Octobre 2009. Frédéric Mitterrand, au coeur d'une violente polémique

Attaqué par le FN et le PS, et soutenu par frère Xavier Bertrand :., le secrétaire général de l'UMP
Bien soutenu par N.S. et F.F. le ministre refuse de démissionner, mais condamne fermement la pédophilie et, évidemment, le tourisme sexuel, qu'il regrette d'avoir pratiqué, une erreur pas une "faute" ...
Vigoureusement défendu, ainsi que Léon Blum, par le Grand Philosophe Bernard-Henri Lévy

Frederic Mitterrand, ministre de la Cul ture

Extraits du livre de Frédéric Mitterrand et d'émissions où il l'évoquait en 2005 AFP - le 08 octobre 2009, 15h34 LEMATIN.ch

Frédéric Mitterrand, au coeur d'une violente polémique sur son livre "La mauvaise vie", l'a évoqué deux fois à la télévision lors de sa parution en 2005.

Voici les extraits du livre mis en cause, suivis des commentaires de l'auteur dans les deux émissions dont il avait été l'invité à l'époque.

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LIVRE:

C'est dans le chapitre "Bird" de son roman que figurent les passages mis en cause où les "garçons" sont décrits.

"La plupart d'entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu'on pourrait attendre de leur activité. J'apprendrai plus tard qu'ils ne viennent pas tous les soirs, sont souvent étudiants, ont une petite amie et vivent même parfois avec leur famille qui prétend ignorer l'origine de leur gagne-pain. (...)
La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n'ai plus besoin de refréner ou d'occulter. L'argent et le sexe je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu'on ne me refusera pas (...)
La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclat ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l'autre".

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TELEVISION :

Emission "On ne pas plaire à tout le monde" de Marc-Olivier Fogiel du 20 mars 2005:

Marc-Olivier Fogiel : vous partiez en Thaïlande, notamment.

Frédéric Mitterrand : oui, mais plus tard

Marc-Olivier Fogiel : vous dites dans chaque club les garçons se tiennent sur la scène très éclairée, le numéro est accroché à l'aine en évidence à l'heure la plus chaude quand la salle est pleine à craquer. Les clubs présentent ce que l'on appelle le sexy show qui se termine inanquablement par "l'enculage" d'un travesti dans une ambiance de rigolade généralisée.

Frédéric Mitterrand : j'ai dit que je ne rigole pas beaucoup, moi.

Marc-Olivier Fogiel : vous, ça ne vous fait pas beaucoup rire mais en même temps vous prenez un numéro.

Frédéric Mitterrand: oui, c'est comme ça que ça marche.

Marc-Olivier Fogiel : vous parlez de mauvaise vie mais est-ce que au milieu de cette ambiance un peu glauque des milieux des bordels de Bangkok vous avez mauvaise conscience ?

Frédéric Mitterrand: ça dépend et je pense que c'est pour ça que je ne pouvais pas faire l'économie de ce chapitre (...) Je pense qu'à partir du moment où je construis un livre sur toutes ces années en onze chapitres, si je n'avais pas écrit ce chapitre là qui n'est que l'un des onze, j'aurais menti et que le but de ce livre était de ne pas mentir, à moi-même et de pas mentir avec le projet qui est de faire un livre qui aille beaucoup plus loin (...) que la simple anecdote même si elle est douloureuse, elle est pénible, elle est même moche, glauque.

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Emission "Culture et dépendances" de Franz-Olivier Giesbert du 6 avril 2005 :

Franz-Olivier Giesbert : La rumeur, Frédéric Mitterrand, c'est qu'on dit Frédérick Mitterrand, il aime les petits garçons. On dit, il est pédophile.

Frédéric Mitterrand: Peut être, mais c'est pas vrai. Quand les gens disent les garçons, on imagine alors les petits garçons. Ca fait partie de ce puritanisme général qui nous envahit qui fait que l'on veut toujours noircir le tableau, ça n'a aucun rapport. Et évidemment, je m'expose, peut-être à ce genre de danger puisque d'une part je parle des garçons (...) et que je parle aussi du désir du paternité. Que de tout ça je parle franchement (...) et que je parle de tout cela, évidemment, je cours le risque de ce genre d'amalgame. Je le court plus d'autant plus facilement ce risque là puisqu'il ne me concerne pas. En vérité, il n'y a aucun rapport mais qu'est-ce que je peux faire (...) il faudrait que les gens lisent le livre et ils se rendraient compte qu'en vérité c'est très clair.

Franz-Olivier Giesbert: C'est un livre sur la mauvaise vie, les bordels. Vous dites que vous aimez l'inconnu, la terre étrangère la chair fraîche, vous racontez les bordels.

Frédéric Mitterrand : c'est un livre sur une difficulté qui remonte à l'enfance (...) et de la manière dont on reste un enfant ça aussi ça peut prêter à confusion. Mais c'est un livre sur la difficulté ressentie depuis l'enfance à affronter un certain nombre de difficultés de la vie de l'existence et l'attirance pour son propre sexe fait partie des difficultés de l'existence quoi qu'on dise.

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Le FN et le PS attaquent Frédéric Mitterrand LE MONDE | 08.10.09 | 14h13 • Mis à jour le 08.10.09 | 14h13 Sophie Landrin Article paru dans l'édition du 09.10.09

En allant sans précaution voler au secours du cinéaste Roman Polanski, arrêté en Suisse le 26 septembre pour une affaire "d'atteinte sexuelle sur mineur" commise aux Etats-Unis dans les années 1970, Frédéric Mitterrand a fait ressurgir son passé, qui n'avait pas suscité de réprobation lors de sa nomination en juin.

Le ministre de la culture, qui avait jugé "absolument effroyable" l'arrestation de Polanski pour "une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens", se retrouve au centre d'une violente polémique au sujet de son livre La Mauvaise Vie, publié en 2005.

Dans ce journal intime, l'écrivain racontait ses expériences de tourisme sexuel avec des garçons au cours de voyages. Le Front national s'est emparé de l'affaire en lançant une pétition pour demander sa démission. Lundi 5 octobre, Marine Le Pen, lors d'un débat sur les délinquants sexuels sur France 2 a lu de larges extraits de l'ouvrage avant de conclure : "Qu'est-ce qu'on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la culture ?"

La réprobation s'est poursuivie, mercredi, de manière inattendue, dans les rangs de la gauche. Benoît Hamon, le porte-parole du PS, s'est dit "violemment choqué" qu'un "homme puisse justifier à l'abri d'un récit littéraire le tourisme sexuel", dénonçant un "ministre qui explique qu'il est lui-même consommateur". "La question est de savoir si M. Frédéric Mitterrand doit démissionner ou pas", a-t-il poursuivi.

Aussitôt, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, a accusé la gauche "d'aller sur le terrain de l'extrême droite". Comme Frédéric Mitterrand : "Se faire traîner dans la boue par le FN est un honneur. Par la gauche, c'est une honte pour elle", a déclaré le ministre. Un amalgame que réfute le PS. Invité des "Questions du mercredi", l'émission politique hebdomadaire de France Inter et du Monde, Jean-Paul Huchon, le président de la région Ile-de-France a martelé : "Tous ceux qui s'indignent ont raison."

Malgré le soutien de Xavier Bertrand, la gêne de la majorité était perceptible, mercredi, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, où les députés évitaient avec soin les caméras. Seule Chantal Brunel, l'ancienne porte-parole de l'UMP, a qualifié le livre de "terriblement glauque".

Pressé par l'Elysée de s'exprimer, Frédéric Mitterrand devait s'expliquer, jeudi 8 octobre, dans le journal de 20 heures de TF1. Sur France 2, Henri Guaino, conseiller spécial du président, a déclaré qu'il "ne voyait pas pourquoi" M. Mitterrand devrait quitter le gouvernement.

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Mitterrand : «Pas question de démissionner» leparisien.fr M.-L.W. | 08.10.2009, 20h26 | Mise à jour : 09.10.2009, 07h49

«Je condamne le tourisme sexuel et la pédophilie» : invité de Laurence Ferrari, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a été clair face aux attaques dont il fait l'objet depuis son soutien au cinéaste Roman Polanski.
«Jamais» d'ailleurs, il n'a songé à quitter le gouvernement.

«Je ne rajouterai pas l'indignité à l'injustice du traitement qui m'est fait», a-t-il dit.
Reçu «en audience» par le chef de l'Etat, et non «en urgence» selon la formule employée par la journaliste de TF1, le ministre a affirmé que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui avaient témoigné leur «confiance».

Au centre de la polémique, des extraits de son roman La mauvaise vie.
Ce livre paru en 2005, n'est pas «un récit totalement autobiographique », a précisé l'auteur. Il n'y cache rien de sa vie la plus intime, y compris son recours à la prostitution masculine dans les bordels de Bangkok en Thaïlande.
Interrogé sur ces fréquentations vénales, l'actuel ministre de la Culture ne nie pas y avoir eu recours : «J'ai eu des relations avec des garçons».

«Il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie»

Mais il réfute avoir commis un quelconque acte pédophile : «J'étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins.». «Quand même vous reconnaissez quelqu'un qui a 40 ans, un boxeur de 40 ans ne ressemble pas à un mineur, enfin franchement !», a-t-il lancé en précisant qu'«il ne faut pas confondre homosexualité et pédophilie».
«Je n'ai jamais fait de mal à personne dans ma vie, jamais», a-t-il insisté, «même si un des chapitres est précisément une traversée de cet enfer, avec la fascination que cet enfer peut susciter.»

«On n'écrit pas la littérature avec des bons sentiments», a-t-il poursuivi, reprenant à son compte une citation d'André Gide.
La seule chose que le neveu de François Mitterrand peut reconnaître c'est d'avoir commis «une erreur oui, un crime non, une faute, même pas» : «Je pense que j'ai fait une faute contre l'idée de la dignité, de la dignité humaine, et je pense que d'une certaine manière, il faut se refuser absolument à ce genre d'échanges».

«Que vienne me jeter la première pierre celui qui n'a pas commis ce genre d'erreur. Parmi tous les gens qui nous regardent ce soir, quel est celui qui n'aurait pas commis ce genre d'erreur au moins une seule fois ?», a-t-il lancé.

Le FN demande plus que jamais sa démission

Après l'intervention télévisée de Frédéric Mitterrand, la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a estimé que le ministre de la Culture, «doit démissionner, ce soir, plus encore qu'hier». «M. Mitterrand a menti avec beaucoup d'impunité. On pouvait lui reconnaître une qualité de sincérité quand il parlait d'autobiographie (...) Mais quant à faire croire aux Français que les gosses dont il parle dans son livre sont des hommes de 40 ans, il rajoute l'indignité à l'indignité», a déclaré Marine Le Pen.

Jeudi dans l'après-midi, au cours d'un rassemblement contre les illuminations de la Tour Eiffel aux couleurs de la Turquie, Marine Le Pen avait notamment déclaré devant notre caméra que «M. Sarkozy avait nommé le ministre de la Culture en toute connaissance de cause».

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