
Mars 2008 : Le sous-prefet de Saintes, propos antisémites ou propos anti-israëliens ? (Le Figaro) Bis Le Monde
Février 2008 : Misha Defonseca, une dangereuse mythomane
Novembre 2007 : Paris 10ème : La Grange-aux-Belles agressée
Septembre 2007 : Faux rabbin et vraie pasteure ??? ; un profanateur fasciné par l'ordre nazi ;
Mars 2007 : Le directeur des Temps modernes accuse l'ancien Premier ministre Raymond Barre
Février 2007 : Un opuscule antisémite au Parlement européen
Janvier 2007 : "Antisémitisme" rue des Rosiers ? "Racisme" selon le maire de Paris
Novembre 2006 : Les représentants des trois religions du Livre dénoncent l'antisémitisme, lors de la réunion, à Paris, du Conseil exécutif du Congres Juif Mondial
Octobre 2006 : 700 euros d'amende pour écrits judéophobes
Septembre 2006 : Un milliard de dollars pour reconstruire le Liban
Août 2006 : 200 familles juives demandent une réparation financière à la SNCF ; des historiens (Rousso, Klarsfeld) contestent ; Annette Wieviorka scandalisée ;
Juin 2006 : Lipietz contre France et Sncf : 60 000 euros pour déportation ;
opposition de la Fédération nationale des déportés ; approbation nuancée du Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk ; Ehud Olmert rend hommage à Jacques Chirac et Dominique de Villepin ;
Avril 2006 : Encore les polonais
Décembre 2005 : Hugo Chavez dénonce "les maîtres du monde"
Octobre 2005 : Le faux espion est réfugié en Israël
Juillet 2005 : Le premier ministre Ariel Sharon félicite la France, mais invite toujours les juifs de France à émigrer
09 juin 2005 : Les évêques de France dénoncent l'antisémitisme du théoricien français du catholicisme social
16 mars 2005 : Oui la France est aux côtés des Israéliens
05 janvier 2005 : Antisémites à Auschwitz ; une nécessaire "préparation"
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Un lycéen renvoyé pour des propos antisémites à Auschwitz
Il est scolarisé en première à Montreuil (Seine-Saint-Denis). En novembre, il fait un voyage avec ses camarades à Auschwitz. Et il lance:
"IIs ont bien fait de les brûler".
En décembre, après un conseil de discipline, le lycéen a été renvoyé définitivement de son établissement.
Il a fait appel de cette décision. En attendant, il est scolarisé dans un autre établissement.
Un autre élève ayant eu des «postures désinvoltes» a été renvoyé quinze jours. D'autres lycéens ont couru dans le camp. Fait des batailles de boules de neige. Ri devant des photos anthropométriques de déportés. Ils auront à s'expliquer prochainement.
«J'ai reçu les familles après la sortie, témoigne la proviseure. Ces adolescents ne vivent pas du tout dans un contexte familial d'antisémitisme. On est en train de préparer un travail de réflexion au lycée.»
Libération, 5 janvier 2005, p. 18
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Michel Serfaty, rabbin de Ris-Orangis, a créé l'association Déportation, persécution et mémoire qui organise depuis bientôt douze ans des voyages de la mémoire en Pologne pour les classes des établissements publics, et particulièrement les lycées professionnels.
Que vous inspire l'affaire de Montreuil ?
Depuis bientôt douze ans que je rencontre les élèves des lycées professionnels, dont les classes sont composées à 50 % d'enfants de familles défavorisées, issues pour certaines de l'immigration maghrébine ou africaine, qui n'ont pas la culture historique de la Shoah, je sais que, si on ne fait pas un travail préparatoire en amont pendant au moins six mois, on va à l'échec.
Je dis clairement que dans l'affaire de Montreuil, tout est de la responsabilité des enseignants. J'ai eu personnellement à affronter des situations similaires, sur place, et là je me suis tourné vers les enseignants en leur disant que la responsabilité était de leur côté et non de celui de l'enfant.
L'enfant, si on le prend, qu'on le transporte et qu'on lui dit : «Maintenant, tu vas respecter la mémoire des juifs», cela ne marche pas.
Quel travail préparatoire faut-il alors effectuer ?
Il faut ouvrir le dialogue avec les enfants avant de partir, leur dire : «Voici la réalité, est-ce que vous êtes prêts ? C'est à vous de nous dire "j'y vais" ou "j'y vais pas".» Et si on voit que les enfants restent insensibles, il ne faut pas les forcer à venir.
Je ne suis pas pour rendre obligatoires de tels voyages, je comprends qu'ils ne fassent pas partie des programmes scolaires, et je ne suis pas non plus pour que l'on dise à la classe tout entière : «Vous partez tous en Pologne.»
Pour autant, il ne faut pas sélectionner les enfants mais parler avec eux et leurs parents pour voir s'ils sont prêts à affronter cette réalité des camps qui est très dure, très brutale. Il faut que les enfants décident d'eux-mêmes de venir ou non.
Pendant le voyage, j'utilise une pédagogie progressive. Je les emmène d'abord à Varsovie où je leur raconte l'histoire de l'invasion de la Pologne par les nazis, puis la constitution du ghetto, puis nous allons à Lublin et au camp voisin de Maïdanek.
Après Maïdanek, je leur projette des films dans le car pour qu'ils se préparent à affronter l'épreuve la plus dure : celle d'Auschwitz-Birkenau.
Pour vous, le voyage à Auschwitz est une expérience formatrice pour l'individu.
La mémoire de la Shoah fait partie de notre civilisation. Il faut la transmettre, et le meilleur moyen est de se rendre sur le terrain. Tous ceux qui ont fait l'expérience du voyage à Auschwitz ont touché du doigt ce qu'est la fragilité de l'homme.
Sur place, des liens de fraternité se tissent progressivement entre tous les participants. Les élèves qui ont fait cette expérience avec moi me témoignent parfois de l'amitié, restent en contact avec moi.
En quoi cet épisode de l'histoire est-il important pour les jeunes Français ?
Ce passé doit être transmis à tous les petits Français, fussent-ils bouddhistes ou musulmans. Le monde musulman ne peut en aucune manière être associé à la responsabilité de la Shoah, même si certains responsables musulmans de l'époque ont applaudi l'extermination. Le roi du Maroc s'est opposé pour sa part à l'enregistrement des juifs qu'exigeait le gouvernement de Vichy.
Les jeunes Français d'origine maghrébine doivent découvrir et apprendre la Shoah, car cet événement fait partie du lot commun de l'histoire de France.
D'autant que la Shoah a un côté universel. Aller à Auschwitz, cela a une finalité précise : c'est comprendre l'énormité de la tentative d'extermination de tout un peuple. Comprendre la Shoah, c'est apprendre à dire non aux génocides et à la déshumanisation.
La lutte contre les totalitarismes ne peut pas être dissociée de l'enseignement de la Shoah. Si l'on avait enseigné la Shoah aux Hutus du Rwanda [qui ont massacré les Tutsis, ndlr], je suis persuadé que cela aurait pu changer beaucoup de choses.
Par Catherine COROLLER, mercredi 19 janvier 2005 (Liberation - 06:00), p. 16
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(Mars 2005) Raffarin aux Israéliens : « Oui la France est à vos côtés »
Mission accomplie pour Jean-Pierre Raffarin, qui a regagné Paris hier : les relations se sont réchauffées entre la France et Israël. Patrick Devedjian, puis Michèle Alliot-Marie y sont maintenant attendus. Jérusalem (Israël)
AUX PETITS SOINS avec les Israéliens. Jean-Pierre Raffarin a pensé à tout pour réussir sa première visite dans l'Etat hébreu qui s'est achevée hier. Il a même pris le temps, juste avant de reprendre l'avion pour Paris, d'enregistrer un message sur la deuxième chaîne de télévision israélienne pour célébrer la création du 57 e anniversaire de l'Etat hébreu.
Le Premier ministre a pris de l'avance puisque cette interview sera diffusée... le 11 mai. Plus tôt, Raffarin avait accordé une interview à Channel 10 (le M 6 local) pour vanter le renouveau des relations franco-israéliennes. Le journaliste israélien interroge à cette occasion Raffarin : « La France est-elle vraiment aux côtés d'Israël ? » Le Premier ministre sourit, puis tape sur la cuisse de son interlocuteur : « Vous ne dormez pas ? Vous êtes bien éveillé ? Oui, la France est à vos côtés. »
Sharon recrute Copé
Ce déplacement de deux jours, qui coïncidait avec les cérémonies d'inauguration du nouveau musée Yad Vashem, dédié à l'Holocauste, a permis aux autorités françaises de resserrer les liens avec l'Etat hébreu. Des liens très distendus depuis plusieurs années, Israël reprochant à la France sa « politique étrangère pro-arabe ».
A Jérusalem, Raffarin s'est d'abord appuyé sur sa politique très ferme en matière de lutte contre les actes d'antisémitisme pour redorer le blason français. Des efforts salués par Ariel Sharon. Ce réchauffement des relations franco-israéliennes s'est aussi traduit par un changement de ton dans la presse locale habituée à tirer à boulets rouges sur l'antisémitisme supposé des Français. Et, lors du dîner officiel à Jérusalem, Raffarin était assis à côté du vice-Premier ministre Shimon Peres et face à Ariel Sharon. Une preuve supplémentaire de l'embellie franco-israélienne.
Si les journaux d'hier ont d'abord privilégié la présence de Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, Raffarin a eu droit aussi à une bonne place. Après le voyage de Raffarin, d'autres visites sont déjà annoncées : celle du ministre de l'Industrie, Patrick Devedjian, du 26 au 28 mars puis celle, très attendue, de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, les 4 et 5 avril. En attendant l'hypothétique venue à Paris d'Ariel Sharon. Aucune invitation n'a été lancée pour l'instant. Mais Raffarin a admis hier soir : « Il y a une volonté réciproque. Ce voyage doit être coordonné au niveau européen. »
Bruno Jeudy, Le Parisien, jeudi 17 mars 2005, p. 7
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(Juin 2005) La béatification contestée du père Dehon théoricien du catholicisme social
Les écrits antisémites de cet abbé du XIXème siècle ont été signalés aux autorités pontificales par l'épiscopat français
Le père Léon Dehon
n'est pas en odeur de sainteté. Avant la mort de Jean-Paul Il, la béatification de cette figure française du catholicisme social de la fin du XIX" siècle était pourtant
programmée pour le 24 avril dernier. Mais elle paraissait déjà compromise en raison de la découverte par l'épiscopat français, il y a quelques mois, d'écrits antisémites suscitant un fort mouvement d'opposition. Benoît XVI vient de constituer une commission pour étudier la question. Le sujet pourrait être
évoqué aujourd'hui alors qu'il reçoit une délégation de vingt-cinq représentants des organisations juives internationales.
Officiellement, à la Congrégation pour la cause des saints, tout est prêt pour la béatification du père Dehon ». Seule manque « la décision de Benoît XVI concernant la date ». On y affirme encore que « des objections ont été présentées sur son antisémitisme », qu'elles ont « été étudiées, sans que cela modifie la décision prise par Jean-Paul II permettant sa béatification ».
Le dossier n'est peut-être pourtant pas aussi bouclé qu'il y paraît. Marie-Caroline de Marliave, directrice de la communication de la Conférence des évêques de France, indique en effet qu'« un travail est actuellement en cours à Rome afin de réunir des éléments de jugenent».
«Lorsque le procès en béatification a été ouvert. explique-t-e11e, la Congrégation du Sacré-coeur, fondée par le père Dehon, l'a présenté comme un spiritueL engagé dans la ligne sociale de l'Église développée
par Léon XIII ».
Pourtant, il y a quelques mois, des historiens (juifs) révèlent l'existenœ d'écrits antisémites à l'épiscopat français, au moment même où le dossier se concluait positivement à Rome. « Le discours antisémite de Léon Dehon, affirme Marie-Caroline de Marliave, bien que peu différent de celui des démocrates sociaux de son époque, allait pourtant au-delà du climat ambiant. » C'est la raison
pour laquelle des évêques décident d'alerter la Congrégation pour la cause des saints et celui
qui était alors à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi: le Cardinal Ratzinguer.
Selon des sources épiscopales, l'actuel Benoît XVI aurait été «fortement secoué» à la lecture du dossier. Canoniquement, rien n'oblige un Pape à confirmer le décret de béatification signé par son prédécesseur.
Léon Dehon affirme en 1898 dans son Catéchisme social que le peuplejuif « a la soif de l'or, il a le Christ pour ennemi. Laissé libre et doué d'un grand talent pour la spéculation, il a conquis notre or et il nous tient asservis. Il tient la presse et fait l'opinion. Il remplit nos grandes écoles publiques et vise à s'emparer de l'administration et de la magistrature. C'est une cpnquête entamée et déjà bien avancée (...). Nous sommes esclaves, c'est entendu. (...) L'alarme est donnée. La question est soulevée, l'attention est éveillée, il faudra bien qu'une solution vienne et ce sera encore un triomphe pour les vieux principes de l'Église ».
Le père dehonien Evaristo Martinez de Alegria, à Rome, est le postulateur de la cause en béatification. Il souligne que cette « pensée judéophobe alors largement partagée n'a pas été considérée comme un élément susceptible de bloquer l'instruction du procès ».
Un autre dehonien, auteur d'une biographie sur le fondateur de son ordre (1), le père Yves Ledure, n'a pas jugé utile d'évoquer cette "part d'ombre" qui existe chez tout saint parce "qu'elle n'est pas structurante de la pensée de celui qui voulait" déranger la quiétude de la bourgeoisie ». « Son opposition, n'était pas raciale, seulement religieuse, précise-t-il, ajoutant, que Dehon, alors « conseiller» du Saint-Office, « avait fait pression en faveur de la mise à l'index de l'Action française pour antisémitisme ».
Selon l'historien Paul Airiau (2), Dehon « pompe à des sources non vérifiées et reprend, ce qui circule. Il est banal pour l'époque ». «L'abbé, affirme-t-il, était sur la corde raide sans avoir théologiquement versé dans le racisme. »
Richard Prasquier, chargé des relations avec les catholiques au Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), « regrette » que l'on puisse « montrer en exemple
l'auteur de tels discours », mais se félicite « que les premières réactions soient venues des catholiques ». De son côté, le gouvernement a «fermement» signalé au Saint-Siège qu'il n'enverrait, « aucun représentant à cette célébration si elle devait avoir lieu ».
(1) Le père Léon Dehon (1843-1925). Entre mystique et catholicisme social. Éditions du Cerf.
(2) Auteur de L'Antisémitisme, catholique au XIXe et au XXe siècle aux éditions Berg International.
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Le faux espion braquait des millions avec un portable
Avec un bagou digne d'un héros de film d'espionnage un escroc a raflé plus de 7 millions d'euros aux banques.
Faux espion des services secrets (DGSE) et pseudo-traqueur de financiers d'attentats, Gilbert C., 40 ans, s'avère escroc international de haut vol.
Depuis sa base en Israël, ce Parisien qui jongle avec la téléphonie mobile et les sociétés écrans a raflé plus de 7 millions d'euros. La première division de police judiciaire de Paris a reconstitué l'histoire.
Le 25 juillet, juste après les bombes meurtrières de Londres, la directrice d'une agence postale reçoit un coup de fil d'un homme qui se fait passer pour son PDG, Jean-Paul Bailly : «La DGSE nous a demandé de collaborer. Des terroristes préparent un attentat dans Paris et vont effectuer un retrait dans votre poste. Un agent de la DGSE va vous appeler. Faites tout ce qu'il vous dit.»
Une heure plus tard, «Jean-Paul, des services français», téléphone à la chef d'agence, lui attribue un nom de code, «Martine», exige la «confidentialité» et l'envoie sur sa première mission : «Votre ligne n'est pas sécurisée. Vous allez acheter un portable qui servira uniquement à nos échanges. Voici un numéro que vous appellerez pour donner le vôtre.» «Martine» fonce chez France Télécom, se paie un mobile, laisse son numéro sur la messagerie de Jean-Paul, qui la contacte : «Quoi qu'il arrive, vous devez garder ce portable ouvert jour et nuit.»
Selon un enquêteur, Gilbert C. la bombarde de coups de fil, une quarantaine en deux jours : «Il l'inonde d'infos sur leur travail pour déjouer cet attentat imminent. Il l'embrouille et la harcèle. Il l'appelle toutes les heures en pleine nuit. Elle n'en dort plus. Si elle ne répond pas assez vite, il l'engueule. S'il la sent hésitante, il la pourrit. Il répète : "Surtout, n'en parlez à personne." Il lui met la pression. Elle est catastrophée.»
Harcèlement.
Voilà Martine bien «conditionnée», qui obéit à tout, persuadée qu'elle «travaille pour la nation», comme dit «l'agent». Alors, Jean-Paul ordonne : «Branchez-vous sur votre ordinateur. Donnez-moi les noms des cinq plus gros clients de votre agence.»
Martine s'exécute. Selon un enquêteur, «l'escroc désigne un des cinq noms au hasard comme le financier de ce futur attentat et indique que quelqu'un va venir chercher 500 000 euros cet après-midi sur ce compte. Il demande des tas de renseignements sur ce client. Elle balance tout ce qu'elle sait».
Jean-Paul ne la lâche plus : «Vous les avez, les 500 000 euros dans vos caisses ?» La chef d'agence n'a que 350 000 euros. Il se fâche : «Vraiment, vous n'êtes pas opérationnelle.» Elle pleure, «tourne comme un avion» dans sa poste, «gratte les fonds de tiroirs», vide tous les coffres et trouve 8 000 euros de plus. Jean-Paul finit par abdiquer à 358 000 euros : «Allez acheter une valise. On vous recontacte.» Martine part acquérir une mallette.
Jean-Paul la relance : «Avant que vous remettiez ces billets au client, nous devons les magnétiser pour suivre tout le circuit du financement du terrorisme et remonter tout le réseau. Montez dans un taxi. Allez vers le centre de Paris.» Il la rappelle dans le taxi : «Est-ce que vous êtes suivie?» Elle essaie de détecter une hypothétique filature, en vain. «Faites arrêter le taxi et ouvrez l'oeil !» Sitôt fait. «Maintenant, allez dans le XIIe arrondissement.» Il la fait s'arrêter devant la brasserie des Canons de la Nation : «Voyez-vous mes agents ?» «Non», Martine ne voit rien. «OK, ils sont bien cachés, ils travaillent bien. Asseyez-vous en terrasse.»
Opération WC.
«Terrorisée», selon un policier, et «aux cent coups», Martine trouve un siège, s'accroche à sa mallette. Gilbert C. retéléphone: «Descendez dans les toilettes et enfermez-vous.» Elle y va. Il la rappelle : «Un agent va cogner trois coups contre la porte des WC, remettez-lui la valise, remontez à la terrasse et attendez dix minutes qu'on vous la remonte. Toc toc. «Martine, donnez la valise», dit Shirley, la Mata Hari de Gilbert C., qui attrape le bagage lesté de 358 000 euros.
Martine retourne à sa terrasse, s'attable, et attend, très longtemps. Elle poireaute trois heures, sans jamais voir revenir la valise ni les «agents». Elle finit par se rendre à l'évidence. Elle arrive à la PJ, «épuisée», ce 28 juillet, au bout de trois jours d'une «redoutable mise en condition psychologique».
La première DPJ a remonté le numéro donné à la postière en chef par «Jean-Paul», «un numéro en Angleterre rebasculé en Israël». La police a alerté les banquiers sur ce mode opératoire inédit et surveillé ainsi «une vingtaine de tentatives d'escroquerie similaires» en août, qui, du coup, ont toutes échoué.
Le gros lot.
Gilbert C. a alors inventé en septembre une variante qui lui a rapporté bien plus gros : le même coup de fil à la Barclay's et au CCF au nom du PDG, puis l'entrée en lice du pseudo-agent de la DGSE qui «suit les flux financiers du terrorisme» et finit par obtenir des banquiers des «virements internationaux» sur des comptes prétendument utilisés par les poseurs de bombes.
«Avec son bagout phénoménal, son cinéma et sa façon de persuader les banquiers qu'ils servent leur pays dans la lutte contre Al-Qaeda», le «cerveau» Gilbert a réussi à faire verser des millions sur des comptes de sociétés écrans montées à Hongkong par ses hommes de paille. Le 28 septembre, une banque a ainsi versé 2,5 millions de dollars en Suisse, et 2,72 millions à Hongkong.
Alertée par un banquier méfiant, la PJ a bloqué ces fonds. En revanche, deux virements d'un total de 7,25 millions d'euros versés le 29 septembre sur des comptes en Estonie ont été aussitôt encaissés par la «bande à Gilbert», qui s'apparente, dit un policier, à des «émules d'Arsène Lupin rompus aux arcanes bancaires et aux progrès de la téléphonie et d'Internet».
Lundi, à Paris, la PJ a arrêté Shirley, 28 ans, la «dame pipi haut de gamme» des Canons de la Nation, et sa mère, à Levallois (Hauts-de-Seine), qui recelait la part supposée de sa fille : 38 000 euros. La première a été mise en examen avant-hier pour «escroquerie en bande organisée et tentatives», la seconde pour recel.
Il manque quatre aigrefins à l'appel qui font l'objet de mandats de recherche, dont Gilbert C., 40 ans, et son frère Simon, 38 ans, tous deux nés à Paris et réfugiés en Israël. Depuis sa planque, le «cerveau» de l'arnaque à la lutte contre le terrorisme du XXIe siècle a eu le culot de narguer la PJ au téléphone : «Je ne rentre pas, je ne veux pas me rendre, je suis protégé en Israël».
Par Patricia TOURANCHEAU, vendredi 07 octobre 2005, p. 15 (Liberation - 06:00)
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(Juillet 2005) A l'issue de sa visite de trois jours à Paris Sharon appelle les juifs de France à émigrer
Le refrain reste le même, mais les arguments ont changé. Hier, le premier ministre israélien Ariel Sharon a clôturé sa visite à Paris en appelant les juifs de France à venir s'installer en Israël, comme il l'avait fait l'an dernier. Mais cette fois-ci, Ariel Sharon s'est empressé d'assurer que cette démarche n'était pas liée aux problèmes d'antisémitisme contrairement à ce qu'il avait déclaré en juillet 2004.
A l'époque, le premier ministre israélien avait encouragé les juifs français à émigrer «en urgence» vers son pays, provoquant une vive tension avec Paris. Alors qu'il se rendait à une série d'entretiens avec le Congrès juif européen et avec les principaux responsables de la communauté juive et s'apprêtait à conclure la journée par un discours aux juifs de France, le premier ministre israélien a affirmé aux journalistes que «l'urgence» n'était plus d'actualité. «J'appelle tous les juifs en France et n'importe où dans le monde à venir s'installer en Israël.
Je le fais tout le temps. C'est l'objectif le plus important de mon gouvernement», a-t-il affirmé, avant de préciser qu'il tablait sur l'arrivée de 10 000 juifs du monde entier en 2006 en Israël, avec pour objectif un million d'ici à quinze ans. Ariel Sharon a pris soin de saluer les efforts du gouvernement français : «La France est un exemple pour les autres pays européens en matière de lutte contre l'antisémitisme, que les Français prennent très au sérieux», a-t-il insisté.
Le premier ministre israélien a été particulièrement élogieux à l'égard de ses interlocuteurs, en particulier de Jacques Chirac, qu'il a hissé au rang de «l'un des plus grands dirigeants de ce monde». Cette stratégie a porté ses fruits : les divergences traditionnelles entre les deux pays n'ont à aucun moment été abordées, comme le «mur» ou barrière de sécurité édifiée par Israël en Cisjordanie, la colonisation ou les liquidations ciblées de Palestiniens recherchés par l'Etat hébreu. De même, le soutien français au plan israélien d'évacuer la bande de Gaza de ses 8 000 colons dès la mi-août apparaît également sans faille.
Ce projet a été qualifié par Jacques Chirac de «décision historique». Le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a annoncé hier qu'il se rendrait en visite dans l'Etat hébreu du 4 au 7 septembre, «après le désengagement de Gaza». La belle entente entre Israël et la France fait craindre aux Palestiniens de voir leurs revendications reléguées au second plan.
Hier, la déléguée générale de Palestine en France, Leila Shahid, a exprimé l'espoir que Paris insiste auprès d'Ariel Sharon sur «l'engagement de la communauté internationale» en faveur d'un Etat palestinien viable, au cours d'un entretien accordé à «Radio-Orient». Elle a affirmé que «sous l'impression très positive que donnait le retrait de Gaza», le gouvernement israélien était «en train d'annexer la Cisjordanie puisqu'ils construisent un mur qui va faire 700 km de long en territoire palestinien qui va imposer de nouvelles frontières» et «annexer» trois blocs de colonies.
Le Figaro, Vendredi 29 juillet 2005, (AFP et Reuter.)
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(Juillet 2005) Chirac et Sharon ont célébré leur rapprochement
Le président français et le premier ministre israélien ont décidé hier de créer une Fondation France-Israël
La lutte contre le terrorisme, la menace nucléaire iranienne, le départ des troupes syriennes du Liban ou encore la lutte contre l'antisémitisme : les sujets d'entente entre Israël et la France n'ont jamais été aussi nombreux.
Les assauts d'amabilités non plus. Après avoir souhaité au premier ministre israélien « la plus cordiale des bienvenues », le président Jacques Chirac s'est vu gratifier hier de « toute l'estime et l'amitié » du premier ministre Ariel Sharon à « l'un des grands dirigeants de ce monde ».
Arrivé mardi soir pour une visite officielle de trois jours, sa première en France depuis quatre ans, Ariel Sharon a été reçu hier pendant deux heures et demie au palais de l'Élysée. Avant d'être l'hôte à dîner de Dominique de Villepin.
Après des années de relations tumultueuses, Israël et la France souhaitent à nouveau travailler ensemble : le premier ministre israélien et le président français ont célébré l'avènement de « nouvelles relations » entre leurs deux pays. Une Fondation France-Israël devrait être créée l'an prochain. Ariel Sharon a même invité Jacques Chirac dans sa ferme située dans le désert du Néguev, au sud d'Israël.
« Je viens en France à une période difficile, alors que le terrorisme palestinien continue de sévir et à une période de luttes internes difficiles en Israël autour du plan de désengagement (NDLR : de la bande Gaza), a souligné Ariel Sharon.
Malgré ces difficultés, j'ai décidé de venir, avec l'intention de renforcer les relations entre Israël et la France auxquelles nous attachons une grande importance ».
Le ton chaleureux affiché de part et d'autre aurait été impensable il y a quelques mois encore : l'an dernier, le premier ministre israélien avait créé une vive controverse en France en encourageant les Juifs français à émigrer « en urgence » vers l'État hébreu, afin de fuir un « antisémitisme des plus sauvages ».
Aujourd'hui, la querelle est oubliée. Les agressions antisémites sont en recul (- 48 % au premier semestre) et Ariel Sharon a rendu un hommage appuyé au président français « pour sa lutte très ferme contre l'antisémitisme ». Et s'il a, hier, renouvelé son appel aux juifs de France à s'installer en Israël, c'est simplement, a-t-il précisé, parce qu'il « le fait tout le temps ».
De son côté, Jacques Chirac a salué la « décision historique » du désengagement israélien de Gaza, prévu à la mi-août, et assuré que « la France se tient aux côtés des peuples israélien et palestinien » pour une relance de la « feuille de route », le plan de paix international. Le chef de l'État a réitéré la position de la France sur la création d'un « État palestinien à la fois viable et indépendant » et souhaité que l'aboutissement de ce processus permette à l'État hébreu de vivre dans la sécurité.
Autre dossier prioritaire pour Israël : les négociations avec l'Iran sur le nucléaire. Selon le porte-parole de l'Elysée, Jérôme Bonnafont, Jacques Chirac a affirmé à Ariel Sharon que la France était favorable à une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU si l'Iran ne donnait pas de « garanties objectives » sur l'arrêt définitif de ses activités nucléaires sensibles.
« Je suis convaincu que cette visite permettra un rapprochement entre les deux pays et de faire progresser la paix qui est si importante pour nous au Proche-Orient », a résumé Ariel Sharon dans la cour de l'Élysée, remerciant Jacques Chirac pour son « aide précieuse » en vue d'un règlement du conflit entre Israël et les Palestiniens.
Un rapprochement qui pourrait permettre à la France d'accroître son influence dans la région. « La France veut incontestablement revenir au Proche-Orient, a commenté un diplomate de la délégation israélienne. Elle a compris qu'elle ne pouvait pas le faire sans passer par Jérusalem. »
Stéphane KOVACS, Le Figaro, no. 18967, Le Figaro, jeudi 28 juillet 2005, p. 3
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(25 décembre 2005) Le credo antisémite de Hugo Chávez
Inquiétudes de la communauté juive après un discours du président vénézuélien.
Antinéolibéral, anti-impérialiste... et antisémite ?
Le président vénézuélien Hugo Chávez, héros de la gauche radicale latino-américaine, a identifié les «maîtres du monde» : «Les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ.» Cette «minorité s'est emparée des richesses du monde».
Des déclarations tenues le 24 décembre, passées d'abord inaperçues et qui inquiètent la petite communauté juive vénézuélienne, 0,1 % de la population, d'autant que d'autres soupçons visaient déjà depuis longtemps le président vénézuélien. La veille de Noël, Hugo Chávez visite un centre d'hébergement et de réinsertion de personnes sans domicile fixe à Miranda, dans l'Etat de Zulia.
Il discute avec la directrice et les personnes qui vivent là, se lance dans des diatribes habituelles contre «l'impérialisme» et célèbre «Jésus, le commandant des commandants des peuples, Jésus le justicier (...), le Christ révolutionnaire, le Christ socialiste». «Plus que jamais, le Christ nous manque (...), mais il se trouve qu'une minorité, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ (...) s'est emparée des richesses du monde [...] et a concentré ces richesses entre quelques mains.»
«Dans ses mots convergent deux arguments centraux de l'antisémitisme, a réagi la délégation du centre Simon Wiesenthal pour l'Amérique latine, en Argentine, celle qui accuse les juifs d'avoir tué Jésus, et celle qui les associe avec les richesses.»
«Il est particulièrement paradoxal, poursuit ce communiqué, que le président d'un pays qui dans quelques jours va être hôte d'un des rassemblements de la pensée progressiste, le Forum social mondial, utilise une rhétorique réactionnaire et moyenâgeuse.»
Le centre Simon Wiesenthal réclame des «excuses publiques» :
«Le silence pourra seulement être interprété comme une réaffirmation d'une pensée raciste.» Excuses publiques qui ne viendront jamais. Le texte intégral de la «soirée de Noël» de Hugo Chávez était toujours en ligne hier sur le site officiel du ministère de la Communication et de l'Information vénézuélien.
Le 29 novembre, la communauté juive vénézuélienne s'était déjà inquiétée quand 25 policiers armés avaient investi le Centre hébraïque de Caracas, qui inclut une école, pour, officiellement et en vain, chercher des indices sur l'assassinat à la voiture piégée, un an auparavant, du procureur chargé d'enquêter sur le coup d'Etat du 12 avril 2002 qui avait chassé Hugo Chávez du pouvoir pendant deux jours.
Des médias d'Etat vénézuéliens avaient insinué que le Mossad pourrait avoir été derrière cet assassinat. Le procureur général du Venezuela a également accusé la CIA d'avoir «planifié» cet attentat.
Dans les années 90, Hugo Chávez a longtemps été conseillé et inspiré par Norberto Ceresole, notamment sur le thème favori du président vénézuélien, les liens entre Armée, Caudillo, Peuple, titre d'un livre de cet «idéologue» argentin qui avait déjà été conseiller de la dictature militaire nationaliste «de gauche» péruvienne de Juan Velazco Alvarado, entre 1968 et 1975.
Norberto Ceresole est un révisionniste affiché qui disait de lui-même, avant sa mort, en 2003 : «Je ne suis bien sûr ni antisémite ni nazi (...), je fais juste partie d'un révisionnisme qui veut démontrer qu'une partie importante du récit de la déportation et de la mort des juifs sous le système nazi a été arrangée en forme de mythe.»
Après la tentative de coup d'Etat du lieutenant-colonel Hugo Chávez en 1992, Norberto Ceresole avait été expulsé du pays. Chávez l'avait rappelé à ses côtés en 1998, juste après son élection, avant de s'en séparer un an plus tard.
Chávez sera aussi un des premiers chefs d'Etat à recevoir «début 2006» le président iranien, élu en juin 2005, Mahmoud Ahmadinejad, celui-là même qui a appelé à «rayer Israël de la carte».
liberation.fr, par Jean-Hébert ARMENGAUD, QUOTIDIEN : lundi 09 janvier 2006, p. 7
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Pologne: Radio Marija antisémite en toute impunité
Le gouvernement ne sanctionne pas la station, qui multiplie les dérapages.
L'image de la Pologne commence à souffrir des dérapages de Radio Marija. Après les nouveaux propos antisémites diffusés par la station intégriste, le Congrès juif européen a demandé au gouvernement polonais de lancer des poursuites judiciaires.
Marek Edelman, le dernier combattant survivant de l'insurrection du ghetto de Varsovie, a réclamé sa fermeture.
Le Vatican lui-même, gêné par cette affaire qui ternit l'Eglise polonaise, a donné de la voix.
«Youpins».
Le 27 mars, un collaborateur de la radio, Stanislaw Michalkiewicz, a accusé les «juifs d'humilier» la Pologne et de réclamer des dommages pour les biens laissés après guerre : «Nous nous occupons de la démocratie en Ukraine et en Biélorussie, alors que, pendant ce temps-là, des youpins viennent par-derrière pour obliger notre gouvernement à leur payer un racket sous prétexte de revendications.»
Selon Michalkiewicz, si la Pologne ne paye pas 60 milliards de dollars aux juifs, elle va être humiliée sur la scène internationale... Déjà «les juifs font des histoires à Auschwitz et les préparatifs d'une grande cérémonie de propagande à Kielce sont en cours pour l'anniversaire du soi-disant pogrom (en 1946, ndlr)», assure-t-il.
Comparant la radio au journal nazi Der Stürmer, Marek Edelman, 83 ans, a demandé sa fermeture, appelant les autorités à «prendre des mesures énergiques pour éliminer l'idéologie diffusée par Radio Marija». «La présence sur cette radio du Premier ministre, du président de la Diète (chambre des députés, ndlr), des ministres et de certains députés relève son rang et donne le sentiment que l'Etat se solidarise avec sa ligne politique», a-t-il poursuivi.
«Tsunami».
L'exécutif n'a pas de «possibilités juridiques pour intervenir dans le travail de rédactions ni fermer les stations de radio», a répliqué le porte-parole du gouvernement. Le parti conservateur au pouvoir, Droit et justice (PiS), lui doit en partie sa victoire électorale à l'automne.
Le patron de Radio Marija, le père Rydzyk, avait appelé à voter pour le parti des jumeaux Kaczynski. Il avait même prôné un «tsunami» qui engloutirait les libéraux de la Plateforme civique, les grands rivaux du PiS, accusés de propager un relativisme moral. Le Premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz a ainsi été le premier chef de gouvernement polonais à se rendre au siège de la radio.
Le Vatican, qui s'était mollement inquiété de ces dérives au début de l'année, a adressé un nouveau rappel à l'ordre. «La pénible affaire de Radio Marija doit être considérée avec fermeté, écrit le nonce apostolique, Mgr Jozef Kowalczyk, dans une lettre à la Conférence épiscopale polonaise, rendue publique jeudi.
Le Saint-Siège appelle avec insistance les évêques polonais à s'unir pour surmonter les difficultés provoquées par certaines émissions et les prises de position de Radio Marija.» «Pour l'Eglise, c'est un langage très fort», estime Marek Zajac, de l'hebdomadaire catholique Tygodnik Powszechny.
A l'approche de la visite, fin mai, de Benoît XVI, il s'agirait de remettre de l'ordre. La radio revendique trois millions d'auditeurs, essentiellement dans la Pologne profonde.
liberation.fr, par Maja ZOLTOWSKA, QUOTIDIEN : samedi 08 avril 2006, 8/9 avril 2006, p. 11
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06 juin 2006. L'Etat et la SNCF condamnés pour leur responsabilité dans la déportation de membres de la famille Lipietz
TOULOUSE (AP) -- Le tribunal administratif de Toulouse a condamné l'Etat et la SNCF, poursuivis par le député européen Vert Alain Lipietz, sa soeur Hélène, conseillère régionale Vert, et leurs proches, à leur verser 62.000 euros, pour avoir déporté et interné quatre membres de leur famille de Toulouse à Drancy en 1944, a-t-on appris mardi auprès de l'avocat des parties civiles.
L'Etat et la SNCF devront payer aux héritiers 15.000 euros par victime, soit 60.000 euros, plus 2.000 de frais de justice, au ratio de deux tiers pour l'Etat et un tiers pour la SNCF, ainsi que l'avait demandé le commissaire du gouvernement (magistrat indépendant du ministère de la Justice, qui permet un débat contradictoire, NDLR) lors de l'audience au tribunal administratif de Toulouse le 16 mai dernier.
La SNCF a l'intention de faire appel, selon le cabinet de son avocat Me Yves Baudelot.
En mai 1944, les grands-parents, l'oncle et le père d'Alain et Hélène Lipietz avaient été arrêtés sur dénonciation à Pau (Pyrénées-Atlantiques), transférés par la Gestapo à Toulouse (Haute-Garonne), puis acheminés dans des wagons à bestiaux jusqu'à Drancy où ils avaient été internés, avant la libération du camp en juillet 1944.
Georges Lipietz, le père d'Alain et Hélène, avait entamé cette procédure pour faire reconnaître la responsabilité conjointe de l'Etat et de la société ferroviaire nationale en 2001, mais est décédé en avril 2003.
"C'est une première en France, nous sommes évidemment très satisfaits", a déclaré Me Rémi Rouquette, qui défendait la famille Lipietz. "Le tribunal ne mentionne pas directement le crime contre l'humanité, mais y fait référence. Il reconnaît la possibilité pour d'autres personnes de demander réparation par rapport à la SNCF jusqu'en septembre, et par rapport à l'Etat jusqu'au 31 décembre 2006." a-t-il ajouté.
La famille Lipietz prévoit une conférence de presse mercredi à la délégation du Parlement européen à Paris.
D'autres plaintes contre la SNCF ont déjà échoué devant des juridictions civiles. Ainsi, en juin 2004, la cour d'appel de Paris avait confirmé la prescription des poursuites engagées par Kurt Schaechter, 83 ans, contre la SNCF pour avoir transporté ses parents dans les camps de la mort nazis. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 06.06.06 | 20:31
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CRIME CONTRE L'HUMANITE SNCF : la Fédération nationale des Déportés contre le procès
La Fédération nationale des Déportés s'est déclarée opposée au procès intenté contre la SNCF pour son rôle joué dans la déportation pendant 39-45.
La Fédération nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP) a déclaré jeudi 8 juin (2006) être en "désaccord total avec l'initiative" du procès contre la SNCF pour son rôle dans la déportation de Juifs. "Alors que cette entreprise était soumise aux autorités nazies par le régime de Pétain, qu'elle n'avait aucun pouvoir de décision, le procès détourne des vrais responsables : les nazis et leurs complices de l'Etat français et leurs soutiens dans notre pays", a affirmé la FNDIRP.
Pour la première fois, l'Etat et la SNCF ont été condamnés mardi dernier dans une procédure engagée devant le tribunal administratif de Toulouse par des membres de la famille du député Vert européen Alain Lipietz, transférés en mai 1944 de Toulouse vers le camp de Drancy.
NOUVELOBS.COM | 08.06.06 | 14:19
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Joseph Haïm Sitruk, grand rabbin de France, Le Parisien, 12 juin 2006, p. 9
Que pensez-vous de la condamnation, par le tribunal administratif de Toulouse, mardi, de l'Etat et de la SNCF pour leur rôle dans la déportation des Juifs ?
Je félicite la justice pour son souci de vérité et de clarification.
C'est à l'honneur de la France de revisiter son passé et de mettre au clair toutes les zones d'ombre.
Le problème, c'est de savoir à quel niveau de collaboration les cheminots sont allés. A l'époque on savait bien que ces trains étaient l'antichambre de
la mort.
Mais certains hauts fonctionnaires ont refusé de recenser les enfants juifs. Ce sont des résistants.
Mais attention aux amalgames, il ne faudrait pas que cette décision de justice salisse une institution comme la SNCF.
Extraits, Le Parisien, 12 juin 2006, p. 9
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jeudi 15 juin 2006, 15h39 Lutte contre l'antisémitisme: Olmert rend hommage aux autorités françaises
PARIS (AFP) - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a de nouveau rendu hommage jeudi au président Jacques Chirac pour son engagement dans la lutte contre l'antisémitisme lors d'une rencontre avec des représentants de la communauté juive de France.
"C'est un combattant des plus fermes et des plus courageux contre l'antisémitisme, de même que son Premier ministre Dominique de Villepin", a dit M. Olmert au second jour de sa visite à Paris.
"C'est une guerre sans merci qu'il faut mener contre la haine des juifs", a ajouté le Premier ministre.
Le meurtre en février d'un jeune vendeur juif de Paris, Ilan Halimi, enlevé et torturé par les membres d'un groupe se faisant appeler le "gang des barbares", avait notamment bouleversé la communauté juive.
Evoquant l'assassinat d'Ilan Halimi, M. Olmert a lancé: "Que Dieu venge son sang", une expression hébraïque.
La visite de M. Olmert intervient dans un contexte d'embellie dans les relations franco-israéliennes, après des années de tension due aux divergences sur le conflit israélo-palestinien et aux accusations d'antisémitisme en France qui abrite la deuxième communauté juive au monde, après les Etats-Unis, avec quelque 600.000 personnes.
En juillet 2004, le Premier ministre de l'époque, Ariel Sharon, avait appelé les juifs de France à immigrer "immédiatement" en Israël en raison des menaces d'antisémitisme qui pesaient, selon lui, sur eux.
M. Olmert s'est gardé de lancer un tel appel qui avait suscité une polémique en France, en s'exprimant devant quelque 300 personnes dont notamment des membres du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et le grand rabbin de France Joseph Sitruk.
"Vous vivez dans un pays merveilleux, mais vous avez un foyer, c'est l'Etat d'Israël et nous espérons qu'un jour les juifs du monde viendront s'y installer", a dit M. Olmert. Il a appelé les parents des juifs vivant en France à permettre à leurs enfants d'aller en Israël "pour connaître le pays, y étudier et un jour s'y installer".
M. Olmert a tenté de convaincre l'assistance de son plan visant à fixer de façon unilatérale les frontières d'Israël en Cisjordanie en cas d'échec des discussions avec les Palestiniens.
"S'il faut choisir entre le +Grand Israël+ et un Etat juif démocratique avec une majorité juive vivant dans des frontières sûres et reconnues, je choisis cette deuxième option", a-t-il dit.
En cas d'échec des négociations, Israël "prendra son sort en mains", a ajouté M. Olmert.
Yahoo.fr, actualités, jeudi 15 juin 2006, 15h39
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28.08.06 | 19:07 Les familles de 200 anciens déportés demandent réparation à la SNCF
PARIS (AP) -- Plus de 200 familles d'anciens déportés vont demander cette semaine à la SNCF de les indemniser pour le rôle que l'entreprise a joué dans le transports de leurs proches vers les camps nazis durant la Seconde guerre mondiale, a-t-on appris lundi auprès de l'un de leurs avocats, Me Avi Bitton.
Ces familles israéliennes, françaises, américaines, belges et canadiennes vont d'abord adresser une lettre à l'entreprise publique en lui demandant des indemnisations à hauteur de plusieurs millions d'euros, a précisé l'avocat à l'Associated Press, confirmant une information parue dans "Le Monde".
Si la SNCF ne répond pas, les familles vont saisir un ou plusieurs tribunaux administratifs pour faire valoir leurs droits, a ajouté l'avocat.
Les familles se basent sur une décision du tribunal administratif de Toulouse qui a condamné le 6 juin dernier l'Etat et la SNCF à verser 62.000 euros à la famille de l'eurodéputé Vert, Alain Lipietz, pour avoir déporté et interné quatre membres de cette famille de Toulouse à Drancy en 1944.
La SNCF a fait appel de ce jugement, ce que le député européen a jugé "incompréhensible". "La SNCF ne reconnaît pas la continuité entre la SNCF d'aujourd'hui et la SNCF de l'époque", a-t-il expliqué sur LCI, "elle en vient même à dénier ce qui est pourtant dans le rapport des historiens".
Ce rapport révèle que pendant la Seconde Guerre mondiale, "la SNCF se faisait payer et elle s'est fait payer même après la Libération par la République française", a expliqué Alain Lipietz. "La direction de la SNCF a tout fait pour livrer les juifs aux nazis dans le pire état possible", a-t-il jugé, tout en déplorant que l'entreprise n'exprime aucun regret sur son rôle joué pendant la déportation.
"L'Etat n'a pas fait appel. L'Etat reconnaît totalement qu'il était coupable et responsable", a-t-il également souligné.
D'autres plaintes contre la SNCF ont déjà échoué devant des juridictions civiles. Ainsi, en juin 2004, la cour d'appel de Paris avait confirmé la prescription des poursuites engagées par Kurt Schaechter, 83 ans, contre la SNCF pour avoir transporté ses parents dans les camps de la mort nazis. AP
Yahoo.fr, actualités, AP | 28.08.06 | 19:07
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Déportation : les historiens défendent la SNCF
Selon Henry Rousso, ''la SNCF n'avait tout simplement pas le choix''.
VENUES du monde entier, quelque deux cents lettres de déportés ou de familles de déportés ont été adressées à la SNCF. Les signataires demandent réparation du préjudice subi lors de la Seconde Guerre mondiale et, selon eux, jamais indemnisé. Parce qu'elle ne se considère pas comme «responsable» du transfert de ces prisonniers juifs vers les camps de la mort, la compagnie ferroviaire n'entend pas donner suite.
«La SNCF était réquisitionnée, justifie Guillaume Pépy, directeur général. Elle agissait sous la contrainte». Et de laisser le soin «au tribunal administratif de juger». Celui-ci pourrait se voir saisi dans les deux mois.
En attendant, les critiques se font chaque jour un peu plus vives à l'égard de l'initiative groupée, qui rappelle les «class actions» à l'anglo-saxonne.
Historien et directeur de recherches au CNRS, Henry Rousso rappelle combien «la latitude d'action de la SNCF était, sous l'Occupation, particulièrement limitée». «Demander réparation est le droit absolu de ces gens, admet ce spécialiste de la Shoah. Mais n'oublions pas que, à cette époque, la SNCF n'avait tout simplement pas le choix.»
Deux cents requérants
Des dizaines de convois bondés ont notamment transité par Drancy avant de gagner Auschwitz, la seconde partie du trajet étant prise en charge par les chemins de fer allemands.
«Concernant les trajets intérieurs, les conditions de transport étaient imposées par les préfets, rappelle à son tour Me Serge Klarsfeld(père d'Arno), président de l'association des Filles et fils de déportés juifs en France. La SNCF ne le voulait pas, mais elle l'a fait. Comment lui reprocher aujourd'hui de ne pas avoir caché ses trains ? Cela reviendrait à faire le procès d'un Français qui n'est pas entré dans la Résistance.»
La plainte «géante» des quelque 200 clients de Mes Bitton et Delmas n'arrive pas par hasard. En juin dernier, devant le tribunal administratif de Toulouse, l'entourage du député vert européen Alain Lipietz avait réussi à faire condamner l'Etat et la SNCF en raison de leur rôle dans le transfert de proches, en 1944.
Soit, pour de nombreuses autres familles, une occasion judiciaire unique de se transformer en requérants, ainsi qu'un espoir d'indemnisation. Déterminé à aller jusqu'au bout, Me Avi Bitton ne désespère pas de faire entendre la voix de ses clients. «Lors du procès Lipietz, soutient-il, la SNCF n'a pas été capable de démontrer qu'elle avait été contrainte par les Allemands. Le tribunal, en revanche, est parvenu à démontrer qu'elle avait décidé elle-même de mettre des femmes enceintes, des enfants et des vieillards dans des wagons à bestiaux facturés à Vichy au prix de la troisième classe.»
Une bataille qui s'annonce rude, à l'heure où d'autres mettent en exergue le travail de mémoire et de reconnaissance mené par la France et la SNCF depuis longtemps déjà. «L'Etat a fait ce qu'il fallait, estime Serge Klarsfeld. Le dispositif matériel de réparation judiciaire et financière mis en place dans notre pays n'existe nulle part ailleurs.»
«Nous sommes entrés dans un processus dangereux et malsain qui va trouver des créditeurs permanents, renchérit pour sa part Henry Rousso. Ce qui est inquiétant, c'est que ce système n'a aucune raison de s'arrêter.»
Suivi de près par le Conseil d'Etat, qui pourrait in fine avoir à trancher, l'avenir de cette requête très controversée dépendra donc, aussi, des suites données au dossier Lipietz, dans lequel la SNCF a fait appel.
lefigaro.fr, Anne-Charlotte De Langhe . Publié le 01 septembre 2006 Actualisé le 01 septembre 2006 : 08h07
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Paru le : 31/08/2006 Annette Wieviorka, historienne de la Shoah : « Cette démarche me scandalise »
Que pensez-vous de l'action intentée contre la SNCF ?
Annette Wieviorka
La SNCF a très largement
reconnu sa responsabilité dans la Shoah. Dès les années 1990, elle a ouvert amplement ses archives.
Dans toutes les gares, il y a eu des expositions sur la déportation. Déclarer qu'elle n'a rien
fait pour la mémoire, comme le font certains acteurs de ce dossier, est invraisemblable.
Cette
démarche me scandalise.
Le transport inhumain des déportés, dans des wagons plombés, ne doit-il pas être dénoncé ?
La SNCF est une mauvaise cible. Cette entreprise, qui était réquisitionnée, a certes mis ses trains à la disposition des Allemands. Ses employés, comme la plupart des Français, n'étaient pas tous des héros. Le martyre des déportés est indéniable. A la limite, que l'on réclame un euro symbolique de dommages et intérêts ne me choquerait pas. Mais je trouve indécent que ceux qui n'ont pas souffert directement de cette barbarie réclament aujourd'hui des indemnisations au nom de leurs parents déportés.
Mais l'Etat a mis du temps à reconnaître ses responsabilités...
En
effet, il a fallu attendre 1995 et le discours de Jacques Chirac pour que la France assume enfin
ce passé-là. Mais, après, tout est allé très vite et l'Etat s'est montré généreux pour les victimes
de la Shoah.
Les déportés ayant été transportés de France vers les camps nazis reçoivent depuis
longtemps des pensions, comme d'ailleurs ceux qui ont été internés plus de trois mois dans un
camp d'internement français.
Depuis la mission Matteoli, chargée d'indemniser les victimes de
spoliation, tout orphelin d'un parent mort en déportation touche soit un capital, soit une rente.
Ces sommes sont loin d'être ridicules.
Au lieu de réclamer de l'argent à la SNCF, mieux vaudrait que les requérants écrivent des livres, qu'ils entreprennent des recherches. On ne les a pas vus, ces gens-là, à l'époque où nous nous battions pour que l'on n'oublie pas la Shoah...
Vous avez l'air très en colère...
Ce type de combat nuit à la cause qu'il prétend servir. Le temps
des procès et de la réparation matérielle est passé.
Maintenant, place au travail des historiens
et à l'entretien de la mémoire.
Propos recueillis par Elisabeth Fleury, leparisien.com, 31/08/2006, p. 15
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vendredi 1 septembre 2006, 10h06 Liban: un milliard de dollars promis pour la reconstruction du pays
STOCKHOLM (AFP) - La communauté internationale a largement répondu à l'appel de la conférence de Stockholm en promettant jeudi 940 millions de dollars pour répondre en urgence à la remise sur pied du Liban ravagé par les combats entre Israël et le Hezbollah.
"Nous avons découvert aujourd'hui que le Liban n'est pas seul", a déclaré à la clôture de la réunion d'un jour le Premier ministre libanais Fouad Siniora, qui s'était déplacé pour l'occasion avec une importante délégation ministérielle. "C'est du très bon travail", qui a été réalisé, a-t-il estimé, ajoutant cependant que "nous avons encore beaucoup à accomplir".
La Suède a organisé cette première conférence de donateurs dès la cessation des hostilités le 14 août dernier après 34 jours de combats, conjointement avec le Liban et l'Onu.
L'objectif annoncé officiellement par ses organisateurs était d'engranger 500 millions de dollars (391,8 millions d'euros).
Des représentants d'une cinquantaine de pays et d'une dizaine d'organisations internationales y ont pris part.
"C'est une démonstration de solidarité (...) et qu'il y a tant en jeu pour le succès du gouvernement libanais", a estimé le ministre suédois des Affaires étrangères Jan Eliasson, à l'issue de la réunion.
Ce montant de 940 millions de dollars (734,7 millions d'euros) représente la totalité des promesses de dons faites à Stockholm. Compte tenu des contributions précédentes, le total de l'aide pour la reconstruction immédiate du Liban s'éleve à 1,2 milliard de dollars, a indiqué M. Eliasson.
La contribution française s'est élevée à 19,3 millions d'euros, portant le montant total de son aide à la reconstruction du Liban à près de 40 millions, a annoncé la ministre déléguée aux affaires européennes Catherine Colonna.
Le Premier ministre libanais a insisté plus tôt dans la journée sur la transparence de l'utilisation des dons par son gouvernement et a catégoriquement rejeté les allégations selon lesquelles l'argent de la communauté internationale pour la reconstruction du Liban pourrait alimenter le Hezbollah.
"Cette idée selon laquelle cela (l'aide) va être détourné d'une façon ou d'une autre pour aller au Hezbollah est totalement fausse (...) L'aide va être acheminée par des agences gouvernementales et ira directement aux personnes dans le besoin. Il n'y aura aucun intermédiaire", a-t-il déclaré. "Nous serons à la hauteur de ce défi", a assuré M. Siniora.
Les organisateurs suédois de la conférence n'ont pas donné de détails sur les promesses de dons faites à Stockholm, se contentant d'indiquer que les Etats-Unis, les pays du Golfe, et l'Union européenne (UE) faisaient partie des plus gros contributeurs. Pour sa part, le Premier ministre libanais a précisé que la totalité des contributions, notamment celles importantes de l'Arabie saoudite et du Koweit, n'avaient pas toutes été comptabilisées à Stockholm car elles étaient antérieures ou visaient à soutenir la monnaie libanaise.
Plusieurs participants à la réunion qui ont pris la parole devant la presse, parmi lesquels Marc Malloch Brown, représentant du secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, et Catherine Colonna, ont appelé à la levée du blocus libanais mis en place par Israël. "Le maintien du blocus aérien et maritime au Liban constitue une entrave majeure au processus de reconstruction immédiate", a estimé Jan Eliasson, indiquant que la conférence appelait à "l'ouverture des ports et aéroports libanais à des fins civiles".
Les responsables suédois et libanais ont indiqué qu'une nouvelle réunion de pays donateurs, axée sur la reconstruction à long terme, devrait avoir lieu ultérieurement, sans donner de date ou de lieu.
Par Sophie MONGALVY et Francis KOHN, Yahoo.fr, actualités, vendredi 1 septembre 2006, 10h06
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23 octobre 2006. A Colmar, condamnation pour des écrits antisémites
Emmanuel Rist, 37 ans, a été condamné hier à 700 euros d'amende par le tribunal de police de Colmar (Haut-Rhin) pour des écrits antisémites.Fin 2005, cet agent de sécurité avait envoyé des lettres portant la mention «Juif égale Ziklon B [le gaz utilisé dans les camps d'extermination, ndlr] » au consistoire israélite du Haut-Rhin, à des membres de la communauté juive et à la presse locale.
«C'était imbécile de faire ça, c'était une période de ma vie où j'avais ces idées-là, je ne les ai plus aujourd'hui», s'est défendu l'auteur à l'audience.
La présidente a objecté qu'il y avait une «cohérence» dans sa démarche : Rist, actuellement détenu, a été mis en examen en janvier pour la profanation du cimetière juif d'Herrlisheim (Haut-Rhin) en 2004. Il est aussi soupçonné d'être le «cerveau» d'une tentative de meurtre par explosif contre un retraité marocain.
Libération, Par Thomas CALINON
QUOTIDIEN : Mardi 24 octobre 2006 - 06:00, p. 15
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Dimanche 12 novembre 2006, 23h50 Le Congrès juif mondial dénonce l'antisémitisme et la "menace iranienne"
Le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubaker, le grand rabbin de France Joseph Sitruk, et l'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, lors du Congrès juif mondial, le 12 novembre 2006 à Paris (Photo Jack Guez/AFP)
Le Congrès juif mondial, réuni à Paris pour la première fois depuis plus de 50 ans, a dénoncé dimanche la montée de l'antisémitisme, notamment en Europe, et a appelé à une large mobilisation pour empêcher l'Iran d'accéder à l'arme atomique.
Une centaine de représentants des principales communautés juives du monde, venus de quelque 80 pays, ont pris part à la réunion à huis clos de l'organe suprême du CJM, son Conseil exécutif, dans les salons d'un grand hôtel parisien.
"C'est un symbole fort d'être ici à Paris à un moment très difficile pour la communauté juive dans le monde", a déclaré, en ouvrant les travaux, le Français Pierre Besnainou, président du Congrès juif européen.
L'offensive israélienne de l'été dernier contre le Hezbollah au Liban a provoqué, en particulier en Europe, un regain d'antisémitisme, ont dénoncé plusieurs orateurs.
Ainsi, Dina Porat, une Israélienne qui dirige à Tel Aviv le Centre d'études de l'antisémitisme et du racisme, a assuré avoir "noté depuis le début de l'été 2006 un changement d'atmosphère. Et depuis cet été, l'antisémitisme a fait son entrée dans les milieux modérés".
Elle a montré une sélection de dessins de presse ouvertement antisémites publiés l'été dernier dans la presse arabe, mais aussi dans celle de pays comme la Norvège, le Mexique et la Grande-Bretagne.
Le Congrès juif européen a présenté un rapport sur les "incidents et le discours antisémites en Europe pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah", établi avec la participation de correspondants dans les communautés juives de 25 pays du continent.
Son auteur, Ilan Moss, assure à l'AFP que "les discours antisémites se sont multipliés en Europe cet été. Cela définit une atmosphère, et cela peut être en définitive plus grave et important que des agressions de juifs dans la rue".
Evoquant à la tribune la volonté iranienne affichée de se doter de l'arme atomique, le président du CJM, l'Américain Edgard Bronfman, a estimé qu'il s'agissait là du "plus grave danger auquel nous avons eu à faire face depuis l'Holocauste".
"Les intentions iraniennes sont claires : il s'agit de détruire Israël et de dominer le Moyen-Orient (...). En la matière, la neutralité n'est plus une option possible pour le monde civilisé".
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, interrogé par l'AFP, a ajouté : "nous avons l'expérience. Quand quelqu'un dit : +je veux tuer un juif+, il faut le croire. (Le président iranien) Ahdmadinejad tient exactement le même langage qu'Hitler, à la différence qu'il est susceptible d'avoir l'arme nucléaire qu'Hitler n'avait pas".
"C'est un danger pas seulement pour Israël, mais aussi pour tous les Etats arabes qui ne pratiquent pas la charia (loi islamique), comme le veulent les Iraniens, et aussi pour les Etats d'Europe qui sont à la portée des missiles iraniens", a-t-il relevé.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a estimé dans la soirée qu'un "Iran doté d'une capacité nucléaire militaire était inacceptable", et a plaidé en faveur de l'adoption "rapide" d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant à l'Iran "des sanctions progressives, ciblées et réversibles".
Lors de la réunion, un débat inter-religieux intitulé "Ensemble vers la paix" a réuni le président du Conseil français du culte Musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, le grand rabbin de France Joseph Sitruk et l'archevêque de Paris.
Les trois responsables religieux ont appelé à une intensification du dialogue entre les trois grandes religions monothéistes afin de lutter contre le racisme et l'anti-sémitisme.
"Il faut que nous, Chrétiens, Juifs et Musulmans, fassions une pédagogie de la tolérance (...) afin d'éradiquer la haine, l'anti-sémitisme et l'islamophobie", a déclaré Dalil Boubakeur.
Yahoo.fr, actualités, Dimanche 12 novembre 2006, 23h50
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10.01.2007 | 17:04 Agression "raciste" dans le Marais à Paris
Deux éboueurs ont été blessés dimanche dans le quartier juif de la capitale, agressés et insultés. Le chauffeur de leur camion ressemblait à Saddam Hussein.
Quatre hommes ont été placés en garde à vue mardi 9 janvier à Paris, selon une source policière, dans le cadre de l'enquête sur l'agression de deux éboueurs dans le Marais, quartier juif historique de la capitale, qualifiée de "raciste" par le maire Bertrand Delanoë.
Le jeune homme de 19 ans placé en garde à vue dimanche aussitôt après les faits devait être remis en liberté, mais quatre autres personnes ont été interpellées mardi matin pour "violence volontaire", selon la même source. Elles étaient toujours en garde à vue en fin d'après-midi. Deux d'entres elles auraient été reconnues comme ayant porté des coups, dont l'une aurait en outre proféré des injures racistes, toujours de source policière.
Dimanche vers 17H00, la police est intervenue rue des Rosiers, dans le IVe arrondissement, pour mettre fin à une rixe impliquant une dizaine de personnes.
Selon les premiers éléments de l'enquête, deux éboueurs effectuaient leur tournée quand "un homme a pris à partie le chauffeur du camion, faisant référence à son physique --type méditerranéen et grosse moustache-- et son éventuelle ressemblance avec Saddam Hussein", a-t-on expliqué de source policière, confirmant une information du Parisien.
Delanoë : "Inacceptable"
Alors que le chauffeur était descendu pour demander des explications, plusieurs personnes sont intervenues pour soutenir l'auteur de l'agression. Certains ont frappé, avec des tabourets d'une terrasse voisine, les deux éboueurs: souffrant de contusions, ceux-ci se sont vu prescrire deux jours d'ITT (incapacité totale de travail), a-t-on précisé de même source.
Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris, a dénoncé mardi une agression "manifestement à caractère raciste", dans un communiqué.
"La violence des agresseurs et les propos tenus sont tous simplement inacceptables. Un tel comportement est d'autant plus choquant qu'il vise deux employés au service des habitants", a déploré Bertrand Delanoë. "Le racisme, l'intolérance, la stigmatisation de l'autre demeurent des fléaux de notre société: ils doivent être combattus et condamnés comme tels, quelle que soit l'identité de leurs auteurs".
De son côté, Kemi Seba, leader de la Tribu Ka, organisation de communautariste africaine dissoute par Nicolas Sarkozy, a fait savoir qu'il exigeait de Nicolas Sarkozy qu'il réagisse "et fasse dissoudre la Ligue de Défense Juive", impliquée selon lui dans cette agression.
"Si le ministre de l'Intérieur ne fait rien, des gens, des pères de familles, des Noirs mais aussi des Blancs et des Beurs, iront eux-même demandé des comptes, non pas aux riverains de la rue des Rosiers qui se sont interposés, mais à la LDJ elle-même", a annoncé Kemi Seba.
NOUVELOBS.COM | 10.01.2007 | 17:04
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09/01/2007 Agression raciste dans le quartier juif
«JE NE SAIS PAS ce qui s'est passé, je travaille, je ne peux pas vous répondre. » « On en a entendu parler ce matin mais je ne sais pas vraiment ce qui a provoqué la bagarre, donc je ne dirai rien. » Hier, rue des Rosiers (IV e ), la prudence était de mise chez les commerçants et riverains après l'échauffourée de la veille.
Dimanche vers 17 heures, alors que les passants fourmillent dans la rue des Rosiers fermée à la circulation, deux éboueurs de l'entreprise Nicollin chargés de vider les corbeilles sont pris à partie par des jeunes près d'une pizzeria.
Alors que son collègue est en train de ramasser les sacs en
plastique, le chauffeur de la benne, d'origine mauritanienne, aurait été l'objet d'insultes
racistes par un jeune passant.
Le nom de Saddam Hussein fuse... Pour le reste, l'échange entre
les deux hommes reste confus.
« Apparemment, l'agresseur aurait crié en voyant le chauffeur maghrébin : Tiens, je croyais qu'on l'avait tué, Saddam Hussein ! », raconte Jean Lhopital, le premier adjoint de la maire (PS) du IV e , Dominique Bertinotti.
Au dire de l'entreprise Nicollin, le chauffeur n'a pas surenchéri. « Il a répondu au jeune homme de le laisser travailler », assure Eric Taillefer, le directeur du centre Nicollin à Saint-Denis.
Une dizaine de jeunes frappent le Mauritanien
Le ton monte néanmoins, d'autant que l'agresseur est bientôt relayé par une dizaine de personnes. Et ces derniers se mettent à frapper leur victime à l'aide de tout ce qui leur tombe sous la main, y compris les tabourets d'une terrasse située à proximité.
Le deuxième éboueur
tente de venir en aide à son collègue mais, devant la violence, il préfère alerter la police.
« Il y avait beaucoup de bruit. Tout le monde se demandait ce qui se passait », raconte un vendeur
dans une boutique de mode.
L'arrivée des policiers a mis fin à l'émeute. Le chauffeur a été conduit à l'hôpital tandis que son collègue, escorté au commissariat, a porté plainte. Les deux salariés, encore sous le choc, ont eu deux jours d'incapacité totale de travail.
Hier, Avi, un des agresseurs, de confession juive, était en garde à vue au commissariat du IV e . Le jeune homme de 19 ans, habitant du XX e , continuait de répondre aux questions des policiers du quartier.
« Je suis extrêmement choqué par cette affaire, s'indigne Jean Lhopital.
Ces braves gens travaillaient au service du public. Ce genre d'agression à caractère raciste
est inacceptable. Dans un sens comme dans un autre. »
Marie-Anne Gairaud (avec S.R.), Le Parisien, 09/01/2007
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Un opuscule antisémite estampillé UE
Un député européen polonais publie un ouvrage raciste financé par le Parlement de l'Union
Jean Quatremer, Libération, 16 février 2007, p. 7
Vous voulez tout savoir sur la «civilisation juive» ? Sur les «différences biologiques» entre les Juifs et les «gentils» ? Sur l'impossibilité de cohabiter avec la «civilisation juive» en Europe?
Lisez le petit livre Civilisations at War in Europe, que vient de publier, avec les fonds du Parlement de Strasbourg, le député européen Maciej Giertych, l'un des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR, non- inscrits).Logo du Parlement.
Ce chef d' œuvre d'antisémitisme a été présenté, mercredi, à Strasbourg, par son auteur. La lecture de cet opuscule - où figure le logo du Parlement, obligatoire pour toutes les publications qu'il finance- ramène directement à l'avant -guerre. Maciej Giertych - dont le fils Roman, président de la LPR, est vice-Premier ministre du gouvernement polonais - explique comment les Juifs, qui n'ont pas de caractères raciaux distinctifs (on peut les confondre avec des Polonais, souligne au passage l'auteur), passent d'un pays à l'autre et adoptent la langue locale tout en refusant de se fondre dans le pays d'accueil. Le «peuple élu» préfère rester entre lui,dans des «ghettos»: «Ils préfèrent volontairement vivre séparés des communautés qui les entourent. Ils se gouvernent eux-mêmes selon leurs propres règles et prennent garde de maintenir une séparation spatiale. Ils forment eux mêmes des ghettos [..]. Seul Hitler a créé le concept de séparationforcée et de ghettosfermés dbù les Ju ifs n'avaient pas ledroit de partir.»
«Eux» et «nous».
Mieux: si les Juifs ne sont pas une race, «le fait qu'ils restent entre eux, qu'ils aient leur propre civilisation qu'ils vivent séparément a eu pour résultat qu'ils ont développé des différences biologiques». Bref, on ne peut pas les reconnaître, mais en faisant un petit effort,on peut y arriver. Giertych, pour bien nous faire comprendre, que les Juifs sont prêts à trahir leur pays, explique que, lors des guerres, les Juifs sont présents dans les deux camps. Mais le Juif qui appartient au camp des vainqueurs veille à ce que le Juif appartenant au camp des vaincus soit bien traité. «C'est un mode de survie qu'ils ont développé en vivant parmi les gentils.» Les Juifs s'aident entre eux parce qu'ils sont juifs, alors que «nous», les chrétiens, nous nousbattons pour nos valeurs clame-t -il. «Cela démontre qu'il n'y a pas d'entente possible entre ces civilisations.»
Cette littérature d'une autre époque a laissé sans voix le président du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand, Hans-Gert Pottering. «Il n'y a pas de censure a priori des publications éditées par les députés européens",reconnaît-on dans son entourage. Certes, «c'est contraire aux valeurs de l'Europe», mais il n'est pas sûr que le Parlement puisse faire quelquechose....JEAN QUATREMER
Libération, 16 février 2007, p. 7
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Le 1er mars, sur France Culture, l'ex-Premier ministre a défendu Papon et Gollnisch. J'accuse Raymond Barre d'être un antisémite Par Claude LANZMANN, Libération, QUOTIDIEN : mardi 6 mars 2007
Premier ministre, M. Raymond Barre était tout en rondeurs : on pouvait aisément le regarder comme le paradigme du Français innocent, il en avait les airs, les allures, l'onction, le patelin, le débonnaire, il exsudait le bon droit, la légitimité, la satisfaction et la sûreté de soi. Même si, aujourd'hui, Raymond Barre a gagné en minceur, sa francité n'en a souffert nulle atteinte, on serait presque tenté d'ajouter «hélas».
Ce qui fait problème, s'agissant de lui, c'est la confluence des deux prédicats : «Français» et «innocent». M. Barre en effet récidive : interrogé sur France Culture, le 1er mars, dans une émission intitulée le Rendez-vous des politiques, l'ex- «meilleur économiste de France» tombe carrément le masque, remplace ses rondeurs anciennes par la hargne têtue, laisse libre carrière à une vindicte qui lui fait réitérer, le jabot gonflé des satisfecit qu'il s'octroie, les proférations sinistres d'il y a vingt-sept ans.
La différence, c'est qu'en 1980, quand, après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, Raymond Barre déplorait la mort de «Français innocents», il le faisait «innocemment» si l'on peut dire, parlant selon sa pente naturelle, ne comprenant rien au scandale et à la condamnation unanimes qu'allaient susciter ses propos. Aujourd'hui, il sait, il ne peut pas ne pas savoir, il n'a pas un mot de regret et, voulant mettre les points sur les i, il s'enferre d'une façon aussi révoltante que comique.
Que les terroristes massacrent des juifs à l'intérieur d'une synagogue n'a, pour M. Barre, rien de contraire à l'ordre du monde et au train des choses. Ce qu'il reproche aux auteurs de l'attentat, c'est de ne pas avoir assez «ciblé» l'assassinat, c'est la bavure qui a transformé l'explosion en «attentat aveugle» puisque trois «Français innocents», «pas du tout liés à cette affaire» ( sic ) y ont laissé leur vie. «Ce qui était la caractéristique de ceux qui faisaient l'attentat, c'était de châtier des juifs coupables» ( sic ), poursuit-il. Coupables de quoi ? Nul ne le sait, M. Barre ne le dit pas, mais on infère aisément : ontologiquement coupables. Tuer, comme ce fut le cas, mon amie l'Israélienne Aliza Shagrir, qui passait, elle aussi par hasard, rue Copernic, tuer des femmes juives, des enfants juifs, des vieillards juifs, comme cela arrive ailleurs dans les cafétérias et les autobus, ce n'est pas une action aveugle, mais ciblée et méditée au contraire, puisque, coupables, les juifs attirent un juste châtiment.
Ayant dit, l'ex-Premier enfile les perles dans un très cohérent délire. Après avoir longuement exonéré Maurice Papon de toute faute (la déportation des Juifs n'était pas pour lui «d'un intérêt national majeur» ; son problème, c'était de «faire fonctionner la France» ), il reprend à son compte, en la portant à son acmé, l'antienne de la collaboration : Pétain et de Gaulle étaient l'avers et le revers de la médaille France, tous deux concouraient, chacun à sa façon, à maintenir la Nation en ordre de marche. La Nation, c'est-à-dire les «grands commis» à la Papon et la sacro-sainte administration. Une extraordinaire division du travail et un génie certain de la communication font, selon Barre, que de Gaulle, dès la Libération, maintient en place et en France les fonctionnaires de Vichy pas trop compromis, tandis qu'il expédie au contraire en Allemagne, pour administrer les vaincus, «ceux qui s'étaient trop manifestés dans les voies de la collaboration» (sic). On n'avait encore jamais entendu cela, le général Pierre Koenig, vainqueur de Bir-Hakeim et premier gouverneur militaire français en Allemagne occupée, doit frémir dans son sépulcre...
Après Papon, l'ex-Premier ministre exonère Bruno Gollnisch, son ancien collègue d'université et son conseiller municipal quand il était maire de Lyon, bien connu comme négateur obstiné et pinailleur de la Shoah : «Moi, je suis quelqu'un qui considère que les gens peuvent avoir leur opinion, c'est leur opinion», ( sic ). Raymond Barre, on le voit, est large d'esprit.
A la fin des fins, conclusion de tout, il nous livre à deux reprises la clé universelle des attaques portées contre lui et des maux du monde : «le lobby juif» ! Le lobby juif est un fait de nature : de même que le soleil se lève et que l'eau bout à 100 °C, il y a un lobby juif, et c'est lui le responsable. «Je vous ai parlé très franchement, dit-il à Raphaël Enthoven, le présentateur de l'émission. Que vous me fassiez passer pour un antisémite, pour quelqu'un qui ne reconnaît pas la Shoah, j'ai entendu cela cent fois et cela m'est totalement égal.» Diantre ! Entre le «lobby juif», la «conspiration des sages de Sion», la «juiverie internationale», il faut un trébuchet ultrasensible pour déceler une différence de nature.
Même si cela lui est «totalement égal», j'accuse M. Raymond Barre d'être un antisémite. Plus encore : je l'accuse de se faire le héraut de cette passion immonde, de la propager, de s'en glorifier, délit qui tombe sous le coup de la loi.
Libération, Rebonds, 6 mars 2007, p. 32, Par Claude Lanzmann historien et cinéaste, directeur des Temps modernes.
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La pasteure s'est-elle mariée à un vrai rabbin ?
La communauté juive nie le titre de ministre du culte à un homme au mariage atypique.
Par PIERRE DAUM, Libération,
QUOTIDIEN : lundi 10 septembre 2007, p. 13
Saint-Affrique (Aveyron) envoyé spécial
C'est une histoire à deux faces. D'abord la face éclairée : un rabbin, Yonathan Lévy, épouse en juillet une pasteure, Catherine Stoerkel.
Une «première mondiale», affichent avec fierté les deux tourtereaux.
Sébastien Fath, historien spécialiste du protestantisme, confirme : «A ma connaissance, ce mariage est unique au monde. Même aux Etats-Unis, il ne semble pas que cela se soit produit.»
Les journaux locaux s'emparent de l'affaire, puis viennent les télés.
L'attraction est d'autant plus forte que le récit de leur rencontre est attendrissant. «Il y a un an, un vieil ami de la famille me révèle que mon grand-père maternel lui avait un jour avoué qu'il pensait être juif», raconte Catherine Stoerkel, jeune ministre de l'Eglise réformée de France.
À 35 ans, cette originaire de Strasbourg est en charge depuis quatre ans des paroisses de Midi-Pyrénées de Saint-Affrique, Millau et Meyrueis. Désireuse d'éclaircir sa généalogie, elle prend contact avec le rabbin de la nouvelle communauté juive libérale de Montpellier. «Viré». Celui-ci, Yonathan Lévy, accueille la requête avec gentillesse. «Grâce à des sites Internet en Israël auxquels j'ai accès, j'ai fini par découvrir que du côté maternel, ses deux grands-parents étaient juifs, ce qui en fait déjà une juive, raconte Lévy.-------
L'Express, lundi 10 septembre 2007, mis à jour à 18:20 Antisémitisme Herrlisheim: un profanateur fasciné par l'ordre nazi LEXPRESS.fr avec Reuters
Emmanuel Rist, considéré comme le principal acteur et l'inspirateur de la profanation du cimetière juif de Herrlisheim-près-Colmar (Haut-Rhin) en 2004, s'est justifié par sa fascination pour "l'ordre et la discipline" de l'Allemagne hitlérienne. "L'état d'esprit que j'ai aujourd'hui n'a strictement rien à voir avec l'état d'esprit que j'avais au moment des faits", a-t-il précisé en préambule devant le tribunal correctionnel de Colmar. L'homme de 37 ans aux cheveux et à la barbe courte qui comparaît tout habillé de noir a pourtant du mal à assumer l'idéologie qui l'animait. "Ca n'a rien à voir avec le nazisme", dit-il à propos de la collection de drapeaux nazis, de croix gammées, d'ouvrages de propagande nationale socialiste ou de ce portrait de Hitler dont il s'est aujourd'hui débarrassé. Quant à la profanation de Herrlisheim-près-Colmar, c'était "juste pour passer dans le journal". "Il n'y avait pas de message", assure cet ancien agent de sécurité dont le grand père allemand explique peut-être la fascination pour le IIIème Reich. Dans la nuit du 29 au 30 avril 2004, date anniversaire de la mort de Hitler, 117 tombes et plusieurs monuments funéraires avaient été maculés de croix gammées, de sigles "SS" et de slogans antisémites ou faisant l'apologie du nazisme. Une inscription "Tiwaz 2882" allait beaucoup intriguer les enquêteurs avant de les mettre sur la piste d'Emmanuel Rist lorsque ce dernier serait interpellé dans le cadre d'une autre affaire, criminelle cette fois, avec au cou une plaque portant ce même numéro. "DES ABSURDITÉS Ce nom d'une "cellule armée" qui semble n'avoir jamais accueilli que Rist est celui d'une "rune" nordique faisant référence au dieu de la guerre et jadis utilisée par les jeunesses hitlériennes accolée au matricule d'un soldat de la Wehrmacht. Sous cette signature, Emmanuel Rist envoyait également aux journaux et responsables locaux des cultes et communautés israélites, des tracts faisant l'apologie de l'extermination des juifs. "Des absurdités", dit-il aujourd'hui, refusant l'étiquette de raciste. "S'il me reste quelque chose à sauver, c'est ma dignité", reconnaît cependant ce père d'un garçon, qui devra bientôt répondre d'un assassinat et d'une tentative de meurtre. Ses deux co-prévenus, tous deux employés à l'époque dans l'entreprise de sécurité où il était agent de maîtrise, affirment s'être laissés entraîner, expliquant leur état d'esprit de l'époque par leur haine de la "racaille". "Ce sont des gens qui ne travaillent pas, qui ne s'intègrent pas, qui foutent le bordel", a expliqué Laurent Peterschmitt, 28 ans, en réponse à une question d'Elisabeth Mehl, la présidente du tribunal correctionnel de Colmar. "El les gens qui profanent les cimetières, vous en pensez quoi ?", poursuit cette dernière. "C'est contradictoire, ce que je pense et ce que j'ai fait. Je me demande comment j'ai été aussi con pour faire une chose pareille" réagit le jeune homme. Laurent Boulanger, 27 ans, assure que Hitler ne "représente rien" pour lui. "Je n'ai jamais été fort en histoire", explique-t-il. Il se réfugie derrière la même excuse pour répondre à Me Alain Jakubowicz, avocat du Consistoire central, Union des communautés juives de France, qu'il n'a jamais entendu parler des camps d'extermination. "Vous ignorez l'extermination des juifs pendant la deuxième guerre mondiale et vous savez comment dessiner une croix gammée ?", fait mine de s'étonner l'avocat. Le procès s'achèvera mercredi.------
FAUDRA-T-IL un mort pour que l'on s'intéresse enfin à nous? »------
evene.fr vendredi 29 février 2008 Biographie de Misha Defonseca
Née de père juif allemand et de mère juive russe en Belgique, à Bruxelles, Misha Defonseca est aujourd'hui mariée et mère de famille.-------
"Survivre avec les loups": une histoire trop belle pour être vraie AFP vendredi 29 février 2008 6h39
C'était "l'incroyable histoire vraie d'une rescapée de la Shoah", le récit d'une petite fille qui aurait parcouru 3.000 kilomètres à pied à la recherche de ses parents à partir de 1941, retracé dans un livre à succès et un film, "Survivre avec les loups". Mais c'était faux. Au coeur d'une récente polémique en Belgique depuis qu'historiens et membres de la communauté juive ont relevé des invraisemblances, Misha Defonseca, héroïne de ce récit édifiant et prétendument "autobiographique", a fini par avouer qu'elle s'était "raconté une autre vie". "Ce livre, cette histoire, c'est la mienne. Elle n'est pas la réalité réelle, mais elle a été ma réalité, ma manière de survivre", a admis Mme Defonseca, 80 ans, aujourd'hui installée sur la côte Est des Etats-Unis, dans le journal Le Soir publié vendredi. Son ouvrage, publié en 1997 et traduit dans de nombreuses langues, a connu un énorme succès. Il a été récemment porté à l'écran par la cinéaste française Véra Belmont. Il semble incontestable que ses parents ont bien été déportés et assassinés durant la Seconde guerre mondiale, sans doute pour des faits de résistance. Mais il est désormais établi que l'auteur, issue d'une famille de Bruxelles, les De Wael, n'était pas juive, contrairement à ce qu'elle a prétendu, et que son voyage avec les loups était inventé. Selon son certificat de naissance, elle a vu le jour en 1937 et elle n'aurait donc eu que quatre ans, et non huit comme le dit son histoire, au moment d'entamer son "périple" de trois ans vers l'Est de l'Europe à la recherche de ses parents. Pendant la guerre, elle était enregistrée dans une école primaire bruxelloise, a révélé Le Soir. Jusqu'à mercredi, l'auteur s'est dit "profondément blessée" par ceux qui mettaient en doute son histoire, avant d'effectuer une volte-face complète. "Oui, je m'appelle Monique De Wael, mais depuis que j'ai quatre ans, je veux l'oublier. Mes parents ont été arrêtés quand j'avais quatre ans. J'ai été recueillie par mon grand-père puis par mon oncle", dit-elle dans un texte, publié par Le Soir. "Toute sa sa vie est un mélange de souvenirs de réalité et d'un univers intime qui s'est décalé de la réalité. Sa vérité n'était pas vraiment la vérité, ça lui a totalement échappé", analyse son avocat Marc Uyttendaele, en soulignant qu'elle avait fini par s'"identifier aux victimes absolues, la communauté juive". "A part mon grand-père, j'ai détesté ceux qui m'avaient accueillie. Ils me traitaient mal. C'est vrai que, depuis toujours, je me suis sentie juive et plus tard, dans ma vie, j'ai pu me réconcilier avec moi-même en étant accueillie par cette communauté", poursuit Mme Defonseca. "Alors, c'est vrai que je me suis raconté, depuis toujours, une vie, une autre vie, une vie qui me coupait de ma famille, une vie loin des hommes que je détestais. C'est aussi pour cela que je me suis passionnée pour les loups, que je suis entrée dans leur univers. Et j'ai tout mélangé", dit-elle. "Je demande pardon à tous ceux qui se sentent trahis, mais je les supplie de se mettre à la place d'une petite fille de quatre ans qui a tout perdu", implore-t-elle. Mme Defonseca/De Wael affirme aussi ne pas avoir voulu publier son histoire il y a dix ans, mais avoir été poussée par son éditrice américaine, Jane Daniel. Lors de la sortie en France du film, en janvier, elle présentait toutefois avec l'apparence de la sincérité la petite boussole qui lui aurait permis de trouver le chemin de l'Est. "C'est mon plus précieux talisman, mon porte-bonheur. Sans elle, je ne serais peut-être pas là pour voir mon histoire à l'écran", expliquait-elle au Figaro. Le film doit bientôt sortir en Allemagne.-------
Un sous-préfet limogé après des propos anti-israéliens
V.F. (lefigaro.fr) avec France Info.
23/03/2008 | Mise à jour : 15:20 |
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