Tony Blair

Janvier 2007 : Tony Blair critique l'exécution de Saddam Hussein
Avril 2006 : Plus royal que la Reine : un exemple pour Ségolène
Les Lords achetés ?
Décembre 2005 : Victoire européenne de Tony Blair, insulté par les tabloïds "de merde"
14 juillet 2005 : Laxisme islamophile, les kamikases londoniens étaient "bien intégrés".
11 juillet 2005 : Tony Blair "corrupteur" ? Claude Goasgen et Pierre Lellouche protestent (de son innocence) ?
10 janvier 2003 : Tony Blair, «l'idiot utile» ?
10 décembre 2002 : Son épouse et ses amies, diffamation
20 février 2002 : Tony Blair, l'affaire Mittal et le financement du Labour
07 juin 2001 : La victoire historique de Tony Blair
02 octobre 2001 : Tony va-t-en guerre

"La "bonne guerre" de Tony Blair"
(D'après Marc Roche, Le Monde, 14 avril 1999, p.5)

Gràce à ses conseillers en relations publiques et "à son art de la communication" Mr Tony Blair (Anthony Charles Parsons Lynton dit Tony Blair) galvanise les britanniques et "les enquêtes d'opinion créditent Tony Blair d'un taux d'approbation de loin supérieur à celui de Margaret Thatcher lors de la guerre des Malouines en 1982".

Selon le biographe de Tony Blair, Mr John Rentoul :"Blair n'a jamais été un pacifiste dans l'âme. S'il a adhéré au début des années 80 au mouvement favorable au désarmement unilatéral, c'est par pur opportunisme, pour coller à l'idéologie alors en vogue au sein du Parti travailliste. Mais la recherche de l'apaisement n'est pas dans sa nature". De fait Tony serait fasciné par "la haute technologie, le bouton libérant le missile, le tueur intelligent, point lumineux sur l'écran".
Pour le Prime Minister du Royaume-Uni le Kosovo est une guerre juste légitimée par des considérations morales, et les britanniques sont d'avis que c'est une "bonne guerre", que l'on fait en étroite collaboration avec les américains.

Extrêmement dynamique le Prime Minister britannique profite de la guerre du Kosovo, dans laquelle la Grande-Bretagne est la plus impliquée après les Etats-Unis, pour isoler politiquement la France dans une Europe, qui, sauf exceptions (Espagne, Irlande), est gouvernée par des partis sociaux-démocrates. Le 8 juin 1999 M. Blair obtient de M. Schröder, Chancelier allemand, la signature d'un manifeste qui demande à tous les sociaux-démocrates européens de baisser les dépenses publiques, les impôts, de mettre fin de l'Etat-providence, ce qui est totalement contraire à la politique officielle de M. Lionel Jospin, ancien trotskyste selon M. Charles Stobnicer, dit Jacques Kirsner, dit Charles Berg à l'Organisation communiste internationaliste (OCI), devenue le Parti des travailleurs.

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La victoire historique de Tony Blair, lemonde.com, 8 juin 2001, 12h14.

Pour la première fois en Grande-Bretagne, un chef de gouvernement travailliste obtient des électeurs un second mandat consécutif. Avec 45,7 % des voix, le New Labour obtient cependant une majorité de sièges inférieure à celle de 1997. Son succès est assombri par un taux d'abstention record. William Hague a annoncé sa démission à la tête du Parti conservateur.

LONDRES, de notre correspondant Patrice Claude
Abstention record et effritement de la majorité. Avec quelques sièges de moins que les 418 (sur 659) qu'ils contrôlaient depuis 1997, Tony Blair et sa formation ont, comme prévu, remporté un second "mandat historique" pour le Parti travailliste, qui n'avait jamais réussi, jusqu'à ce jour, à gouverner pendant deux législatures de suite. Mais, comme le soulignaient vendredi tous les commentateurs, l'abstention, qui frôle pour la première fois depuis 1918 – sauf en Irlande du Nord – le niveau record de 40 % (contre 28,6 % en 1997) a de quoi inquiéter un premier ministre dont l'une des ambitions proclamées était, depuis quatre ans, de "reconnecter les gens à la politique, de renouveler leur foi en nos institutions". Pour la première fois au Royaume-Uni, il y a pratiquement autant d'abstentions que d'électeurs pour le parti au pouvoir. Cette baisse de participation est particulièrement importante dans les circonscriptions traditionnellement travaillistes.

En attendant, comme c'est normal, le premier ministre s'est félicité que "le peuple souverain" lui ait permis, largement, de poursuivre la mise en œuvre d'un programme qui vise "à marier la tête et le cœur" de l'opinion. Tous les ténors du "nouveau travaillisme" ont été réélus, la plupart avec des majorités réduites par rapport à 1997. Peter Mandelson, le confident, l'ami, le "découvreur" en quelque sorte du "phénomène Blair" a retrouvé son siège de Hatlepool dans le nord de l'Angleterre, se remettant ainsi en selle pour un éventuel retour dans un gouvernement qu'il a dû quitter par deux fois à la suite de controverses non résolues.

Conscient des frustrations et des désillusions accumulées lors du premier mandat, Tony Blair a invité, vendredi matin, ses partisans à "se souvenir que le pays veut que nous le servions et qu'il est maintenant l'heure de faire ce que nous avons promis. Il veut que nous soyons très clairs quant à la nature du mandat que nous recevons aujourd'hui". Sobre, comme l'est d'ailleurs son parti, qui souhaite éviter tout triomphalisme, le premier ministre – qui a lui-même été réélu dans son imprenable circonscription de Sedgefield (nord de l'Angleterre) avec plus de 60 % des voix, score en baisse de quelques points sur celui de 1997 – devrait rapidement présenter son nouveau gouvernement. Le premier ministre semble avoir bien reçu le message de l'électorat : "Il y a quatre ans, a-t-il dit, nous avons été élus dans l'euphorie après dix-huit ans de pouvoir conservateur. Nous sommes maintenant réélus. (…) Le jugement est plus modéré, l'ambiance est différente, mais c'est un jugement plus raisonné parce qu'il est basé sur nos performances au pouvoir."

SERVICES PUBLICS
Absence totale de suspense, désillusion, manque d'intérêt pour une campagne souvent ennuyeuse de quatre longues semaines et qui n'a, à aucun moment, influé sur les sondages. L'abstention, a avancé Gordon Brown, directeur de campagne et chancelier de l'Echiquier, "s'apparente à la tendance que nous constatons dans tous les grands pays industrialisés, notamment les Etats Unis. L'important, a-t-il ajouté, est que l'écart entre nous et les conservateurs soit resté très large."

De fait, la formation tory, réputée avoir été, pendant tout le dernier siècle, le "parti naturel de gouvernement", reproduit à peu de choses près le score lamentable enregistré il y a quatre ans (autour de 31% des voix). Avec à sa tête le jeune président William Hague – qui a démissionné dès vendredi matin –, il paye pour une stratégie totalement ratée qui a consisté à tout parier sur le rejet de la monnaie unique européenne. Le slogan de campagne choisi par M. Hague – "Votez conservateur, c'est votre dernière chance de sauver la livre sterling" – est tombé complètement à plat dans une opinion qui sait que Tony Blair a promis un référendum national sur le sujet dans les deux ans.

Tout au long de la campagne, ce sont les services publics, leur déshérence et ce qu'il faut faire pour les remettre au niveau de la quatrième puissance économique mondiale qui ont figuré en tête des préoccupations de l'opinion. Sur ce point, les tories n'avaient pas grand-chose de crédible à proposer. En revanche, les libéraux-démocrates, qui campent désormais solidement à la gauche du "nouveau travaillisme" et qui étaient les seuls à proposer une légère hausse des impôts pour financer la refonte de ces services, se retrouvent en quelque sorte grands vainqueurs de la campagne, sinon des élections. Le parti de Charles Kennedy, dont l'ambition proclamée est de remplacer le Parti conservateur en tant qu'opposition officielle au gouvernement de Sa Majesté, est le seul à progresser en voix (18 %), sinon en sièges par rapport à son score de 1997. Preuve, s'il en était besoin, de l'immense attente des électeurs sur la santé publique, les transports et l'éducation.

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William Hague annonce sa démission
Le chef du Parti conservateur britannique, William Hague, a annoncé, vendredi 8 juin, sa décision de démissionner de ses fonctions à la tête des tories, après la la lourde défaite essuyée par son parti aux élections législatives. M. Hague, 40 ans, a précisé qu'il resterait en poste "jusqu'à ce qu'un successeur puisse être élu dans les prochains mois".

"Il est vital que notre parti ait la possibilité de choisir un dirigeant qui puisse poursuivre mon travail et également prendre de nouvelles initiatives." "C'est pourquoi j'ai décidé de démissionner de mes fonctions de chef du Parti conservateur à la tête duquel mon successeur sera élu dans les prochains mois", a-t-il déclaré à la presse devant le siège londonien de son parti à Smith Street, dans le centre de Londres.

Déjà humilié en 1997 par le raz-de-marée travailliste, le Parti conservateur a totalement échoué à regagner du terrain lors du scrutin de jeudi, alors que le premier ministre travailliste, Tony Blair, a été réélu avec une majorité aussi large qu'il y a quatre ans. Tenant seul les rênes de la campagne, William Hague avait décidé d'axer sa campagne sur le rejet de l'euro, la fiscalité et la lutte contre l'immigration alors que les électeurs avaient exprimé d'autres priorités, en particulier la santé et l'éducation. Cette stratégie a été amplement critiquée par les médias, mais aussi, en sourdine, par plusieurs membres de son parti pressentant une hécatombe le jour du scrutin.

Michael Portillo, 48 ans, est donné comme favori à la succession de William Hague. Autrefois à l'extrême droite du parti, le député de Chelsea s'est repositionné au centre. D'autres noms sont aussi avancés, notamment celui de Kenneth Clarke, un européen convaincu, ou ceux d'Ann Widdecombe et Iain Duncan Smith, deux ultras.

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Tony Blair harangue ses troupes
Au congrès travailliste, il a plaidé pour l'intervention en Afghanistan. *

«Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour éviter des pertes parmi la population civile.»

Ce devait être la grand-messe annuelle des travaillistes, un moment fort de la vie politique britannique, l'occasion de débats parfois houleux et d'intrigues de couloir. Mais par ces temps de menaces internationales et de bruits de bottes, Tony Blair a profité du congrès du New Labour à Brighton pour réaliser l'union sacrée autour de lui et appeler au renversement des taliban. «Il ne faut jamais partir au combat sans un objectif précis. Or, nous nous lançons dans une aventure militaire impossible contre un ennemi invisible dans un pays qui n'existe plus», confiait juste avant un député travailliste.

Aide humanitaire.
Circonstances obligent, Tony Blair s'est exprimé devant ses troupes moins en chef de parti qu'en chef de guerre: «Le peuple doit avoir confiance. Nous remporterons cette bataille. Ce sera notre victoire, pas la leur!» Pendant près d'une heure, le Premier ministre s'est donc employé à désigner l'adversaire, à définir les buts d'une guerre qui ne ressemble à aucune autre et à contrebalancer ses envolées belliqueuses par la promesse d'une aide humanitaire au tiers monde en général, et au peuple afghan en particulier. «Nous savons qui sont les responsables, s'est-il exclamé. En Afghanistan se trouvent des dizaines de camps d'entraînement qui exportent la terreur. Oussama ben Laden est le chef des organisateurs et des commanditaires (des attentats, ndlr). Il est soutenu, abrité et protégé par les taliban.» Autant de cibles pour Tony Blair, qui ne cache pas sa volonté de renverser le régime de Kaboul: «Je dis aux taliban: "Livrez-nous les terroristes ou abandonnez le pouvoir!"» Une façon de dire que l'ultimatum n'a pas encore totalement expiré.

Menace intérieure.
En cas de nouveau refus, a prévenu le Premier ministre, «nous détruirons leurs infrastructures militaires, nous couperons leurs finances et leurs approvisionnements, nous viserons leurs troupes. Nous enfermerons le régime dans une nasse». Mais il n'y aura pas de grande offensive ou de bombardements massifs comme durant la guerre du Golfe: «Les actions que nous prendrons seront proportionnées et ciblées. Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour éviter des pertes parmi la population civile.» Pour le leader travailliste, la menace est aussi intérieure. Il a confirmé son intention de changer la loi afin d'accélérer les procédures d'extradition et d'empêcher les terroristes d'obtenir le droit d'asile dans le royaume.

Le soutien de ses militants, aussi unanime soit-il, n'est pas pour autant exempt de réserves. Soucieux de ménager ses militants, le va-t-en-guerre a aussi endossé l'habit du Père Noël. Au terme du combat contre Ben Laden et ses alliés, il a prédit un nouvel ordre mondial pacifié et harmonieux. La communauté internationale, a-t-il annoncé, œuvrera au règlement des conflits, au Moyen-Orient, en Irlande du Nord ou ailleurs, aidera l'Afrique, abolira sa dette, luttera contre les changements climatiques, mettra en place en Afghanistan un gouvernement d'union nationale. Un avenir radieux que même les vieux congrès socialistes n'osaient pas promettre.
* Par CHRISTOPHE BOLTANSKI, Libération, 03 octobre 2001, p. 2.

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Tony Blair accusé de manigances

Pour la première fois, Tony Blair doit répondre personnellement de l'accusation de sleaze, de manigances sordides, voire crapuleuses. Le chef du New Labour est soupçonné d'avoir favorisé l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal qui avait contribué à hauteur de 125 000 livres (205 000 euros) à la campagne travailliste avant les dernières élections générales. Après le scrutin, Tony Blair l'a aidé à acquérir les aciéries roumaines Sidex, qui venaient d'être privatisées. Le Premier ministre britannique a écrit le 23 juillet à son homologue roumain pour lui recommander son protégé et sa société LNM, lettre qui aurait joué un rôle décisif dans le rejet de l'offre rivale du français Usinor. Lakshmi Mittal avait obtenu un prêt de 70 millions de livres de la Berd, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Une fois encore, le gouvernement travailliste a appuyé son dossier. Blair déclare avoir soutenu une entreprise nationale et ignoré qu'elle appartenait au milliardaire indien. Mais LNM est enregistré dans un paradis fiscal des Caraïbes, Sidex se trouve en concurrence directe avec la sidérurgie britannique et Mittal, qui a également des intérêts aux Etats-Unis, fait du lobbying auprès de l'administration américaine pour qu'elle taxe plus sévèrement l'acier européen. Il ne paie même pas d'impôts en Grande-Bretagne, où il réside...
Libération, Par Christophe BOLTANSKI, Le mercredi 20 février 2002, p. 8.

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Cherie Blair, la gourou et l'escroc
La femme du Premier ministre britannique se retrouve au coeur d'une tempête médiatique en raison d'amitiés jugées sulfureuses.

Les porte-parole du Premier ministre britannique ne communiquent plus depuis quelques jours que sur un escroc, une ancienne mannequin et sa mère médium. Aveux, dénégations et demi-vérités, fournis dans le désordre par le 10 Downing Street, ont transformé une banale opération immobilière en une quasi-affaire d'Etat. L'épouse de Tony Blair, qui avait réussi jusque-là à rester dans l'ombre de son mari et à préserver sa vie familiale et sa carrière d'avocate, se retrouve au coeur de la tourmente.

Démenti. En octobre, Cherie Blair a acheté en toute légalité, pour un demi-million de livres (750 000 euros), deux appartements à Bristol, le premier destiné à son fils, Euan, étudiant à l'université locale, le second à titre de placement. Quand un tabloïd, le très à droite Daily Mail, l'a accusée d'avoir utilisé comme intermédiaire un escroc du nom de Peter Foster, elle s'est bornée à un vague démenti. Une semaine plus tard, le journal a publié les e-mails qu'elle avait envoyés à Foster. «Vous êtes un as», lui écrit-elle pour le remercier d'avoir négocié un rabais.

Depuis, «le filou et l'épouse» font presque chaque jour les gros titres de la presse du royaume. Downing Street, accusé de mensonge, est sur la défensive. Un porte-parole a souligné hier que rien «d'inconvenant ou d'illégal» n'avait été commis et a dénoncé «une campagne délibérée de diffamation». Cherie Blair a dû s'excuser publiquement d'avoir induit en erreur le service de presse de son mari. Elle affirme qu'elle ne connaissait pas le passé judiciaire de Peter Foster.

Arbitre des élégances. L'homme lui avait été recommandé par l'une de ses plus proches amies, Carole Caplin. Ex-cover-girl, ex-danseuse, Carole a rencontré Cherie il y a près de dix ans dans un club de remise en forme où elle travaillait comme prof de gym. Elle est rapidement devenue sa conseillère vestimentaire et diététique, son arbitre des élégances, presque sa «gourou», selon les médias britanniques qui s'étalent longuement sur ses penchants exhibitionnistes et sa passion pour le new age. Par son intermédiaire et celui de sa mère médium, Sylvia, la femme du Premier ministre aurait été initiée au spiritisme et présentée à des guérisseurs.

En août, Carole Caplin est tombée enceinte d'un Australien, plusieurs fois condamné pour escroquerie, Peter Foster. Spécialisé dans les faux produits minceur, il est réclamé par la justice de son pays. Les autorités britanniques lui ont à de nombreuses reprises intimé l'ordre de quitter le territoire. Il a fait appel.

Procédure d'expulsion. En début de semaine, Cherie Blair a dû avouer qu'elle avait contacté ses avocats afin d'informer son amie, Carole Caplin, sur sa procédure d'expulsion. Une nouvelle cause d'embarras pour Downing Street. Le conseiller en communication de Tony Blair, Alastair Campbell, aurait, il y a déjà plusieurs mois, recommandé à l'épouse de son patron d'être plus prudente dans le choix de ses relations. En tant qu'ancien journaliste du Daily Mirror, il était bien placé pour savoir que les tabloïds s'arracheraient à prix d'or une telle histoire.

Hier soir, Cherie Blair est sortie pour la première fois de son silence. Presque en larmes, elle a déclaré qu'elle «choisissait ses amis avec discernement». «J'ai conscience que j'ai commis des erreurs, mon premier instinct a été de protéger ma famille, particulièrement celle de mon fils Euan (...). Parfois, je voudrais m'enfuir et me cacher, mais je ne vais pas le faire.».
Libération, Par Christophe BOLTANSKI, mercredi 11 décembre 2002, p. 11

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(10 janvier 2003) Tony Blair, «l'idiot utile»
Entre ferveur religieuse et interventionnisme idéaliste,racines du suivisme du «caniche de Bush».

Tony Blair ne cherche même plus à sauver les apparences : du supposé rôle de «modérateur», le Premier ministre britannique est clairement passé à celui de «facilitateur» de guerre. Depuis la rédaction de la résolution 1441, ses conciliabules transatlantiques n'ont guère pesé dans le cours belliciste de l'administration américaine. Ce sont davantage l'attitude de relative fermeté manifestée par la France et le peu d'appétit du peuple américain pour une attaque unilatérale qui ont amené George Bush à se rallier, de manière provisoire, à une solution multilatérale.

Loin de modérer l'ardeur belliciste de George Bush, Tony Blair ne fait que renchérir sur la rhétorique guerrière du président américain. Après la tragédie du World Trade Center, il avait déclaré : «Nous n'étendrons pas la guerre contre le terrorisme à l'Irak, à moins d'avoir la preuve incontestable d'une participation de l'Irak à l'attaque du 11 septembre 2001.» Une parole aujourd'hui reniée. Il a récemment annoncé que la Grande-Bretagne suivrait les Etats-Unis dans une guerre dans tous les cas de figure, y compris en l'absence de soutien des Nations unies.

On retrouve Tony Blair à l'origine d'une lettre de huit chefs de gouvernement européens, dont la tonalité ultra-atlantiste a sidéré l'Europe entière. Outre le fait d'avoir gagné auprès du public le sobriquet infamant de «caniche de Bush» (Bush's poodle), Tony Blair doit faire face à une opposition très forte au sein du groupe parlementaire travailliste, à des tensions au sein de son gouvernement, à une opposition unanime des syndicats (qui réclament que l'argent public serve à financer des services publics toujours défaillants et non une nouvelle guerre du Golfe) et à une très large majorité des militants travaillistes. Au sein du très atlantiste parti conservateur, des «poids lourds» ont même critiqué ce suivisme jugé excessif (Kenneth Clarke, Douglas Hurd). Les Britanniques sont toujours très majoritairement opposés à la guerre en l'absence d'une nouvelle résolution.

Pourquoi, dans ces conditions, Tony Blair persiste-t-il dans cette voie ? On a beaucoup glosé sur la «relation spéciale» entretenue par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Celle-ci constituerait la clé de l'alignement de Tony Blair sur les positions de George Bush. En retour de son soutien, Blair pourrait se prévaloir de l'appui des Etats-Unis, voire défendre avec succès les intérêts européens à la Maison Blanche. Les faits balaient une telle affirmation. Sur le plan historique, jamais l'alignement britannique sur les positions américaines n'a été aussi patent qu'avec Tony Blair. Harold Wilson, premier ministre travailliste n'avait pas hésité à s'opposer aux Etats-Unis lors de la guerre du Vietnam lorsque celle-ci devint très impopulaire en Grande-Bretagne. Par ailleurs, si Blair jouissait de l'influence qu'il prétend avoir auprès de M. Bush, pourquoi ce dernier n'est-il pas intervenu en décembre dernier auprès d'Ariel Sharon pour laisser des représentants palestiniens se rendre à Londres ? Le refus de Sharon avait fait échouer la conférence de la paix israélo-palestinienne organisée par les Britanniques.

Ce suivisme exacerbé s'explique pour une très large part par la vision du monde de Tony Blair. Il est maintenant établi qu'il n'a jamais crû au socialisme, qu'il ne croit pas à la social-démocratie, qu'il est un «social-libéral» (de tendance marginalement sociale et essentiellement libérale) ou encore qu'il est un peu collet monté sur les questions de société. Ce que l'on sait moins, c'est la place fondamentale que joue la religion chez ce fervent chrétien, un pratiquant dominical et un exégète des Evangiles à ses heures perdues. Neil Kinnock, ex-leader du Parti travailliste, l'avait un jour surnommé «Jésus-Christ». «Le péché (...), sur le plan théologique, c'est l'aliénation vis-à-vis de Dieu. Dans le langage courant, c'est la reconnaissance qu'il existe le Bien et le Mal (...). C'est une question qui va devenir de plus en plus importante en politique», prédisait Tony Blair peu de temps avant de devenir Premier ministre (Sunday Telegraph, 7 avril 1996). Dans les heures qui suivirent l'attaque contre le World Trade Centre, Tony Blair mit en pratique cette philosophie, reprenant, voire précédant les propos du président américain sur les «forces du Mal». Le tropisme évangélique de Blair apparaît nettement sur le plan des relations internationales. Sur ces questions, il voit en William Ewart Gladstone un maître à penser politique. Libéral, Gladstone fut plusieurs fois Premier ministre au XIXe siècle. Tout comme Blair, il mit sa profonde foi religieuse au service d'une politique internationale interventionniste et placée sous le signe de la morale. En 1876, il publia un pamphlet intitulé les Horreurs bulgares et les questions de l'Est, qui dénonçait l'indifférence du gouvernement de Disraeli vis-à-vis de la répression brutale par les Turcs de la rébellion bulgare. Cette filiation est intéressante à plus d'un titre. D'abord, Blair la revendique, ensuite parce qu'elle permet de jeter un éclairage convaincant sur son obstination mystérieuse.

L'interventionnisme idéaliste (ou «évangélique») de Tony Blair rompt en effet avec l'interventionnisme défensif, de protection des intérêts nationaux dont faisaient jusqu'alors preuve les gouvernements britanniques précédents (Affaire de Suez, Malouines). Il s'appuie largement sur les catégories de «Bien» et de «Mal», sur la conviction que le «Bien» peut être fait, que le monde pourra être plus pacifique à la suite d'une intervention militaire conduite par des pays stables, riches, démocratiques tels que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Cette philosophie blairiste fut mise à l'épreuve lors de l'intervention au Kosovo, où l'activisme militaire et moral de Blair suscita à un certain moment l'incrédulité et la colère du président Clinton. En 2002, à l'occasion du congrès travailliste, il délivra un sermon enflammé où il promettait de s'attaquer au «Mal». S'ensuivit un long catalogue de mesures à prendre et d'interventions à venir : la Palestine et Israël, la pauvreté en Afrique, le sida, et bien sûr, la lutte contre tous les terrorismes. Récemment, un député travailliste lui demandait au Parlement où s'arrêterait son interventionnisme zélé : après l'Irak, fallait-il attaquer la Corée du Nord ? Puis, allait-il ensuite envoyer les forces armées contre le Pakistan ? Faudrait-il enfin se pencher sur le cas des pays qui possèdent des armes chimiques ? Blair répondit qu'il n'excluait aucun pays en la matière et qu'il s'arrêterait quand il aurait la certitude que son pays ne courrait plus aucun risque.

On comprend mieux ainsi l'incompréhension de la majorité des chefs de gouvernement européens, habitués à la cuisine pragmatique de la Realpolitik, qui pendant près de cinquante ans a évité au monde le moindre conflit international.

Dans la bouche de Lénine, l'expression d'«idiot utile» renvoyait aux intellectuels de gauche occidentaux dont la défense enthousiaste du régime soviétique, rendait bien service à la cause de la révolution d'Octobre. Il serait très tentant, certes dans un tout autre contexte politique, de voir en Tony Blair, l'«idiot utile» de George W. Bush. Pour la majorité de l'opinion publique mondiale, la démarche américaine semble avant tout répondre à la poursuite d'intérêts nationaux ou personnels (le pétrole, le renforcement de la sphère de domination des Etats-Unis dans la région du Golfe, la revanche personnelle de la famille Bush contre Saddam Hussein, l'influence des lobbies militaro-pétrolifères dans l'entourage du président américain). Affirmer que le positionnement de Blair ne s'expliquerait qu'en termes moraux serait évidemment excessif et erroné. Toutefois, cette clé explicative permet de rendre compte de cet entêtement qui semble de plus en plus confiner au suicide politique. A quoi bon une posture gladstonienne dans le monde unipolaire du XXIe siècle ? George Bush a trouvé en Tony Blair son «idiot utile».
Libération, Par Philippe MARLIERE, lundi 10 février 2003, Philippe Marlière est maître de conférences en science politique à l'université de Londres.

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(11 juillet 2005) JO 2012: Londres n'a pas «respecté les règles», accuse Delanoë

Devant son conseil municipal, le maire est revenu lundi matin sur l'échec de Paris • La candidature a été menée avec «un choix, notamment par rapport à la corruption», a-t-il dit • L'UMP polémique • No comment à Londres •

Delanoë «assume» mais accuse. Ce qu'il revendique ? Son rôle «d'animateur principal» de la candidature perdue de Paris aux Jeux olympiques de 2012 et la façon dont le projet a été mené en faisant «un choix, notamment par rapport à la corruption». Ceux qu'il accuse ? Le Premier ministre britannique, Tony Blair, et le responsable de la candidature de Londres aux JO-2012, Sebastian Coe, pour ne pas avoir «respecté les règles» établies par le Comité international olympique (CIO). «Je ne dis pas qu'ils ont flirté (ndlr: avec la ligne jaune), ils sont passés de l'autre côté de la ligne, a lâché le maire de Paris, lundi matin devant le conseil municipal. La victoire s'est faite sur autre chose que sur l'olympisme».

Sans préciser clairement ses accusations, l'édile a laissé entendre que de lourds dérapages pourraient avoir eu lieu. «Qu'auriez-vous dit si Paris avait gagné et que six mois après, un scandale avait éclaté ?», a-t-il lancé depuis la tribune de l'Hôtel de Ville. Et de dénoncer l'injustice dont Paris aurait été victime: «On n'a perdu ni sur le dossier, ni sur le respect des règles olympiques, ni sur l'éthique». Sur quoi alors ? Delanoë a distillé quelques pistes: «Le budget de Londres est quatre fois celui de Paris», alors que «le CIO a fait 117 recommandations à Prague en 2003 pour dire: budget maîtrisé et pas de gigantisme», «il y avait une interdiction formelle de critiquer les autres candidatures» dont Londres n'aurait pas tenu compte.

Delanoë a aussi expliqué l'échec de Paris 2012 par des trahisons. Il a ainsi indiqué que des voix avaient «manqué» à la capitale dans «certains pays frontaliers et dans un continent qui nous est proche». Une élue chevènementiste, Liliane Cappelle, a pour sa part déclaré: «Nous aurions pu économiser beaucoup d'argent et laisser le vieux franquiste (Juan Antonio) Samaranch (ancien président du CIO auquel on prête une très forte influence, ndlr) tirer les ficelles dans l'obscurité.» Le socialiste Patrick Bloche de renchérir: «Nous avions tous espéré que le Comité international olympique était enfin devenu une instance indépendante, transparente et démocratique. C'est sans doute notre principal tort».

Depuis, Londres, le porte-parole du Premier ministre Tony Blair a réagi sans entrer dans la polémique en affirmant lundi que la capitale britannique avait «respecté les règles» du CIO: «Nous n'avons pas d'autre commentaire à faire que ce qu'a déjà dit M. (Jacques) Rogge (président du CIO), à savoir que Londres a respecté les règles».

Quant à Claude Goasguen, président du groupe UMP au Conseil de Paris et candidat à l'investiture dans la course à la mairie, il a jugé «choquantes», «indélicates, presque indécentes» les critiques du maire contre Londres, y voyant de «petites accusations malveillantes à l'égard d'une ville par ailleurs touchée par une guerre et qui montre au monde qu'elle n'a rien perdu de son courage». «Quand on accuse, il faut prouver», a-t-il dit: «Ou bien Londres a triché, et encore faut-il argumenter et ne pas laisser planer le doute. Ou bien Londres n'a pas triché et il faut assumer pour l'avenir les raisons d'une défaite qui est la défaite de Paris. (...) On ne peut pas réduire un déclin à la tricherie des autres».
Par L. B., lundi 11 juillet 2005 (Liberation.fr - 13:10)

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(11 juillet 2005) Les réactions

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Claude Goasguen, Président du groupe UMP au Conseil de Paris : il a jugé "choquantes", "indélicates, presque indécentes" les critiques du maire PS Bertrand Delanoë contre Londres, y voyant de "petites accusations malveillantes". "J'attendrais du maire qu'il veuille bien dépasser ces petites accusations malveillantes à l'égard d'une ville par ailleurs touchée par une guerre et qui montre au monde qu'elle n'a rien perdu de son courage". "Quand on accuse, il faut prouver". "Ou bien Londres a triché, et encore faut-il argumenter et ne pas laisser planer le doute. Ou bien Londres n'a pas triché et il faut assumer pour l'avenir les raisons d'une défaite qui est la défaite de Paris". "On ne peut pas réduire un déclin à la tricherie des autres". (Conférence de presse, lundi 11 juillet)

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Pierre Lellouche, député qui brigue l'investiture UMP pour la course à la mairie de Paris : il s'est dit "consterné" par les critiques de Bertrand Delanoë, assurant qu'il "fusille les chances de toutes les villes françaises" qui seront ultérieurement candidates. "Quand on rate le bac, on n'accuse pas le jury. Quand on manque une élection, on n'accuse pas le peuple". Il a vu "des accusations très lourdes" dans les commentaires de Bertrand Delanoë qui "a franchi un degré supplémentaire". (Déclarations, lundi 11 juillet)
NOUVELOBS.COM | 12.07.05 | 14:26

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(14 juillet 2005) Attentats de Londres: les amis et proches des suspects abasourdis

LEEDS (AP) - Les auteurs présumés des attentats de Londres, des Britanniques d'origine pakistanaise qui vivaient dans la région de Leeds, dans le nord de l'Angleterre, menaient une vie parfaitement normale, selon leurs amis et proches, abasourdis.

Les noms de Shahzad Tanweer, 22 ans, Hasib Hussain, 19 ans et Mohammed Sidique Khan, 30 ans, ont été cités par la presse britannique mais Scotland Yard n'a pas confirmé leur identité. Un quatrième suspect, qui n'a pas été identifié, vivait également dans la région de Leeds. Selon les enquêteurs, qui s'orientent vers la piste de kamikazes, au moins trois des quatre poseurs de bombes présumés ont été tués dans les attentats.

Un responsable gouvernemental américain ayant requis l'anonymat a confirmé le fait que Hasib Hussain et Mohammed Sidique Khan étaient soupçonnés et précisé que les autorités américaines consultaient leurs bases de données pour vérifier si ces deux hommes étaient fichés.

Deux fois par semaine, Shahzad Tanweer jouait au football avec des amis et s'adonnait à sa passion du cricket -un sport commun à l'Angleterre et au Pakistan. "Il était normal. On buvait du Coca et du Fanta ensemble", se souvient Saj, un ami de Tanweer vivant à Leeds. "Il était tranquille et religieux. Il est allé dans toutes les mosquées. Ici, il y a en a beaucoup".
Tanweer était inscrit à l'université métropolitaine de Leeds, où il étudiait les sciences du sport. Son père possède une boutique de "fish and chips" (poisson et frites), servant ainsi un plat typiquement britannique. Tanweer s'est rendu à Lahore au Pakistan pendant deux mois cette année pour étudier l'islam, selon son oncle Bashir Ahmed, qui a précisé que la famille du jeune homme était "effondrée" et ne croyait pas qu'il ait pu agir de sa propre initiative. Il est soupçonné d'être impliqué dans l'attentat contre le métro près de la station d'Aldgate.
Shahzad Tanweer "est le genre de personne qui s'entend avec tout le monde. Il a le sens de l'humour et est sympa", souligne Azzy Mohammed, 21 ans, un autre ami.

Hasib Hussain, soupçonné d'avoir perpétré l'attentat dans l'autobus à impériale qui a fait 13 morts, était également connu pour son sens de l'humour et un certain souci de son apparence. Il portait des lentilles de contact bleues et avait les cheveux longs avec la raie au milieu. Il est décrit comme un charmeur qui aimait flirter. "Il était sympa et beau garçon", raconte un ami.
Selon certaines informations, il est devenu très religieux il y a deux ans, mais n'aurait jamais quitté ses amis d'enfance pour les milieux radicaux. Un voisin ayant requis l'anonymat raconte: "il a vécu ici toute sa vie. C'étaient des gens très gentils. Nous les connaissions tous, même si je ne dirai pas que je les connaissais bien."

Marié et père d'une petite fille de huit mois, Mohammed Sidique Khan a de son côté travaillé avec des enfants handicapés, et n'avait pas le profil d'un extrémiste.
Une voisine, Sara Aziz, 28 ans, déclare qu'elle le voyait souvent aller faire du sport le matin. D'autres voisins disent qu'ils le voyaient rarement à la mosquée et qu'il ne leur parlait jamais de religion. Des documents lui appartenant ont été trouvés sur le site de l'attentat contre la station de métro d'Edgware Road.

Un quatrième suspect, qui n'a pas été identifié, aurait été un ami des trois autres, et comme eux, il aurait mené une vie sans histoire dans la région de Leeds. AP
yahoo.fr, actualités, mercredi 13 juillet 2005, 22h20

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(19 décembre 2005) L'accord budgétaire conforte l'axe Londres-Berlin Union européenne
Le compromis sur le budget européen, doublé d'un accord à l'OMC, est un succès pour la présidence britannique de l'Union.

CONSPUÉ à Londres, l'accord sur le budget de l'UE est un succès pour Tony Blair. Grâce à un sacrifice de 10,5 milliards d'euros sur son rabais, le premier ministre britannique aura sauvé sa présidence, préservant l'influence de la Grande-Bretagne sur les pays de l'Est, tout en gagnant l'estime de Berlin. Arraché dans la nuit de vendredi, après trente heures de négociations, le compromis de 862,4 milliards d'euros assure à l'Europe élargie des finances stables de 2007 à 2013. «Les nouveaux États membres vont pouvoir investir et se développer : c'est bon pour le commerce. C'est bon pour l'Europe», s'est félicité Tony Blair. A court terme, ce succès sort surtout l'Union de la paralysie.

A la fin d'une année peu glorieuse, marquée par le rejet de la Constitution en France et aux Pays-Bas, et une croissance économique en berne, les Vingt-Cinq sont parvenus à s'entendre sur quelque chose de décisif. Ils ont dépassé leurs querelles pour se mettre d'accord sur le nerf de la guerre que sont ces «perspectives financières». Après des négociations difficiles, tous les dirigeants européens s'avouaient soulagés. «Le gros nuage qui pesait sur l'Europe s'est enfin envolé», s'est félicité la chancelière allemande Angela Merkel, dont l'intervention fut décisive. «L'Union avait vraiment besoin de ce résultat», a ajouté Ferenc Gyurksany.

Les chefs d'État et de gouvernements ont salué le «courage» de Tony Blair, qui a pris le risque de se mettre à dos son opinion publique, et une presse impitoyable, en acceptant de céder 20% du chèque britannique, pour arracher un compromis final. «Tony Blair a fait un geste important», a reconnu Jacques Chirac. «C'était une décision difficile politiquement». Le Suédois Goran Persson a rendu hommage au «leadership» de Tony Blair. Les dirigeants grec, espagnol et polonais ont félicité leur homologue britannique «Ce n'était pas facile. Il a réussi. C'est un très bon résultat de la présidence britannique», a résumé le président de la Commission, José Manuel Barroso.

L'accord scellé à Bruxelles assure un partage à peu près équitable des dépenses liées à l'élargissement. Les nouveaux États membres recevront 157 milliards d'euros sur sept ans, avec des facilités exceptionnelles pour dépenser ces sommes. «Ce budget organise un important transfert d'argent des anciens Quinze vers les nouveaux États membres», a affirmé Tony Blair, accusé, après sa première proposition, de vouloir «prendre aux pauvres pour donner aux riches». Pour compenser, la présidence a prévu divers «cadeaux» pour les Quinze et leurs régions les plus pauvres : l'Espagne récupère 2 milliards d'euros, l'Italie 1,9 milliard. L'Allemagne repart avec 300 millions d'euros pour les Länder de l'Est. Quant à la France, elle reçoit 100 millions d'euros pour la Corse et le Pas-de-Calais.

La PAC ressort presque intacte du compromis

Les pays les plus riches comme les Pays-Bas et la Suède obtiennent un rabais sur leur contribution. Le rabais britannique demeure également. Il augmentera même de 5 milliards d'euros par an en moyenne aujourd'hui à 6,5 milliards environ entre 2007 et 2013. Mais l'augmentation du chèque sera moins forte que prévue, grâce à un «rabais sur le rabais» de 10,5 milliards sur sept ans. «Ainsi, la Grande-Bretagne paye sa juste part de l'élargissement», a expliqué Tony Blair.

Contrepartie du chèque, dans la négociation, la Politique agricole commune (PAC) ressort presque intacte du marathon budgétaire : 293 milliards d'euros d'aides agricoles sur sept ans, une somme qui inclut les 8 milliards provisionnés pour la Bulgarie et la Roumanie, qui seront membres en 2007. A lire la fameuse «clause de révision» du budget voulue par Tony Blair, toutes les dépenses de l'Union pourront être revues en 2008-2009, sur proposition de la Commission. En théorie, la formule laisse la porte ouverte à une révision de la PAC dès 2008-2009. Mais en réalité, la France ne risque rien, car toute modification de la structure du budget exige l'accord unanime des États membres. La réforme de la PAC sera néanmoins engagée par la Commission Barroso d'ici à deux ans, sur la base de l'accord conclut, hier, à l'OMC.
lefigaro.fr, Alexandrine Bouilhet, [19 décembre 2005]

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Le mercredi 12 avril 2006 Tony Blair a effectué 677 vols à bord d'appareils de la reine Elizabeth

Le Premier ministre britannique Tony Blair a pris 677 vols dans des avions de la reine Elizabeth II depuis son arrivée au pouvoir en 1997, pour des voyages officiels mais aussi de vacances familiales, selon des chiffres amplement commentés mercredi par la presse.
"Est-il plus royal que la reine?", s'interrogeait ainsi le Daily Express, en notant que la reine a utilisé seulement sept fois l'un de ses avions entre mars 2004 et mars 2005.
Le journal reproche à Blair son goût pour "l'apparat de la royauté", en rappelant que le Premier ministre avait rappelé à l'ordre les députés de son parti travailliste en 1997 en déclarant: "vous n'êtes pas là pour profiter de l'apparat du pouvoir mais pour faire un travail..".

Le Daily Express publie une photographie d'un des jets de la reine, blindé et équipé d'une technologie anti-missile. L'intérieur est agrémenté de fauteuils confortables et d'épais tapis.

Le Times souligne pour sa part que Tony Blair réserve régulièrement un avion de la reine lorsqu'il se rend dans sa circonscription électorale du nord de l'Angleterre et à des conférences du parti travailliste.
Le quotidien affirme qu'il a notamment dépensé 130.000 livres des contribuables pour des vacances familiales, notamment en Egypte, en France, en Italie et à Athènes pour assister aux jeux olympiques.

Les services de M. Blair ont indiqué au Times qu'il avait souhaité prendre un vol commercial normal pour aller en Egypte à Nöel 2004, mais que ses conseillers en sécurité avaient marqué leur opposition. Ces vacances d'une semaine avaient inclus une rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie.
Le Soleil, cyberpresse.ca/actualités, Le mercredi 12 avril 2006

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"Il faut réconcilier la société française avec ses entreprises"

D'emblée, Ségolène Royal, invitée du journal télévisé de TF1, jeudi 6 avril, a ciblé son intervention sur... "les entreprises" et "la société française" avec, pour trait d'union, cet objectif : les "réconcilier". La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes, candidate à l'investiture du PS pour l'élection présidentielle de 2007, poursuit, dans le droit-fil de ses précédentes interventions, une démarche singulière.

Là où ses concurrents socialistes accentuent leur discours à gauche et dénoncent une "crise sociale et politique", elle répond par "crise morale" et "ordre juste". Là où les autres imaginent des plans emplois opposables au contrat première embauche (CPE), elle appelle simplement à "rapprocher les universités des entreprises". C'est au nom des entreprises et de leur "intérêt" qu'elle a d'ailleurs pris des mesures dans sa région pour priver d'aides publiques celles qui utiliseraient des CPE ou des contrats nouvelles embauches (CNE), similaires aux premiers mais réservés aux PME. "Aux entreprises de montrer l'exemple", a-t-elle annoncé sur TF1.

"JE M'OCCUPE DE LA FRANCE"

Pour appuyer son propos, Mme Royal a pris le cas de GDF. "Quand on voit le patron de Gaz de France (Jean-François Cirelli) augmenter son salaire alors que le prix du gaz augmente et que des familles vont basculer dans le surendettement et qu'il annonce en même temps des licenciements, ça ne donne pas un bon exemple de l'entreprise, a-t-elle lancé. Or beaucoup de chefs d'entreprise ont envie de construire la France d'aujourd'hui." L'autre contre-exemple, c'est le premier ministre, Dominique de Villepin. En proposant le CPE, il "a cédé à la frange la plus conservatrice du patronat, qui considère que la flexibilité doit être supportée par les seuls salariés".

Conseillère de François Mitterrand dans les années 1980, Mme Royal n'a rien oublié des leçons de l'ancien chef de l'Etat. C'est lui qui avait lancé, après les nationalisations, la campagne et l'idée de "réconcilier les Français et l'entreprise". Mais elle y ajoute une touche personnelle, version années 2000, en vantant les mérites d'un Tony Blair très contesté dans la gauche française.

"Caricaturer et diaboliser l'autre témoigne en général d'un grand vide de la pensée", s'est-elle défendue dans Le Nouvel Observateur. "J'ai simplement regardé ce que M. Blair avait fait, a-t-elle ajouté. Il a massivement réinvesti dans les services publics. Il a aussi fait baisser le chômage en général, et celui des jeunes en particulier, avec une part de flexibilité, c'est vrai, et la persistance d'un grand nombre de travailleurs pauvres, mais aussi avec un message de dynamisme et de confiance faite aux jeunes, avec une interpellation aux entreprises pour qu'elles leur donnent leur chance et leur confient des responsabilités."

Tout aussi singulière est sa méthode basée sur "l'expertise citoyenne" qu'elle met en avant avec son association Désirs d'avenir et le site Internet du même nom. "Il faut savoir écouter, écouter pour agir juste, a-t-elle déclaré sur TF1. Si on fait l'impasse sur cette phase démocratique qui consiste à respecter les Français, les meilleurs connaisseurs de ce qu'ils vivent et de ce qu'ils attendent, alors les réformes sont considérées comme injustes." Sur le CPE, Dominique de Villepin a ainsi "agi avec beaucoup d'arrogance". "Il croit qu'il détient la vérité tout seul, et ça, dans la France moderne, c'est terminé", a affirmé Mme Royal. Les concurrents ? A droite comme à gauche, elle prétend les ignorer : "Je ne m'occupe pas des adversaires, je m'occupe de la France, de ses souffrances, de ses désordres."
Isabelle Mandraud, Article paru dans l'édition du 08.04.06, LE MONDE | 07.04.06 | 13h53 • Mis à jour le 07.04.06 | 13h53

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16 avril 2006. Tony Blair sera interrogé par la police

Le Premier ministre britannique Tony Blair sera interrogé par Scotland Yard dans le cadre de l'enquête en cours sur les accusations de "ventes" de titres honorifiques ou de sièges à la chambre des Lords par les partis politiques, a affirmé News of the World dimanche. Des sources gouvernementales de haut niveau, non identifiées par le tabloïd, ont déclaré à News of the World qu'elles s'attendaient à voir le Premier ministre être interrogé en tant que "témoin significatif" en mai.

Selon ces sources, il apparaît "inévitable" que Tony Blair devra faire une déclaration à la police dans le cadre de cette enquête. Le tabloïd n'a pas précisé quelle forme pourrait prendre cette déclaration. "Nous n'avons reçu aucune requête de ce type", a déclaré dimanche un porte-parole de Downing Street, en référence aux affirmations du tabloïd. De son côté Scotland Yard s'est refusé à tout commentaire.

L'enquête policière sur la supposée "vente" de titres honorifiques ou de sièges à la chambre des Lords, par les partis politiques, à des richissimes hommes d'affaires, en échange de leur générosité, a été lancée en mars, suite aux plaintes déposées par des députés gallois et écossais.

Cette affaire a éclaté début mars après la révélation par la presse britannique que quatre hommes d'affaires ayant financé le parti travailliste de Tony Blair avaient vu leurs noms proposés pour des sièges à la chambre des Lords, la chambre haute du parlement, non élue et composée presque exclusivement de personnes nommées par les Premiers ministres en place. Ces candidatures avaient finalement été rejetées par la commission de validation des nominations. Le rejet des candidatures n'est jamais motivé.

L'enquête de Scotland Yard a pris de l'ampleur jeudi avec l'arrestation d'un ancien conseiller en éducation du gouvernement Blair, Des Smith, 60 ans.
La Libre Belgique, Mis en ligne le 16/04/2006

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mardi 9 janvier 2007, 23h14 Tony Blair juge "tout à fait mauvaise" la manière dont Saddam Hussein a été exécuté

LONDRES (AP) - Le Premier ministre britannique Tony Blair a jugé mardi que la manière dont Saddam Hussein a été exécuté est "tout à fait mauvaise" et inacceptable.

Au cours d'une conférence de presse, il a souhaité que la polémique sur cette exécution ne fasse pas oublier la gravité des crimes commis par l'ancien dictateur. "Les crimes commis par Saddam n'excusent pas la manière dont il a été exécuté, mais la manière dont il a été exécuté n'excuse pas ses crimes", a-t-il déclaré.

"La manière dont cette exécution (a été conduite) est inacceptable et mauvaise mais (...) nous ne devons pas nous laisser aller à oublier les victimes de Saddam, les gens qu'il a tués délibérément", a poursuivi le Premier ministre.

Il a souligné que Saddam Hussein était responsable de "la mort de centaines de milliers d'Irakiens innocents, d'un million de morts dans la guerre Iran-Irak et de l'utilisation d'armes chimique contre son propre peuple".

Il s'agit des premiers commentaires de Tony Blair, qui a été critiqué pour ne pas avoir réagi plus tôt à l'exécution de Saddam Hussein le 30 décembre. Il s'exprimait en présence du Premier ministre japonais Shinzo Abe, en visite à Londres. AP
Yahoo.fr, actualités,

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