23 juin 2008. Nicolas Sarkozy à Jérusalem fermement contre le nucléaire iranien
13 décembre 2006. Ehud Olmert reconnaît implicitement l'existence de la bombe atomique israélienne (Depuis 1967. A l'heure actuelle, Tsahal déploierait entre 100 et 200 têtes nucléaires)
05 décembre 2006. Ségolène Royal contre le nucléaire iranien, civil et militaire
21 avril 2004. L'homme qui a révélé la bombe atomique d'Israël sort de prison mercredi (21 avril 2004)

Avril 2004. Mordehaï Vanunu a purgé la totalité de sa peine de dix-huit ans de détention, imposée pour "espionnage et trahison"

Malgré ses dix-huit années passées en prison dont onze à l'isolement total, Mordehaï Vanunu, "l'espion nucléaire" israélien n'a rien perdu de ses convictions et de son mordant. Interrogé par les services de sécurité israélien quelques jours avant sa libération prévue mercredi 21 avril (2004), l'homme ne renie rien.

"Je ne suis ni un traître, ni un espion. J'ai seulement voulu faire connaître au monde ce qui se passait", explique celui qui a révélé comment Israël préparait la bombe atomique à la centrale de Dimona dans le désert du Néguev. Dans cet entretien publié par la presse et qui sera diffusé par une chaîne de télévision privée, celui qui a brisé le secret atomique israélien ajoute : "Je ne regrette rien car j'ai agi selon ma conscience." Et de demander aujourd'hui que "le réacteur de Dimona soit détruit comme le fut le réacteur irakien Osirak", à proximité de Bagdad, bombardé par l'aviation israélienne en juin 1981.

Mordehaï Vanunu, aujourd'hui âgé de 50 ans, crache sans les mâcher ses vérités à la face de ses intervieweurs, martelant qu'"il ne devrait pas y avoir d'Etat juif ; qu'il devrait y avoir un Etat palestinien ; que les Juifs et les Palestiniens devraient pouvoir vivre où ils veulent ; que le judaïsme et l'islam sont des religions retardataires". Converti au christianisme, ce Marocain d'origine souhaite renoncer à la nationalité israélienne et quitter le pays après sa libération.

Mais le gouvernement d'Ariel Sharon ne l'entend pas ainsi. Bien qu'ayant purgé la totalité de sa peine, d'importantes restrictions lui seront imposées après sa sortie de la prison de Shikmah, dans le sud d'Israël. Selon son frère Meir, il ne pourra pas donner d'interviews, se rendre dans un aéroport, un port, ou une ambassade étrangère. Le ministre de l'intérieur, Abraham Poraz lui interdit de se rendre pendant un an à l'étranger. Il ne pourra posséder un téléphone cellulaire, ni utiliser Internet. Le ministre des relations avec le Parlement, Gidéon Ezra, a suggéré de le placer en régime de détention administrative.

INTERROGATOIRES

Un tel traitement a été jugé inadmissible par Amnesty International qui demande à Israël de "ne pas violer ses droits fondamentaux". D'autant, comme l'affirme le journaliste du Sunday Timesqui, en 1986, avait publié ses révélations, qu'il n'a plus rien à dévoiler sur Dimona. En plus, comme le dit l'intéressé lui-même, en raison des avancées technologiques depuis cette époque, "je ne crois pas que les Américains ou les Européens aient besoin d'un Vanunu pour leur faire des révélations". Son ancien avocat, Avigdor Feldman, estime que "cet acharnement relève de la paranoïa".

Mais l'Etat hébreu semble encore craindre cet homme qui a toujours refusé les arrangements pour prix de son silence ou de sa libération. Sa sortie de prison doit être saluée par des pacifistes et des antinucléaires venus du monde entier et qui ont déjà dû se frotter aux interrogatoires du Shin Beth, la sécurité intérieure.

Apparemment, Mordehaï Vanunu n'a pas l'intention de se soumettre au régime que l'on veut lui imposer. Une nouvelle "affaire Vanunu" pourrait donc naître. Elle sera sans doute beaucoup moins entourée de mystères que celle de ce technicien nucléaire qui a commencé avec son entrée à la centrale de Dimona en 1976. Son engagement contre la guerre du Liban en 1982 et ses positions pacifistes éveillent les soupçons. Il doit changer de département, avant d'être licencié en 1985. Il quitte Israël en janvier 1986 avec dans ses poches les photos clandestines du site.

Avec son indemnité, il entreprend de faire le tour du monde, se rend au Népal, en Australie, où il se convertit au christianisme et rencontre un journaliste du Sunday Times de Londres auquel il accepte de raconter toute son histoire. La publication, en septembre 1986 dans l'hebdomadaire provoque la colère des Israéliens, qui décident d'attirer "le traître" dans un piège vieux comme le monde : une femme qui tombe dans ses bras à Londres et l'emmène à Rome.

Cindy, de son vrai nom Cheryl Hanin Bentov, est un agent du Mossad. Drogué, il est embarqué dans un yacht qui le conduira en Israël en quelques jours. Un enlèvement qu'il fera connaître au monde, le 21 décembre 1986, lorsque, conduit au tribunal, il trompe la vigilance de ses gardiens en montrant la paume de sa main sur laquelle il a écrit "Mordehaï Vanunu, enlevé à Rome, le 30 septembre 1986 à 21 heures".

PAGES SECRÈTES

Au terme d'un procès à huis clos, il sera condamné à dix-huit ans d'emprisonnement, le 27 mars 1988, pour espionnage et trahison. Il risquait la prison à vie. On ne saura jamais rien des soixante pages du jugement restées secrètes.

L'importance des informations dont il disposait a été minimisée par les experts internationaux. Les dépositions des responsables israéliens ont été frappées du secret défense. Le seul commentaire des autorités israéliennes a toujours été : "Nous ne serons pas les premiers à introduire l'arme atomique au Proche-Orient." La question est tabou même s'il ne fait pas de doute qu'Israël, qui n'a pas adhéré au traité de non-prolifération nucléaire, possède l'arme atomique. L'Etat hébreu détiendrait de 100 à 200 têtes nucléaires. Shimon Pérès est considéré comme le principal initiateur du programme, lancé dans les années 1950 avec l'aide de la France.
lemonde.fr, Michel Bôle-Richard, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.04.04

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13 décembre 2006. Le secret de polichinelle de la bombe atomique en Israël
Ehud Olmert rappelé à l'ordre après avoir traité l'Etat hébreu de puissance nucléaire.

Ehud Olmert: le Premier ministre a-t-il gaffé ou signifié un changement de la stratégie d'Israël ? (REUTERS)

Lapsus ou pas lapsus ? Pour la première fois, un Premier ministre israélien a laissé entendre que son pays possédait l'arme nucléaire.
C'est un secret de polichinelle, mais la petite phrase d'Ehud Olmert a suscité une certaine émotion dans son pays.
A la demande des Etats-Unis, la position officielle de l'Etat hébreu a en effet toujours été de ne pas reconnaître qu'Israël était une puissance nucléaire.
Ce qu'elle est pourtant depuis 1967.

Interrogé lundi soir par la chaîne allemande N24 à l'occasion de sa visite à Berlin, Ehud Olmert a expliqué qu'il y avait une «grande différence» entre la volonté de l'Iran d'accéder à la bombe et la situation d'autres puissances : «Pourriez-vous dire que c'est la même chose que pour l'Amérique, la France, Israël et la Russie ?» Le mot «Israël» était lâché...

Il l'avait déjà été, le 6 décembre, par le nouveau secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, lors de son audition au Sénat. Pour la première fois, un haut responsable de Washington déclarait publiquement que «l'Iran est entouré de pays dotés de l'arme nucléaire : le Pakistan à l'est, Israël à l'ouest...»

«Lapsus irresponsable».
Hier, Olmert a dû corriger le tir en rappelant la position traditionnelle de l'Etat hébreu : «Israël ne sera pas le premier pays à introduire l'arme nucléaire au Proche-Orient. C'était notre position, c'est notre position, cela restera notre position.» En Israël, l'opposition s'en est prise au Premier ministre. A droite, un député du Likoud a dénoncé un «lapsus irresponsable», alors que l'opposant de gauche Yossi Beilin mettait en doute «ses capacités à rester Premier ministre».

Le programme nucléaire israélien, qui date de 1954, a débuté en étroite coopération avec la France, qui elle aussi cherchait à se doter de la bombe atomique.
Une centrale nucléaire a été construite à Dimona, dans le sud du pays.

Au sein du pouvoir israélien, Shimon Pérès se voit confier la conduite de ce programme très secret. «La coopération avec la France a cessé entre 1961 et 1963, avec le retour du général de Gaulle au pouvoir, raconte Pierre Razoux, auteur de Tsahal, Nouvelle histoire de l'armée israélienne (Perrin). Les Américains ont alors pris le relais, en demandant à Israël de maintenir l'ambiguïté sur cette question.»

A la veille de la guerre des Six Jours, en juin 1967, les premières armes nucléaires deviennent opérationnelles au sein de Tsahal. L'Etat hébreu va ensuite coopérer avec l'Afrique du Sud, en réalisant vraisemblablement un essai commun dans l'océan Indien en 1979. Puis, «après le traité de paix avec l'Egypte, en 1977, les Etats-Unis ont aidé Israël à se doter de la bombe H», affirme Pierre Razoux.

En 1986, un technicien de la centrale de Dimona, Mordechai Vanunu, avait fait des révélations sur le programme de son pays. Enlevé à Rome par les services secrets israéliens, il a été condamné à dix-huit ans de prison et libéré en 2004.

Vecteurs.
A l'heure actuelle, Tsahal déploierait entre 100 et 200 têtes nucléaires, estiment la plupart des experts. Israël possède toute la gamme des vecteurs pouvant délivrer une arme nucléaire : des bombardiers F15 et F16, des missiles sol-sol Jericho, développés à partir d'un engin fourni par Dassault, et sans doute des sous-marins capables de tirer des missiles de croisière.

De même que l'Inde et le Pakistan, Israël n'est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le pays n'est donc, légalement, pas soumis aux contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Contrairement, par exemple, à l'Iran.
Libération, 13 décembre 2006, p. 7, Par Jean-Dominique MERCHET QUOTIDIEN : mercredi 13 décembre 2006

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05 décembre 2006. Israël embrasse Ségolène Royal
La polémique de la veille au Liban n'a pas entaché sa visite à Jérusalem. Par FRANÇOIS Didier, Libération, QUOTIDIEN : mardi 5 décembre 2006

Mal connue en Israël, où elle séjourne pour la première fois, Ségolène Royal intrigue. Mais il est difficile de trouver dans la presse israélienne la moindre trace de la controverse française autour du voyage de la candidate socialiste au Proche-Orient.
Pas le moindre écho aux déclarations de la droite, qui accuse Royal d'avoir commis une faute grave en ne corrigeant pas un élu islamiste qui comparait l'invasion israélienne du Liban de 1982 à l'occupation de la France par les nazis. «Mme Royal fait ce qu'elle veut. Elle a déclenché une très grave polémique, a déclaré hier Nicolas Sarkozy. La situation là-bas est déjà extrêmement compliquée, il faut donc agir avec beaucoup de mesure.»
Le Jerusalem Post préfère noter la condamnation de ces propos «inacceptables et haineux» par Ségolène Royal au lendemain de sa rencontre.

Sérieuses chances.

«La France tonne, Israël l'embrasse», titre pour sa part le Yédiot Aharonot.
Il est vrai que les autorités israéliennes réservent un accueil très chaleureux à la candidate socialiste. Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères et pilier du gouvernement, l'a invitée à dîner dimanche.

Le Premier ministre, Ehud Olmert, qui recevait Ségolène Royal, hier, dans ses bureaux de la Knesset, s'est montré très intéressé par sa prise de position sur le dossier du nucléaire iranien. «Je suis la seule dirigeante politique française à m'être prononcée contre l'accession de l'Iran au nucléaire civil. Lorsque j'ai exprimé cette position, j'ai entendu les mêmes reproches, formulés par les mêmes personnes. Le Premier ministre israélien m'a, lui, remerciée pour cette prise de position.»

Gages.

Ce traitement indique combien les officiels israéliens jugent sérieuses les chances de la candidate socialiste de remporter la présidentielle. Fins diplomates, ils ont préféré sonder la personnalité de celle qui pourrait se retrouver une partenaire obligée du jeu proche-oriental. Pragmatiques, ils espèrent convaincre Ségolène Royal de l'importance d'une reconnaissance du droit de l'Etat juif à se défendre et ne veulent pas se laisser prendre en otage dans une escarmouche franco-française.
La candidate socialiste a d'ailleurs donné des gages de sa compréhension des logiques régionales. Lors de sa rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas, elle a rappelé les fondamentaux de la diplomatie européenne. «Les principes de la paix sont connus : le peuple palestinien a droit à un Etat souverain et viable, et Israël a droit à une sécurité durable.»

Dans un registre plus émotionnel, à l'issue d'une visite au mémorial de la Shoah, à Yad Vashem, Royal a allumé la flamme éternelle à la mémoire des 6 millions de juifs exterminés par les nazis.
Sur le livre d'or, elle a écrit : «On est secoué au plus profond de soi, et l'on partage l'insubmersible volonté d'Israël et la soif de justice. Ceux et celles qui sont revenus et qui ont reconstruit leurs racines en portant malgré tout cela les forces de la vie sont les véritables héros de notre temps. Merci.»

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Sarkozy/Iran nucléaire, "inacceptable"
Source : AFP 23/06/2008 | Mise à jour : 13:25 |

Le président français Nicolas Sarkozy a répété aujourd'hui à Jérusalem qu'un Iran doté de l'arme nucléaire était pour son pays "inacceptable" et que la France serait là pour "barrer la route" à ceux qui appellent à la destruction de l'Etat d'Israël.

"Je veux le dire avec force, un Iran doté de l'arme nucléaire est inacceptable pour mon pays".

"Pour que les choses soient claires et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, je veux dire que le programme nucléaire militaire de l'Iran appelle une réaction d'une extrême fermeté de toute la communauté internationale. Israël doit savoir qu'il n'est pas seul", a-t-il précisé sous les applaudissements des députés israéliens.

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