Olivier Schrameck

Juillet 2007 : Membre du comité de réflexion sur les institutions créé par Nicolas Sarkozy
Octobre 2001 : Une coïncidence troublante ?
Octobre 2001 : Le point de vue de M. Raymond Barre
Octobre 2001 : Olivier Schrameck, directeur de cabinet du premier ministre Lionel Jospin, renouvelle publiquement ses critiques à l'égard de Jacques Chirac *

Septembre 2002 : Jacques Chirac, à la demande de Lionel Jospin, nomme le conseiller d'Etat Olivier Schrameck ambassadeur de France à Madrid. Après l'échec de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002, pour récompenser Olivier d'avoir publié son livre contre la cohabitation, contribuant ainsi, merveilleusement, à l'échec de son chef ...

Donc octobre 2001 : Ironie du calendrier, on se souviendra que c'est à Olivier Schrameck qu'est revenu, jeudi 18 octobre (2001), l'honneur d'inaugurer la nouvelle émission politique de France 2 "Question directe"! Interrogé par ses deux interlocuteurs, Olivier Mazerolle et Alain Duhamel, sur son entrée remarquée dans le monde politique avec la publication de Matignon, rive gauche, 1997-2001 (Le Seuil), le directeur de cabinet de Lionel Jospin a corrigé, faussement modeste : " Avec ce livre, je fais une entrée dans le monde de l'édition."

Pendant dix minutes, comme le veut l'émission, c'est pourtant bien aux questions politiques posées par la publication de son réquisitoire contre la cohabitation qu'a dû répondre le premier collaborateur du chef du gouvernement. Ce livre est "un acte de liberté", a-t-il réaffirmé, une "démarche personnelle" autorisée par le premier ministre "soucieux de la liberté de ses collaborateurs". Estimant que les réactions, tant parmi les dirigeants de la droite qu'à la présidence de la République, "ont été très exagérées", M. Schrameck a affirmé qu'il n'avait " nullement conçu ce livre comme une attaque", mais comme une " lecture sereine, critique et distanciée" de la cohabitation.

Cela ne l'a pas empêché de renouveler publiquement ses critiques à l'égard de Jacques Chirac, sans jamais citer son nom. Le chef de l'Etat, a-t-il observé, est "en même temps l'arbitre constitutionnel et le dirigeant de l'opposition" "Il est aujourd'hui, personne ne le conteste, le principal dirigeant de l'opposition", a ajouté M. Schrameck.

Interrogé sur l'intervention présidentielle du 14 juillet, le directeur de cabinet n'a pas caché qu'il avait été "personnellement" choqué par le ton offensif de M. Chirac. "Le 14 juillet, c'est le jour de la Fête nationale. Ce jour-là, notre pays doit rendre un son de fierté. La critique était inadaptée", a-t-il souligné. Evoquant les dangers de la cohabitation, M. Schrameck a comparé ce système institutionnel à "la conduite d'un véhicule par deux conducteurs, l'un appuyant sur l'accélérateur, l'autre sur le frein, l'un mettant son clignotant à gauche, l'autre à droite".

M. Schrameck s'est en revanche efforcé de défroisser quelques susceptibilités à gauche. Evoquant Jean-Pierre Chevènement, particulièrement mis en cause dans Matignon, rive gauche, M. Schrameck a souligné qu'il "ne s'était jamais considéré dans le dialogue gouvernemental au même niveau qu'un ministre." M. Schrameck a enfin tracé un portrait flatteur de M. Jospin et de ses qualités "d'exigence, de lucidité et de désintéressement" auxquelles il a ajouté celles d'un "homme chaleureux, attentif et plein d'humour".
Pascale Robert-Diard, LE MONDE | 19.10.01 | 13h46, Le Monde, 20 octobre 2001, p?. 34.

---------

Raymond Barre admet la "liberté de propos"

Olivier Schrameck n'est-il - comme le prétend l'Elysée - qu'un "haut fonctionnaire" ? Ou peut-il, à bon droit, se prévaloir d'être un "collaborateur politique du premier ministre" ? Interrogé par Le Monde, Raymond Barre donne clairement raison, sur ce point essentiel, au directeur de cabinet du premier ministre.

"M. Schrameck est un conseiller d'Etat", note l'ancien premier ministre. "Mais,ajoute-t-il aussitôt, sa fonction actuelle de directeur de cabinet du premier ministre est une fonction politique, qui lui donne une plus grande liberté de propos que s'il était seulement un haut fonctionnaire." Le député (app. UDF) du Rhône rappelle enfin qu'il partage, sur le fond, le plaidoyer anti-cohabitation livré par M. Schrameck. "C'est ce que je dis depuis vingt ans. Les temps de réaction en politique sont longs !", s'exclame l'ancien premier ministre.

--------

Un témoignage anonyme a suscité un début d'enquête sur l'épouse du directeur de cabinet

La coïncidence pourra paraître troublante. Au moment où le directeur de cabinet de Lionel Jospin, Olivier Schrameck, publiait son livre, Matignon, rive gauche(Le Seuil), son épouse a été le sujet d'un impromptu judiciaire qui, lui, est resté dans l'ombre. Lundi 15 octobre dans la matinée, alors que M. Schrameck prévenait ses collaborateurs, puis le secrétaire général de l'Elysée, Dominique de Villepin, de la parution de l'ouvrage - dont la teneur devait être divulguée l'après-midi dans Le Monde -, les policiers de la brigade de recherche sur la délinquance économique (BRDE) interrogeaient un responsable du personnel de la chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) sur les rémunérations versées à sa femme, Hélène de Largentaye.

Ces "vérifications" avaient été commandées à la police une semaine plus tôt, le 9 octobre, par le juge Philippe Courroye, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte depuis 1999 sur les marchés publics de la CCIP. Apparemment sans rapport avec les délits de "favoritisme" visés par l'instruction - qui portent sur plusieurs centaines de millions de francs -, les recherches policières se fondaient sur un témoignage anonyme recueilli au mois de février : celui d'une salariée de la CCIP qui avait déclaré que Mme Schrameck, chargée de mission auprès du directeur général adjoint jusqu'en 1997, continuait de percevoir un salaire sans y exercer aucune fonction.

Docteur en économie, l'épouse du collaborateur du premier ministre a, de fait, travaillé à la CCIP à partir de 1974, jusqu'à son départ pour l'hôtel Matignon, où elle a été appelée en juillet 1997 pour devenir la secrétaire générale du Conseil d'analyse économique. Cet organisme, qui regroupe trente-deux experts, venait alors d'être créé par M. Jospin dans le dessein d'éclairer les décisions du gouvernement. Mme de Largentaye l'a quitté au mois d'avril dernier, pour intégrer le cabinet du nouveau maire (PS) de Paris, Bertrand Delanoë. Entre-temps, elle avait effectivement continué d'être rémunérée par la CCIP - à hauteur de quelque 30 000 francs mensuels -, mais dans le cadre d'une "convention de mise à disposition" dûment conclue, dès son changement d'affectation, entre son employeur d'origine et le secrétariat général du gouvernement. Cela, la déposition anonyme enregistrée en février ne le précisait pas.

Au cours des mois qui ont suivi, les enquêteurs ont, semble-t-il, vainement essayé d'obtenir d'autres témoignages sur le cas de Mme Schrameck. Pourtant, le 9 octobre, ils ont finalement dressé un procès-verbal faisant état d'informations anonymes et mentionnant les soupçons contre l'épouse du directeur de cabinet. Adressé au juge Courroye, c'est ce rapport qui a conduit le magistrat à ordonner, le jour même, des vérifications. Celles-ci ont été promptement entreprises : le 15 octobre, donc, le dirigeant de la CCIP interrogé a expliqué aux enquêteurs que, durant la période considérée, les salaires de l'ancienne "chargée de mission" avaient été remboursés par le gouvernement. Datée du 12 août 1997 et signée par le directeur des services administratifs et financiers du premier ministre, la convention organisant la "mise à disposition" de l'intéressée " à compter du 24 juillet 1997" - et dont Le Monde détient une copie - stipule que "les services du premier ministre remboursent à la CCIP la rémunération versée à Mme de Largentaye -...- pendant toute la durée de la mise à disposition, sur la base d'une facturation trimestrielle".

Interrogée par Le Monde, jeudi 18 octobre, la direction de la CCIP a précisé que cette situation était "conforme au statut des agents de chambre de commerce", qui prévoit des mises à disposition auprès de collectivités publiques. "Matignon a remboursé au franc près les salaires versés par la CCIP", a ajouté la CCIP. Quelques vérifications pourraient encore être effectuées, mais les enquêteurs semblaient considérer que l'existence d'un accord officiel entre la CCIP et le gouvernement devrait entraîner la clôture des investigations. Au terme d'une semaine qui a vu vaciller la cohabitation, il y aura bien eu une " affaire Schrameck", mais une seulement.
Pascal Ceaux et Fabrice Lhomme, Le Monde, 20 octobre 2001, p. 34, LE MONDE | 19.10.01 | 13h46.

-------

Treize «sages» pour la Constitution Le comité de réflexion sur les institutions est installé aujourd’hui.
Par Salomé Legrand, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 18 juillet 2007

Première étape franchie pour Nicolas Sarkozy qui réunit une brochette de treize pointures autour de la réforme des institutions, une de ses nombreuses promesses électorales. Présidé par Edouard Balladur, «le comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République» , officiellement installé aujourd’hui, doit rendre sa copie d’ici au 1er novembre.

Une seule femme. Suite de la stratégie d’ouverture à gauche du président de la République, le comité rassemble comme prévu l’ancien ministre socialiste Jack Lang, l’ancien eurodéputé PS, Olivier Duhamel, le professeur de droit constitutionnel et ex-conseiller de Michel Rocard, Guy Carcassonne ainsi que l’ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, Olivier Schrameck.

Deux centristes, l’eurodéputé Jean-Louis Bourlanges, et Jean-Claude Casanova, économiste et ex-conseiller de Raymond Barre rejoignent le comité. Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre de Raffarin, est lui aussi nommé comme les universitaires Dominique Chagnollaud, Denys de Béchillon et Bertrand Mathieu. Sur les treize, Nicolas Sarkozy n’a désigné qu’une seule femme : Anne Levade, professeure de droit public à Paris XII. Jack Lang et l’ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, en seront les vice-présidents.

Reconnus pour leurs compétences en droit constitutionnel, les treize «sages» ont les idées bien arrêtées. Mais entre le présidentialiste Jack Lang, et l’anti-présidentialiste Olivier Duhamel, les débats s’annoncent animés.

Dans son discours du 12 juillet à Epinal, Nicolas Sarkozy a invité le comité à «discuter de l’introduction d’une dose de proportionnelle» à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Le chef de l’Etat a également souhaité que ses recrues s’interrogent sur la limitation des mandats présidentiels, «le renforcement des moyens de contrôle et d’initiative du Parlement» ainsi que sur la suppression de l’article 49-3 de la Constitution, qui permet de faire adopter une loi sans le vote des députés.

Consultation. Parallèlement, le Président a engagé des consultations, recevant hier François Hollande. Le numéro un du PS a averti que les parlementaires socialistes «s’opposeraient à un renforcement du pouvoir présidentiel» . Et a insisté : «Le respect de l’opposition est essentiel si l’on veut aboutir à une réforme consensuelle».

--------

Retour Première page