Xavière Casanova épouse Tiberi
Mai 2009 : Tribunal correctionnel, Jean Tiberi, dix mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité. Xavière Tiberi, neuf mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende
Mars 2009 : 5 ans d'inéligibilité demandés
Février 2009 : Enfin devant le Tribunal, querelles de procédure ; un témoignage accablant ; mensonges et menteries
Mars 2008 : Paris, Vème, municipales : Réélu à l'arraché
Février 2008 : Municipales, après 11 ans de procédure Jean Tiberi, maire du Vème arrondissement de Paris et de nouveau candidat, son épouse et 9 amis, renvoyés en correctionnelle ... Question aux juges d'instruction Baudoin Thouvenot et Jean-Louis Périès ...
Novembre 2004 : Xavière agressée
Novembre 2003 : Le Conseil d'Etat "condamne" le conseil général de l'Essonne à rembourser Mme Xavière Tiberi et Mme Marie-Aline Hugot ancienne épouse Dugoin ...
Juillet 2002 : Faux électeurs du 5ème arrondissement de Paris et logements sociaux
Juin 2002 : Jean Tiberi poursuivi pour harcèlement moral (?)
Janvier 2001 : Xavière Tiberi encore sauvée par un vice de forme *
XAVIERE TIBERI peut souffler.
L'épouse du maire de Paris ne sera certainement jamais jugée dans l'affaire de son emploi présumé fictif au conseil général de l'Essonne. Hier, la cour d'appel a annulé une nouvelle fois l'ensemble de la procédure la concernant pour vice de forme. Tailleur beige et lunettes assorties, Xavière Tiberi n'a fait aucun commentaire à la lecture du jugement, laissant le soin à son avocat, Me Thierry Herzog, de donner de la voix. Celui-ci, très satisfait de cette décision, est aussitôt passé à l'offensive contre le procureur d'Evry, Laurent Davenas, annonçant « dans les jours qui viennent » une série de plaintes pour « violation du secret de l'enquête, violation du devoir de réserve et reconstitution artificielle de procédure ».
« Acharnement judiciaire »
La défense de Xavière Tiberi estime avoir trois raisons d'attaquer le magistrat. D'abord, c'est lui, après une première annulation du dossier pour vice de forme en 1997, qui a relancé une deuxième enquête contre Xavière sur les mêmes faits. C'est encore lui qui a fait appel du jugement du tribunal correctionnel d'Evry qui avait déjà annulé la partie du dossier visant la première dame de Paris en première instance en décembre 1999. C'est enfin lui, dans un livre intitulé « Lettre de l'Himalaya », qui a publié en annexe in extenso le rapport de trente-six pages « sur la francophonie » à l'origine de l'affaire. « Xavière Tiberi a été victime d'un acharnement judiciaire », martèle Thierry Herzog. La cour d'appel dans son jugement d'hier estime en tout cas qu'après la première annulation de 1997 la procédure lancée ensuite par le procureur d'Evry a « reconstitué artificiellement » le dossier. En fait, à l'origine de ce jeu de dominos d'annulation en annulation, la justice estime que le juge Halphen, qui a découvert les écrits de Mme Tiberi en perquisitionnant chez elle en juin 1996, ne pouvait pas enquêter sur cette affaire. « Autrement dit, résume un avocat, personne n'aurait jamais dû entendre parler de ce fameux rapport. » Quatre ans et demi après, la première dame de Paris passe donc entre les gouttes. Elle a déjà remboursé les 205 000 F (31 250 *) qui lui ont été versés par le conseil général de l'Essonne, entre mars et décembre 1994. Sauf si l'une des parties, notamment le département passé à gauche, se pourvoit en cassation, elle devrait être définitivement sortie d'affaire dans ce dossier.
Trois ans d'inéligibilité pour Xavier Dugoin
A ses côtés, Xavier Dugoin, l'ancien président RPR du département, condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme en première instance, voit sa peine ramenée aujourd'hui à trois ans avec sursis, trois ans d'inéligibilité et 100 000 F d'amende (15 240 *), et confondue avec une autre condamnation plus ancienne dans une autre affaire d'emplois fictifs. Déjà déchu de son mandat de maire de Mennecy, Xavier Dugoin devrait perdre « prochainement » son mandat de sénateur, selon son avocat Me Bosselut. Alain Aubert, vice-président RPR du conseil général des Hauts-de-Seine, échappe lui aussi à la prison ferme : la peine de ce proche de Charles Pasqua, accusé d'avoir également bénéficié d'un salaire fictif dans l'Essonne, est ramenée à un an avec sursis, 100 000 F d'amende et deux ans d'inéligibilité. Bruno Tellenne, le seul des quatre prévenus de l'affaire qui a reconnu avoir occupé un emploi fictif, écope pour sa part de neuf mois avec sursis. Quant à Laurent Davenas, le procureur d'Evry sur le départ, il attend « sans faire de commentaire » les plaintes annoncées hier par le camp Tiberi. A-t-il déjà fait les frais du bras de fer avec l'Hôtel de Ville ? Sa mutation à la Cour de cassation devait avoir lieu début janvier, mais est repoussée au printemps. Malgré un avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature, l'Elysée refuse toujours de signer.
* Laurent Valdiguié, Le Parisien, 16 janvier 2001, p. 12.
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Tiberi poursuivi pour harcèlement moral
Son assistant parlementaire se dit sous-payé et insulté. Il porte plainte aux prud'hommes.
Jean Tiberi n'en a pas fini avec la justice. Cette fois, il ne s'agit pas de faux électeurs, ni de financement de marchés publics. Mais de harcèlement moral. Depuis deux semaines tout juste, la justice prud'homale est saisie par l'un de ses assistants parlementaires.
Franck Poitevin, 37 ans, célibataire, est «au service» de l'élu depuis le 23 octobre 2000. Traducteur de formation, il travaille auprès de l'ancien maire de Paris «par esprit militant». Salaire mensuel brut : 1 487 euros, en dessous de la moyenne des assistants parlementaires. Longtemps, il s'est tu, craignant représailles et brimades en tout genre. Désormais, parce qu'il «n'en [peut] plus», parce qu'il a dû avoir plusieurs arrêts maladie, il se dit «déterminé à aller jusqu'au bout». Son conseil, Me Annie Chaumeny, spécialiste en droit du travail, est certaine de se trouver devant un cas décrit à l'article L 122-49 du code du travail. Qui précise : «Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.»
Méthodiquement, Franck Poitevin fait l'inventaire du mauvais traitement qu'il aurait subi de la part de son employeur. D'abord, des conditions de travail anormales : des horaires élastiques et les plafonds de la permanence parlementaire qui s'effondrent. Saisie, l'inspection du travail n'est pas intervenue. Après plusieurs réclamations, l'assistant est «relogé» à la mairie du Ve arrondissement de Paris, dernier fief tiberiste.
Là, Xavière Tiberi aurait insulté le salarié de son mari. S'ils sont attestés par des témoins, ces propos sont accablants. S'adressant à une tierce personne, elle aurait décrit l'assistant comme «ne valant pas grand-chose. Il est fou. Il est fou». S'adressant directement à Poitevin qui réclamait de meilleures conditions de travail et de salaire, elle aurait fait remarquer : «On vous a donné un emploi et un logement [il est locataire de la Ville de Paris, ndlr]). Vous nous devez tout. Sans nous, vous seriez à la rue.» Le 15 mars, Jean Tiberi en aurait remis une couche : «Vous êtes un minable, un pauvre type. Vous avez un emploi et un logement grâce à moi.» Réponse de Poitevin : «Le logement, c'est un droit.» Réplique de Tiberi : «C'est un truc de socialistes.» Des propos que devra infirmer le député de Paris devant les prud'hommes
Libération,
Par Didier HASSOUX,
mercredi 19 juin 2002, p. 12
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Faux électeurs du 5e : Jean Tiberi assure qu'il n'y a eu "aucune irrégularité dans les attributions de logements sociaux"
Le député et maire du 5e arrondissement de Paris, Jean Tiberi, a déclaré au Monde, jeudi 11 juillet (2002), qu'il n'avait observé ni commis " aucune irrégularité dans les attributions de logements sociaux" lorsqu'il était maire, entre 1995 et 2001. M. Tiberi a ajouté que " tenter de faire un lien entre l'octroi d'appartements et d'éventuelles inscriptions frauduleuses sur les listes électorales relevait de la mauvaise foi absolue".
Des informations recueillies ces derniers mois par les gendarmes de la brigade de recherches de Paris, dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par le juge Jean-Paul Valat, qui instruit depuis 1997 une plainte pour fraude électorale déposée par Lyne Cohen-Solal (PS), pourraient permettre d'établir que certaines personnes ayant accepté d'être inscrites sur les listes électorales du 5e alors qu'elles n'y résidaient pas ont obtenu, en contrepartie, des logements sociaux sur le quota réservé chaque année au maire de Paris. Les gendarmes ont notamment recensé, sur la période 1995-1998, 290 interventions effectuées par Jean Tiberi au profit de demandeurs de logement, dont 24 concernaient des personnes domiciliées dans sa circonscription électorale, qui couvre le 5e et une partie du 6e arrondissement. Une demi-douzaine de dossiers ont paru suspects aux enquêteurs (Le Monde du 12 juillet).
" Lorsque j'étais maire de Paris, j'ai bien entendu fait des milliers d'interventions en faveur de personnes à la recherche de logement, a indiqué M. Tiberi. C'était non seulement mon droit, mais aussi mon devoir d'élu au service des Parisiens. Cela dit, je ne connaissais bien évidemment pas le détail de chaque dossier, l'adresse exacte de tous les demandeurs. " Selon le député et maire du 5e, "si les gendarmes ont retenu, sur ces milliers d'interventions, six cas, dont il reste d'ailleurs à démontrer le caractère suspect, cela me semble dérisoire".
"UN SYSTÈME DÉLICTUEUX"
L'ancien maire de Paris observe d'autre part que, depuis le scrutin de 1997, "il y a eu des milliers d'électeurs radiés dans -sa- circonscription ". "En bonne logique, ajoute-t-il, s'il y avait bien eu un "système" frauduleux auparavant, j'aurais dû être battu, même balayé, aux élections suivantes. Or je constate que, non seulement j'ai été réélu, que ce soit lors des municipales de 2001 ou des législatives il y a un mois, mais j'ai encore amélioré mes scores ! C'est bien la preuve que les accusations lancées par mes adversaires politiques sont sans fondement. "
Les dernières découvertes des gendarmes pourraient toutefois nourrir une autre enquête - également confiée au juge Valat -, ouverte le 13 décembre 2001 à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par Aurélie Filippetti, tête de liste des Verts dans le 5e lors des municipales de mars 2001 (elle avait recueilli 13 % des suffrages). L'information judiciaire, qui porte sur d'éventuelles irrégularités commises lors de ce scrutin, vise des faits de "corruption passive", "trafic d'influence", "prise illégale d'intérêts", "échec à l'exécution de la loi", "faux commis par une personne dépositaire de l'autorité publique" et "association de malfaiteurs ".
Dans sa plainte, l'avocat de Mlle Filippetti, Me Vincent Toledano, évoque "un système délictueux-ayant- permis l'inscription frauduleuse sur les listes d'électeurs qui n'avaient pas cette qualité, en contrepartie notamment de l'octroi de logements sociaux ou d'emplois municipaux ". Pour le moment, l'enquête, confiée à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), s'est bornée à une perquisition menée en début d'année à la mairie du 5e : de nombreux documents électoraux (demandes d'inscription, cartes électorales, registres de la commission de révision des listes électorales, etc.) ont été saisis. " Il faut espérer que les policiers ne feront pas comme les gendarmes, qui perdent leur temps à faire la chasse aux faux électeurs ", affirme Me Toledano. Selon l'avocat, "le plus important est de mettre au jour les crimes et délits qui ont entouré la fraude électorale".
Le Monde, Fabrice Lhomme, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.07.02, LE MONDE | 12.07.02 | 15h46
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(14 novembre 2003) Emplois fictifs: Xavière Tiberi bénéficie d'un vice de forme
PARIS - Xavière Tiberi, épouse de l'ancien maire RPR de Paris, et Xavier Dugoin, ex-président RPR du Conseil général de l'Essonne, ont obtenu l'annulation pour vice de forme de décisions leur ordonnant de rembourser des salaires payés pour des emplois fictifs. Dans un arrêt daté du 17 octobre, le Conseil d'Etat a estimé que les décisions initiales de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, rendues en première instance et en appel entre 1997 et 1999, étaient irrégulières. La plus haute juridiction administrative française sanctionne notamment le fait qu'un magistrat ait exercé une fonction d'enquête en tant que rapporteur, avant de siéger pour prononcer le jugement, ce qui est illégal. L'affaire en revient donc à son point de départ et Xavière Tiberi, Xavier Dugoin, son ex-femme Marie-Aline Hugot mais aussi le député UMP de l'Essonne Franck Marlin, sa femme Janique et sa belle-mère Jacqueline Bernier n'ont donc plus en théorie obligation de payer. Toutes ces personnes ont bénéficié d'emplois fictifs au Conseil général de l'Essonne au début des années 90 lorsque Xavier Dugoin en était le président RPR. Marie-Aline Hugot, "employée" de 1993 à 1995 au cabinet de son mari pour 23.000 francs par mois (3.500 euros), a ainsi demandé la rétrocession des 109.000 euros qu'elle avait dû rembourser. Xavière Tiberi, qui avait remboursé les 211.000 francs (33.000 euros) perçus, n'a en revanche encore rien demandé et la position de Franck Marlin et des membres de sa famille n'est pas connue. Le président PS du Conseil général de l'Essonne, Michel Berson, a annoncé qu'il refuserait de reverser l'argent. "Il est hors de question de permettre à ces personnes de spolier une seconde fois les contribuables", a-t-il dit à plusieurs médias. VICTOIRE THEORIQUE La victoire judiciaire de Xavier Dugoin et de ses ex-"employés" est donc pour l'instant symbolique, d'autant que la chambre régionale des comptes a la possibilité de reprendre la procédure sur initiative du parquet. Cet imbroglio judiciaire constitue le dernier rebondissement d'une affaire lancée en 1996 par une perquisition du juge de Créteil Eric Halphen chez les Tiberi. La magistrat avait alors saisi le seul "travail" de Xavière Tiberi dans l'Essonne, un rapport sur la "coopération décentralisée" truffé de fautes d'orthographe et plagiant partiellement des ouvrages existants. Une première enquête avait été ouverte en 1997 après un épisode rocambolesque qui avait vu le ministère de la Justice envoyer un hélicoptère dans l'Himalaya afin de tenter d'y joindre un magistrat français pour faire échouer la procédure. La première enquête annulée, une seconde procédure avait abouti à une nouvelle annulation pour vice de forme. Quant à Xavier Dugoin, il a été déchu de son mandat de sénateur après des condamnations à des peines de prison avec sursis pour les emplois fictifs, et deux mois et demi d'incarcération entre juillet et septembre 2001 sanctionnant un vol de bouteilles de vins dans les caves du Conseil général, le 28 février 1998 à Evry.------------
Xavière Tiberi peut récupérer l'argent de son rapport
L'AFFAIRE du rapport sur la francophonie de Xavière Tiberi rebondit de manière inattendue. Un arrêt récent du Conseil d'Etat vient de donner la possibilité à l'épouse de l'ancien maire (RPR) de Paris de réclamer le remboursement des 33 300 € qu'elle avait perçus entre mars et décembre 1994, après la rédaction de ce fameux rapport pour le conseil général de l'Essonne, dirigé à l'époque par le sénateur-maire (RPR) Xavier Dugoin. D'abord poursuivie pour ce document de 36 pages truffé de fautes et considéré comme un faux destiné à cacher un emploi fictif à la justice, Xavière Tiberi avait dû rembourser l'argent. Mais, en janvier 2001, la cour d'appel de Paris avait finalement annulé la procédure au pénal pour vice de forme.La décision du Conseil d'Etat bénéficie également à l'ex-femme de Xavier Dugoin, Marie-Aline Hugot, employée au cabinet de son mari entre avril 1993 et décembre 1995. Cette dernière n'a d'ailleurs pas perdu de temps puisqu'elle vient de demander au département de l'Essonne le remboursement de 109 700 € perçus à l'époque, mais qu'elle avait elle aussi rendus. Pour le moment, elle est la seule à avoir formulé cette demande. L'avocate de Xavière Tiberi n'a pas fait connaître sa décision.
« Les voleurs continuent de voler »
" Je suis abasourdi qu'on ose spolier une deuxième fois les contribuables essonniens, commente Michel Berson, l'actuel président socialiste du conseil général de l'Essonne. Les voleurs continuent de voler. J'ai donc décidé de ne pas faire suite à cette demande de remboursement. »
Avec sa décision, le Conseil d'Etat permet à deux des prévenus poursuivis dans le dossier des emplois fictifs du département de l'Essonne de récupérer auprès de la justice administrative ce qu'ils avaient perdu au pénal. Un dysfonctionnement entre la Cour des comptes et la Chambre régionale des comptes (CRC) a motivé la décision du Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative du pays, dont les décisions ne peuvent pas faire l'objet d'un appel, a estimé qu'un des rapporteurs de la CRC avait été juge et parti. Un magistrat a en effet participé à la vérification des comptes du département de l'Essonne, tout en prenant part au délibéré de la CRC sur le même sujet, ce que la jurisprudence du Conseil d'Etat interdit formellement. Autre erreur de débutant : la Cour des comptes, saisie en appel par Xavier Dugoin, s'était déclarée incompétente, jugeant qu'elle avait déjà publié, en 1998, un rapport qui critiquait ouvertement la gestion du département. Or un arrêt de février 2000 lui permettait en fait de statuer sur cet appel.
Michel Berson, bien décidé à défendre l'intérêt des contribuables essonniens, espère désormais que la CRC va se saisir à nouveau du dossier de la gestion du département de l'Essonne sous l'ère Dugoin, qui a pris fin en 1998.
David Charpentier,
Le Parisien, vendredi 14 novembre 2003, p. 15
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(Novembre 2004) Soupe aux baffes chez Xavière Tiberi
Epilogue d'un conseil de quartier dans le Ve arrondissement, fief de Jean Tiberi, député-maire UMP de ce secteur de Paris : une élue verte, Aurélie Filippetti, placée en garde à vue durant six heures hier, et deux plaintes. Une de Xavière Tiberi la femme de son mari qu'on ne présente plus et une autre d'Aurélie Filippetti, chacune s'accusant mutuellement d'agression, de menaces ou d'insultes. A l'appui de sa plainte, Xavière Tiberi a produit une ITT (interruption temporaire de travail) de dix jours pour «traumatisme crânien».
Hier, l'élue verte niait farouchement l'avoir bousculée. Au contraire. Elle dit avoir été «insultée de manière ordurière et sexiste» par Xavière Tiberi. L'ambiance était chaude. Et les personnels de sécurité de la ville ont dû s'interposer.
Tout ceci s'est produit à la suite d'une réunion publique organisée à la mairie du Ve, et à laquelle participaient 200 à 300 personnes. Objet des débats : la création, dans l'arrondissement, d'un self pour servir des repas aux démunis du quartier en lieu et place d'un restaurant géré par les services municipaux et dédié aux personnes âgées. Cette structure étant sous-utilisée (quatre autres restaurants pour seniors existent dans le Ve), la ville a décidé de changer l'affectation de cet établissement situé rue Santeuil.
Le 14 septembre, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS) a informé par lettre Jean Tiberi de ses intentions. «Réponse de Tiberi : une pétition signée par une centaine de personnes pour dire non à ce projet, sans autre forme de discussion», indique-t-on à l'Hôtel de Ville. Mardi soir, l'adjointe au maire chargée des affaires sociales, Gisèle Stievenart (PS), était donc venue présenter le projet au conseil de quartier. «On s'est retrouvés dans une salle chauffée à blanc, avec des gens chargés de faire la claque. On a eu droit à la bronca. Au lieu de jouer son rôle de modérateur, monsieur Tiberi, maire du Ve, a laissé dériver le débat. On a entendu des propos de rejet inadmissibles contre les démunis», affirme Gisèle Stievenart. Et «l'association Aurore, pressentie pour gérer ce restaurant, n'a pas eu la parole».
Propos entendus dans la salle, selon des témoins : «des charters de SDF vont arriver dans le Ve», «ça va être un Woodstock de SDF». Aucun centre d'hébergement ou de restauration pour les sans-abri n'existe dans ce quartier très protégé. Gisèle Stievenart a accepté d'amender son projet. Proposant d'organiser deux services de repas rue Santeuil : un pour les seniors, et un autre pour les personnes en difficulté. Nouvelle bronca. Cette fois, la salle dit en substance que les SDF risquent de refiler leurs microbes aux vieux.
Tiberi a mis fin au débat en faisant voter à main levée l'assistance. Indignation d'Aurélie Filippetti qui dénonce un «simulacre de démocratie» avant de quitter la salle. C'est à ce moment qu'elle croise dans une pièce attenante Xavière Tiberi. Il y a bien eu altercation. Mais chacun a sa version sur le déroulé des événements.
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Un nationaliste s'est tué mercredi soir, alors que cinq attentats ont été commis.
Par Ludovic BLECHER, Libération,
QUOTIDIEN : vendredi 5 janvier 2007
Sale temps pour les cagoulés.
Maisons secondaires.
Sur la commune de Solaro (Haute-Corse), le corps d'Ange-Marie Tiberi, la cinquantaine, patron pêcheur et gérant d'une société de travaux maritimes, a été retrouvé vers 22 heures près d'une zone de résidences secondaires déjà visée en 2003 au lieu-dit les Marines de Solaro.
C'est le deuxième homme du commando, Alain Ruggieri, qui, blessé, a donné l'alerte après avoir quitté à pied les lieux de l'explosion. Pris en charge par les pompiers, il a été héliporté à l'hôpital de Bastia dans un état «très sérieux». Hier, il a tout de même pu être entendu par les enquêteurs tandis que le parquet de Paris, compétent sur le plan national pour les affaires de terrorisme, était saisi.
La personnalité des deux victimes a de quoi surprendre. Il ne s'agit pas de jeunes activistes mais de deux militants chevronnés qui appartiendraient au FLNC-Union des combattants, mouvement clandestin proche de Corsica nazione independente. «C'est un ancien, confirme une source policière. Il faisait partie de l'appareil. Ça fait un moment que plus personne ne s'intéressait trop à lui. Voir la vieille garde monter au front pose la question de la relève. On se demande où sont les jeunes. Ils sont peut-être là, mais on ne les voit pas.»
Présidentielle.
Ce nouveau décès dans les rangs des activistes porte à quatre le nombre d'indépendantistes tués par leur propre bombe en onze mois. Du jamais-vu en trente ans de terrorisme corse. En 2006, trois hommes avaient trouvé la mort lors de tentatives d'attentats revendiquées par le principal groupe clandestin concurrent, le FLNC dit du «22 octobre». «Si les loupés et les attentats ratés se multiplient, il y a toujours autant d'explosions en Corse», nuance un policier.
Depuis plusieurs mois, les deux composantes du FLNC mettent la pression en exigeant la prise en compte de la «question nationale corse» par les candidats à la présidentielle. Il y a eu plus d'attentats ou de tentatives en 2006 qu'en 2005 (232 contre 168). D'ailleurs, au cours de la mini nuit bleue de mercredi soir, entre 3 h 15 et 3 h 30 du matin, le Trésor public ainsi que quatre agences bancaires ont été légèrement touchés à Ajaccio et dans sa proche région. Quelle sera la réaction du ministre de l'Intérieur ? Il souhaitait ne décliner, en Corse, que le thème du développement rural et de l'agriculture.
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vendredi 15 février 2008, 11h36
Panafieu s'interroge sur le renvoi en correctionnelle de Tiberi
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Les époux Tiberi seront jugés pour fraude électorale
Reuters - Jeudi 14 février, 16h58PARIS (Reuters) -
Le maire du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, son épouse Xavière et neuf de leurs proches ont été renvoyés en correctionnelle pour fraude électorale, à moins d'un mois du premier tour des élections municipales, apprend-on de source judiciaire.
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Dans le Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi l'emporte à l'arraché
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Procès Tiberi: le procureur nie avoir enterré le dossier
Créé le 03.02.09 à 07h01 | Mis à jour le 03.02.09 à 07h20 | 20 minutes.fr
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Un témoin fait tanguer le bateau Tiberi
12 février 2009 12.00
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Des fissures dans la maison Tiberi
LE MONDE | 25.02.09 | 16h43 Franck Johannès
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Inébranlable Xavière MARIE-ANNE GAIRAUD, AVEC VIOLETTE LAZARD
Le Parisien 1er mars 2009, p. 13
Accrochage entre la femme du maire du Ve et une élue verte à propos d'un restaurant pour SDF.
Par Tonino SERAFINI, jeudi 11 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 14
A la veille de la visite en Corse de Nicolas Sarkozy, la démonstration de force des poseurs de bombes dans la nuit de mercredi à jeudi s'est soldée par un bilan qui témoigne d'un usage de plus en plus approximatif des explosifs : si cinq attentats ont été réussis, il y a aussi eu un mort et un blessé dans les rangs nationalistes.
Selon une ébauche de scénario établi par les enquêteurs, les deux hommes ont déposé une première charge dans une villa du lotissement de Solaro, puis ont tenté d'en transporter une seconde dans une autre villa. Ce serait durant le trajet que la deuxième bombe a sauté accidentellement peu avant 20 heures.
Par Ludovic BLECHER, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 5 janvier 2007
L'ancien maire de Paris brigue en mars un nouveau mandat dans le Ve arrondissement de la capitale.
"A titre personnel, mais je ne suis pas la seule, j'ai un point d'interrogation dans la tête", a déclaré la candidate UMP à la mairie de Paris sur France Info.
"J'aime penser que la justice de mon pays est totalement indépendante. Elle peut se tromper, elle peut avoir raison mais en tout état de cause elle est impartiale. J'aime à le penser", a-t-elle poursuivi.
"Au bout de onze ans de procédure et trois semaines avant le premier tour, des juges d'instruction prononcent un renvoi en correctionnelle avant même la réquisition du parquet ce qui ne se fait pas ordinairement", a-t-elle fait remarquer.
Lyne Cohen-Solal, adversaire socialiste de Jean Tiberi dans le Ve arrondissement, n'a pas souhaité réagir après l'annonce de la décision des juges d'instruction jeudi. "Ce n'est pas ça la campagne", souligne-t-on dans son entourage.
Laure Bretton
Thierry Lévêque
Par Par Eléonore DERMY AFP - Lundi 17 mars, 01h14PARIS (AFP) -
Ce mardi après-midi, le prévenu Raymond Nentien, ex-secrétaire général de la mairie du 5e et principal témoin dans cette affaire, sera entendu.
Magali Gruet
Me Comte a eu deux mots : "Quelle complaisance !" Le président l'a pris de travers, "le tribunal saura s'en souvenir, maître". Antoine Comte veut seulement s'ôter d'un doute : "A-t-on jamais vu une audience où la prévenue peut s'en aller fumer pendant qu'on l'interroge ?"
Non, mais ce n'est pas une prévenue, c'est Mme Tiberi, et Dieu sait si elle a déjà des soucis.
Les Tiberi ne sont plus assez nombreux pour former le dernier carré : ils sont deux. Anne-Marie Affret, fidèle d'entre les fidèles, première adjointe du maire du 5earrondissement depuis 1984, a compris, mardi 24 février, qu'elle n'appartenait plus au clan.
Hésiter, c'est trahir, et Mme Tiberi ne lui a pas envoyé dire qu'elle n'était plus son amie. C'est peu, mais peut-être suffisant pour faire basculer l'audience.
Ainsi va le procès des faux électeurs du 5e arrondissement de Paris ; ces trois semaines n'ont pas apporté de révélations sur un dossier vieux de quinze ans, mais une page se tourne, celle des années Chirac, avec celle des années Tiberi.
Les époux s'accrochent avec une obstination qui force l'admiration, en dépit d'un dossier épouvantable. La terre s'effondre sous leurs pieds, mais c'est la terre qui ment.
Onze prévenus attendent depuis le 2 février que la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris les fixe sur leur sort. Manquent quelques exécutants et beaucoup de poids lourds de la vie municipale parisienne, sauvés par la prescription. Les positions sont à peu près tranchées désormais, et la confrontation générale, mardi 24 février, n'a qu'insensiblement fait glisser les lignes de front.
"MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CES HOMMES SOUMIS !"
D'un côté, les sous-fifres de Mme Affret. Deux bénévoles RPR, puis Annick Mercier, sa secrétaire, qui murmure: "On m'a rendue malhonnête, on m'a fait écrire des choses, je reconnais ma faute, mais j'ai subi des ordres."
On lui a aussi trouvé un appartement, fait observer le procureur, et trois cartes du RPR. Patrick Mondain, ensuite, "homme à tout faire" de Mme Affret. Il a lui aussi, sous la dictée, rempli de fausses demandes d'inscription sur les listes, parce qu'il était soumis. "Mais qu'est-ce que c'est que ces hommes soumis ! explose Anne-Marie Affret, qui ne lui arrive pas tout à fait à l'épaule. Je ne leur mettais pas le couteau sous la gorge, quand même !"
De l'autre, les fifres.
Jean-Charles Bardon, "maire postiche" du 5e, comme il s'en régale lui-même, de 1995 à 2001, quand Jean Tiberi est devenu maire de Paris, qui n'en finit pas de déglutir son chapeau. Il ne savait rien, n'a rien vu: "J'étais dans mon bureau et j'essayais d'en sortir le moins possible."
A côté de lui, Jacqueline Mokrycki, aussi grise que Jean-Charles Bardon est transparent; elle est entrée à 17 ans comme secrétaire à la mairie du 5e, Jean Tiberi, toujours maire de l'arrondissement, a tout fait pour sa carrière, elle est aujourd'hui sa directrice de cabinet et n'a vraiment rien remarqué de suspect.
Deux hommes se sont mis à table.
Raymond Nentien, le secrétaire général de la mairie, mis au parfum des fraudes dès 1991 par son prédécesseur, Claude Comiti. Il a découvert en 1994 qu'elles étaient massives et n'a tout raconté aux gendarmes qu'en garde à vue en 2000. "Les ordres venaient de plus haut, de M. Tiberi, je ne pouvais rien faire, j'aurais été laminé". Il exhorte son maire, élu de la République, à reconnaître la vérité devant la justice de son pays – "ce serait votre honneur". "Je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de vous", laisse tomber le maire, glacial.
M. Nentien est appuyé pour l'essentiel par Olivier Favre, le chef du bureau des élections, et la fraude ne fait aucun doute. Les gendarmes ont isolé 196 faux électeurs pour les années 1994-1997, mais ils n'étaient que trois pour contrôler 41500 électeurs, et ont très vite buté contre la prescription.
Ils ne doutent pas que les faux électeurs aient été plusieurs milliers, qui votaient RPR contre un service, un emploi, une place en crèche ou un logement.
Raymond Nentien a trouvé dans les archives un premier faux électeur dès 1977 : un Casanova, cousin de Xavière.
Le pivot du procès reste Anne-Marie Affret, que les Tiberi ont tiré d'embarras quand elle était dans le malheur et qui s'est mouillée pour eux comme personne. Elle avait reconnu des bouts de son écriture sur de fausses attestations pendant l'instruction et guère plus, mais peste dans les couloirs du tribunal "contre ces hommes, excusez-moi Monsieur, qui n'ont pas de couilles". Elle s'est jetée à l'eau lundi 16 février et a reconnu qu'il existait bien un système de fraude, qu'elle a rédigé et fait rédiger de fausses attestations avec la complicité de Raymond Nentien. Elle s'efforce depuis de ne pas impliquer les Tiberi, mais le grand écart devient difficile et Mme Affret n'est pas une femme très souple.
"Ce que j'ai sur le cœur je l'ai dit, a expliqué mardi la première adjointe. J'ai pris mes responsabilités; je ne suis pas à l'origine de tout cela. Que ce soit pour les faux électeurs ou par la mairie du 5e, je n'ai jamais pris d'initiative."
Xavière la fusille du regard. "Je ne décidais de rien, a repris Mme Affret, encore moins des faux électeurs. Ça existait quand je suis arrivée, j'ai continué, c'est tout. S'il y a des personnes qui se sentent responsables, qu'elles le disent elles-mêmes."
"JE NE DONNE PAS D'ORDRES"
C'en est trop. Raymond Nentien avait répété que Jean Tiberi avait "deux bras droits" à la mairie, Mmes Affret et Tiberi, l'épouse du maire n'étant pourtant ni élue ni fonctionnaire. Anne-Marie a bien dû le reconnaître: "J'étais très présente, les autres élus avaient une profession, je travaillais beaucoup, Monsieur le président. Jean Tiberi me donnait des instructions, c'est normal, c'est le patron, c'est le cerveau, forcément." Puis plus loin: "Tout ce que je faisais à la mairie, c'est Jean Tiberi qui me demandait de le faire."
Elle a expliqué qu'elle ne parlait pas des faux électeurs, et essayé de ne pas aller trop loin mais c'était trop tard. "Je m'occupais des crèches, et j'avais un rôle plus politique, il fallait voir les commerçants, les médecins, des fois Mme Tiberi me disait, il faudrait aller faire ça ou ça…"
– "C'est pas vrai, la coupe Xavière. Je ne donne pas d'ordres.
– Mais ce n'était pas un ordre, juste une transmission, sourit Mme Affret.
– Je conteste formellement, rugit Mme Tiberi, pas mollement, formellement. Devant tant de mensonges, je suis obligé de m'insurger, ce sont des mensonges éhontés.
– Je ne suis pas une menteuse, dédramatise Mme Affret, je n'ai rien dit de mal, on était toujours ensemble, Mme Tiberi me disait…
– On n'était pas toujours ensemble.
– Mais Mme Tiberi, je n'ai rien contre elle, nous sommes amies…
– C'est pas vrai, tranche Xavière. Mes amis, ce sont des amis d'enfance, chez qui je passe le réveillon et avec qui je déjeune le dimanche. Je cloisonne, avec le travail. Oui, Mme Affret est une amie, mais pas une amie d'enfance. Rien n'est plus doux que le nom, rien n'est plus rare que la chose. Mme Affret n'est pas une amie avec qui je passe le réveillon de Noël, par exemple."
Anne-Marie Affret est sciée.
Elle, une menteuse éhontée ? Xavière Tiberi l'a rejetée presque malgré elle dans le camp de l'ennemi. Mme Affret n'a pas été plus loin mardi, mais elle l'a sur le cœur, et le procès ne se termine que le 4 mars.
Il reste des tas d'autres points obscurs. Le président Jean-Paul Albert a dû être bénédictin dans une vie antérieure, puis douloureusement réincarné en magistrat, et il a un goût très sûr pour les lectures à voix haute de procès-verbaux longs comme la Genèse, qui ont le mérite de permettre aux prévenus de reprendre leurs esprits et à la salle de se rendormir.
Cela ne fait guère l'affaire des avocats de la défense qui font monter graduellement monter la pression pour assommer un témoin sous ses propres contradictions. Ainsi pour Olivier Favre, le chef du bureau des élections, passé sur le gril : Jean Tiberi était-il ou non présent le soir, quand la mairie était fermée, lors des très suspectes opérations de tri des cartes d'électeurs en 1994 et en 1997 ?
Le point est décisif pour Me Thierry Herzog, l'avocat du maire, qui assène à Olivier Favre la lecture de ses neuf auditions et de ses neuf versions différentes, constamment interrompu par un président ravi d'exhumer une pièce qui avait échappé à son zèle. Me Herzog fait un flop. Pierre Haïk bondit à la rescousse, pour la défense de Xavière, avec cette rage contenue qui donne toujours l'impression qu'il vient de se faire marcher sur les pieds.
Il a une pièce solide : les carnets du gardien de la mairie, accusé d'être un fainéant et qui, piqué au vif, a entrepris de noter les heures d'entrée et de sortie de tout le personnel. Mme Tiberi n'est ni venue ni partie de la mairie du 5e pendant tout le mois de mai 1994, preuve qu'elle n'était pas nuitamment à cette opération de récupération des cartes électorales.
L'avocat triomphe. Jusqu'au moment où l'on se rend compte que son listing est tapé à la machine, ce n'est donc pas celui du gardien. Des gendarmes peut-être ? Où sont les scellés ? Les avocats bourdonnent, il va être 19 heures, on verra demain, et l'affaire fait pschitt.
Les Tiberi sortent, leur avocat sous le bras, et rentrent chez eux, place du Panthéon. Il fait nuit, il fait froid, et les époux ont matière à songer, avec amertume, que la patrie, aux grands hommes, n'est plus tellement reconnaissante.
Quand Jean Tiberi rejette calmement les accusations, Xavière, elle, s'emporte.
« Des billevesées », des « fariboles» tout ça, qui lui donnent « des pulsations ». « Je monte même à 18 », précise-t-elle au président du tribunal mi-agacé mi-troublé par cette petite femme qui a le don de captiver la salle entière, héritage d'une jeunesse où elle a fait beaucoup de théâtre.
Alors que tous les doigts sont pointés vers elle, l'ancienne fille de pâtissier met tout le monde au pas. Demande à un avocat de lui parler « sur autre ton ». Refuse de répondre aux questions d'un autre car elles « sont malveillantes et mal formulées ». Elle a même obtenu, mardi demier, l'autorisation du président d'aller griller une cigarette alors que l'audience venait tout juste de reprendre après une longue pause.
Droite, elle l'est restée tout au long du procès, aux côtés de son mari qu'elle couve du regard et qu'elle appelle « Tiberi » quand elle parle de l'homme politique.
La politique, ce n'était pas l'idée de Xavière.
Elle n'a pas franchement approuvé lorsque son époux lui a fait part de ses ambitions. Mais rien ne semble pouvoir séparer ces deuxlà Et si elle n'a d'abord pas manifesté un grand enthousiasme, cette femme issue d'une famille de gauche est vite devenue une militante RPR combative, à l'instinct parfois très affiné, dotée d'une volonté d'acier. « Sans elle, il n'aurait pas fait la carrière qu'il a eue », murmure un proche collaborateur. « C'est elle qui l'a poussé à prendre la succession de Chirac à la mairie de Paris. Lui, il aurait sans doute préféré être garde des Sceaux à la place de Toubon », se souvient un ex-directeur de la Ville de Paris. « Ils sont mariés pour le meilleur.. et pour le pire ! » sourit un ancien proche.
"Elle est formidable"
Car l'épouse dévouée a fini par vampiriser l'image de son mari.
Jusqu'en 1995, elle était restée dans l'ombre de Jean, quand lui-même se fondait dans celle du maire de Paris, Jacques Chirac, dont il était le premier adjoint La notoriété de Xavière se limitait aux frontières du Ve arrondissement qu'elle arpentait pour vanter les mérites de son mari. « Elle voulait toujours s'occuper de tout. Elle intervenait partout », raconte un fonctionnaire. Leur arrivée à l'Hôtel de Ville les place sous les feux des projecteurs.
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Quand Jean Tiberi oppose un sourire imperturbable à l'adversité, Xavière, elle, parle.
L'an dernier, Jean Tiberi y a été réélu à 223 voix près, devant la socialiste Lyne Cohen-8olal. Pour l'occasion, le couple s'est offert une petite virée à l'Hôtel de Ville. Tandis que Jean savourait sa victoire devant les journalistes, Xavière errait dans les salons, nostalgique.
Aujourd'hui, pour le procès, le clan a décidé de se taire. Quand on l'interroge sur son épouse, Jean Tiberi reste muet. Seul aveu lâché, à l'arraché : « Elle est formidable. Je l'admire. » Les Tiberi ont fèté leurs noces d'or l'an dernier.
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BIO EXPRESS
22 août 1936 : naissance de Xavière Casanova à Corte en Corse.--------
Cinq ans d'inéligibilité requis contre Jean et Xavière Tiberi Le Figaro.fr Mathieu Delahousse 03/03/2009 | Mise à jour : 10:15 |
Outre la privation des droits civiques, douze mois de prison avec sursis ont été requis contre l'ex-maire de Paris, dix contre son épouse.--------