Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, ancien PDG de Renault, président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité)
Avril 2009. C'est la crise : Louis Schweitzer veut faire embaucher les étrangers ; et que M6 fasse chanter les vieux
Mars 2005. Lutte contre les discriminations : Louis Schweitzer nommé à la présidence de la Halde
Jeudi 3 mars 2005, Jacques Chirac a nommé Louis Schweitzer à la présidence de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.
Présenté par Jean-Louis Borloo le 15 juillet 2004 en Conseil des ministres, la loi portant création de la Halde a été définitivement adoptée par le Sénat, mardi 21 décembre 2004 (voir l’article d’actualité).
La ministre déléguée à l’Intégration, à l’Egalité des chances et à la Lutte contre l’exclusion a présenté une communication sur l’installation de la HALDE, lors du Conseil des ministres du 9 mars.
Annonçant la nomination de Louis Schweitzer à la présidence de cette instance, le Chef de l’Etat a déclaré qu’il s’agissait d’une "mission pour défendre la cohésion de la nation". En effet, "les discriminations sont inacceptables et elles doivent être combattues car elles touchent aux valeurs mêmes de la République. Elles touchent à l’égalité des droits de toute personne. Elles touchent à l’égalité des chances", a ajouté M. Chirac.
Outre M. Schweitzer, les membres du collège de la Halde ont également été nommés : Nicole Notat, par le Président de la République ; Cathy Kopp et Alain Bauer, par le Premier ministre ; Marie-Thérèse Boisseau et Claude-Valentin Marie, par le président du Sénat ; Fadela Amara et Amar Dib, par le président de l’Assemblée nationale ; Marc Gentilini, par le président du Conseil économique et social ; Jean-Michel Belorgey, par le vice-président du Conseil d’Etat ; Bernard Challe, par le premier président de la Cour de cassation.
------
Louis Schweitzer : portrait (avril 2005)
Louis Schweitzer cède vendredi 29 avril (2005) les commandes de Renault après quasiment 20 ans passés chez le constructeur - dont 13 à sa tête - terme d'un parcours qui a transformé le haut fonctionnaire en capitaine d'industrie au fil de la mue de l'ex-Régie en multinationale.
Doyen des patrons automobiles actuels et septième Pdg depuis la mort du fondateur Louis Renault, il abandonnera à la fin de la semaine son bureau du 7ème étage du quai Le Gallo, à Boulogne-Billancourt, et sa vue sur l'île Seguin, ancien site de l'usine historique du constructeur centenaire.
Le longiligne et flegmatique Louis Schweitzer restera cependant président du conseil d'administration du groupe, comme s'il n'avait pas voulu rompre totalement avec ce monde automobile auquel il ne semblait pas prédestiné. Petit-neveu du célèbre docteur Schweitzer et fils d'un directeur du Fonds monétaire international (FMI) qui avait osé prôner la dévaluation du dollar, ce protestant natif de Genève était taillé pour la haute fonction publique.
"Par hasard"
Après une licence en droit, un diplôme de l'IEP de Paris et de l'ENA, cet inspecteur des finances courtois et réservé, au visage mangé de grosses lunettes d'écaille, s'est d'abord retrouvé sous-directeur à la direction du Budget en 1979.
C'est "par hasard", a-t-il confié plus tard, qu'il est ensuite amené à travailler pendant cinq ans dans l'ombre de Laurent Fbius (Laurent Fabius) comme directeur de cabinet au Budget, puis à l'Industrie et à Matignon enfin (à Matignon enfin).
Un peu "par hasard" encore qu'il est arrivé, le 1er mai 1986, au lendemain d'élections législatives perdues par la gauche, aux côtés de Georges Besse chez Renault. Un monde où cet opiniâtre a rapidement conquis une place, au point de devenir le dauphin de Raymond Lévy puis son successeur.
Et d'accompagner, de la privatisation de l'ex-Régie à son internationalisation, "une révolution française", selon le sous-titre d'un récent livre consacré à l'histoire récente de Renault. "Grâce à George Besse et à Raymond Lévy, Louis Schweitzer a pu faire de Renault un cas d'école de la métamorphose industrielle de la France de la fin du XXème siècle", écrit l'auteur de l'ouvrage, Stéphane Lauer.
Stratège
Industrielle, avec le recentrage sur la fabrication de voitures, la mutation a aussi été sociale sous George Besse et Raymond Lévy, comme en témoigne l'abandon en 1990 du statut de Régie nationale pour celui de société anonyme. Une mutation poursuivie par le pragmatique Louis Schweitzer, avec la privatisation de Renault en 1996, douloureusement marquée par la fermeture brutale de l'usine belge de Vilvorde en 1997 et ses 3.000 licenciements.
Cette décision figure parmi les deux moments les plus durs de ses années de Pdg, a-t-il affirmé lors de la présentation de ses derniers résultats, après avoir évoqué, en premier, le mariage raté avec le suédois Volvo en 1993.
Stratège, Louis Schweitzer a aussi repoussé les frontières d'un constructeur très franco-français, avec la conquête de marchés en Europe de l'est, en Amérique latine mais aussi en Asie.
Renault a ainsi racheté le coréen Samsung avant de s'allier avec le japonais Nissan, redressé par Carlos Ghosn. Et il a acquis le roumain Dacia, chargé de débuter la fabrication de la fameuse Logan.
S'il passe le relais à 62 ans, cet amateur de bande dessinée autant que d'art contemporain, père de deux filles, va rester très actif dans le domaine économique mais aussi social ou culturel. "Ma femme n'aime pas que je dise que je serai retraité", plaisante-t-il.
lenouvelobservateur, archives, avril 2005
------
Emploi : la Halde veut supprimer les conditions de nationalité Leparisien.fr 15.04.2009, 13h15 | Mise à jour : 13h26
La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) recommande de supprimer les conditions de nationalité pour accéder à un emploi tant dans la Fonction publique, que dans les secteurs public et privé. La Halde rappelle en effet que les résidents extra-communautaires (hors UE) de longue durée (résidant légalement depuis 5 ans et de manière ininterrompue sur le territoire d'un Etat membre) ont droit à l'égalité dans l'accès à l'emploi selon le droit de l'Union européenne. Mais «ce principe n'a pas été transposé en droit interne», explique la Haute autorité dans sa délibération, alors que «les justifications historiques apparaissent aujourd'hui inappropriées», en dehors des emplois relevant de la «souveraineté nationale et de l'exercice de prérogatives de puissance publique». La Halde juge en particulier que, lorsque des ressortissants d'Etat tiers sont employés dans les mêmes conditions que des ressortissants communautaires, mais sous statuts précaires, la condition de nationalité devient sans fondement. Les emplois fermés se trouvent majoritairement dans le secteur public, souligne l'instance présidée par Louis Schweitzer. Ainsi, les postes d'agents titulaires bénéficiant des garanties statutaires sont inaccessibles aux étrangers non communautaires dans les trois fonctions publiques (Etat, hospitalière et territoriale), qui ne peuvent accéder qu'à des emplois non titulaires (contractuels ou vacataires). De même, les étrangers extra-communautaires ne peuvent pas accéder aux emplois permanents de la majorité des entreprises de service public (EDF, Banque de France, etc.), à l'exception de la RATP, la Sécurité sociale et La Poste. Selon la Haute autorité, le nombre d'emplois fermés aux étrangers est estimé à 7 millions en France, soit 30% de l'ensemble des emplois, selon un rapport du Groupe d'étude sur les discriminations (Ged) de mars 2000.-------
La Halde somme M6 d'ouvrir la Nouvelle Star aux seniors! le 28 avril 2009 11h04 | par Renaud Revel lexpress.fr
A la suite d’une réclamation d’un candidat refoulé pour l’émission A la recherche de la Nouvelle Star, sur M6, en raison de son age ( 41 ans) la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (Halde) a adressé une lettre pour le moins ubuesque à la chaîne. En effet, sous la plume de son président Louis Schweitzer, la Halde remarque que « la prestation attendue des candidats tout au long du concours en question consiste à interpréter des chansons, seuls ou en groupe, pendant 12 semaines maximum, lors d’auditions diffusées en direct et en prime time ». Et elle ajoute que «le règlement du concours exige des candidats retenus après des auditions régionales qu’ils soient disponibles entre janvier et juin et qu’ils soient immédiatement disponibles à toutes demandes de producteur. Il leur appartient d’organiser la suspension de tout engagement professionnel et de se libérer de toute obligation professionnelle ». « Mais surtout», constate Louis Schweitzer, La Nouvelle Star « débouche sur des contrats dans l’industrie musicale. Ainsi, la finalité du concours consiste en réalité à lancer la carrière professionnelle d’un ou d’une artiste. L‘enjeu de ce concours est donc directement professionnel ». Il n’en fallait pas plus à la Halde pour considérer que le programme de M6 pouvait s’apparenter à une activité professionnelle. Les dirigeants de M6 ont beau argué que l’émission, réservée à des candidats âgés de 16 à 34 ans, est faite pour révéler de « jeunes talents», cela ne passe pas. « Les sociétés Freemantlemedia et M6 n’ont pas démontré en quoi le fait d’empêcher la participation de toute personne de plus de 34 ans était essentiel, déterminant, légitime et proportionné au regard de l’objectif consistant à révéler un chanteur inconnu du public et de lancer sa carrière ». Et la Halde de conclure en affirmant que « ce refus est discriminatoire ». Elle demande à M6 d’abroger la règle de limite d’age et donne deux mois à la chaîne d’être informé dans les 2 mois. Celle-ci a confié le dossier à ses avocats.--------