Novembre 2003.
Valéry Giscard d'Estaing candidat à l'Académie française

Après VGE, Roger-Gérard Schwartzenberg candidat à l'Académie

L'universitaire et homme politique Roger-Gérard Schwartzenberg est candidat à l'Académie française au fauteuil de Georges Vedel, dont l'élection est prévue le 18 janvier (2004), a-t-on appris vendredi auprès de l'institution.

La candidature du député Radical de gauche du Val-de-Marne, secrétaire d'Etat à deux reprises auprès du ministre de l'Education nationale (83/84 et 84/86) et ancien ministre de la Recherche de Lionel Jospin, intervient après celle de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.

La candidature de VGE au fauteuil de Léopold Sédar Senghor, dont l'élection est prévue le 11 décembre (2003), a été dénoncée par l'académicien Maurice Druon qui a notamment estimé qu'elle "n'avait d'assise que politique".

M. Schwartzenberg, 60 ans, est l'auteur de plusieurs ouvrages comme "L'Etat spectacle", "La droite absolue" ou "La politique mensonge".
lefigaro.fr, [vendredi 14 novembre 2003 - 11h21 heure de Paris]

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Maurice Druon dénonce la candidature de VGE à l'Académie française

L'académicien Maurice Druon dénonce la candidature de Valéry Giscard d'Estaing à l'Académie française en écrivant jeudi dans le Figaro littéraire: "Comme on dit en langage académique, je suis quelque peu réservé".

"Sans dénier à M. Giscard d'Estaing son exceptionnel talent de conférencier politique, ses ouvrages ne l'imposent pas dans l'histoire de la littérature française", dit l'ancien secrétaire perpétuel. Charles De Gaulle était, "lui, un immense écrivain" et François Mitterrand "avait incontestablement une oeuvre", selon lui.

"Cette candidature n'a d'assise que politique. Et c'est là où le bât blesse", poursuit-il en évoquant le rôle de l'ancien président dans le départ de De Gaulle du pouvoir en 1969, dans l'installation de l'ayatollah Khomeiny près de Paris ou en ironisant sur "son côté +Le monsieur du château n'est pas fier+".

"Je crains que l'académie n'y perde de son exemplaire sérénité. S'il est admis qu'un ancien protecteur (ndlr: le président de la République) puisse s'y imposer, alors réservons un fauteuil à Jacques Chirac lorsqu'il aura terminé son troisième mandat. Il a parmi nous des amis", dit-il.

Dans le quotidien du même jour, Michel Schifres ironise lui aussi dans sa chronique sur cette candidature qui "épate". "C'est une vedette et le Quai Conti peut devenir la vraie +Star Ac+ (...). S'il est élu, Giscard devrait aller à l'Elysée où il n'est jamais retourné depuis 1981", note-t-il.

L'audience du président de la République vaut approbation de sa part de l'élection du nouvel académicien. Héritier des prérogatives royales, le chef de l'Etat peut s'opposer au vote des "Immortels". Le général De Gaulle l'avait fait en son temps, à l'encontre de Paul Morand, retardant ainsi son admission sous la coupole.

M. Giscard d'Estaing est candidat au fauteuil de Léopold Sédar Senghor. Lors de l'élection, prévue le 11 décembre, il devra notamment affronter l'éditeur et poète, Jean Orizet.
lefigaro.fr, [jeudi 13 novembre 2003 - 12h27 heure de Paris]

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