
Mai 2008 : Corruption : Prison et privations confirmées
Avril 2008 : Appel, confirmation de la condamnation demandée
Décembre 2006 : 18 mois d'emprisonnement avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois années de privations des droits civiques et civils (6 ans inéligible), appel.
Septembre/Octobre 2006 : Le procès
(24 octobre) Inéligibilité demandée
(23 octobre) Un complot, la "machination" de deux femmes
(27 septembre) L'hommage au frère Delfau ; la veuve du sulfureux ;
(25 septembre) Premier jour
Décembre 2004
(05 décembre) L'ancien ministre réélu député. Félicitations du nouveau président de l'UMP, Nicolas Sarkosy
Janvier 2004
( 21 janvier) Corruption passive et recel d'abus de biens sociaux, le ministre démissionne
(06 janvier) Convocation du secrétaire d'Etat
Septembre 2003
(27 septembre) Les aveux de Delfau
(18 septembre) Nouvelle mise en examen
(9 septembre) La concubine du premier adjoint victime d'une crise cardiaque lors de sa garde à vue
(14 septembre) Son étrange "suicide"
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(9 septembre 2003) La compagne d'un élu décède après sa garde à vue
La compagne d'un adjoint au maire de Poissy (Yvelines) est décédée hier d'un malaise cardiaque survenu peu après sa garde à vue dans une enquête financière où sont mis en cause plusieurs élus dont le secrétaire d'Etat Pierre Bédier.
LA MORT au bout de la garde à vue. Chantal Gueroult, 56 ans, ancienne proviseur de lycée, a été arrêtée vendredi soir dans le cadre de l'enquête mettant en cause Pierre Bédier, le secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice. Elle est décédée soixante-quatre heures après, d'une crise cardiaque. Dès hier, une enquête a été confiée à l'IGS, l'inspection générale des services, et le parquet de Paris devait ouvrir hier une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort ». Selon l'avocat de la famille, M e Beaudoin du Belloy, une plainte devrait être déposée pour « tenter de comprendre ce qui a pu se passer ».
Son fils réclame « le dessaisissement du juge Courroye » Emeric, 15 ans, un des trois enfants de Chantal Gueroult s'interroge : « Ma mère était en bonne santé, il n'y avait aucune raison de la mettre sous pression de la sorte, en allant la chercher à la descente de l'avion. » Sous le choc, l'adolescent réclame « le dessaisissement du juge Courroye ». « Tout le monde comprend l'émotion de cette famille, confie pour sa part un enquêteur, c'est évidemment très triste, mais toute cette garde à vue s'est déroulée de façon très banale. »
Orly, vendredi, 21 h 40. Chantal Gueroult descend du vol de Marrakech. Cette ancienne proviseur du lycée Charles-de-Gaulle de Poissy, est devenue voilà quatre ans environ la compagne de Gilles Forray, premier adjoint au maire UMP de Poissy, chargé des affaires économique et vice-président du conseil général des Yvelines. Forray est soupçonné par les enquêteurs d'avoir perçu des enveloppes de Michel Delfau, un gros fournisseur de la ville. Il est également soupçonné d'avoir bénéficié d'un prêt gracieux, et, enfin, d'avoir profité de la mise à disposition d'un appartement, un duplex, à Marrakech. Incarcéré depuis le mois de mai, Michel Delfau nie en bloc ces cadeaux et l'appartement de Marrakech qui, selon lui, appartient à une de ses sociétés. En interpellant Chantal Gueroult, les enquêteurs attendent donc des explications sur le Maroc, d'autant que l'ancienne proviseur y possède un compte bancaire.
Après une première nuit dans la geôle de la brigade financière, la mère de famille est entendue pendant une heure le samedi, puis pendant trois heures le samedi après-midi, jusqu'à 20 heures. « Son état de santé est normal et compatible avec la garde à vue sous réserve de la prise de ses médicaments », écrit le médecin qui vient l'examiner. La mère de famille, qui souffre d'hypertension, a également sur elle une boîte de médicament antistress. Les policiers notent aussi qu'elle refuse de s'alimenter, et qu'elle n'accepte que « l'eau et le café sans sucre ». Pas de signe de stress, selon eux. Le lendemain dimanche, nouvelles auditions, pendant six heures, jusqu'à 17 heures. « Il n'est rien sorti de fracassant de ces interrogatoires, reconnaît un enquêteur et, à la fin, elle a insisté sur l'honnêteté de son compagnon. » Que se passe-t-il ensuite ? Le juge Courroye, demande aux policiers de transporter Chantal Gueroult au dépôt du palais de justice, pour ne l'entendre lui même que le lundi matin. Le magistrat avait convoqué Gilles Forray dans la foulée, ce matin. Mais ces auditions n'auront pas lieu. Selon la police, le premier malaise de leur témoin se déroule à 20 h 27, dimanche soir, dans le fourgon de transport jusqu'au palais de justice. Les pompiers puis le Samu auraient effectué des massages cardiaques provoquant son réveil, avant son transport à Créteil, à l'hôpital Henri-Mondor, puis à Paris, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce.
Pourquoi ces transferts successifs ? C'est le principal sujet d'interrogation de la famille, qui s'étonne aussi d'un autre cafouillage : « J'ai été prévenu à 3 heures du matin par la police du décès de ma cliente, raconte M e du Belloy puis, durant la matinée, au Val-de-Grâce, on a d'abord dit à Gilles Forray qu'elle n'était pas morte, avant de lui annoncer son décès à 13 h 40. » « On a préféré la faire mourir entre les mains de médecins plutôt qu'entre les mains de policiers », commente Me Pierre-Olivier Sur, l'avocat de Michel Delfau.
En attendant les résultats de l'enquête et de l'autopsie, les syndicats policiers ont resserré les rangs dès hier, indiquant que « leurs collègues n'avaient commis aucune faute ». « Cette affaire était grotesque, elle devient dramatique », commente l'entourage de Pierre Bédier, qui s'attend à une convocation du juge Courroye. Quant à Jacques Masdeu-Arus, le maire de Poissy, lui aussi soupçonné dans ce dossier, il a rendu hommage à Chantal Gueroult, et a adressé hier soir « soutien et sympathie à son premier adjoint »...
Laurent Valdiguié, Le Parisien, mardi 09 septembre 2003, p. 13
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(14 septembre 2003) L'étrange « suicide » de Chantal Guéroult
La « police des polices » cherche à savoir comment la compagne de l'adjoint au maire de Poissy a pu ingérer un médicament à l'insu des enquêteurs. Conformément aux instructions, ils n'ont pas pratiqué une fouille « complète ». C'EST UN PARADOXE tragique. Chantal Guéroult, 56 ans, est peut-être morte parce que les policiers de la brigade financière de Paris ne lui ont pas imposé une fouille suffisamment sévère au début de sa garde à vue, dans la soirée du 7 septembre. Les enquêteurs de l'IGS (Inspection générale des services) en charge des investigations sur les conditions du décès de la compagne de l'élu UMP Gilles Forray, premier adjoint au maire de Poissy (Yvelines), mis en cause dans une affaire de corruption, s'intéressent tout particulièrement à la manière dont cette retraitée de l'Education nationale a été traitée au début de son interrogatoire. Une orientation liée aux premières constatations du professeur Pépin, en charge des analyses toxicologiques du corps de la défunte. Dans le sang de Chantal Guéroult, le médecin a fait une découverte surprenante : de la Nivaquine « en quantité importante », qui ne correspondrait pas, d'après une source judiciaire, « au dosage résultant d'un traitement régulier ». Médicament destiné à la prévention du paludisme, la Nivaquine peut être mortelle si la dose ingérée est supérieure à cinq grammes. Dans ce cas, le décès survient rapidement, par un arrêt circulatoire brutal. C'est précisément de cette manière que Chantal Guéroult a perdu conscience, à l'issue de deux jours de garde à vue, le dimanche 9 septembre vers 20 heures. La justice se veut plus prudente que Gilles Forray Dès avant-hier soir, à l'issue d'une conversation avec le juge d'instruction Claude Choquet, qui a lui fait part des premières découvertes du toxicologue, Gilles Forray a déclaré qu'il était désormais persuadé que sa compagne « s'était suicidée ». Hier, il a apporté d'autres précisions lors d'une mini-conférence de presse à Poissy. « Chantal avait toujours une sacoche de médicaments avec elle. Elle avait de la Nivaquine puisqu'elle travaillait à Abidjan en Côte d'Ivoire. Elle connaissait la dangerosité de ce produit. En cas de prise massive, l'effet est irréversible dans les deux heures. Or son malaise s'est produit quarante-huit heures après son interpellation. Elle est donc entrée en cellule avec la Nivaquine sur elle. » L'élu a dénoncé « les fautes et les négligences de la police ». Pour l'heure, la justice se veut plus prudente que Gilles Forray. « Il est trop tôt pour dire que la Nivaquine a entraîné la mort, explique-t--on au parquet. Et, même dans ce cas, on ne peut pas affirmer que la prise de ce médicament a eu lieu pendant la garde à vue. Il faut étudier les interactions entre la forte dose de Nivaquine et les autres substances prescrites à M m e Guéroult. Les légistes nous remettront un rapport définitif et complet lundi après-midi. Nous serons alors fixés. » « On inspecte les effets personnels, on pratique une palpation, mais on ne déshabille pas le gardé à vue » Selon nos informations, les policiers de la brigade financière n'ont pas trouvé de Nivaquine dans la pochette de médicaments, mais seulement du Lexomil, un antidépresseur, et du Nisisco, destiné à traiter l'hypertension. Le médecin qui a examiné Chantal Guéroult au début de sa garde à vue lui a d'ailleurs prescrit ces substances, qui correspondaient à un traitement en cours. Comment se fait--il que les policiers n'aient pas trouvé de Nivaquine ? « A la brigade financière, on pratique rarement une fouille à corps complète, explique l'un d'eux. Nous avons rarement affaire à des personnes dangereuses. On inspecte les effets personnels, on pratique une palpation, mais on ne déshabille pas le gardé à vue. » En mars dernier, cette pratique a d'ailleurs été confortée par une circulaire de Nicolas Sarkozy. « Le ministre de l'Intérieur entend que devienne exceptionnelle la pratique de la fouille de sécurité, qui plus est avec déshabillage, précisait alors un communiqué de la Place Beauvau. Elle ne pourra être entreprise qu'en cas d'absolue nécessité, et en concertation avec l'officier de police judiciaire disposant des éléments lui permettant d'apprécier la dangerosité des individus. » Chantal Guéroult n'était pas considérée comme un « individu dangereux ». Dans ces conditions, la compagne de Gilles Forray aurait parfaitement pu dissimuler des cachets de Nivaquine sous ses vêtements et les absorber à la fin de sa garde à vue, dans sa cellule ou aux toilettes. Si cette hypothèse se confirme, il restera encore à comprendre les raisons qui l'ont poussée à commettre ce geste désespéré.-------
(18 septembre 2003) Affaire Bédier
Echanges de faveurs
Nouvelle mise en examen pour Michel Delfau
L'AFFAIRE BÉDIER continue. Quatorze jours après le décès en fin de garde à vue de Chantal Guéroult, la compagne d'un élu de Poissy, le juge Courroye a repris le fil de ses investigations. Hier après-midi, le magistrat a entendu Michel Delfau, l'entrepreneur incarcéré depuis le mois de mai, soupçonné d'avoir versé des pots-de-vin à des élus des Yvelines. Déjà mis en examen pour abus de biens sociaux, Delfau a été mis en examen hier pour « corruption aggravée » envers trois élus UMP. A ce jour, Pierre Bédier, ancien maire de Mantes-la-Jolie, et actuel membre du gouvernement, Jacques Masdeu-Arus, maire de Poissy, et Gilles Forray, son premier adjoint, n'ont pas été interrogés par le juge, et demeurent présumés innocents. A l'origine de cette enquête, l'ex-Mme Delfau assure que son ancien mari remettait des fonds en espèces à ces élus. Concernant Pierre Bédier, trois autres témoignages, au dossier, évoquent des remises d'enveloppes à l'actuel secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice.
Concernant les deux autres élus, ceux de Poissy, le maire Jacques Masdeu-Arus et son premier adjoint Gilles Forray, les enquêteurs ont mis à jour une série de liens avec Delfau, notamment une société civile immobilière, la SCI Gamma. Cette SCI, dont les principaux porteurs de parts sont les épouses des deux élus de Poissy, sous leurs noms de jeunes filles, a été propriétaire de locaux à Poissy. L'enquête a établi que ces locaux ont été loués à Ainett, une des sociétés de Delfau. Entendue comme simple témoin cet été, l'épouse de Gilles Forray a reconnu avoir créé la SCI Gamma à la demande de son mari. Elle a également été interrogée sur son embauche, il y a quelques années, dans une des sociétés de Delfau. « C'était un emploi véritable, à 8 000 F mensuels, pour faire du démarchage téléphonique et cela n'a duré que six mois », pondère un proche de Gilles Forray. Le magistrat soupçonne aussi cet élu, avec cette fois sa compagne Chantal Guéroult, d'avoir bénéficié d'un appartement à Marrakech, payé par le compte suisse d'une société de Delfau. Des devis, puis des factures de travaux, adressés à Chantal Guéroult, ont ainsi été réglés par elle, via un compte bancaire marocain. Les enquêteurs semblent également persuadés que Michel Delfau n'a jamais mis les pieds dans cet appartement censé lui appartenir. Lors de son audition d'hier, le chef d'entreprise aurait nié l'ensemble de ces soupçons.-------
(Septembre 2003) Delfau : « J'ai financé les municipales de 1983 à Poissy »
Pour la première fois, Michel Delfau, chef d'entreprise, incarcéré pendant quatre mois dans l'affaire Bédier, s'explique sur ses relations avec l'actuel secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice. MICHEL DELFAU a décidé de rompre le silence. Ce chef d'entreprise, dénoncé par sa femme, est soupçonné d'avoir versé des pots-de-vin à trois élus des Yvelines, dont Pierre Bédier, l'actuel secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice. S'il se défend d'avoir versé des espèces, Delfau reconnaît ici que Pierre Bédier, alors maire de Mantes-la-Jolie, avait bien conseillé aux services municipaux de choisir « à prix et qualité égales » son entreprise.« Quelqu'un de bien informé me dit : "Ta femme sort de chez le procureur et elle vient de te balancer ainsi que trois élus !" » Comment débute votre affaire ?
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Pierre Bédier dans la tourmente
Pierre Bédier, secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice, est convoqué le 21 janvier (2004) chez le juge Courroye. S'il était mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux et corruption, le ministre serait tenu de démissionner.
DÉBUT D'ANNÉE à hauts risques pour Pierre Bédier, l'ancien maire RPR de Mantes-la-Jolie. L'actuel secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice est convoqué le 21 janvier dans le bureau du juge Courroye en vue d'une « mise en examen pour recel abus de bien sociaux et corruption ».
Contrairement au discours rassurant de son entourage, qui évoque depuis quelques jours une convocation comme simple « témoin assisté », il risque de ressortir du bureau du juge avec une double mise en examen vraisemblablement assortie d'un contrôle judiciaire lui interdisant de rencontrer certains protagonistes de l'affaire.
« Compte tenu du caractère farfelu de ce dossier, je n'imagine pas une mise en examen », plaide l'avocat de Bédier, M e Schnerb, persuadé qu'au cours de ce premier interrogatoire son client « va faire valoir ses arguments ». Autre tuile pour le secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice, le juge Courroye vient également de demander au parquet de Paris un élargissement de sa saisine à des faits de « favoritisme » concernant des marchés publics passés à Mantes-La-Jolie. « Cette demande est à l'étude », nous confirme-t-on au parquet de Paris. Présumé innocent, Pierre Bédier a toujours affirmé être victime « d'accusations infondées, mensongères et calomnieuses » (voir nos éditions du 25 septembre (2003)).
La plainte a végété pendant un an en enquête préliminaire
Avant lui, deux autres élus des Yvelines, eux aussi présumés innocents, sont menacés de mise en examen par le juge Courroye. Gilles Forray, adjoint UMP au maire de Poissy et conseiller général, est convoqué mardi prochain. Le lendemain, Jacques Masdeu-Arus, le député-maire UMP de Poissy, est lui aussi convoqué pour des faits de « recel d'abus de biens sociaux et corruption ». Comme Pierre Bédier, les deux élus de Poissy sont soupçonnés d'avoir perçu des pots-de-vin de la part de Michel Delfau, un homme d'affaires implanté dans le secteur du nettoyage dont les sociétés ont obtenu des marchés avec Poissy et Mantes. Outre des remises d'argent, Gilles Forray est soupçonné de s'être fait offrir un appartement à Marrakech avec sa compagne, Chantal Gueroult, décédée en septembre lors de sa garde à vue. Jacques Masdeu-Arus est soupçonné pour sa part d'avoir bénéficié des services d'une femme de ménage.
C'est Aloka Delfau, l'épouse de Michel Delfau, qui a porté le dossier devant la justice. D'origine indienne, cette femme élégante n'a pas hésité, dans le cadre de son divorce, à dénoncer pêle-mêle les comptes suisses de son mari et ses amitiés politiques entretenues selon elle à coups d'enveloppes. La plainte a végété pendant un an en enquête préliminaire, puis le dossier a été confié au juge Courroye en mai dernier. Perquisitions en mairie et aux domiciles des élus, auditions en cascade, le magistrat a accumulé les indices. Quatre personnes au dossier (voir nos éditions du 5 septembre) ont mis en cause Pierre Bédier. Aloka Delfau elle-même, qui a évalué les remises d'espèces à 50 000 ou 80 000 F par an et a assuré avoir assisté à deux remises d'enveloppe. Yann, son fils, a confirmé. Puis Jean-Pierre P..., le comptable de Delfau, a également désigné Pierre Bédier comme réceptionnaires de cash qu'il allait lui-même retirer en banque. Enfin, une autre jeune femme, Karen, un temps très proche de Michel Delfau, a affirmé avoir assisté à un dîner au cours duquel Pierre Bédier aurait reçu une enveloppe.
« Ces témoignages ne constituent pas une preuve », réfute M e Schnerb, qui évoque un « dossier vide ». Incarcéré durant quatre mois de mai à septembre, Michel Delfau, aujourd'hui libre sous contrôle judiciaire, a réfuté également ces accusations.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, mardi 06 janvier 2004, p. 13
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MISE EN EXAMEN. Pierre Bédier démissionne
Interrogé hier par le juge Courroye, le secrétaire d'Etat à la Justice, Pierre Bédier, a été mis en examen pour « corruption » dans une affaire de pots-de-vin. Il a aussitôt présenté sa démission à Jean-Pierre Raffarin.
PIERRE BÉDIER a été mis en examen hier soir (21 janvier 2004) vers 21 heures pour « recel d'abus de biens sociaux et corruption ». En sortant du palais de justice, il a aussitôt présenté sa démission à Jean-Pierre Raffarin. « Afin de se défendre librement, et compte tenu des fonctions particulières qui sont les siennes au sein du gouvernement auprès du garde des Sceaux, Pierre Bédier a démissionné », nous a confié hier soir son avocat, Me Olivier Schnerb.
Arrivé au pôle financier avec un dossier bleu sous le bras et coiffé d'un chapeau noir, le secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice a été entendu pendant cinq heures et demie. « Il a pu s'expliquer sur tout et a répondu à toutes les questions du juge », assure son avocat. A l'issue d'un procès-verbal de dix-neuf pages, le juge Philippe Courroye a signifié à ce membre du gouvernement qu'il le mettait en examen.
« Il aurait pu le laisser témoin assisté, mais pour les confrontations qui s'annoncent, le statut de mis en examen est plus logique », explique Me Schnerb à la sortie du palais de justice. « Quatre témoins ont fabriqué un amalgame et Pierre Bédier va devoir s'expliquer en face à face avec eux », poursuit le défenseur qui espère « obtenir un non-lieu après les confrontations ». « Le juge Courroye nous a dit qu'il irait jusqu'au bout dans ce dossier, dans un sens comme dans l'autre », reconnaît aussi Me Schnerb.
Quatre témoignages
Pierre Bédier, informé par les services de la Chancellerie que le juge Courroye envisageait de le mettre en examen, n'a donc pas obtenu de « miracle ». Dans le bureau du magistrat, il a assuré hier qu'il n'avait jamais perçu de fond de la part de l'homme d'affaires Michel Delfau, « un ami de plus de vingt ans ».
Il a également soutenu que les marchés publics de Mantes-la-Jolie, ville dont il a été élu maire en 1995, n'ont jamais favorisé Delfau. Le juge a estimé que ces démentis n'effaçaient pas pour l'heure tous les soupçons.
Ce dossier a démarré en décembre 2001, avec les accusations d'Aloka Delfau, la femme de l'homme d'affaires. En instance de divorce, elle accuse son mari d'avoir versé des pots-de-vin à des politiques et devant les policiers cite trois noms : Jacques Masdeu-Arus, député maire UMP de Poissy, Gilles Forray, son adjoint aux affaires économiques, et Pierre Bédier, ancien élu de Poissy, et maire UMP de Mantes-la-Jolie.
A l'époque de ces premières accusations, Pierre Bédier n'est pas encore au gouvernement, où il entre en juin 2002. L'enquête s'accélère au printemps dernier, avec l'ouverture d'une information judiciaire confiée à Philippe Courroye. Il perquisitionne aux domiciles des élus, interroge Michel Delfau, qu'il place en détention, et multiplie les auditions de témoins.
Outre Aloka Delfau, qui affirme avoir assisté à des remises d'enveloppes à Bédier, trois personnes vont accuser le secrétaire d'Etat : Yann, le fils d'Aloka, Karen, une ancienne maîtresse de Michel Delfau... et enfin le comptable de l'homme d'affaires.
Quatre témoignages selon lesquels Pierre Bédier aurait touché entre 50 000 et 80 000 F par an, en espèces, de son ami Delfau. Autre soupçon, parallèle au premier : un éventuel favoritisme sur les marchés de la ville de Mantes-la-Jolie. Saisis lors de la perquisition en mairie au printemps dernier, les dossiers d'appel d'offres confiés aux sociétés de Michel Delfau ont été épluchés.
Quand, en 1995, Pierre Bédier a été élu maire de Mantes-la-Jolie, des marchés de nettoyage municipaux ont été confiés aux sociétés de Delfau. « A prix et qualité égaux, choisissez Delfau, avait dit Pierre Bédier aux services municipaux », nous a ainsi confié Michel Delfau lui-même.
Ces marchés étaient-ils surfacturés dans le but de dégager de l'argent des pots-de-vin ? L'ex-secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice va tenter de convaincre le juge du contraire.
Laurent Valdiguié, Le Parisien, jeudi 22 janvier 2004, p. 13
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Bédier l'emporte à Mantes-la-Jolie
PIERRE BEDIER a facilement retrouvé son fauteuil de député de la huitième circonscription des Yvelines, hier 5 décembre 2004), en battant son adversaire socialiste Françoise Descamps-Crosnier par 51,73 % contre 48,27 % lors du second tour d'une élection législative partielle.
Le maire et conseiller général de Mantes-la-Jolie retrouve un siège qu'il avait dû quitter en 2002 après sa nomination au gouvernement au poste de secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la justice.
Les félicitations de Sarkozy
Malmené lors des dernières élections cantonales, le maire de Mantes-la-Jolie, qui parlait hier soir d'une « énorme satisfaction », a été cette fois largement plébiscité en remportant même dans sa commune près de 64 % des voix.
Mis en examen en janvier 2004 dans une affaire de corruption, et contraint de démissionner du gouvernement, Pierre Bédier s'est contenté d'une campagne strictement locale pour cette élection. Il n'a fait que très peu de réunions publiques et n'a demandé le soutien d'aucun ténor national, à l'inverse de son adversaire qui a reçu le soutien de François Hollande et de Ségolène Royal.
Il n'a même pas demandé l'investiture de l'UMP. Pas rancunier, le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a été l'un des premiers à le féliciter hier soir, soulignant qu'après la victoire récente d'Hugues Martin à une autre législative partielle à Bordeaux, la victoire de la droite dans les Yvelines était « autant de signes d'espoir et d'encouragement ».
Nicolas Fertin, Le Parisien, lundi 06 décembre 2004, p. 4
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Publié le 26 septembre 2006Actualisé le 26 septembre 2006 : 07h57
Pierre Bédier confronté aux largesses d'un industriel ami
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27.09.06 | 15:08
L'hommage de Bédier à Michel Delfau
Le président UMP du conseil général des Yvelines et ex-secrétaire d'Etat de Raffarin a défendu l'honneur de feu son corrupteur présumé.
L 'ancien secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la Justice Pierre Bédier a défendu mardi 26 septembre devant la 11e chambre correctionnelle de Paris l'honneur de l'entrepreneur Michel Delfau, son corrupteur présumé, décédé en juillet 2005 à l'âge de 72 ans.
Pierre Bedier est jugé depuis lundi 25 septembre pour "recel d'abus de biens sociaux" et "corruption passive" aux côtés de Jacques Masdeu-Arus et Gilles Forray (maire et premier adjoint UMP de Poissy, Yvelines) et de Jean-Pierre Pécriaux, expert-comptable.
Pierre Bédier a décrit en Michel Delfau son "père adoptif", avec qui il partageait "la passion du gaullisme". "Avec Michel on avait sympathisé au premier regard", a expliqué Pierre Bédier. "J'avais un principe avec Michel: tu m'invite, je t'invite".
Accusations de pédophilie
Le tribunal s'est aussi penché sur les accusations de malversations et de pédophilie portées par son épouse contre Michel Delfau.
Dans un courrier adressé en décembre 2001 au Procureur de la république de Paris, Aloka Delfau avait affirmé que son mari avait effectué d'importants retraits en espèces au sein des sociétés pour en faire bénéficier Pierre Bédier, Jacques Masdeu-Arus et Gilles Forray, ce que ces derniers contestent.
Plus tard, ses enfants l'avaient accusé de gestes déplacés à leur encontre.
Concernant Yann Lorant, Pierre Bédier a déclaré que celui-ci avait des qualités intellectuelles "limitées" et qu'on "pouvait lui faire dire beaucoup de choses".
S'engouffrant dans la brèche, son avocat Me Olivier Schnerb a fustigé les déclarations d'Aloka Delfau dans cette procédure, en dénonçant "un ensemble de mensonges construits et concertés".
"Stressant"
Le tribunal a également passé en revue mardi après-midi la personnalité de Michel Delfau.
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Paru le : 27/09/2006
Procès
La veuve du sulfureux entrepreneur au coeur de l'affaire Bédier
ELLE N'A PAS été citée
comme témoin, mais il n'est question que d'elle à l'audience.
En décembre 2001, alors qu'elle travaille
comme responsable des achats dans le holding familial, cette mère de famille dépose plainte
contre son mari qui, raconte-t-elle, « confond son porte-monnaie et ceux de ses entreprises
» et « fait des gentillesses aux maires » des Yvelines pour obtenir des marchés.
En février
2002, venue préciser aux enquêteurs les raisons de sa démarche, ce n'est plus la femme d'affaires,
mais l'épouse bafouée qui s'exprime. « Je suis comme une étrangère chez moi », se plaint-elle,
évoquant « les jolies filles, jeunes de préférence » que son mari prend pour maîtresses et fait
venir à domicile, les portes qui lui sont « fermées à clé », le lit conjugal déserté.
« Un tissu
de mensonges »
pour le prévenu
Lundi,
Pierre Bédier avait brossé un portrait à la fois tendre et truculent de son ancien ami qui,
« meurtri par une infortune conjugale », aurait décidé de « tout bouffer ». Hier, la lecture
des témoignages campe une personnalité nettement plus inquiétante.
Mais la
part la plus sombre, ce sont les enfants d'Aloka Delfau qui la livrent, en 2003, devant le juge
d'instruction. Yann, qui a longtemps considéré Delfau comme son beau-père avant d'apprendre
qu'il était son géniteur, parle d'un « pervers » et évoque des attouchements sexuels.
Les faits, prescrits, n'ont pas pu faire l'objet d'une plainte.
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24 octobre 2006 - 06:00
Bédier «pas concerné» par le procès qui porte son nom
Quand une procédure de divorce part en vrille, quand les chiens sont lâchés entre ex-époux, tout peut arriver. Jusqu'au renvoi en correctionnelle d'un ministre. C'est la mésaventure de Pierre Bédier, contraint de démissionner du gouvernement Raffarin, promptement recyclé à la présidence (UMP) du conseil général des Yvelines.
«Fascination».
Pierre Bédier paie là sa longue fréquentation d'un chef d'entreprise, Michel Delfau, patron d'une boîte de nettoyage. L'élu raconte qu'ils ont «sympathisé au premier regard», il y a vingt ans. Delfau est mort l'an dernier d'un cancer, mais Bédier, autodidacte et chiraquien de choc, conserve sa «fascination pour l'entrepreneur».
«Pompe à gonzesses».
Le divorce, donc. En 2001, Aloka Delfau dénonce au parquet les turpitudes de son mari. Et notamment la remise d'enveloppes à des élus des Yvelines, dont Pierre Bédier.
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Mardi 24 Octobre 2006
Inéligibilité requise contre Pierre Bédier et deux autres élus UMP --par Verena von Derschau--
PARIS (AP) -- Des peines d'inéligibilité entre trois et cinq ans, de la prison avec sursis et de lourdes amendes ont été requises mardi devant le tribunal correctionnel de Paris contre l'ancien secrétaire d'Etat aux Programmes immobiliers de la Justice, Pierre Bédier, et deux autres élus UMP des Yvelines jugés pour une affaire de corruption présumée de marchés publics.
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Condamnation requise en appel contre Pierre Bédier pour corruption
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LEXPRESS.fr
vendredi 16 mai 2008, mis à jour à 11:46
Justice
Pierre Bédier condamné en appel pour corruption
Hier, la marge de défense de Pierre Bédier est restée mince après l'exposé du président du tribunal.
LE PRÉSIDENT Olivier Leurent lit son exposé d'une voix légère, presque douce. L'échine voûtée, Pierre Bédier noircit en l'écoutant des pages entières d'un grand cahier d'écolier, échange quelques mots avec son avocat, grimace. Les charges sont lourdes.
Devant la 11e chambre du tribunal correctionnel, l'affaire a des allures de chronique noire de la vie politique et économique locale. Dans le rôle principal, l'industriel Michel Delfau, patron autodidacte d'un groupe de nettoyage, a fait son miel des marchés gagnés dans des municipalités et se plaît à fréquenter les élus. À sa femme, son expert-comptable, il répète, «sans argent on n'obtient rien». Entre 1998 et 2003, Michel Delfau gagne d'ailleurs des marchés, dans les Yvelines notamment. À Poissy, à Mantes-la-Jolie. Il mène aussi grand train, fréquente les plus grands restaurants, conduit sa maîtresse dans des voitures de luxe à Deauville ou sur la Cote d'Azur.
épouse bafouée
Michel Delfau est un homme d'affaires comblé par ses activités et ses conquêtes. Mais l'épouse bafouée en instance de divorce, qui a mis ses deniers dans le groupe, détruit d'un coup le beau tableau qu'il avait dessiné. Le 13 décembre 2001, elle explique aux policiers qu'il «dilapide l'argent de la société, en fait profiter certains de ses amis qui lui rendent des services, et notamment des hommes politiques qui ont des responsabilités à Mantes et à Poissy». Pierre Bédier, l'ancien maire de Mantes, Jacques Masdeu-Arus, le maire de Poissy, et Gilles Forray, son premier adjoint, froncent les sourcils dans un même mouvement.
Ce n'est qu'un début. Le président Leurent poursuit sa lecture par les épisodes des enveloppes de papier kraft où l'argent liquide aurait été glissé puis remis aux élus. Version confirmée par la maîtresse et le fils. À celui-ci en qui Delfau voyait son successeur, il montre quelques ficelles, confie que «des compensations sont nécessaires pour obtenir des marchés». À l'expert-comptable il précise qu'il «est impossible de faire autrement».
Comme un résumé des méthodes de l'industriel, le président du tribunal reprend les propos de ce comptable devant le juge d'instruction : «Delfau est manipulateur, menteur séducteur, prêt à tout. Je n'ai pas parlé tout de suite parce que j'avais la trouille.»
Décédé d'un cancer en 2005, l'industriel ne pourra pas se défendre et la présence de son avocat, en robe, hier après-midi à l'audience, ne peut rien y changer. Mais Michel Delfau a eu le temps de se justifier tout au long de l'instruction, rappelle Olivier Leurent. Il n'a rien avoué des faits de corruption et a simplement reconnu avoir «un peu déconné avec les cartes bancaires».
Derrière ce premier rôle écrasant, les trois hommes politiques occupent désormais la vedette. Mais leur marge de défense est mince. Aloka Delfau, l'épouse par qui tout est arrivé, sera à coup sûr l'objet de multiples attaques, comme au fil de l'instruction.
Hier, à l'issue de l'exposé du président du tribunal, Pierre Bédier, Jacques Masdeu-Arus et Gilles Forray ont adopté un profil bas. Tous les trois jouent gros car malgré les charges qui pèsent sur eux ils occupent encore une place centrale dans la vie politique des Yvelines. Pierre Bédier est président UMP du conseil général, Jacques Masdeu-Arus, député-maire de Poissy et Gilles Forray, maire adjoint, toujours président de la commission d'appel d'offres et vice-président du conseil général. Quant au groupe Delfau, ses sociétés sont liquidées ou en redressement judiciaire et une centaine de salariés ont été licenciés.
lefigaro.fr, Publié le 26 septembre 2006Actualisé le 26 septembre 2006 : 07h57, Eric Decouty .
Et d'évoquer un échange de repas: un dîner chez Ducasse (969 euros) contre un déjeuner à la terrasse du Ritz.
Les témoignages de Yann et Elise Lorant, les enfants d'Aloka Delfau qui ne seront pas entendus par le tribunal, ont été lus par le président de la 11e chambre correctionnelle Olivier Leurent. Les deux ont parlé d'"attouchements" et de "gestes déplacés" lorsqu'ils étaient enfants.
"Je pense profondément qu'il n'y a rien d'exact dans ces faits. Ce sont des déclarations infâmes et monstrueuses", s'est insurgé Pierre Bédier devant le tribunal. Pour l'ex-membre du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, il s'agit d'un coup monté par Aloka Delfau qui "souhaitait voir son mari le plus longtemps possible en prison".
"Il était autoritaire, désagréable, hautain et méprisant. Il n'en faisait qu'à sa tête, il ne fallait pas lui tenir tête", a lancé à l'audience Jean-Pierre Pécriaux, l'ancien expert-comptable. "A la fin nos relations étaient très tendues, ses affaires périclitaient, il ne faisait aucune mesure de redressement", a-t-il ajouté. "Travailler avec lui était stressant", a-t-il ajouté.
"Il s'estimait intouchable du fait de ses relations franc-maçonnes et politiques", a déclaré Karen Desmedt présentée dans le dossier comme ayant eu une relation avec Michel Delfau. Celle-ci ne sera pas entendue au cours du procès.
Mis en examen en janvier 2004, Pierre Bédier avait alors dû démissionner du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin dans lequel il était secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice depuis juin 2002. Il comparaît devant le tribunal correctionnel jusqu'au 25 octobre.
NOUVELOBS.COM | 27.09.06 | 15:08
Aloka Delfau, veuve du sulfureux
entrepreneur Michel Delfau, décédé en juillet 2005, est au coeur du procès pour « corruption
» qui vaut à Pierre Bédier de comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris.
C'est elle
par qui le scandale est arrivé, elle qui a tout déclenché.
Selon
Aloka, Michel Delfau est devenu « insupportable », « paranoïaque ». « Il se considère au-dessus
des lois », précise-t-elle aux enquêteurs.
Grand amateur de femmes,
Michel Delfau avait une prédilection pour les petites amies de ses propres fils, qu'il séduisait
notamment au volant de luxueuses Ferrari.
L'une de ses conquêtes, Karen, confirme aux enquêteurs
« l'emprise » de Delfau, sa jalousie maladive, l'impression qu'il la faisait suivre. « Il s'estimait
intouchable grâce à ses relations politiques et franc-maçonnes », a-t-elle constaté.
Elise,
entendue à son tour par le magistrat instructeur, confirmera des « gestes déplacés », avant
de s'effondrer en pleurs. C'est la première fois qu'elle en parle « en dehors du cadre familial
», explique-t-elle au juge.
Mais Pierre Bédier les conteste avec véhémence. « Ces déclarations sont infamantes et monstrueuses
», estime le président du conseil général des Yvelines.
Selon lui, Aloka Delfau est « une grande
manipulatrice ». Elle aurait abusé du « coefficient intellectuel déficient » de son fils Yann
pour fabriquer « un tissu de mensonges » destiné à maintenir son mari en détention provisoire
et à obtenir le maximum d'un inévitable divorce.
Dans le prétoire, aucune réaction. Delfau est
mort. Sa veuve et ses enfants ne sont pas cités comme témoins au procès. Les absents, c'est
connu, ont toujours tort.
Elisabeth Fleury,
Accusé d'avoir reçu des enveloppes d'un entrepreneur, l'élu parle de complot.
Mais même Bédier admet que son ami Delfau s'est comporté en fin de parcours de façon «ignominieuse, moralement et juridiquement».
Une maîtresse du chef d'entreprise, Karen Desmedt, embraye à son tour.
La franchise du comptable met tout le monde d'accord notamment quand il raconte que Delfau lui disait avoir arrosé Bédier. Ce dernier ose une parade : «Tentative d'intoxication en vue de se créer un trésor de guerre», car Michel Delfau «n'entendait pas laisser un sou à son épouse.» De son vivant, le patron dévoyé affirmait n'être «pas assez gogol» pour confier de tels secrets.
Libération, Par Renaud LECADRE
QUOTIDIEN : Mardi 24 octobre 2006 - 06:00, p. 15
Les avocats de la défense doivent plaider mercredi. Le jugement sera ensuite mis en délibéré. AP
nouvelobs.com, Mardi 24 Octobre 2006
Yahoo.fr, actualités, mardi 12 décembre 2006, 14h49
Par Dorothée MOISAN AFP - Jeudi 3 avril, 19h41PARIS (AFP) -