Le portrait d'une Grande Démocrate
Jean Tiberi, ancien magistrat Xavière Casanova épouse Tiberi
Le saut d'Ange-Marie (janvier 2007)

Mars 2013 : Condamnation confirmée en appel. Jean Tiberi 10 mois avec sursis, 3 ans d'inéligibilité, 10 000 euros. Xavière 9 mois avec sursis, 5 000 euros, 2 ans de privation du droit de vote.

Février 2011 : Emploi fictif, abus de confiance, Lyne Cohen-Solal et Pierre Maurois condamnés avec sursis, après 10 ans de procédure ...

Mai 2009 : Tribunal correctionnel, Jean Tiberi, dix mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité. Xavière Tiberi, neuf mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende
Mars 2009 : 5 ans d'inéligibilité demandés
Février 2009 : Enfin devant le Tribunal, querelles de procédure ; un témoignage accablant ; mensonges et menteries

Mars 2008 : Paris, Vème, municipales : Réélu à l'arraché
Février 2008 : Municipales, après 11 ans de procédure Jean Tiberi, maire du Vème arrondissement de Paris et de nouveau candidat, son épouse et 9 amis, renvoyés en correctionnelle ... Question aux juges d'instruction Baudoin Thouvenot et Jean-Louis Périès ...

Novembre 2004 : Xavière agressée

Novembre 2003 : Le Conseil d'Etat "condamne" le conseil général de l'Essonne à rembourser Mme Xavière Tiberi et Mme Marie-Aline Hugot ancienne épouse Dugoin ...

Juillet 2002 : Faux électeurs du 5ème arrondissement de Paris et logements sociaux
Juin 2002 : Jean Tiberi poursuivi pour harcèlement moral (?)

Janvier 2001 : Xavière Tiberi encore sauvée par un vice de forme *
XAVIERE TIBERI peut souffler.
L'épouse du maire de Paris ne sera certainement jamais jugée dans l'affaire de son emploi présumé fictif au conseil général de l'Essonne. Hier, la cour d'appel a annulé une nouvelle fois l'ensemble de la procédure la concernant pour vice de forme. Tailleur beige et lunettes assorties, Xavière Tiberi n'a fait aucun commentaire à la lecture du jugement, laissant le soin à son avocat, Me Thierry Herzog, de donner de la voix. Celui-ci, très satisfait de cette décision, est aussitôt passé à l'offensive contre le procureur d'Evry, Laurent Davenas, annonçant « dans les jours qui viennent » une série de plaintes pour « violation du secret de l'enquête, violation du devoir de réserve et reconstitution artificielle de procédure ».

« Acharnement judiciaire »
La défense de Xavière Tiberi estime avoir trois raisons d'attaquer le magistrat. D'abord, c'est lui, après une première annulation du dossier pour vice de forme en 1997, qui a relancé une deuxième enquête contre Xavière sur les mêmes faits. C'est encore lui qui a fait appel du jugement du tribunal correctionnel d'Evry qui avait déjà annulé la partie du dossier visant la première dame de Paris en première instance en décembre 1999. C'est enfin lui, dans un livre intitulé « Lettre de l'Himalaya », qui a publié en annexe in extenso le rapport de trente-six pages « sur la francophonie » à l'origine de l'affaire. « Xavière Tiberi a été victime d'un acharnement judiciaire », martèle Thierry Herzog. La cour d'appel dans son jugement d'hier estime en tout cas qu'après la première annulation de 1997 la procédure lancée ensuite par le procureur d'Evry a « reconstitué artificiellement » le dossier. En fait, à l'origine de ce jeu de dominos d'annulation en annulation, la justice estime que le juge Halphen, qui a découvert les écrits de Mme Tiberi en perquisitionnant chez elle en juin 1996, ne pouvait pas enquêter sur cette affaire. « Autrement dit, résume un avocat, personne n'aurait jamais dû entendre parler de ce fameux rapport. » Quatre ans et demi après, la première dame de Paris passe donc entre les gouttes. Elle a déjà remboursé les 205 000 F (31 250 *) qui lui ont été versés par le conseil général de l'Essonne, entre mars et décembre 1994. Sauf si l'une des parties, notamment le département passé à gauche, se pourvoit en cassation, elle devrait être définitivement sortie d'affaire dans ce dossier.

Trois ans d'inéligibilité pour Xavier Dugoin
A ses côtés, Xavier Dugoin, l'ancien président RPR du département, condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme en première instance, voit sa peine ramenée aujourd'hui à trois ans avec sursis, trois ans d'inéligibilité et 100 000 F d'amende (15 240 *), et confondue avec une autre condamnation plus ancienne dans une autre affaire d'emplois fictifs. Déjà déchu de son mandat de maire de Mennecy, Xavier Dugoin devrait perdre « prochainement » son mandat de sénateur, selon son avocat Me Bosselut. Alain Aubert, vice-président RPR du conseil général des Hauts-de-Seine, échappe lui aussi à la prison ferme : la peine de ce proche de Charles Pasqua, accusé d'avoir également bénéficié d'un salaire fictif dans l'Essonne, est ramenée à un an avec sursis, 100 000 F d'amende et deux ans d'inéligibilité. Bruno Tellenne, le seul des quatre prévenus de l'affaire qui a reconnu avoir occupé un emploi fictif, écope pour sa part de neuf mois avec sursis. Quant à Laurent Davenas, le procureur d'Evry sur le départ, il attend « sans faire de commentaire » les plaintes annoncées hier par le camp Tiberi. A-t-il déjà fait les frais du bras de fer avec l'Hôtel de Ville ? Sa mutation à la Cour de cassation devait avoir lieu début janvier, mais est repoussée au printemps. Malgré un avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature, l'Elysée refuse toujours de signer.
* Laurent Valdiguié, Le Parisien, 16 janvier 2001, p. 12.

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Tiberi poursuivi pour harcèlement moral
Son assistant parlementaire se dit sous-payé et insulté. Il porte plainte aux prud'hommes.

Jean Tiberi n'en a pas fini avec la justice. Cette fois, il ne s'agit pas de faux électeurs, ni de financement de marchés publics. Mais de harcèlement moral. Depuis deux semaines tout juste, la justice prud'homale est saisie par l'un de ses assistants parlementaires.

Franck Poitevin, 37 ans, célibataire, est «au service» de l'élu depuis le 23 octobre 2000. Traducteur de formation, il travaille auprès de l'ancien maire de Paris «par esprit militant». Salaire mensuel brut : 1 487 euros, en dessous de la moyenne des assistants parlementaires. Longtemps, il s'est tu, craignant représailles et brimades en tout genre. Désormais, parce qu'il «n'en [peut] plus», parce qu'il a dû avoir plusieurs arrêts maladie, il se dit «déterminé à aller jusqu'au bout». Son conseil, Me Annie Chaumeny, spécialiste en droit du travail, est certaine de se trouver devant un cas décrit à l'article L 122-49 du code du travail. Qui précise : «Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.»

Méthodiquement, Franck Poitevin fait l'inventaire du mauvais traitement qu'il aurait subi de la part de son employeur. D'abord, des conditions de travail anormales : des horaires élastiques et les plafonds de la permanence parlementaire qui s'effondrent. Saisie, l'inspection du travail n'est pas intervenue. Après plusieurs réclamations, l'assistant est «relogé» à la mairie du Ve arrondissement de Paris, dernier fief tiberiste.

Là, Xavière Tiberi aurait insulté le salarié de son mari. S'ils sont attestés par des témoins, ces propos sont accablants. S'adressant à une tierce personne, elle aurait décrit l'assistant comme «ne valant pas grand-chose. Il est fou. Il est fou». S'adressant directement à Poitevin qui réclamait de meilleures conditions de travail et de salaire, elle aurait fait remarquer : «On vous a donné un emploi et un logement [il est locataire de la Ville de Paris, ndlr]). Vous nous devez tout. Sans nous, vous seriez à la rue.» Le 15 mars, Jean Tiberi en aurait remis une couche : «Vous êtes un minable, un pauvre type. Vous avez un emploi et un logement grâce à moi.» Réponse de Poitevin : «Le logement, c'est un droit.» Réplique de Tiberi : «C'est un truc de socialistes.» Des propos que devra infirmer le député de Paris devant les prud'hommes
Libération, Par Didier HASSOUX, mercredi 19 juin 2002, p. 12

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Faux électeurs du 5e : Jean Tiberi assure qu'il n'y a eu "aucune irrégularité dans les attributions de logements sociaux"

Le député et maire du 5e arrondissement de Paris, Jean Tiberi, a déclaré au Monde, jeudi 11 juillet (2002), qu'il n'avait observé ni commis " aucune irrégularité dans les attributions de logements sociaux" lorsqu'il était maire, entre 1995 et 2001. M. Tiberi a ajouté que " tenter de faire un lien entre l'octroi d'appartements et d'éventuelles inscriptions frauduleuses sur les listes électorales relevait de la mauvaise foi absolue".

Des informations recueillies ces derniers mois par les gendarmes de la brigade de recherches de Paris, dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par le juge Jean-Paul Valat, qui instruit depuis 1997 une plainte pour fraude électorale déposée par Lyne Cohen-Solal (PS), pourraient permettre d'établir que certaines personnes ayant accepté d'être inscrites sur les listes électorales du 5e alors qu'elles n'y résidaient pas ont obtenu, en contrepartie, des logements sociaux sur le quota réservé chaque année au maire de Paris. Les gendarmes ont notamment recensé, sur la période 1995-1998, 290 interventions effectuées par Jean Tiberi au profit de demandeurs de logement, dont 24 concernaient des personnes domiciliées dans sa circonscription électorale, qui couvre le 5e et une partie du 6e arrondissement. Une demi-douzaine de dossiers ont paru suspects aux enquêteurs (Le Monde du 12 juillet).

" Lorsque j'étais maire de Paris, j'ai bien entendu fait des milliers d'interventions en faveur de personnes à la recherche de logement, a indiqué M. Tiberi. C'était non seulement mon droit, mais aussi mon devoir d'élu au service des Parisiens. Cela dit, je ne connaissais bien évidemment pas le détail de chaque dossier, l'adresse exacte de tous les demandeurs. " Selon le député et maire du 5e, "si les gendarmes ont retenu, sur ces milliers d'interventions, six cas, dont il reste d'ailleurs à démontrer le caractère suspect, cela me semble dérisoire".

"UN SYSTÈME DÉLICTUEUX"

L'ancien maire de Paris observe d'autre part que, depuis le scrutin de 1997, "il y a eu des milliers d'électeurs radiés dans -sa- circonscription ". "En bonne logique, ajoute-t-il, s'il y avait bien eu un "système" frauduleux auparavant, j'aurais dû être battu, même balayé, aux élections suivantes. Or je constate que, non seulement j'ai été réélu, que ce soit lors des municipales de 2001 ou des législatives il y a un mois, mais j'ai encore amélioré mes scores ! C'est bien la preuve que les accusations lancées par mes adversaires politiques sont sans fondement. "

Les dernières découvertes des gendarmes pourraient toutefois nourrir une autre enquête - également confiée au juge Valat -, ouverte le 13 décembre 2001 à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile déposée par Aurélie Filippetti, tête de liste des Verts dans le 5e lors des municipales de mars 2001 (elle avait recueilli 13 % des suffrages). L'information judiciaire, qui porte sur d'éventuelles irrégularités commises lors de ce scrutin, vise des faits de "corruption passive", "trafic d'influence", "prise illégale d'intérêts", "échec à l'exécution de la loi", "faux commis par une personne dépositaire de l'autorité publique" et "association de malfaiteurs ".

Dans sa plainte, l'avocat de Mlle Filippetti, Me Vincent Toledano, évoque "un système délictueux-ayant- permis l'inscription frauduleuse sur les listes d'électeurs qui n'avaient pas cette qualité, en contrepartie notamment de l'octroi de logements sociaux ou d'emplois municipaux ". Pour le moment, l'enquête, confiée à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), s'est bornée à une perquisition menée en début d'année à la mairie du 5e : de nombreux documents électoraux (demandes d'inscription, cartes électorales, registres de la commission de révision des listes électorales, etc.) ont été saisis. " Il faut espérer que les policiers ne feront pas comme les gendarmes, qui perdent leur temps à faire la chasse aux faux électeurs ", affirme Me Toledano. Selon l'avocat, "le plus important est de mettre au jour les crimes et délits qui ont entouré la fraude électorale".
Le Monde, Fabrice Lhomme, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.07.02, LE MONDE | 12.07.02 | 15h46

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(14 novembre 2003) Emplois fictifs: Xavière Tiberi bénéficie d'un vice de forme

PARIS - Xavière Tiberi, épouse de l'ancien maire RPR de Paris, et Xavier Dugoin, ex-président RPR du Conseil général de l'Essonne, ont obtenu l'annulation pour vice de forme de décisions leur ordonnant de rembourser des salaires payés pour des emplois fictifs.

Dans un arrêt daté du 17 octobre, le Conseil d'Etat a estimé que les décisions initiales de la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, rendues en première instance et en appel entre 1997 et 1999, étaient irrégulières.

La plus haute juridiction administrative française sanctionne notamment le fait qu'un magistrat ait exercé une fonction d'enquête en tant que rapporteur, avant de siéger pour prononcer le jugement, ce qui est illégal.

L'affaire en revient donc à son point de départ et Xavière Tiberi, Xavier Dugoin, son ex-femme Marie-Aline Hugot mais aussi le député UMP de l'Essonne Franck Marlin, sa femme Janique et sa belle-mère Jacqueline Bernier n'ont donc plus en théorie obligation de payer.

Toutes ces personnes ont bénéficié d'emplois fictifs au Conseil général de l'Essonne au début des années 90 lorsque Xavier Dugoin en était le président RPR.

Marie-Aline Hugot, "employée" de 1993 à 1995 au cabinet de son mari pour 23.000 francs par mois (3.500 euros), a ainsi demandé la rétrocession des 109.000 euros qu'elle avait dû rembourser.

Xavière Tiberi, qui avait remboursé les 211.000 francs (33.000 euros) perçus, n'a en revanche encore rien demandé et la position de Franck Marlin et des membres de sa famille n'est pas connue. Le président PS du Conseil général de l'Essonne, Michel Berson, a annoncé qu'il refuserait de reverser l'argent.

"Il est hors de question de permettre à ces personnes de spolier une seconde fois les contribuables", a-t-il dit à plusieurs médias.

VICTOIRE THEORIQUE

La victoire judiciaire de Xavier Dugoin et de ses ex-"employés" est donc pour l'instant symbolique, d'autant que la chambre régionale des comptes a la possibilité de reprendre la procédure sur initiative du parquet.

Cet imbroglio judiciaire constitue le dernier rebondissement d'une affaire lancée en 1996 par une perquisition du juge de Créteil Eric Halphen chez les Tiberi.

La magistrat avait alors saisi le seul "travail" de Xavière Tiberi dans l'Essonne, un rapport sur la "coopération décentralisée" truffé de fautes d'orthographe et plagiant partiellement des ouvrages existants.

Une première enquête avait été ouverte en 1997 après un épisode rocambolesque qui avait vu le ministère de la Justice envoyer un hélicoptère dans l'Himalaya afin de tenter d'y joindre un magistrat français pour faire échouer la procédure.

La première enquête annulée, une seconde procédure avait abouti à une nouvelle annulation pour vice de forme.

Quant à Xavier Dugoin, il a été déchu de son mandat de sénateur après des condamnations à des peines de prison avec sursis pour les emplois fictifs, et deux mois et demi d'incarcération entre juillet et septembre 2001 sanctionnant un vol de bouteilles de vins dans les caves du Conseil général, le 28 février 1998 à Evry.
libération, 14 novembre 16:42:36

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Xavière Tiberi peut récupérer l'argent de son rapport

L'AFFAIRE du rapport sur la francophonie de Xavière Tiberi rebondit de manière inattendue. Un arrêt récent du Conseil d'Etat vient de donner la possibilité à l'épouse de l'ancien maire (RPR) de Paris de réclamer le remboursement des 33 300 € qu'elle avait perçus entre mars et décembre 1994, après la rédaction de ce fameux rapport pour le conseil général de l'Essonne, dirigé à l'époque par le sénateur-maire (RPR) Xavier Dugoin. D'abord poursuivie pour ce document de 36 pages truffé de fautes et considéré comme un faux destiné à cacher un emploi fictif à la justice, Xavière Tiberi avait dû rembourser l'argent. Mais, en janvier 2001, la cour d'appel de Paris avait finalement annulé la procédure au pénal pour vice de forme.

La décision du Conseil d'Etat bénéficie également à l'ex-femme de Xavier Dugoin, Marie-Aline Hugot, employée au cabinet de son mari entre avril 1993 et décembre 1995. Cette dernière n'a d'ailleurs pas perdu de temps puisqu'elle vient de demander au département de l'Essonne le remboursement de 109 700 € perçus à l'époque, mais qu'elle avait elle aussi rendus. Pour le moment, elle est la seule à avoir formulé cette demande. L'avocate de Xavière Tiberi n'a pas fait connaître sa décision.

« Les voleurs continuent de voler »

" Je suis abasourdi qu'on ose spolier une deuxième fois les contribuables essonniens, commente Michel Berson, l'actuel président socialiste du conseil général de l'Essonne. Les voleurs continuent de voler. J'ai donc décidé de ne pas faire suite à cette demande de remboursement. »

Avec sa décision, le Conseil d'Etat permet à deux des prévenus poursuivis dans le dossier des emplois fictifs du département de l'Essonne de récupérer auprès de la justice administrative ce qu'ils avaient perdu au pénal. Un dysfonctionnement entre la Cour des comptes et la Chambre régionale des comptes (CRC) a motivé la décision du Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative du pays, dont les décisions ne peuvent pas faire l'objet d'un appel, a estimé qu'un des rapporteurs de la CRC avait été juge et parti. Un magistrat a en effet participé à la vérification des comptes du département de l'Essonne, tout en prenant part au délibéré de la CRC sur le même sujet, ce que la jurisprudence du Conseil d'Etat interdit formellement. Autre erreur de débutant : la Cour des comptes, saisie en appel par Xavier Dugoin, s'était déclarée incompétente, jugeant qu'elle avait déjà publié, en 1998, un rapport qui critiquait ouvertement la gestion du département. Or un arrêt de février 2000 lui permettait en fait de statuer sur cet appel.

Michel Berson, bien décidé à défendre l'intérêt des contribuables essonniens, espère désormais que la CRC va se saisir à nouveau du dossier de la gestion du département de l'Essonne sous l'ère Dugoin, qui a pris fin en 1998.
David Charpentier, Le Parisien, vendredi 14 novembre 2003, p. 15

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(Novembre 2004) Soupe aux baffes chez Xavière Tiberi
Accrochage entre la femme du maire du Ve et une élue verte à propos d'un restaurant pour SDF.

Epilogue d'un conseil de quartier dans le Ve arrondissement, fief de Jean Tiberi, député-maire UMP de ce secteur de Paris : une élue verte, Aurélie Filippetti, placée en garde à vue durant six heures hier, et deux plaintes. Une de Xavière Tiberi ­ la femme de son mari qu'on ne présente plus ­ et une autre d'Aurélie Filippetti, chacune s'accusant mutuellement d'agression, de menaces ou d'insultes. A l'appui de sa plainte, Xavière Tiberi a produit une ITT (interruption temporaire de travail) de dix jours pour «traumatisme crânien».

Hier, l'élue verte niait farouchement l'avoir bousculée. Au contraire. Elle dit avoir été «insultée de manière ordurière et sexiste» par Xavière Tiberi. L'ambiance était chaude. Et les personnels de sécurité de la ville ont dû s'interposer.

Tout ceci s'est produit à la suite d'une réunion publique organisée à la mairie du Ve, et à laquelle participaient 200 à 300 personnes. Objet des débats : la création, dans l'arrondissement, d'un self pour servir des repas aux démunis du quartier en lieu et place d'un restaurant géré par les services municipaux et dédié aux personnes âgées. Cette structure étant sous-utilisée (quatre autres restaurants pour seniors existent dans le Ve), la ville a décidé de changer l'affectation de cet établissement situé rue Santeuil.

Le 14 septembre, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS) a informé par lettre Jean Tiberi de ses intentions. «Réponse de Tiberi : une pétition signée par une centaine de personnes pour dire non à ce projet, sans autre forme de discussion», indique-t-on à l'Hôtel de Ville. Mardi soir, l'adjointe au maire chargée des affaires sociales, Gisèle Stievenart (PS), était donc venue présenter le projet au conseil de quartier. «On s'est retrouvés dans une salle chauffée à blanc, avec des gens chargés de faire la claque. On a eu droit à la bronca. Au lieu de jouer son rôle de modérateur, monsieur Tiberi, maire du Ve, a laissé dériver le débat. On a entendu des propos de rejet inadmissibles contre les démunis», affirme Gisèle Stievenart. Et «l'association Aurore, pressentie pour gérer ce restaurant, n'a pas eu la parole».

Propos entendus dans la salle, selon des témoins : «des charters de SDF vont arriver dans le Ve», «ça va être un Woodstock de SDF». Aucun centre d'hébergement ou de restauration pour les sans-abri n'existe dans ce quartier très protégé. Gisèle Stievenart a accepté d'amender son projet. Proposant d'organiser deux services de repas rue Santeuil : un pour les seniors, et un autre pour les personnes en difficulté. Nouvelle bronca. Cette fois, la salle dit en substance que les SDF risquent de refiler leurs microbes aux vieux.

Tiberi a mis fin au débat en faisant voter à main levée l'assistance. Indignation d'Aurélie Filippetti qui dénonce un «simulacre de démocratie» avant de quitter la salle. C'est à ce moment qu'elle croise dans une pièce attenante Xavière Tiberi. Il y a bien eu altercation. Mais chacun a sa version sur le déroulé des événements.
Par Tonino SERAFINI, jeudi 11 novembre 2004 (Liberation - 06:00), p. 14

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Un nationaliste s'est tué mercredi soir, alors que cinq attentats ont été commis. Par Ludovic BLECHER, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 5 janvier 2007

Sale temps pour les cagoulés.
A la veille de la visite en Corse de Nicolas Sarkozy, la démonstration de force des poseurs de bombes dans la nuit de mercredi à jeudi s'est soldée par un bilan qui témoigne d'un usage de plus en plus approximatif des explosifs : si cinq attentats ont été réussis, il y a aussi eu un mort et un blessé dans les rangs nationalistes.

Maisons secondaires.

Sur la commune de Solaro (Haute-Corse), le corps d'Ange-Marie Tiberi, la cinquantaine, patron pêcheur et gérant d'une société de travaux maritimes, a été retrouvé vers 22 heures près d'une zone de résidences secondaires déjà visée en 2003 au lieu-dit les Marines de Solaro.

C'est le deuxième homme du commando, Alain Ruggieri, qui, blessé, a donné l'alerte après avoir quitté à pied les lieux de l'explosion. Pris en charge par les pompiers, il a été héliporté à l'hôpital de Bastia dans un état «très sérieux». Hier, il a tout de même pu être entendu par les enquêteurs tandis que le parquet de Paris, compétent sur le plan national pour les affaires de terrorisme, était saisi.
Selon une ébauche de scénario établi par les enquêteurs, les deux hommes ont déposé une première charge dans une villa du lotissement de Solaro, puis ont tenté d'en transporter une seconde dans une autre villa. Ce serait durant le trajet que la deuxième bombe a sauté accidentellement peu avant 20 heures.

La personnalité des deux victimes a de quoi surprendre. Il ne s'agit pas de jeunes activistes mais de deux militants chevronnés qui appartiendraient au FLNC-Union des combattants, mouvement clandestin proche de Corsica nazione independente. «C'est un ancien, confirme une source policière. Il faisait partie de l'appareil. Ça fait un moment que plus personne ne s'intéressait trop à lui. Voir la vieille garde monter au front pose la question de la relève. On se demande où sont les jeunes. Ils sont peut-être là, mais on ne les voit pas.»

Présidentielle.

Ce nouveau décès dans les rangs des activistes porte à quatre le nombre d'indépendantistes tués par leur propre bombe en onze mois. Du jamais-vu en trente ans de terrorisme corse. En 2006, trois hommes avaient trouvé la mort lors de tentatives d'attentats revendiquées par le principal groupe clandestin concurrent, le FLNC dit du «22 octobre». «Si les loupés et les attentats ratés se multiplient, il y a toujours autant d'explosions en Corse», nuance un policier.

Depuis plusieurs mois, les deux composantes du FLNC mettent la pression en exigeant la prise en compte de la «question nationale corse» par les candidats à la présidentielle. Il y a eu plus d'attentats ou de tentatives en 2006 qu'en 2005 (232 contre 168). D'ailleurs, au cours de la mini nuit bleue de mercredi soir, entre 3 h 15 et 3 h 30 du matin, le Trésor public ainsi que quatre agences bancaires ont été légèrement touchés à Ajaccio et dans sa proche région. Quelle sera la réaction du ministre de l'Intérieur ? Il souhaitait ne décliner, en Corse, que le thème du développement rural et de l'agriculture.
Par Ludovic BLECHER, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 5 janvier 2007

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vendredi 15 février 2008, 11h36 Panafieu s'interroge sur le renvoi en correctionnelle de Tiberi

PARIS (Reuters) - Françoise de Panafieu s'est interrogée sur l'impartialité de la justice après le renvoi de Jean Tiberi en correctionnelle pour une affaire de faux électeurs à Paris à trois semaines du premier tour des élections municipales.
L'ancien maire de Paris brigue en mars un nouveau mandat dans le Ve arrondissement de la capitale.

"A titre personnel, mais je ne suis pas la seule, j'ai un point d'interrogation dans la tête", a déclaré la candidate UMP à la mairie de Paris sur France Info.

"J'aime penser que la justice de mon pays est totalement indépendante. Elle peut se tromper, elle peut avoir raison mais en tout état de cause elle est impartiale. J'aime à le penser", a-t-elle poursuivi.

"Au bout de onze ans de procédure et trois semaines avant le premier tour, des juges d'instruction prononcent un renvoi en correctionnelle avant même la réquisition du parquet ce qui ne se fait pas ordinairement", a-t-elle fait remarquer.

Lyne Cohen-Solal, adversaire socialiste de Jean Tiberi dans le Ve arrondissement, n'a pas souhaité réagir après l'annonce de la décision des juges d'instruction jeudi. "Ce n'est pas ça la campagne", souligne-t-on dans son entourage.
Laure Bretton

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Les époux Tiberi seront jugés pour fraude électorale Reuters - Jeudi 14 février, 16h58PARIS (Reuters) -

Le maire du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, son épouse Xavière et neuf de leurs proches ont été renvoyés en correctionnelle pour fraude électorale, à moins d'un mois du premier tour des élections municipales, apprend-on de source judiciaire.

Après presque onze ans de procédure, les juges d'instruction Baudoin Thouvenot et Jean-Louis Périès ont rendu leur ordonnance mercredi, sans attendre, comme c'est l'usage, les réquisitions du parquet. Le procès devrait se tenir fin 2008 ou début 2009.

Les deux principaux camps en présence à l'élection parisienne, l'UMP et le PS, n'ont ni l'un ni l'autre souhaité réagir dans l'immédiat.

Philippe Meyer, tête de liste pour le Modem dans le Ve, avait critiqué par avance la décision mercredi, parlant de "vendetta". "Quoi que contienne leur dossier, les juges d'instruction qui agiraient avant le deuxième tour de l'élection ne feront croire à personne qu'ils le font sans arrière-pensées", écrivait-il.

Le parquet ne souhaitait pas remettre son réquisitoire avant l'élection, en invoquant une "tradition républicaine" qui voudrait selon lui qu'on ne statue pas juste avant un vote.

Cette affaire a été ouverte en 1997, sur plainte de la socialiste Lyne Cohen-Solal et des Verts. Les investigations sont terminées depuis près de trois ans.

Candidat à sa réélection dans son arrondissement, soutenu par l'UMP, Jean Tiberi, 73 ans, réélu député dans ce même Ve en 2007, a été maire de la capitale de 1995 à 2001.

Poursuivi depuis mars 2005 pour "manoeuvres frauduleuses de nature à altérer la sincérité du scrutin", aux élections législatives de 1997, il nie les faits.

L'enquête a montré qu'au moment de ce scrutin 7.228 personnes étaient inscrites frauduleusement sur les listes du Ve arrondissement et que 3.315 d'entre elles avaient voté lorsque Jean Tiberi avait été élu député avec 2.725 voix d'avance sur Lyne Cohen-Solal.

PLACES EN CRÈCHE, LOGEMENTS SOCIAUX

Le Conseil constitutionnel avait refusé d'annuler son élection de 1997 comme député en estimant que l'ampleur des votes litigieux constatés à l'époque ne permettait pas de dire que le résultat aurait changé si le scrutin avait été régulier.

Ces "faux électeurs", inscrits sur les listes alors qu'ils ne résidaient pas dans l'arrondissement, auraient accepté de coopérer en échange de places en crèche ou de logements sociaux.

La gauche dénonce la fraude électorale à Paris depuis une vingtaine d'années. Les instructions menées sur la période où Jacques Chirac était maire ont battu des records de lenteur.

Un premier dossier concernant des faux électeurs du IIIe arrondissement et les élections de 1989 et 1995 a été jugé en décembre 2006, avec dix condamnations à des peines de prison avec sursis et des amendes dont celle de Philippe Dominati, sénateur UMP de la capitale, et Guy Legris, ancien patron de la fédération RPR de Paris.

Dans le Ve arrondissement, les enquêteurs ont recueilli des dépositions selon lesquelles Xavière Tiberi et Anne-Marie Affret, élue locale, auraient participé à l'organisation d'un circuit permettant de remettre en mains propres aux "faux" électeurs leur carte électorale.

Concernant Jean Tiberi, les éléments directs sont plus ténus, mais le dossier comporte une déposition de Raymond Nentien, ex-secrétaire général de la mairie du Ve, affirmant que Jean Tiberi lui avait ordonné de continuer les inscriptions litigieuses sur les listes électorales en 1996.

Dans le passé, Jean Tiberi a été poursuivi avant de bénéficier d'un non-lieu dans le dossier de corruption aux HLM de Paris, tandis que son épouse a bénéficié d'une annulation de procédure dans une affaire d'emploi fictif dans l'Essonne.

Selon un sondage TNS-Sofres publié la semaine dernière, Jean Tiberi, inamovible élu UMP de la capitale depuis près de 40 ans, serait battu par 52% contre 48% par Lyne Cohen-Solal, qui se présente à nouveau contre lui.
Thierry Lévêque

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Dans le Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi l'emporte à l'arraché
Par Par Eléonore DERMY AFP - Lundi 17 mars, 01h14PARIS (AFP) -

"On a eu très chaud!", souffle Jean-Christian Valentin, militant UMP. Dans le Vème arrondissement de Paris, bastion de Jean Tiberi, le suspense s'est poursuivi toute la soirée, dans la fébrilité des deux camps, jusqu'à l'annonce de la victoire, à l'arraché, du maire sortant.

A 73 ans, ce Parisien d'origine corse, qui a été maire de la capitale de 1995 à 2001, a remporté pour la cinquième fois consécutive les élections municipales dans cet arrondissement cossu de Paris, avec 45% des voix.

Il a devancé de peu sa rivale Lyne Cohen-Solal, la candidate socialiste qui ferraille avec lui depuis plus de 10 ans. Celle-ci a obtenu 44,1% des suffrages. Le MoDem Philippe Meyer comptabilise pour sa part 10,9% des voix. Le coude à coude, entamé au premier tour au cours duquel M. Tiberi avait obtenu 37,9% des voix et sa rivale 34,6%, s'est poursuivi tout au long de la soirée.

20H00: les bureaux de vote ferment. Quelques habitants du quartier affluent vers le bureau de vote n°1 pour assister au dépouillement. "Ca va être très dur", prévient Pierre Courtiade, fière moustache et béret vissé sur la tête. Habitant du Quartier latin depuis 30 ans, cet homme jovial est venu soutenir le député-maire.

21H00: le frère de la candidate socialiste, Jean-Martin, annonce les premières estimations. 46,1% pour Mme Cohen-Solal, 41,7% pour M. Tiberi. "Pas de triomphalisme!", oppose-t-il aussitôt face à la horde de journalistes qui l'entoure et le presse de questions.

Des militants socialistes, tout sourire, arrivent en masse dans l'imposante mairie du Ve. Mais quelques dizaines de minutes plus tard, les visages se renfrognent. L'écart se resserre, les deux candidats obtiendraient 44%. "J'attends, ça se contredit", dit, patiente, Sabine, 53 ans.

L'attente devenant interminable, l'ambiance s'échauffe, les partisans des deux camps se lancent des piques sur le parvis de la mairie. Les socialistes dénoncent les "affaires" dans lesquelles est impliqué le couple Tiberi. "Les communistes arrivent à Paris! Allez voir le Tibet!", leur lance un sympathisant du maire sortant.

21H15: les résultats définitifs tombent: Jean Tiberi est élu. Ce dernier fait une brève apparition, puis disparaît dans son bureau.

Dans les couloirs, des adversaires se mettent à le huer: "Tiberi en prison!", "La honte!", "A gauche Paris!", hurlent-ils. "On a gagné!", leur répondent ses sympathisants. 23H00: l'élu, cravate rouge et écharpe bleue autour du cou, apparaît enfin sur l'estrade de la salle des fêtes, comble, accompagné de son épouse Xavière.

"Je suis heureux et fier d'avoir gagné", lance-t-il, en faisant le V de la victoire, devant une assistance électrique. "Rien ne m'a été épargné", poursuit-il. "Les sondages une fois de plus me donnaient battus. Mais la vérité ce sont les habitants du Ve arrondissement et je leur dis du fond du coeur +merci+!".

"Je demande à mes adversaires de garder leur retenue", tonne-t-il, alors que les huées reprennent. "Je n'ai aucune leçon de morale à recevoir de ceux-là", ajoute-t-il, vilipendant les attaques personnelles dont il a fait l'objet, avant d'entonner, aux côtés de son fils Dominique, qui figure sur sa liste, la Marseillaise.

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Procès Tiberi: le procureur nie avoir enterré le dossier Créé le 03.02.09 à 07h01 | Mis à jour le 03.02.09 à 07h20 | 20 minutes.fr

Le procès du couple Tiberi dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris s'est ouvert le 2 février.

Un «procès» dans le procès. Le procureur général Jean-Claude Marin («le chef du tribunal», comme il s'est lui-même nommé), siégeait lundi lors de la première journée d'audience dans le procès des faux électeurs du 5e, faisant ainsi face à ses juges. Un fait exceptionnel.

Le tribunal correctionnel de Paris examine jusqu'au 4 mars l'implication de onze prévenus, dont les époux Tiberi, dans une vaste organisation visant à inscrire de faux habitants sur les listes électorales de l'arrondissement pour les scrutins municipaux, puis législatifs, de 1995 et 1997.

Dès l'ouverture, les avocats des deux parties se sont surtout empêtrés dans des débats de procédures. Le procureur a notamment dû s'expliquer sur sa lenteur supposée à rendre ses réquisitions dans l'affaire, ce qui avait mené les juges d'instruction à le court-circuiter en signant l'ordonnance de renvoi, document qui permet la tenue du procès, sans l'attendre, comme il est d'usage.

L'incident avait eu lieu le 12 février 2008, en pleine campagne électorale dans laquelle Jean Tiberi, principal prévenu dans cette affaire, se présentait. Le procureur invoquait alors la «tradition républicaine», qui veut que l'on n'interfère pas dans une campagne électorale en cours. «Fallait-il être républicain? C'est une question. Je me la pose au moment où le parquet est la cause de bien des débats, a-t-il déclaré en préambule. Si je suis présent à cette audience, c'est parce qu'il était important de dire au tribunal pourquoi il n'existe pas de réquisitoire définitif. C'est une décision que j'ai prise moi-même. J'ai estimé ne pas devoir le signer en période électorale. Si c'était à refaire, je le referais.»

Il n'est toutefois pas allé dans le sens d'une annulation de l'ordonnance, et donc du procès, comme l'a réclamé la défense, parlant d'«une procédure formellement régulière» des juges d'instruction. «Il ne s'agit pas d'enterrer ce procès, mais il est suffisamment ancien pour attendre encore un peu», a tenté un avocat du clan Tiberi, qui espérait encore un report de l'audience. Le juge n'a pas statué sur la question et a décidé de poursuivre les débats aujourd'hui sur le fond.
Ce mardi après-midi, le prévenu Raymond Nentien, ex-secrétaire général de la mairie du 5e et principal témoin dans cette affaire, sera entendu. Magali Gruet

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Un témoin fait tanguer le bateau Tiberi 12 février 2009 12.00

PARIS (AFP) — Employée au bureau des élections de la mairie du Ve dans les années 1990, Jocelyne Mathias est parvenue mercredi, par son témoignage précis, à chahuter sérieusement bon nombre de prévenus qui continuent à nier toute fraude électorale.

"Il m'est arrivé d'opérer des inscriptions plus que litigieuses, surtout en fin d'année", a affirmé devant les magistrats de la 16e chambre cette femme de 42 ans, toujours salariée à la Mairie de Paris.

"Ces électeurs avaient un intérêt à s'inscrire" sur les listes du Ve arrondissement, a-t-elle expliqué, car "on le leur avait conseillé à la permanence du RPR, en échange d'une place en crèche, d'un appartement ou d'un autre service".

Si elles étaient irrégulières, pourquoi alors n'avoir pas refusé de les valider?, lui a alors demandé le président Jean-Paul Albert. Tout simplement parce qu'"on n'avait pas d'autre choix: c'était un ordre et nous étions des exécutants", a témoigné Jocelyne Mathias, qui n'a plus de lien hiérarchique avec la mairie du Ve.

Elle n'y travaille plus depuis ce jour de janvier 2004 où, lors d'une confrontation avec l'épouse du maire, Xavière Tiberi, celle-ci l'a "traitée de menteuse dans le bureau du juge d'instruction". "A partir de ce moment-là, je ne voyais pas comment je pouvais continuer à travailler au bureau des élections" et "j'ai quitté la mairie du Ve".

Selon elle, Mme Tiberi et la première adjointe, Anne-Marie Affret, venaient parfois au bureau des élections "prélever certaines cartes électorales pour les remettre aux intéressés", des électeurs inscrits frauduleusement qui ne résidaient pas dans l'arrondissement. Jean Tiberi serait lui-même passé une fois, durant "quelques minutes".

"Lorsque Mme Tiberi et Mme Affret disaient quelque chose, c'était comme ça et pas autrement", a poursuivi Mme Mathias, rappelant que Xavière Tiberi "avait les pleins pouvoirs" et "gérait la mairie du Ve".

"Tout comme nous, a-t-elle assuré, Olivier Favre (le chef du bureau des élections, prévenu dans le dossier, ndlr) n'avait pas son mot à dire. Il n'était pas en position de s'opposer".

Une ambiance lourde confirmée par Annick Mercier, l'ancienne secrétaire d'Anne-Marie Affret: "Fallait pas moufter", "j'avais peur".

Libérée de "la pression" et de "la tension" régnant à la mairie du Ve, Mme Mathias a pu elle évoquer mercredi la crainte que tout le monde éprouvait face à Xavière Tiberi, dont le comportement était "particulièrement détestable".

Interrogée sur d'éventuelles contradictions dans certaines de ses déclarations, le témoin a, par sa sincérité désarmante, rapidement désarçonné deux avocats de la défense.

Elle a enfoncé un peu plus l'ancien secrétaire général, Raymond Nentien, qui reconnaît avoir eu connaissance de la fraude mais affirme n'y avoir jamais participé. Selon elle, "tout passait par (lui)".

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Des fissures dans la maison Tiberi LE MONDE | 25.02.09 | 16h43 Franck Johannès

Xavière est comme ça.

Quand elle en a assez de répondre aux questions pénibles, elle s'en va fumer une petite cigarette. Le président a eu le malheur ou l'élégance de lui permettre cette liberté, à la grande fureur d'un avocat des parties civiles.
Me Comte a eu deux mots : "Quelle complaisance !" Le président l'a pris de travers, "le tribunal saura s'en souvenir, maître". Antoine Comte veut seulement s'ôter d'un doute : "A-t-on jamais vu une audience où la prévenue peut s'en aller fumer pendant qu'on l'interroge ?"
Non, mais ce n'est pas une prévenue, c'est Mme Tiberi, et Dieu sait si elle a déjà des soucis.

Les Tiberi ne sont plus assez nombreux pour former le dernier carré : ils sont deux.

Anne-Marie Affret, fidèle d'entre les fidèles, première adjointe du maire du 5earrondissement depuis 1984, a compris, mardi 24 février, qu'elle n'appartenait plus au clan.
Hésiter, c'est trahir, et Mme Tiberi ne lui a pas envoyé dire qu'elle n'était plus son amie. C'est peu, mais peut-être suffisant pour faire basculer l'audience.

Ainsi va le procès des faux électeurs du 5e arrondissement de Paris ; ces trois semaines n'ont pas apporté de révélations sur un dossier vieux de quinze ans, mais une page se tourne, celle des années Chirac, avec celle des années Tiberi.
Les époux s'accrochent avec une obstination qui force l'admiration, en dépit d'un dossier épouvantable. La terre s'effondre sous leurs pieds, mais c'est la terre qui ment.

Onze prévenus attendent depuis le 2 février que la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris les fixe sur leur sort. Manquent quelques exécutants et beaucoup de poids lourds de la vie municipale parisienne, sauvés par la prescription. Les positions sont à peu près tranchées désormais, et la confrontation générale, mardi 24 février, n'a qu'insensiblement fait glisser les lignes de front.

"MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CES HOMMES SOUMIS !"

D'un côté, les sous-fifres de Mme Affret. Deux bénévoles RPR, puis Annick Mercier, sa secrétaire, qui murmure: "On m'a rendue malhonnête, on m'a fait écrire des choses, je reconnais ma faute, mais j'ai subi des ordres."
On lui a aussi trouvé un appartement, fait observer le procureur, et trois cartes du RPR.

Patrick Mondain, ensuite, "homme à tout faire" de Mme Affret. Il a lui aussi, sous la dictée, rempli de fausses demandes d'inscription sur les listes, parce qu'il était soumis. "Mais qu'est-ce que c'est que ces hommes soumis ! explose Anne-Marie Affret, qui ne lui arrive pas tout à fait à l'épaule. Je ne leur mettais pas le couteau sous la gorge, quand même !"

De l'autre, les fifres.
Jean-Charles Bardon, "maire postiche" du 5e, comme il s'en régale lui-même, de 1995 à 2001, quand Jean Tiberi est devenu maire de Paris, qui n'en finit pas de déglutir son chapeau. Il ne savait rien, n'a rien vu: "J'étais dans mon bureau et j'essayais d'en sortir le moins possible."
A côté de lui, Jacqueline Mokrycki, aussi grise que Jean-Charles Bardon est transparent; elle est entrée à 17 ans comme secrétaire à la mairie du 5e, Jean Tiberi, toujours maire de l'arrondissement, a tout fait pour sa carrière, elle est aujourd'hui sa directrice de cabinet et n'a vraiment rien remarqué de suspect.

Deux hommes se sont mis à table.
Raymond Nentien, le secrétaire général de la mairie, mis au parfum des fraudes dès 1991 par son prédécesseur, Claude Comiti. Il a découvert en 1994 qu'elles étaient massives et n'a tout raconté aux gendarmes qu'en garde à vue en 2000. "Les ordres venaient de plus haut, de M. Tiberi, je ne pouvais rien faire, j'aurais été laminé".

Il exhorte son maire, élu de la République, à reconnaître la vérité devant la justice de son pays – "ce serait votre honneur". "Je n'ai pas de leçon de morale à recevoir de vous", laisse tomber le maire, glacial.

M. Nentien est appuyé pour l'essentiel par Olivier Favre, le chef du bureau des élections, et la fraude ne fait aucun doute. Les gendarmes ont isolé 196 faux électeurs pour les années 1994-1997, mais ils n'étaient que trois pour contrôler 41500 électeurs, et ont très vite buté contre la prescription.
Ils ne doutent pas que les faux électeurs aient été plusieurs milliers, qui votaient RPR contre un service, un emploi, une place en crèche ou un logement.
Raymond Nentien a trouvé dans les archives un premier faux électeur dès 1977 : un Casanova, cousin de Xavière.

Le pivot du procès reste Anne-Marie Affret, que les Tiberi ont tiré d'embarras quand elle était dans le malheur et qui s'est mouillée pour eux comme personne. Elle avait reconnu des bouts de son écriture sur de fausses attestations pendant l'instruction et guère plus, mais peste dans les couloirs du tribunal "contre ces hommes, excusez-moi Monsieur, qui n'ont pas de couilles".

Elle s'est jetée à l'eau lundi 16 février et a reconnu qu'il existait bien un système de fraude, qu'elle a rédigé et fait rédiger de fausses attestations avec la complicité de Raymond Nentien. Elle s'efforce depuis de ne pas impliquer les Tiberi, mais le grand écart devient difficile et Mme Affret n'est pas une femme très souple.

"Ce que j'ai sur le cœur je l'ai dit, a expliqué mardi la première adjointe. J'ai pris mes responsabilités; je ne suis pas à l'origine de tout cela. Que ce soit pour les faux électeurs ou par la mairie du 5e, je n'ai jamais pris d'initiative."
Xavière la fusille du regard. "Je ne décidais de rien, a repris Mme Affret, encore moins des faux électeurs. Ça existait quand je suis arrivée, j'ai continué, c'est tout. S'il y a des personnes qui se sentent responsables, qu'elles le disent elles-mêmes."

"JE NE DONNE PAS D'ORDRES"

C'en est trop. Raymond Nentien avait répété que Jean Tiberi avait "deux bras droits" à la mairie, Mmes Affret et Tiberi, l'épouse du maire n'étant pourtant ni élue ni fonctionnaire. Anne-Marie a bien dû le reconnaître: "J'étais très présente, les autres élus avaient une profession, je travaillais beaucoup, Monsieur le président. Jean Tiberi me donnait des instructions, c'est normal, c'est le patron, c'est le cerveau, forcément." Puis plus loin: "Tout ce que je faisais à la mairie, c'est Jean Tiberi qui me demandait de le faire."

Elle a expliqué qu'elle ne parlait pas des faux électeurs, et essayé de ne pas aller trop loin mais c'était trop tard. "Je m'occupais des crèches, et j'avais un rôle plus politique, il fallait voir les commerçants, les médecins, des fois Mme Tiberi me disait, il faudrait aller faire ça ou ça…"

– "C'est pas vrai, la coupe Xavière. Je ne donne pas d'ordres.

– Mais ce n'était pas un ordre, juste une transmission, sourit Mme Affret.

– Je conteste formellement, rugit Mme Tiberi, pas mollement, formellement. Devant tant de mensonges, je suis obligé de m'insurger, ce sont des mensonges éhontés.

– Je ne suis pas une menteuse, dédramatise Mme Affret, je n'ai rien dit de mal, on était toujours ensemble, Mme Tiberi me disait…

– On n'était pas toujours ensemble.

– Mais Mme Tiberi, je n'ai rien contre elle, nous sommes amies…

– C'est pas vrai, tranche Xavière. Mes amis, ce sont des amis d'enfance, chez qui je passe le réveillon et avec qui je déjeune le dimanche. Je cloisonne, avec le travail. Oui, Mme Affret est une amie, mais pas une amie d'enfance. Rien n'est plus doux que le nom, rien n'est plus rare que la chose. Mme Affret n'est pas une amie avec qui je passe le réveillon de Noël, par exemple."

Anne-Marie Affret est sciée.
Elle, une menteuse éhontée ? Xavière Tiberi l'a rejetée presque malgré elle dans le camp de l'ennemi. Mme Affret n'a pas été plus loin mardi, mais elle l'a sur le cœur, et le procès ne se termine que le 4 mars.

Il reste des tas d'autres points obscurs. Le président Jean-Paul Albert a dû être bénédictin dans une vie antérieure, puis douloureusement réincarné en magistrat, et il a un goût très sûr pour les lectures à voix haute de procès-verbaux longs comme la Genèse, qui ont le mérite de permettre aux prévenus de reprendre leurs esprits et à la salle de se rendormir.

Cela ne fait guère l'affaire des avocats de la défense qui font monter graduellement monter la pression pour assommer un témoin sous ses propres contradictions. Ainsi pour Olivier Favre, le chef du bureau des élections, passé sur le gril : Jean Tiberi était-il ou non présent le soir, quand la mairie était fermée, lors des très suspectes opérations de tri des cartes d'électeurs en 1994 et en 1997 ?

Le point est décisif pour Me Thierry Herzog, l'avocat du maire, qui assène à Olivier Favre la lecture de ses neuf auditions et de ses neuf versions différentes, constamment interrompu par un président ravi d'exhumer une pièce qui avait échappé à son zèle. Me Herzog fait un flop. Pierre Haïk bondit à la rescousse, pour la défense de Xavière, avec cette rage contenue qui donne toujours l'impression qu'il vient de se faire marcher sur les pieds.

Il a une pièce solide : les carnets du gardien de la mairie, accusé d'être un fainéant et qui, piqué au vif, a entrepris de noter les heures d'entrée et de sortie de tout le personnel. Mme Tiberi n'est ni venue ni partie de la mairie du 5e pendant tout le mois de mai 1994, preuve qu'elle n'était pas nuitamment à cette opération de récupération des cartes électorales.

L'avocat triomphe. Jusqu'au moment où l'on se rend compte que son listing est tapé à la machine, ce n'est donc pas celui du gardien. Des gendarmes peut-être ? Où sont les scellés ? Les avocats bourdonnent, il va être 19 heures, on verra demain, et l'affaire fait pschitt.

Les Tiberi sortent, leur avocat sous le bras, et rentrent chez eux, place du Panthéon. Il fait nuit, il fait froid, et les époux ont matière à songer, avec amertume, que la patrie, aux grands hommes, n'est plus tellement reconnaissante.

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Inébranlable Xavière MARIE-ANNE GAIRAUD, AVEC VIOLETTE LAZARD Le Parisien 1er mars 2009, p. 13

Demain tombent les réquisitions au procès dit des faux électeurs du ve arrondissement de Paris, dans lequel sont poursuivis pour fraude électorale Jean Tiberi et son épouse, Xavière. Tout au long des audiences, cette dernière a montré un aplomb phénoménal.

SURPRISE : Xavière n'a pas assisté au conseil d'arrondissement du ye de Paris jeudi soir. D'or­dinaire, la femme du maire, Jean Tiberi, aime se glisser dans la salle en cours de séance pour assister aux débats. Mais de­puis un mois, l'ex-première dame de la Ville a bien des soucis.

Elle doit batailler sur un autre front

Entourée de neuf autres prévenus, elle est avec son mari au centre des accusations depuis l'ouverture le 2 février au tribunal correctionnel de Paris, du procès des faux électeurs du Ve arrondissement Aux audiences, jour après jour, elle voit ses administrés s'éloigner les uns après les autres. De quoi être déstabilisée. Mais pas du tout Xavière, née dans le centre de la Corse, à Corte, il y a soixante-treize ans, est une femme qui semble inébranlable.

Ses armes sont bien affi1tées et son aplomb étourdissant.

"Des billevesées"

Alors que tout et presque tous l'accusent, elle et son mari, d'avoir participé au système des faux électeurs - 200 personnes selon les juges, des milliers selon les opposants ­ elle nie, dénie et renie. « Des mensonges éhontés », assure-t-elle de sa voix autoritaire, son collier d'ambre porte-bonheur autour du cou.
Quand Jean Tiberi rejette calmement les accusations, Xavière, elle, s'emporte.

« Des billevesées », des « fariboles» tout ça, qui lui donnent « des pulsations ». « Je monte même à 18 », précise-t-elle au président du tribunal mi-agacé mi-troublé par cette petite femme qui a le don de captiver la salle entière, héritage d'une jeunesse où elle a fait beaucoup de théâtre.

Alors que tous les doigts sont pointés vers elle, l'ancienne fille de pâtissier met tout le monde au pas. Demande à un avocat de lui parler « sur autre ton ». Refuse de répondre aux questions d'un autre car elles « sont malveillantes et mal formulées ». Elle a même obtenu, mardi demier, l'autorisation du président d'aller griller une cigarette alors que l'audience venait tout juste de reprendre après une longue pause.
Droite, elle l'est restée tout au long du procès, aux côtés de son mari qu'elle couve du regard et qu'elle appelle « Tiberi » quand elle parle de l'homme politique.

La politique, ce n'était pas l'idée de Xavière.
Elle n'a pas franchement approuvé lorsque son époux lui a fait part de ses ambitions. Mais rien ne semble pouvoir séparer ces deux­là Et si elle n'a d'abord pas manifesté un grand enthousiasme, cette femme issue d'une famille de gauche est vite devenue une militante RPR combative, à l'instinct parfois très affiné, dotée d'une volonté d'acier. « Sans elle, il n'aurait pas fait la carrière qu'il a eue », murmure un proche collaborateur. « C'est elle qui l'a poussé à prendre la succession de Chirac à la mairie de Paris. Lui, il aurait sans doute préféré être garde des Sceaux à la place de Toubon », se souvient un ex-directeur de la Ville de Paris. « Ils sont mariés pour le meilleur.. et pour le pire ! » sourit un ancien proche.

"Elle est formidable"

Car l'épouse dévouée a fini par vampiriser l'image de son mari.
Jusqu'en 1995, elle était restée dans l'ombre de Jean, quand lui-même se fondait dans celle du maire de Paris, Jacques Chirac, dont il était le premier adjoint La notoriété de Xavière se limitait aux frontières du Ve arrondissement qu'elle arpentait pour vanter les mérites de son mari. « Elle voulait toujours s'occuper de tout. Elle intervenait partout », raconte un fonctionnaire. Leur arrivée à l'Hôtel de Ville les place sous les feux des projecteurs.
Les «affaires» éclatent au grand jour : logement social du fils, rapport sur la francophonie pour le conseil général de l'Essonne ... Les polémiques enflent et les attaques fusent Quand Jean Tiberi oppose un sourire imperturbable à l'adversité, Xavière, elle, parle.

En passionaria méditerranéenne, elle n'hésite pas à qualifier son Jean de « saint ». La «guêpe» comme la sumomme Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, ne recule devant rien pour défendre son époux et ne mâche pas ses mots, traitant de « bouffonnes et bouffons » les caciques du RPR à quelques jours de l'exclusion de Jean Tiberi du parti.

Le personnage haut en couleur fascine et amuse le public. « C'est vrai qu'elle est un peu fantasque », admet Jean-François Probst ancien directeur de la com­munication à l'Hôtel de Ville. Durant la campagne des municipales, elle ira même jusqu'à déposer du gros sel pour conjurer le mauvais le sort, devant la porte du candidat RPR Philippe Séguin qui brigue le poste de son époux.
Autant de frasques qui lui valent une marionnette aux Guignols.

Depuis la défaite de son mari aux municipales de 2üü1, Xavière est retournée dans l'ombre, cantonnée au Ve arrondissement.

L'an dernier, Jean Tiberi y a été réélu à 223 voix près, devant la socialiste Lyne Cohen-8olal. Pour l'occasion, le couple s'est offert une petite virée à l'Hôtel de Ville. Tandis que Jean savourait sa victoire devant les journalistes, Xavière errait dans les salons, nostalgique.
Aujourd'hui, pour le procès, le clan a décidé de se taire. Quand on l'interroge sur son épouse, Jean Tiberi reste muet. Seul aveu lâché, à l'arraché : « Elle est formidable. Je l'admire. » Les Tiberi ont fèté leurs noces d'or l'an dernier.

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BIO EXPRESS

22 août 1936 : naissance de Xavière Casanova à Corte en Corse.
1956 : elle rencontre le jeune magistrat Jean Tiberi.
20 août 1958 : mariage.
8 octobre 1959 : naissance de leur fils, Dominique.
14 juin 1961 : naissance de leur fille, Hélène.
29 mars 1983 : élection de son mari Jean Tiberi à la mairie du Ve (il sera réélu sans discontinuité jusqu'à aujourd'hui)
Mai 1995 : Jean Tiberi succède à Jacques Chirac et devient maire de Paris.
27 juin 1996 : le juge Halphen découvre en perquisition au domicile des Tiberi des feuilles de paie du conseil général de l'Essonne. Xavière Tiberi a perçu 205 000 francs (30 000 €) pour rédiger un rapport sur la francophonie, qui s'avérera un vrai-faux rapport remis contre de vraies fiches de paie.
4 juillet 1997 : annulation de la procédure sur le vrai-faux rapport
4 juillet 2000 : Xavière Tiberi est mise en examen pour fraude électorale dans le dossier des faux électeurs du ye arrondissement
2 février 2009 : ouverture du procès des faux électeurs du Ve.

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Cinq ans d'inéligibilité requis contre Jean et Xavière Tiberi Le Figaro.fr Mathieu Delahousse 03/03/2009 | Mise à jour : 10:15 |

Outre la privation des droits civiques, douze mois de prison avec sursis ont été requis contre l'ex-maire de Paris, dix contre son épouse.
Pour le parquet, un «système démocratique dévoyé» avait été mis en place à la mairie du V e arrondissement de Paris.

Jamais Jean et Xavière Tiberi n'avaient arpenté les rues de leur arrondissement sous de telles flèches assassines. Lundi après-midi, quand débute le réquisitoire dans le procès de l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, c'est un cruel transport sur les lieux qui est soudain imposé par les procureurs. La visite, sous forme de mise à nu de la fraude électorale, est, selon les mots de l'accusation, une plongée dans un «système démocratique dévoyé» à laquelle assistent, impuissants, des «citoyens trompés». Et les procureurs s'arrêteront à tous les points clés de l'arrondissement du successeur de Jacques Chirac à la tête de la mairie de Paris.

Du 373, rue Saint-Jacques, adresse inexistante mais comptant bizarrement de fidèles électeurs ; le 3 de la rue Vésale, lieu de la permanence RPR, où des faux auraient été rédigés, et bien évidemment au 1er de la place du Panthéon, adresse de la mairie d'arrondissement où les cartes électorales des faux électeurs transitaient. Pour les besoins de la démonstration, les procureurs iront encore jusqu'à Saint-Raphaël, adresse d'un électeur toujours inscrit malgré son déménagement sur la Côte d'Azur et encore jusqu'au XIIIe ou au XIXe arrondissement où se trouvaient les logements sociaux obtenus en contrepartie d'une inscription sur les listes électorales du Ve.

«Des promesses vénéneuses»

Alors que la visite souligne les «logiques clientélistes» et la «dynamique collective» de la fraude, Xavière Tiberi, contrainte au silence sur son banc, affiche la même petite grimace que celle qu'elle avait arborée quand, à la barre, elle avait rappelé qu'après la révélation de l'affaire en 1997, on l'insultait sur les marchés du Ve. La «militante de choc» dénonçait alors «fariboles» et «billevesées». Jean Tiberi, lui, avait rappelé l'«acharnement sans précédent» qui l'avait visé. Pour sa défense, l'argument principal du maire de Paris est mathématique : pourquoi se serait-il engagé dans cette «folie inutile» alors qu'il n'avait pas besoin des effectifs des faux électeurs pour l'emporter ?

«Peu importe, balayent les procureurs, le tribunal n'est pas juge électoral. Il est étranger au fait que la fraude ait ou non influencé l'expression du suffrage. La fraude est bien là.» L'accusation estime qu'en donnant à son épouse Xavière une «autorité de fait», Jean Tiberi lui a permis d'imposer «sa présence pesante» à la mairie du Ve : «Xavière Casanova (son nom de jeune fille), dévouée à Tiberi jusqu'au bout, y compris dans ses œuvres les plus indignes»… Les deux peines les plus lourdes sont réclamées à l'encontre du couple : douze mois de prison avec sursis contre lui, dix contre elle et cinq ans de privation de vote et d'inéligibilité.

Une privation des droits civiques identique est requise contre la première adjointe du Ve, Anne-Marie Affret. Dix mois de sursis sont réclamés contre cette élue «qui a préféré la loi du silence aux lois de la République». Mais les flèches les plus cruelles prononcées dans le réquisitoire viennent frapper Jacqueline Mokrycki, secrétaire devenue directrice de cabinet du maire. Elle avait «admis des évidences» durant l'instruction pour ensuite être «reprise en main» avec «des promesses vénéneuses en terme de carrière qui vont se réaliser». Six mois de sursis sont réclamés contre elle. Deux mois de sursis, contre Raymond Nentien, l'ancien secrétaire général «pleinement coupable» malgré «la pression et le pouvoir de nuisance exercés par Xavière Tiberi et Anne-Marie Affret».

Lundi soir, les procureurs Béatrice Bossard et Alexandre Aubert achèvent leur visite-réquisitoire en réclamant que la décision du tribunal, qui sera vraisemblablement rendue avant l'été, soit affichée à l'hôtel de ville de Paris et dans toutes les mairies d'arrondissement. Jusqu'à mercredi, c'est à présent à la défense de dresser une autre image des rues et mœurs du Ve arrondissement entre 1977 et 1997.

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Prison avec sursis et inéligibilité pour Jean Tiberi LEMONDE.FR avec AFP | 27.05.09 | 15h37 • Mis à jour le 27.05.09 | 15h59

Le député-maire du Ve arrondissement de Paris, Jean Tiberi, qui a été condamné mercredi 27 mai par le tribunal correctionnel à dix mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement, a décidé d'interjeter appel. C'est ce qu'a indiqué son avocat, Me Thierry Herzog, à l'issue de l'audience.

"Nous constatons qu'aucun fait concret ne relie M. Tiberi aux faits constatés", a commenté un autre avocat de l'ancien maire de Paris, Me Jean-Yves Le Borgne.

L'épouse de M. Tiberi, Xavière, décrite à l'audience comme "omniprésente" à la mairie du Ve, a été condamnée, elle, à neuf mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. Une peine de neuf mois de prison avec sursis, 1 500 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité a enfin été prononcée à l'encontre de la première adjointe à la mairie du Ve, Anne-Marie Affret.

Le tribunal correctionnel a estimé que M. Tiberi avait bien porté "atteinte à la sincérité d'un vote par manœuvres frauduleuses entre 1994 et 1997". Son inéligibilité ne sera toutefois effective qu'une fois toutes les voies de recours épuisées. Le député-maire pourra donc conserver ses mandats électifs tant que la cour d'appel et la Cour de cassation, le cas échéant, n'auront pas statué sur son cas.

Un an de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité avaient été à l'origine requis par le procureur contre M. Tiberi. Malgré ses constantes dénégations, le tribunal correctionnel a jugé que l'ancien maire de Paris (1995-2001) et lieutenant de Jacques Chirac était "non seulement le principal bénéficiaire" de la fraude électorale organisée lors des municipales de 1995 et des législatives de 1997, mais y avait "contribué".

Durant les quatre semaines de procès, du 2 février au 4 mars, les époux avaient farouchement nié toute participation à cette fraude électorale, dénonçant "l'amertume" de ceux qui les accusent. "Pourquoi me serais-je engagé dans une opération dangereuse, discutable et même condamnable, alors que j'étais réélu avec un score honorable ? C'eût été une folie inutile !" s'était justifié M. Tiberi à l'audience.

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Emploi fictif à Lille : Pierre Mauroy condamné pour abus de confiance LEMONDE.FR avec AFP | 04.02.11 | 14h34 • Mis à jour le 04.02.11 | 17h04

Le tribunal correctionnel de Lille a condamné vendredi 4 février l'ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal — actuellement adjointe au maire PS de Paris — à 20 000 euros d'amende avec sursis chacun pour "abus de confiance". Cette condamnation concerne l'affaire d'emploi fictif présumé à la communauté urbaine de Lille (CUDL) en 1992.

L'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy à la CUDL, Bernard Masset, a lui été condamné à 10 000 euros d'amende avec sursis. Le parquet avait requis une relaxe générale le 3 décembre dernier

"JE SUIS EN COLÈRE"

"Je suis en colère", a déclaré M. Mauroy, 82 ans et actuellement sénateur socialiste du Nord, qui a estimé qu'il s'agissait d'un "procès pour rien" et d'un "jugement qui n'en est pas un". "Nous sommes déçus. Pour ce qui est de l'appel, on va réfléchir, mais on a envie de se battre et de dire non, non, non, c'est la relaxe", a ajouté Pierre Mauroy lors d'une conférence de presse au cabinet de son avocat Jacky Durand. "Tout ce qui a été fait l'a été pour la gloire de Lille", a martelé Pierre Mauroy.

De son côté, Lyne Cohen-Solal a déclaré qu'elle trouvait le jugement "aberrant" et qu'elle allait étudier avec son avocat la possibilité de faire appel.

UNE PROCÉDURE FLEUVE

Ces condamnations concluent une procédure fleuve engagée en juin 2000 par Eric Darques, ancien élu de l'agglomération lilloise. Pierre Mauroy était soupçonné d'avoir fait bénéficier sans contrepartie Lyne Cohen-Solal d'un poste d'attachée de presse à la CUDL (devenue LMCU) alors qu'elle était aussi rédactrice en chef de l'hebdomadaire socialiste Vendredi.

Le tribunal a estimé que la CUDL avait versé à Lyne Cohen-Solal des salaires qui n'avaient pas reçu de réelles contreparties. Constatant que l'emploi de Mme Cohen-Solal n'avait été pourvu ni avant son arrivée, ni après son départ, le tribunal a jugé qu'il n'existait pas "de traces significatives d'activité" en dépit du "caractère immatériel" de sa fonction.

Le tribunal a également fait droit aux demandes de M. Darques d'indemniser la communauté urbaine à hauteur de 19 654 euros. Les trois prévenus ont été condamnés solidairement à verser cette somme. Le tribunal les a en outre condamnés à verser 5 000 euros de frais de justice à M. Darques.

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Jean Tiberi condamné : 10 mois avec sursis, 3 ans d'inéligibilité Publié le 12.03.2013, 14h07 | Mise à jour : 14h48 http://www.leparisien.fr/politique/jean-tiberi-condamne-10-mois-de-prison-avec-sursis-3-ans-d-inegibilite-12-03-2013-2635445.php

Plus de 15 ans avec les faits, Jean et Xavière Tiberi ont été respectivement condamnés par la cour d'appel de Paris à 10 et 9 mois de prison avec sursis dans l'affaire des faux électeurs du Ve arrondissement de la capitale. L'ancien maire de Paris a également écopé d'une inéligibilité de 3 ans. | AFP/Jacques Demarthon

La Cour d’appel de Paris a rendu son verdict dans le procès Tiberi. Comme en première instance, l'ancien maire de Paris Jean Tiberi, 77 ans, aujourd'hui maire du Ve arrondissement, a écopé de 10 mois de prison avec sursis et 3 ans d'inéligibilité, tandis que son épouse Xavière Tiberi, 76 ans, a été condamnée en appel à 9 mois de prison avec sursis. La Cour a également confirmé une amende de 10 000 euros pour Jean Tiberi. Pour Xavière Tiveri, outre la confirmation d'une amende de 5 000 euros infligée en première instance, la Cour a prononcé une privation du droit de vote pour deux ans.

Jean et Xavière Tiberi ont été reconnus coupables d’avoir organisé une fraude électorale lors des élections municipales de 1995 et des législatives de 1997. Des faits que les Tiberi ont toujours niés. En 2009 pourtant, lors du procès au tribunal correctionnel de Paris, plusieurs collaborateurs du maire avaient défilé à la barre pour expliquer le « système » consistant à inscrire sur les listes électorales du Ve des personnes ne résidant par dans l’arrondissement. La fidèle première adjointe de Jean Tiberi, Anne-Marie Affret, avait alors craqué et reconnu sa part de responsabilité, en refusant toutefois de mettre en cause directement les Tiberi.

Jean Tiberi va «vraisemblablement» se pourvoir en cassation, a déclaré son avocat, Me Thierry Herzog, qui se réserve toutefois le temps d'étudier l'arrêt de 70 pages. Me Lef Forster, avocat de Xavière Tiberi, elle aussi condamnée, s'est montré plus prudent.

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