Des définitions
Roms et "gens du voyage"

Le rapport Pichon (2002)
Le drapeau

A savoir : origine, langue, ... ; nombre (2004) (10 à 12 millions en 2012 selon Bruxelles

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Août 2018. Un gang de pilleurs d'Eglises, "roumain" ...
Février 2018. 20 roumains (censure) dans l'Ouest, 400 victimes, 220 000 euros

Août 2015. Assassinat d'un gendarme, et tabassage de journalistes : compassion correcte ; blocage de l'autoroute A1 le week-end : impuissance républicaine

Janvier 2014. Arrestation de barbares qui attaquent les bijouteries à la masse

Décembre 2013. Roquebrune-sur-Argens (Var), les voleurs de cuivre mettent le feu dans leur camp illégal et expulsable, le maire accusé de racisme
Novembre 2013. Attaques au gaz des distributeurs automatiques de billets
Octobre 2013. Trafic d'enfants ?
Septembre 2013. Bruxelles versus Valls, toujours pour la libre pénétration des roms.
Juillet 2013. Le maire de Nice, M. Estrosi, accusé de racisme par certains socialistes pour vouloir faire payer les roms auteurs de dégradations du domaine public (stade municipal dévasté, électricité volée, dégradations multiples ...) ; poursuivi en septembre 2013
Mai 2013. Indulgence des juges pour le clan des petites voleuses Hamidovic ; les touristes chinois menacés, 200 policiers mobilisés ...
Mars 2013. Dix personnes arrêtées pour proxénétisme ; Valls persiste à vouloir démanteler les 400 campements illégaux ; procès du gang des "petites voleuses".

Octobre 2012. Le passe-partout du gang des kiosques enfin interpellé
Septembre 2012. Lille voulait faire loger les roms expulsés, à la campagne, protestations des campagnards ; Ils dépouillaient les camions ; des exploiteurs d'enfants
Août 2012. Orlyval, trafic de cuivre ; Câbles volés, 3 000 victimes ; expulsion d'un camp illégal : consternation de Lafolie de Solidarité Roms ; Valls attaqué par "La Voix des Roms" et les communistes ; la commissaire luxembourgeoise Viviane Reding récidive ; les roms soutenus par Audrey Pulvar et le cardinal Barbarin ; Emmaus aussi ; câbles volés en Moselle aussi ; le gouvernement consulte et va faire les avancées demandées par Viviane Reding ; 70% de délinquance roumaine de plus ; l'ONU attaque ; expulsion à Créteil près de l'Hopital d'Henri Mondor ; ERDF essaie de se défendre contre les vols de cuivre
Juillet 2012. Des HLM spéciales avec jardin et loyer adapté (par exemple 60 euros mensuel) très modéré ; un gang des tracteurs démantélé en France ; proxénétisme en Essonne ; trafic d'or France-Belgique
Juin 2012. Elles arrachent la chaîne en or et fuient en Mercedes.
Mai 2012. Union Européenne, Commission : Selon Viviane Reding les Etats membres doivent passer "à la vitesse supérieure" dans l'intégration des 10 à 12 millions de Roms qui vivent en Europe ; Les bitumeurs "anglais" (censure démocratique) de nouveau à l'action en France
Mars 2012. Les "Roumains" (autocensure démocratique française) multipliaient les achats à découvert
Février 2012. Progression de la délinquance étrangère
Janvier 2012. Trafic de chiens chez les roms à Paris

Décembre 2011. Le maire de Paris prend la défense des "mendiants" roms
Octobre 2011. Trois interpellations pour vol de cuivre à Corbeil-Essonnes ; un bois ravagé illégalement
Septembre 2011. Ivry-la-Bataille (28). Les voleurs multirécidivistes et pris sur le fait sont expulsés ... Le ministre de l'Intérieur prend des mesures contre la délinquance des mineurs, protestations du Gisti ; Nouvelles manifestations contre les Roms en Bulgarie
Août 2011. Marseille fait expulser une centaine de Roms squatteurs depuis un mois
Juillet 2011. Vol de cuivre : coups de filet chez les Roms
Juin 2011. Pour 400 000 euros de pots catalytiques
Mars 2011. Forêt de Sénart, 5 interpellations pour proxénétisme
Février 2011. Voleurs de cuivre : 18 mois de prison ferme pour 7 tonnes volés, en Charente maritime.
Janvier 2011. Le ras-le-bol d'Emmaüs ; un pipeline de Total en cause ; une voleuse de dix ans

Decembre 2010. Le chef de clan régnait sur les voleuses du métro
Novembre 2010. Vendue, violée et torturée ; Stasbourg : 150 prostituées roumaines ; un réseau démantelé à Grenoble
Septembre 2010. Les cambrioleurs identifiés grâce , à un "super fichier" européen ; des milliers de manifestants de toutes les gauches soutiennent les Roms ; la République Française insultée par une Commissaire de Bruxelles , inconnue, une certaine Viviane Reding
Août 2010. Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes : "La France n'a pas vocation à accueillir 9 millions de Roms" ; les Français soutiennent la politique sarkoziste ; 1ère évacuation d'un camp illégal ; protestations de Christine Boutin et de Villepinistes avec communistes, socialistes et verts, notamment ; trois voleurs relaxés gràce au Droit Européen (et la "prudence" des juges ...) ; le financier spéculateur international George Soros intervient et l'ONU critique la France, défense de Kouchner et Lellouche, notamment
Juillet 2010. Une gendarmerie attaquée à la hache ; N.S. veut conférencer sur les "gens du voyage et roms" ; les gens du voyage refusent l'"amalgame" avec les "roumains" ... N.S. prétend vouloir faire la guerre à la délinquance ; Protestations socialistes et diverses ; la sénateure-maire Verte Voynet se mobilise.
Juin 2010. Mobilisation contre la délinquance rom (???) ; 40 fermes cambriolées en Essonne
Avril 2010. Les voleurs de cuivre foncent sur les policiers
Février 2010. Arrestation de l'assassin présumé d'un policier ; une centaine de communistes de Fleury-Mérogis contre la délocalisatiopn des roms ; la France finance les Roumains pour "réinsérer" les Roms
Janvier 2010. Fleury-Merogis : Rude hiver pour les Roms

Novembre 2009. Le MRAP dénonce le contrôle des Roms squattant l'ancienne gendarmerie de Viry-Chatillon
Septembre 2009. Le ministre socialiste Besson donne tord aux gendarmes dans leur contrôle des roms illégaux
Août 2009. Les 300 caravanes évangéliques qui exaspèrent les élus de l'Essonne
Juillet 2009. Incendie en Seine-Saint-Denis
Juin 2009. Trafic de cocaïne nié ferme
Mai 2009. Incendie à Bobigny, un mort ; un cambrioleur présumé, connu de la gendarmerie, un mort ; nouvelle technique de vol aux distributeurs : le vol dit "à la pétition"
Mars 2009. Une filière demantelée dans l'Ouest ; un camp détruit ; 300 roms à Paris-Haussman la nuit ; les Hornec nient fermement
Février 2009. Des roms qui dérangent Serge Dassault

Décembre 2008. Des Roms devant l'Assemblée Nationale qui veulent travailler légalement ; les associations demandent une politique européenne
Octobre 2008. Gitans et déchets nucléaires, le rejet des communes constaté par un sénateur ; Ris-Orangis : menaces, pressions, tentatives de racket, jets de pierre ...
Septembre 2008. Bruxelles veut que les Etats membres de l'UE "intégrent" les 10/12 millions de Roms européens ; 100 Roms expulsés à Palaiseau (Essonne, France) ; les Roms défendus par le richissime spéculateur financier international, et philanthrope, George Soros
Août 2008. Les Roms indésirables en Europe ; qualifiés de "perfides" par une juge portugaise ; 35 000 évangéliques en Lorraine ; 300 caravanes évangéliques occupent illégalement la base de loisirs de Draveil (Essonne)
Juillet 2008. L'incroyable voyage des Roms ... en Belgique ; recensement ... en Italie, contesté par le président de la Roumanie ... accepté par Bruxelles (septembre 2008), contesté par le financier spéculateur milliardaire George Soros ...
Mai 2008. Choc des cultures, impuissance publique : les roms s'installent sur une route en construction ; un bidonville rasé ; Croix volées au cimetière de St-Maur (37 cimetières atteints en 2007) : attaque de la Gendarmerie
Avril 2008. Essonne, Linas : policiers caillassés, six nomades interpellés ; proces Hornec : 7 ans maximum demandés - une famille unie
Mars 2008. Essonne, irréductibles roms expulsés, protestations
Janvier 2008. Essonne, des maisons pour les nomades sédentarisés

Décembre 2007. Espace Schengen : de 15 à 24 Etats ; France. Essonne. Retour en avion. Aide au retour : polémique ; mandat d'arrêt européen, arrestation en Roumanie et en Espagne ; Ils volent des Pères Noël ; les 500 roms de Lille
Novembre 2007. Italie : Décret d'expulsion. Aides financières peu efficaces. France : alerte à la tuberculose ; Nantes : vol de cuivre ; Marseille : vol de cuivre ; Malvenus chez nous ! ; un voleur tué par un boulanger cambriolé
Août 2007. Essonne. Les nageurs privés de piscine ; Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) : tentative d'insertion municipale ; retour en Roumanie avec un pécule
Juillet 2007 : Demande d'acquittement pour complot : trente ans incompressibles ; SNCF perturbée à Marseille
Juin 2007 : Coupeurs de bagues, 17 victimes âgées en un an ; PACA, vols de métaux : 80 personnes arrêtées ; 700 kg d'inox volés à Etampes (Essonne); vols de chiens à Paris (Le Parisien, 23 juin 2007, p. 17) ; condamnations à Perpignan
Mai 2007 : Ventes de bébés aux supermarchés au Portugal et en France ; un voleur de cuivre brûlé ; deux tonnes dérobées à Vigneux-sur-Seine
Avril 2007 : Le procès d'un criminel multirécidiviste, et régulièrement libéré... ; des complices au parfum ? ; "même pas un être humain"
Mars 2007 : En Essonne on arrache les coffres-forts
Février 2007 : Selon la gendarmerie les vols de métaux ont augmenté de 144 % en 2006 ; Les voleurs s'attaquent aux parkings à vélos! en Essonne ; En 10 ans elle tue ses deux maris ; 10 ans d'escroquerie aux allocations familiales ;
Janvier 2007 : On écrase un gendarme ; traite d'êtres humains et proxénétisme aggravé, justice équitable ? ;

Septembre 2006 : Les faux dépanneurs détroussaient les personnes âgées
Juillet 2006 : Saint-Etienne, des roms, occupants sans titre, expulsés par la mairie après ordonnance (du 22 mai 2006)
Juin 2006 : Trafic de bébés entre la Bulgarie et la France
Mai 2006 : Directement du campement à la Moldavie ; Six mois avec sursis "pour destruction de biens par incendie" ; pour "venger" ses soeurs il écrase les collégiens ; expulsion refusée par la cour d'appel de Paris ;

Décembre 2005 : Guerre des gangs à Montreuil ?
Six hommes réduits en esclavage pendant des mois
Octobre 2005 : Des millions d'euros escroqués aux allocations familiales
Trafic de bébés vendus à leur naissance
La nonciature cambriolée
Septembre 2005 : Intervention devant les Préfets de Nicolas Sarkosy
Août 2005 : La Région parisienne à la merci des voleurs. Voleur je veux devenir français
Mai 2005 : Guerre des gangs à Perpignan
Avril 2005 : Esclavage moderne chez des roms de l'Essonne
Des enfants élevés pour voler
Mars 2005 : Un gang rom démantelé en Essonne
Les roms installent un bidonville au Bourget
Février 2005 : La justice protège les mères mendiantes
Janvier 2005 : L'Europe de l'Est veut intégrer les roms ; que la Slovaquie stérilise ? ;

Septembre 2004 : Le voleur-tueur était un multirécidiviste
Juillet 2004 : L'ultra gauche et les communistes se mobilisent en faveur des roms "sans papiers"
Jeanne-Marie, suite
Juin 2004 : l'affaire Jeanne-Marie, Bodein-Pierrot le Fou mis en examen pour le meurtre de Jeanne-Marie
Avril 2004 : A propos des internements administratifs de la IIIème République
Mars 2004 : Essonne, des roms sédentarisés trafiquants d'oeuvre d'art
Dunkerque. Arnaques au RMI, les victimes sont des SDF
Février 2004 : Coup de poing en Essonne

Décembre 2003 : Un Préfet en correctionnelle pour diffamation
Novembre 2003 : Un million de roms aux portes de l'Union européenne
Prolifération des prostituées mineures chez les roms
Avril 2003 : Sarkozy devrait faire quelque chose contre une délinquance proliférante ... et protégée jusqu'à présent par certains juges

18 juillet 2002 : Les élus locaux contre les nomades
07 juillet 2002 : Les bidonvilles roumains empoisonnent le Sud parisien
27 mars 2002 : Critiques contre l'arrivée de familles roumaines (romaines) en Eure-et-Loir
Février 2002 : Gens du voyage : Un rapport alarmant

Février 2002 : Israël :"Il faut protéger le peuple Rom" *

En juillet 2000, un groupe de 52 personnes, Tsiganes en provenance de Zamoly (Hongrie), est arrivé à Strasbourg. C'est une historienne, Katy Katz, Israélienne d'origine hongroise, qui leur a payé le voyage en car de Zamoly à Strasbourg.
Michel Warchawsky, Israélien militant pour la paix, a averti quelques-uns de ses amis strasbourgeois de leur arrivée.

Ces Tsiganes hongrois sont arrivés avec un dossier juridique "en béton" qu'ils ont déposé à l'Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) avant de demander l'asile à la France. Après des mois de procédures et d'examens, leur demande a été jugée recevable. La Hongrie a bien sûr exercé des pressions pour empêcher une telle décision, craignant qu'elle ne retarde l'entrée du pays dans l'Union européenne.

Josef Krasznai est le porte-parole des Roms de Zamoly et le président de l'Organisation indépendante des Roms du département de Fejér. Il n'a pas demandé l'asile parce qu'il veut poursuivre sa lutte en Hongrie, malgré les risques qu'il court et qu'il mesure, étant donnée sa détermination à défendre les droits des Roms. Il déclarait en août 2000 : "Nous avons accepté pendant des siècles le rôle de citoyens de second ordre, en nous contentant de notre situation de misère. Nous ne pouvons pas permettre ce que nos aïeux ont permis en 1944, nous n'entrerons pas dans les chambres à gaz pendant que l'hymne hongrois retentit."

"Citoyens de second ordre", les mots sont prononcés. Des exemples ? L'espérance de vie des Tsiganes hongrois est de dix à quinze ans moindre que pour le restant de la population ; 85 % des enfants roms ne peuvent intégrer le système scolaire normal, ils sont dirigés vers des écoles d'enseignement spécial réservé aux handicapés mentaux ; le maire de Csor a déclaré en toute impunité : "Je pense qu'en ce moment les Roms de Zamoly n'ont pas leur place parmi les Hongrois : les animaux eux-mêmes se débarrassent de leurs parasites"; leurs maisons sont quelquefois brûlées, quelquefois rasées.

Pour la première fois, en 2000, des intellectuels hongrois ont publié un texte par lequel ils exigeaient que les minorités disposent des mêmes droits que tout citoyen et que les agressions physiques et morales ne restent pas impunies. En Roumanie, en Slovaquie, en Tchéquie la situation semble pareille.

Il fallait ce très bref récapitulatif pour en arriver à ce que subissent en France les Tsiganes roumains, qui sont obligés de vivre dans des campements (des sous-bidonvilles, si l'expression est plus explicite) indescriptibles de délabrement, de misère. A côté de Paris, à Choisy-le-Roi, Achères, Lieussaint-Moissy, Argenteuil (et en d'autres lieux), des hommes, des femmes, des enfants survivent. Quel autre mot utiliser, quand, par exemple à Achères, plus de 80 personnes ne disposent que d'un seul point d'eau alimenté par un tuyau d'arrosage (comment fait-on quand la température tombe sous zéro ?) Quand, dans ce même campement, l'électricité est absente et que des personnes, aujourd'hui en France, en 2002, des femmes, des hommes et des enfants doivent faire leurs besoins naturels dans la forêt à côté du campement ? Quand les ordures ménagères ne sont pas enlevées et quand des conteneurs débordant de détritus ne sont pas remplacés ?

Combien sont-ils autour de la "Ville-lumière" à préférer cette situation sans espoir plutôt que d'envisager un retour dans leur pays d'origine où, tous en témoignent, la situation est pire ? Environ 1 500 ? Pouvons-nous ne pas dire notre indignation devant le spectacle de personnes reléguées au rang de bétail ? (à la SPA, chiens, chats, perroquets et poissons rouges sont mieux accueillis !)

L'Europe et la France, en particulier, vont-elles encore longtemps fermer les yeux, ignorer le sort indigne - voire inhumain - réservé avant-hier, hier comme aujourd'hui au peuple rom ?

Il faut redire que le génocide des Tsiganes par les nazis n'est pas reconnu par les pays de l'Union européenne, sauf par l'Allemagne depuis 1991. Combien de victimes ? 300 000 ? Plus ? En langue romani, Samudaripen signifie "génocide". Un mot à introduire dans notre langue comme le mot Shoah.

En outre, la France contrevient à ses propres lois lorsqu'elle n'empêche pas un maire ou un directeur d'école de refuser (quasi systématiquement) l'accès à un cursus scolaire normal pour les enfants roms.

En octobre 1999, le gouvernement belge a expulsé 74 personnes tsiganes d'origine slovaque. Cette mesure a été qualifiée de "rafle organisée" par ceux qui s'opposaient à cette politique : les adultes avaient été invités à se rendre à la maison communale sous le prétexte de les aider à régulariser leurs situations, pendant que la police allait chercher les enfants dans les écoles. C'était la première fois qu'un pays européen procédait à une expulsion massive. Dans l'avion, des gendarmes ont eu la subtile initiative d'inscrire à l'encre noire indélébile un numéro sur l'avant-bras gauche de chacune des personnes, y compris les enfants. Des sanctions contre les responsables d'un tel comportement crapuleux ? Aucune. Les protestations, hélas, n'ont guère dépassé les frontières du pays. La Belgique a d'ailleurs été condamnée, ce 5 février, par la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg.

La question tsigane est plus que jamais européenne avec l'élargissement de l'Union. Il y a urgence. La négligence des gouvernements européens est criminelle à l'égard d'un peuple qui risque de disparaître d'une mort lente et silencieuse. La Commission européenne et les gouvernements, sous peine de se discréditer, de trahir la charte fondamentale, de retrouver un silence coupable digne des années noires du siècle dernier, se doivent d'intervenir auprès des gouvernements hongrois, roumain, tchèque et slovaque pour exiger une politique démocratique digne de ce nom.

En 1943, dans le ghetto de Lodz, Reïzel Zychlinsky écrivait : "Et les cieux étaient nus et vides/Tous les cieux/Dieu avait caché sa face."Soixante ans plus tard, pour les Roms d'Europe, les cieux sont toujours nus et vides.

Le temps est peut-être venu pour les communautés juives d'Europe de se souvenir publiquement qu'à Treblinka, Chelmno, Birkenau, Majdanek, dans les ghettos de Varsovie ou de Lodz et dans d'autres camps en Hongrie, en Serbie, en Autriche ou en Allemagne les Roms ont subi une entreprise d'extermination comparable à celle menée contre les juifs. Il faut protéger le peuple rom, lui accorder une citoyenneté européenne, lui donner un statut, une réelle identité.
* Georges Yoram Federmann est psychiatre, responsable du comité d'accueil des roms de Zamoly à Strasbourg. Pierre Mertens est écrivain. Véronique Nahoum Grappe est sociologue (EHESS). Jean-Marc Turine est producteur à France-Culture. Pierre Vidal-Naquet est historien.
LE MONDE | 18.02.02 | 13h22 | analyse

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Gens du voyage : Un rapport alarmant

La nouvelle loi sur les gens du voyage, qui vise à «limiter les nuisances liées au nomadisme», devrait entrer en application.
Au même moment, les élus locaux reçoivent les chiffres d'un rapport établi par le capitaine de police Philippe Pichon sur le problème de la délinquance spécifique au milieu des nomades.
Selon le rapport Pichon, 50 000 personnes appartenant aux « nomades, semi-sédentarisés ou sédentarisés seraient des délinquants, des criminels ou des complices de ces derniers ».
Paradoxalement, la sédentarisation favoriserait la criminalité des groupes nomades en permettant « une certaine organisation » nécessaire à la réalisation « de plus en plus d'actes très violents qui prennent la forme de raids nocturnes ».
Les délinquants nomades se sont spécialisés dans les agressions sur les personnes.
Ainsi, «dans les villes de plus de 50 000 habitants, les Tsiganes commettraient 30 fois plus d'agressions contre les personnes que les délinquants locaux».
Ils frappent prioritairement les groupes les plus vulnérables de la population, puisqu'ils seraient responsables de « 25 % des vols avec violence contre les personnes âgées ».
Le mode opératoire de ces délinquants, qui sévissent dans toute la France, inspire désormais les bandes de banlieue. Selon le colonel Morel, patron de la Cellule interministérielle de lutte contre la délinquance itinérante (Cildi), on constate que des groupes fortement ancrés sur un territoire frappent loin de chez eux, dans des départements où ils n'ont aucune attache. Faute de coordination entre les préfectures et les services de police, cette «mobilité criminelle» est une garantie d'impunité.
Ugo Rankl, Délinquance nomade, Le Point, 1er mars 2002, p. 61.

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27 mars 2002 : Critiques contre l'arrivée de familles roumaines

En Eure-et-Loir, des habitants s'opposent à un transfert de population.

L'annonce de l'arrivée imminente à Auneau (4 000 habitants) et dans deux communes environnantes de demandeurs d'asile roumains, des Roms pour la plupart, suscite de vives protestations dans cette extrémité est du département d'Eure-et-Loir.

Face à une assistance de 600 à 800 personnes, très hostiles au projet, les élus des communes concernées ont défendu l'idée d'un moratoire sur l'arrivée de population sur le camp d'Aunay-sous-Auneau. Convaincus que le transfert des Roumains, installés sur des terrains vagues à Choisy-le-Roi, Orly et Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne, est imminent, les vingt-huit maires du canton menacent de démissionner. Ils espèrent ainsi faire pression sur le préfet et pousser le gouvernement à revenir sur ses décisions. Dans leur démarche, qui consiste notamment à demander des précisions sur les populations à recevoir et sur les conditions d'accueil prévues, les maires du canton d'Auneau ont reçu le soutien du conseil général d'Eure-et-Loir, qui a adopté, lundi 25 mars, à l'unanimité moins une abstention, une motion demandant au gouvernement de surseoir à ses projets. Ce texte a été transmis dans l'après-midi au préfet, aux services du premier ministre et au ministère de l'intérieur.

Ce dossier embarrasse au plus haut point Marie-Hélène Aubert, députée (Verts) de la 4e circonscription d'Eure-et-Loir, territorialement concernée par ce sujet, qui menace de la desservir aux élections législatives de juin prochain comme le projet de troisième aéroport l'avait aidée à déstabiliser son prédécesseur au Parlement, l'UDF Maurice Dousset. Tout en repoussant un projet dont elle assure ne connaître que les grandes lignes, la vice-présidente de l'Assemblée nationale a été l'une des rares personnes à rappeler qu'il s'agit d'accueillir des êtres humains. Son intervention a été entrecoupée de chahuts. En fin de réunion, quelques personnes se sont timidement approchées d'elle pour lui signifier qu'elles avaient entendu des réactions indignes.

"CAMPS DE CONCENTRATION "
Le public réuni à Auneau s'est inquiété des troubles que pourraient occasionner les réfugiés. Ces Roumains sont, en effet, perçus comme des vecteurs potentiels de vols, de mendicité et de prostitution. Quelques participants se sont étonnés que l'on puisse accueillir des centaines de réfugiés sur un site privé d'eau et de sanitaires. De fait, la base militaire désactivée, qui occupe un espace de 33 hectares répartis sur les communes d'Auneau, d'Aunay-sous-Auneau et de Roinville, est dépourvue de tout confort. "Je ne la connais que de l'extérieur. Elle ressemble à un camp de concentration", observe Marie-Hélène Aubert.

Des projets d'acquisition et de réaffectation avaient été imaginés par les maires des trois communes. Dominique Leblond, conseiller général UDF, et Dominique Viel, maire d'Auneau, ne veulent pas croire à l'installation de réfugiés sur un site qui n'a même pas été dépollué. Ils imaginent mal que la Croix-Rouge française, sollicitée pour l'accueil de ces familles roumaines, puisse trouver des solutions aux problèmes créés par l'état de la base. Pour l'instant, l'organisation humanitaire a dépêché des experts pour étudier la faisabilité de cette opération.

Au ministère de l'emploi et de la solidarité, on précise que le but de cette opération est de mettre fin aux "conditions sanitaires épouvantables" dans lesquelles vivent actuellement ces réfugiés. Le 22 mars, la préfecture d'Eure-et-Loir avait indiqué que les familles roumaines viendraient à Auneau sur la base du volontariat et que leur nombre serait régulé selon la capacité d'accueil des installations prévues.
Malik Laïdi, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 27.03.02, Le Monde, 27 mars 2002, p. 13.

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Les bidonvilles roumains empoisonnent le Sud parisien
Choisy-le-Roi (Val-de-Marne)

LA TENSION MONTE autour des bidonvilles roumains du Val-de-Marne. Implantés depuis de nombreux mois sur les communes de Choisy, Vitry et d'Orly, au sud de Paris, ces camps de fortune, qui réunissent au total près d'un millier d'occupants, prennent de plus en plus des allures de cloaques insalubres doublés de véritables plaques tournantes de trafics en tous genres, à quelques kilomètres de Paris. Après avoir, en vain, tenté d'attirer l'attention sur le problème, le maire communiste de Choisy-le-Roi, Daniel Davisse, vient d'écrire au ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour réclamer des solutions de toute urgence.

Car il y a véritablement urgence.

Alors que les caravanes du début sont devenues des baraquements dignes des pires favelas sud-américaines, les familles initialement présentes, dont certaines faisaient office d'interlocuteurs avec les autorités, ont peu à peu cédé la place à de véritables mafias.
Ces camps semblent aujourd'hui hors de contrôle. « Les nouveaux arrivants se livrent de plus en plus à des trafics en tout genre », assure le maire de Choisy : vols de caravanes, paris d'argent, et même attaques de camions sur l'autoroute « par bandes organisées de jeunes ». A cela s'ajoute un inquiétant problème de « prostitution adulte et enfantine ». Sans compter les vols et les dégradations qui se multiplient dans les zones industrielles de Choisy et Vitry. La société Aventis (ex-Rhône-Poulenc) a ainsi dû renforcer sa sécurité « suite aux multiples intrusions de Roumains ».

Un dossier dans l'impasse Aux questions d'insécurité, s'ajoutent des problèmes d'hygiène avec la prolifération d'énormes rats. De plus, les branchements dangereux sur les réseaux électriques et d'assainissement ont dégradé les installations techniques. Ainsi, le débourbeur de la Direction départementale de l'équipement a été saccagé. En cas de violent orage, la A 86 pourrait être inondée et la Seine polluée. Ce dossier, de plus en plus préoccupant, semble pourtant aujourd'hui dans l'impasse. Les suites judiciaires se révèlent compliquées. Le premier magistrat de Choisy souligne « un sentiment d'impuissance des forces de police qui se heurtent à des interpellations difficiles », dont celles de mineurs aux parents rarement identifiables. Il y a trois mois, le projet de déménagement de ce millier de Roms vers un terrain militaire près de Chartres a avorté face à la levée de boucliers des élus et riverains d'Eure-et-Loir. Depuis, rien n'a bougé. Une « situation de blocage » de plus en plus insupportable.

Environ 130 Roumains, dont une trentaine d'enfants, se sont installés, dans la nuit de samedi à dimanche (07 juillet 2002), dans une usine désaffectée à L'Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ils sont arrivés par leurs propres moyens, en empruntant les transports en commun, à pied ou en voiture. Des tentes ont été dressées.
Brendan Kemmet Le Parisien , lundi 08 juillet 2002, p. 15

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SÉCURITÉ La loi Besson et ses aires d'accueil obligatoires n'y ont rien changé : les nomades investissent les communes et suscitent une levée de bouclier des élus

La démographie en hausse des «gens du voyage» et l'arrivée d'immigrés de l'Est aggravent la situation dans plusieurs régions de France.

Les élus locaux en guerre contre les nomades

La situation se dégradait depuis longtemps. Le projet de loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure, qui prévoit d'intensifier la lutte contre le stationnement illicite des gens du voyage, a replacé cette question explosive au centre des débats. Sensibilisés par des maires souvent à bout de nerfs, plusieurs députés de la majorité parlementaire se mobilisent pour une réelle prise en charge du problème, aggravé par l'arrivée massive de nomades de l'Est. Selon la Cellule interministérielle de liaison sur la délinquance itinérante (Cildi), 20 à 30 altercations entre élus locaux et nomades se produisent chaque semaine sur l'ensemble du territoire.

Les dispositions proposées par Nicolas Sarkozy pour résoudre les conflits nés du stationnement sauvage des gens du voyage s'inscrivent dans un contexte bien particulier. La commission des finances, qui examinait le projet de loi la semaine dernière, a ainsi adopté un amendement d'Alain Joyandet (UMP, Haute-Saône) proposant, outre des sanctions financières, « la confiscation des véhicules » utilisés par les personnes en infraction. Christine Boutin, députée UMP des Yvelines, et Richard Dell'Agnola (UMP, Val-de-Marne), avaient déjà réclamé, pour leur part, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les gens du voyage. Lucien Degauchy enfin, député UMP de l'Oise, a déposé une proposition de loi afin accélérer l'expulsion des nomades en stationnement illégal (lire ci-dessous). Il faut dire que la situation est souvent critique à l'échelle locale, et l'arsenal législatif totalement caduc.

La situation est particulièrement sensible dans les Yvelines, département apprécié pour ses nombreuses parcelles encore non construites et sa proximité de Paris. Joël Regnault, maire DVD de Plaisir, en sait quelque chose. « Il y a quelques mois, raconte-t-il, nous avons vu débarquer une centaine de caravanes sur un terrain vague de la commune. Comme il est parsemé de trous et de fils électriques, j'avais fait creuser une tranchée tout autour. Mais les gens du voyage ont loué une pelleteuse pour la combler. Je me suis rendu sur place avec mon équipe pour tenter de parlementer : le conducteur de la pelleteuse nous a foncé dessus ! Finalement, j'ai dû attendre cinq semaines pour obtenir l'arrêté préfectoral d'expulsion. »

Une histoire devenue monnaie courante... Pendant près d'un an, jusqu'à 150 caravanes ont ainsi « squatté » le campus d'une université grenobloise, avant d'être finalement délogées en mai dernier. L'aéroport de Roissy a, lui, été investi pendant quinze jours par une centaine de véhicules. Il faut dire que la procédure d'expulsion est particulièrement longue. Le maire de la commune, ou l'éventuel propriétaire du terrain, doit d'abord faire rédiger un constat d'huissier. Il lui faut ensuite engager un avocat pour adresser une demande de référé d'expulsion auprès du tribunal. Au préfet, enfin, de faire appliquer l'arrêté en mobilisant des effectifs de police.

« Au total, les frais de procédure reviennent à 1 500 € environ, note le maire de plaisir. En 2001, j'ai du faire face dix-neuf fois à cette situation ! »

A ces frais de procédures, s'ajoutent d'ailleurs bien d'autres dépenses connexes : sur les sites de campement sauvage, les nomades n'hésitent pas à se brancher directement sur les réseaux d'eau et d'électricité communaux. La construction des aires de stationnement rendues obligatoires par la loi Besson (voir encadré) a également un prix, tout comme leur réfection : certains les laissent dans un état lamentable après leur passage. « Je refuse que les impôts des uns paient pour les autres », résume Christine Boutin.

Autres motifs de mécontentement, les problèmes d'hygiène, d'incivilités et de délinquance, qui bien souvent vont de pair avec l'installation d'un nouveau campement. « Si certains essaient d'exercer de petits métiers, si d'autres se laissent aller à de petits larcins, on constate ces derniers temps l'apparition de bandes organisées, spécialisées dans les razzias en supermarchés, les vols de voitures ou encore le grand banditisme », constate le colonel Jacques Morel, qui dirige la Cildi. Pour preuve, ce « gangs des châteaux », groupe d'une quinzaine de nomades à l'origine de 200 à 300 cambriolages entre 1998 et 2000 et qui a été très récemment jugé. D'une manière générale, les gens du voyage commettraient trente fois plus d'infractions contre les personnes et cinq fois plus contre les biens que les délinquants sédentaires, indique un rapport du ministère de l'Intérieur.

« La loi Besson crée chez les gens du voyage un sentiment d'impunité intolérable, regrette Richard Dell'Agnola. « Les nomades ont certes des droits, mais il faut aussi leur donner des devoirs », estime Christine Boutin. Les gens du voyage, qui ont reçu hier le soutien de la Fédération protestante de France dans une lettre adressée au premier ministre, estiment, eux, que les solutions proposées par les pouvoirs publics ne prennent pas en compte la réalité de leur mode de vie.
lefigaro.fr, Delphine Moreau [18 juillet 2002]

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(Avril 2003) Les gens du voyage dans le collimateur de Sarkozy
Création avant l'été d'une nouvelle structure, baptisée Office central de lutte contre la délinquance itinérante

Plus nombreux, plus efficaces, plus impulsifs : les délinquants itinérants, malfrats d'un genre particulier, recrutant parmi les gens du voyage, écument chaque jour davantage la France pour signer de spectaculaires prédations : souvent au préjudice de banques dont les succursales sont défoncées, de transporteurs dont les camions sont dévalisés, de personnes âgées dépouillées, ou encore de supermarchés pillés avec méthode.
Comme est en mesure de le révéler Le Figaro, quelque 8 900 délits graves ont été imputés l'an dernier à ces bandes très mobiles, capables de couvrir plusieurs centaines de kilomètres avant de passer à l'action. Soit près de 25 actes criminels commis chaque jour. Prenant la mesure de ce fléau, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait exigé dès juillet, à l'occasion d'une grand-messe police-gendarmerie au Carrousel du Louvre, que les forces de l'ordre conjuguent les efforts au sein d'un seul et même office de répression aux compétences nationales. Ce qui deviendra réalité avant l'été.

Jusqu'à présent, la criminalité liée aux gens du voyage reste prise en charge par la cellule interministérielle de lutte contre la délinquance itinérante (Cildi). Ne comptant que des gendarmes, cette structure spécialisée a créé et animé, au gré des affaires, une centaine de cellules d'enquête avec les brigades et les sections de recherche locales.

Baptisées «Château 78» ou encore «Manoir 47», ces dernières sont coordonnées par des experts ayant fourni diverses synthèses sur des vagues d'attaques de supermarchés dans le Bordelais, des vols en série de coffres-forts à Toulouse ou encore une succession d'agressions de personnes âgées dans la région marseillaise.
«Les cellules d'enquête restent en place jusqu'à l'éradication totale du phénomène, explique le colonel Jacques Morel, patron de la Cildi. Nos gendarmes spécialisés, basés au fort de Rosny-sous-Bois, apportent aujourd'hui encore leur connaissance du «milieu» à une vingtaine de cellules dans lesquelles travaillent plus de 150 militaires à travers la France.» Le système semble fonctionner : depuis ses débuts en 1997, la Cildi a déjà procédé à l'interpellation de 1 250 délinquants itinérants, dont 510 ont été écroués et une centaine d'autres reconduits à la frontière.

«Mais il fallait passer à la vitesse supérieure», explique-t-on place Beauvau. Entérinée en mars dernier par Pierre Mutz, directeur général de la gendarmerie nationale, et son homologue à l'Intérieur, Michel Gaudin, la création du nouvel Office central de lutte contre la délinquance itinérante (Ocli), prévue d'ici l'été, optimisera la traque des prédateurs vagabonds. «Pour l'heure, il y avait une déperdition d'informations entre policiers et gendarmes, note le colonel Jacques Morel.
La mise en commun des données permettra de mieux quantifier le phénomène qui nous préoccupe.» Une première passerelle a été jetée il y a deux mois entre la maréchaussée et la police, avec l'arrivée au sein de la Cildi d'un capitaine de liaison venant de la sécurité publique. En outre, le nouvel office, le premier appelé à être commandé par un militaire, fera aussi appel aux compétences d'agents de la Division nationale des enquêtes fiscales (DNEF) et de la Direction nationale des enquêtes douanières (DNED) afin d'enquêter sur le niveau de vie, parfois «curieux», d'une partie de la population semi-sédentarisée. A l'image des groupements d'interventions régionaux (GIR), qui répriment, avec un certain succès, l'économie souterraine des cités, le futur Ocli risque de porter de rudes coups à une forme de délinquance aussi violente qu'opaque.
lefigaro.fr, Christophe Cornevin [18 avril 2003]

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(19 avril 2003) Nouvel imbroglio lié à l'expulsion de Roms

Les Roms roumains ne connaissent pas tous le même sort depuis leur expulsion d'un immeuble squatté.

Une centaine de Roms roumains expulsés lundi (14 avril 2003) d'un immeuble squatté à Montreuil (Seine-Saint-Denis) étaient hier (18 avril 2003) en pleine confusion juridique, certains maintenus en rétention, d'autres libres, d'autres assignés à résidence, parfois membres d'une même famille.
Ainsi, Augustin Demian est libre. Il fait partie d'un groupe de 20 hommes placés en rétention au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), puis remis en liberté mercredi sur décision du juge de Meaux, estimant que « les conditions d'interpellation étaient irrégulières ».
Sa femme, Maria Dragan, et ses trois enfants (17, 14 et 1 an et demi) étaient, eux, maintenus au centre de rétention de Bobigny (Seine-Saint-Denis), sur décision du juge du tribunal de grande instance de Bobigny. Si son appel est rejeté, elle sera reconduite à la frontière avec ses enfants.
La confusion qui a suivi l'expulsion du bidonville de Choisy, en décembre dernier, la première d'une série d'opérations visant à faire disparaître bidonvilles et squats de Roms d'Ile-de-France, est en donc en passe de se reproduire : 183 Roms avaient été expulsés le 3 décembre (2002), 40 arrêtés de reconduite à la frontière prononcés et 5 seulement exécutés.
Lundi à Montreuil, la moitié des Roms présents dans l'immeuble ont été laissés libres, sans raison apparente. Certains ont rejoint d'autres terrains occupés, une vingtaine ont été hébergés dans une salle paroissiale protestante à Montreuil. Les autres, 42 adultes et 10 enfants, ont été placés en centres de rétention, les femmes et enfants à Bobigny, les hommes entre Le Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) et Vincennes (Val-de-Marne). D'où la différence de situation juridique.

Quinze arrêtés de reconduite à la frontière annulés Le juge de Meaux a prononcé 20 remises en liberté, alors qu'à Bobigny, 4 femmes, mères de 4 enfants, étaient maintenues en rétention et 11 femmes, avec 13 enfants, assignées à résidence.
Mais un grand nombre de dossiers sont désormais caducs puisque, hier, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé 15 arrêtés de reconduite à la frontière prononcés par la préfecture de Seine-Saint-Denis, sur 28 déjà examinés.
Dix arrêtés ont été maintenus, mais les trois quarts concernent des Roms ayant bénéficié de remise en liberté par le tribunal de Meaux. Ils ont leur passeport, mais sont susceptibles d'être interpellés dans la rue et reconduits à la frontière.
La situation des femmes et enfants assignés à résidence est un peu différente. Illeana Rista et sa fille, scolarisée comme un grand nombre d'enfants, a vu son arrêté de reconduite à la frontière annulé. Elle doit aller récupérer son passeport mardi à la préfecture. Une démarche risquée car elle peut se voir signifier un nouvel arrêté de reconduite préfectoral. Très peu prendront ce risque, préférant se fondre dans la nature.
I.G., Le Parisien, samedi 19 avril 2003, p. 17

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Un million de Roms rejoignent l'UE

Avec l'élargissement le 1er mai 2004 de l'Union européenne à dix pays dont huit d'Europe centrale et orientale, plus d'un million de Roms vont devenir citoyens de l'UE : quelque 600 000 sont originaires de Hongrie, 500 000 de Slovaquie, 250 à 300 000 de République tchèque, 50 000 de Pologne, 10 000 de Slovénie.

Attendues en 2007 dans l'UE, la Roumanie abrite entre 1,8 et 2,5 millions de Roms et la Bulgarie de 700 000 à 800 000.

Partout en Europe centrale et orientale, les Roms sont marginalisés. Selon une enquête du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), plus d'un sur deux dit souffrir de faim «plusieurs jours par an» et seul un tiers a terminé l'école primaire.
Libération, vendredi 21 novembre 2003, p. 11

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Opération antiprostitution dans deux camps de Roms
(18 novembre 2003) Les policiers ont arrêté sept personnes soupçonnées de forcer des jeunes femmes à se prostituer.
LES PLUS JEUNES ont à peine 15 ans. Elles viennent pour la plupart de Roumanie, parfois de Moldavie, et sont contraintes de se prostituer sur les trottoirs parisiens, notamment dans les XVIIIe et XIXe arrondissements.
Depuis plusieurs mois, la brigade des mineurs enquête sur les réseaux responsables de l'arrivée en France de ces adolescentes, dont le nombre a sensiblement augmenté depuis le début de l'année. Hier matin (18 novembre 2003) à l'aube, les enquêteurs ont investi deux camps de Roms installés à la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à deux pas du Stade de France, depuis le mois de juillet dernier.
Intervenant dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris pour « proxénétisme aggravé », les policiers ont arrêté sept personnes qui ont été placées en garde à vue et étaient encore entendues hier soir. Parallèlement, la brigade des mineurs a interpellé une douzaine de jeunes femmes, âgées de 15 à 18 ans. Ces victimes présumées du réseau sont entendues en tant que témoins.
Au cours des perquisitions menées dans les caravanes stationnées sur place, les enquêteurs ont également saisi 210 cartouches de cigarettes qui semblent provenir d'un récent casse de bar-tabac, des bijoux volés et un fusil de chasse.

Obligées de ramener 300 € par nuit

Fin septembre, une opération du même type avait déjà été menée dans un camp de L'Ile-Saint-Denis. A l'époque, cinq proxénètes avaient été écroués et les policiers avaient pu reconstituer à cette occasion le mode de fonctionnement du réseau.
Les jeunes femmes étaient le plus souvent recrutées dans leur pays d'origine avec la promesse d'un vrai travail. Mais à leur arrivée en France, elles atterrissaient dans des caravanes où des filles déjà sur le trottoir les affranchissaient sur la nature réelle de leur travail.
Forcées de se prostituer de 21 h 30 à 6 heures, elles avaient pour obligation de ramener 300 € par nuit sous peine d'être corrigées dès leur retour dans le camp. Tout en condamnant « fermement » les faits de proxénétisme, Didier Paillard, premier adjoint au maire communiste de Saint-Denis, a estimé hier que « tant qu'il n'y aura pas une vraie politique d'accueil des Roms, ces populations errantes, contraintes à une économie de survie, seront la proie de tous les trafics, y compris humains ».
Reste que l'émergence de ces filières roumaines inquiète de plus en plus les policiers. Le partage des secteurs de prostitution donne lieu à de sérieuses explications entre clans. Fin octobre, la PJ a même été saisie d'un dossier d'enlèvement et séquestration suite aux dépositions de jeunes prostituées qui assurent que deux de leurs copines ont mystérieusement disparu. Deux hommes, acteurs d'un réseau concurrent, ont été mis en examen dans le cadre de cette affaire toujours en cours.
Stéphane Albouy et Vincent Mongaillard, Le Parisien, mercredi 19 novembre 2003, p. 14

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(Décembre 2003) Les mots du préfet du Vaucluse voyagent devant la justice
Le haut fonctionnaire avait déclaré que les gens du voyage vivent «d'escroquerie et de rapines».

Un préfet sur les bancs du tribunal. Hier (16 décembre 2003), à la 17e chambre correctionnelle à Paris, comparaissait pour diffamation Paul Girod de Langlade, préfet en exercice du Vaucluse. On lui reprochait des propos retransmis sur France 2, le 23 octobre 2002, concernant les gens du voyage et jugés diffamatoires par un particulier, un forain.

«Ces gens vivent d'escroquerie et de rapines, mais ce n'est pas une raison pour les pousser de places de villages en places de villages. Ce n'est pas comme ça qu'on réglera le problème. Ce sont des gens qui roulent dans des voitures de luxe, qui ont des caravanes énormes et qui ne travaillent pas, donc on peut s'interroger sur les revenus de ces gens-là.» Voilà les propos en débat. Le problème, c'est qu'ils avaient déjà été tenus ­ en substance ­ quelques jours auparavant, devant l'assemblée générale des maires du département. Le préfet répondait alors à l'interpellation d'un élu.

A la barre, hier, Paul Girod de Langlade a expliqué qu'il avait souhaité «clarifier les choses» devant les journalistes, car plusieurs jours après «chacun fantasmait sur cette affaire-là». «Mais, l'explication a fait plus de bruit que les propos eux- mêmes.»

Le président du tribunal s'est étonné de ce manque de prudence, devant un auditoire de journalistes. «Votre intérêt était d'être bien compris. Vous auriez pu dire : je ne mets pas en cause l'honnêteté des gens du voyage... là, c'était un peu raté.» «Vous n'êtes pas candide, vous êtes un préfet de la République, avec une carrière, une très bonne notation, a renchéri l'avocat du forain, chaque mot est calculé, précis.» Puis «qu'un préfet puisse tenir de tels propos participe à la stigmatisation, à jeter l'opprobre sur les tsiganes, les manouches». Cité comme témoin, le secrétaire général du Mrap a enfoncé le clou : «Le racisme commence quand on dit "ces gens-là"...»

Le préfet s'est défendu de cette accusation : «je ne suis pas raciste», a-t-il répété. Son avocat a également fait valoir qu'il avait été extrêmement efficace pour faire adopter par les maires du Vaucluse un schéma départemental d'accueil des gens du voyage. Cependant à l'audience, Paul Girod de Langlade a reconnu que ses propos n'avaient pas été «très adroits». «Les mots sont partis plus vite qu'ils n'auraient dû», a-t-il admis. «Si M. Débart (le plaignant, ndlr) était présent ; je lui présenterais mes excuses.»

«C'est que vous reconnaissez que vos propos ont un caractère de généralité tel que M. Débart ait pu se sentir visé», a glissé le président. Pourtant, si le tribunal suit les réquisitions du procureur, il considérera comme irrecevable la plainte de ce forain. Selon le parquet, Michel Débart n'est pas visé personnellement, les propos du préfet ­ qui certes pourraient constituer une diffamation raciale ­ ne sont pas une atteinte à son honneur à lui.
Le jugement sera rendu le 10 février (2004). Deux autres plaintes, avec constitution de parties civiles concernant les mêmes propos sont par ailleurs en cours d'instruction.
Libération, Par Charlotte ROTMAN, mercredi 17 décembre 2003, p. 19

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(03 février 2004) Opération coup de poing dans un camp de nomades

LA GENDARMERIE de l'Essonne, le groupe d'intervention régional (GIR) et la police aux frontières ont frappé un grand coup, hier, à Athis-Mons. En début de matinée, 200 gendarmes et policiers ont investi un camp de Roms situé en bord de Seine. Leur cible : des individus suspectés de receler le butin provenant d'une impressionnante série de cambriolages perpétrés depuis l'été dernier.

En quelques mois, le même mode opératoire a été signalé à au moins cinquante reprises entre Etampes et Palaiseau. L'enquête a finalement permis aux gendarmes d'identifier 17 personnes. Douze d'entre elles ont été interpellées hier. A 8 heures précises, les gendarmes des compagnies d'Etampes et de Palaiseau, soutenus par une équipe de gendarmerie mobile de Satory (Yvelines), encerclent le camp. Une fois que toutes les issues, du portail au simple trou dans le grillage, sont sous contrôle, les militaires interviennent simultanément sur les quatre sites où logent les Roms. Depuis plusieurs mois, quelque 80 Roumains et Moldaves, tous adultes, vivent sur ce terrain vague de 3 hectares, dans des caravanes, une maisonnette décrépite ou dans un hangar sommairement aménagé.

« Là, on vient de toucher le jackpot ! »

Alors que des militaires surveillent les femmes, d'autres gendarmes arrêtent plusieurs suspects. Menottes aux poignets, ces derniers sont alors interrogés un par un. « C'est long, soupire un officier. On doit d'abord établir précisément les identités. Nous n'avons le droit de fouiller que les effets et les véhicules des personnes visées par les deux commissions rogatoires. Nous devons croiser différents fichiers. Si certains sont dans leur bon droit, d'autres sont en situation irrégulière ou demandeurs d'asile. »

Une Renault 19 arrivée sur place après le début de l'intervention, avec trois personnes à bord, intéresse particulièrement les forces de l'ordre. Pas de doute, les trois tronçonneuses, les outils et divers objets découverts dans le coffre proviennent d'un cambriolage et de vols à la roulotte commis la nuit précédente dans la région de Tours.

« Là, on vient de toucher le jackpot... », murmure un gendarme en contemplant une sacoche soigneusement dissimulée sous le capot. Les tournevis et forets qu'elle contient correspondent au matériel utilisé pour pénétrer dans les pavillons. Outre les douze hommes interpellés hier matin, quatre Roumains et Moldaves en situation irrégulière ont été appréhendés et, comme les autres, placés en garde à vue.

L'officier des douanes intégré au GIR s'est, quant à lui, intéressé de près au cas d'un homme qui détenait 43 cartouches de cigarettes d'origine plus que douteuse. Il a du règler une amende douanière de 350 euros. Hier soir, un officier de gendarmerie ne cachait pas sa satisfaction : « On a mobilisé de gros moyens et cela s'est bien passé ! » Reste maintenant à attendre les suites judiciaires.
Olivier Bureau, Le Parisien, mardi 03 février 2004, Essonne page I.

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(Mars 2004) Un réseau de trafiquants d'oeuvres d'art démantelé

DANS le milieu des collectionneurs d'art, on appelle ça des « faux jades » : de magnifiques statuettes d'art antique, souvent d'origine asiatique, entièrement en jade, pierre précieuse de couleur verte. En fait, ce sont des copies habilement confectionnées et vendues grâce à des trésors d'ingéniosité par des escrocs.

Un réseau de ce type a été démantelé hier matin (17 mars 2004) en Essonne, au cours d'une spectaculaire opération de gendarmerie, pilotée par le groupe Jade 75 et la cellule interministérielle de lutte contre la délinquance itinérante (Cildi).

Plus de deux cents militaires ont été déployés en même temps hier à 6 heures pour interpeller quinze suspects, dont douze à Athis-Mons et Morangis. Les autres ont été arrêtés à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) et dans la Loire Atlantique. Ils appartiennent tous à la même famille, des gens du voyage sédentarisés. Ils sont suspectés d'avoir escroqué sept personnes pour un montant de 1,25 million d'euros !

Des victimes fortunées

Une vraie statuette de jade, très courue par les spécialistes, peut atteindre un million d'euros. Là, les escrocs proposaient leur copie à partir de 150 000 €. Tout résidait dans l'art de convaincre l'acheteur. La première étape consistait à repérer le « pigeon ». Lors d'expositions de collections, de ventes aux enchères ou dans des grandes galeries d'art, les escrocs choisissent une victime en évaluant sa « surface financière ».

« En quelques approches, ils sont capables de connaître les moyens de leur future victime, mais aussi son profil psychologique », explique un enquêteur. Ensuite plusieurs approches sont possibles. Le contact direct : dans une boutique chic ou un grand hôtel, les vendeurs sont courtois et élégants, ils sont accompagnés d'un expert (un complice) et l'affaire peut se conclure tout de suite. Si la cible est méfiante, les scénarios aussi diverses que compliqués sont mis en oeuvre : se faire passer pour les représentants d'héritiers ou de réfugiés chinois, et peuvent même confier les statuettes au futur acheteur comme marque de confiance.
Autre combine, simuler un accrochage avec la voiture de l'acheteur potentiel. Dans le véhicule, l'escroc se fait passer, heureux hasard, pour un expert en antiquités et propose d'examiner les statuettes. Depuis l'ouverture de l'information judiciaire en juillet dernier au pôle financier du parquet de Paris, l'enquête porte sur sept plaintes, dont celle d'un ancien parlementaire et même d'un artiste étranger.

« Mais ce type d'escroquerie de haut vol est beaucoup plus répandu, poursuit l'enquêteur. Souvent, par honte, les victimes ne portent pas plainte. » Ou aussi pour éviter de parler du versement de grosses sommes en liquide qui pourrait attirer sur elles l'oeil du fisc. Les sept suspects étaient placés en garde à vue hier soir.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, jeudi 18 mars 2004, p. Essonne II

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14 SDF victimes d'arnaques au RMI
Attirés par des promesses d’hébergement, les SDF étaient emprisonnés dans un camp de nomades et leur RMI détourné. Six personnes du milieu des gens du voyage ont été arrêtées.

C’est une arnaque sordide dont ont été victimes quatorze sans domicile fixe dans la région de de Dunkerque. Elle avait été mise sur pied par plusieurs personnes appartenant au milieu des gens du voyage. Attirés par des promesses d’hébergement en échange d’une procuration sur leur RMI, les SDF se retrouvaient séquestrés dans des caravanes d’un camp de nomades à Loon-Plage, gardés par deux chiens, dans des conditions de vie très précaires. Pendant ce temps, leur RMI était empoché par leurs geôliers.

C’est une des victimes qui a pu donner l’alerte, en juillet dernier. Le SDF a déposé une plainte en expliquant qu'il avait été séquestré, et les conditions de son emprisonnement. Mais c’est seulement mardi que six personnes du milieu des gens du voyage ont été arrêtées.

Les six personnes, dont ni l'âge ni le sexe n'ont été révélés, ont été interpellées sur commission rogatoire d'un juge d'instruction après l'ouverture récente d'une information judiciaire. Elles se trouvaient en garde à vue mercredi matin. "Pendant l'enquête préliminaire, nous avons fait des vérifications auprès de compagnies d'assurance, nous avons aussi vérifié que les personnes qui bénéficiaient du RMI étaient toujours les mêmes", a-t-on indiqué au parquet de Dunkerque.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 24 mars 2004

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A Montreuil-Bellay, un camp tsigane tombé dans l'oubli
Piètre hommage aux «indésirables» internés de 1940 à 1946.

Debout. Devant les officiels, sur le toit de la prison à demi enterrée du camp, Jean-Louis Bauer est ému. Aujourd'hui président de l'association des victimes tsiganes de l'internement et de la déportation, il a passé cinq ans de son enfance enfermé avec sa famille, ici et dans d'autres camps de l'Ouest. Sans la moindre condamnation. Son seul crime : être tsigane. «Je n'ai jamais su pourquoi on a mérité les barbelés, le froid et cette nourriture infecte, dit-il. Tant que je pourrai venir, je viendrai. Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de la France, mais pour les juifs, pas pour nous. Nous sommes toujours les oubliés de l'histoire.»

Pitoyable.
De l'ancien camp de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), entre la nationale et la voie ferrée, il ne reste que les fondations des murs des baraques, quelques marches et le caveau-prison. Avant-hier (24 avril 2004), pour la Journée nationale de la déportation tsigane, les officiels et les porte-drapeaux étaient ceinturés par une clôture électrique à bestiaux. En temps ordinaire, les vestiges de l'ancien camp de concentration sont en effet broutés par des moutons. Pour la cérémonie, le fermier les a exceptionnellement éloignés du champ bosselé où, il y a soixante ans, l'administration française a parqué des centaines de Tsiganes. Les premières arrestations des «indésirables» datent de janvier 1940, avant l'Occupation. Puis Vichy confirma la politique d'enfermement.

La cérémonie est un peu pitoyable. La fanfare municipale joue comme elle peut. Un sportif en survêtement empoigne la «flamme du souvenir», censée aller rejoindre le mémorial des martyrs de la déportation à Drancy, mais, après cinquante mètres en foulées sur la nationale, il s'arrête, éteint la flamme et revient discuter avec un gendarme. Le sous-préfet parle bien d'«infamie, de persécutions raciales et d'internements arbitraires», mais il ne met en avant que «la politique ségrégationniste du régime de Vichy». Oubliant au passage le décret d'avril 1940, pris par le président Albert Lebrun, interdisant «en période de guerre la circulation des nomades, individus errants, généralement sans domicile, ni patrie, ni profession effective». Le sous-préfet oublie aussi que les derniers camps français où ont été parqués des Tsiganes n'ont été fermés qu'en 1946. Des mois après la Libération.

Déshérence.
«C'est toujours un tabou », dit Julien Schultz, venu pour la première fois à Montreuil-Bellay. Enfant de l'Assistance, il a appris l'an dernier que ses parents ont été enfermés ici. Vendredi, aux archives à Angers, il a découvert qu'un de ses frères est mort dans ce camp en septembre 1942. De faim ou de froid, couvert de vermine, comme la plupart de ceux qui ont trouvé la mort derrière les deux rangs de barbelés électrifiés et les deux miradors. Pour les villageois du bourg, c'était alors un but de promenade. Comme on vient voir des animaux en cage.

A partir de juin 1940, l'ancien dépôt de poudre, construit par des républicains espagnols, est vite devenu stalag allemand pour les prisonniers de toutes nationalités. Puis, un an plus tard, pour les premiers Tsiganes regroupés à partir d'autres camps plus petits. Pendant quatre ans, entre 500 et 1 000 Tsiganes, tous français, seront en permanence à Montreuil-Bellay, mêlés à quelques clochards raflés à Nantes et à des marchands forains. Comme les autres centres de rétention des nomades français, le camp n'a pas fourni de prisonniers aux camps d'extermination en Allemagne.

Aujourd'hui, Montreuil-Bellay est un lieu de mémoire en déshérence. Il a fallu quatre ans pour obtenir, en 1988, une modeste stèle (1). «La mairie n'a pas racheté le terrain qui était en vente au franc symbolique, dit Jean-Louis Bauer. Je voudrais un vrai monument. Avant de mourir.»
(1) Financée notamment par Jacques Sigot, auteur de Ces barbelés oubliés par l'histoire (Ed. Cheminements, 1994).
Libération, Par de LA CASINIERE Nicolas, lundi 26 avril 2004, p. 16

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(24 juin 2004) Le corps de Jeanne-Marie n'a toujours pas été retrouvé

La fillette de 11 ans disparue vendredi en Alsace a été renversée par une voiture • Les occupants l'ont ensuite embarquée dans leur voiture alors qu'elle était encore en vie • Six personnes mises en examen •

Un homme de 34 ans et son frère de 16 ans ont été mis en examens et écroués dans la nuit de mercredi à jeudi pour enlèvement suivi de mort mais le corps de Jeanne-Marie, 11 ans, disparue vendredi à Rhinau (Bas-Rhin), n'a toujours pas été retrouvé. L'aîné, également mis en examen pour blessures involontaires, est soupçonné d'avoir heurté Jeanne-Marie alors qu'il était au volant de sa voiture. Selon le procureur de la République, Jacques Louvel, c'est le plus jeune des deux qui aurait raconté aux enquêteurs le déroulement des faits. Après le choc, le grand frère, qui roulait sans permis, se serait arrêté. Ensuite «l'enfant aurait été chargée dans la voiture, ramenée au sein de la famille et abandonnée dans des conditions mal déterminées à un endroit où on n'a pas pu la retrouver», a indiqué le procureur.

Quatre autres personnes, deux hommes et deux femmes «appartenant à l'environnement familial» des deux frères, ont également été mises examen et écrouées pour «non assistance à personne en péril» et «non dénonciation de crime concernant un mineur». D'après des membres de la famille cités par le procureur, la fillette «était encore en vie» quand elle a été ramenée à leur domicile.

Pour tenter de retrouver son corps et la voiture qui l'aurait percutée, les gendarmes s'apprêtent désormais à «réorganiser les recherches pour partir sur des investigations de plus longue haleine». Ils devraient plonger jeudi après-midi dans le Rhin, à proximité d'Artolsheim (Bas-Rhin), lieu de résidence des six personnes mises en examen. Ils ont fouillé mercredi des étangs et des sous-bois à Artolsheim et devraient maintenant chercher en cercles concentriques autour du village.
jeudi 24 juin 2004 (Liberation.fr - 11:54)

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(Juillet 2004) Les Roms ont défilé pour la première fois contre la répression

Les gens du voyage ont manifesté, samedi (17 juillet 2004) à Paris, pour ne plus être chassés "de bidonville en bidonville".
En 2003, les expulsions de Roumains sans papiers - des Roms pour l'essentiel - ont augmenté de 66 %. Pour les associations, le plan Sarkozy est un échec.

C'est une manifestation sans doute modeste, confidentielle même au vu du nombre de participants. Mais elle est quasiment sans précédent.
Samedi 17 juillet, 200 à 300 Roms roumains ont défilé à Paris, entre la place de Clichy et la place Saint-Augustin, pour réclamer "une vie meilleure".
Plusieurs dizaines de personnes, issues d'horizons divers (notedt, 1), ont marché à leurs côtés en signe de solidarité : militants de la Confédération nationale du travail (CNT), de Droit au logement (DAL), du Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), de Ras l'front, élus locaux, représentants associatifs ou de comités de soutien...

Au départ, l'initiative, revendiquée par des Tsiganes de Saint-Denis et de Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), était loin de faire l'unanimité parmi les défenseurs de la cause des Roms. Certains se sont plaints de la date choisie - pas idéale pour mobiliser -, du manque de concertation ou des risques d'interpellation.
Mais qu'importe : les Tsiganes roumains, qui étaient là, samedi, ont crié leur volonté d'avoir "des papiers", "du travail", "un logement". Ils ont également exprimé leur lassitude d'être éternellement chassés d'un endroit à un autre. "Expulsion de bidonville en bidonville, stop !"

Car depuis deux ans, les services de l'Etat ont durci leurs pratiques à l'égard des Roms, conformément aux consignes données par Nicolas Sarkozy, à l'époque où il était ministre de l'intérieur. Celui-ci a resserré les liens de coopération entre la France et la Roumanie pour "lutter contre le développement de l'immigration irrégulière et certains phénomènes connexes liés à l'apparition de réseaux criminels, et notamment de traite des êtres humains", rappelle-t-on Place Beauvau.
Cette politique a donné "de bons résultats", affirme l'attaché du ministre de l'intérieur roumain près de l'ambassade de Roumanie à Paris (qui souhaite garder l'anonymat) : démantèlement de réseaux de prostitution, interpellation d'un homme qui avait commis un homicide en Roumanie...

Dans l'Hexagone, les policiers sont intervenus à maintes reprises sur des campements qui, bien souvent, mécontentaient élus municipaux et riverains. D'après un rapport de Médecins du monde (MDM), "2003 a été marquée par une augmentation majeure du nombre des évacuations des terrains sur lesquels les Roms étaient installés".
L'organisation humanitaire en a recensé une quarantaine en Ile-de-France - chiffre non exhaustif. Au cours de certaines opérations, des caravanes ont été détruites sous les yeux des familles. Parfois, l'attitude des forces de l'ordre a confiné au harcèlement : en un an, un même groupe a dû plier bagages à quatorze reprises, raconte Michèle Mézard, de MDM.

MESURES D'ÉLOIGNEMENT

L'administration française s'est également montrée plus rigoureuse à l'égard des Tsiganes en infraction avec les lois sur l'immigration.
L'an passé, 2 091 ressortissants roumains en situation irrégulière ont été reconduits dans leur pays d'origine, contre 1 254 en 2002, soit une hausse de 66 %, selon les chiffres fournis par l'ambassade de Roumanie à Paris. Ces statistiques ne permettent certes pas de connaître le nombre de Roms ramenés de force dans leur pays, puisqu'elles ne distinguent pas les Roumains de culture tsigane et ceux n'appartenant pas à cette minorité.
Mais une chose est sûre, aux yeux des associations : les Roms n'ont pas été épargnés par la vague de reconduites à la frontière et un certain nombre d'entre eux se sont vu confisquer leur passeport, sitôt rentrés au pays, pendant une période allant de six mois à cinq ans. Les autorités roumaines infligent désormais cette sanction à l'encontre de leurs ressortissants qui ont quitté le territoire dans des conditions irrégulières.

Toutefois, la hausse des mesures d'éloignement à l'encontre des Tsiganes ne s'est pas poursuivie depuis le second semestre 2003, d'après Alexandre Le Clève, de la Cimade (Comité intermouvement auprès des évacués). "Le phénomène s'est peut-être stabilisé, voire ralenti", avance-t-il avec prudence.

Inflexion de la politique des pouvoirs publics ? Les statistiques les plus récentes tendraient à montrer le contraire : sur les quatre premiers mois de 2004, 760 ressortissants roumains ont été ramenés dans leur pays d'origine, indique-t-on au ministère de l'intérieur, soit un rythme légèrement supérieur à celui de 2003.
Mais ces chiffres ont sans doute été influencés par un phénomène récent : l'accroissement des reconduites à la frontière de prostituées roumaines, particulièrement net depuis l'entrée en vigueur de la "loi Sarkozy". Mise en exergue dans le dernier rapport annuel de la Cimade, cette tendance semble surtout toucher des jeunes femmes qui ne sont pas tsiganes, explique M. Le Clève.

"VIRAGE DANS LE DISCOURS"

Dans le monde associatif, certains ont, en tout cas, remarqué que la parole gouvernementale au sujet des Roms s'éloignait, depuis quelques semaines, de la rhétorique musclée de M. Sarkozy. Mme Mézard l'a constaté lorsqu'elle et deux représentants de comités de soutien ont été reçus, le 16 juillet, Place Beauvau.

Un collaborateur de Dominique de Villepin aurait notamment reconnu que "le droit au séjour ne résoudra pas la question des Roms", rapporte Mme Mézard. "Mais il a également affirmé que les services de l'Etat continueront d'expulser ceux qui sont en situation irrégulière".

Sans obsession mais sans laxisme. Jérôme Pfaffmann, représentant de Médecins du monde à l'association Romeurope, a lui aussi perçu un "virage dans le discours" quand il a rencontré, fin juin, deux membres du cabinet de Nelly Olin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité. "Nos interlocutrices ont admis que le principe d'un accompagnement social et sanitaire des Roms était à prendre en compte", relate-t-il.
Rien de concret n'a été décidé mais une réflexion est en cours pour trouver des crédits destinés à financer des postes de "médiateurs". Ceux-ci seraient occupés par des Tsiganes qui maîtrisent le français. Leur tâche : favoriser l'accès aux soins, régler des problèmes administratifs...

Les pouvoirs publics changent-ils de cap à l'égard des Roms ? "Je n'en suis pas sûre", répond Mme Mézard. Une chose lui paraît acquise, cependant : "l'échec complet" de la politique de M. Sarkozy, puisque le nombre de Tsiganes établis en France est stable, selon elle, voire légèrement supérieur à celui de 2002 - aux alentours de 5 000.
Une observation qui recoupe, en partie, celle des services déconcentrés de l'Etat. Sans avoir d'idée précise "en termes quantitatifs", Raymond Le Deun, alors sous-préfet de Saint-Denis, estimait, à la fin avril, que la population de Tsiganes dans son arrondissement n'avait pas diminué. "J'ai l'impression que le phénomène est plus diffus", précisait-il.
Comme si les Roms s'étaient éparpillés sur un plus grand nombre de sites pour former des groupes un peu moins voyants.
(1) Comité de soutien des Roms de Saint-Denis, de Montreuil et du Val-de-Marne : Ras l'Front, confédération nationale du travail CNT, PCF, Mouvement de l'immigration et des banlieues, droit au logement ...
Bertrand Bissuel, LE MONDE | 19.07.04, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 20.07.04

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Les indices des trois crimes convergent vers Pierrot le Fou

TROIS AFFAIRES, un seul homme : Pierre Bodein.
Pour les enquêteurs, devant l'accumulation de coïncidences, il devient de plus en plus évident que Pierrot le Fou est directement impliqué dans les trois meurtres.

Pour Julie d'abord.
L'adolescente de 14 ans avait disparu le 25 juin (2004) alors qu'elle rentrait chez elle en VTT. Cinq jours plus tard, celui qui a passé plus de trente-cinq ans de sa vie entre prison et hôpital psychiatrique est interpellé à Bourgheim.
A l'intérieur de son véhicule, les spécialistes de l'IRCGN trouveront de l'ADN de la collégienne. Peu de temps auparavant, ils avaient mis la main sur un morceau de la Ford découvert près du vélo de Julie, ainsi que sur une trace biologique de l'accusé. Première touche.
Pierre Bodein nie, mais le parquet de Saverne l'inculpe pour « enlèvement et séquestration suivis de mort ».

La veille de l'arrestation, le corps de Jeanne-Marie, 11 ans, est aperçu par des enfants à Valff. Les gendarmes se rendent compte que Pierre Bodein habite à moins d'un kilomètre. « Nous avons des coïncidences troublantes entre ces affaires, dans l'espace et dans le temps », remarquait alors le lieutenant-colonel Jean-Frédéric Sellier, de la brigade de Strasbourg.

Avant-hier, M e Thierry Moser, partie civile dans cette affaire, dévoilait à son tour que des traces de sang de la fillette avaient été découvertes dans le coffre de la Ford.

Les gendarmes commencent également à faire le rapprochement avec le meurtre d'Edwige Vallée, 38 ans, retrouvée morte quelques jours auparavant.

Toutes ont subi des violences sexuelles à l'arme blanche

Car dans ces trois affaires, plusieurs éléments reviennent systématiquement. D'abord, les corps sont toujours déposés le long de cours d'eau peu profonds. Les trois ont été découverts quasiment dans la même position allongée, face contre terre ; à demi-nus dans les cas de Julie et d'Edwige, entièrement dans celui de Jeanne-Marie.

Ensuite, toutes les victimes ont subi des violences sexuelles à l'arme blanche. Elles ont toutes été lacérées ou mutilées. Etrangement, Pierrot le Fou était passionné de couteaux. « Il en avait toujours un sur lui », nous confiait, mardi, Alexandre, une de ses connaissances.

Ce qui renforce les soupçons sur Pierre Bodein, c'est également la proximité géographique des meurtres. Tous les cadavres ont été abandonnés à moins d'une vingtaine de kilomètres de sa caravane. Enfin, il est prouvé que l'ancien détenu a toujours été aperçu juste avant les disparitions.
Le 21 juin, soir de l'enlèvement d'Edwige à Obernai, plusieurs témoins reconnaissent Pierrot le Fou dans la rue. Peu de temps avant la disparition de la fillette de Rhinau, l'ancien détenu a également été repéré.

Tous ces indices poussent la justice à mettre bientôt sur place une cellule d'enquête commune à tous les gendarmes. Un collège de magistrats instructeurs devrait regrouper les trois affaires. Des magistrats qui seront également chargés de savoir si l'homme a agi seul.
Dans l'affaire Jeanne-Marie, huit personnes d'un clan de gitans sédentaires sont toujours écrouées. Parmi eux, George et Balthazar Remmetter ont été mis en examen pour « enlèvement et séquestration suivis de mort », ainsi que, depuis mardi soir, Jacques Furhmann. Jusqu'ici, les trois hommes n'avaient jamais évoqué le nom de Pierre Bodein : « peut-être par peur », s'interrogeait un enquêteur devant l'étendue de la complexité du dossier.
Lionel Feuerstein, leparisien.fr, Paru le : 08/07/2004

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(21 juillet 2004) Pierre Bodein mis en examen pour la mort de Jeanne-Marie
Déjà mis en examen pour la mort de Julie, 14 ans, le repris de justice va devoir répondre de la mort de Jeanne-Marie, 11 ans. Les deux dossiers pourraient être prochainement regroupés.

Pierre Bodein, ce dangereux repris de justice de 56 ans au lourd passé psychiatrique, a été mis en examen mercredi dans le cadre de l'enquête sur la mort de Jeanne-Marie, 11 ans, dont le corps avait été retrouvé le 29 juin dans un ruisseau alsacien. Il devra répondre des chefs "d’enlèvement suivi de mort sur mineur de 15 ans" a précisé son avocat, Me Olivier Charles.

Bodein, surnommé "Pierrot le fou", avait bénéficié d'une libération conditionnelle en mars dernier après avoir passé l'essentiel de sa vie adulte en prison ou en hôpital psychiatrique. Il avait déjà été mis en examen à Saverne, dans le Bas-Rhin, et écroué le 1er juillet pour "enlèvement et séquestration suivis de mort" dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Julie, 14 ans, retrouvée morte dans un cours d'eau alsacien le 3 juillet. Cette nouvelle mise en examen pourrait annoncer un regroupement des dossiers Julie et Jeanne-Marie, auquel le ministre de la Justice, Dominique Perben, s’est dit favorable.

Pierre Bodein nie en bloc

Les deux jeunes filles avaient disparu entre le 18 et le 25 juin, tout comme Hedwige Vallée, une jeune femme de 38 ans, découverte morte dans un ruisseau le 22 juin. Les enquêteurs ont trouvé des "coïncidences troublantes" entre ces trois morts. Toutes les trois ont disparu à moins d'une semaine d'intervalle et leurs corps, portant des traces de lacérations ou des coups de couteau, ont été retrouvés, partiellement dénudés, dans des cours d'eau, à une quinzaine de kilomètres au maximum de la commune de Bourgheim, où Pierre Bodein résidait dans une caravane. Selon des sources proches du dossier et de l'enquête, des traces ADN de Jeanne-Marie ont été trouvées dans la voiture du repris de justice. Ce dernier nie toute implication dans la mort de Jeanne-Marie comme dans celle de Julie.

Dans l'enquête sur la disparition et la mort de Jeanne-Marie, dix membres d'une même famille, avec laquelle "Pierrot le fou" avait des contacts, ont été mis en examen, dont trois pour enlèvement suivi de mort. Selon les déclarations de certains membres de cette famille, Georges, 34 ans, aurait percuté la fillette, avant de la charger dans la voiture où se trouvait également son petit frère de 16 ans. Ils auraient ensuite ramené Jeanne-Marie au domicile familial d'Artolsheim (Bas-Rhin) avant de se débarrasser du corps dans des conditions indéterminées. Une des sept personnes mises en examen pour non assistance à personne en danger et non dénonciation de crime a assuré avoir vu Pierre Bodein à ce domicile, le jour de la disparition de la fillette. Ces diverses déclarations restent toutefois pour l’instant largement incohérentes et contradictoires.
tf1.fr, actualités, Mis en ligne le 21 juillet 2004

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Pierrot le Fou
Nouvelles gardes à vue dans l'affaire Jeanne-Marie

SEPT PERSONNES supplémentaires ont été placées en garde à vue hier (27 juillet 2004) dans l'affaire Jeanne-Marie, 11 ans, disparue le 18 juin à Rhinau (Bas-Rhin) et retrouvée morte, près d'un ruisseau, dix jours plus tard.
Ces quatre femmes et ces trois hommes appartiendraient à la famille Furhmann, des Tziganes sédentarisés dans le centre de l'Alsace.
Dans ce dossier, douze personnes appartenant aux clans Furhmann et Remetter ont été mises en examen, sans oublier Pierre Bodein, dit Pierrot le Fou, principal suspect.

Concernant le dossier Julie, celui-ci a rencontré le juge d'instruction Régis Pierre, du tribunal de Saverne : « L'entretien a duré cinq heures et demie, a expliqué son avocat, Me Olivier Charles. Mon client a été confronté à chaque élément du dossier, mais a continué à dire que ce n'était pas lui et que les gens qui l'accusaient étaient des menteurs. »
L'enterrement de la petite Jeanne-Marie se déroulera samedi, à 14 h 30, dans son village natal de Rhinau.
L. F. Le Parisien, mercredi 28 juillet 2004, p. 12

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Le responsable de l'accident mortel était un multirécidiviste

MOINS DE 48 heures après l'accident tragique de Linas, survenu dans la nuit de dimanche à lundi (27 septembre 2004) et qui a causé la mort d'un adolescent de 14 ans (notre édition d'hier), les policiers sont parvenus à mettre un nom sur l'homme responsable de ce drame, lui-même décédé dans l'accident qu'il a provoqué en empruntant la Francilienne à contresens après avoir volé une voiture.

Hier matin, une femme s'est présentée dans un commissariat du département pour signaler la disparition d'un certain Jacky, 30 ans, habitant dans le secteur de Linas et Montlhéry. Aussitôt, un rapprochement a été effectué avec le drame de la veille.
Et, très vite, elle a confirmé que le corps retrouvé dans la carcasse de la voiture volée était bien celui de son compagnon. Pour les forces de l'ordre, l'homme était loin d'être un inconnu.

Membre de la communauté des gens du voyage, il collectionnait les condamnations pour des affaires de violence, de vol ou encore de refus d'obtempérer. En début d'année, il avait été incarcéré après avoir écopé de six mois ferme pour une histoire d'outrage et de violence. Est-ce en raison de ce casier judiciaire chargé que Jacky s'est lancé dans cette course folle qui a coûté la vie à un jeune innocent de 14 ans ? Personne ne pourra le savoir.

Hier, les résultats du prélèvement de l'alcoolémie effectués sur lui n'étaient pas encore connus. Seule certitude : le périple mortel de Jacky a commencé lundi vers une heure du matin, lorsqu'il dérobe une Peugeot 205 à Epinay-sur-Orge. Il rejoint la N 20 et croise alors une patrouille de police. Paniqué, il s'engouffre sur la bretelle d'accès à la Francilienne en direction de Versailles. Mais il prend la route en sens inverse.
A bord d'une Clio, une famille de La Ferté-Alais, roule tranquillement pour rentrer chez elle. La collision est terrible. Jacky et l'adolescent, assis à l'arrière de la Clio, n'y ont pas survécu. La conductrice, âgée de 40 ans, a été grièvement blessée tandis que le passager avant était plus légèrement atteint. L'enquête se poursuit pour déterminer définitivement les circonstances exactes de ce banal vol de voiture qui s'est transformé en tragédie de la route.
T.S. Le Parisien, Essonne, mercredi 29 septembre 2004, p. II

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(Janvier 2005) L'est se donne dix ans pour intégrer ses Roms
Huit pays d'Europe sont réunis à Sofia, avec la Banque mondiale et la fondation Soros, pour s'engager à éliminer la discrimination dont les Roms sont victimes.

Sofia est, jusqu'à ce soir, la capitale des Roms. Huit pays se réunissent depuis hier dans la capitale bulgare, à l'initiative de la Banque mondiale et de la fondation Soros, pour lancer la Décennie 2005-2015 de l'intégration des Roms. La République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie (membres de l'Union européenne), plus deux candidats, la Bulgarie et la Roumanie, ainsi que la Croatie, la Macédoine et la Serbie-Monténégro, qui souhaitent rejoindre l'UE, doivent signer aujourd'hui une déclaration commune dans laquelle ils «s'engagent à travailler pour une élimination de la discrimination et du fossé inacceptable qui sépare les Roms du reste de la société». Un court texte qui concrétise dix-huit mois d'efforts depuis l'émergence de ce projet lors de la première conférence organisée en 2003 par la Banque mondiale et la fondation Soros à Budapest. Les signataires ont invité «les autres Etats à se joindre à [leur] effort». Depuis l'élargissement, les Roms constituent la première minorité au sein de l'Union, dont l'importance s'accroît rapidement en raison d'une forte natalité.

Dégradation. «Les Roms sont victimes de discrimination depuis des siècles, note Dena Ringold, économiste à la Banque mondiale. Mais, alors que la vie s'est beaucoup améliorée pour la plupart des habitants des pays de l'Est depuis la fin de l'Union soviétique, la situation des Roms s'est au contraire dégradée. La fin du communisme s'est traduite pour eux par la fin des emplois publics et des logements que l'Etat leur allouait, ce qui a encore renforcé leur exclusion. Ils accèdent toujours aussi rarement à l'éducation et ne bénéficient pas des services de santé...» La Banque, qui aide les pays de l'ex-URSS dans leur transition du communisme à l'économie de marché, est aux premières loges pour constater cette dégradation. «Mais l'un de nos principaux problèmes était de manquer de données, reconnaît Dena Ringold. Le fait que nous parlions de 7 à 9 millions de Roms sans pouvoir être plus précis est en soi révélateur.»

Souvent, les Roms préfèrent ne pas se déclarer comme tels pour échapper à la discrimination. Ainsi, en Roumanie, on n'en comptabilise officiellement que 700 000, mais leur nombre avoisinerait les 2 millions. «Beaucoup de travail a été entrepris depuis deux ans pour combler ce manque de données», ajoute Dena Ringold. Elle-même a participé à la réalisation d'un volumineux rapport de la Banque mondiale sur les Roms en Europe (1). Un ouvrage qui dessine le portrait de cette minorité et explore les racines d'une pauvreté à multiples facettes. Le taux de pauvreté des Roms est 4 à 10 fois plus élevé que celui des non-Roms en Bulgarie, Hongrie et Roumanie. Environ 40 % des Roms en Roumanie et en Bulgarie vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. En Roumanie, il n'est pas rare de trouver des taux de chômage de 100 % dans certaines communautés à cause du faible niveau d'aptitudes professionnelles mais aussi de la discrimination à l'emploi.

Handicapés. Si le niveau d'éducation varie beaucoup entre zones rurales et zones urbaines, il reste très faible. Soit parce que les parents n'ont même pas de quoi vêtir leurs enfants pour l'école, soit parce que les enfants ne sont pas acceptés dans les écoles «normales» et rejetés dans des classes spéciales ou dans des établissements pour handicapés mentaux ou moteurs. En Bulgarie, 89 % des Roms ne dépassent pas le niveau de l'école primaire. La situation sanitaire n'est pas meilleure : exclus des systèmes de santé faute d'argent ou de papiers, les Roms ont une espérance de vie moyenne de dix ans inférieure à celle du reste de la population.

Les initiateurs de la Décennie Rom se sont fixé quatre priorités : éducation, emploi, santé et logement. Depuis 2003, les huit pays participants à la conférence ont chacun élaboré des plans d'action détaillés. Avec le soutien de la Commission européenne, du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ils doivent adopter, aujourd'hui à Sofia, ces plans et signer une déclaration d'engagement à concrétiser les objectifs fixés. Un fonds pour l'éducation a été créé en décembre, sous l'égide de la Banque mondiale. Doté de 43 millions de dollars, dont 30 apportés par la fondation Soros, pour la première année, il devra trouver «des centaines de millions pour atteindre ses objectifs sur la décennie», explique un expert de la Banque. Mais le plus gros du budget sera de la responsabilité de chaque pays, et associera fonds nationaux et aides extérieures, notamment via des programmes transfrontières de l'UE, de la fondation Soros, et de la Banque mondiale.
(1) Roma in an Expanding Europe, Breaking the Poverty Circle, 2005.
Par Eliane PATRIARCA, mercredi 02 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 2-3

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Quand la Slovaquie stérilise de force
Accusées de faire trop d'enfants, les Roms sont persécutées à l'hôpital.

«Le docteur m'a dit que, si je devais avoir une troisième césarienne, je ne survivrais pas. J'ai répondu que j'étais jeune et que je voulais avoir encore des enfants. Mais les infirmières répétaient la même chose. Avant d'être emmenée dans la salle d'opération pour accoucher par césarienne de mon second enfant, ils m'ont apporté trois papiers à signer. Sinon ils disaient qu'à la prochaine naissance l'enfant mourrait d'étouffement.» Stela, jeune femme rom originaire du village de Letanovce (est de la Slovaquie), a alors signé une autorisation de stérilisation : «J'avais 19 ans, j'avais envie de vivre.»

Insultes. Le témoignage de Stela figure dans un rapport publié en janvier 2003 et intitulé «le Corps et l'âme, la stérilisation forcée et les autres attaques sur la liberté de reproduction des Roms en Slovaquie». Rédigé par deux associations ­ le Centre pour les droits reproductifs, de New York, et Poradna, basée à Kosice, la grande ville de l'est de la Slovaquie où vit l'essentiel de la minorité rom ­, il dénonce le cas de 110 femmes roms, stérilisées ces dernières années contre leur gré, ou au moins sans leur assentiment et sans avoir reçu les informations minimales nécessaires avant un tel choix. Certaines ont signé sur la table d'opération alors qu'elles ne savent ni lire ni écrire. D'autres ont été informées après qu'elles avaient été stérilisées durant leur césarienne car «leur vie en dépendait», selon le médecin. Le rapport dénonce aussi les discriminations dont souffrent à l'hôpital les femmes roms, regroupées dans des chambres, avec des toilettes séparées des «Blanches», et souvent insultées pour avoir trop d'enfants.

En pleines négociations d'adhésion à l'Union européenne, le gouvernement slovaque a aussitôt réagi, niant les faits et accusant les ONG de partialité. Dans un échange de courriers très diplomatique avec le Conseil de l'Europe, qui s'inquiétait de telles accusations, Bratislava a seulement admis la possibilité de cas isolés de médecins, tout en rejetant l'existence d'une campagne. En janvier 2003, la police slovaque a lancé une enquête sur les plaintes de femmes affirmant avoir été stérilisées contre leur gré à l'hôpital de Krompachy (Est). En octobre, elle concluait à l'absence de preuves. Un groupe de huit femmes roms a depuis déposé une plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme. La procédure urgente ayant été retenue, l'arrêt pourrait être rendu dans quelques mois.

Allocations. En Slovaquie, comme un peu partout dans la région, les Roms ­ 10 % de la population ­ sont marginalisés et victimes d'un racisme latent. Très pauvres et touchés par le chômage, ils ont mal vécu la transition du communisme à la démocratie. Beaucoup travaillaient comme ouvriers dans des combinats ou des fermes d'Etat qui ont été démantelés. Une grande partie survit aujourd'hui grâce aux allocations sociales. La stérilisation des Roms, dont le taux de fécondité est élevé, n'est pas une pratique nouvelle. Sous le communisme, la Tchécoslovaquie offrait des indemnités financières aux femmes roms acceptant de se faire stériliser.
Par Véronique SOULE, mercredi 02 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 4

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Roms. A savoir

De l'Inde à l'Europe

Originaires du nord de l'Inde, les Roms sont arrivés par vagues de migrations successives en Europe orientale à partir du XIIe siècle puis à la fin du Moyen Age dans l'ouest du continent. Divisés en sous-groupes très différents, ces nomades étaient spécialisés dans des métiers liés au travail du fer ou aux chevaux.

Rom, Tsigane, Gitan, Bohémien...

Rom signifie homme en romani. Les autres termes donnés aux Roms sont jugés péjoratifs, comme Tsigane, le plus couramment utilisé, dérivé du grec byzantin atsinkanos (paria). Le terme gitan (gypsy en anglais), dérive d'«Egyptien», car nombre de Roms affirmaient être originaires de ce pays. D'autres disaient arriver de Bohême, d'où «Bohémien».

Le romani, la langue des Roms, est de souche indo-européenne et proche du sanscrit. Elle se divise en de nombreux dialectes. Le calo est parlé en Espagne, le sinto par les Sintis (Roms germanisés). Les groupes spécialisés dans certains métiers, comme les kalderash (chaudronniers), ont leur propre dialecte.

Victimes des nazis

Entre 250 000 et 400 000 Roms et Sintis ont été déportés et tués par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, dans ce que les Roms appellent le pharrajimos (génocide). La politique raciale des nazis à l'encontre des Roms avait commencé dès la fin des années 30.

Le drapeau

a été adopté en 1971 par le Congrès des Roms. Il représente une roue de roulotte rouge sur un fond vert (symbolisant la terre) et bleu (symbolisant le ciel).

Pauvreté

Environ 40 % des Roms en Roumanie et en Bulgarie vivent avec moins de 2,15 dollars par jour. Le taux de pauvreté des Roms reste de 4 à 10 fois plus élevé que celui du reste de la population en Bulgarie, Hongrie et Roumanie.
Libération, mercredi 02 février 2005 (Liberation - 06:00), p. 2-3

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Les roms en Europe

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(Février 2005) Mendiantes mais pas mauvaises mères
Des Roumaines étaient poursuivies en vertu de la loi Sarkozy pour avoir mendié dans la rue avec leurs enfants dans les bras.
En appel mardi (15 février 2005) comme en première instance en janvier, elles ont été relaxées. Une loi inapplicable?

Une gifle de la justice à Nicolas Sarkozy.

Mardi, devant la Cour d'appel de Paris, trois mères de famille roms originaires de Roumanie étaient poursuivies pour privation de soins à enfants mineurs: en 2003, elles avaient été arrêtées sur les Champs-Elysées ou dans le métro parisien alors qu'elles mendiaient avec leurs nourrissons dans les bras.
Or, depuis l'entrée en vigueur de la loi Sarkozy de mars 2003 sur la sécurité intérieure, le Code pénal considère comme un délit de privation de soins «le fait de maintenir un enfant de moins de six ans sur la voie publique dans le but de solliciter la générosité des passants». Et il punit ce délit de sept ans de prison et de 100.000 euros d'amende.

Le mois dernier, en première instance, les trois mères de famille avaient été relaxées; le tribunal correctionnel avait jugé que les atteintes à la santé de leurs enfants n'avaient pas été prouvées. Le parquet avait fait appel. Mais mardi, il n'a pas davantage obtenu gain de cause. Deux des trois prévenues, en effet, ont à nouveau été relaxées. Et la troisième, qui ne s'était pas présentée et était donc jugée par défaut, n'a été condamnée qu'à une faible amende.

«Criminaliser la pauvreté»

Ce jugement a été accueilli avec satisfaction au Collectif Rom Europe (qui regroupe plusieurs associations de défense des droits de l'homme et d'aide aux migrants), où l'on juge que les Roumaines «n'avaient pas d'autre solution pour nourrir leurs enfants» que de se livrer à la mendicité. A contrario, note-t-on chez Médecins du Monde (MDM), le délit de privation de soins aurait bel et bien été constitué si elles avaient laissé leurs enfants pendant toute la journée dans les campements insalubres où vivent les roms.
«Ces mères de famille sont souvent très attentives et s'occupent bien de leurs enfants», assure-t-on chez MDM. On les accuse d'exploiter sciemment leur progéniture afin de tirer un profit financier de la commisération que leur vue déclenche souvent chez les passants? «Ce n'est pas vrai. Quand des possibilités d'accueil ou de scolarisation se présentent, ces mères sont très contentes de nous confier leurs enfants».

Médecins du Monde juge ce volet de la loi Sarkozy «absolument absurde et probablement impraticable» sur le terrain, car «condamner à de la prison ou à de fortes amendes des mères de famille indigentes, c'est à coup sûr prendre le risque de priver de soins leurs enfants ». Le Collectif Rom Europe dénonce lui «l'hypocrisie de la répression sécuritaire qui, sous couvert de défendre l'enfance en danger, vise purement et simplement à criminaliser la pauvreté» - au risque de transformer en «boucs émissaires» une communauté rom «déjà stigmatisée».

Ce n'est pas la première fois qu'un tribunal relaxe des personnes poursuivies en vertu de ce volet de la loi Sarkozy. Ces relaxes successives provoquent la frustration dans les rangs des forces de l'ordre.
Ainsi, au syndicat Alliance, majoritaire dans la police nationale, on dénonce «la vision angélique» de la mendicité véhiculée par les associations et les médias, qui ne prendrait pas en compte «la face cachée des choses : des mères de famille bien souvent soumises à la loi du silence, forcées à mendier, complètement sous l'emprise de réseaux mafieux».

«Déplacer le problème»

Les policiers estiment que le but originel de la loi - «punir non pas la mendicité, mais l'exploitation de la mendicité» - garde toute son importance, mais ils avouent leur «sentiment d'impuissance» devant le système actuel, qui traîne en justice «les victimes et non les exploiteurs de la mendicité ».

Suit un jugement sans appel de ce volet de la loi Sarkozy: «C'est bien beau de pondre des lois comme ça, mais est-ce que cela a une incidence réelle sur la baisse de la mendicité? Non, bien entendu. On se contente de déplacer le problème: on fait virer par les policiers tous les mendiants des Champs-Elysées, et puis on les retrouve tous à Aubervilliers».
La Libre Belgique 2005, BERNARD DELATTRE, Mis en ligne le 16/02/2005

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(Mars 2005) Le Bourget/Friche d'Alstom 200 Roms ont construit un vrai bidonville

DEPUIS quelques jours seulement, les marteaux ont cessé de frapper et le petit village fait de bric et de broc a stoppé son expansion. En l'espace d'une semaine, la friche d'Alstom, située en plein centre-ville du Bourget, a vu pousser un authentique bidonville où vivent aujourd'hui 200 Roms. Les maisonnettes de bois s'alignent le long de l'artère principale, un chemin de béton, vestige du passé industriel du lieu.

« Ici, c'est la rue du monde ! », lance hier matin Ionut, d'un air jovial. Ce Roumain de 30 ans est le seul à parler « un peu de français ». « Moi, je suis arrivé au mois de janvier. Nous avons pris le bus de Timisoara avec la famille, les cousins. Le voyage nous a coûté 115 € par personne. J'ai quitté la Roumanie car je n'avais pas de travail et la vie était difficile. Ici, j'arrive à gagner de l'argent en vendant des journaux dans la rue », explique ce père de deux enfants.
Une partie des habitants du camp vient donc directement de l'Est de l'Europe, les autres ont été expulsés d'un campement à Sarcelles (Val-d'Oise). Alentour, chacun vaque à ses occupations. Avec grand fracas, un ancien fabrique un poêle à bois. Des femmes, coiffées de nattes et habillées de longues jupes, papotent devant chez elles. A l'intérieur, ces chalets de récupération surprennent par leur confort. Dans une pièce unique trône un lit, le sol est recouvert de bois et une chaleur douillette émane du poêle.

« Cette situation ne pourra pas durer »

Au fil de la journée, les associations locales se sont relayées. La Croix-Rouge du Bourget assure au quotidien une navette vers la permanence de Médecins du monde à Saint-Denis. Le Secours catholique a livré chaussures et duvets. Aujourd'hui, ce sera au tour des Restos du coeur de ravitailler ces démunis. « C'est bien, ici. En Roumanie, personne ne nous aidait », assure Ionut.
Mais voilà, comme le constate Vincent Capo-Canellas, le maire (UDF) du Bourget, « cette situation ne pourra pas durer ». D'après lui, le propriétaire du site, le groupe Alstom, a engagé une action devant la justice. D'ici à quelques mois, des constructions de logements devraient débuter aux abords du campement. « On ne peut pas demander à une commune de porter toutes ces difficultés », se lamente l'édile, qui a sollicité l'aide de la préfecture.
En réponse, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) est venue mardi évaluer le respect minimum des conditions vitales. « Sur le plan sanitaire, ces populations dans un grand dénuement sont bien entourées par les associations. Au niveau du droit, en revanche, nous ne sommes saisis de rien, donc nous ne pouvons pas les évacuer », conclut Michel Theuil, directeur de cabinet du préfet.

A Aubervilliers, les Roms ne seront pas expulsés de leur terrain bordant le canal Saint-Denis. Une expulsion « préventive » avait été envisagée, le camp se situant sur le trajet emprunté ce matin par les membres du CIO visitant les sites de Paris 2012.

LE BOURGET, HIER (09 mars 2005), 10 H 30. Depuis la semaine dernière, près de 200 Roms ont investi la friche d'Alstom, en plein centre-ville. A toute vitesse, les nomades ont construit un village de maisonnettes en bois. (LP/M.C.)
Marjorie Corcier, Le Parisien, jeudi 10 mars 2005, Essonne p. IV

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(31 mars 2005) Coup de filet chez les nomades

Des vols de pièces automobiles, mais aussi de voitures et des cambriolages par dizaines... Depuis des mois, des bandes de malfaiteurs écumaient l'Essonne et les départements voisins, multipliant les raids nocturnes en jouant au chat et à la souris avec les forces de lordre.
Un jeu néanmoins dangereux puisque, pour eux, la partie s'est achevée hier matin. Dès 7 heures, les gendarmes de 1'Essonne, ainsi que les collègues des Yvelines, sont passés à l'action en investissant plusieurs campements de gens du voyage à Brétigny-sur-Orge, Mennecy, Saint-Gennain-lès-Arpajon et Lisses. Deux pavillons dans la région de Breuillet ont également reçu la visite des militaires à l'heure du laitier.

200 militaires mobilisés dans l'Essonne

Prudents, les gendarmes de la compagnie d'Etampes, agissant dans le cadre d'une enquête préliminaire, avaient visiblement décidé de mobiliser en renfort de très importants moyens. Au total, ce sont près de deux cents militaires qui ont fait irruption simultanément sur les sites repérés au préalable.
Lorsque les premiers fourgons bleu marine ont stoppé au milieu des calavanes, l'effet de surprise a été total. Très vite, les individus recherchés, une dizaine d'hommes et de femmes, ont été interpellés, tandis que démarraient les perquisitions. Ainsi, sur l'aire de passage de Lisses, situé en bordure de la A 6, les enquêteurs sont restés sur place plusieurs heures afin de passer les lieux au peigne fin.
Sur les différents sites, une douzaine de véhicules ont été saisis, tout comme divers appareils ménagers, matériels hi-fi ou encore des bobines de cuivre frappés du logo SNCF ...
Les suspects ont quant à eux été conduits dans les locaux de la gendarmerie où ils ont été placés en garde à vue.
Thomas Segissement

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(Avril 2005 esclavage moderne) Des nomades se payaient des villas de luxe

DÉCIDÉMENT, ces temps-ci, les réveils sont plutôt agités dans les camps des gens du voyage du département (Essonne).
La semaine dernière, pour des affaires de cambriolages et de vols de voitures, près de 200 gendarmes de l'Essonne et des Yvelines investissaient plusieurs sites sur Lisses, Mennecy, Egly, Saint-Germain-lès-Arpajon et Brétigny.
Hier matin, c'est encore une fois dans un camp de Brétigny, mais aussi à Boissy-sous-Saint-Yon, que les forces de l'ordre sont intervenues en nombre. Dès 6 heures du matin, environ 200 gendarmes et policiers sont passés à l'action pour démanteler un important réseau de travail dissimulé.
Pilotée par le groupement d'intervention régional (GIR), l'opération s'est soldée par l'interpellation d'une centaine de personnes. Au total, une trentaine d'hommes et de femmes ont été placés en garde à vue.

« On est clairement dans une logique clanique et mafieuse »

L'enquête a débuté il y a quelques mois, lorsque le parquet de Nîmes (Gard) a ouvert une information judiciaire pour « travail dissimulé » et « blanchiment d'argent ».
Dans le collimateur : des familles, originaires de l'Essonne, qui disposaient de somptueuses villas dans le Midi.
A l'issue de leurs investigations, les hommes du GIR, qui sont intervenus simultanément en Essonne et dans le Languedoc-Roussillon, ont établi que les suspects employaient clandestinement plusieurs dizaines de sans-domicile-fixe chargés de faire des travaux de ramonage. Des chantiers effectués essentiellement dans le 91.
En grande précarité, ils étaient contraints d'effectuer des journées de travail à rallonge, le tout pour un salaire de misère. Ces marginaux étaient parqués le soir dans des caravanes, « encadrés » parfois manu militari par des contremaîtres qui, eux, étaient déclarés officiellement comme ramoneurs au registre du commerce.

Hier matin, les perquisitions menées dans les deux camps, où stationnent au total une centaine de caravanes, auraient été fructueuses pour les enquêteurs. Divers documents comptables, ainsi que d'importantes sommes d'argent ont été saisis.
Lors du coup de filet d'hier, près de 70 SDF ont été conduits dans les locaux des forces de l'ordre pour y être entendus. « On est clairement dans une logique clanique et mafieuse », confiait une source proche de l'enquête.
Sur ces trois dernières années, les flux financiers produits par ce réseau de travail illégal avoisineraient les deux millions d'euros. De quoi se payer la belle vie dans le sud de la France.
leparisien.fr, Paru le : 06/04/2005 , T.S. (avec l'AFP), Brétigny - Boissy-sous-Saint-Yon

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(Avril 2005) Gens du voyage : un réseau d'enfants élevés pour voler
Enquête en région parisienne sur un groupe organisé originaire des Balkans. Enfants, voleurs et victimes à la fois. Certains ont à peine 10 ans. Depuis huit mois, les gendarmes franciliens tentent de percer au grand jour un réseau de gens du voyage originaires des Balkans qui opéraient des cambriolages en région parisienne en utilisant des mineurs.

Alias.
Cette enquête au long cours a démarré l'année dernière quand le groupement du Val-d'Oise enregistre une forte hausse de cambriolages dans les habitations. Le mode opératoire est toujours le même. Les adultes partent en reconnaissance cibler les résidences à dévaliser. Ils déposent ensuite en voiture les mineurs à proximité. Une fenêtre est forcée avec un petit pied de biche ou un tournevis par un ou deux gamins. Les petits voleurs n'emportent que l'argent liquide, les bijoux et éventuellement des vêtements qui leur plaisent. Ils sont ensuite «ramassés» par leurs commanditaires. Quand ils se font prendre, les mineurs n'ont pas de papier ou changent d'identité, d'âge, de lieu de naissance et d'adresse, au gré des interpellations. En raison de leur âge, ils sont relâchés, placés dans des foyers dont ils s'enfuient pour rejoindre à nouveau leurs commanditaires, selon un enquêteur.

Pour se retrouver dans l'écheveau des faux noms et des alias des gamins, les gendarmes de la section de recherches de Paris et du groupement du Val-d'Oise ont mis en place un dispositif d'analyse et de recoupement fondé sur les empreintes digitales, notamment. «On a ainsi pu établir qu'une jeune fille était connue de nos services sous 35 alias différents. Elle avait opéré en région parisienne, à Marseille et à Bordeaux», raconte un gendarme. Durant huit mois, une cellule d'enquête spécialisée a pisté ce réseau au gré de ses campements itinérants. «Ils pouvaient se déplacer plusieurs fois dans la même semaine. Mais, quand ils se sentaient au calme, ils pouvaient passer quinze jours au même endroit», indique un officier.

Les enquêteurs veulent désormais comprendre comment des enfants de 10-12 ans, ont pu ainsi se retrouver dans un tel réseau criminel. «Certains parlent le serbe, d'autres l'italien ou un dialecte rom. Ils affirment être nés à Belgrade ou à Rome. Ce n'est pas simple à vérifier car nous sommes en présence de communautés qui, même dans leurs pays d'origine, ne sont pas recensées», indique la gendarmerie.

«Clanique».
Les militaires veulent aussi établir les filiations et les autres liens de parenté éventuels entre les mineurs et les majeurs. Beaucoup des enfants interrogés affirment que leurs parents sont ailleurs, vivent dans d'autres pays, et restent flous sur la durée de leur séjour en France. «Certains disent qu'ils ont atterri ici chez une tante. Ce n'est pas très clair. La perception du lien parents-enfant dans ces communautés n'est pas forcément la nôtre», précisait hier une source proche de l'enquête, qui refusait de confirmer l'hypothèse selon laquelle ces enfants auraient pu être «loués» à leurs parents biologiques par des commanditaires criminels. «Nous sommes en présence d'une véritable organisation criminelle, de type clanique avec une hiérarchie et des niveaux de responsabilité différents», explique un officier.

Lundi au petit matin, 280 militaires ont investi 32 caravanes dans un campement situé à Réau (Seine-et-Marne). Ils ont saisi 10 kilos de bijoux en or, soit 4 500 pièces à mettre sous scellés ­ «Un travail de Romains», se lamente un enquêteur ­ et onze véhicules de luxe. Vingt-huit majeurs ont été interpellés et trente-cinq mineurs ont été entendus en qualité de victimes. Une partie des adultes étaient toujours en garde à vue, hier à midi. Les gendarmes ont choisi de ne pas interroger les enfants de moins de 10 ans mais ils les soupçonnent d'avoir aussi été contraints de voler. «Ces gamins sont élevés par les adultes pour commettre des vols, analyse une source proche de l'enquête. On pourrait parler de contrainte psychologique douce. On a fait admettre à ces gamins que le vol est une façon de vivre.»
Par Jacky DURAND, jeudi 21 avril 2005 (Liberation - 06:00)

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(Mai 2005) Affrontements entre gitans et Maghrébins à Perpignan
Le meurtre d'un jeune, dimanche, déclenche des heurts communautaires.

La photo de Pitou le gitan serrant la main du représentant de la communauté maghrébine Abdelkader Beloukha à la une de l'Indépendant de Perpignan hier matin n'y aura rien fait. «C'est la guerre», se désole le boulanger Rachid, effondré à une terrasse du boulevard Sadi-Carnot.

Depuis dimanche, la mairie UMP de Jean-Paul Alduy ne sait plus quoi faire pour éteindre le feu qui pourrait incendier les communautés gitane et maghrébine de sa ville. «La mairie ne récolte que ce qu'elle a semé, résume Sandra, qui dit avoir été témoin lundi soir de départs précipités de gitans, le matelas sur le toit de la voiture, le fusil de chasse sur les genoux. C'est en grande partie de sa faute si les deux communautés sont irréconciliables. Elle est aux petits soins avec les gitans parce qu'ils votent, eux. Alors que les Maghrébins sont négligés parce qu'ils ne votent pas.»

Ruelles. L'homicide de Mohamed Ben Bachir par un groupe de jeunes gitans, dimanche, ne s'est pas passé devant un bureau de vote. Il s'est passé dans le quartier Saint-Jacques, à l'est du centre-ville, dans les ruelles, autour de la place Cassanyes. En conclusion d'une histoire pitoyable de place de stationnement ou d'autoradio volé, Mohamed s'en serait pris aux agresseurs gitans de son véhicule, lesquels l'auraient poursuivi en pleine journée dans le dédale de ces ruelles pour le rouer de coups, et l'achever à coups de barre de fer et même de sabre.

Tout de suite alertée par le procureur de la République, la mairie de Perpignan a tenté de calmer le jeu. «Il ne s'agit surtout pas d'affrontements communautaires», a lancé dès dimanche soir un adjoint. L'élu était démenti le lendemain lundi. Rue Lucia, ce sont des coups de feu qui ont été entendus vers 22 heures. Une cinquantaine de jeunes Maghrébins fous de rage ne demandaient qu'à en découdre avec les gitans qui peuplent le quartier. D'abord rassemblés devant le commissariat, «ils se sont rués dans le dédale de la vieille ville», raconte un témoin. Et hier la tension restait vive. «Les gitans sont barricadés chez eux, et armés jusqu'aux dents, lâche cette libraire perpignanaise. Cela peut exploser à tout moment...»

En tout cas, la machine à fantasmes semble repartie de plus belle. «Les gitans, on leur donne tout ce qu'ils veulent, lâche Rachid, le boulanger, alors que nous, on a rien.» Au gré des témoignages recueillis jusque dans les quartiers plus chic de la ville, on affirme ainsi que le maire Jean-Paul Alduy aurait distribué des scooters et des machines à laver aux gitans, selon les uns. Il se serait contenté de distribuer des trottinettes pour leurs enfants, selon les autres. «Les voix des 2000 familles gitanes, cela s'achète, se fait un plaisir d'indiquer l'ex-candidat FN à la mairie de Perpignan, Jean-Claude Martinez. J'ai moi-même tenté en vain de les négocier avec Pitou Cargol en 1995. Mais ce qu'ils préfèrent, ce sont les emplois à la mairie...»

Tournée. Dans le quartier Saint-Jacques, les malentendus sont tenaces. Pitou Cargol, en faisant la tournée des appartements gitans, a peut-être calmé les vieux chefs de famille. Mais il n'a pas été entendu par les plus jeunes. «Au départ, ce n'est qu'une affaire entre dealers de shit, confie un jeune policier. Ben Bachir et les gitans qui l'ont massacré étaient entre autre connus pour ça. Avec leurs conneries, ils ont réussi à rallumer la guerre entre leurs pères qui n'y sont pour rien.»

En fin d'après-midi, hier, trois jeunes gitans ont été mis en examen. Deux d'entre eux «pour meurtre en bande organisée», et l'autre pour «tentative de vol aggravé». Et une marche est prévue samedi à 13h30 au Bas-Vernet, le quartier d'origine de Mohamed Ben Bachir.
Par Gilbert LAVAL, mercredi 25 mai 2005 (Liberation - 06:00)

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Vassil, 20 ans, arrivé en France en 1999, raconte sa survie quotidienne : «Je suis venu pour faire de l'argent»

«Je suis arrivé à Paris en 1999, à 14 ans. Je viens de Certeze, dans la région de Satu Mare (grande région d'exode, au nord de la Roumanie). J'habitais avec ma mère et ma grande soeur. Mon père était déjà en France. Mon grand frère l'avait rejoint l'année d'avant, à 16 ans. Je voulais les rejoindre pour travailler, faire de l'argent.

Le squat, je ne m'attendais pas à ça

En Roumanie, il n'y a pas d'avenir. Ma mère voulait que je reste. Je suis parti quand même. Il fallait payer 1 000 francs. Le car faisait le tour de tous les pays d'Europe : Italie, Espagne, Portugal, France. On était une quinzaine. J'avais peur. Quand je suis descendu, mon père et mon frère m'attendaient. Ils m'ont emmené là où ils habitaient, un squat à côté de la Défense, à La Garenne-Colombes. Sans eau, sans électricité. Je ne m'attendais pas à ça. J'étais choqué. J'ai pleuré. J'avais été trompé. Mon père m'avait envoyé une photo, mais il l'avait prise d'un angle particulier, qui rendait bien l'endroit...

La débrouille, on apprend vite

Il y avait beaucoup de jeunes comme moi, des garçons de 14-15 ans. Au total on était trois cents. C'est beaucoup, mais le squat était grand, sur deux étages. Au premier, les chambres pour les couples. Au-dessus, des grands salons, où les jeunes dormaient ensemble. Mon père, lui, habitait dans un autre squat, en face. Mais il buvait beaucoup, j'aimais pas le voir comme ça.

Au début, on apprend à se débrouiller. Après, ça va vite. Pour se laver, on allait dans les chantiers, le soir, le week-end, dans les préfabriqués. Mon père me disait d'ailleurs qu'il travaillait là, au noir. J'étais trop jeune pour travailler avec lui.

La journée, on allait souvent à la Défense, dans le centre commercial ou à Auchan. Voler des vêtements, j'ai essayé, juste une fois parce que je me suis fait prendre. Si tu ne te fais pas attraper la première fois, ensuite tu continues. Dans une cabine, j'avais enfilé plusieurs tee-shirts en dessous du mien. Ça a sonné quand je suis sorti. J'ai pas couru assez vite.

Les parcmètres, ça prend cinq minutes

Les parcmètres, quand je suis arrivé en France, c'était déjà une combine qui marchait bien. Il y a une serrure. Tu achètes 1 000 francs une perceuse puissante, avec des mèches. Tu prends un tournevis bien pointu. Tu creuses un trou, tu pousses avec le tournevis, quand c'est bon, ça fait un petit bruit. Et tu ramasses. Ça prend cinq minutes. Avant, faut quand même vérifier qu'ils ont de l'argent. Tu mets une pièce et tu écoutes le bruit. On s'y est mis vite. Les grands dirigeaient les petits. Il fallait ramener 2000-3000 francs par jour. On faisait ça les nuits, et partout dans Paris. Surtout dans le XVe et le XVIe. On rentrait avec le premier métro, on dormait la journée. Des fois, j'ai pas vu le soleil pendant deux semaines. Si on faisait pas d'argent la nuit, il fallait revenir la journée, et là c'est beaucoup plus dur.

La police, je donnais un faux nom

Quand on tirait 1000-2000 francs, on le cachait à des coins précis, surtout si tu veux pas tout donner aux grands. Si tu leur disais : "J'ai rien aujourd'hui, je me suis fait arrêter", ça passait. En tout cas, quand je voulais acheter un truc, je devais le faire tout de suite pour ne pas garder l'argent avec moi. Le soir, on se retrouvait près des stations-service,parfois jusqu'à cinquante. On buvait des cocas.

Les policiers avaient du mal à nous arrêter. Mais plusieurs fois, on a été en garde à vue. J'ai vraiment eu peur, la première fois, des menottes. Mais vu qu'on n'avait pas l'argent sur nous, ils nous laissaient repartir. En plus, on parlait à peine français. Je donnais un faux nom, toujours le même.

Et puis au bout de huit mois de squat, la police nous a annoncé la démolition de l'immeuble. Une assistante sociale nous a proposé d'aller dans un foyer. Il y avait dix places à la Fondation d'Auteuil (association d'aide aux jeunes en difficulté, ndlr) au château des Vaux, près de Chartres. On a hésité, et puis on a dit oui. On y a passé trois ans. Là, j'habite dans un studio à Chartres, mais je suis toujours encadré par la Fondation d'Auteuil.

La motivation, devenir français

La motivation, d'abord, c'était d'avoir des papiers. Devenir français. Quand tu es pris en charge pendant trois ans par l'ASE (Aide sociale à l'enfance), tu peux les avoir. Mais moi, je suis devenu majeur après 2 ans et 11 mois. Donc c'était foutu. J'ai fait appel mais ça ne sert à rien. J'ai juste une carte de séjour d'un an, renouvelable.

A Chartres, il y avait des jeunes, des Noirs, des Arabes. Ça s'est mal passé, au début. On se sentait enfermés comme des animaux. Je me suis mal entendu avec des éducateurs. Trois d'entre nous sont partis. Et puis on s'habitue. Un éducateur roumain est arrivé. On apprenait la langue et un métier. On s'est orientés vers la plomberie, en se disant que ça pourrait servir en Roumanie. Mais j'ai envie de rester en France, surtout parce qu'on sait qu'ici, il y a besoin de plombiers. J'ai pu passer un CAP. C'est comme avec les parcmètres : j'aime bien bricoler avec de la ferraille.»
Par Gilles WALLON, mercredi 31 août 2005 (Liberation - 06:00)

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09.09.2005 - Intervention devant les Préfets

Intervention du Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire devant les Préfets, vendredi 9 septembre 2005

Mesdames et Messieurs les Préfets,

.... La lutte contre l'immigration irrégulière doit constituer le deuxième axe majeur de votre action.

Lors de notre dernière rencontre, je vous ai fixé des objectifs chiffrés, en vous demandant de procéder, au minimum, à 23 000 éloignements d'étrangers en situation irrégulière cette année. Je constate qu'à la fin du mois d'août, 12 849 étrangers avaient fait l'objet d'une mesure effective d'éloignement : sur huit mois, 56 % des objectifs ont été atteints. Il vous reste donc cinq mois pour accentuer l’effort. J'observe d’ailleurs que, d'une préfecture à l'autre, les résultats sont inégaux.

Or, j'attends de tous une entière mobilisation. Et j'invite les préfets dont les résultats sont inférieurs à la moyenne à se rapprocher du Centre national de l'animation et des ressources (CNAR) pour bénéficier d'un appui opérationnel. Le CNAR d’ailleurs ne sera plus seulement un organisme d’appui aux préfets. Il va devenir un centre d’impulsion, d’animation. Il sera mon relais pour orienter vos objectifs.

Plus encore qu'une obligation de moyens, c'est une obligation de résultats qui vous est fixée. Votre implication personnelle, aux côtés des agents des bureaux des étrangers, des policiers et des gendarmes, est une nécessité. Il est de votre responsabilité de mobiliser vos collaborateurs.

Le décret portant création de la police de l'immigration est en cours de finalisation. Il permettra de mieux coordonner l'action des forces de sécurité et de vous apporter une aide supplémentaire. A partir de 2006, de nouveaux outils statistiques vous garantiront un suivi plus précis des mesures d'éloignement.

Il vous faut aussi ne pas hésiter à utiliser toutes les marges de manœuvre autorisées par la loi. Elles sont réelles. Vous devez ainsi faire usage des pouvoirs que vous donne le code de l'entrée et du séjour des étrangers, quelles que soient les sollicitations locales. Je vous demande de savoir résister aux pressions de tels ou tels "collectifs" ou "coordinations", qui ne représentent qu'eux-mêmes.

Il vous appartient également de combattre certaines idées reçues. Je rappelle, en particulier, que les ressortissants roumains ou bulgares en situation irrégulière ne bénéficient d'aucune protection juridique particulière contre l'éloignement : le fait que la Roumanie et la Bulgarie soient candidates à l'adhésion à l'Union européenne n'y change rien. Je rappelle, de même, que la Cour européenne des droits de l'homme n'a jamais reconnu un quelconque droit de chacun à mener sa vie familiale où bon lui semble ! La jurisprudence est plus nuancée et en cas de contentieux devant le juge administratif ou le juge des libertés et de la détention, vous devez pouvoir défendre efficacement des dossiers bien préparés, si nécessaire en recourant au service d'avocats.

Les mesures décidées lors du comité interministériel de contrôle de l'immigration, que j'ai présidé le 27 juillet, vont renforcer notre capacité à atteindre nos objectifs.

Je ne sous-estime pas, en particulier, vos préoccupations concernant l'accueil des demandeurs d'asile. Aussi, j'ai décidé que le dispositif d’accueil serait piloté par les préfets de région, qui pourront proposer à tout demandeur un hébergement dans un département autre que celui où il aura déposé sa demande. Il importe de savoir où résident les demandeurs d’asile et le versement des allocations dépendra du respect du lieu de vie désigné. De nouveaux instruments de gestion des centres seront mis à votre disposition et 2 000 places nouvelles seront créées l’an prochain. Le régime de l'allocation d'insertion sera aussi modifié, par la loi, pour vous permettre de refuser son bénéfice aux demandeurs qui auront décliné votre proposition d'hébergement. J'ajoute que, évidemment, les déboutés du droit d'asile n'ont aucun droit à être hébergés dans les centres d'accueil des demandeurs d'asile… Leur vocation est de quitter le territoire.

A cet égard, je sais que l'efficacité accrue de l'OFPRA et de la Commission des recours a pour effet d'augmenter le nombre des déboutés du droit d'asile et de leurs familles, qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers dans les mois à venir. Là encore, je ne peux que vous inviter à la stricte application de la loi : les déboutés n'ont pas droit au séjour, sauf exception. Les régularisations en dehors des conditions d'attribution de titres de séjour prévues par la loi ne sont possibles qu'à titre exceptionnel, au cas par cas, lorsque des préoccupations humanitaires toutes particulières y invitent et qu'il paraît totalement impossible de réussir, dans des conditions humaines, un éloignement effectif. J'ajoute que la réforme de l'aide au retour volontaire, qui sera mise en oeuvre dès cette année dans 21 départements, est notamment destinée à faciliter le retour de familles déboutées du droit d'asile.

Pour faciliter les éloignements, j'ai également décidé d'accélérer encore le programme de rétention administrative. Dans les prochains mois, des places de rétention supplémentaires seront ouvertes à Plaisir, Palaiseau, Nanterre, Rouen-Oissel, Marseille, Toulouse, Paris-Vincennes, Metz, Rennes, Lille, Coquelles, Garchy. Le nombre total de places, qui était de moins de 1000 en juin 2002, atteindra 1800 en juin 2006. Des crédits importants sont affectés à cet effort.

La mobilisation contre l'immigration irrégulière passe aussi par une coopération active avec le réseau diplomatique, comme l'a montrée la première conférence préfectorale et consulaire que j'ai présidée à Marseille en juillet. La mise en oeuvre des visas biométriques, en cours dans 5 consulats, sera étendue à une trentaine d’autres d'ici la fin de 2006, puis généralisée en 2007. Un contrôle réel sera exercé sur le retour dans leur pays d'origine des bénéficiaires de visas de court séjour, dans dix consulats très sensibles. Des formations communes aux personnels consulaires et de préfectures seront organisées dès le mois d’octobre et un réseau protégé de transmission d'informations sera créé.

Parallèlement et à ma demande, le ministère des affaires étrangères a engagé la procédure permettant de sanctionner les pays non coopératifs en matière de délivrance de laissez-passer, en limitant le nombre de visas de court séjour que la France délivre à leurs ressortissants. Une dizaine de pays que vous avez identifiés sont concernés, parmi lesquels je citerai aujourd'hui la Serbie-Monténégro, la Guinée, le Soudan, le Cameroun, le Pakistan, la Géorgie, la Biélorussie et l'Egypte.

Je vous demande, en outre, de mener dans chacun de vos départements, d'ici la fin de l'année, une opération exemplaire de lutte contre le travail illégal et les filières d'exploitation d'étrangers en situation irrégulière. Vous vous appuierez sur l'office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre. Vous me rendrez compte des résultats produits par ces opérations de contrôle.

L’action contre les "marchands de sommeil" relève de la même urgence, comme l’a démontré l’actualité tragique des dernières semaines. Il n’est pas question de rester inactif face à de tels enjeux. Je demande à chacun d'entre vous de recenser les immeubles insalubres et les squats. Vous devez, lorsque la sécurité des personnes l'exige, procéder aux expulsions qui s'imposent, en les accompagnant, dans toute la mesure du possible, par des solutions de relogement que vous négocierez avec les partenaires locaux, en utilisant s’il le faut le contingent préfectoral. Je vous demande aussi d’être attentifs aux situations de séjour irrégulier que les marchands de sommeil protègent.

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Les ados voleurs avaient écumé la région parisienne

ON NE CONNAÎTRA peut-être jamais le nombre exact des cambriolages commis par ce réseau.

Le 19 avril (2005), 28 personnes sont interpellées au petit matin dans un camp de nomades installé à Réau, en Seine-et-Marne.
e coup de filet des gendarmes du Val-d'Oise ne doit alors rien au hasard. Depuis des mois, les militaires, réunis au sein de la cellule d'enquête Jovica, ont eu le temps de se familiariser avec les pratiques de cette véritable mafia du cambriolage.

Depuis mars 2004, des adolescents, et même des enfants, arpentent les zones pavillonnaires de la région parisienne. Originaires pour la plupart d'ex-Yougoslavie, ils exécutent les ordres de leurs aînés qui les envoient quotidiennement chercher des bijoux dans des secteurs géographiques correspondant souvent au réseau RER.

Les voleurs reçoivent des consignes strictes qui consistent surtout à s'emparer en priorité des bijoux en or. Transport facile, revente aisée, des milliers d'objets vont ainsi tomber dans les mains de ce réseau qui ne rechigne pas à échanger ses « bons voleurs » avec d'autres réseaux en France ou à l'étranger.

Parmi les enfants auditionnés à l'époque, certains ont déjà été arrêtés pour des cambriolages sur la Côte d'Azur ou dans la vallée du Rhône. Après le coup de filet du mois d'avril et les perquisitions, plus de 1 300 bijoux avaient pu être saisis. Des voitures et de l'argent liquide ont aussi été placés sous scellés.

Au total, huit personnes avaient été mises en examen à l'époque notamment pour « traite des êtres humains en bande organisée », « vol en bande organisée » et « provocation de mineur à commettre un crime ou un délit ». Quatre femmes avaient été incarcérées et quatre hommes placés sous contrôle judiciaire.
Da.D., leparisien.com, Paru le : 30/08/2005

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(Octobre 2005) La nonciature apostolique cambriolée

SPÉCIALISTES des raids nocturnes dans les quartiers chics de Paris, trois gitans yougoslaves ont été interpellés vendredi soir en flagrant délit par la Brigade de répression du banditisme (BRB), alors qu'ils venaient de cambrioler la représentation du Saint-Siège. Installé à l'angle de l'avenue du Président-Wilson et de la rue Freycinet dans le XVIe arrondissement, l'hôtel particulier est protégé par des grilles et un système de vidéosurveillance. En 1997, il avait abrité Jean-Paul II lors de son ultime voyage à Paris.

Selon nos informations, les malfaiteurs, âgés de 20 à 22 ans, se sont introduits vers 20 h 30 dans la résidence de Mgr Francesco Follo, observateur permanent du Vatican près l'Unesco. Le prélat soupait en compagnie du nonce apostolique Mgr Fortunato Baldelli au moment des faits. Après avoir crocheté la porte cochère, deux des voleurs ont fouillé les lieux sur trois étages, avant de rafler des bijoux ainsi qu'une collection d'euros à l'effigie de Jean-Paul II. Frappées en série limitée, certaines de ces pièces se négocient jusqu'à cent fois leur valeur faciale.

Mais les malfaiteurs n'ont pas eu le temps d'écouler leur butin : pris en filature par la BRB qui avait remarqué leur comportement suspect, ils ont été appréhendés juste après le vol. «Ils ne connaissaient pas leur victime, explique une source proche du dossier. Comme à leur habitude, ils avaient ciblé un immeuble cossu aux lumières éteintes.» Alors que les valeurs dérobées à la nonciature ont été restituées, le trio sera présenté en comparution immédiate aujourd'hui.
lefigaro.fr, Christophe Cornevin [03 octobre 2005]

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(Octobre 2005) Des bébés vendus à leur naissance par des Gitans
TRAFIC Un réseau de vendeurs de bébés, organisé au sein de la communauté des gens du voyage, vient d'être démantelé au terme de quinze mois d'enquête.

PAS MOINS de sept enfants, âgés de dix-huit mois environ et vendus à la naissance par leur mère d'origine bulgare, ont été retrouvés lors d'opérations menées à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans le Nord, le Var, le Loir-et-Cher, le Puy-de-Dôme ainsi que dans la Manche. Les enquêteurs de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), épaulés par les gendarmes de la section de recherches de Rennes, ont placé en garde à vue les couples adoptifs, soit une dizaine de Gitans sédentarisés en mal d'enfant.

L'affaire, instruite par un juge de Bobigny, remonte au 7 juillet 2004, après une plainte déposée par Maya K., prostituée bulgare de 23 ans qui dénonce le soi-disant vol de son bébé, à Saint-Denis. Les fonctionnaires de l'OCRTEH, en liaison avec leurs homologues de Sofia, établissent que l'enfant a en fait été vendu. La mère, semble-t-il prise de remords, dénonce alors l'existence d'une filière organisée depuis la Bulgarie par un clan familial recrutant sur place de jeunes femmes enceintes pauvres.

6 000 euros pour un garçon

Arrivées en France, elles accouchaient sous leur propre identité, tandis que le père du couple acheteur se présentait en mairie pour signer l'acte de reconnaissance du nourrisson. A priori, les services d'état civil ont délivré les livrets de famille sans se méfier. Parfois, les futurs mamans donnaient naissance à leur enfant en usurpant l'identité de la mère adoptive.

«Âgés d'à peine quelques jours, les nourrissons étaient négociés selon les règles de l'offre et de la demande comme s'il s'agissait d'une voiture d'occasion, confie un enquêteur. Des rabatteurs trouvaient des «clients» dans la communauté du voyage et fixaient les tarifs de gré à gré...» En moyenne, un garçon était vendu à 6 000 euros, contre 5 000 euros pour une fille. Les mères biologiques percevaient entre 400 et 1 000 euros.

Mises en coupe réglée par le réseau, certaines étaient par ailleurs contraintes de se prostituer. Le reste des bénéfices était réparti entre les «intermédiaires» et le clan bulgare qui continuait à tirer les ficelles depuis son pays. Au début du mois, les policiers français avaient discrètement appréhendé deux donneurs d'ordre bulgares ainsi qu'un rabatteur français. Selon nos informations, le trafic présente des ramifications en Italie, où plusieurs Bulgares ont été interpellés fin 2004 pour plusieurs ventes clandestines de nourrissons.

Le sort des bébés retrouvés est désormais entre les mains de magistrats spécialisés dans chaque juridiction concernée par le trafic. Ainsi, à Bobigny, un juge pour enfants est saisi de trois cas : deux en Seine-Saint-Denis et un à Paris. En théorie, ils pourraient être placés dans des foyers d'accueil.
Dans les faits, l'intérêt des enfants, qui ont tous été bien traités, devrait primer. Les parents adoptifs, bien qu'exposés à des poursuites pour «enlèvements de mineurs de moins de quinze ans», pourraient donc s'en voir confier la garde.
lefigaro.fr, Christophe Cornevin [19 octobre 2005] p. 13

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(Octobre 2005) Des millions escroqués aux allocations

Depuis deux ans, un vaste réseau organisé empochait frauduleusement les allocations familiales dans au moins cinq départements du Sud de la France. Le préjudice notamment constaté au détriment des caisses d'Avignon, Montpellier, Béziers et Carcassonne pourrait dépasser les 2,5 MEuro.
Mardi, les policiers du SRPJ de Montpellier ont procédé à Nîmes (Gard) et dans les alentours à l'interpellation d'une quarantaine de personnes appartenant en majorité à la communauté des gens du voyage. Hier soir plus de vingt personnes, essentiellement des jeunes femmes, se trouvaient toujours en garde à vue.

Depuis 2003 et la mise en place des procédures administratives simplifiées, les escrocs déposaient des dossiers d'allocations familiales. Chaque fois, il s'agissait de jeunes femmes enceintes, déclarées comme parents isolés et sans revenus, ce qui leur permettait de percevoir le maximum : 503 Euro par mois pendant la grossesse et jusqu'à 707 Euro jusqu'au troisième anniversaire de l'enfant.
Dans la plupart des cas, d'ailleurs, les enfants à naître n'existaient pas. Les dossiers étaient le plus souvent constitués avec grand soin à l'aide de pièces d'identité falsifiées. « Un contrôleur a cependant constaté que deux dossiers totalement distincts avaient été remplis par une même main, de la même écriture. C'est ce qui nous a mis la puce à l'oreille », explique Jean-Pierre Péquignot, directeur de la CAF de Montpellier, qui a déposé plainte en novembre dernier.
Dans le Gard, les détournements auraient été à peu près contenus grâce à l'identification rapide de dossiers frauduleux : trois en 2004, trois en 2005.

Malgré la vigilance revendiquée des différents contrôleurs qui opèrent le plus souvent sur pièces, les escrocs avaient réussi à déposer des centaines de dossiers dans différents départements du grand Sud, en déclarant à plusieurs reprises des enfants existants ou virtuels, parfois sous de fausses identités et en utilisant la plupart du temps des formulaires médicaux volés, des tampons dérobés ou contrefaits. Le gang des CAF avait engagé des complices qui fournissaient une boîte postale contre 40 à 50 Euro chaque mois.
Les principaux auteurs devraient être présentés aujourd'hui au parquet d'Avignon.
Claude BELMONT, Le Figaro, no. 19027, Le Figaro, jeudi 6 octobre 2005, p. 9

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mercredi 14 décembre 2005 (Reuters - 18:30) Six hommes séquestrés pendant des mois par des gens du voyage

LILLE - Des gens du voyage ont séquestré et traité comme des esclaves six adultes pendant plusieurs mois à Bavay, dans le département du Nord, apprend-on de sources proches de la gendarmerie.

Les gendarmes ont perquisitionné dans un camp de plusieurs caravanes et ont libéré les six hommes, âgés de 30 à 50 ans. Blessés et en état d'hypothermie, ils ont été hospitalisés à Maubeuge.

D'après les premiers éléments de l'enquête, les six hommes étaient exploités par leurs ravisseurs, traités comme des esclaves et obligés de reverser leurs prestations sociales.
Les gendarmes ont interpellé huit personnes.
yahoo.fr, actualités, mercredi 14 décembre 2005 (Reuters - 18:30)

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(27 décembre 2005) Le fils d'un caïd manouche abattu en Seine-Saint-Denis
La police craint que ce règlement de comptes ravive une guerre des gangs.

Le milieu a une façon toute particulière de célébrer Noël.

James Hornec, 24 ans, fils de l'un des frères Hornec, caïds de la région parisienne surnommés les Manouches de Montreuil, a été criblé de balles en Seine-Saint-Denis, avant de décéder samedi à l'hôpital de Bondy. La brigade criminelle avoue que les conditions du règlement de comptes «restent obscures», mais redoute qu'il ne «ravive la guerre» des gangs en région parisienne.

Dans la famille Hornec, il y a d'abord le père, Lucien, né en 1932, ferrailleur de profession. Puis ses trois fils, Jean-Claude, Mario et Marc, faisant fructifier l'héritage : «C'est à Montreuil qu'étaient découpées en morceaux les voitures ayant servi aux casses, relève Frédéric Ploquin, journaliste à Marianne, dans Parrains & Caïds (éditions Fayard). Chez les ferrailleurs, on savait faire. C'est aussi à Montreuil que les gangsters ont commencé à se fournir en voitures maquillées.» Depuis, les frères Hornec semblent avoir tout fait pour justifier leur réputation. Les policiers chargés de les surveiller évoquent avec admiration la dynastie familiale, soupçonnée des plus grands braquages, de contrôler de nombreuses boîtes de nuit...

Les Hornec relèvent du fantasme de flic : souvent soupçonnés, jamais pris la main dans le sac. Frédéric Ploquin résume l'ambiance : «Si le banditisme était une famille, ce serait bien celle-là. Une communauté soudée ; une tradition qui remonte aux origines mêmes du brigandage ; une solidarité rare entre les hommes du clan. Tous les ingrédients semblent réunis pour constituer l'embryon d'une mafia ­ à commencer par le plus important : le territoire.» L'aura du clan Hornec a encore grandi depuis qu'on leur prête un pacte occulte entre Manouches et Arabes, imposant le respect aux Corses. Mario, le père de James, était le «diplomate» de la famille. Samedi, autour de l'hôpital, ses proches ont «bruyamment manifesté» leur colère, selon la police. S'ils en restent au bruit...
liberation.fr, par Renaud LECADRE, QUOTIDIEN : mardi 27 décembre 2005

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Paru le : 10/05/2006 Délinquance Les cambrioleurs exportaient leur butin vers la Moldavie

NETTOYEURS haute pression, groupes électrogènes, outillage, débroussailleuses, mais aussi argent liquide, bijoux ou téléphones portables, le réseau de cambrioleurs russes et moldaves qui écumait la région parisienne et la province depuis des mois était multicarte.

En fin de semaine dernière, environ 200 gendarmes ont mis fin aux activités de cette multinationale du vol. Près de 22 suspects ont été interpellés en région parisienne, notamment sur des campements à Valenton (Val-de-Marne) et dans ses environs et 7 d'entre eux écroués ce week-end.
Le chef présumé du réseau a quant à lui été arrêté en Seine-et-Marne sur l'autoroute A 6 alors qu'il prenait la direction de l'Italie.

C'est dans le Val-d'Oise, à l'automne dernier, que des enquêteurs de la brigade de recherches de Cergy se penchent sur une série de cambriolages commis dans des pavillons, mais aussi sur des chantiers. Les gendarmes se rendent vite compte que les voleurs qui se déplacent le plus souvent par deux en voiture appartiennent à un réseau bien structuré implanté dans le Val-de-Marne.

Epaulés par des enquêteurs de la section de recherches de Versailles et de l'office central de lutte contre la délinquance itinérante, les gendarmes vont suivre les cambrioleurs pendant de longues semaines.
Des cambrioleurs que les kilomètres n'effraient pas. En plus de la région parisienne, ils écument aussi d'autres départements limitrophes, comme le Loiret, la Haute-Marne et l'Yonne. « Ils ne faisaient pas vraiment de repérages. Ils roulaient jusqu'à tomber sur une maison ou un chantier et se servaient », relate une source proche du dossier.

Et les butins devaient être importants puisque les enquêteurs ont pu établir que des camions quittaient la région parisienne plusieurs fois par mois pour transporter les marchandises volées jusqu'en Moldavie où elles alimentaient le marché noir local.
« Tout le produit des vols était presque exclusivement destiné à l'export », rapporte de lieutenant-colonel Lecouffe de la SR de Versailles.
Après l'interpellation du chef présumé sur l'autoroute du Sud, les gendarmes sont descendus sur plusieurs campements du Val-de-Marne.

Outre les exécutants ont également été interpellés ce qu'ils appellaient les « majordomes » chargés de loger et de rétribuer les clandestins venus de Moldavie pour des missions bien spéciales, et enfin les receleurs chargés de la logistique du réseau.
« Notre souhait était vraiment de démonter toute l'organisation », précise le lieutenant-colonel Lecouffe. Sept personnes au total ont été mises en examen par un juge de Pontoise pour « vol et recel en bande organisée et association de malfaiteurs » et incarcérées.
D'autres suspects, relâchés, mais en situation irrégulière, ont en revanche été placés en rétention.
Damien Delseny, Le Parisien, 10 mai 2006, Essonne, p. II

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lundi 15 mai 2006, 18h21 Le maire d'Ensisheim condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir incendié des caravanes délabrées

STRASBOURG (AP) - Le tribunal correctionnel de Strasbourg (Bas-Rhin) a condamné lundi à six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende Michel Habig, le maire d'Ensisheim (Haut-Rhin), pour destructions de biens appartenant à autrui, en l'occurrence 14 caravanes délabrées, squattées épisodiquement par des Roumains dont certains étaient en situation irrégulière. Les quatre employés municipaux qui avaient aidé le maire ont été relaxés.

Le 11 janvier dernier, Michel Habig, soutenu par ses administrés, avait décidé de réduire en cendres un campement sauvage, insalubre, installé sur l'ancien carreau de la mine. Tout d'abord, les employés municipaux ont tenté de pousser les caravanes avec une tracto-pelle. Devant l'impossibilité, le maire décidait d'y mettre le feu en vertu de ses pouvoirs de police, le transport vers une décharge étant trop coûteux pour la commune.

Le maire a toujours expliqué "qu'il n'avait jamais agi pour des raisons raciales et ethniques, mais parce qu'il fallait prendre des mesures urgentes". Mais le parquet avait estimé que le maire avait agi en dehors de tout cadre légal. Il aurait dû intenter une action en référé auprès du tribunal de grande instance pour demander l'évacuation de ces caravanes.

Après la destruction du campement, seuls deux Roumains étaient venus rechercher des effets personnels et deux voitures avaient été mises en fourrière. Un arbre de la Paix a été planté depuis par une association de défense des Roms sur les lieux. AP
Yahoo.fr, actualités, lundi 15 mai 2006, 18h21

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23/05/2006 07:16 MARSEILLE (AFP) - Un mineur se venge de collégiens avec une voiture volée à Marseille

Un adolescent de 15 ans, au volant d'une voiture volée, a percuté lundi un groupe de collégiens à Marseille et blessé quatre d'entre eux, dont un grièvement, expliquant avoir agi par vengeance.

Le jeune conducteur, appartenant à la communauté des gens du voyage habitant Marseille, a affirmé avoir voulu se venger de plusieurs filles du collège, qui se seraient mal comportées envers ses soeurs, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête.

Il a volé la voiture d'une personne âgée, après lui avoir dérobé son sac le matin même, puis s'est rendu devant le collège Massenet, dans le 14e arrondissement.
Il a alors violemment percuté un premier collégien, avant de faire marche arrière et de percuter un groupe de trois autres collégiens.

L'un d'eux, un garçon de 14 ans, a été grièvement blessé au visage. Il était toujours en réanimation lundi soir à l'hôpital nord de Marseille.
Un autre garçon de 14 ans souffre pour sa part d'une fracture du péroné et d'une luxation de la cheville et reste hospitalisé ainsi qu'une adolescente de 16 ans, blessée aux avant-bras.
Une autre adolescente de 14 ans qui avait été hospitalisée à l'hôpital la Timone a pu sortir. Le conducteur du véhicule a été interpellé peu après les faits et placé en garde à vue.
lacroix.com, 23/05/2006 07:16

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humanité.presse.fr, E.R., Article paru dans l'édition du 16 mai 2006. La SNCF perd contre les Roumains de Palaiseau
La cour d’appel de Paris vient de débouter la SNCF et RFF, qui accusaient plusieurs familles de vivre sur un de leurs terrains.

La saga des Roumains de Palaiseau, en Essonne, pour obtenir le droit à un logement décent, s’est enrichie, la semaine dernière, d’une nouvelle décision de justice qui leur a mis un peu de baume au coeur.
En six ans, ce ne sont pas moins de dix référés et deux expulsions qu’a dû affronter le Collectif de solidarité aux familles roumaines de Palaiseau et de Massy. Dernière en date, la tentative de la SNCF de les déloger d’un terrain dont elle se soucie, en fait, comme d’une guigne. De quoi se demander, d’ailleurs, pourquoi elle a fait soudain preuve d’une telle frénésie possessive.
En mars de cette année, les juges d’Evry ont mis en doute la légitimité de la propriété en renvoyant la SNCF dans les cordes. Peu sûre d’elle, la Société des chemins de fer s’est associée au Réseau ferré de France (RFF) pour faire appel du jugement.

(Occupation sans titre, n°783)
Seulement, les juges de la cour d’appel de Paris ont estimé, la semaine dernière, qu’ils n’avaient pas à décider à qui le terrain appartenait. Ou il y avait preuve de propriété ou il n’y en avait pas.
Et comme ni la SNCF ni RFF n’ont fourni la moindre pièce pour l’attester, ils ont tous deux été déboutés et contraints de payer, outre les frais de justice, 2 500 euros, au groupe des Roumains.
Une jolie victoire qui sera comme de coutume saluée par une fête, mais qui incite surtout à la vigilance : le comité de Palaiseau sait déjà ce que veut dire expulsion illégale, avec son lot de caravanes, d’affaires et de papiers personnels détruits au bulldozer.

La demande au préfet, renouvelée, de l’urgence d’une table ronde réunissant tous les acteurs du drame pour mettre fin au bidonville et trouver des solutions de logements décents pour ces quelque cent Roumains, est toujours sans réponse. Le maire de Palaiseau a laissé entendre qu’il soutiendrait la demande.

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23/06/2006 TRAFIC. Le gang des Bulgares a vendu 22 bébés

Après deux ans d'enquête, les policiers français ont démantelé un gang de trafiquants bulgares qui ont vendu, entre 5 000 et 8 000 euros , vingt-deux nouveau-nés en France. Ce phénomène tend à se développer dans toute l'Union européenne.

DEUX ANS d'investigation, vingt-deux nouveau-nés retrouvés, trente « parents » acheteurs entendus et quarante-quatre trafiquants interpellés.

Menée par l'Office central contre la traite des êtres humains (Ocreth), avec le soutien de sections de recherches de la gendarmerie, cette gigantesque enquête sur un trafic de bébés entre la Bulgarie et la France vient de s'achever. La juge d'instruction de Bobigny devrait prochainement clore le dossier.
Les dernières arrestations, celles de deux Français soupçonnés d'avoir servi d'intermédiaires, ont eu lieu fin mai en Seine-Saint-Denis.

Nés de jeunes femmes bulgares, pour la plupart issues de la communauté rom et prostituées par le réseau, les bébés étaient vendus entre 5 000 et 8 000 euros à des couples en mal d'enfant. « Les nourrissons étaient considérés comme de la marchandise ! » constate le commissaire Jean-Michel Colombani, chef de l'Ocreth, pour qui cette affaire marque l'essor croissant de ce type de filières en Europe.

Explications. Flagrant délit à l'hôpital

Les policiers français sont mis en alerte par leurs homologues bulgares dès 2003 sans que les premières surveillances d'accouchements suspects, conduites notamment dans la région de Bordeaux, aboutissent.
Mais l'enquête s'accélère en juillet 2004 lorsqu'une jeune femme bulgare se plaint de l'enlèvement de son enfant. Maya K., prostituée de 23 ans, raconte avoir accouché en avril à l'hôpital Robert-Debré (Paris XIX e ). Le vol, dit-elle, aurait eu lieu en mai.
« Il s'agissait en fait d'une transaction qui avait mal tourné », explique le commissaire. Prise de remords, Maya finit par témoigner. Les enquêteurs repèrent alors, dans un squat du Blanc-Mesnil, une autre jeune Bulgare sur le point d'accoucher. Le 17 juillet, une première vague d'arrestations est menée à l'hôpital Robert-Debré.

Un gang familial

De surveillances en filatures, le chef présumé du gang finit par être repéré. Originaire de Peshtera, une petite ville de Bulgarie où réside une importante communauté rom, l'homme vit avec son épouse dans une caravane à Wattignies (Nord).
Il est interpellé, ainsi que trois intermédiaires, en juin 2005. Au même moment, dans le cadre d'une commission rogatoire internationale, une équipe de policiers se rend sur place. Près de quarante personnes, dont plusieurs mères biologiques, sont entendues. Déjà contraintes à la mendicité et à la prostitution, elles ne touchaient que rarement l'argent des transactions, ou une part infime (entre 600 et 1 000 euros).

Les éléments ainsi recueillis et le fort soutien des policiers bulgares permettent de peaufiner les recherches. « On a travaillé sur trois cents accouchements en France », confie un enquêteur. Le 18 octobre 2005, une seconde opération d'envergure est lancée dans la région parisienne, dans le nord et l'ouest de la France. Sept bébés sont alors retrouvés, treize « parents acheteurs », interpellés.

« Je voulais un fils »

Depuis, au total, policiers et gendarmes ont retrouvé vingt-deux bébés et entendu une trentaine de parents acheteurs. Certains se sont signalés d'eux-mêmes après les arrestations d'octobre ; les derniers ont été repérés en mai.

Presque tous ont été mis en examen pour « provocation à l'abandon d'enfant » et « atteinte à l'état civil ». Ils encourent entre six mois et trois ans de prison ferme. Ils ont tous été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Dans la plupart des cas, les bébés, qui sont âgés aujourd'hui de 2 ans à 3 ans, leur ont été rendus après examen médical et sous le contrôle d'un juge des enfants.

Acteurs « indirects » du trafic, souvent sollicités par un « contact », ces « parents » n'ont pas hésité à entrer dans l'illégalité pour répondre à un « mal d'enfant » : problèmes de grossesse ou d'adoption, désir d'avoir un fils... « J'ai sauvé ce petit de la misère », affirmait ainsi Georges*, qui a acheté son enfant près de 3 000 euros.
* Le prénom a été modifié.
Le Parisien, 23 juin 2006, p. 18, Pascale Égré

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Le 25 juillet, en une matinée, caravanes et baraques ont été détruites sans laisser aux habitants le temps de rassembler leurs affaires.
A Saint-Etienne, les Roms s'expulsent à la pelleteuse

Du pied, Aron-Ilic, 29 ans, retourne des objets cassés dans les cendres de sa baraque. Rom roumain, il vivait depuis quelques semaines sur un terrain vague adossé à un crassier, dans le quartier du Clapier, à Saint-Etienne (Loire). Lorsque les mines étaient en activité, le charbon était trié et nettoyé là. A présent, la mairie projette d'installer un parc urbain d'une douzaine d'hectares, à l'horizon 2009. C'est sur ce terrain abandonné que 60 à 70 Roms roumains squattaient depuis un an.

Le 22 mai, la ville avait obtenu une ordonnance d'expulsion. Mardi 25 juillet, la police a débarqué pour détruire toutes les baraques, les caravanes, sans laisser le temps à leurs occupants de les vider de leurs effets personnels. En une matinée, le village précaire est devenu un champ de ruines.
«Ils sont arrivés vers 6 heures, raconte Aron-Ilic, le seul à bien parler le français. Ils nous ont dit qu'on avait cinq minutes pour partir, qu'on devait emporter tout ce qu'on pouvait. Trois policiers sont restés devant la porte de la baraque. On s'est habillé, on a fait nos bagages en vitesse. Quand vous avez cinq minutes, vous prenez quoi ? J'ai ramassé le plus important. Les papiers et quelques vêtements pour mon fils.» Il vivait là avec sa femme et son garçon, âgé de 5 ans.

Secteur bouclé.

Les agents ont fait sortir les habitants d'une vingtaine de caravanes et autant de baraques. Ils ont aussi délogé les occupants d'une grosse maison adossée à la falaise. Puis ils ont regroupé les Roms sur un côté du terrain, avec interdiction de quitter le camp, pour qu'ils n'alertent pas les associations qui travaillent habituellement avec eux. L'un d'entre eux a quand même réussi à envoyer un texto.

«Dès que j'ai été prévenu, raconte Freddy Gioia, militant stéphanois, j'ai sauté de mon lit, attrapé un appareil photo, et j'ai foncé. Ils avaient bouclé tout le secteur, mais je connais bien le coin et je me suis faufilé. Je suis monté sur la ligne de chemin de fer qui surplombe le terrain et j'ai pu prendre des photos, juste au moment où les bulldozers entraient en action.»

Devant les habitants, les grosses pelles ont soulevé les caravanes, puis les ont relâchées, jusqu'à ce qu'elles se disloquent. Le mobilier a été démoli à coups de godet, comme tout ce qui se trouvait à l'intérieur. La nourriture, les matelas, parfois quelques meubles, un frigo, une cuisinière. Un homme, soigné pour des problèmes cardiaques, y avait laissé ordonnance et médicaments. Un autre, diabétique, des flacons d'insuline. «Ils ont eu le temps de récupérer leurs affaires avant de vider les lieux, assure le cabinet du maire de Saint-Etienne, Michel Thiollière (UMP radical). Ils savaient depuis la visite d'un huissier, le 1er juin, qu'ils pouvaient être expulsés à tout moment.»

Dans les jours suivant l'expulsion, des habitants du quartier sont venus se servir parmi les restes. Puis quelqu'un a mis le feu aux débris amassés. Dans les cendres, Aron-Ilic montre la vaisselle cassée, les restes d'une cafetière électrique. Il hausse les épaules et demande, calmement : «Nous n'avons pas grand-chose, pourquoi nous détruire ça ? Nous n'avons pas choisi d'être Roms. Pourquoi nous traite-t-on comme des animaux ?»

La mairie répond qu'elle avait prévu la fourrière pour enlever les caravanes. «Mais quand on ne peut pas les déplacer, on n'a pas d'autre choix que de les détruire, pour éviter toute réinstallation» , indique le cabinet du maire. Des militants associatifs affirment que des caravanes avaient déjà été brûlées, il y a quelques mois, sur ce même terrain.

Au total, deux à trois cents Roms roumains vivent sur l'agglomération stéphanoise, où deux autres squats ont été délogés, le 26 juillet. Parmi les occupants du terrain du Clapier, quelques-uns avaient obtenu un titre de séjour en temps qu'étrangers malades, quelques autres étaient demandeurs d'asile, la grande majorité multipliait les déplacements pendulaires, avec des visas de tourisme qu'il faut renouveler en Roumanie tous les trois mois.
La plupart gagnent peu d'argent en France, mais c'est toujours plus qu'au pays. Au Clapier, certains faisaient la manche, vendaient des journaux, travaillaient au noir ou se débrouillaient autrement.
Aron-Ilic avait ainsi acheté plusieurs kilos de montres en toc, à revendre dans la rue. Le bulldozer les a écrasées.
Après les destructions, les Roms ont dormi deux nuits de suite dans un square du centre-ville, entre la mairie et la préfecture.
Des associations les accompagnaient, puis elles ont décidé, compte tenu de la canicule, de squatter un bâtiment laissé vide par EDF. De vastes locaux techniques, transformés en chambres assez fraîches. Sur les portes des douches et des WC, des noms écrits en roumain indiquent le tour de rôle pour le ménage.

«Ras-le-bol».

Les militants de différentes associations se relaient pour dormir sur place. Il y a le DAL (Droit au logement), mais aussi la Croix-Rouge, le Secours populaire, Emmaüs... Des cours croisés de français et de roumain doivent être organisés.
«D'ordinaire, raconte Marie-Pierre Vincent, photographe et membre du collectif stéphanois Tous les chemins mènent aux Roms, ces populations sont très assistées. Là, il semble qu'il y a un ras-le-bol, et certains se mobilisent à nos côtés

Des militants associatifs demandent la scolarisation des enfants et le relogement de tout le monde «dans les milliers de logements vide de l'agglomération» .
La municipalité répond qu'elle est prête à envisager des hébergements d'urgence pour les familles avec enfants et les malades. «En attendant, glisse une porte-parole de la mairie, on n'a pas de crise humanitaire. Il y a l'eau, l'électricité. A la limite, ils sont mieux ici que là où ils étaient . »
Libération, 4 août 2006, p. 11, Par Olivier BERTRAND, QUOTIDIEN : Vendredi 4 août 2006 - 06:00

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18/09/2006 Vol Les faux dépanneurs détroussaient les personnes âgées

DEUX HOMMES de 46 et 39 ans viennent d'être interpellés par la brigade de répression du grand banditisme (BRB). Ils sont suspectés d'avoir détroussé dix-huit personnes, la plupart âgées.
A chaque fois, la technique était identique : ils se faisaient passer pour des dépanneurs supposés intervenir sur une conduite d'aération défectueuse.
Ce petit manège a brutalement cessé vendredi. Les enquêteurs de la BRB sont alors en surveillance sur une affaire différente, dans le XVI e .

Mais leur attention est retenue par un homme âgé marchant avec difficulté. Alors qu'il pénètre dans son immeuble, deux individus, tout juste descendus de leur véhicule, lui emboîtent le pas. Ils ressortent trente minutes plus tard, visiblement nerveux, puis repartent en voiture.

Le mystérieux duo des « aérateurs »

Une équipe de la BRB les suit tandis qu'une autre rejoint l'appartement du vieil homme. Celui-ci explique que les deux individus sont entrés chez lui au motif de colmater des aérations. Ne croyant pas vraiment à leur histoire, la victime finit par s'énerver et réussit à les mettre dehors, s'apercevant alors que l'un des deux malfrats a trouvé le temps de fouiller son appartement. On donne l'ordre aux policiers qui suivent les deux voleurs de les interpeller ; ce qu'ils font sur le boulevard périphérique.

Au vu de ce mode opératoire, les enquêteurs font le rapprochement entre ces deux individus placés en garde à vue et le mystérieux duo des « aérateurs » qui opèrent depuis mars sur Paris et sa banlieue.
En six mois, deux hommes ont commis dix-sept autres vols par ruse, parvenant à subtiliser de 100 à 50 000 à des victimes âgées, pour certaines de 96 ans.

Ce week-end, plusieurs victimes sont donc venues dans les locaux de la BRB et ont reconnu leurs agresseurs. « Le vol par ruse, c'est comme une pièce de théâtre où les acteurs ont trouvé le bon jeu, raconte un policier. Les délinquants mettent au point un mode opératoire et n'en changent plus. »

Une arme a été retrouvée au domicile de chacun des deux suspects dans l'Essonne. Agés de 46 et 39 ans, issus de la communauté des gens du voyage, ils nient les faits. Déjà connus des services de police, ils ont été mis en examen et écroués.
Julien Dumond et Mathieu Suc,

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mercredi 3 janvier 2007, 10h33 Le chauffard qui a mortellement blessé un gendarme avoue

REVIN (AP) - L'une des cinq personnes placées en garde à vue a avoué mardi soir être le conducteur de la voiture qui a fauché et blessé mortellement lundi le gendarme de la brigade motorisée, a-t-on appris mercredi auprès de la gendarmerie.

L'auteur présumé de l'accident a indiqué aux enquêteurs l'endroit où il a caché la Peugeot bleue dans laquelle se trouvait le groupe de fêtards. Il s'agit d'une grange proche du campement où ils résident.

Les cinq jeunes gens, trois garçons et deux filles dont deux mineurs, ont été interpellés dès mardi matin près d'Hirson (Aisne) grâce à l'identification de la voiture et des témoignages. Ils ont été ramenés à la compagnie de gendarmerie de Revin (Ardennes). Les faits se sont déroulés à Neuville-aux-Jôutes (Ardennes).

Avant de prendre la route, les jeunes gens avaient ingurgité une bouteille de whisky. Le chauffeur avait, selon les premiers éléments de l'enquête, freiné lorsqu'il a aperçu les gendarmes opérant un contrôle d'alcoolémie puis accéléré brutalement, fauchant le maréchal des logis chef Jacques Lourties. Ce dernier a succombé à ses blessures mardi à l'hôpital de Reims. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 3 janvier 2007, 10h33

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Publié le 23 janvier 2007Actualisé le 23 janvier 2007 : 07h52 Le trafic des bébés bulgares devant la justice Le Figaro DELPHINE DE MALLEVOÜE.

Les avocats de la quarantaine de parents français de la communauté tsigane ont plaidé la candeur de leurs clients et la détresse d'un parcours marqué par la stérilité.

CIGARETTE sur cigarette, le regard dans le vide, Sylvaine (1) attend que l'audience reprenne. C'est une « mère acheteuse », comme on dit dans ce dossier, plus médiatiquement appelé « l'affaire des bébés bulgares ».
Comme la quarantaine de parents français de la communauté tsigane jugés depuis hier jusqu'au 2 février, Sylvaine comparaît devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis), accusée d'avoir acheté le bébé d'une mère bulgare enrôlée de force dans un réseau de prostitution et victime d'un trafic d'enfants.

Treize trafiquants bulgares, intermédiaires entre les parents « acheteurs » français, la plupart stériles, et les mères biologiques bulgares, défilent à la barre. Ils sollicitaient ces mères, le plus souvent seules ou prostituées, pour leur proposer d'accoucher en France et d'y abandonner leur enfant contre quelques centaines d'euros.

Entre juillet 2001 et juin 2005, ce sont vingt-deux bébés qui auraient ainsi fait l'objet de ces tractations illégales : de 2 000 à 9 000 eur par enfant. Un montant qui variait en fonction de la situation des parents « adoptants » mais aussi en fonction du sexe de l'enfant, comme l'a rappelé non sans stupéfaction la présidente du tribunal.

« Avoir un garçon, c'est le plus grand honneur dans la communauté gitane », a confirmé Jimmy, un père appelé à la barre.
Ce trafic semble avoir sévi de Bordeaux à Toulouse en passant par Marseille, de la région Ile-de-France à la Bretagne ou encore au Centre et à Paca, sous l'effet du bouche-à-oreille dans la communauté des gens du voyage. Les parents, à qui l'on reproche les délits de « provocation à l'abandon d'enfant » et « simulation » ou « dissimulation » de l'état civil, risquent trois années d'emprisonnement et 45 000 eur d'amende.

«Traite d'être humain»

Les pourvoyeurs de mères enceintes, eux, encourent dix années de prison pour le délit supplémentaire de « traite d'être humain ». La plupart des parents « acheteurs » ont aujourd'hui récupéré « leur » bébé, un temps placé dans des familles d'accueil, sur décision des juges des enfants. Une mesure clémente, en attendant la régularisation de leur état civil et une adoption officielle.

Méthode Coué ou optimisme forcené, Marylène n'est pas inquiète : « Mon fils est à la maison, tout va bien, personne ne me le reprendra », dit cette mère « adoptante ».
Sylvaine, elle, ne peut avoir peur qu'on lui reprenne sa petite fille de deux ans. Et pour cause : elle ne l'a jamais eue. Les forces de police l'attendaient à la maternité, le jour où la mère biologique devait lui remettre. Envolés les rêves d'enfant, envolé aussi l'argent de la négociation. « C'est dur, vous savez », répète -t-elle, soutenue par toute la famille.

Plaidant la candeur de leurs clients et la détresse d'un parcours marqué par la stérilité, les avocats des parents ne manquent pas de soulever la question sous-jacente de l'adoption par la communauté tsigane qui, « dans les faits, en raison de leur non-sédentarité et donc de l'irrégulière scolarité de leurs enfants, leur est interdite », souligne Me Anne-Laure Lebert.
(1) Les prénoms des témoins ont été changés.
lefigaro.fr, Publié le 23 janvier 2007Actualisé le 23 janvier 2007 : 07h52

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vendredi 2 février 2007, 16h00 Prison ferme pour dix Bulgares accusés de trafic de bébés

BOBIGNY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Dix Bulgares impliqués dans la vente de 23 nouveau-nés à des familles françaises ont été condamnés à des peines de deux ans à six ans de prison ferme pour "traite d'êtres humains" par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Des peines symboliques de six mois de prison avec sursis assorties dans trois cas d'amendes de 5.000 euros ainsi qu'une peine de 500 euros d'amende ont par ailleurs été prononcées contre la plupart des 41 prévenus français de la communauté tzigane poursuivis pour avoir acheté les enfants pour quelques milliers d'euros.

Cependant, contre l'avis du parquet, dans des cas où la transaction s'est accompagnée de brutalités ou de contraintes morales sur les mères bulgares des enfants, trois acheteurs d'enfants ont été condamnés respectivement à six mois, dix mois et un an de prison ferme.

Henri Salva, 72 ans, le Français qui mettait en contact les vendeurs et les acheteurs de bébés, a été condamné à cinq ans de prison ferme, bien qu'il soit actuellement hospitalisé. Le parquet avait demandé quatre ans dont une partie avec sursis.

La seule femme bulgare poursuivie pour avoir vendu son bébé, Guinka Hristova, 29 ans, a été relaxée. Son proxénète, père de l'enfant vendu, Miroslav Sandov, 41 ans, a été en revanche condamné à un an de prison ferme.

Rendu après deux ans et demi d'enquête, deux semaines d'audience et deux jours de délibéré, le jugement, qui intervient alors que la Bulgarie vient de devenir membre de l'Union européenne le 1er janvier, est le premier prononcé par la justice française dans ce type de dossier.

MANDATS D'ARRET

Les investigations, qui concernent des faits commis pour la quasi-totalité d'entre eux ces dernières années, mais aussi un cas remontant à 1993, illustre selon le parquet l'expansion du commerce d'enfants en provenance des pays d'Europe de l'est.

Le Conseil de l'Europe prépare une recommandation sur le sujet pour une harmonisation des législations. En France, le délit de vente d'enfant n'existe pas en tant que tel.

Sept des dix trafiquants bulgares condamnés, membres pour la plupart d'une même famille tzigane, les Georgiev, étaient jugés par défaut, car ils sont en fuite. Le tribunal a relancé les mandats d'arrêts internationaux dont ils font déjà l'objet, notamment contre le chef présumé du clan, Asen Georgiev, 67 ans.

Hormis Guinka Hristova, les mères bulgares ayant vendu leurs enfants, qui sont toutes des prostituées, n'ont pas été poursuivies. Elles ne se sont pas présentées au tribunal et ne réclament pas leurs enfants.

Même si elles n'étaient pas toujours explicitement hostiles à la transaction, elles ont été conduites en France pour y accoucher, sous l'influence des proxénètes, qui empochaient l'essentiel des recettes avant de les renvoyer en Bulgarie avec quelques centaines d'euros.

A l'exception de deux bébés, pris en charge par les services sociaux français, les enfants vendus ont été laissés dans leurs familles "acheteuses", où ils mènent une vie plutôt heureuse, selon les rapports de la justice remis au tribunal.

A l'audience, les familles françaises poursuivies pour "provocation à l'abandon d'enfants" et fraude à l'état civil ont reconnu avoir payé de 2.500 à 8.000 euros mais ont dit avoir agi car elles ne pouvaient pas avoir d'enfants naturellement ni en adopter. Elles on estimé avoir fait oeuvre de charité.

En lisant sa décision, le tribunal a fait savoir qu'il ne retenait pas en totalité ces arguments. "Il nous fallait à la fois prendre en compte l'existence d'un désir d'enfant difficilement réalisable et le fait qu'on ne peut faire commerce de l'être humain", a dit la présidente.

"On a beaucoup parlé de droit à l'enfant mais pas de droit de l'enfant", a-t-elle ajouté. Dans ses réquisitions lundi dernier, le parquet avait jugé "insupportable" l'idée d'un commerce d'êtres humains.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 2 février 2007, 16h00

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lundi 12 février 2007, 16h58 Les bonnes affaires des pilleurs de métaux Par Pierre-Marie GIRAUD

PARIS (AFP) - Le vol de métaux, c'est facile, c'est pas cher et ça peut rapporter gros: alléchés par la hausse continue des prix, les pilleurs de métaux ont multiplié ces cinq dernières années les vols de cuivre, de zinc ou de nickel, réalisant des profits juteux.

Au cours d'une conférence de presse lundi à Paris, le colonel Philippe Schneider, chef de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), a souligné que les plaintes pour vols de métaux avaient crû de 144 % en 2006 par rapport à 2005.

En 2006, 2.000 personnes, a-t-il précisé, ont été interpellées par la gendarmerie pour vols de métaux, 27 dirigeants d'entreprises de recyclage de métaux malhonnêtes mis en examen. Les infractions constatées sur les registres de police des entreprises de recyclage de métaux ont augmenté de 404 % durant le premier semestre 2006 par rapport au premier semestre 2005.

"Cuivre, plomb, zinc, nickel, aluminium, tout se vole", dit le colonel Schneider: des déchets aux métaux en lingots, des pièces de tracteurs agricoles dans les champs aux portes d'Airbus chez le fabricant, aux toits d'églises en passant par les câbles de cuivre sur les chantiers EDF ou TGV.

Pour le chef de l'OCLDI, il y a des "milliers d'endroits en France" où l'on peut voler des métaux. Selon lui, 56 % des vols sont des vols simples, 43 % des vols avec effraction et près d'un pour cent des vols avec violences. 60 % des personnes mises en cause en 2006 étaient des "délinquants itinérants traditionnels" (gens du voyage, ndlr), 25 % des nouveaux "venus" au vol de métaux, 10 % des personnes originaires des pays de l'Est et 2 % des employés des sociétés volées.

Même si le prix payé par les "acheteurs véreux" ne représente que 30 % du prix de vente, le vol simple d'un camion de vingt tonnes de cuivre, dont le prix a atteint 8.000 euros la tonne, peut rapporter, relève le colonel Schneider, davantage qu'un vol à main armée dans une banque - puni beaucoup plus sévèrement par le code pénal - ou que l'arrachage d'un distributeur automatique de billets.

Mais le chef de l'OCLDI constate également un "fléchissement" de ces vols depuis octobre 2006, leur nombre ayant notamment baissé de 33,9 % en janvier 2007 par rapport à janvier 2006. Selon le chef de l'OCLDI, les raisons en sont "l'action très soutenue" de la police et de la gendarmerie, la prise en compte du phénomène par les professionnels du secteur et les baisses récentes des cours des métaux.

Claude Platier de la Fédération du recyclage (Federec, premier syndicat professionnel avec 250 adhérents, sur le millier d'entreprises du secteur) confirme la tendance à la baisse.

Federec, rappelle-t-il, a "mis en place depuis cinq ans un système d’information de ses adhérents sur la nature et la quantité des lots volés afin de prévenir tout risque de recel involontaire". Ce système d’information bénéficie depuis un an aux policiers et aux gendarmes.
Yahoo.fr, actualités, lundi 12 février 2007, 16h58

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Trafic de métaux. Les voleurs s'attaquent aux parkings à vélos!

TROIS EN deux jours. Après .. l'aluminium, le cuivre, l'étain... on dérobe les parkings à vélos.
Pas un jour ne s'écoule sans qu'un nouveau vol de métal ne soit commis dans le département.
Dernier en date, mardi midi, rue Salvador-Allende, à Palaiseau. En pleine journée, trois hommes ont embarqué des parkings à vélos en acier qu'ils ont chargés sur un Renault Trafic avec plateau. A près de 300 € la tonne d'acier, l'opération s'avère pour le moins rentable.

«Nous sommes confiontés à un phénomène nouveau qui prend une ampleur inquiétante », résume Jean-François Pascal, procureur de la République d'Evry. A chaque fois, le butin se compte en tonnes et les opérations sont longues. L'explosion de cette nouvelle délinquance n'a rien d'un hasard Depuis 2005, les prix des métaux flambent En un an, le cours du cuivre, l'une des cibles de prédilection des malfaiteurs, a grimpé d'un tiers. Sur le marché officiel, la tonne se vend à environ 5 420 €. Même progression pour l'étain ou le plomb. Explosion également pour des métaux plus précieux comme le nickel qui vaut 27 300 € la tonne, soit une progression de 57%.

Revendus à l'étranger

« Le problème économique est bien réel », insiste Jean-François Pascal.
L'année passée, plus de quarante vols de ce type ont été perpétrés dans l'Essonne. Principale destination de ces denrées, les marchés parallèles hors de France.
Selon les magistrats, il n'existe pas véritablement de profil type du voleur de métal. « Les filières qui écoulent ces produits à l'étranger sont malgré tout souvent constituées de réseaux de l'Est, Roumains ou Moldaves, qui vivent dans le milieu des gens du voyage, indique-t-on au parquet.
Tout cela suppose de véritables organisations internationales et des gangs de voleurs. Les métaux sont parfois retraités avant d'être exportés. Les petits ruisseaux alimentent les grandes rivières. .. » Des ruisseaux qui se chiffrent en tonnes et en centaines de milliers d'euros. Les autorités appellent les chefs d'entreprise à une «prise de conscience ».

Les métaux sont généralement entreposés sur des sites isolés et pas forcément dotés des systèmes de sécurité les plus perfonnants. « Ils doivent prendre les mesures qui s'imposent, lâche Jean-François Pascal.Ces sociétés sont encore mal protégées. Elles sont vulnérables! »

Président de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, Gérard Huot prend la défense des victimes. « La situation est gravissime, avance-t-Ïl. Ces vols sont un frein, presque un arrêt au développement des entreprises. Evidemment, on doit se protéger, mais à quel prix !
Un système efficace avec vidéosurveillance se monte à plusieurs dizaines de milliers d'euros. On ne va quand même pas transfonner nos entreprises en bunkers avec de gigantesques murs... Cela se répercute sur les polices d'assurance (voir encadré). Il est très difficile de combler ces dépenses en augmentant le prix de vente de nos produits. Au final, tout cela représente des coûts que les entreprises ne sont pas prêtes à assumer. »
OLIVIER BUREAU, Le Parisien, 22 février 2007, Essonne p.II

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Meurtres En dix ans elle tue ses deux maris GENEVIÈVE COLONNA D'ISTRIA, Le Parisien, 28 février 2007, p. 15

UNE JEUNE FEMME de 38 ans vient d'être mise en examen pour homicide volontaire en récidive et incarcérée à la maison d'arrêt pour femmes de Riom (Puy-de-Dôme), lundi soir.
La justice la soupçonne d'avoir tué son mari de 38 ans - un homme issu de la communauté des gens du voyage - d'un coup de couteau en plein cœur, samedi soir, dans leur maison du centre-ville de Clermont-Ferrand. « Après une journée fortement alcoolisée, une dispute très violente a éclaté, suivie d'une baguare qui a dégénéré, raconte Me Khanifar, avocat de la jeune femme. Son mari a voulu la menacer d'un couteau. Elle a répondu. Mais sa première intention n'était pas de le tuer. »

Pourtant, la compagne de la victime n'en est malheureusement pas à son coup d'essai. « Le mobile n'est pas encore clairement établi, constate Michel Valet, le procureur de Clermont-Fernmd. Mais on sait que les deux protagonistes étaient connus des services de police et avaient eu maille à partir avec la justice à plusieurs reprises.»
Principalement la jeune femme, qui avait tué son premier concubin en 1996. Condamnée deux ans plus tard par la cour d'assises de Riom, Corinne avait écopé d'une peine de quatorze ans d'emprisonnement pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

"Elle risque la perpétuité"

Avec la complicité d'un proche, elle avait frappé à coups de couteau et roué de coups de pied et de poing son compagnon de l'époque, le laissant agonisant au fond de la cave de sa maison familiale, dans laquelle il avait péri. L'autopsie avait alors révélé cent cinquante lésions sur le corps du défunt.
« Elle est née dans un milieu pathogène, reconnaît l'avocat de la meurtrière présumée, Me Khanifar, avec des carences familiales très graves, un lieu porté sur la violence, l'alcool et la drogue, et des gens perdus autour d'elle sans boulot et sans repères. »
Placée dès l'âge de 14 ans, la jeune femme a deux enfants de 11 et 14 ans, eux-mêmes placés en foyer d'accueil. Elle avait épousé sa deuxième victime en prison en 2005. A peine remise en liberté conditionnelle la même année, elle avait de nouveau frappé violemment une personne à coups de casque de moto à la sortie d'un bar. Des faits qui lui avaient valu encore un an en prison ferme. Remise en liberté en octobre dernier, elle n'a pas pu maîtriser longtemps ses vieux démons.
Mais comme l'a rappelé .le procureur de Clermont-Fermnd hier: « Cette fois-ci elle risque la peine de prison à perpétuité. »
GENEVIÈVE COLONNA D'ISTRIA, Le Parisien, 28 février 2007, p. 15

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mercredi 28 février 2007, 16h08 Un vaste réseau d'escroquerie à l'Allocation adulte handicapé (AAH) démantelé dans l'Hérault

MONTPELLIER (AP) - Trente personnes soupçonnées d'escroquerie à l'Allocation adulte handicapé (AAH) sont auditionnées depuis mardi à Montpellier par les gendarmes de la brigade de recherches, apprend-on auprès de la gendarmerie de l'Hérault.

Depuis le milieu des années 1990, les suspects auraient proposé contre rémunération la constitution de faux dossiers déposés ensuite auprès de la Cotorep, rebaptisée depuis Maison départementale des personnes handicapées. Pour ce faire, ils auraient falsifié des certificats médicaux et imité des signatures de médecins. "Le corps médical n'est pas mis en cause", précise-t-on à la cellule de renseignement.

Vingt-huit dossiers frauduleux ont à ce jour été identifiés. "Le montant des prestations sociales perçues indûment dans cette affaire est estimé à ce jour à 850.000 euros", a déclaré mercredi à l'Associated Press Thierry Mathieu, directeur adjoint de la Caisse d'allocations familiales de Montpellier.

La CAF de Montpellier a déposé une plainte mercredi. Le préjudice pourrait être plus important. "L'enquête, qui a démarré il y a deux ans, ne s'arrête pas là", confirme-t-on à la cellule de renseignement du groupement de gendarmerie départementale.

L'arrestation des trente personnes, issues de la communauté des gens du voyage sédentarisés, a mobilisé une centaine de gendarmes mardi matin dans différentes communes du département -Montpellier, Castelnau-le-Lez, Villeveyrac, Castries et Béziers. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 février 2007, 16h08

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27 mars 2007. Chamarande - La Ville-du-Bois Les nomades arrachaient des coffres-forts Le Parisien, Essonne, 27 mars 2007, Essonne II

Quatre nomades ont été écroués vendredi soir et.mis en examen par un Juge d'instruction de Meaux (Seine-et-Marne), pour« association de malfaiteurs, vols par efftaction, en bande organisée et vols avec arme ».

Ces malfaiteurs habitaient des campements de gens du voyage de la Ville-du-Bois, de Chamarande, de Brie-Comte-Robert (Seine-etMarne) et d'Epemay dans la Marne.

Ils ont déjà purgé des peines de prison pour des braquages, des extorsions et des vols de voiture. Cette fois, ils ont été alTêtés pour des arrachages de cofftes-forts et de distributeurs automatiques de billets (DAB).

Une cinquième personne est encore déférée dans cette affaire: il s'agit d'une policière travaillant au commissariat d'Etampes.

La section de recherche (SR) de la gendarmerie de Paris a dirigé l'enquête, appuyée par l'Office central de lutte .contre les délinquances itinérantes et le groupement de gendarmerie de Seine-et-Marne. Les faits ont démarré en décembre dernier.

La SR de Paris est saisie par le parquet de Meaux d'une série de mêmes méfaits. « Les auteurs volaient une voiture de type 406, indique un enquêteur. Puis ils s'emparaient du DAB à l'aide de matériel de casseur: merlin, pieds-de-biche, grands câbles en fer pour encercler le coffre et le charger sur un camion plateau. »

L'équipe a attaqué début décembre la Bred de Rozay-en-Brie et la Poste de Vaudoy-en-Brie : le distributeur contenait 1 600 € et le coffre des carnets de timbres et des chéquiers vierges.

Dix jours plus tard, c'est la Poste de Villeneuve-leComte qui est visée. Le coffre-fort enfenne 2 500 € et une centaine de carnets de timbres.

L'équipe a ensuite braqué, au fusil à pompe, la station-service Total de Vaudoy au mois de janvier. Elle a emporté les 5 000 € contenus dans la caisse en jetant un extincteur dans la tête de l'employé qui s'interposait La victime est toujours en incapacité de travailler.

La section de recherche a sollicité une seconde commission rogatoire pour enquêter sur tous les arrachages de coffres et de distributeurs. En octobre, deux vols avec le même mode opératoire s'étaient déroulés dans la Marne.

« Il en existe certainement d'autres en région parisienne, souligne la SR Nous allons centraliser tous les faits susceptibles d'être imputés à cette équipe. »
VALENTINE ROUSSEAU, Le Parisien, Essonne, 27 mars 2007, Essonne II

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Un récidiviste aux peines réduites
Libération, Par Thomas CALINON, QUOTIDIEN : jeudi 12 avril 2007, p. 14

Détenu depuis 1990 et condamné trois fois aux assises entre 1994 et 1996, Pierre Bodein avait écopé de cinquante-quatre années d'emprisonnement.

Mais, en vertu du principe de confusion des peines, il n'a exécuté que la plus importante de ces trois sanctions (vingt ans).

Il a ensuite bénéficié de réductions obtenues du juge d'application des peines (quarante-neuf mois) ou par le jeu des grâces présidentielles (seize mois). Bodein était donc libérable début 2005, mais pour éviter une sortie sèche, la justice a opté, en mars 2004, pour une libération conditionnelle avec obligation de suivi.

Son arrestation, trois mois plus tard, avait déclenché une vive polémique sur le traitement par la justice des criminels récidivistes.

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Procès de Pierre Bodein Dans la tête de «Pierrot le fou» Devant la cour d'Assises du Bas-Rhin, mercredi. (REUTERS) Pour le premier jour, la cour s'est attachée au profil psychologique de l'accusé.
Par Thomas CALINON, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 12 avril 2007, p. 14

Depuis hier et jusqu'à début juillet, Pierre Bodein comparaît devant la cour d'assises du Bas-Rhin. Ce multirécidiviste de 59 ans, surnommé «Pierrot le fou», est accusé de deux tentatives d'enlèvement et de trois meurtres, commis en juin 2004, dont deux précédés de viols. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de trente ans. Cette peine maximale lui semble promise, tant les éléments à charge abondent dans le dossier.

Pourtant, assis dans le box et entouré de gendarmes d'élite du GIPN, l'accusé se tient droit. Il a passé une veste sombre sur une chemise blanche. Il a les cheveux poivre et sel, longs dans la nuque, un peu ébouriffés. Le président de la cour lui demande de se présenter : «Je m'appelle Pierre Fernand Bodein. Avant, j'étais maçon, coffreur, peintre, musicien et maintenant, je suis handicapé à 80 %» , dit-il d'une voix un peu chevrotante.

La lecture de l'arrêt de mise en accusation révèle des anecdotes sordides. Bodein réagit par des mouvements de tête : «non», quand on évoque les rapports sexuels violents qu'il aurait imposés à l'une de ses épouses ; «oui», pour la fois où il lui aurait annoncé que si elle mourait avant lui, il lui ferait l'amour une dernière fois, post mortem (notedt, nécrophilie), «pour lui dire adieu».

«Personnalité perverse».

Les victimes sont une fillette, une femme au visage juvénile et une adolescente.
Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, a disparu le 18 juin 2004, près du stade de Rhinau, au bord du Rhin. Edwige Vallée, 38 ans, a été tuée dans la nuit du 21 au 22 juin, après avoir été aperçue pour la dernière fois à Obernai. Julie Scharsch, 14 ans, a été enlevée alors qu'elle regagnait à vélo son domicile de Schirmeck, le 25 juin.
Leurs cadavres dénudés ont été découverts dans des cours d'eau peu profonds, dans un rayon de 20 km autour d'Obernai. Depuis sa sortie de prison en mars 2004 (lire ci-contre), Pierre Bodein vivait non loin de là, dans une caravane. Toutes les victimes présentaient d'importantes plaies à l'arme blanche au niveau du pubis, avec éviscération.

Après l'enlèvement de Julie, un témoignage désigne l'accusé. Les expertises génétiques font le reste : les ADN des victimes, parfois mélangés au sien, sont notamment mis en évidence dans sa voiture ou sur des couteaux réputés lui appartenir. Arrêté, Bodein nie. Et depuis, «il n'a pas varié d'un iota, il conteste toutes les charges retenues contre lui», précise son avocat, Me Marc Vialle.
Hier, l'accusé a poursuivi dans la même veine : «On m'a traîné dans la boue, on m'a médiatisé comme un tueur en série.» Selon son avocat, l'accusé soutient qu'il n'est pas un «violeur d'enfants» et évoque un «complot des gendarmes» : «Il estime que ces prélèvements ADN, détaille Me Vialle, n'ont pas été effectués dans des conditions normales.»

«Il y a des éléments à charge contestables et puis il y a aussi tout un volet psychologique qui va être important dans ce dossier» , affirme encore l'avocat. Condamné à huit reprises entre 1969 et 1996, «Pierrot le fou» a passé la majorité de sa vie d'adulte en prison ou en milieu psychiatrique. En 1976, il «fait ses besoins sans discernement et se barbouille de matières fécales» . «Schizophrénie catatonique» , diagnostiquent les experts. En 1980, ces «anomalies profondes, durables mais temporaires» auraient «disparu» .

Entre 1989 et 1991, alors que Bodein est hospitalisé d'office, les psychiatres se déchirent : «troubles psychotiques sévères» selon certains, «sursimulation» pour les autres. En 1992, alors qu'il se trouve depuis un an et demi dans un état «totalement régressif, ne parvenant ni à parler, ni à marcher», il s'échappe d'un centre hospitalier et se lance dans quatre jours de cavale, au cours desquels il viole une femme et blesse gravement un policier, d'un tir au fusil à pompe. Dans le cadre de l'instruction sur les crimes de 2004, psychiatres et psychologues l'ont à nouveau examiné. Il en ressort «une personnalité perverse», dont «l'attitude envers la femme est celle du braconnier envers sa proie» . Le plus vrai est sans doute ce commentaire d'un expert auprès de la Cour de cassation : «Le moins que l'on puisse dire est que le corps médical est fort perplexe.»

Confus.

Bodein n'est pas seul dans le box.
Au total, seize personnes comparaissent avec lui.
Comme le principal accusé, ils sont vanniers ou yénishes, des gens du voyage sédentarisés originaires d'Alsace. Ils sont suspectés de divers degrés de complicité ou de non-dénonciation de crime dans l'un des trois meurtres reprochés à Bodein.
Quatre d'entre eux, dont l'un était mineur au moment des faits, risquent trente ans de réclusion.
Un cinquième encourt la perpétuité. A leur encontre, pas de preuves matérielles irréfutables. Tout repose sur des témoignages et parfois des aveux, qui restent confus et contradictoires. Pour eux, dit Me Vialle, «c'est le procès de tous les possibles» .
Par Thomas CALINON, Libération, QUOTIDIEN : jeudi 12 avril 2007, p. 14

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Le Parisien, Paru le : 18/04/2007, p. 16 Assises Des enfants ont vu un corps chez les complices de Bodein

Strasbourg (Bas-Rhin) DANS LE VILLAGE alsacien d'Artolsheim, les Remetter ont une sale réputation.

Epouvantail et bouc émissaire, cette famille de nomades sédentarisés vit au bout de la rue de la Patrie.
Dans leur modeste bicoque, ils reçoivent la visite fréquente des Fuhrmann, issus d'un autre clan. Entendus hier par la cour d'assises, deux enfants d'Artolsheim ont confirmé avoir vu le corps inerte d'une fillette chez les Remetter, le 18 juin 2004, jour de la disparition de Jeanne-Marie Kegelin. Leurs témoignages avaient mis les enquêteurs sur la piste des Remetter-Fuhrmann dont 16 membres sont jugés au côté de Pierre Bodein, violeur et meurtrier présumé de Jeanne-Marie.

Intimidé, le jeune Clément raconte à la cour ce qu'il a vu en passant à vélo devant le portail en bois troué des Remetter. Il avait 9 ans et était avec ses copains Abdel et Nicolas. « Il y avait une petite fille allongée dans le coffre d'une voiturette dans la cour. Le coffre était ouvert. La fille ne bougeait pas », déclare Clément. Cette scène l'a marqué d'autant qu'elle impliquait les Remetter. « J'avais un peu peur d'eux. On racontait des choses sur eux. Dès qu'ils voyaient un chien, ils le tuaient », explique-t-il.

Clément garde le silence jusqu'au 19 juin quand sa mère, alertée par une villageoise, le questionne sur cette histoire. L'enfant décrit les vêtements de la fillette. Ça correspond à ceux portés par Jeanne-Marie. « Je lui ai dit Clément il faut dire la vérité . Il a répondu Maman j'ai vu une petite fille morte . Ça a été un choc psychologique, on mangeait alors un kebab, il est resté sur la table », relate la mère en confirmant la réputation des Remetter. Qu'un barbecue ou un vélo disparaisse à Artolsheim, on le colle sur le dos des Gitans. Excessif, selon la mère de Clément. Elle croit malgré tout son fils sincère.

« Ils ont trop d'imagination »

Entendu à son tour, Abdel, 13 ans, est formel. Ce 18 juin, il a aperçu le corps d'une jeune fille aux cheveux châtains couchée par terre devant la maison des Remetter. Nouveau passage à vélo : « Là, j'ai vu un corps sous un drap blanc sale et un peu rouge dans le coffre d'une Corsa, avec des adultes autour ». L'ado, qui confie « avoir peur de témoigner contre les Remetter », rapporte un dernier détail : « Plus tard, des enfants Remetter m'ont dit On lui a fait couic, si tu parles on te fait couic aussi . »

D'un récit à l'autre, Clément et Abdel ont varié dans leurs déclarations, parfois contradictoires. Affabulations ? La défense ne les juge pas crédibles. « Les Remetter étaient diabolisés à Artolsheim. Ces enfants ont trop d'imagination », estime M e Klopfenstein, avocate de Georges Remetter. S'il n'existe pas d'élément matériel contre les Fuhrmann-Remetter, la plupart ont fait des aveux, confus et fluctuants, lors de l'instruction. Aujourd'hui, ils nient toute implication dans le calvaire de Jeanne-Marie.
Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, Paru le : 18/04/2007, p. 16

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lundi 14 mai 2007, 9h31 Des Roumains arrêtés à Angoulême alors qu'ils tentaient de vendre un bébé

ANGOULEME (AFP) - Deux couples de Roumains ont été interpellés samedi après-midi alors qu'ils tentaient de vendre un nourrisson de deux mois sur le parking d'un hypermarché de La Couronne, près d'Angoulême, a-t-on appris dimanche de source policière.

Les quatre Roumains, immédiatement placés en garde à vue, doivent être déférés lundi devant le parquet, a indiqué dimanche après-midi le procureur d'Angoulême, Pierre-Yves Couilleau.

La maman présumée, âgée de 15 ans, et sa petite fille, née au mois de mars à Bordeaux, ont été admises dans un hôpital de la ville alors que les trois autres personnes interpellées, toutes majeures, étaient gardées à vue au commissariat d'Angoulême, a-t-on expliqué de sources policière et judiciaire.

Des analyses ADN pratiquées samedi doivent confirmer que le nourrisson est bien celui de l'un des couples, a-t-on ajouté de source policière.

"Aucune décision" n'a encore été prise en ce qui concerne le bébé "qui est en bonne santé", selon les policiers.

L'alerte a été donnée samedi après-midi par une cliente, abordée entre 14H00 et 15H00 alors qu'elle se trouvait dans la galerie marchande d'un hypermarché de la banlieue d'Angoulême, selon les enquêteurs.

Selon M. Couilleau, l'un des deux hommes, avec le nourrisson dans les bras, a abordé la cliente en lui demandant: "Vous m'en donnez combien?" Mais aucun montant explicite n'a semble-t-il été évoqué, selon le témoignage de cette cliente.

La cliente a immédiatement prévenu le service de sécurité du magasin. Selon le quotidien Sud-Ouest, les Roumains, qui tentaient de fuir avec leur fourgon, ont été bloqués sur le parking même de l'hypermarché par un vigile qui les avait pris en chasse au volant de son 4X4, juste avant l'arrivée des policiers.

Au cours d'une altercation entre l'agent de sécurité et les Roumains, armés d'une batte de base-ball, le vigile a été légèrement blessé au bras, a indiqué le procureur, qui a salué son "sang froid" ainsi que celui de la cliente.

Cette arrestation est intervenue 24 heures après une affaire similaire, vendredi au Portugal. La mère d'un garçon de quatre mois avait été arrêtée à Villa Franca de Xira, à 30 km au nord de Lisbonne, alors qu'elle tentait de le vendre aux abords d'un supermarché de la ville.

La femme, qui aurait tenté à vendre son fils pour 10.000 à 15.000 euros, et les huit hommes arrêtés avec elle seraient de nationalité roumaine selon le Jornal de Noticas.

Interrogé sur un éventuel lien entre les deux affaires, le procureur d'Angoulême a indiqué: "Intellectuellement, je fais le rapprochement, mais je n'ai aucune preuve matérielle."

Un appel à témoins a été lancé pour savoir si, samedi à Angoulême, l'enfant a été proposé à d'autres clients. Toute personne approchée dans des conditions similaires est invitée à contacter le commissariat d'Angoulême au 05.45.39.38.37.

Le procureur a annoncé son intention de requérir lundi un mandat de dépôt contre les quatre Roumains. Une enquête en flagrance pour "provocation à l'abandon dans un but lucratif", "soustraction des parents à leurs obligations parentales" et "violences en réunion avec arme et complicité" a été ouverte, a-t-il ajouté.
lundi 14 mai 2007, 9h31, Yahoo.fr, actualités

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Paru le : 24/05/2007 Le Parisien, Essonne, p. II Massy Un voleur de cuivre brûlé dans un transformateur

HIER SOIR, un homme était encore entre la vie et la mort, gravement brûlé.
C'est un automobiliste qui a donné l'alerte mardi matin vers 3 heures. Alors qu'il roulait sur l'autoroute A 10 à Massy, le conducteur a aperçu cet homme courant sur la route et gesticulant. A l'arrivée des secours, l'inconnu se trouve au niveau de la voie d'accès de la nationale 20. Il n'a plus de T-shirt, son pantalon est en lambeaux et il a l'air totalement paniqué.

Les CRS de l'autoroute et les pompiers ont toutes les peines du monde à l'attraper. L'homme se débat, donne des coups et doit être ceinturé. Immédiatement, les secouristes s'aperçoivent que le malheureux souffre en fait de terribles blessures. Il est brûlé sur 58 % du corps, au second et au troisième degré. Il doit être conduit en urgence à l'hôpital Cochin, à Paris.

Comment cet inconnu s'est-il blessé et retrouvé à demi nu sur l'autoroute ? L'enquête de police n'a pas tardé à répondre à cette question. Ce Roumain de 40 ans a imprudemment tenté de voler du métal dans un transformateur électrique - en activité - installé le long de l'autoroute. Dans la nuit, il a garé sa voiture à proximité et forcé la porte du local, malgré les panneaux signalant le danger d'électrocution. « S'il n'est pas mort sur le coup, c'est grâce à sa forte corpulence »

Une fois à l'intérieur de la petite bâtisse, il a retiré son blouson, sorti des outils et commencé à démonter les fils de cuivre, ce métal si cher qui attise désormais toutes les convoitises. Mais il n'a pas eu le temps de parvenir à ses fins. Une décharge électrique de 20 000 V l'a grièvement brûlé. « S'il n'est pas mort sur le coup, c'est sans doute grâce à sa forte corpulence », avance un policier. Ivre de douleur, incapable de rejoindre son auto et de retrouver le campement où il vit avec sa compagne, entre Champlan et Massy, le voleur s'enfuit droit devant et se retrouve sur la A 10, où il sera finalement secouru.
Le Parisien, Essonne, 24 mai 2007, p. II, S.B.

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Paru le : 22/05/2007, Le Parisien, Essonne, 22 mai 2007, p. II, Benjamin Jérôme Vigneux-sur-Seine Près de deux tonnes de cuivre dérobées

«ILS SONT PASSÉS par les toits en soulevant une tôle, raconte Catherine, la patronne des lieux. Et ils sont sortis par la porte, tout simplement. C'est la première fois que ça arrive ici mais, il y a de plus en plus de vols. On se demandait quand ce serait notre tour. » A la société Linck, à Vigneux-sur-Seine, hier matin, des serrures fracturées témoignaient encore de l'effraction du week-end.

Dans la nuit de vendredi à samedi, en effet, des voleurs ont pénétré dans cette entreprise familiale, qui récupère les métaux pour les revendre ensuite à des grands groupes. Butin dérobé : « Entre 1,5 et 2,5 t de cuivre », estime Catherine, soit entre 6 000 et 10 000 , au prix actuel du marché. Les voleurs sont apparemment passés par la propriété d'un voisin pour pouvoir s'introduire dans l'entrepôt fermé. Une fois à l'intérieur, les inconnus ont visité les bureaux, subtilisant le fond de caisse.

Mais, c'est d'abord le cuivre qui les intéressait. Utilisant des sacs pris sur place et vraisemblablement une brouette, les malfrats ont sorti le métal par la porte avant, dont ils ont cassé la serrure.

Si l'entrepôt est cerné par les pavillons, aucun voisin ne semble avoir entendu le remue-ménage nocturne. Le vol a été découvert le samedi matin. Depuis plusieurs mois, avec la hausse des prix, les vols de métaux se multiplient. Il y a dix ans, un kilo de cuivre s'échangeait autour de 1 . Aujourd'hui, le même kilo vaut entre quatre et cinq fois plus cher. « Nous, quand on nous vend du métal, on fait attention, on prend la carte d'identité, explique un ancien de Linck. Mais, tous les ferrailleurs ne sont pas aussi regardants. »
Le Parisien, Essonne, 22 mai 2007, p. II, Benjamin Jérôme

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Paru le : 09/06/2007, Le Parisien, p. 16 Délinquance Les coupeurs de bagues ont fait 17 victimes en un an Poissy (Yvelines)

LA LISTE des victimes d'une équipe de voleurs de bagues particulièrement déterminés ne semble pas devoir connaître de fin... En l'espace d'un an, ces malfrats qui s'en prennent à des femmes âgées - parfois de manière très violente - ont multiplié les coups dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine.

Pas moins de dix-sept faits ont été recensés par les policiers de la sûreté départementale (SD) des Yvelines en charge de cette délicate enquête. Dernière agression en date, le 1er juin à Croissy-sur-Seine. Une femme âgée de 67 ans a été surprise par deux hommes vers 18 h 30 devant son domicile, situé en bordure de Seine. Ces derniers l'ont maîtrisée avant de lui voler une bague en or blanc sertie d'un diamant en sectionnant l'anneau avec une pince coupante.

Son mari, âgé de 73 ans, a tenté de lui porter secours. Un des deux voyous l'a alors aspergé de gaz lacrymogène avant de lui porter deux coups de poing au visage. Aussitôt alertée, la police a mis en place un vaste dispositif de recherches. En vain.

Face à la multiplication de ces vols, le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire contre X. Depuis le début de leur périple, les coupeurs de bagues - qui n'ont pas hésité à s'en prendre à des femmes âgées de 55 ans à 90 ans - ont sévi à Chatou, Versailles, La Celle-Saint-Cloud, Marly-le-Roi, Saint-Germain-en-Laye, au Vésinet, au Chesnay, à Bougival mais également à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine.

Les enquêteurs de la SD, épaulés par les spécialistes de l'office central de la lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) ont réussi à déterminer un point commun à plusieurs vols : quelques minutes avant leur agression, les victimes venaient d'effectuer des achats au centre commercial Parly 2 au Chesnay. Un dispositif discret de surveillance a été déployé pendant plusieurs semaines sur le parking et les abords des lieux. Sans résultat.

« Ils peuvent se montrer très violents le cas échéant »

« Au moins sept victimes ont été repérées alors qu'elles faisaient des courses à Parly 2, confie un proche de l'affaire. Ils ont agi, parfois, en se faisant passer pour des faux policiers afin de s'approcher de leur victime de retour à leur domicile. Ils peuvent se montrer très violents le cas échéant. Ils utilisent aussi souvent une bombe de gaz lacrymogène. »

« Les coupeurs de bagues sévissent depuis plusieurs années dans l'Hexagone, explique un enquêteur spécialisé dans la lutte contre ce type de délinquance. Ils se concentrent dans le Nord, l'Ile-de-France et le Sud-Est. Ce type de vol est une spécialité de certains membres de la communauté des gens du voyage. »
Pour écouler leur butin, les malfrats s'appuient sur un réseau bien structuré de receleurs. « Dans l'heure qui suit le vol, la bague a déjà été refourguée, ajoute la même source.

D'ailleurs, on en retrouve rarement. Les pierres précieuses sont aussitôt desserties de leur écrin. Le métal est refondu par des bijoutiers peu scrupuleux. Les diamants prennent ensuite la direction de la Belgique, avant d'atterrir à Anvers, la place forte de la vente de pierres précieuses dans le monde. Il existe un véritable marché parallèle, et la demande de bijoux volés reste toujours plus importante que l'offre... »

En milieu de semaine dernière, un homme soupçonné d'avoir commis plusieurs vols de ce type dans les Hauts-de-Seine a été interpellé à Romainville (Seine-Saint-Denis) par les gendarmes de la section de recherches de Versailles. A son domicile, les militaires ont notamment découvert un diamant de 18 000 et la monture d'une bague coupée.
Stéphane Sellami , Le Parisien, 9 juin 2007, p. 16

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Démantèlement d'un vaste trafic de métaux en région PACA

MARSEILLE (Reuters) - Plus de 200 gendarmes sont intervenus dans des campements de gens du voyage mardi dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône pour faire cesser un vaste trafic de métaux, apprend-on de source judiciaire.

Au total, 80 personnes ont été interpellées et plusieurs dizaines de kilos de cuivre et d'aluminium ont été saisis, de même que des fusils de chasse, des armes de poing, des numéraires et des véhicules volés.

Les escadrons de gendarmerie de Grasse (Alpes-Maritimes) et de Dignes-les-Bains (Alpes de Haute-Provence), soit au total 250 hommes, ont opéré simultanément à l'aube à Toulon, La Seyne-sur-Mer, La Farlède, le Cannet-des-Maures et à Gardanne.

Le dispositif était complété par un hélicoptère et plusieurs équipes cynophiles.

Soupçonnés de vol et de recel de métaux volés sur les chantiers de la région, les personnes interpellées ont été placées en garde à vue dans différentes gendarmeries.
Yahoo.fr, actualités, mardi 12 juin 2007, 11h38

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Le Parisien Paru le : 14/06/2007 Etampes/Base de loisirs 700 kg de métaux volés

UN VOL D'INOX... à l'intox ! Mardi, un cambriolage plutôt insolite s'est déroulé dans l'enceinte de la base de loisirs d'Etampes. Trois voleurs au culot monstre décident de rentrer dans le parc à bord de deux fourgonnettes. Pas loin de l'entrée sont entreposés du matériel et des métaux en vue de la construction dans la base de loisirs d'un « circuit de luges », l'attraction phare de l'été prochain.

D'emblée, le trio de malfrats s'adresse à l'ouvrier présent sur le site. Dotés d'un aplomb fou, les cambrioleurs expliquent le plus simplement du monde que, dans le cadre de ce chantier, ils ont reçu comme mission de transporter les centaines de kilos d'inox vers les bois qui bordent la base de loisirs et que la région vient tout juste de racheter. C'est là, à flanc de coteaux que doivent être implantées les fameuses luges.

Entre 2 et 10 le kilo Le salarié ne voit pas malice et va jusqu'à... aider les trois malfrats à charger leur butin dans leurs véhicules ! Bilan, selon une source proche du dossier, 700 kilos d'inox sont ainsi subrepticement dérobés sans la moindre violence ni infraction. Un joli magot puisque le kilo de ce métal se négocie entre 2 et 10 auprès de ferrailleurs peu scrupuleux sur l'origine de ces pièces de seconde main.

A la base de loisirs, l'entourloupe a fortement agacé les responsables. Mais aussi gênant et coûteux soit-il, le vol ne devrait pas retarder le lancement du premier circuit de luges d'Ile-de-France. « On va perdre deux jours, estime Olivier Thomas, le conseiller régional PS, président de la base de loisirs. Mais comme nous avions prévu un peu de marge, l'ouverture n'est pas différée, ça reste début juillet. »

La mission de cette attraction est claire : diversifier l'offre de la base régionale d'Etampes en vue d'en accroître la fréquentation. Le circuit de luges fonctionnera sur des rails en acier et offrira aux visiteurs une descente de 650 m dans les bois avec de petits frissons attendus au moment du virage à 360 degrés.
G.P., Le Parisien, Essonne, 14 juin 2007, p. III

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Pierre Bodein acculé hier par le récit des femmes qui ont partagé sa vie. «Il ne mérite même pas le terme d'être humain»
Par Thomas CALINON, Libération, QUOTIDIEN : mardi 19 juin 2007 Strasbourg de notre correspondant

Pierre Bodein ? «Un homme très violent, très possessif, très menaçant, avec des relations sexuelles uniquement basées sur la violence. Notre mariage n'a duré que quelques mois et il m'a fait un enfant en me violant.»
C'est ce qu'a dit Chantal aux gendarmes, lorsqu'ils l'ont interrogée dans le cadre de l'enquête sur les trois meurtres ­ dont deux, commis sur une fillette et une adolescente, ont été précédés de viols ­ pour lesquels Bodein est jugé devant les assises du Bas-Rhin.

«Elle ment !»

Elle avait rencontré l'accusé en 1973. Elle est morte il y a trois mois. Hier, Bodein a contesté la version de la défunte rapportée par le président : «Elle est décédée, elle ment. Elle était heureuse !» Pierrot le fou, 59 ans, continue à nier. Mais cette journée d'hier a été difficile. Outre le témoignage de Chantal, les jurés ont entendu ceux de deux autres ex-compagnes de Bodein et de deux de ses quatre enfants.

Brigitte, 55 ans, affirme que pendant leurs deux années de vie commune, il lui demandait de simuler des scènes de viols lors de leurs rapports sexuels, et qu'un jour il lui a dit : «Je t'aime tellement que si tu devais mourir avant moi, je te ferais encore l'amour après.» Brigitte a eu deux enfants de Pierre Bodein, nés au début des années 80.

«C'est un personnage qui est écoeurant, qui ne mérite même pas le terme d'être humain. Je m'en voudrais jusqu'à la fin de ma vie d'avoir donné ce père à mes enfants !» confie-t-elle à la barre : «Il fait le fou quand ça l'arrange, c'est un menteur invétéré. Quand ce n'est pas des menaces, c'est des promesses. Il peut vous faire prendre des vessies pour des lanternes.» Bodein l'interpelle, elle le traite en retour de «gros dégoûtant».

Il se lance alors dans le récit confus d'une tentative de suicide, ratée, qu'elle n'aurait pas tenté d'empêcher. Elle le coupe : «Si j'avais su ce que tu allais faire, je t'aurais aidé à tirer !»

«Il était bizarre».

Le récit de Jennifer, la fille de Brigitte et de Pierre Bodein, est tout aussi cru. Vers 20 ans, elle veut connaître son père et commence à lui rendre visite en prison. «Il était bizarre, j'arrivais pas à cerner sa personnalité, raconte-t-elle. Il me demandait toujours à quel âge j'avais perdu ma virginité. Il me disait souvent qu'il aurait aimé que ce soit lui qui me pénètre la première fois.»

Au parloir, Bodein a des inquiétudes racistes : sa fille a-t-elle couché «avec un Arabe» ? «Il a dit que s'il pouvait, il me nettoierait le vagin», précise Jennifer. Bodein corrige : «Papa, il aimerait te frotter avec une brosse», reconnaît-il avoir dit.

Les phrases courtes de Marlyse, qui a épousé Bodein en 1987 et divorcé huit ans plus tard, achèvent le portrait dévastateur de l'accusé : «Le premier rapport, je ne voulais pas et il m'a forcée.» «Quand j'étais enceinte, une fois il m'a tiré dessus avec un 22 Long Rifle et une fois, il m'a étranglé.» Ou : «Il faisait des bisous sur le sexe de notre fille.»
Dans son box, Bodein explose. A deux doigts de l'expulsion de la salle d'audience, il hurle : «Je suis innocent, elle ment !»

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Quatre gitans ont été condamnés pour le meurtre d'un franco-algérien à Perpignan LEMONDE.FR avec AFP | 30.06.07 | 08h51

La cour d'assises des mineurs des Pyrénées-Orientales a condamné, vendredi 29 juin, à des peines allant de 7 à 18 ans de réclusion criminelle quatre des cinq gitans poursuivis pour le meurtre en 2005 à Perpignan de Mohamed Bey Bachir, un franco-algérien de 28 ans, et a acquitté le cinquième.

A l'issue d'un délibéré de cinq heures, les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé jeudi des peines comprises entre 4 à 5 ans de prison et 30 ans de réclusion criminelle contre les cinq accusés, aujourd'hui âgés de 18 à 41 ans. Le verdict a été accueilli dans le calme.

Le meurtre de M. Bey Bachir avait provoqué de vives tensions entre les communautés maghrébine et gitane de la ville. Quelques jours après, un second meurtre, celui d'un Marocain de 42 ans pour une rivalité amoureuse, avait entraîné de violentes émeutes.

David Rufer, 21, ans, dont la présence sur les lieux du drame n'avait pas été formellement établie par l'enquête et contre lequel 18 ans de réclusion avaient été requis, est acquitté. Justin Paul Ximenez, 41 ans, qui avait, à coups de chaîne, ouvert aux meurtriers la voie du café où la victime s'était réfugiée et contre lequel 30 ans avaient été requis, est condamné à une peine de 18 ans.

PARTIES CIVILES ET DÉFENSE ONT LAISSÉ ENTENDRE QU'IL N'Y AURAIT PAS D'APPEL

Giovanni Cargol, 28 ans, l'un des auteurs de la bastonnade mortelle, se voit infliger une peine de 15 ans. L'avocat général avait demandé aux jurés de le condamner à 18 ans de réclusion. Le mineur est pour sa part condamné à 10 ans. L'avocat général avait dit tenir compte de son âge pour requérir 12 ans de réclusion à son encontre.

Le cinquième accusé, Paul Sanchez, 33 ans, qui avait tiré du coffre de sa voiture une barre de fer ayant servi au meurtre, est condamné à une peine de 7 ans de prison. L'avocat général avait requis de 4 à 5 ans contre lui, "dans la mesure ou il ne pouvait être établi qu'il savait, en fournissant l'arme, qu'elle serait destinée à tuer".

Les avocats de la partie civile, comme ceux des gitans, ont relevé à l'issue du procès "l'équilibre" des peines prononcées et même un "verdict d'apaisement" pour les relations entre les communautés gitane et maghrébine de la ville, un temps dressées l'une contre l'autre. Soulignant l'"excellente" conduite des débats par le président Jean-Pierre Masia, parties civiles et défense ont laissé entendre que leurs clients n'interjetteraient pas appel d'un verdict "bien rendu". La famille de Mohamed Bey Bachir, notamment son frère aîné M'ahmed et sa soeur aînée Aïcha, ont néanmoins dénoncé des "peines ridicules" après "un acte indigne de barbarie lâche", "un massacre".
LEMONDE.FR avec AFP | 30.06.07 | 08h51

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L'avocat de Pierre Bodein plaide l'acquittement et évoque "un complot" AFP - il y a 25 minutesSTRASBOURG (AFP) - L'avocat de Pierre Bodein a plaidé lundi l'acquittement de son client, avançant l'idée d'un "complot" ourdi dans "l'entourage proche" de "Pierrot le fou", jugé devant les assises du Bas-Rhin pour trois meurtres, deux viols et deux tentatives d'enlèvements.

"Je me pose vraiment la question de savoir si Pierre Bodein, que l'on a présenté comme un manipulateur, n'a pas été pour la première fois de sa vie instrumentalisé", a expliqué d'une voix lasse Me Marc Vialle.

"Si c'est le cas, le condamner ce serait la plus extraordinaire erreur judiciaire qui se serait déroulée dans nos prétoires", a-t-il ajouté.

Pierre Bodein comparaît depuis la mi-avril pour le meurtre et le viol de Julie Scharsch, 14 ans et de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans et pour le meurtre d'Hedwige Vallée, 38 ans.

Dans cette dernière affaire, il est jugé aux côtés de 16 autres accusés, issus de deux clans de vanniers d'Artolsheim et de Saint-Pierre (Bas-Rhin).

Rejetant la thèse du complot des gendarmes, pourtant répétée à l'envi par Bodein, l'avocat a évoqué un possible complot orchestré par "quelqu'un qui gravite dans l'entourage immédiat" de son client.

Les preuves ADN, retrouvées sur des couteaux ayant appartenu à l'accusé, "sont remises aux enquêteurs, de mois en mois, par une seule et même personne, George Delmotte", un ferrailleur qui avait recueilli Bodein à sa sortie de prison, avance-t-il.

Sur les viols perpétrés sur Jeanne-Marie et Julie, Me Vialle se fait plus catégorique: du fait même de l'importance des mutilations, "il n'y a pas la preuve" que les victimes aient été violées.

"Dans ce cas, il ne peut pas y avoir de peine incompressible", a-t-il lancé aux jurés en référence à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté "incompressible" de 30 ans requise contre son client par le ministère public.
A l'instar de "Pierrot le fou", qui n'a eu de cesse de clamer qu'il avait été "gravement médiatisé", l'avocat s'en est lui aussi pris aux médias, coupables selon lui d'avoir "pollué" le dossier.

"Si vous condamnez Pierre Bodein (...) ou si vous l'acquittez, il y aura appel", a-t-il enfin estimé, qualifiant sa plaidoirie et le verdict à venir de "virtuels".
Le verdict pourrait intervenir dès mercredi.

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Perpétuité pour Pierre Bodein, acquittement pour ses co-accusés
Yahoo.fr, actualités, 17.30h Par Gilbert Reilhac Reuters - STRASBOURG (Reuters)

- Pierre Bodein a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises du Bas-Rhin pour trois meurtres, dont deux assortis de viol, et deux tentatives d'enlèvement. Ses seize co-accusés ont été acquittés.

Les jurés ont décidé, conformément aux réquisitions de l'avocat général, que la peine de Pierre Bodein serait incompressible. L'ancien braqueur, qui est âgé de 59 ans et qui, déjà condamné huit fois, a passé l'essentiel de sa vie d'adulte en prison, ne pourra donc bénéficier d'aucune libération ni d'aucun aménagement de peine pendant trente ans.

Après trois mois d'audience et 24 heures de délibéré, les jurés n'ont en revanche pas retenu la complicité des Fuhrmann et des Remetter. Les membres de ce clan de vanniers, nomades sédentarisés à la personnalité fruste, étaient accusés d'avoir participé à l'enlèvement, au meurtre et au viol de Jeanne-Marie Kegelin, une fillette de 10 ans.

L'avocat général avait requis des peines de 10 à 30 ans de prison contre cinq d'entre eux, accusés de meurtre, viol, séquestration ou complicité de ces crimes.

Il avait demandé trois à cinq ans de prison contre les onze autres, accusés de non assistance à personne en danger ou de non dénonciation de crime.

Quatre d'entre eux auront passé trois ans en prison. Ils ont été remis en liberté à l'issue du verdict.

Tant Pierre Bodein que ses présumés complices niaient les faits qui leur étaient reprochés mais tandis que des témoignages et de nombreux indices matériels dont l'ADN des victimes accusaient le premier, aucune preuve irréfutable n'a pu être établie contre les seconds.

TÉMOIGNAGES INCERTAINS

Contre les Fuhrmann et les Remetter pesaient des témoignages d'enfants incertains, un indice matériel ténu laissant supposer une relation avec Pierre Bodein et surtout leurs aveux.

Mêlant le plausible à l'invraisemblable, se chargeant les uns les autres, ils les avaient répétés "165 fois" selon l'avocat général Olivier Bailly, avant de se rétracter.

"C'est un dossier de paroles dans lequel vous n'aurez qu'hypothèses, scénarios", avait prévenu, à l'adresse des jurés, Me Thierry Zaiger, un de leurs avocats, en laissant planer le risque d'une nouvelle affaire Outreau.

"Justice a été rendue", a-t-il estimé à l'énoncé du verdict.

Me Philippe Kempf, l'avocat de la famille Kegelin, a en revanche fait part de sa "tristesse". "C'est une décision qui s'explique par le doute et le doute, c'est le pire pour la famille. Qu'est-ce qui est arrivé à Jeanne-Marie ? Ils ne le sauront pas", a-t-il dit.

L'avocat de la famille de Julie Scharsch, dont la mort est attribuée au seul Bodein, a exprimé la même insatisfaction. "Justice a été rendue, mais au nom de la famille Scharsch, mon regret est de ne pas avoir eu les explications de Pierre Bodein sur ce crime abject", a déclaré Me Vincent Durtette.

Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, Hedwige Vallée, 38 ans et Julie Scharsch, 14 ans, avaient disparu la même semaine de juin 2004 en Alsace. Leurs corps avaient été retrouvés dans différents cours d'eau, éventrés et les organes génitaux mutilés.

Pierre Bodein, qui était à l'époque en liberté conditionnelle depuis trois mois, a répété sans convaincre, tout au long du procès, qu'il était "un braqueur mais pas un meurtrier ni un violeur d'enfant". Son avocat, Me Marc Vialle, avait laissé entendre par avance qu'il ferait appel.
Yahoo.fr, actualités, 17.30h Par Gilbert Reilhac Reuters - STRASBOURG (Reuters)

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SNCF : câbles volés à Marseille, trafic perturbé Europe 1. mercredi 25 juillet 2007 13h16

120 mètres de câble de signalisation, essentiellement composé de cuivre, ont été volés le long d'une voie ferrée près de Marseille.

Conséquence directe : le trafic SNCF est très perturbé dans le Sud-Est, en particulier entre Marseille et Nice.

Les lignes TER, TGV et grandes lignes sont touchées. Un sérieux contre-temps à la veille d'un week-end de grands départs.

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LES HABITANTS de Breuillet et des environs ont encore passé un week-end sans baignade.

« Piscine fermée pour cause de sécurité ».

Voilà ce qu'ils peuvent lire à l'entrée de la piscine des Trois Vallées. L'affichette a été placardée le 3 août, lorsque les élus du Sivu (syndicat intercommunal à vocation unique), gestionnaire de l'établissement, ont pris la décision de fermer le bassin.

Motif: le comportement pour le moins indiscipliné des enfants du campement de gens du voyage installés sur le parking depuis trois semaines.

La situation pourrait tout de même se débloquer dans les jours à venir.

Samedi, les membres du syndicat ont négocié avec les familles nomades dans le but d'obtenir une plus grande implication des parents: « ils ont promis de nettoyer les ordures qu'ils ont éparpillées autour de la piscine, explique Alexandre Touzet, vice-président du Sivu et adjoint au maire de Saint-Y on.

Mais nous attendons de voir si les promesses seront tenues pour rouvrir, éventuellement dans la semaine.

Le personnel de la piscine était vraiment mis à rude épreuve.

Lorsque. vous ramassez tous les jours des excréments au bord de la piscine et qu'on vous parle sur un ton incorrect, il y a de quoi être en colère ».

Cette agressivité des adolescents du campement, il l'a lui-même constatée en restant un dimanche après-midi au côté de la caissière.

Surveillants débordés

Des surveillants débordés, des nageurs dérangés... En l'espace de dix jours, le bassin a même été évacué trois fois.

« Nous n'arrivions plus à garantir la sécurité des baigneurs. Il fallait faire quelque chose avant qu'un accident ne survienne », avoue Alexandre Touzet

Jeudi dernier encore, la gendarmerie intervenait après la dégradation de la boîte aux lettres de la piscine.

C'est donc en accord avec les employés que le Sivu a décidé de fermer l'établissement

Pourtant, cette clôture estivale représente un véritable manque à gagner. Les vacances scolaires sont traditionnellement une période de forte fréquentation pour la piscine intercommunale qui accueille tous les jours une centaine de baigneurs.

Les habitants ne sont pas les seuls pénalisés.

Le bassin est ouvert tous les mardis et jeudis matin aux centres de loisirs de la région. « C'est embêtant car nous ne pouvons pas nous rendre dans une autre piscine, pour des questions de transport. Du coup, nous organisons des activités au centre », explique Olivier Derré, directeur du centre de loisirs de Saint-Chéron.

Parmi les jeunes du campement, c'est l'incompréhension qui règne. « C'est des jeunes du quartier qui mettaient le bazar! » lance un adolescent devant l'entrée de la piscine.
Le Parisien, Essonne, 13 août 2007, MARION BONNET (AVEC L.C.)

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Pour éradiquer les bidonvilles de Roms, des mairies ont créé des programmes d'insertion novateurs
LE MONDE | 20.08.07 | 13h47 • Mis à jour le 20.08.07 | 14h05

Ils sont roms, viennent de Roumanie et, jusqu'à récemment, vivotaient dans un bidonville, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Depuis la fin du mois de juillet, ils ont troqué leur caravane pour un bungalow. Les piliers de l'autoroute A 86 surplombent leur nouveau domicile, les vrombissements du RER surviennent à intervalles réguliers, mais eux sont enthousiastes.

"Ce n'est pas luxueux, mais c'est propre, confortable et c'est bien pour les enfants", commente Robert Ciurar, 35 ans. Comme lui, ils sont une cinquantaine, sélectionnés par la mairie, à avoir choisi d'emménager dans ces préfabriqués aux allures de cabanes de chantier pour 50 euros par mois. En échange, tous se sont engagés à suivre des cours de français, à scolariser leurs enfants et à entreprendre des démarches, avec l'aide de travailleurs sociaux, pour être régularisés et pour trouver, d'ici trois ans, un travail et un logement en dur.

Ce programme d'insertion novateur est le dernier-né d'une série d'initiatives lancées par une dizaine de municipalités - dont Lyon et Marseille - pour éradiquer les bidonvilles à leur périphérie. "Selon la saison, nous avions entre 500 et 600 Roms sur la commune, explique Joël Demartini, le directeur général des services de la mairie (PCF) d'Aubervilliers. Nous avions, certes, d'autres problèmes sociaux importants, mais il devenait urgent de régler cette question." Ce projet représente un investissement total de 1,5 million d'euros pour les différents partenaires.

L'une des initiatives du même type les plus abouties a été lancée, en 2002, sur la ville nouvelle de Lieusaint (Seine-et-Marne). A l'époque, 39 familles roms avaient été prises en charge. Cinq ans plus tard, seules huit d'entre elles ne sont pas encore totalement "insérées". Toutes les autres ont trouvé un logement, souvent dans le parc social, et le chef de famille travaille, généralement en CDI.

La plupart des Roms qui vivent en France sont de nationalité roumaine ou bulgare. Or, depuis le 1er janvier, ces deux pays ont intégré l'Union européenne. Tous leurs ressortissants bénéficient donc de la liberté de circulation. En France, elle est limitée à trois mois. Pour prolonger leur séjour, ils doivent justifier d'un emploi, être étudiant ou créer leur entreprise.

Mais la majorité des Roms qui vivent aujourd'hui sur le territoire ne respectent pas ces conditions. Confrontés à des problèmes de discrimination dans leur pays, ils arrivent généralement sans ressources et sans formation qualifiée. "Malgré des conditions de vie précaires, faire la mendicité en France est jusqu'à cinq ou six fois plus rentable qu'un salaire d'ouvrier agricole en Bulgarie", souligne Michèle Mézard, l'une des responsables du collectif Roms Europe.

Depuis 1990, les municipalités ont l'obligation d'aménager des terrains pour accueillir les gens du voyage. Mais ces terrains sont interdits aux étrangers dont aux Roms, ce qui oblige ces derniers à s'entasser dans des bidonvilles en périphérie des agglomérations.

Jusqu'à présent, toutes les initiatives de création de camps destinés aux Roms en vue de leur intégration dans la société française ont, dans l'ensemble, été des succès. Mais les places sont chères. Une personne sur six seulement qui vivait dans le bidonville d'Aubervilliers a ainsi été sélectionnée par la mairie.

L'obligation de rester en France à l'issue des trois ans de programme d'insertion en dissuade également plus d'un. "Beaucoup renoncent, car une fois bien réfléchi, ils n'ont pas envie de se retrouver, à terme, au douzième étage d'une tour HLM", commente M. Demartini.

Le règlement intérieur de ces camps est, de surcroît, extrêmement contraignant. Des vigiles contrôlent les allers et venues sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Et les visites de tiers sont interdites.

Enfin, ces projets d'insertion restent très marginaux. La plupart du temps, les camps de Roms sont plus simplement évacués à grands renforts de policiers. Selon le collectif Roms Europe, environ 500 Roms auraient ainsi été expulsés de leur campement depuis le mois de mai. Quand ils sont en situation irrégulière, les Roms reçoivent également, au passage, un avis de reconduite à la frontière.

Si elles se réjouissent du développement, même restreint, de ces initiatives d'intégration, les associations qui défendent les Roms en France expriment des réserves. Selon elles, tous ces programmes permettent aussi, in fine, aux municipalités d'obtenir l'appui de leur préfecture pour évacuer les Roms dont les dossiers n'ont pas été retenus. Ceux-là n'ont alors pas d'autre choix que reprendre la route et aller gonfler les bidonvilles d'autres communes. "On les aide à s'en sortir une fois, mais ce n'est pas non plus du crédit revolving, explique encore M. Demartini, de la mairie d'Aubervilliers. Après, c'est aux autres communes de fournir un effort."

Les résidents du camp d'Aubervilliers ont bien conscience de ce provisoire. Pourtant, dans leurs bungalows qui sentent encore le neuf, certains ont décoré leur porte d'entrée avec un voilage. D'autres ont accroché des photos de famille aux murs. Dans le sien, Robert Berbekar, 28 ans, a dépensé ses premières économies dans des fleurs artificielles.
Elise Vincent, Le Monde, Article paru dans l'édition du 21.08.07.

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Des jours moins sombres pour les roms des bidonvilles
Hier, un camp a été évacué dans le calme près de Lyon. Pour les familles, l’entrée de la Roumanie dans l’UE ouvre des perspectives nouvelles.
Par OLIVIER BERTRAND. Libération, QUOTIDIEN : mercredi 29 août 2007, p. 11

Les gendarmes mobiles sont arrivés de nuit pour encercler, hier vers 5 h 15, le bidonville de Vénissieux qu’ils devaient évacuer. Les familles sont sorties des baraques en bois qui formaient des ruelles sur ce terrain adossé au périphérique de Lyon. Jusque là rien d’inhabituel pour cette agglomération où les roms migrent de campement en campement, de squats en gourbis, au rythme des décisions judiciaires, depuis 2000.

Quelque chose pourtant semble avoir changé. Comme à l’habitude, l’interprète a demandé par mégaphone aux familles de rassembler leurs affaires, puis de se mettre en rang vers la sortie, où un bus les attendait. Mais les forces de l’ordre sont restées calmes, presque polies. Ces dernières années, le peu de biens appartenant aux roms passait à la broyeuse lors de ces opération.

Mois d’hésitation.

De leur côté, les familles semblaient moins apeurées que d’ordinaire. L’habitude de ces expulsions au petit matin ? Pas seulement. A écouter les associations qui travaillent auprès d’elles, il semble que l’entrée progressive de la Roumanie dans l’Union européenne commence à produire ses effets. Après quelques mois d’hésitation, les roms réalisent qu’une alternative existe. L’avenir ne se réduit plus à tenir le plus longtemps possible sur des bidonvilles.

Depuis le 1er janvier 2007, les Roumains ont la possibilité de se déplacer presque librement en Europe.
Durant une période transitoire de deux ans, ils gardent un statut de touristes valable trois mois, puis peuvent rester s’ils ne constituent pas une charge pour le pays. En clair, s’ils travaillent.

La préfecture a donc demandé à l’association Alpil (Action locale pour l’insertion par le logement) d’effectuer un audit dans les campements, pour répertorier les besoins et aspirations de chacun. Les militants ont expliqué aux familles les possibilités qui s’ouvraient, les branches professionnelles offrant de l’embauche. Et sur les 225 personnes évacuées hier matin (dont 124 adultes), 47 se sont inscrites dans un dispositif d’insertion. Essentiellement des hommes.

Ils auront la possibilité de rester en France et bénéficieront de formations, de cours de français pour toute la famille, leurs enfants devant par ailleurs être scolarisés. Parmi ceux qui n’ont pas trouvé place dans ce dispositif, quelques familles vont bénéficier de titres de séjour provisoires, en raison de leur très grande vulnérabilité - de leurs enfants malades notamment. Pour les autres, et c’est très nouveau, 137 personnes ont accepté un «rapatriement humanitaire».

Elles seront reconduites en car vers la Roumanie par l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (Anaem), qui leur versera un pécule. Chaque adulte touchera 153 euros, plus 47 par enfant à charge. Le 1er août, lors de l’évacuation d’un camp à Villeurbanne, un grand nombre de familles avait accepté ce retour. Auparavant, elles refusaient.

«Ce phénomène est nouveau, confirme Olivier Brachet, directeur général de Forum ­réfugiés, spécialisé dans ­l’accompagnement des demandeurs d’asile, mais qui pilote aussi les opérations de relogement provisoire des familles expulsées. Pour la première fois, des solutions sont proposées simultanément. En même temps que l’on évacue un terrain, on propose un choix. Celles qui ont un emploi ou sont proches d’une embauche ont des titres de séjour, les autres ne perdent pas tout en acceptant le rapatriement.»

«Règles du jeu».

Les roms peuvent en effet revenir dès qu’ils le veulent, puis rester s’ils trouvent eux aussi un travail. L’acceptation du rapatriement n’oblige pas à rester en Roumanie.
Un refus se traduit en revanche par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). «Les règles du jeu changent et les roms sont en train de le comprendre, confirme André Gachet, responsable de l’Alpil, investie depuis longtemps sur les campements roms. Les gens ont la possibilité mais aussi l’obligation de se déterminer. Ils peuvent rentrer en Roumanie, ou rester en France mais cette fois dans un processus durable d’intégration.»

Certains continueront pourtant les déplacements pendulaires. Ils gagnent plus en France, quel qu’y soit leur statut. D’autres vont tenter de s’installer. Mais pour eux, les autorités françaises vont devoir dégager de gros moyens. Pour la formation, l’alphabétisation, mais aussi le logement.

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Des Roumains chassés d’Italie
Expulsions. Un décret a été adopté dans l’urgence, après une agression mortelle.
Intérim à Rome LAURE STEPHAN, Libération, QUOTIDIEN : lundi 5 novembre 2007, p. 10

Un raid punitif.
Vendredi soir, trois ressortissants roumains sont passés à tabac sur le parking d’un supermarché dans une périphérie sud de Rome.
Trois jours auparavant, une femme italienne, Giovanna Reggiani, a été victime d’une agression mortelle attribuée à un ressortissant roumain d’origine rom.

Dès le lendemain, pour «empêcher la bête raciste de sortir de sa cage», selon les mots du ministre de l’Intérieur Giuliano Amato, le gouvernement de centre gauche a adopté en urgence un décret musclé.

Le texte autorise les préfets à procéder à l’expulsion des ressortissants de l’UE menaçant la «sécurité publique».
Résultat, en un week-end, une trentaine d’expulsions concernant en majorité des Roumains.

Autres mesures spectaculaires : le renforcement des contrôles de police et la destruction de campements, à commencer par celui de Tor Di Quinto, dans le nord de Rome, où logeait l’agresseur présumé de Giovanna Reggiani.

»Fermeté et légalité».

Le gouvernement fragile de Romano Prodi semble avoir voulu devancer les attaques de l’opposition, en répondant immédiatement par «la fermeté et la légalité» à un fait divers tragique.
Cela n’a pas empêché le leader du centre droit, Silvio Berlusconi, de dénoncer la «lenteur» de l’action du gouvernement. Le ministre de l’Intérieur se défend, affirmant que le décret approuvé mercredi «rend les mesures d’éloignement plus coercitives» et affirme qu’«on ne peut pas faire plus, vu les normes de l’Union européenne».

A Bruxelles, il n’y a pas encore eu de réactions officielles. Les experts n’en soulignent pas moins que de telles mesures franchissent la ligne rouge : en effet, il n’est possible d’expulser des ressortissants communautaires qu’en «cas de menace suffisamment grave et actuelle touchant un intérêt fondamental de l’Etat» (1).

Le Premier ministre libéral roumain, Calin Tariceanu, se dit inquiet «des réactions xénophobes» contre ses concitoyens vivant dans la péninsule. Et il demande à son homologue Romano Prodi de les «protéger».

Statistiques.

Plus de quatre Italiens sur cinq, disent éprouver peu ou pas de sympathie pour la communauté roumaine – près de 560 000 personnes, selon la fondation Caritas-Migrantes.
Et, selon ce même sondage publié hier par le quotidien Corriere della Sera, pour 70 % des Italiens, la cohabitation avec les Roms est difficile, voire impossible.

Les données de la police montrent qu’en 2006, les Roumains représentaient 15,4 % des étrangers accusés de meurtre, de violence sexuelle et de vols. Mais cela pose aussi la question de la responsabilité des médias dans le traitement des faits divers. Dans une récente tribune, Curzio Maltese, journaliste de la Repubblica, rappelait que selon les statistiques officielles, «moins de 3,5 % des viols commis en Italie sont le fait d’étrangers. Mais ils occupent entre 80 et 90 % de l’information.»
(1) Voir bruxelles.blogs.liberation.fr

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Roms, un retour au pays difficile
Les aides financières, notamment françaises, sont peu efficaces.
Envoyé spécial à Timisoara LUCA NICULESCU, Libération, QUOTIDIEN : lundi 5 novembre 2007, p. 10-11

«Les moutons ? Malheureusement, ils sont morts…», soupire, Petrica Farcas avec un sourire.
Ce Rom, âgé de 45 ans et qui en paraît dix de plus, est revenu de France en début d’année dans le cadre d’un «rapatriement volontaire» organisé par l’Anaem (Agence nationale d’accueil pour les étrangers et lesmigrations).

Une fois arrivé en Roumanie, l’Etat français l’a aidé à ouvrir une petite affaire. «L’aide est de 3 600 euros et on bâtit un projet avec eux, mais ils ne touchent pas directement l’argent», affirme Titel Cosean, responsable de l’ONG Kelsen.

Mais quel type d’affaire peut-on développer avec des gens qui sont souvent illettrés et n’ont jamais exercé une activité commerciale ? «Pour la plupart, il s’agit de microprojets agricoles.
On leur achète des moutons, en espérant qu’ils pourront vivre en vendant le lait, le fromage, la laine ou les agneaux. Parfois ça marche, parfois non», résume, un brin fataliste, le responsable de l’ONG.

«Besoin d’argent».
En ce pluvieux matin d’automne, Petrica Farcas, est assis devant sa maison du village de Uliuc (ouest), de la boue jusqu’aux chevilles.

«Ce n’est pas vrai que ses animaux sont morts, glisse une voisine. Les moutons, il en avait 50, et il les a vendus.»

Petrica Farcas finit par avouer. «Que voulez-vous, nous sommes 19 âmes dans la maison, nous avions besoin d’argent.» Il a profité de la somme pour acheter un cheval et une vache, ainsi que pour agrandir sa maison délabrée.

A quelques kilomètres de là, dans le village de Carpinis, Maria Mersan attend encore quelques mois avant de se décider sur la marche à suivre. Elle et son mari ont eu une quarantaine de moutons qu’ils ont confiés à un berger du coin.

«Mais il nous demande de l’argent pour les garder, et cet argent nous ne l’avons pas. Je ne sais pas comment nous allons nourrir et les moutons et nous, cet hiver. Si cela ne marche pas, nous rentrons en France, car des gens de la famille y sont encore», explique la femme.

«On ne peut pas les empêcher de vendre les moutons, ni de retourner en France, concède Fabrice Basile, représentant de l’Anaem. La réussite de ce projet dépend de la volonté des gens de s’investir.»

Il faudrait aussi peut-être davantage d’implication de la part des autorités locales. «Certains maires refusent d’aider les familles qui sont de retour», témoigne Titel Cosean qui ajoute : «Il y a même un responsable local qui m’a viré de son bureau lorsque je lui ai demandé que les moutons des Roms puissent accéder au pâturage communal. Le comble, c’est que ce responsable était lui-même rom !»

La réintégration n’est pas facile.
Ces derniers mois, environ 800 personnes sont de retour, toutes en droit de demander de l’aide. Ces retours dits «volontaires» ont été dénoncés par des ONG comme RomEurope qui estiment que certaines familles se retrouvent dans l’impossibilité de développer un projet, faute d’accompagnement professionnel sur place.

D’un pays à l’autre.
L’Etat français continuera-t-il de financer ces projets ? «Pour l’instant oui, affirme Henri Paul, ambassadeur de France en Roumanie. Mais, à l’avenir, l’aide pourrait changer de direction. Au lieu d’acheter des moutons qui leur servent de monnaie d’échange pour se construire une maison, on pourrait directement les aider à construire cette maison.»

Quant au préfet du département de Timis (ouest), Ovidiu Draganescu, il concède que les autorités roumaines doivent prendre leur part de responsabilité, tout en affirmant que la question doit être résolue au niveau européen : «Ces gens voyagent à travers toute l’Europe, de Roumanie en Italie et de France en Finlande. On ne peut pas se contenter de les envoyer d’un pays à l’autre. Il faut un travail conjoint des réseaux sociaux de tous ces pays.» Mais jusqu’à présent, ce travail a du mal à s’organiser.

«Quelque 200 000 Roms, sur le million que compte la Roumanie, se trouveraient à l’étranger, affirme un haut responsable roumain. La plupart des pays européens ne veulent pas d’eux et tentent de les renvoyer. Contrairement à d’autres Etats, la France essaie de les aider pour la réinsertion. Mais ces aides sont une goutte d’eau dans l’océan et, si nous ne nous concertons pas vite, ce sujet deviendra une épine dans le pied des relations entre la Roumanie et le reste de l’Europe.»

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France. Essonne. Villabé. Alerte à la tuberculose dans le camp de Roms
Le Parisien, 6 novembre 2007, p. II

UNE EPAISSE fumee s'eleve dans le ciel. Le feu est allume. A la nuit tombee, c'est la seule source de chauffage et de lumiere dans le camp de Roms de Villabe.
Depuis plus d'un an, pres de 200 Roumains vivent en lisiere d'un bois, dans le denuement le plus total. Sous la menace d'une expulsion.
Or, a la mi-octobre, six cas de tuberculose contaminante ont ete detectes. Douze autres personnes sont infectees et, faute de traitement, pourraient devenir contagieuses.

Du coup, Medecins du monde (MDM) a tire hier la sonnette d'alarme. L'association reclame la suspension de l'expulsion, afin de pouvoir les soigner. La tubercu!ose, dite maladie de la misere, affecte les poumons et peut, dans certains cas, s'averer mortelle.

« L'an passe, nous suivions des Roms a Reau en Seine-et-Marne. Ils ont dû partir avant la fin de leur traitement, denonce Bernard Moriau, charge de mission Roms a MDM. On les a retrouves a Villabe, encore malades. Si on nous laisse le temps, on peut tous les soigner et en terminer avec la maladie."

Le premier tuberculeux avait ete detecte par hasard le mois dernier, en allant faire soigner une blessure a l'hopita1 d'Arpajon A la mi-octobre, le conseil general, charge de la lutte antituberculose, a organise un depistage.
« Les six personnes contagieuses ont ete hospitalisees, assure le Dr Catherine Collet, directrice du service prevention sante. Les douze autres malades vont recevoir un traitement pendant quatre mois. »

A l'entree du camp, dans la rue dite de Timisoara, d'ou sont originaires les familles installees la, un couple malade se repose dans une caravane bringuebalante.
«Tres fatiguee, tres fatiguee », gemit la mere, une ancienne de Reau. Plus loin, Helena se rechauffe pres du feu. Elle a deja contracte la tuberculose.
« Là-bas, au pays, rien, pas de travail, pas de sante », anonne-t-elle.

Des qu'Yves Douchin, du collectif Roms Europe arrive, de jeunes parents l'entourent « Des couches », implore un pere arrive avec ses sept petits il y a deux mois.
D'autres lui montrent leur avis de domiciliation. «Trois mois apres, ils pourront acceder a 1'Assurance maladie, explique le militant
Mais il serait plus astucieux de les autoriser a travailler. C'est la meilleure façon de les integrer. »

Hier, la prefecture de 1'Essonne a annonce qu'elle suspendait toute expulsion.
« Nous souhaitons qu'ils soient traites sur place pour eviter qu'ils ne s'eparpillent et ne propagent la maladie », a precise le secretaire general, Michel Aubouin.
Le 16 novembre, un nouveau depistage sera organise dans un deuxieme camp a Villabe.

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20 minutes.fr, Mercredi 14 Novembre 2007 - Mise à jour : 19h24

Nantes. Six jeunes ont été arrêtés lundi après-midi dans l'ancien centre de tri postal, rue du Pré-Gauchet, alors qu'ils tentaient d'arracher des tuyauteries pour y récupérer le cuivre.

Agés d'une vingtaine d'années, ils sont « issus de la communauté des gens du voyage », précisait hier un policier.
Ils vivent actuellement à Saint-Herblain et Bouguenais. Placés en garde à vue, ils vont prochainement être convoqués devant le tribunal correctionnel.

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Mercredi 14 Novembre 2007 - Mise à jour : 19h32
Marseille. Vol de cuivre : un câble téléphonique déterré

Environ 600 mètres de câble téléphonique contenant 0,8 tonne de cuivre a été volé, dans la nuit de lundi à mardi à Fos-sur-Mer, entraînant des perturbations sur le réseau, a-t-on appris hier auprès de France Télécom et de source judiciaire.

François Barou, directeur régional de France Télécom, estime que cent cinquante clients ont été touchés, parmi lesquels des industriels dont EDF, GDF, Atochem ou Air Liquide.

D'après le directeur, le vol serait le fait d'une équipe de spécialistes bien renseignés, et équipés de gros moyens.
Le câble étant enfoui à deux mètres sous terre et ne pouvant être enroulé, il fallait un camion et des outils spécifiques pour le dégager et le charger.

La direction de France Télécom n'a pas souhaité commenter les faits « pour des raisons liées à l'enquête ». « Le vol de cuivre est un phénomène très actuel dans la région », a-t-on précisé de source judiciaire.

Mais jusque-là, les voleurs s'attaquaient à des chantiers ouverts. L'enquête a été confiée à la police de Martigues. Sur le marché mondial, le cours du cuivre atteint aujourd'hui 5 800 e la tonne.

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Malvenus chez nous ! XAVIER FRISON Medecins du monde : www.medecinsdumonde.org, Politis, 15/21 novembre 2007, p. 28, Résistances

Medecins du monde epingle la France dans un rapport sur la situation des Roms.
Ils ne beneficient pas des memes droits que les autres citoyens de l'Union et connaissent souvent des conditions de vie indignes.

Genereuse idee que celle de l'Europe des peuples.
Celebree a coup d'echanges d'etudiants, de collaborations industrielles ou de « prets» de diplomates, la fraternite entre les 27 pays de l'Union europeenne porte beau. Sauf, peut-etre, quand il s'agit d'accueillir de nouveaux citoyens au profil derangeant.
Les huit a douze millions de Roms d'Europe centrale, des Balkans et des autres pays europeens sont de ceux­la.

Leur statut de citoyens de seconde zone en France est severement epingle dans le dernier rapport de Medecins du monde (MDM) sur la question, Les Roms que l'Europe laisse a la porte. Des quatre coins du pays, entre juin et septembre 2007, l'ONG a ainsi decortique et retranscrit Ie quotidien d'un public plus habitue a souffrir en silence.
Construit a partir de centaines de temoignages recueillis aupres des populations « les plus difavorisees » du continent, le document revele en creux l'hypocrisie des pouvoirs publics et le non-respect repete de lois censees s'appliquer a tous.

"Quel que soit le pays au ils resident, les Roms sont victimes de stereotypes negatifs et porteurs d'une image exterieure devalorisante», rappelle en preambule MDM.
Le plus souvent «exclus des droits fondamentaux», certains d'entre eux choisissent l'exil, dans l'espoir de se construire un avenir meilleur. Pour ceux-la, la desillusion est grande. Les conditions de logement, en premier lieu, naviguent entre «precarite et insalubrité.
Si la moitie des personnes interrogees vivent en caravanes, souvent incapables de rouler, l'autre moitie se contente de squats amenages ou, pire, de cabanes improvisees. Evidemment, «on note une absence quasi-totale d'amenagement»: ni ramassage des ordures, pas d'acces a l'eau potable, raccordements electriques inexistants. A cela s'ajoute «la forte pression» des autorites et proprietaires de terrains, bien frileux a l'idee d'accueillir des Roms. Les nombreuses expulsions qui en resultent provoquent de graves ruptures dans la prise en charge medicale ou la scolarite des enfants.

A Strasbourg, un terrain situe sous une autoroute fonctionne ainsi « sans electridte, sans eau potable, sans sanitaires ». Dans ce « bidonville» frequemment inonde, ou vivent 32 personnes, « les rats pullulent ». Madame C. ne peut conserver la moindre nourriture, «sinon les rats viennent dans les caravanes. J'ai peur pour les enfants ».

La libre circulation des ressortissants roumains et bulgares, pays a fortes minorites roms, est tout aussi incertaine. Et ce, malgre l'adhesion de ces deux pays a l'Union le 1er janvier dernier. Si, depuis le 22 decembre 2006, une distinction est faite selon la duree du sejour (plus ou moins de trois mois), la date d'entree sur le territoire ne peut plus etre precisee sur le passeport. En resulte un «flou juridique sur les modalites de séjour et les mentions legales qui en decoulent ». Quant aux aides au retour, elles ne reglent rien: « Les departs se font dans la precipitation, et le manque d'accompagnement social professionnel sur p1ace ne permet pas la réalisation de projets », pointe Medecins du monde.

Meme flou artistique pour l'acces au travail: Roumains et Bulgares doivent louvoyer entre une periode transitoire tres restrictive de deux a sept ans et le risque d'expulsion induit par le travail illegal.

Les enfants ne sont pas mieux lotis. Si, en France, la scolarisation est theoriquement obligatoire pour tous les mineurs ages de 6 a 16 ans, dans la pratique, l'acces a l'ecole pour les enfants roms se fait «au bon vouloir des élus locaux ». La mairie de Saint-Ouen, mollement « sensibilisee " par une inspection academique bien timide, refuse ainsi d'inscrire une trentaine d'enfants roms depuis janvier 2007.

Au rayon sante, le tableau n'est guere plus rejouissant. Les Roms roumains et bulgares devraient pouvoir beneticier des memes droits en matiere de couverture maladie que les ressortissants anglais ou espagnols, par exemple.

Mais le legislateur a plus d'un tour dans son sac. La transcription "in extremis" d'une directive europeenne et l'inscription dans la loi sur le droit au logement opposable d'un article bloquant l'acces a la couverture maladie universelle ont opportunement permis d'ecarter les families roms de cette assistance sanitaire pourtant indispensable. Devant la gravite de la situation, Medecins du monde demande l' amelioration des conditions sanitaires et de l'acces aux soins, 1'arret de la « logique d'expulsion" et une vraie politique d'integration sociale des familles, par le biais de la scolarisation des enfants et l'accompagnement a 1'emploi. Reste a trouver une oreille gouvernementale attentive a ces doleances.

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20Minutes.fr, éditions du 23/11/2007 - 08h35 dernière mise à jour : 23/11/2007 - 12h23 Vendredi 23 Novembre 2007 - Mise à jour : 13h42

Un boulanger de Plomion (Aisne), près de Vervins, a tué d'un coup de fusil un homme qu'il venait de surprendre en train de cambrioler sa boulangerie, dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris auprès des gendarmes. L'homme, titulaire d'un permis de chasse, a été mis en examen vendredi matin.

Agé de 42 ans, l'artisan avait déjà été victime de plusieurs cambriolages. Il venait à peine de se coucher à l'étage de sa maison quand il a entendu vers minuit et demi du bruit au rez-de-chaussée, où se trouve la boulangerie.

Les complices ont pris la fuite

Il s'est alors emparé d'un fusil puis est descendu au rez-de-chaussée, où il s'est retrouvé face à quatre ou cinq hommes en train de cambrioler sa boutique, et a fait feu sur l'un d'eux, selon les premiers éléments de l'enquête.

Grièvement blessé, l'homme atteint par le tir est mort peu après lors de son transfert à l'hôpital. Son âge n'a pas été précisé, ni s'il était armé. Ses complices ont pris la fuite et étaient recherchés par les gendarmes.

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Lever de camp a Wissous. Le Parisien, 15 décembre 2007, Essonne, p. II

LES ROMS de Wissous ont plié bagage.
Un premier groupe a quitte la France mercredi demier. Et hier matin, un bus est venu chercher ceux qui restaient encore dans l'immeuble de bureaux de la zone industrielle, qu'ils occupaient avec l'aval de la mairie depuis deux mois.
Direction l'aeroport, Ou un avion les a mmenes vers leur Roumanie natale. Un retour au pays finance par l'Anaem (Agence nationale d'accueil des etrangers et des migrations) qui, en plus du billet d'avion, a verse 300 euros par adulte et 100 euro par enfant aux 37 Roumains.

Ces Roms vivaient dans un campement de fortune à Chilly-Mazarin, dont ils ont ete expulses debut octobre. Ils se sont alors retrouves sur les routes à Wissous, avec femme et enfants.

Pour les loger, le maire UMP Richard Trinquier a requisitionne un batiment inoccupe dans sa zone industrielle.
Des benevoles ont foumi des matelas, des vetements,des couvectures et de la nourriture.

La mairie foumissait l' eau et l' electricite.
Pendant son sejour a WISSOUS, la communaute s'est agrandie, avec la naissance d'un bebe. Pour remercier le maire, les Roms ont decide d'appeler Ie nouveau-ne ... Richard.
S.B.

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Villabé. Polémique autour de l'aide au retour des Roumains
Le Parisien, 15 décembre 2007, Essonne, p. II

L'AIDE AU RETOUR des etrangers dans leur pays d'origine est-elle concluante ?
Selon les associations, ce dispositif dont ont beneficie hier les Roumains de Wissous (lire l'encadre), est en grande partie « inefficace ».

Pour preuve, les Roms installes dans les camps de Villabe.
Certaines familles qui vivotent dans des abris de fortune avaient beneficie de cette solution avant de revenir en France recemment.

En campement a Reau (Seine-et-Marne), une cinquantaine de foyers avaient accepte de monter dans un car pour regagner la Roumanie en aout et decembre 2006. A la clé, le mirage d'une vie meilleure.

La prefecture de Seine-et-Mame leur versait jusqu'a 7 000 euros par couple. Une partie de la somme leur etait donnee des le depart « Le reste etait alloué a une organisation non gouvernementale pour monter une opération economique, precise Yves Douchin, du collectif Roms Europe.

On leur a par exemple donne du bétail pour faire de l'elevage, mais sans terrain parfois. C'est de l'argent jete par la fenetre. »

« C'est de l'argent jeté par la fenetre »

Aux dires de la prefecture de I'Essonne, seulement sept personnes sont revenues et vivent a Villabe.
« Dans tout dispositif d'insertion, il existe quelques echecs », relativise le secretaire general de la prefecture, Michel Aubouin.
Mais pour l'association Roms Europe, «les deux­tiers» des 250 Roms en campement sont concemes.

Ainsi, Ramona et les siens étaient rentrés a Satchinez, un petit village roumain pres de Timisoara. Pour vivre sur un petit terrain, ils avaient touche « six petits cochons » et de quoi les engraisser.

« Ils ont grossi, puis on les a manges, raconte la maman de 29 ans. Qu'est-ce qu'on pouvait faire la-bas?
Pour gagner 150 euros par mois, il faut dix ans d'ecole. Je n'ai fait que quatre ans. Les enfants mouraient de faim.»
Un an plus tard, la famille est revenue en France, un temps a Tigery puiS à Villabé.

Sorin, 27 ans, est lui aussi rentre au pays. « J'ai travaille. Mais le patron m'a pas donne l'argent », anonne-t-il.

Doru, lui, n'avait pas voulu profiter des mesures de l'Etat « On leur a donne des moutons, des agneaux, des vaches, détaille le jeune homme, depuis treize ans en Fmnce. Mais nous, les Tsiganes, on sait pas faire. çà servait a rien»

Selon les Roms Europe, seule une petite poignee a pu s'installer durablement en Roumanie et se relancer. « Ceux qui avaient deja une maison s'en sont apparemment sortis, estime Yves Douchin. Mais on a aucun retour.

On n'est pas contre le dispositif. Mais il doit etre mieux ficelé. »

Depuis septembre 2005, la prefecture de l'Essonne a procede au retour de 87 personnes, tous pays confondus, « sans echo negatif ». AGNES VIVES

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Enquete Cambriolage mortel : un Roumain arrete en Espagne
Le Parisien, DAMIEN DELSENY, 19 décembre 2007, p. 11 C'EST UN BEL EXEMPLE de cooperation judiciaire.
Les policiers espagnols viennent d'interpeller pres de Valence un ressortissant roumain soupconne d'avoir participe a un cambriolage mortel en 2004 dans le departement du Doubs et vise par un mandat d'arret europeen.
Un de ses complices, lui aussi recherche, avait ete interpelle le mois dernier en Roumanie. Il est aujourd'hui incarcere en France. Malgre le temps passe et la distance, les enqueteurs en charge du dossier a Besançon (Doubs) sont donc peut­etre en passe de solder des investigations tres complexes.

Nous sommes le 24 septembre 2004 a Rennes-sur-Loue, un petit village d'une centaine d'habitants a 30 klm au sud de Besançon, a la frontiere du Jura. Trois hommes stationnent leur voiture, un 4 x 4, devant une maison.

Ils demandent aux occupants des lieux, un couple de retraites, de leur servir un verre d'eau. La femme part chercher une cruche et des verres. Dans le meme temps, son mari est violemment frappe par ces curieux visiteurs qui cherchaient probablement a cambrioler la maison.

Les trois hommes finissent par s'enfuir, laissant leur victime dans le coma. Quelques jours plus tard, le retraire meurt au CHU de Besançon.

Extradition prochaine

Les investigations techniques menees sur les lieux de l'agression et dans le vehicule des fuyards, retrouve abandonne, permettent de mettre au jour trois profils genetiques.
Parmi ces traces ADN, figure celle d'un certain Cristian Bartus, un Roumain deja fiche en France et connu sous une autre identite, celle d'Alexandre Cocan.
Longuement recherche, cet homme de 25 ans, dont le telephone portable avait ete retrouve dans la voiture abandonnee, a finalement ete localise tres recemment le mois dernier, dans la nuit du 13 au 14 novembre, la police roumaine l'a interpelle dans sa region natale de Cluj, dans le nord-ouest du pays, apparemment dans le cadre d'une affaire de vol de camescope.

Sous le coup d'un mandat d'arret europeen emis par 1a justice franaise, i1 a ete extrade i1 y a une quinzaine de jours et place en detention provisoire dans la region de Besançon. Il aurait notamment ete reconnu via une photographie par la veuve de la victime.

Quelques jours apres ce premier rebondissement, le dossier vient de connaitre un nouveau tournant. Encore une fois, a des centaines de kilometres du village de Rennes-sur­Loue. A Carlet, une ville de la peripherie de Valence en Espagne, un groupe special de la police a localise puis arrere un homme de 29 ans i1 y a quelques jours.

Roumain lui aussi, i1 est originaire de la meme ville que Cristian Bratus et fait l' objet d'un mandat d'arret europeen pour l'affaire du cambriolage mortel. Place en detention en Espagne, i1 pourrait etre rapatrie en France dans les tout prochains jours.

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L'espace Schengen de libre circulation élargi de 15 à 24 pays

AFP - Vendredi 21 décembre, 00h18PRAGUE (AFP) -

L'espace Schengen de libre circulation a été élargi de 15 à 24 pays jeudi à minuit, permettant désormais à quelque 400 millions de personnes de voyager sans passeport de l'Est à l'Ouest de l'Europe.

Les anciens pays communistes devenus européens en 2004 -Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, République tchèque-- ont officiellement levé les contrôles terrestres et maritimes avec leurs voisins de l'Union européenne, tandis que l'île de Malte supprimait les formalités pour les ferries à destination des ports européens.

Les trois pays baltes avaient déjà ouverts leurs frontières communes à 22H00 GMT en raison du décalage horaire.

En mars prochain, les aéroports des neuf pays entrants se mettront au diapason des accords de libre circulation signés en 1985 dans le village luxembourgeois de Schengen.

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Yerres Ils volent des Pères Noël! Le Parisien, Essonne matin, 21 décembre 2007, p. I

TROIS voleurs ont été déférés hier pour vol de Pères Noël, ainsi que vol de matériel de chantier et siphonnage de réservoir à essence.
L'affaire remonte à la nuit de mardi à mercredi, à Yerres, rue de la Sablière. Il faisait - 8 degrés à 3 heures du matin quand les policiers tombent nez à nez avec trois, Roumains d'une vingtaine d'années en train de siphonner une voiture.

En inspectant le coffre, les hommes du commissariat de Montgeron remarquent une profusion de matériel de chantier... et tombent nez à nez avec deux grosses poupées Père Noël de l,50 m !

Les trois voleurs sont alors placés en garde à vue.
En revanche, les policiers courent toujours après le ou les propriétaires des Pères Noël. Les fonctionnaires n'ont pas pu établir leur provenance.

Si les deux bonhommes en robe rouge n'ont quant à eux pas été placés en garde à vue, ils trônent en salle de réunion au commissariat « Ce sont des symboles qu'on respecte. On n'est pas des sauvages », plaisantait hier une source proche du dossier.
Céline Carez

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La mort d'une jeune femme dans un incendie à Lille dramatise la question de l'accueil des Roms LE MONDE | 24.12.07 | 14h40 • Mis à jour le 24.12.07 | 14h45

Une semaine de confusion autour de l'afflux de Roms dans le Nord et leurs conditions d'accueil s'est achevée, dimanche 23 décembre, par un drame : une femme de 26 ans, Daniela, est morte à la suite de l'explosion d'une bombonne de gaz qui a mis le feu au magasin de meubles désaffecté où elle vivait, dans le quartier populaire de Lille-Sud.
"La jeune femme, handicapée, était la cuisinière des sept familles de Roms vivant là, soit 35 personnes", selon Alain Perret, préfet délégué à la sécurité auprès de Daniel Canepa, préfet de région. Les Roms avaient construit des cabanes sous ce toit de fortune, plein d'amiante.

"Il y a un mois, M. Canepa estimait à 650 les Roms arrivés dans le Nord", se souvient Martine Aubry, maire (PS) de Lille. Combien sont-ils aujourd'hui ? Ni la préfecture ni les municipalités ne peuvent le dire. "C'est impossible à estimer, a répliqué, dimanche soir, M. Perret. Depuis la fin de l'été, les Roms se sont installés principalement à Lille mais aussi à Douai, Valenciennes, Dunkerque. La fluidité avec nos 200 kilomètres de frontière belge rend les comptages difficiles. Il y a un effet de pression de pays à l'est du nôtre, que nous retrouvons avec les clandestins de Dunkerque et Calais."

Si la métropole lilloise est habituée aux caravanes des gens du voyage, elle découvre ces roulottes misérables, tirées par des guimbardes à bout de souffle. Elles arrivent des pays d'Europe centrale, principalement de Roumanie, entrée cette année dans l'Union européenne. "Outre les Roumains, un phénomène nouveau est l'arrivée de Roms hongrois, souligne M. Perret. Nous avons aussi noté des Bosniaques et des Tziganes avec des passeports roumains. Le lendemain de leur arrivée, ils déposent déjà un dossier pour toute la palette des aides sociales, ce qui me fait songer à des filières."

RUÉE

A Lille, cependant, la détresse des Roms était criante, sur la friche ferroviaire Saint-Sauveur, ou sous le métro aérien de la Porte de Valenciennes. Dimanche, les autorités ont découvert ce squat supplémentaire rue du faubourg d'Arras, alors que l'attention s'était focalisée sur l'expulsion, jeudi 20 décembre, des 160 caravanes du quartier de Saint-Sauveur.
Parmi les Roms, 42 avaient été répartis entre Maubeuge, Douai et Caudry, et 70 installés dans l'auberge de jeunesse réquisitionnée rue Malpart à Lille.

Dimanche soir, le maire de Lille confiait sa colère. "Je n'ai jamais vu une telle incurie de l'Etat, en trente-quatre ans de fonction publique. Après l'incendie, ce sont mes services qui ont tout géré. Le préfet est resté dix minutes et a envoyé un véhicule du SAMU social de 6 places pour l'évacuation !" La Ville a organisé le transfert vers l'auberge de jeunesse, dont la capacité d'accueil a été portée à 160 places... "Pas d'interprète de la préfecture, absence de la Ddass. Nous avons appelé une technicienne de l'agence d'urbanisme, Oana Giorgescu, bilingue", raconte Mme Aubry.

Pour Nicole Klein, préfète déléguée pour l'égalité des chances, il y avait urgence jeudi, la température étant à - 4°. "Cela fait plusieurs mois que le 115 est saturé d'appels. Nous avons rappelé aux communes la nécessité de prévoir une place d'hébergement pour mille habitants, mais nous n'avons guère eu de propositions."

Lille est largement au-dessus de la norme d'une place pour mille (qui sera obligatoire au 1er janvier 2009) : elle en offre 7. La moyenne du département du Nord est à 2,1. "Le préfet avait promis des places à Marcq, Comines... Lille, qui a scolarisé 150 enfants roms, totalise 45 % des hébergements de la métropole, pour seulement 17 % de la population de la communauté urbaine", précise Mme Aubry, dont la ville paye les petits déjeuners et les repas des enfants qui arrivent le matin, épuisés par les nuits dans le froid.
"Nous avons privilégié l'auberge de jeunesse lilloise, plus centrale, tempère M. Perret. Je n'ai pas eu de pression du maire UMP de Marcq, contrairement à ce que l'on sous-entend. L'auberge marcquoise sera la prochaine réquisitionnée, si nécessaire."

Adjointe lilloise chargée de l'exclusion, Latifa Kechemir plaide pour "un habitat diffus offrant un meilleur accompagnement social", indiquant que trois associations étaient prêtes à prendre en charge les Roms.
"La situation, ici, va durer", estime la directrice de l'auberge de jeunesse, Sonia Toquet. Dès son ouverture, ce fut la ruée : selon le décompte de la Croix-Rouge, 149 personnes, dont 77 enfants, occupaient les lieux lundi matin.
Geoffroy Deffrennes Article paru dans l'édition du 25.12.07.

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Brétigny - Saint-Michel-sur-Orge Les nomades auront leur lotissement Le Parisien, Essonne, 15 janvier 2008, p. III, Marine Legrand

" UNE OPERATION de ce type est rarissime. "
De l'aveu même du maire PS de Brétigny-sur-Orge, Bernard Decaux, le projet qui va voir le jour pour les 119 nomades installés sur sa commune et à Saint-Michel­sur-Orge est exceptionnel. Il fera de ces gens du voyage de véritables privilégiés.

Au total, 37 familles, résidant depuis les années 1960 dans des caravanes et des mobile homes le long de la Francilienne, chemin du Vieux­Pavé, habiteront bientôt sous un « vrai » toit, dans des pavillons HLM.

Après vingt ans de procédures, le chantier vient de prendre un tournant décisif, avec la signature de conventions par les mairies de Saint­Michel et Brétigny.

Certains riverains deviennent jaloux

« Le quotidien de ces nomades changera radicalement. Ils vivent dans des conditions très précaires depuis plus de quarante ans. Aujourd'hui, ils sont sédentarisés: leurs enfants sont scolarisés dans les communes voisines et leurs parents travaillent dans le secteur.

Cette opération de relogement est une juste reconnaissance de leur intégration », se réjouit Marie-Ange Cocard, de l'Association départementale des gens du voyage de l'Essonne (ADGVE).

Concrètement, les familles deviendront locataires d'une petite maison HLM, gérée par le bailleur social Opievoy. « Cela ira du T 2 au T 5. Chacun aura sa salle de bains, ses propres Wc. Désormais, ils auront accès aux réseaux d'eau, au tout-à-l'égout, au ramassage des ordures ménagères. Ce sera plus hygiénique.
Le chemin d'accès bénéficiera d'un éclairage public. Il sera en bitume, et non plus en terre, avec ses trous et ses flaques de boue », approuve Marie-Ange Cocard « Et comme il s'agira d'un habitat adapté, ceux qui le souhaitent pourront garder leur caravane », renchérit Bernard Decaux.

Mais ce mini-lotissement suscite quelques jalousies du côté des rive rains, dans le quartier de la Roseraie à Brétigny. « C'est dégueulasse de faire autant de choses pour ces gens du voyage et rien pour nous. Quand on a besoin de petits travaux dans nos rues, on est obligé d'aller en mairie réclamer à cor et à cri ! », s'insurge Roger Martel, un voisin.

Jusqu'à présent, seuls deux projets similaires ont été lancés en Ile-de­France : à Nangis (Seine-et-Marne), où six familles doivent emménager dans leur maison avant fin 2008 et à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où 57 pavillons sont sortis de terre cet hiver.
A Brétigny, le chantier doit démarrer à l'automne prochain.
Financé par l'Etat, la région, le département et l'agglomération du Val d'Orge, son coût s'élève à 5,1 millions d'euros. Marine Legrand

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Le Parisien, Essonne, 22 mars 2008, p. II Villabé Les 60 derniers Roms expulsés

L'OPERATION s'est déroulée « dans le calme» selon les autorités, « dans une grande violence» selon une association de gens du voyage.

Hier matin, les soixante derniers Roms installés denière le centre commercial de Vilabé ont été délogés par une trentaine de gendarmes et douze d'entre eux interpellés pour être reconduits à la frontière.

Tous sont des récalcitrants qui ont refusé en début d'année l'offre de retour au pays par la préfecture, soit 300 € par personne. Une proposition acceptée, en revanche, par près de 150 membres du camp, le 28 janvier dernier. Ce matin-là, ils avaient embarqué à bord d'un charter à Roissy-Charles-de-Gaulle pour rentrer chez eux, en Roumanie.

«Mais qu'esrr-ce que vous croyez qu'on fait avec 300 € en Rou­manie? La plupart n'ont même pas de maison là-bas », s'insurgeait à l'époque Alain, un Rom anivé en France il y a sept ans et installé à Villabé depuis 2007.

Caravanes et baraquements ont été détruits

Hier matin, une fois les Roms expulsés, les gendarmes ont détruit l'ensemble de leurs habitations : des caravanes, des baraquements de fortune en carton, etc.
« Les gens n'ont même pas eu la possibilité de prendre leurs affaires avant que passe la pelleteuse! Ils se sont retrouvés après à fouiller au milieu des débris pour retrouver quelques vêtements. Ils se retrouvent à la rue, sans aucune prise en charge. Et parmi eux, on compte quatorze enfants! », s'indigne Thierry, membre d'une association de soutien aux gens du voyage, présent lors de l'opération.

Au total, 60 Roms ont été expulsés du terrain. «Nous avons simplement exécuté une décision de justice », rappelle-t-on à la préfecture. Douze d'entre eux, en situation irrégulière, ont été arrêtés et seront contraints de rentrer dans leur pays.

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Le Parisien Essonne, 2 avril 2008, p. II Linas Policiers caillassés : six nomades interpellés

LE DERNIER agresseur présumé des policiers du commissariat d'Arpajon s'est rendu lui-même hier matin.
Comme cinq autres gens du voyage installés à Linas le long de la N 20, il est soupçonné d'avoir caillassé des fonctionnaires le 15 mars.

Ce samedi soir (15 mars 2008) vers 23 heures, les policiers prennent en chasse un homme à bord d'un véhicule alors qu'ils savent qu'il ne possède pas le permis de conduire. Mais ce dernier se réfugie dans un camp de nomades.

Cernés par trente individus

Passablement éméché, il se débat pendant l'interpellation et ameute tout le camp où une fête est organisée à ce moment-là.
Rapidement, les quatre fonctionnaires se trouvent cernés par une trentaine d'individus, dont certains jettent des pierres contre la voiture de police.
Toutes les vitres du Scénic volent en éclats et. .. un demi-parpaing est retrouvé à bord.

Grâce à des gaz lacrymogènes et des renforts, qui ont arrêté un mineur, les policiers parviennent à s'échapper.
Une première opération pour interpeller trois « meneurs» est organisée le 20 mars avec cinquante-neuf policiers issus de la section départementale d'intervention, du district de Palaiseau et du commissariat d'Arpajon.

Les deux dernières personnes se sont présentées spontanément. Les six prévenus - dont une femme - seront convoqués prochainement devant la justice.

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Procès Hornec : de six mois avec sursis à sept ans ferme requis LE MONDE | 26.04.08 | 13h08 • Mis à jour le 26.04.08 | 13h08

S'il fallait un cas d'école sur l'intérêt et les limites du délit d'association de malfaiteurs, le "clan" Hornec serait celui-là.
Des années de filature policière ont permis de constituer contre les membres de cette famille - frères, cousins, neveux - et leurs proches une solide accumulation d'indices sur leur participation à de multiples vols de voitures ou à des saucissonnages. Ils ont justifié le renvoi de dix d'entre eux devant le tribunal correctionnel d'Amiens et nourri le réquisitoire prononcé, vendredi 25 avril, par la procureure Isabelle Pagenelle qui a demandé des peines de six mois avec sursis à sept ans de prison ferme.

"Tout nous ramène à eux", a-t-elle estimé, en accablant particulièrement les trois hommes qui comparaissaient détenus à cette audience, Marc, Jean-Claude et Fabrice Hornec, auxquels elle a attribué un rôle prépondérant dans les dizaines d'"expéditions criminelles" qui leur sont reprochées. Contre Marc Hornec et son cousin Fabrice, elle a requis sept ans d'emprisonnement, et trois contre Jean-Claude Hornec, placé en détention provisoire dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants aux côtés de son frère aîné, Mario. Elle a également requis six ans contre Jimmy Hornec, absent de l'audience, qui a notamment été reconnu par l'acteur Dany Boon comme étant l'un de ses agresseurs sur l'autoroute A1 en mars 2002.

Mais l'audience a également illustré les difficultés auxquelles ont été confrontés les enquêteurs et le juge d'instruction pour établir formellement les responsabilités des uns et des autres. Si la surveillance permet de retracer avec précision le parcours des véhicules empruntés par les agresseurs des personnes âgées - devant lesquelles ils se présentaient sous la fausse identité de policiers afin de les dévaliser - ou le manège des voitures volées garées sur le parking de l'aéroport de Roissy, elle bute souvent sur l'identification des silhouettes aperçues sur les bandes vidéo.

Diffusées à l'audience à la demande de la défense, celles-ci montrent des visages dissimulés sous des casquettes, à l'exception de l'une d'entre elles sur laquelle Marc Hornec est parfaitement reconnaissable. Une "accumulation d'approximations" pour les avocats de la défense qui, comme Me Jean-Yves Liénard, ont dénoncé le "golden parachute judiciaire" que constitue le délit d'association de malfaiteurs. Tous ont plaidé la relaxe de leurs clients. Le jugement a été mis en délibéré au 5 juin.
Pascale Robert-Diard

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Qui a peur du clan Hornec ?
Aujourd’hui à Amiens, se tient la dernière journée du procès des deux frères Hornec, parrains du milieu parisien.
Sous la surveillance de la police et des membres de la famille.
ONDINE MILLOT Libération QUOTIDIEN : vendredi 25 avril 2008

«Et vous n’avez pas peur ?» La phrase murmurée, accompagnée d’un sourire entendu, fait le tour du palais de justice d’Amiens, ce mercredi, à l’ouverture du procès du clan Hornec.
Elle circule, entre avocats qui jouent à se déstabiliser, journalistes qui jouent à s’effrayer, et badauds réellement impressionnés.

Tous les éléments sont là pour se donner le frisson. Les dizaines de policiers cagoulés de noir, sanglés d’un impressionnant arsenal, leur main glissant dicrètement vers la crosse d’un pistolet lorsque se lèvent les membres du clan «H»…
Et les Hornec, en chair et en os, ces frères nés à Montreuil que la police présente comme les parrains du «milieu» parisien. Sans avoir jamais vraiment réussi à les coincer pour un «gros coup».

A voix basse, on énumère leurs faits d’armes : courses-poursuites rocambolesques, braquages à 11 millions d’euros, trafic de drogue, attaques de fourgons blindés… Et la liste de leurs rivaux, retrouvés les uns après les autres morts sur le pavé : «Riquet» le proxénète qui répétait qu’il allait «fumer» les Hornec (1), «Grand Jo», «Pépé», «Fayçal», et l’ancien patron du milieu parisien, Claude Genova, dit «le Gros», remplacé aux affaires par les H.

Litanie.

«D’un côté, on nous les présente comme des parrains, ce qui est un mythe de policiers et de journalistes. De l’autre, on voudrait nous les faire passer aujourd’hui pour des voleurs de poules, tonne Jean-Yves Liénard, avocat célèbre et défenseur des Hornec. Tout ça n’est pas très cohérent !»

Les délits jugés par le tribunal correctionnel d’Amiens, certes, ne sont pas tout à fait à la hauteur de la «légende». Mais les deux frères Hornec, Marc et Jean-Claude, leurs cousins, Fabrice, Mehdi, David et Jimmy, leur beau-frère Marc Chainay et leur ami Florian Choby risquent tout de même dix années de prison.

La présidente entame la litanie des dizaines de délits commis entre 2000 et 2002 : vols de voitures grosses cylindrées sur l’autoroute en se faisant passer pour des policiers, recel, «association de malfaiteurs», escroqueries, vols et «saucissonnage» de personnes âgées à domicile.
Célèbre malgré lui, Jimmy est accusé d’avoir braqué la Mercedes de Dany Boon, en 2002, sur l’autoroute A1. L’humoriste, frappé alors qu’il tentait de récupérer son chien, en a fait un sketch. Ni lui ni Jimmy ne sont présents à l’audience, mais Dany Boon est l’une des deux seules parties civiles représentées par un avocat.

Marc Hornec, 41 ans, est le benjamin des trois frères. Son ventre rond serré dans un polo beige, souriant et à l’aise, il se tourne souvent vers Jean-Claude, 54 ans, cheveux gris et pull Lacoste, l’aîné. Mario, 49 ans, le cadet, également fiché au grand banditisme et incarcéré pour trafic de cocaïne, n’est pas poursuivi aujourd’hui.
Marc est le premier à parler. «Les vols, c’est pas mon domaine, démarre-t-il, avec force moulinets de la main. Si je connaissais quelqu’un qui avait fait ça, je lui mettrais quelques gifles je crois.»

Pour échapper à la prison, Marc Hornec a épuisé toutes les stratégies : grimage, fausses identités, évasion à VTT, versement de cautions faramineuses par le «clan» (92 000 euros en 2002, un an après qu’il a lui-même versé 250 000 euros pour libérer son fils et celui de Mario).
La dernière en date consiste à invoquer ses «troubles mentaux». Il dit avoir passé du temps dans un hôpital psychiatrique et s’est même fait placer sous tutelle en 2004. Les experts restent sceptiques.

A l’audience, Marc Hornec semble bien avoir toute sa tête, et même de quoi se payer celle du tribunal. «Je suis un peu dans l’immobilier, avec des personnes, dans les tapis, avec des gens», dit-il à la présidente qui l’interroge sur la nature de «son domaine».
Puis, à la procureure, qui pose la même question. «Vous allez me retrouver dans un gros braquage, comme Spaggiari, mais pas dans un truc comme ça. Je suis un homme extraordinaire. Vous savez pas comme je suis vu à Paris.»

A homme extraordinaire, dispositif hors pair. Celui mis en œuvre pour son arrestation et celle des autres prévenus est digne d’un polar.
Pendant des mois, des dizaines de policiers et gendarmes ont planqué, épié, filmé près des différents domiciles du clan et de leur «plate-forme», un parking de Roissy où ils entreposaient les voitures volées servant aux braquages. En équipant de balises ces berlines, les enquêteurs ont ainsi pu suivre tous les déplacements du «clan».
Evidemment, à l’audience, aucun Hornec ne se reconnaît sur les photos prises lors des filatures. «Je ne connais pas la personne, mais, si je la connaissais, je ne vous le dirais pas», explique Fabrice, un des cousins poursuivi notamment pour le cambriolage violent d’un couple de personnes âgées dans l’Isère, pour un butin de 486 000 euros.

«Balle dans la tête».

David Hornec, autre cousin soupçonné d’un vol de voiture avec violences, a tenu lui à se démarquer du «clan» lorsqu’il a été interrogé par les enquêteurs.
La présidente lit le procès-verbal de son audition : «Ces personnes-là, je ne les fréquente pas, car je n’ai pas envie de prendre une balle dans la tête. Ils sont dans des grosses affaires, ils ont plein de fric. C’est des grosses têtes fortunées.»

Au troisième rang de la salle, frémissement. Femmes, filles, fils, oncles et cousins Hornec y sont alignés. Certains très jeunes, fièrement campés, semblent incarner la relève.
«Ça n’est pas moi qu’ai dit ça», implore David.

(1) Parrains et Caïds, de Frédéric Ploquin, Fayard.

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Le Parisien, 5 mai 2008, Essonne, p. II JULIEN HEYLIGEN Palaiseau Les Roms s'installent sur une route en construction

ILS VIVENT dans des tentes, sans eau ni sanitaires, sur une route en construction en bordure de l'A 10, à Palaiseau ils sont une cinquantaine de Roms, expulsés vendredi de leur campement de fortune, situé à quelques centaines de mètres de là ils ont dormi à même le sol la première nuit « Nous leur avons donné des tentes et des couvertures pour éviter qu'ils ne dorment encore à la belle étoile », explique Grégoria Epaillard, la présidente de l'association palaisienne Solidarité avec les familles roumaines.

Une quinzaine d'enfants vivent là.

Certains font du skate-board sur un tas de sable, d'autres jouent à la balle. Quand celle-ci tombe sur la route en contrebas, où les voitures circulent à 80 km/h, ils dévalent la pente sans regarder pour la récupérer.

Les plus grands écoutent de la musique tzigane sur le poste autoradio d'une vieille voiture. La plupart des adultes attendent, assis dans leurs tentes ou autour d'une table. « Nous n'avons pas à manger, c'est dur pour le bébé », se lamente un homme. « Le Secours populaire est passé samedi distribuer un peu de nourriture. Nous essayons de les ravitailler. Et eux se débrouillent de leur côté », poursuit Grégoria Epaillard.

Sur le camp, des bouteilles de lait ouvertes sont posées à même le sol, sous un soleil de plomb, qui tape sur le bitume.

« Nous avons peur qu'ils soient encore expulsés », poursuit la présidente de l'association.
La préfecture a proposé à plusieurs d'entre eux des hébergements, que les Roms ont refusés.
« Nous souhaiterions qu'ils les acceptent, reprend-elle. Mais ce sont des logements éloignés, qui éparpilleraient leur famille. Cest très compliqué. »

Des départs pour la Roumanie seront organisés par l'Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations (Anaem) demain pour ceux qui l'acceptent.

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Source : AFP lefigaro.fr flash actu 2008/05/22/01011-20080522FILWWW00429
Croix volées au cimetière de St-Maur

Quarante et une tombes du cimetière de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) ont été dégradées dans la nuit de dimanche à lundi, lors d'un vol probable de métaux, a-t-on appris aujourd'hui auprès de la municipalité, confirmant une information du Parisien et d'Europe 1.

Des christs et des croix ont été arrachés mais aucune inscription n'a été relevée dans le cimetière municipal de La Pie, ce qui privilégie la thèse du vol de métaux.

Un sac plastique contenant deux à trois kilos d'objets funéraires en bronze a été retrouvé, "oublié ou abandonné" par les voleurs.

Henri Plagnol, député-maire UMP, a exprimé "son indignation" et a fait part de son "total soutien" aux familles, dans un communiqué.

Selon l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante, qui suit notamment les vols de métaux, 37 cimetières ont été la cible de voleurs de métaux en 2007 dans toute la France. (notedt, c'est nous qui soulignons)

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Le Parisien, 22 mai 2008, 24 heures, Essonne, p. III Lisses
Roms : un deuxième bidonville rasé en un mois

APRÈS MASSY le 2 mai, c'est la deuxième expulsion de Roms en moins d'un mois. Hier, à 7 heures, une quinzaine de gendarmes accompagnés d'un huissier ont débarqué sur le campement de cinq familles de Roms à Lisses. Une pelleteuse s'est chargée de détruire leurs logements de fortune.

Une quarantaine de Roumains, déjà expulsés de Villabé le 21 mars, s'était réinstallés depuis deux mois dans dix baraquements de bric et de broc (bois, tôle et carton) en contrebas du rond-point du Bois-Chaland, à Lisses, juste derrière l'autoroute A 6.
Cette expulsion fait suite à une ordonnance en référé du tribunal d'EVRY. Le terrain, occupé illégalement, appartient au conseil général.
Quatre femmes en situation irrégulière ont été interpellées et remises en liberté.
Trois d'entre elles ont reçu l'obligation de quitter le territoire.

« Les gendarmes, ils n'y sont pas allés par quatre chemins », soupire l'un des Roms, encore sur place au bord de la route, à quelques mètres de la pelleteuse toujours en action. « Ils sont arrivés. Ils ont fait toc-toc à la porte et ils ont tout cassé », résume Jeqi, la quarantaine, cheveux bruns ébouriffés, accent roulant.

Au total, 17 adultes et 12 enfants attendent hébétés dans un paysage d'exode. Des femmes, anneaux en or aux oreilles et claquettes aux pieds, restent assises par terre entre des matelas en mousse éventrés.
Plus loin, une jeune fille enceinte somnole dans l'herbe, des enfants jouent sans jouets, des bébés dorment dans des poussettes à trois roues, des hommes fument, avec en toile de fond des chariots de supermarchés chargés où se chevauchent des sacs Tati.

« Ils vont dormir où, nos enfants ce soir? » s'inquiète une jeune maman. Aucune structure d'accueil n'a été prévue. Les Roms de lisses dormiront sans doute à la belle étoile au bord de l'A 6. CÉLINE CAREZ

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Véhicules incendiés dans une gendarmerie à Brignoles après la mort d'un homme
Par Christian DAURES AFP - 25 mai 2008 07h45 DRAGUIGNAN (AFP) - Trois véhicules ont été incendiés dans la nuit de samedi à dimanche dans la cour intérieure de la gendarmerie de Brignoles (Var) où avait été interpellé un homme tué vendredi par un gendarme à Draguignan alors qu'il s'évadait, a-t-on appris auprès des gendarmes.

Les véhicules, dont un Trafic, ont été entièrement détruits dans cet incendie qui s'est produit à 2H15, a-t-on ajouté, sans pouvoir préciser la manière dont il a été déclenché. Il n'y a pas eu de victime et aucune interpellation n'a été effectuée.

"Nous avons élargi la sécurité de tous les casernements dans le département", a précisé le commandement de la gendarmerie du Var. Un hélicoptère muni d'un projecteur était engagé pour effectuer des recherches. Un détachement de surveillance et d'intervention a été mobilisé dans le secteur de Brignoles.

Un homme de 27 ans Joseph Guerdner a été tué vendredi soir par un gendarme alors qu'il tentait de s'évader, menotté, de la compagnie de gendarmerie de Draguignan (Var), a-t-on appris samedi de source judiciaire.
Sans profession, il appartenait à la communauté des gens du voyage et vivait dans un campement à Brignoles.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a demandé la suspension du gendarme et une enquête interne "sans délai".

En début de soirée, la famille de la victime a obtenu le droit de voir son corps avant qu'il soit autopsié, ce qui a apaisé la tension qui régnait devant le palais de justice où s'étaient rassemblés en fin d'après-midi une quarantaine de ses proches.
Selon le procureur de la République de Draguignan, Christian Girard, l'homme avait été autorisé à fumer dans l'escalier durant sa garde à vue mais la minuterie s'est éteinte et il en a profité pour sauter par une fenêtre à 4,60 m au dessus d'une cour, devant les habitations des gendarmes où vivent les familles.

"Le gendarme a fait les sommations et a tiré sept coups de feu dans sa direction. Trois projectiles l'ont atteint dont l'un perforant dans le thorax", a expliqué le procureur à l'AFP.
Un pistolet de calibre 11,43 a été trouvé par les gendarmes dans le véhicule de la victime, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. De source policière, le pistolet était armé.

La victime, Joseph Guerdner, sans profession et appartenant à la communauté des gens du voyage, vivait dans un campement à Brignoles. Il avait trois enfants âgés de 10 mois, 3 et 7 ans, a précisé sa soeur aînée Mauricette Schatz, en ajoutant que la victime "avait fait pas mal de bêtises dans le passé" mais était sous contrôle judiciaire et en voie de réinsertion.
Selon le procureur, il était connu de la justice pour de nombreuses infractions et recherché pour l'agression à main armée et la séquestration d'un chauffeur-routier, affaire dans laquelle trois personnes ont déjà été écrouées.

Les gendarmes ont profité de son pointage pour un contrôle judiciaire à la gendarmerie de Brignoles pour l'interpeller puis le transférer à Draguignan.
Le procureur a souligné "la grande détermination à s'évader" de la victime, "n'hésitant pas à se provoquer des blessures" en s'arrachant l'un des bracelets entravant ses mains.

Atteint de trois projectiles, il a réussi à sauter le grillage ceinturant la compagnie de gendarmerie puis à se réfugier dans l'enceinte d'une école privée qui jouxte la gendarmerie. "Il s'est caché dans des buissons, puis a grimpé dans un arbre d'où il est tombé.
C'est sa chute qui a attiré l'attention des gendarmes qui le recherchaient", selon le procureur. En dépit des secours, l'homme grièvement blessé est décédé vers 22hH30, moins d'une heure après son évasion survenue à 21H40.

Le magistrat souhaite savoir "si l'utilisation de l'arme s'était effectuée dans le respect de la réglementation spécifique aux gendarmes", différente de celle de la police et qui leur donne le droit de faire usage de leurs armes dans le cadre d'évasions.

La qualification d'homicide volontaire a été retenue pour la garde à vue du gendarme auteur des tirs, officier de police judiciaire et maréchal des logis-chef de la brigade de recherches de Draguignan, afin de ne "rien négliger" a dit le procureur qui a saisi l'inspection technique de la gendarmerie.
"J'ai voulu signifier aux familles que rien n'était laissé de côté", a-t-il insisté, en précisant les avoir reçues.

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Emmanuelle Msika | 26.07.2008, 07h00 Le Parisien L’incroyable voyage des Roms

Les Roms s’embarquent dans des allers-retours express en Belgique. Ils valident leur obligation de quitter le territoire et peuvent ainsi revenir librement en France. Mercredi, des associations ont même affrété un car.

ILS VEULENT rester en France à tout prix. Leur recette ? Mettre un pied en Belgique pour prouver qu’ils ont bien quitté le territoire français.
Trente-sept Roms du camp Hanul, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ont entrepris ce curieux voyage mercredi, accompagnés par des associations.

Soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) avant le 9 août, ils ont fait l’aller-retour dans la journée, moyennant 10 € chacun. Le reste était pris en charge par des associations.
« Ils viennent chercher une preuve qu’ils ont respecté la loi en quittant la France. On va demander à la police nationale de tamponner leur OQTF à la frontière. Puis ils rentreront à Saint-Denis, explique Didier Inowlocki, membre du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés). C’est absurde, mais c’est le seul système qu’ils ont trouvé pour pouvoir se maintenir en France en toute légalité. »
Quinze jours auparavant, une dizaine de Roms avaient déjà fait la même démarche, avec succès.

9 heures. Les adultes priés de quitter la France grimpent dans le car. Darius, 21 ans, grosses lunettes noires et chemise sombre, s’installe au fond, près de son père, de son frère et des autres hommes du camp. A l’avant, sa femme Loredana tient son bébé de 15 mois, Angelie, sur ses genoux, tandis que Samir, 6 ans, se recroqueville sur son siège, prêt à dormir.
La famille de Darius, qui vit au camp depuis six ans, a choisi de participer au voyage pour éviter d’être expulsée. « Pourquoi je quitterais la France ? Je suis très bien ici, je peux travailler et gagner 10 à 15 € par jour, assure le jeune homme qui revend de la ferraille au noir. En Roumanie, il n’y a rien à faire. On ne peut pas gagner sa vie. »

Midi. Le car arrive à la frontière et débarque ses passagers.
Passeport roumain et OQTF à la main, la petite troupe se dirige vers le poste de police, sous le regard interloqué des douaniers. Mais sur place : personne. Pendant plus de deux heures, les Roms attendent, inquiets, assis sur le bord de la route, papiers toujours en main, prêts à les présenter.

Mais aucun policier ne se montrera cet après-midi. « Le problème, affirme Violaine Carrère, du Gisti, c’est qu’aucun texte n’impose aux policiers de mentionner qu’on est passé par tel territoire. » Européens mais pas libres de circuler en France aussi longtemps qu’ils le souhaitent, les Roms ne comprennent plus rien. Certains s’impatientent. « J’ai peur d’être expulsée », explique Margean, 53 ans. En France depuis dix ans, elle apprend le français : « J’aimerais avoir un habitat et un travail plus décents », glisse-t-elle.

16 heures. Dernière tentative pour les associations : demander à la police nationale belge de signer le document.
Mais au commissariat de Mons, une dizaine de kilomètres après la frontière, c’est peine perdue.
« De tels documents n’existent pas chez nous, je n’ai pas à signer des papiers français », s’exclame le policier belge, ahuri par la réclamation.

16 h 30. Le chauffeur doit rentrer. Sur le chemin du retour, Violaine et Didier tentent déjà de rassembler toutes les preuves du passage de leurs protégés en Belgique : factures, photos devant le monument aux morts de Mons…
Les familles, elles, se sont assoupies, fatiguées de leur expédition rocambolesque. Tous refusent d’abandonner. Certains ont déjà prévu de retourner en Belgique.
Darius, lui, a choisi d’emmener sa famille en Roumanie, juste quelques jours, puis de revenir à Saint-Denis et y vivre tranquillement jusqu’à la prochaine descente de police.

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Début du recensement des Roms à Rome LEMONDE.FR | 23.07.08 | 20h43

Afin de lutter contre l'immigration clandestine, le gouvernement italien a décidé de recenser plusieurs dizaines de milliers de nomades, essentiellement tziganes. La Croix-Rouge estime que ce recensement durera jusqu'en septembre, à Rome, qui compte 70 campements.

Mais la création par le gouvernement Berlusconi de "hauts-commissaires à l'urgence nomades" chargés de recenser les camps de gens du voyage à Rome, Naples et Milan, notamment au moyen de relevés d'empreintes digitales des adultes comme des enfants, a fait l'objet de vives critiques en Italie et en Europe. Reportage : A. Masciarelli, E. Franceschelli et S. Segatore. France 24

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Le président roumain défend les Roms à Rome
rfi.fr, Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir, Article publié le 01/08/2008 Dernière mise à jour le 01/08/2008 à 02:20 TU

Le président roumain, Traian Basescu, s'est rendu dans un bidonville de la périphérie de la capitale italienne où vivent de nombreux Roumains, appartenant notamment à la minorité Rom.

Arrivé à Rome jeudi pour rencontrer Silvio Berlusconi, le président roumain s'est aussitôt rendu dans un bidonville de la périphérie de la capitale italienne où vivent de nombreux Roumains, appartenant notamment à la minorité Rom.

« Les citoyens roumains sont des citoyens de plein droit de l'Union européenne et doivent être traités comme tels », a-t-il déclaré, critiquant sans mâcher ses mots la décision du gouvernement italien de recenser les habitants des camps de nomades à Rome, Naples et Milan, et de relever leurs empreintes digitales.
Lors de leur conférence de presse commune, Traian Basescu et Silvio Berlusconi ont tenté de faire bonne figure malgré leurs différends.

Une poignée de main forte devant les caméras, assortie d’un sourire de circonstance, Silvio Berlusconi et son homologue roumain Traian Basescu ont achevé leur conférence de presse conjointe à Rome en voulant donner une image positive de leur rencontre.

D’ailleurs Silvio Berlusconi a déclaré avec fermeté que son gouvernement était bien loin de vouloir cultiver des comportements de discriminations envers les Roumains, qu’ils soient d’ethnie rom ou non.

Mais les propos de Monsieur Berlusconi n’ont pas convaincu le président roumain. Traian Basescu a confirmé qu’il n’approuve pas certaines des décisions du gouvernement italien, notamment le recensement de tous les nomades dont beaucoup sont des Tziganes.

Le président roumain a demandé très formellement que le recueil des empreintes digitales des mineurs ne soit effectué qu’en présence de leurs parents ou d’un juge.

De son côté Silvio Berlusconi a affirmé que le fichage des enfants roms était le seul moyen de garantir pour tous, la scolarisation et il a annoncé la visite en Roumanie, la semaine prochaine, du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni qui rencontrera son homologue roumain pour discuter des modalités d’utilisation de fonds européens, afin de favoriser l’intégration des Tziganes.

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Enquête Les Roms, indésirables en France et en Europe Anne Rodier et Laetitia Van Eeckhout LE MONDE | 31.07.08 | 13h19 • Mis à jour le 31.07.08 | 13h19

Indésirables, en France comme ailleurs en Europe, les Roms, ballottés d'un bidonville à l'autre, font l'objet d'évacuations régulières. Ce qui permet de ficher progressivement l'ensemble de la communauté. A Lille, 70 personnes ont été expulsées de leur terrain mardi 29 juillet ; 55 autres ont été renvoyées de Saint-Etienne pour la Roumanie le 17 juillet. Et d'ici à la fin août, quelque 633 Roms seront évacués du plus grand camp de France situé à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) sur un terrain où doivent être construits des logements sociaux.

Mercredi 30 juillet était le dernier jour offert aux Roms de Saint-Ouen pour postuler à projet de réinsertion. L'Etat et les collectivités locales vont créer sur la commune un "village d'insertion". Si plus de 300 se sont portés candidats, pas plus d'une centaine d'entre eux pourront s'y installer. Les services sociaux expliquent qu'un village d'insertion ne peut accueillir plus d'une vingtaine de familles. Les autres devront partir. Le sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Denis, Olivier Dubaut, prévient : "Nous ne tolérerons pas de camps sauvages."

Dans des projets similaires, seules 21 familles ont été sélectionnées à Saint-Denis, et 18 à Aubervilliers. "La volonté politique manque. Seul un soutien financier européen permettrait de réaliser des projets de plus grande ampleur" estime Marie-Louise Mouket, responsable de Pact Arim 93. Cette association d'insertion par le logement a été chargée par la mairie de Saint-Ouen d'effectuer une enquête sociale. Elle permettra au préfet de juger, sur des critères laissés à sa discrétion, les familles qui ont "la volonté de s'intégrer dans la société française", sur le plan professionnel, scolaire et linguistique. "Ceux qui ne répondent pas aux critères relèveront d'une obligation à quitter le territoire français", assure M. Dubaut.

Au final, 400 Roms de Saint-Ouen sont menacés d'expulsion, et 94 se sont inscrits auprès des services de l'immigration (Anaem) pour repartir volontairement en Roumanie. Selon le ministère de l'immigration, le montant de l'aide au retour est maintenu à 300 euros par adulte. Mais à Saint-Etienne et à Saint-Ouen, les Roms affirment qu'on ne leur a promis que 150 euros.

PRÉLÈVEMENT DE SALIVE

Quoi qu'il en soit, la plupart ne veulent pas partir en Roumanie. "On veut rester en France. Après la fermeture du camp, on ira ailleurs, on ne veut pas retourner en Roumanie, jamais. Ce qu'on veut ? Avoir le droit de travailler, ici", lance Sorin Boti, 34 ans, carreleur, vivant au camp de Saint-Ouen. Repartis volontairement ou non, rien n'empêche ceux qui le souhaitent de reprendre un car pour la France.

Depuis qu'ils sont entrés dans l'Union européenne le 1er janvier 2007, Roumains et Bulgares demeurent soumis à des dispositions particulières en matière de travail. Mais ils sont des citoyens européens à part entière, bénéficiant de la liberté de circulation, comme l'a rappelé le Conseil d'Etat le 19 mai. Comme les autres européens, ils doivent au-delà de trois mois de séjour, "soit disposer d'un emploi, soit posséder des moyens suffisants de subsistance", selon la circulaire du 22 décembre 2006, spécialement publiée par le ministère de l'intérieur, à la veille de leur entrée dans l'Union. Faute de remplir ces conditions de séjour, Roumains et Bulgares sont susceptibles d'être expulsés. Sur les 23 186 étrangers expulsés en 2007, 2 271 Roumains et 810 Bulgares ont été renvoyés dans leur pays, de gré ou de force.

Les milieux associatifs dénoncent régulièrement l'absurdité de ces expulsions, car les Roms reviennent en France. Sur les 55 personnes parties de Saint-Etienne le 17 juillet, deux sont déjà revenues en deux semaines, affirme Georges Gunther, responsable du Réseau de Solidarité avec les Roms. Sur cette agglomération, la communauté rom reste stable depuis cinq ans, avec 250 à 300 personnes.

Pour éviter qu'ils ne reviennent en France et ne bénéficient plusieurs fois de l'aide au retour humanitaire, la loi du 20 novembre 2007 prévoit un fichage biométrique des bénéficiaires d'une aide au retour. Le décret d'application est encore en cours de préparation.

Mais dans les faits, le recensement a commencé. A Saint-Ouen, l'enquête sociale - à laquelle les Roms ont massivement participé, constitue en effet un fichier précis qui sera remis à la préfecture : identité, date d'entrée en France, profil professionnel, médical et scolaire. Un recensement complété par les dossiers de l'Anaem qui travaille en étroite collaboration avec la police. A Saint-Etienne, la mairie indique ouvertement que "l'objectif des contrôles, c'est d'enregistrer dans un fichier les identités pour délivrer des OQTF dans trois mois, avant les évacuations."

A Alès (Gard), des Roms bénéficiaires de l'aide au retour ont été convoqués par la police pour prise d'empreintes digitales, photo, et prélèvement de leur salive. "Une affaire de proxénétisme impliquait des mineurs et c'est dans ce cadre que l'autorité judiciaire a procédé à ces relevés", précise un conseiller de M. Hortefeux. Et celui-ci d'insister : le fichage biométrique ne s'appliquera pas aux seuls Roms. Il n'en reste pas moins qu'en France, comme en Italie, le fichage des Roms a commencé.
Anne Rodier et Laetitia Van Eeckhout

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Au Portugal, une juge qualifie les Tziganes de "perfides"
LE MONDE | 31.07.08 | 13h19 • Mis à jour le 31.07.08 | 13h19

Le jugement a provoqué un tollé au Portugal. Dans une décision rendue par le tribunal de Felgueiras, révélée par l'agence Lusa mercredi 30 juillet, cinq Tziganes condamnés à des peines de prison ferme pour avoir agressé des gendarmes ont été qualifiés par le juge de "personnes mal vues socialement, marginales, perfides, totalement dépendantes de l'Etat qu'elles paient en désobéissant et en attentant à l'intégrité physique et morale de ses agents".

La juge a précisé que les conditions de logement des cinq hommes étaient "mauvaises, non en raison de l'espace physique en soi, mais en raison du style de vie et de leur ethnie (peu d'hygiène)".

Les Tziganes sont 50 000 au Portugal. "Nous en avons marre des discriminations", a réagi la Fédération des associations tziganes du pays.

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Rassemblement évangélique: déjà dix mille Tziganes arrivés en Lorraine 18 août 2008

TOUL (AFP) — Plus de 2.000 caravanes, correspondant à environ 10.000 personnes, étaient recensées lundi midi sur la base militaire de Toul-Rosières, où se déroule un rassemblement tzigane évangélique, a indiqué le préfet de Meurthe-et-Moselle, Hugues Parant.

Le site a ouvert ses portes dimanche à 18H00 - alors que les pèlerins ne devaient entrer que lundi - du fait de l'arrivée prématurée de nombreux fidèles, 1.300 à 1.500 caravanes étant stationnées dimanche à la queue-leu-leu sur 30 kilomètres de bas-côtés autour de Toul-Rosières, a expliqué M. Parant.

"Le convoi ne gênait pas la circulation. Nous avons ouvert les portes pour des raisons de sécurité, car les enfants couraient entre les caravanes, au bord des routes", a souligné le haut fonctionnaire.

Les pèlerins n'ont ensuite cessé d'arriver en "flot continu", selon le préfet. Plusieurs dizaines de véhicules entraient ou patientaient devant les grilles de la base lundi à la mi-journée, alors que l'intérieur du camp, engorgé, était le théâtre de bouchons, a constaté l'AFP.

"Mais ce n'est pas un rassemblement de gens de culture tzigane. Ici, c'est un rassemblement évangélique. Les gens viennent pour prier", a fait remarquer le pasteur Joseph Charpentier, principal organisateur de l'événement.

Entre 30 et 35.000 personnes sont attendues à la convention annuelle des Tziganes évangéliques, organisée par la mission évangélique tzigane, plus connue sous le nom de Vie et Lumière, un mouvement pentecôtiste adhérent de la Fédération protestante de France (FPF).

En août 2007, 30.000 Tziganes avaient assisté à la réunion sur l'aérodrome militaire de Semoutiers (Haute-Marne).

Le plus fort de la manifestation se déroulera du 24 au 31 août. Le terrain, d'une superficie de 120 hectares, sera fermée le 2 septembre.

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DRAVEIL. La base de loisirs envahie par trois cents caravanes
La police n’a rien pu faire pour éviter un afflux massif de gens du voyage au Port aux Cerises, l’une des deux bases de loisirs du département.
Céline Carez | 26.08.2008, 07h00 Le Parisien Essonne matin p. I

LE PORT aux Cerises de Draveil a opéré sa mue en camping géant genre Palavas-les-Flots avec à perte de vue les toits blancs de caravanes… La base de loisirs a été envahie par les gens du voyage pour un rassemblement de l’Eglise évangélique. Les joggeurs et les familles qui pique-niquaient ont vu déferler mille fidèles, quatre cent cinquante voitures, tentes, camions, caravanes, un chapiteau à monter pour les messes, des quads, quelques poules et dindons et un pasteur en chemise et en jean quelque peu virulent.

Hier, Jacques Reiller, le nouveau préfet, Jean-Jacques Lejeune, conseiller régional et président de la base de loisirs, et Pierre Gassin, son directeur, étaient encore en train de s’arracher les cheveux pour trouver une solution.

« On est chassé de partout. On va rester ! »

Tout a commencé dimanche. Sans préavis, trois cents caravanes envahissent Draveil et rentrent à dans la base, s’installant autour de l’étang. « La police est restée impuissante. Qu’est-ce que vous pouvez faire devant un tel afflux de véhicules ? Ou vous les laissez entrer ou vous paralysez la ville », résume une source proche du dossier. Hier, le pasteur Marcel Miquel, portable collé à l’oreille, trônant au centre du camping, se montrait menaçant, entouré de sa garde rapprochée : « On est chassé de partout. Nous sommes des citoyens, français. On paye des impôts ! On va rester ! »

« On a un vrai problème », reconnaissait Jean-Jacques Lejeune. « Que faire avec les gens du voyage ? » L’aire des gens du voyage de Lisses leur a été proposée. « Trop petit, réfute Marcel Miquel. On ne peut mettre que soixante-dix caravanes. »

Hier, un référé demandant leur départ a été demandé par Jean-Jacques Lejeune. Un courrier a été adressé au préfet demandant l’application de la loi du 5 mars 2007 visant l’expulsion. « Enfin, il faudrait dix compagnies de CRS pour les déloger », ironise un policier. Une médiation sera engagée avec une association. Pierre Gassin, sur place depuis dimanche matin, reconnaît le manque d’installations pour les gens du voyage « Chaque commune se renvoie la balle » , mais s’inquiète des dégâts : « Les pelouses sont déjà abîmées. Les allées piétonnières déjà trempées par la pluie seront achevées par les allées et venues de leurs camionnettes. Qui va payer ? »

Mais le directeur pointe aussi les problèmes de sécurité, de salubrité et d’hygiène. « Nous craignons surtout les accidents. »

Jean-Jacques Lejeune ne mâche pas ses mots : « La base de loisirs de Draveil est un lieu public d’accueil des Franciliens. Nous recevons beaucoup d’enfants et de familles, plutôt défavorisés, qui n’ont pas la chance de partir en vacances. Alors l’arrivée de ces trois cents caravanes paralysant la base, c’est moralement indécent. »

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UE: premier sommet sur les Roms à Bruxelles Par Mihaela RODINA AFP - Mardi 16 septembre, 13h28 BUCAREST (AFP)

- Le premier sommet de l'UE sur les Roms , mardi à Bruxelles, devrait entériner la volonté des 27 d'accélérer l'inclusion de cette minorité, frappée par un fort taux de pauvreté et de chômage et victime de la discrimination, estiment les ONG roumaines.

La Commission européenne a appelé mardi les Etats de l'UE a offrir des "chances réelles" d'intégration aux membres de la minorité Rom, dont la situation est "dramatique", et à combattre les discriminations, au cours d'une conférence organisée à Bruxelles.

"La situation dramatique des Roms ne peut être réglée depuis Bruxelles", a averti le président de l'exécutif bruxellois José Manuel Barroso à l'ouverture de cette réunion. "Les instruments pour créer ce changement sont dans les mains des Etats membres. Les politiques pour l'intégration des Roms sont de la compétence des Etats membres", a-t-il insisté.

Plusieurs représentants des communautés Roms se sont alors levés et ont montré un T-shirt dénonçant "le fichage ethnique", un rappel des mesures mises en oeuvre par le gouvernement de Silvio Berlusconi en Italie.

"Vous dénoncez la discrimination ethnique. La Commission est tout à fait sur cette ligne. Nous rejetons toute stigmatisation dans l'Union européenne. Chacun doit pouvoir vivre sa vie libre de toute discrimination et de toute persécution", a assuré M. Barroso sous les applaudissements.

La Commission européenne vient pourtant d'avaliser le recensement controversé des Roms en Italie, à la grande satisfaction des autorités de ce pays.

Parmi les mesures mises en oeuvre par Rome figurent le recours au test ADN dans les procédures de regroupement familial, des prises d'empreintes et un recensement des habitants des camps de nomades, décisions justifiées par les autorités italiennes par le souci de protéger et de scolariser les enfants. Ces mesures ont été stigmatisées par le financier George Soros, un des principaux intervenants, qui a été fait à cette occasion "citoyen Rom" par des représentants de la communauté.

"Je suis sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l'Union européenne", a-t-il dénoncé lors de son intervention, quelques minutes après M. Barroso, qui avait déjà quitté la réunion. "Le fichage ethnique devrait être illégal et j'espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait", a-t-il lancé sous les ovations de l'assistance.

"Nous espérons qu'il ne s'agira pas d'une simple opération de relations publiques et que ce sommet enverra un message fort quant à la détermination de la Commission européenne d'oeuvrer en faveur de l'inclusion sociale des Roms", avait déclaré lundi à l'AFP Nicolae Gheorghe, militant rom et ancien conseiller auprès de l'OSCE pour les questions liées à cette minorité.

Les participants devraient notamment se mettre d'accord sur un plan d'actions visant à améliorer la scolarisation des enfants roms, l'un des principaux défis pour cette communauté, estime-t-il.

Selon un rapport du Conseil de l'Europe, jusqu'à 50% des enfants roms ne terminent pas leurs études primaires, tandis que 50 à 80% de ceux qui sont scolarisés en Europe centrale et orientale sont orientés vers des "écoles spéciales" créées dans les années 1950-1960 pour accueillir des mineurs présentant des difficultés d'apprentissage.

M. Gheorghe craint néanmoins que l'intérêt pour le sort de cette communauté, comptant entre 10 et 12 millions de membres en Europe, "ne disparaisse dès la fin de la réunion" ou que ce sujet "ne soit englouti par le Pacte européen pour l'immigration prôné par le président Nicolas Sarkozy", qui veut en faire l'une des priorités de la présidence française de l'UE.

Mihai Neacsu, responsable de l'association Amare Rromentza, espère que ce sommet décidera de la création, à l'horizon 2009-2010, d'un "département" au sein de la Commission chargé des problèmes des Roms.

Mais il souligne le contexte délicat dans lequel se déroule cette réunion, deux semaines après que Bruxelles eut donné sa bénédiction aux mesures annoncées par le gouvernement de Silvio Berlusconi dans la lutte contre la criminalité et l'immigration clandestine, critiquées en raison de leur caractère "discriminatoire". "J'aimerais voir la Commission reconsidérer sa position à cet égard", lance M. Neacsu, se déclarant "encore plus surpris par le silence des Etats membres, la Roumanie en tête, qui auraient dû dénoncer à haute voix ces mesures".

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L'Union européenne donne son aval au recensement des Roms en Italie
Le financier George Soros a vigoureusement défendu les Roms ce matin à Bruxelles. Reuters

Bruxelles a donné son feu vert ce matin au recensement des Roms souhaité par Berlusconi en Italie, tout en excluant le fichage sur des critères ethniques ou raciaux. La communauté Rom est furieuse. AFP LIBERATION.FR : mardi 16 septembre 2008

Les Roms sont meurtris et furieux de l'aval donné aujourd'hui par l'Union européenne au "fichage" des membres de leur communauté en Italie et l'ont clairement signifié lors de la conférence organisée par la Commission européenne à Bruxelles.

Le financier George Soros s'est fait leur hérault au cours de cette conférence. "Je suis sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l'Union européenne", a-t-il dénoncé.

L'exemple de Berlusconi

May Bittel, membre fondateur du forum des Roms et des gens du voyage au Conseil de l'Europe, enfonce le clou. "Si on avalise la manière de faire en Italie, c'est toute l'Europe qui va suivre", a-t-il soutenu.

L'intervention de Soros a suivi une brève allocution du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a donné l'occasion aux représentants des Roms de lui signifier leur mécontentement après le feu vert donné par l'exécutif européen au recensement des membres de leur communauté en Italie.

José Manuel Barroso, embarrassé, a cherché à minimiser la décision de la Commission. "Vous dénoncez la discrimination ethnique. La Commission est tout à fait sur cette ligne", a-t-il assuré.

Ses services viennent pourtant de donner leur bénédiction au recensement controversé des Roms en Italie, après que le projet final de Rome eut été un peu amendé, un recensement sur base ethnique ou religieuse étant exclu selon Bruxelles.

"La situation dramatique des Roms ne peut être réglée depuis Bruxelles", a toutefois averti M. Barroso. "Les instruments pour créer ce changement sont dans les mains des Etats membres. Les politiques pour l'intégration des Roms sont de la compétence des Etats membres", a-t-il insisté.

La présidence française de l'Union européenne, représentée par la ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin, s'est engagée à soumettre des propositions d'actions concrètes en faveur des Roms lors d'un sommet européen en décembre.

Une déclaration publiée à l'occasion de la conférence de Bruxelles va servir de base pour les travaux du sommet de décembre. Elle insiste sur un engagement contre toutes les formes de discrimination et sur la défense des droits de toutes les minorités.

"Un gentil bla-bla sur l'intégration"

Valeriu Nicolae, représentant de l'organisation European Roma Grassroots, s'est demandé à quoi servait cette conférence.

"Nous subissons aujourd'hui un gentil bla bla sur l'intégration, alors que cela fait 800 ans qu'on essaie de nous expulser d'Europe, et personne aujourd'hui ne nous a dit ce qui va être fait pour nous débarrasser des comportements anti-Roms", a-t-il lancé, ovationné par l'assistance.

Représentante de la communauté Rom élue au Parlement européen, Livia Jaroka a rappelé que "les Roms font partie de la société européenne".

Les Roms, peuple sans Etat, seraient quelque 10 millions en Europe et constituent la plus grande minorité ethnique de l'UE.

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Palaiseau 100 Roms expulsés Le Parisien Louise Colcombet | 18.09.2008, 07h00

DES BALUCHONS de fortune s’entassent le long du trottoir. Quelques enfants, imperméables à la morosité ambiante, s’amusent. Les adultes, eux, attendent…
La matinée a été longue, hier, pour la centaine de Roms installés depuis plusieurs mois sur un parking en construction de la gare RER Massy-Palaiseau. Dès 8 heures, la police était venue les déloger.

Une demi-surprise puisque l’ultimatum fixé par les autorités était dépassé de vingt-quatre heures. Mais l’évacuation, qui s’est déroulée sans heurts, n’a rien eu de simple.
Pendant que des machines détruisent les frêles baraquements érigés sur le parking, les membres du comité de soutien et la Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) tentent de dresser la liste des familles avec des femmes enceintes ou avec des nourrissons, pour qu’elles soient conduites à la maison des solidarités de Palaiseau.

Déploiement de police en nombre

Deux heures et quelques allers-retours de minibus plus tard, la police, déployée en nombre, commence à mettre une pression physique, invitant le reste du camp une bonne cinquantaine de personnes à se diriger vers la gare RER.
Une longue colonne de familles, poussettes à la main et sacs sur le dos, s’élance. Les esprits s’échauffent. Des hommes se lancent dans des diatribes en roumain, d’où ressortent quelques mots de français comme « Europe » ou « passeport ».

« Partir où, pourquoi ? » demande un père de famille. « Peu importe, mais vous ne pouvez plus rester ici », s’énerve presque un fonctionnaire. « Ils gênaient le chantier de transport en site propre qui devait reprendre cette semaine, décrypte un haut gradé. Regardez comme ils sont chargés, ils n’ont pas pris leurs dispositions alors qu’ils avaient été prévenus. »
Un discours qui hérisse le poil des membres des comités de soutien. « Ils sont perdus, ils ne savent pas où aller », répète l’un d’entre eux , les larmes aux yeux. Finalement, sous la pression de la police, le reste des Roms a fini par prendre le RER, direction Corbeil. Neuf personnes y ont été prises en charge par le 115, qui leur a trouvé un hébergement provisoire. Quarante-neuf autres ont obtenu cinq nuitées grâce à la maison de la Solidarité.

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Point de vue L'Europe doit combattre l'ostracisme contre les Roms, par George Soros LE MONDE | 18.09.08 | 13h23 George Soros est financier et philanthrope. Article paru dans l'édition du 19.09.08

L'Union européenne est peut-être le meilleur exemple de ce que peut être une société ouverte, incorporant des valeurs telles que la coopération, la tolérance et les libertés. Cependant, la marginalisation des communautés roms, la plus large minorité d'Europe, représente l'un des échecs les plus cuisants de l'Union en tant que société ouverte.

Au cours des dernières années, de nombreux Etats d'Europe de l'Est ont adhéré à l'UE et rencontrent de véritables succès économiques et politiques. Toutefois, ce progrès met davantage en évidence les nettes disparités qui demeurent, et particulièrement celle, flagrante, de la situation des peuples roms. Dans ces nouveaux Etats membres, les Roms n'ont pas bénéficié de l'adhésion à l'UE. De plus, les événements récents en Italie comme la prise d'empreintes digitales et l'attaque de campements roms de Ponticelli en mai, nous rappellent la triste réalité à laquelle sont confrontées ces communautés.

A la suite du premier Sommet européen sur les Roms, et pour honorer la promesse du président José Manuel Barroso, l'Europe devrait à présent mettre la situation critique des Roms à son ordre du jour et effacer enfin les traces de cette discrimination flagrante. A quatre mois de la fin de sa présidence, la France, qui compte plus de 500 000 Roms, devrait utiliser l'élan créé par le Sommet pour développer des initiatives visant leur insertion sociale et leur autonomisation.

En particulier, les dirigeants de l'UE doivent exploiter la Décennie de l'inclusion des Roms. Cette initiative lancée par ma fondation, l'Open Society Foundation, la Banque mondiale et les gouvernements de huit pays d'Europe centrale et sud- orientale, contribue à lever les barrières auxquelles sont confrontés les Roms dans les domaines de l'éducation, l'emploi, la santé publique et le logement. La Décennie est au coeur des activités de ma fondation et j'ai investi plus de 100 millions de dollars (70,70 millions d'euros) pour soutenir des projets visant à assurer l'égalité, la justice et l'inclusion des Roms en Europe.

La Décennie est le meilleur moyen de faire avancer ces objectifs communs d'autonomisation et d'intégration des Roms. Le pouvoir d'entraînement de la Décennie est de plus en plus grand, avec la participation de nouveaux Etats tels que l'Espagne, la Bosnie-Herzégovine et l'Albanie. Cependant, ce processus n'a pas toujours été facile et il nécessite davantage de soutien et de participation.

Les préjugés répandus contre les Roms dans la plupart des pays européens ont mis à mal la volonté des gouvernements nationaux de favoriser leur insertion. De plus, certains politiciens européens aiguisent le problème en exploitant le racisme anti-Roms et en faisant injustement des communautés roms la cible de mesures contre la criminalité. Même les politiciens intègres manquent souvent du courage de s'exprimer publiquement sur ces thèmes, très peu populaires. De nombreux Roms en Europe sont encore confrontés à d'énormes obstacles et il n'y a aucune solution rapide pour désamorcer les préjugés et surmonter l'héritage d'une marginalisation très ancienne.

COORDINATION POLITIQUE

J'ai été témoin des conditions épouvantables et inhumaines dans lesquelles tant de Roms vivent de nos jours. Leurs niveaux de vie se sont effondrés. Ils vivaient mieux sous le communisme lorsque le gouvernement fournissait des services fondamentaux tels que le logement et l'emploi.

Avec une coordination politique de haut niveau de la Commission européenne, l'UE peut nous aider à réaliser les objectifs ambitieux de la Décennie. Nous partageons les mêmes objectifs, et nous devons réunir nos ressources politiques, intellectuelles et financières pour les atteindre. L'UE a franchi des pas énormes avec ses fonds structurels. Elle a besoin du processus de la Décennie pour renforcer sa démarche, politiquement et économiquement. Pour sa part, la Décennie a besoin des compétences et de la contribution des gouvernements membres et adhérents, des autorités locales, des entreprises et de la société civile. Ensemble, nous pouvons augmenter notre impact et intégrer les Roms dans une Europe plus forte et plus unie.

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Un sénateur UMP accusé de comparer les Gitans à des déchets nucléaires LEMONDE.FR avec AFP | 02.10.08 | 18h00

Interrogé, samedi 27 septembre, par France 3 Lorraine - Champagne-Ardennes sur l'éventuel enfouissement de déchets radioactifs en Moselle, Philippe Leroy, le président UMP du conseil général de la Moselle, s'était dit "plutôt pour" et avait ajouté : "On est embêté aussi avec les populations de Gitans : personne n'en veut. On est embêté avec les politiques de traitement des déchets : personne n'en veut."

Diffusé par le site Rue89 depuis mardi, cette vidéo a déjà été vue plus de 6 000 fois sur Dailymotion. Si les propos du sénateur semblent maladroits, un internaute tempère : "Il indique que c'est un devoir d'accueillir des Gitans." Le réseau Sortir du nucléaire a demandé, jeudi 2 octobre, la démission de M. Leroy au motif que celui-ci "a osé comparer les Gitans à des déchets nucléaires". "Et pourtant, le civisme aujourd'hui, pour tout le monde, c'est de savoir que nous avons à accueillir, sur nos territoires, des populations difficiles, des logements sociaux, les déchets nucléaires, industriels et ménagers", avait encore dit à l'antenne le président de l'assemblée départementale.

Pour le réseau Sortir du nucléaire, "il n'y a aucune comparaison possible entre les déchets radioactifs, qui sont de véritables horreurs environnementales, et des être humains, quels qu'ils soient". Pour l'association antinucléaire : "Il n'est pas étonnant que des propos aussi choquants soient tenus par quelqu'un qui se déclare favorable à l'enfouissement de déchets radioactifs : stigmatiser des êtres qui vivent aujourd'hui est finalement cohérent avec le fait de léguer aux générations futures un piège radioactif", poursuit le réseau dans un communiqué en demandant "la démission de tous ses mandats" de M. Leroy.

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Le Parisien, Essonne, 4 octobre 2008, J.H., Ris-Orangis Bronca contre l'installation sauvage des nomades

ELLES SONT arrivées lundi denier vers 13 heures, à côté du collège Jean-Lurçat et du lycée Pierre-Mendès-France de Ris-Orangis.
Plusieurs dizaines de caravanes de gens du voyage se sont installées sur cette pelouse empruntée quotidiennement par les élèves et le personnel de l'établissement pour se redre à la gare d'Orangis-Bois-de-Belle-Epine.
Hier elles étaient toujours là. Pourtant entre-temps, plusieurs incidents s'étaient produits "Menaces, pressions, tentatives de racket, jets de pierres ..." énumère le proviseur du lycée dans une lettre adressée à Thierry Mandon, maire PS de Ris-Orangis.
"Trois jeunes ont été menacés s'ils empruntent le chemin qui traverse le camp et une élève de sixième a été poursuivie par un membre de cette communauté", ajoute la principale du collège.

Le maire a réagi en sollicitant l'aide de la préfecture mercredi dernier :"Nous avons une aire d'accueil de gens du voyage, occupée actuellement. Nous respectons les obligations légales. Dans ce cas, toute installation sauvage devrait être automatiquement expulsée. Je ne comprends pas le temps nécessaire à l'Etat, surtout que je n'ai eu aucune réponse depuis", regrettait-t-il hier.
La préfecture ne souhaite faire aucune déclaration à ce sujet.
Le Parisien, J.H. 4 octobre 2008, Essonne p. II

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10 déc. 17h15 Rassemblement de Roms: «Laissez-nous travailler» REPORTAGE liberation.fr MARIE PIQUEMAL

Ils étaient une centaine hier devant l’Assemblée nationale pour réclamer l'accès au travail comme pour tous les citoyens européens.

«On veut travailler, on veut travailler !» scandent une centaine de manifestants, regroupés ce mercredi midi devant l’Assemblée nationale à Paris.
Ils sont Roms –souvent Roumains ou Bulgares – et vivent en France depuis 7, 12 ou 15 ans. Tous réclament le droit de travailler «comme n’importe quel citoyen européen».

«On leur reproche de ne pas avoir de ressources. Mais, en pratique, on les empêche de gagner leur croûte. De la pure hypocrisie !» s’énerve Jeannine Bechet de l’association ATD Quart Monde. Comme beaucoup de militants ce matin, elle est venue soutenir les Roms «pour qu’enfin, on arrête de leur mettre des bâtons dans les roues.»

«Droit de séjour est conditionné à leurs ressources»

Depuis l’adhésion en 2007 de leurs pays dans l’Union européenne, Roumains et Bulgares (qui composent la majorité des Roms) sont en principe libres d’aller et venir dans les pays membres. Une seule pièce d’identité suffit, pas besoin d'un titre de séjour. Sauf qu’au-delà de trois mois passés en France, leur droit de séjour est conditionné à leurs ressources. Ou à l’obtention d’un emploi. «Et un CDI, en plus» se désole un militant. Les Roms sont alors soumis aux mêmes règles que les étrangers hors UE au titre d’un décret de mars 2007 et voué à s’appliquer jusqu’en 2012. A cette date, les Roms auront alors les mêmes droits que les ressortissants européens.

«Pourquoi attendre 2012 ?

Autant mettre fin à cette politique imbécile tout de suite !» s’énerve Yves Douchin, «volontaire par indignation». Depuis des années, il se bat pour aider les Roms. «On se ruine en photocopies, avec toute cette paperasse inutile qu’on leur demande.» Il nous présente Georghe. A 27 ans, dont 16 ans passés en France, ce jeune Roumain tient fièrement – et fermement – sa promesse d’emploi dans les mains. «Une vraie galère pour l’obtenir…» Pas facile surtout de trouver un employeur prêt à payer les 850 euros nécessaires pour les frais du dossier de régularisation, valable pour les Roms comme pour tous les sans-papiers.

Comme beaucoup, il travaille au noir

«Il y a aussi le problème des délais d’attente. C’est très dur de trouver un employeur disposé à patienter deux ou trois mois (le temps de la régularisation) avant qu’on commence le travail. Le plus souvent, ils ont besoin de quelqu’un tout de suite, surtout dans le bâtiment» témoigne Romica, 37 ans.

Alors, comme beaucoup, ce père de famille, arrivé en France en 2001 avec sa femme et ses quatre enfants, travaille au noir. «Faut bien avoir de quoi manger. Surtout que l’on n’a plus droit aux allocations familiales.» Emmitouflé dans sa doudoune, il esquisse un sourire, en croisant les doigts. Il a peut-être trouvé un emploi dans une entreprise d’insertion, grâce au comité de soutien des Roms de Saint-Etienne.

A côté de Romica et de sa femme, un groupe de jeunes Roms. Tous pour la plupart ont grandi en France. En attendant le retour de la délégation reçue ce matin à l’Assemblée, ils donnent le rythme. Quelques pas de danse sur un fond de musique traditionnelle, «il n'y a rien de mieux pour se réchauffer» dit-on. Et pour garder le moral.

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Les associations demandent une politique européenne pour les Roms ash.fr 12 décembre 2008

Une trentaine d'associations européennes de défense des droits de l'Homme et d'aide aux plus démunis se sont alliées pour soumettre aux chefs d'Etat et de gouvernement européens, réunis en Conseil les 11 et 12 décembre à Bruxelles, une série de recommandations visant à améliorer la situation des Roms en Europe.

Cette démarche fait suite au premier sommet européen des Roms organisé le 16 septembre dernier, déjà à Bruxelles. Car, "si un consensus émerge sur le constat affligeant des discriminations incessantes dont les Roms font l'objet, les Etats membres et les institutions européennes ne parlent pas de concert quant aux mesures à appliquer", déplorent ces organisations (parmi lesquelles figurent notamment la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés, la Fnasat-Gens du voyage, Médecins du monde ou Romeurope).

Elles demandent donc, en premier lieu, à la présidence du Conseil de l'Union européenne et aux Etats membres d'adopter "une stratégie européenne pour les Roms, en complémentarité réelle et étroite avec celles des Etats membres et avec les actions locales exemplaires, sans oublier les pays candidats afin de garantir l'impact des activités menées".

Un tel document devra être rédigé dans le cadre d'un processus participatif, "pour les Roms et avec les Roms", soulignent à cet égard les associations dans leurs propositions (en ligne sur le site de la LDH).

Pour un plan d'action plurisectoriel

Elles préconisent également "la fin des régimes transitoires qui limitent l'accès des ressortissants roumains ou bulgares au marché de l'emploi dans plusieurs Etats membres", ainsi que "la suppression, dans les motifs possibles de reconduite à la frontière, du critère de 'charge déraisonnable' contraire à la libre circulation" au sein de l'UE.

Elles appellent aussi à la rédaction d'un "plan d'action européen plurisectoriel", qui aura pour objet de lutter contre la ségrégation spatiale de ces populations et de résorber l'habitat indigne, de garantir l'accès effectif de tous à une couverture maladie et aux soins, de même qu'à leurs droits civils et politiques et aux établissements scolaires ordinaires. D'autres recommandations allant dans ce sens sont également adressées à la Commission européenne, concernant l'accès aux droits, le souvenir des victimes de la barbarie nazie, la reconnaissance de la langue et de la culture rom, le soutien aux associations de gens du voyage, le suivi des situations vécues, etc.

Elles demandent enfin à l'Agence européenne pour les droits fondamentaux de créer des observatoires européen et nationaux des violations des droits des Roms et des gens du voyage, ainsi que le lancement de campagnes européennes anti-discriminatoires ou de valorisation de leur image.

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Corbeil-Essonnes Des gens du voyage qui dérangent Le Parisien Essonne 2 février 2009 p. IV Agnès Vives

LA PLACE des gens du voyage à Corbeil est loin d'être réglée.

Une aire d'accueil doit être aménagée par l'agglomération Seine Essonne (lire encadré). En attendant, les nomades s'installent ici ou là, sur divers terrains de Corbeil, comme à la Nacelle ou à la bourse du travail.

Depuis la fin de la semaine dernière, une famille évangéliste, et sa vingtaine de caravanes, s'est réfugiée à côté de la déchetterie, sur le bas des Tarterêts.

« Ils sont corrects, assure cet employé de la déchetterie. On n'a pas de problème. » Ce qui n'est pas forcément l'avis des locataires de la petite résidence de la Sablière.

« Ils se sont branchés sur le compteur. Nous n'avons plus d'électricité dans les couloirs », peste cette habitante. « Il faut bien qu'ils se chauffent, compatit cet autre. Mais c'est vrai qu'on ne peut pas laisser faire. »

L'amicale des locataires a saisi le bailleur qui a déposé plainte. Et comme à chaque installation sauvage, la mairie devrait engager un référé.

« Ils se sont branchés sur le compteur ... »

« En général, on va discuter avec eux et ça se passe plutôt bien », prévient l'adjoint UMP Jean-François Aymard.
Depuis le passage de la police, les nomades ont enlevé les branchements.

« On a demandé à EDF un compteur. Mais ce ne sera pas fait avant trois semaines, explique Marie-Louise, 55 ans, installée dans sa caravane, transformée en cuisine. On respecte les gens. IL ne faut pas avoir peur de nous. On demande juste à rester ici quelque temps, pour que nos malades puissent être soignés. »

En cette période de grand froid, Marie-Louise et sa famille se chauffent comme ils peuvent. « Pendant deux mois, grâce au maire, on a pu rester à Saint-Pierre-du-Perray, raconte Marie-Louise. Mais c'est toujours compliqué. On n'a pas d'endroit où aller. » Le responsable du camp doit se rendre aujourd'hui à la mairie pour obtenir l'autorisation de rester.

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Le Parisien 5 mars 2009 p. 14 Vols Une filière de cambrioleurs roumains démantelée .

C'EST UNE PREMIÈRE. Gendarmes français et enquêteurs roumains viennent de boucler ensemble une opération de démantèlement d'un réseau de cambrioleurs qui agissaient notamment dans le Grand Ouest.

Avant-hier et hier, les voleurs et receleurs présmumés, tous de nationalité roumaine, ont été interpellés dans les deux pays. « L'équipe commune d'enquête a parfaitement fonctionné », se félicite un officier français, qui rappelle qu'une telle entraide n'est possible que depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne.

Ils visaient des commerces

Les enquêteurs de la section de recherches (SR) de Caen travaillaient sur ce dossier depuis environ un an. En cause: une cinquantaine de vols ou de tentatives de vol par effraction commis principalement en Normandie mais également en Bretagne ou en Charente. « Les malfaiteurs s'en prenaient à chaque fois à des commerces : parfumerie, maroquinerie, optique, pour dérober la marchandise », détaille une source proche du dossier.

Le préjudice avoisine le million d'euros.

L'enquête s'oriente rapidement vers une filière roumaine. En France, une information judiciaire est entre les mains de la juridiction interrégionale spécialisée de Rennes. Les interpellations viennent de se dérouler en deux temps.
Avant-hier dans l'Hexagone, 14 personnes sont arrêtées.
Hier, c'est au tour des enquêteurs roumains de mettre la main sur dix suspects. Tous sont Originaires de la province de Tulcéa.

« La marchandise volée était écoulée en Roumanie. Elle était convoyée en voiture ou envoyés par la poste, décrypte un enquêteur. Sur place, nos homologues roumains sont tombés sur une caverne d'Ali Baba. » Les suspects sont désormais entre les mains de la justice des deux pays. De nouvelles interpellations ne sont pas à exclure. TIMOTHÉE BOUTRY

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Le camp de Roms détruit Le Parisien, 12 mars 2009, Essonne p. III

LE BRAS métallique s'abat sur les cabanes de fortune, qui s'écroulent une à une comme de précaires châteaux de cartes. Il ne reste plus rien du camp où vivaient jusqu'à hier une petite centaine de Roumains, à EVRY, à l'entrée de la ville, cachés du reste du monde par une petite digue de terre.

Cette expulsion fait suite à une décision du tribunal de grande instance d'EVRY du 20 janvier, saisi à la demande du propriétaire des lieux. Juridiquement, cela s'appelle une «expulsion locative pour occupation sans droit ni titre ».
Les Roms se sont ensuite éparpillés dans la nature ...

C'est le début de la matinée, hier matin. Les policiers bouclent le camp. Des camions-bennes stationnent à proximité pour évacuer les futurs débris. Une pelleteuse s'avance et déblaye l'entrée du camp, bouchée par un monticule de terre.

"Nous allons trouver un autre terrain"

Les Roumains partent, certains avec des chariots remplis d'objets divers, d'autres avec un matelas ou une bâche en plastique dans les bras. L'ambiance est calme. Les forces de l'ordre, fermes mais cordiales, patrouillent dans les cabanes pour vérifier que tous les occupants sont partis. Les policiers rassemblent les bidons d'essence et les bouteilles de gaz pour sécuriser les lieux.

La pelleteuse s'attaque aux baraquements, faits de bois, de carton, de tôle et de mousse. Un Rom arrive, les bras en l'air et crie. Il était parti travailler et part chercher en catastrophe ses papiers d'identité. L'engin métallique s'arrête quelques secondes. Puis, en quelques minutes, tout est détruit.

« Nous n'avons pas eu le temps de préparer nos affaires », soupire une jeune Rom. «Ils ont eu vingt-quatre heures pour évacuer les lieux », assure-t-on en préfecture. D'ailleurs, plusieurs familles étaient déjà parties avant l'arrivée des forces de l'ordre.

«Nous ne savons pas ce qu'il va arriver à ces gens, poursuit-on à la préfecture. Les lieux ont été rebouchés. » Il est 11 heures. Les Roumains s'en vont « Nous allons trouver un autre terrain. Nous sommes obligés », lance un homme. J.H.

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Le quartier Haussmann, nouveau campement rom
Ils sont de plus en nombreux à trouver refuge près des grands magasins du boulevard Haussmann. Le maire du IX e , qui s’est rendu hier à la préfecture, en appelle à l’Etat. Le Parisien Cécile Beaulieu | 19.03.2009, 07h00

Lorsque le jour tombe sur le quartier Haussmann, une autre vie commence. Les rideaux de fer des grands magasins ne sont pas encore tirés qu’une longue et étrange cohorte s’avance déjà sur les Grands Boulevards (IX e ). Des femmes, des hommes, des enfants, tirant des chiens en laisse et de lourds chariots débordant de couvertures. Dès 20 heures, chaque soir, ces dizaines de migrants de la communauté rom prennent place boulevard Haussmann, sous les arcades du Printemps et des Galeries Lafayette, le long des vitrines de C&A, mais aussi dans les rues de Provence, Caumartin, Vignon, Godot-de-Mauroy.

En quelques minutes, les matelas, habits, vivres et braseros, rangés le matin même dans les embrasures des portes cochères et sous les plaques d’égout, sont extraits de leurs cachettes précaires et installés le long des trottoirs, à perte de vue : le campement est installé pour la nuit et sera levé, tôt le lendemain matin, vers 6 h 30, avant que les magasins n’ouvrent. Les « hôtes de la nuit », eux, passeront leur journée dans le quartier ainsi qu’aux portes de Paris, à tendre la main aux passants pour gagner de quoi vivre.

Peu à peu, cette vie interlope d’un genre nouveau est née là, au pied de l’Opéra, dans l’un des quartiers les plus touristiques de la capitale. Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, le 1 e r janvier 2007, les migrants, boutés hors de leur territoire, ont échoué sur les trottoirs parisiens.

« Ils sont 300 aujourd’hui »

Un petit groupe d’abord, il y a deux ans, puis une centaine de personnes. Aujourd’hui, ils sont quelque 300 et aucune solution n’a pu être trouvée. Jacques Bravo, le maire (PS) de l’arrondissement, convaincu qu’il revient désormais à l’Etat de mettre en place un réel programme de prise en charge des Roms, rencontrait hier après-midi à ce sujet le préfet de région, Daniel Canepa.

« En une année nous sommes passés dans une autre dimension, soutient-il. Il nous est désormais impossible de gérer cette population en transhumance, qui n’attend rien de nous, pas même un hébergement d’urgence et dont ne se préoccupe pas leur pays d’origine. » Le cas de ces migrants, qui inquiètent, gênent parfois, est devenu l’incontournable antienne des conseils de quartier Provence-Opéra et les commerçants du secteur ne cachent pas leur émotion.

« Les gens vont finir par faire un détour. Ils ont peur », soupire la gérante de la brasserie le Printanier, rue Caumartin qui évoque l’incendie provoqué au début du mois dans l’une des bouches d’égout remplie de couvertures. Ce jour-là, la station de métro avait dû être évacuée. « J’ai mal au coeur pour eux, s’émeut une vendeuse du magasin H&M. Surtout lorsque je vois les enfants faire la manche par tous les temps… Et j’ai peur pour moi le soir, lorsque je rentre tard, même s’ils ne sont jamais montrés agressifs. »

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Extorsion de fonds / XIX e Hornec et ses hommes nient le racket des commerçants juifs Cécile Beaulieu | 05.03.2009, 07h00 leparisien.fr

Ils sont vingt et un, mais aucun ne semble disposé à assumer ne serait-ce que la première ligne de l’épais dossier d’instruction qui les mène, depuis hier, devant la 16 e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Et force est de constater que l’absence de l’intégralité des victimes présumées les sert à merveille !

Fermement campés devant les magistrats, Medhi Hornec, neveu des frères Hornec, parrains du milieu parisien, ses deux fidèles lieutenants, Imed Mohieddine dit Tonton et Nordine Mansouri alias la Gelée , comme l’ensemble de leurs coprévenus, nient d’emblée la gigantesque affaire de racket qui leur est reprochée.

Des centaines de milliers d’euros extorqués entre 2004 et 2006

Entre 2004 et 2006, le gang aurait ainsi extorqué des centaines de milliers d’euros à une vingtaine de commerçants juifs du XIX e , de Seine-et-Marne, du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis, travaillant dans le milieu de l’ameublement ou de la restauration. Sous des pressions incessantes assorties de menaces non voilées, parfois de coups, les victimes étaient contraintes de remettre de l’argent entre 1 500 et 30 000 € des montres, des voitures de luxe, parfois même de verser un « salaire » à leurs racketteurs.

Imed Mohieddine et Nordine Mansouri auraient été chargés d’effrayer les commerçants puis de leur soutirer l’argent. Medhi Hornec intervenait ensuite dans le rôle du « gentil » et faisait mine de négocier pour leur compte les montants réclamés. L’enquête, menée par la brigade de recherches et d’investigations financières (Brif), a même permis d’établir que certaines des victimes devenaient à leur tour complices des racketteurs en fournissant le noms d’autres commerçants, dans l’espoir d’obtenir l’effacement de leur « dette ».

Mais, derrière Medhi Hornec et ses lieutenant, tout le monde fait résolument chorus. « Le dossier est bidon », « Tout est faux », « Je n’ai rien à faire ici », s’insurgent-ils, tour à tour. L’un d’eux, Yohan Benguigui, n’est pas le plus calme : « Tout a été manipulé ! Faut aller chercher les témoins ! crie-t-il et martelant la barre. Vous nous avez bien trouvés, nous ! Et les accusateurs, ils sont où ? Qu’ils montrent leur visage ! » s’exclame-t-il en montrant du menton les bancs de la partie civile, désespérément vides.

Et pour cause : les victimes supposées ont pris depuis longtemps la fuite par peur des représailles. Vers Israël, pour certaines. Les débats se poursuivent cet après-midi avec l’examen des faits. Ils s’achèveront le 20 mars.

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Un enfant meurt dans l'incendie d'un camp rom à Bobigny Leparisien.fr 23.05.2009, 19h24 | Mise à jour : 24.05.2009, 07h38

Un jeune garçon de 7 ans a trouvé la mort samedi après-midi dans l'incendie d'un entrepôt désaffecté de Bobigny (Seine-Saint-Denis) où s'étaient établis plus d'une centaine de Roms.

Prévenus en début d'après-midi, les pompiers ont dû déployer, après avoir fait évacuer l'entrepôt, jusqu'à une centaine d'hommes et 30 engins pour venir à bout de l'incendie en milieu d'après-midi.

L'opération a été rendue difficile par l'explosion de plusieurs bouteilles de gaz qui ont provoqué, par la suite, l'effondrement de structures métalliques. Le sinistre - dont l'origine reste pour l'heure indéterminée - a été totalement circonscrit vers 16 heures. Une fois maîtres de l'incendie, les pompiers ont découvert le corps du petit Diego dans les décombres. Aucune autre victime n'est à déplorer.

Le maire de Bobigny en colère

Dans un communiqué, Catherine Peyge, maire (PCF) de Bobigny, a exprimé sa «colère» face à une situation qui «ne pouvait que mal finir».

«Ils ont été refoulés d'une ville à l'autre pour terminer dans ce hangar, parfois uniquement pour ne gagner que quelques centaines de mètres sur on ne sait quoi», a-t-elle ajouté.

«J'ai écrit mercredi au préfet afin d'alerter sur la situation et de demander une table ronde pour mettre en place toutes les solutions humaines et matérielles, je suis toujours dans l'attente d'une réponse», a-t-elle conclu.

Les 200 personnes qui vivaient à l'intérieur du hangar ont été relogées temporairement dans un gymnase de la commune. L'enquête sur cet incendie a été confiée au service départemental de la police judiciaire.

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Un ferrailleur tue un cambrioleur présumé Le Parisien 27 mai 2009 p. 15

UNE TENTATIVE de vol a tourné au drame hier à Poussan, près de Montpellier (Hérault).
Un récupérateur de métaux installé à l'écart de la ville a tué d'un coup de fusil de chasse un homme âgé de 50 ans qui s'apprêtait à lui voler du matériel. La scène s'est passée en pleine journée, vers 13 heures, dans un espace très faiblement urbanisé au-dessus de la zone commercialé des Clashes, sur le territoire de la commune de Poussan. Quelques minutes plus tôt, trois hommes étaient arrivés dans une voiture blanche de petite cylindrée. Il s'agissait d'un père de famille accompagné de ses deux enfants, âgés de 26 et de 14 ans.

Leur manège sur cette route qui ne mène nulle part, si­non au dépôt de ferraille, a intrigué le propriétaire, qui soupçonnait une tentative de vol.

Atteint à la gorge

Le ferrailleur aurait tiré une première fois en direction de l'un d'entre eux qui tentait de s'enfuir à pied Le deuxième coup de fusil a atteint à la gorge le père de famille qui se trouvait alors dans le véhicule. La victime était déjà connue des services de gendarmerie pour des faits de vols et de cambriolage. Il appartenait à la communauté des gens du voyage de Béziers (Hérault).
Mais aucun de ces trois hommes ne possédait d'arme à feu et on n'a pas retrouvé d'objets résultant d'un vol dans leur voiture.

Le ferrailleur a été placé en garde à vue ainsi que les deux enfants de la victime. Au moment de son interpellation, le tireur a indiqué que son établissement avait fait l'objet de vols à plusieurs reprises.
« Je n'ai strictement rien entendu et je ne me suis jamais rien fait voler chez moi ces dernières années », confiait hier soir une habitante du secteur.

Jusque tard hier soir, les gendarmes du groupement de l'Hérault chargé de l'enquête ont maintenu un dispositif de protection afin d'éviter une tentative de représailles. Le parquet de Montpellier s'apprêtait à ouvrir une information judiciaire. CLAUDE MASSONNET

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Nouvelle forme de vol aux distributeurs de billets STÉPHANE SELLAMI Le Parisien 30 mai 2009 p. 13
Le vol dit "à la pétition" sévit en Ile-de-France aux distributeurs automatiques. Plus de cent victimes de ce nouveau type d'agression ont déjà été recensées.

POUR DÉTOURNER l'attention de leur victime concentrée devant le clavier d'un distributeur de billets, ils leur brandissent une pétition sous les yeux avant de retirer la somme maximale et de prendre la fuite ... Les services de police d'lle-de­France viennent d'être sensibilisés sur cette nouvelle forme de vol dite « à la pétition ». Plus d'une centaine de faits ont déjà été enregistrés depuis le début de l'année, à Paris et en région parisienne.
« A chaque fois, le même scénario se répète, explique un enquêteur. Deux ou trois jeunes filles ou garçons originaires de Roumanie se postent à proximité d'un distributeur automatique de billets. Ils attendent l'arrivée d'une personne âgée. Juste après que la victime a composé son code confidentiel, ils lui placent sous les yeux leur pétition en faveur d'une association de sourds et muets.
Un d'entre eux en profite pour retirer le maximum d'argent et tout le monde s'enfuit très vite.

En général, la victime ne comprend pas tout de suite ce qui vient de lui arriver. Elle est un peu déboussolée car les auteurs n'hésitent pas à la bousculer. En revanche, ils ne prennent pas la carte bancaire. »

Plusieurs voleurs présumés ont été interpellés au cours de ces dernières semaines. « La plupart du temps, ils déclarent être mineurs et venir d'un campement installé près du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), poursuit la même source. Il y a encore quelques mois, ils venaient au contact des gens dans la rue pour leur dérober leur portefeuille, toujours avec la même technique de la pétition. ils ont fait évoluer leur méthode. »

Agés de 12 ans à 18 ans

Selon les diverses constatations effectuées après plusieurs vols, ces jeunes malfrats agissent généralement entre 11 heures et 14 heures. « Ils sont très mobiles et disparaissent vite, une fois leur forfait commis, explique une source proche du dossier. Ils sont âgés de 12 ans à 18 ans. Il y a plusieurs équipes qui évoluent en lle-de-France. Ces dernières semaines, les départements des Yvelines et du Val-d'Oise ont été particulièrement ciblés. »

Le 28 avril, quatre jeunes filles, âgées de 12 ans, 15 ans et 16 ans, ont été interpellées après un vol à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines). Les policiers ont retrouvé l'argent, dissimulé dans les bretelles de leur sac. Le 4 et le 14 mai, trois personnes ont été victimes des mêmes faits à Sannois, à Herblay et à Saînt­Leu-La-Fôret (Val-d'Oise).

Des messages d'alerte ont été adressés à l'ensemble des directions départementales de la sécurité pu­blique francilienne. « Cette tech­nique de vol est en train de se ré­pandre à grande vitesse, s'alarme un policier. Les voleurs semblent avoir une préférence pour les distributeurs des agences de la BNP, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il ne faut surtout pas se laisser distraire après avoir composé son code secret de carte bancaire. Il y a lieu d'être particulièrement vigilant ». STÉPHANE SELLAMI

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GEOFFROY TOMASOVITCH Le Parisien, 2 juin 2009, p. 14 Correctionnelle Les frères Hornec jugés pour trafic de cocaïne

LES HORNEC sont de retour devant les tribunaux.

Deux principaux membres de ce clan de gitans sédentarisés, suspectés de tenir le milieu parisien depuis des années, comparaissent à partir d'aujourd'hui devant la 14e chambre correctionnelle de Paris. Mario Hornec, 50 ans, et son frère aîné Jean-Claude, 55 ans, sont jugés pour« complicité d'importation de produits stupéfiants ».

La justice les soupçonne d'avoir cherché des débouchés en France et en Europe pour écouler 136 kg de cocaïne colombienne en 2006. Les frères Homec nient toute implication dans ce trafic. Leur procès et celui des douze autres préve­nus doit durer jusqu'au 24 juin.

Au printemps 2006, l'Office centraI de répression du trafic illicite de stupéfiants apprend que des trafiquants colombiens veulent exporter de grandes quantités de cocaïne en France. Les policiers sureillent les rendez-vous entre un intermédiaire luxembowgeois et le destinataire présumé, Abdelnour Mezouar, un proche du clan Homec.

Pendant l'été, ces deux hommes rencontrent un Sud-Américain surnommé El Negro et deux acheteurs potentiels, des Britanniques. le 8 juillet, l'envoi de la drogue est imminent. La police dé­cide finfiltration d'un agent

25 000 € le kilo

Le faux malfaiteur prend contact avec l'émissaire des Colombiens. le 22 juillet à l'aéroport de Roissy, il réceptionne les « filles », quatre valises enfermant 130 kg de cocaïne qu'il entrepose dans un hôtel de Rungis (Val-de-Marne).

Mais le Luxembourgeois repère la surveillance policière et les Britanniques annulent leur venue en France. Les Colombiens s'impatientent;

Selon l'instruction, Mario Homec serait alors allé négocier avec les Anglais en Espagne, proposant un prix de 25 000 € le kilo. le 10 août, le gendre de Jean-Claude Homec aurait récupéré une des valises et filé vers Créteil, escorté par Jean-Claude à scooter. Ce jour-là, selon les enquêteurs, il y a eu une transaction portant sur 20 kg entre les Colombiens et les Britanniques via le clan Homec.

Le 9 novembre 2006, la police boucle le fief des Homec à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Jean­Claude, son gendre, Abdelnour Mezouar et Mario, qui a tenté de s'enfuir par les toits, sont arrêtés. Le scooter aperçu le 10 août à Créteil est saisi.

Mais Jean-Claude Hornec affirme qu'il fêtait, ce jour-là, la naissance de son petit-fils. Quant à Mario, il conteste tout rôle dans le trafic, prétendant que des gens malveillants ont utilisé son nom pour donner du crédit à leurs opérations. Cette affaire a en tout cas porté un coup d'arrêt aux activités des présumés parrains du milieu parisien.

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SEINE-SAINT-DENIS Saint-Denis : un camp Rom détruit par un incendie Le parisien.fr 11.07.2009, 18h58 | Mise à jour : 20h01

Après le tragique incendie qui avait coûté la vie au petit Diego il y a deux mois à Bobigny, le feu a ravagé durant la nuit de vendredi à samedi un nouveau camp Rom en Seine-Saint-Denis, à cheval entre Epinay-sur-Seine et Saint-Denis. Ses habitants, ils seraient plus de 150, ont été évacués.

Certaines de ces familles vivaient en Seine-Saint-Denis depuis quinze ans. Elles ont tout perdu la nuit passée. Environ 150 personnes, dont une trentaine d'enfants, se sont rassemblées devant l'hôtel de ville de Saint-Denis en quête d'une solution de relogement.
La ville a demandé à la préfecture de Seine-Saint-Denis de réquisitionner le Fort de l'Est (propriété de l'Etat) pour les héberger car une solution n'a pour l'instant été trouvée que pour trois nuits dans différents hôtels.

L'incendie, qui s'est déclaré vers 3 heures sur un terrain de 2.000 m2 a fait deux blessés légers, dont un policier qui a chuté pendant l'intervention, ont précisé les pompiers. Trente engins ont été mobilisés et huit grosses lances ont dû être activées pour maîtriser le feu, au bout d'une heure et demie, ont ajouté les pompiers, sans préciser le nombre exact de baraquements ou de caravanes détruits.

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Ces 300 caravanes qui exaspèrent les élus Le Parisien, Essonne-matin, 17 août 2009 page I

Trois mois qu’ils tournent dans le département, provoquant l’émoi des riverains. Hier, les gens du voyage ont envahi le parc de Lormoy, à Saint-Michel-sur-Orge.

Le défilé n’en finissait plus. Hier à partir de 15 heures, d’imposantes caravanes ont pris possession des rues de Saint-Michel-sur-Orge pour venir s’installer dans le parc de Lormoy, face à des forces de l’ordre impuissantes. « On a tenté de les arrêter mais ils menaçaient de bloquer la Francilienne », se désole un policier.

Quatre heures plus tard, plus de 300 véhicules s’étaient engouffrés dans cet espace naturel. Et certains riverains de lever les mains au ciel, craignant des dégradations. Le propriétaire du terrain, le Syndicat de la vallée de l’Orge, a déposé plainte pour obtenir en urgence l’expulsion de ces gens du voyage de la mission évangélique Vie et Lumière. « On a reçu l’assurance de la préfecture de faire en sorte qu’ils partent avant la fin de la semaine », avance Bertrand Guillerm, directeur de cabinet à la mairie de Saint-Michel.

« On est hors la loi mais le département l’est aussi. Il n’y a pas de terrain à notre disposition »

Mais la municipalité ne cache pas son agacement. Une autre plainte a été déposée mi-juillet concernant l’installation de 25 caravanes et la procédure est au point mort. « La justice doit faire son travail », assène Bertrand Guillerm. Ces nomades évangélistes finissent par être bien connus dans le département. Depuis le mois de mai, ils ont élu domicile successivement à Massy, Savigny-sur-Orge, Evry, Le Coudray-Montceaux, Saint-Pierre-du-Perray et Varennes-Jarcy, où ils sont restés deux semaines. « Certains des nôtres ont des parents hospitalisés à Paris, explique le chef de camp. On est hors la loi mais le département l’est aussi. Il n’y a pas de terrain à notre disposition. »

A chacune de leur arrivée, les élus montent au créneau pour dénoncer le « scandale » de ces « passages en force » et se tournent vers l’Etat.

Mais la même problématique revient sur le tapis : l’accueil des gens du voyage en Essonne, bien loin d’être conforme à la loi. « Les collectivités doivent réaliser 60 aires de vingt à trente places, détaille le directeur de cabinet du préfet. Seulement 30 sont aménagées ou sont en cours. Quant aux aires de grand passage, une seule est réalisée à Lisses, sur les quatre prévues. Dans ce cas, on ne peut pas engager d’expulsion administrative. »

A ce bilan, les élus répliquent en pointant les terrains appartenant à l’Etat. Un ping-pong qui dure déjà depuis des années et dont se servent finalement les gens du voyage pour se déplacer. « Ils peuvent faire des référés mais ils perdent à chaque fois », prétend le pasteur Samuel.

Alors, son groupe va continuer de s’installer là où il y a de la place, en attendant de repartir chez lui, en Bretagne, au mois d’octobre. A la fin du mois, certains devraient déjà rejoindre un grand rassemblement évangélique à Laon (Aisne).

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Viry-Chatillon Opération de contrôle chez les Roms Le Parisien Essonne 28 novembre 2009 p. II

ON ne fait rien de mal. « On s'est installe dans un bâiment vide et on demande juste qu'on nous laisse y passer quelques mois tranquilles. »

Dans l'ancienne gendarmerie de Viry, l'émotion est palpable. Voila deux semaines qu'une cinquantaine de Roms de tous ages se sont installés derriere ces fenetres murees. Des « familles sans histoire », a en croire l'association Solidarite avec les familles roumaines. Mais un contrôle de police, mercredi a l'aube, provoque la colère des squatteurs et de leurs soutiens.

"La caméra utilisée pour recueillir des elements de preuve"

Il etait 6 h 30 lorsque les policiers arrivent dans l'ex-gendarmerie. « Ils nous ont demande de sortir tres vite, sans nous laisser le temps de nous habiller ou de prendre des chaus­ sures, raconte un jeune homme. Ils ont verifie nos papiers, ont noté nos noms. Ensuite, ils nous ont eclaires avec des lampes torches et nous ont filmes avec un camescope, chacun notre tour. Quand on est retoume a l'interieur, çà piquait terriblement les yeux, comme s'il y avait eu du gaz lacrymogene. »

Des methodes qui choquent les familles et l'association de solidarite. Les soutiens des Roms denoncent la « multiplication des interventions contre les camps de Roms ». « Les autorites demontent les camps. Debut septembre, des familles installees a Ormoy avaient meme ete mar- quees au tampon encreur sur l'avant-bras, par les gendarmes qui les controlaient, rappelle Gregoria Epaillart, la presidente de l'association. Les Roms ont droit au respect comme tout le monde. »

Des accusations que la police - qui intervenait a la suite d'une plainte du proprietaire pour occupation illegale - rejette en bloc. Les forces de l'ordre controlaient les identites pour permettre a la prefecture de delivrer des obligations de quitter Ie tenitoire. « Il n'y a eu aucune brutalite lors de cette intervention, replique Thieny Mathe, commissaire central de Juvisy.
D'ailleurs, nous n'avons pas emegistre de plainte.
Quant a la camera, elle est utilisee lors des operations sensibles, pour recueillir des elements de preuve. »
Et le commissaire d'ajouter que les images recueillies attestent du deroulement normal de l'intervention.

De son cOte, le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitie entre les peuples) a denonce cette intervention et a annonce vouloir saisir la police des polices, le procureur et la commision nationale de deontologie de la securite.

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Fleury-Merogis. Rude hiver pour les Roms Le parisien 11 janvier 2010 Essonne III

DEHORS, Ie thermometre affiche moins de 0°c. Dans son anorak noir, Romeo, ce pere de famille rom, a froid. Mais, deniere sa barbe, un grand sourire et une poignee de main accueillante. Pas question de se laisser abattre par cet hiver rigoureux. Pourtant, le quotidien est difficile pour les 80 Roms de Roumanie vivant dans les deux campements de Fleury-Merogis, dans Ie bois des Chataigniers.

« On s'est installe un tuyau pour tous les membres du campement afin de tirer l'eau du seul robinet existant », indique-t-il en rentrant chez Iui. Dans la petite cabane 0ù il vit avec sa femme et leurs trois enfants, des tapis au sol et des tentures aux murs font office d'isolation. Le bebe dort tranquillement dans un berceau pose sur le plus grand lit. Et, dans un coin, a côte de la porte, trone un poele qui degage une chaleur bienfaisante. « Il ne faut jamais le laisser sans surveillance, rappelle-t-il. Sinon tout peut brûler comme c'est arrive a cOte (NDLR : une famille de quatre enfants a vu sa baraque partir en cendres lundi dernier). »

(( C'est dangereux, mais sans ce poele ce serait infernal ))

Avant son retour a la maison, son fils et sa femme s'etaient charges de remettre du bois. « On va regulierement voir sur les trottoirs ou dans les zones industrielles les objets qui sont jetes, cela nous sert a nous approvisionner, poursuit ce pere de famille. On recupere des armoires, des vieilles planches, et on se chauffe avec. Cest dangereux, mais sans ce poele ce serait infernal. »

Pour l'argent, cette famille s'en remet au travail au noir et a la mendicite. « On en a besoin surtout pour acheter le lait de la petite », hoche Romeo. La Croix-Rouge vient parfois leur apporter un peu de réconfort materiel. Pour l'electricite, c'est encore la debrouille.

« Bien sûr qu'on serait mieux dans un appartement, soupire le fils de Romeo. Regardez, ici, il y a des trous un peu partout dans les cloisons, çà laisse passer Ie froid ». Des planches et de grands morceaux de carton font office de boucliers contre l'hiver.

« Le precedent maire de la ville (Michel Humbert, PC) nous a toujours aides et avait promis un projet pour nous loger, indique Romeo, qui vit en France depuis dix ans et qui est passe de Saint-Michel-sur-Orge à Bretigny, avant d'atterrir à Fleury) voici sept mois. Nous, on n'a pas en­vie d'etre chasses. » Son fils et sa fille, tous deux ados, acquiescent: « On a de la chance à Fleury, les gens sont gentils. On a peur de devoir partir. Cela nous inquiete davantage que Ie risque d'incendie », reprend le jeune homme.

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Arrestation du meurtrier présumé d'un policier en Seine-et-Marne Par Reuters, publié le 14/02/2010 à 15:32

PARIS - L'un des deux meurtriers présumés d'un policier a été arrêté samedi dans un camp de gitans de Villevaudé (Seine-et-Marne), apprend-on dimanche de source policière.

Le policier âgé de 51 ans avait été mortellement blessé par un ou deux cambrioleurs lors d'une intervention dans la commune de Montévrain (Seine-et-Marne) le 27 décembre dernier.

Ce décès avait provoqué une vive émotion parmi les policiers.

Dans le camp de gens du voyage de Villevaudé, où vivent les familles de deux suspects, la police judiciaire a arrêté Jason, âgé de 21 ans, a précisé la radio Europe 1.

Les enquêteurs recherchent toujours son cousin du même âge, lui aussi soupçonné d'avoir provoqué la mort du policier de Chessy.

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Fleury-Mérogis Ils (les communistes) refusent l'expulsion (délocalisation) des Roms Le Parisien Essonne 15 février 2010 p. III

C'est le débat qui anime Fleury-Mérogis, à peine remis des élections qui ont vu le PS arracher la mairie au PC, fin 2009. Il Y a dix jours, David Derrouet, le maire de la commune, a adressé une pétition à l'ensemble de ses administrés, réclamant la délocalisation des deux camps de Roms, qui abritent 80 personnes, installés dans le bois des Châtaigniers.

Selon l'élu, près de 500 signatures ont été envoyées à la mairie à ce jour. Mais une centaine de manifestants ont, eux, tenu à exprimer leur opposition à cette délocalisation, samedi devant l'hôtel de ville.

«Une délocalisation c'est inhumain, c'est une expulsion, rien d'autre, avancent les responsables associatifs présents sur les lieux. Et stigmatiser les Roms en disant que les rats du quartier des Aunettes viennent de chez eux, c'est honteux. »

Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), la Ligue des droits de l'homme, le Secours populaire, le Secours catholique, l'association de solidarité avec les familles roumaines, la CGT, le PC et la CNL soutenaient ce mouvement. Quatre représentants associatifs ont été reçus par David Derrouet, un peu avant 11 heures.

"Il est hors de question qu'une des villes les plus pauvres du département soit la seule à faire un effort de solidarité" DAVID DERROUET, lE MAIRE

« Cest vrai qu'ils ont des rats qui courent partout autour d'eux la nuit, -il faut faire quelque chose de ce côté-là, appuient les responsables de l'association de solidarité avec les familles roumaines. En revanche, les Roms doivent rester où ils sont, on ne peut pas les déplacer inlassablement Cela pose des problèmes pour la scolarité des enfants et l'accès aux soins, puisqu'ils doivent pour cela avoir une adresse, qui est celle de la mairie de Fleury-Mérogis. »

Des revendications qui n'ont pas convaincu le maire. « Nous voulons tous la tenue d'une table ronde sur ce sujet, précise David Derrouet. Nous espérons autant qu'eux que le préfet prenne en charge ce dossier. En revanche, nous avons réaffirmé notre position. Nous ne voulons plus de Roms à Fleury. Il est hors de question qu'une des villes les plus pauvres du département soit la seule à faire un effort de solidarité. Pourquoi chaque commune ne prendrait-elle pas en charge une famille?» flORIAN LOISY

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Publié le 11/02/2010 à 17:56 - Modifié le 11/02/2010 à 18:02 Le Point.fr IMMIGRATION CLANDESTINE Roms expulsés de France : La Roumanie s'engage à mieux suivre leur réinsertion AFP

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a obtenu jeudi à Bucarest du gouvernement roumain qu'il nomme un responsable de la réinsertion des Roms, chargé de veiller à ce qu'ils ne reviennent pas en France après avoir été expulsés. Pierre Lellouche, qui était accompagné de deux députés de l'UMP (Union pour un mouvement populaire, majorité présidentielle), Lionnel Luca et Jean-Marc Roubaud, ainsi que du député socialiste Dominique Raimbourg, a été reçu peu après son arrivée par le Premier ministre roumain Emil Boc.

A l'issue de leur entretien, les deux hommes ont annoncé trois décisions. La première est la nomination d'un secrétaire d'État chargé de la réinsertion des Roms auprès du ministère du Travail et du Premier ministre, "ce qui va permettre", a expliqué Pierre Lellouche, "à nous Français et Européens, d'accompagner la réinsertion des Roms en Roumanie".
Ce "suivi" nécessaire, a-t-il dit, était le "chaînon manquant" dans la surveillance et la réinsertion. La deuxième décision est l'envoi de policiers et de magistrats roumains en France "pour nous aider à démanteler les trafics d'êtres humains", a poursuivi le secrétaire d'État.
La troisième est une "politique de coopération" pour "mobiliser des fonds européens au service de la réinsertion de la communauté rom". Cette politique, a précisé le responsable français, "va s'appuyer sur la conférence européenne de Cordoue (Espagne), en avril, sur les Roms".

Emil Boc a qualifié de "très directes" les discussions et évoqué une "tolérance zéro" à l'égard des réseaux criminels qui encouragent les Roms à se rendre clandestinement en France.
Huit mille Roms ont été reconduits de France vers la Roumanie en 2009 avec en poche 300 euros par adulte et 100 euros par enfant, mais près de deux tiers d'entre eux reviendraient clandestinement en France.

"Nous voulons traiter cette affaire de façon humaine et intelligente", avait dit Pierre Lellouche avant d'arriver à Bucarest, en soulignant le caractère délicat de la visite, dont l'objet "ne divise pas la droite et la gauche françaises", comme en témoigne la présence d'un député socialiste.

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leparisien.fr, 09 avril 2010, Essonne p. II Les voleurs foncent sur les policiers

Hier, les policiers de la sûreté départementale tentaient de démêler les fils d'une intervention qui a dégénéré à Montgeron et s'est poursuivie à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Ils continuaient à interroger un homme placé en garde à vue au commissariat.

Mercredi soir, des riverains appellent le « 17 ». Des voleurs sont en train de déshabiller le circuit électrique d'une grue, installée sur un chantier, route de Corbeil, à Montgeron. Des câbles en cuivre ont été dérobés, le chantier dégradé, des coffrets électriques vandalisés. Hier, les premières estimations des dégâts tournaient autour de 30 000 €.

Un homme placé en garde à vue

Suite à l'appel, les policiers du commissariat de Montgeron intervinent. Ils tombent sur une camionnette en fuite. A son bord, trois individus. Les fonctionnaires avec leurs véhicules la prennent en chasse. Ils s'aperçoivent qu'une voiture derrière semble couvrir les occupants de l'utilitaire. Le convoi prend la fuite en direction du quartier du Blandin, à Villeneuve-Saint-Georges, un quartier habité par beaucoup de gens du voyage.

Les trois véhicules de police se mettent en travers de la route pour stopper les fuyards. Les policiers se font caillasser. Ils descendent pour procéder aux interpellations. Mais le fourgon des voleurs fonce sur eux.

Les policiers doivent alors faire usage de leurs armes. Ils tirent à cinq reprises, à l'arrière du fourgon, sans faire de blessé. Les trois hommes prennent alors la fuite à pied.

Sur place, un homme se manifeste auprès des forces de l'ordre, se disant propriétaire du fourgon. Il a été placé en garde à vue.

Hier matin, à 7 h 30, en arrivant sur le chantier, le chef de chantier et son conducteur de travaux n'ont pu que constater le site vandalisé. Les clôtures avaient été cisaillées. CElINE CAREZ (AVEC PAULINE THEVENAUD)

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Mobilisation contre la délinquance rom Par Christophe Cornevin lefigaro.fr 11/06/2010 | Mise à jour : 08:12

Un campement de fortune à Bobigny, l'un des 40 que compte la Seine-Saint-Denis, où sont établis entre 2 000 et 3 000 Roms. Crédits photo : Le Figaro

Nicolas Sarkozy veut s'attaquer à ces groupes qui viennent en majorité de Roumanie.

L'impulsion, très ferme, est venue du plus haut sommet de l'État. Mardi dernier, à l'occasion d'une réunion sur la sécurité intérieure, Nicolas Sarkozy évoque l'épineuse question des délinquants itinérants originaires d'Europe de l'Est, et de Roumanie en particulier.

Placés sous la férule de groupes mafieux les obligeant à vivre dans des conditions de vie délétères, nombre de ressortissants notamment issus de la communauté des Roms sont contraints de mendier, voler et cambrioler pour le compte de donneurs d'ordre retranchés dans les Carpates.

Mercredi, à la fin du Conseil des ministres, le chef de l'État enfonçait le clou et demandait au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, d'accélérer la mise en œuvre d'un plan d'action spécifique.

Un tout récent coup de filet, mené mardi dans l'agglomération de Montbéliard et porté à la connaissance du Figaro, révèle l'ampleur du problème. Dès 6 heures, 150 policiers et gendarmes ont investi un campement abritant un gang de cambrioleurs écumant le Doubs et la Franche-Comté. «Déposées par des complices en voitures, des adolescentes s'introduisaient dans des pavillons, forçant portes et fenêtres, afin de s'emparer des bijoux et du numéraire», explique un enquêteur.

Au total, 18 suspects, 9 majeurs et 9 mineurs dont 3 âgés de moins de 13 ans, ont été interpellés. Près d'une cinquantaine de faits sont d'ores et déjà imputés à la bande vivant en caravane, reléguant les plus jeunes dans des tentes situées en périphérie. Outre plusieurs milliers d'euros en espèces, les enquêteurs ont découvert une «cache» recelant près de 75 bijoux en passe d'être écoulés clandestinement. Deux voitures, dont une Jaguar utilisée pendant les vols, ont été confisquées.

Arrivée en France depuis la chute du mur de Berlin, cette population est considérée par les autorités comme étant à l'origine d'une «recrudescence de la petite et moyenne délinquance». En 2009, les actions ciblées contre les voleurs multirécidivistes originaires de Roumanie ont donné lieu à 1 800 mesures de gardes à vue. «Soit plus du double de l'activité répressive de l'année 2008», remarque un responsable policier.

Pour lutter contre ce type de fléau, plusieurs pistes sont explorées. Deux accords devraient notamment être signés entre Paris et Bucarest afin de dépêcher une vingtaine de policiers roumains en France et faciliter le retour vers la Roumanie des enfants isolés et souvent victimes d'une forme d'esclavage moderne: en 2009, 40% des Roms mis en cause pour des délits étaient des mineurs.

À titre d'exemple, la direction régionale de la police des transports (DRPT) a procédé l'année dernière à 2 500 interpellations de jeunes femmes qui, par petits groupes très mobiles, détroussent les usagers et les touristes en Ile-de-France. Autour de Paris, pas moins 110 campements de fortune ont été recensés, dont une quarantaine dans le seul département de Seine-Saint-Denis où sont établis entre 2 000 et 3 000 Roms.

Le plan de bataille du gouvernement prévoit de faciliter la reconduite à la frontière de toute personne impliquée dans des troubles à l'ordre public ou n'étant pas en mesure de justifier de ressources depuis plus de trois mois.

Par ailleurs, à l'initiative de Brice Hortefeux, un fichier d'empreintes digitales recensant toutes les personnes bénéficiant de l'aide au retour sera mis en œuvre à la rentrée afin d'éviter que certains individus ne reviennent clandestinement en France pour percevoir une seconde fois une aide financière. Enfin, une circulaire sera adressée dans les prochains jours par le ministre de l'Intérieur aux préfets afin de leur expliquer la possibilité qu'ils auront, dès l'automne prochain, d'évacuer les occupations illicites de terrains, qu'ils soient publics ou privés. Ces mesures inédites pourront être prises par une simple décision administrative, sans passer par l'actuelle phase judiciaire, plus longue et fastidieuse.

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Suspectés d'avoir cambriolé 40 fermes Le Parieien Essonne 22 juin 2010 p. II

Ils ont été interpellés au petit matin, dans leurs campements situés à lisses, Ormoy et Corbeil-Essonnes. Quatre Roumains, suspectés d'avoir commis une quarantaine de cambriolages dans des fermes ou des maisons isolées du sud du département, ont été placés en garde à vue. Ils ciblaient principalement l'outillage et les métaux, qu'ils écoulaient la plupart du temps auprès de ferrailleurs.

Tout commence en mai demier. Une première équipe de voleurs composée de quatre individus est mise hors d'état de nuire par les gendarmes.

Ils ont déjà un lourd passif

IL leur est reproché 19 cambriolages autour de Milly-la-Forêt, Maisse et Mondeville, entre le 8 avril et le 2 mai. ILs ont été depuis incarcérés. L'enquête se poursuit alors. Les vols aussi. Le mode opératoire reste le même : une camionnette, souvent la nuit, chargée en vitesse de ce qui traîne dans les cours des fermes.

Une cellule de 15 gendarmes, baptisée Brigandage 91, est constituée il y a un mois. Les militaires de plusieurs brigades y participent. Ils ciblent rapidement plusieurs individus susceptibles, au vu de leur passé judiciaire, d'avoir commis ces vols.

Au final, une vaste opération démarre hier matin, à 6 heures. Les arrestations se déroulent dans le calme.

Plusieurs outils dérobés lors des cambriolages sont retrouvés. Les enquêteurs cherche maintenant à relier les interpellés aux faits qui leur sont reprochés. Les interpellés, âgés de 30 à 40 ans, ont déjà un lourd passif concernant ce genre de faits en Roumanie et en France.
Lors des premières auditions, ils se sont montrés « coopératifs », selon une source proche de l'enquête. JULIEN HEYLIGEN

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Par Reuters, publié le 18/07/2010 à 19:41, mis à jour le 18/07/2010 à 20:28 lexpress.fr

Le centre-ville de Saint-Aignan saccagé, la gendarmerie attaquée

Plusieurs dizaines de gens du voyage ont attaqué dimanche à coups de hache et de barre de fer la gendarmerie de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher.

LA GENDARMERIE ATTAQUÉE ET LE CENTRE-VILLE SACCAGÉ À SAINT-AIGNAN

Selon Bénédicte Laude, substitut du procureur de la République de Blois, les agresseurs, une quarantaine, dont certains au visage dissimulé, avaient d'abord pris d'assaut le peloton de gendarmerie d'autoroute de Saint-Romain-sur-Cher.

Puis, ils ont attaqué la brigade de gendarmerie de Saint-Aignan avant de se déchaîner dans le centre-ville, où ils ont abattu des arbres, incendié des voitures, saccagé des feux de signalisation et le mobilier urbain et dévasté une boulangerie, a-t-elle précisé à France-Info. Ils entendaient protester contre la mort d'un des leurs, un jeune homme tué vendredi soir par un gendarme alors qu'il forçait un barrage.

Ce gendarme, "voyant le véhicule lui foncer dessus pleine face, a fait usage à deux reprises de son arme de service", a expliqué le substitut du procureur aux médias.

Cette opération de commando, commencée en début de matinée, a duré près de quatre heures mais n'a pas fait de blessé.

"On a demandé des renforts au niveau des enquêteurs pour pouvoir traiter ça le plus rapidement possible parce que, bien évidemment, la population de Saint-Aignan est extrêmement effrayée de tout ça", a ajouté Bénédicte Laude.

Le maire de Saint-Aignan, Jean-Michel Billon, craint un regain de violence dans les prochaines heures dans sa commune.

"Ces individus sont partis, apparemment pas très loin, pour mettre leurs voitures en sécurité et revenir", a-t-il dit à LCI.
Emmanuel Jarry

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article publié le 27-07-2010 sur le site www.la-croix.com Les gens du voyage : quelques définitions

Gens du voyage : Cette notion purement administrative apparaît au XIXe siècle pour désigner les populations qui vivent de façon nomade.

Tsiganes : Du grec athinganos, « intouchable » : peuple nomade originaire de l’Inde ayant commencé à migrer au XIe siècle vers le plateau iranien et l’Asie centrale avant de s’éparpiller autour du monde. Au XIIIe siècle, ils apparaissent en Russie et Europe occidentale. Au XIVe, la plupart ont achevé leur installation en Europe. Au XVe, la diaspora est visible partout.
Ce peuple est composé de trois grands groupes :

Les Roms : ce terme, qui signifie « homme » en langue romani (langue indienne dérivée du sanskrit), désigne le groupe majoritaire. Les Roms se sont fixés en plus grand nombre dans les pays d’Europe de l’Est. « Rom » est aussi le nom que les Tsiganes se donnent eux-mêmes depuis 1971.

Les Gitans : à leur arrivée en Grèce au IXe siècle, les Tsiganes se seraient regroupés en un lieu appelé « la petite Égypte », d’où le nom qui leur sera attribué d’Égyptiens ou gitanos (en Espagne), gitans (en France), gypsies en Angleterre, etc. Dans l’Hexagone, ce terme désigne les Tsiganes installés en Camargue.

Les Manouches : (de mnouch, « homme »), ou Sintis. Nom donné aux Tsiganes qui se sont installés en Allemagne ou en Italie. Notons encore les appellations de « Bohémiens » , pour désigner les Tsiganes arrivés en France en provenance de Bohême et de « Romanichel » , dérivé de Romani Cel, qui signifie « groupe d’hommes ». Le terme a aujourd’hui une connotation péjorative.

(Sources : Les Langages de l’humanité, Michel Malherbe, Éd. Robert Laffont. Les Tsiganes en France, Denis Peschanski, CNRS Éditions.)

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Édition du mardi 27 juillet 2010 midilibre.com Publié à 16 h 55 - Nicolas Sarkozy présidera mercredi une réunion consacrée aux Roms et aux gens du voyage. Un rendez-vous qui a déclenché l'indignation de la gauche et de cette communauté.

Cette rencontre avait été annoncée après les violences à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). Une gendarmerie avait été attaquée et de nombreuses dégradations commises le 18 juillet, suite à la mort d'un jeune homme, membre de la communauté des gens du voyage, au cours d'une course-poursuite. « Il ne cherche pas à stigmatiser une communauté mais il cherche à répondre à une problématique. On a beau être Rom, gens du voyage, parfois même Français au sein de cette communauté, on doit respecter les lois de la République », avait fait valoir le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Un point de vue répété par Dominique Paillé, porte-parole adjoint du parti présidentiel. « Il ne s'agit absolument pas de stigmatiser une communauté mais d'enrayer des comportements délictueux fréquemment dénoncés dans les zones rurales et à la périphérie des villes, par les élus locaux de droite et de gauche », a-t-il déclaré.

Ces déclarations n'ont pas calmé les réactions à gauche. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé « la stigmatisation scandaleuse » des gens du voyage et des Roms. Sans vouloir « ignorer la réalité d'un certain nombre de faits de délinquance, de vols parmi les gens du voyage comme il y en a parmi le reste de la population », Benoît Hamon a dénoncé les « amalgames », une « méthode assez classique et indigne » de la part du président de la République.

Des critiques déjà formulées dans des termes similaires la semaine dernière par Noël Mamère (Verts) et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui a demandé le respect de la loi Besson, comme le MoDem de François Bayrou.

Pour le milieu associatif aussi, cette réunion « stigmatise » une communauté dans une approche « ethnique de la délinquance ». Les associations, le problème central des "gens du voyage" est celui de l'habitat. La loi Besson de 1990 (du nom d'un député de Savoie), améliorée en 2000, a créé l'obligation pour toute commune de plus de 5.000 habitants de réaliser des aires d'accueil pour les voyageurs. Mais fin 2008, seules 42% des communes concernées avaient effectivement mis en place ces emplacements.

Dans un texte commun, plusieurs associations de défense des gens du voyage ont fait valoir que « la logique d'expulsion ne saurait être mise en avant sans faire écho aux carences des dispositifs d'accueil imposés par la loi ». Elles ont en outre insisté sur le fait que « les gens du voyage sont citoyens français et toujours soumis à une législation d'exception ».

Dans l'hexagone, 400 000 personnes sont recensées de source officielle comme "gens du voyage et Roms". Mais ce dernier terme désigne en France essentiellement des tsiganes d'origine roumaine, bulgare ou yougoslave. 95% sont Français et seuls un tiers sont encore nomades. Les voyageurs sont souvent marchands ambulants, artisans ou saisonniers.

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Gens du voyage: Hamon (PS) dénonce les "coups de menton" de Sarkozy (AFP) – 28 juillet 2010 12.00

PARIS — Le porte-parole du PS Benoît Hamon a fustigé mercredi les "rodomontades et coups de menton" de Nicolas Sarkozy sur le thème de la sécurité et dénoncé les collectivités locales qui "ne respectent pas la loi" vis-à-vis des gens du voyage.

Il s'exprimait à quelques heures de la réunion très controversée que doit présider à l'Elysée le chef de l'Etat sur les "problèmes que pose le comportement" de certains Roms et gens du voyage.

"Les collectivités ne respectent pas la loi" et "le président de la République comme d'habitude joue de la rodomontade, du coup de menton", a déclaré M. Hamon sur France 2.

"On a le sentiment aujourd'hui que le président de la République plutôt que de se placer au-dessus de ces clichés (...) selon lesquels les gens du voyage seraient forcément associés à la rapine, au vol (...) exploite ces clichés dans une opération qui vise (...) à accabler ces populations", a dit le porte-parole du PS.

Et ce, "quand la République n'honore pas ces engagements vis-à-vis de ces populations puisqu'une commune sur deux aujourd'hui est dans l'illégalité" en ne mettant pas en place des aires d'accueil.

"Il y a des délinquants parmi les Roms, parmi les gens du voyage. Il y a des délinquants à Neuilly-sur-Seine" (fief de Nicolas Sarkozy), a-t-il ajouté.

"Le président de la République, selon M. Hamon, communique et essaie d'exploiter dans son bras de fer avec Marine Le Pen les meilleurs dividendes électoraux de cette affaire".

"Les violences sont inacceptables et marquent la défaite de Nicolas Sarkozy (...) qui a les pleins pouvoirs depuis 2002" en matière de sécurité, a-t-il déclaré. Il a réitéré les appels du PS à rétablir la police de proximité et à donner à la police nationale et à la gendarmerie "les moyens d'agir correctement".

De son côté, Louis Besson, ancien ministre socialiste et auteur de la loi obligeant les villes de plus de 5.000 habitants à réaliser des aires d'accueil pour les gens du voyage, a suggéré sur France Info que la réunion de l'Elysée "se penche" sur la question "du développement d'une quasi-sédentarisation (de ces populations) depuis dix ans".

"Il y a un souhait de plus en plus exprimé des gens du voyages de garder leur caravane, sur un terrain qui leur appartienne", a-t-il dit.

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Surenchère xénophobe" et "discours usé" Par Europe1.fr Publié le 30 Juillet 2010 à 20h41 Mis à jour le 30 Juillet 2010 à 22h50

Opposition et associations ont vivement critiqué le discours de Nicolas Sarkozy sur la sécurité.

Les réactions ont fusé après les annonces de Nicolas Sarkozy, vendredi sur l'insécurité. Florilège.

Les politiques
Premier à dégainer, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé le "discours usé" de Nicolas Sarkozy, jugeant "particulièrement graves" les annonces du chef de l'Etat sur la déchéance de la nationalité. "Le président fait une distinction entre les Français de première, de deuxième et de troisième classes et on a bien compris qui était en première" a déploré Benoît Hamon.

Le député PS Pierre Moscovici a, pour sa part, jugé les propos du président "inacceptables pour tous les républicains de notre pays. Affirmer un lien de causalité entre immigration et délinquance est ignoble. Menacer de déchoir de leur nationalité les Français d'origine étrangère auteurs de certains crimes renvoie aux heures les plus sombres de notre Histoire" a indiqué le député du Doubs.

Les Verts dénoncent, eux, "l'écran de fumée sécuritaire". "Encore une fois Nicolas Sarkozy fait donc preuve d'aveuglement répressif, essayant de faire oublier son échec en matière de sécurité" avec "plus de 10.000 postes supprimés en police et gendarmerie depuis 2007" indique le parti dans un communiqué

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"La France n'a pas vocation à accueillir 9 millions de Roms" PIERRE LELLOUCHE • secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Le Parisien 5 août 2010 p. 02 PROPOS RECUEILLIS PAR PHILIPPE MARTINAT ET ILiONE SCHULTZ

L e secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes s'est emparé du dossier des Roms d'Europe centrale. Il explique vouloir faire pression sur les pays d'origine de ces populations, la Roumanie ou la Bulgarie notamment, pour qu'ils traitent le sujet «en priorité».

Pourquoi vous êtes-vous personnellement saisi de la question des Roms originaires de l'Est?

PIERRE LELLOUCHE. A un double titre, du fait de mes fonctions ministérielles et comme élu de Paris. Les Roms ont les mêmes droits que les autres citoyens européens mais, en tant qu'élu parisien, je ne peux plus supporter de voir dans nos rues ces trafics d'êtres humains, d'enfants, de personnes âgées ou handicapées dont certains se livrent ou sont forcés de se livrer à la mendicité ou à des actes de délinquance.

Le devoir d'intégration est d'abord celui des pays d'origine

Faut-il traiter ce sujet au niveau de l'Europe ou des pays d'origine ?

Il y a un quart-monde en Europe, dont on doit s'occuper sérieusement. Mais le devoir d'intégration est d'abord celui des pays d'origine. Nous ne pouvons accepter que la Rounanie ou d'autres pays d'Europe centrale et orientale considèrent que ce n'est plus leur problème. C'est d'abord à eux de traiter ce sujet, et nous sommes prêts à les y aider. C'est la raison pour laquelle je me suis rendu plusieurs fois en Roumanie et que j'y retournerai début septembre pour discuter avec les autorités. Le gouvernement rownain vient enfin de nommer un secrétaire d'Etat chargé de l'insertion des Roms.

Mais l'Union européenne est un espace de libre circulation ...

Bien sûr, mais le traité de Lisbonne précise que la libre circulation des personnes est assurée en liaison avec des mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d'asile, d'immigration, ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène. Nous voulons simplement que le traité soit appliqué. La France n'a pas vocation à accueillir les 2,5 millions de Roms roumains, ou les 9 millions de Roms européens.

Que peut faire l'Europe ?

La Roumanie reçoit des fonds structurels européens à hauteur de 4 Mds€ par an. Pour le moment, il n'existe pas de base juridique pour obliger un pays à dépenser l'argent européen de telle ou telle manière. Mais la renégociation de ces fonds structurels pour l'après-2013 est un des moyens de pression. La question de la capacité de la Roumanie et de la Bulgarie à adhérer à l'espace sans frontières et de coopération en matière de justice et de sécurité se pose également.

Les Roms doivent-ils être un sujet de polémique politique?

Non. Cest un sujet très compliqué qui se prête mal à la polémique et aux anathèmes. D'ailleurs, je reçois des lettres d'élus de gauche, comme ceux de Dijon, de Clermont-Ferrand ou de la région nantaise qui nous félicitent pour notre action.

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Sondage : les mesures sécuritaires de Nicolas Sarkozy plébiscitées leparisien.fr M.C. | 06.08.2010, 08h00 | Mise à jour : 09h23

D'après un sondage publié par l'Ifop pour le Figaro de ce jeudi (réalisé auprès d'un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans), les Français, de gauche comme de droite, soutiendraient très largement les mesures sécuritaires annoncées par le président de la République et son gouvernement.

La mesure la plus populaire : le contrôle des délinquants multi-récidivistes par bracelet électronique plusieurs années après qu'ils ont purgé leur peine, approuvé par 89% des personnes interrogées.

Des mesures qui plaisent aussi à gauche

Le retrait de la nationalité pour les ressortissants français d'origine étrangère, coupables d'incitation à l'excision ou de polygamie est également largement plébiscité. 80% des Français sondés y sont favorables. Plus surprenant: 62% des électeurs de gauche approuvent cette idée. La moitié de ces mêmes électeurs de gauche sont favorables au retrait de la nationalité pour les délinquants d'origine étrangère coupable d'atteinte à la vie d'un gendarme ou d'un policier (70% des personnes interrogées y sont favorables).

79% des personnes interrogées sont favorables au démantèlement des campement illégaux de Roms. Et 67% se disent favorables à la mise en place de 60 000 caméras de vidéosurveillance d'ici à 2012.

Mesure la moins appréciée, la condamnation à deux ans de prison pour les parents de mineurs délinquants, en cas de non-respect par ces derniers des injonctions de la justice. 45% des personnes interrogées y sont opposées.

«Une forte demande de sécurité»

Des résultats jugés «spectaculaires» par le directeur adjoint de l'Ifop, Jérôme Fourquet. «L'affaire Bettencourt a occupé une place très importante dans les médias, mais l'opinion, elle, a d'avantage été marquée par les violence des dernières semaines», a-t-il expliqué au Figaro. «On ne peut pas nier que la demande de sécurité est forte chez tous les Français, et pas seulement chez ceux qui votent Le Pen», analyse-t-il. «Nicolas Sarkozy a beau multiplier les annonces tonitruantes sur un terrain qu'il a déjà archi-labouré, ça marche toujours», conclut-il. leparisien.fr

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France: 1e évacuation d'un camp illégal de Roms depuis l'annonce de Sarkozy SAINT-ETIENNE (France), 6 août 2010 |

Un camp illégal où vivaient au moins une centaine de Roms de Roumanie depuis le mois de mai, sur un terrain municipal de Saint-Etienne, dans le centre de la France, a été évacué vendredi par la police, a-t-on appris auprès de l'association "Réseau Solidarité Roms". La Tribune de Genève AFP | 06.08.2010 | 16:56

Un camp illégal où vivaient au moins une centaine de Roms de Roumanie depuis le mois de mai, sur un terrain municipal de Saint-Etienne, dans le centre de la France, a été évacué vendredi par la police, a-t-on appris auprès de l'association "Réseau Solidarité Roms".

C'est le premier camp illégal de Roms évacué en France depuis l'annonce par le président Nicolas Sarkozy, le 28 juillet, d'une série de mesures contre "certains" Roms et gens du voyage, et notamment l'annonce de l'évacuation de 300 camps illégaux dans les trois mois.

L'opération d'expulsion des Roms a commencé un peu après l'aube et s'est terminée peu avant midi. Le secteur a été totalement bouclé par la police pendant plusieurs heures, ce qui devait empêcher la presse et nombre d'associations de s'approcher du camp, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le camp évacué à Saint-Etienne était composé "d'habitations de fortune et de tentes" installées "à la hâte par des Roms qui avaient été expulsés de deux squats de la ville en mai", a expliqué à l'AFP Marie-Pierre Manevy, représentante de l'association.

"Nous avions refusé il y a deux ans ce terrain, proposé par la mairie pour les gens du voyage, car il ne nous paraissait pas adapté. Depuis que les Roms y vivaient, la municipalité y avait toutefois fait installer deux points d'eau et des toilettes chimiques", a-t-elle précisé.

"Sur ce terrain, il y avait énormément d'enfants qui étaient scolarisés et vivaient dans une situation lamentable", a de son côté déclaré Georges Gunther, un autre membre du "Réseau Solidarité Roms".

Le gouvernement français vient de décider une série de mesures sévères envers les Roms vivant en France, critiquée par les associations de défense des droits de l'homme.

Il veut notamment démanteler en trois mois la moitié des quelque 600 camps illégaux recensés et procéder à des reconduites à la frontière "quasi immédiates" vers la Roumanie et la Bulgarie pour les Roms ayant commis des délits.

Une politique approuvée à 79% par les Français selon un sondage publié vendredi par Le Figaro.

Plusieurs camps insalubres de Roms, notamment dans le département déshérité de la Seine-Saint-Denis au nord-est de Paris, ont déjà été démantelés ces derniers mois.

On estime à environ 15.000 le nombre de Roms des Balkans en France. En 2009, près de 10.000 ont été expulsés vers la Roumanie et la Bulgarie, mais les deux-tiers reviennent selon les associations.

Paris qui veut aussi renforcer sa collaboration avec Bucarest et Sofia, s'est aussi félicité de la nomination en Roumanie d'un secrétaire d'Etat chargé de la réinsertion des Roms, une mesure attendue depuis longtemps.

La Roumanie abrite l'une des plus importantes communautés de Roms d'Europe, qui compte 530.000 personnes, selon le recensement de 2002, et 2,5 millions, selon les ONG, qui soulignent que nombre de personnes ne se déclarent pas "rom" pour échapper à la discrimination.

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16 août 2010 14h48 | Par M.T avec AFP sud-ouest.fr Quelles sont les différences entre "gens du voyage" et "roms" roumains et bulgares

Leur point commun : ils sont tous, à l'origine, un peuple nomade dont les ancêtres ont quitté le nord-ouest de l'Inde au début du 11e siècle et se sont dispersés à travers l'Europe et le reste du monde.

Les gens du voyage

"Gens du voyage" est un terme administratif générique adopté au début des années 70, qui désigne une population résidant habituellement en "abri mobile terrestre". Selon les régions d'Europe d'où ils sont arrivés, pour certains au 15e siècle, ces "tsiganes" sont manouches, gitans, roms, romanichels, bohémiens...

Forains, marchands ambulants, saisonniers, etc, leur nombre est estimé officiellement à environ 400 000, à 95% de nationalité française.

Ils n'ont pas de "domicile fixe" mais sont rattachés à une commune et doivent disposer de titres de circulation ("livret" ou "carnet").

La loi Besson (de Louis Besson) de 1990, améliorée en 2000, a imposé aux communes de plus de 5 000 habitants de mettre à leur disposition des terrains aménagés pour installer leurs roulottes, tentes et caravanes. Mais, comme ceux qui ont bloqué dimanche le pont d'Aquitaine en signe de protestation, ils reprochent à certaines communes de ne pas jouer le jeu. Fin 2008, seules 42% des aires prévues avaient effectivement été créées.

Les Roms

Les "Roms" menacés d'expulsion sont, pour la plupart, de nationalité roumaine ou bulgare. Ce sont des migrants récents.

La Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l'Union européenne le 1er janvier 2007. En vertu d'un régime transitoire prévu pour les nouveaux entrants dans l'UE, applicable pour une période maximale de sept ans, leurs ressortissants peuvent entrer en France sans formalité particulière et y rester durant trois mois sans avoir à justifier d'une activité.

Mais au-delà des trois mois, ils doivent avoir un emploi, suivre des études ou justifier de ressources suffisantes ainsi que d'une couverture maladie, conformément aux dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ils peuvent néanmoins être expulsés avant trois mois en cas de "trouble à l'ordre public" ou "charge déraisonnable" sur la sécurité sociale.

Le type d'emplois qu'ils peuvent occuper a été limité par la France à une liste de 150 métiers connaissant des difficultés de recrutement. Pour exercer une activité professionnelle, ils doivent détenir un titre de séjour et une autorisation des travail. S'ils n'ont pas les titres requis, ils risquent d'être expulsés, via une "obligation de quitter le territoire français" ("OQTF"), qui leur donne un mois pour quitter le territoire à compter de sa notification, ou d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

Ils ont aussi la possibilité de bénéficier de "l'aide au retour humanitaire", d'un montant de 300 euros + 100 euros par enfant. Pour éviter que les bénéficiaires ne reviennent et la perçoivent de nouveau, il est prévu un fichier biométrique à partir de septembre.

Leur nombre en France est estimé à 15 000 personnes. La France n'étant pas seule confrontée au problème des Roms, une solution est réclamée à l'échelle européenne, afin notamment de favoriser l'intégration en Roumanie et en Bulgarie de cette minorité victime de discrimination et vivant souvent dans la pauvreté.

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Boutin: arrêtons de "cultiver la peur" le 15 août 2010 à 08:22 TF1news

L'ex-ministre Christine Boutin estime dimanche dans Le Parisien qu'il n'est pas "bon de monter les Français les uns contre les autres", en rapport avec certaines propositions sécuritaires avancées par son camp.

L'ex-ministre Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien Démocrate (PCD, allié à l'UMP), critique certaines propositions sécuritaires avancées par son camp, appelant à cesser de "cultiver la peur" et "monter les gens les uns contre les autres".

"La stigmatisation de telle ou telle communauté exacerbe la violence", commente-t-elle dans le Parisien-Dimanche/Aujourd'hui en France. "Les déclarations de circonstances sont toujours mauvaises" et "il n'est pas bon de monter les Français les uns contre les autres, car il existe une violence latente".

Interrogée sur la déchéance de nationalité dans certains cas de crime, préconisée par Nicolas Sarkozy, elle répond: "Tous les textes existent déjà, et ils sont difficilement applicables. De telles déclarations vont créer une instabilité chez nos compatriotes". "Et de qui parle-t-on, quand on évoque les Français d'origine étrangère ? Beaucoup de Français sont d'origine étrangère, nous le sommes tous peu ou prou, à commencer par le président de la République lui-même ! Comment peut-il oublier ça ?", dit-elle à propos de l'ascendance hongroise du chef de l'Etat. "Ce discours conforte les peurs, elles-mêmes génératrices de violence", affirme-t-elle.

Très hostile à la proposition d'un député UMP visant à punir de prison certains parents défaillants, elle s'insurge: "Alors ça, ça n'est pas possible !" "Vous connaissez ma position sur les prisons : l'enfermement n'est pas la réponse". Pour elle, "c'est une menace qui ne pourra pas être mise en application.
Comme la suppression des allocations familiales", à laquelle elle est également hostile En revanche, l'ex-ministre Boutin est d'accord avec Matignon pour refuser les salles médicalisées de prise de drogue, estimant que les expériences menées ailleurs "n'ont pas donné de résultats satisfaisants".

Un villepiniste monte au front

Le député UMP villepiniste de l'Hérault Jean-Pierre Grand a dénoncé l'expulsion samedi matin de Roms à Montreuil (Seine-Saint-Denis) estimant que "cette politique de démembrement des camps illégaux tournait à l'ignoble". "Peut-on être un député de la République et laisser faire cela sans réagir quand on découvre que les forces de l'ordre, intervenant très tôt le matin, trient les familles, les hommes d'un côté, les femmes et enfants de l'autre, avec menace de séparer les mères et les enfants?", s'est insurgé l'élu. Selon Jean-Pierre Grand, qui a appelé à la démission du préfet, "tous les Républicains ne pourront que condamner ces méthodes qui rappellent les rafles pendant la guerre". Des Roms qui occupaient depuis deux jours un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil, dans lequel se trouvaient 70 personnes dont une vingtaine d'enfants, ont été évacués par la police samedi matin. Seize d'entre elles ont été interpellées et amenées au commissariat de Montreuil. Avant leur remise en liberté dans l'après-midi, avec obligation pour la plupart de quitter le territoire, plusieurs enfants regroupés avec leurs mères près du commissariat avaient demandé: "libérez nos papas!".

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Publié sur Humanite (http://humanite.fr) Evacution forcée du camp de Roms de Choisy-le-Roy : les élus communistes protestent (94) Rédaction Web Fil rouge: published in fil rouge 13 Août, 2010

Le groupe communiste du Conseil général du Val de Marne proteste, dans un communiqué, contre l'évacuation du camp de Roms de Choisy-le-Roy (94).
"Le Préfet du Val-de-Marne… Lui, qui n’avait pas levé le petit doigt pour régler une situation encore plus insoutenable depuis février 2010" écrivent les élus, "le voilà qui agit, avec zèle, à l’injonction présidentielle, pour éliminer les campements illégaux du département parce qu’ils regorgeraient de délinquants potentiels".

Les élus communistes rappellent que la préfecture n'avait pas eu le même zèle de régler la situation lorsque deux enfants étaient morts dans un camp Rom à Orly. "Bilan : des enfants et leurs parents sont refoulés sur le trottoir comme de vulgaires objets, sans plus aucune ressource pour vivre, manger, ni s’abriter ! Où est l’humanité d’un tel procédé ?" s'indignent-ils.

"Nous apportons notre soutien au Maire de Choisy-le-Roi, Daniel Davisse, qui, refusant de laisser 50 personnes dont 20 enfants dans la détresse, les accueille provisoirement dans un gymnase de la ville. La recherche d’une solution humaine et pérenne étant du ressort de l’Etat, nous réitérons notre demande auprès du Préfet du Val-de-Marne, pour qu’il mette en place un plan d’urgence en faveur des 300 Roms réfugiés en Val-de-Marne, pour qu’ils soient aidés, accompagnés et accueillis dans le plus grand respect des droits de l’homme et de nos fondements républicains", conclut le communiqué.

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chroniques RTL Matin 16 août 2010 Màj 11h52

François Rebsamen : "Christian Estrosi ne manque vraiment pas d'air d'accuser les maires" :
Le sénateur-maire socialiste de Dijon répondait aux questions de Philippe Corbé lundi matin.

François Rebsamen a affirmé que le ministre Christian Estrosi, qui propose de sanctionner des municipalités défaillantes en matière sécuritaire, "ne manque pas d'air" et "ne connaît pas grand chose au fonctionnement des institutions".
Il "ferait mieux de demander la condamnation des maires qui ne créent pas les aires d'accueil nécessaires pour les gens du voyage", a-t-il dit.

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Roms : les Verts appellent les élus à s'opposer aux "expulsions de la honte" (AFP) – 15 août 2010

PARIS — Les Verts appellent dimanche tous les élus de la République à s'opposer aux "expulsions de la honte" des familles Roms de leurs lieux de vie.

"Nous appelons tous les élus de la République, tous les citoyens à s'opposer à ces expulsions de la honte, où, comme à Montreuil, on sépare les hommes des femmes et des enfants, ce qui ne manque pas de nous rappeler les plus sombres moments de notre histoire", affirme dans un communiqué Djamila Sonzogni, porte-parole de Verts.

Selon le parti écologiste, "cette démonstration de force du gouvernement n'a aucune efficacité et n'a qu'une visée politicienne : rassurer les électeurs d'extrême droite déçus par Sarkozy en vue de l'élection présidentielle".

"Nous ne sommes plus dans la lepénisation des esprits, mais dans la mise en acte d'une politique d'extrême droite", ajoute-t-elle.

Les Roms, souligne le communiqué, "ont les mêmes droits que les autres résidents européens, sauf une restriction au niveau du droit du travail". "Cette restriction prendra fin en 2014", et "il serait plus constructif de préparer leur +intégration+", ce qui passe notamment par "la scolarisation des enfants, l'alphabétisation et la formation professionnelle des adultes".

Des Roms, dont une vingtaine d'enfants, qui occupaient depuis deux jours un bâtiment à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ont été évacués par la police samedi.

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27 août 2010 L'Echos républicain de Chartres, p. 3 JEAN-PHILIPPE LAMPIN L'avocat arrache la relaxe

Le 29 mai un homme de 89 ans habitant avenue d'Aligre à Chartres, reçoit une étrange visite. Un homme d'une quarantaine d'années, qu'il ne connaît pas, se présente devant son portail. Le visiteur explique qu'il jouait au tennis de table chez ses voisins, et qu'il a malencontreusement envoyé la petite balle blanche dans son jardin.

Bien que très étonné, faute d'avoir jamais entendu «de match de ping-pong» de l'autre côté de sa haie, le vieux monsieur ouvre son portail.

Alors qu'il cherche la balle au milieu de l'herbe, avec ce joueur de ping-pong présumé, il voit deux individus entrer subrepticement dans sa maison. Il se précipite alors derrière eux et les rejoint au premier étage. Loctogénaire, sentant l'arnaque, veut alors appeler la police, mais les deux hommes se présentent alors comme des policiers à la recherche de voleurs!

Les fils du téléphone ayant été coupés, la victime fera fuir le trio en appelant le 17 de son portable. Une patrouille se trouvant dans le quartier de Bel-Air à ce moment-là interceptera - dans les minutes qui suivront - trois hommes répondant à la description faite.

Pas de confrontation, pas de prison

Ne pouvant présenter leurs papiers ni ceux du véhicule (notedt ???), les individus suspects expliqueront être des gens du voyage résidant dans l'Essonne. Un véhicule de police ramènera ensuite la victime sur les lieux de l'interpellation.
Pour éviter les pressions la victime tournera à plusieurs reprises autour des suspects qui seront ainsi formellement identifiés.

Hier, les trois hommes étaient jugés au tribunal correctionnel. Bien qu'ils aient nié avoir effectué la tentative de vol, leurs casiers de 20, 17 et 8 condamnations pour des faits similaires ont fait requérir de lourdes peines (notedt, ???) par le substitut du procureur, Clément Incerti. Celui-ci demandant de 3 ans à 1 an ferme selon les antécédents et la récidive.

C'est alors que l'avocat des prévenus, Xavier Torré, a sorti un argument choc de son chapeau: la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France en 2003 pour une affaire similaire!
En effet, l'absence de confrontation formelle entre victime et auteurs présumés ne pouvait permettre la condamnation de ces demiers...

Ne voulant pas prendre le risque d'un recours imparable, la présidente, Sophie Brionne, et ses assesseurs ont préféré relaxer les prévenus.

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G. Soros: cesser les expulsions de Roms AFP 25/08/2010 | Mise à jour : 09:26

Le milliardaire américain George Soros a demandé aujourd'hui à la France de "cesser les expulsions massives de Roms" tout en appelant l'Union européenne à mettre en place un vaste plan d'intégration au vu de "l'ampleur des problèmes" touchant cette minorité.

"Les expulsions de Roms effectuées en ce moment par la France risquent de violer le droit français et européen", estime M. Soros dans un communiqué. "Des hommes, femmes et enfants en Europe ne peuvent pas être renvoyés en raison de leur origine ethnique sans procès pour déterminer s'ils ont ou non commis des crimes", ajoute-t-il.

George Soros, qui est le président d'une fondation impliquée dans le soutien aux populations roms d'Europe de l'Est, estime cependant que la France "a raison d'appeler les pays d'origine, dans ce cas la Roumanie et la Bulgarie, à appliquer des mesures améliorant l'accès à l'emploi" pour ces populations. "Mais l'ampleur des problèmes nécessite un vaste et efficace plan d'intégration des Roms au niveau de l'Union européenne", ajoute M. Soros.

Selon lui, les fonds structurels européens qui servent déjà à financer des programmes d'amélioration de l'habitat et des programmes de formation professionnelle doivent aussi financer "l'éducation dès le plus jeune âge". "Les Européens ne peuvent pas se permettre de perdre une nouvelle génération de Roms alors qu'en 2015 un tiers des entrants sur le marché du travail dans un pays comme la Hongrie seront Roms", insiste M. Soros. La Fondation Soros (Open Society) affirme avoir donné près de 150 millions de dollars pour des programmes d'intégration des Roms en Europe de l'Est.

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Publié le 27/08/2010 à 14:31 - Modifié le 28/08/2010 à 11:45 Le Point.fr 11 IMMIGRATION EXPULSION DE ROMS - Critiquée par l'ONU, la France dit respecter "scrupuleusement" les lois Source AFP

Depuis fin juillet, le gouvernement français a décidé de démanteler les camps illégaux de Roms

La France "respecte scrupuleusement la législation européenne" et "ses engagements internationaux" concernant les Roms, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères, en réponse à un appel de l'ONU à "éviter" les expulsions collectives. "Sur la question des Roms, la France respecte scrupuleusement la législation européenne ainsi que ses engagements internationaux en matière de droits de l'homme", a affirmé Bernard Valero, le porte-parole du ministère dans un communiqué.

Reconnaissant que les Roms roumains ou bulgares jouissent, en tant que citoyens de l'Union européenne, "de la liberté de circulation et du droit au séjour sur le territoire des États membres", il rappelle que cela ne leur offre pas "un droit inconditionnel au séjour". Il précise que le maintien du séjour est conditionné par "le respect de l'ordre public" et "des ressources suffisantes" et que "l'appréciation de ces éléments résulte d'un examen particulier de chaque situation individuelle".

Alors que la France a expulsé plus d'un millier de Roms depuis la fin juillet, Bernard Valero souligne que ces départs se sont accompagnés d'une "aide spécifique" (300 euros par adulte, plus 100 euros par enfant). Il souligne que "les autorités françaises et roumaines ont commencé à mettre en place une coopération bilatérale relative à l'insertion sociale de ces populations dans leur pays d'origine et à la lutte contre la délinquance et les trafics d'êtres humains".

L'ONU critique la France

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) a appelé, vendredi, la France à "éviter" les renvois collectifs de Roms, s'inquiétant de "discours politiques discriminatoires" dans le pays. Le CERD a invité Paris à intégrer les Roms plutôt qu'à les renvoyer en Roumanie. Le comité, constitué de 18 experts internationaux indépendants, a aussi appelé le gouvernement français à intensifier ses efforts afin de combattre et enrayer la montée du racisme et de la xénophobie en condamnant fermement les discours émanant des responsables politiques qui encouragent ce phénomène.

Le tour de vis sécuritaire annoncé par le président Nicolas Sarkozy cet été, dans un discours liant immigration et insécurité, a suscité l'indignation, en France comme à l'étranger. Dans un souci d'apaisement, sans toutefois renoncer à l'expulsion de Roms en situation irrégulière, Paris a accueilli ces derniers jours deux ministres roumains en charge de la question rom, en vue d'une plus grande coordination sur ce dossier. Plusieurs réunions se tiendront dans les prochains jours sur ce thème, à Bruxelles, avec les commissaires européens concernés, et aussi entre ministres français et roumains à Bucarest.

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Les cambrioleurs identifiés grâce , à un "super fichier" européen Le parisien, 02 septembre 2010, p. 15
BANDITISME. Les policiers de Nice viennent d'interpeller deux cambrioleurs présumés de bijouterie grâce à la collaboration de leurs homologues autrichiens.

Les malfaiteurs qui pensaient échapper à la police en franchissant les frontières européennes risquent de déchanter.

Le traité de Prüm - du nom de la ville allemande dans laquelle il a été signé en mai 2005 et qui est entré en vigueur dans la plus grande discrétion le 1er janvier 2010 -, permet désormais aux polices des Etats communautaires de mettre d'importants moyens d'investigations en commun. A commencer par leurs fichiers recensant l'ADN de milliers de personnes impliquées dans des faits de terrorisme, grand banditisme et d'immigration clandestine. Appelé également Schengen ID, ce traité a été signé, à l'origine, entre la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et l'Autriche. Il a été élargi depuis aux vingt autres membres de l'Union.

Des traces d'ADN laissées sur une lampe-torche

Les enquêteurs de la police judiciaire de Nice (Alpes-Maritimes) viennent d'élucider; grâce à ce nouvel outil, une première affaire criminelle en France. Sur la piste d'un gang de cambrioleurs de bijouteries, soupçonnés d'avoir commis une dizaine de fric-frac entre juin 2008 et octobre 2009 à Nice mais aussi à Cannes pour un préjudice estimé à près de 1,7 million d'euros, les policiers niçois sont parvenus à identifier un des auteurs présumés grâce à leurs homologues autrichiens.

Au mois de janvier, les policiers de Salzbourg ont alerté leurs homologues français qu'un ADN prélevé sur une lampe-torche abandonnée sur les lieux d'un des cambriolages niçois correspondait à celui d'un ressortissant roumain enregistré dans leur fichier. Un certain Vasilie B., âgé de 31 ans.

« Ces voleurs, surnommés les casseurs-perceurs, agissaient selon un mode opératoire bien spécifique, précise une source proche de l'affaire.Ils repéraient des bâtiments en travaux ou des locaux vacants jouxtant des bijouteries. Ils pénétraient ensuite dans les commerces àe luxe en perçant un trou dans un mur mitoyen ou dans le sol avant de s'emparer des bijoux exposés dans les vitrines.»

Le 13 juillet, Vasilie B. a été interpellé alors qu'il s'apprêtait à forcer l'entrée d'un salon de thé situé au-dessus d'une bijouterie de l'enseigne Cartier à Nice. « Il a été anêté en compagnie d'un complice, également roumain, poursuit la même source. Ils ont nié toute implication dans les divers cambriolages. »
Mis en examen pour« tentative de vol par effraction », « vols par effraction » et « association de malfaiteurs », les deux suspects ont été écroués.

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Des milliers de Français défilent contre la répression Reuters 4 septembre 2010 18.30 Service France, édité par Elizabeth Pineau

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue samedi dans toute la France pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement, accusé de répression et de xénophobie.

"Stoppons la répression", "Non à la politique inhumaine de Sarkozy" ont scandé les manifestants mobilisés à l'appel d'une centaine d'organisations soutenues par le Parti socialiste, les Verts, les partis d'extrême gauche et l'ensemble des syndicats.

Des défilés étaient prévus dans quelque 130 villes dont Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier, Metz, Bordeaux ou Strasbourg, ainsi que devant les ambassades de France dans plusieurs capitales européennes.

A Paris, entre 12.000 et 50.000 personnes - selon la police et les organisateurs - ont défilé sous le soleil entre le quartier de la République et l'Hôtel de ville.

Sur la statue de la République au milieu de la place du même nom, un grand drapeau français de plusieurs mètres de large a été tendu, avec une tache en son centre où était inscrit le mot "sarkozysme".

De nombreux manifestants brandissaient le drapeau tricolore et des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire "Non à la xénophobie du gouvernement français", "Pas de Roms en charter, pas de France au Kärcher" ou encore "Privés de liberté sans décision de justice, merci Brice".

La secrétaire nationale du Parti communiste Marie-George Buffet, le député Vert Noël Mamère, l'ancienne première dame Danielle Mitterrand et le leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon étaient présents.

A Bordeaux, 3.000 personnes selon les organisateurs, 1.200 selon la police, ont manifesté entre le parvis des Droits de l'Homme et la place de la Victoire, dans le centre-ville.

A Lyon, les estimations varient entre 4.500 et 7.000.

Dans un court discourt très applaudi, le président de l'association régionale des Tziganes et de leurs amis Gadjé a déclaré : "Nous, les gens du voyage, ce qu'on veut, c'est la liberté, comme vous tous. Si nous ne sommes plus libres, qu'allez vous devenir, vous amis gadjés ?"

A Marseille, les organisateurs ont recensé 10.000 personnes entre le Vieux-Port et la préfecture. "Vichy c'est fini, Sarkozy ça suffit", ont repris en choeur les manifestants. Dans la foule, un homme porte un t-shirt orné d'une photo du président et de la mention "expulsable en 2012".

RACISME

Organisée au terme d'un été marqué par une cristallisation du débat politique autour des questions sécuritaires, la journée de samedi a pour but, selon ses organisateurs, de défendre la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" à l'occasion du 140e anniversaire de la République française.

Elle survient un mois après le discours sur la sécurité prononcé par Nicolas Sarkozy à Grenoble, où le chef de l'Etat a annoncé que toute personne d'origine étrangère qui porterait atteinte à la vie d'un représentant de l'autorité publique serait déchue de sa nationalité.

Le gouvernement a également accéléré la politique de démantèlement des campements illégaux de Roms et insisté sur les reconduites à la frontière des membres de cette minorité, représentée samedi dans les défilés.

"Je suis heureuse de voir que les Français et d'autres communautés nous soutiennent, car ce n'est pas normal de voir des êtres humains se faire expulser et persécuter comme ça. Il y a un racisme qui revient en 2010 et c'est quand même assez grave", a dit à l'agence Reuters Délia Romanès, qui dirige avec son mari Alexandre le cirque tzigane qui porte leur nom.

Pour Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l'Homme, "que nous soyons nombreux à dire calmement que l'avenir de ce pays, ce n'est pas le repli vers les vieilles haines et les vieux préjugés racistes, paraît important et ce sera une indication pour les mois qui viennent".

"Nicolas Sarkozy reprend intégralement le programme de Jean-Marie Le Pen du 21 avril 2002. Depuis le lien constant entre immigration et délinquance jusqu'à la désignation de communautés, de groupes ethniques", a-t-il dit à Reuters TV en rappelant la présence du président du Front national il a huit ans au second tour de l'élection présidentielle.

Dans la matinée, des artistes comme Régine, Jane Birkin et Agnès Jaoui ont manifesté devant le ministère de l'Immigration, où ils ont symboliquement interprété la chanson de Serge Gainsbourg "Les p'tits papiers".

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Roms: Lellouche juge "pas convenable" le "dérapage" de la commissaire européenne (AFP) – 15 septembre 2010 09h00

PARIS — Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche a jugé mercredi "pas convenable" le "dérapage" de la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, qui a fait un parallèle entre la situation des Roms en France et la Seconde Guerre mondiale.

"Ce genre de dérapage auquel elle a ajouté sa voix, ça n'est pas convenable", a déclaré M. Lellouche à la radio RTL.

"La patience a des limites, ce n'est pas comme cela que l'on s'adresse à un grand Etat", a-t-il ajouté.

Il réagissait aux déclarations la veille de Viviane Reding, chargée de la Justice et des Droits fondamentaux au sein de l'exécutif européen, qui, visiblement ulcérée par la dissimulation de l'existence d'une circulaire française ciblant expressément les Roms pour les expulsions, a employé des mots très durs.

"J'ai été personnellement interpellée par des circonstances qui donnent l'impression que des personnes sont renvoyées d'un Etat membre (de l'UE) juste parce qu'elles appartiennent à une certaine minorité ethnique. Je pensais que l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Deuxième Guerre mondiale", a lancé Mme Reding.

Paris a durci cet été sa politique de renvoi de Roms (essentiellement roumains et bulgares) en situation irrégulière, ce qui lui a valu de nombreuses critiques en France et à l'étranger. La Commission européenne a menacé mardi de poursuivre la France en justice pour sanctionner ces expulsions controversées.

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Séquestrée, violée et torturée pour une voiture L'essentiel Online/jb 16 novembre 2010

Quatorze personnes, dont les parents d’une jeune femme réduite en esclavage pendant trois ans et qui a été violée et prostituée, sont jugées à partir de jeudi devant la cours d’assise de Seine et Marne.

De 2003 à 2006, Sabrina, aujourd’hui âgée de 30 ans, a vécu un véritable calvaire. Elle a été violée, torturée, séquestrée et prostituée sur un campement de caravanes dans le Hameau du Bois-Fleuri à Claye-Souilly en Seine-et-Marne. Jusqu’au 17 décembre, huit et hommes et six femmes comparaissent pour les mauvais traitements qu’ils ont infligés à la jeune femme.

Au centre des 14 accusés, se trouvent Franck Franoux, 51 ans, et sa compagne, Florence Carrasco, 36 ans, qui auraient fait de Sabrina leur esclave dans le campement où ils vivaient avec leurs sept enfants dont elle devait s’occuper. La jeune femme devait se contenter des restes de nourriture de la famille.

Vendue en échange d’une réduction sur une voiturette

Les propres parents de la jeune femme sont également impliqués dans l’affaire. Ils sont accusés de «traite d’être humain commise avec torture ou acte de barbarie et non dénonciation de crime». En effet, ces derniers ont vendu leur fille au couple en échange d’une réduction sur une voiturette. Selon une source proche de l’enquête, les parents de Sabrina ont «vécu sur le campement jusqu’en 1999» et «connaissent le couple».

Florence Carrasco possédait également une procuration sur le compte de Sabrina et récupérait le RMI de la jeune femme chaque mois pour son usage personnel. Le couple lui avait également retiré ses papiers d’identité. «Sabrina a frôlé la mort à plusieurs reprises, on a tenté de la faire disparaître en la noyant», a-t-on précisé.

34 kilos et plus de dents

Le 1er mars 2006, l’un des accusés, Éric Mabbez, qui comparait pour «complicité d’arrestation, enlèvement, séquestration, viol, torture ou acte de barbarie en réunion et sur personne vulnérable», a été pris de remords. Il a alors déposé Sabrina devant l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. La jeune femme se trouvait dans un état physique et psychologique épouvantable.

Elle avait perdu presque toutes ses dents, portait des marques de brûlures de cigarettes et ne pesait plus que 34 kilos. Sabrina a également bénéficié d’une «opération de chirurgie reconstructrice du nez et des oreilles», mais conserve de nombreux «séquelles psychologiques», a souligné la source proche de l’enquête.

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Strasbourg : un couple proxénète arrêté Par Europe1.fr avec Frédéric Michel Publié le 5 novembre 2010 à 14h05 Mis à jour le 5 novembre 2010 à 17h33

Un couple a été arrêté pour avoir prostitué près de 150 jeunes filles, toutes roumaines.

C’est en surfant sur le web, pour une veille internet, comme ils ont l’habitude de le faire parfois, que les policiers strasbourgeois ont découvert l’existence d’un probable réseau. Les enquêteurs remarquent trois sites proposant des dizaines d’annonces et de photos de très jeunes filles exclusivement originaires de Roumanie, avec toujours un même numéro de téléphone, localisé en Allemagne.

Très vite, les enquêteurs de la PJ identifient un Luxembourgeois de 57 ans et sa compagne allemande. L’homme aurait été en relation avec des réseaux en Roumanie, alors que son épouse se serait occupée du standard téléphonique. Le couple a été interpellé à Strasbourg il y a une dizaine de jours, au moment où il ramenait l’une de ces filles.

Tournées dans toute la France

Au total, près de 150 jeunes Roumaines auraient été placées et installées à tour de rôle dans une dizaine de studios outre-Rhin, mais aussi à Nancy et Strasbourg. Par ailleurs, l’épouse était aussi chargée de mettre sur pied des tournées baptisées "city tour ". Au cours de ces tournées, les prostituées étaient déposées pendant une semaine aux quatre coins de la France, à Nice, Cannes, Grenoble, Dijon…

Les filles se partageaient ensuite avec leurs proxénètes les recettes. A raison de 150 euros par prestation. La petite entreprise semble avoir rapporté gros, de 15.000 à 30.000 euros mensuels. Mis en examen pour traite d’êtres humains, proxénétisme aggravé et association de malfaiteurs, le couple a été placé en détention à Nancy.

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Isère Sud Grenoble Isère / Savoie Proxénétisme : le calvaire des jeunes prostituées roms ledauphine.com par Denis MASLIAH le 26/11/2010 à 05:38

Des dizaines de jeunes femmes roms poussées par la misère à venir se prostituer en France ont été exploitées (et parfois séquestrées et battues) par un groupe de proxénètes présumés interpellés récemment par la section de recherches de Grenoble.

Les gendarmes, épaulés par leurs collègues du groupement de l’Isère, suspectent quatre hommes et une femme, tous de nationalité roumaine, d’avoir, depuis 2007, prélevé la plus grande partie des gains réalisés par les jeunes femmes qui faisaient le trottoir en Isère (dans la région grenobloise et dans le nord-Isère), ainsi qu’en Savoie, dans le secteur de Montmélian.

A la mi-septembre dernier, un suspect de 34 ans, Iosif Sau, dit “Bula”, avait été arrêté dans un squat situé rue Pascal à Grenoble, en compagnie de sa compagne Mihela Danci, 21 ans. Considéré par les enquêteurs comme le patron de l’équipe, “Bula” effectuait fréquemment des allers-retours dans sa région natale de Timisoara, en Roumanie, pour faire venir des jeunes femmes. Aidé par sa compagne, qui, tout en se prostituant également, initiait les jeunes recrues et récupérait leurs gains, “Bula” est suspecté par les enquêteurs d’avoir tenu son réseau d’une main de fer. Il s’était d’ailleurs adjoint les services de deux hommes de main qui surveillaient et, au besoin, brutalisaient les jeunes femmes tout en les “protégeant” d’éventuelles agressions extérieures.

Le frère de “Bula”, Simion Sau, dit “Aga”, 35 ans, a été arrêté à Saint-Etienne : l’homme, qui “s’échangeait” les prostituées avec son frère et les faisait travailler dans la Loire, envisageait de fuir en Hongrie après avoir appris l’arrestation de “Bula”. Mais un jeune homme - qu’il contraignait de voler du cuivre - et deux femmes se sont enfuis de son appartement où ils étaient séquestrés et ont donné l’alerte... Il y a quelques jours, des enquêteurs se sont rendus en Roumanie avec une magistrate grenobloise. Dans le cadre d’une commission rogatoire internationale, ils ont, en collaboration avec la justice roumaine, saisi et placé sous séquestre trois maisons et un terrain appartenant aux suspects (qui disaient vivre de la mendicité).

Dans le squat grenoblois, les gendarmes avaient trouvé les plans d’une maison de 500 m 2 que la famille s’apprêtait à faire construire en Roumanie.

Soumises à des traitements inhumains

Les deux frères Sau et Miahela Danci ont été mis en examen pour proxénétisme en bande organisée et placés sous mandat de dépôt.?Leurs deux hommes de main, également mis en examen, ont été placés sous contrôle judiciaire.

Dans cette affaire, le traitement réservé aux jeunes prostituées est révélateur des nouveaux réseaux provenant d’Europe centrale et de l’Est. Pour faire venir des jeunes femmes roms de Roumanie, les suspects leur promettaient des emplois de femmes de ménage ou de barmaid à 900 euros mensuels (le salaire moyen en Roumanie est d’environ 200 euros).

Et à celles auxquelles, d’emblée, ils proposaient de se prostituer, ils promettaient des gains bien plus importants. Une fois en France, les jeunes femmes étaient en fait soumises à un traitement inhumain et quasiment réduites à l’esclavage.

Dans des conditions misérables, elles dormaient dans des squats ou dans des camps (comme celui de Saint-Martin-d’Hères, dans la banlieue grenobloise), et devaient se prostituer toute la journée dans des camionnettes en bord de route ou dans des espaces boisés situés à proximité des villes (le Bois Français, dans l’agglomération grenobloise). Le soir, elles étaient étroitement surveillées par les proxénètes; certaines, qui ont voulu faire cesser ce cauchemar et rentrer en Roumanie, ont été passées à tabac. Selon une source judiciaire, une dizaine de filles travaillaient chaque jour pour le groupe (elles étaient régulièrement remplacées par de nouvelles recrues), les gains quotidiens (récupérés par les proxénètes) de chaque prostituée étant de 200 à 800 euros, pour des passes au montant maximum de 50 euros.

En Roumanie, une association qui tente d’aider ces jeunes femmes à retrouver une vie normale à leur retour au pays s’est constituée partie civile dans le dossier.

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Le Parisien 2 décembre 2010 p. 14 Stéphane Sellami PICKPOCKETS Le chef de clan régnait sur les voleuses du métro

Fehim Hamidovic, sous ses airs de bon père de famille de 58 ans, cachait en réalité le visage d'un redoutable chef de clan. Interpellé mardi en compagnie de dix-huit autres personnes à Montpellier (Hérault), à Perpignan (Pyrénées-Orientales) mais aussi en Italie, cet homme, originaire de la ville de Barice en ex-Yougoslavie, est soupçonné d'avoir mis en place une vaste organisation criminelle.

Une centaine de mineures étaient contraintes de se livrer tous les jours à des vols dans les transports en commun parisiens. En charge des investigations, les policiers de la brigade de protection des mineurs (BpM) de la préfecture de police de Paris étaient sur sa piste depuis le mois d'août 2008.

Fehim Hamidovic, surnommé Feho, a été arrêté avec ses trois fils, âgés de 30 ans et 27 ans pour deux d'entre eux. Ceux-ci sont également soupçonnés d'avoir tenu les rênes de cette organisation criminelle. Selon une estimation des enquêteurs, Fehim Hamidovic ­qui a été condamné par le passé à trois ans de prison en Autriche pour traite des êtres humains - aurait accumulé pour l'année 2009 près de 1,3 M€, issu des centaines de larcins commis par ses équipes de jeunes voleuses.

Un train de vie très aisé

Ces jeunes filles écumaient quotidiennement plusieurs lignes du métro parisien et les grands centres touristiques de la capitale. Elles étaient ensuite récupérées tous les soirs par des membres du réseau dans des gares du département de l'Essonne avant de passer la nuit dans des hôtels bas de gamme.

Ces adolescentes avaient des objectifs chiffrés, confie une source proche de l'affaire. Si ces objectifs n'étaient pas remplis, elles étaient frappées mais également violées. L'argent dérobé a notamment servi à assurer un train de vie très aisé aux principaux commanditaires de ce réseau Ces derniers fréquentaient les casinos, ont investi dans l'immobilier et achetaient de grosses berlines. »

En perquisition dans un camp de Roms à Montpellier, les policiers ont mis la main sur huit voitures de luxe, dont un coupé Mercedes d'une valeur de 100 OOO€.«Les Hamidovic avaient des relais à Perpignan pour faire transiter des adolescentes chargées de convoyer l'argent volé, ajoute la même source. Plusieurs membres d'une autre famille complice, originaire d'ex­Yougoslavie, du nom d'Osmanovic, ont également été interpellés. »

Les enquêteurs de la BPM ont notamment établi que les Hamidovic avaient installé leur base arrière à Badalona, une ville située dans la banlieue de Barcelone,en Espagne.

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LONGJUMEAU AGNÈS VIVES | 01.01.2011, 07h00 leparisien.fr Le ras-le-bol d’Emmaüs après les vols en série

Pour la 5e fois en moins de deux mois, la communauté Emmaüs de Longjumeau a été cambriolée.
L’association a décidé de suspendre ses aides. Trop, c’est trop. Les compagnons de la communauté d’Emmaüs à Longjumeau en ont assez d’être la cible des voleurs.

Hier vers 5 heures, des cambrioleurs ont pénétré dans l’enceinte, direction la salle des ventes, pour faire la razzia d’objets en tout genre : lecteurs DVD, microchaînes, CD, vêtements, vaisselle… tout en dégradant les lieux. C’est la cinquième fois que des cambrioleurs s’en prennent à l’association en moins de deux mois. « On ne sait plus comment se protéger », souffle Claude Hua, président de la communauté.

Cette fois, trois individus ont été interpellés. Les fonctionnaires effectuaient une ronde dans le secteur quand ils ont aperçu deux hommes franchissant le mur. Un troisième larron était à l’intérieur. Hier soir, les trois hommes âgés de 18 à 28 ans ont été remis en liberté et devront se présenter au tribunal le 23 février.

Le plus jeune a été conduit au centre de rétention de Palaiseau en vue de son expulsion vers la Roumanie.

Toute la journée d’hier, les portes de l’association sont restées closes. Sur une pancarte, un mot qui en dit long sur l’humeur des compagnons. « En raison des déprédations et dégradations dont la communauté est régulièrement victime, nous sommes malheureusement obligés de ne pouvoir ouvrir ce jour. »

« A chaque fois, c’est au détriment des personnes en difficulté qui comptent sur nous », se désole Bernard Bonnifay, responsable de la communauté. Dans l’après-midi, les compagnons ont dressé la liste des dégâts. Lundi, il leur faudra tout remettre en état afin de pouvoir ouvrir mardi. « Entre ce qu’ils ont volé et ce qu’ils ont détruit, il y en a au moins pour 2000 €, évalue Bernard Bonnifay. A cela s’ajoute la journée de vente d’aujourd’hui qui est perdue. »

Les aides ponctuelles suspendues

Dans le fameux bric-à-brac, les voleurs ont pris leur temps, avant d’être surpris par les policiers. La vaisselle et le linge ont été dérangés. A l’étage, ils ont visité le coin des bijoux. Même le dépôt extérieur a été fouillé. Causant au passage de la casse : ici une lampe, là un verre.

Le rideau de fer ne coulisse plus. Et un coin du bardage du hangar a été soulevé. Les compagnons bricoleurs vont encore devoir se retrousser les manches. Ce saccage, c’est bien cela qui met en colère les hommes de bonne volonté. Certains d’entre eux n’ont pas toujours eu une conduite irréprochable dans le passé, mais « la casse gratuite », ils ne supportent pas. « C’est écœurant. »

La répétition des attaques leur fait supposer que les auteurs ont pu, eux-mêmes, être aidés par le passé pour connaître aussi bien les lieux. Aussi, pour marquer les esprits, Emmaüs a décidé de suspendre pour l’instant les solidarités.

En 2010, quelque 120000 € ont ainsi été donnés sous forme de chèques ou de matériel. La salle des ventes reste ouverte, les gens peuvent venir déposer leurs biens, les camions continueront leur tournée, mais les aides ponctuelles en meubles, linge, etc., réclamées par des assistantes sociales ou des associations pour soulager des familles dans le besoin sont terminées.
« Pour le moment », tonne Bernard Bonnifay. Le Parisien

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LONGPONT-SUR-ORGE Un pipeline de Total a failli être éventré leparisien.fr essonne matin p. I

Un propriétaire de Longpont menace un oléoduc de Total. Il a creusé un gros trou à quelques centimètres de la canalisation qui transporte le pétrole du Havre à Grandpuits (77). FLORIAN LOISY | 08.01.2011, 07h00

Un long tuyau de 50 cm de diamètre et 260 km de long, enterré à quelques mètres sous la surface de la terre, qui relie Le Havre à la raffinerie de Grandpuits-Bailly-Carrois (Seine-et-Marne). C’est ce pipeline qui permet à Total d’approvisionner l’Ile-de-France en hydrocarbures.

Cet oléoduc est aujourd’hui menacé par des travaux de terrassement illégaux sur une parcelle située chemin de la Prairie-de-la-Chartre, à l’extrême sud de Longpont, à la limite avec la commune de Leuville. Les autorités évoquent un risque d’explosion.

« On ne veut pas créer d’affolement dans la population, mais il faut intervenir extrêmement rapidement », juge Delphine Antonetti, la maire Front de gauche de Longpont, qui a déposé plainte contre le propriétaire. « Il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas », reprend-on au sein de son cabinet.

Une explosion de très grande ampleur menacerait la ville en cas de perforation du pipeline. L’alerte a été lancée en début de semaine lorsqu’on a découvert que le propriétaire du terrain avait creusé un trou de près de 4 m de profondeur sur 5 m de large, à moins d’un mètre du pipe.

Des travaux illégaux.

Selon la loi, tout aménagement à moins de 5 m du trajet du pipeline est interdit. Et dans un périmètre de 100 m, il faut effectuer une « déclaration d’intention de commencement de travaux » auprès du gestionnaire de l’oléoduc. « Nous recevons 10000 demandes de ce type chaque année pour ce pipeline. Mais dans ce cas précis, on ne nous a rien demandé », précise-t-on chez Total.

Le tuyau est sous haute surveillance.

« La canalisation est enterrée à 1 m sous terre au minimum. Chaque semaine, un avion survole l’ensemble du parcours et nous signale immédiatement par SMS la moindre anomalie. Nous envoyons alors une équipe au sol constater directement les choses », précise le responsable du pipe. C’est ainsi que, fin décembre, après avoir observé l’apparition d’une petite tranchée, Total a alerté la commune et contacté le propriétaire pour lui rappeler l’interdiction de creuser.

Chez le pétrolier, on souligne que l’incident de Longpont est « exceptionnel ». Saisie de ce dossier mercredi à la suite d’un dépôt de plainte de Total pour « non-respect de la servitude autour de la canalisation », la préfecture a envoyé des policiers effectuer des constatations et déposé une plainte jeudi. La commune avait déjà saisi la justice lorsque des gravats avaient été déposés en juillet. Le Parisien

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Evry Une voleuse âgée de ... 10 ans ! Le Parisien Essonne 28 janvier 2011 p. II

Elles se baladaient encore aux Pyramides, le sac plein de leur butin.

Interpellées en flagrant délit, elles ont été ramenées au commissariat d'Evry.

Hier, à 15 h 25, un habitant des Pyramides, à Evry, qui s'était absenté quelques instants de son appartement, revient

Il retrouve les lieux sens dessus dessous et comprend vite qu'il vient de se faire cambrioler. Il appelle ses amis et, ratissant le quartier, ils tombent sur trois gamines - deux sont âgées de 14 ans alors que la troisième a ... 10 ans - flanquées de sacs pleins.

Ils interpellent le trio, vérifient le contenu des sacs et appellent le commissariat Sur elles également, le parfait kit du cambrioleur.

Une seule fille, âgée de 14 ans, a reconnu les faits. Elle sera poursuivie pour vol avec effraction. Celle de 10 ans, au vu de son âge, ne sera pas poursuivie.

Les trois mineures de nationalité roumaine ont été placées en foyer pour la nuit. Elles n'ont pas déclaré de domicile.

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16 février 2011 | 04h00 Mis à jour | 07h35 Région charentelibre.fr

Prison ferme pour les voleurs de cuivre

Trois hommes ont écopé de peines de prison ferme pour le vol de plusieurs tonnes de cuivre. Sursis pour leur complice retraité.

Pour Gheorge Buza, son frère Petre-Marin et Constantin Simescu, le cuivre qui dormait dans les bennes d'Aproval, dans la forêt de La Braconne à Mornac, c'était de l'or. Il a fini par sentir le souffre.

Un an de prison pour les frères Buza et leurs trois fric-frac dans les bennes. Ils en sont déjà à près d'un an de détention provisoire. Ils devraient sortir de prison fin mars. «Et moi, vous pouvez me mettre dix ans de sursis en plus, je ne recommencerai jamais», a juré Gheorge Buza, avec son air de Joe Pesci des Carpates et son survêtement trop grand.

Constantin Simescu, lui, paie un peu plus cher: dix-huit mois ferme pour les vols et le recel de 7 tonnes de cuivre, pour un gain de 22 000 euros selon les calculs des services de gendarmerie.

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5 interpellations dans le milieu du proxénétisme Le Parisien, Essonne Matin, 24 mars 2011, p. I

Coup de filet dans un réseau de prostitution officiant en forêt de Sénart. Mardi matin, à l'aube, les policiers de la sûreté départementale de l'Essonne ont procédé à une série d'interpellations dans des hôtels sociaux de la Courneuve et de Saint -Denis, en Seine-Saint-Denis.

Cinq personnes - proxénètes, prostituées et intermédiaires - ont été arrêtées et placées en garde à vue à Evry.

Une enquête longue de plusieurs mois a permis de démanteler le réseau. les prostituées, toutes de nationalité roumaine, âgées de 20 à 25 ans, officiaient en forêt de Sénart, le long de la N 6, entre la Pyramide de Brunoy et la Croix de Villeroy.

Des clients, de toutes catégories socioprofessionnelles, ont également été entendus. Ces prostituées proposaient, dans les bosquets, des fellations à 20 €, « l'amour» à 40 € et 100 € pour des {( prestations spéciales », dans un hôtel du secteur.

le parquet d'Evry a saisi un juge d'instruction. les cinq interpellés sont poursuivis pour proxénétisme en bande organisée .

. En février, Nicolas Dupont-Aignan, député-maire (DlR) d'Yerres, et laurent Béteille, sénateur-maire (UMP) de Brunoy, avaient interpellé le préfet de l'Essonne sur la {( recrudescence du phénomène »,Iui demandant de faire enfin « intervenir la gendarmerie de façon dissuasive ». c.c.

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Le Parisien 2 juin 2011 p. 14 STEPHANE SELLAMI
INTERPELLATIONS Les voleurs dérobent pour 400 000 € de pots catalytiques

Les voleurs de cuivre vont peut­être bientôt se reconvertir dans les pots catalytiques ... Deux jeunes hommes de nationalité roumaine se sont déjà engagés sur cette voie avant d'être interpellés dans la nuit du 28 au 29 mai alors qu'ils s'activaient sous les roues d'un véhicule poids lourd à Bordeaux (Gironde).

Vers 1 heure, les policiers de la brigade spécialisée de terrain (BSI) de la sécurité publique ont surpris les deux suspects, prénommés Vlad et Ion, alors qu'ils étaient en train de démonter un pot catalytique. Un équipement qui renferme de petites, mais très convoitées, quantité de métaux précieux tels que le platine, le palladium, voire l'or.

"Des petites billes recouvertes de palladium ou de platine se trouvent à l'intérieur du pot" UNE SOURCE PROCHE DE l'AFFAIRE

Après avoir arrêté les deux voleurs, les enquêteurs ont fouillé leur voiture et découvert une dizaine d'échappements identiques. Placés en garde à vue, les deux malfaiteurs, âgés de 21 et 22 ans, ont reconnu avoir écumé plusieurs départements à la recherche de ces précieux équipements.

« La cellule anticambriolage de Gironde a recensé plusieurs faits similaires imputables à ce duo, avance une source proche de l'affaire. Près de 150 pots catalytiques auraient ainsi été dérobés ces derniers mois à Bordeaux mais aussi à Angoulême (Charente), Niort (Deux­Sèvres), Limoges (Haute-Vienne), Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Mont
pellier (Hérault) ». Le préjudice subi par les propriétaires s'élève à près de 400.000€.

« Pour récupérer le métal tant recherché, les voleurs chauffaient avec un chalumeau les petites billes recouvertes de palladium ou de platine qui se trouvent à l'intérieur du pot, ajoute la même source. Ce sont ces petites billes qui aident à rendre moins polluants les gaz d'échappement.»

Aujourd'hui, la plupart des voitures neuves sont équipées d'un pot catalytique dont le prix varie entre 1 500 € et 3 000 € pièce.
« Ces deux malfrats privilégiaient une certaine marque de camions avant de procéder au démontage des pots, indique un proche de l'affaire. Des recoupements sont en cours pour savoir si d'autres faits leur sont imputables. »

Mis en examen, les deux jeunes hommes, sans domicile fixe, ont été placés en détention provisoire. La poursuite de l'enquête a été confiée à la sûreté départementale de Gironde.

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Vol de cuivre : coups de filet chez les Roms Publié le 06.07.2011, 07h00 leparisien.fr

Le métal était au milieu des cabanes.

Hier matin, cinq hommes ont été interpellés lors de perquisitions menées dans trois camps roms situés à Massy, Villeneuve-le-Roi et Orly (Val-de-Marne). Ces cinq individus, âgés de 20 ans à 37 ans, sont soupçonnés de tremper dans un vaste trafic de cuivre. D’autres complices appartenant à ce réseau sont toujours activement recherchés.

A Villeneuve, la police a mis la main sur 2,6 t de cuivre, d’une valeur marchande de plusieurs milliers d’euros. Le gainage des câbles montrait qu’ils étaient normalement destinés à la RATP, mais la sûreté départementale de l’Essonne, en charge de l’enquête, refuse pour l’instant d’associer ce cuivre à des vols survenus récemment sur le réseau ferré.

Enfin, ces hommes sont également soupçonnés d’avoir vidé un entrepôt de son cuivre à Chilly-Mazarin, il y a quelques mois. En additionnant les dégâts à l’entrepôt et le métal emporté, le préjudice s’élevait alors à 500 000 €. Les cinq suspects se trouvaient toujours hier soir en garde à vue. Le Parisien

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La police évacue une centaine de Roms à Marseille Par LEXPRESS.fr avec REUTERS, publié le 11/08/2011 à 09:43

Une centaine de Roms, parmi lesquels près d'une trentaine d'enfants, qui occupaient les pelouses de la porte d'Aix, à l'entrée de Marseille, ont été délogés jeudi matin par la police. Les forces de l'ordre sont intervenues peu après 6h00 en encerclant le campement insalubre. Elles ont procédé à des contrôles d'identité avant de déloger les Roms de l'espace qu'ils occupaient depuis près d'un mois.

"C'est l'illustration du racisme ordinaire subi au quotidien par cette population, des gens que l'on peut évacuer au petit matin comme des délinquants. On veut cacher la misère aux yeux du monde, mais on ne résout pas le problème", a déclaré Philippe Dieudonné, vice-président de la Fédération des droits de l'homme des Bouches-du-Rhône.

Le tribunal administratif avait validé mardi l'arrêté municipal réclamant la fin d'une occupation "de nature à générer un trouble grave à l'ordre public qui s'accentue chaque jour".

Les solutions de relogements

Le Samu social a proposé des places d'hébergement dans une unité d'accueil d'urgence de la ville. "Ce n'est pas une solution adaptée aux familles qui préfèrent retourner dans la rue", a précisé Philippe Dieudonné.

"Nous demandons toujours la mise à disposition de terrains appartenant à l'Etat qui pourraient les accueillir dans des conditions normales", a ajouté le président de la Fédération des droits de l'homme des Bouches-du-Rhône.

Ce jeudi, à la mi-journée, les familles Roms et les associations négociaient pour obtenir la mise à disposition d'un terrain appartenant au diocèse de Marseille. "Cette solution convient aux familles, elles pourraient s'y installer dès ce soir", confie Caroline Godard de la LDH Marseille.

Une politique du chiffre

Un an après le lancement d'une politique de démantèlement de leurs camps, les expulsions de Roms se poursuivent en France et leur précarité s'aggrave, sans pour autant diminuer leur nombre, selon un récent rapport de Médecins du monde.

Des associations de soutien aux migrants estiment que cette politique ne vise qu'à gonfler les statistiques des reconduites à la frontière, d'autant que ces citoyens roumains et bulgares peuvent revenir librement en France une fois expulsés.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a porté il y a quelques jours à 30.000, contre 28.000 auparavant, l'objectif 2011 de reconduites à la frontière d'immigrés en situation irrégulière. Un tel chiffre constituerait un nouveau record historique.

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Nouvelles manifestations contre les Roms en Bulgarie Publié le 28-09-11 à 10:15 Modifié à 22:54 nouvelobs.com par Irina Ivanova et Tsvetelia Tsolova

SOFIA (Reuters) - De nouvelles manifestations contre la minorité Rom ont eu lieu pour la troisième soirée consécutive dans plusieurs grandes villes de Bulgarie, mais ces rassemblement se sont globalement déroulés dans le calme, contrairement aux précédents.

Quatre cent personnes ont été arrêtées depuis ce week-end, à la suite de violences sans précédents depuis la crise économique en 1997. Les troubles ont éclaté après la mort d'un jeune homme de 19 ans, renversé vendredi dans le village de Katunitsa, à 160 km à l'est de Sofia, par un minibus dont le conducteur a été présenté comme un proche du "tsar gitan" Kiril Rachkov.

Les villageois accusent Kiril Rachkov, surnommé "Tsar Kiro", de harcèlement et reprochent aux autorités de ne rien faire à son encontre en raison des protections dont il bénéficierait en hauts lieux. Selon la police, il a été arrêté mercredi et inculpé de menace de mort.

Mercredi soir, une centaine de personnes ont défilé au rythme de slogans nationalistes devant le parlement, à Sofia.

A Varna, sur la mer Noire, une cinquantaine de motards se sont rassemblés devant la cathédrale pour assister à une cérémonie à la mémoire du jeune homme tué à Katunitsa.

Trois cents manifestants ont en outre été dénombrés à Asenovgrad. Leur mobilisation, ont-ils assuré, n'a rien à voir avec les Roms mais visait les autorités jugées incapables de maintenir l'ordre.

Quelque 2.000 personnes avaient participé la veille à des manifestations dans 14 villes, dont la capitale, selon la police. Il s'agissait essentiellement de jeunes, qui dénoncent le chômage et l'impunité dont bénéficierait le crime organisé en Bulgarie, pays le plus pauvre de l'Union européenne.

"Terrorisme gitan: combien de temps cela va-t-il durer?", pouvait-on lire sur une banderole déployée lors d'une manifestation. "Nous avons plus de devoirs - nous payons nos impôts, nous nous comportons normalement - tandis qu'ils (les Roms) ont plus de droits", a dit une manifestante à l'antenne de la chaîne de télévision bTV.

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

"Il y a un risque d'escalade. Nous sommes en période pré-électorale", a souligné le vice-ministre de l'Intérieur, Veselin Vuchkov, évoquant le scrutin présidentiel du 23 octobre.

Comme d'autres pays d'Europe centrale et orientale, la Bulgarie compte une importante minorité Rom, dont la difficile intégration entraîne régulièrement des tensions que l'extrême droite tente d'exploiter.

En Bulgarie, le parti nationaliste Ataka soutient le Gerb, la formation au pouvoir. Le gouvernement s'emploie cependant à démentir tout lien entre la situation des Roms et les manifestations actuelles.

"Il s'agissait d'un acte purement criminel et pas d'un acte révélateur de tensions ethniques", a déclaré à Reuters Rosen Plevneliev, candidat du Gerb à la présidentielle, évoquant l'incident à l'origine des émeutes.

Le médiateur Konstantin Penchev ne partage pas cet avis. "Les habitants de Katunitsa sont descendus dans les rues pour une juste raison, contre un oligarque vivant au-dessus des lois", a-t-il affirmé. "Dans les rues des grandes villes, les gens défilent avec des slogans assez différents, pas contre l'oligarchie mais purement racistes."

Kiril Rachkov, 69 ans, a été condamné à plusieurs reprises pendant l'ère soviétique pour des transactions frauduleuses. En 1998, il a fondé un parti dont l'objectif était de faciliter l'entrée des Roms dans la vie politique et économique de la Bulgarie.

Vivant dans des ghettos généralement dépourvus d'eau courante, les Roms craignent d'être agressés. Pour la troisième journée consécutive, beaucoup n'ont pas envoyé leurs enfants à l'école.

Certains s'organisent pour monter la garde aux abords de leurs campements.

La Bulgarie, classée au deuxième rang des pays les plus corrompus de l'Union européenne, peine à éradiquer le phénomène malgré les pressions de Bruxelles. Elle n'a pas été autorisée à intégrer l'espace Schengen de libre circulation entre Etats membres.

Cette situation génère des tensions avec les autres pays membres de l'UE, notamment la France, qui expulse régulièrement des Roms vers la Bulgarie ou la Roumanie. Clément Guillou, Jean-Loup Fiévet, Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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Trois interpellations pour vol de cuivre Le Parisien, Essonne II, 03 octobre 2011

Un coup d'arrêt à la série de vols de cuivre emegistrée depuis dix jours à Corbeil-Essonnes ?

Trois individus de nationalité roumaine ont été interpellés par la police samedi matin dans la commune, aux alentours de 1l h 40. Les forces de l'ordre, patrouillant régulièrement dans le secteur du boulevard Salvador-Allende depuis les premières disparitions de câbles, ont été renseignées par un riverain.

Ce témoin a indiqué aux agents avoir vu le vol et a indiqué la voiture dans laquelle se trouvaient les malfrats. La police a embarqué et placé en garde à vue toute l'équipe.

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Essonne Le bois ravagé provoque la colère des élus MARIE D’ORNELLAS | Publié le 29.10.2011, 07h00 leparisien.fr

Les propriétaires ont coupé les arbres, comblé une mare et érigé un début de muret… en toute illégalité.
Hier, les élus organisaient une réunion de crise sur place.

SAINT-MAURICE-MONTCOURONNE, HIER. Les propriétaires ont déboisé ce terrain pourtant classé EBC, soit site protégé. De nombreux élus et des représentants de l’Etat sont venus sur place constater les dégâts et trouver des solutions.

Sur ce sentier de randonnée, ils aimaient se promener à pied ou à cheval, admirer les vieux chênes ou simplement s’adonner à une partie de pêche. Mais aujourd’hui, les 1500 habitants de Saint-Maurice-Montcouronne voient dans ce chemin de Prédecelle, non plus un coin de paradis, mais la route de l’enfer.

Car les nouveaux propriétaires d’une parcelle grande comme un terrain de foot ont fait raser des arbres, remblayé une mare et construit un muret de parpaings. Le tout sans aucune autorisation.

Hier matin, le maire, Serge Zumello (SE), organisait une réunion de crise avec le sous-préfet d’Etampes, le président de la communauté du Pays de Limours, Christian Schoettl (NC), de nombreux élus et des représentants de l’Etat. « Nous sommes ici pour trouver des solutions car à chaque minute qui passe il y a dix parpaings de plus », annonce Serge Zumello.

Une nouvelle plainte a été déposée mardi

Cet espace est classé espace boisé pour les deux tiers et terrain agricole pour un tiers. Aucune coupe ne peut se faire sans déclaration administrative et toute modification des lieux est interdite même s’il s’agit d’un bien privé. Pigeonnier puis lieu de pêche, le site est vendu en 1999 et passe de main en main. Une famille de gens du voyage basée à Montlhéry l’achète en 2010.

« Au printemps dernier, ils sont venus avec leur bulldozer pour déboiser et ils ont apporté de la terre pour remblayer la mare, raconte un voisin. Ce chemin, interdit à la circulation, est devenu une 2 x 2 voies. Nous avons des camions qui passent devant chez nous en permanence. » Le 26 juin, la municipalité porte plainte pour abattage illégal d’arbres. Le 8 juillet, la justice donne un délai de trois mois aux propriétaires pour remettre en état le site.

Mais le 21 octobre, Serge Zumello constate que des fondations ont été réalisées sans déclaration. Une nouvelle plainte a été déposée mardi. « Nous avons affaire à des gens résolus. Il existe aujourd’hui deux procédures possibles, explique le sous-préfet Thierry Somma. Celle déjà engagée par le parquet mais qui prend du temps et pour laquelle les sanctions sont limitées. Et celle de faire un arrêté interruptif des travaux qui permet au maire de saisir le matériel sur place. Nous allons mettre en œuvre tous les moyens nécessaires. »

Joseph Becker, le patriarche de la famille visée, se défend. « Je veux juste clôturer le site avec un portail et faire pousser de l’herbe, mettre une balançoire et un toboggan pour y passer le week-end avec mes enfants et petits-enfants, assure-t-il. Je n’ai retiré que six ou huit arbres et des buissons. Et la mare était à sec. Ça ne sert à rien que je demande des autorisations au maire car il me refuse tout. Il a une haine contre moi car je viens de la communauté des gens du voyage. J’ai demandé à le voir et je ne l’ai jamais rencontré. Il m’a envoyé les gendarmes. Il ne veut pas m’activer ma ligne de courant électrique et me mettre l’eau. Qu’il me donne rendez-vous! Je suis prêt à l’écouter et m’accorder avec lui. »
Hier après-midi, la communauté de communes a fait creuser des tranchées sur ce chemin pour tenter de bloquer l’accès aux camions. Le Parisien.

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L’inquiétant trafic de chiens du campement rom Cécile Beaulieu | Publié le 02.01.2012, 07h00 leparisien.fr

Des baraquements adossés à un chantier, tout au bout de la rue Emile-Bollaert (Paris XIXe). Dans cette petite artère, dissimulée entre un parc et le boulevard Mac donald, tout près du périphérique, des dizaines de jeunes chiens gambadent joyeusement.

Cest ici, à l'abri des regards, que des réfugiés roms élèvent et reproduisent à la chaîne ces animaux, manifestement illégalement importés des pays de 1'Est. Des portées entières de chiots, qui, dès leur plus jeune âge, sont placés dans des chariots de supermarché et emmenés au hasard des rues de la capitale, comme compagnons de mendicité.
A la moindre occasion, les animaux sont ensuite vendus, entre 300 € et 1 000€,aux passants attendris.

Des animaux pas vaccinés

Dépourvus de papiers officiels, et notamment de certificat de vaccination, ces chiots non tracés représentent un véritable danger sanitaire que ne cessent de dénoncer les organisations de défense des animaux.
Stéphane Lamart, qui dirige l'association éponyme, ne décolère pas depuis son passage au campement de la rue Emile-Bollaert, il y a quelques semaines: « Certains de ces animaux sont malades, peut-être même porteurs de la rage ou d'autres maladies. Comment le vérifier? Lorsque je demande l'origine des chiens et le carnet de vaccination, on me répond seulement qu'ils viennent de Roumanie. J'ai vu un chien mourir de parvovirose, une maladie infectieuse. A l'évidence, il n'était pas vacciné.»

A une militante de l'association venue la semaine dernière enquêter anonymement rue Emile-Bollaert, un chiot a été proposé pour 3ÜÜ€.

Depuis plusieurs années, le trafic de chiens bat son plein à Paris, souvent organisé par la communauté roumaine. « Le deuxième business après le trafic de drogue », selon les associations de défense des animaux. Une manne pour ceux qui le pratiquent.

Cinquante de ces animaux, trouvés en compagnie de mendiants, parfois maltraités, ont été saisis par les services de la préfecture de police en 2010, et placés en fourrière après avoir suivi un protocole sanitaire. Et autant de chiens ont été placés, dans les mêmes conditions, au cours de l'année écoulée. Mais, pour les associations, ces saisies demeurent insuffisantes.

« Le trafic est devenu industriel, soutient Stéphane Lamart. Il faudrait que les pouvoirs publics organisent de véritables descentes dans ces élevages clandestins et prennent tous les chiens qui ne sont ni tatoués ni vaccinés.»

Comme l'association Stéphane Lamart, la Fondation Brigitte Bardot en a appelé, voici quelques mois, au préfet de police. « Nous ne pouvons plus tolérer ce spectacle affligeant, scandaleux. Dernièrement, ajoute-t-on à la Fondation Brigitte Bardot, nous sommes intervenus pour retirer une chienne qui venait de mettre bas sur le trottoir. Il ya urgence.» Cécile BEAULIEU.

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Article publié le : mercredi 15 février 2012 - Dernière modification le : mercredi 15 février 2012 rfi.fr En France, une étude pointe la délinquance des étrangers Par Laurence Théault

Une étude de l'Observatoire national de la délinquance présidé par Alain Bauer (criminologue et proche conseiller de Nicolas Sarkozy) se penche sur la nationalité des délinquants. Il révèle que 17% des vols sont commis par des étrangers. Entre 2008 et 2010, le nombre de Roumains impliqués a augmenté de 60% et celui des Algériens de 30%. Mais ces chiffres sont à prendre avec précaution.

En matière de délinquance, plus les faits sont graves, moins les étrangers sont mis en cause mais il y a une augmentation importante du nombre d'étrangers impliqués dans les atteintes aux biens. L’étude de l'Observatoire national de la délinquance justifie cette hausse du nombre d'étrangers concernés par des affaires de vols par ce qu'elle appelle « une délinquance de subsistance ».

En effet, de plus en plus d'étrangers ont recours au vol pour vivre. En revanche, ils sont moins impliqués dans des affaires de meurtres ou d'agressions violentes. Il apparaît aussi dans ce rapport, qui sort en pleine campagne présidentielle, que le nombre de personnes de nationalité roumaine mises en cause pour vols par la police nationale a plus que doublé entre 2008 et 2010. Ils sont suivis par les Algériens et les Marocains.

L'Observatoire national de la délinquance prend tout de même des précautions et explique qu'une partie de la hausse peut s'expliquer par une attention plus importante des forces de l'ordre envers les étrangers. Les Roumains ont fait l'objet de deux fois plus d'arrestations en 2011 qu'en 2008.

Claude Guéant avait mis en cause les étrangers

Le 10 janvier dernier, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avait mis en cause la délinquance étrangère. Selon le ministre, le taux de délinquance de la population étrangère en France est « de deux à trois fois supérieur » à celui de la délinquance générale. « Je fais moi-même faire des études par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) sur le sujet », avait-il indiqué, en précisant que le phénomène était « en augmentation ».

D'après le dernier rapport de l'ONDRP, 226 675 étrangers ont été impliqués en 2010 dans les affaires de police et de gendarmerie, dont 40% pour des infractions à la législation sur les étrangers (ILE). Ils représentent 13% des personnes mises en cause pour des crimes et délits cette année là, estimées à environ un million.

« A Paris, 10% des personnes qui sont déférées à la justice sont de nationalité roumaine », avait insisté Claude Guéant pour étayer ses propos. « Nous avons un vrai problème, sur lequel nous faisons, en accord avec les autorités roumaines que je tiens à remercier, un travail considérable pour démanteler les réseaux. Mais il faut des réponses spécifiques ».

Il prépare notamment une proposition de loi pour que les étrangers séjournant en France « depuis peu d'années » qui font l'objet d'une condamnation se voient interdire le territoire. Reste à savoir si la loi pourra être définitivement votée avant la fin de la session parlementaire, début mars.

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Les Roumains multipliaient les achats à découvert Stéphane Sellami Le Parisien, 17 mars 2012 p.15

C'est une nouvelle forme d'escroquerie qui préoccupe les services de police et de gendarmerie. Plusieurs équipes d'aigrefins originaires de Roumanie, viennent d'être interpellées après avoir procédé à de nombreux achats de produits high-tech dans des centres commerciaux un peu partout en France.
Des achats réalisés après l'ouverture de comptes bancaires en bonne et due forme, mais insuffisamment approvisionnés. Leur coup réussi, les malfrats regagnent aussitÔt leur pays d'origine pour y écouler leurs marchandises ainsi acquises.

« Deux équipes ont été identifiées au mois de février et au début du mois de mars, indique une source proche de l'affaire. Les policiers de Cherbourg (Manche) et de Montpellier (Hérault) les ont interpellées mais sans comprendre tout de suite la nature de leur escroquerie. A première vue, tout semblait légal dans leurdémarche. »

Les malfrats avaient réglé leurs achats avec des chèques et des cartes bancaires à leurs noms, obtenus au- près de banques françaises. « Les investigations menées ont permis de démontrer que ces escrocs étaient très biens organisés et pouvaient appartenir à un réseau beaucoup plus important, poursuit la même source.

Des petites mains sont recrutées en Roumanie pour venir en France avec la promesse de gagner un peu d'argent. Ils ont, en premier lieu, pour mission de se présenter dans des agences de la Poste pour Y ouvrir un compte avant d'y verser 150 €.

Ils présentent des documents authentiques tels qu'une pièce d'identité et une attestation d'hébergement ou de domicile ».

Ils agissaient Ie week-end

Par souci d'efficacite et de discretion les membres de cette filière ne séjournent jamais longtemps sur le territoire français. « lls arrivent le jeudi ou le mercredi car les vérifications bancaires au cours du week-end sont difficiles, relate un proche cle l'affaire.

Ils viennent par petits groupes de quatre ou cinque afin d'éviter de se faire trop remarquer. Chaque complice a une mission bien précise. Certains doivent acheter un nombre déterminé de téléphones portables derniers cris, d'autres des ordinateurs. Un système particulièrement efficace car qauasi insoupçonnable. »

Selon les premières investigations, plusieurs équipes ont déjà été signalées dans l'ouest de la France, notamment du côté de La Rochelle (Charente Maritime) ainsi qu'en Normandie, sans pouvoir être interpellés. Stéphane Sellami.

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Edition du 24/05/2012 Intégration des Roms : Bruxelles demande aux Etats de "passer à la vitesse supérieure" Europe Publié le jeudi 24 mai 2012 Michel Tendil localtis

Les Etats membres doivent passer "à la vitesse supérieure" et intensifier "leurs efforts en prévoyant des mesures plus concrètes" en matière d'intégration des Roms, a déclaré Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la justice, mercredi 23 mai, à l'occasion de la publication d'un rapport sur les stratégies nationales d'intégration des Roms.

Les Etats se sont engagés à élaborer ces stratégies en juin 2011, dans le cadre d'un canevas fixé par l'Europe, afin de faciliter l'accès des Roms à l'éducation, à l'emploi, aux soins et au logement. Dans son évaluation, la Commission se félicite que les Vingt-Sept aient rempli leur engagement et qu'ils aient tous mis en place des points de contact nationaux pour assurer le suivi des stratégies nationales. Mais elle réclame de leur part "des objectifs plus explicites, des financements précis ainsi qu'un suivi et une évaluation appropriés". "Nous avons besoin de résultats tangibles au niveau national, propres à améliorer la vie des 10 à 12 millions de Roms qui vivent en Europe", a souligné la commissaire, alors que 12 pays seulement ont affiché des financements précis de leurs actions.

Pour convaincre les Etats, la Commission n'hésite pas à brandir l'argument économique. "La pleine intégration des Roms pourrait générer une plus-value d'un demi-milliard d'euros par an pour les économies de certains pays, et cela grâce à des gains de productivité, une réduction des allocations sociales et une augmentation des recettes fiscales", indique-t-elle, dans un communiqué, sur la base des données de la Banque mondiale.

La Commission demande aux Etats de pérenniser leurs financements jusqu'à 2020. Elle rappelle qu'au-delà des fonds structurels (Feder et FSE), le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) peut lui aussi être mobilisé pour financer certaines actions. Ce sera l'un des enjeux des négociations sur la programmation 2014-2020. Le rapport invite par ailleurs les Etats à associer davantage les collectivités à la révision et à la mise en œuvre de leur stratégie.

Une enquête réalisée par l'Agence de l'UE pour les droits fondamentaux auprès de 22.203 Roms vivant dans onze pays membres montre une situation de grande précarité : moins de 30% d'entre eux ont un emploi salarié, 20% ne bénéficient d'aucune couverture de santé et 90% vivent sous le seuil de pauvreté, selon cette enquête publiée le 23 mai.

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Arnaque : gare aux bitumeurs anglais Plusieurs bitumeurs d’origine anglo-saxonne proposent des prestations à des tarifs attrayants… qui se révèlent finalement être des escroqueries. Thomas Poupeau avec Gisèle Le Guen | Publié le 29.05.2012, 05h48 leparisien.fr

La Houssaye-en-brie, centre équestre les Etisses, vendredi. La cour de la maison de Sébastien, fils de la propriétaire de ce centre équestre, a été goudronnée il y a cinq ans par des bitumeurs indélicats. Il ne reste aujourd’hui que des graviers sur lesquels les mauvaises herbes repoussent.

« Du bitume à 10 € le mètre carré? Il y a une arnaque quelque part! » Parole de professionnel du bâtiment. C’est pourtant le tarif que deux hommes ont proposé à Véronique, une gérante de centre équestre à Marles-en-Brie, mercredi dernier.

« Ils étaient deux et sont arrivés dans une Peugeot 306 grise, raconte la quinquagénaire.

« Ils ont ruiné ma cour »Quel recours possible pour les victimes ?Sur la portière, il y avait un logo d’entreprise bleu, blanc et rouge. Ils m’ont tout de suite dit : Do you speak english ? »

La quinquagénaire répond par l’affirmative. « Ils m’ont ensuite demandé si j’étais intéressée par le goudronnage de mon allée, en proposant un tarif très bas, poursuit-elle. Je leur ai répondu franchement que cela ne m’intéressait pas, qu’il devait y avoir une arnaque quelque part et que de toute façon, je n’avais pas le temps! » Car ce n’est pas la première fois que Véronique a affaire à ces individus. « C’est au moins la dixième fois qu’ils viennent me voir, râle Véronique. Ils se disent irlandais et quand ils ne proposent pas du bitume ou du goudron, ils vendent des compresseurs ou des groupes électrogènes. »

La gérante d’une entreprise du bâtiment basée à Chelles assure « qu’à ce prix-là, il y a forcément anguille sous roche ». Et pour cause : « Nous pratiquons les prix du marché et l’enrobé le plus simple est à 53 € le mètre carré. Cela fait une grosse différence! » Car selon elle, il faut un minimum de préparation, ne serait-ce que pour décaisser la surface à bitumer. « Sans compter qu’il faut un engin pour chauffer le bitume, sinon il ne colle pas! »

Du côté de la gendarmerie, on explique que ces bitumeurs irlandais ou anglais font partie de la communauté des gens du voyage en Grande-Bretagne. Avant de prospecter chez Véronique à Marles-en-Brie, ils étaient la semaine précédente à Beaumont-du-Gâtinais puis à Mondreville, Gironville ou encore Donnemarie-Dontilly. Le procédé est toujours le même : « Ils font du porte-à-porte et proposent de faire du dallage, du bitume ou encore de la vente d’outillage, explique un gendarme. Le matériel dont ils disposent semble très perfectionné et ils expliquent qu’ils viennent de terminer un gros chantier — en général de voirie — et qu’il leur reste du bitume. » Aucun devis n’est établi, ni aucune facture non plus. Et le ton est souvent insistant, voire menaçant.

Problème : « Leur bitume se fissure et n’est pas étalé correctement : creux et bosses apparaissent vite, poursuit la même source. Et il est en fait généralement acheté par leurs soins auprès de centrales à béton. » Pour s’assurer d’être payés lorsque leurs « travaux » sont terminés, l’équipe de bitumeurs fait place à des gros bras qui ne réclament pas le prix proposé au départ mais le double, voire le triple. « Si le client devient récalcitrant, les menaces et les intimidations fusent. C’est une infraction au démarchage, un abus de confiance et une belle escroquerie », souligne un gendarme. Avant de préciser : « Plusieurs centaines d’escrocs de ce type existent. Il s’agit de sociétés éphémères qui fonctionnent avec des emplois fictifs. »

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Les voleuses arrachent sa chaine en or au routier, Le Parisien Essonne 19 juin 2012 page X.

En voyant s'avancer vers lui deux jeunes femmes d'une trentaine d'années, originaires comme lui de Roumanie, un chauffeur routier ne s'est pas méfié dans la nuit de dimanche à hier. Il est 0h 1O le routier vient tout juste de stopper son camion sur l'aire de stationnement d'Achères-la-Forêt en bordure de l'A6.
Sous prétexte de vouloir lui vendre des bijoux les deux femmes entament la conversation. Mis en confiance, il ne se méfie pas jusqu'au moment où l'une d'entre elles lui arrache la chaîne en or qu'il porte autour du cou.
Les voleuses s'engouffrent aussitôt dans une Mercedes Direction la capitale. Elles n'ont pas été retrouées.

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Des HLM spéciales pour les gens du voyage Florian Loisy | Publié le 03.07.2012, 07h00 leparisien.fr Essonne matin page I

Une résidence de 27 logements sociaux conçus pour les gens du voyage sédentarisés est inaugurée demain à Brétigny. Les jardins, par exemple, pourront accueillir au moins deux caravanes.

D’une caravane à une belle petite maison avec son toit végétalisé ! Demain, 27 familles issues de la communauté des gens du voyage vont s’installer dans des HLM spécialement étudiées pour elles, chemin du Vieux-Pavé à Brétigny-sur-Orge. Ces gens du voyage sédentarisés depuis des années sur des terrains entre Saint-Michel-sur-Orge et Brétigny profitent de l’investissement des pouvoirs publics. « Ils ont été délogés par l’Etat lorsqu’on a construit la N104. Il était normal de monter un projet pour leur permettre de se loger, juge Bernard Decaux, le maire PS de Brétigny. Mais c’est une grande première car tout a été fait pour tenir compte de leurs habitudes de vie. »

Des aménagements et un règlement spécifique

Avec l’Association départementale gens du voyage de l’Essonne, le bailleur social (l’Opievoy) a pu discuter avec les futurs locataires afin de cerner au mieux leurs attentes. Le jardin côté rue est donc particulièrement large afin de pouvoir accueillir au moins deux caravanes. « Les futurs occupants nous ont dit qu’ils avaient besoin de place pour pouvoir inviter des amis ou de la famille », indique-t-on à la direction de l’Opievoy. Pour les mêmes raisons de convivialité, la cuisine est suffisamment grande pour permettre d’y manger à huit ou dix, selon le bailleur social.

Par ailleurs, les terrains ne sont pas tous clos individuellement, mais au contraire découpés en fonction des demandes des familles. De plus, un tuyau de poêle a été installé spécialement. « Nous avons mis en place un chauffage collectif, mais au cours des discussions que nous avions avec eux, ils nous disaient préférer un poêle à bois et qu’ils feraient les travaux nécessaires. Nous avons donc prévu un emplacement spécifique », reprend-on à l’Opievoy.

Le règlement intérieur de cette résidence HLM pas comme les autres a aussi été un peu adapté afin d’aider les habitants à se responsabiliser pour ce premier logement « en dur ». Le contenu indique notamment qu’il est interdit de faire de l’élevage. « Tout un travail a été fait par les associations pour les aider dans les démarches administratives », insiste également le maire de Brétigny.

Grâce aux aides, une des familles ne débourse ainsi que 60 € par mois pour se loger dans cette HLM. « Et comme ils n’ont jamais payé de charges pour des logements classiques, nous avons des réunions pour leur expliquer les raisons de ces dépenses supplémentaires », souligne l’Opievoy.

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Un trafic international de tracteurs démantelé http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/07/20/01016-20120720ARTFIG00204-un-trafic-international-de-tracteurs-demantele.php Par Christophe Cornevin Publié le 20/07/2012 à 06:00

Les gendarmes ont mis au jour un gang qui pillait les concessionnaires de tracteurs agricoles à travers le pays pour les acheminer en Roumanie. Au total, une cinquantaine d'engins ont été volés pour une valeur de cinq millions d'euros.

Bien que valant bien souvent le prix d'une Ferrari, ces engins agricoles ont été volés avec une simplicité déroutante, comme de vulgaires scooters. Au terme de sept mois d'investigations serrées, les gendarmes de la Section de recherches (SR) de Versailles (Yvelines) viennent de mettre hors d'état de nuire un gang organisé qui dérobait des tracteurs neufs pour les acheminer clandestinement vers la Roumanie.

Au total, une cinquantaine d'engins ultra perfectionnés sortis d'usine, estimés entre 70.000 et 300.000 euros l'unité, ont été dérobés dans les Yvelines, l'Aisne, le Nord, la Bretagne ou encore la Saône-et-Loire. Depuis la Roumanie, la filière dépêchait une équipe de «reconnaissance», composée de trois ou quatre «experts», qui sillonnait les routes de France pour cibler des concessionnaires les plus isolés.

Plus de vingt cinq «raids» recensés

À la nuit tombée, les voleurs, vêtus de noir et très discrets, cassaient les portails et découpaient les grillages. Puis ils mettaient en route les tracteurs et les faisaient monter sur un semi-remorque bâché. «Selon leur longueur, deux voire trois machines étaient embarquées sur la plateforme, précise une source proche du dossier. Le convoi, emmené par une voiture «ouvreuse» qui s'assurait que la route était dégagée, passait la frontière belge au petit matin avant que l'alerte ne soit donnée…».

Transitant par l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, cette marchandise haut de gamme, siglée Massey Ferguson, New Holland ou encore Deutz-Fahr, était négociée à bon prix en Roumanie. Au total, le préjudice dépasse cinq millions d'euros.

Les enquêteurs de Versailles ont multiplié les recoupements d'affaires similaires en faisant tourner les ordinateurs du Service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la gendarmerie à Rosny-sous-Bois. Plus de vingt-cinq «raids» ont ainsi été recensés depuis la fin de l'année 2010. Les contours de la filière internationale ont été dessinés avec l'appui de l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et de l'attaché de sécurité intérieure basé en Roumanie.

De gros engins de plus en plus prisés

Dans la nuit du 15 au 16 juillet dernier, quatre malfaiteurs ont été interpellés en flagrant délit sur la RN 12 alors qu'ils venaient de rafler trois mastodontes encombrés d'électronique quelques heures auparavant à Le Rheux (Ille-et-Vilaine).

Trois d'entre ont été mis en examen pour «association de malfaiteurs» et «vols en bande organisée» puis écroués. Le quatrième suspect, présenté comme le chef présumé, devait être présenté vendredi matin. Sur le papier, il disposait d'une couverture de transporteur routier.

«Nous sommes face à une structure criminelle très organisée, décrypte le colonel Jean-Philippe Reiland, patron de la section de recherches de Versailles. Les investigations se poursuivent dans le cadre de la demande d'entraide pénale, avec le concours des autorités locales…»

Les gros engins, quel que soit leur type, sont de plus en plus prisés par les bandes venues de l'Est. Ainsi, les gendarmes de l'OCLDI ont démantelé au début de l'année un groupe slave qui s'était spécialisé dans le vol de camions frigorifiques qui filaient ensuite vers la Moldavie. Une cinquantaine de poids lourds entièrement équipés, d'une valeur de 10 millions d'euros, ont ainsi disparu.

Un mois avant, un autre gang roumain avait cette fois été débusqué dans la région de Strasbourg pour avoir détourné 66 «tractopelles», compacteurs et autres chargeurs agricoles. Par Christophe Cornevin

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Essonne : un réseau de proxénétisme démantelé à Vigneux Laurent Degradi et Florian Loisy | Publié le 20.07.2012, 19h08 | Mise à jour : 19h19 http://www.leparisien.fr/essonne-91/essonne-un-reseau-de-proxenetisme-demantele-a-vigneux-20-07-2012-2096795.php

Coup de filet dans le milieu de la prostitution. Mardi matin, six Roumains ont été interpellés dans un appartement à Paris (XIXe) et dans un camp à Vigneux-sur-Seine par la sûreté départementale de l’Essonne. Les mis en cause ont été déférés au tribunal d’Evry vendredi matin. Le juge devait décider de leur remise en liberté ou non dans la soirée.

Ces quatre hommes et deux femmes, âgés de 20 à 42 ans, sont suspectés d’avoir poussé à la prostitution plusieurs filles qu’ils recrutaient en Roumanie. Arrivées en France, les proxénètes confisquaient les passeports des filles et les obligeaient à effectuer des passes dans la rue, mais aussi dans les foyers Adoma de Corbeil et d’Evry.

Le butin collecté par les prostituées était entièrement récupéré par les souteneurs, qui n’offraient pour toute récompense qu’un repas aux filles. Une ouverture d’information doit permettre de déterminer le nombre de femmes prostituées dans ce réseau. LeParisien.fr

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550 000 € saisis sur les comptes de receleurs d’or STÉPHANE SELLAMI | Publié le 24.07.2012, 07h00 http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/550000-eur-saisis-sur-les-comptes-de-receleurs-d-or-24-07-2012-2100018.php
La police judiciaire de Meaux (Seine-et-Marne) vient de démanteler un trafic de bijoux en or et de lingots qui durait depuis plus d’un an.

C'est une équipe structurée de receleurs de bijoux en or qui vient d'être démantelée par les enquêteurs de la police judiciaire de Meau (Seine -et-Marne).Au cours de la perquisition de leurs domiciles, les policiers ont découvert plusieurs dizaines de bijoux volés, des lingots et des armes.

Près de 550 000€ont également été saisis par les enquêteurs du groupe d'intervention régional (GIR) de Seine-et-Marne sur les comptes des principaux protagonistes de cette affaire.

« Nous sommes en présence de personnes qui ont pleinement tiré profit de l'explosion du prix de l'or qui se négocie aujourdhui autour des 40 000 € le kilo, confie une source proche de l'affaire. Les membres de cette équipe sont soupçonnés d'avoir écoulé de très nombreux bijoux issus de cambriolages ou de vols par ruse commis partout en France, avant de revendre cette marchandise en Belgique »

Hier, ManuelValls, le ministre de l'Intérieur, en visite dans une bijouterie à Paris, a rappelé que la lutte contre «les vols de bijoux en or » figurait parmi ses priorités.

Après plusieurs semaines d'investigations, les enquêteurs de la PJ de Meaux ont identifié un des principaux prctagonistes de ce réseau Claude NL, domicilié à Tlemblay-en-France (Seine-Saint-Denis), était destinataire, deux ou trois fois par jour de bijoux volés. Ses quatre complices présumés, Gilles D., 54 ans, Jim K 53 ans David M.,45 ans et Frédéric G., 37 ans, domiciliés à Paris, au Plessis-Trévise (Valde-Mame), à Chessy (Seine-et- Marne) et à Goussainville (Vald'Oise), ont été confondus.

« Au cours de l'interpellation de ces receleurs, au début du mois de juillet, plusieurs hilos de bijoux en or ont été récupérés, ainsi que des lingots et des armes de poing chargées, poursuit la même source. Les investigations ont permis d'établir que ce traflc durait depuis un peu plus d'un an » Direction, la Belgique

En garde à vue, Claude M. a reconnu avoir acheté des centaines de bijoux auprès de membres de la communauté des gens duvoyage.
Le receleur a également avoué ne pas avoir voulu savoir d'où provenaient ces colliers, bagues, boucles d'oreilles et autres montres de valeur. « Il a ensuite revendu toutes les trois semaines, entre 800 g et 1 kg de bijoux en or à un de ses principaux complices, indique un proche de l'affaire. Celui-ci était chargé de convoyer cette précieuse marchandise vers la Belgique où elle était refondue.»

Outre les bijoux retouvés chez les receleurs, les policiers ont également saisi une BMW Série 3, une Mercedes classe C et une Mini Cooper leur appartenant. Claude M et David M. ont été finalement écroués, tandis que leurs trois complices ont été placés sous contrôle judiciaire. STEFHANE SELLAMI

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Vol de cuivre/Orlyval : 5 interpellations Par Europe1.fr avec AFP Publié le 3 août 2012 à 19h14Mis à jour le 3 août 2012 à 19h14

Cinq ressortissants roumains d'une vingtaine d'années ont été placés en garde à vue pour avoir dérobé plus de 1,3 million d'euros de câbles en cuivre sur l'Orlyval, la navette reliant Paris à l'aéroport d'Orly, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Les cinq hommes sont soupçonnés d'avoir, entre février et juin 2012, dérobé à neuf reprises des câbles en cuivre au dépôt et sur les voies de l'Orlyval, provoquant des retards de la navette, a indiqué une source judiciaire. De nuit, ils découpaient les grillages et volaient des câbles sur les voies.

Une source proche de l'enquête a précisé que trois d'entre eux ont été interpellés jeudi matin dans un camp de Roms de Villeneuve-le-Roi, dans le Val-de-Marne. Les deux autres ont été extraits de la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne, où ils se trouvaient depuis le mois de juillet pour proxénétisme.

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SAMEDI 4 Août 2012 Un vol de câbles prive plus de 3 OOO clients de téléphone 4 août 2012 Le Parisien Essonne p.II

Ils ont pris soin de les découper afin de les transporter plus facilement. Cinq énormes câbles téléphoniques représentant700 kg de cuivre, ont été dérobés dans la nuit de jeudi à vendredi chemin de Balizy à Longjumeau, non loin de la rue Jules-Jerry et de la centrale Orange de Longjumeau. « Il s'agit d'un chemin de randonnée, entouré de champs. Les voleurs n'ont pas été dérangés », note un policier. Un vol, semble-t-il, bien préparé, même si les cambrioleurs n'ont pas emporlé tous les câbles, et qui prive depuis hier 3 088 clients Orange de leur ligne téléphonique et de leur connexion à lnternet. ...

Les dernières lignes rétablies en milieu de semaine prochaine

En septembre 201l,le même site avait été dépouillé de pres de 600 m de fils de cuivre, coupant le téléphone à 2 000 clients, particuliers et commerçants confondus. Comme il y a un an l'opérateur devra oeuvrer nuit et jour jusqu'au milieu de la semaine prochaine afin de rétablir l'ensemble des lignes. ...

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Evacuation à l'aube d'un campement de Roms près de Lille Libération 9 août 2012 à 09:35

Un convoi de voitures et de caravanes, escorté par la police, s'est formé au petit matin, après un ordre d'évacuation du tribunal de Lille.

Un campement de Roms établi sur un terrain appartenant à l’Etat et à la communauté urbaine de Lille était en cours d'évacuation jeudi à Hellemmes dans l’agglomération lilloise, a constaté une journaliste de l’AFP.

Un convoi constitué de voitures et de camionnettes tractant des caravanes, escorté par des motards de la police, s’est mis en route peu après 8h30. Cette évacuation entamée tôt dans la matinée a été mise en œuvre «suite à une ordonnance d’expulsion que nous a délivrée le tribunal de grande instance», a indiqué la préfecture du Nord.

«On est consternés», a déclaré à l’AFP Yann Lafolie, président de l’Atelier solidaire, membre du collectif Solidarité Roms, présent sur les lieux et «en colère».

«Ici, c'était un laboratoire pour trouver des solutions», a-t-il fait valoir, voyant dans cette évacuation le «signe d’une volonté du pouvoir de détruire le travail associatif des bénévoles». «Il y a de très nombreux enfants qui vont dormir dans la rue ce soir», a-t-il souligné.

Des associations, parmi lesquelles le collectif Solidarité Roms, avaient dénoncé le 1er août la menace d’une expulsion sans solution alternative qui pesait sur deux campements rassemblant quelque 200 Roms près de Lille. Elles avaient rappelé que François Hollande, lors de la campagne présidentielle, s'était prononcé dans une lettre aux associations pour que «lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées».

La communauté urbaine de Lille (LMCU) a mis en avant les problèmes de sécurité et l’afflux de ces populations dans l’agglomération. LMCU, présidée par Martine Aubry (PS), et l’Etat, propriétaires des terrains, avaient engagé une procédure devant la justice pour que soient démantelés ces campements illicites.
«Sarkozy ne nous a jamais expulsés, finalement, c’est le PS», a conclu Yann Lafolie. (AFP)

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La Voix des Roms : Valls pourrait "porter les couleurs de l'UMP" en 2017 Mis en ligne le 12 août 2012 à 09h10, mis à jour le 12 août 2012 à 09h11 http://lci.tf1.fr/france/societe/la-voix-des-roms-valls-pourrait-porter-les-couleurs-de-l-ump-en-7454623.html

L'association La Voix des Roms a estimé dimanche que la politique du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, concernant les Roms était comparable à celle de ses prédécesseurs UMP Place Beauvau.

La France a été placée vendredi "sous surveillance" par l'Union européenne quant aux conditions dans lesquelles sont traités les Roms dont plusieurs camps illicites viennent d'être démantelés. La politique du ministre de l'Intérieur est également dans le collimateur de l'association La Voix des Roms. Cette politique "ressemble à celle de Hortefeux et Guéant comme deux gouttes d'eau", a affirmé l'association dans un communiqué, jugeant que "les soutiens réitérés au sein de la droite de l'UMP ne sont pas des errements". "M. Valls a réussi mieux qu'Eric Besson et il pourrait même porter les couleurs de l'UMP pour la présidentielle 2017", ironise l'association.

Le ministère de l'Intérieur s'est défendu samedi de toute "stigmatisation" dans sa façon d'aborder la question des Roms, malgré les critiques émises par plusieurs associations à la suite des démantèlements de campements illicites et bien que l'Union européenne ait mis la France "sous surveillance". "Il a été mis fin à la politique du chiffre qui menait à des dérives et dénaturait les décisions de justice en en faisant des objectifs politiques chiffrés", a souligné samedi le ministère de l'Intérieur. "Contrairement à la politique menée par le précédent gouvernement, aucune population n'est ciblée pour elle-même, il n'y a plus de +politique ethnique en France", a-t-il également insisté.

Quant aux campements illicites, "au-delà des polémiques, un consensus fondé sur une réalité de terrain difficile" existe et "des élus de gauche comme de droite réclament (leur) évacuation, face à la demande pressante et légitime des populations", tel, notamment à Villeneuve-d'Ascq, à Lille et à Lyon", note l'Intérieur. "Aujourd'hui, les préfets n'ont aucun impératif chiffré" et il leur a été demandé de travailler localement à des solutions alternatives avec les associations lorsque cela est possible", alors que "la pression exercée sur l'hébergement d'urgence montre que la réalité est complexe". "Pour autant, les décisions de justice qui remontent du terrain seront appliquées avec tempérance et fermeté", relève-t-on place Beauvau. Les services de la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, "sont en contact avec les autorités françaises pour s'assurer que les règles européennes sont respectées", avait expliqué vendredi une de ses porte-parole.

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Communiqué de la section de Lille du PCF : http://lille.pcf.fr/Roms-l-urgence-c-est-le-relogement Roms : l'urgence, c'est le relogement, pas les expulsions

La section de Lille du PCF exprime son indignation devant la politique menée vis-à-vis des populations Roms par le ministre Valls, qui se traduit aujourd’hui par l’expulsion de deux camps à Villeneuve d’Ascq et Hellemmes, sans qu’aucune solution de relogement adaptée ne soit proposée. Où les familles concernées dormiront-elles ce soir ?

On ne supprime pas la misère et le dénuement en se contentant de déplacer les miséreux.

Si le développement de camps dans des conditions d’extrême précarité ne satisfait évidemment personne, c’est bien la question du manque de place en hébergement d’urgence dans la métropole lilloise qui doit être posée au plus vite par un gouvernement de gauche qui dispose de tous les leviers du pouvoir, alors que des dizaines de familles sont aujourd’hui sur les listes d’attentes du 115.

Cette situation illustre aussi la faillite démocratique de l’Union européenne, qui tolère en son sein qu’on traite des gens en sous-citoyens, puisque les Roms se voient interdire la pratique d’un certain nombre d’emplois accessibles aux autres ressortissants européens.

Joseph Demeulemeester secrétaire de la section de Lille du PCF Front de Gauche

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Viviane Reding récidive. Roms : au tour du gouvernement Ayrault de se justifier Société | 10 août 2012 | Mise à jour le 11 août 2012

Alors que la France a été remise sous surveillance par l'Union européenne, le ministre de l'Intérieur a affirmé vendredi, par voie de communiqué, que "les opérations de démantèlement de campements illicites se déroulaient toujours en exécution de décisions de justice".

A l'été 2010, le discours de Grenoble et le virage sécuritaire qui avait suivi avaient entraîné le démantèlement et l'expulsion de nombreux Roms. Outrée par les méthodes françaises, Viviane Reding, vice-présidente en charge de la Justice de l'Union européenne, avait alors placé la France sous surveillance.

Deux ans plus tard, un nouveau bras-de-fer entre Bruxelles et Paris s'esquisse. Jeudi matin, l'évacuation de deux camps de Roms a provoqué l'ire de Viviane Reding, dont un porte-parole a indiqué être en contact avec les autorités françaises et "analysent la situation pour s'assurer que les règles européennes sont respectées". La France a été remise sous surveillance dans la foulée.

En réponse, le ministère de l'Intérieur s'est fendu d'une explication de texte, diffusée par communiqué vendredi soir. Place Beauvau a ainsi expliqué que "les opérations de démantèlement de campements illicites se déroulent toujours en exécution de décisions de justice". Selon le ministère français, si "le respect de la dignité des personnes est un impératif constant de l'action publique", "les difficultés et risques sanitaires locaux posés par ces campements insalubres ne peuvent rester sans réponse".

Pas d'"expulsions collectives forcées"

"D'autre part, lorsque certains occupants de ces campements sont des ressortissants étrangers en situation irrégulière, et quelle que soit leur nationalité, la loi prévoit leur éloignement du territoire national", ajoute encore Place Beauvau. De plus, toute personne concernée "peut faire le choix d'un retour volontaire (et) bénéficie d'un accompagnement et, le cas échéant, d'une aide au retour, qui ne peut être accordée qu'une fois", indique encore le ministère avant de rappeler que tout éloignement est "toujours fondé sur une décision administrative prise après examen individuel de situation, et soumise au contrôle du juge". En clair, il ne s'agit pas d'une forme d'"expulsions collectives forcées".

Il y a deux ans, Viviane Reding n'avait pas hésité à affronter le président Nicolas Sarkozy. Sous la menace d'une procédure pour discrimination, Paris avait au final accepté de modifier sa loi nationale afin de mieux tenir compte de règles européennes encadrant les renvois chez eux de citoyens de l'Union européenne. La législation française a intégré toutes "les garanties qui protègent les citoyens de l'Union contre les expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires", s'était ainsi félicité Viviane Reding en août 2011.

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Audrey Pulvar: expulser les Roms "nest pas la solution" Créé le 14-08-2012 à 13h31 - Mis à jour à 13h31 http://www.challenges.fr/media/20120814.AFP5693/audrey-pulvar-expulser-les-roms-nest-pas-la-solution.html

La directrice du magazine Les Inrocks, Audrey Pulvar, compagne du ministre Arnaud Montebourg, désapprouve les mesures d'explusions de Roms, estimant qu'"expulser - comme hier - n'est pas la solution".

"Le dire n'est pas être un droit-de-l'hommiste-bien-pensant déconnecté-de-la-réalité", ajoute-t-elle dans un éditorial publié mardi par l'hebdomadaire.

Rappelant l'indignation qui avait suivi les expulsions à l'époque de la présidence de Nicolas Sarkozy, la compagne du ministre du Redressement productif s'interroge: "au rythme où la gauche au pouvoir expulse du Rom et démantèle du camp de fortune, jetant à la rue, sans réelle solution alternative, des centaines - et bientôt des milliers - de personnes, la gauche, toute la gauche (la vraie?) serait vent debout comme une seule femme, non?".

"Chasser les Roms, rouvrir les charters: cautère sur jambe de bois. On ne résout pas le problème, on le déplace. On soulage, momentanément, des riverains incommodés par le bidonville poussant sous leurs fenêtres, et après?", écrit la journaliste, avant d'ajouter : "Cher François (Hollande), on n'a pas voté pour ça".

Selon un sondage publié mardi, huit Français sur dix approuvent les démantèlements de campements illégaux de Roms, mais 73% estiment que cela ne fait que déplacer le problème.

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Mgr Barbarin : «Il ne faut pas dénaturer le mariage» (Et prier pour les Roms) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/08/13/01016-20120813ARTFIG00407-mgr-barbarin-la-priere-a-une-dimension-politique.php Par Jean-Marie Guénois Mis à jour le 13/08/2012 à 23:17 | publié le 13/08/2012 à 19:36

Mariage gay, euthanasie… Le cardinal Philippe Barbarin décrypte la prière nationale pour l'Assomption.

Mercredi, lors de la fête de l'Assomption, une «proposition nationale pour une prière des fidèles», écrite par le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, sera reprise dans la plupart des paroisses du pays. Un message fort que décrypte le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

LE FIGARO. - Comme jamais elle ne l'avait encore fait, l'Église catholique lance une prière pour le 15 août qui concerne les dirigeants politiques et économiques, mais qui touche deux thèmes très sensibles que sont le mariage gay et l'euthanasie: cette prière pour la France est-elle politique?

MGR Philippe BARBARIN. - Politique, ce n'est pas un «gros mot»! La prière a aussi une dimension politique. Mais prier est d'abord un acte spirituel: nous nous tournons vers Dieu avec confiance, en lui demandant son aide pour ceux que nous aimons, spécialement ceux qui vivent une passe difficile. Rien de plus naturel que de prier pour sa famille, pour son pays.
Jamais notre prière n'a fait abstraction des questions de la vie sociale, encore moins des souffrances des hommes. On peut dire que notre prière est marquée par les conditions de vie de la société dans laquelle nous nous trouvons.

L'exemple le plus récent, ce sont les Roms à Lyon, qui ont une place particulière dans notre prière. Un curé de Villeurbanne qui s'est occupé avec ses paroissiens d'une famille de Roms depuis plus d'un an se réjouit de voir qu'elle vient d'obtenir un visa de séjour, et en même temps il exprime sa souffrance devant l'expulsion de tant d'autres ces jours-ci.
Tout cela entre dans notre prière, la nourrit et la transforme chaque jour. Par la prière, nous affirmons surtout que la source ultime du bien n'est pas dans l'autorité politique. Nous prions pour celle-ci, car nous croyons que Dieu veut la bénir et peut lui donner lumière et force pour être vraiment au service de tous.

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vendredi 17 août 2012 http://www.emmaus-france.org/actualite/la-politique-dexpulsion-des-roms-est-une-honte-390
La politique d'expulsion des Roms est une honte

Le message du ministre de l'intérieur annonçant que les décisions d'expulsion prononcées par la justice seraient exécutées, s'agissant des campements de Roms, n'est pas celui que nous attendons d'un ministre de gauche.
Le gouvernement a pourtant annoncé vouloir se soucier du devenir de la situation des bidonvilles et, par extension, des populations roms.
Ces populations font depuis longtemps l'objet de préjugés, entretenus et aggravés par l'inacceptable discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy le 30 juillet 2010.
Suite de la tribune publiée dans Le Monde du 14 août dans la pièce-jointe téléchargeable ci-contre.

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http://www.estrepublicain.fr/faits-divers/2012/08/15/nouveau-vol-de-cables-telephone-coupe 15.08.12 à 19h25 Velles-sur-Moselle (54) : nouveau vol de câbles et téléphone coupé Un nouveau vol de câbles téléphoniques a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, à Velles-sur-Moselle. Pour la 4e fois en moins d'un mois...

Un nouveau vol de câbles téléphoniques a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, à Velles-sur-Moselle. Pour la 4e fois en moins d’un mois, au même endroit, sous le pont (ER du 4 août). Quelque 150 m de câble ont été volés. Très vraisemblablement par des amateurs de métaux en quête de cuivre à revendre.

Les agents de France Télécom sont intervenus dans la journée pour rétablir la connexion téléphonique et internet à une centaine de clients coupés dans les communes environnantes. Plainte a été déposée. A.T.

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Roms : le gouvernement fera une "avancée" sur les "mesures transitoires" Le Point.fr - Publié le 22/08/2012 à 15:59 - Modifié le 22/08/2012 à 17:57

Avant une grande réunion interministérielle prévue en milieu d'après-midi, le Premier ministre s'est entretenu avec une délégation du collectif Romeurope.

Le gouvernement français, à qui la Commission européenne a demandé des mesures précises, devait décider mercredi soir au terme d'une journée de réunions d'améliorer le sort des Roms, et notamment de leur permettre d'accéder plus facilement au marché du travail.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a réuni en fin d'après-midi plusieurs ministres, dont Manuel Valls (Intérieur) et Cécile Duflot (Logement), pour arrêter ces mesures attendues après la polémique suscitée par le démantèlement de plusieurs camps illégaux et l'expulsion de certains de leurs occupants.

M. Ayrault avait reçu auparavant des associations regroupées dans le collectif Romeurope, et leur a annoncé des "avancées", ont-elles annoncé à leur sortie. "Le gouvernement fera des annonces", "apparemment, sur les mesures transitoires" limitant l'accès des Roumains et des Bulgares au marché du travail en France, a déclaré l'un des responsables du collectif, Malik Salemkour.
La levée de ces mesures transitoires a été demandée par la Commission européenne, par la voix de la commissaire à la Justice, Viviane Reding.

"Les campements illicites posent problème"

La France doit décider "des mesures concrètes et des financements précis" pour améliorer le sort des Roms, a déclaré mercredi Viviane Reding dans un entretien avec le quotidien belge Le Soir. "Une mesure concrète, d'ailleurs encouragée par la Commission européenne, serait la levée des mesures transitoires qui limitent l'accès des Roumains et des Bulgares au marché du travail en France. Cette mesure enverrait un signal fort aux Roms originaires de ces pays", a-t-elle ajouté.
À la suite des démantèlements de camps de Roms et de mesures d'expulsion du territoire français pour certains d'entre eux, la Commission a replacé début août la France sous surveillance, comme en 2010, et rappelé la nécessité du respect des garanties contre les expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires.

"Les campements illicites posent problème et les autorités nationales ont raison de s'y intéresser. L'éloignement des Roms du territoire n'est cependant pas la solution à ce problème : c'est une politique à court terme, sans effets durables. C'est l'intégration économique et sociale qu'il faut privilégier", a estimé Mme Reding. Cette intégration "est autant la responsabilité du pays d'accueil que du pays d'origine. Nous parlons de citoyens européens", a-t-elle dit.

M. Ayrault s'est déjà dit "favorable" à une "évolution" de ces mesures transitoires de l'Union européenne qui traitent les Bulgares et les Roumains comme des ressortissants non communautaires. Leur levée dépend d'une simple décision du gouvernement, comme l'ont fait déjà l'Italie et l'Irlande.

Le Premier ministre a par ailleurs défendu à la radio mercredi la politique de démantèlement des camps : "Il faut regarder les choses en face : des bidonvilles se sont développés", et c'est "inacceptable", a-t-il dit. "Mon devoir c'est de trouver des solutions dans la clarté, la fermeté et l'humanité", a-t-il ajouté.

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FAITS DIVERS SOCIÉTÉ La délinquance roumaine a bondi de près de 70% depuis trois ans en France RTL Créé le 23/08/2012 à 12h42

C'est une statistique retentissante. Selon un document de la Direction centrale de la police judiciaire, le nombre de ressortissants roumains mis en cause dans les crimes et délits commis en France a augmenté de près 70% de 2009 à 2011. Les malfrats sont essentiellement impliqués dans des affaires de vols, d'agressions ou d'escroquerie.

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Roms : l'ONU met en garde la France Le Point.fr - Publié le 29/08/2012 à 18:35 - Modifié le 29/08/2012 à 19:33

Des experts des Nations unies appellent le gouvernement français à respecter les normes internationales lors des démantèlements de camps de Roms.

Des experts des Nations unies ont appelé mercredi le gouvernement français à s'assurer que le démantèlement des camps de Roms respecte les normes européennes et internationales des droits de l'homme relatives à la non-discrimination. "Les évictions continuent et menacent de mettre des familles dans des situations de grande vulnérabilité", selon les rapporteurs spéciaux sur les minorités, les migrants, le logement et le racisme. "Les évictions forcées ne sont pas une réponse appropriée, des solutions alternatives conformes aux standards de droits de l'homme doivent être recherchées", a déclaré dans un communiqué Raquel Rolnik, rapporteur spécial sur le droit au logement.

"Des mesures contraignantes de protection, y compris la mise à disposition d'alternatives pour se loger décemment, doivent être mises en place." En août, plusieurs évictions et expulsions ont eu lieu, notamment dans les villes de Lille (nord), Lyon (centre est) et Paris. Les experts des Nations unies ont rappelé que des actions similaires avaient été entreprises en août 2010 et avaient soulevé des critiques généralisées aux niveaux international et européen

"Les Roms sont des citoyens de l'Union européenne" "Ces informations sont préoccupantes, en particulier parce que ce n'est pas la première fois que les Roms sont collectivement expulsés de France", s'est émue Rita Izsák, experte indépendante sur les minorités. "Les Roms sont des citoyens de l'Union européenne, et la minorité la plus marginalisée d'Europe. De façon regrettable, ces actes démontrent que les Roms ne jouissent pas toujours des mêmes libertés de circulation et d'établissement et continuent de subir des traitements discriminatoires." Le rapporteur spécial sur les droits des migrants, François Crépeau, s'est indigné que "l'objectif ultime semble être l'expulsion des communautés migrantes roms de France". Il a relevé : "Les expulsions collectives sont interdites en droit international et les rapatriements doivent être volontaires, en conformité avec le droit international, et basés sur des évaluations individuelles et une surveillance indépendante."

Le rapporteur spécial sur le racisme, Mutuma Ruteere, a prévenu : "Ces évictions et expulsions alimentent inévitablement le climat d'hostilité - déjà préoccupant - à l'égard des Roms en France." Il a aussi souligné l'importance d'efforts soutenus pour traiter de la marginalisation des Roms dans les domaines du logement et de l'emploi. Les experts des Nations unies dans le domaine des droits de l'homme ont également exprimé leur préoccupation sur la pratique des incitations financières pour pousser les Roms à retourner dans leurs pays d'origine. Selon les experts, cette pratique pourrait permettre au gouvernement d'arguer que les Roms retournent volontairement dans leurs pays, et le protéger des contestations légales sur les évictions forcées.

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France 24 30 août 2012 - 09H17 Créteil: opération de police en cours dans un campement de Roms

Un campement d'une cinquantaine de Roms installé sur un terrain à Créteil était en cours d'évacuation par les forces de l'ordre jeudi matin, a-t-on appris de source préfectorale.

AFP - Un campement d'une cinquantaine de Roms installé sur un terrain à Créteil était en cours d'évacuation par les forces de l'ordre jeudi matin, a-t-on appris de source préfectorale.

Installée dans le quartier de l'Echat à Créteil, sur un terrain jouxtant l'hôpital Henri-Mondor, la cinquantaine de Roms, parmi lesquels des enfants, a commencé à être évacuée à partir de 8H00 par les forces de l'ordre et en présence de militants associatifs.

"L'évacuation est en cours. Tout se passe bien. Nous sommes en train de les diriger vers des hébergements", a indiqué la source préfectorale.

Des propositions d'hébergement dans des communes limitrophes doivent être proposées à chacune des familles, dont le départ du terrain occupé était prévu depuis mai par une décision de justice, a indiqué à l'AFP une militante associative avant l'évacuation

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ERDF en lutte contre les vols de cuivre Par Barbara Leblanc - Publié le 22 août 2012, à 08h16 http://www.usinenouvelle.com/article/erdf-en-lutte-contre-les-vols-de-cuivre.N180480

Le spécialiste de la distribution d’électricité en France s’allie à la préfecture du Var.

Une convention a été signée le 21 août entre ERDF et le préfet du Var pour mettre en place un protocole d’alerte, un échange d’information sur la localisation des sites sensibles d’ERDF et un partage d’expertise pour améliorer la sûreté des sites.

Cette démarche intervient après une intensification des vols ces derniers mois dans la région. Pour la préfecture, "ils constituent une entrave à l'effort de maintenance du réseau de distribution d'électricité exploité par ERDF, portent atteinte à la sécurité des approvisionnements en électricité et peuvent entraîner de graves dysfonctionnements sur le réseau en mettant en péril la vie de tiers".

Selon un rapport de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice sur les vols de métaux, "en 2010, 57,6% de l'ensemble des atteintes aux biens enregistrées par ERDF étaient des vols de cuivre". La filiale d’EDF assure l'entretien de 1 265 500 km de lignes électriques sur la totalité du territoire

"ERDF a estimé à plus de 1,2 million d'euros le préjudice subi en 2010. Le sud-ouest et la région méditerranéenne ont cumulé près des deux tiers des faits recensés", précisait également le rapport.

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Publié le 08/09/2012 | 13:36 France3 Lille : contre l'installation des Roms à Cysoing Par Frédérique BEAL

Mille personnes ont manifesté contre l'installation d'un camp de familles Roms à Cysoing et à Bauvin.

Ils ont déroulé leurs banderoles sous les fenêtres du préfet de région. Ce matin, mille personnes se sont retrouvées place de la République à Lille. Des habitants de Cysoing, Bauvin et d'autres communes de la Pévèle. Inquiets des projets d'installation de camps de familles Roms sur leur commune. Leur slogan : "Non aux camps de nomades à la campagne".

Impossible humainement et socialement

Dans la foule, les raisons fusent. Les conditions d'installation de ces familles sont indignes. Les communes rurales ne peuvent supporter, ni accueillir humainement et socialement une centaine de famille Roms.

Evacués en août

Ces familles Roms ont été évacuées des terrains qu'elles occupaient à Villeneuve d'Ascq et Hellemmes. S'en est suivi une vive polémique d'ampleur nationale et européenne.

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Publié le 21/08/2012 | 09:29 France3 "Des terrains pour les Roms évacués" M. Aubry Par AFP

Martine Aubry a souhaité lundi que l'Etat trouve des terrains pour accueillir les Roms évacués. La maire de Lille Martine Aubry a souhaité lundi que l'Etat trouve des terrains pour accueillir les Roms dont les campements ont été évacués, notamment près de Lille début août, lors d'un point presse.

"Nous travaillons main dans la main avec le préfet pour trouver un terrain en dehors de la métropole" lilloise, a indiqué la première secrétaire du PS, qui a dit avoir elle-même "demandé au préfet" d'intervenir à Villeneuve d'Ascq, en raison notamment des problèmes de sécurité qui pesaient sur les Roms.

Mme Aubry a ainsi démenti une affirmation du Parisien/Aujourd'hui en France selon laquelle elle était en "colère" contre le ministre de l'Intérieur Manuel Valls après avoir "appris par la presse", selon le quotidien, le démantèlement des campements de Roms.

"Nous avons demandé à ce que l'évacuation se fasse avec une réinstallation sur un autre terrain en dehors de la communauté urbaine et ça n'a pas été fait, sans doute parce qu'on était dans l'urgence", a indiqué Mme Aubry.

"Les terrains, c'est pas très difficile à trouver, a ajouté la maire de Lille. L'Etat est propriétaire de terrains un peu partout. (...) Si l'urgence n'a pas permis que ce soit le cas à Villeneuve d'Ascq, je le regrette, mais nous allons trouver cette solution et nous espérons marcher main dans la main avec le préfet et avec l'Etat".

Martine Aubry s'est par ailleurs "réjouie" que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault "ait annoncé que la France allait (...) essayer de trouver dans les pays européens des soutiens pour dire à la Roumanie et à la Bulgarie (...) qu'on ne peut pas être dans la communauté européenne et se comporter de cette manière-là".

La maire de Lille a estimé que les Roms y étaient "persécutés". Jean-Marc Ayrault doit présider mercredi une réunion interministérielle sur les Roms, où sera notamment évoquée la levée des mesures limitant leur accès au marché du travail.

Deux campements de Roms établis sur des terrains appartenant à l'Etat et à la communauté urbaine de Lille avaient été évacués le 9 août à Hellemmes et Villeneuve d'Ascq, dans l'agglomération lilloise, au lendemain d'un message de "fermeté" délivré par le ministère de l'Intérieur

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Ils dépouillaient les camions sur les aires de repos Florian Loisy et Sébastien Morelli | Publié le 18.09.2012, 07h00 http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/ils-depouillaient-les-camions-sur-les-aires-de-repos-18-09-2012-2169133.php

La technique est simple et elle a fait ses preuves à sept reprises, entre mars et avril 2011. Six Roumains sans domicile fixe, de 21 ans à 31 ans, partaient régulièrement en chasse sur les aires d’autoroute de France, la nuit, pour repérer les camions à l’arrêt, notamment à Janvry où ils ont commis deux forfaits.

Profitant du sommeil des chauffeurs, les voleurs ouvraient la bâche du semi-remorque et le vidaient de son contenu.

Roméo, Florin, Petre, Marius, Flaviu et Gheorghe, frères, cousins ou amis d’enfance, ont été condamnés hier par le tribunal d’Evry pour vol en bande organisée. Les trois premiers, simples exécutants, ont écopé de six mois de prison ferme. Les autres devront en purger neuf. Marius se chargeait de faire l’intermédiaire entre l’équipe de terrain et Flaviu, le véritable chef de bande, resté en Roumanie.

Des butins de second choix difficiles à écouler

Mais voilà, sans repérer au préalable les camions à voler, ces Pieds nickelés se sont souvent trouvés face à des butins difficiles à revendre : lecteurs DVD lourds et encombrants, le 9 mars à Saint-Privat (Moselle), pantalons, le 17 mars à Fraze (Eure-et-Loir), alcool, le 29 mars à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir), chaussures, le lendemain à Assevillers (Somme). Et lorsque la pêche est bonne, comme à Vemars (Val-d’Oise), le 14 mars, où ils vident un camion de cosmétiques Chanel, les voleurs tombent en panne avec leur camionnette. Ils sont contraints d’abandonner le véhicule avec le butin.

Pour ce qui restera leur dernier coup, les voleurs pensent avoir trouvé le semi-remorque de leurs rêves : un camion Nintendo sur l’aire de Janvry. Mais à l’intérieur, pas de consoles ni de jeux. Juste des accessoires, comme des housses pour console. Alors qu’ils transportent la marchandise dont ils veulent se débarrasser, ils se font contrôler à Paris où ils sont arrêtés pour recel. Les écoutes téléphoniques permettent de remonter le réseau.

« Je ne pensais pas que c’était si grave, je ne recommencerai pas », balbutiait Roméo dans sa langue natale, hier à la barre. « La France est une terre d’accueil et nous sommes ravis de la venue de nos amis Roumains, avance la procureure. Mais c’est par ce type d’agissements et de vols à répétition qu’on jette le discrédit sur une population entière. Ils doivent penser aux conséquences de leurs actes. » Le Parisien

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Roms: au cœur d'un trafic d'enfants par Laurence De Charette http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/09/21/01016-20120921ARTFIG00673-roms-au-c339ur-d-un-trafic-d-enfants.php

Un procès révèle les détails d'un trafic de mineurs entrainés à voler en France.

À la question apparemment banale «comment ça va?», il répond «très bien. Les enfants me rapportent beaucoup d'argent et d'autres choses…». Remus Stoian, un Rom de Roumanie, âgé de 40 ans, est accusé d'avoir initié, pour exploiter leur talent, plus d'une dizaine d'enfants roumains au vol. Il a déjà été condamné à cinq ans de prison, mais il a fait appel. Vendredi devant le tribunal de Paris, il a nié méthodiquement la plupart des faits reprochés. Ces paroles qu'on lui impute, par exemple, saisies par des écoutes téléphoniques, il n'en a aucun souvenir. La faute à l'interprète, sans doute peu aguerrie aux subtilités linguistiques de sa région… Dans le box, entouré de trois de ses complices habillés de survêtements - le quatrième est en fuite -, il ne se démonte pas. Face à lui, sur les bancs de la vieille salle d'audience, plusieurs familles roumaines écoutent sans un mouvement.

Pour la première fois, la justice a décortiqué le fonctionnement d'un système mafieux entre la France et la Roumanie. C'est pourquoi le parquet lui aussi a fait appel, jugeant trop clémentes les peines infligées en première instance aux acteurs de cette forme de «traite humaine», selon les mots de l'avocat général. Avant leur interpellation, Remus Stoain, Palos Constantin et plusieurs membres de la famille Radu, cheville ouvrière du trafic, s'étaient installés dans des camps roms de la banlieue parisienne, depuis lesquels ils organisaient un «réseau criminel international dont le but est la venue en France de jeunes mineurs afin de commettre des vols».

Courant 2009, les policiers s'intéressent à une série d'agressions opérées selon la même technique: une poignée d'enfants ou d'adolescents entourent une personne - une femme le plus souvent - occupée à composer son code au distributeur bancaire. Pour la distraire, ils posent un journal ou une pétition sous le nez de la victime, en profitent pour taper la touche correspondant au montant le plus élevé possible, avant de prendre la fuite avec les billets. Ceux qui résistent risquent des coups.

Bien que les enfants, toujours mineurs, déclinent sans cesse des identités différentes lorsqu'ils sont interpellés, les caméras placées au-dessus des distributeurs montrent que les mêmes visages réapparaissent. Les enquêteurs remontent le fil jusqu'à un camp rom à Saint-Denis. Les écoutes révèlent un véritable trafic entre la France, la Roumanie et même l'Angleterre. Les enfants tournent, pris en main localement par des chefs de réseaux. Dans l'une des conversations téléphoniques, Remus Stoain explique la méthode: «Tu as besoin de 4-5 personnes qui puissent travailler pour toi, chacun d'eux t'apporte 100-150 euros par jour. Tu peux récupérer 3 000 euros en un mois.» Dans une autre discussion, un correspondant roumain lui fait ce reproche: «Je ne sais pas comment faire car j'ai déjà 11 enfants qui travaillent pour toi. Tu en as déjà 2 de Tchezorash, 3 de Chéprentura, 6 de Djeme…»

Un système clanique organisé

Les interrogatoires mettent en lumière un système clanique organisé: un camp est dirigé par un chef, qui vend les emplacements aux nouveaux arrivants. Les perquisitions menées sur place ont permis de mettre la main sur d'importantes sommes en liquide, des billets d'avion montrant d'incessants allers et retours Paris-Bucarest, des bordereaux d'envoi d'argent en Roumanie de plusieurs milliers d'euros à chaque fois. Le tout souvent caché dans les vêtements des femmes. À partir des aveux des enfants, les enquêteurs ont évalué les sommes en jeu à près de 100 000 euros. «Mais les montants réels sont bien plus importants», estime une source judiciaire. Car le dossier montre aussi que les mis en cause et leurs proches ont réalisé de nombreux investissements immobiliers (immeubles et villas) près de Tandarei, leur région natale. Actuellement, près de 200 enfants roms seraient ainsi exploités. Plusieurs enquêtes préliminaires ont été ouvertes.

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Gang des voleurs de kiosques parisiens: un garçon de 14 ans arrêté 30 octobre 2012 à 13:25 http://www.liberation.fr/depeches/2012/10/30/cambriolage-en-serie-de-kiosquiers-a-paris-un-mineur-roumain-sdf-interpelle_856992

Soupçonné d'appartenir à un gang qui a cambriolé une cinquantaine de kiosques à journaux parisiens depuis septembre, un adolescent roumain de 14 ans, sans domicile fixe, a été interpellé mardi matin dans le nord-est de Paris.

Interpellé vers 5H00 du matin par une équipe de la Brigade anti-criminalité de nuit, le garçon a été surpris en pleine action, sortant d'un kiosque avec un complice qui a réussi à prendre la fuite. Il a été placé en garde à vue, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

"Il a été retrouvé avec la caisse du kiosque dans lequel il venait de s'introduire", a précisé cette source.

Ce jeune Roumain avait déjà été arrêté à plusieurs reprises en compagnie de son complice présumé du même âge, mais les deux, qui avaient donné de fausses identités, avaient dû être relâchés en raison de leur minorité. Une fois leur véritable identité établie, le parquet de Paris avait établi des mandats de recherche pour permettre leur interpellation.

Les empreintes des deux garçons "ont été retrouvées sur certains des kiosques cambriolés", a assuré la source proche de l'enquête.

"Ils font probablement partie d'une équipe qui s'est spécialisée dans les cambriolages de kiosques", a estimé une source policière.

Depuis début septembre, les kiosquiers parisiens et des Hauts-de-Seine sont la cible d'une impressionnante série de cambriolages, près d'une cinquantaine recensés, avec à chaque fois le même mode opératoire. Le service d'investigation transversale (SIT) a été chargé de l'affaire.

Se glisser dans la trappe de livraison

Les voleurs sont "soupçonnés de s'introduire dans les kiosques en passant par la trappe de livraison", a expliqué une source policière. Ils ont dérobé à chaque fois "des cartes téléphoniques, le contenu des caisses et des rouleaux de pièces de monnaie", selon la source proche de l'enquête.

Le préjudice pouvait parfois s'élever jusqu'à 4.000 euros.

"Il ne faut pas être très grand pour passer par les trappes, c'est pour cela que ce sont des enfants qui sont envoyés", a expliqué la source policière.

La préfecture de police de Paris (PP) avait mis en place depuis un mois "un plan d'action, une stratégie, afin d'interpeller les auteurs de ces vols en série", a expliqué Franck Carabin, porte-parole de la police de l'agglomération parisienne, estimant que cette interpellation "confirme l'efficacité" de ce dispositif.

L'enquête, à laquelle contribue l'un des officiers de liaison roumain de la PP, "continue, afin d'identifier et d'interpeller d'autres voleurs présumés et démanteler un éventuel réseau", a précisé Franck Carabin.

"Ca me rassure de savoir que la police est sur une piste sérieuse. Je pense que c'est une bande organisée qui agit", a réagi Michel Arthémise, président du Syndicat national de la librairie et de la presse (SNLP), qui avait écrit à la mairie de Paris et au ministère de l'Intérieur pour les sensibiliser au problème.

"Ce qui m'inquiète plus c'est la sécurisation des kiosques. Nous avons demandé à la société Mediakiosque, chargée de la construction et de la maintenance des kiosques, de modifier les trappes", a-t-il précisé, "parce que là, si la police démantèle un réseau, un autre peut prendre sa place le lendemain".

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Dix personnes arrêtées pour proxénétisme. Les prostituées étaient recrutées dans des camps roms. Le Parisien, 1er mars 2013, Essonne p.17

Dix personnes doivent être présentées ce matin à un juge d'instruction d'Evry dans le cadre du démantèlement d'un réseau de proxénétisme qui sévissait sur le nord du département.

Après de longues semaines de filatures et d'écoutes téléphoniques, les enquêteurs de la sûreté départementale de l'Essonne, qui agissaient sur commission rogatoire, ont pu réaliser un vaste coup de filet.
Lundi et mardi, seize personnes sont interpellées dans deux campements roms situés à Corbeil-Essonnes et Ris-Orangis ainsi qu'au sein de la communauté des gens du voyage à Quincy-sous-Sénart.

En forêt de Sênart, sur la N 6 et dans des cafés de la N 7
« C'est là que se situait la tête de l'orsanisation affirme une source policière. Les prostituées étaient recrutées dans des campements roms de fortune tout comme les contre-maîtres chargés de leur surveillance".
Au fil des gardes à vue les protituées ont été remises en liberté et prises en charge des membres de l'association du Nid, qui milite pour l'abolition de la protitution. ... Laurent Degradi.

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Valls : «Les démantèlements de camps roms se poursuivront» Par Nicolas Jacquard | LeParisien.fr 14 mars 2013 p. 09

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, nous dévoile la politique de fermeté qu’il entend mener vis-à-vis de ces campements illicites.

C’était l’un des dossiers « chauds » de l’ère Sarkozy. Le démantèlement de campements roms, à l’été 2010, avait créé la polémique. Depuis, il en subsiste des centaines aux lisières des grandes villes. Ces deux dernières semaines, plusieurs incendies sont venus rappeler la précarité de leurs occupants. Une situation inadmissible pour Manuel Valls. A quinze jours de la fin de la trêve hivernale, et alors que vingt expulsions décidées par la justice sont programmées d’ici à l’été, le ministre de l’Intérieur assume la nécessité d’éradiquer ces bidonvilles.

Il y avait plus de 300 camps roms en France en 2010. Combien aujourd’hui?

MANUEL VALLS. Environ 400 campements illicites, dont les deux tiers en Ile-de-France. Rien qu’en Seine-Saint-Denis, il y en a près de 130, où vivent 8000 personnes. Ces situations sont complexes, faites de vies marquées par la misère. Mais maintenir ces camps n’est pas acceptable. D’autant qu’ils sont souvent limitrophes de quartiers populaires, dont les habitants, déjà marqués par la crise, acceptent mal cette présence.

Les politiques de démantèlement semblent avoir montré leurs limites…

Je ne veux pas laisser perdurer cette situation intolérable. Plus que jamais, les démantèlements sont nécessaires et se poursuivront. Il en va du respect de la loi, et de la sécurité de leurs résidents. Je veux lutter contre les trafics et la délinquance qui se greffent sur ces lieux et exploitent la misère humaine. Nous procéderons avec humanité, sans abandonner l’accompagnement social, l’objectif de scolarisation des enfants et, quand c’est possible, l’accès à un logement et au monde du travail.

Les villages d’insertion peuvent-ils être une alternative?

C’est expérimenté à Tourcoing ou à Montreuil. Des familles sont désireuses de s’intégrer, mais elles sont une minorité. Ces expériences sont donc difficiles à mettre en oeuvre. A Paris, cet été, un projet avec les associations avait été lancé. Au moment de rentrer dans ce processus, la plupart des familles se sont évaporées... Les préfets sont soumis à des impératifs difficilement conciliables avec, d'un côté, le démantèlement et de l'autre, la nécessite de réaliser un diagnostic de la situation des habitants. Je le redis, je partage ce que m'a dit le premier ministre roumain : « Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner. »

Vous evez supprimé l'aide au retour de 3OO €...

C'était un système aux effets pervers. Les personnes faisaient plusieurs allers-retours en profitant de cette somme! Nous avons maintenu une aide limitée de SO € par adulte, et 25 € par enfant mineur, pour améliorer le retour. Dans le même temps, nous avons financé 80 microproiets en Roumanie pour améliorer les conditions de vie sur place. Mais la Roumanie doit utiliser davantage les fonds structurels européens en direction de cette population.

La coopération avec vos homologues roumains fonctionne-t-elle ?

Avec l'aide de dix officiers de liaison roumains, elle nous permet de progresser dans l'identification des auteurs d'actes de délinquance. Depuis 2010, 970 Roumains ayant commis des actes délictueux ont pu être identifiés. Parmi eux, il y a de nombreux mineurs isolés. Et la coopération nous pennet de poursuivre les enquêtes sociales iusqu'en Roumanie. C'est un vrai progrès. Propos recueillis par Nicolas Jacquard.

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Le gang des petites voleuses du métro face à la justice STÉPHANE SELLAMI | Publié le 25.03.2013, 07h40 http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-gang-des-petites-voleuses-du-metro-face-a-la-justice-25-03-2013-2669129.php
Vingt-deux membres présumés d’un réseau soupçonné d’avoir forcé des mineures à jouer les pickpockets sont jugés à partir d’aujourd’hui. Parmi eux, Féhim Hamidovic.

«Le patriarche » ou bien encore « le plus grand chef de famille connu de tous les Roms d’Italie, de France, de Belgique et d’Espagne ». C’est ainsi que Féhim Hamidovic est décrit par plusieurs des protagonistes d’un vaste réseau de petites voleuses qui ont sévi pendant de nombreux mois dans les transports en commun parisiens.

Aujourd’hui s’ouvre à Paris le procès de ce chef de clan de 60 ans, originaire de Bosnie-Herzégovine.

Connu aussi sous le diminutif de Fého, le sexagénaire au profil de « bon grand-père » — comme le dépeint l’un de ses avocats, Me Joseph Cohen-Sabban — est renvoyé devant la justice en compagnie de vingt et une autres personnes, dont de nombreux membres de sa famille, à commencer par sa femme et trois de ses fils, pour « traite d’êtres humains », « association de malfaiteurs » et « vols en réunion ».

A la tête de cette structure « hiérachisée » depuis sa villa italienne à Rome, l’homme est soupçonné d’avoir géré plusieurs dizaines de mineures, chargées de multiplier les vols de portefeuilles aux dépens de touristes en visite dans la capitale. Elles devaient ainsi ramener entre entre 200 et 300 € chaque jour, sous peine de violence. A chacune de leur interpellation, ces adolescentes prétendaient toutes se nommer Hamidovic…

Selon une estimation des enquêteurs de la brigade de protection des mineurs (BPM), ces larcins auraient généré près de 1,3 M€ de bénéfices au cours de l’année 2009. La majeure partie du butin était expédiée, via Western Union, vers le sud de la France, grâce à la complicité d’un intermédiaire français. Le réseau avait finalement été démantelé en novembre 2010 après plus de deux ans d’enquête.

« Tout ce dossier est orienté autour de la personnalité de Féhim Hamidovic, regrette Me Cohen-Sabban, épaulé par Me Yassine Yacouti. Mon client assure être victime d’un réglement de comptes orchestré par un de ses proches parents, surnommé Elvis. Par ailleurs, rares sont les témoins à assurer l’avoir vu agir directement dans la gestion de ce réseau. »

Mais la défense avancée par celui qui est présenté comme le « parrain » de cette organisation a été mise à mal par des nombreux éléments à charge recueillis au fil des investigations. A commencer par le train de vie de Fého, qui se présente comme un simple intermédiaire dans le commerce de voitures de luxe et qui soutient également subvenir à ses besoins grâce à la vente de vêtements sur les marchés.

Une passion pour le jeu

« Il était propriétaire de deux maisons, dont une estimée à près de 270 000 €, relate une source proche de l’affaire. Il a également été établi qu’il voulait participer à la vente d’un terrain de 800 m2 pour un montant de 70 000 €. »

Outre son patrimoine immobilier, Féhim Hamidovic vouait une véritable passion pour le jeu. « Il souhaitait participer à des parties de cartes, mais seulement si la mise était supérieure à 10 000 €, poursuit la même source. En deçà, cela ne l’intéressait pas et il ne voulait pas perdre son temps. »

Désigné comme le principal commanditaire de ce réseau par plusieurs jeunes voleuses repenties, Féhim Hamidovic semble avoir endossé, pour le moins, un rôle d’« arbitre ». Au fil des nombreuses écoutes téléphoniques, Fého est entendu en train d’intervenir pour calmer les conflits entre différents membres de cette vaste équipe de pickpockets. Déjà condamné en 2007 à Vienne en Autriche pour des faits similaires, en compagnie de son épouse, le chef de clan bosniaque sera fixé sur son sort à l’issue de trois semaines de débats.

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Petites voleuses du métro: le clan Hamidovic soulagé 16 mai 2013 Le Figaro JUDITH DUPORTAIL @judithduportail

Les peines prononcées contre les membres du réseau qui forçait des enfants à voler sont inférieures aux réquisitions du parquet.

SON SOURIRE est plein de trous, mais c’en est un. Monica Hamidovic, la fille de Féhim Hamidovic, le chef du clan qui contraignait de jeunes filles à voler dans les transports en commun, est soulagée. « C’est bien » , lâche-t-elle à la sortie de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, accompagnée de plusieurs proches venus assister au délibéré. Féhim Hamidovic, soixante ans, les cheveux noirs clairsemés, chemise blanche et pull pistache, a pourtant quitté le tribunal menottes aux poignets, direction la prison.

Par AFP http://www.liberation.fr/societe/2013/05/15/petites-voleuses-du-metro-le-chef-du-clan-hamidovic-condamne-a-7-ans-de-prison_903088
Des peines mesurées, d’un à sept ans de prison, ont été prononcées mercredi à Paris au procès du «réseau Hamidovic» à l’encontre d’une vingtaine de prévenus poursuivis pour avoir obligé des jeunes filles, principalement mineures, à voler dans le métro parisien.

Le chef du clan, Féhim Hamidovic, 60 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à sept ans de prison, son épouse Béhija à quatre ans, tandis que leurs deux fils ont été condamnés à cinq ans de prison.

Quinze autres prévenus ont été condamnés à des peines allant d’un à quatre ans de prison et un a été relaxé.

Deux hommes poursuivis pour avoir aidé le réseau à obtenir de faux papiers grâce à de fausses attestations ont été condamnés à six mois ferme et un an avec sursis.

Ces peines sont largement inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait notamment demandé au tribunal de condamner Féhim Hamidovic à 15 ans de prison.

Me Joseph Cohen-Sabban, avocat du chef du clan et de son épouse, a salué une «très belle décision». «J’estime qu’on est bien jugé», a ajouté l’avocat, qui ne compte pas faire appel mais craint que le parquet, qui avait pris selon lui des réquisitions «délirantes», ne le fasse.

Féhim Hamidovic avait contesté les faits et affirmé qu’il était victime d’un complot ourdi par un clan adverse.

Avec son épouse, il avait déjà été condamné en Autriche pour des faits similaires.

Originaires pour la plupart de Bosnie-Herzégovine, les prévenus ont été condamnés notamment pour association de malfaiteurs, provocation de mineurs à commettre des délits, traite d’êtres humains ou encore vols en réunion.

«Enfants exploités»

L’enquête avait mis au jour un réseau très structuré, dans lequel les jeunes filles étaient dans un premier temps formées, avant d’être obligées à ramener 300 euros par jour en commettant des vols à la tire.

Si cet objectif n’était pas atteint, elles pouvaient subir violences et brûlures de cigarettes.

Les voleuses ciblaient les touristes asiatiques, qui voyagent parfois avec d’importantes sommes d’argent en liquide.

Selon une estimation des enquêteurs, les vols du clan auraient atteint 1,3 million d’euros en 2009.

Une partie du bénéfice de ces vols était utilisé pour prendre en charge les coûts d’hébergement et de transport du réseau.

Plusieurs membres présumés du réseau réinvestissaient dans le commerce de véhicules haut de gamme, à l’instar de Féhim Hamidovic.

Le tribunal a ordonné la confiscation des biens saisis de plusieurs prévenus et prononcé des interdictions définitives du territoire français.

Le réseau avait été démantelé en novembre 2010 lors d’une vague d’interpellations dans le sud de la France et en Italie. Le clan avait aussi des branches en Belgique, en Espagne et en Italie.

L’association Hors La Rue, qui aide notamment des enfants roms forcés à mendier, a regretté la clémence des peines prononcées en raison, selon elle, de «l’absence du témoignage des principales victimes lors de ce procès» qu’elle impute aux «carences des dispositifs de protection des mineurs victimes d’exploitation». «Leur disparition signifie probablement un retour à l’exploitation», selon Hors La Rue.

Présente au délibéré, la première adjointe PS au maire de Paris Anne Hidalgo et candidate aux municipales de 2014, a salué «le travail qui a été fait par la police et la justice, qui a mis la main sur un réseau criminel de personnes qui ont exploité des enfants», soulignant que «c’est un sujet extrêmement important pour Paris».

Selon elle, quatre autres réseaux ont depuis été démantelés.

Au côté de Mme Hidalgo, le directeur général de France Terre d’asile, Pierre Henry, a jugé nécessaire «de poursuivre ces réseaux criminels qui exploitent, maltraitent, violent ces jeunes enfants que l’on retrouve dans les rues de Paris». Dans le dossier Hamidovic, des accusations de viol sur une jeune fille mineure à Nice en février 2008 avaient été portées à l’encontre de plusieurs des mis en cause, mais l’enquête s’est soldée par un non-lieu sur ce point.

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Estrosi et les Roms: l'heure est à "la révolte" des élus Par LEXPRESS.fr, publié le 07/07/2013 à 14:21, mis à jour à 16:22

Le maire de Nice, invité sur Europe 1 ce dimanche, dit avoir un mode d'emploi pour "mater" les Roms qui occupent illégalement des terrains. Pour lui, les élus ne doivent "rien lâcher".
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/estrosi-et-les-roms-l-heure-est-a-la-revolte-des-elus_1264510.html#DhzZzzmE0V7w8vS1.99
"Je vous materai". Invité ce dimanche au Grand Rendez-vous d'Europe 1, le maire de Nice Christian Estrosi a donné son mode d'emploi pour "mater" les gens du voyage qui occupent illégalement des terrains. Interrogé sur cette question, il a élargi son propos aux Roms, et a estimé que la circulaire Valls de 2012 lui compliquait la tâche.

Il a appelé les maires de France dans son cas à "ne rien lâcher", l'heure est à "la révolte". Il a précisé qu'il comptait installer des caméras où les Roms s'installent afin de surveiller leurs allées et venues.

Mode d'emploi

Pour le maire UMP, la recette est simple: "Je vais relever les plaques d'immatriculations les unes après les autres". Ensuite, il prévoit de présenter un référé "pour pouvoir saisir les véhicules", puis de donner le choix aux occupants: payer et partir, ou partir sans véhicules. "Je vais envoyer mon mode d'emploi à tous les maires de France pour qu'ils sachent pendant tout l'été quels moyens utiliser face à un pouvoir socialiste qui ne les accompagne pas" a-t-il promis.

Christian Estrosi a récemment réussi à déloger un groupe d'une centaine de caravanes qui occupaient un terrain de rugby illégalement, rappelle Le Figaro.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/politique/estrosi-et-les-roms-l-heure-est-a-la-revolte-des-elus_1264510.html#DhzZzzmE0V7w8vS1.99

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Roms: Bruxelles accuse Valls de faire sa "campagne électorale" et menace la France Le HuffPost avec AFP | Par Geoffroy Clavel Publication: 25/09/2013 12h04 CEST | Mis à jour: 25/09/2013 15h53 CEST

ROMS - L'effet discours de Grenoble. La vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, qui avait déjà vivement attaqué la politique de Nicolas Sarkozy contre les Roms, a accusé ce mercredi 25 septembre la France de ne pas mettre en oeuvre sa "stratégie nationale" d'intégration des Roms, dénonçant la posture électoraliste du ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

"La libre circulation comme la liberté de résider dans un autre pays sont des droits fondamentaux (...) Si ces principes inscrits dans les Traités ne sont pas respectés, la Commission utilisera tous les moyens à sa disposition" pour sanctionner ces violations, a également menacé le porte-parole de la Commission Olivier Bailly.

En épinglant la politique du gouvernement Ayrault sur l'accueil des populations Roms, la Commission a surtout réagi aux propos de Manuel Valls sur l'incapacité présumée de la communauté rom à s'intégrer, propos qui ont mis le feu aux poudres jusque dans son propre camp. S'agissant des déclarations du ministre de l'Intérieur, Viviane Reding les classe "dans la catégorie campagne électorale" à six mois des élections municipales. "Si je ne me trompe, il y a de l'élection en l'air en France. A chaque fois qu'on ne veut pas parler de choses importantes comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms", a déclaré la commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux sur France Info.

La même Viviane Reding s'était faite remarquer en 2010 lors de son bras de fer avec Nicolas Sarkozy. A l'époque, la vice-présidente de l'UE avait dénoncé une circulaire de l'Intérieur ciblant nommément les Roms en raison de leur origine ethnique. Cela l'avait conduit à déclarer qu'elle espérait que "l'Europe ne serait plus le témoin de ce genre de situation après la Deuxième Guerre mondiale."

50 milliards mis à disposition par l'UE

La situation n'est guère plus différente aujourd'hui. Le ministre de l'Intérieur est critiqué pour avoir affirmé l'incapacité "ethnique" des Roms à s'intégrer en France, justifiant par là leur renvoi en Roumanie et Bulgarie. Mais alors que des voix s'élèvent pour dénoncer l'impréparation de l'Union européenne, dont les accords de Schengen autorisent la libre circulation des personnes, Viviane Reding et la Commission européenne renvoient la responsabilité aux gouvernants nationaux, tout en rappelant l'esprit des textes communautaires.

"Le fait que la Bulgarie et la Roumanie ne soient pas membres de Schengen n'empêche nullement leurs citoyens de circuler dans l'UE au titre des libertés fondamentales", a souligné le porte-parole de la Commission.

Pour la vice-présidente chargée de la Justice, "l'UE a pris ses responsabilités" en mettant 50 milliards d'euros à la disposition des Etats membres pour l'insertion des Roms. "Or l'argent n'arrive pas là où il devait l'être, dans les communes, chez les maires, là où il y a des installations illégales qui doivent être démantelées", a estimé la commissaire sur France Info. "Ensuite, on emmène les gens où? Qu'est ce qu'on en fait? Est-ce qu'on fait le travail d'intégration?" demande-t-elle avant de déclarer: "Je ne vois rien venir".

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Des associations tziganes poursuivent Estrosi pour ses propos sur les Roms Le Monde.fr avec AFP | 10.09.2013 à 00h14 • Mis à jour le 10.09.2013 à 09h08 http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/10/des-associations-tziganes-poursuivent-estrosi-pour-ses-propos-sur-les-roms_3473754_3224.html L'Union française des associations tziganes (UFAT) a annoncé, lundi 9 septembre, des poursuites en justice contre le maire de Nice, Christian Estrosi, qu'elle accuse de "provocation à la haine raciale" par ses propos tenus contre les Roms.

Au début de juillet, le député-maire UMP avait promis, à propos des Tziganes occupant illégalement des terrains dans sa ville, de les "mater", taxant de "délinquants" ceux qui s'installaient sur des terrains non aménagés et proposant de fournir à tous les maires de France son "mode d'emploi" pour les combattre.

"'L'appel à la révolte' de Christian Estrosi (…) est en effet un véritable appel à la haine", estime l'UFAT, qui dénonce une "surenchère" dans les propos de plusieurs hommes politiques sur les Roms cet été.

"LA RÉPUBLIQUE NE TOLÈRE PAS LA HAINE"

Le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, avait ainsi qualifié la présence de Roms, au début de juillet à Nice, d'"urticante" et "odorante". A la fin de juillet, le député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, avait démissionné de l'UDI, prenant les devants sur son exclusion après qu'il eut déclaré, au sujet des Gitans, que "Hitler n'en avait peut-être pas tué assez".

"Il est temps de mettre fin aux appels à la haine et aux discriminations, agressions et violences qu'ils entraînent contre les gens du voyage et les Roms étrangers, victimes des mêmes représentations stigmatisantes et des mêmes stéréotypes éculés", affirme l'UFAT.

"Ces appels à la haine, surtout s'ils émanent d'élus de la République, doivent être justement condamnés, car la République ne tolère pas la haine et car ses représentants doivent être exemplaires en faisant respecter la loi, et non en poussant à sa transgression", poursuit l'organisation.

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Maria la Rom, d’ange blond à Rom invisible? Dominique Lemoine | 31 oct 2013 http://www.pieuvre.ca/2013/10/31/societe-maria-roms/

Ses yeux bleus et ses cheveux blonds lui ont permis d’être enlevée des mains d’un couple rom par la police grecque et d’être placée sous les projecteurs des médias. Puis son lien biologique avec un autre couple rom bulgare prouvé par test ADN risque de la retourner à l’exclusion de son groupe.

La petite Maria a relancé le débat sur l'immigration et l'intégration des Roms en Europe

Un collaborateur du quotidien britannique The Guardian, Zeljko Jovanovic, lui-même un Rom, suspecte que la compassion des Européens s’estompera à l’endroit de l’enfant mystérieux associé à un ange par les médias. Qu’elle retournera dans l’indifférence à un groupe d’humains sans documentation ni droits.

Son avenir comme celui des autres enfants roms, dit-il : ségrégation dans l’éducation, analphabétisme, inemployabilité, faim, malnutrition, logement misérable, soins de santé médiocres et espérance de vie de dix ans inférieure à la normale. Son souhait est que les gouvernements européens et la communauté continueront à aider Maria en assurant l’accès de son groupe aux documents et droits fondamentaux.

À son avis les familles roms se butent dans leurs démarches d’obtention de documents (ex. : certificats de naissance) à des coûts jugés « prohibifs » dans leur situation. L’inexistence qui en découle serait la justification pour leur nier protection légale, soins de santé et éducation publics, emploi et droit de vote. Et le doute de ceux qui évitent l’enregistrement s’expliquerait par le souvenir collectif des années 30-40.

La Bulgarie veut rapatrier sa pupille

Le gouvernement bulgare a annoncé mardi vouloir récupérer par l’intermédiaire de l’agence de protection de l’enfance de l’État la fillette de quatre ans trouvée le 16 octobre dans un camp en Grèce.

Il planifie qu’elle soit accueillie par des travailleurs sociaux et placée dans une résidence pour enfants abandonnés ou dans une famille d’accueil en attendant qu’une solution sur sa garde soit trouvée. Sans exclure pour l’instant un retour chez ses parents biologiques ou chez d’autres membres de la famille.

Ses parents chômeurs sans revenus l’auraient « abandonnée » quand elle avait sept mois, selon un texte d’agence publié sur 20minutes.fr. Ils font l’objet d’une enquête en Bulgarie pour vente d’enfant et risquent jusqu’à six ans de prison. Et ils sont responsables de sept autres enfants dans une misère extrême.

Selon Jovanovic, l’absence d’enregistrement officiel et de recensement des Roms signifie qu’ils sont plus à risque d’être victimes de trafic de personnes. L’intérêt médiatique sur Maria a poussé les autorités bulgares à s’intéresser au problème de commerce de bébés à l’étranger, notamment en Grèce. Et l’ONG bulgare Nadia en prévention du trafic d’enfants à l’étranger dit avoir identifié 66 cas pour l’année 2012.

Selon une dépêche AFP publiée sur le site du Devoir le 26 octobre, un des clichés qui collent à la peau de cette communauté rom est celui du Rom « voleur d’enfants ». Les parents ont quant à eux expliqué qu’ils avaient laissé leur enfant pour qu’il soit élevé en Grèce par des gens à un endroit où ils avaient eux-mêmes travaillé, selon le ministre bulgare de l’Intérieur responsable de la communication.

La mère aurait affirmé depuis le début avoir confié sans être payée l’enfant à un autre couple rom en Grèce, car elle n’avait pas assez d’argent pour l’élever. Les autorités grecques ont de leur côté inculpé le 21 octobre un couple rom de 39 et 40 ans pour « enlèvement » et les ont placés en détention en attente de procès. Selon le Conseil de l’Europe, le couverture médiatique a été irresponsable et a pu avoir des conséquences importantes sur la vie de millions de Roms.

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13/11/2013 à 05:30 Mis à jour il y a environ 37 minutes Vu 400 fois Distributeurs de billets explosés au gaz : sept interpellations dans le grand Est http://www.estrepublicain.fr/actualite/2013/11/13/distributeurs-de-billets-exploses-au-gaz-sept-interpellations-dans-le-grand-est

Sept personnes ont été placées en garde à vue ce lundi matin. Elles sont soupçonnées d’avoir fait sauter une douzaine de DAB de Franche-Comté et de Bourgogne avec un mélange gazeux composé d’oxygène et d’acétylène.

C’est la nouvelle mode des braqueurs de DAB : l’explosion au gaz. Les malfaiteurs font un petit trou dans le distributeur automatique de billets, y introduisent un mélange gazeux composé d’oxygène et d’acétylène, provoquent une petite étincelle et le tour est joué !

Quarante de ces vols avaient été recensés en 2011, huit en 2012. Depuis le début de l’année, le colonel Patrice Bayard, chef de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), chiffre à plus de 140 le nombre de braquages commis avec ce mode opératoire, soit plus de 50 % des attaques de DAB dénombrées en France.

Plus de 10.000 € en argent liquide

Une cellule nommée « DAB-gaz » a même été mise sur pied afin de neutraliser ces équipes qui ont d’abord opéré dans les régions PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et Rhône-Alpes avant de venir écumer également le grand Est, à partir de cet été.

Ces dernières heures, une vingtaine de personnes censées appartenir à deux bandes ayant détruit chacune une douzaine de distributeurs ont été interpellées et placées en garde à vue.

Ce lundi matin à l’aube, une équipe du GIGN, en appui de l’OCLDI, des sections de recherches de Dijon et Besançon, de gendarmes de Haute-Marne, de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire, ont interpellé trois hommes, une heure après l’explosion du distributeur de billets de la Caisse d’Épargne de Mirebeau-sur-Bèze, au moment où ils abandonnaient une voiture volée sur un parking de Saint-Thiébault, en Haute-Marne.

Plus de 10.000 € en argent liquide auraient été retrouvés dans la voiture à bord de laquelle se trouvaient ces hommes. Quatre autres personnes (dont trois femmes) ont également été arrêtées et placées en garde à vue.

Parmi les attaques imputables à ces malfaiteurs, outre celle de Mirebeau-sur-Bèze, on recenserait celle commise à Louhans, en Saône-et-Loire, le 23 octobre, et sans doute celle de Genlis, le mois dernier également, ainsi que plusieurs explosions dans le Jura.

Un mode opératoire extrêmement dangereux

Une information judiciaire est ouverte depuis début octobre à la JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Nancy sous la qualification criminelle de « vols en bande organisée » et c’est dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction, Fabien Sartre, que ces interpellations ont eu lieu. Au terme de leur garde à vue, qui peut durer jusqu’à 96 heures, plusieurs personnes pourraient être présentées au magistrat afin d’être mises en examen.

« Ce mode opératoire est extrêmement dangereux », souligne Mathieu Fohlen, vice-procureur à la JIRS de Nancy. « On fait en effet exploser la façade du DAB. Le but est de désactiver les sécurités d’encrage des billets mais cela ne fonctionne pas à tous les coups. Le préjudice se monte à plusieurs centaines de milliers d’euros. Cette douzaine de faits concerne la Franche-Comté et la Bourgogne. »

Grosses cylindrées

Hier matin, une autre bande de braqueurs présumés a été interpellée en région PACA. Treize personnes, membres de la communauté des gens du voyage et de nationalité française, ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une instruction menée au tribunal de grande instance d’Avignon pour « vols en bande organisée, vols avec arme et association de malfaiteurs ».

Les malfrats, appartenant à la communauté des gens du voyage, opéraient toujours de la même façon. Arrivés à bord de grosses cylindrées, en général des BMW dérobées quelques heures auparavant, ils faisaient circuler avec une assurance stupéfiante les éventuels témoins.

Ce fut le cas, récemment, à Rougemont, dans le Doubs, pour une employée de boulangerie. Ce jour-là, le 23 octobre, il était 4 h du matin lorsque Marie tombait sur les casseurs encagoulés et vêtus de treillis, en pleine action qui lui faisaient signe de passer son chemin sans s’affoler d’un appel à la gendarmerie.

Il y a deux semaines, une première équipe avait été interpellée dans la région lyonnaise, suite à un casse en Franche-Comté. Trois hommes avaient été incarcérés mais les enquêteurs étaient toujours sur les dents, se doutant bien qu’ils avaient affaire à des équipes à tiroirs exploitant une technique originale mise en commun et œuvrant dans toute la France, à un rythme effréné.

Cinq à six bandes de voleurs à l’explosif, plus ou moins liées entre elles, seraient actives dans l’Hexagone. Trois ont été démantelées depuis le 31 octobre.

Le département haut-saônois a été particulièrement touché par ces attaques de distributeurs automatiques de billets. Depuis le mois d’août 2013, les gendarmes en recensent cinq sur leur territoire.

Ce mois-là, en l’espace de quatre jours, du 16 au 20, les malfrats sont passés par Gy et Dampierre-sur-Salon. Ont ensuite suivi deux attaques à Jussey, une commune du nord-ouest du département. La première contre un DAB de la Banque populaire (le 24 septembre), l’autre contre un appareil de la Banque postale (le 25 octobre), pour un préjudice d’environ 100.000€. Enfin, à Port-sur-Saône, le 31 octobre, une autre attaque a ciblé un DAB du Crédit agricole, pour un butin d’à peine quelques milliers d’euros.

Suite à cette dernière attaque, trois suspects déjà avaient été interpellés quelques heures plus tard, à leur domicile dans la région de Lyon.

Plus tôt dans l’année, une attaque avait déjà été constatée à Dampierre-sur-Salon, fin février. Mais point d’explosif cette fois : le commando avait arraché le distributeur d’un Crédit agricole à l’aide d’un camion-grue. Montant du butin : 22.000€. Quelques heures plus tard, quatre individus d’une même famille, suspectés d’avoir participé à ce casse, avaient été arrêtés à Montarlieu-Vercieu, près de Lyon.

Mercredi 6 novembre, deux tentatives de vols ont été relevées, à Vesoul. Armés d’un pied-de-biche, les malfaiteurs, moins expérimentés, ont vainement tenté d’ouvrir les distributeurs situés sur les parkings de deux centres commerciaux, à Vesoul et à Navenne (agglo). Mais eux sont repartis bredouilles.

Dans le Jura, deux distributeurs ont également été attaqués à l’explosif récemment : le jeudi 30 mai à Bans, entre Dole et Poligny, pour un préjudice évalué à plusieurs milliers d’euros ainsi qu’à Damparis le 26 septembre dernier. Eric NICOLAS, Gilles DUPONT et Fred JIMENEZ L. M.

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Le maire de Roquebrune dénonce une «mascarade» après ses propos sur les Roms AFP 5 décembre 2013 à 08:46 (Mis à jour : 5 décembre 2013 à 11:02) http://www.liberation.fr/societe/2013/12/05/le-maire-de-roquebrune-denonce-une-mascarade-apres-ses-propos-sur-les-roms_964310

L'élu UMP met en cause l'opposition dans sa ville et dit ne pas se souvenir de ses paroles polémiques révélées par Mediapart mercredi.

Le maire UMP de Roquebrune-sur-Argens (Var), Luc Jousse, a vu un «procès d’intention» de son opposition après ses propos sur des Roms trop tôt secourus par les pompiers, «blague un peu salace» qu’il a redit n’être pas de lui. Luc Jousse, qui brigue un troisième mandat dans cette commune de 13 000 habitants du golfe de Saint-Tropez que le FN ambitionne de conquérir, s’expliquait à nouveau sur Europe 1 après ses propos polémiques condamnés de toutes parts, enregistrés dans le public et diffusés par Mediapart.

Dans cet enregistrement, on l’entend dénoncer des vols et départs d’incendie qu’il attribue aux Roms. «Ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes ! Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours !»

«Je regrette d’avoir répété une phrase humoristique de quelqu’un du public qui l’a probablement dite. Je vais être clair : je ne m’en souviens même pas !» a argumenté Luc Jousse, qui s’est dit «gaulliste social».

«Que le maire soit excédé parce que l’Etat ne fait rien et ne les expulse pas alors que j’ai une décision de justice, ça c’est sûr. Que j’ai fait de l’ironie sur le fait que neuf fois de suite ils se soient mis le feu eux-mêmes, ça c’est certain», a-t-il encore déclaré en accusant cette minorité de «faire courir des risques à toute une population» qui est, en plein été, «de 50 000 habitants».

«C’est une mascarade, un procès d’intention de mon opposition, évidemment», a-t-il dit. Il ne regrette rien ? «Absolument rien.» Un message au FN ? «Je suis un des rares maires UMP qui, aux dernières municipales, avaient fait alliance avec la gauche.»

«Je n’ai aucune excuse à présenter aux Roms», «je leur demande de bien vouloir respecter la procédure d’expulsion», a encore dit le maire. «Vous ne pouvez pas empêcher une population complètement excédée, qui patiente depuis six mois, qui sait qu’il y a une décision de justice, de faire des blagues un peu salaces - je le concède - sur le sujet des Roms.» Les propos de Luc Jousse ont été condamnés avec vigueur à gauche mais aussi à l’UMP. Le vice-président du FN, Florian Philippot, les a quant à lui qualifiés d'«inadmissibles» et a estimé que Jean-François Copé devrait «demander à cet élu de quitter son poste».

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VIDEO. Paris : huit braqueurs arrêtés en flagrant délit près des Champs-Elysées Publié le 13.01.2014, 19h18 | Mise à jour : 14.01.2014, 07h12 http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-8-braqueurs-interpelles-en-flagrant-delit-pres-des-champs-elysees-13-01-2014-3489763.php

Huit hommes ont été interpellés vers 18 heures lundi en flagrant délit alors qu'ils tentaient de braquer une bijouterie près des Champs-Elysées à Paris. Les malfaiteurs, des Roumains encagoulés et armés de haches ont tenté de casser la porte de l'établissement à coups de masse. La bijouterie visée était l'horloger-joailler de luxe Dubail, au 66, rue François 1er.

«Un vigile présent devant la bijouterie est intervenu, explique t-on dans la boutique et la police est arrivée une minute après.»

Les malfaiteurs «sont parvenus à casser la première porte du sas d'entrée mais ne sont pas parvenus à forcer la deuxième porte et se sont retrouvés coincés dans le sas». Ils ont été arrêtés par la brigade de répression du banditisme, «certains dans le sas», d'autres «aux abords de la bijouterie en train d'essayer de fuir».

L'attaque a été «brève et ultra-violente, assez stressante pour les employés, a précisé sur les lieux le directeur de la police judiciaire parisienne Bernard Petit. Il y a des gens un peu choqués, mais pas de blessés». Isabelle Dubail, la directrice de la bijouterie, a avoué qu'elle avait alerté la police récemment, se sentant «menacée depuis quelque temps» après avoir constaté «des repérages».

Manuel Valls sur les lieux

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est rendu sur place peu avant 19 heures afin de «féliciter les enquêteurs pour leur travail» et s'entretenir avec les employés de la bijouterie «qui étaient très choqués», selon le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet. «C'est une vraie belle affaire, c'est très rare d'attraper toute une équipe comme ça», commente un enquêteur spécialisé dans le grand banditisme.

Les braqueurs ont été placés en garde à vue dans les locaux de la BRB. Ils sont suspectés d'être «de la même mouvance» que l'équipe qui avait commis début octobreun spectaculaire braquage rue de la Paix, au coeur de Paris, avec un butin dont la valeur dépasserait le million d'euros. D'autres membres du même gang sont également soupçonnés d'avoir participé au braquage d'une bijouterie à Strasbourg le 27 décembre, au cours duquel 230.000 euros de montres de luxe ont été volés, selon l'une des sources. Dans cette affaire, un mandat d'arrêt européen a été délivré à l'encontre de deux Roumains, interpellés en Autriche le lendemain.

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Fusillade dans la Somme: 4 morts dont un bébé de 6 mois et un gendarme http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/fusillade-dans-la-somme-3-morts-et-4-blesses-graves-dont-2-gendarmes_1709520.html#8sR7lO1OLwYHCZec.99

Une fusillade dans un camps de gens du voyage de la Somme, à Roye, a fait quatre morts, dont un enfant en bas âge et un gendarme. Trois blessés graves, dont un autre gendarme, sont également à déplorer.

Quatre personnes sont mortes et trois autres ont été gravement blessées dans une fusillade ce mardi à Roye (Somme) sur un terrain occupé par des gens du voyage. Au trois personnes décédées dans un premier temps - un homme, une femme et un enfant de 6 mois - s'est ajouté celui en soirée d'un gendarme, dont le pronostic vital était engagé et qui avait été transporté par hélicoptère au CHU d'Amiens.

Les trois blessés restant sont l'auteur de la fusillade, un enfant de 3 ans et un autre gendarme. La préfecture a précisé que l'enfant avait fait un arrêt cardiaque et avait été mis sous assistance respiratoire. .....

Bernard Cazeneuve a exprimé sa "tristesse" et sa "compassion à l'égard de la famille (c'est nous qui soulignons, dt) qui a été décimée par ce tueur", et sa "gratitude" pour le courage des gendarmes qui se sont "courageusement interposés pour éviter un drame plus grave encore". "C'est une affaire absolument dramatique qui suscite une considérable émotion", a souligné le ministre de l'Intérieur. ....

Situation tendue sur place

La situation sur place était extrêmement tendue, des gens du voyage exigeant de pouvoir rentrer dans le camp dont les forces de l'ordre, venus avec des chiens, leur interdisaient l'accès. Une voiture a même tenté de forcer un barrage, selon un adjoint au maire de Roye. Des gens du voyage ne résidant pas le camp ont accouru sur place après les coups de feu, ce qui a fait monter la tension.

En soirée, deux journalistes d'Europe 1 et RTL ont été victimes de coups.

L'agression a été perpétrée à côté des gendarmes présents sur place. Dans un premier temps, ils ne sont pas intervenus, d'après le journaliste de l'AFP sur les lieux.

Les deux journalistes frappés ont été conduits par les militaires au poste fixe de gendarmerie, qui se trouve à quelques mètres de l'entrée du camp.

La dernière flambée de violences dans un camp de gens du voyage s'était produite en 2010 à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), avec la mort d'un gitan tué par un gendarme lors d'un contrôle de gendarmerie auquel le gitan avait tenté de se soustraire. Le surlendemain, quelques dizaines d'hommes de la communauté des gitans sédentarisés s'en étaient pris à la gendarmerie de Saint-Aignan.

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L'autoroute A1 bloquée par les gens du voyage Par lefigaro.fr Publié le 29/08/2015 à 09:22

Des manifestants ont bloqué cet axe important alors que les routes françaises sont très chargées en raison des retours de vacances. Le blocage a lieu près du camp où une fusillade a fait quatre morts mardi.

La scène est surréaliste. L'autoroute A1, l'une des plus fréquentées d'Europe, surtout en cette période de retour de vacances, est bloquée dans les deux sens au niveau de Roye, dans la Somme, par une poignée de manifestants issus de la communauté des gens du voyage.

En place depuis vendredi soir, ces derniers réclament qu'un homme, actuellement en prison, puisse assister aux funérailles de son père, abattu lors de la fusillade de mardi qui a fait quatre morts et trois blessés. La situation est «tendue» selon la préfecture de la Somme . Les forces de l'ordre ne sont pour le moment par intervenues. «On essaye d'être pragmatiques pour éviter un effet boule de neige […] Le but est de contenir les manifestants sur l'autoroute et au niveau du rond-point» devant le camp, a confié un porte-parole. La préfecture préfère «poursuivre le dialogue» avec les manifestants.

Ces derniers ont pourtant agi depuis vendredi soir avec la manière forte. Outre les feux de pneus et de poubelles, ils ont amené des tronçonneuses, coupant des arbres pour alimenter les feux qui barrent l'autoroute. Le tout sous le regard médusé de touristes. (c'est nous qui soulignons, dt)

Des déviations ont été mises en place pour désengorger le trafic, même s'il reste encore plusieurs kilomètres de bouchon dans le secteur, en direction de Lille. Du fait de ces déviations, une grande partie du réseau secondaire était également saturé durant la nuit, laissant de nombreux touristes livrés à eux-mêmes en pleine campagne. Au niveau de l'autoroute, seuls quelques camions étaient encore bloqués samedi matin.

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