Décembre 2007. Visite officielle à Paris (avant Madrid et Rome) : réactions violentes des gauches, du fameux philosopheBHL, de l'écrivain Pascal Bruckner, des medias, de certains ministres sarkozistes, soutenus par André Glucksmann ; des contrats ; en réaction Mouammar Kadhafi donne, lui-aussi, quelques leçons ... sur les droits de l'Homme en France et en Europe
Juillet 2007. L'affaire des infirmières Bulgares. Libération après intervention française (Claude Guéant, Cécilia Sarkozy). Contrats Franco-Lybiens y compris dans le nucléaire.
24 novembre 2004. Le colonel Kadhafi reçoit Jacques Chirac
Septembre 2004. L'un des fils Khadafi au-dessus de la loi républicaine
Le 9 janvier 2004 les victimes sont indemnisées sans que la Lybie reconnaisse sa responsabilité.
Le 12 mars 2001 la Cour de cassation donne tord à la Cour d'appel. Les chefs d'Etat en exercice sont bien couverts par l'immunité.
Le 20 octobre 2000 la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Paris a autorisé le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière, spécialisé dans la lutte anti-terroriste, à instruire la plainte déposée contre le chef en exercice de l'Etat libyen, Mouammar Kadhafi, pour "complicité d'homicides volontaires" dans l'affaire de l'attentat du DC-10 d'UTA ayant explosé au-dessus du désert du Ténéré en 1989 (170 morts), au motif que l'immunité pénale accordée coutumièrement aux chefs d'Etat en exercice ne peut s'appliquer "à des actes comme le terrorisme".
Les policiers se heurtent au fils de Kadhafi
DANS LA FAMILLE KADHAFI, il y a le père colonel, Mouamar, président de la Libye.
Mais il y a aussi les quatre garçons : Mohamed, l'aîné de 34 ans, ingénieur discret ; Seif Al-Islam, le dauphin de 32 ans, connu pour son rôle dans l'indemnisation des familles des victimes de l'attentat de Lockerbie et du DC-10 d'Utah ; Al Saidi « le hooligan », troisième de la fratrie et joueur de football convaincu de dopage, à Pérouse (Italie), en 2003.
Mais c'est avec le petit dernier, Motassim Bilal, que les policiers parisiens ont eu maille à partir, dans la nuit de vendredi à samedi (25 septembre 2004) sur les Champs-Elysées : lors de son interpellation, une bagarre a éclaté avec ses gardes du corps et un fonctionnaire a été blessé.
Motassim Bilal, aussi connu sous le nom d'Hannibal, avait pourtant fini par obtempérer aux injonctions de la brigade anticriminalité (BAC). Car vers 2 h 30, c'est à 140 km/h que cet à peine trentenaire amateur de voitures et coureur de jupons dévale les Champs en direction de la place de la Concorde, ignorant les feux rouges sur son passage.
Protégé par son passeport diplomatique
Lors de l'interpellation, les policiers se retrouvent nez à nez avec ses six gardes du corps qui suivent le fils du colonel dans deux voitures. Une bagarre s'ensuit et un fonctionnaire reste sonné sur le carreau : quatre jours d'interruption temporaire de travail lui ont été prescrits.
« C'est intolérable et inacceptable, rage Frédérique Lagache, un des responsables d'Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix. Personne n'est au-dessus des lois. On ne peut s'attaquer aux agents de la force publique sous prétexte qu'on bénéficie de l'immunité diplomatique. »
Si deux de ses gardes du corps ont été placés en garde à vue, Hannibal Kadhafi, médecin et lieutenant formé à l'Académie militaire égyptienne, a été relâché immédiatement. Militaire libyen, il est protégé par son passeport diplomatique.
Une protection bienvenue. Car l'enfant terrible n'en est pas à sa première frasque. Durant l'été 2001, son séjour à Rome avait déjà fait la une des gazettes. A la sortie d'une boîte de nuit, Hannibal et ses gardes du corps, plutôt alcoolisés, avaient provoqué une bagarre générale avec des policiers italiens. Pour se débarrasser de ses assaillants, Hannibal leur avait vidé un extincteur sur la tête. Trois policiers avaient été hospitalisés.
Au petit matin, Hannibal Kadhafi est finalement revenu au commissariat du VIIIe arrondissement se plaindre de « manière virulente » de la mise en garde à vue de ses hommes. A sa visite a succédé celle d'une délégation libyenne, venue y présenter des excuses officielles. Sollicitée hier, la préfecture n'a pas souhaité faire de commentaires.
Renaud Saint-Cricq, Le Parisien, dimanche 26 septembre 2004, p. 12
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Muammar Kadhafi : «Que fait l'armée française en Afrique ?»
LIBYE Un entretien avec le Guide, qui reçoit aujourd'hui pour la première fois à Tripoli un président de la République française afin de développer des relations normalisées
Le président libyen plaide pour «l'établissement d'un seul Etat, véritable solution» au conflit israélo-palestinien : «Celui qui considère la Palestine comme la terre de ses ancêtres pourra y vivre, et celui qui la considère comme la terre promise aussi. Cet Etat, on l'appellera “Isratine”.»
Les murs de Tripoli annoncent la couleur : en accueillant pour la première fois un président français, Muammar Kadhafi reçoit un égal en ferveur révolutionnaire. Sur des affiches de huit mètres de haut, des gravures d'époque illustrent les principaux événements de 1789, accompagnées de légendes en français et en arabe : «La prise de la Bastille par les révolutionnaires français» ou, commentant le serment du Jeu de paume : «La liberté en premier.» Plus loin, une autre affiche montre un drapeau tricolore et un drapeau vert libyen enlacés. Elle salue «la rencontre des pionniers» entre «la première République» et «la première Jamahiriya», le néologisme libyen désignant la «République des masses». Kadhafi se pose en continuateur : ici, selon le dogme, la démocratie a franchi un pas de plus puisque c'est le peuple qui gouverne, avec Muammar Kadhafi comme Guide.
Ces fières déclarations envoient un signal : après avoir donné beaucoup de gages à la communauté internationale, l'ex-«Etat paria» n'entend pas jeter son idéologie avec l'eau du bain. Un exercice difficile pour le Guide, qui tente de sauver les acquis tout en réformant de l'intérieur un système vieilli. Son premier ministre, Choukri Ghanem, formé aux Etats-Unis, a annoncé récemment la fin progressive de la subvention des produits de base, de l'électricité à la farine, en échange du doublement de salaires, tandis que le pays étend son empire financier à l'étranger, à travers des holdings gérés par Seif el-Islam, le fils aîné de la deuxième femme du Guide.
Mais ce dernier, qui à 63 ans peut compter sur la durée, se réserve la grandeur. Recevant sous une tente plantée au milieu des hauts murs d'une caserne de Tripoli, un troupeau de chameaux paissant tranquillement à quelques mètres, Kadhafi demande son dû. Coiffé du bonnet noir traditionnel, enveloppé dans un long manteau d'hiver marron, le Guide reprend ses marques, argumentant posément, loin du personnage hiératique qu'il compose parfois pour les caméras. Le discours est pragmatique. Muammar Kadhafi enterre sans fleurs ni couronnes des ambitions nucléaires dont il reconnaît volontiers qu'elles posaient plus de problèmes qu'elles n'apportaient de solutions. Mais il attend de recevoir le prix de sa collaboration au nouvel ordre mondial : un blanc-seing pour son système politique. Ses allusions à la Syrie ou même à l'Irak de Saddam Hussein sont assez claires : dans la région, les Etats forts restent à ses yeux un rempart contre le développement du fondamentalisme musulman, terme qu'il n'utilise pas lui-même, lui préférant toujours l'expression «idéologie terroriste». Une formule qui, pour lui, englobe les djihadistes internationaux aussi bien que certains Etats, en qui tout le monde reconnaîtra certaines monarchies du Golfe, dont l'inimitié avec la Libye n'est pas un secret.
Maintenant qu'elle est revenue dans le concert des nations et qu'elle a renoncé à la bombe, plaide Kadhafi, la Libye doit retrouver tous les moyens de sa puissance, sous protection internationale. Elle doit aussi se voir reconnaître un rôle d'acteur prépondérant sur le continent africain. Sur ce terrain, Muammar Kadhafi n'hésite pas à s'interroger sur la présence militaire française en Afrique, à la veille de la visite de Jacques Chirac. Et à opposer sa propre carte de la Méditerranée, qui ne correspond pas vraiment à celle du processus de Barcelone.
LE FIGARO. – Qu'est-ce qui vous a poussé à renoncer brusquement à votre programme d'armes nucléaires et chimiques ?
Muammar KADHAFI. – J'ai déjà expliqué cette décision devant le peuple libyen et devant le monde entier. Ce programme avait été entamé il y a longtemps. A l'époque, la mode était à la course à l'armement. Chaque Etat se pavanait avec ses armes de destruction massive. Mais depuis, le monde s'est développé, les coalitions ont changé, la mappemonde a changé. De nouveaux défis sont apparus. Nous avons donc dû reconsidérer notre programme. Nous nous sommes dit : si un pays comme la Libye fabrique la bombe atomique, que veut-il en faire ? En outre, la Libye risquait de s'engager dans une production d'armes qui n'était pas de son niveau. Car ce genre d'armement nécessite une base solide, une grande connaissance technologique, des vecteurs. Et ces moyens eux-mêmes doivent être protégés. Et puis, dans quel domaine utiliser cette arme, sur quel théâtre de combat ? En fait, je pense que cette question se pose à tous les pays producteurs d'armes nucléaires. Chacun de ces pays se dit : où puis-je utiliser cette arme que je possède ? Et puis nous, nous n'avons pas d'ennemi assez défini pour que nous puissions nous dire : «Nous allons utiliser cette arme contre lui.» Enfin, notre programme nucléaire a provoqué la crainte chez nos voisins. Donc, la meilleure décision, la décision la plus courageuse, c'était de le démanteler.
Qu'avez-vous obtenu en échange ?
A vrai dire, nous avons été un peu déçus par la réaction de l'Europe, des Etats-Unis, du Japon. Ils n'ont pas vraiment récompensé la Libye pour sa contribution à la paix internationale. Et nous sommes encore dans l'expectative. Si nous ne sommes pas récompensés, d'autres pays ne vont pas suivre notre exemple et démanteler à leur tour leur programme. Quand nous nous sommes entretenus avec la Corée du Nord, et l'Iran, qu'on soupçonne d'avoir des programmes nucléaires, ils ont dit : «Mais en ce qui vous concerne, quelle est la rétribution ? Qu'est-ce que vous avez obtenu de la communauté internationale ? Donc, pourquoi voulez-vous que nous démantelions notre programme ?»
Quelles sont ces récompenses que la Libye n'a pas obtenues ?
Par exemple : normalement, un pays qui se débarrasse de ses armes de destruction massive devrait au moins obtenir des garanties quant à sa sécurité nationale de la part de la communauté internationale. Deu xiè - mement, il faudrait peut-être aider ce pays à transformer ce matériel militaire en matériel à usage civil. Et lui donner la technologie pacifique en contrepartie de son abandon de la technologie militaire.
Qu'entendez-vous par des «garanties pour la sécurité nationale» de la Libye ?
Je veux dire que tout pays qui abandonne de tels programmes doit recevoir une garantie pour sa sécurité elle-même. Par exemple, que la communauté internationale interdise l'emploi de l'arme nucléaire ou chimique contre ce pays qui a de sa propre initiative démantelé son programme. Qu'elle lui fournisse des armes défensives pour se prévenir contre tout danger.
L'Ouest compte maintenant sur la Libye pour jouer un rôle dans la lutte contre le terrorisme. Que pouvez-vous faire ?
En fait, je vois que ce problème n'est pas traité de façon appropriée. Aujourd'hui, on mène une sorte de course derrière le terrorisme, et parfois une sorte de fuite en avant. Tuer quelqu'un par-ci, en arrêter un autre par-là, écouter des conversations téléphoniques, rechercher des dépôts d'armes, observer les déplacements de personnes grâce à l'électronique, ce n'est pas la meilleure façon de procéder. Cela ne mettra jamais un terme au terrorisme. Car le terrorisme est idéologique, et il y a une base pour cette idéologie. Il faut d'abord mettre un terme à cette idéologie du terrorisme. Comme vous le savez, il y a des institutions qui enseignent le terrorisme. Il y a aussi des ordres, qu'on appelle les ordres de derviches, ou bien ordres religieux, dans le monde islamique. Ces ordres, ces systèmes-là, ce sont eux qui répandent le phénomène terroriste, qui financent le terrorisme en dehors de leur territoire pour éviter qu'il se retourne contre eux. Et cette idéologie est encore là. On l'enseigne. Il y a même des systèmes politiques qui sont construits autour de ces idéologies. C'est l'une des causes principales du terrorisme. L'autre cause, à mon sens, ce sont les politiques occidentales. Elles sont contre les régimes de libération dans les pays arabes et musulmans. Et cela a suscité une réaction.
Par exemple ?
Je vais vous donner un exemple : en Afghanistan, il y avait un régime politique progressiste. Ce régime avait demandé l'assistance d'une puissance qu'il considérait comme alliée, l'Union soviétique. C'était normal à l'époque. L'Europe s'assurait la protection de l'Amérique parce qu'elle considérait que l'Amérique était son alliée, et qu'elle partageait la même idéologie. De la même façon, de nombreux pays africains alliés de la France font appel aux forces françaises. Le régime afghan de l'époque s'était donc assuré de l'assistance d'un allié. On a renversé ce régime. Quel fut le résultat ? L'émergence des talibans et de Ben Laden. Un autre exemple : le régime irakien. C'était un régime très fort, laïc, mené par un parti Baas qui était contre les orientations religieuses, à tel point qu'on l'accusait d'athéisme. Ce régime a empêché l'infiltration du terrorisme sur son territoire, et même dans la sous-région. On l'a attaqué, et ce rempart contre le terrorisme s'est effondré. D'où cet afflux de terroristes de toutes parts. Et ils sont même partis d'Irak vers d'autres régions. Voyez les combats qui se déroulent actuellement au coeur de l'Arabie saoudite... Si le régime irakien était encore là, les terroristes n'auraient pas pu venir dans la région. En même temps, les régimes réellement construits autour d'idéologies terroristes étaient protégés, on flirtait avec ces régimes, on les choyait, et c'est ce qui a donné naissance au terrorisme. Et ces régimes existent toujours. Quand on menace la Syrie, que veut-on ? Veut-on que la Syrie devienne comme l'Irak, pour que les terroristes affluent en Syrie de toutes parts ? Le Hezbollah, par exemple, ne peut pas agir à partir de la Syrie pour libérer les hauteurs du Golan. Parce que le régime syrien ne le permet pas. Si on attaque la Syrie, le résultat sera d'étendre le front du terrorisme.
Mais le Hezbollah opère quand même à partir du Liban contre Israël, dans la zone disputée des Fermes de Sheba.
Oui, mais justement, il ne peut pas travailler à partir de la Syrie. Si on démantèle le régime syrien, le Hezbollah va travailler en Syrie. On va entendre parler de centaines de Zarqaoui et de Ben Laden.
Qu'entendez-vous par «systèmes politiques construits autour du terrorisme» ? Parlez-vous d'Etats ?
Ceux qui mènent la guerre contre le terrorisme connaissent bien ces régimes. Ils peuvent répondre à ma place.
Al-Qaida et les djihadistes internationaux peuvent-ils gagner la guerre ?
Si les deux causes que je viens de mentionner subsistent, évidemment, ils vont gagner la bataille.
Et donc, quel peut être l'apport de la Libye dans ce combat ?
L'idéologie de la Libye est radicalement opposée au terrorisme. Il faut que ceux qui combattent le terrorisme com - prennent bien le bien-fondé de l'idéologie libyenne.
Quel bilan faites-vous de la vie de Yasser Arafat ? Comment voyez-vous l'avenir des Palestiniens ?
Malgré des années de souffrances, Abou Ammar (NDLR : le nom de guerre de Yasser Arafat) n'a pas pu trancher. Il tenait le bâton par le milieu (NDLR : il cherchait à contenter tout le monde), et il voulait le tenir ainsi jusqu'à la fin de ses jours. Aujourd'hui, la main qui tenait le bâton par le milieu est morte, et le bâton est tombé à terre. Qui aura l'audace de le ramasser et de le tenir, soit par un bout, soit par le milieu ? Ou bien le bâton restera-t-il par terre ? On ne sait pas...
Avez-vous une solution ?
Il n'y en pas d'autre en dehors de la thèse que je présente dans mon Livre blanc : une solution historique et radicale, qui va s'imposer, qu'on le veuille ou non. Ce petit territoire ne peut supporter la présence de deux Etats, adversaires qui plus est. Chacun des deux peuples considère que l'autre partie lui appartient aussi. Les juifs considèrent que la Cisjordanie est le coeur de la nation juive. Les Palestiniens considèrent ce que l'on appelle actuellement Israël comme la terre de leurs ancêtres. Donc l'établissement d'un seul Etat est vraiment la véritable solution. Celui qui considère la Palestine comme la terre de ses ancêtres pourra y vivre, et celui qui la considère comme la terre promise aussi. Cet Etat, on l'appellera «Isratine».
Il y a cinq ans, vous aviez lancé l'idée des «Etats-Unis d'Afrique», et créé à cette fin l'Union africaine. Mais les Etats-Unis d'Afrique paraissent encore loin. Etes-vous déçu ?
Pour dire la vérité, je ne suis pas totalement déçu. Mais oui, je suis un peu déçu. Je vois que le train a commencé à rouler, et personne ne peut l'arrêter. Mais il ne va pas assez vite.
L'Union africaine peut-elle mettre un terme aux guerres en Afrique, en particulier en Côte d'Ivoire ?
S'il y a une défense commune, une force unique pour l'Afrique, comme l'Euroforce pour l'Europe, cette force, en s'appuyant sur les traités de défense commune, et placée sous l'autorité du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine, pourra régler toutes les crises. Ce qui importe pour moi, c'est de mettre un terme à toutes les armées nationales en Afrique. Elles ne sont plus nécessaires. Il faut que l'armée africaine unique les remplace. Toutes ces armées sont derrière les conflits, les guerres, les coups d'Etat, les putschs...
Selon vous, la France a-t-elle encore un rôle militaire à jouer en Afrique ?
Personnellement, je n'ai pas encore compris la raison de la présence militaire de la France en Afrique. Qu'est-ce qu'elle veut y faire ? Notre voisin le Tchad, par exemple, a vécu un conflit d'un quart de siècle. Je n'ai pas vu de rôle pour les forces françaises. On ne comprend pas pourquoi elles sont là. Et voyez ce qui se passe en Côte d'Ivoire : je crains que cela n'ait une influence négative sur les relations afro-françaises. Car il y avait une confiance mutuelle entre l'Afrique et la France. Je crois que c'était une erreur d'intervenir en Côte d'Ivoire. Maintenant, la confiance a disparu.
La Libye va-t-elle se rapprocher de l'Europe en intégrant le processus de Barcelone ?
Il reste plusieurs points d'interrogation. Nous n'avons pas compris s'il s'agissait de coopération économique, de développement, d'environnement, de faire de la Méditerranée un lac de paix, ou bien s'il s'agissait d'un nouveau plan de colonisation pacifique. Les pays européens colonialistes veulent-ils récupérer leurs colonies à travers ce processus de Barcelone ? Ou bien veulent-ils rendre service aux Israéliens, les introduire dans la région sans régler le problème palestinien ? La partie palestinienne, la partie israélienne, les Turcs, voilà les responsables de cet assombrissement du climat de Barcelone, parce qu'ils ne veulent pas dialoguer démocratiquement et pacifiquement, mais par le truchement des armes. Donc ils ne sont pas qualifiés pour s'asseoir avec nous dans le cadre de Barcelone. Il faut les laisser en dehors jusqu'à ce qu'ils règlent leurs problèmes. En outre, ils appartiennent à la partie asiatique de la Méditerranée. Confondre cette partie asiatique avec la partie européenne ou la partie africaine, c'est de la confusion, du charabia. Moi, je connais l'Union africaine et l'Union européenne. Il y a la Méditerranée au milieu. Donc, la Méditerranée devrait être un trait d'union entre les deux. Si l'Europe veut dialoguer avec la partie asiatique, elle peut créer un autre processus de Barcelone, mais consacré aux Asiatiques. Mais ce ne sera pas notre Barcelone à nous. Et que l'Afrique fasse de même. Qu'elle trouve une autre Barcelone pour discuter avec l'Asie.
L'adhésion de la Libye reste-t-elle à l'ordre du jour ?
Oui, mais il faut que le peuple libyen puisse voir les avantages de cette adhésion. Adhérer, est-ce simplement rendre service au néocolonialisme ? Et avec l'apparition de l'Union africaine, il y a une nouvelle donne. L'Union africaine n'acceptera jamais que l'on découpe l'Afrique du Nord pour l'adjoindre à l'Europe. Pourquoi ne pas coopérer entre les deux entités, l'Union africaine et l'Union européenne, à travers la Méditerranée ?
Quelle leçon tirez-vous de la réélection de Bush ?
C'est avec lui que la Libye s'est mise d'accord pour le démantèlement de nos armes de destruction massive. Nous lui avons soumis une proposition constru - ctive, et c'est lui qui s'est engagé à récompenser la Libye pour cette démarche. C'est pourquoi nous, Libyens, nous considérons que la réélection du président Bush est dans notre intérêt. Si l'on fait abstraction de ce qu'il se passe en Palestine ou en Irak, évidemment.
Quelles relations souhaitez-vous entretenir avec la France ?
Comme vous le savez, les relations n'ont jamais été rompues, comme ce fut le cas avec la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et d'autres pays voisins. Rien n'a obscurci l'histoire des relations franco-libyennes, à part le problème tchadien, qui appartient au passé. Le président Chirac a pris des positions très positives, que nous saluons, sur le problème palestinien, sur la guerre contre l'Irak. Et puisque la France a une sorte d'obligation de présence en Afrique, et puisque la Libye est un pays majeur en Afrique, qui peut l'influencer, comme elle l'a fait du temps des mouvements de libération et comme elle le fait maintenant à travers l'Union africaine, nos deux pays peuvent conjuguer leurs efforts pour aider l'Afrique. C'est ce que j'appelle de mes voeux, et c'est peut-être là-dessus que nous allons tomber d'accord avec le président Chirac. La France est un pays qui mène l'Union européenne, et la Libye est un pays qui mène l'Union africaine. Les deux Etats peuvent travailler dans l'intérêt de l'Union.
Viendrez-vous en visite en France ?
Personnellement, j'y pense. Je n'ai pas d'objection.
lefigaro.fr, P. P., [24 novembre 2004]
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25.07.2007 Kadhafi-Sarkozy: Un réacteur nucléaire (civil) dans la corbeille...
La France et la Libye ont signé un mémorandum d'accord sur le nucléaire civil qui prévoit la fourniture d'un réacteur nucléaire pour permettre à la Libye de désaliniser de l'eau de mer. Cet accord "vise à fournir à la Libye un réacteur nucléaire qui permette la fourniture d'eau potable" en désalinisant l'eau de mer, a dit le secrétaire général de la présidence française Claude Guéant à des journalistes. Il a souligné qu'il s'agissait d'un "objectif" car "il y a encore beaucoup de travail à faire" pour "étudier la faisabilité" de ce projet. Cet accord a été signé à l'issue d'entretiens de M. Sarkozy avec le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Il n'est pas le seul protocole signe.-----------
Claude Guéant et Cécilia Sarkozy ont rencontré Kadhafi jeudi en Libye
12/07/2007-20h04 - Hervé Gattegno - Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé - Le Point.fr
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Les infirmières libres en Bulgarie
C. M. (lefigaro.fr) avec AFP. Publié le 24 juillet 2007Actualisé le 24 juillet 2007 : 13h46
Les infirmières ont été accueillies par leurs familles à Sofia, mardi matin.
Le groupe était accompagné de Cécilia Sarkozy.
En complément Paris et Tripoli espèrent toucher les dividendes du règlement Cécilia Sarkozy en première ligne dans les négociations Les destins brisés des infirmières bulgares
La fin du cauchemar. Après de longues tractations, qui ont duré jusqu'au bout la nuit, les infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne, ont finalement été extradés vers leur pays d'origine.
Un peu avant 9 heures, ce matin, ils ont atterri à bord de l'avion affrété par la République française, à l'aéroport de Sofia. Les six praticiens, accompagnés de Cécilia Sarkozy, du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant et de la commissaire européenne aux Affaires extérieures, Bénita Ferrero-Waldner, ont été accueillis par leurs familles sur le tarmac. Ils ne retourneront pas en prison, puisque le président bulgare les a graciés tous les six peu après leur arrivée. "C'est une journée heureuse" s'est réjouie l'une des infirmières, qui a remercié l'Union européenne et "tout particulièrement la France", lors d'une conférence de presse improvisée à l'aéroport. La Libye "satisfaite" Claude Guéant a par ailleurs annoncé que Nicolas Sarkozy se rendrait bien en Libye dans les "deux jours". Dans son communiqué annonçant l'extradition des infirmières, l'Élysée a salué "le geste d'humanité de la Libye et de son plus haut dirigeant et s'engagent à tout faire pour aider les enfants atteints du sida". Mention spéciale est faite à l'Emir et à l'Etat du Qatar "dont la médiation a permis ce dénouement heureux", ainsi qu'aux efforts de Benita Ferrero-Waldner et à l'engagement de Cécilia sarkozy.
Si on ignore encore le contenu exact de l'accord final qui a permis ce dénouement heureux, Tripoli a toutefois fait savoir que ses conditions avaient été "satisfaites".
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Mouammar Kadhafi en France, une visite qui suscite la polémique Le Monde, 09.12.07 | 14h39
PARIS (Reuters) - Mouammar Kadhafi entame lundi une visite officielle en France, un déplacement qui scelle la réhabilitation diplomatique du dirigeant libyen et suscite de vives critiques de l'opposition. "Bienvenu ?", s'interroge Le Journal du Dimanche, résumant le sentiment dans les médias à propos d'une visite d'une durée de cinq jours dont tous les détails ne sont pas connus. Envisagée après le déplacement de Nicolas Sarkozy à Tripoli le 25 juillet, au lendemain de la libération de cinq infirmières bulgares et d'un médecin d'origine palestinienne, cette visite du "guide de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste" est sa première en France depuis 1973. Mouammar Kadhafi, qui est attendu en début d'après-midi à l'aéroport d'Orly, doit avoir deux entretiens avec Nicolas Sarkozy. Sa présence devrait donner l'occasion de signer des contrats de plusieurs milliards d'euros, achats d'Airbus, d'un réacteur nucléaire et d'équipements militaires. L'opposition s'est élevée contre la présence en France d'un homme à qui elle reproche, depuis son arrivée au pouvoir en 1969, son implication dans des affaires de terrorisme. François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, estime que Nicolas Sarkozy va recevoir "un chef d'Etat qui justifie aujourd'hui le recours au terrorisme international", allusion à des propos tenus par le dirigeant libyen à Lisbonne vendredi. Pour François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), le recevoir est "indigne". Ségolène Royal juge quant à elle cette visite "intolérable" et "inadmissible". Face à ces protestations, l'UMP, le parti de la majorité, a lancé un appel au "respect" envers le dirigeant libyen et demande "plus de mesure aux professionnels de l'indignation". SARKOZY "TRÈS HEUREUX" Le président Nicolas Sarkozy a de son côté serré la main de Mouammar Kadhafi samedi dans la salle de conférences du sommet UE-Afrique dans la capitale portugaise, se disant "très heureux" de le recevoir à Paris. Le chef de l'Etat français a, plus tard dans la journée face aux nombreuses questions de la presse sur le sujet, souligné que, contrairement à d'autres dirigeants occidentaux, il avait attendu que Tripoli libère les soignants bulgares, détenus pendant huit ans au motif d'avoir délibérément inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants, avant de se rendre en Libye. "Si nous n'accueillons pas des pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devons-nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse?" s'est-il interrogé. "Je souhaite que cette visite soit un succès, que nous arrivions à signer un certain nombre d'accords économiques", a ajouté Nicolas Sarkozy. Ces contrats devraient porter sur "plus de trois milliards d'euros d'Airbus, un réacteur nucléaire et (...) de nombreux équipements militaires", a déclaré au Figaro Seïf el Islam Kadhafi, le fils aîné du dirigeant libyen, souvent présenté comme son successeur désigné. Il a ajouté, sans plus de précision, que son pays négociait aussi l'achat de Rafale, le chasseur bombardier du groupe Dassault, qui ne s'est pour l'instant pas vendu à l'étranger. Pour certains analystes, la visite à Paris de Mouammar Kadhafi serait en réalité un marchepied vers Washington. "Kadhafi espère que sa visite à Paris l'aidera à accélérer la normalisation de ses relations avec les Etats-Unis et lui permettra de se rendre à Washington sous peu", estime le politologue et expert en affaires libyennes Ali Anzoula. "La Libye pense et a toujours pensé que la clé pour revenir sur la scène internationale est à Washington et que les principaux pays européens n'ont qu'un rôle secondaire", à part sur le plan commercial, dit un diplomate européen à Tripoli.-------
A.V. avec source AFP
LIBERATION.FR : lundi 10 décembre 2007
Rama Yade: «Notre pays n’est pas un paillasson»
La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme a vertement critiqué l'arrivée de Mouammar Kadhafi.
Son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, estime qu'elle «a raison de parler ainsi».
Cacophonie gouvernementale. La secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme Rama Yade s’est déclarée lundi «dérangée» que Mouammar Kadhafi arrive à Paris un jour de célébration des droits de l’homme et a souhaité que cette visite soit l’occasion d’insister sur le respect de ces droits par la Libye, dans une interview au Parisien/Aujourd’hui en France.
Sur le même sujet
Kouchner : «Ne pas cesser d’être vigilant»
L’Etat de droit, un concept inexistant à Tripoli
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Kadhafi à Paris: la Libye signe des contrats pour environ 10 milliards d'euros (notedt : Maroc en octobre 2007 1,7 milliard ; Chine en novembre 2007 20 milliards ; Algérie en décembre 2,7 milliards)
Yahoo.fr, actualités, Par Nadège PULJAK et Philippe ALFROY
mar 11 déc, 9h05
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A l'Unesco, Mouammar Kadhafi fait la leçon à l'Europe
Reuters - Mardi 11 décembre, 20h02PARIS (Reuters) -
"Les Européens font de la surenchère sur les droits de l'homme et nous interrogent sur le respect des droits de l'homme dans nos pays. Les étrangers sont maltraités en Europe, et eux (les Européens) nous demandent de respecter les droits de l'homme", a déclaré le numéro un libyen dans un discours prononcé au siège de l'Unesco à Paris.
Le colonel Kadhafi s'est engagé à défendre les droits des immigrés africains en Europe. "Ou bien on vous respecte ici en Europe et vous jouissez des mêmes droits et devoirs que les Européens, ou bien vous rentrez en Afrique", a-t-il dit au deuxième jour de sa visite officielle en France. "Je vous affirme que je suis concerné par votre situation et que je vais mettre au point un plan pour permettre votre retour en Afrique", a dit encore le "Guide de la révolution". "Il n'est pas possible que vous viviez ici marginalisés (...) Nous Africains sommes victimes d'injustices. Ils (les Occidentaux) nous ont transportés ici comme du bétail pour faire les travaux pénibles et sales, et ils nous rejettent dans les banlieues des villes et lorsqu'on revendique nos droits, on se fait taper dessus par la police", a déclaré Mouammar Kadhafi. "Je suis un soldat de l'Afrique et je vais m'employer à vous aider et à vous soutenir (...) Nous ne vous laisserons pas tomber", a ajouté le colonel Kadhafi, qui arborait pendant la journée un badge vert représentant la carte du continent africain. "Les Africains doivent vivre dans la dignité et le respect ou bien rentrer en Afrique. L'Afrique a besoin de vous. Si l'Europe ne veut pas de vous, vous rentrerez en Afrique", a-t-il conclu.-------
Glucksmann soutient haut et fort Rama Yade : le mot du jour Le Point.fr, 14/12/2007-16h37 - Valérie Peiffer
"Je suis tout à fait d’accord avec Rama Yade qui a dit ce qu’il fallait dire, à savoir que la France ne devait pas être le paillasson des dictateurs du monde entier." Interrogé sur RTL, vendredi 14 décembre, André Glucksmann a apporté à plusieurs reprises son entier soutien à la secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme. Une demi-surprise, puisque le philosophe classé à gauche avait signé une tribune dans Le Monde daté du 30 janvier 2007 où il prenait position en faveur de Nicolas Sarkozy pour son refus de la realpolitik. Il avait alors écrit qu’il était "le seul candidat à s’être engagé dans le sillage de la France du coeur." Cette sortie pour défendre Rama Yade de l’auteur des Maîtres penseurs fera la joie d’une très grande majorité des Français. Selon un sondage publié dans Le Figaro vendredi, en effet, 81 % des Français estiment que la secrétaire d’État a eu raison de critiquer vertement la visite en France du colonel Kadhafi. Mais André Glucksmann, réputé pour son franc-parler et toujours aussi remonté contre les socialistes, est allé plus loin lors de cet entretien. Il a ainsi lancé : "Quand il (Kadhafi) dit que le terrorisme, c’est l’arme des faibles, je trouve cela absolument scandaleux [...] mais je suppose que la moitié du Parti socialiste pense cela [...] que la misère est la cause du terrorisme." François Hollande et ses amis apprécieront...-------
Le déshonneur, par Pascal Bruckner LE MONDE | 13.12.07 | 14h17 • Mis à jour le 13.12.07 | 14h17
Ce devait être la rédemption du barbare venu réintégrer les rangs de la civilisation. Ce fut l'inverse : le barbare, plein de morgue, nous a fait la leçon. Non content d'insulter la France, en pointant ses manquements au droit, lui qui les viole tous, le colonel Kadhafi n'a pas exprimé un seul regret. Sarkozy aurait pu sauver l'honneur en exigeant du dictateur des excuses solennelles pour les victimes françaises du DC-10 d'UTA, une reconnaissance du rôle de la Libye dans le terrorisme international deux décennies durant. Il aurait pu évoquer aussi le kidnapping et la torture des infirmières bulgares pendant huit ans auxquels il sut mettre fin cet été. Le président s'est tu, de plus en plus blême et pincé à mesure que passaient les jours, comme s'il réalisait l'énorme bévue commise. Faire des affaires, même avec le diable, n'implique pas de sombrer dans la fange avec lui. ELLE EST BELLE, LA RUPTURE ! Paria de la communauté internationale, Kadhafi aurait dû être traité comme tel, avec des pincettes, comme un criminel sous haute surveillance. Qui sont les conseillers diplomatiques assez fous, assez incompétents pour avoir concocté un tel voyage et imposé au peuple français, cinq jours durant, ce clown sanglant sur notre sol ? A quelques exceptions près, dont Rama Yade, qui s'est courageusement insurgée, l'UMP s'est couchée comme un seul homme. On songe au mot de Lénine : "Les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre." A-t-on vraiment besoin d'offrir des avions de chasse et du nucléaire civil à des pays qui regorgent de gaz et de pétrole et qui peuvent tous, demain, basculer dans l'islamisme ? Ah, elle est belle, la rupture ! On avait déjà eu la visite humiliante au régime antisémite de Bouteflika, le coup de fil enthousiaste à l'autocrate Poutine, l'invitation à Paris du bouffon Chavez. A quand le tapis rouge déroulé devant M. Ahmadinejad ?-------