Les principes fondamentaux

Juin 2008 : Barbarie "modeste" ?, émeute ordinaire dans la France ordinaire ; Fin du Bac, la fête au Champs de Mars : des "jeunes" volent et cassent ; Fête de la Musique : violente agression d'un jeune juif
Mai 2008 : Barbarie exceptionnelle, les Fourniret échappent à la mort, gràce à Maître Badinter,
Février 2008 : Guerre des bandes armées de filles "www" (censure républicaine) en Seine-et-Marne ; Coups de couteau pour la professeure, le procès ; mansuétude ?, 15 ans requis 13 ans accordés
Septembre 2007 : Guerre des bandes (blacks ?) à Paris ; indulgence pour la barbarie féminine ?
Juin 2007 : Justice agressée : Un juge poignardé à Metz ; une greffière frappée à coups de poing et menacée de mort : sursis pour les auteurs ...
Avril 2007 : Elle lui fait boire de l'acide : l'affaire Sullivan - 6 à 22 ans sans sureté ; viols éviscération, assassinats : l'affaire Bodein ; lapidée à 23 ans : 23 ans sans sûreté ;
Mars 2007 : On tabasse l'enseignante et on diffuse les images
Mai 2006 : Rave party dans le Berry : on éventre les chiens pour récupérer la drogue
Avril 2006 : Une jeune fille brûlée vive en banlieue française, non intégration culturelle ? ...
A Bruxelles, un jeune homme (17 ans) lardé de coups de couteau pour un baladeur MP3 ... ; deux polonais officiellement mis en cause
Mars 2006 : Maître Norbert Goutmann prend la défense de Fofana ; le récit d'un geôlier ;
Février 2006 : Torture et meurtre de Benoît Savéan. Barbarie financière ? Torture et meurtre d'Ilan Halimi. Barbarie raciste ?
Janvier 2006 : Barbarie quotidienne dans l'Education "nationale" française ... ; un témoignage bien courageux ; face à une Education nationale officiellement (et évidemment ?) "irresponsable" ...
31 décembre 2005. Meurtre non barbare. Jalouse elle bat à mort une amie
18 décembre 2005. Grosse "incivilité". Tentative d'assassinat sur une professeure de lycée : c'est la société qui est responsable, selon le ministre de l'éducation nationale Gilles de Robien, qui propose l'installation d'une permanence judiciaro-policière, dans les établissements, les syndicats d'enseignants protestent ... soutenus par François Bayrou (démocrate-chrétien) ..., François Hollande (socialiste) ... les syndicats de parents d'élèves, de lycéens, de magistrats (socialistes) ...
16 septembre 2005. Barbarie yin. Deux jeunes filles (17 et 20 ans) massacrent un handicapé
13 mars 2005. Grosse "incivilité". Traquenard pour la police
28 janvier 2005. Barbarie démocratique ?
8 janvier 2005. Impuissance républicaine ? La policière agressée doit demander sa mutation ....
4 janvier 2005. 6 ans ferme pour avoir donné volontairement le sida. Le président des sidéens proteste.
1er janvier 2005. Le respect des traditions (selon France 2, informations de 20 heures), record battu en Ile-de-France, 212 voitures brulées ; record en Alsace : 56 voitures brûlées ; et finalement record de France : 333 voitures brûlées. C'est "fun" et la faute à la société selon un sociologue très médiatisé.
(Décembre 2004)
Agressée et menacée de mort si elle dépose plainte ...
Brûlé vif ; les familles des criminels l'insultent ...
(Novembre 2004)
Lynché au hasard ... ; verdict "d'apaisement", c'est le maire qui, indirectement, est en cause, selon un avocat.
Coups de couteau sur les "Champs" ...
(Octobre 2004)
Dix coups de couteau pour une fille mécréante
(Juillet 2004)
15 ans et tué à la hache pour une cigarette refusée, par un barbare
(Juin 2004)
Un SDF battu à mort par des "jeunes"
(Mai 2004)
Coup de poing et menaces de mort pour deux appels de phare, 5 mois avec sursis
Coups de couteau contre le "bienfaiteur", 15 ans
Tortures et viols sur mineurs ; une accusatrice peu crédible ...
(Avril 2004)
42 coups de couteau pour faire comme Hollywood (22 ans de prison)
Frappée à mort pour une carte bleue
Les trois adolescentes voulaient "jouer"
Une jeune femme turque torturée par son mari
Trente et quinze ans pour les assassins de "super-mamie"
(Mars 2004)
Il poignarde son camarade de classe
(Novembre 2003)
Lapidation pour une cigarette refusée
Violée et massacrée
3,5 ans de prison pour avoir violemment tabassé des agents de police (dont une jeune femme),
la mère du condamné proteste ...
(Octobre 2003)
Violence dans les palais de justice
Violence au centre social
VILLEURBANNE L'invraisemblable violence d'un commando de casseurs, lundi (27 octobre 2003), au centre social du quartier des Buers

Quatre-vingts enfants contraints d'assister à la haine de vandales

Des moniteurs tétanisés face à une bande d'agresseurs déterminés et, surtout, quatre-vingts enfants âgés de 3 à 6 ans, spectateurs terrifiés d'un invraisemblable déferlement de violence : cela s'est passé lundi après-midi, à Villeurbanne (Rhône), où une quinzaine de jeunes du quartier ont systématiquement mis à sac, deux heures durant, les locaux du centre social du quartier des Buers.

A 15 h 30, ce jour-là, les locaux du centre social, dépendant de la Caisse d'allocations familiales, sont bondés, en raison des vacances scolaires de la Toussaint, lorsque les intrus se présentent. Il s'agit de jeunes adultes, apparemment âgés de 18 à 30 ans, et tous originaires du quartier. Froidement, ils entreprennent aussitôt de tout démolir, enfonçant les portes, défonçant les faux plafonds à coups de chaises, lançant les tables à travers les huisseries pour faire éclater les fenêtres. Les moniteurs présents sont totalement impuissants. Tout au plus peuvent-ils entraîner les enfants vers les toilettes où ils pensent pouvoir les mettre en sécurité. Selon plusieurs témoins, des menaces sont proférées : il est question d'enlèvements, de «kidnapping». En quittant finalement les lieux, deux longues heures plus tard, certains des voyous lanceront des balles de ping-pong enflammées à l'intérieur des locaux. D'autres justifieront leur action en faisant référence à l'islam, selon les moniteurs. Lorsque les policiers, très tardivement alertés, sont enfin arrivés, la bande avait disparu depuis longtemps.

Depuis hier, une cellule psychologique a été installée pour venir en aide aux enfants, assez sérieusement traumatisés par le déchaînement de haine dont ils ont été les témoins, mais aussi pour apporter un soutien aux parents et aux animateurs. Déjà une polémique est apparue : pourquoi les salariés du centre social n'ont-ils pas appelé immédiatement la police, dès les premiers actes de violence commis dans un local où se trouvait un si grand nombre d'enfants ? Un enquêteur résume le sentiment de tous les policiers : «Il est évident que nous aurions pu leur éviter ces deux heures d'angoisse. Nous sommes équipés pour intervenir dans des cas difficiles et nous aurions pu mettre fin à ce saccage, nous sommes là pour ça.»

Les moniteurs ont-ils vraiment craint que la scène ne se termine par une véritable prise d'otages ? «C'est peu vraisemblable, estime un fonctionnaire du commissariat de Villeurbanne. Nous pensons plutôt qu'ils ont été littéralement tétanisés par la peur et qu'ils n'ont pas osé tenter le moindre geste.» Quant à la référence à l'islam, ni le directeur du centre ni la Mairie de Villeurbanne ne veulent lui accorder un quelconque crédit. «Environ 80% des enfants accueillis dans ce centre sont d'origine étrangère, précise l'un des adjoints au maire, tout comme, d'ailleurs la majorité des animateurs, alors...» Pour tous, la véritable raison de l'expédition des jeunes vandales serait ailleurs : le centre social, situé dans un quartier difficile, n'accueille pas d'enfants âgés de plus de seize ans. Apparemment, les vandales de lundi n'acceptaient pas cette règle.

Une réunion devait avoir lieu hier soir entre les encadrants du centre, les parents et les policiers pour tenter de comprendre ce qui s'est réellement passé. Au commissariat de Villeurbanne où quinze fonctionnaires ont été détachés pour travailler en permanence sur cette enquête, les efforts commencent à porter leurs fruits : grâce aux témoignages recueillis, six des auteurs présumés du saccage ont été interpellés : tous de jeunes garçons du quartier et tous déjà connus des services de police pour des vols de voitures ou autres délits.
lefigaro.fr, Villeurbanne : Marie-Hélène Sans [30 octobre 2003]

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La violence de la rue ne s'arrête plus aux portes des tribunaux

Les faits vont du chahut à l'audience, en passant par l'injure ou l'intimidation jusqu'à l'agression physique. Les magistrats n'osent pas toujours rapporter ces incidents, qui reflètent une perte d'autorité. Pour nombre d'entre eux, la question se pose de savoir comment rendre la justice sereinement. Des juges couverts d'injures et des substituts bombardés de projectiles divers à l'audience, des victimes menacées jusque sur les parkings des tribunaux, des magistrats ou des huissiers agressés à l'arme blanche, des CRS appelés pour charger dans une salle des pas perdus..., la justice, comme l'affirme un magistrat, n'arriverait-elle plus à "mettre à distance les tensions de la société" ?

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), qui entend faire de la violence un chapitre de son prochain Livre blanc, qui sera publié en janvier 2004, donne l'alerte : "Ce n'est pas le Bronx, mais il est temps de réagir, estime son président, Dominique Barella. Il existe une montée générale des tensions, notamment à l'audience, qui risque dans certains endroits d'être disqualifiée. Le tribunal n'est plus un sanctuaire. Il est devenu un forum ouvert sur la rue et la cité." La réalité a frappé les sénateurs, dont plusieurs viennent d'effectuer des stages dans les juridictions. Paul Girod (UMP), sénateur de l'Aisne, témoin d'injures racistes et sexistes proférées envers des juges de Montpellier à l'audience, se dit choqué du fait que, "face à certains incidents, les magistrats n'ont pas les moyens de réagir". Pour l'USM, la justice subit à son tour ce que d'autres institutions, de l'école à l'hôpital, vivent depuis plusieurs années : il serait ainsi vain de nier que la violence touche aussi le tribunal.

Mais le phénomène est minimisé dans l'institution. Jean-Luc Gadaud, doyen des juges d'instruction d'Angoulême, agressé il y a un an au cutter par deux individus masqués dans son cabinet, estime qu'il s'agit d'"un acte isolé". Pour une part des magistrats, la tension est normale et on ne peut la qualifier de violence : la confrontation avec le juge est un moment où doivent pouvoir s'exprimer les tensions sociales. La culture judiciaire veut aussi qu'on s'ouvre peu de ses difficultés. Rapporter un incident reste considéré comme un aveu de faiblesse, et la hiérarchie n'est pas toujours à l'écoute. "Si vous gérez bien votre audience, si vous avez anticipé en regardant le dossier, les choses se passent bien, assure une responsable du parquet de Créteil. C'est aussi une question de personnalité et d'autorité : si vous avez peur, vous avez des problèmes."

"CHIFFRE NOIR"

En règle générale, "à moins de blessures, les magistrats ne portent pas plainte en se disant que cela fait partie des risques du métier", résume Philippe Ingall-Montagnier, procureur général de la cour d'appel de Rouen, qui coordonne la première enquête sur la sûreté des tribunaux, en cours de dépouillement. La chancellerie entend ainsi éclaircir le "chiffre noir" de la violence.

Pour ceux qui témoignent de sa réalité, elle est le signe d'une perte d'autorité de la justice. "Nous avons affaire à des gens pour qui la confrontation à l'institution n'a plus de sens. L'autorité est à démontrer à chaque instant", témoigne Denis Guignard, procureur adjoint à Pontoise. Fin décembre 2002, ce tribunal a été ravagé par un incendie criminel, non élucidé. Pour M. Guignard, "cet acte avait une dimension symbolique forte, car les incendiaires s'en sont pris aux lieux publics du tribunal, salle des pas perdus et salles d'audience".

La violence se manifeste de multiples façons : elle concerne aussi bien le juge des enfants au moment où il place les mineurs que le juge des libertés quand il met sous mandat de dépôt, le juge aux affaires familiales lorsque surgit une altercation entre époux ou le juge des tutelles face à une personne fragile. Mais c'est l'audience correctionnelle qui cristallise les tensions. "Les agressions deviennent absolument monnaie courante, témoigne Jacques Beaume, procureur de Marseille. Dans les audiences de violence urbaine, ce n'est souvent plus le contenu du dossier mais le comportement prévisible de l'audience qui règle celui des magistrats."

Dans ce lieu où les difficultés sont purgées, et où tombe la sanction, les magistrats distinguent plusieurs niveaux de tension. Le port ostensible de la casquette ou la sonnerie concertée des portables sont rangés au rang des incivilités ou des petites provocations. Plus sérieux sont les outrages à l'audience (passibles de deux ans de prison), ou les agressions physiques à l'encontre des juges et des victimes. "Les gros délinquants ont intégré la norme ; ils se disent qu'ils ont perdu cette fois-là. Mais les autres sont toujours convaincus d'avoir perdu à tort", commente un juge.

Dans les gros tribunaux de la région parisienne, notamment à Bobigny et à Evry, la frontière entre la loi républicaine et la loi de la cité devient parfois difficile à maintenir. Lors d'un délibéré portant sur une affaire de bande, à Bobigny, un trafic de haschisch s'est organisé entre les prévenus laissés dans la salle d'audience et le public.

Plus généralement, la pratique des comités de soutien pose de plus en plus de problèmes. Les proches des agresseurs arrivent tôt pour squatter les places, lancent le chahut pour poser l'ambiance, obligeant la victime à se frayer un chemin au milieu d'eux. A Créteil, il a été découvert que certains auteurs d'infractions rémunéraient leur fan-club : "Il y a deux ans, un jeune désœuvré d'une cité voisine nous a confié qu'il venait "chercher ses 100 francs". La famille d'un caïd qui passait en audience avait payé des personnes pour faire le chahut. Nous avons affaire à un système d'intermittents", témoigne Laurent Marcadier, secrétaire général de l'Association des magistrats du parquet.

"STRESS, CHARGE ÉMOTIVE"

Face à ces violences, certains finissent par baisser les bras. Par lassitude, l'une n'a rien dit après le geste de l'égorgement. D'autres évitent de poursuivre pour outrage. "Les collègues fuient le pénal ; c'est un stress, une charge émotive que ces audiences de voie urbaine et de violence grave, témoigne un magistrat d'Evry. Je pense que si on n'est pas un vrai pénaliste notre raisonnement est complètement obéré. On se dit : "Je ne vais pas trop cogner pour ne pas avoir trop de problèmes"."

Sur le fond, "nous devons poser la question de la qualité de nos audiences, souligne Jean-Claude Bouvier, juge à Créteil et membre du Syndicat de la magistrature (SM, gauche). On ne pourra pas indéfiniment tenir des comparutions immédiates pendant onze heures, avec trente dossiers, donnant l'impression que les affaires sont bâclées." Selon lui, "on assigne à l'institution des objectifs démesurés, qu'on atteint au prix de prestations médiocres". Les tensions, conviennent nombre de magistrats, sont aussi liées à la façon dont la justice est rendue.
Nathalie Guibert, LE MONDE | 28.10.03 | 13h41

-------------------------------------------------------------------------------- Une première enquête de la chancellerie

Le ministère de la justice a confié à l'IFOP le soin de dépouiller, d'ici au début du mois de novembre, une enquête par questionnaire adressée aux 1 500 sites judiciaires du territoire sur le thème général de la sûreté des palais de justice. De la présence d'armoires fortes pour conserver les dossiers sensibles au contrôle des accès des toits des tribunaux, l'idée est d'obtenir un premier inventaire des pratiques, des incidents et des bâtiments. Environ 600 sites ayant fourni des informations serviront de base à l'enquête.

D'après de premiers éléments, moins de 5 % des sites seraient concernés par des intrusions ou des dégradations, mais plus de 60 % signalent des agressions verbales, insultes ou intimidations. A terme, cet état des lieux débouchera sur des audits de sécurité plus précis, comme il en a déjà été réalisé en Corse et à Paris. "Il faut sortir de l'économie de la cueillette pour un traitement plus administratif du problème", explique Philippe Ingall-Montagnier, procureur général de Rouen, chargé de coordonner l'enquête.
lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.10.03

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La victime avait été lapidée pour une cigarette

UNE SIMPLE CIGARETTE refusée, quelques paroles de travers et tout bascule dans le drame. C'est un procès-fleuve et hors norme qui s'est ouvert, hier (10 novembre 2003), devant la cour d'assises des mineurs de l'Eure, au palais de justice d'Evreux. Un procès qui doit durer deux semaines.

Saint-André-de-l'Eure, grosse et paisible bourgade de trois mille habitants, le 31 août 1999. Il est 22 h 30, la soirée est douce et estivale. Sur la place principale de la commune, près de l'église, une trentaine de jeunes, garçons et filles, dont certains sont loin d'être des enfants de choeur, rigolent, boivent de la bière et fument quelques joints.
Gilles Prével, 30 ans, peintre en bâtiment, père de famille tranquille et sans histoire, rentre au domicile de sa mère chez laquelle il habite, après avoir dîné chez un ami. Il a le malheur de croiser le chemin de la bande de jeunes dont quelques-uns n'ignorent pas qu'il a un certain penchant pour la boisson.

Quatorze accusés âgés de 14 à 20 ans

« T'as pas une cigarette ? » « Non », répond Gilles Prével. Alors le ton monte. Les invectives laissent la place aux menaces puis à la violence physique. Cela commence par des jets de pierres qui fusent, une lapidation en règle. Un projectile atteint même le malheureux, seul contre tous, à la tempe.
Il s'écroule mais son calvaire n'est pas terminé. Après les pierres, ce sont les coups qui pleuvent, coups de pied puis coups de poing. Gilles Prével est sonné. Tant bien que mal, il parvient à regagner le domicile de sa mère. Là, il est en proie à de violents maux de tête puis il perd connaissance. Il décède onze jours plus tard d'un oedème cérébral au CHU de Rouen.

Depuis hier et pendant deux semaines, quatorze accusés, des jeunes âgés de 14 à 20 ans au moment des faits, vont faire face à leurs juges dans un procès se déroulant à huis clos. Ils devront répondre, pour ceux qui ont frappé, de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner en réunion », et pour ceux qui ont regardé sans rien faire, de « non-empêchement d'un crime ».
« Il est inadmissible de se faire battre pour rien du tout. On attend beaucoup de ce procès, qu'il serve de leçon pour que de tels drames ne se renouvellent pas », dit Sandrine, la soeur cadette de la victime. L'agression est-elle à l'origine de la mort ? C'est la question que poseront les avocats de la défense.
Néanmoins les quatorze accusés, selon leur degré de responsabilité, encourent de dix à vingt ans de réclusion criminelle.
Jacques Hardouin, Le Parisien, mardi 11 novembre 2003, p. 13

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Polémique après la condamnation des agresseurs de policiers

TRIBUNAL DE BOBIGNY (SEINE-SAINT-DENIS), HIER (13 novembre 2003). Rachida Guechtoum, la mère de Medhi (condamné à quatre ans et demi de prison dont un an avec sursis) est « scandalisée » par la peine infligée à son fils.

MEDHI GUECHTOUM, 20 ans, et Tewfik Lamara, 23 ans, ont été condamnés hier par le tribunal correctionnel de Bobigny, respectivement à quatre ans et demi de prison dont un an avec sursis et trente mois de prison dont huit avec sursis, pour avoir, le 24 juillet 2002 à Pantin, violemment frappé trois policiers à VTT.

Les deux prévenus devront verser 10 000 € de dommages et intérêts à deux des trois victimes. Et Guechtoum est condamné à payer une provision du même montant sur les dédommagements dus à Elisabeth, la fonctionnaire la plus gravement blessée. Cette dernière, qui a eu la mâchoire brisée en plusieurs endroits, s'est dite hier déçue par ce jugement alors qu'elle attendait « une sanction exemplaire ».

Cette jeune fille dynamique et sportive souffre toujours de séquelles handicapantes. « Aujourd'hui, je n'ai pas récupéré. Je travaille dans un bureau. J'ai encore des douleurs et je dois voir un médecin chaque semaine. Tous les matins, quand je me regarde dans la glace, je me dis que le visage que je vois n'est pas le mien », confie-t-elle.

De son côté, Rachida Guechtoum était « scandalisée » par la peine infligée à son fils. Criant à « l'injustice » devant la salle d'audience, cette petite femme brune est dans une colère noire : « Le tribunal a refusé que je témoigne et j'ai des choses à dire pour prouver que mon fils s'est insurgé contre des violences policières. Je suis prête à faire une grève de la faim pour qu'on m'entende, prête à mourir pour la vérité. »
Lors du procès, les prévenus avaient nié les faits, Guechtoum qualifiant son intervention de « geste citoyen ».

« Un accident ponctuel »

La bagarre avait éclaté lors d'un contrôle d'identité sur deux jeunes dans la cité des Pommiers à Pantin. L'un d'eux se débat et tente de donner des coups de tête et de poing à la policière. Son collègue le met à terre et Elisabeth lui monte sur le dos à califourchon pour lui mettre les menottes. Elle est à genoux et voit deux ombres s'approcher. Une voix qui lui dit : « Allez-y doucement, c'est un gamin » puis plus rien.

Jimmy et un policier racontent que Medhi Guechtoum s'est approché avant de donner un violent coup de pied dans la mâchoire à Elisabeth. La jeune femme perd conscience. Sa mâchoire est fracturée à plusieurs endroits. Puis Guechtoum se bat avec un policier. A l'audience, niant la violence des coups, il a assuré : « C'est parti d'une bonne intention, j'ai vu un gamin se faire malmener comme s'il faisait 100 kilos. Je me suis interposé. Ce qui s'est passé est malheureux mais je pense avoir payé après seize mois de détention. »

Dans la mêlée se trouve également un mystérieux jeune homme vêtu d'un tee-shirt rouge qui n'a pas été identifié. C'est alors qu'intervient Tewfik Lamara. Il se jette sur un policier, s'empare de son tonfa (bâton de défense) et le frappe pour permettre à Guechtoum de prendre la fuite. Lamara affirme également s'être « interposé entre le policier et Medhi ». Quant à Me Leclerc, l'avocat des deux jeunes, pour lui, cette affaire « est un accident ponctuel, violent et limité dans l'espace, ce n'est pas un comportement prémédité ».
Julien Constant, Le Parisien, vendredi 14 novembre 2003, p. 14

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Isabelle, 29 ans, violée et battue à mort

C'EST UN RAPPORT d'autopsie particulièrement terrible qu'a reçu hier le parquet d'Evry (Essonne). Les constatations des médecins légistes révèlent en effet que la jeune femme de 29 ans, retrouvée morte samedi dernier (15 novembre 2003) dans un pavillon en construction de Vigneux-sur-Seine , a été sauvagement battue à mort.

« Il s'agit d'un massacre », lâche même l'un des proches de l'enquête, confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles.
Les coups ont été portés avec une telle violence que les spécialistes ne peuvent même pas déterminer quels objets ou armes ont été utilisés par le ou les agresseurs.
L'autopsie a aussi souligné que la malheureuse avait été victime de sévices sexuels proches d'actes de tortures et de barbarie. Isabelle Brand, jeune femme sans histoires de 29 ans, avait l'habitude de faire son jogging tous les soirs à la même heure. Mercredi, elle a quitté le domicile de ses parents, où elle résidait toujours. Elle n'est jamais revenue.

Recherche de témoins

Son corps a été retrouvé à moitié dénudé, dans un pavillon en construction situé à quelques centaines de mètres de son lieu de départ. « C'est ici que je l'ai découvert, en arrivant samedi sur le chantier », expliquait dimanche le propriétaire de la maison, montrant du doigt des traces de sang toujours présentes.

Les enquêteurs recherchent des témoins qui auraient aperçu la jeune femme (DRPJ de Versailles 01.39.24.71.93). Isabelle était vêtue d'une doudoune gris foncé, d'un bas de jogging gris, d'une paire de baskets noires, d'un gros bonnet gris Nike et portait peut-être des lunettes de soleil aux verres teintés.

Selon les médecins légistes, la jeune femme a été tuée le soir même de sa disparition, certainement dans la nuit de mercredi à jeudi. Que s'est--il passé ce soir-là ? Isabelle, jeune femme blonde menue, mesurant 1,56 m, juriste de formation et dotée d'un solide bagage intellectuel, a-t--elle été victime d'un ou de plusieurs rôdeurs ? Est--elle tombée dans un piège tendu par des personnes qui connaissaient l'itinéraire habituel de ses courses en solitaire ? Dans la rue Maurice-Marion, petite artère résidentielle pourtant fréquentée, personne n'a rien vu ni rien entendu.

Dès le soir de sa disparition, les parents d'Isabelle avaient prévenu les autorités, inquiets de ne pas la voir revenir. Aussitôt, la police et la mairie avaient entrepris des recherches. En vain. « On espérait la retrouver, avant d'apprendre cette terrible nouvelle », commente Serge Poinsot, le maire UMP de Vigneux, qui a fait respecter une minute de silence hier soir au conseil municipal.
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, 18 novembre 2003, p. 17

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Il poignarde son camarade de classe
IL S'AGIT vraisemblablement d'une dispute entre copains de classe qui a mal tourné. Un adolescent de 16 ans est mort hier soir à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon après avoir reçu un coup de couteau de l'un de ses camarades du même âge. La scène s'est déroulée vers 12 h 45, sur le boulevard de la Croix-Rousse (IVe arrondissement), un quartier du centre-ville animé et très commerçant.

Les deux jeunes, qui étaient entourés de plusieurs camarades de classe, se sont violemment disputés jusqu'à ce que l'un d'eux sorte un couteau Laguiole de sa poche et le plante dans le flanc de son copain avant de prendre la fuite. Poursuivi par ses camarades témoins de la bagarre, il a pu être arrêté peu de temps après par une patrouille Vigipirate dans le quartier de la gare de la Part-Dieu. Il devrait être présenté au parquet dans le courant du week-end pour être mis en examen.

Elève turbulent

Selon le parquet, l'auteur présumé du geste mortel n'a rien d'un délinquant et ne s'est jamais fait remarquer pour des faits de violence. Il est toutefois décrit comme un jeune assez turbulent, qui a l'habitude de chahuter en classe. « Mais ce qui est inquiétant, c'est que de plus en plus de jeunes sont maintenant munis de couteaux », note un magistrat.
Les enquêteurs cherchent toutefois à savoir si l'auteur du coup de couteau mortel avait l'habitude de porter cette arme dans sa poche, ou s'il l'a prise hier de façon intentionnelle. Les deux jeunes gens, dont l'un réside à Rillieux en banlieue lyonnaise et l'autre à Saint-Chamond dans la Loire, étaient scolarisés au centre de formation professionnelle des apprentis de la Croix-Rousse.
Jeudi, un incident, sans doute à l'origine du drame, était venu troubler le déroulement d'un cours. Des pétards avaient été jetés en pleine classe et, malgré la demande insistante des professeurs, aucun élève n'avait voulu se dénoncer. L'élève turbulent, pour éviter d'être une nouvelle fois puni, aurait alors pris l'initiative de dénoncer ses camarades fauteurs de troubles.
A la sortie de l'établissement, ces derniers l'attendaient pour régler leurs comptes. Une dispute avait alors éclaté devant le centre de formation. C'est le même sujet de dispute qui les a à nouveau opposés hier dans la rue à l'heure du déjeuner et qui s'est terminé en drame.
Catherine Lagrange Le Parisien, samedi 13 mars 2004, p. 15

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(2 avril 2004) Les trois ados ultraviolentes voulaient « jouer » avec la victime

AMANDINE*, 20 ans, a quitté l'appartement qu'elle partage avec son demi-frère dans les Hauts-de-Seine. Victime d'une sauvage agression le 27 mars à Paris, cette étudiante, extrêmement traumatisée, s'est réfugiée chez son beau-père. « Dans un état de terreur », dit un proche.

Son seul soulagement : savoir ses trois tortionnaires en prison. Des adolescentes, âgées de 14 et 15 ans, qui ont été mises en examen pour « vols en réunion » accompagnés « d'actes de torture et de barbarie ». « On voulait jouer avec elle », a indiqué sans états d'âme l'une d'elles pour « expliquer » les sévices et les humiliations infligées à la victime. Retour sur un vol ordinaire qui a, de façon incompréhensible, basculé dans l'horreur.

« Je lui ai demandé 50 centimes. Elle m'en a donné que 30... »

Ce 27 mars, Magalie, 15 ans, sèche les cours. Elève dans une classe relais d'un lycée du XIe arrondissement, cette Parisienne aux cheveux châtain clair préfère retrouver à Montparnasse deux copines, Sandra, 14 ans, et Sophie, 15 ans. Vers 17 heures, le trio traîne du côté du Palais omnisports de Paris-Bercy.
Suivie par un juge des enfants à cause de ses fugues, Sandra raconte : « On voulait aller à la patinoire... A la sortie du métro, on a vu une Chinoise. Je lui ai demandé 50 centimes. Elle m'en a donné que 30... Sandra est arrivée et lui a demandé son téléphone. »
Devant le distributeur, les premiers coups La « Chinoise » est en réalité une Française. Amandine est simplement née en Corée du Sud. Ce jour-là, l'étudiante vient de quitter le ministère des Finances où elle suit un stage en alternance. En se dirigeant vers le métro, une inconnue (NDLR : Magalie) l'a effectivement accostée : « Une fille d'environ 1,60 m, pull bleu et pantalon gris, décrit la victime. Elle m'a demandé de l'argent, je n'en avais pas. Elle m'a alors demandé mon portable pour envoyer un texto. Une autre est arrivée en disant qu'elle avait un couteau et m'a conseillé de donner mon téléphone lançant Je n'hésiterai pas à te l'enfoncer dans le coeur... »

Lunettes de vue et manteau noir, Sophie, la seule qui soit déjà connue des services de police, rejoint ses copines et le piège se referme sur l'étudiante. Effrayée, Amandine remet son mobile, prenant soin de l'éteindre. Mais elle communique vite le code PIN face à la menace de l'arme blanche. Puis elle doit vider ses poches. La vue de sa carte bancaire réjouit les ados. « Elles m'ont demandé combien j'avais sur mon compte, rapporte la victime. J'ai répondu 760 €... Elles ont ri en disant On va pouvoir aller dans le Sud. »

Deux filles l'agrippent chacune par un bras et la conduisent de force vers un distributeur. La troisième suit avec le couteau. « Elles me disaient de faire des sourires, comme si on était amies », précisera l'étudiante, qui, devant le distributeur de billets, panique. Elle compose trois mauvais codes et sa carte est avalée, déclenchant la fureur de ses agresseurs. Insultes et premiers coups.
« Sandra avait la rage », indique Magalie. La bande « escorte » sa victime vers une brasserie de la gare de Lyon. « Souris, sinon je te plante », menace l'une des mineures en chemin. Amandine est poussée dans les toilettes. Sophie attend à l'extérieur. « Je lui ai mis une petite claque pour qu'elle enlève son pantalon », reconnaît Magalie. L'étudiante enfile le bas de survêtement d'une des filles. Selon son récit, Magalie et Sandra l'ont frappée dans les WC. Cette dernière semble la plus excitée. « Elle cherchait un endroit tranquille pour la taper, elle avait les nerfs », affirmera une de ses complices. Le supplice va se poursuivre dans le huis clos d'un couloir de parking souterrain voisin.

« Laisse-la-moi, tu assez joué, à mon tour... »

« Sandra lui a donné un coup au visage, puis moi aussi, sous la pression de ma copine », dira Magalie en cherchant à minimiser son rôle. Tandis que Sophie fait le guet dehors, les deux mineures vont s'amuser avec leur victime, avec la cruauté d'un chat jouant avec une souris. « Elles se disputaient, disant Laisse-la-moi, tu assez joué, à mon tour... » témoignera la victime passée à tabac pendant plus d'une heure, obligée de se mettre à genoux, mains dans le dos pour ne pas se protéger des coups. Dévalisée, déchaussée et à moitié dévêtue, l'étudiante reçoit des coups de pied, on lui cogne la tête contre les murs.

« Tu veux que je l'enfonce, j'en suis capable », menace même une des filles en pointant le couteau contre le nombril de la victime. Nouveau degré dans l'horreur : une mineure sort un briquet. « Elle a mis le feu à mes cheveux plusieurs fois. J'étais frappée dès que je les éteignais », raconte la victime, qui, ultime humiliation, se fera cracher au visage et sera forcée à lécher le sol...

L'arrivée d'un locataire mettra en fuite le trio, interpellé peu après. Abasourdis, leurs parents ont été incapables d'expliquer une telle dérive. Deux vols, dont l'un brutal, commis par les trois adolescentes la veille et le matin même, fournissent peut-être un début d'explication. Pour l'avocat de la victime, la société doit s'interroger : « Comment ne pas être sidéré par la violence des mineurs et pourquoi les agresseurs en sont arrivées là ? » réagit M e Jean-Marc Fédida, par ailleurs surpris que ces faits d'une rare gravité aient pu se dérouler en plein Paris et en des endroits très fréquentés.
* Les prénoms de la victime et des agresseurs ont été modifiés dans un souci d'anonymat.
Geoffroy Tomasovitch, Le Parisien, samedi 03 avril 2004, p. 17

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Trente ans et quinze ans de réclusion contre les violeurs et meurtriers de la "super-mamie" du Vaucluse

AVIGNON (AP) - La cour d'assises des mineurs du Vaucluse à Avignon a condamné dans la nuit de vendredi à samedi (3 avril 2004) à 30 années de réclusion criminelle, assorties d'une mesure de sûreté de 20 ans, Jamel Boumajan, 20 ans, accusé d'avoir violé puis tué en janvier 2002 Marie-Andrée Fesquet, une grand-mère de 69 ans lauréate en 1998 du concours de la "super-mamie" de Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Au terme de cinq jours de débats et de plus de cinq heures de délibéré, la cour a condamné par ailleurs à une peine de 15 ans son complice, Naïm, mineur de 16 ans au moment des faits et qui a bénéficié de l'excuse de minorité.

L'accusation avait requis contre Jamel Boumajan le maximum de la peine, soit la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans. L'avocat général avait réclamé 20 ans à l'encontre de son complice.

Pendant toute la durée des débats, les deux hommes qui comparaissaient pour "viol avec tortures ou actes de barbarie, suivi de meurtre" n'ont eu de cesse de se renvoyer la responsabilité du crime. Le 8 janvier 2002, la sexagénaire avait été retrouvée morte dans sa demeure avignonnaise, sauvagement violée à l'aide d'un microphone, le crâne fracassé et le corps mutilé.

Marie-Andrée Fresquet, aide-soignante à la retraite, mère de cinq enfants, était connue pour son dynamisme et sa bonne humeur. Elle animait les après-midi des maisons de retraite locales avec son groupe de chant.

Ses violeurs et meurtriers avaient été arrêtés le 22 janvier suivant. Ils ont reconnu pendant l'instruction avoir cambriolé son domicile mais ont contesté avoir commis les blessures à l'origine de la mort, et notamment le viol.
yahoo.fr, actualités, samedi 3 avril 2004, 8h23

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(10 avril 2004) Une Turque torturée par sa famille
Mari, beaux-frères et belle-mère ont été mis en examen à Belfort.

«Un mode de vie hermétique et médiéval.» C'est ainsi qu'Isabelle Mendy, substitut du procureur de la République de Belfort, décrit l'arrière-plan familial qui a abouti au calvaire subi, le 3 avril, par une jeune Turque de 20 ans, dans le quartier des Résidences à Belfort.

Ce soir-là, lorsque les policiers, alertés par des voisins, pénètrent dans l'appartement, ils tombent d'abord sur une femme de 54 ans, avec ses trois fils, âgés de 24 à 26 ans, et un enfant de 20 mois. Plus loin, ils découvrent l'épouse du frère aîné. Elle ne parle pas un mot de français, mais demande leur protection. Son visage porte des traces de coups, son crâne est partiellement rasé, ses cheveux brûlés.

La blessée est hospitalisée, en état de choc. Lors de son unique audition, dimanche soir, elle indique que son mari, ses deux beaux-frères et sa belle-mère l'ont violentée. Interpellés mardi, les quatre auteurs présumés des faits ont été mis en examen, jeudi, pour «acte de torture et de barbarie en réunion». Le mari, sa mère et un de ses frères ont été placés en détention. Le quatrième protagoniste, qui n'aurait pas exercé de violences, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

A l'exception de la belle-mère de la victime, les suspects ont reconnu les faits, passibles de vingt ans de réclusion. Le mari voulait «une femme soumise», ce qui n'était pas le cas, selon lui, de son épouse.

Jusqu'à l'âge de 16 ans, cette dernière vivait en Turquie. «A l'occidentale», explique Isabelle Mendy : «Après un mariage arrangé, elle s'est retrouvée dans une espèce de prison familiale, elle a découvert un monde archaïque qu'elle ne connaissait pas.» Son mari lui interdit de fumer, de parler à des hommes, de sortir. Il l'oblige également à porter le voile, considéré ici davantage comme un instrument de soumission qu'un signe religieux, et commence à la battre après la naissance de leur enfant.

Le jour des faits, il découvre que sa femme s'est absentée. Pour la punir, il va chercher une tondeuse chez sa mère, revient avec elle et ses deux frères jumeaux. Sa femme rasée, «elle serait moche : au moins elle resterait à la maison», a-t-il expliqué. Son avocate, Me Stéphanie Quenot, indique que, «comme tous les membres de sa famille, il estimait être dans son bon droit». Aucun des suspects n'a manifesté de regrets.

La mère, qui vit depuis trente ans à Belfort, ne parle pas un mot de français. Elle a confisqué les passeports de ses autres belles-filles qui vivent recluses, et «elle trouve normal qu'une femme soit battue par son mari», explique son avocat, Me Jean-Charles Darey. Lors de son audition, l'un des frères a également affirmé aux enquêteurs qu'il était «fier de ce qu'il avait fait, et que si c'était à refaire, il le referait».
Libération, Par Thomas CALINON, samedi 10 avril 2004, p. 15

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(20 avril 2004) Frappée à mort pour une carte bleue TROIS HOMMES âgés de 23 et 24 ans sont en garde à vue depuis hier matin (19 avril 2004) à la section de recherches de Nîmes. Ils sont soupçonnés d'avoir frappé jusqu'à la mort une femme de 20 ans, originaire de l'Ardèche, afin de lui subtiliser sa carte bancaire. Sa disparition avait été signalée le 12 avril par sa mère.

La piste criminelle a été immédiatement envisagée. La veille, la jeune femme avait rendez-vous avec des connaissances à Saint-Ambroix (Gard). Depuis, plus aucune nouvelle. Mais sa carte bleue était largement utilisée : des mouvements bancaires à l'origine de l'arrestation d'un couple samedi. Ils sont écroués depuis pour dissimulation et transport de cadavre. Ce sont eux qui ont désigné les trois meurtriers présumés. Sur leurs indications, le corps de la victime a été retrouvé dimanche à Aigues-Mortes, dans un cours d'eau, les pieds lestés d'un parpaing.
B.de la C., Le Parisien, mardi 20 avril 2004

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(29 avril 2004) «Julien avait confié son désir de tuer quelqu'un»

Les jurés de la cour d'assises des mineurs de Loire-Atlantique n'auront pas trop de trois jours pour tenter de comprendre comment un jeune homme de 17 ans jusqu'alors sans histoires a pu massacrer, à coups de couteau, une de ses amies, Alice, âgée de 15 ans, dans une mise en scène inspirée du film « Scream ».

Selon le récit de Dominique Raimbourg, l'avocat des parents de la victime, le drame commence le 3 juin 2002 par ce film d'horreur : « En début d'après-midi, le jeune homme a regardé Scream en vidéo, ensuite il a pris un sac contenant un couteau, le masque et le déguisement de Scream et il s'est mis à rechercher quelqu'un à tuer. »
Après deux tentatives infructueuses chez deux amies absentes, Julien finira par entrer en contact avec Alice qu'il avait connue lors d'un camp de vacances au Portugal.

« Son mal-être, ses silences ... »

« Arrivés dans un square tout proche de la maison d'Alice, il a mis le masque de Scream et il lui a porté 42 coups de couteau, précise Dominique Raimbourg, dont 10 ont pénétré dans le corps et 4 l'ont transpercé de part en part. »

Un voisin découvrira finalement la jeune femme, qui aura tout juste le temps de donner le nom de son agresseur avant d'adresser une ultime supplique au passant : « Souriez-moi, je vais mourir. »

Avant de rendre son verdict demain soir, la cour va entendre 23 témoins et 10 experts. L'ensemble des intervenants dans ce dossier confesse que, deux ans après les faits, rien n'explique vraiment le crime commis à Saint-Sébastien-sur-Loire.
« En tout cas, ce n'est pas l'affaire Scream, affirmait hier Gérard Doré, le défenseur de Julien. La résumer à cela, ce serait occulter toute une autre partie de la vie de Julien, ses malentendus avec ses parents, son mal-être, ses silences. »
Et l'avocat d'avancer une autre explication possible : parmi ses amis d'enfance, il y en a un que Julien admirait particulièrement : « Un très vieux copain qu'il connaissait depuis l'âge de 4 ans. Un petit délinquant qui le fascinait. On s'interroge sur le fait qu'il ait peut-être voulu faire quelque chose de plus important que lui. »

Un ami à qui Julien avait confié son désir de « tuer quelqu'un », sans être pris au sérieux. Une hypothèse parmi d'autres. « Julien s'est présenté à la cour avec la volonté d'assumer ses responsabilités. Nous ne sommes pas en face d'un salaud, ce n'est pas l'affaire Dutroux, disait hier le défenseur du jeune homme. Ce n'est pas une affaire sordide, c'est une affaire triste. Les psychiatres disent souvent que l'adolescence est une maladie, je crois que l'on peut en guérir. »
Rodolphe Landais, Le Parisien, jeudi 29 avril 2004, p. 17

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17 personnes d'une ville du Pas-de-Calais vont être jugées pour viol aggravé et actes de torture sur mineurs.
A Outreau, procès d'un huis clos innommable

Très vite, elle a avoué. Au lendemain de son arrestation, elle a raconté les jours et les nuits de la famille Delay dans le quartier de la tour du Renard à Outreau. Thierry, le père, qui lui dit : «Vas-y, commence.» Elle, Myriam, la mère, qui déshabille les enfants. Les quatre fils qui se débattent, la bière qui se renverse, le film porno en boucle sur le magnétoscope du salon, les coups qui tombent. Et les gamins qui finissent par se laisser faire. Cela a duré quatre ans, jusqu'en 2000, où Dimitri a raconté aux services sociaux «comment Papa nous fait des manières». Il a 7 ans.

Même bâtiment.
Dans le Pas-de-Calais, «des dossiers comme ça, il y en a tous les jours, dit un magistrat. Et encore, dans celui-là, il n'y a pas de nourrisson». Banal, le dossier d'Outreau ne va pas le rester. De révélation en volte-face, de coup de théâtre en manipulation, l'histoire de ce HLM va devenir une affaire nationale, médiatique et tumultueuse, un condensé des douleurs et des fantasmes que révèlent aujourd'hui les dossiers de pédophilie. C'est cela que va devoir affronter la cour d'assises de Saint-Omer où comparaissent, pour six semaines, dix-sept accusés pour «viols aggravés» ­ parfois avec actes de barbarie ­, où seront partie civile dix-huit gamins âgés, à l'époque, de 3 à 11 ans. S'agit-il d'un des plus inquiétants trafics d'enfants, avec au moins un assassinat, des ramifications en Belgique, des notables pour clients ? Ou alors d'un huis clos entre voisins et quelques invités dans une cage d'escalier à Outreau ?

Retour à la tour du Renard, en février 2001. Lorsque les policiers viennent embarquer les Delay, Franck se frotte les mains. «Bien fait pour ce gros porc.» Il vit sur le même palier, dans le même bâtiment. Quelques jours plus tard, il est arrêté à son tour. C'est Myriam Delay qui l'a balancé. Comme 11 autres voisins. Tous ont entre 25 et 35 ans. «J'exerce la profession de demandeur d'emploi», répond l'un d'eux, avec naturel, aux policiers. Comme tout le quartier... ou presque. Un autre : «Ici, les mois commencent le 5 ou le 6 lorsqu'arrivent les alloc, et se terminent le 7 quand on revient des courses chez Leclerc.»

La plupart nient avec vigueur. «Elle était jalouse de mon couple», s'écrie la femme de Franck. D'autres se débattent comme on se noie. Thierry Delay, le père, ne se rappelle de rien. Pas un souvenir. Ou plutôt un seul, son propre viol. Il avait 8 ans, c'était son père. D'autres voisins, Aurélie et David Delplanque, vont en revanche se révéler plus coopératifs à l'instruction. David : «Les Delay cherchaient le contact. Thierry parlait de sexe, sa femme était portée sur la chose. C'est lui le meneur, surtout quand il boit de l'alcool.» Aurélie : «Nous avons commencé à faire l'amour chacun avec son partenaire. Puis à quatre. Les enfants venaient nous voir. M. Delay les y incitait. "Ça vous apprendra pour plus tard." M. Delay les sodomisait, Mme Delay simulait l'amour avec eux.» David, à nouveau : «Nous nous sommes pris au jeu ou plutôt tombés dans le piège.»

En prison, Myriam Delay pleure beaucoup, s'excuse auprès des enfants, raconte son premier mariage, à 14 ans, «vendue à un cousin en Algérie». Dès le début de l'instruction, ce sont les accusations de cette femme de 33 ans que Fabrice Burgaud, jeune magistrat, va prendre pour fil rouge de son enquête. Il a de quoi faire. Au gré des auditions, elle dénoncera une trentaine de personnes, quitte à en mettre certaines hors de cause quelques mois plus tard, comme sa meilleure amie. Sans remords excessif : «Je lui en voulais parce qu'elle savait ce qui se passait et ne m'a pas aidée.»

Dimension.
En juin 2001, elle écrit au juge : «Vous promettez la sortie en provisoire si on parle. Je vous ai tout dit mais je commence à en avoir marre.» Puis quelques jours plus tard : «Vous tenez pas votre parole : plus que je dis, plus vous voulez que je mente. J'ai violé des enfants de mon plein gré, je l'avoue, mais j'ai pas participé à un réseau de pédophilie. Ce que vous voulez, c'est me faire dire des mensonges.» C'est durant cette période que l'affaire d'Outreau va changer de dimension et s'orienter précisément vers la thèse du réseau. Myriam Delay et ses fils se mettent à accuser des «notables» locaux, un huissier et sa femme, un médecin, un chauffeur de taxi, une infirmière ou un prêtre ouvrier. Ils parlent de prostitution des enfants, de trafic de cassettes vidéo, de voyages en Belgique, dans des termes comparables, alors que rien n'établit qu'ils aient pu se concerter. Aurélie et David Delplanque abondent dans leur sens. Aurélie, elle, a déjà décroché sa liberté provisoire.

Dans la foulée, six personnes sont arrêtées à l'automne, dont un certain Daniel Legrand, 20 ans. Lui aussi dément. Puis change d'avis. «Ça s'est passé comme a dit Myriam.» L'affaire passe sur TF1. La «tour du Renard» est baptisée «la cité de l'horreur». Près de 30 enfants sont placés en famille d'accueil. L'apothéose arrive en janvier 2002. Daniel Legrand dénonce la mise à mort d'une fillette «soi-disant belge» par Thierry Delay en 1999. Myriam confirme. Ajoute un prénom, Zaya. Décrit le drap à fleurs dans lequel le corps fut recouvert puis enterré dans le potager. Jonathan, un des enfants Delay, entend la nouvelle à la radio. Il entre dans une sorte de transe. «Il y avait plein de sang partout.» Qui n'y a pas pensé alors ? Et si c'était l'affaire Dutroux à la française ?

Bénéfice.
Les jardins d'Outreau sont retournés à la pelleteuse. Rien. En Belgique, aucune fillette de cet âge n'a disparu cette année-là. Pas de trace non plus de cassette. Ou même d'un sou vaillant, bénéfice supposé du réseau. Et Legrand se rétracte. «On m'a dit qu'il fallait accuser d'autres personnes pour prendre moins de peine.» Il ajoutera : «je voulais faire craquer Myriam, prouver qu'elle accuse des innocents».

Un à un, les éléments matériels se dérobent. L'inspecteur belge rend son rapport en mars 2002. «Rien ne serait vrai [...] L'enquête est dans une impasse. Les enfants se mettent à inventer toutes sortes de choses, compte tenu du nombre élevé d'auditions qu'ils ont dû subir. La mère donne une réponse positive à toutes les données apportées, de telle sorte qu'on ne peut tenir compte de ses déclarations.» Surnagent les témoignages, de plus en plus fluctuants. Aurélie, deux des enfants et Legrand se rétractent pour certains notables.

Alors, dans le box aujourd'hui, quels sont les vrais et les faux coupables ? Les vrais et les faux innocents ? Neuf des 17 accusés avaient demandé un non-lieu, un avait été requis par le procureur. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Douai a préféré laisser à un jury populaire le risque de faire le tri dans un dossier où demeure une certitude : «Les enfants ont bien été traumatisés par des faits commis sur eux par de nombreux adultes.»
Libération, Par Florence AUBENAS, mardi 04 mai 2004, p. 16

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L'agresseur au couteau écope de 15 ans de prison

GERVAIS D... est reparti hier (25 mai 2004) des assises de l'Essonne avec un goût amer. Cet ingénieur de 53 ans attendait beaucoup des deux jours d'audience qui viennent de s'écouler.

Des excuses, bien sûr, mais aussi et surtout des explications de l'homme qui lui a asséné plusieurs coups de couteau le 25 janvier 2002.
La victime, qui garde encore de multiples séquelles, aurait tant voulu comprendre pourquoi celui à qui elle a si souvent tendu la main, dont elle a aidé des années durant sa femme, a voulu sa mort.
Mais voilà, l'accusé a gardé le silence. Cet homme de 46 ans, aux petites lunettes et à la moustache bien taillée, s'est terré dans des explications laborieuses, derrière un français hésitant et multipliant les trous de mémoire.
Une attitude qui a poussé l'avocat général à requérir douze ans de réclusion criminelle. Finalement, après trois heures de délibéré, le couperet tombe : Husseyin est condamné à quinze ans de prison, assortis d'une interdiction définitive de territoire français.
Egalement « déçu » par l'attitude de son client, Me Olivier Lambert a tenté d'expliquer à sa place ce qui avait pu le pousser à « mordre la main qui l'a nourri », rappelant que l'accusé, d'origine turque, vient d'« un milieu machiste ».

La vie d'Husseyin a basculé en 1987, après un grave accident du travail. Au chômage, il part à la dérive. Condamné à trois ans de prison pour trafic de drogue, il sera ensuite expulsé en Turquie.

« Il jouait les shérifs »

En 1998, c'est l'heure du retour... et de la désillusion. Aux Ulis, il retrouve des enfants devenus adultes, une femme émancipée qui travaille et s'assume seule. Et ce, avec l'aide de Gervais et Michelle D..., un couple qui a pris sous son aile la petite famille.

Dépressif et blessé dans son orgueil, Husseyin va tenter de « reprendre en main » ses proches et se met à battre sa femme.
« Il jouait les shérifs, témoigne l'un de ses fils, il était devenu complètement paranoïaque. »
« Ce 25 janvier, a expliqué l'accusé, j'ai pris un couteau pour aller changer une ampoule de ma voiture. Puis j'ai marché jusqu'à chez Gervais pour parler. J'ai voulu lui donner une leçon pour qu'il arrête de se mêler de mes affaires. Mais je l'ai blessé au couteau par accident. »
« Farfelu ! rétorque l'avocat général. Il s'est acharné sur une victime à terre, et l'a laissée pour morte. »
De son côté, la victime a toujours assuré que son agresseur l'avait attaquée par surprise, sans prononcer un mot.
« Ce qui me terrorise, a confié l'avocat de Gervais D..., c'est que l'accusé a encore de la haine. C'est un monstre froid et dangereux. Il faut qu'il reste longtemps, très longtemps en prison. »
Stéphanie Auguy, Le Parisien, mercredi 26 mai 2004, Essonne p. II

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(27 mai 2004) « Un coup de poing pour des appels de phare »

Le maire de Montgeron, Gérald Hérault , a été agressé, le 4 décembre dernier (2003), par un jeune homme à scooter. L'affaire était jugée hier (26 mai 2004) devant le tribunal correctionnel d'Evry.

A L'ISSUE de l'audience hier au tribunal correctionnel d'Evry, Farid est venu s'excuser auprès de Gérald Hérault.
Le maire de Montgeron et vice-président (PS) du conseil général a accepté ses excuses : « J'espère que ça vous servira de leçon », a-t-il simplement répondu à son agresseur, qui a écopé de cinq mois de prison avec sursis.

Le 4 décembre dernier vers 22 heures, Farid, 34 ans, s'en est pris à Gérald Hérault pour une histoire de circulation routière.
Ce soir-là, l'élu se rendait à une réunion à Draveil. Sur la route, un homme en scooter conduit dangereusement devant lui. « Je lui ai fait des appels de phare à deux reprises, c'est tout », explique le maire à la barre.
Alors qu'il allait changer de direction, il voit le pilote lâcher son scooter et venir dans sa direction. « Je suis sorti de voiture. J'ai à peine eu le temps d'échanger quelques mots, il m'a mis un coup de poing ! », se souvient la victime.

Au lieu de s'en tenir là, Farid poursuit Gérald Hérault, le coince contre une palissade et place un couteau sur sa gorge : « Je lui ai dit que j'étais maire de Montgeron, ça ne l'a pas impressionné. Au contraire, il a dit : "T'es le maire, j'te perce !", à plusieurs reprises .»

Finalement, c'est grâce à l'aide d'une passante que Gérald Hérault parvient à se dégager et à prévenir la police.
Hier à la barre, visiblement dépité, Farid a juste expliqué que ce jour-là, à cause de « mauvaises nouvelles » il avait « replongé dans l'alcool ».
Pour Gérald Hérault, l'affaire est close : « Ça ne m'empêchera pas de continuer d'aller sur le terrain ».
S.R.,Le Parisien, jeudi 27 mai 2004, Essonne p. II

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Un SDF battu à mort par trois jeunes à Montreuil
Un sans-domicile fixe d'une cinquantaine d'années a été battu à mort, dans la nuit de mardi à mercredi (2 juin 2004) à Montreuil.
Trois jeunes gens âgés de 17 à 21 ans ont été arrêtés quelques minutes après les faits et ont été placés en garde à vue.

UN MEURTRE gratuit... Dans la nuit de mardi à mercredi, vers 22 h 45, boulevard de Chanzy à Montreuil (Seine-Saint-Denis), devant le terrain de boules André-Blain, Charles aperçoit trois jeunes gens qui sont en train de passer à tabac un homme plus âgé. Les coups de poing et de pied pleuvent sur la victime qui ne peut visiblement pas se défendre.

Charles téléphone à la police et une voiture arrive très vite sur les lieux. « Les fonctionnaires ont trouvé des traces de sang qui les ont menés vers un homme dont le corps était dissimulé derrière des conteneurs à poubelles, raconte un policier.
L'homme gisait face contre terre. Il était encore en vie mais il faisait peine à voir. Son nez était brisé, les yeux tuméfiés. Ses joues portaient des traces de coupures et son crâne semblait par endroits enfoncé ».
Quelques minutes plus tard, les pompiers et une ambulance de réanimation arrivent sur place. Ils tentent l'impossible. Malgré les efforts, l'homme est mort à 23 h 30. Le corps a été transporté à l'Institut médico-légal de Paris où il a subi une autopsie. Le premier examen a révélé qu'il était mort asphyxié et que son dos présentait des traces de coups de couteau.

Aussitôt après l'arrivée de la police, trois jeunes gens prennent la fuite dans la rue des Sorins avant d'être rattrapés grâce au signalement donné par Charles, témoin de ce tabassage mortel. « L'un d'eux portait des traces de sang sur ses baskets », précise un policier.
Les trois jeunes gens, Samir, 21 ans, Abdel, 20 ans et Hamou, 17 ans, ont été placés en garde à vue à Bobigny dans les locaux de la police judiciaire. Les premiers tests ont révélé que Samir et Abdel étaient ivres, mais pas le troisième agresseur.
Sur et autour du terrain de boules, les riverains choqués par ce meurtre atroce décrivent une situation qui devenait difficile avec ces trois jeunes gens. « Ils étaient très agressifs avec tout le monde. Un jour l'un d'eux, le plus terrible, a volé le téléphone portable d'un homme du quartier qui le connaît depuis son enfance », raconte un habitué.
Depuis des mois, le trio avait élu domicile ici. Assis sur les bancs, ils fumaient du cannabis toute la journée, buvaient des bières et dégradaient les lieux, sans entendre les appels au respect des habitants du quartier. « Ces trois-là, étaient vraiment effrayants, ajoute une jeune femme. Un soir, l'un d'eux m'a jeté une bouteille à la figure sans raison alors que j'allais téléphoner. »

Audition en cours

Pour l'instant, les enquêteurs n'ont pas réussi à mettre un nom sur le visage de la victime qui ne portait aucun papier sur lui. Les boulistes sont eux aussi bien en mal de dire qui a succombé sous les coups des jeunes gens. « On pense à un gars, un Yougoslave d'une soixantaine d'années qui dormait parfois dans un hangar de taule, où il reste encore ses affaires, avance Gérard Cottin, le président du club de pétanque.
Mais l'âge de la victime pourrait aussi correspondre à Christian, un type un peu en marge qui récupérait des trucs dans les poubelles et venait au bar du club pour les revendre et se faire payer un coup à boire. Il vit depuis toujours dans le Bas-Montreuil. Ces derniers jours, il venait avec ses chariots et il s'était accroché avec ces jeunes. Il les avait menacés avec son couteau. ». L'audition des suspects toujours en cours n'a pas permis de comprendre le mobile du crime.
Julien Constant, Le Parisien, jeudi 03 juin 2004, p. 11

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(Juillet 2004) Le meurtrier de Romain formellement reconnu
L'amie qui accompagnait le jeune Romain le jour du meurtre a été convoquée pour une séance d'identification au commissariat de Montpellier. Selon elle, le Marocain en situation irrégulière interpellé mardi dernier est bien le meurtrier.

Le suspect en garde à vue au commissariat de Montpellier est bien le meurtrier de Romain. Marion, l'amie de l'adolescent, seule présente lors de l'agression, l'a reconnu jeudi lors d'une séance d'identification. Séance semble-t-il difficile pour la jeune fille, puisqu'elle a quitté le commissariat au bout de trois heures, en état de choc. Un pêcheur qui avait aperçu le meurtrier avant le drame l'a également reconnu.

L'homme lui-même avait avoué le meurtre au cours de la nuit de mercredi à jeudi. Les traces retrouvées dans le cabanon où avait été dérobée la hachette devaient également concourir à l'identification du suspect, grâce au relevé d'empreintes digitales et d'un échantillon d'ADN.

Communiquant par le biais d'un interprète, il n'a exprimé aucun remord pour la mort de l'adolescent, selon une source proche de l'enquête.
Cet homme, exempt de troubles psychologiques visibles, a raconté aux enquêteurs qu'il s'était "fait insulter" par Romain lors de leur rencontre et qu'il l'avait tué "sous le coup de la colère".

Les confidences de l'assassin

Ce Marocain en situation irrégulière, apparemment âgé d'une vingtaine d'années, était au centre de rétention de Sète, où il attendait son expulsion, lorsque les policiers enquêtant sur la mort de l'adolescent étaient venus le chercher.
Il avait été placé en rétention après un flagrant délit de vol dans un supermarché à Aigues-Mortes - infraction légère qui n'avait pas entraîné de comparution immédiate, ni même de poursuite judiciaire ; mais sa situation irrégulière étant désormais connue, le préfet du Gard avait alors pris à son encontre un arrêté de reconduite à la frontière.
Et c'est au centre de rétention de Sète qu'il s'était confié à un co-détenu, ce qui avait alerté les services de la police aux frontières et provoqué son interpellation par le Service régional de la police judiciaire de Montpellier.

Se présentant comme un Marocain, né à Tanger en 1986, le suspect pourrait en fait être considéré comme mineur. Une radio de ses poignets a été ordonnée afin de déterminer son âge à travers une analyse osseuse. Il devrait être déféré vendredi au palais de justice d'Avignon.

Le ministre de l'intérieur Dominique de Villepin s'est rendu dans l'après-midi à Avignon pour marquer "son émotion et sa sympathie" aux parents de Romain, avant de rencontrer les services qui ont participé à l'enquête sur l'assassinat.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 28 juillet 2004

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Un portrait-robot a été diffusé après la mort de Romain, 15 ans, près d'Avignon.

Une longue flaque de sang sur les plaques de béton qui habillent la digue au Rhône. Rien d'autre. C'est la seule trace visible du meurtre de Romain, 15 ans, tué de deux coups de hachette à la nuque et au cou, samedi après-midi sur l'île de la Barthelasse, près d'Avignon (Vaucluse).

Digue.
L'adolescent se promenait avec Marion, sa petite amie âgée de 13 ans, dans un pré juste en bordure du fleuve, quand un inconnu les aurait abordés, leur réclamant une cigarette en mimant le geste du fumeur.
Selon la jeune fille, ni elle ni Romain n'en avaient sur eux et l'homme aurait poursuivi son chemin à pied sans insister.
Une demi-heure ou trois quarts d'heure plus tard, l'homme serait revenu, en se cachant derrière la digue pour masquer son approche. Toujours selon Marion, seul témoin du meurtre, l'inconnu aurait alors frappé Romain par-derrière, après s'être saisi d'une hachette dissimulée sous son blouson.
Terrorisée, la jeune fille aurait tenté de s'enfuir en courant, mais l'agresseur l'aurait rattrapée un peu plus loin, la traînant par les cheveux jusqu'à la petite moto de Romain. Là, il l'aurait obligée à démarrer l'engin, avant de l'enfourcher, puis de déguerpir.
Marion a décroché son portable pour prévenir les parents de Romain, qui habitent sur l'île, à quelques centaines de mètres du lieu de l'agression.

A leur arrivée, l'adolescent était sans doute déjà mort, deux plaies énormes et très profondes ouvertes à la nuque et à la base du cou. Transporté chez son cousin, dont la maison jouxte le pré, Romain est décrit comme un gamin sans histoires : bon élève, il fréquentait le même collège que Marion, avec qui il sortait depuis plusieurs mois. Et devait entrer en seconde en septembre. Fin juin, il avait décroché sans difficulté son brevet des collèges.

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Un portrait-robot du meurtrier et la photo d'une moto identique à celle de la victime ont été diffusés lundi soir par le parquet d'Avignon. «C'est un homme de type nord africain ou gitan avec la peau mate. Il a des cheveux courts et noirs ou châtains foncés, les yeux noirs ou marron foncé, des sourcils fournis, une grande bouche avec des lèvres charnues et un peu retroussées», a précisé le commissaire Choukroune en présentant le portrait-robot, établi à partir du témoignage de Marion, à la presse. «L'homme était vêtu d'un tee-shirt blanc, d'une veste de survêtement bleu ciel et d'un bermuda blanc.»

Camping.
Sur l'île de la Barthelasse, surtout habitée par des agriculteurs, la plupart des riverains connaissaient bien Romain, ses parents et sa soeur de 5 ans, dont l'adolescent s'occupait énormément. Quand ils ont appris le scénario du meurtre tel que décrit par Marion, beaucoup ont montré du doigt le camping Belle-Etoile, une structure seulement ouverte pendant la période du festival. Géré par une association d'insertion, la Passerelle, ce camping provisoire a été créé il y a quelques années par la municipalité d'Avignon pour rassembler les marginaux qui convergent vers la cité des Papes pendant le festival. Il propose des tarifs très bas ­ 1 euro la nuit ­, mais attire une population qui ne plaît pas toujours aux habitants.

Marie-Josée Roig, députée-maire (UMP) d'Avignon et ministre de la Famille, a déclaré hier à la Provence qu'en l'état actuel de l'enquête elle ne souhaitait «pas faire cas des rumeurs qui incriminent telle ou telle catégorie de population». 80 campeurs de la Belle-Etoile ont été contrôlés et interrogés par la police. Rien n'indique que le meurtrier de Romain y a séjourné.
Par Hervé VAUDOIT, mardi 20 juillet 2004 (Liberation - 06:00)

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25 ans de réclusion pour le père assassin

Un Marocain, accusé d'avoir tué en 2001 sa fille de 24 ans de dix coups de couteau, parce qu'il ne supportait pas qu'elle échappe à son autorité et noue une relation amoureuse, a été condamné hier soir à 25 ans de réclusion criminelle par les Assises de Haute-Corse.
L'avocat général, Florent Boura, avait requis une peine de trente ans de réclusion criminelle à l'encontre de Mohamed Loulichki , qui - après des menaces proférées contre sa fille Latifa - l'avait poignardée le 2 novembre 2001. Latifa avait été tuée dans le bureau de poste du village de Galeria, devant plusieurs de ses amis et des clients horrifiés, qui avaient décrit une vraie « boucherie ».

« Un geste réfléchi »

« Mohamed Loulichki a fait le choix de mettre à exécution les menaces qu'il avait proférées à l'encontre de sa fille Latifa, sans que cela soit inscrit dans sa tradition et dans sa culture », a déclaré l'avocat général.
« Il a fait le choix déterminé et prémédité de tuer. La préméditation est partout dans ce dossier : le choix du couteau, la façon dont il a été affûté l'attestent », a-t-il renchéri. « Ce qui rend ce dossier insupportable, c'est cette mise à mort sauvage. Ce n'est ni un coup de sang ni un coup de colère, mais un geste réfléchi », a poursuivi M. Boura.
S'adressant aux jurés, il a demandé : « Donnez à Latifa la même justice que celle que vous accorderiez à l'une de vos filles : une justice humaine. Dites à Mohamed Loulichki que vous ne pouvez pas accepter son choix. »

C'est l'antenne locale de l'association Femmes solidaires qui s'est constituée partie civile, les membres de la famille ne l'ayant pas fait. Les avocats de la partie civile, Mes Marie-Mathilde Pietri et Jacques Mermet, avaient réclamé une sanction exemplaire. « La question de l'intégration doit se poser dans cette affaire. Il est impossible de légitimer de tels faits en recherchant une justification dans la tradition ou la religion », ont-ils plaidé.
I.G. Le Parisien, samedi 02 octobre 2004, p. 17

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(Novembre 2004) Zakaria, 18 ans, poignardé à mort sur les Champs-Elysées
Un jeune homme tué lors d'une rixe et un vigile de boîte de nuit grièvement blessé par balle, en l'espace de 24 heures, dans le quartier des Champs-Elysées. Cette violence inquiète les riverains de « la plus belle avenue du monde » et les policiers.

UNE FUSILLADE rue de Ponthieu le samedi au petit matin, une rixe faisant un mort le samedi soir sur le rond-point des Champs-Elysées, en un week-end l'image de la plus belle avenue du monde a été ternie par plusieurs drames. Les deux affaires n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Dans le premier cas, il s'agit d'un client éconduit de la discothèque Pink-Paradise qui est revenu armé d'une kalachnikov pour se venger.

Il a blessé trois personnes dont un policier qui patrouillait dans les alentours.

Ce règlement de comptes isolé a choqué les habitués du quartier sans réellement les inquiéter. Le second épisode, en revanche, préoccupe davantage les habitants et commerçants du VIII e arrondissement. Samedi, en début de soirée, une altercation a éclaté sur le rond-point des Champs-Elysées entre deux groupes de jeunes venus de Carrières-sous-Poissy et Sartrouville (78). Insulte ? Regard trop appuyé ? On ne sait pas encore réellement ce qui a déclenché les hostilités, mais la bagarre s'est soldée à 21 h 50 par la mort du jeune Zakaria Babamou poignardé dans le dos et frappé à la tête avec une barre de métal.

L'avenue a toujours été prisée du "jeune public".

L'hypothèse d'un règlement de comptes entre bandes de quartiers organisé à l'avance a été évoquée dans un premier temps. Après l'audition d'une quinzaine de témoins - dont des amis de la victime -, il s'agirait plutôt d'une rixe « spontanée » et fortuite entre deux bandes venues de banlieue. L'accident reste néanmoins assez symptomatique d'un nouveau phénomène observé depuis plusieurs mois par certains dans le quartier des Champs-Elysées.
Entre les cinémas, les boîtes de nuit, les fast-foods, les magasins de disques ouverts tard le soir et l'ambiance « frime » du quartier, l'avenue a toujours été prisée du jeune public. « Mais aujourd'hui, les jeunes y débarquent de plus en plus en bande. Ils empruntent souvent le même circuit : arrivée en RER, arrêt au Monoprix pour acheter une bouteille de whisky et descente jusqu'aux jardins pour fumer du shit », retrace le syndicat SGP-FO. « Avec ces jeunes complètement ingérables qui fonctionnent à l'instinct, les dérapages peuvent être fréquents. » Et les règlements de comptes jusqu'ici cantonnés à la banlieue font leur apparition dans la capitale.

Des attroupements qui contribuent à un sentiment d'insécurité

« Depuis quelque temps, certaines bandes rivales de la région parisienne se donnent rendez-vous sur l'avenue. Et, parfois, ça tourne à la bagarre », assure une source policière. Ces attroupements ne dégénèrent pas systématiquement mais ils contribuent à un sentiment d'insécurité.
Du côté de la préfecture de police, on réfute catégoriquement la thèse du regain de délinquance. « Les chiffres sont formels : la délinquance sur voie publique (vols avec violence, vols à la tire, cambriolage...) a baissé de 15 % entre 2003 et 2004 », souligne Philippe Caron, commissaire divisionnaire chargé notamment du VIII e arrondissement. Jour et nuit, la plus belle avenue du monde est placée sous haute surveillance. Sur le terrain, cependant, les policiers semblent avoir un tout autre sentiment. « Je crains beaucoup ce qui va se passer la nuit du Nouvel An. Au moment des fêtes, il y a toujours un regain de tension et, cette année, elle est déjà très perceptible », assure un délégué syndical du SGP-FO.

Dix ans après sa rénovation, l'avenue des Champs-Elysées est redevenue l'un des lieux les plus prestigieux de la capitale, qui attire aussi les bandes de jeunes issues des banlieues.
Marie-Anne Gairaud, Le Parisien, lundi 29 novembre 2004, p. 14

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Laurent, 19 ans, avait été lynché au hasard

Renforts de CRS et filtrage à l'entrée de la salle d'assises : le tribunal d'Evry (Essonne) sera en état de siège aujourd'hui (2 décembre 2004) pour l'ouverture du procès du meurtre de Laurent, 19 ans.
Le soir du 9 mars 2002 à Corbeil-Essonnes (Essonne), dans son quartier de la Nacelle, ce jeune homme a été choisi au hasard dans la rue par une bande d'adolescents de la cité de Montconseil, venus « venger » un des leurs agressé quelques heures auparavant en livrant une pizza. Quatre d'entre eux comparaissent à partir d'aujourd'hui devant la cour d'assises de l'Essonne, jusqu'au 10 décembre.
En janvier, ce sera au tour de deux mineurs et d'un troisième majeur de passer devant le tribunal correctionnel. Retour sur un drame de la violence entre bandes. Le rapport d'autopsie est accablant. Une description insoutenable.
Du 9 au 11 mars 2002, Laurent, a agonisé après avoir été littéralement « massacré » par ses agresseurs. Quel motif exceptionnel a bien pu déclencher un tel déchaînement de haine et de violence aveugle ?
Laurent avait simplement commis la faute de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Pistolet à grenaille et coups de poignard

Ce jour-là, Christine a tout perdu. Laurent était son fils unique, l'être qu'elle chérissait le plus. Longtemps elle a gardé en état la chambre de son fils, avec ses instruments de musique et le micro dans lequel il adorait chanter. « Pourquoi lui ? » va-t-elle demander aux accusés. « Laurent n'avait rien à voir avec ces guerres de quartiers, explique Christine. Lui, il voulait juste vivre. D'ailleurs, ce soir-là, quand ils sont arrivés et qu'ils ont commencé à chercher une victime, il est le seul à ne pas avoir cherché à fuir. Il ne pouvait pas penser qu'on s'en prendrait à lui. »

D'après les descriptions de nombreux témoins, Laurent a été véritablement lynché.
Vers 22 heures, au moins une cinquantaine de jeunes du quartier de Montconseil, venus en voiture, scooters, à vélo ou à pied investissent la Nacelle et se lancent dans une véritable chasse à l'homme. Sur la dalle, les jeunes du quartier se réfugient où ils peuvent quand Laurent est pris pour cible. « Il n'a rien pu faire, raconte une habitante, témoin des faits. J'ai vu une nuée lui tomber dessus. » A coups de bâton, de pied et de poing, la victime est jetée à terre. Plusieurs rangs tentent de l'atteindre, certains se frappant entre eux. C'est là, alors qu'il est déjà grièvement touché, qu'une décharge de pistolet à grenaille l'atteint à la tête, puis deux coups de couteau à une jambe, qui sectionnent l'artère fémorale.

Ce seront les coups mortels.
Mais pas immédiatement : les médecins feront tout pour le sauver, lui amputant même une jambe. Laurent décédera deux jours après.

Comment expliquer une telle sauvagerie ?

Les avocats des accusés évoqueront bien sûr le phénomène de groupe. C'est d'ailleurs pour cette raison que faute d'identifier clairement celui qui a décidé l'expédition punitive, les quatre accusés sont renvoyés pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et complicité ». « Au départ, on partait sur une qualification d'assassinat, rappelle Karine Attoun, l'avocate de la mère de Laurent. Ce n'est pas à nous de faire le procès mais on estimait au moins que la volonté de donner la mort était bien là. » Modèle de dignité malgré une peine insupportable, la mère de Laurent avait appelé au calme aussitôt après la mort de son fils. Elle renouvelle son souhait aujourd'hui, « en souvenir d'un garçon qui n'avait jamais voulu de mal à personne ».
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, jeudi 02 décembre 2004, p. 3

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Thierry Thoméré, vigile brûlé vif par onze jeunes jugés mardi prochain
« J'attends ce procès sans haine »

A PARTIR de mardi prochain (7 décembre 2004), les jurés de la cour d'assises de Loire-Atlantique devront juger les onze jeunes, dont un mineur au moment des faits, qui se sont livrés à une agression barbare contre un vigile du centre commercial Auchan de Saint-Herblain, au nord de Nantes, le 18 mars 2002.
Ce jour-là, un petit groupe armé de battes de base-ball et de cocktails Molotov débarque dans le magasin à l'heure de la fermeture.
Comme il sort pour éteindre le premier engin incendiaire, Thierry Thoméré, le chef de la sécurité, glisse et tombe dans les flammes.

Alors qu'il est à terre, ses agresseurs le frappent sauvagement avant de prendre la fuite. Mais l'un d'eux revient sur ses pas et casse un cocktail Molotov sur le visage du vigile. Brûlé au troisième degré sur 60 % du corps, Thierry Thoméré devra subir une quinzaine d'interventions chirurgicales délicates.

« De ma vie d'avant, il ne me reste que la voix »

Aujourd'hui âgé de 34 ans, le vigile est défiguré et il a perdu l'usage de ses mains, « mes pinces » comme il appelle ses membres atrophiés.
« Je me souviens de la souffrance horrible, j'étais au milieu des flammes, j'appelais mes enfants. Un médecin m'a dit qu'il allait me faire une piqûre, il m'expliquait qu'autrefois les brûlés mouraient à cause de la souffrance. Je me suis réveillé deux mois plus tard. »

Deux mois de coma provoqué, puis la lente préparation à l'épreuve du miroir, avec l'aide d'un psychologue. « La première fois, c'est atroce, j'ai cru devenir fou. De ma vie d'avant, il ne me reste que la voix. On m'a pris de la peau sur la petite partie qui n'était pas brûlée pour me rafistoler mais je suis rouge partout, au moindre choc ma peau se déchire. »

D'une voix calme, sans esprit de vengeance, l'ancien chef de la sécurité raconte ses cauchemars, « de quoi faire trois films d'horreur », et cherche à comprendre pourquoi une horde l'a transformé en torche vivante.
Pendant toute l'enquête, les policiers se sont particulièrement attachés à découvrir celui qui, dans le groupe, avait rebroussé chemin dans la galerie pour jeter le cocktail Molotov sur le vigile, mais aucun n'a avoué cet ultime geste qui a provoqué les terribles séquelles. Le procès devrait durer quinze jours et se déroulera à huis clos. Un magistrat du parquet rendra compte quotidiennement des débats et les onze accusés risquent trente ans de réclusion criminelle.
Pour la plupart, ils n'expriment aucune forme de regret.

Mardi prochain, ils découvriront pour la première fois le visage martyrisé de leur victime et tenteront de justifier ce déchaînement de violence. A l'époque, on avait évoqué la colère d'un jeune à qui on avait refusé la reprise d'un article qu'il avait acheté. D'autres avaient expliqué que les jeunes du quartier ne supportaient pas que les emplois pour la sécurité du magasin soient tenus par des hommes venus d'ailleurs. « Personne ne peut imaginer ce qu'ils ont fait, ce mépris pour la vie humaine. Mais au risque de vous surprendre, j'attends ce procès sans haine, je veux juste savoir pourquoi. »
Rodolphe Landais, Le Parisien, jeudi 02 décembre 2004, p. 15

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Agressée, une mère de famille doit fuir sa cité

MENACÉE DE MORT après avoir dénoncé les jeunes qui l'avaient passée à tabac, une jeune mère de famille devra sans doute quitter sa cité.
La police, qui prend très au sérieux cette affaire, se propose même de l'escorter jusqu'à son appartement.
Mais il n'est pas certain qu'Isabelle Dumontier, 30 ans, veuille un jour rentrer chez elle.

Hier (3 décembre 2004), elle attendait dans les couloirs du tribunal correctionnel de Versailles de connaître le sort des deux jeunes soupçonnés de l'avoir agressée dans les parties communes de son immeuble de Poissy.
L'ambiance de règlement de comptes s'est déplacée jusqu'au palais de justice.
Sans préliminaire, une jeune femme l'interpelle. « C'est vous qui allez témoigner contre mon ami ? Vous l'avez reconnu. Pourquoi vous dites ça ? Il n'était pas là. »

Isabelle a du mal à se maîtriser après ce nouvel incident.

« C'est incroyable, ils vous agressent et il faudrait encore les laisser faire sans rien dire », souffle-t-elle.
Assise sur un banc, les larmes aux yeux, cette mère de deux enfants raconte son histoire.

Mercredi soir, elle rentre chez elle, au coeur de la cité de la Coudraie avec son fils Raphaël, 6 ans.
Il est 17 heures, la nuit est tombée. Elle s'engage dans l'allée centrale et voit un groupe de six jeunes gens qui occupent le hall d'immeuble.
« Je suis montée chez moi. Et sur le palier, j'ai été rattrapée par deux de ces types. Ils ne m'ont rien dit et ont tenté de prendre mon sac. J'ai crié et résisté. »
Sous les yeux de son fils, bousculée et pétrifiée de terreur, Isabelle est projetée dans l'escalier et dévale quelques marches avant de perdre connaissance.
Samuel, son ex-mari, qui rendait visite à ses enfants, entend les appels au secours et sort de l'appartement. Il trouve Isabelle groggy et son fils traumatisé. Les deux voleurs sont déjà partis avec le sac à main.
Le père de famille appelle les pompiers et la police qui arrivent rapidement sur les lieux. Souffrant d'un traumatisme crânien, Isabelle est conduite à l'hôpital.

Samuel est encore dans la cité lorsqu'il est abordé par un jeune homme. « Si mon frère va en taule, toi et ta bonne femme, on vous butera », lâche-t-il avant de partir.

Un mineur incarcéré

Rapidement, les policiers du commissariat de Poissy identifient les agresseurs.
Deux hommes, âgés de 21 et 23 ans, sont placés en garde à vue pour vol aggravé.
Mais ils affirment tout ignorer de l'affaire. « Ils disent même qu'ils n'étaient pas là. »
Le jeune frère de l'un deux, âgé de 17 ans, est lui aussi appréhendé : il est soupçonné d'avoir proféré les menaces de mort contre la famille et un policier.

Après cette agression, Isabelle, qui cumule les problèmes sociaux et familiaux - ses enfants hyperactifs sont placés sous assistance éducative d'un juge -, risque de voir sa progéniture placée dans une famille d'accueil. Pour l'instant hébergée chez son ex-mari, son seul espoir est de trouver un autre logement loin de cette cité. « Je me fais agresser et en plus c'est moi et mes enfants qui sommes pénalisés », enrage-t-elle.

La préfecture des Yvelines, interpellée par un proche de la famille, affirme qu'elle se tient prête à trouver une solution de relogement d'urgence pour la mère et ses enfants. Les trois suspects ont été déférés hier matin au parquet du tribunal de Versailles. Le mineur a été incarcéré à la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy. Les deux majeurs ont été mis en examen et placés en détention provisoire, le temps pour les policiers de retrouver un témoin supplémentaire.
Julien Constant , Le Parisien, samedi 04 décembre 2004, p. 13

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L'événement Corbeil-Essonnes : Verdict d'apaisement dans l'affaire du lynchage

LAURENT, 19 ans, est mort ce 9 mars 2002 sous les coups d'une bande de dizaines de jeunes venus régler des comptes dans son quartier de la Nacelle, à Corbeil-Essonnes.
C'est l'analyse des jurés de la cour d'assises de l'Essonne, qui ont choisi hier soir dans leur verdict de ne pas condamner pour tous les autres les seuls quatre accusés renvoyés dans cette affaire.
Siaka Kone, 22 ans, qui avait reconnu avoir porté les coups de couteau à la cuisse de Laurent qui ont sectionné l'artère fémorale, est condamné à douze ans de prison pour des coups mortels sans intention de donner la mort.
A ses côtés, Karol Nagorski, 22 ans, qui avait dès le début reconnu avoir frappé Laurent avec un manche de pioche, est condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis. Il devrait donc bientôt sortir de prison puisqu'il a déjà effectué plus de deux ans et demi de détention, alors qu'il était poursuivi au même titre que Siaka Kone pour les coups mortels.
Davide da Costa Sobral, 22 ans, écope de six ans ferme pour avoir tiré avec un pistolet à grenaille dans la tête de Laurent.
Loïc Mariette, 24 ans, qui lui avait prêté l'arme sans participer à l'expédition, reste libre : il n'a été condamné qu'à trois ans avec sursis. Il avait déjà effectué quatre mois de détention provisoire durant l'enquête.

Pas d'incidents graves

Ce verdict, qui refuse l'amalgame, est un véritable désaveu pour l'accusation.
L'avocat général avait lui aussi regretté que de nombreux auteurs n'aient pas été présents dans le box, n'hésitant pas à parler de « dysfonctionnement de la justice ».
Mais il avait quand même requis des peines lourdes pour les quatre accusés, quinze ans pour Siaka Kone, treize ans pour Karol Nagorski, sept ans pour Davide da Costa Sobral et deux ans ferme pour Loïc Mariette.

« Des peines méprisables, pitoyables, injustes au regard de la justice », avait fustigé très durement, hier matin, Jacques Bourdais, l'avocat de Siaka Koné, lors de sa plaidoirie.
Longuement, l'avocat a dépeint des cités victimes de discrimination et de racisme, où les politiques ont une « lourde responsabilité ».
« Je ne dis pas que la mairie de Corbeil-Essonnes est responsable de la mort de Laurent, mais une autre politique aurait peut-être évité ce drame », a-t-il déclaré.

Le verdict est tombé dans une ambiance pesante, dans une salle où les jeunes des quartiers rivaux étaient séparés par un cordon policier.
Durant l'après-midi d'attente, quelques rixes sans gravité ont éclaté ici et là mais à l'énoncé du jugement, rien.
En larmes, l'avocate de Karol Nagorski avoue avoir eu « très peur » pour le jeune homme qui peut espérer sortir dans quelques semaines puisqu'il a déjà fait plus de deux ans de prison.

La famille de Laurent n'attendait pas grand-chose du verdict. « Dès le départ, la justice nous a déçus en renvoyant seulement quatre personnes », a déclaré le grand-père, Raymond Soulier. A l'issue de l'audience, il a enlacé Loïc Mariette, celui qui avait prêté l'arme mais qui était aussi un ami de Laurent. « A lui, je lui pardonne, il ne savait pas. Les autres, je ne peux pas. »
Sébastien Ramnoux, Le Parisien, jeudi 09 décembre 2004, Essonne p. I

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Verdict « Le silence de mes agresseurs est insupportable »

APRÈS DOUZE JOURS d'audience si pénibles que deux jurés ont été remplacés pendant les débats, la cour d'assises de Loire-Atlantique a rendu son verdict.
Neuf des onze jeunes, accusés d'avoir transformé le chef de la sécurité du magasin Auchan de Saint-Herblain en torche vivante, en mars 2002, ont été condamnés à des peines comprises entre quatre et vingt ans de réclusion criminelle. Deux jeunes ont été acquittés.
La sanction la plus lourde - vingt ans de réclusion - vise Icham, 21 ans aujourd'hui, celui qui a cassé le cocktail Molotov sur la tête de Thierry Thoméré. Pour les autres, la cour a gradué les peines en fonction du rôle de chacun : quinze ans pour ceux qui ont frappé, entre quatre et douze ans pour les « simples spectateurs ».

Emeute dans la salle

A la veille de l'ouverture du procès, leur victime était apparue calme, digne, sans haine, animée de la seule envie de comprendre.
Mais les accusés ont ajouté la douleur à la douleur : « Chacun d'eux sait qui était là pendant l'agression, mais personne ne parle, personne n'assume, c'est insupportable », résume Thierry Thoméré.
L'agent de sécurité, brûlé sur 60 % du corps, dénonce « les pressions exercées sur les témoins pour qu'ils se taisent, le climat de menaces, la loi du silence ». Juste un petit jeu dérisoire et pathétique, un « c'est pas moi, c'est l'autre », comme si les accusés avaient gardé les cagoules qui dissimulaient leurs visages le jour de l'agression. Hier matin, ils ont enfin exprimé des regrets, mais pas tous, et juré qu'ils ne « voulaient pas ça ».

Dans la salle d'audience, l'énoncé du verdict a provoqué une émeute : injures, cris, les familles des accusés ont crié leur haine.

A cet égard, Thierry Thoméré interroge : « Vous avez des enfants ? Moi, j'en ai trois, la dernière est née un mois après l'agression. Quand je suis rentré à la maison, la deuxième ne me reconnaissait pas. C'est parce que mon chien s'est précipité vers moi en remuant la queue qu'elle en a déduit qu'elle était bien en face de son père. Ce moment-là, je ne pourrai jamais l'oublier. »

Souffrance morale, souffrance physique : il y a, par exemple, la toilette sous anesthésie générale tant le moindre contact sur ses chairs le fait souffrir. « La canule au niveau de la gorge, c'est pour ça. A force de me passer des anesthésiants par la bouche, on risquait de détruire mes cordes vocales. »

Déjà dix-huit opérations lourdes et la prochaine est déjà programmée pour le 7 janvier.
« Nous pouvons continuer à réparer le corps de M. Thoméré, cela n'est pas un problème technique, a dit un professeur. La vraie limite, c'est sa capacité à endurer les opérations. Un jour, il dira stop, forcément. »

Depuis le drame, Auchan continue de lui verser son salaire et devrait lui proposer un emploi de formateur. La commission d'indemnisation des victimes a versé une provision de 200 000

. Désormais, l'agent de sécurité attend un éventuel procès en appel pour demander des compléments d'informations parce que, selon lui, « tous les coupables n'étaient pas à la barre, il en manquait six ou sept. »
Rodolphe Landais, Le Parisien, Paru le : 23/12/2004, p. 13

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ILE-DE-FRANCE. Le triste record du réveillon. Avec 212 véhicules réduits en cendres, l'Ile-de-France n'avait jamais connu une telle flambée de violence une nuit de la Saint-Sylvestre. C'est la Seine-Saint-Denis qui arrive en tête de cet éloquent palmarès, avec 75 voitures incendiées.

MALGRÉ les nombreux effectifs de police et de gendarmerie déployés, 212 véhicules ont été la proie des flammes dans la nuit du 31 décembre au 1 e r janvier en petite et grande couronne. Soit presque les deux tiers des véhicules brûlés sur l'ensemble de l'Hexagone (333). Avec cette flambée de violence, bien plus importante que d'habitude, la région parisienne bat très largement son propre record en la matière.

L'an passé, 152 voitures, soit 60 de moins, avaient été la cible d'incendiaires. Cette année, le phénomène a même gagné la capitale. A Paris - et pour la première fois depuis cinq ans - 8 véhicules ont été brûlés. « Un phénomène qui n'a rien de significatif », assure-t-on à la préfecture de police.

84 interpellations en Seine-Saint-Denis

En tête du singulier palmarès des départements les plus touchés, la Seine-Saint-Denis. Avec 75 feux de voitures (contre 47 l'année dernière), le « 9-3 » termine à une peu enviable première place dans la catégorie des violences urbaines.
Dans la cité des Beaudottes à Sevran, des jeunes ont plongé le quartier dans le noir avant l'arrivée des forces de l'ordre. Depuis les toits des immeubles, ils les ont ensuite visés avec divers projectiles, faisant deux blessés chez les policiers. Un troisième fonctionnaire a également été touché dans le même département.
En réponse à ces faits, « 84 personnes ont été interpellées et 24 ont été placées en garde à vue », a indiqué Michel Theuil, directeur de cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis. Hier soir, 4 jeunes ont été déférés au parquet de Bobigny.

Dans les Yvelines, les pompiers ont été appelés à 45 reprises (39 l'an dernier) pour des incendies de voitures. La nuit du 31 décembre au 1 e r janvier a été particulièrement agitée dans la cité du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, où 16 véhicules ont été la proie des flammes. Trappes et Les Mureaux ont été également le théâtre d'incendies volontaires mais aucun blessé n'est à déplorer.

Le Val-de-Marne n'échappe pas au phénomène avec 28 voitures brûlées (17 en 2004) à Orly, Créteil, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine.
Viennent ensuite le Val-d'Oise (21, contre 10 l'an dernier) et la Seine-et-Marne, où une légère baisse est enregistrée (17, contre 20).
Enfin, l'Essonne (10, contre 14) et les Hauts-de-Seine (8, contre 5) ferment la marche.
Stéphane Sellami avec M.-P.B. et les éditions départementales, Le Parisien, dimanche 02 janvier 2005

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Cinquante-six voitures incendiées la nuit de la Saint-Sylvestre en Alsace
STRASBOURG (AP) - Cinquante-six voitures ont été incendiées dans la nuit de vendredi à samedi en Alsace, dont 33 dans le département du Bas-Rhin, où un policier a été blessé à la main.
Vingt-sept véhicules ont été la proie des flammes dans la circonscription de la sécurité publique de Strasbourg, contre 22 l'an passé, selon la préfecture du Bas-Rhin. Quarante-trois interpellations ont eu lieu à la suite de ces incendies, contre 44 l'an dernier. L'an dernier 32 voitures avaient brûlés la nuit de la Saint-Sylvestre dans le département.
Dans le Haut-Rhin, 23 voitures ont été incendiées à Colmar et à Mulhouse, selon la préfecture. AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 1 janvier 2005, 10h51

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333 véhicules incendiés en France durant le réveillon PARIS (AFP) - Trois cent trente-trois véhicules ont été incendiés durant la nuit de la Saint Sylvestre en France, contre 324 il y a un an, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
En Seine-Saint-Denis notamment, 75 véhicules ont été brûlés durant la nuit et 24 jeunes ont été placés en garde à vue dans le département de la Seine-Saint-Denis, a annoncé samedi matin la police.
Les voitures sont été incendiées dans tout le département mais les forces de l'ordre ont notamment eu à intervenir à plusieurs reprises dans des cités de Sevran, Clichy-sous-Bois, Aulnay et La Courneuve.

Plusieurs policiers ont également été légèrement blessés par des jets d'objets incendiaires durant la nuit.
Outre les voitures, des containeurs poubelles, des abribus et d'autres objets ont été incendiés tout au long de la nuit, qui a été qualifiée d'"agitée" par la police.

Les 24 jeunes placés en garde à vue sont des mineurs ou de jeunes majeurs. Ils ont été interpellés pour dégradation, possession d'engins incendiaires et violences sur les agents de la police.
A Clichy-sous-Bois, un ancien lycée désaffecté a été détruit par un incendie.
Dans le Bas-Rhin, 33 voitures ont été brûlées, dont 29 à Strasbourg et sa banlieue, selon un bilan établi samedi matin par la préfecture du Bas-Rhin.
"Un important dispositif de sécurité" avait été déployé pour "préserver l'esprit festif de la Saint Sylvestre". 43 personnes ont été interpellées et un policier a été blessé à la main au cours des incidents de la nuit.
Les incendies de véhicules sont généralement associés à ces violences devenues au fil des années une sorte de rituel qui marque cependant le pas depuis l'an 2000 (53 voitures brûlées à Strasbourg), notamment en raison des importants déploiements de police dans les quartiers sensibles.
Yahoo.fr, actualités, samedi 1 janvier 2005, 11h49

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(Janvier 2005) Six ans de prison pour avoir transmis le virus du sida
COLMAR (Reuters) - Christophe Morat, un chauffeur de car de 31 ans qui avait transmis le virus du sida à deux jeunes femmes sans leur révéler sa contamination, a été condamné mardi (4 janvier 2005) à six ans de prison par la cour d'appel de Colmar (Haut-Rhin).
Il devra en outre verser 230.000 euros à l'une de ses victimes et la même somme aux proches de la seconde, Aurore B., qui s'est suicidée le 1er novembre dernier.
Christophe Morat a décidé de se pourvoir en cassation, a déclaré son avocat. "Nous verrons quels seront les attendus du jugement mais ce sera relatif au problème de la qualification que j'ai soulevé en plaidant", a précisé Me Christophe Bass à Reuters.

La cour d'appel a confirmé les deux jugements de première instance prononcés par le tribunal correctionnel de Strasbourg, l'un en l'absence du prévenu le 17 mai 2004, l'autre en sa présence le 28 juin, après son interpellation dans la Drôme.
Le jeune homme, qui comparaissait détenu, a été reconnu coupable "d'administration de substances nuisibles ayant porté atteinte à l'intégrité physique ou psychique d'autrui, ayant entraîné une infirmité permanente".
Il avait entretenu des relations amoureuses pendant plusieurs mois en 1999 et 2000 à Strasbourg avec quatre jeunes femmes, dont Aurore et Isabelle, les deux victimes, âgées à l'époque de 18 et 22 ans, alors qu'il se savait séropositif depuis 1997.
Père divorcé d'un enfant de dix ans, il a commencé à développer la maladie à partir de fin 2000.
L'une des ses anciennes amies avait informé les deux jeunes femmes qui ont porté plainte après qu'un test leur eut révélé leur séropositivité.
La dernière compagne en date de Christophe Morat n'a elle-même appris qu'il était atteint du VIH que lors de son interpellation.
Avocat d'Isabelle et de la famille d'Aurore, Me Yannick Pheulpin a fustigé "un criminel de sang-froid" dans lequel les jeunes femmes "ne voyaient que le prince charmant".
Il s'est défendu par avance de vouloir "stigmatiser" tous les séropositifs. "Notre démarche ne vise que ceux qui se sont servis de leur maladie comme d'une arme au moyen d'artifices parfaitement condamnables", a-t-il dit.

"ALLERGIE AU LATEX"

L'avocat faisait notamment allusion à l'allergie au latex alléguée par le prévenu pour ne pas utiliser de préservatifs. Un élément également relevé par l'avocat général, Jacques Nicole. "Nous ne pouvons pas écarter la notion d'intentionnalité", a estimé ce dernier.
A la barre, Christophe Morat a présenté ses excuses aux victimes mais expliqué qu'il n'avait "pas pu faire autrement". "J'avais peur de me faire rejeter par les gens autour de moi", a-t-il dit en rappelant qu'il était "un enfant de la DDASS".
Son avocat, Me Bass, a avancé cet argument pour exclure toute volonté de nuire de la part de son client. "Ce n'est pas facile à révéler (la séropositivité), nom de nom", a-t-il lancé.
Il s'est surtout élevé contre une pénalisation des relations sexuelles.
"Vous ne pouvez pas négliger le fait que les relations sexuelles non protégées étaient des prises de risque partagées entre des jeunes gens mal informés", a-t-il plaidé.
Il a par ailleurs contesté le chef même de la mise en examen de Christophe Morat, estimant qu'il faudrait pour le soutenir "qu'à chaque relation sexuelle qu'on lui impute, il administre le virus". "Ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté en rappelant que d'autres partenaires du jeune homme n'avaient pas été contaminées.
Il a enfin mis en garde les juges contre la tentation d'une "pénalisation" de la politique de santé publique.

Présent à l'audience, le président d'Aides (c'est nous qui soulignons), Christian Saout, a repris le même argument. "Pour réparer un dommage fait à une personne, il y a un juge, c'est le juge civil et on n'est pas obligé de faire mettre en prison son ancien amant ou son ancienne amante", a-t-il déclaré aux journalistes.
"On ouvre la voie à la pénalisation de la vie et de l'amour", a-t-il ajouté en craignant que de tels jugements rendent plus difficiles les actions de prévention en incitant les séropositifs à cacher leur état.

A l'opposé, Femmes positives, une association basée à Marseille qui défend les droits des femmes contaminées par leur partenaire, s'est félicitée de l'arrêt de la cour d'appel.
"Nous considérons que nous avons été les sacrifiées de la mauvaise politique des associations de prévention qui n'incitaient pas les séropositifs à révéler leur sérologie", a déclaré sa présidente, Barbara Wagner.
Une vingtaine de plaintes seraient, selon elle, actuellement déposées chaque année en France par des personnes contaminées à leur insu par le virus du sida.
Yahoo.fr, actualités, mardi 4 janvier 2005, 18h02

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Michel Wieviorka, sociologue, analyse les mobiles des incendiaires de véhicules : Brûler des voitures, «une distraction en soi»

Cette année (2004), 330 véhicules ont été incendiés dans la seule nuit de la Saint Sylvestre. C'est un peu plus qu'en 2003 (324 carcasses dénombrées), et un peu moins qu'en 2002 (379). Une goutte d'eau au vu des 20 000 «feux de voitures» enregistrés chaque année. Pour mieux cerner les mobiles des incendiaires, les policiers de la direction centrale de la sécurité publique de la Seine-Maritime ont décortiqué les affaires élucidées sur les trois dernières années, soit 79 cas, impliquant 170 personnes. Un rapport d'une quinzaine de pages, daté de novembre 2004 et réalisé à partir des auditions des prévenus, passe au crible les mobiles des auteurs. Typologie inattendue à la clé.

L'incendie d'un véhicule viserait ainsi : 1) à effacer les empreintes digitales après le vol de véhicule ou le vol à la roulotte (50 % des cas). «Avant, ils les balançaient dans la Seine, maintenant ils les brûlent», commente un enquêteur; 2) à s'amuser «lors d'un anniversaire ou pour provoquer une intervention des pompiers sans pour autant être vindicatifs»; 3) à régler des comptes, principalement familiaux ou amoureux.
Les incendiaires n'agiraient que marginalement «par défi contre l'autorité». De quoi minimiser l'explication politique des violences urbaines. A priori, car Michel Wieviorka, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), met en garde contre les risques d'extrapolation d'une telle étude.

Selon l'étude réalisée en Seine-Maritime, le mobile des incendiaires serait d'abord d'effacer leurs empreintes... N'est-ce pas porter un coup à l'idée de violence comme acte de protestation ?

Soyons prudent. Cette étude porte sur les affaires élucidées de voitures brûlées, soit un nombre très faible de cas, 4 %. Les incendiaires dont elle traite sont d'abord des voleurs de voitures, ou des voleurs à la roulotte, aux mobiles effectivement pragmatiques ­ faire disparaître les traces qui permettraient de les retrouver. Mais tous les véhicules mis à feu ne le sont pas nécessairement suite à un vol, loin s'en faut.

Deux ans durant, vous avez enquêté dans plusieurs quartiers réputés difficiles sur différentes formes de violence urbaine (1). Pourquoi l'incendie de voitures est-il devenu un phénomène ?

Cette pratique est aujourd'hui répandue sur tout le territoire, même si c'est à Strasbourg qu'elle revêt un tour aigu, en particulier le soir de la Saint-Sylvestre. Le phénomène remonte au tout début des années 1980, avec les fameux «rodéos» : des jeunes volent une BMW ­ de préférence ­, tournent dans le quartier sur les chapeaux de roue et mettent le feu au véhicule pour terminer la soirée en apothéose. La dimension ludique est alors patente. Elle l'est restée, mais sous une forme altérée : aujourd'hui, lors d'épisodes comme ceux de la Saint-Sylvestre, il s'agit moins de finir en beauté que de combattre le désoeuvrement, de rompre la monotonie d'une vie de quartiers sans attrait. Incendier une voiture est alors une distraction en soi ­ ce qui correspond à une autre logique que celle du vol dont il faut effacer les traces.

Au-delà de l'aspect ludique, y a-t-il une volonté de défier les autorités dans ces actes de violence urbaine ?

Brûler des voitures n'est pas un acte militant. Mais ce type d'acte oblige à s'interroger sur les manquements de l'action politique. De manière générale, la violence urbaine naît en France du décalage qui existe entre les promesses de la République ­ d'égalité, d'intégration, de travail, de fraternité ­ et la réalité du quotidien de populations déshéritées, rejetées en périphérie des villes. A la première occasion, tout ce qui incarne l'autorité, l'institution républicaine, est molesté. Avec l'incendie de voiture, c'est un peu autre chose : symbole d'autonomie, de capacité à sortir du ghetto, on rompt, en brûlant la voiture, avec le triste quotidien, on dit son exaspération d'exclu, et même, on accède à la médiatisation. Ne parlons pas de pure délinquance : il y a là une charge politique, l'expression d'un déficit du politique, qui ne traite pas des demandes des jeunes des quartiers populaires.
1) Violence en France, Le Seuil (1999).
Par Nathalie RAULIN, mercredi 05 janvier 2005 (Liberation - 06:00), p. 16

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Menacée, la policière demande sa mutation

CONTRAINTE DE DEMANDER sa mutation sous la pression des délinquants... C'est bien ce qui arrive en ce moment à Alice*. Cette fonctionnaire de police âgée de 31 ans, gardien de la paix dans un commissariat près de Melun (Seine-et-Marne), veut quitter son affectation actuelle depuis qu'elle a été agressée verbalement par des jeunes délinquants que l'agent avait contribué à interpeller.

« L'un de ses agresseurs réside en bas de chez elle »

Le 20 décembre (2004), vers minuit, la jeune femme, qui n'est plus en service, promène son chien en bas de sa résidence, à une quinzaine de kilomètres du commissariat.
Une bande de cinq individus connus défavorablement des services de police la reconnaissent. Les menaces pleuvent. « On sait où tu habites... » insinue un des protagonistes. Au lieu de répondre et d'envenimer les choses, Alice a préféré composer le 17 pour prévenir les collègues. Les cinq jeunes sont interpellés et placés en garde à vue. Poursuivis pour « intimidation en réunion à l'encontre d'un fonctionnaire de police en connaissance de cause », ils sont jugés le lendemain en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Melun. Résultat : deux mois de prison avec sursis, soixante-dix heures de travail d'intérêt général pour le meneur (qui a déjà passé dix-huit mois en prison pour vols avec violences) et 800 € de dommages et intérêts à verser solidairement par la bande.
Le parquet avait notamment requis trois mois de prison ferme pour le meneur. Soutenue par des collègues, Alice quitte le tribunal dégoûtée... La jeune femme prend treize jours de congé de maladie. Pire, elle refuse de revenir à son domicile. « Normal, l'un de ses agresseurs réside en bas de chez elle, un autre juste en face... », relate un proche. Alice part vivre à l'autre bout de Paris, chez sa grand-mère. Le 3 janvier 2004, elle reprend son travail continuant de croiser la petite bande près de chez elle.

« C'est toujours la victime qui est obligée de partir »

Aujourd'hui, la jeune fonctionnaire, qui craint pour ses proches, a demandé sa mutation. Un sale coup pour cette policière, fraîchement sortie de l'école des gardiens de la paix de Périgueux et nommée dans un commissariat d'Ile-de-France. Echaudée, cette ancienne adjointe de sécurité qui a travaillé pendant quatre ans à Bayonne ne songe pas pour autant à changer de métier. « Elle a toujours voulu faire cela depuis qu'elle est gamine », affirment des amis de la jeune femme.
Les syndicats dénoncent la situation. « Le règlement qui oblige le fonctionnaire à habiter sur la circonscription où il travaille relève d'une logique dépassée. Selon les endroits, de plus en plus nombreux dans la région, c'est complètement caduc », commente Jean-Pascal Stadler, secrétaire régional du Syndicat national des policiers en tenue (SNPT). Et de citer le cas d'un policier de Melun résidant à Savigny-le-Temple : en 2002, l'homme avait reçu un cocktail Molotov dans une des chambres de son pavillon. Pas de blessé, mais le fonctionnaire de police avait été muté illico. Un collègue du SNPT ajoute : « On va nous dire qu'on n'emprisonne pas quelqu'un pour des insultes et des menaces. OK ! Mais soit on éloigne les auteurs, soit on éloigne le policier. Dans les faits, c'est toujours la victime qui est obligée de partir. Qu'il s'agisse d'un policier ou d'un citoyen lambda, d'ailleurs... »
* Le prénom a été changé
Sophie Bordier, Le Parisien, samedi 08 janvier 2005, p. 12

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(Janvier 2005) Des détenus de Guantanamo tourmentés par des interrogatrices "sexy", selon un document secret

SAN JUAN, Porto-Rico (AP) - Des geôliers femmes ont tenté de faire craquer des détenus de la base américaine de Guantanamo, en pratiquant des attouchements, en portant minijupes et strings, et en allant jusqu'à barbouiller le visage d'un prisonnier saoudien de faux sang menstruel, selon un document secret obtenu par l'agence Associated Press (AP).

Le récit confidentiel détaille des techniques d'interrogatoires peu orthodoxes au camp militaire de Guantanamo Bay, à Cuba, où sont détenus au secret des membres présumés d'Al-Qaïda et des talibans capturés en Afghanistan par l'armée américaine. Le document manuscrit a été écrit par un ancien militaire américain, qui souhaite le publier sous forme de livre. Il a été classé secret défense en attendant l'examen de son contenu par le Pentagone.
L'auteur, l'ancien sergent Erik Saar, 29 ans, a travaillé comme interprète en arabe à Guantanamo de décembre 2002 à juin 2003, période durant laquelle il aurait assisté à une vingtaine d'interrogatoires et observé des pratiques "troublantes".
Une employée civile sous contrat avec l'armée américaine utilisait ainsi une tenue affriolante avec minijupe, string et soutien-gorge lors d'interrogatoires nocturnes. Or, la plupart des prisonniers de Guantanamo sont des musulmans pratiquants qui excluent tout contact avec des femmes autres que leur épouse.

"J'ai appris que cette tenue était utilisée par une des employées civiles (...) d'une équipe interrogeant au milieu de la nuit des Saoudiens qui refusaient de parler." Certains détenus de Guantanamo qui ont été depuis libérés ont raconté avoir été tourmentés par des "prostituées".
Dans un autre cas, Erik Saar raconte comment une enquêtrice militaire a tenté de faire craquer un Saoudien ayant pris des cours pour apprendre à piloter un avion avant les attentats du 11 septembre 2001. Devant son refus de parler, elle a enlevé le haut de son uniforme dévoilant un maillot moulant, s'est caressée les seins, les a frottés contre son dos, et a fait des commentaires sur son apparente érection. Le prisonnier lui a craché au visage, selon le manuscrit.
"L'interrogatrice" a alors décidé d'utiliser une autre technique. Un interprète lui a conseillé de faire croire au détenu qu'elle avait ses règles. Une interprétation stricte de la loi islamique interdit tout contact physique avec les femmes en période de menstruation, qui sont considérées comme "impures". "L'idée était de faire en sorte que le détenu sente après avoir parlé avec elle qu'il était souillé et ne pouvait ainsi prier son Dieu et trouver des forces (morales)", souligne le document.
La militaire a utilisé de l'encre rouge pour duper le détenu et lui en a barbouillé sur le visage. "Il a hurlé, craché sur elle et a bondi en avant", si violemment qu'il a brisé un des fers qu'il avait aux chevilles, souligne le document. "Il a commencé à pleurer comme un bébé." L'enquêtrice est partie en lui souhaitant une "bonne nuit sans eau" pour se laver.

Le récit d'Erik Saar fait écho à deux incidents rendus publics par l'armée américaine mais n'ayant pu être confirmés de source indépendante. Dans un cas, selon le Pentagone, une interrogatrice a enlevé le haut de son uniforme, se retrouvant en T-shirt, a passé ses doigts dans les cheveux d'un détenu et s'est assise sur ses genoux. La séance aurait été immédiatement interrompue par un supérieur et elle aurait eu un blâme.
Dans l'autre cas, une interrogatrice a "essuyé" de l'encre rouge "sur le maillot d'un détenu après qu'il eut craché sur elle" en lui disant que c'était du sang, selon l'armée américaine.

Les stratégies sexuelles utilisées par les interrogatrices sont critiquées par le FBI, qui évoque dans une lettre dont l'agence AP a obtenu copie des techniques "très agressives" et un cas où une enquêtrice a saisi les parties génitales d'un détenu. Des femmes avaient déjà été mises en cause dans le scandale des sévices infligés à des détenus irakiens à la prison d'Abou Ghraïb à Bagdad.
Le camp de Guantanamo Bay est dans le collimateur des défenseurs des droits de l'homme. D'anciens prisonniers de la base américaine affirment y avoir été torturés. AP
vendredi 28 janvier 2005, 19h29 , Yahoo.fr.

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(13 mars 2005) Grigny Des policiers attirés dans un traquenard

LA NUIT DERNIÈRE, la cité sensible de Grigny 2 devait rester sous surveillance policière pour éviter une nouvelle nuit de violence.
Dimanche soir, une vingtaine d'individus armés de barres de fer, de bouteilles de verre et de projectiles en tout genre ont tendu un guet-apens à un véhicule sérigraphié « police » du commissariat local. Deux policiers ont été blessés, victimes des éclats de verre de leur pare-brise.

Et ils ont échappé de peu aux coups de leurs assaillants grâce à l'intervention de six équipes de la brigade anticriminalité (BAC). Plus tard dans la nuit, un jeune du quartier âgé de 20 ans a été interpellé. Hier soir, il était toujours en garde à vue, les enquêteurs tentant de déterminer la nature exacte de sa participation aux événements de la nuit.

A Grigny, les services de police et la municipalité s'attendaient bien à quelques tensions. Les jeunes du quartier n'ayant pas oublié leurs deux copains Denis et Terence, décédés il y a un tout juste un an. En prenant la fuite pour échapper à un contrôle routier sur la N 7, les deux garçons de 17 et 18 ans sont morts en percutant un poteau EDF, à Thiais (Val-de-Marne), dans la nuit du 12 au 13 mars 2004. Le lendemain, une patrouille de la BAC était attaquée par une vingtaine de jeunes.

Coincés entre deux véhicules et des chariots de supermarché, les policiers avaient ensuite été la cible de jets de pierre. Aucun d'eux n'a alors été blessé. Dimanche soir, les jeunes de Grigny 2 ont donc une nouvelle fois laissé éclater leur colère pour « célébrer » ce premier anniversaire. C'est un appel téléphonique passé d'une cabine du quartier qui a attiré les pompiers en guise d'appât. « Un véhicule incendie a été envoyé pour un feu d'appartement, explique-t-on au service départemental d'incendie et de secours (Sdis). Les pompiers sont toujours accompagnés de policiers sur ce genre d'intervention. Une fois sur place, ne constatant aucun feu, nos hommes sont rentrés à la caserne sans incident. »

Une meute d'une vingtaine de personnes

C'est alors que les policiers restés seuls rue Pasteur ont été pris au piège. Une vingtaine d'individus cachés aux abords font irruption. La plupart ont le visage dissimulé sous des écharpes ou des capuches.
Armés de barres de fer et de projectiles, ils se jettent sans hésitation sur le Renault Scenic des policiers. Les bouteilles brisent le pare-brise et blessent les agents installés à l'avant. Puis la meute se met à secouer le véhicule, tente d'ouvrir les portières pour en extraire leurs cibles. Celles-ci attendent, impuissantes, du renfort. Le chauffeur tente de reculer pour prendre la fuite. En vain.
Selon un témoin, il aurait même reçu un coup de poing au visage. « Faux », rétorque un enquêteur. L'assaut aura tout de même duré une dizaine de minutes. Les équipages de la BAC départementale envoyés à la rescousse ont dû faire usage de leurs flash-balls (arme tirant des balles en caoutchouc) et d'une grenade lacrymogène pour disperser les assaillants.
« Il y a très longtemps que des policiers n'avaient été pris dans un tel traquenard et attaqués par autant d'individus », reconnaît un fonctionnaire de police. Et c'est un sac oublié sur place qui a permis aux enquêteurs d'interpeller dans la nuit le jeune placé en garde à vue.
Stéphanie Auguy, Le Parisien, mardi 15 mars 2005, Essonne, I

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(Septembre 2005) Un handicapé sauvagement tué par deux jeunes filles

Deux jeunes filles de 17 et 20 ans ont, sans pouvoir expliquer leur geste, violemment frappé en pleine rue un hémiplégique de 35 ans, dans la nuit de lundi à mardi à Reims. La plus jeune a ensuite achevé sa victime de cinq coups de couteau.

EN ROND autour de trois bouquets de fleurs déposés à même le sol, ces enfants qui sortent de l'école ont l'air dubitatif. « C'est qui Cédric ? » demande une petite fille à ses copains après avoir lu un message d'hommage laissé sur le bitume par ses « amis ».
Cédric était un hémiplégique de 35 ans, père de trois enfants, sauvagement assassiné, dans la nuit de lundi à mardi, sur l'esplanade Eisenhower dans le quartier populaire de la Croix-Rouge à Reims. Alors que les taches de sang ont été recouvertes de sable, les riverains de la cité jettent un oeil attristé au texte écrit par les proches de la victime qui débute par un émouvant « on t'aime ».

Les agresseurs et leur victime ne se connaissaient pas

Les auteurs présumés de cet homicide ? Deux copines de 17 et 20 ans, toutes les deux mises en examen pour assassinat par un juge d'instruction rémois. Incarcérées, les deux jeunes filles n'ont pas livré d'explications probantes à leur acte insensé que le parquet de Reims a qualifié de « crime gratuit ».

Les circonstances du décès de Cédric Houppermans sont sordides. Le drame s'est noué vers 2 heures du matin, au pied d'une des nombreuses tours en mauvais état de ce quartier qui rassemble « une forte concentration de personnes en difficulté », selon les termes d'un travailleur social.
A cette heure avancée, Cédric promène son caniche noir. Le jeune homme, qui habite un peu plus loin dans l'îlot de la Croix-du-Sud, rencontre alors Tiffany*, 17 ans, et Julie, 20 ans. L'appartement où réside Tiffany avec ses frères n'est qu'à quelques mètres.
Avant de se croiser au milieu de la nuit, les deux filles et leur victime ne se connaissaient pas. Selon ses voisins, Cédric avait l'habitude de boire quelques bières au pied de son immeuble, mais sa résidence est relativement éloignée de celles de ses agresseurs.

Une violente altercation oppose alors les deux copines à Cédric. Son origine reste très floue. Devant les enquêteurs, les jeunes filles ont expliqué que le promeneur les avait abordées pour leur proposer de boire un verre chez lui et que cette invitation ne leur avait pas plu. Cette version demande à être confirmée, mais toujours est-il que, peu de temps après, Tiffany et Julie commencent à rouer de coups leur victime qui, compte tenu de ses problèmes de santé, ne peut réagir.

Après avoir laissé Cédric inconscient, les deux amies vont chercher une arme blanche au domicile de Tiffany et reviennent s'acharner sur le jeune homme, qui reçoit cinq coups de couteau des mains de Tiffany.
Les secours ne parviendront pas à le ranimer. Une chose est sûre : au moment des faits, les deux filles étaient sous l'empire d'une forte dose d'alcool.
* L'auteur présumé des faits étant mineur, son prénom a été modifié.
Timothée Boutry, Le Parisien, 16 septembre 2005, p. 13

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dimanche 18 décembre 2005, 17h36 Enseignante poignardée à Etampes: son jeune agresseur s'est rendu à la police

EVRY (AP) - L'élève qui avait poignardé vendredi une enseignante du lycée professionnel Louis-Blériot d'Etampes (Essonne), avant de prendre la fuite, s'est rendu samedi soir à la police et a été immédiatement placé en garde à vue. Il doit être présenté à un juge d'instruction lundi après-midi, selon des sources judiciaires.
D'après l'époux de la jeune femme, dont les jours ne sont pas en danger, elle avait reçu des "menaces de viol et de mort" avant le drame, et n'a pas été entendue alors qu'elle avait essayé "de tirer la sonnette d'alarme". Il a affirmé qu'elle allait déposer plainte contre l'Education nationale.

Le jeune homme, âgé de 18 ans, s'est présenté de lui-même à la police samedi vers 23h. Il a vraisemblablement agi "en liaison avec sa mère", qui lui avait demandé de se rendre aux services de police, a-t-on appris auprès de la préfecture de l'Essonne. Une fois placé en garde à vue, il a "reconnu les faits", précisait-on de même source.
Selon Jean-François Pascal, procureur de la République d'Evry, le lycéen, qui a porté plusieurs coups de couteau à la professeur d'arts plastiques, âgée de 28 ans, avait semble-t-il "pensé accomplir ce geste depuis plusieurs jours déjà".
Christophe Gouget, l'avocat du jeune homme, qui l'a rencontré dimanche matin au cours de sa garde à vue, a affirmé qu'il était "écrasé par le poids de sa faute".
"C'est un jeune homme qui n'a pas du tout le profil de l'emploi. Les seuls problèmes qu'il avait étaient des problèmes d'absentéisme ou de retard. Orphelin de père, il manifestait en revanche un état dépressif avéré, il avait fait l'objet de mesures de placement, et traversait une situation d'échec scolaire très mal vécue", a-t-il expliqué à l'Associated Press. "Je pense qu'il souhaitait attenter à ses propres jours, et la situation a dérapé", a-t-il ajouté.

Interrogé à la sortie de l'hôpital d'Etampes où sa femme a été admise vendredi, le mari de l'enseignante, Frédéric Toutain, a exprimé pour sa part "un sentiment de révolte". "Je sais ce que ma femme pouvait me dire tous les soirs, quand elle rentrait en pleurs, et surtout dans les dernières jours avant l'accident", a-t-il déclaré, très ému. "Elle se sentait menacée, elle avait eu des menaces de viol de mort, et on ne l'a pas prise au sérieux", a déploré l'époux de l'enseignante.
"Elle a essayé de tirer la sonnette d'alarme, elle en a parlé et n'a pas été entendue. Cela est allé en grandissant surtout courant décembre, je lui ai dit d'aller porter plainte", a précisé Frédéric Toutain.
Karen Montet-Toutain "a la foi dans ce qu'elle faisait, elle faisait tout pour ses élèves, pour les aider", a souligné son époux. "Aujourd'hui, c'est ces gens-là qui l'ont agressée". Frédéric Toutain a annoncé au "Parisien/Aujourd'hui en France" que son épouse allait déposer plainte contre l'Education nationale.
Blessée à l'abdomen, au coude et à l'épaule droite, la victime a été transportée consciente au centre hospitalier d'Etampes, et était toujours hospitalisée dimanche.
Selon les premiers éléments de l'enquête, elle aurait demandé à l'élève de retirer le blouson qu'il conservait en classe. Après avoir refusé, le lycéen se serait soudainement levé, avant de s'approcher de l'enseignante et de la poignarder.
L'agresseur a pris la fuite sans que ses camarades aient pu intervenir. Il était recherché sur l'ensemble du territoire, son signalement ayant été communiqué aux forces de l'ordre.

Selon la préfecture, les enseignants de Louis-Blériot ont annoncé leur intention d'exercer à la rentrée, le 3 janvier, leur "droit de retrait", une procédure qui leur permet de cesser les cours si leur intégrité physique est menacée.
"Cette disposition s'applique assez mal à des professeurs, ce n'est pas la solution", a expliqué à l'AP Alain Boissinot, le recteur de l'académie de Versailles. Rappelant qu'il s'était rendu vendredi dans l'établissement, il a souligné qu'il était à la disposition des professeurs pour reparler des problèmes de vie scolaire, et qu'une cellule d'aide avait été mise en place avec des psychologues. AP
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(17 décembre 2005) Agression au lycée : Etampes sous le choc
La mère du jeune homme qui a agressé sa professeur à coups de couteau lui demande de se rendre à la police.

... La ville d'Etampes était encore sous le choc après l'agression la veille d'une enseignante d'arts plastiques de 27 ans, attaquée et poignardée en pleine classe par un de ses élèves à la veille du départ des vacances de Noël, au lycée professionnel Louis-Blériot.
"Ce sont des faits gravissimes, j'ai rencontré une équipe soudée et responsable prête à relever le défi face à un acte inqualifiable", a dit le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien qui s'est rendu sur place.

"La société dans son ensemble"

Il s'est exprimé à l'issue d'une rencontre privée de près d'une heure trente avec la proviseur, les enseignants et le personnel éducatif du lycée.
Selon Gilles de Robien, "ce n'est pas l'école qui est en cause mais la société dans son ensemble". ...
NOUVELOBS.COM | 17.12.05 | 18:31

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(19 décembre 2005) Robien pour une présence policière dans les écoles

Après l'agression d'une enseignante, le ministre de l'Education affirme que l'"on a trop longtemps tergiversé" sur la présence de la police dans les établissements.

Trois jours après l'agression d'une enseignante à Etampes (Essonne), le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien a lancé lundi 19 décembre l'idée de permanences judiciaro-policières à l'école pour prévenir les violences.
"Il faut réfléchir avec les ministres concernés et la communauté éducative à l'instauration de permanences au sein même des établissements, permettant aux enseignants de faire part à la police et à la justice de toutes difficultés avant que des drames ne surviennent", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Le ministre, qui s'est présenté en "porte-parole du ras-le-bol" des professeurs, les invite à "ne pas hésiter à porter plainte dès qu'une menace est proférée".
"Les enseignants exercent un métier altruiste. Ils donnent, et ce n'est pas pour recevoir des coups de couteau", a-t-il dit. "On a trop longtemps tergiversé" sur la présence de la police dans les établissements, a-t-il déclaré. ...
NOUVELOBS.COM | 19.12.05 | 19:45

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(20 décembre 2005) Bayrou : «Pas du tout le chemin à suivre» (Avec AFP)

Le président de l'UDF, François Bayrou, a contesté mardi l'idée du ministre de l'Education Gilles de Robien d'installer des «permanences» de la justice et de la police dans les établissements scolaires en estimant que «ce n'est pas du tout le chemin à suivre» pour lutter contre la violence.

«L'idée qu'on résoudrait les problèmes de violence dans les établissements scolaires en mettant des policiers est une idée vaine. Il n'y aura jamais assez de policiers et ce n'est pas du tout le chemin à suivre», a affirmé sur LCI le président de l'UDF François Bayrou en commentant la proposition de Gilles de Robien, seul membre UDF du gouvernement. Selon François Bayrou, «cela risquerait de coûter très cher, et une nouvelle fois, cela risque d'être des annonces qui ne seront pas suivies».

L'ancien ministre de l'Education a ajouté que la suggestion de M. de Robien allait «dans le sens de l'émotion». «L'idée que des portiques et des policiers seraient la réponse à la violence n'a pas de réalité», a-t-il dit. M. Bayrou a indiqué qu'il fallait pouvoir «offrir des parcours pour les élèves déstabilisés et déstabilisants en-dehors des établissements scolaires».

Après l'agression d'une enseignante à Etampes (Essonne) par un de ses élèves, M. de Robien a indiqué lundi «réfléchir à une permanence, une fois, deux fois, trois fois par semaine le cas échéant, de la justice ou de la police pour pouvoir permettre aux profs, aux personnels, de se confier».
google.fr, actualités, [20 décembre 2005]

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mardi 20 décembre 2005, 9h08 La FSU critique les propositions de Gilles de Robien

PARIS (Reuters) - Le secrétaire général de la FSU (Gérard Aschieri ) a estimé sur RTL que la mise en place de permanences judicio-policières dans les établissements scolaires pour y prévenir la violence n'était pas une "bonne solution".

"Je pense que ce n'est pas la bonne solution, je pense que c'est beaucoup d'idéologie et peu d'efficacité", a déclaré Gérard Aschieri à propos de cette proposition du ministre de l'Education nationale. ...
yahoo.fr, actualités, mardi 20 décembre 2005, 9h08

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mardi 20 décembre 2005, 10h06 Hollande: "on ne peut pas accepter de pérenniser" les policiers dans les écoles

PARIS (AFP) - Le premier secrétaire du PS François Hollande a affirmé mardi qu'on ne pouvait pas accepter de "pérenniser" la présence de policiers ou de portiques dans les établissements scolaires pour lutter contre la violence.

M. Hollande a critiqué sur France Inter la proposition du ministre de l'Education nationale Gilles de Robien d'installer des "permanences" de police et de justice dans les établissement scolaires, formulée après l'agression d'une enseignante par l'un de ses élèves à Etampes (Essonne). ...
yahoo.fr, actualités, mardi 20 décembre 2005, 10h06

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(21 décembre 2005) Robien n'a pas convaincu
Sa proposition d'instaurer une permanence policière dans les écoles est froidement accueillie par les syndicats(21/12/2005)

"Monsieur de Robien réinvente l'eau chaude", a estimé hier la FCPE, principal syndicat des parents d'élèves, réagissant à la proposition de Gilles de Robien d'instaurer une permanence policière dans les écoles, à la suite du drame d'Etampes.

"Fausse piste"
Pour le principal syndicat lycéen, l'UNL, le ministre de l'Education nationale est même "à côté de la plaque". "C'est être de mauvaise foi que de nier la responsabilité du gouvernement dans l'accroissement des défaillances du système éducatif face à la fracture sociale".

Les magistrats ne se montrent guère plus encourageants. Le président de l'Union syndicale des magistrats (USM) Dominique Barella a parlé de "bavardage sans fond" tandis que le Syndicat de la magistrature a dénoncé "un effet d'annonce démagogique" et une "confusion des rôles institutionnels".

Même son de cloche du côté des anciens ministres de l'Education nationale, l'UDF François Bayrou et le socialiste Jack Lang. Pour le premier, il s'agit là d'"une fausse piste" qui "n'est ni possible ni souhaitable", alors que le second a rappelé que la droite avait "en trois ans et demi supprimé 100 000 personnels et emplois : infirmières, assistantes sociales, emplois-jeunes, professeurs, surveillants".

Gilles de Robien a en revanche obtenu le soutien de Nicolas Sarkozy, qui avait suggéré une mesure similaire lors de son premier passage place Beauvau.
Le ministre de l'Intérieur a précisé qu'elle devait s'organiser "sur la base du volontariat de la communauté enseignante ou de la communauté des familles, dans les établissements qui le souhaiteraient".
METRO.france. com, 21 décembre 2005

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Tiphaine, 18 ans, battue à mort par une amie jalouse Paru le : 31/12/2005 MEURTRE.

Parce qu'elle lui reprochait d'être la maîtresse de son compagnon, une jeune femme a battu à mort son amie Tiphaine, à L'Aigle (Orne) en présence d'un ami. Ces deux auteurs principaux ont été mis examen pour « homicide volontaire ».

LA JALOUSIE est sans doute à l'origine du tragique décès de Tiphaine. Cette lycéenne de 18 ans originaire de la région de L'Aigle (Orne) a été tragiquement battue à mort lundi dernier. Quatre personnes, dont une de ses amies prénommée Lénaïc, 20 ans, ont été mises en examen et écrouées dans ce dossier. Une cinquième personne, aujourd'hui hospitalisée, pourrait également être entendue dans le cadre de cette affaire.

Les faits semblent particulièrement graves : les deux auteurs principaux sont poursuivis pour homicide volontaire.
Le drame se noue dans la journée de lundi. Ce jour-là, Lénaïc et Tiphaine ont rendez-vous dans un café de L'Aigle pour s'expliquer. « Il semble que Lénaïc reprochait à sa copine d'être la maîtresse de son ancien compagnon avec lequel elle avait eu deux enfants. Ce garçon, qui pourrait être à l'origine de l'altercation, est en tout cas étranger au décès », indique une source proche du dossier. A l'issue du rendez-vous, les deux jeunes filles se retrouvent au domicile de Lénaïc. C'est là que tout s'envenime.

Des SMS d'insultes

Lénaïc, qui a beaucoup changé de versions devant les gendarmes en charge de l'enquête, explique aujourd'hui qu'un de ses amis se trouvait aussi dans l'appartement, ce que l'intéressé conteste. Toujours est-il que la discussion dégénère en bagarre. Lénaïc aurait été la première à porter les coups avant que son ami ne s'y mette à son tour. La violence est telle que Tiphaine n'en réchappera pas.
« La piste de l'accident avancée par les auteurs présumés ne semble plus tenir. On est sans doute plus proche du guet-apens », décrypte une source proche du dossier. Lénaïc et le garçon présent dans l'appartement ont en tout cas été mis en examen pour homicide volontaire.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le jeune homme aurait alors décidé de se débarrasser du corps. Les deux complices embarquent le corps de Tiphaine dans une voiture avant de se diriger vers la forêt. Les deux meurtriers présumés changent finalement d'avis et retournent au domicile de Lénaïc.
La jeune fille demande à ce moment-là du renfort à sa mère, sa soeur et son frère qui arrivent sur les lieux. Tiphaine est transportée sur le lit de Lénaïc où les secours ne parviendront pas à la réanimer. « Il semble que ce soit le frère qui ait prévenu les pompiers », détaille une source judiciaire.

Deux membres de la famille ont néanmoins été mis en examen pour non-assistance à personne en danger et pour dissimulation de preuve. Certains auraient en effet commencé à nettoyer le coffre qui a servi à transporter le corps. Même si les deux jeunes filles se connaissaient, les relations entre Lénaïc et Tiphaine s'étaient sérieusement dégradées ces derniers temps. La lycéenne avait même reçu plusieurs SMS d'insultes obscènes de la part de son « amie ». Elle en avait d'ailleurs fait part à la gendarmerie.

Selon la mère de Tiphaine, interrogée par « Ouest-France », une histoire de photos compromettantes diffusée sur Internet serait à l'origine du différend. « Il semblerait que le mobile soit d'ordre passionnel », s'est contentée de préciser la substitute du procureur d'Alençon. Mère de deux bébés de 20 mois et de 2 mois, Lénaïc n'aurait pas exprimé de profonde émotion devant les enquêteurs.
leparisien.fr, 31 décembre 2005, p. 11

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Mes trois mois en cours de violence appliquée
Karen Montet-Toutain, l'enseignante agressée à Etampes, témoigne • Presque un mois après avoir été poignardée en classe, l'enseignante du lycée Louis-Blériot raconte les menaces quotidiennes et dénonce l'abandon de sa hiérarchie •

Agressée au couteau par un de ses élèves, le 16 décembre en pleine classe, Karen Montet-Toutain, 27 ans, a donné hier sa version des faits devant quelques journalistes, dans une salle de la mairie d'Etampes (Essonne). Grande brune élégante, elle se tient très droite sur sa chaise. Les sept coups de couteaux, au nombril, à l'estomac et sur son bras droit, limitent encore ses mouvements. Assis dans un coin de la pièce, son mari la surveille du coin de l'oeil. Son avocat, Me Koffi Senah, adressera dans les prochains jours au procureur d'Evry une plainte contre X. L'Education nationale a failli, selon lui, «dans sa mission de protection» d'un de ses agents : «Les responsables doivent être sanctionnés pour cela.» Karen Montet-Toutain prend la parole, calme, assurée :

«Je voudrais vous parler du climat qui régnait au lycée professionnel Louis-Blériot depuis la rentrée, et du comportement de la hiérarchie.
Dès le 16 septembre, j'ai connu la plus grosse angoisse de ma vie d'enseignante, dans une classe très oppressante. Ce jour-là, je n'ai pas réussi à prendre le dessus. J'ai invité les élèves à quitter la salle avant la cloche. Certains ont jugé que ce n'était pas respectueux. Très vite, ils ont entouré mon bureau. Il y avait des regards, des mains qui saisissaient mes affaires personnelles. Quelque chose dans leur attitude m'a fait peur. Face à ces classes, très masculines, c'est un rapport de force.

«T'inquiète, on trouvera ton adresse»

De septembre à la Toussaint, les élèves nous testent. Il était fréquent d'entendre : "Madame, j'ai envie de vous !" Ou alors : "Madame, je voudrais vous épouser"... Je pense que des garçons peuvent être en manque de ce genre de relations. Je suis allée voir la proviseure. Elle m'a expliqué qu'avec des classes difficiles, il fallait mener des projets, qu'il y avait une salle à relooker dans l'établissement, que je pouvais m'y atteler... Louis-Blériot accueille des élèves avec toutes sortes de difficultés : niveaux, comportements, maîtrise de la langue, handicaps physiques, mentaux... En lycée professionnel, il ne faut pas vouloir remplir les classes à 24 élèves pour rentabiliser les profs.

Après la journée du 16 septembre, j'ai eu peur pendant un mois et demi.
J'ai essayé de discuter avec les élèves, de leur expliquer que des mots et des attitudes pouvaient me blesser. Il y a eu moins de ricanements, pendant quelques semaines. Je leur ai demandé d'écrire ce qu'ils attendaient du lycée, de la discipline. L'un m'a écrit : "Je veux être tireur d'élite." Un autre : "Je t'aime", et un troisième : "Je veux travailler et devenir un être humain." A la rentrée de la Toussaint, un élève d'une autre classe m'a lancé : "J'ai envie de vous tout de suite, sur la table !" Un autre : "T'inquiète, je te la prête après..." J'ai fait un rapport écrit à la conseillère principale d'éducation. A ma connaissance, il n'y a pas eu de sanction.

Le 5 décembre, nouvel incident. Cette fois j'ai reçu des menaces de mort.

Cette classe-là était très énervée parce qu'un élève avait été exclu. Deux élèves, surtout, faisaient de la provocation, parlant de l'inutilité des profs qui gagnent 1 500 euros par mois. Ils évoquaient les cambriolages comme un bon moyen de se faire du fric.
Chez moi, par exemple. Je leur ai demandé ce qu'ils feraient s'ils se retrouvaient nez à nez avec les propriétaires. "T'inquiète ! On trouvera ton adresse et on te mettra une balle dans la tête. Et à tous ceux qui seront là." J'étais évidemment très ébranlée.
Nouveau rapport écrit à la conseillère d'éducation. Ce soir-là, la proviseure ne m'a pas reçue.

J'ai attendu une réponse. Rien. C'est l'omerta

Entre collègues, on parlait beaucoup de tout ça. Comment dire ? Ça devenait banal, quotidien.
On écrivait des rapports, certains se mettaient en arrêt de travail. Mais il ne se passait rien. Le 5 décembre, il y a eu un conseil de classe. J'y suis allée pour dire que j'avais reçu des menaces de mort. La proviseure a répondu : "Elle est bien bonne celle-là !" Et quelque chose comme "Ça ne s'arrange pas !" Et c'est tout. Je suis rentrée en pleurs chez moi. J'ai écrit un e-mail à mon inspectrice, persuadée que mes rapports ne lui étaient pas transmis. J'ai ouvert l'ordinateur tous les jours, attendant une réponse. Rien. C'est l'omerta.

Entre septembre et décembre, j'estime avoir fait cours normalement à trois reprises seulement.
J'ai douze classes. Demander à un élève d'enlever son écharpe, son bonnet, c'était une source de conflit. Je n'ai pas l'habitude de tergiverser sur la tenue, la politesse. Le 12 décembre, c'était le conseil d'une classe dont je suis prof principale. Deux enseignants y subissaient une forme de harcèlement moral de la part d'élèves. J'ai demandé des sanctions. La proviseure avait l'habitude de tempérer, du genre "élève capable du pire comme du meilleur"...
Mon agresseur avait été exclu une semaine, à ma demande, en tant que prof principale. Trois rapports concernaient son comportement. L'un, parce qu'il avait refusé d'enlever son bonnet, estimant qu'il ne le ferait pas tant que les vacances de Pâques existeraient, car il n'était pas chrétien. Un autre, parce qu'il avait refusé de prendre connaissance d'une charte de conduite rédigée à la suite d'un vol dans l'établissement. Et un dernier, parce qu'il était parti en vrille à la suite de la réflexion d'un prof. J'ai appris en lisant son dossier que cet élève avait été déscolarisé pendant deux ans. Il était arrivé chez nous en cours d'année, à la demande de sa mère.

Il a sorti quelque chose de sous son sweat-shirt...

Une réunion parents-profs était prévue le lendemain du conseil de classe, le 13 décembre. J'avais proposé que les parents viennent eux-mêmes chercher les bulletins de notes, sans quoi leurs enfants ne pourraient pas retourner en classe. Quinze parents sont venus, pour trente et un élèves. J'ai convoqué les absents par téléphone. C'est comme ça que j'ai rencontré la mère de mon agresseur, la veille des faits. Elle ignorait tout de son exclusion de huit jours. Elle bouillonnait et l'a vraisemblablement sermonné ce soir-là.

Vendredi 16, il est entré en cours... Il s'est installé au premier rang.
J'ai demandé aux élèves d'enlever leurs blousons. Tous l'ont fait, sauf lui. J'ai senti que quelque chose pouvait se passer, qu'il ne fallait pas le titiller. Je suis allée au tableau. Il m'a lancé : "­ Madame, c'est bien vous qui avez rencontré ma mère hier ? ­ Oui. ­ Et c'est bien vous qui lui avez raconté que je refusais d'enlever mon bonnet ?» Je lui ai répondu qu'il aurait pu assister à l'entretien. Il s'est levé. J'ai fait un pas en avant, et me suis trouvée à dix centimètres de lui. Il a sorti quelque chose de sous son sweat-shirt et m'a frappée dans le ventre. Un élève s'est interposé. Il a continué. Les élèves hurlaient, je leur criais de sortir...
Je n'en veux pas à mon agresseur, qui présentait des signes d'inadaptation à notre établissement. J'en veux à l'institution. Si sa seule réponse est de nous reprocher notre mauvaise formation ou notre incompétence, alors c'est à elle de se remettre en question.

J'ai envie de reprendre les cours.
J'ai l'enseignement dans la peau, et j'adore malgré tout ce public-là. La hiérarchie est incapable de reconnaître notre implication. J'ai tout fait pour ces gamins et je le ferai encore demain. Mais nous devons avoir notre mot à dire sur le recrutement des élèves. Nous faisons de la garderie sociale ! On nous demande de retenir en classe des jeunes qui sont des délinquants dehors. Ce qui m'est arrivé doit servir à quelque chose.»
liberation.fr, par Marie-Joëlle GROS, QUOTIDIEN : mercredi 11 janvier 2006, p. 2-3

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Editorial Pugnacité par Gérard DUPUY Libération QUOTIDIEN : mercredi 11 janvier 2006, p. 3

Poignardée mais non pas abattue, Karen Montet-Toutain reste fidèle à la devise enregistrée sur son répondeur : «Il y a ceux qui ne se mouillent pas et ceux qui se jettent à l'eau.»
Sitôt sortie de son lit d'hôpital, l'enseignante poignardée a donné hier une nouvelle preuve de sa pugnacité, en recevant des journalistes pour leur détailler son expérience.

Son héroïsme, en l'occurrence, c'est de s'avouer désarmée, d'oser exhiber crûment des faiblesses que beaucoup à sa place préfèrent recouvrir d'un silence gêné. Car personne n'aime s'afficher en situation de désarroi, même si c'est pour mieux en faire retomber la responsabilité sur un tiers, comme le fait la professeure d'Etampes en pointant un doigt accusateur vers sa directrice d'établissement et, au-delà, vers l'administration académique.

La description que donne Karen Montet-Toutain de ses cours dans la France de 2006, dans une discipline pourtant plus souriante que d'autres, laisse pantois.
On n'a pas l'impression de se trouver dans une salle de classe ­ même en faisant la part des cancres chahuteurs, voire celle d'une praticienne maladroite ­ mais dans une sorte de garderie où le principe même de l'acte pédagogique, l'apprentissage d'un savoir ou d'un savoir-faire, a été plus ou moins banni.
On y découvre certes la violence, dont l'enseignante d'arts appliqués a fini par être la victime, mais aussi une situation dans laquelle à peu près aucun élève ne peut tirer aucun profit des heures qu'il passe à l'école.
On y met le doigt sur l'échec scolaire in vivo, et plus concrètement que dans des images de bagnoles incendiées une nuit de novembre.

Karen Montet-Toutain a appelé au secours et n'a pas été entendue à temps. Elle parle pour tous ceux qui ont renoncé à le faire ou en sont empêchés. Profs ou pas.

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(Janvier 2006) «Aucune faute grave caractérisée» au lycée d'Etampes
C'est le résultat de l'enquête commandée par Gilles de Robien au lendemain de l'agression de la professeure Karen Montet-Toutain.

Deux inspecteurs généraux de l'Education nationale ont assuré mardi n'avoir constaté «aucune faute grave caractérisée» dans le lycée professionnel Louis Blériot d'Etampes (Essonne), où une enseignante a été agressée par un élève au couteau le 16 décembre.

Les deux inspecteurs, Gérard Pourchet et André Hussenet, qui ont mené l'enquête commandée par Gilles de Robien au lendemain du drame, ont également certifié qu'il n'y avait pas non plus eu de faute grave caractérisée de la part de l'Inspection académique de l'Essonne ni du rectorat de Versailles.
Selon eux, «il n'y a pas de lien entre l'agression de Karen Montet-Toutain et le climat qui règne dans l'établissement», qui, ont-ils répété, n'est pas un établissement violent, comme le démontrent entre autres les comptes-rendus de conseils d'administration depuis 2003 qu'ils ont compulsés.

Ces inspecteurs ont remis leur rapport mardi matin au ministre de l'Education nationale, qui a répété à de multiples reprises être convaincu qu'«il n'y a pas eu de faute administrative grave». Ce rapport doit être remis à la justice dans le cadre de l'enquête judiciaire sur l'agression.
Contredisant en partie les déclarations à la presse de la victime qui, selon eux, «ne ment pas mais interprète les événements précédant l'agression en fonction de cette grave agression», les deux inspecteurs généraux ont assuré que celle-ci avait en effet remis à sa hiérarchie un rapport écrit, évoquant une «agression verbale à caractère sexuel» et non une menace de viol, comme elle l'avait dit.

Concernant la menace de mort en revanche, «c'est parole contre parole», «nous n'avons pas vu de fiche de signalement».
«Ce rapport est sujet à caution car il vient corroborer les déclarations du ministre de l'Education nationale qui a déclaré plusieurs fois avant qu'il n'y avait pas de faute grave», a ironisé Me Koffi Senah, l'avocat de Karen Montet-Toutain.
Il a annoncé qu'il allait «d'ici quelques jours», déposer une «cinquième plainte contre X visant l'administration pour “non assistance à personne en danger”».
par AFP, LIBERATION.FR : mardi 17 janvier 2006 - 16:19, p. 4

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(Février 2006) Le chef du "gang des barbares" en fuite
Quinze interpellations ont eu lieu, en lien avec le gang soupçonné de torture et meurtre.
Une photo du chef présumé du gang (Sipa)

Quinze personnes ont été arrêtées dans la nuit de jeudi à vendredi alors que le chef du gang se trouvait toujours en fuite dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du jeune Ilan, a indiqué vendredi 17 février le procureur de la République de Paris, Jean Claude Marin, lors d'une conférence de presse conjointe avec le directeur de la police judiciaire, François Jaspart.
Parmi les personnes interpellées, âgées de 17 à 32 ans, quatorze l'ont été en France, essentiellement dans une cité de Bagneux (Hauts-de-Seine), et une autre en Belgique.
Le chef présumé de la bande, âgé de 26 ans et qui se fait appeler "brain of barbarians" (le cerveau des barbares), a été identifié. Il s'agit d'un "individu extrêmement dangereux" qui a de nombreux "antécédents" judiciaires, a indiqué le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin.

Appât

Des sources judiciaires avaient indiqué dans un premier temps qu'une dizaine de personnes avaient été interpellées dans la nuit et placées en garde à vue.
Les premières interpellations sont intervenues jeudi soir vers 20h30, les autres personnes ont été arrêtées par les enquêteurs de la brigade criminelle de Paris au cours de la nuit, selon les mêmes sources.
Un suspect avait déjà été arrêté mardi matin par la brigade criminelle qui cherche à identifier un groupe de kidnappeurs qui se servirait de jeunes femmes pour appâter les victimes.
Lundi, Ilan Halimi, 23 ans, domicilié à Paris a été retrouvé près de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Le corps portant de nombreuses traces de brûlures. Découvert menotté et nu le long d'une voie de chemin de fer, il est décédé lors de son transfert à l'hôpital.

450.000 euros

Vendeur dans un magasin de téléphonie situé boulevard Voltaire (XIe arrondissement), il avait été enlevé le 21 janvier dernier après un rendez-vous avec une jeune femme. Sa famille avait ensuite reçu de nombreuses demandes de rançon. Les ravisseurs ont d'abord demandé 450.000 euros, avant de réduire la somme. Le 1er février, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement, séquestration avec actes de torture et de barbarie, association de malfaiteurs" le tout "en bande organisé".
Mardi, le chef d"'assassinat" a été ajouté à la liste.

Le CRIF appelle au calme

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a appelé la communauté juive à "garder son calme" peu avant l'enterrement ce vendredi matin de Ilan Halimi.
"Le CRIF partage l'émotion de la communauté juive. Il convient de garder son sang froid et prudence dans l'attente de nouveaux développements de l'enquête", écrit le CRIF dans un communiqué.
Le CRIF "a immédiatement pris contact avec les pouvoirs publics, en particulier avec les cabinets du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur pour demander que tout soit mis en oeuvre pour retrouver au plus vite les auteurs de ce crime et notamment pour déterminer si l'appartenance de la victime à la communauté juive a été ou non déterminante dans le déroulement et l'issue tragique de cet assassinat".
"Selon les autorités, il s'agirait d'un gang de banlieue qui n'aurait pas agi sur des motivations antisémites et qui par le passé aurait tenté d'enlever d'autres personnes qui n'étaient pas toutes juives. Un groupe d'une dizaine de personnes a été arrêté la nuit dernière", poursuit le CRIF. (avec AP)
NOUVELOBS.COM | 18.02.06 | 07:33

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Lundi 27 février 2006, 19h39 Un technicien de PSA enlevé et frappé à mort pour son argent

MONTBELIARD (AP) - Six personnes, cinq hommes et une femme, de tous âges, domiciliées à Audincourt (Doubs) étaient toujours lundi soir en garde-à-vue au commissariat de Montbéliard (Doubs) après la mort violente de Benoît Savéan, 54 ans, technicien chez PSA, a-t-on appris de source policière.
Selon les premiers éléments de l'enquête, la victime aurait été enlevée puis violemment frappée, en particulier à la tête, pour lui extorquer de l'argent.
Benoît Savéan avait été invité à une soirée à Audincourt, le 18 février dernier, avant de disparaître. L'un des gardés à vue a conduit les policiers dans un endroit isolé, près de Mortzwiller (Haut-Rhin) où le corps supplicié de la victime avait été caché sous des branchages.
Certains des participants à cette soirée, que Benoît Savéan ne connaissait pas et dont plusieurs sont déjà connus de la justice, pensaient qu'il pouvait avoir de l'argent.

Benoît Savéan était revenu en janvier d'une mission de longue durée en Slovaquie. Il devait repartir dans les jours prochains pour la Chine. La victime, originaire de Bretagne, était père de famille.
L'enquête a été confiée par le Parquet de Montbéliard aux policiers de Montbéliard et au SRPJ de Besançon.
L'autopsie pratiquée lundi devait préciser la date exacte de sa mort, afin de déterminer s'il a été séquestré. Les investigations doivent également déterminer si cet acte a été prémédité. AP
Yahoo.fr; actualités, lundi 27 février 2006, 19h39

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Paru le : 02/03/2006 MEURTRE D'ILAN. « La bande a pu rentrer dans une folie collective »

L'avocat de Youssouf Fofana, qui le connaît depuis 1999, décrit un homme intelligent, aigri par la prison. Il dément que son client ait pu se transformer en « idéologue de l'antisémitisme » et raconte la peur dans laquelle vit sa famille.

NORBERT GOUTMANN, 45 ans, est avocat depuis vingt ans au barreau de Créteil (Val-de-Marne). Ce pénaliste averti se définit d'abord comme un «militant de la défense» et fut le conseil de Youssouf Fofana dès 1999, date de ses premiers démêlés avec la justice.
Il l'est encore à la demande de sa famille jusqu'à l'arrivée du suspect en France. Me Goutmann entend surtout mettre fin à « l'hystérie collective » dont son client est victime. Il explique que «Youssouf Fofana ne peut être un théoricien ou un idéologue de l'antisémitisme» et invoque plutôt, pour expliquer le choix de la cible, « un raccourci affreusement banal, des préjugés absurdes, où l'on associe trop facilement juif à riche ».
Le risque de cette situation pour l'avocat, « c'est d'exacerber les tensions entre les communautés ».

Quel était le profil du jeune homme que vous avez connu ?

Me Norbert Goutmann
Il avait 19 ans à l'époque. Il était soupçonné du braquage d'un petit supermarché et d'un bar PMU à Bagneux, mais cela a été requalifié en vol avec violence d'une voiture et recel. Ce n'était donc pas un braqueur chevronné. Il a été condamné à deux ans de prison ferme.
C'était un jeune homme respectueux, courtois, à l'esprit vif et exigeant, s'intéressant à son dossier, soucieux des rendez-vous avec le juge d'instruction. Il me paraissait intelligent aussi. Il ne s'est jamais plaint de sa situation et n'a pas fait appel de la décision de justice. On le décrit comme un homme dur, j'ai surtout le souvenir d'un garçon sans aucune agressivité ni esprit malveillant.

«Sa mère vit dans la peur, car elle reçoit des lettres de menace»

Quelles raisons peuvent-elles expliquer qu'il ait basculé dans l'horreur ?

Je veux bien croire que ses vingt-cinq mois de prison l'ont abîmé. Il était comme aguerri à sa sortie.Il l'écrivait dans ses lettres : « Je n'ai plus de mémoire en prison. » J'ai senti cette dégradation au fil des mois. Ça ne l'a pas adouci. Il était plein d'aigreur et d'amertume. Je le vois certes régner sur ses copains, mais pas en chef de gang. A supposer les faits avérés, cette bande a pu rentrer dans une sorte de folie collective où, chacun à son tour, ils se sont stimulés pour en arriver là.

Comment réagit sa mère aujourd'hui ?

C'est une femme simple et modeste, pleine d'humanité, qui m'a dit : « Je pleure pour le fils de Mme Halimi et le mien. » Elle espérait « ne plus jamais me voir » après cette première affaire. Elle a même avoué avoir eu honte de m'appeler au secours en raison de mes origines juives. Elle est aujourd'hui terrorisée. Elle vit dans la peur, car elle reçoit des lettres de menace, ses enfants ne vont plus à l'école. Elle a dû changer de numéro de téléphone. La famille vit terrée dans son appartement.
Des proches de sa famille l'ont aussi appelée de son village pour la bannir. Elle m'a dit qu'elle était « une victime ici et là-bas ». C'est une femme touchante et admirable de courage. Elle a véritablement honte que son fils soit accusé de torture. Ça lui est insupportable. Mais elle reste admirable dans son chagrin et sa douleur

Où en est le dossier ?

Pour l'instant, il ne s'agit que de spéculations. Certains s'enflamment, s'emballent alors même qu'officiellement personne n'a entendu Youssouf Fofana. On oublie le débat contradictoire. Il n'y a même pas de procès-verbal de première comparution. On est déjà dans l'avant-procès, et il est condamné d'avance.
C'est effrayant. Tout le monde a intérêt à le charger d'emblée. Nous avons l'impression que son extradition sera d'abord un combat politique entre la France et la Côte d'Ivoire. Sa garde à vue ressemble à une véritable foire. Rien n'est maîtrisé. Personne ne semble avoir retenu les leçons de l'affaire d'Outreau sur la présomption d'innocence.
Le Parisien, Propos recueillis par Jean-Marc Ducos, Paru le : 02/03/2006, p. 14

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Paru le : 22/03/2006 Le terrible récit d'un des geôliers d'Ilan
Gang des barbares. Un des auteurs du rapt du jeune vendeur de téléphonie a raconté aux policiers les trois semaines de séquestration auxquelles il a participé, du début à la fin. Une plongée dans l'horreur qui retrace le calvaire de la victime.

Jean-Christophe, alias Zigo, est recruté par celui qu'il appelle le Boss ou Django, en réalité Youssouf Fofana, le chef présumé de cette bande - ils ont entre 17 et 27 ans - un peu à la dérive et attirés uniquement par la promesse de gains faciles.

« On m'a dit qu'un homme se trouverait dans un appartement de la cité, que je devrais le nourrir, lui faire faire ses besoins, a-t-il expliqué devant les enquêteurs. Pour trois jours seulement, le Boss m'a promis au moins 5 000 euros. »

Ilan est enlevé à Sceaux dans la nuit du 20 au 21 janvier. Il est immédiatement conduit dans l'appartement de la cité de la Pierre-Plate à Bagneux. « Le Boss m'avait donné la clé plate d'un appartement, puis trois hommes ont déposé (Ilan) dans une chambre. »

La victime est alors menottée, les yeux, la bouche et les pieds entourés d'un épais ruban adhésif gris. La première nuit de veille se passe. « Au matin, le Boss m'a donné 50 euros pour que j'aille acheter des protéines à la pharmacie », confie Jean-Christophe.

A son retour, comme l'établit un code mis en place, il toque trois fois à la porte, deux coups, puis un autre. Au soir du deuxième jour, le mineur, entouré d'autres geôliers, nourrit son otage. « J'ai fait un trou dans le scotch avec des ciseaux et je lui ai fait prendre les protéines à la paille, détaille-t-il. Il ne disait rien. Je devais travailler trois jours, donc je suis revenu pour effectuer mon troisième jour. »

Les premiers coups

« Au bout de trois ou quatre jours, on l'a nettoyé car il devait être remis en liberté. Je lui ai découpé ses vêtements aux ciseaux et je les ai mis à la poubelle. » Le policier de la brigade criminelle lui demande alors la raison pour laquelle il a découpé les vêtements. « Nous n'avions pas les clés des menottes », répond laconiquement le geôlier. La libération n'a pas lieu. « C'est après que tous les quatre, Nabil, Yahia, Jérôme et moi, on a commencé à lui filer des tartes quand il gémissait pour avoir des clopes. Il disait : S'il vous plaît, j'ai faim, cigarette. Je n'ai pas discuté avec lui, je ne voyais pas de raison de le faire. J'ai juste retenu son prénom : Ilan. »

Jean-Christophe reconnaît avoir écrasé un joint sur le front de la victime. « Je lui ai mis des coups au visage pour le faire taire », poursuit-il. Ilan reçoit des coups de balai dans les jambes.

« Happy birthday »

« Django m'a demandé d'envoyer une photo de l'homme, poursuit-il. Je suis allé l'envoyer d'un cybercafé d'Arcueil. » L'otage apparaît alors un pistolet sur la tempe, l'ensemble du visage, à l'exception du nez, recouvert par cet épais ruban adhésif gris. Lors de l'envoi d'une seconde photo, le 25 janvier, Ilan est en peignoir. « On voyait sa poitrine, son ventre », déclare Jean-Christophe. En raison d'une erreur de manipulation, cette photo d'Ilan Halimi est incrustée d'un cruel « happy birthday » et de ballons d'anniversaire.

De l'appartement à la cave

« La victime tremblait de froid, l'appartement n'était pas chauffé, se rappelle Jean-Christophe. On a pris un drap pour le couvrir, il dormait à même le sol, sans matelas. On lui donnait à manger quand il le demandait. Non, en réalité, on le faisait manger, boire et fumer pour être tranquille après. » L'enquêteur demande au gardé à vue si ce traitement ne l'a pas interpellé. « Cela ne m'a pas dérangé, répond-il. Je ne me posais pas la question, je pensais à mes 5 000 euros. »

A ce stade, où les négociations traînent et où les premiers sévices ont commencé, pourquoi les bourreaux n'ont-ils pas mis fin à la détention d'Ilan ? « Nous n'avions pas les clés des menottes », tranche Jean-Christophe. Youssouf Fofana décide que l'appartement n'est plus sûr. En réfection, il est prévu que des gens doivent y arriver bientôt. Ilan est conduit dans un local de chaufferie dans les caves de l'immeuble. Les geôliers s'impatientent de cette longue séquestration, une vive discussion se tient devant l'otage. Fofana insiste pour continuer.

Les derniers jours

Le week-end des 11 et 12 février, on demande aux geôliers de préparer Ilan à une prochaine libération. Fofana donne 100 euros à Jean-Christophe. Il va acheter un peignoir, du gel douche au supermarché Attac. « Je l'ai nettoyé au gant de toilette, dit-il. J'ai obéi sans chercher à comprendre les raisons de cette toilette. J'ai vu qu'il avait une balafre à la joue, des marques au cou, sur le côté vers le devant (...) Django nous a dit qu'il allait le libérer. Je l'ai annoncé au kidnappé qui m'a fait un signe pour dire qu'il avait compris.

Dans la nuit du 12 au 13, Django l'a ensuite pris sur son dos, je lui ai tenu la porte avec Nabil et il l'a chargé dans une voiture blanche cinq portes. Nous avons fait le ménage dans la cave. J'ai passé le balai et retiré ce qui pouvait être suspect, comme les mégots. »

Fofana a assuré qu'il avait remis l'otage à des complices alors que certains geôliers indiquent que le Boss leur avait confié avoir porté des coups de couteau à Ilan car il l'avait vu après avoir enlevé son bandeau.

« Lorsque j'ai appris la mort d'Ilan à la télévision, je m'en suis voulu d'avoir accepté de le garder », confie Jean-Christophe dans une première audition. Il y revient dans ses dernières déclarations : « Jamais on ne m'a dit que la victime allait mourir. Je regrette. Jamais je n'aurais pensé que cela irait aussi loin. J'ai vu que ça ne se passait pas comme prévu mais je ne pensais pas qu'il allait mourir. J'ai fait ça pour l'argent. J'ai eu pitié pour lui, à un moment, j'ai bien pensé que ça commençait à être dur pour lui... »
Julien Dumond, Le Parisien, 22 mars 2006, p. 15

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samedi 8 avril 2006, 2h04 Jamal Derrar condamné à 25 ans de réclusion pour la mort de Sohane

CRETEIL (AP) - Dans un silence absolu, la Cour d'assises du Val-de-Marne a prononcé tôt samedi une lourde peine de 25 ans de réclusion criminelle contre Jamal Derrar pour avoir provoqué la mort de Sohane Benziane, brûlée vive à 17 ans en octobre 2002 dans une cité de Vitry-sur-Seine.
Son complice, Tony Rocca, poursuivi pour avoir bloqué la porte du local à poubelles où Sohane a été aspergée d'essence et enflammée, a écopé de huit années d'emprisonnement.
Vêtus de pulls blancs, têtes baissées, les deux jeunes hommes, âgés respectivement de 22 et 23 ans, ont accueilli la sentence sans réagir. La salle d'audience, bondée, a gardé un calme pesant.

La famille de Sohane n'a pas souhaité réagir à ce verdict et a rapidement quitté le Palais de justice de Créteil. "La famille a accueilli ce verdict avec satisfaction. Elle a l'impression que justice lui a été rendue", a assuré Me Francis Szpiner, se félicitant d'une décision qui ne permettra plus de "banaliser l'acte" de Derrar reconnu comme un "crime grave" et non comme un "accident".
"Il faut que Jamal Derrar réfléchisse calmement en son âme et conscience pour savoir s'il a envie d'aller en appel, ce qui rouvrirait les plaies des deux côtés", a commenté son avocat Me Denis Giraud, sonné par le verdict. "Il y a le poids de la sanction, il y a l'envergure de l'affaire".

Les nombreux proches des deux accusés, mais aussi les amis de Sohane ont quitté la salle d'audience dans le calme, beaucoup cherchant à cacher leurs visages derrière leurs vestes, écharpes ou des casquettes.
Ce n'est qu'à la sortie du Palais de justice que certains ont laissé éclater leur douleur ou leur colère. "Vingt-cinq ans, c'est beaucoup trop", s'est énervée une jeune fille, tandis qu'un groupe d'amis de Sohane s'est retiré dans les toilettes en pleurant.

Le verdict de la Cour d'assises, obtenu au terme de près de six heures de délibéré, est conforme aux réquisitions de la l'avocat général. La Cour a retenu la qualification "d'actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner", pour Jamal Derrar, et la complicité de ces actes pour Tony Rocca.
Elle a écarté l'idée d'un acte prémédité, ou d'une volonté de donner la mort. "Il ne voulait pas tuer Sohane", avait martelé l'avocat général Jean-Paul Content. "Le plus révoltant dans cette affaire, c'est l'absence de pitié de la part de Jamal Derrar lorsque Monia (une amie de Sohane, NDLR) lui crie d'arrêter et que Sohane le supplie. Il est allé jusqu'au bout de sa cruauté", a estimé le magistrat qui a souhaité une "peine exemplaire" pour le jeune homme.
L'avocat de Jamal Derrar était allé plus loin, réclamant la requalification des faits en "coups mortels", passibles d'une peine maximale de 15 années de réclusion. Selon lui, cette affaire est celle d'un "très jeune homme" dépassé par ses émotions. Une affaire "chargée de symboles".
L'avocate de Tony Rocca, Me Hélène Japhet, avait plaidé l'acquittement "pur et simple" pour son client. Tony Rocca a toujours affirmé qu'il n'avait "pas tenu la porte".

"Elle s'appelait Sohane. Elle n'aura jamais 18 ans. Elle manque à sa famille. Et la seule chose qui leur reste, c'est qu'elle ne soit pas morte pour rien", avait conclu Me Szpiner, vendredi matin. Un voeu qui a été entendu par la Cour.
Le 4 octobre 2002, Sohane Benziane, 17 ans, a été attirée par Jamal Derrar dans un local à poubelles de la cité Balzac à Vitry-sur-Seine, où il l'a aspergée d'essence, puis approché un briquet. La jeune fille s'est transformée en torche vivante sous les yeux de deux amies, et est décédée quelques heures plus tard à l'hôpital.
La mort de Sohane, en mémoire de laquelle une stèle a été érigée à l'endroit de son calvaire, a provoqué un vif débat sur les relations entre filles et garçons dans les cités, et la liberté des filles issues pour la plupart de l'immigration. AP
Yahoo.fr, actualités, samedi 8 avril 2006, 2h04

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20/04/2006 13:52 BRUXELLES (AFP) - Funérailles émouvantes d'un jeune Belge poignardé pour son lecteur MP3

Plusieurs centaines de personnes ont rendu jeudi un dernier hommage à Bruxelles à Joe Van Holsbeeck, un adolescent de 17 ans poignardé à mort la semaine dernière à la gare centrale de Bruxelles par un jeune qui convoitait son lecteur MP3.
Les funérailles du jeune homme, dont le meurtre le 12 avril a ému la Belgique tout entière, se sont déroulées dans la petite église de Haren, dans la périphérie de Bruxelles.

Ses agresseurs, deux jeunes hommes dont le portrait robot a été diffusé, n'ont toujours pas été arrêtés.

Comme la famille l'avait souhaité, aucun représentant du monde politique n'était présent aux funérailles. Parmi les nombreux bouquets et couronnes de fleurs, une gerbe signée "Albert et Paola" indiquait que le couple royal partage lui aussi l'émotion du pays.

Une cinquantaine de scouts marins de l'unité à laquelle appartenait Joe Van Holsbeeck étaient présents. Six d'entre eux ont porté le cercueil de bois clair dans lequel reposait leur camarade, "ourson", jusqu'à l'autel de l'église, sous les notes des "Copains d'abord" de Georges Brassens.
"Nous sommes tous sous le choc de la disparition brutale de Joe", a expliqué, la voix brisée, le curé de la paroisse. Le sourire du jeune scout, son visage poupin et sa large chevelure bouclée ont fait le tour du pays depuis une semaine.
"Tu me manques, bordel", a alors lancé une amie du jeune homme. Jimmi, son frère aîné, maîtrisant difficilement son émotion, a conclu un bref hommage d'un "Au revoir Joe, au revoir petit frère, au revoir mon ami".
Devant l'église, où un écran géant avait été installé, environ 200 personnes ont suivi la cérémonie.
Dimanche, une marche d'hommage à Joe Van Holsbeeck est organisée dans les rues de Bruxelles. Les parents ont demandé qu'elle ne fasse pas l'objet de récupération politique.
lacroix.com,

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Les imams demandent aux agresseurs de Joe de se rendre

Les imams appelleront, lors de la prière d'aujourd'hui, les agresseurs de Joe à se rendre à la police.
"Ceux qui les connaissent ne peuvent pas se taire", estime Saïd Dakkar, président de l'Union des mosquées de Bruxelles. Les imams, qui répèteront leur refus de la violence, demanderont à leurs fidèles de prier pour la famille de Joe. Les imams bruxellois se rencontreront demain pour discuter du meurtre.
De son côté, le quotidien « Le Soir » annonce que les enquêteurs vont convoquer les directeurs, proviseurs et éducateurs des écoles francophones de la région bruxelloise pour leur soumettre les images vidéo enregistrées à la gare Centrale.
rtl.be, le 21-4-2006 11:23

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mardi 25 avril 2006, 16h09 Meurtre de Joe en Belgique: un jeune Polonais arrêté, un deuxième en fuite

BRUXELLES (AFP) - La justice belge a annoncé mardi l'arrestation d'un adolescent polonais impliqué dans le meurtre du jeune Joe Van Holsbeeck, une affaire qui a ému la Belgique et relancé le débat sur l'immigration, des témoins ayant au départ imputé l'agression à des Maghrébins.
Le Polonais, âgé de 16 ans, a été interpellé lundi soir au domicile de ses parents à Bruxelles au lendemain d'une "marche silencieuse" qui a rassemblé 80.000 personnes dans la capitale.

Cette marche a confirmé l'immense émotion causée par ce crime commis le 12 avril, en pleine heure de pointe à la gare centrale de Bruxelles, dans le seul but de s'emparer du lecteur MP3 de Joe.
S'il n'est pas responsable des coups de couteau qui ont provoqué la mort de Joe, il aurait selon la police tenu à l'écart l'ami qui accompagnait Joe pendant qu'un complice --lui aussi polonais et mineur, selon la police fédérale-- arrachait le lecteur MP3, avant de le poignarder.
L'auteur des coups de couteau, "qui était de passage en Belgique", s'est quant à lui réfugié en Pologne, a indiqué à la police le jeune interpellé.

La justice belge, qui a indiqué disposer "d'éléments d'identification", devait contacter mardi les autorités polonaises pour que le complice puisse être recherché dans son pays.
Il ne pourra faire l'objet d'une éventuelle extradition vers la Belgique que s'il est âgé d'au moins 16 ans, selon des sources judiciaires.
Entendu mardi par un juge d'instruction, le jeune interpellé, dont l'identité ne peut être dévoilée parce qu'il est mineur, devrait être placé dans un "centre fermé" pour jeunes délinquants.
Scolarisé bien qu'en situation irrégulière en Belgique, l'adolescent était "connu du juge de la jeunesse, mais pas pour des délits graves", a expliqué le porte-parole du parquet de Bruxelles, Jos Colpin.
"Selon lui, il s'agit d'un vol qui a mal tourné", a ajouté M. Colpin.
Le jeune homme a été reconnu par le personnel de son école, un lycée public d'Anderlecht, dans l'agglomération bruxelloise, grâce aux images des caméras de surveillance du métro, a indiqué la justice.
"Il s'agit d'un jeune qui ne posait aucun problème et qui travaillait bien", a assuré mardi le responsable de l'école, Alain Faure.

Sur la base de "toutes les déclarations" des témoins des faits, le parquet avait indiqué au début de l'affaire que les meurtriers étaient probablement issus de la communauté nord-africaine, a expliqué Jos Colpin.
A six mois mois des élections communales, cette information avait provoqué un vif débat en Belgique entre ceux qui fustigent les immigrés, qu'ils accusent d'être responsables de l'essentiel de la criminalité, et ceux qui dénoncent les dérives racistes.

Les parents de Joe ont eux-même dénoncé toute tentative d'amalgame et de récupération par l'extrême droite, créditée dans un sondage le mois dernier de 25% des intentions de vote en Flandre (nord) et de 10% en Wallonie (sud).

L'exécutif des musulmans de Belgique a regretté mardi que des médias aient "tiré des conclusions hâtives quant à l'origine des malfaiteurs, ouvrant la porte aux possibles dérives d'ordre racial ou religieux".

Certains Belges doutaient encore mardi que les meurtriers soient réellement polonais -- une nationalité bien représentée à Bruxelles qui ne fait pas l'objet d'une forte discrimination comme les Maghrébins.
"Une fois de plus, nos élus nous manipulent", lançait Cécile, de Liège (sud-est), sur un blog consacré à Joe sur l'internet.
"Cette fois, ce n'est peut-être pas de votre faute, mais arrêtez de crier au scandale: vous faites quand même partie des jeunes à problèmes!", affirmait un autre internaute dans un message électronique s'adressant aux "islamiques" de Belgique.
Yahoo.fr, actualités, mardi 25 avril 2006, 16h09

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Paru le : 04/05/2006 Barbarie Une quinzaine de chiens morts et éventrés après le Teknival

Bourges (Cher) LE TEKNIVAL de Chavanne (Cher) restera dans les mémoires comme un rassemblement qui aura excité les passions. « Plus jamais ça ! accusait le maire de cette petite commune de 160 habitants. S'ils veulent recommencer l'année prochaine, ce sera sans moi : je démissionnerai. »

Des gendarmes en treillis, assistés des pompiers, ont fait évacuer les derniers teufeurs d'un Teknival endeuillé par le décès de deux personnes.
Une jeune femme de 22 ans, domiciliée en Vendée, est morte d'une overdose à l'hôpital de Bourges.
Un autre jeune, qui demeure dans le Cher, est décédé quelques heures après être passé au Teknival.
« Rien ne permet de penser actuellement que son décès soit lié à cette rave », commente le lieutenant-colonel Polaillon.

Le gendarme dresse le bilan : « Nous avons interpellé 44 personnes, découvert deux réseaux de trafiquants de drogue et saisi 10 kg de résine de cannabis, 2 kg de cocaïne et 6 000 cachets d'ecstasy. »

Au-delà de ces prises de drogue, une terrible découverte a été faite par les hommes chargés de nettoyer la zone. Une quinzaine de chiens ont été retrouvés morts dans les alentours du Teknival ou dans les bennes à ordures. « De nombreux dealers sont arrivés sur le Teknival avec leur chien. Pour éviter les fouilles et les contrôles, ils auraient fait avaler de la drogue à leurs animaux. Et plus grave encore, certaines bêtes ont ensuite été retrouvés éventrés sur le site », raconte un employé de l'Equipement.

« Nous avons retrouvé une quinzaine de cadavres de chiens dans nos bennes. C'est vrai, certains étaient éventrés », confirme un pompier. « Il est clair qu'il y a eu de mauvais traitements. D'autres animaux n'ont pas survécu au stress et au bruit », estime l'un de ses collègues. « Bien évidemment, nous nous doutions que certains adoptaient de telles pratiques, mais il est toujours très difficile de prouver quoi que ce soit », confiait hier un enquêteur.

Vétérinaires abasourdis

« C'est la première fois que l'on voit ça dans une rave-party, dit un vétérinaire. Des confrères ont très souvent été appelés pour soigner et secourir des chiens éventrés en Belgique et aux Pays-Bas. » Il explique : « Un chien normal peut avaler sans problème le contenu équivalent à une balle de ping-pong. Ensuite, il est facile de le forcer à vomir ou d'attendre qu'il aille faire ses besoins. Là, ils devaient être pressés. Il est clair qu'on a ouvert le ventre des bêtes pour y récupérer la drogue. » « Certains animaux sont tatoués. Nous allons rechercher les propriétaires et porter plainte systématiquement », prévient un responsable de la SPA du Cher.

Hier, une cinquantaine d'employés de l'Equipement, réquisitionnés par le préfet, ramassaient les détritus. Armés de gants, de pinces à ramasser et de sacs-poubelle, ils tentent de remettre le site en état.
Renaud Domenici, 4 mai 2006, p. 14

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jeudi 1 mars 2007, 18h12 Treize mois ferme requis contre l'agresseur d'une enseignante à Porcheville

PARIS (AP) - Le procureur de la République du tribunal correctionnel de Versailles a requis jeudi 13 d'emprisonnement ferme contre Abdoullah Welle, 19 ans, pour avoir frappé une de ses enseignantes à Porcheville (Yvelines) le 24 avril 2006, une scène filmée par un de ses camarades.

Le jugement sera rendu le 15 mars.

Le procès de l'auteur de la vidéo, Massire Touré, 19 ans, a été renvoyé au 12 juin en raison de l'absence de l'avocate du lycéen. Le jeune homme est mis en examen pour "non assistance à personne en danger et atteinte à la vie privée" et sous contrôle judiciaire.

L'affaire de ce "happy slapping" a donné lieu à deux procédures distinctes ce qui explique pourquoi les deux jeunes ne sont pas jugés en même temps.

Abdoullah Welle a fait l'objet d'une convocation par officier de police judiciaire pour "violence volontaire ayant entraîné une ITT de moins de huit jours" avec la circonstance aggravante d'avoir commis ces violences sur une personne chargée de mission publique. Son procès avait déjà été renvoyé deux fois.

Il avait agressé sa prof de 34 ans avec une chaise, tandis que son camarade filmait la scène avec son téléphone portable au lycée Lavoisier à Porcheville. Le quotidien "Le Parisien/Aujourd'hui en France" avait publié des photos de cette agression. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 1 mars 2007, 18h12

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02.04.07 | 15h51 lemonde.fr Sept membres d'une famille jugés pour la mort d'un adolescent

DOUAI, Nord (Reuters) - Le procès de sept membres d'une même famille accusés d'avoir enlevé, séquestré, torturé et tué un adolescent de 16 ans, d'une famille rivale, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises du Nord à Douai.

Quatre des accusés, une femme de 49 ans, sa fille et ses gendres, sont poursuivis pour enlèvement suivi de mort et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Les trois autres comparaissent libres et sont poursuivis pour non-dénonciation de crime.

Des amis de la victime, Sullivan, originaire de Wattrelos dans la banlieue de Lille, ont assisté à la première audience avec des photos de leur ami, tué il y a trois ans.

En mars 2004, le jeune garçon avait été enlevé par les membres d'une famille en conflit avec la sienne. Battu, torturé, contraint de boire de l'acide avant d'être tué, il fut jeté dans un cours d'eau en Belgique.

La cour d'assises du Nord tentera de comprendre le conflit entre deux familles qui a entraîné un tel déchaînement de violence. Elle devrait rendre son verdict vendredi.
02.04.07 | 15h51 lemonde.fr

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Huit à vingt-deux ans de prison pour les accusés pour les meurtriers du jeune Sullivan LEMONDE.FR avec AFP | 06.04.07 | 20h18 • Mis à jour le 06.04.07 | 20h31

La cour d'assises du Nord, à Douai, a condamné vendredi à des peines allant de 8 à 22 ans de prison les quatre principaux accusés d'une même famille, jugés pour avoir enlevé et torturé à mort Sullivan, 16 ans, en 2004 à Wattrelos (Nord).

Françoise Borreman, 49 ans, et Frédéric Byster, son gendre âgé de 30 ans, accusés d'enlèvement suivi de mort, ont été condamnés respectivement à 22 ans et 20 ans de réclusion criminelle. Jeudi, l'avocat général avait requis contre eux une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté des deux tiers.

Accusés des mêmes chefs, Marjorie, 27 ans, la femme de Frédéric, et le frère de ce dernier, Alexandre, 29 ans, ont été condamnés respectivement à 18 ans de réclusion et 8 ans de prison. L'avocat général avait requis 15 ans de réclusion contre la première et 10 ans contre le second.

Sullivan, 16 ans, avait été enlevé le 17 mars 2004 à Wattrelos et emmené en voiture chez Mme Borreman, où il avait été frappé, ligoté, forcé à boire de l'acide chlorhydrique dilué, et étranglé. Son corps avait ensuite été jeté dans un canal à Ath (Belgique), où il avait été retrouvé le lendemain.
LEMONDE.FR avec AFP | 06.04.07 | 20h18 • Mis à jour le 06.04.07 | 20h31

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MARSEILLE Les 2 meurtriers de Ghofrane condamnés à 23 ans de prison NOUVELOBS.COM | 14.04.2007 | 11:33

La cour d'assises des mineurs a condamné deux jeunes de 19 et 20 ans à 23 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Ghofrane Haddaoui, tuée à coups de pierres.

La cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône a condamné vendredi 13 avril deux jeunes de 19 et 20 ans à 23 ans de réclusion criminelle pour le meurtre Ghofrane Haddaoui, une jeune femme de 23 ans, sauvagement tuée à coups de pierres, le 18 octobre 2004, sur un terrain vague des quartiers nord de Marseille.

Les jurés ont décidé de ne pas retenir l'excuse de minorité, qui aurait pu diviser la peine de moitié.
Aucune peine de sûreté n'a en revanche été prononcée.
L'avocat général Roland Mahy avait requis dans la matinée deux peines de 30 années de réclusion criminelle à l'encontre des deux jeunes, mineurs à l'époque des faits.
Il avait demandé aux jurés de la cour d'assises des mineurs, à Aix-en-Provence, de rejeter l'excuse de minorité.
Il avait également demandé que la peine prononcée à l'encontre du jeune qui a toujours nié les faits soit assortie d'une mesure de sûreté des deux tiers.
L'autre accusé avait passé mardi des aveux complets devant la cour d'assises. Les deux jeunes jugés pour meurtre s'étaient longtemps renvoyé la balle pendant l'instruction.

Un acquittement

Un troisième jeune mis en cause, aujourd'hui âgé de 19 ans, mais seulement poursuivi pour non-dénonciation de crime, a été acquitté. L'accusation avait réclamé une peine de principe.

Plusieurs mobiles avaient été invoqués successivement.
Mais les débats qui se sont déroulés à huis clos n'ont pas permis d'en dégager un de façon formelle.
Le mobile du vol de portable et de la carte bleue de la jeune fille qui aurait mal tourné avait été évoqué, de même que la piste d'un différend amoureux.
Ghofrane avait d'abord accepté une sortie avec l'un des mis en cause, avant de se raviser et de dire qu'elle avait un copain avec lequel elle devait se marier, ce qui aurait rendu fou de rage l'un des agresseurs.

Le meurtre de Ghofrane avait suscité un vif émoi dans la cité phocéenne à l'automne 2004. La victime avait été retrouvée le crâne fracassé de 30 coups de pierres et une partie de ses dents avait été arrachée.

Une marche silencieuse avait été organisée dans les rues de Marseille, en présence notamment du chanteur Jean-Jacques Goldman et le mouvement "Ni putes ni soumises" avait un temps apporté son soutien à la mère de Ghofrane, Monia Haddaoui. Cette dernière a jugé après le verdict que la justice "relève la tête", se félicitant que les jurés aient "pris en considération une jeune fille qui s'est vu mourir". (AP)
NOUVELOBS.COM | 14.04.2007 | 11:33

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L'agresseur du juge de Metz mis en examen et écroué [07/06/2007 - 16:17] Yahoo.fr, actualités

STRASBOURG (Reuters) - La femme qui avait poignardé un juge des enfants du tribunal de Metz (Moselle) mardi lors d'une audience d'assistance éducative a été mise en examen jeudi pour tentative de meurtre sur la personne d'un magistrat dans l'exercice de ses fonctions, a rapporté le parquet.

Fatiha Benzioua, une mère de famille sans emploi âgée de 35 ans, a été placée sous mandat de dépôt. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Si la préméditation n'a pas été mentionnée dans le chef de mise en examen, "elle est démontrée, elle est établie sous réserve du débat contradictoire", a expliqué le procureur de la République Joël Guitton.

Fatiha Benzioua a frappé le juge Jacques Noris à l'abdomen avec un couteau qu'elle avait dans son sac quand le magistrat a confirmé le placement de son fils, âgé d'un peu moins de trois ans, auprès de sa grand-mère paternelle qui en avait la garde depuis un an.

"Elle a dit qu'elle voulait 'crever le juge'", a précisé Joël Guitton. Jacques Noris, vice-président du tribunal de Metz, était toujours hospitalisé jeudi mais "on pense qu'il est tiré d'affaires", a ajouté le procureur.

L'instruction a été confiée au juge Bertrand Buzon mais l'agression ayant eu lieu au sein du palais de justice de Metz, l'affaire pourrait être dépaysée dans un autre tribunal.
Yahoo.fr, actualités, [07/06/2007 - 16:17]

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lundi 18 juin 2007, 21h36 Yahoo.fr, actualités Une greffière agressée au tribunal de Nanterre: un couple en garde à vue

PARIS (AP) - Un couple en instance de divorce a été placé lundi en garde à vue après l'agression d'une greffière du tribunal de grande instance de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, a-t-on appris de sources judiciaires.

Lundi matin, ce couple s'est présenté à l'annexe du TGI de Nanterre où sont notamment traitées les affaires familiales. Le ton est monté très rapidement entre ce couple et l'agent d'accueil qui expliquait à la femme et l'homme qu'il ne pouvait joindre leur avocat par son poste téléphonique. Des insultes ont fusé, a-t-on expliqué de sources judiciaires.

La greffière en chef est sortie de son bureau et a tenté de calmer le couple.

L'homme s'est alors énervé et lui a donné deux coups de poing, un seul atteignant le visage de cette femme âgée d'une cinquantaine d'années, a-t-on précisé de mêmes sources.

La femme aurait menacé de mort la greffière. "Je vais te crever, t'es morte", aurait-elle lancé.

Les forces de l'ordre sont intervenues et ont interpellé ce couple, qui se trouvait toujours en garde à vue en début de soirée.

La greffière et l'agent d'accueil ont porté plainte pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique et outrage.

L'annexe où a eu lieu l'agression est surveillée par une entreprise de gardiennage, a-t-on souligné de sources judiciaires.

Ces faits se sont produits alors que la Chancellerie a annoncé le 8 juin sa décision de débloquer immédiatement 20 millions d'euros en faveur de la sécurisation des juridictions, trois jours après une agression à l'arme blanche dont a été victime un juge pour enfants du tribunal de Metz dans son bureau.

Le 5 juin peu avant 10h, Jacques Noris, 62 ans, vice-président du tribunal de grande instance et président du tribunal pour enfants, a été frappé de trois coups de couteau à l'abdomen dans son bureau du TGI de Metz. Une jeune femme de 35 ans, Fatia B. n'acceptait pas que le magistrat ait confirmé le placement de son fils de deux ans et demi chez sa grand-mère paternelle en raison de carences éducatives.

Cette mère de famille a été mise en examen pour "tentative d'homicide volontaire avec préméditation, avec la circonstance aggravante qu'elle s'est produite sur la personne d'un magistrat dans l'exercice de ses fonctions", a-t-on précisé de source judiciaire. AP
lundi 18 juin 2007, 21h36 Yahoo.fr, actualités

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Pas de prison pour les agités du tribunal Un couple qui s’était montré violent avec le personnel de Nanterre condamné à du sursis.
Libération Par Christophe Lehousse QUOTIDIEN : jeudi 5 juillet 2007, p. 13

Pour avoir agressé verbalement deux membres du personnel du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine), dont sa greffière en chef et molesté physiquement cette dernière, Marksen A. et Nadia S. s’en tiendront finalement aux quinze jours de détention provisoire effectués après leur mise en examen. Ils ont eu raison hier de remercier en fin d’audience le tribunal correctionnel car il a su faire la différence entre une mise en cause violente de l’institution judiciaire et une situation d’escalade non préméditée.

Pas de prison supplémentaire donc, grâce à une levée du mandat de dépôt. Ni pour le jeune Algérien de 31 ans qui s’en tire avec six mois dont trois avec sursis. Ni pour sa compagne française de 25 ans: quatre mois dont deux avec sursis. Le juge d’application des peines devrait en effet aménager ces peines de manière à éviter une nouvelle incarcération. «La justice a accompli sa fonction à travers ce jugement, estimait après coup Maxime Cessieux, l’avocat de la jeune femme, parce qu’on est dans l’apaisement judiciaire».

De l’apaisement, il n’y en avait pourtant pas beaucoup le 18 juin, jour où Marksen et Nadia pénètrent avec leurs deux petits garçons dans l’annexe du tribunal de Nanterre. Ils sortent d’une procédure de divorce, certes réglée à l’amiable, mais qui a coûté des nerfs. Et qui en coûte alors encore, puisqu’ils viennent de recevoir une convocation pour une rectification d’erreur matérielle dans leur dossier.

Une formalité, mais qui les angoisse, parce qu’ils croient que leur divorce n’est toujours pas prononcé. Dans ce climat de fébrilité ambiante, il se produit alors une altercation entre une agent du service d’accueil et la jeune femme. D’abord soucieux de «calmer les choses», Marksen dérape à son tour après que la greffière en chef soit intervenue. «Je ne savais absolument pas qui c’était, mais, c’est vrai, après qu’elle m’a dit de sortir, j’ai laissé partir ma main. C’est impardonnable. Je ne le referai plus jamais.» A l’énoncé du verdict, Nadia a éclaté en sanglots. De soulagement.
Libération Par Christophe Lehousse QUOTIDIEN : jeudi 5 juillet 2007, p. 13

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GARE DU NORD 18 interpellations après les affrontements entre bandes
NOUVELOBS.COM | 03.09.2007 | 18:24

Selon un responsable du syndicat de police Synergie Officiers, un différend entre les chefs de deux bandes rivales serait à l'origine de ce nouvel affrontement, le second en moins d'une semaine.

Deux personnes ont été légèrement blessées dimanche 2 septembre en début de soirée après des affrontements entre bandes rivales survenus dans le quartier de la Gare du Nord à Paris, selon la préfecture de police.

Par ailleurs, dix-huit personnes, parmi lesquelles 11 mineurs, ont été interpellées et placées en garde à vue après cette rixe qui trouve son origine dans une bagarre qui a éclaté dimanche après-midi dans la discothèque "Casa 128", située au 128, rue Lafayette. Une querelle d'ordre sentimental pourrait avoir mis le feu aux poudres, précisait-on de source policière.

Appelés pour mettre fin aux hostilités, les policiers ont dispersé une première fois les protagonistes qui sont allés s'affronter quelques dizaines de mètres plus loin au niveau d'un café situé au 96, rue Lafayette, à proximité de la Gare du Nord.
Les équipages de la PUP (police urbaine de proximité) ont de nouveau dû intervenir vers 20h pour mettre un terme final à ces affrontements.

Deuxième affrontement en une semaine

"Les jeunes mis en cause sont originaires de la Goutte d'Or [dans le XVIIIe arrondissement de Paris, NDLR], de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise", ajoutait-on de même source.

Ces incidents surviennent moins d'une semaine après des bagarres qui avaient eu lieu les 26, 27 et 28 août dans la capitale entre une cinquantaine de jeunes originaires de banlieue, qui en étaient venus aux mains à la Gare du Nord et dans le quartier de Pigalle. Quinze d'entre eux ont été mis en examen, dont certaines pour "tentative d'assassinat", huit étant écroués.

"Ils appartiennent à deux bandes rivales, dénommée 'Def Mafia', dont beaucoup viennent des Hauts-de-Seine et des Yvelines, et 'GDN' comme Gare du Nord, avec des personnes originaires de Seine-Saint-Denis et du Val d'Oise", explique Mohamed Douhane, l'un des responsables du syndicat Synergies Officiers.

"L'inquiétude" de la police

"Un différend entre leurs chefs survenu le 14 août dans une boîte de nuit du quartier Pigalle semble être à l'origine de ces bagarres. Mais derrière ces motifs futiles se cachent souvent des raisons liées à différents trafics."

Fin mars, plusieurs centaines de jeunes s'étaient livrés durant plusieurs heures à des dégradations dans la Gare du Nord à la suite d'un face-à-face tendu entre jeunes et policiers à l'issue d'un contrôle de billet qui avait mal tourné.

Mohamed Douhane, s'est dit lundi "inquiet" de ces nouveaux affrontements survenus au coeur de Paris. "Les fauteurs de troubles sont des multi-récidivistes qui devraient être plus lourdement condamnés", a-t-il estimé, pointant "un manque de coordination entre les différents services chargés de prévenir les violences urbaines". (avec AP)

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18 mois et 1 an de prison pour deux adolescentes tortionnaires d'une camarade
Yahoo.fr, actualités, AFP - Vendredi 28 septembre, 00h19VERSAILLES (AFP) -

Deux jeunes filles de 15 et 16 ans ont été condamnées jeudi respectivement à 18 mois et un an de prison ferme par le tribunal pour enfants de Versailles pour avoir torturé et violé une élève en septembre 2006 dans un internat pour adolescents en difficulté à Sonchamps (Yvelines).

Le tribunal, qui s'est réuni pendant toute la journée à huis clos, a rendu un jugement moitié moins sévère que les réquisitions du parquet après plus de deux heures et demi de délibération.

La mineure de 15 ans, désignée par la victime de 14 ans comme la "meneuse", et qui comparaissait détenue, a écopé de cinq ans de prison dont 18 mois ferme.

Elle a été maintenue en détention mais devrait bénéficier selon son avocat Me Jean-Yves Liénard d'un aménagement de peine, ayant déjà purgé un an de détention préventive.

L'autre jeune fille, décrite par les experts psychiatriques comme un être "immature" et "influençable" a été condamnée à quatre ans de prison dont trois avec sursis.

Elle n'a pas été placée en détention jeudi soir.

Une troisième tortionnaire, âgée de 18 ans au moment des faits, comparaîtra libre devant les assises de Versailles en décembre.

Toutes trois avaient été écrouées en septembre 2006 à la prison des femmes de Versailles après avoir été mises en examen pour "violences aggravées et viol accompagné d'actes de barbarie" sur une élève de 14 ans, le 4 septembre 2006.

La victime était arrivée depuis quelques jours dans ce centre de formation professionnelle géré par la Ville de Paris, où une cinquantaine de jeunes sont placés par l'Aide sociale à l'Enfance pour des maltraitances subies dans leur famille.

Parce qu'elle avait fait "grincer son lit", selon ses bourreaux qui partageaient le même dortoir, la jeune fille avait reçu des coups, des claques avant de se voir infliger de multiples humiliations suivies de sévices sexuels.

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Sept jeunes filles en garde à vue en Seine-et-Marne après une bagarre évitée entre deux bandes armées
mer 06 fév, 10h44

PARIS (AP) - Sept jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, soupçonnées d'avoir voulu se battre avec d'autres adolescentes lundi en fin d'après-midi à Chelles (Seine-et-Marne) étaient en garde à vue mercredi, a-t-on appris de source policière.

Après leur interpellation en flagrance, trois d'entre elles, les plus jeunes, avaient été remises en liberté mardi, avant d'être de nouveau interrogées mercredi par les enquêteurs du commissariat local.

Ceux-ci cherchent à comprendre ce qui a pu pousser une soixantaine de jeunes filles à se regrouper lundi avant 18h aux abords de la gare de Chelles. Certaines étaient armées de bâtons, de couteaux, de tournevis et de barres de fer.

Les policiers sont intervenus juste à temps pour départager deux groupes issus de Noisiel et de Meaux. Une querelle d'ordre amoureux pourrait être à l'origine de ce projet de bagarre générale. "Il y a parfois des échauffourées entre filles", précise-t-on de source policière. "Mais avec autant de protagonistes, c'est du jamais vu". AP

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GUERRE DES BANDES. «Les filles de Meaux et de Noisiel veulent toujours en découdre»
Christel Brigaudeau avec M.L. jeudi 07 février 2008 | Le Parisien

Après le face-à-face qui a opposé, lundi soir, une vingtaine de filles à la gare routière de Chelles (Seine-et-Marne), Julie*, une lycéenne de 17 ans, témoigne. Elle indique qu'une nouvelle rixe est déjà programmée.

«D'HABITUDE, quand j'assiste à une bagarre, je ne reste pas longtemps. » Lundi soir, Julie*, 17 ans, a pourtant décidé de « regarder jusqu'à ce que ça se finisse ». Le spectacle était donné à 17 h 30 sur la place bordée d'arbres de la gare routière de Chelles (Seine-et-Marne).

Une vingtaine de filles armées de tournevis, de barres de fer, d'une latte de sommier ou d'un couteau à viande s'y étaient donné rendez-vous pour un règlement de comptes. Les filles de Meaux contre celles de Noisiel : une quarantaine de supporters et spectatrices les accompagnaient.

Aux premières loges, Julie connaissait presque toutes les participantes, scolarisées comme elle à Chelles, au lycée professionnel. « Elles ont fixé le rendez-vous par l'intermédiaire de connaissances communes, qui font le lien, explique-t-elle. Cela peut être d'anciennes camarades de classes passées dans un autre lycée ou une autre ville. »

« On veut montrer notre personnalité »

Pourquoi ce rendez-vous musclé organisé à coups de SMS ? « Il y a eu une embrouille entre deux filles et cela a dégénéré », détaille encore Julie.
Pour une de ses amies, c'est « un mauvais regard » qui aurait tout déclenché.
D'autres évoquent un différend d'ordre sentimental entre deux adolescentes de deux territoires opposés.

« D'habitude ce sont les garçons qui marquent leurs terres ! réagissait hier une habitante de la Pierre-Collinet, d'où sont issues une partie des bagarreuses de Meaux. Elles ont voulu faire pareil, parce que le groupe de Noisiel les cherchait depuis longtemps. »

Qui provoque qui ? Comment l'une regarde l'autre ? La moindre « histoire de filles » est devenue prétexte à une violence de groupe empruntée aux garçons. « Depuis un an, il y a de plus en plus de bagarres entre meufs, constate Julie. On veut montrer notre personnalité. Les mecs nous prennent trop souvent pour des déchets : il faut qu'ils sachent que si on nous parle mal, on réagira ! »

Une logique qui a conduit sept lycéennes tout droit en garde à vue au commissariat de Chelles, lundi soir. Prévenue par les services scolaires d'une possible rixe, la police est intervenue dès les premiers coups. Une huitième adolescente a été interpellée hier. Toutes sont âgées de 15 et 16 ans.
Hier soir, le parquet a requis contre les cinq plus âgées un placement sous contrôle judiciaire, l'interdiction de se rendre à Chelles en dehors des heures de cours et l'obligation de rester chez leurs parents les soirs de semaine après 20 heures. La réponse la plus stricte possible à un mal qui inquiète.

« La lutte contre ce genre de rassemblements armés de jeunes figure parmi nos priorités », assure le procureur de la République de Meaux, René Pech. Aujourd'hui, une réunion de concertation doit être organisée à Chelles entre les policiers, les représentants de la justice et les responsables des lycées professionnels concernés par la dernière bagarre.

Une manière de prévenir la suivante ? Julie et sa copine, en tout cas, n'en démordent pas : « Il y aura un match retour, c'est obligé ! rigolent-elles. Les filles de Noisiel et de Meaux veulent toujours en découdre. Elles se retrouveront. Et si ce n'est pas demain, ce sera plus tard. »
* Le prénom a été modifié.

Une bagarre a éclaté hier devant le collège Paul-Vaillant-Couturier de Champigny (Val-de-Marne). Une collégienne qui se battait avec une autre adolescente a été légèrement blessée par la mère de cette dernière qui a voulu intervenir. Dans la foulée, des camarades de la jeune victime s'en sont pris à la mère de famille qui a dû trouver refuge dans l'établissement avant que la police n'intervienne.

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L'enseignante poignardée a tenté de se suicider deux fois, selon son mari
Par Par Sylvain PEUCHMAURD AFP - 28 février 2008 18h30 EVRY (AFP) -

Le mari de Karen Montet-Toutain, l'enseignante poignardée en plein cours en décembre 2005 à Etampes, a raconté jeudi devant les assises de l'Essonne la "dépression" et les deux tentatives de suicide de sa femme qui ont suivies l'agression.

Face à la cour, qui doit juger Kévani Wansale, accusé de tentative d'assassinat, Frédéric Toutain, responsable de travaux dans le bâtiment, raconte les suites de l'agression. "Elle est tombée en pleine dépression", explique-t-il.

La première tentative de suicide de sa femme s'est déroulée lors d'un week-end à la campagne. Il avait décidé de l'emmener "quelque part où il y avait des chevaux".

"Je l'ai trouvée endormie, elle ne m'a rien dit", dit-il, submergé par ce souvenir.

C'est en se rendant dans la salle de bain qu'il s'apercevra que son épouse a vidé des boîtes de médicaments.

Dans son récit, ponctué de sanglots auxquels répondaient ceux de son épouse, il s'est dit bouleversé qu'elle préfère mourir que vivre avec ses deux petites filles.

La deuxième tentative de suicide était "encore pire". "Elle l'a fait à un moment où elle fallait qu'elle le fasse. Les enfants disaient +papa, pourquoi tu cries+", se souvient-il.

Lors de l'instruction, Kévani Wansale avait expliqué avoir voulu mettre fin à ses jours. Une première fois dans sa chambre, une seconde dans les toilettes du lycée.

A l'audience, il s'est montré beaucoup plus prudent, affirmant savoir qu'il allait se passer quelque chose avec ce couteau qu'il avait pris avec lui après s'être fait réprimandé par sa mère. Mais, assure-t-il, il n'avait "pas de plan précis" en tête.

De son côté, Frédéric Toutain met en doute la réelle volonté suicidaire de l'accusé. "Je l'ai vécu, je sais ce que c'est", dit-il.

Rebondissant sur la question posée la veille à l'accusé sur ses projets, il évoque le parcours de son épouse, qui n'a plus enseigné depuis son agression, et est actuellement en arrêt maladie pour six mois : "Y'a plus rien, plus de travail, plus de projets, plus d'ambition. On vit depuis deux ans dans un monde complètement différent".

Mercredi, Kévani Wansale avait demandé "pardon" à sa victime, son mari, ses enfants.

Frédéric Toutain ne semble pas prêt pour le moment: "J'espère pouvoir un jour donner mon pardon. Le jour où je verrai ma femme sortir la tête de l'eau".

Dès le mois de décembre 2005, il voyait sa femme "revenir en pleurs à la maison", évoquant des menaces de meurtre et de viol.

"Je voulais qu'elle aille porter plainte", se rappelle-t-il.

Il ne comprenait pas que son épouse persister à vouloir "aider" des élèves "qui lui tenaient de tels propos".

"Les plaies sont toujours là, dans le ventre, les coups de couteau sont toujours là", martèle-t-il, évoquant les cicatrices au ventre et au bras que porte son épouse.

"Le mal est toujours là, dans le ventre de ma femme, à côté de...", a conclu le jeune père de famille, évoquant implicitement le troisième enfant dont Karen Montet-Toutain est enceinte.

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ETAMPES Enseignante poignardée : 15 ans de prison requis
NOUVELOBS.COM | 01.03.2008 | 16:44

Quinze ans de réclusion criminelle ont été requis contre Kévani Wansale. Accusé de tentative d'assassinat sur une enseignante du lycée Louis-Blériot d'Etampes, dans l'Essonne, il demande pardon.

L'avocate générale Karine Vermès s'est attachée dans son réquisitoire à démontrer la "volonté de tuer", et la préméditation de Kévani Wansale, qui a "demandé pardon".

"Faire un truc de ouf"

L'avocat général a rappelé les déclarations de Kévani Wansale rapportées par des camarades de classe, selon lesquelles il projetait de "faire un truc de ouf", et de "schlapper" (planter ndlr) son professeur principal.

"Il la plante dans le ventre, avec son couteau. Il s'acharne, elle se protège, il continue", a déclaré Karine Vermès.

L'accusation retient sept coups de couteau, un chiffre contesté par la défense, au regard d'expertises aboutissant à des conclusions différentes.

La représentante du ministère public a décrit un "geste résolu", argumentant qu'"à aucun moment" il n'avait exhibé son couteau avant de porter les coups sur Karen Montet-Toutain. Selon Karine Vermès, si celle-ci est "miraculeusement vivante", "sa vie est devenue un enfer", "sa vie semble avoir été détruite".

"Une dimension suicidaire"

Me Damien Brossier, conseil du jeune homme aujourd'hui âgé de 20 ans, a plaidé la requalification des faits, en s'attachant avant tout à discréditer la thèse de la préméditation soutenue par l'accusation: "C'est la volonté que vous allez devoir juger", a-t-il insisté.

"Il ne serait pas injuste dans cette affaire aberrante, surprenante, de rendre une décision, qui soit par la qualité de sa compréhension, surprenante", a-t-il lancé à l'adresse des jurés. Il a insisté sur le fait que son client trouve "normal d'être sanctionné pour les souffrances qu'il a provoquées".

L'élève de BEP vente n'avait vu sa victime qu'à trois ou quatre reprises avant son geste, commis devant "30 témoins".

"Il y a une dimension suicidaire dans tout ça", pour Me Brossier, dans ces faits dont "la gravité" est à la hauteur des "souffrances" de Kévani Wansale, qui a connu une enfance chaotique.

"Je vous demande pardon"

La veille des faits, l'enseignante avait convoqué la mère du jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans, pour évoquer des problèmes de discipline et une exclusion temporaire de l'établissement la semaine précédente.

La mère, décrite comme autoritaire et envahissante, avait menacé son fils de le renvoyer du domicile familial.

Elle a un "rôle terrible" dans cette affaire, selon Me Brossier. "Et le pire, c'est qu'elle le sait", ajoute-t-il.

Kévani s'était emparé le soir même d'un couteau de cuisine muni d'une lame de 20 centimètres, avec lequel il a poignardé le lendemain matin son enseignante d'arts appliqués.

Réagissant violemment aux propos tenus la veille par Me Francis Lec, avocat de la fédération des autonomes de solidarité laïque, disant aux jurés que 600.000 enseignants attendaient leur décision, Me Brossier s'est insurgé: selon lui, il s'agirait là de "violer" le serment de juger en hommes et femmes libres qu'ils ont prêté.

"Je vous demande pardon. Je sais que je vous ai fait beaucoup de mal. Je regrette tous les jours, ça ne me quitte pas", a conclu l'accusé, avant que la cour ne se retire pour délibérer, aux alentours de 14 heures. Le verdict est attendu en fin de journée.

itélé 16h 3O 13 ans accordés

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La réclusion à perpétuité requise contre le couple Fourniret
LE MONDE | 22.05.08 | 21h06 • Mis à jour le 23.05.08 | 07h44

La perpétuité incompressible pour Michel Fourniret et la perpétuité assortie de 30 ans de sûreté pour Monique Olivier : jeudi 22 mai, à l'issue de plus cinq heures de réquisitoire, l'avocat général Francis Nachbar n'a pas voulu marquer de différence entre les deux accusés.
Il n'a pas voulu faire la part entre le tueur et sa complice. Le représentant du ministère public a réclamé le maximum encouru par le duo qu'il a "toujours beaucoup de mal à imaginer comme humain".

Poursuivie pour des faits antérieurs à la révision du code pénal en 1994, la peine dont peut écoper Monique Olivier est moindre que celle de son mari. "Je vous demande de prononcer un verdict juste en vous fondant sur trois considérations : les faits, la nécessité de protéger la société et la personnalité des accusés", a-t-il expliqué.
"Je vous en conjure, ne faites pas courir le moindre risque à notre société. La perversité ne se soigne pas, elle se combat", a-t-il déclaré. Assis sur leur banc dans le box, les époux Fourniret n'ont pas bougé. Tout juste si Michel a remué les cils. Monique n'a même pas levé la tête.

Selon M. Nachbar, Michel et Monique Fourniret partagent l'entière culpabilité des enlèvements, des viols et des meurtres d'Isabelle, Fabienne, Jeanne-Marie, Elisabeth, Natacha, Cécile et Mananya, dont il a appelé les prénoms, comme on le fait pour la prière aux morts, en débutant son réquisitoire.
"Je ne m'arrêterai pas aux faits", a-t-il prévenu d'emblée. Des faits "effroyables, terrifiants, nauséabonds, abjects", commis par "deux accusés absolument monstrueux" et dont il dira "ce qu'il pense" : "des apparences d'êtres humains", "une grosse araignée visqueuse et une petite araignée vibrionnante", "un démon pédophile", "un monstre nécrophile"…

"SORCIÈRE SOURNOISE"

Michel Fourniret et Monique Olivier vont de pair dans le crime et la seconde n'est pas moins responsable que le premier. Francis Nachbar en est convaincu et il l'asséne : "Michel Fourniret a trouvé son ombre criminelle, sans jamais se douter que cette ombre le dépasse largement."

Passive, apeurée, terrorisée Monique Olivier ? Sûrement pas. Pour M. Nachbar sans "cette sorcière sournoise", Michel Fourniret n'est rien. "Quand reconnaîtrez-vous donc qu'en l'absence de Monique Olivier, votre égérie du crime, vous n'êtes qu'un petit Fourniret ?", lance-t-il en direction de l'intéressé qui demeure figé, tête droite et yeux fermés pendant tout le réquisitoire.

A côté de son époux, tête baissée, Monique regarde ses chaussures et, elle aussi, reste prostrée dans la même position pendant ces cinq heures. "Vous pouvez la baisser votre tête, Monique Olivier. Baissez là encore", lui recommande le représentant du ministère public. Car pour lui, c'est elle qui a créé "les conditions de l'explosion meurtrière pour assouvir les fantasmes archaïques" de Fourniret.

Rien ne la décourage dès qu'il s'agit d'aborder "les membranes sur pattes" - c'est ainsi que Michel Fourniret appelle les jeunes vierges - afin de les livrer à son "fauve". Pas même sa grossesse, lorsque le 4 août 1988, elle repère Fabienne Leroy à la sortie d'un super-marché de Chalons-en-Champagne avant d'assister au viol et à l'assassinat de la jeune fille. "A ce moment-là, le bébé Sélim, il a bougé dans votre ventre ?", tonne-t-il.

Au regard de la loi, dans le viol la complicité est aussi grave que l'acte. "Parfois même plus grave", insiste M. Nachbar. Dans son esprit, s'agissant de Monique Olivier, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. "C'est votre cas Monique Olivier. Vous qui avez trahi les mères, les femmes, la cause humaine. Vous qui aimez voir souffrir toutes ces jeunes filles martyrisées parce qu'elles représentent ce que vous n'êtes pas", gronde-t-il.

"A GERBER, FOURNIRET. A GERBER, OLIVIER"

Dans sa volonté de mettre au jour le rôle de Monique Olivier, l'avocat général en néglige presque Michel Fourniret, pourtant tueur unique de cette macabre épopée, longue de seize années. Il s'applique à piquer celui-ci au vif en le reléguant au statut de simple exécuteur d'une manipulation ourdie par une Monique Olivier "diabolique". Il titille l'orgueil démesuré de l'accusé qu'il taxe à maintes reprises de "petit Fourniret" et de "pitoyable".

En déroulant son réquisitoire dans l'ordre chronologique des faits et des charges qui pèsent contre les deux accusés, Francis Nachbar n'a fait l'économie d'aucun détail. Il est revenu un à un sur les sept meurtres et les trois tentatives d'enlèvements.
"Nous sommes là dans les ténèbres du mal. Je ne sais si le diable existe, mais s'il existe il a un double visage", estime-t-il. Celui de Fourniret qui prend tant de plaisir à faire souffrir ses victimes en leur demandant de l'implorer de leur faire l'amour. Et celui "flasque, dénué de toute humanité, impavide", de Monique Olivier.

Depuis cinq ans, ce magistrat s'est investi sans compter dans ce dossier. Et il n'en peut plus. "Cela fait cinq ans que je porte ce dossier. Cinq ans que j'entends ces horreurs, que je supporte l'horreur absolu de ces deux fêlés, s'exclame-t-il. Cinq ans que tous ces visages me hantent. A gerber, Fourniret. A gerber, Olivier."

L'audience reprendra lundi 26 mai avec les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu mercredi 28.
Yves Bordenave

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Nuit d’émeutes à Vitry-le-François dans la Marne
Une soixantaine de véhicules ont été incendiés la nuit dernière à Vitry-le-François France Info - Dimanche 15 juin 2008 08:55

C’est une information de nos confrères de France bleu Champagne. Des affrontements ont éclaté cette nuit entre les gendarmes et plus d’une cinquantaine de jeunes dans différents quartiers de la ville.

Les violences ont débuté peu avant minuit après la mort d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, tué par balle lors d’un règlement de compte lié à une affaire criminelle.

Une soixantaine de véhicules ont été incendiés, mais aussi un supermarché.

70 gendarmes et 30 pompiers ont été mobilisés toute la nuit et sont toujours sur place. Le bilan provisoire est d’une dizaine de blessés, dont 2 gendarmes et 2 pompiers.

L’auteur du coup de feu mortel aurait été interpellé. Le parquet de Châlons-en-Champagne a ouvert une enquête.

Les habitants ne comprennent pas cet accès de violence.

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La fin des épreuves du bac vire à l'affrontement sur le Champ de Mars LEMONDE.FR avec AFP | 21.06.08 | 10h21

Les incidents ont éclaté, dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 juin, entre quelques dizaines (notedt : centaines) de jeunes et des policiers sur le Champ de Mars, à Paris, où des milliers de lycéens fêtaient la fin des épreuves du bac.

Selon la préfecture de police, des "perturbateurs" mêlés aux 4 000 à 5 000 jeunes qui fêtaient dans la bonne humeur la fin des épreuves du baccalauréat ont commencé à lancer, vers 1 h 30, des bouteilles vides en direction des forces de l'ordre.
Des lycéens affirment également avoir été agressés et dépouillés de de leur téléphone portable ou de leur MP3.

VITRINES BRISÉES

Une trentaine de policiers ont riposté aux jets de bouteille en chargeant et en lançant des grenades lacrymogènes, alors que des jeunes gens tentaient de mettre le feu à des poubelles et à des arbres de l'esplanade.
Refoulés jusqu'à la rue du Commerce, certains ont pénétré dans une boutique de produits de maquillage qu'ils ont pillée, brisant également une dizaine de vitrines de magasins de vêtements et de pare-brise de voitures, renversant des scooters et des conteneurs d'ordures.

Des policiers en tenue et en civil, épaulés par un demi escadron de gendarmes mobiles, ont alors interpellé une vingtaine de personnes.
Deux policiers ont été blessés, dont l'un sérieusement. Le calme est revenu peu après 4 heures dans le quartier.

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AGRESSION Un jeune juif agressé à Paris se trouve toujours dans le coma
NOUVELOBS.COM | 22.06.2008 | 13:19

L'adolescent a été attaqué en marge de la Fête de la musique dans le 19e arrondissement. Il se trouve dans un "état stationnaire" avec "un pronostic réservé". Le Crif dénonce une agression antisémite tandis que Nicolas Sarkozy exprime sa "profonde indignation".

Le Crif a dénoncé, dimanche 22 juin, une agression antisémite après qu'un adolescent a été grièvement blessé samedi soir à Paris par un groupe de jeunes, le chef de l'Etat et la ministre de l'Intérieur ont exprimé leur indignation et leur soutien à la victime et sa famille ainsi qu'à "la communauté juive".

Le jeune homme était dimanche vers midi dans un "état stationnaire" avec "un pronostic réservé", a déclaré à l'AFP l'Assistance-publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Cinq arrestations

Le jeune homme, âgé de 17 ans, a été agressé en plein jour peu avant 20h dans le 19ème arrondissement de Paris. Cinq mineurs ont été placés en garde à vue où ils se trouvaient toujours en fin de matinée. L'enquête a été confiée à l'Usit (Unité de soutien et d'investigation territoriale) de la police urbaine de proximité.

Pour Ariel Goldmann, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), "il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un acte antisémite. Le jeune homme de 17 ans qui a été sauvagement agressé cette nuit et qui est actuellement dans le coma, portait une kippa", a-t-il dit à l'AFP.
Selon M. Goldmann, le jeune homme a été transporté à l'hôpital Cochin.

Le président Nicolas Sarkozy a exprimé sa "profonde indignation" et a "assuré la victime et sa famille de son soutien et renouvelle sa totale détermination à combattre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme".

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a réagi dimanche matin en exprimant "sa solidarité et son soutien à la victime, à sa famille et à l'ensemble de la communauté juive". Elle a réaffirmé dans un communiqué "sa détermination à lutter sans relâche contre toutes les manifestations de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie, qui bafouent les valeurs de la République". Elle a assuré que "tout serait mis en oeuvre pour élucider les circonstances de cet acte et présenter ses auteurs devant la justice".

Instructions au procureur

De son côté, Rachida Dati, la Garde des Sceaux, a "condamné avec la plus grande fermeté la violente agression", dont "le jeune homme de confession juive" a été victime. Exprimant à "l'ensemble de la communauté juive sa compassion et sa vive sympathie", elle a demandé au procureur de la République de "donner des instructions pour que les auteurs de cet acte inqualifiable" soient "poursuivis avec la plus grande rigueur".

Après une première information donnée par la police faisant état d'une agression contre un jeune homme dans le 19e arrondissement de Paris, Sammy Ghozlan, président du Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme (BNVCA) affirmait à l'AFP qu'il s'agissait d'une agression contre "un jeune Juif de 17 ans, agressé à coups de barre de fer par un groupe de 6 ou 7 jeunes qui lui ont fracassé le crâne alors qu'il se promenait rue Petit à Paris 19e". Le jeune homme aurait été trouvé "gisant sur le sol".

Selon Sammy Ghozlan, la victime était démunie de papiers d'identité en raison de l'observance du Shabbat et était connue "de la communauté juive du quartier" même si, juste après l'agression, "personne ne connaissait son identité".

Selon Haïm Musicant, directeur général du Crif, qui a eu un contact avec les parents du jeune homme, il s'agit d'"une famille pratiquante et traditionaliste".

Haïm Musicant, "effaré par cette agression antisémite qui a eu lieu en plein jour, en plein Paris", a fait remarquer que ce quartier du 19 ème était "un quartier difficile qui a été l'objet de plusieurs incidents allant des insultes à des agressions". "Cela crée beaucoup d'anxiété chez les gens de la communauté juive, notamment chez les enfants", a-t-il déploré avant de se féliciter de la "réaction très ferme" de Michelle Alliot-Marie.
"Il ne faut pas oublier, a-t-il encore dit, que nous vivons dans le traumatisme de l'assassinat d'Ilan Halimi". (AFP)

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