l'élection d'Alain Minc à la tête du conseil, vivement contestée par les personnels.

Alain Minc a été élu président du conseil de surveillance du Monde SA, mais son élection à la tête de la holding Le Monde et partenaires associés (LMPA) est contestée par les personnels du groupe, qui ont claqué la porte de la réunion, a-t-on appris de sources concordantes.

Alain Minc a obtenu les 10 voix des administrateurs externes de LMPA, mais 7 administrateurs internes ont voté contre lui et 3 se sont abstenus. Il a alors été proclamé reconduit dans ses fonctions par Claude Perdriel [administrateur du Monde et P-DG du Nouvel Observateur, NDLR], qui présidait la séance.

La SRM condamne

Mais les représentants des deux sociétés de personnels -la Société des rédacteurs du Monde (SRM) et la Société civile des personnels Publications de la vie catholique (PVC - Télérama, La Vie...) ont contesté cette élection, estimant qu'il aurait dû obtenir une majorité de 11 voix, et ont quitté la séance en signe de protestation, a-t-on appris auprès de la SRM.

Dans un communiqué ultérieur, la SRM "condamne l'attitude d'Alain Minc qui, pour assurer son maintien à la tête des conseils de surveillance du groupe, a refusé de respecter les statuts et les règles de vote en vigueur". "En passant en force, il a pris le risque de provoquer une crise dont la conséquence est d'interrompre le processus de renouvellement des instances dirigeantes du Monde soutenu par la SRM", conclut le communiqué. (lire le communiqué de la SRM).

L'élection de Pierre Jeantet bloquée

En leur absence, le conseil de surveillance du Monde SA n'a pu élire Pierre Jeantet président du directoire, les voix des personnels devant impérativement se porter sur lui. Sa candidature à la succession de Jean-Marie Colombani avait été acceptée par les sociétés de personnel, lors d'un vote lundi.
Le conseil a en revanche pu élire comme membres Bruno Patino et Eric Fottorino.

"Devant les tribunaux"

"Je suis élu, incontestablement", a affirmé Alain Linc. "Mon élection à la tête de la société LMPA fera peut-être l'objet d'une contestation juridique des sociétés de rédacteurs, si elles décident de la faire, qui veulent considérer les abstentions comme des voix contre". Dans ce cas, "on ira devant les tribunaux", a-t-il lancé.

"Nous contestons la légitimité d'Alain Minc à présider le conseil de surveillance du groupe Le Monde", a dit à l'AFP Jean-Michel Dumay, président de la SRM. "Nous sommes partis (de la réunion). Dans notre dos, ils ont essayé de désigner un directoire. Mais le directoire de la LMPA n'a pas été désigné", a souligné Jean-Michel Dumay.

"Il y a une divergence d'interprétation sur les résultats et nous demandons une consultation juridique, une médiation sur le décompte des voix", a déclaré à l'AFP Valérie Hurier, représentante de la Société civile des personnels Publications de la vie catholique (PVC - Télérama, La Vie...).

La rédaction contre Minc

"On ne peut pas plonger le groupe dans une crise profonde, il faut une reprise du dialogue pour pouvoir nommer le directoire en bonne et due forme", a-t-elle estimé.

"On ne peut pas être dans une situation qui prend en otage le directoire alors qu'on a eu un mandat de la rédaction pour l'élection de Jeantet", a-t-elle ajouté, évoquant un conseil de surveillance "tendu".

Mardi, une assemblée générale de la rédaction du Monde s'était prononcée à la quasi-unanimité à main levée, à l'exception de deux abstentions, contre le maintien dans ses fonctions d'Alain Minc, lui reprochant notamment sa "proximité affichée" avec Nicolas Sarkozy (lire le texte de la motion).
Alain Minc, 58 ans, préside le conseil de surveillance depuis 1994. (avec AFP)
[Le Monde et Le Nouvel Observateur sont actionnaires l’un de l’autre, au niveau de 6% pour Le Monde et de 1,75% pour Le Nouvel Observateur. Claude Perdriel est administrateur du Monde.]
NOUVELOBS.COM | 29.06.2007 | 12:45

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«Minc nous a précipités dans la crise» Le Monde. Jean-Michel Dumay, président de la SRM, réclame le départ immédiat du grand argentier : Recueilli par Frédérique Roussel Libération QUOTIDIEN : mercredi 16 janvier 2008, p. 34

Lundi, le conseil de surveillance a rejeté la candidature d’Eric Fottorino à la présidence du directoire du Monde. Dernier rebondissement d’une crise ouverte le 19 décembre avec la démission collective du directoire pour protester contre l’interventionnisme de la Société des Rédacteurs du Monde (SRM). Entretien avec Jean-Michel Dumay, son président.

Pourquoi avoir demandé lundi le «départ immédiat» d’Alain Minc ?

Nous nous sommes rendus compte qu’en décembre le président du conseil de surveillance avait mené une action incompatible avec sa fonction. Il a rencontré Lagardère pour voir s’il pourrait monter dans le capital du groupe en cas de crise. Nous nous sommes aperçu, peu de temps après la démission collective du directoire, qu’il l’avait vivement encouragée. On peut s’interroger sur la portée politique de son action qui n’est pas anodine dans le paysage actuel. Et il avait une alternative : il aurait pu demander un vote de confiance. Il y a là une volonté délibérée de nous précipiter dans la crise, de telle sorte qu’après un pourrissement de la situation, la recapitalisation serait apparue comme un élément d’apaisement. Alors qu’un plan de redressement est nécessaire. Mais une recapitalisation aboutirait à une modification des équilibres de pouvoirs et à une marginalisation des sociétés de personnel, celles-là même qui ont contesté son élection. Entendons-nous : nous n’avons pas d’hostilité à l’égard de Lagardère et de Prisa qui nous ont aidés quand nous étions en difficulté et qui nous accompagnent historiquement sur des projets. Et ce que je reproche aussi à Alain Minc, c’est d’avoir maintenu une cloison entre administrateurs externes et internes.

Comptez-vous aller plus loin dans votre demande ?

C’est à l’étude. Mais il ne faut pas se tromper d’objet. Aujourd’hui, il y a une main tendue des administrateurs extérieurs. Il est possible qu’ils aient été blessés par une affirmation un peu trop appuyée de nos positions, qui résultaient de nos fortes convictions. Nous allons saisir la main tendue, parler avec eux, ce qui n’exclut pas que des questions se posent après le conseil de surveillance de lundi.

Quelles questions ?

Les administrateurs externes n’ont pas motivé leur refus de la candidature d’Eric Fottorino, tout en prévoyant un conseil de surveillance le 25 janvier destiné à voter pour un président. Est-ce pour maintenir en place Fottorino ou alors est-ce pour faire émerger un schéma alternatif avec Fottorino mais en second ? Ils se sont opposés à un administrateur provisoire, menace brandie par Minc en décembre. Si, le 25 janvier, Pierre Jeantet maintient la date d’effet de sa démission, on fait quoi ? Les réunions qui sont prévues entre administrateurs externes et internes ont pour objet de clarifier cette situation. Il faudrait nous dire à quelles conditions. Si c’est avec Fottorino ou sans. Selon nos règles, c’est à eux de se positionner.

Une condition n’est-elle pas de contenir la SRM avec une charte de bonne conduite ?

Nous sommes effectivement prêts à réfléchir à un code de bonnes pratiques en terme de gouvernance. Une des difficultés soulevées par Pierre Jeantet, c’est qu’il n’est pas simple de gouverner la maison avec un actionnaire salarié fort où la transparence et la démocratie sont fortes. Tout finit par se savoir. On peut mettre en place une méthode dans la communication des informations et des prises de décision. Nous nous engageons à réfléchir à cette question. Avant son audition, lundi, nous avons donné à Eric Fottorino trois grandes pistes de réflexion pour améliorer la gouvernance. Mais il n’est pas question d’abandonner notre rôle d’actionnaire. Ce n’est pas parce que la SRM exprime une opinion qu’elle ne peut pas être débattue en conseil de surveillance.

Guillaume Sarkozy, le frère du Président, réclame sa place au conseil de surveillance, qu’en dites vous ?

Il y a une règle depuis 1994, c’est que les internes ne portent pas de jugement sur les personnes nommées chez les externes et réciproquement. A priori, nous n’avons pas notre mot à dire. Nous ne pouvons le faire que sur la présidence, puisqu’il y a un vote.

Il se dit qu’on veut votre peau…

J’ai été élu par un conseil de gérance. Je m’exprime en son nom. S’il estime que je dois m’écarter, je m’écarterai. Mais je doute que je sois le problème.

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Une recapitalisation tardive coûterait des emplois au "Monde" (Minc)
Challenges.fr | 12.02.2008 | 10:01
L'ancien président du conseil de surveillance règle ses comptes avec la SRM, accusée d'avoir mené un "coup de force".

Le Monde doit se recapitaliser le plus vite possible, sous peine de devoir procéder à une restructuration plus sévère dans quelques mois. C'est ce qu'estime Alain Minc, interviewé, mardi 12 février, par Le Figaro, au lendemain de son départ de la présidence du conseil de surveillance du groupe.

L'essayiste et conseiller évalue le montant de cette recapitalisation à 100 milliards d'euros, dont 75 milliards d'obligations remboursables en actions (ORA) détenues par les groupes Lagardère et Prisa. Selon lui, si cette recapitalisation est menée vite, le plan de départs volontaires que doit mener le groupe sera limité à une centaine d'emplois; si elle attend un an, il montera à 140-150 emplois.

Alain Minc profite également de cet entretien pour régler ses comptes avec la Société des rédacteurs du Monde (SRM): celle-ci, avec d'autres sociétés de personnels du groupe, avait protesté contre sa réélection à la tête du conseil de surveillance fin juin 2007, avant d'obtenir finalement son départ, au prix de celui du président de la SRM, Jean-Michel Dumay, vice-président du conseil de surveillance.

Un "coup de force" selon Alain Minc qui, en référence au célèbre accusateur public du Tribunal révolutionnaire, qualifie Jean-Michel Dumay de "Fouquier-Tinville" et raille le "télé-évangélisme" de la SRM. Avant d'ajouter que "les membres les plus actifs" des SRM "ne sont jamais les journalistes les plus brillants".

Le Monde, "un nid de frelons"

Alain Minc vante en revanche le travail de gestion accompli par Jean-Marie Colombani, président du groupe de 1994 à 2007, ainsi que par Bruno Patino, vice-président du directoire de 2007 à 2008, responsable selon lui du succès du site internet du Monde.

Il considère notamment que la politique d'acquisitions menée depuis dix ans à été bénéfique au groupe, lui permettant notamment d'encaisser les dividendes du Midi Libre ou les fruits de la vente des immeubles des Publications de la vie catholique (PVC): "en se 'payant sur la bête', Le Monde a évité le pire".

Il fait également l'éloge de "l'habileté politique" d'Eric Fottorino, le nouveau président du groupe, et de son successeur au conseil de surveillance, Louis Schweitzer, président de la Haute autorité contre les discriminations et ex-PDG de Renault: "il a déjà tout compris de la complexité de ce groupe de presse. Il saura sans conteste évoluer dans ce nid de frelons".

[Les groupes Le Monde et Le Nouvel Observateur, propriétaire de Challenges, sont liés par des participations croisées de respectivement 6% et 1,75%. Claude Perdriel, président du groupe Nouvel Observateur, est administrateur du groupe Le Monde]

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Géorgie : SOS raison ! Alain Minc essayiste. Libération QUOTIDIEN : lundi 18 août 2008 p. 23

Ainsi nous criant «SOS Géorgie ? SOS Europe !» nos meilleurs esprits, André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy, rejoignent-ils, par un étrange détour, la position des néoconservateurs américains, dont l’inculture historique a été à l’origine de si nombreuses erreurs ?
Eux connaissent pourtant l’Histoire, sa densité, ses complexités ; ils savent qu’il existe des problèmes sans solution et que l’intelligence collective consiste parfois à vivre avec eux. Leur analyse oblige à rappeler quelques vérités de bon sens :

1. «Qui a tiré, cette semaine, le premier ? La question est obsolète», écrivent-ils. Etonnante affirmation. Comment faire abstraction du faux pas du président Saakachvili, déclenchant une opération militaire en Ossétie du Sud ? Ses meilleurs avocats prétendent qu’il est tombé dans un piège, les Russes l’ayant poussé à agir en lui faisant miroiter leur non-intervention. Piètre excuse.

Quant on dirige un Etat à l’ombre de l’Empire de Pierre le Grand et de Vladimir Poutine, on se méfie et on ne prend pas pour argent comptant les propos amènes des représentants du tsar. Le président géorgien aurait dû chercher ses modèles du côté de l’exemplaire démocratie finlandaise, qui a su préserver ses libertés et son indépendance à portée de tir de l’Union soviétique : les principes et la retenue ne sont pas incompatibles. Ce peut être même la quintessence de l’art politique.

2. Depuis 1992, un compromis bancal prévalait vis-à-vis de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. C’était la réponse à un problème sans solution. Revenir au manichéisme et à une position tranchée est à la portée de Goliath et non de David. Or, c’est David qui a oublié cette règle de base. Il était pourtant le mieux placé pour imaginer que Goliath sauterait sur l’occasion et agirait avec d’autant plus de violence et de brutalité qu’il se retenait contre son gré depuis quinze ans. Comment pouvait-il faire semblant d’ignorer que la Géorgie avait été plus longtemps russe que la Floride n’est américaine, et que les frustrations se cristalliseraient au moindre prétexte ?

3. Que répondre aux Russes quand ils nous jettent à la face le Kosovo ? Nous avons fait prévaloir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sur l’intégrité territoriale de la Serbie. Celle-ci était certes plus formelle que réelle, à l’instar de la situation de la Géorgie vis-à-vis de ses deux provinces irrédentistes. Encore que l’histoire était plus favorable aux Serbes qu’aux Géorgiens, le Kosovo leur appartenant depuis la nuit des temps alors que l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont été rattachées à la Géorgie par le régime stalinien, le tout à l’intérieur d’un empire où les «républiques socialistes soviétiques» étaient des «Etats Potemkine», c’est-à-dire de carton-pâte. Quel argument avons-nous pour refuser aux Ossètes et aux Abkhazes le droit à l’autodétermination ?

4. Croire que l’entrée de la Géorgie dans l’Otan aurait évité le drame est une naïveté. Encore plus sûr de lui, le président Saakachvili aurait tenté le même coup de main. Qu’aurions-nous fait ? La guerre, au nom de l’engagement de défense mutuelle, fondement de l’Otan ? Non, naturellement, de sorte que le pire serait arrivé : les Russes auraient découvert que lePacte atlantique est un système à géométrie variable et qu’il existait sur ses frontières une zone floue qu’il aurait été de plus en plus tentant pour Moscou de venir titiller.

5. Arrêtons de rêver : le monde n’est pas angélique. La Russie n’a jamais été une démocratie mais toujours un empire. Comment croire que le chromosome impérial va disparaître et que le pays deviendra une gigantesque Confédération helvétique ? Face à cet empire, l’Occident est obligé de mener une stratégie subtile, fût-elle moralement insatisfaisante : transiger le moins possible sur les droits de l’homme, faire participer la Russie à la gouvernance mondiale sans se leurrer sur ses intentions, gérer une relation mêlant indissolublement la confiance et la prudence, le dialogue et la méfiance, hiérarchiser les enjeux dans un troc malheureusement inévitable.

6. Dans ce contexte, avoir obtenu des Russes la reconnaissance de la souveraineté géorgienne n’était pas une évidence et avoir protégé la légitimité démocratique de Saakachvili, indépendamment de son erreur de jugement, a montré aux Russes où était la ligne rouge à ne pas franchir. Un Kosovo à l’envers peut s’envisager ; un coup de Prague, non.

7. L’Europe est un orchestre compliqué. C’est une machine à réduire les désaccords et à éviter les drames. Sans elle, un affrontement - certes non militaire - gravissime se serait produit entre l’Allemagne de Kohl procroate et la France de Mitterrand pro- serbe. Faite de dialogues et de compromis, la machinerie bruxelloise est un antidote aux bêtises. C’est un miracle que, dans cette affaire géorgienne, la France ait pu bâtir un compromis entre des Etats qui ont connu le joug soviétique, une Allemagne tiraillée elle-même entre l’atlantisme d’Angela Merkel et l’héritage de l’Ostpolitik des sociodémocrates, une Italie historiquement prorusse par mercantilisme, et un Royaume-Uni comme toujours inflexible sur les principes et empirique dans le quotidien.

Demander à l’Europe, comme le font nos deux philosophes, une position manichéenne, c’est contribuer à son éclatement, donc offrir aux Russes ce qu’ils attendent. Puissent André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy accepter que le bon sens ne soit pas la pire posture philosophique…

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20/02/2009 à 12h09 Libération.fr CEDRIC MATHIOT La guéguerre Plenel-Minc continue par médias interposés

Jeudi, sur Canal +, l'ex-directeur de la rédaction du «Monde» a tourné en ridicule Alain Minc, ex-président du conseil de surveillance du même quotidien.

Edwy Plenel, ex-directeur de la rédaction du Monde, et Alain Minc, ancien président du conseil de surveillance du quotidien, s'entendaient mal quand ils cohabitaient dans la même entreprise.
Les choses ne se sont pas arrangées depuis.

Après son départ du titre, Plenel avait accusé Minc (qui devait lui aussi quitter le Monde peu après) d'avoir poussé le titre à faire campagne pour Nicolas Sarkozy.
Depuis, chacun ne manque pas l'occasion de dire le mal qu'il pense de l'autre.

Hier jeudi, Edwy Plenel, invité du Grand journal de Canal +, en a profité pour adresser un beau tacle à Alain Minc. Dans un billet d'humeur sur la crise, il a ressorti une déclaration datant du 10 octobre 2008, où Minc, influent conseiller multi-casquettes des grands patrons et des hommes politiques (Sarkozy inclus), déclarait à propos de la crise financière qui venait d'éclater : «Cette crise est grotesquement psychologique.»
Et Plenel de glisser : «Aujourd'hui, on se demande qui est grotesque.»

Plenel contre attaque

Ce que n'a pas dit pas Plenel, c'est que cette pique est une riposte. Car dans la même émission du 10 octobre - Parlons Net sur franceinfo.com - où il minimisait l'ampleur de la crise, Minc avait violemment attaqué Mediapart, le site d'information lancé par Plenel après son départ du Monde.

En quarante minutes d'antenne, Minc avait appelé de ses voeux la mort de Mediapart, inévitable et souhaitable selon lui, dénonçant la culture du complot d'Edwy Plenel et de Laurent Mauduit (autre pilier de Mediapart, également ancien du Monde).
Il était même revenu avec tellement d'ardeur sur le sujet que David Abiker, animateur de l'émission Parlons Net, avait fini par s'amuser de cette délectation à dire du mal de Plenel.

Minc attaque Plenel

A l'époque, l'équipe de Mediapart avait déjà réagi, détournant cette attaque en un amusant spot publicitaire pour le site: Alain Minc et Mediapart envoyé par Mediapart

Hier, Plenel n'a visiblement pas résisté à l'occasion de remettre une petite couche. En attendant une riposte à la contre-attaque?

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Alain Minc fait son "coming out" cégétiste lefigaro.fr Par Marc Landré le 8 mars 2009 19h31 |

Qui l'eut cru ? (notedt, Lustucru ?)

Alain Minc, l'essayiste et proche conseiller du Président de la République a avoué dimanche soir lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI qu'il avait "la plus grande admiration pour le travail que fait actuellement Bernard Thibault à la tête de la CGT".

Avouant ainsi faire une sorte de "coming out" syndical. Il a même poussé la surprise à se qualifier lui-même de "dernier marxiste de la planète." Bernard Thibault appréciera probablement moyennement ce soutien encombrant.

Plus surprenant, cet ami des grands patrons du CAC 40 et de l'establishment financier a eu des mots très durs à l'égard de Laurence Parisot. S'il gratifie la présidente du Medef d'un "bon début de mandat", il critique son discours actuel exclusivement centré sur "la baisse des charges" et juge qu'elle ne "fait pas assez preuve de solidarité" envers ceux qui souffrent de la crise.

"Le patronat a été le grand absent du sommet social du 18 février, a-t-il condamné. J'ai bien peur que le Medef soit actuellement centré sur des questions électives internes." Comprenez l'élection du nouveau patron des patrons, mi 2010, pour laquelle la présidente sortante a déjà fait acte de candidature.

Tout comme Bernard Thibault, Laurence Parisot appréciera probablement moyennement ce manque de soutien voyant.

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Léo Ferré : L'Âge d'or