Vers affaire Clearstream

Novembre 2010 : Renvoyés en correctionnelle

Imad Lahoud

07 juillet 2002 : 42 millions d'euros perdus
22 juin 2002 : L'ancien PDG du GAN, François Heilbronner, mis en examen

APRES 48 HEURES de garde à vue et une audition au pôle des juges financiers, François Heilbronner, ancien PDG du GAN et ancien directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac (1975-1976 et 1986) a été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée avec appel public à l'épargne » par les juges Valérie Salmeron et Isabelle Prévost-Desprez.

Son gendre, Imad Lahoud, lui aussi placé en garde à vue pendant deux jours, a été mis en examen pour « faux » et « complicité de faux ». François Heilbronner a été placé sous contrôle judiciaire, et une caution de 400 000 € lui a été réclamée, tandis que son gendre a été placé en détention provisoire. C'est la déconfiture d'un fonds d'investissement créé par ces deux hommes qui leur vaut aujourd'hui d'être soupçonnés par la justice.

Des réponses évasives

En 1997, François Heilbronner et son gendre s'associent et créent un fonds d'investissement, le Volter Fund Limited, immatriculé aux Iles Vierges britanniques. Ils démarchent ensuite une série de grandes banques ou de compagnies d'assurances et leur proposent d'investir dans ce fonds, en échange d'une intéressante rentabilité.

La personnalité de François Heilbronner aidant ­ il a dirigé durant huit ans une grande compagnie d'assurances ­, quelques poids lourds de la finance comme la banque Fortis ou la compagnie d'assurances AGF participent à l'opération. Mais lorsqu'elles commencent à demander des explications sur la façon dont leur capital est géré, elles obtiennent des réponses évasives ; et, au moment où elles souhaitent récupérer leur mise, François Heilbronner et Imad Lahoud sont dans l'impossibilité de rembourser.

Au total, 42 millions de dollars se sont évaporés et quatre banques, flouées, ont décidé, il y a deux ans de déposer plainte et de prévenir la Commission des opérations de bourse (COB), le gendarme des marchés financiers. Le rapport de la COB, que le « Parisien »-« Aujourd'hui en France » a pu se procurer, fait état de « manoeuvres frauduleuses de nature à déterminer des investissements dans le Volter Fund ». Ce rapport a ensuite été transmis au parquet de Paris, et une instruction est toujours en cours.

Pas une mauvaise affaire pour tout le monde

Les juges vont maintenant chercher à savoir si les 42 millions de dollars du Volter Fund ont disparu du fait d'une mauvaise gestion ou s'ils ont plutôt été détournés. Quoi qu'il en soit, ce fond d'investissement n'a pas été une mauvaise affaire pour tout le monde, puisque HL Gestion, la société de François Heilbronner et d'Imad Lahoud, a perçu 1,3 million d'euros d'honoraires pour la gestion du Volter Fund. Mais les magistrats s'intéressent aussi aux conditions dans lesquelles des banques ont choisi d'investir dans le Volter Fund. Hier, la brigade financière a perquisitionné durant plusieurs heures au siège parisien de la banque NSM où étaient domiciliés les comptes du Volter Fund.
Alain Frédéric, Le Parisien, samedi 22 juin 2002, p. 15.

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Affaire du GAN : 42 millions d'euros pas perdus pour tout le monde

L'ENQUÊTE sur la déconfiture du fonds de gestion Volter s'oriente vers la banque NSM. Après la mise en examen de l'ancien PDG du groupe d'assurances GAN, François Heilbronner, pour escroquerie en bande organisée, (voir nos éditions du 22 juin dernier), les policiers cherchent à déterminer comment 42 millions de dollars (environ 42 M€) investis par des banques, des compagnies d'assurances et quelques personnes physiques ont pu s'évaporer alors qu'on avait promis à tous ceux qui apportaient leur mise une intéressante rentabilité. Récemment, François Heilbronner a dû s'acquitter d'une caution de 400 000 euros pour rester en liberté.

Rapport interne

Les enquêteurs de la brigade financière s'intéressent maintenant à la banque NSM, (filiale du géant hollandais ABN Amro), un établissement dans lequel les comptes du fonds Volter étaient déposés. Au cours d'une perquisition, ils ont saisi, dans le bureau du président du directoire, un rapport interne indiquant que le service responsable du fonds Volter présentait quelques problèmes de fonctionnement. Il est également établi que la Commission bancaire, l'organe de contrôle des banques, avait elle aussi lancé une enquête sur le fonds Volter dès que les premiers problèmes de remboursement des clients ont été connus. Les enquêteurs se demandent donc si la banque NSM a été assez vigilante dans la gestion de ce fonds.
Pour se faire une opinion, ils ont également perquisitionné, mardi 2 juillet, dans le cabinet d'un avocat d'affaires parisien, Sorin Margulis, qui a participé au montage juridique du fonds. Pour leur défense, les deux dirigeants du fonds Volter, François Heilbronner et son gendre Imad Lahoud, indiquent que tous leurs clients n'ont pas vu leur mise s'évaporer. Ils ont ainsi cité le cas de trois cadres dirigeants de la société financière Euris (propriétaire du groupe de distribution Casino) qui ont intégralement récupéré leurs fonds. Une différence de traitement avec les autres investisseurs qui n'est pas sans intriguer les policiers.
Alain Frédéric, Le Parisien, dimanche 07 juillet 2002, p. 12

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Imad Lahoud et son beau-père renvoyés devant le tribunal

François Heilbronner, l’ancien collaborateur de Jacques Chirac et ex-patron du GAN, est renvoyé en correctionnelle avec son gendre, l’informaticien de l’affaire Clearstream, pour «escroquerie» et «complicité». leparisien.fr Geoffroy Tomasovitch | 21.11.2010, 07h00

L’information n’avait jamais filtré. Imad Lahoud, le falsificateur présumé des listings de l’affaire Clearstream (il a été condamné mais a fait appel), a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris.
Cette fois, le prof de maths de 43 ans répondra de la spectaculaire faillite du fonds d’investissement Volter qu’il avait créé en 1997 avec son beau-père, François Heilbronner.

Agé de 74 ans, cet ancien directeur adjoint du cabinet de Jacques Chirac, à Matignon en 1986 et ex-patron du GAN, comparaîtra pour « escroquerie » au côté de son gendre, poursuivi pour « complicité », « faux » et « abus de biens sociaux ». La date de leur procès doit être fixée le 8 décembre prochain.

Le juge du pôle financier de Paris Jean-Marie d’Huy, un des deux magistrats ayant instruit le dossier Clearstream, a discrètement renvoyé, il y a quelques semaines, les deux hommes en correctionnelle.

L’histoire prend corps en 1997 quand Imad Lahoud monte le fonds Volter sous le patronage de son beau-père chiraquien. Ce fonds d’investissement est immatriculé dans un paradis fiscal, les îles Vierges britanniques.

Le GAN fait partie des premiers souscripteurs de Volter, suivi par des banques. L’association entre Lahoud, qui a été trader, et Heilbronner, inspecteur des finances et ancien président du GAN, semble prometteuse. Le tandem va pourtant chuter lourdement.

Début 2001, la Haute Cour des îles Vierges prononce la liquidation du fonds Volter. A l’époque, on parle de 42 millions de dollars évaporés! Plusieurs banques, qui avaient investi des parts dans le fonds Volter, flairent une possible arnaque. Déposée à l’été 2000 en France, une plainte entraîne l’ouverture d’une information judiciaire.

La juge Isabelle Prévost-Desprez s’attaque à un dossier ardu, à cause des montages financiers complexes, mais aussi sensible à cause des rumeurs de financement politique occulte qui gravitent autour du fonds Volter.

En juin 2002, le gérant Lahoud et l’administrateur Heilbronner sont placés en garde à vue. Le gendre est mis en examen et placé en détention provisoire pendant trois mois. Le beau-père échappe à l’incarcération et doit payer une caution de 400 000 €.

Tout juste sorti de prison, Imad Lahoud rencontre Jean-Louis Gergorin, vice-président du groupe de défense français EADS… Les deux hommes vont alors devenir les principaux protagonistes de la sulfureuse affaire Clearstream dont l’instruction a relégué à l’arrière-plan celle du fonds Volter. Ce dossier refait donc surface.

Les deux associés du fonds Volter sont soupçonnés d’avoir escroqué une demi-douzaine de banques sur la valeur réelle du fonds d’investissement pour les convaincre de prendre des participations. Selon l’accusation, le préjudice total s’élève à 31,5 M€.

« Les banques se sont trompées dans leur choix et ont trouvé le bouc émissaire idéal », estime Me Olivier Pardo, conseil d’Imad Lahoud, qui plaidera la relaxe. « Quant à la piste du financement occulte, elle a fait pschitt », note un autre avocat. Le procès pourrait se tenir au printemps 2011, juste avant la seconde manche de Clearstream où Lahoud sera rejugé avec Gergorin et Dominique de Villepin, qui, lui, avait été relaxé le 28 janvier dernier.

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