Le juge financier juge les comptes, et non les comptables ... cependant ...

Timides pendant longtemps les Chambres régionales des comptes font depuis quelques années des rapports critiques à l'égard des autorités décentralisées, de leurs concessionnaires et fournisseurs.

Par exemple la chambre régionale des comptes du Languedoc-Rousillon dans sa lettre d'observations définitives de 1997 sur la gestion du département du Gard, sous la présidence entre 1989 et 1994 de M. Gilbert Baumet (PS) , dénonce "les dépenses somptuaires au profit de bénéficiaires en nombre limité".

Par exemple la chambre régionale des comptes de l'Ile de France dans son rapport de 1997 met en cause la gestion de M. Paul-Louis Tenaillon (UDF), président du conseil général des Yvelines de 1977 à 1997, mis en examen pour "favoritisme et abus de confiance", qui aurait procédé au recours systématique à la procédure d'appels d''offres restreints, favoritisme au bénéfice de grosses entreprises du BTP et de certains bureaux d'études, dérapage des coûts de construction des collèges, ou encore laxisme dans l'utilisation des frais de mission et de réception des élus.

Par exemple la chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes met en cause la Compagnie générale des eaux qui assure depuis 1987 90% de la distribution d'eau potable dans l'agglomération lyonnaise et qui aurait perçu sans justicication réelle la modique somme de 450 millions de francs au détriment de la communauté urbaine de Lyon.

Par exemple un rapport de la chambre régionale des comptes d'Aquitaine de 1997 concernant la Société bordelaise mixte de réalisation urbaine (SBRU) critique la gestion de M. Jacques Chaban-Delmas (RPR) maire de Bordeaux jusqu'en 1995, pour non respect de la légalité en général et du code des marchés publics en particulier, la SBRU ayant cumulé en six ans une perte de plus de dix-sept millions de francs.

Par exemple encore la chambre régionale des comptes de Picardie a en 1996 constaté que les responsables du département de l'Oise, présidé par M. Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR jusqu'aux législatives de 1997, avaient entre 1989 et 1992 bénéficiés de remboursement par le département d'achats parsonnels (bouteilles d'alcool, pâtes, légumes, lait bronzant, papier toilette..) pour un total de un million quatre cents mille francs ; transmis au parquet de Beauvais l'affaire fait l'objet d'une enquête préliminaire qui conclut que six cents mille francs d'achats ont un caractère "familial et personnel""susceptibles de revêtir une qualification pénale" ; l'affaire sera classée en juillet 1997 à condition que la somme en question soit remboursée.

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