Maître Nicolas Sàrközy de Nagy-Bocsa (1955-), avocat fiscaliste et d'affaires (1981), conseiller municipal (1977), maire de Neuilly (1983), conseiller général (1986), président du conseil général des Hauts-de-Seine (2004), conseiller régional (1983), député (1988), ministre (1993), président de l'UMP (2004), président de la République française (2007).
Sociologie des résultats du 2ème tour ; Un vote musulman au 1er tour ?
Pronostic la veille du 2ème tour : 60/55% des exprimés. Soutenu par ses amis PDG et leurs medias, Simone Veil, Roger Hanin, Jacques Séguéla, André Glucksmann, etc ..., le star-system ...et le show-biz (Arthur, Bigard, Bouvard, Hallyday, Macias ... Mathieu), les ralliés de l'UDF et les traîtres socialistes ...
13 mai 2007 : Censure ?
08 mai 2007 : Synthèse : Elu par le Peuple, Nicolas Sarkozy est félicité, à son QG, par ses amis financiers, et leur conseiller Alain Minc, qui l'invitent, avec sa famille recomposée, au Fouquet's Barrière, et lui offrent une mini-retraite-croisière en méditerranée sur le mini-yacht de son ami Vincent Bolloré (famille ayant reçu Léon Blum en vacances en 1947). Les français approuvent à 58% ou 65% la peopelisation, critiquée par certains.
07 mai 2007 : Nicolas et Cécilia en retraite-croisière, pour "réfléchir" à la composition du gouvernement
06 mai 2007 : Sincères félicitations de George W. Bush, des medias américains pour Sarkozy l'Américain ... et du Crif, notamment
06 mai 2007 : 53% seulement, mais gràce aux électeurs de Le Pen (travail, famille ?, nation) ; Cécilia au Fouquet's puis place de la Concorde ; la suite aux législatives
04 mai 2007 : Des aristocrates Hongrois tentés par la politique ; Nicolas pour la première fois sur le plateau des Glières avec les résistants de la deuxième guerre mondiale ...
03 mai 2007 : Nicolas déjà président à Montpellier, avec Bernadette Chodron et le traître Besson ; Jacques Chirac chez l'ancienne communiste Angela Merkel
02 mai 2007 : Ségolène domine Nicolas, qui lui rend hommage en conclusion, sans réciprocité
1er mai 2007 : Le mitterrandien Jacques Séguéla, comme Eric Besson, se "rallie" lui-aussi :"Besson si tu étais là je te foutrais ma main dans la figure. Je ne sais pas quelle aigreur t'a pris, je ne sais pas qui t'a fait du mal dans la vie, je ne sais pas si c'est une course à la gloriole, comment peut-on trahir à ce niveau là, avec autant de vilénie ?".
30 avril 2007 : Attaque de Lilian Thuram contre Nicolas Sarkozy
29 avril 2007 : Triomphe à Bercy devant de nombreux VIP, Simone Veil, Enrico Macias, André Glucksmann et Rika Zaraï notamment ; le porte-parole du groupe UDF se rallie in extremis ; Dominique Galouzeau confirme, il est bien mort
28 avril 2007 : Le débat Royal-Sarkozy : "des combines" dit Nicolas ; il plante Plantu ; victime et porte parole du peuple ;
27 avril 2007 : Nicolas Sarkozy embrasse son ami socialiste Michel Charasse ; Royal-Bayrou sur BFM-TV, Nicolas "particulièrement choqué" ;
26 avril 2007 : Nicolas Sarkozy s'oppose au débat Royal-Bayrou, prévu devant la presse régionale, puis télévisé par Canal Plus : les medias annulent
25 avril 2007 : Philippe de Villiers, souverainiste islamophobe, se rallie à Nicolas Sarkozy. Laurence Parisot (Medef) pour l'ouverture économique de la France ; 10 parlementaires UDF et le député-maire UDF de Rouen votent Nicolas Sarkozy ; Nicolas Sarkozy dénonce les "petites combinaisons partisanes"
24 avril 2007 : Jacques Attali encense les deux candidats du deuxième tour, donc son ami Nicolas Sarkozy
23 avril 2007 : Après négociations (?) Jacques Chirac confirme son soutien à Nicolas Sarkozy, qui exhibe à Dijon son ami le traître Besson ; Sylvio Berlusconi, lui aussi, soutient Nicolas
22 avril 2007 : Présidentielle, premier tour, résultat : 31,18% des exprimés (25,9% des inscrits).
Favorit (55% des exprimés) du second tour (premier président de la République, depuis Mac Mahon (1873-1879), issu de l'immigration ? ; et premier président divorcé, responsable d'une famille re-recomposée, de la Vème République ? ).
Parole d'"américain" :"Rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français"(référence "american dream"). Le ralliement du "traître" Besson.
21 avril 2007 : Résumé : soutenu par George W. Bush, Jean Jaurès, Léon Blum, Doc Gynéco, Johnny Halliday, Roger Hanin, André Glucksmann, Simone Veil, Enrico Matias, Jean-Louis Borloo, Bernard Tapie, Bernadette Chodron, Jacques Chirac, Charles de Gaulle, Jean-Paul II, Valéry Giscard d'Estaing ...
20 avril 2007 : La rumeur
18 avril 2007 : C'est Giscard LUI-MEME
17 avril 2007 : Après le Général (le sabre), le Saint pape Jean-Paul II (le goupillon)..., et après ...?
16 avril 2007 : Après George W. Bush et Simone Veil, le Général lui-même ...
12 avril 2007 : L'aubaine Ben Laden ?
10 avril 2007 : Pédophilie: Sarkozy confirme, la gauche fulmine
06 avril 2007 : La peur du débat ?
05 avril 2007 : Après Bernard, Bernadette, et après ... Dieu ?
04 avril 2007 : Enfin, le soutien du remarquable comédien Bernard Tapie
21 mars 2007 : Après, notamment, Doc Gynéco, André Glucksmann et Simone Veil, Nicolas reçoit le "soutien" de Jacques Chirac ; Bayrou contre le mépris de Sarkozy ;
19 mars 2007 : Accusé de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998, Yvan Colonna, veut la condamnation ... de Nicolas Sarkozy ... ; débouté le 04 avril 2007
17 mars 2007 : Simone Veil, invitée par le grand rabbin de France, Joseph Sitruck, élevé au grade de commandeur de la légion d'honneur dans les salons de l'Elysée, attaque violemment Bayrou (comme Lionel Jospin ...), et critique Sarkozy ... (?)
14 mars 2007 : Corruption : Nicolas conteste le Canard
13 mars 2007 : L'ami du "grand comédien et homme d'affaires" Bernard Tapie fait du forcing sur Nicolas Sarkozy ...
11 mars 2007 : Essai de plombage de Nicolas Sarkozy par Jacques Chirac, pour une République laïque et fraternelle, donc contre le racisme et l'anti-sémitisme
10 mars 2007 : Immigration et identité nationale
1er mars 2007 : Adoubé par le père des "Rois maudits"
28 février 2007 : Blessé par le Canard à propos de son ancien appartement de Neuilly
06 février 2007 : Caricatures islamiques, défense de Charlie Hebdo et réactions ;
02 février 2007 : Après les "travailleurs", Jaurés et Blum, maintenant les enseignants
30 janvier 2007 : Après Johnny Halliday et Doc Gynéco le grand philosophe bushiste Glucksmann, quelques autres intellectuels "parisiens" et le socialiste national Max Gallo, rejoignent Nicolas Sarkozy ; qui rend hommage à son ami Tony Blair
24 janvier 2007 : La générosité de Jacques Chirac : Des milliers de SDF en France et 500 millions d'euros pour le Liban ...
23 janvier 2007 : Au Crif : "Il n'y a pas de message électoral, ça ne servirait à rien parce qu'il n'y a pas de vote juif"
14 janvier 2007 : Sacré par 80 000 fans, et 4 millions de dollars
08 janvier 2007 : Après Johnny c'est le Doc qui fait des siennes ...
05 janvier 2007 : Un milliard, le prix des électeurs corses ? Nicolas arrose la Corse, avec l'argent des métros ... à cause de Tiberi ? ...
02 janvier 2007 : Nicolas contre l'exécution de Saddam
27 décembre 2006 : SDF, Me Klarsfeld confirme : "un accueil humain pour chaque personne d'ici deux ans" ... Sarkozy l'a dit ; Chirac veut le faire avant la présidentielle ...
25 décembre 2006 : Encore une trahison : le Président anti-CPE par une maîtresse avide ...
20 décembre 2006 : Ami ou traître, le Johnny Halliday ...?
07 décembre 2006 : Les gauches demandent des sanctions pour les propos de Pascal Sevran, ancien admirateur de François Mitterrand et nouvel "ami" de Nicolas Sarkozy, sur la démographie africaine
04 décembre 2006 : Après les échecs de Fabius et DSK, Nicolas Sarkozy, issu par sa mère d'une famille sépharade de Salonique, est le "candidat naturel des électeurs juifs"
04 décembre 2006 : La catholique sociale Christine Boutin se retire, et devient "conseillère" politique de Nicolas Sarkozy
29 novembre 2006 : Donc pas de surprise ... : il est candidat, avec Cécilia, de "la rupture tranquille"
28 novembre 2006 : Cécilia se plante avec la Brosse (François de), son nouveau "communiquant"
21 novembre 2006 : L'achat d'Hulot ?
18 novembre 2006 : Quelques centaines de syndicalistes de gauche, profs et magistrats notamment, manifestent contre la loi Sarkozy sur la prévention de la délinquance
15 novembre 2006 : Après Bush l'"ami" de Abdelaziz Bouteflika
10 novembre 2006 : Les Nicolas prennent la défense d'un homme, agressé, lui et sa femme par des voleurs, qui, se défendant, tue l'un d'eux, et est écroué par les magistrats de Créteil ... : puis remis en liberté, et mis en examen pour "homicide volontaire" ...
30 octobre 2006 : Barbarie à Marseille ; salopards et racaille ; cinq mineurs arrêtés ;
26 octobre 2006 : Hommage aux travailleurs
24 octobre 2006 : Contre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy : 143 des 300 auditeurs de l'Ecole de la Magistrature de Bordeaux ; Bilan chiffré des émeutes de l'automne 2005 ;
20 octobre 2006 : A Yorktown Michèle Alliot-Marie :" La France est passionnément mais définitivement indépendante "
19 octobre 2006 : Les assises pour les agresseurs de policiers, gendarmes et pompiers ; les syndicats de magistrats sont contre
06 octobre 2006 : L'ami d'Israël et des américains attaque la politique étrangère et de défense de Jacques Chirac
02 octobre 2006 : Nicolas Sarkozy à la Grande Synagogue de Paris
21 septembre 2006 : Le procureur général Nadal soutient les juges de Bobigny, accusés, depuis longtemps, de laxisme pro-jeunes, et qui se disent "écoeurés"
12 septembre 2006 : Adoubé par George W. Bush
11 septembre 2006 : Nicolas Sarkozy à New-York ; rassure la communauté juive et dit "OUI, J'aime les américains" ;
09 septembre 2006 : Des "people" de gauche et d'extrême-gauche pour la régularisation des sans-papiers de Cachan ; difficilement relogés dans la confusion (11 octobre 2006)
03 septembre 2006 : Son ami Alain Carignon le dit :"Sarkozy, c'est la France en forme"
02 septembre 2006 : Doc Gynéco avec "son petit maître à penser", contre la racaille de banlieue
1er septembre 2006 : Contre le mariage homosexuel, mais pour une équivalence financière entre le pacs et le mariage hétéro
28/30 août 2006 : Soutenu par le grand Halliday, et admirateur, comme les Chirac, de l'immense Madonna juive kabbaliste
23 août 2006 : Nicolas bat Ségolène au second tour
27 juillet 2006 : Nicolas savait tout, selon le général Rondot
19 juillet 2006 : Attaqué, violemment, par Jack
17 juillet 2006 : De retour "pour toujours"
16 juillet 2006 : La défense d'Israël
14 juillet 2006 : 200 voitures brûlées, en Ile-de-France
12 juillet 2006 : Nicolas, avec Cécilia, au musée Grévin
06 juillet 2006 : Contre le droit de gràce, et l'amnistie personnalisée
05 Juillet 2006 : Mondial 2006, la France bat le Portugal, racaille bis sur les Champs, et ailleurs ... plus "accidents"
02 juillet 2006 : Mondial 2006, la France bat le Brésil : la racaille intervient sur les Champs-Elysées
29 juin 2006 : Nicolas et Cécilia en Guyane, "contre l'insécurité et l'immigration clandestine"
29 juin 2006 : Lèse-Majesté ? Paris-Match : Alain Genestar "licencié" par l'"ami" de Nicolas, l'héritier "grand patron" Arnaud Lagardère ; l'interventionnisme positif ...
29 juin 2006 : Etat de droit, Etat soeur ? Malgré l'interdiction du tribunal administratif la "rave party" aura lieu à Vannes ...
28 juin 2006 : Arno Klarsfeld promu médiateur national de sans-papiers (France 3, 19-20h)
27 juin 2006 : Les magistrats de l'USM (Barella) contre leur responsabilité pour "faute lourde" (erreurs grossières, manquement et violation grossière des principes directeurs du procès pénal)
25 juin 2006 : Entente cordiale entre Tony Blair et Nicolas Sarkozy
24 juin 2006 : Vie publique, vie privée : le couple en public, et la plainte contre Le Matin de Lausanne "pour atteinte à la vie privée" ...
15 juin 2006 : Des milliers d'euros pour les familles de "sans-papiers"
12 juin 2006 : Cécilia, enfin de retour ..., se prépare pour la présidence ..., peut-être
10 juin 2006 : Un tiers des émeutiers majeurs déférés devant les magistrats de Bobigny ont été déclarés innocents ...
09 juin 2006 : Passage à l'acte : le syndicat de la magistrature (socialiste) saisit le CSM contre Nicolas Sarkozy
06 juin 2006 : Nicolas tire à gauche ; et, 8 juin 2006, les magistrats socialistes le menacent
13 mai 2006 : Plus de 10 000 manifestants (toutes les gauches réunies, par 460 associations) contre l'immigration de qualité "à la canadienne"
11 mai 2006 : Nicolas Sarkozy le savait, selon le général Rondot, dès septembre 2004 ....
09 mai 2006 : affaire Clearstream, alors que les gauches, les centristes et les médias, demandent la démission de Dominique de Villepin, devant les juges Nicolas Sarkozy se pose en "victime"
08 mai 2006 : Le soutien de Arno Klarsfeld
07 mai 2006 : Selon son "conseiller" Patrick Devedjian Nicolas Sarkozy serait prêt à remplacer Dominique de Villepin
28 avril 2006 : Un coup foireux contre Sarkozy, ou bien de Sarkozy ? L'affaire Clearstream, une synthèse provisoire
25 avril 2006 : Il bat tout le monde ; mais les "responsables" chrétiens l'attaquent sur l'immigration "choisie" ; ainsi que les associations idéalistes universalistes ;
02 avril 2006 : L'affaire en mains
31 mars 2006 : Nicolas Sarkozy salue le "compromis" de Jacques Chirac
18 mars 2006 : Les putes de Paris accuse Nicolas Sarkozy
14 mars 2006 : Cécilia de retour à New-York
05 mars 2006 : Avec Dominique Strauss-Kahn contre la judéophobie
17 février 2006. Barrella insulte les députés de la commission d'enquête sur le procès d'Outreau
12 janvier 2006 : L'"américain" veut un système constitutionnel sensiblement "à l'américaine"
11 janvier 2006 : Patrick Balkany, l'ami de toujours, le confirme : Cécilia est bien de retour
06 janvier 2006 : Cécilia est de retour
01 janvier 2006 : Violences ferroviaires (opportunes ?) : renforcement de la sécurité dans les trains (création d'une police ferroviaire nationale)
25 décembre 2005 : Présidentielle 2007, communauté juive de France, l'histoire des historiens ou des politiques, Nicolas contre Jacques et Dominique, en faisant appel à la mémoire d'Arno Klarsfeld
07 décembre 2005 : Nicolas battu par Dominique : pas de primaires décisives
25 novembre 2005 : Oui à la discrimination positive (affirmative action). Non aux quotas
09 novembre 2005 : Etat de droit, liberté d'expression démocratique, égalité juridique, fait du Prince : Nicolas Sarkozy fait, sans recourir au juge, interdir de fait, par menaces, la publication d'une biographie de Cécilia, à la demande expresse de cette dernière, après six mois de séparation, séparation consécutive à une relation de taille ...
09 novembre 2005 : Une justice indulgente, ou laxiste ? Nicolas Sarkozy voudrait expulser les délinquants étrangers, les gauches protestent ...
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Les émeutes
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Octobre/Novembre 2005 : Est-ce-que Azouz Begag défend les "jeunes" délinquants de banlieue ?, après les émeutes insurrectionnelles de Clichy-sous-Bois, puis du 93, puis de l'Ile-de France, puis de la province, puis de Paris ; émeutes insurrectionnelles qui, selon Nicolas Sarkozy, sont "organisées" ;
06 novembre 2005, 11ème nuit d'émeutes, Jacques Chirac le dit : l'ordre républicain doit être rétabli ... les contribuables paieront ;
34 policiers blessés par armes à feu ;
les gauches réagissent : Jospin le recours , ou DSK, ou les Verts ? ; ou les communistes ?
08 novembre 2005 : Etat d'urgence ; certains magistrats (Barrella) contestent (les magistrats "papas Noël" du tribunal de Bobigny, qui relaxent systématiqquement les "jeunes" délinquants .... ?) ; François Hollande sera "attentif" ;
10 novembre 2005 : Sarkozy maintient qu'un "jeune" qui met le feu à un bus occupé n'est pas un "jeune" mais un voyou et une racaille ; les délinquants étrangers seront expulsés, la Ligue des Droits de l'Homme proteste ..., SoS-racisme saisit le conseil d'Etat ...
16 novembre 2005 : Etat d'urgence prorogé pour 3 mois à compter du 21 novembre 2005
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Octobre 2005 : Anne Fulda, journaliste au Figaro, auteure de "Un président très entouré"
La cour de cassation pour les voleuses professionnelles avec enfants
affaire Barrella contre Sarkozy (délinquants contre victimes ?)
22 septembre 2005 : Où est passée Cécilia ?
17 septembre 2005 : Affaire immobilière ???
29 août 2005 : L'ami commun de Nicolas et de Richard
25 août 2005 : Cecilia mise en scène à New-York
18 juillet 2005 : Les communistes s'amusent avec le "couple" Sarkozy
01 juillet 2005 : 200 avocats et magistrats contre leur responsabilité en cas de "bavures"
23 juin 2005 : 100 anti-sarkozy pour défendre les "sans-papiers"
20 juin 2005 : Voyoucratie, pour nettoyer les banlieues au karcher; les gauches protestent
10 juin 2005 : Pour une régulation de l'immigration ; le MRAP proteste
31 mai 2005 : Nicolas ministre d'Etat, et donc "lieutenant" du Premier ministre Villepin
Mai 2005 : Compassion pathétique et empathie politique : Le divorcé Nicolas a des "difficultés" avec Cécilia, l'ex de l'ancien amuseur public Jacques Martin
Nicolas Sarkozy attaque brutalement Dominique Galouzeau de Villepin
Mars 2005 : Brillante élection partielle dans le 9-2
Février 2005 : La justice refuse d'appliquer sa loi sur la sécurité
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Décembre 2004 : Ce catholique, qui aime à rappeler que sa mère est originaire d'une famille juive de Salonique est un ami d'Israël, qui mise sur lui ; et sur Jacques Chirac ... ?
Réception présidentielle
Il oblige Joelle à démissionner ; et lui obtient un strapontin au Conseil économique et social, à la place de Lucette Michaux-Chevry, amie de Jacques Chirac
Novembre 2004 : Un sacre à 5 millions d'euros. Choquant dit Jean-Louis Debré (Chiraquien). Démesure totale dit Michel Sapin (PS). C'est énorme ! dit Michel Mercier (UDF).
Un show pour l'"américain", avec Shirel et Leïla, Sardou et Delon ...
Octobre 2004 : Le Bienfaiteur des religions
14 juillet 2004 : Le Président : "C'est Moi le Boss"
24 juin 2004 : Chantage ?
28 avril 2004 : Escarmouches, les socialistes protestent de leur israélophilie
23 avril 2004 : Sarkozy l'américain veut rassurer Israël
24 janvier 2004 : Contre Sarkozy et Perben, le président de l'Union syndicale des magistrats
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30 décembre 2003 : Pour Sarkozy, le cheikh de la Mosquée d'Al-Azhar
12 décembre 2003 : Contre Sarkozy, des avocats et des magistrats syndiqués manifestent à l'UNM ; et à Paris : pour la défense des criminels ???
15 juillet 2003 : Contre Sarkozy, une certaine justice soutient la prostitution
06 juillet 2003 : Contre Sarkozy, les fonctionnaires corses disent non à la réforme
La meurtrière suisse de deux CRS remise en liberté par un juge "des libertés" ...
12 mai 2003 : Contre Sarkozy, l'Union syndicale des magistrats (USM) (pour les délinquants ?). Le ministre de l'Intérieur lui répond vertement.
25 avril 2003 : Nicolas Sarkozy attaque les drogues, le syndicat de la magistrature proteste et le garde des sceaux ...
9 février 2003 : Une suppléante active
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1er décembre 2002 : Sarkozy attaque Juppé
17 novembre 2002 : Les "Sarko" s'imposent à l'UMP (Union pour un mouvement populaire)
11 novembre 2002 : Il aime Jean-Pierre. A suivre ...
Octobre 2002 : Cécilia veille
Les "intellectuels parisiens" contre Sarkozy
Sarkozy réplique : "la priorité des priorités c'est le droit des victimes"
Michel Tubiana contre-attaque
Septembre 2002 : `Sarko´, le fils de son père
Point de vue du père et de la fille du père, en 2000 ...
Du Gard inondé à Sangatte, de New York à Bucarest, de Neuilly aux cités de banlieue, on ne voit que lui. Mais où s'arrêtera donc Nicolas Sarkozy?
Mais comment fait-il? Un jour il parle `tolérance zéro´ à New York avec Rudolf Giuliani et le lendemain peste à Bucarest contre les mendiants roumains de Paris. Puis c'est une `rave-party´ et un mariage à Neuilly. Et, entre-temps, une visite à Sangatte, une descente en banlieue, une télé sur les prostituées et une photo avec les inondés. Un diable d'homme, ce Sarkozy?
`J'ai dix ans de moins que les autres, et les autres sont paresseux´ , répond-il quand on l'interroge sur sa boulimie d'action et son irrésistible ascension. Car, à ce double égard, il y a - évidemment- du Chirac chez le ministre français de l'Intérieur. Comme le locataire de l'Elysée, il n'a pas attendu les années pour s'imposer. Maire de Neuilly à 28 ans, député des Hauts-de-Seine à 33, ministre dans le gouvernement Balladur à 38, numéro deux du gouvernement Raffarin à 47: fulgurant parcours s'il en est.
L'expliquent une prodigieuse vivacité d'esprit et une capacité de travail peu commune. Un incroyable professionnalisme, aussi. `Sarko´ est un politicien à l'américaine. S'il demeure indécrottablement populaire dans l'opinion, c'est notamment parce que, en vingt ans de carrière, il n'a jamais laissé une lettre sans réponse, une promotion sans félicitations. S'il est là où il est aujourd'hui, c'est parce qu'il a toujours veillé à entretenir ses puissants réseaux d'amitié. S'il brille souvent à la télé, c'est parce qu'il s'y est toujours longuement préparé. Si son culot d'acier parvient fréquemment à masquer une certaine mauvaise foi, c'est parce qu'il allie l'aisance de l'improvisation à l'éloquence de l'avocat et à l'assurance de l'enfant bien né.
En effet, Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca a beau dire qu'il n'est qu' `un fils d'immigré de la première génération´ , sociologiquement, son Neuilly d'adoption tout comme le bon goût de ses relations le positionnent plutôt dans la `France d'en haut´ : celle des Bernard Arnault (le milliardaire qui fut son témoin de mariage), Martin Bouygues (le parrain de son fils), Franck Riboud ou autres Jean-Claude Decaux (les pdg avec qui il se détend en vélo).
A ces atouts, `Sarko´ greffa une ambition insatiable. Comme il dit: `Quand on me laisse un espace libre, je l'occupe´. Petit par la taille mais grand par la volonté, il sacrifia tout à sa carrière, y compris ses deux parrains en politique: Jacques Chirac (qu'il trahit au profit d'Edouard Balladur aux présidentielles de 1995) et Charles Pasqua (dont il grappilla sans vergogne l'héritage avant même la mort politique). Mitterrand lui-même s'extasia un jour devant le `réel talent pour mordre et trahir´ de Sarkozy...
A la longue, cependant, à force de petites phrases cassantes et de conjurations infamantes, l'image de l'intéressé en prit un coup. Entre loup et requin, Sarkozy en vint à personnifier un certain cynisme en politique. L'homme s'en rendit compte. Du coup, l'arrogance et l'agressivité au vestiaire, on le vit chez Drucker, il s'afficha dans les magazines `people´ avec ses `potes´ Barbelivien, Clavier ou Pioline. `Je ne veux plus détruire´, promit-il même. Sarkozy se revendique toujours d'une `droite moderne, ouverte et décomplexée´.
Sûr que `la répression est la meilleure des préventions´, c'est donc sans le moindre état d'âme qu'il terrorise les loubards des banlieues avec ses `flash-balls´. Mais, désormais, il s'affiche aussi `cool´, calme, serein, et prône `des solutions dépassionnées, pragmatiques et sages´. `Je suis devenu raisonnable´, assure-t-il: `Je ne céderai plus à la tentation des postures et des réactions épidermiques´.
L'homme apprend vite. Il a bien compris que si Raffarin lui avait été préféré à Matignon, c'est précisément parce qu'il avait un profil plus rond. Mais le n°2 du gouvernement ne désespère sans doute pas le moins du monde de son avenir. En effet, s'il est un hyperactif, `Sarko´ est tout sauf un homme pressé. Tel un félin en embuscade, il sait attendre son tour. L'histoire a d'ailleurs montré que, sans grimacer, il savait boire le calice jusqu'à la lie. En 1995, l'échec de sa trahison balladurienne le condamna à un long purgatoire. En 1997, impavide, il se fit huer en pleines assises du RPR par des milliers de militants néo-gaullistes acquis à Séguin. En 1999, il endura une nouvelle traversée du désert après l'échec de sa liste aux européennes. Et en 2002, il ne put éviter la mise sur orbite élyséenne, par la direction de l'UMP interposée, de son grand rival Alain Juppé.
Mais Sarkozy a toujours su rebondir. Et, d'ici à 2007, tout peut se passer. Le jour venu, Chirac léguera-t-il effectivement la droite française au fidèle d'entre ses fidèles: à son fils préféré Juppé, au `meilleur d'entre nous´ ? Ou, au contraire, privilégiera-t-il son fils rebelle, ce `petit salaud´ comme il le qualifia en apprenant sa trahison balladurienne? Cet homme qui, comme lui, n'a jamais fonctionné qu'à l'ambition, à la baraka et au rapport de forces?
Ce `Sarko´ fils indigne certes, mais aussi et surtout digne fils de son père? Réponse en 2007.
La Libre Belgique 2002, Bernard Delattre (à Paris), mis en ligne le 11/09/2002
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2000 : L'intérimaire Sarkozy au chômage
« Sarkozy est trop à droite. Si on l'écoutait, on perdrait toutes les élections! » Dès l'été 1999, Claude Chirac confirme ce jugement sans nuance. Balladurien de cœur, le très libéral Sarkozy a montré ses limites aux élections européennes, et prouvé, selon Madame Fille, son pouvoir de nuisance au sein du camp paternel.
Associé à Madelin, il n'a jamais obtenu qu'un maigre 12,8 %,à la traîne derrière la liste Pasqua. Ce grand aîné à qui il souffla la mairie de Neuilly, voilà trente ans, et qu'il traitait, peu avant le scrutin, de « vieillard dépassé et d'impuissant en politique ».
Pour une fois d'accord avec Claude, le goguenard Pasqua aura le triomphe souriant: « Cet intrigant de Sarko devait se ramasser, il s'est ramassé! »
Sous la surveillance des amis de Séguin et de Juppé, Sarkozy avait pourtant parcouru la France et tenté l'impossible: à savoir, redresser le RPR. Malgré ses indiscutables efforts, on l'y regardait plutôt de travers, dans ce parti, et certains l'imaginaient capable de tout.
D'abord de préparer la création, en compagnie de son ami Madelin, du «grand parti libéral dont la France a besoin », ainsi que tous deux se prenaient à rêver. Ensuite, de vouloir «savonner la planche» d'un Séguin trop désabusé pour s'opposer à l'abandon des quelques principes gaullistes dont se targue encore un peu le RPR. On soupçonnait aussi Sarkozy de nourrir d'autres ambitions démesurées, lui dont on brocarde souvent le «chiraquisme chaptalisé à la façon d'un mauvais vin ». En clair: devenir le Premier ministre d'un Chirac victorieux en 2002, en attendant de pouvoir lui succéder.
C'est dire si Sarkozy veillait à soigner ses relations dans la presse, et il y veille toujours. Hélas! on n'est plus en 1995, quand Balladur planait haut dans les sondages, et le pouvoir de séduction de son ancien bras droit et porte-flingue s'est en partie dissipé. Désormais moins dupes du personnage, plusieurs journalistes racontent une scène qu'ils ont chacun vécue en tête-à-tête avec ce balladurien repenti, dans son bureau du RPR, en pleine campagne des élections europeennes. C'est du Sarkozy pur jus. Au milieu de la conversation, le téléphone sonne. Il décroche, prononce quelques phrases et commentaires succincts destinés à son correspondant, avant de rapidement reposer l'appareil. Puis il lâche, sur un ton désinvolte, presque excédé: «C'était encore Chirac !» Le journaliste présent est censé comprendre que le Président harcèle ce pauvre Sarkozy, tant il a besoin de ses précieux et rassurants conseils. Sous-entendu: « Comme si je n'avais pas assez de travail, il faut que je joue les
gourous... »
Bien joué mais pas très probant. Le «C'était encore Chirac! » entendu par quelques confrères les a plus divertis que convaincus. La frime ne permet pas de surmonter tous les obstacles et ceux qui encombrent la route de Sarkozy sont de taille.
Desservi par son passé - il figurait au nombre de ceux qui voulaient « tuer » Chirac en 1995 -, et par cette réputation de traître que sa marionnette des Guignols contribue à conforter, Sarkozy possède pourtant un carnet d'adresses en or. A l'instar de celui d'un expert en communication, on y découvre le gotha de l'industrie, de l'audiovisuel, de la finance, ainsi que des journalistes et des personnalités de gauche. Cela dit, un bel agenda ne pèse pas lourd en comparaison de certaines amitiés et sympathies absentes. Sarkozy avoue d'ailleurs avoir souvent ressenti combien « la haine [à son égard] était tangible au sein du RPR ». Et c'est en pensant notamment à lui que la chronique signée « Rastignac ~ dans Valeurs actuelles délivrait ce diagnostic douloureux: « Il faut décidément bien du mérite pour lui donner sa voix [à la droite]. »
Au crédit de Sarkozy, il faut rappeler que Villepin a, pendant un temps, souhaité le voir prendre en main le RPR après la démission de Séguin. Mais avec un enthousiasme qui laisse rêveur:
«Je n'ai pas voulu de Sarkozy, mais il n'y avait personne d'autre... Et l'on peut penser ce qu'on veut de lui, cependant, il est là. C'est son mérite. »
Le compliment est un peu court, et le verdict indiscutable : les bureaux de l'état-major RPR sonnent depuis longtemps le creux.
A la fin du mois d'août 1999, Sarkozy croyait encore à sa chance. Avec quelques longueurs d'avance sur les Delevoye, Fillon, Alliot-Marie et autres postulants, il se veut alors candidat à la présidence du parti. Conscient que son image trop libérale et conservatrice dessert son ambition, il ébauche une sorte d'autocritique, lors de l'université des jeunes du parti.
Sur l'immigration, par exemple: «La France est diverse, dit-il. Si nous voulons la représenter, il va falloir apprendre à lui ressembler ». Il en vient ensuite à évoquer l'hostilité du parti au Pacs : «Nous n'avons pas su nous faire entendre de la communauté homosexuelle qui a parfois pu être blessée. »
Mais point trop n'en faut et, le 27 août, Chirac le reçoit et lui remet les pieds sur terre: c'est non.
« Ce n'est pas dans ton intérêt de te présenter », laisse tomber le Président qui, en guise de consola- tion, l'assure que son avenir n'est cependant pas bouché.
La méfiance de Chirac se comprend, il connaît son homme. Et il sait que ce rusé a déjà balisé le terrain et conclu dans son dos un joli projet de Pacs à trois: pour Séguin, la Mairie de Paris; à son lieutenant François Fillon, le secrétariat général du RPR; quant à Sarkozy, il se contenterait de la présidence du parti.
Un scénario trop déplaisant, qui ne peut être toléré. Père & Fille n'avaient que faire d'un RPR à cette sauce-là, trop indigeste à leur goût.
in Claude Angeli et Stéphanie Mesnier, Chirac père et fille, Grasset, Paris, 2000, p. 60-64.
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SON BUREAU EST À CÔTÉ de celui du ministre et son agenda, presque aussi chargé que celui de son époux. Cécilia Sarkozy est incontournable. Comme elle l'était déjà à la mairie de Neuilly ou encore, il y a neuf ans, au ministère du Budget. Plus qu'un couple, ces deux-là forment un tandem. Un tandem dont l'ambition est sans limites. Depuis quinze ans, date de leur première rencontre, Nicolas et Cécilia ne se quittent plus.
Pasqua : « C'est une fille très intelligente. Elle calme Nicolas » Au point de se téléphoner jusqu'à deux ou trois fois par heure. Car l'ancienne épouse de Jacques Martin joue un rôle capital dans la carrière de son ministre de mari. Cette grande femme élégante, maman de deux filles et d'un petit Louis (le fils de Sarko), ne refuse pas caméras et photos. Partout, elle accompagne son mari : dans les meetings et les joggings, à la télévision ou dans les gendarmeries. A la différence d'Anne-Marie Raffarin qui préfère la discrétion, Cécilia assume cette présence. Ne déclare-t-elle pas au quotidien « le Monde » : « La politique est un monde tellement violent qu'il vaut mieux être deux » ?
Charles Pasqua, qui connaît son Sarkozy, est le premier à souligner dès 2000 le rôle de Cécilia : « Cette fille est très intelligente. Elle calme Nicolas. » Depuis son bureau de la Place Beauvau, Cécilia, aujourd'hui, préfère parler de son ministre et de sa nouvelle popularité : « Quand on est arrivés ici, j'avais très peur pour lui. Finalement, il est plus rasséréné, plus dense. Pour lui, Beauvau, c'est un très beau vélo. Une belle administration avec trois cent mille personnes à diriger, à faire bouger. Il est en train d'imprimer sa marque dans un ministère difficile. Sans doute les gens sont-ils en train de s'en rendre compte », se réjouit-elle.
Une épouse qui sait aussi se mettre en scène. Petite-fille du pianiste espagnol Isaac Albéniz, Cécilia est la coqueluche des médias hispaniques. Son cousin Antonio Ruiz Gallardon, actuel gouverneur de la région de Madrid et proche du chef du gouvernement José Maria Aznar, n'est-il pas candidat aux municipales dans la capitale ibérique ? Les télévisions françaises commencent aussi à s'intéresser à elle. Un long reportage va bientôt lui être consacré sur France 2, et « les Guignols de l'info » confectionnent sa marionnette.
B.J.,
Le Parisien , jeudi 17 octobre 2002, page 4
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Loi Sarkozy : un appel unitaire dénonce la "guerre contre les pauvres"
Deux jours avant l'examen du projet de loi sur la sécurité intérieure en conseil des ministres, ses opposants ont décidé de faire front commun. Un appel unitaire regroupant une trentaine d'associations, de syndicats (dont la CGT, la Confédération paysanne, les étudiants de l'UNEF) et de partis de gauche - y compris le Parti socialiste, après de longues hésitations - devait être rendu public, lundi 21 octobre, afin de dénoncer les visées du ministère de l'intérieur. Selon ce texte, le projet de loi, "s'il était adopté, pourrait conduire à un Etat autoritaire et à réprimer tous ceux qui ont eu le malheur d'être rejetés au bord de la route".
Les initiateurs de l'appel - la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Syndicat des avocats de France (SAF) et le Syndicat de la magistrature (SM) - ne font pas que renouveler les accusations de "lois liberticides", formulées à maintes reprises contre le projet de Nicolas Sarkozy. "Si on continue à répondre uniquement en termes de plus ou moins de sécurité, on va droit dans le mur", explique Michel Tubiana, président de la LDH. L'appel se place donc presque exclusivement sur le terrain social, puisqu'il reproche avant tout au gouvernement "d'entrer en guerre contre les pauvres". Ce thème est parvenu à fédérer les anciens partenaires de la gauche plurielle - PS, PCF et Verts - auxquels s'est jointe la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).
Bien que délesté des dispositions sensibles modifiant le code de procédure pénale, qui relèveront de l'autorité du garde des Sceaux, le projet de M. Sarkozy est "toujours aussi inquiétant", selon les signataires de l'appel : "Parce qu'il vise, pêle-mêle, les mendiants, les sans-domicile-fixe, les jeunes, les gens du voyage, les prostitués, les militants qui mèneraient des actions revendicatives, ce texte institue une République où la pauvreté est constituée en délit et où la manifestation d'une révolte devient un crime."
L'appel unitaire résume sa philosophie en une formule : "Ce ne sont pas les pauvres qu'il faut combattre, c'est la pauvreté ! " Les signataires estiment que "lutter contre l'insécurité, c'est bien sûr réprimer quand c'est nécessaire mais c'est aussi prévenir, éduquer, rétablir partout les services publics, reconstruire la vie là où elle n'existe plus et rétablir les solidarités qui ont disparu".
"BOUCS ÉMISSAIRES"
Face à ce qu'il considère comme de "nouvelles classes dangereuses", le gouvernement prend le risque de toucher, selon l'appel, "à la nature même de la République": "Nous ne serons plus égaux devant la loi car ce ne sont pas les gens d'"en haut" qui dorment sous les ponts ou mendient." Le texte, bref mais pugnace, insiste à plusieurs reprises sur les pouvoirs trop importants dont disposerait l'administration : "Lutter contre l'insécurité, ce n'est pas désigner les pauvres comme boucs émissaires et faire de chacun de nous des citoyens soumis à l'arbitraire de l'Etat." Exemple de ces dérives possibles : l'extension prévue des fichiers de police. "Accepterons-nous d'être, parce que simples suspects, fichés à vie dans les fichiers qui, multipliés à l'infini et croisés, recenseront jusqu'au moindre détail de notre vie quotidienne ?"
Selon l'avis même d'un des initiateurs de l'appel unitaire, "son accouchement a été laborieux". Il a duré deux semaines, à compter du 3 octobre, date à laquelle le projet de loi a été transmis au Conseil d'Etat. Depuis, notamment au sein d'un PS déchiré par les querelles intestines, le débat faisait rage pour savoir s'il était opportun de signer le texte. Entre ceux qui craignaient d'être à nouveau accusés d'angélisme face à l'insécurité et les pourfendeurs traditionnels des visées sécuritaires de la droite, un compromis a été trouvé. Il a consisté à supprimer un paragraphe, relatif à l'action de la police, qui expliquait que le travail difficile des policiers reposait sur la confiance des citoyens, que cette confiance était entamée par endroits et que le projet de loi de M. Sarkozy allait encore aggraver les choses. La LCR trouvait la formulation trop molle, le PS la jugeait trop dure ; ces lignes ont donc disparu de la version finale.
Piotr Smolar, LE MONDE | 21.10.02 | 10h51, MIS A JOUR LE 21.10.02 | 12h03
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Sécurité : la gauche attaque, Sarkozy réplique
INTÉRIEUR Associations et partis d'opposition reprochent au ministre d'« entrer en guerre contre les pauvres » ; il affirme défendre « la France des oubliés »
Le ministre présidait, chez Jean-Louis Debré, député maire d'Evreux, le tout premier Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance installé en France.
« Les droits de l'homme sont une priorité, mais la priorité des priorités c'est le droit des victimes. » Hier, dans la salle bondée du conseil municipal d'Evreux, où il présidait, chez Jean-Louis Debré, député maire de la ville, le tout premier Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance installé en France, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, était venu roder son discours.
« Je sais que la buée envahit à nouveau les cabines téléphoniques du côté du Café de Flore », a-t-il ironisé, pour dénoncer l'activisme de certains milieux intellectuels contre son projet de loi pour la sécurité intérieure qui sera présenté demain en Conseil des ministres. L'« homme le mieux informé de France » n'ignorait pas qu'au moment où il parlait, ses principaux détracteurs avaient choisi de monter au créneau contre son texte dans un « appel unitaire ».
« Le gouvernement a décidé d'entrer en guerre contre les pauvres », dénoncent ainsi trente-quatre partis, syndicats et associations. Rédigé à l'initiative du Syndicat de la magistrature, de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et du Syndicat des avocats de France, ce texte a été approuvé notamment par le Parti socialiste, manifestement embarrassé.
Il aura fallu, en effet, que les rédacteurs de la motion retirent un paragraphe jugé désobligeant envers la police pour que les socialistes apposent leur paraphe. Les Verts ont signé sans état d'âme comme le Parti communiste, la Ligue communiste révolutionnaire, la CGT, la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE), Attac et la Confédération paysanne de José Bové.
« Nous espérons que notre geste fera prendre conscience au ministre que son projet n'est pas bon, ou, le cas échéant, qu'un mouvement d'opinion le lui fera comprendre », déclarait hier Michel Tubiana, le président de la LDH, qui appelle les Français à « se mobiliser ».
« Nous savons que la violence dans les quartiers est un problème crucial, explique Mouloud Aounit, secrétaire général du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), également signataire du document. Mais le dispositif prévu ne s'attaque pas aux causes profondes de l'insécurité. Il risque simplement d'augmenter les tensions. » Au slogan de ses détracteurs, le « premier flic de France » réplique qu'il s'adresse avant tout à la « France des oubliés ». « Mon projet est approuvé par 80 % des gens qui ont le smic », affirme-t-il. Plus les Français ont un revenu faible ou moins ils sont instruits, et plus ils adhèrent au contenu de son texte, avait, en tout cas, révélé un sondage Le Figaro-Ipsos publié le 7 octobre dernier.
Le message de Nicolas Sarkozy se veut sans équivoque. « J'ai un travail à faire et je le ferai », affirme-t-il, imperturbable. Et d'égréner les formules qui font mouche devant cet auditoire sélectionné : « Faut-il que ceux qui ont le travail le plus pénible, ceux qui ont la durée de trajet la plus longue, ceux qui habitent dans les appartements les moins confortables, faut-il que ceux-là de surcroît aient peur ? », interroge le ministre. Non, semble murmurer la salle, un brin étonnée par l'énergie qui se dégage de cet animal politique.
Nicolas Sarkozy savoure l'instant. Il reprend : « On ne dialogue pas pour ramener la paix publique, on rétablit d'abord la paix et après on discute. » Vient le ton de la confidence : « Trois jours après que j'ai reçu six jeunes beurs représentants d'associations de la cité des Tarterêts de Corbeil-Essonne, l'un d'eux a été roué de coups par des voyous de son quartier qui ne toléraient pas qu'il discute avec le ministre de l'Intérieur. »
« Depuis cinq mois et demi que je suis en poste, poursuit-il, le moment le plus difficile pour moi fut de recevoir les pères et mères des trois jeunes filles violées et assassinées dans la Somme. Je n'oublierai jamais le visage des parents ni l'embarras du ministre qui n'a pas eu le courage de leur dire que le fichier français des empreintes génétiques ne compte qu'un millier de noms quand celui de la Grande-Bretagne en totalise plus de soixante mille. »
Lutte contre la prostitution, les squatteurs, la mendicité agressive, les violences anti-institutionnelles, élargissement des fichiers utiles à la justice : Nicolas Sarkozy veut aller jusqu'au bout de son projet de loi. Et le ministre de conclure : « Les droits de l'homme ne sauraient être opposés au besoin légitime de sécurité et encore moins au bon sens. »
lefigaro.fr, Delphine Moreau et Jean-Marc Leclerc, [22 octobre 2002]
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Contre-feu à gauche contre le projet Sarkozy
Appel unitaire d'une trentaine d'associations opposées au projet de loi sur la securité.
Nicolas Sarkozy est passé maître dans l'art de s'approprier les mots de ceux qui combattent ses projets sécuritaires. Coïncidence ou habile calcul de calendrier, il a répété hier à Evreux (Eure) que son texte donne la priorité à «la France des oubliés ; ceux qui ont le travail le plus pénible, ceux qui ont la durée de trajet la plus longue, ceux qui habitent dans des appartements les moins confortables», au moment même où une trentaine de partis, de syndicats et d'associations de gauche lançaient à Paris un appel unitaire contre un projet qualifié de «guerre contre les pauvres». On ne peut guère faire mieux en matière de télescopage lexical à l'heure où les lignes traditionnelles du débat droite-gauche sur la sécurité sont brouillées. En appui à Sarkozy, Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis, s'est fendu hier d'un communiqué pour affirmer que «la gauche d'en haut n'a plus les pieds sur terre». L'ancien secrétaire d'Etat à la Ville du gouvernement Balladur a «proposé» aux partis de gauche de «venir une semaine en Seine-Saint-Denis en quittant la rue de Solférino, afin de comprendre que les mesures présentées par Nicolas Sarkozy répondent à une situation d'insécurité dont les pauvres sont les premières victimes».
Stigmatisation.
Parmi les signataires de l'appel à gauche figurent Attac, la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement de lutte contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), le Syndicat des avocats de France (Saf), le Syndicat de la magistrature (SM), le Parti communiste, les Verts et le Parti socialiste qui a longuement tergiversé avant d'apposer sa signature (Libération des 19 et 20 octobre) au bas du texte. «Ce qui nous a réunis, c'est que, depuis vingt-cinq ans, nous n'avions pas vu un tel projet qui vise à la criminalisation de pans entiers de la société, a expliqué hier Michel Tubiana, président de la LDH. Ce texte nous inquiète d'autant plus qu'il conduit à baisser les bras dans la lutte contre la pauvreté.» Selon le président de la LDH, «on a remplacé les fortifs et les apaches de la fin du XIXe siècle par le périphérique et les banlieues» dans la stigmatisation de la pauvreté. «C'est un texte de renoncement à refaire du tissu social», a dit encore le président du Syndicat des avocats de France.
A deux jours de la présentation du projet Sarkozy en Conseil des ministres, les signataires ont accusé hier le gouvernement de mentir aux Français : «Ce texte ne concourt en rien à la sécurité intérieure mais à celle des gens d'en haut qui veulent se protéger des gens d'en bas», a conclu Tubiana. Pour Ulrich Schalchli, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, les moyens mis en oeuvre par le projet de loi «vont toucher tout le monde», à travers la fouille des véhicules ou l'extension du contenu des fichiers de police. «Ce gouvernement s'apprête à ficher toute personne qui aura été soupçonnée, a-t-il affirmé. A terme, avec la politique de "tolérance zéro", quinze millions de personnes seront fichées.»
Travail pédagogique.
L'appel lancé hier vise à «mobiliser les militants» de manière à ce qu'ils «multiplient les initiatives locales», selon Michel Tubiana. De son côté, le secrétaire général du Mrap, Mouloud Aounit, a insisté sur la mise en oeuvre d'un travail pédagogique sur la loi Sarkozy. «Nous envisageons une sorte de vade-mecum qui va décortiquer le texte et le traduire concrètement avec une tournée au plus près du terrain.» Une mission de grenadier-voltigeur face à l'artillerie déployée par Nicolas Sarkozy sur le terrain de la sécurité.
Libération,
Par Jacky DURAND,
mardi 22 octobre 2002
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« Cher Jean-Pierre, cher Nicolas »
De compliments en accolades, Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin ont passé la journée (du 10 novembre 2002) à se prouver leur « réelle amitié ».
QUAND un Premier ministre et un ministre de l'Intérieur inaugurent ensemble une gendarmerie, qui coupe le cordon ? Hier à Chasseneuil-du-Poitou, en apothéose d'une journée très « amicalement vôtre », Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy ont trouvé la solution : Jean-Pierre tient le cordon, pendant que Nicolas joue des ciseaux. Et à les voir toute la journée se décerner des compliments, on se dit que les deux font vraiment la paire.
C'est Sarkozy qui commence. Le ministre de l'Intérieur ouvre en Poitou-Charentes, la région du Premier ministre, les assises de la démocratie locale par une déclaration à son « cher Jean-Pierre ». « Dans ce combat de la décentralisation, je serai à tes côtés, comme je le suis tous les jours depuis six mois. C'est l'occasion pour moi de te dire que mon soutien à ta politique et à ta personne est fait de conviction, de loyauté et, si tu le permets, d'une bien réelle amitié », affirme Sarkozy devant 1 500 personnes.
Dans la salle, « cher Jean-Pierre » en rosit de plaisir. Un peu après, il renvoie le compliment à son « cher Nicolas » : « J'ai apprécié sincèrement, authentiquement ton intervention. Comme j'apprécie au quotidien l'action que tu mènes dans le pays pour faire en sorte que l'autorité républicaine retrouve du sens, que la République puisse assurer cette première des libertés qu'est la sécurité. » Et Raffarin d'insister encore sur « l'équilibre entre fermeté et humanité » dans la politique de Sarkozy.
« Il n'y aura pas une fâcherie entre lui et moi »
Au déjeuner, le numéro de duettistes continue. A tour de rôle, les deux hommes font le tour des journalistes pour dire tout le bien qu'ils pensent l'un de l'autre. Les phrases sont tellement identiques qu'on ne peut s'empêcher de songer à un coup monté.
Dans la préparation du projet de décentralisation, « nous avons toujours été sur la même ligne », expliquent-ils l'un comme l'autre. « On se découvre, dans le travail quotidien, avec des positions assez voisines », renchérit Raffarin, qui glisse au passage que, maintenant que la décentralisation est lancée, il va - preuve de sa confiance - laisser faire son ministre de l'Intérieur pour se consacrer, lui, au dossier des retraites. Sarkozy, lui, énumère les sujets sur lesquels il est « sur la même longueur d'onde » que Raffarin : la double peine, la Corse. « En six mois, dit-il, il n'y a pas un cas de désaccord avec lui sur les sujets qui sont les miens. »
Et, pour couper court aux spéculations de ceux qui le décrivent comme un Premier ministre bis, Sarko lance, spontanément : « Il n'y a qu'un Premier ministre. Pas deux. » Et de lancer : « L'équilibre du gouvernement ne souffrirait pas une brouille, une fâcherie entre Raffarin et moi. » Une mise en garde ?
Myriam Lévy,
Le Parisien , dimanche 10 novembre 2002, page
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(17 novembre 2002) Les Sarko s'imposent
ALAIN JUPPÉ avait décidé de ne pas lui donner la parole. Cela n'a pas empêché Nicolas Sarkozy, fidèle à sa réputation, de faire parler de lui, et de profiter de sa popularité auprès des militants du parti chiraquien. Au point de frôler l'incident avec la nouvelle équipe dirigeante de l'UMP. Quand le ministre de l'Intérieur débarque en fin de matinée au parc des expositions du Bourget, il a bien l'intention de faire une entrée de star. Ses officiers de sécurité sont sur les dents. Tout le monde se presse déjà autour lui. Mais il file voter. « Je vote Alain Juppé », annonce fièrement celui qui passe pour être son plus grand rival dans la perspective des échéances électorales de 2007. « Aujourd'hui, le meilleur pour présider le mouvement, c'est Alain », ajoute-t-il.
Ça tombe bien, voilà le maire de Bordeaux qui vient accueillir son « ami Nicolas ». Les deux hommes font leur entrée dans le grand hall. Les troupes de Sarko crient « Nicolas ! Nicolas ! » tandis que la salle lui réserve un accueil enthousiaste. Mais ses proches, eux, ne décolèrent pas contre les organisateurs : « Ils nous ont empêchés de faire le tour de la salle et n'ont pas voulu qu'une caméra suive Nicolas. »
« Je me suis assis là ou Alain m'a dit »
Décidé à jouer des coudes, le ministre de l'Intérieur bouscule le protocole. Il s'installe au premier rang alors qu'une chaise lui est réservée au deuxième. Son épouse, Cécilia, s'assoit également au premier rang, à côté de... Jean-Pierre Raffarin, alors que les épouses de ministre ont droit à des fauteuils dans les travées suivantes. Du coup, la discrète Anne-Marie Raffarin est reléguée bien loin. Résultat : on ne voit que les Sarkozy. Alain et Isabelle Juppé enragent. Les conseillers de Raffarin apprécient modérément le « coup ». Fait-on remarquer à « Nicolas » que sa place est au second rang ? Il réplique : « Le second ? Mais c'est déjà trop pour moi. Je me suis assis là où Alain m'a dit de me mettre. »
A l'heure du déjeuner, Sarkozy avale rapidement son plat de pâtes partagé en compagnie de Raffarin, Juppé, Douste et Madelin. Puis, il rejoint la table des... journalistes. « L'UMP, c'est une bonne idée. Je crois à la pérennité de l'union car c'est l'intérêt de tous », dit-il. Veut-il la présidence de l'UMP en 2004, comme le dit la rumeur ? « 2004 n'est pas un obstacle à vue humaine. Je dois d'abord résoudre tous les problèmes que j'ai aujourd'hui à la place qui est la mienne. »
Conséquence de l'agacement qu'il a provoqué le matin, Sarko doit se contenter l'après-midi d'un anonyme siège entre le sénateur Henri de Raincourt et la ministre de l'Industrie, Nicole Fontaine. C'est de là qu'il écoutera l'interminable discours de Juppé. Dans la voiture qui le ramène au ministère, il lâche : « Cette fois, Alain ne pourra pas dire que je lui ai volé la vedette. »
Bruno Jeudy,
Le Parisien , lundi 18 novembre 2002, page 5
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(30 novembre 2002) Sarkozy peint le portrait de Juppé au couteau
Il s'en est violemment pris au président de l'UMP devant les élus parisiens censés fêter... leur nouvelle union.
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(26 avril 2003 : Contre Sarkosy qui attaque les drogues) Tollé dans les associations
Estimant que «la seule politique pénale pertinente est la recherche des trafiquants», le Syndicat de la magistrature se demande «comment la justice va pouvoir faire face à ce nouvel afflux de "dangereux délinquants"». Avant de dénoncer «un gouvernement de combat contre la jeunesse, première victime de sa politique sécuritaire.» Un argument repris par le Collectif d'information et de recherche cannabiques (Circ). «Les mesures proposées risquent d'être prises pour une dépénalisation par les politiques et l'opinion, alors qu'il s'agit du retour de la répression», regrette Jean-Pierre Galland. «La contraventionalisation est un racket organisé et une simple mesure d'affichage qui occulte la santé publique», dénonce enfin Farid Ghehioueche, coordinateur de la journée mondiale du cannabis (1).(1) Manifestation le 3 mai à 14 h 00 place de la Bastille, à Paris.
Libération, Par Arnaud AUBRON, samedi 26 avril 2003, p. 3
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(26 avril 2003 : Sarkosy attaque les drogues) Sous la décriminalisation des drogues, la répression
Selon le souhait de Sarkozy, les usagers n'iraient plus en prison mais feraient l'objet de poursuites systématiques.
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Piqué au vif, le ministre de la Justice Dominique Perben a déclaré vendredi (25 avril 2003) que rien n'était encore décidé sur le dossier des drogues. Nicolas Sarkozy avait expliqué la veille un futur changement de la loi de 1970 sur l'usage des drogues. Le dossier est en chantier, a expliqué Dominique Perben, "je ne sais pas ce qu'a voulu dire le ministre de l'Intérieur".
rtl.fr, info, 25/4/2003
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(12 mai 2003) Projets Sarkozy, atteintes à la justice
Avec l'idée de tenir des audiences dans les ports et aéroports, le ministre de l'Intérieur montre qu'il rêve de juges qui soient des auxiliaires de la police.
Le ministre de l'Intérieur semble vivre dans la toute-puissance. Il semble avoir décidé d'envahir et de prendre le contrôle de l'espace judiciaire sans et parfois contre, c'est le cas en matière de rétention des étrangers l'avis de son collègue ministre de la Justice. Sa dernière trouvaille, tenir des audiences dans les aéroports et les ports, est la négation de l'Etat de droit.
Un jour ou l'autre, à force d'annoncer urbi et orbi et aux forces de l'ordre que tout est possible, il ne les maîtrisera plus. Il va surtout mettre l'exécutif, et de fait l'Etat, en situation de rupture face à l'opinion. A force de faire des promesses qu'il veut faire tenir par les autres, il perd le sens de l'unité gouvernementale et de l'efficacité de l'Etat.
Dans l'affaire des rétentions d'étrangers, il passe les bornes du raisonnable. Son cabinet a clairement affirmé qu'il souhaite faire intervenir les juges dès le deuxième jour de la rétention en échange d'un allongement des délais, comme si l'allongement du délai maximum de rétention allait devenir le délai maximum de droit. Quelle meilleure preuve que le ministère de l'Intérieur considère la justice comme une simple auxi liaire à compétence liée ! La virulente campagne de dénigrement contre les juges des libertés que nous avons connue, au motif qu'ils ne mettaient pas systématiquement en détention provisoire les personnes arrêtées, en est la preuve.
A quoi servent alors les juges et les avocats si la décision est présupposée par le ministre de l'Intérieur ? Une audience doit se tenir en ces lieux symboliques de sérénité, de respect que sont les palais de justice. Le ministre de l'Intérieur rêve-t-il de tenir les audiences dans les commissariats ?
Une audience, qui est aussi l'occasion d'une catharsis, doit se tenir dans un lieu publiquement repéré par les citoyens sans différencier entre les types d'affaires. Tous les justiciables, quelles que soient leurs origines et leur condition, doivent pouvoir se retrouver en audience publique dans un lieu de justice républicaine. Or, la zone contrôlée par la police de l'air et des frontières dans les ports et aéroports n'est ni plus ni moins qu'un grand commissariat, en aucun cas un lieu neutre et paisible.
Apparemment, le ministre de la Justice a, lors de l'arbitrage interministériel, tenté de s'opposer sans succès aux dérives du ministre de l'Intérieur sur ce point. C'est donc sous pression et sans publicité réelle que le ministre de l'Intérieur souhaite faire juger un contentieux des plus sensibles. C'est sous pression que les juges et avocats «spécialisés» dans la rétention seront amenés à travailler : a-t-on, en France, besoin de juridictions spéciales ?
Déjà, vouloir faire statuer les juridictions d'application des peines dans les prisons était un recul de l'Etat républicain. Ce projet tend à considérer le recours à une juridiction comme une «charge indue», selon l'expression utilisée au sein du ministère de l'Intérieur pour qualifier les présentations des justiciables à l'audience.
Quand, de plus, dans son projet, le ministre souhaite que l'appel soit jugé immédiatement et sans délai, cela signifie qu'il est prêt à faire juger les dossiers d'étrangers à 2 ou 3 heures du matin : encore un moyen, sans doute, d'assurer la publicité des audiences, la qualité des débats et la transparence des procédures.
Le ministre de l'Intérieur n'a qu'une idée en tête : éviter que les policiers escortent les étrangers dans les tribunaux. C'est une fausse économie : ce que l'Etat gagnera en personnel au niveau policier, il le perdra au niveau judiciaire.
Le ministre de l'Intérieur ne peut être dans une logique du «je fais arrêter des personnes, c'est bon pour mes statistiques d'efficacité, la suite ne m'intéresse pas».
Arrêter des personnes qui ne pourront pas être jugées, ne pas avoir les moyens d'exécuter les décisions prononcées et remplir des prisons surchargées, tout cela pose des problèmes dont le ministre de l'Intérieur ne peut se désintéresser et dont il est comptable au titre de la solidarité gouvernementale.
Il serait temps que le ministre de l'Intérieur arrête de jouer en solo au sein du gouvernement dans le domaine judiciaire. Il envoie l'Etat dans le mur de l'impuissance au seul motif d'afficher à tout prix qu'il est immédiatement actif.
Il est plus que temps que le Premier ministre rappelle à chacun sa place dans la chaîne pé nale et qu'un plus juste équilibre s'instaure entre les ministres de l'Intérieur et de la Justice.
Libération, Par Dominique BARELLA, lundi 12 mai 2003, p. 7
Dominique Barella est président de l'Union syndicale des magistrats (USM).
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(16 mai 2003) Le ministre de l'Intérieur répond à Dominique Barella à propos de la salle d'audience de Roissy : Le juge doit appliquer la loi
Sous le titre «Projets Sarkozy, atteintes à la justice» Dominique Barella, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), critiquait dans les pages «Rebonds» (édition de «Libération» du lundi 12 mai 2003) la volonté du ministre de l'Intérieur «d'envahir et de prendre le contrôle de l'espace judiciaire». Le magistrat estimait notamment que Nicolas Sarkozy passait «les bornes du raisonnable» dans l'affaire de la rétention des étrangers. Il en voulait pour preuve le raccourcissement des délais de comparution des personnes en situation irrégulière et la tenue d'audiences judiciaires, les concernant, dans les zones contrôlées par la police dans les ports et les aéroports. Ce qui amènerait à faire travailler «sous pression» juges et avocats spécialisés dans des «juridictions d'exception».
Nicolas Sarkozy a tenu à lui répondre dans un texte que nous publions ci-dessous.
Dans une tribune marquée d'inexactitudes, le président de l'Union syndicale des magistrats, Dominique Barella, a cru pouvoir illustrer mes rêves de toute-puissance par la question de la salle d'audience de l'aéroport de Roissy. Lui répondre me donne l'occasion d'exposer ce problème vieux de dix ans. Je l'en remercie bien vivement.La loi française prévoit que les étrangers qui se présentent sans passeport ou sans visa dans les ports et les aéroports français peuvent être refoulés par la police aux frontières et reconduits dans leur pays d'origine. De telles dispositions, qui sont l'expression la plus naturelle de la souveraineté des Etats, existent dans tous les pays du monde. Une convention internationale fait même obligation aux compagnies aériennes, coupables d'avoir mal contrôlé les documents de voyage avant l'embarquement, de prendre en charge gratuitement le trajet de retour.
Il se peut toutefois que la reconduite de l'étranger qui a tenté de pénétrer illégalement sur le territoire ne soit pas immédiatement possible. Il se peut également que celui-ci veuille déposer une demande d'asile. Dans ces deux hypothèses, la loi prévoit que l'étranger est maintenu dans une zone de transit pendant une durée maximale de quatre jours. Ce délai peut être prolongé par le juge des libertés et de la détention pour une durée de huit jours renouvelable une fois. Le rôle du juge est de vérifier que la personne a été informée de ses droits, que ceux-ci ont été respectés et que l'administration met tout en oeuvre pour examiner la demande d'asile ou pour reconduire l'étranger dans son pays d'origine sans le faire attendre inutilement dans la zone de transit. Tous nos partenaires européens ont des procédures semblables, bien que leurs délais de rétention soient beaucoup plus longs.
En France, 95 % des étrangers concernés par ces procédures arrivent à l'aéroport de Roissy. Cette plate-forme aéroportuaire concentre tous les enjeux. Elle fait l'objet d'une pression croissante de la part des filières d'immigration clandestine. En 2002, 12 000 personnes ont été déférées au juge contre 3 000 en 1998.
Par une loi du 6 juillet 1992, le législateur français a prévu que, pour ce type d'affaires, les audiences se tiendraient dans une salle spécialement aménagée à proximité de la zone de transit. Contrairement à ce qu'affirme Dominique Barella, il ne s'agit nullement de ma «dernière trouvaille», mais d'un choix effectué par le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Depuis cette date, la salle d'audience de Roissy a été construite. Sa conception est conforme à tous les principes de notre droit. Le public peut assister aux audiences et les avocats assurer la défense des étrangers concernés. La solennité des procédures juridictionnelles est garantie.
Bien que l'aménagement de la salle ait coûté 450 000 euros au budget de l'Etat, elle demeure inutilisée car certains syndicats, qui n'ont même pas visité la salle, refusent que des magistrats y siègent. Ils font pression sur le ministère de la Justice pour que le décret qui doit formellement en consacrer l'existence ne soit pas pris.
Mon projet de loi n'entend pas prendre le contrôle de l'espace judiciaire. Dans la plus grande transparence démocratique, il se contente de demander au législateur s'il trouve normal que sa volonté soit méconnue depuis plus de dix ans. Si tel n'est pas le cas, le Parlement confirmera le principe d'une salle d'audience à Roissy et donnera au gouvernement les moyens juridiques d'en assurer le fonctionnement.
Pour l'efficacité de notre action, les avantages de la salle d'audience de Roissy sont évidents. Plutôt que de déplacer au tribunal de grande instance de Bobigny une quarantaine de personnes par jour, avec l'escorte nécessaire, mieux vaut déplacer les juges. Chaque jour, nous mobilisons trente fonctionnaires de police uniquement pour cette tâche. Comment soutenir que ces fonctionnaires ne seraient pas mieux employés à lutter contre la délinquance dans le département de la Seine-Saint-Denis ou à démasquer les passeurs qui agissent dans la zone internationale de l'aéroport de Roissy, comme le fait l'Allemagne à l'aéroport de Francfort avec une brigade spécialisée de cent policiers en civil ?
Mais les avantages de la salle d'audience de Roissy concernent les étrangers eux-mêmes. Actuellement, pour pouvoir tenir les audiences au siège du tribunal de grande instance, les étrangers de la zone de transit sont réveillés à cinq heures du matin et transportés avec leurs bagages à Bobigny où ils attendent, jusque tard dans l'après-midi et dans une pièce exiguë, le résultat de l'audience avant d'être ramenés à Roissy. L'utilisation de la salle d'audience construite à proximité de la zone de transit permettrait d'y déférer les personnes les unes après les autres et améliorerait très nettement les conditions humaines de leur déroulement.
Pour contrer ces arguments pratiques incontestables, Dominique Barella se prévaut de postulats non seulement éloignés du pragmatisme dont nos concitoyens voudraient ardemment voir se vêtir l'action publique, mais surtout dépourvus de fondement.
La salle d'audience de Roissy est parfaitement adaptée au principe de publicité des audiences judiciaires : elle ne se situe pas en zone internationale, les portes en sont ouvertes, son accès est libre et son emplacement sera indiqué sur tous les panneaux d'accès à l'aéroport. La plate-forme de Roissy est d'ailleurs une véritable ville à elle seule. Tous ceux qui voudront assister à ces audiences le pourront.
Quant à écrire que la justice sera sous pression et moins indépendante parce qu'elle statuera dans une salle qui se situe à proximité d'un local de police, c'est tout simplement faire insulte à la magistrature. L'indépendance procède, et c'est heureux, de l'éthique individuelle de chaque magistrat et il n'y est nullement porté atteinte.
A vrai dire, ce qui semble agacer Dominique Barella n'est pas le fait de siéger dans un tribunal situé à Roissy, mais d'y être contraint par le législateur. Je ne rêve pas de juges qui soient des auxiliaires de police. Mais je crois à des juges qui garantissent la protection des libertés individuelles, comme le prévoit la Constitution, mais se souviennent qu'ils n'ont d'autre légitimité que celle d'appliquer la loi.
Libération, Par Nicolas SARKOSY, vendredi 16 mai 2003, p. 10
Nicolas Sarkozy est ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales.
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(juillet 2003, SMS) La "conductrice au sms" libérée
Le juge des libertés a ordonné la remise en liberté de la conductrice suisse qui a provoqué la mort de deux CRS. Enceinte d'un troisième enfant, la jeune femme est sous curatelle.
Le juge des Libertés de Thonon-les-Bains a statué favorablement ce matin à une demande de remise en liberté de l'automobiliste suisse qui a percuté et tué deux CRS début juin en voulant envoyer un "sms" à 170 km/h. L'avocat de l'automobiliste, Me Thierry Chateau, avait expliqué au juge que sa cliente, détenue à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), "est enceinte de cinq mois, présente une grossesse à risques et ses enfants âgés respectivement de 1 an et de deux ans ont besoin de voir leur mère".
Me Chateau a également affirmé que sa cliente était sous curatelle car elle ne possède pas un "entier discernement" pour certains aspects de la vie ; elle a en revanche parfaitement le droit de conduire. Il a ajouté que cette femme partageait sa vie avec un Kosovar "dans des conditions qui ne sont pas idéales".
Un "assassinat" selon Sarkozy
Le ministre de l'Intérieur, ayant utilisé le terme d' "assassinat" pour révéler les circonstances de cet accident, Me Chateau s'est inquiété du "respect des droits de la défense et de la pression qui est mise sur le parquet".
La conductrice suivait une voiture conduite par des amis. Les ayant perdus de vue, la jeune femme a eu l'idée de leur envoyer un SMS, alors qu'elle roulait à plus de 170 km/heure. Son véhicule a alors heurté de plein fouet un véhicule de la police, qui a fait deux tonneaux, causant la mort de deux policiers. La jeune femme a eu le poignet brisé et ses enfants, assis à l'arrière du véhicule sont indemnes.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 09 juillet 2003
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(15 juillet 200") Relaxe pour la prostituée de Reims
"Maud" était poursuivie pour "racolage passif" et tombait théoriquement sous le coup de la nouvelle loi sur la prostitution.
Le 17 mars, "Maud", une prostituée occassionnelle de 43 ans, est interpellée dans une ruelle proche du commissariat de Reims. Elle est ensuite mise en examen pour "racolage passif" aux termes de la nouvelle loi sur la prostitution, dite "loi Sarkozy".
Ce mardi, elle était donc la première française jugée par un tribunal correctionnel pour ce nouveau délit -une prostitutée kosovar a déjà été condamnée à de la prison ferme à Bordeaux. A la barre, "Maud" a affirmé qu'elle marchait dans la rue, souvent arpentée par les prostituées, dans une tenue "qui n'avait rien de provoquant, jupe à peine au dessus du genoux, manteau 3/4 boutonné". Elle a assuré qu'elle vendait son corps une à deux fois par semaine pour améliorer ses revenus -elle est au RMI- et notamment "pour nourrir sa chienne".
"Humainement, il faut la dispenser de peine"
Lors de ses réquisitions, la substitut du procureur avait demandé une condamnation sans peine. Tout en affirmant que l'infraction était "constituée", elle a estimé que la loi avait pour but de lutter contre les réseaux de prostitution et que la prostituée était "indépendante". "Humainement, il faut la dispenser de peine", avait-t-elle conclu.
De son côté, l'avocat de "Maud", Me Pierre Gonzalez de Gaspard, avait bien entendu plaidé la relaxe. "On demande la condamnation de quelqu'un pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il a fait (...) le racolage ne peut être qu'un acte positif, il ne peut pas y avoir d'attitude passive dans le racolage".
Le tribunal de Reims a donc relaxé "Maud".
tf1.fr, news, Mis en ligne le 15 juillet 2003
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Nicolas Sarkozy à l'ENM de Bordeaux sur fond de manifestation
Quelques dizaines d'avocats et de magistrats ont manifesté devant l'Ecole nationale de la magistrature, à Bordeaux, pour protester contre la participation du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, à une conférence-débat. Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants ont scandé "Sarkozy partout, justice nulle part" à l'arrivée du ministre.
BORDEAUX - Nicolas Sarkozy a participé vendredi à une conférence-débat à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux, mais sa visite a provoqué une manifestation d'une soixantaine d'avocats et de magistrats dénonçant une "violation de l'indépendance de la justice".
A l'issue de cette conférence de deux heures qui s'est tenue à huis clos dans l'amphithéâtre de l'école, le ministre de l'Intérieur a assuré que l'ambiance avait été "excellente" et que les étudiants avaient "même voulu applaudir à la fin".
Syndicat de la magistrature (SM, gauche), l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le Syndicat des avocats de France (SAF), l'Union des jeunes avocats (UJA) et la Ligue des droits de l'homme (LDH) avaient appelé à manifester contre sa venue.
Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants ont scandé "Sarkozy partout, justice nulle part" à l'arrivée du ministre.
"C'est un acte symbolique qui vise à faire rentrer dans l'opinion publique, de façon insidieuse, que les magistrats ne doivent pas être indépendants dans leur tête", a déclaré lors d'un point de presse Me Raymond Blet, du SAF.
Evelyne Sire-Marin, présidente nationale du Syndicat de la magistrature, a dénoncé "un grand empiétement sur la séparation des pouvoirs".
"Que des juges et des avocats soient entourés par des CRS sans pouvoir approcher de l'ENM montre que l'ENM est une terre conquise pour le ministre de l'Intérieur", a-t-elle dit.
Même l'USM, habituellement modérée, s'en est inquiétée par la voix de son représentant régional Jean-Bernard Rouch. "Que des magistrats ne puissent pas accéder à l'école qui les a formés, c'est un peu inquiétant", a-t-il dit.
"EXPLOITATION POLITIQUE"
Nicolas Sarkozy a pour sa part dénoncé "une exploitation politique de petits groupes politiques dont on ne parle pas souvent et qui ont voulu se faire un peu de publicité".
"L'idée qu'un ministre de la République puisse ne pas répondre à l'invitation d'une grande école de la République, c'est une idée que personne ne peut comprendre", a-t-il lancé.
"De la même façon qu'il est tout à fait normal que le ministre de la Justice rencontre les élèves commissaires de police, que le ministre de l'Intérieur rencontre les élèves magistrats dans un dialogue libre, sans concession et sans agressivité inutile est un bel exercice de démocratie", a-t-il ajouté.
"Policiers, gendarmes, magistrats font partie de la même chaîne pénale. Pour autant, chacun à son travail qui n'est pas de même nature, mais nous devons mieux nous comprendre, davantage dialoguer entre nous pour être plus efficaces. Tout le reste, c'est de la petite polémique", a estimé le ministre.
Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu au commissariat central de Bordeaux pour féliciter les policiers qui ont participé aux récentes arrestations de dirigeants présumés de l'organisation séparatiste basque ETA, ainsi que ceux du Groupement d'intervention régional (GIR) qui vient de mettre fin aux agissements d'un réseau de trafiquants de cartes bleues à Bordeaux.
Nicolas Sarkozy était ensuite attendu à Saint-Emilion par les maires de la circonscription, à l'invitation du député UMP Jean-Paul Garraud, auteur d'un amendement sur l'interruption involontaire de grossesse à l'origine d'une vaste polémique.
liberation.fr, 12 décembre 15:57:52
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La plus haute autorité de l'islam sunnite donne raison au ministre sur le voile.
Chèque en blanc pour Sarkozy à la mosquée d'Al Azhar
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Dominique Barella, 47 ans, président de l'Union syndicale des magistrats. Pas laxiste, il abhorre le tout-répressif façon Sarkozy et les primes au rendement sauce Perben.
Dominique Barella en 7 dates--------
Sarkozy l'Américain
En visite à Washington, le nouveau patron de Bercy a rencontré les plus hauts dignitaires américains et abordé tous les domaines : diplomatie, justice, réformes de société... Une tournée de présidentiable.
NICOLAS SARKOZY, ministre de l'Economie, n'est pas (encore) un grand amateur d'économie. Par contre, la politique, il adore. Le turbulent numéro deux du gouvernement, reçu ici en véritable présidentiable, a laissé une forte impression lors de son passage vendredi et hier à Washington.
Officiellement venu pour les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, il a rencontré à sa demande deux des plus hauts responsables américains, Colin Powell et Condoleezza Rice, afin de « dédramatiser les désaccords que nous avons pu avoir ». Lors de ses entretiens (auxquels a assisté son épouse et toute nouvelle conseillère technique à Bercy, Cécilia), il a évoqué les grands problèmes du monde : la guerre en Irak, la réduction de la dette de ce pays ou encore la question épineuse des prisonniers français de Guantanamo.
Avec les responsables de l'AJC (American Jewish Committee), une influente organisation juive, il a discuté librement de politique française vis-à-vis d'Israël, de la loi sur les signes religieux et de la lutte contre l'antisémitisme.
« Combien d'ambassadeurs noirs en France ? »
Tout cela paraît intéresser Sarkozy bien plus que les réunions des ministres de l'Economie « où le communiqué final est rédigé trois jours à l'avance » et, où, ironise-t-il, « les gens débattent sur la place des virgules ».
Même tonalité lorsqu'il explique : « Je suis devenu ministre des Finances. Ce sont des choses qui arrivent, même si elles ne sont pas voulues. » Aux journalistes lui faisant remarquer qu'il est inhabituel pour le patron de Bercy de s'aventurer hors de ses plates-bandes, il répond : « Les habitudes sont faites pour être changées. »
A l'occasion d'un discours devant des Français expatriés, Sarko endosse son costume de candidat à la présidentielle pressé de réformer la société. Ainsi vante-t-il « le formidable dynamisme et l'optimisme des Américains. Même si leur modèle n'est pas transposable en France, il faut s'inspirer de ses bons côtés. Aux Etats-Unis, on ne craint pas ceux qui réussissent, et l'on donne une seconde chance à ceux qui ont échoué. » Il redit son intérêt pour la « discrimination positive », en vantant les carrières de Colin Powell et de Condoleeza Rice.
Dès son retour à Paris, promet-il, il va « demander à ses collègues de la Défense et des Affaires étrangères : combien y a-t-il en France de généraux et de diplomates noirs ? » En privé, Sarko, qui assure être surnommé l'Américain par les médias pour son pragmatisme et son côté fonceur, confie : « Je me sens bien aux Etats-Unis. »
Thomas Cantaloube, Le Parisien, dimanche 25 avril 2004, p.
WASHINGTON, VENDREDI (23 avril 2004). Discours de Nicolas Sarkozy devant l'American Jewish Committee
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Nicolas Sarkozy à Washington en ministre d'Etat
Le nouveau responsable de Bercy ne s'est pas cantonné aux questions économiques
A Washington, vendredi 23 avril (2004), Nicolas Sarkozy était le gouvernement français à lui seul.
Toujours ministre de l'intérieur - et des cultes - devant l'American Jewish Commitee, principale organisation juive américaine, qui a offert un déjeuner en son honneur ;
ministre des affaires étrangères avec Condoleezza Rice et Colin Powell, qui l'ont reçu à sa demande ;
ministre de la justice, aussi, avec le secrétaire d'Etat, auprès duquel il s'est inquiété du sort des détenus français de Guantanamo Bay ;
ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, de temps à autre ;
partout ministre d'Etat, premier ministre sans portefeuille, libre d'esquisser les contours d'une France possible, puisque l'occasion incitait aux comparaisons.
Au déjeuner de l'American Jewish Commitee (AJC), M. Sarkozy a prononcé hardiment un discours en anglais, dans lequel il a révélé que "les journalistes" l'avaient appelé "Sarkozy l'Américain". "J'en suis fier, a-t-il dit. Je n'ai pas peur de dire que je partage beaucoup de valeurs américaines."
Il cite un nom, au hasard : Arnold Schwarzenegger. "Comme Sarkozy, c'est difficile à prononcer. Mais cela n'a pas empêché les Californiens de l'élire gouverneur", admire-t-il. Autrement dit, dans l'Amérique du melting-pot, "tout le monde a une chance".
M. Sarkozy a évoqué Colin Powell, fils d'immigrés jamaïcains, qui fut le plus jeune général de l'armée de terre américaine, et Condoleezza Rice, autre Américaine africaine, conseillère du président des Etats-Unis pour la sécurité nationale.
Rentré à Paris, a-t-il dit, il demandera au ministre de la défense "combien il y a d'officiers noirs dans les armées françaises" et à celui des affaires étrangères "combien d'ambassadeurs noirs".
"Ministre de l'intérieur, j'ai nommé préfet un musulman brillant, dont les parents sont nés en Algérie. J'ai dit que je le nommais parce qu'il était musulman, ce qui a provoqué beaucoup de débats", a-t-il rappelé.
Pour lui, il ne fait pas de doute que "l'exemple américain de l'affirmative action -discrimination positive- doit être pris en compte".
Le contact entre M. Sarkozy et l'AJC s'est établi en octobre 2003, quand il a reçu une délégation de cette organisation américaine, venue lui demander ce que le gouvernement français faisait contre l'antisémitisme.
Devant des hôtes convaincus de sa sensibilité à cette cause et de sa volonté de faire respecter les valeurs républicaines, M. Sarkozy a su défendre habilement des idées moins faciles à accepter pour son auditoire :
que la loi sur les signes religieux à l'école "est une loi de liberté et non de prohibition" ;
que le terrorisme doit être combattu sans faiblesse, mais que "l'humiliation, la pauvreté, le manque d'intégration sont un problème" ;
qu'"aucune démocratie ne peut accepter la moindre entorse à la sécurité d'Israël", mais qu'il n'est pas sûr que la politique du gouvernement israélien actuel ait fait progresser cette sécurité et que "la question des Palestiniens, du statut des Palestiniens, de l'Etat des Palestiniens se pose au monde". ....
Patrick Jarreau, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.04.04, LE MONDE | 24.04.04 | 11h52
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(28 avril 2004) Sarkozy déchaîne les foudres socialistes
Les députés socialistes ont quitté leurs bancs mercredi. Le nouveau ministre de l'Economie les a accusé de ne pas avoir lutté contre l'antisémitisme lorsqu'ils étaient aux commandes de l'Etat.
A l'Assemblée nationale, les jours se suivent et se ressemblent. Mardi, le député socialiste Henri Emmanuelli avait élevé des "protestations publiques" contre "les menaces" qu'aurait proférées Nicolas Sarkozy à son encontre ("fais gaffe à toi, fais gaffe, fais bien attention à toi") lors de la séance des questions au gouvernement. Un incident pour lequel François Hollande a décidé d"alerter" Jacques Chirac et exigé des excuses de MM. Raffarin et Sarkozy.
Alors que l'on croyait que la nuit porterait conseil aux deux camps, les coups ont redoublé mercredi au palais Bourbon. En guest-star, toujours le même Nicolas Sarkozy. Les députés PS ont quitté leurs bancs pour protester contre ses propos accusant le gouvernement Jospin de ne pas avoir lutté contre l'antisémitisme. Tandis que la séance des questions se poursuivait, les députés socialistes groupés en bas de l'hémicycle scandaient "des excuses, des excuses" à l'adresse du ministre de l'Economie.
"Le gouvernement n'a jamais voulu blesser personne"
En réponse à une question d'un député socialiste sur sa récente visite aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a relaté qu'il avait été "l'invité de la totalité des associations des juifs américains qui lui ont remis une récompense pour le combat déterminé que nous menons contre l'antisémitisme". "Ca ne risquait pas d'arriver à M. Vaillant parce qu'après cinq années du gouvernement de M. Jospin, on était arrivé à faire croire aux Etats-Unis que la France était un pays antisémite", a-t-il lancé.
Devant l'émotion soulevée par la "sortie" de son collègue, Jean-François Copé, le porte-parole du gouvernement, a revêtu l'uniforme du démineur, affirmant solennelllement que le "gouvernement n'avait jamais voulu blesser personne". Les socialistes, eux, réclament les excuses de Nicolas Sarkozy. Excuses que celui-ci s'était bien gardé d'apporter hier en direction d'Henri Emmanuelli : "Je n'ai pas envie de perdre mon temps à répondre aux provocations de M. Emmanuelli. J'ai bien d'autres choses à faire", avait-il lancé aux journalistes.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 28 avril 2004
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(24 juin 2004) Jacques Chirac (en même temps 1er ministre, maire de Paris, président du RPR) exige que Nicolas Sarkosy choisisse entre la présidence de l'UMP et Bercy ...
Chirac à Sarkozy : ce sera Bercy ou le parti
Ultime tentative du Président pour dissuader son rival de prendre la tête de l'UMP : s'il se présente, il devra quitter le gouvernement.
L'UMP au bord de la crise de nerfs.
Entre intox, fuites et démentis, l'Elysée a été contraint hier de rendre publiques les conditions que Jacques Chirac impose à Nicolas Sarkozy : il est «libre» de s'attaquer à la présidence de l'UMP, mais s'il veut succéder à Alain Juppé en novembre, il devra quitter le gouvernement. Alors que le parti se réunit ce week-end en conseil national élargi au Coudray-Montceaux (Essonne), la tension entre les chiraquiens et le ministre des Finances est à son comble.
Tout a démarré par un entretien entre le chef de l'Etat et Sarkozy mardi. Comme ils le font régulièrement, les deux hommes abordent de multiples sujets et en viennent rapidement à parler de l'UMP. Depuis plusieurs jours, le numéro 2 fait monter la pression et laisse dire qu'il est décidé à se présenter à la présidence du mouvement. Mercredi, son entourage explique aux journalistes que le président de la République est désormais bien disposé à son égard. «La situation est apaisée, il n'y a plus de fatwa contre lui», dit un de ses proches. A la mi-journée hier, l'AFP relaye la version sarkozienne et affirme que Chirac aurait assuré le locataire de Bercy de son soutien pour l'élection de novembre. Elle ajoute que ce dernier devra, s'il est élu, quitter le gouvernement. La dépêche met le feu aux poudres.
«Dissuasion».
A Matignon, Jean-Pierre Raffarin n'a pas du tout la même version du tête-à-tête de mardi. Pour lui, le message de l'Elysée à Sarkozy relève de la «dissuasion». Le Premier ministre juge lui-même «inacceptable» que le chef du parti majoritaire soit en même temps au gouvernement car ce serait, selon lui, introduire une «double hiérarchie» au sein de l'exécutif. Au sommet de l'Etat, même si tous admettent que le ministre des Finances est difficilement contournable, l'ambiance est encore au «Tout sauf Sarkozy». Ce qui n'empêche pas les amis de ce dernier de se féliciter du pseudo «feu vert» de Chirac. Manière de mettre la pression sur l'exécutif. Roger Karoutchi, président du groupe UMP d'Ile-de-France, parle ainsi d'«excellente nouvelle qui va redonner courage, volonté et espoir à tous les élus et militants de l'UMP». «Une décision sage», renchérit pour sa part Pierre Méhaignerie. Le président centriste de la Commission des finances de l'Assemblée, sarkozyste récemment converti, redit qu'il ne voit pas «de contradiction» entre la présidence de l'UMP et le ministère de l'Economie. Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie et très proche de Sarkozy, argumente : son ami peut très bien cumuler puisque, dans le passé, Jacques Chirac, à qui il «ressemble», a bien «réussi» à le faire.
Face à cette confusion, l'Elysée sort de son silence. Et édicte la règle : «chacun est libre» d'être candidat, mais «un ministre ne peut pas être en même temps président du principal parti de la majorité». «Une fois les conditions fixées, chacun fait ce qu'il veut», ajoute un proche du Président. Dans la foulée, Jean-Pierre Raffarin, interrogé dans les couloirs du Sénat, enfonce le clou : «Il faut laisser aux propos leur exact message, et toute interprétation, supra ou infra, serait non pertinente», déclare-t-il. Et Alain Juppé, qui devrait annoncer son départ de la tête de l'UMP à la mi-juillet, d'ironiser depuis Bordeaux : «Tout ce qui peut rapprocher Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est de bon augure, pour moi et pour tout le monde d'ailleurs.»
«Loyauté».
Bernard Accoyer, président du groupe UMP de l'Assemblée et chiraquien fidèle, entonne à son tour le credo en vogue, estimant que la présidence de l'UMP nécessite «un engagement politique de tous les instants. La meilleure solution, c'est de pouvoir se consacrer à une tâche à la fois». L'argument du non-cumul décliné sur tous les tons hier a évidemment pour but de faire douter Sarkozy.
Jean-Louis Debré, autre chiraquien, qui a déjeuné hier avec le ministre des Finances dans un restaurant parisien, a, lui, insisté sur l'argument institutionnel. «Il ne peut pas y avoir à la tête du parti majoritaire quelqu'un qui ait un autre itinéraire politique que celui du gouvernement et du président de la République. Puisqu'on est passé du septennat au quinquennat, il faut que ce parti majoritaire soit également fidèle et loyal à l'égard du Président.»
Le conseil national de demain a été organisé par Juppé pour permettre aux uns et aux autres de dire «tout ce qu'ils ont sur la patate». Ça promet.
Libération, Par Vanessa SCHNEIDER, vendredi 25 juin 2004, p. 2-3 (Liberation - 06:00)
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14 juillet 2004. Nicolas Sarkozy au piquet
Jacques Chirac aurait pu ménager Nicolas Sarkozy, dans la forme au moins, en glissant un mot aimable sur le tonus et la popularité de son très remuant ministre de l'économie. Au lieu de cela, il a envoyé son rival au piquet, en quelques formules sèches qui augurent mal de leurs relations dans les années à venir, une fin de quinquennat que Jacques Chirac souhaite pourtant apaisée, il l'a dit.
A propos du budget de la défense, que Nicolas Sarkozy souhaite mettre à contribution pour alléger les déficits publics, Jacques Chirac s'est ainsi présenté comme le véritable patron de Bercy : "Je décide, il exécute !" D'un ton tout aussi net, presque hargneux, le chef de l'Etat a répété qu'il n'était pas question que Nicolas Sarkozy reste au gouvernement si celui-ci se faisait élire à la tête de l'UMP.
L'argumentation de l'Elysée n'est pas neuve. Les fidèles du chef de l'Etat n'ont cessé de la développer ces dernières semaines dans les journaux et les médias audiovisuels. A les entendre, permettre au ministre de l'économie de cumuler sa fonction de grand argentier avec la présidence du principal parti de la majorité, ce serait réduire à rien l'autorité du premier ministre.
Si l'argument n'est pas nouveau, le ton l'est. Jamais le chef de l'Etat n'avait énoncé publiquement cette règle de non-cumul, destinée à placer Nicolas Sarkozy devant un choix cornélien. Jamais Jacques Chirac n'avait insisté à ce point sur le fait qu'il n'a pas "l'intention de tolérer" le moindre manquement à la "collégialité" et à la "solidarité" gouvernementale.
A lire les déclarations récentes de Nicolas Sarkozy et à interpréter les petites phrases de ses lieutenants, le ministre des finances, dont on connaît l'impatience sinon l'impulsivité, risque de se cabrer à nouveau devant une offensive aussi brutale. Et comme il n'est ni dans sa nature de se soumettre ni de son intérêt de se démettre, on peut pronostiquer que la guéguerre Chirac-Sarkozy va repartir de plus belle, sur fond de campagne référendaire, dont Jacques Chirac compte tirer tous les avantages attachés à sa fonction pour tenir en lisière son dangereux rival.
Bertrand Le Gendre, LEMONDE.FR | 14.07.04 | 15h31
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Avocats et magistrats unis contre le projet de loi sur la criminalité
DES JUGES et des avocats, peu nombreux, mais ensemble. Ils étaient une soixantaine, mercredi 17 décembre (2003), au Palais de justice de Paris, pour dénoncer les dangers du projet de loi sur la criminalité de Dominique Perben : des stars, comme le juge antiterroriste Gilbert Thiel ou Renaud Van Ruymbeke, juge d'instruction du pôle financier, assis côte à côte. Des figures du monde judiciaire, comme Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur de Paris aujourd'hui conseiller à la Cour de cassation, Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'homme et maître de la cérémonie, Paul-Albert Iweins, le bâtonnier de l'ordre des avocats parisiens, ou Patrick Maisonneuve, un ténor du barreau. Des syndicalistes enfin, combatifs pour le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), plus discrets pour l'Union syndicale des magistrats (modérée).
Le projet de loi dit « Perben 2 », qui accorde de nombreux pouvoirs supplémentaires à la police et aux procureurs, et qui développe les procédures judiciaires non contradictoires ( Le Monde du 29 novembre, 2003), sera définitivement adopté par le Parlement à la fin du mois de janvier. Il reste donc peu de temps pour espérer amender le texte ou, à défaut, convaincre le garde des sceaux d'en étaler dans le temps les dispositions les plus controversées. Mais bien que leur discours n'ait pas porté comme ils l'espéraient ces derniers mois, les participants ont affirmé qu'il n'était « jamais trop tard pour se battre pour les libertés ». L'un a même proposé de « descendre dans la rue ». Sans succès.
Le projet « limite considérablement les droits de la défense et institue un déséquilibre radical dans la procédure pénale », a lancé Michel Tubiana en introduisant le débat. « La question du procès équitable est posée », a résumé Evelyne Sire-Marin, présidente du SM. « Les Français vont se réveiller avec la gueule de bois », a prédit Gérard Tcholakian, du Syndicat des avocats de France.
« VERS LA DÉLATION »
Les avocats, partagés sur la pertinence du plaider-coupable, nouvelle disposition par laquelle le procureur négociera directement la peine d'une personne ayant reconnu une infraction, sont en revanche unanimes sur la question des libertés. « Nous dénonçons un glissement de notre procédure pénale vers la délation et l'accusation », a précisé le bâtonnier Iweins. « S'opposer à cette loi, ce n'est pas vouloir l'insécurité pour nos concitoyens », a renchéri le nouveau bâtonnier élu de Paris, Jean-Marie Burguburu. « Nous savons qu'il existe dans le pays un désir de sécurité mais nous devons dire aux Français que la réponse que le gouvernement veut y apporter est ma uvaise », a analysé pour sa part Jean-Yves Le Borgne, responsable de l'Association des avocats pénalistes. Le nouveau régime de la garde à vue, étendue à quatre-vingt-seize heures pour la criminalité organisée, « démontre que plus l'affaire sera grave, moins la défense sera présente », a ajouté Me Le Borgne. « Quand une nation donne moins de droits à ceux qu'elle suspecte, elle est dans une situation de régression démocratique. »
Les magistrats pointent d'autres pièges de la loi Perben : nouvelle régression du rôle du juge d'instruction, empiétement du procureur sur les fonctions de juge, concurrence entre les nouveaux pôles spécialisés (criminalité, financiers, antiterroristes). « On est en train de faire du juge vis-à-vis du parquet ce que Dominique Perben est face à Nicolas Sarkozy : un supplétif. C'est toute une conception de la justice qui est en cause », a dénoncé Dominique Coujard, président d'assises. Pour ce magistrat, le texte, dont l'ambition affichée au départ était de lutter contre la criminalité organisée, fait en outre « une impasse complète sur la lutte contre la corruption ».
Jean-Pierre Dintilhac a exprimé son accord sur ce dernier point. L'ancien procureur de Paris a tempéré les plus militants, affirmant que « la première atteinte aux droits de l'homme, c'est la délinquance ». Mais, a-t-il convenu, « la démocratie implique la séparation des pouvoirs ». Les nouveaux outils donnés à l'accusation par le projet s'inscrivent dans un contexte de dépendance des magistrats face au pouvoir politique, a-t-il souligné. « Il faut veiller à l'augmentation des garanties des contre-pouvoirs. Et c'est là où le bât blesse. »
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(Octobre 2004) Saint Sarkozy, bienfaiteur des religions
Les religions n
Le texte « Perben 2 » accorde plus de pouvoirs à la police et aux procureurs
Nathalie Guibert, lemonde.fr, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.12.03
Le ministre sort un livre où il s'affirme catholique et prône une révision de la loi de 1905.