Annan Kofi
Kofi Annan. Secrétaire général de l'ONU.
1
Une lumière crue a été jetée sur le dilemne de ce qu'on appelle "l'intervention humanitaire". D'un côté, est-il légitime pour une organisation régionale d'utiliser la force sans mandat de l'ONU ? De l'autre, est-il admissible de laisser se poursuivre impunément des violations brutales et systématiques des droits de l'homme ? L'inaptitude de la communauté internationale, dans le cas du Kosovo, à concilier ces deux intérêts contraignants est d'évidence tragique.
Le Monde, Deux concepts de la souveraineté, 22 sept. 1999, p. 20.
2
Pour en éviter la répétititon dans le siècle prochain, je crois qu'il est essentiel que l'ensemble des nations arrive à un consensus - non seulement sur le principe qu'il faut réprimer les violations massives et systématiques des droits de l'homme, où qu'elles aient lieu, mais aussi sur la manière de décider de l'initiative nécessaire, de son moment et de ses acteurs. Le conflit du Kosovo et son issue ont déclenché un débat d'importance mondiale. Aux tenants de l'une et de l'autre position, on peut poser des questions difficiles.
Ibidem.
3
Premièrement, "l'intervention" ne doit pas être comprise forcément comme le recours à la force. ...
Deuxièmement, il est clair que les notions traditionnelles de la souveraineté ne constituent pas les seuls obstacles à une action efficace face aux crises humanitaires. Tout aussi significatives sont les manières qu'ont les Etats de définir leur intérêt national. ...
Troisièmement, lorsque l'intervention militaire se révèle tout à fait nécessaire, le Conseil de sécurité - l'organe chargé d'autoriser l'usage de la force par le droit international - doit avoir les moyens de sa mission. ...
Quatrièmement, à la fin des combats, l'engagement international en faveur de la paix doit être tout aussi entier que l'était celui en faveur de la guerre. ...
Ibidem.

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