Mai 2009. Démocratie américaine, Droits de l'Homme : l'ancien Vice-Président des USA, Dick Cheney défend la torture "démocratique"
Décembre 2008. Compétence universelle : condamnation, en France, d'un ancien vice-consul tunisien
Avril 2007. Tortures et assassinats de chrétiens en Turquie

Octobre 2002. Selon Amnesty International des actes de torture seraient commis dans plus de 150 pays (sur plus de 185 membres de l'ONU) par des agents publics, le plus souvent de la police. Selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour la section française d'Amnesty International 34% des 1000 personnes âgées de plus de 18 ans interrogées pensent que des policiers peuvent envoyer des décharges électriques à une personne soupçonnées d'avoir posé une bombe qui va exploser dans un endroit public et 44% que des douaniers peuvent brutaliser un dealer pour qu'il avoue où il cache sa drogue (Le Monde, 19 octobre 2000, p. 12).

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Novembre 2001. Israël continue de pratiquer la torture, déplore Amnesty International *

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a accusé mardi 20 novembre (2001) les forces de l'ordre israéliennes de recourir de plus en plus fréquemment à la torture, lors d'interrogatoires de Palestiniens arrêtés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Dans un exposé devant le Comité des Nations unies contre la torture à Genève, Amnesty International a affirmé que malgré une décision de la Haute Cour de justice remontant à 1999 et qui interdit les méthodes d'interrogatoire relevant de la torture, il existe de fortes preuves que les enquêteurs israéliens ont à nouveau recours à de telles méthodes, dont la privation de sommeil pour des détenus souvent maintenus dans des positions douloureuses ou encore de longues stations accroupies.

Un bref compte rendu de cet exposé a été rendu public par Amnesty, au moment où le comité des Nations unies, composé de dix experts indépendants, commençait à étudier le cas d'Israël lors de sa réunion semestrielle à Genève. Le délégué israélien, Yaakov Lévy, a réfuté les accusations d'Amnesty, soulignant que, bien que partagé entre le souci de respecter les droits de l'homme et celui de protéger ses concitoyens contre le terrorisme, Israël s'interdisait la torture. M.Lévy a reconnu que, dans certains cas limités, l'usage de la force avait pu causer des désagréments ou des insomnies, mais affirmé que la torture n'était pas pratiquée, même lorsqu'elle pourrait empêcher un attentat sanglant.

MÉTHODES D'INTERROGATOIRE

Amnesty "déplore" le refus par les autorités israéliennes de reconnaître que ces méthodes d'interrogatoire sont "illégales en vertu de l'article 1 de la Convention contre la torture", déni qui, selon elle, a contribué à encourager de telles pratiques, en particulier au cours de l'année passée, c'est-à-dire pratiquement depuis le début de la nouvelle Intifada palestinienne. Des détenus ont fréquemment été maintenus au secret pendant des périodes de plus de vingt jours, n'ayant accès ni à leurs avocats ni à leurs familles, ajoute Amnesty, rappelant que le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture avait déjà qualifié une telle pratique de "traitement cruel, inhumain et dégradant".

Déplorant une autre pratique, celle de la détention administrative sans accusation ni procès, Amnesty souligne que la démolition d'habitations palestiniennes constitue également "un traitement cruel, inhumain et dégradant en vertu de l'article 16 de la Convention contre la torture" et rappelle que la Cour européenne des droits de l'homme a elle aussi condamné la Turquie pour de telles pratiques qualifiées d'"inhumaines" et contraires à l'Article 3 de la convention européenne des droits humains.

Or, souligne Amnesty, "plus de cinq cents maisons ont été détruites dans les territoires occupés en l'espace d'un an, jetant à la rue un minimum de 2000 Palestiniens dont une grande majorité d'enfants. Rien ne justifie ces centaines de tragédies humaines", s'indigne l'organisation, qui dénonce également d'autres formes de "punition collective", infligées aux Palestiniens par les autorités israéliennes, dont "le bouclage de villes, de villages et de zones entières, déniant ainsi la liberté de mouvement aux Palestiniens, de même que les couvre-feux prolongés", contraires à l'article 16 de la Convention sur la torture.
*Mouna Naïm (avec Reuters), Le Monde, 22 novembre 2001, p. 6

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La mort des trois évangélistes fait suite à plusieurs crimes contre les minorités. La Turquie s'enfonce dans un climat antichrétien Par Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : lundi 23 avril 2007, p. 21

Avant d'être égorgées, les trois victimes ont été pendant plus de trois heures lacérées de dizaines de coups de couteau, notamment dans les testicules et à l'anus.

«Il est clair que ces blessures ont été infligées pour torturer», a expliqué le médecin légiste.

Jour après jour sortent de nouveaux détails atroces sur l'assassinat, le 18 avril, de trois protestants évangélistes ­ deux Turcs convertis et un Allemand ­ à Malatya, ville de 400 000 habitants de l'est de la Turquie, par une bande de jeunes d'un foyer-internat islamiste.

Ils affirment avoir agi «pour la défense de la religion et de la patrie» . Onze personnes ont été arrêtées. Certains éditorialistes n'hésitent plus à parler de «christophobie», dénonçant le climat d'hostilité vis-à-vis des minorités chrétiennes, qui ne représentent pourtant qu'à peine 1 % de la population, soit 75 000 personnes dont 10 000 protestants.

Ambiguë.

Le gouvernement de l'AKP (Parti de la justice et du développement), issu du mouvement islamiste, a condamné durement «la sauvagerie» de la tuerie. «Qu'est-ce qui a pu nous arriver, à nous, Turcs, pour que nous puissions tuer de cette manière des gens vivant sur notre terre ?» s'est ému le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, pourfendant «le pan-nationalisme et le nationalisme religieux».

L'indignation est générale, mais ambiguë. «Tous ont, à raison, évoqué la tradition de tolérance religieuse du pays depuis l'empire ottoman, mais aucun leader, à commencer par le gouvernement, n'a dit clairement que la liberté religieuse est un droit et que cela signifie aussi celui de changer de religion», remarque un diplomate européen, soulignant que les réformes sont restées bien timides malgré les critiques récurrentes de Bruxelles.

Il y a eu au niveau législatif une certaine libéralisation. Des biens ont été restitués aux minorités religieuses, et il est un peu moins difficile qu'avant d'ouvrir une église.
Mais chaque mois ou presque des cocktails Molotov sont lancés contre des églises, des prêtres, ou des activistes protestants sont agressés, battus, blessés au couteau. Une moyenne d'une dizaine d'incidents graves par an et cinq morts depuis 2006. Il y a trois mois était assassiné à Istanbul le journaliste arménien Hrant Dink par un chômeur ultra-nationaliste et, un an plus tôt, un prêtre italien, Andrea Santoro, était abattu à Trabzon (Nord) par un adolescent exalté au cri d' «Allah Akbar».

«Péril missionnaire».

A chaque fois, les autorités dénoncent des «actes isolés». Mais elles n'hésitent pas non plus à évoquer «le péril missionnaire» pour flatter le nationalisme croissant d'une opinion lasse des rebuffades européennes. Les ultra-nationalistes et les islamistes radicaux, eux, sont encore plus virulents dans leur dénonciation du «complot occidental».

«Il y a une atmosphère générale de peur du démantèlement du pays qui attise la haine contre les chrétiens et leurs supposées activités missionnaires», explique l'avocat Orhan Kemal Cengiz, activiste des droits de l'homme qui avait été le défenseur de Necati Aydin, l'un des évangélistes victimes de la tuerie, incarcéré quelques semaines il y a six ans pour «diffamation de la religion».

«Les charges furent finalement abandonnées», raconte Ercan Sengül, un des animateurs de la maison d'édition chrétienne Zirve, prise pour cible à Malatya. Depuis leur installation dans la ville en 2000, les évangélistes ont dû faire face à la suspicion et aux rumeurs, même si les relations avec la majorité des habitants sont plutôt bonnes. On affirme qu'ils paient ­ «cash» et en dollars ­ pour chaque conversion.

Ces accusations sont récurrentes.

«Toutes les semaines, des gens viennent nous voir en nous demandant l'argent pour devenir chrétiens», raconte un prêtre basé dans une très grande ville du centre du pays. Dans leurs prêches du vendredi, les imams, presque tous salariés par l'Etat, dénoncent régulièrement «le danger missionnaire». Jusqu'en juillet 2006, leurs textes étaient visés par le directoire général des Affaires religieuses ; maintenant ils sont libres de dire ce qu'ils veulent, et le phénomène s'est encore aggravé. Ainsi, il y a deux mois, le principal imam de Diyarbakir, grande ville du Sud-Est, martelait dans son sermon que «les transferts d'organes étaient licites sauf pour les prostituées, les drogués et les chrétiens» .

Manipulables.

«Si j'étais un jeune un peu paumé, j'aurais pu moi-même commettre un tel crime à force d'entendre que les chrétiens sont là pour démembrer le pays», souligne Baskin Oran, professeur de sciences politiques à Ankara et auteur d'un rapport dénonçant «le climat de paranoïa» sur la question des minorités. Les profils du jeune assassin du père Santoro à Trabzon, de celui de Hrant Dink et des jeunes tueurs de Malatya sont proches à bien des égards. Vaguement étudiants ou déjà chômeurs, ils s'exaltent en bande et sont très aisément manipulables.

«Notre pays et notre religion étaient menacés», affirme le texte de la même lettre manuscrite que les quatre assaillants, âgés de 19 à 20 ans, avaient en poche au moment de leur arrestation. Un cinquième, qui a sauté par la fenêtre au moment de l'irruption de la police, est toujours plongé dans le coma.
C'est le présumé chef du groupe, Emre Günaydin, fils d'un professeur de karaté et par trois fois blackboulé au concours d'entrée à l'université. Depuis quelques mois, il avait commencé à fréquenter la mission protestante pour prendre des informations.

Selon leurs dépositions, les jeunes ont torturé les victimes parce que celles-ci ne voulaient pas leur donner la liste des autres membres de l'Eglise vivant dans la ville.
Par Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : lundi 23 avril 2007, p. 21

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Un ancien diplomate tunisien condamné pour torture en France LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 16.12.08 | 07h58

L'ex vice-consul de Tunisie à Strasbourg, jugé par défaut devant les assises du Bas-Rhin, a été condamné en son absence, lundi 15 décembre, à huit ans de réclusion criminelle pour complicité dans les actes de torture ou de barbarie commis dans son pays contre une compatriote en 1996.

Khaled Ben Sad, 46 ans, risquait vingt ans de prison pour "actes de torture et de barbarie par personne dépositaire de l'autorité publique". Mais les juges l'ont seulement reconnu coupable d'avoir donné l'ordre à ses hommes de torturer une mère de cinq enfants dans un commissariat, et non d'y avoir participé lui-même. L'avocat de la victime, Me Eric Plouvier, a salué "une grande victoire pour le progrès du droit". "Le régime de dictature de Ben Ali vient de recevoir une flèche judiciaire", s'est-il félicité.

COMPÉTENCE UNIVERSELLE

Zoulaikha Gharbi, une femme de 44 ans qui vit aujourd'hui en France, a porté plainte en mai 2001 contre le diplomate, alors vice-consul de Tunisie à Strasbourg, pour des faits commis, dit-elle, cinq ans auparavant. Elle l'accuse d'être le chef des policiers qui l'ont torturée en octobre 1996, dans un commissariat tunisien afin de lui soutirer des informations sur son mari, réfugié politique en France depuis 1993. C'est la seconde fois qu'une juridiction française se prononce sur des faits n'impliquant ni la France, ni ses ressortissants, en vertu de la règle de compétence universelle. Celle-ci résulte d'une convention de l'ONU contre la torture de 1984 introduite dans le droit français en 1994.

A la barre, la plaignante a affirmé que M. Ben Saïd lui avait administré plusieurs gifles et coups de poing avant d'ordonner à ses hommes de la "déshabiller" et de la "torturer". Lors du dépôt de plainte, elle avait au contraire affirmé que l'accusé avait participé à l'ensemble des violences. Face à ces contradcitions, le ministère public avait requis l'acquittement Khaled Ben Saïd, en estimant que son dossier était "absolument vide".

"PROCÈS POLITIQUE"

En l'absence de l'accusé, le procès auquel la Ligue française des droits de l'homme et la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'étaient constituée parties civiles a aussi été celui du système mis en place par le président Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis vingt et un ans. Plusieurs témoins ont dressé un portrait au vitriol du régime tunisien où, selon eux, la torture est érigée en "pratique d'Etat".

Des propos balayés par le conseil de l'accusé, Me Olivier Salichon, qui a dénoncé en marge de l'audience un "procès politique" monté par les parties civiles. "Un Etat ne peut pas juger un autre Etat", avait-il affirmé à l'ouverture du procès. Les autorités tunisiennes ont elles aussi dénoncé ces accusations comme une "affaire montée de toutes pièces et instrumentalisée par les milieux intégristes à des fins de propagande" contre la Tunisie, ont-elles indiqué lundi dans une déclaration officielle.

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Publié le 21/05/2009 à 18:03 - Modifié le 21/05/2009 à 18:59 Le Point.fr RÉPONSE À OBAMA - Cheney : "Je reprendrais les mêmes décisions" AFP

L'ancien vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, n'aura pas tardé à réagir au discours de Barack Obama, jeudi

La réponse ne s'est pas fait attendre. Moins d'une heure après le discours d'envergure de Barack Obama sur la sécurité nationale américaine - un discours dans lequel le président américain a plusieurs fois mis en cause la politique de la précédente administration - l'ancien vice-président de George W. Bush, Dick Cheney, a réagi. "Aujourd'hui, je veux vous exposer la réflexion stratégique derrière notre politique," a-t-il déclaré devant un groupe de réflexion conservateur, American Enterprise Institute. "Je le fais comme quelqu'un qui a été là chaque jour de l'administration Bush, qui a soutenu les décisions prises et qui les reprendrait sans hésitation dans les mêmes circonstances", a affirmé l'ancien vice-président.

Répondant point par point au discours de Barack Obama, qui portait en grande partie sur la fermeture annoncée du centre de détention de Guantanamo, Dick Cheney a estimé que transférer sur le sol américain les "pires terroristes" actuellement détenus dans cette prison serait "source de grand danger". L'ancien vice-président américain a également revendiqué les méthodes d'interrogatoire "poussées", estimant qu'elles avaient sauvé des vies américaines. "J'étais et je demeure un partisan de notre programme d'interrogatoires poussés" a martelé Dick Cheney.

"Les critiques de notre politique cherchent à nous faire la leçon sur le thème de la nécessité d'être en conformité avec les valeurs américaines", a-t-il dit, "mais aucune des valeurs qui sont chères aux Américains n'oblige les responsables au service du public à sacrifier des vies innocentes pour épargner des choses déplaisantes à un terroriste en captivité".

"Derrière la réaction hystérique aux techniques d'interrogatoires poussés, il y a de manière plus large une méconnaissance des menaces auxquelles notre pays est toujours confronté", a affirmé l'ancien vice-président de George W. Bush.

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