Gracchus Babeuf (François Noël Babeuf dit, 1760-1797)

Révolutionnaire français, fondateur en 1794 du journal Le Tribun du Peuple, selon Karl Marx (1818-1883) le "premier communiste agissant", considéré par l'historien soviétique Victor Moïsseyevitch Daline (1902-1985) comme étant "le père du communisme" et pour le socialiste français Jean Jaurès (1859-1914) "celui qui a fondé en notre pays non seulement la doctrine socialiste, mais surtout la politique socialiste" (in Histoire socialiste, Tome I, Paris 1901-1904).

Babeuf veut le bonheur de l'humanité par la révolution égalitariste, l'instauration d'un gouvernement, par le noyautage de l'armée et la constitution d'une "avant garde révolutionnaire clandestine", qui "fera disparaître les bornes, les haies, les murs, les serrures aux portes ; les disputes, les procès, les vols, les assassinats, tous les crimes ; les tribunaux, les prisons, les gibets, les peines ; le désespoir qui cause toutes les calamités". Il est convaincu que la Convention nationale (21 septembre 1792-26 octobre 1795) a voulu le génocide vendéen (la dépopulation) pour asseoir son pouvoir.
Il est guillotiné sous le Directoire pour avoir été l'inspirateur de la "conjuration des égaux" qui a pour objectif de supprimer "la propriété particulière" et "d'établir l'administration commune" (Le Tribun du Peuple n°35).

1
Avec le système de dépopulation et de nouvelle disposition répartitive des richesses entre ceux qui doivent rester, on explique tout, guerre de Vendée, guerre extérieure, proscriptions, guillotinades, foudroyades, noyades, confiscations, maximum, réquisitions, préhensions, largesses à certaines portions d'individus, etc.
Gracchus Babeuf, La Guerre de Vendée et le système de dépopulation, 1794, Tallandier, Paris 1987, p.93.
2
J'ai démontré que, dans le système de dépopulation, les gouvernants ont voulu diriger la partie d'exécution qui aurait lieu sur le théâtre de la Vendée, de manière à ce que la destruction s'opérât, d'abord sur une très grande partie de l'armée républicaine, et ensuite sur la totalité de la population vendéenne.
Ibidem p. 137.
3
Il eût fallu une grande force de caractère pour refuser d'être barbare, au commandement de la puissance... Une loi du 11 frimaire déclarait rebelle et punissable comme tel quiconque n'aurait pas concouru de tous ses moyens à l'anéantissement de tout ce qui était désigné ennemi de la République.
Ibidem p. 146.

Philippe Riviale, L'impatience du bonheur, Apologie de Gracchus Babeuf, Payot, Paris 2001.

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