saints

George W. Bush
Le harem du président

(Août 2007) Afghanistan : le problème ... des otages, notamment ... ; dans sa propriété familiale de Kennebunkport il veut hamburger et hotdoger Cécilia, qui refuse ... mais Nicolas collabore ... Bernard Kouchner à Bagdad ...
(Juillet 2007) Poutine résiste ; malgré une super réception par Bush dans sa propriété familiale de Kennebunkport, sur la côte atlantique du Maine, et un dîner de homard
(Juillet 2007) George W. gracie un ami ; Retour au 11 septembre 2001 avec Christine Boutin
(Juin 2007) Non, sa montre n'a pas été volée en Albanie
(Juillet 2006) La "merde" du Hezbollah ; carte blanche à Israël ; l'ONU muselée ;
(Septembre 2005) Dépassé par Katrina
(Novembre 2004) Réélu par l'Amérique profonde
(09 mars 2003) CE N'EST PAS une guerre que George W. Bush s'apprête à déclencher contre Saddam Hussein. Le 43ème président des Etats-Unis prend la tête d'une croisade, riposte chrétienne au djihad (guerre sainte) des terroristes islamistes.
Le point de vue d'un ami

Saddam Hussein et Oussama ben Laden, entre lesquels George W. Bush essaie, en vain pour l'instant, de prouver l'existence de liens, sont les incarnations de cet « axe du mal » que le président doit anéantir. Dieu a envoyé George W. sur terre pour qu'il accomplisse cette mission. Et tant pis si Jean-Paul II a une conception tout à fait différente des desseins divins !
Bush est tout autant persuadé que c'est ce même Dieu qui l'a installé à la Maison-Blanche et... l'a aidé à cesser de boire en 1986. Une abstinence qui lui a permis, justement, d'être élu. Du jour au lendemain, le joyeux fêtard qui roulait en Triumph décapotable, buvait très sec, ne dédaignait ni la cocaïne ni les jolies femmes, s'est transformé en « père la vertu » à la stricte morale.
Un phénomène qui n'est pas rare aux Etats-Unis, où cette espèce de converti, connue sous le terme de « born again christian » (littéralement : chrétien né deux fois), foisonne et où une multitude d'« Eglises », plus sectes que religions, ont trouvé un terreau fertile pour faire pousser une foi, aux rites et manifestations parfois excessifs.

La Bible pour livre de chevet

Dans une Amérique restée profondément croyante, les billets de banque sont frappés de la devise « In God we trust » (« Nous nous remettons entre les mains de Dieu »), phrase également inscrite dans la Constitution, les activités paroissiales sont une part non négligeable de la vie sociale, et nombre de familles « rendent grâce » avant le repas du soir.
Et les télévangélistes, ces prêcheurs qui apportent la bonne parole dans les foyers, connaissent des audiences record et les bénéfices qui en découlent. Bush, qui conjugue l'amour de Dieu et celui de l'argent sans le moindre problème de conscience, ne peut être insensible à ces fabuleuses réussites.

Tous les présidents des Etats-Unis ont fait montre de leur attachement à la religion, par conviction plus que par calcul politique. Le goût prononcé de Bill Clinton pour les confessions publiques, son appel au pasteur Jesse Jackson, devenu son conseiller spirituel, au moment de ses galipettes avec Monica Lewinsky, n'étaient pas feints.
George Bush père était certes lui-même religieux, épiscopalien modéré devenu sur le tard un presbytérien plus farouche. Il rechignait pourtant quelque peu à afficher sa foi, se bornant à financer les travaux de son église et à faire le catéchisme le dimanche.
Une attitude bien tiède, comparée au prosélytisme de son fils. Pour George W., Dieu ne doit pas seulement régner sur les âmes, mais aussi sur les nations. Une ferveur que ses amours et ses amitiés ont contribué à forger et à renforcer.
Laura, son épouse, est une méthodiste pure et dure. Don Evans, ministre du Commerce, ami d'enfance devenu intime, lui a fait découvrir la Bible et intégrer un groupe d'études de lecture du saint livre. Pour le jeune Bush, ce fut une révélation. Il y découvrit que Dieu pouvait être son ami, et fut fasciné par la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas.
Le rythme même des phrases de la Bible convient parfaitement à George W. Bush, jogger et marathonien depuis toujours. La Bible, avec un recueil de mini-sermons évangélistes d'un pasteur baptiste (Oswald Chambers), est toujours son livre de chevet. Les discours politiques du président sont truffés de références religieuses.
Une tendance qui ne date pas d'hier. Quand il menait campagne pour son père en 1987, le jeune Bush a été l'un des premiers à flairer l'influence grandissante des chrétiens très pratiquants, voire des évangélistes au sein du Parti républicain. L'idée n'était pas si mauvaise.

Ses conseillers partagent la même foi

Il y a à peine un mois, à Nashville (Tennessee), Etat du Sud profond, où l'on est conservateur et évangéliste depuis des générations, George W. Bush a redit que l'Amérique avait reçu « la mission sacrée d'apporter au monde la liberté ».
Le vice-président Dick Cheney et John Ashcroft, l'un de ses conseillers les plus proches, partagent ses convictions religieuses. Karl Rove, son stratège politique, peut-être pas. Mais il sait à merveille caresser dans le sens du poil ces évangélistes qui ont investi les rangs du Parti républicain. C'est à ce puissant conseiller que l'on doit la nomination de juges anti-avortements et le projet d'envoyer des missionnaires chrétiens en Afrique, avec pour tâche de soigner les corps et de sauver les âmes.

Opportunisme politique, foi authentique ? Bush, à qui l'on avait, un peu vite collé l'étiquette de cow-boy débile, joue sans doute des deux. Il compte, dans quelques jours, éradiquer le mal, éliminer Saddam Hussein, suppôt de Satan. Et, l'an prochain, le « messie » Bush, conforté par sa victoire sur les forces démoniaques, compte bien remporter son second mandat.
Catherine Tardrew, Le Parisien, dimanche 09 mars 2003, p. 5

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Le point de vue de Pierre Lellouche, député de Paris, inspirateur de la loi n°2003-88 du 3 février 2003, dite loi Lellouche, visant à aggraver les peines punissant les infractions à caractère raciste, antisémite ou xénophobe.

« Ce n'est pas un cow-boy débile »
«ON A EU tort de ranger trop vite George W. Bush dans la catégorie des cow-boys débiles. Il a démontré qu'il était beaucoup plus intelligent que l'on ne le pensait, s'est révélé un homme de caractère, solide, qui a su résister aux épreuves qui ont frappé son pays.
Il a su, en tout cas, s'entourer d'une équipe de grande qualité. Aux Etats-Unis, la dimension religieuse du président ne choque pas du tout, bien au contraire. L'Amérique est une nation profondément croyante où l'on fait encore très souvent la prière avant le repas.
George W. Bush est président dans une société où l'on croit toujours que perdre la religion c'est perdre ses repères. Les communautés sont très structurées autour de l'Eglise, où personne n'a honte de chanter à pleine voix ! Ce qui n'empêche pas les Etats-Unis d'être également un pays aux valeurs laïques très fortes. »
Propos recueillis par C.T., Le Parisien, dimanche 09 mars 2003, p. 5

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Les Etats-Unis de la peur

Angoissée, religieuse et dominante, c'est cette «Amérique de la terre» qui a assuré la réélection de George W. Bush

Le résultat imprévu et incontestable de l'élection présidentielle du 2 novembre dernier (2004) conduit à une réflexion sur les Etats-Unis. A l'examen, la carte électorale comporte deux «oreilles» bleues démocrates, de part et d'autre du pays, et, au centre, une tache rouge continue, républicaine, soutien massif à George W. Bush.
L'Europe ne veut connaître que cette Amérique bleue, qui produit la musique, les romans, les films, la technologie moderne, les grandes universités de la côte Est ou de Californie. Une «Amérique de la mer», qui fascine ou irrite, et, surtout, n'est pas majoritaire.

«L'Amérique de la terre», que l'on dit «profonde», est à la fois dominante et effrayée. Elle a peur, d'abord, du terrorisme. Le 11 septembre 2001 a été aux yeux de beaucoup d'Américains, et, plus encore des immigrés de fraîche date, un choc énorme.
Pour la première fois depuis Pearl Harbor (mais Hawaii est loin et isolée!), un ennemi frappait sur le sol américain. Pour tous ces hommes et femmes, venus aux Etats-Unis afin de fuir quelque chose et d'accéder enfin à la Terre promise, le sanctuaire n'était plus invulnérable. Une véritable horreur.

Ce que ni Hitler ni Staline n'avaient tenté, Ben Laden l'a réalisé. Porter le combat sur le territoire même des Etats-Unis. Les Américains avaient combattu en Europe pour nous libérer. Ils avaient fait la guerre de Corée. Ils s'étaient usés au Vietnam.
Mais toutes ces interventions étaient des guerres préventives, pour combattre le mal et en repousser la menace. Le nazisme nippo-allemand, le communisme: l'ennemi était palpable, identifiable, localisable. Avec le terrorisme, il est invisible, disséminé, latent.

La réaction américaine au 11 septembre s'explique aussi par la religion. La métaphore de l'arche de Noé ne consiste pas seulement à décrire le rassemblement pluriethnique des êtres les plus dynamiques de la planète, c'est aussi l'expression d'une croyance: l'Amérique est le pays que Dieu a décidé de protéger.
Le 11 septembre ont surgi ces questions: Dieu nous a-t-il abandonnés? Avons-nous été punis de nos péchés et de nos excès? Avec pour conséquence un retour brutal du phénomène religieux, mais aussi - les statistiques le prouvent - une hausse de la fréquentation des lieux de culte et la progression des sentiments puritains, homophobes, anti-intellectuels, antiartistes.

C'est au milieu de cet immense désarroi qu'est apparu le défenseur de la foi et des valeurs traditionnelles. Dieu est avec nous! a dit George Bush. Sus aux infidèles, reprenons Jérusalem.
Comme Godefroi de Bouillon, il a plaidé la croisade, cette fois contre le terrorisme et contre tout ce qui peut menacer l'Amérique militairement, commercialement et économiquement.

Bien des raisons expliquent la défaite de John F. Kerry. Il était notamment le candidat préféré de l'Europe et de beaucoup de pays, le candidat de l'étranger. Un étranger désormais suspect aux yeux de l'Amérique profonde. Kerry s'est adressé à l'intelligence des Américains, Bush les a pris aux tripes. Il fait des erreurs, mais c'est un «good guy».
Reste que cette Amérique-là est dangereuse pour le monde. Le «raïs», conforté dans ses certitudes, va maintenant s'engager dans une deuxième croisade et faire payer au monde ses erreurs.
Financièrement, bien sûr. En invoquant le «dieu dollar». Avec, là encore, l'Amérique derrière lui!
Claude Allègre, Chronique, L'Express du 22/11/2004, p. 100

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(Septembre 2005) Bush totalement dépassé par la catastrophe
Même les républicains s'inquiètent de la faiblesse de sa réaction et des conséquences sur sa popularité.

L'ouragan Katrina a agi comme un révélateur des faiblesses de l'Amérique : sa fracture raciale, la pauvreté de ses laissés-pour-compte et surtout le déficit de «leadership» de son Président. Désapprouvé par beaucoup pour être resté deux jours de trop en vacances dans son ranch texan de Crawford ­ où il passe un cinquième de son temps depuis qu'il est président ­, George W. Bush s'est finalement rendu vendredi sur les lieux de la catastrophe, plus de quatre jours après que l'eau a submergé La Nouvelle-Orléans et une partie de la Louisiane, de l'Alabama et du Mississippi. Il a jugé «inacceptable» la faiblesse des secours et promis de corriger les erreurs initiales.

Condescendance. Mais sa visite tardive semble peu à même de faire taire la mauvaise presse dont le «commandant en chef» est la cible depuis jeudi. Un éditorialiste du New York Times avait lancé l'attaque en jugeant que «rien dans l'attitude du Président, qui semble nonchalant jusqu'à l'indifférence, n'indique qu'il comprenne la profondeur de la crise». Le magazine USA Today a quant à lui reproché à la Maison Blanche sa «réaction apparemment improvisée». Mercredi après-midi, sur le chemin de Washington, Air Force One avait fait un crochet au-dessus des régions dévastées, un geste perçu comme condescendant par certains. «Au lieu de prendre son avion, de regarder à travers le hublot en disant "oh, quelle terrible vision", il aurait mieux fait d'aller sur le terrain pour donner un peu d'espoir aux victimes de l'ouragan», s'est emporté jeudi le sénateur Frank Lautenberg. D'autres politiciens démocrates, tel Harold Ford, ont trouvé l'attitude de Bush «cavalière», et son premier discours sur la catastrophe «sans intérêt ni inspiration». Même le camp républicain paraît affligé par l'attitude distante de Bush. «Il faut qu'il donne beaucoup plus l'impression d'être concerné, mobilisé, beaucoup plus au fait de la situation sur le terrain», a reconnu un assistant parlementaire républicain sous le couvert de l'anonymat. «Les autorités fédérales ? Elles n'ont pas la moindre idée de ce qui se passe ici», s'est emporté à son tour vendredi le maire de La Nouvelle-Orléans, Ray Nagin.

La cote de popularité de George W. Bush se trouvait déjà au plus bas depuis sa prise de fonction en 2001. Selon un sondage réalisé le 28 août, une majorité d'Américains (53 %) désapprouve la politique menée par le Président. Bush est également blamé pour sa façon de gérer l'économie et les retraites. Un record de 73 % de personnes interrogées disent désapprouver la façon dont le chef de l'Etat s'occupe de la crise née de la hausse du prix de l'essence ­ qui s'est considérablement aggravée depuis l'irruption de Katrina. En ce qui concerne l'Irak, seulement 42 % des Américains applaudissent l'action de leur Président. Le fait que seulement 7 000 gardes nationaux puissent être déployés pour secourir les populations américaines en détresse, alors que 150 000 hommes combattent en Irak dans une guerre désormais perçue par beaucoup comme inutile et injustifiée, ne fera pas gonfler l'enthousiasme pour Bush. Il est d'ailleurs question de rapatrier une partie des contingents à l'étranger pour colmater la pénurie de secouristes. Depuis la ville inondée de Biloxi, le Président a assuré vendredi soir que les Etats-Unis avaient «toutes les ressources» militaires pour mener de front la guerre en Irak et les opérations de secours et de maintien de l'ordre dans le sud des Etats-Unis.

Elections.
«La popularité de Bush n'a cessé de chuter, en raison de l'Irak et de l'économie. A moins que la situation ne s'améliore rapidement et de manière visible, la manière dont Bush a réagi à la catastrophe ne va pas l'arranger. Il y a déjà beaucoup de politiciens dans le Parti républicain qui s'inquiètent des conséquences négatives que ces erreurs de Bush pourraient avoir au moment des élections», commente Robert Shapiro, un professeur de sciences politiques de l'université de Columbia qui dit avoir été, «comme beaucoup d'Américains, très surpris par la lenteur de réaction du gouvernement fédéral».

Le père du Président, l'ancien président George Bush, qui a été chargé, avec Bill Clinton, de coordonner l'organisation des secours privés, est allé vendredi à la rescousse de son fils. «Je ne veux pas rester là sans défendre le gouvernement qui, à mon sens, a pris toutes les mesures qu'il fallait», a-t-il déclaré en ajoutant : «On fait face à des problèmes que personne ne pouvait prévoir.»
Par Philippe GRANGEREAU, samedi 03 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

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George Bush et son harem de protection
Le président américain aime à s'entourer de femmes fortes et qui l'adulent.

Quiconque travaille dans une entreprise ou dans une administration connaît le phénomène des «couples de travail». Un homme, une femme, travaillent en parfaite harmonie, sans aucune tension sexuelle. Aux Etats-Unis, les sociologues parlent de work husbands et work wives. George W. Bush, lui, a amélioré le concept, avec le work harem.

Les Américains ont découvert la semaine dernière l'existence de Harriet Miers, une célibataire de 60 ans que George W. Bush entend nommer à la Cour suprême. Miers était son avocate, avant de le suivre à Washington. A peine a-t-elle été nommée que des sources, à la Maison Blanche, l'ont aussitôt présentée comme sa work wife. Mais les mêmes collaient déjà la même étiquette à Condoleezza Rice, une autre célibataire, ancienne conseillère à la sécurité nationale du Président, aujourd'hui secrétaire d'Etat. Auparavant, c'était la conseillère en communication et ombre du Président, Karen Hughes, qui était considérée comme son «épouse de travail».

Récompenses.
Toutes ces femmes, auxquelles il faut ajouter la légitime, Laura, ont en commun d'être très directes, très loyales et très travailleuses. Elles adulent Bush et le protègent. En retour, il les admire et les récompense. Condoleezza Rice a été nommée secrétaire d'Etat, Karen Hughes, secrétaire d'Etat adjointe chargée de la diplomatie publique. Quant à la nomination de Harriet Miers, elle a plus surpris encore, celle-ci n'étant pas juge, et n'ayant aucune expérience constitutionnelle. Bush, lui, ne doute pourtant pas une seconde de son choix. «Elle est la meilleure personne que je pouvais trouver», a-t-il affirmé mardi, avec l'air d'y croire.

«W. adore être entouré de femmes solides qui consacrent leur vie entière à le dorloter, comme les vestales virginales veillant sur le feu sacré, gardiennes de ses valeurs et cerbères de sa réputation», écrit dans le New York Times la chroniqueuse Maureen Dowd, qui a un piment de cayenne en guise de langue.

Le Président, en tout cas, semble plus faire confiance à ses work wives qu'à n'importe qui d'autre. Il les invite fréquemment à Camp David, la maison de campagne des présidents des Etats-Unis, ou à Crawford, son ranch texan. Et pour prendre sa décision finale concernant la guerre en Irak il n'a consulté que deux personnes : Rice et Hughes. Les deux ont approuvé la guerre (1).

«Bush a toujours eu besoin d'être entouré de femmes, qui sont pour lui plus des mères que des épouses, qui l'aiment sans équivoque, qui viennent à son secours, qui le sauvent», juge Justin Frank, un psychiatre de Washington qui s'est risqué, dans un livre, à une analyse sauvage du Président (2). Selon lui, ce besoin est la conséquence d'un manque affectif, lié à la personnalité autoritaire et froide de sa mère Barbara, qui ne l'a «jamais materné». Ses enfants la surnommaient «The Enforcer», «la Porte-Flingue». «Bush est toujours un petit garçon effrayé, poursuivi par des peurs, continue Frank. La plupart des gens ne voient pas ce trait de caractère, parce que Bush se débrouille pour donner cette image de macho. Mais c'est évident. Ces femmes, qui l'adorent, l'aident à surmonter ces peurs, à se sentir mieux.»

«Pitbull en escarpins».
La femme de Bush, Laura, incarne à la perfection le personnage de mère. C'est elle qui l'a sauvé de l'alcool et de l'échec professionnel. Mais Karen Hughes, Condoleezza Rice ou Harriet Miers se sont liées à Bush en le protégeant. Hughes a écrit ses discours, son livre, A Charge to Keep, et elle a quitté sa famille pour le suivre à Washington. Rice l'a guidé pas à pas sur la scène internationale pendant les premiers mois de l'année 2001. En avril dernier, elle aurait laissé échapper cet extraordinaire lapsus : «comme je le disais à mon mar... au président Bush...» Harriet Miers, elle, était au Texas l'avocate personnelle de Bush, qui la surnommait affectueusement «la Pitbull en escarpins». C'est elle qui s'était arrangée pour qu'il n'ait pas à faire son devoir de juré, lorsqu'il était gouverneur du Texas, ce qui lui a permis d'éviter d'admettre sur la place publique qu'il avait été condamné pour conduite en état d'ivresse dans le Maine...

Lien unique.
Justin Frank n'est pas le seul à avoir réfléchi sur la relation de Bush aux femmes. Il y a trois ans, dans une interview (3), Laura Bush avait analysé la symbiose Bush-Hughes comme une affaire d'«instincts communs», une histoire «très en rapport avec sa mère». Selon elle, le lien unique que W. a tissé avec Barbara Bush juste après la mort de sa soeur Robin (il avait 7 ans) le pousse à chercher des affinités avec des «femmes très naturelles». Laura a visiblement poussé Bush à nommer Miers à la Cour suprême. Si celle-ci est confirmée par le Sénat, cela marquera la fin du work harem de Bush. Ne restera plus à la Maison Blanche, comme «femme très naturelle», que la First Lady.
(1) Plan of Attack, Simon & Schuster, 2004.
(2) Bush on the Couch, éd. ReaganBooks, 2004.
(3) Ron Suskind, «Mrs. Hughes Takes her Leave», Esquire Magazine, juillet 2002.
Par Pascal RICHE, samedi 08 octobre 2005 (Liberation - 06:00)

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lundi 17 juillet 2006, 15h40 Bush surpris à dénoncer la "merde du Hezbollah" au sommet du G8

SAINT PETERSBOURG (AFP) - Le président George W. Bush a mêlé diplomatie et gaffe sur le conflit du Proche-Orient lundi au sommet du G8, évoquant une mission de sa secrétaire d'Etat dans la région mais ajoutant aussi que le Hezbollah devait "cesser de semer sa merde".

Le président américain était filmé par la télévision mais ignorait apparemment que ses propos étaient aussi diffusés par des micros ouverts au moment où il parlait à son allié le plus fidèle, le Premier ministre britannique Tony Blair, lors d'un dernier déjeuner à Saint-Pétersbourg.
"Ce qu'ils doivent faire, c'est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini", dit-il sans préciser qui il entendait par "ils".

M. Bush indique aussi que sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice pourrait jouer un plus grand rôle dans la recherche d'une solution dans la région.
"Elle va y aller, je crois que Condi va y aller assez rapidement", a-t-il dit.

Mme Rice avait déclaré dimanche envisager de se rendre au Proche-Orient après le retour prévu cette semaine d'une mission d'évaluation de l'ONU.

M. Blair a répondu qu'il pourrait lui aussi se rendre dans la région si Condoleezza Rice "avait besoin qu'on lui prépare le terrain". Il a estimé que l'enjeu serait moins élevé pour lui que pour la responsable américaine.
"Si elle y va, elle doit réussir, de fait, alors que moi je peux juste y aller et faire des déclarations", assure-t-il.

C'est à ce moment que le président Bush, qui n'en n'est pas à sa première bourde, lance sa phrase sur le Hezbollah et la Syrie.
"L'ironie est que ce qu'ils doivent faire, c'est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini", dit-il.

Il laisse aussi percer sa frustration à propos du secrétaire général de l'ONU.
"Qu'est ce qui se passe avec Kofi Annan? Je n'aime pas l'enchaînement des événements qu'il fait. "Fondamentalement, son attitude consiste à dire: un cessez-le-feu et tout le reste suit", déclare M. Bush.

M. Blair lui répond: "Qu'est ce qu'il pense? Il croit que si le Liban s'en tire bien, s'il obtient une solution en Israël et Palestine, l'Irak va dans la bonne direction, il aura réussi".

Mais le Premier ministre britannique souligne aussi qu'on "ne peut pas stopper tout ça sans un accord sur cette présence internationale", faisant référence à la force de stabilisation au Liban-sud envisagée par le G8.
M. Bush ajoute: "j'ai eu envie de dire à Kofi d'appeler (le président syrien Bachar) al-Assad au téléphone, pour qu'il se passe quelque chose".

L'enregistrement a été fait au moment où le président Bush devait prononcer quelques mots en présence des autres dirigeants réunis à Saint-Pétersbourg, qu'il trouve visiblement bavards.
"Je ne vais pas parler trop longtemps comme les autres. Certains de ces types parlent trop longtemps", dit-il.

Parmi les autres révélations de cette franche conversation: M. Bush boit du Coca light, aime les petits pains beurrés et a envie de rentrer chez lui.
"Je dois partir d'ici à deux heures et quart de l'après midi. Ils veulent que je quitte leur ville pour pouvoir libérer vos forces de sécurité" dit-il apparemment au président Vladimir Poutine, hors champ.

S'adressant à un autre convive, il ajoute: "Vous êtes voisins. Ca ne vous prend pas beaucoup de temps pour rentrer chez vous".
"Faut que je rentre. J'ai des choses à faire ce soir".
Par Olivier KNOX, Yahoo.fr, actualités, lundi 17 juillet 2006, 15h40

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Le mercredi 26 juillet 2006 La conférence de Rome donne carte blanche à Israël, juge la presse anglaise

La presse britannique critique jeudi l'«impuissance diplomatique» des participants à la conférence internationale de Rome sur la crise du Liban qui donne pratiquement un blanc-seing à Israël pour continuer son offensive militaire contre le Hezbollah.

Selon le Times, le consensus mou des participants de la conférence, limité à des appels à un cessez-le-feu et au déploiement d'une force internationale au Liban, fournit à Israël une approbation «tacite» pour continuer son offensive militaire contre le Hezbollah.

Les États-Unis ont obtenu ce qu'ils désiraient et les participants «ont donné raison à Condoleezza Rice» qui soutenait que le cessez-le-feu ne pouvait pas être immédiat parce qu'il ne pouvait pas être «permanent et durable», à l'heure actuelle.

Le Daily Telegraph accuse aussi les États-Unis d'avoir utilisé le sommet de Rome «pour bloquer tous les espoirs d'un cessez-le-feu immédiat au Liban».

Selon ce quotidien, le premier ministre britannique Tony Blair va maintenant être soumis à de plus grandes pressions pour pousser le président américain George W. Bush à lancer un appel à un cessez-le-feu immédiat, lors de leur rencontre vendredi à Washington.

Dans son éditorial, le Daily Telegraph juge que «l'impuissance diplomatique n'aura jamais été aussi évidente qu'hier à Rome» et s'interroge sur le but du voyage de Condoleezza Rice en Europe et au Proche-Orient. Selon le journal, «l'administration Bush est en train de donner carte blanche aux Israéliens parce qu'elle croit qu'ils peuvent neutraliser le Hezbollah».

Le Guardian (gauche) estime que la conférence de Rome offrait une chance de fournir «un accord de paix très attendu». «Comme on pouvait s'y attendre, cela s'est terminé par un échec», selon le quotidien qui qualifie les conclusions d'«arnaques».

Le quotidien accuse les États-Unis de donner leur aval à Israël de «manière flagrante» et de mépriser la communauté internationale. Ils creusent encore plus le fossé avec le monde arabe, selon le Guardian.

«La Grande-Bretagne, honteusement, participe de ceci. La Grande-Bretagne ne devrait pas participer de la folie d'Olmert», selon la même source.

Selon le correspondant au Liban du quotidien The Independent, Robert Fisk, «le plan (de Mme Rice), qui comme toutes les autres propositions américaines au Liban, est exactement le même que les exigences d'Israël, contient la même épaisse fatuité que ceux du consul général israélien à New York qui a dit la semaine dernière que «la plupart des Libanais appréciaient ce que nous faisons».

Ce spécialiste du Proche-Orient rappelle aux lecteurs que les forces de l'OTAN autrefois basées à Beyrouth ont quitté le Liban en 1983, après qu'une organisation proche du Hezbollah a bombardé une base de l'US Marine à l'aéroport de Beyrouth, faisant 241 morts.

«Est-ce que quelqu'un peut croire que les forces musulmanes chiites ne vont pas faire la même chose de nouveau contre toute autre force de l'OTAN d'intervention ?», s'interroge-t-il.
cyberpresse.ca,

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jeudi 27 juillet 2006, 23h37 Observateurs tués au Liban: déclaration minimale à l'Onu sans condamnation

NEW YORK (AFP) - Le Conseil de sécurité s'est déclaré "profondément choqué et bouleversé" jeudi par "les tirs" israéliens sur un poste de l'Onu au Liban sud (quatre morts mardi), dans une déclaration très édulcorée à l'insistance des Etats-Unis, qui ne comporte notamment pas le mot de "condamnation".

L'ambassadeur de Chine, Wang Guangya, qui avait proposé un texte beaucoup plus musclé, a maintenu sa menace de représailles lors de négociations au Conseil sur d'autres sujets difficiles, comme le nucléaire iranien.

Les termes de la déclaration, lue par l'ambassadeur de France Jean-Marc de La Sablière, président du Conseil pour juillet, ont été plusieurs fois adoucis par rapport à sa première version, Washington se montrant soucieux de protéger son allié Israël, selon les diplomates.

Un paragraphe, qui condamnait toute attaque délibérée contre des personnels de l'Onu, a ainsi été supprimé. Même chose pour un passage qui demandait que l'enquête sur le drame de Khiam soit menée conjointement par Israël et l'Onu.

Le Conseil n'ayant pas réussi à s'entendre sur la manière de qualifier ce qui s'est passé, le mot "attaque" a lui aussi disparu pour faire place à "des tirs" israéliens sur le poste onusien.

Le Conseil est "profondément choqué et bouleversé par les tirs effectués par les Forces de défense israéliennes sur un poste d'observation de l'Onu au Liban sud le 25 juillet, qui a causé la mort de quatre observateurs militaires onusiens", dit la déclaration.

Il appelle Israël à "mener une enquête complète sur ce drame, en tenant compte de tout élément pertinent fourni par les autorités des Nations unies".

Le Conseil affirme qu'"Israël et toutes les autres parties concernées doivent se conformer pleinement à leurs obligations au regard de la loi humanitaire internationale relative à la protection des personnels onusiens et associés". Il souligne "l'importance qu'il y a à s'assurer que les personnels de l'Onu ne soient pas l'objet d'attaques".

Enfin la déclaration exprime la "profonde préoccupation" du Conseil "devant les victimes civiles libanaises et israéliennes et leurs souffrances, la destruction d'infrastructures civiles et le nombre croissant de personnes déplacées".

L'ambassadeur de Chine à l'Onu, Wang Guangya, qui avait pris l'initiative de cette déclaration, a exprimé sa satisfaction après l'adoption du texte à l'unanimité, tout en regrettant qu'il ait été "édulcoré". Une déclaration présidentielle requiert l'unanimité des 15 membres du Conseil mais n'a pas le caractère contraignant d'une résolution.

Avec cette déclaration, a-t-il dit, "le Conseil de sécurité a rendu justice non seulement aux victimes et à leurs familles mais aussi à l'Onu et à tous ses personnels de par le monde".

Il a toutefois ajouté que "la frustration" ressentie lors de la négociation "demeurait" et maintenu sa menace de représailles lors de négociations sur d'autres sujets brûlants comme le nucléaire iranien.

"Je ne m'attendais pas à ce que les consultations sur un sujet de cette importance, sur lequel il y avait beaucoup de points d'accord entre les membres du Conseil, prennent autant de temps, donc la frustration est là et elle va certainement affecter les relations de travail ici", a-t-il dit.

La Chine et la Russie résistent depuis des mois aux efforts des Occidentaux pour imposer des sanctions à l'Iran s'il ne suspend pas ses activités d'enrichissement d'uranium.

L'ambassadeur d'Israël à l'Onu, Dan Gillerman, a réitéré les "profonds regrets" d'Israël après le bombardement. Il a de nouveau vivement critiqué le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, pour avoir laissé entendre mercredi que la destruction du poste onusien avait pu être délibérée.
Yahoo.fr, actualités, Par Hervé COUTURIER, jeudi 27 juillet 2006, 23h37

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Albanie Bush ne s'est pas fait voler sa montre
Le Parisien, 13 juin 2007, p. 9

Non, le président américain George W. Bush ne s'est pas fait voler sa montre lors de son bain de foule en Albanie dimanche dernier.

C'est en tout cas ce qu'à déclaré hier Tony Snow, le porte-parole de la Maison-Blanche, démentant les informations de certains médias et une vidéo postée sur le site YouTube.

Célébré par une centaine d'Albanais, le président américain n'avait pu résister à l'opportunité, devenue rare, de serrer les mains enthousiastes tendues vers lui.

C'est à ce moment que sa montre aurait disparue du poignet. La Maison Blanche s'est sentie obligée de démentir toute rumeur de vol, précisant que le président l'avait tout simplement "mise dans sa poche" pour la rapporter "en toute sécurité à la maison".

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Juillet 2007 Boutin, ministre et porte-parole de «comploteurs» Il est possible que les attentats du 11 septembre aient été fomentés par Bush. Dixit Christine Boutin, lors d'une interview récemment donnée à Karl Zéro. Une vidéo exhumée, sur le Net, par des adeptes de la thèse du complot.
Par S.P. LIBERATION.FR : jeudi 5 juillet 2007

Le tutoiement est de rigueur, celui d'une conversation accoudés à un bar, mais il ne parvient pas à masquer la gravité des propos. En Novembre 2006, Christine Boutin, alors simple fidèle de Nicolas Sarkozy dans la course à la présidence de la République, est interrogée par Karl Zéro sur Canal+. L'animateur lui demande si elle pense que George Bush peut être à l'origine des attentats du 11 septembre. Christine Boutin répond par l'affirmative.

La députée des Yvelines enfonce le clou en justifiant sa réponse de manière assez baroque, en usant de la théorie du plus grand nombre. «Je le pense d’autant plus que je sais que les sites qui parlent de ces problèmes sont des sites qui ont le plus (forts) taux de visite. Moi qui suis très sensibilisée au problème des nouvelles techniques de l'information et de la communication, je me dis que cette expression de la masse, et du peuple, ne peut pas être sans aucune vérité.» Un pendant tout aussi fort au «c'est mon petit doigt qui me l'a dit».

La vidéo a été exhumée par le site internet www.rue89.com. Les déclarations de la ministre du Logement et de la ville ont été accueillies comme du pain béni par le groupe Reopen911.com, adepte, parmi d'autres, de la thèse du complot US pour expliquer les attentats du 11 septembre. Par cette vidéo, Christine Boutin fait à nouveau parler d'elle, après avoir investi, à la fin du mois de juin, un prêtre dans son ministère. Le père Jean-Marie Petitclerc, polytechnicien et prêtre catholique salésien, a en effet été nommé chargé de mission pour les relations avec les acteurs locaux.
Par S.P. LIBERATION.FR : jeudi 5 juillet 2007

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Juillet 2007. George Bush gracie un condamné et ami
Lewis Libby avait divulgué l’identité d’une espionne.
Par Thomas Dévry, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 4 juillet 2007, p. 8

C’est l’évasion de l’année !
Cinq heures seulement après avoir reçu son matricule et sa convocation pour incarcération, Lewis Libby, alias «Scooter», ex-chef de cabinet du vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, a vu lundi soir sa peine de trente mois de prison s’évanouir.

Le président George W. Bush, à peine revenu de ses agapes au homard avec Vladimir Poutine, a rayé d’un coup de plume la condamnation de l’ancien conseiller de la Maison Blanche qui avait choisi de mentir à la Justice plutôt que de laisser une vilaine affaire éclabousser ses chefs.

Fuites.

Libby, en bon petit soldat, avait, en 2003, balancé à la presse l’identité de l’espionne de la CIA Valerie Plame afin de salir la réputation de son mari, l’ambassadeur Joseph Wilson. Ce dernier avait dénoncé, preuves à l’appui, les mensonges de l’administration sur de soi-disant achats d’uranium au Niger par Saddam Hussein.

Puis, une fois l’enquête diligentée sur ces fuites, «Scooter» avait menti au procureur pour éviter qu’il ne remonte jusqu’au probable commanditaire de cette opération d’intoxication, Dick Cheney lui-même.

Divulguer l’identité d’un(e) espion(ne) est un crime aux Etats-Unis.

Après plusieurs années d’investigation et quelques semaines d’un procès ultramédiatique, le juge avait rendu son verdict début juin : obstruction à la justice, trente mois de prison et 250 000 dollars d’amende (183 000 euros).
Plus une leçon de morale : les représentants de l’Etat ont «une responsabilité particulière de respecter la loi».

Emu par «l’immense souffrance de sa femme et de ses jeunes enfants», Bush a choisi d’annuler la peine de prison de Libby, l’estimant «excessive».

Une prérogative présidentielle parfaitement légale, mais que Bush n’avait quasiment pas utilisée jusqu’ici, échaudé par les faux pas de ses prédécesseurs.

Son père avait pardonné les criminels de l’Irangate, et Bill Clinton avait effacé la condamnation d’un escroc en fuite, Mark Rich. Surtout, Bush est allé à l’encontre des directives de son ministère de la Justice, qui recommande pour tout pardon ou commutation que le condamné ait déjà entamé sa peine et qu’il ait exprimé de sincères remords. Libby n’a fait ni l’un ni l’autre.

Calcul.

Pour la plupart des analystes, le Président a fait un calcul rationnel : sa cote de popularité étant au plus bas, il n’avait de rien à perdre à faire plaisir à sa base conservatrice et à braquer la majorité du public qui l’a déjà déserté.
Certains, plus cyniques, estiment qu’il n’avait pas le choix : envoyer Libby moisir en prison, c’était courir le risque qu’il se venge en écrivant un livre sur les secrets les plus sombres de l’administration.
Par Thomas Dévry, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 4 juillet 2007, p. 8

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Vladimir Poutine suspend le traité sur les forces conventionnelles en Europe LEMONDE.FR | 14.07.07 | 10h37 • Mis à jour le 14.07.07 | 17h53

Vladimir Poutine a signé un décret suspendant l'observation par la Russie du Traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) qui limite le déploiement d'armes, a annoncé samedi 14 juillet le Kremlin.

Le président russe a pris cette décision en raison du refus des pays de l'OTAN de ratifier la version "adaptée" en 1999 à Istanbul du Traité, explique une annexe au décret citée par l'agence de presse Ria Novosti.

Cependant, ce moratoire "ne veut pas dire que nous avons claqué la porte du dialogue", assure le ministère des affaires étrangères russes dans un communiqué. A effet immédiat, cette suspension durera"tant que les pays de l'OTAN ne ratifient pas l'Accord d'adaptation et ne commencent pas à appliquer de bonne foi ce document", indiqué l'annexe du décret.

En visite samedi en Lituanie, le ministre affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a exprimé sa "grande préoccupation". La suspension du traité "est une mesure décevante", a réagi le porte-parole de l'OTAN à Bruxelles, James Appathurai. Il s'agit d'un pas en arrière, car pour les alliés de l'OTAN, ce traité est un fondement important de la sécurité et de la stabilité en Europe".

PAS DE COMPROMIS SUR LE BOUCLIER ANTIMISSILE AMÉRICAIN

Signé en 1990 entre l'Alliance atlantique (Otan) et le Pacte de Varsovie, alors que la Guerre froide prenait fin, le traité FCE plafonne les forces armées et les équipements classiques des deux anciens blocs de la Guerre froide et prévoit des mesures pour renforcer la confiance (annonce des grandes manoeuvres) et la transparence (inspections réciproques).

Il a été "adapté" en 1999 à Istanbul pour tenir compte de la disparition de l'URSS et du Pacte de Varsovie, mais les pays de l'Alliance atlantique refusent de le ratifier tant que Moscou n'aura pas retiré ses troupes de Transnistrie (entité pro-russe de Moldavie) et d'Abkhazie (Géorgie), pour se conformer aux engagements pris à Istanbul. Vladimir Poutine avait menacé de geler la participation russe au Traité lors de son discours annuel à la Nation, en avril dernier.

Lors d'une conférence à Vienne sur ce sujet, le 15 juin, il a refusé un compromis proposé par les Etats-Unis. Sa position est aussi liée au projet américain de bouclier antimissile en Europe de l'Est, qu'il conteste.
Le Monde.fr, avec AFP et Reuters, LEMONDE.FR | 14.07.07 | 10h37 • Mis à jour le 14.07.07 | 17h53

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AFGHANISTAN Les enlèvements d'étrangers en Afghanistan depuis 2001
NOUVELOBS.COM | 01.08.2007 | 12:06

Voici la liste des principaux enlèvements d'étrangers en Afghanistan depuis fin 2001:

2003 :
- Décembre : enlèvement de deux Turcs travaillant pour une entreprise de construction à l'est de Kaboul. La police afghane les libère le 12 mars 2004.
- 6 déc : deux ouvriers indiens travaillant sur la route Kaboul-Kandahar (sud-est) sont enlevés par des talibans, puis libérés le 24 décembre.

2004 :

- 5 mars : un ingénieur turc est tué et un autre enlevé sur le chantier de la route Kaboul-Kandahar. Il est libéré le 26 juin.
- 28 oct : une Irlandaise, une Albanaise du Kosovo et un Philippin, employés de la commission électorale de l'ONU, sont enlevés à Kaboul. Leurs ravisseurs réclament le départ des troupes étrangères d'Afghanistan, puis la libération de prisonniers proches des talibans. Ils seront libérés le 23 novembre.
- 15 déc : un ingénieur turc, enlevé la veille dans la province de Kunar, frontalière du Pakistan, est retrouvé mort.

2005 :
- 16 mai : enlèvement de Clementina Cantoni, coopérante italienne de l'organisation humanitaire Care International. Elle est relâchée le 9 juin.
- 1er sept : enlèvement de l'ingénieur britannique David Addison, retrouvé mort deux jours plus tard.
- 23 nov : un conducteur d'engin indien est retrouvé mort quatre jours après son enlèvement par les talibans dans la province de Nimroz (sud-ouest).

2006 :
- 11 fév : deux Népalais travaillant dans une entreprise de sécurité britannique sont enlevés à Kaboul. Le 28, l'un est retrouvé mort, l'autre est libéré.
- 12 mars : quatre Albanais employés d'une entreprise allemande sont enlevés par les talibans dans la province d'Helmand (sud). Leurs corps sont retrouvés cinq jours plus tard.
- 28 avr : un ingénieur indien est enlevé par les talibans dans la province méridionale de Zabul. Il est tué deux jours plus tard.
- 27 juil : un Libanais travaillant pour une compagnie de logistique est enlevé dans le sud, puis libéré le 9 août.
- 9 sept : un Colombien, travaillant pour l'ONG française Madera, est enlevé avec ses chauffeur et interprète afghans dans le centre du pays. Ils sont relâchés le 27.
- 12 oct : enlèvement dans le sud du photographe italien Gabriele Torsello. Il est libéré le 3 novembre. Ses ravisseurs, non identifiés, avaient notamment réclamé le retrait des soldats italiens du pays.

2007 :
- 21 fév : un Britannique et trois Afghans de la chaîne de télévision Al-Jazeera sont capturés par les talibans dans la province d'Helmand et relâchés moins de 24 heures plus tard.
- 5 mars : l'Italien Daniele Mastrogiacomo, reporter de La Repubblica, est enlevé dans la province d'Helmand avec son interprète afghan, Adjmal Naqshbandi, 23 ans. Leur chauffeur est exécuté par les talibans qui libèrent Daniele Mastrogiacomo le 19 mars contre la libération de cinq militants détenus dans des prisons afghanes. L'interprète afghan du reporter est exécuté par les talibans 24 heures avant la fin de leur ultimatum, le 8 avril.
- 3 avr : deux volontaires français, un homme et une femme, de l'ONG Terre d'enfance et leurs trois guides afghans sont enlevés par les talibans dans la province de Nimroz (sud-ouest). La femme, Céline Cordelier, est libérée le 28 avril, et l'homme, Eric Damfreville, est libéré le 11 mai.
- 18 juil : deux Allemands sont enlevés, avec cinq collègues afghans dans la province de Wardak, à une centaine de km au sud de Kaboul. Les talibans affirment les avoir exécutés le 21 juillet. Le 19 juillet, 18 évangélistes chrétiens sud-coréens, dont 15 femmes, sont enlevés dans la province de Ghazni, voisine de celle de Wardak.

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En famille, Bush tente d'amadouer Poutine
lefigaro.fr, De notre correspondant à Washington PHILIPPE GELIE. Publié le 02 juillet 2007Actualisé le 02 juillet 2007 : 07h55

George W. Bush accueille Vladimir Poutine dimanche après-midi. Jusqu'à maintenant, aucun président étranger n'avait été invité par George W. Bush dans la retraite familiale de Kennebunkport (Maine), sous le patronage de son père George H. W. Bush, 41e président des États-Unis.

Aussitôt arrivé sur le sol américain, le président russe est parti faire du bateau avec les présidents George Bush père et fils, avant un dîner de homard dans une ambiance "amicale" en présence des ministres des Affaires étrangères russe et américain. Après un petit déjeuner en tête à tête, les deux présidents pourraient repartir lundi pour une promenade en bateau propice à l'évocation des sujets sur lesquels Washington et Moscou ont des divergences profondes.

IL Y A LES ALLIÉS privilégiés qu'on invite à Camp David, les partenaires complices honorés d'un week-end dans le ranch privé de Crawford (Texas). Mais, jusqu'à maintenant, aucun président étranger n'avait été invité par George W. Bush dans la retraite familiale de Kennebunkport (Maine), sous le patronage de son père George H. W. Bush, 41e président des États-Unis.

C'est en soi la démonstration du statut unique de Vladimir Poutine, qui avait déjà eu droit aux deux autres destinations de faveur. Aujourd'hui, comme hier après-midi, dans la villa construite il y a un siècle par le grand-père de Bush sur un promontoire rocheux plongeant dans la mer, le chef du Kremlin pourra mesurer tout ce qui le rapproche et l'éloigne de son homologue américain : d'un côté, les nécessités de la géopolitique, où la Russie s'impose comme un interlocuteur indispensable ; de l'autre, le fossé idéologique et culturel avec un homme qui croyait avoir vu « au fond de son âme » et paye cher son erreur. Bush est-il à court d'idées au point de penser qu'une partie de pêche à Kennebunkport, villégiature huppée des vieilles fortunes de Nouvelle-Angleterre, peut amadouer l'ancien apparatchik soviétique ?

Les experts se divisent sur la nature de ce rendez-vous atypique au paradis du homard. Un haut responsable de la Maison-Blanche a laissé entendre que, malgré les apparences, l'initiative en revenait au président russe. « J'ai plus de questions que de réponses sur ce sommet bizarre », admet Andrew Kuchins du Centre d'études stratégiques internationales (CSIS). Certes, la liste des sujets de contentieux est longue, mais le dîner, le petit-déjeuner en tête à tête et les deux séances de travail « informelles » ne comportent aucun programme précis. Aucune déclaration finale n'est attendue, sinon l'annonce, peut-être mardi, d'un accord de coopération sur le nucléaire civil.

Les deux parties minimisent les chances de progrès sur les deux grands désaccords du moment : le Kosovo et le bouclier antimissile. Moscou fait mine de ne pas avoir entendu la réponse américaine à son offre de coopération dans sa station radar d'Azerbaïdjan, où le Pentagone voit au mieux « un complément » à son projet de radar tchèque, alors que les Russes voudraient l'y substituer. « C'est une offre faite par Poutine lui-même et nous attendons une réponse personnelle de Bush », a souligné le porte-parole adjoint du Kremlin, Dmitry Peskov. Dans le meilleur des cas, un groupe de travail composé d'experts pourrait être créé pour étudier les aspects techniques de la question, une façon de masquer le désaccord politique.

Plutôt que des progrès tangibles, la Maison-Blanche attend de ces deux jours une amélioration de l'atmosphère, qui s'est sensiblement dégradée depuis 2001. Au début de leurs mandats respectifs, les deux présidents avaient joué l'entente cordiale, autorisant Bush à déclarer en mai 2002 : « Aujourd'hui, l'Amérique et la Russie sont amies. » Mais depuis, chacun de leur rendez-vous a donné lieu à des couacs, sur l'Irak ou les « leçons de démocratie » infligées au Kremlin. En novembre dernier, l'éditorialiste du Washington Post, Jim Hoagland, rapportait cette confidence de Bush à des proches : « Nous avons perdu Poutine. Il craint la démocratie plus que tout. » Pour l'ancien ambassadeur Steve Pifer, « Kennebunkport représente la dernière véritable occasion de renverser ce glissement négatif » avant le passage de témoin à Moscou et à Washington.

Incontournable

Les analystes américains ne se font guère d'illusions. « La Russie de Poutine cherche la puissance en attirant constamment l'attention sur sa capacité de perturber les objectifs des États-Unis à l'étranger », analyse Hoagland dans le Post d'hier. De l'Iran à l'Europe et même à l'Amérique latine, où il cultive Hugo Chavez, le chef du Kremlin s'est rendu incontournable en compliquant les desseins de Washington. « Il va devenir encore plus hostile parce qu'il est l'architecte d'un système corrompu qui a besoin d'une politique anti-occidentale pour survivre », prédit David Satter de la Hoover Institution. Andrew Kuchins est plus optimiste : pour les deux chefs d'État, dit-il, « il y va désormais de leur empreinte dans l'histoire et je ne crois pas que l'un ou l'autre veuille laisser comme héritage une relation américano-russe en ruines ».

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La rencontre Bush-Sarkozy ouvre une "nouvelle ère", selon la presse américaine
LEMONDE.FR Avec AFP | 12.08.07 | 17h52 • Mis à jour le 13.08.07 | 17h28

Le style de la rencontre, chaleureuse et simple, entre le président Bush et son homologue Nicolas Sarkozy marque une "nouvelle ère" dans les relations entre les deux pays, relevait dimanche la presse américaine, qui souligne que des "frites de la liberté" n'ont pas été servies au pique-nique.

En mars 2003, en représailles à la position française contre la guerre en Irak, des parlementaires américains avaient fait bannir des cafétérias du Congrès l'appellation "French Fries" (communément utilisée pour désigner les frites) pour les remplacer par "Freedom Fries" (frites de la liberté).

"Recevoir (samedi) le président français, qui vient d'être élu, à la résidence familiale des Bush pour un déjeuner privé - un événement informel rare loin des formalités diplomatiques d'usage - a symbolisé une nouvelle ère dans les relations franco-américaines", estime le Washington Post.

"Loin de lui servir des 'frites de la liberté', M. Sarkozy (...) a reçu un accueil chaleureux habituellement réservé aux Britanniques", poursuit le journal de la capitale.

"Le président Bush, connu dans le passé pour la froideur manifestée à l'égard des Français, était pour ainsi dire rayonnant quand il a accueilli M. Sarkozy dans la maison familiale de ses parents", à Kennebunkport (Maine, nord-est).

M. Sarkozy "est, semble-t-il, le type de Français qu'il aime : énergique, un type suffisamment sûr de lui pour braver l'opinion publique française et passer ses vacances en Amérique", ajoute le Post.

"Le président Bush a accueilli son homologue français, Nicolas Sarkozy, avec une chaleureuse tape sur l'épaule" et il n'y avait pas de "toute évidence des Freedom Fries", écrit de son côté le New York Times.

Le déjeuner "était beaucoup plus l'occasion de créer des liens que de traiter d'affaires étrangères", poursuit le Times.

"Solennel et vêtu d'une espèce de costume d'homme d'affaires, (le premier ministre britannique, Gordon) Brown, semblait décidé à marquer les différences entre lui et l'administration Bush", lorsqu'il avait rencontré M. Bush fin juillet dans la résidence présidentielle de Camp David (Maryland, est), écrit le Los Angeles Times.

"Sarkozy n'a pas manifesté samedi cette réserve en dépit d'un pique-nique qui pourrait heurter le palais français : des hot-dogs, des hamburgers, des épis de maïs, des haricots et une tourte aux myrtilles", ajoute le LA Times.

L'absence de Cécilia Sarkozy, qui s'est décommandée parce qu'elle était souffrante, a été évoquée mais sans commentaire par la presse américaine.

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