Vers Françoise Sagan vu par ...
Isabelle Adjani Françoise Sagan

Avril 2002, Adjani au secours de Sagan
Février 2002, Fraude fiscale
Lobbying pour Elf

Février 2001, trafic de cocaïne dans le show-bizz

Françoise Sagan a fait l'objet d'une courte garde à vue la semaine dernière dans les locaux de la PJ parisienne qui enquête sur un vaste trafic de cocaïne dans le show-bizz. L'écrivain est suspectée de s'être approvisionnée auprès du même revendeur que le rappeur Joey Starr, également arrêté la semaine dernière.
Elle a été laissée libre après une visite médicale. Une quarantaine de consommateurs, dont des personnalités, doivent être entendus ou l'ont été dans le cadre de cette enquête ouverte en octobre dernier.
En 1995, Françoise Sagan avait été condamnée à un an de prison avec sursis et 40 000 F (6 098 euros) d'amende pour usage et cession de cocaïne.

Attentat
La cour d'appel de Paris a ordonné hier (14 février 2001) le renvoi devant la cour d'assises spéciales de trois islamistes, présumés impliqués dans l'attentat de la station du RER Musée-d'Orsay, qui avait fait une trentaine de blessés en 1995 à Paris. Cet attentat attribué au GIA algérien était le dernier d'une série qui avait fait dix morts et près de deux cents blessés.

Procès
L'avocat d'Alfred Sirven, Me Eric Turcon, a définitivement perdu hier son procès engagé contre les juges Eva Joly et Laurence Vichnievsky en marge de l'affaire Elf. L'avocat voulait poursuivre les juges pour violation de domicile, à la suite d'une perquisition à son cabinet, mais la Cour de cassation a jugé son action irrecevable.

Enquête
La justice française a transmis une commission rogatoire aux autorités de Monaco dans le cadre de l'enquête sur les ventes d'armes à l'Angola impliquant Pierre Falcone et Jean-Christophe Mitterrand. Ces demandes d'investigations concernent notamment les avoirs présumés du président angolais Eduardo Dos Santos.

Assises
Un Ethiopien de 32 ans a été condamné hier à vingt ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris. Nandjuiel Jhavien était poursuivi pour une vingtaine de vols à main armée, essentiellement au préjudice de magasins de surgelés, dont certains s'accompagnaient de violences sexuelles sur des employées.
Parution du : Le Parisien, 15/02/2001. EN BREF.

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Quand Françoise Sagan faisait du lobbying pour Elf
Le Parisien, 20 février 2001, p. 15.

FRANÇOISE SAGAN n'a pas de chance.
André Guelfi, malgré ses 80 ans, a une mémoire d'éléphant et surtout une manie : il garde tout. Ainsi, quand la célèbre romancière a contesté les versements de Guelfi, ce dernier, furieux d'être contredit, a sorti les photocopies de virements bancaires et de lettres.
Imparable.
C'est ainsi que Sagan, l'auteur de « Bonjour tristesse », a été citée dans l'affaire Elf et se retrouve aujourd'hui, si sa santé lui permet de venir, devant le tribunal correctionnel de Paris pour fraude fiscale.
Le fisc lui reproche de ne pas avoir déclaré les 4 millions de francs (609 796 euros) versés par Guelfi pour des travaux dans sa propriété en Normandie.
L'affaire démarre en 1998, au détour d'une audition d'André Guelfi chez Eva Joly. Le milliardaire, lassé du surnom Dédé la Sardine dont l'affublent les journaux, a le sentiment désagréable de ne pas être pris au sérieux dans son rôle d'homme d'affaires international.
Dans l'affaire Elf, il peine à convaincre les juges de la réalité de son travail de conseil et de lobbying dans les pays de l'Est. André Guelfi explique pourtant qu'il s'est démené pour qu'Elf investisse en Ouzbékistan et se souvient alors du rôle de Françoise Sagan, alors intime avec François Mitterrand. André Guelfi, qui l'a connue par l'intermédiaire de Jean-Paul Belmondo, raconte au juge qu'il a promis à la romancière une participation sur les futurs contrats pétroliers ouzbeks si elle intercède en sa faveur auprès du président de la République. Sagan s'exécute. Plusieurs courriers adressés à l'ancien chef de l'Etat en témoignent. « Pardon de vous déranger, écrit-elle mais je sais que le premier ministre de l'Ouzbékistan attend depuis quinze jours à Paris pour vous remettre une lettre personnelle du président Karimov et un cadeau pour la France. »

« Cette affaire me barbe »

Finalement, les contrats pétroliers ne déboucheront pas, mais Sagan, selon Guelfi, aurait touché une avance de 9 millions de francs (1,37 million d'euros), dont 4 millions sous forme de paiement de travaux dans sa maison de campagne de Barneville, près d'Honfleur (Calvados) et non déclarés au fisc. Régulièrement depuis deux ans, Sagan dément. « Cette affaire me barbe », dit-elle au « Figaro », en octobre 1998. A « l'Express », l'année suivante, elle estime les travaux à « un million » et affirme qu'il s'agissait d'un prêt. Le fisc, qui a raccroché les éléments fournis par Guelfi à une enquête fiscale contre Sagan lancée en 1995, soutient le contraire. Si le procès n'est pas renvoyé à une date ultérieure, en l'absence de la romancière, il réclamera réparation aujourd'hui.

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Françoise Sagan condamnée pour fraude fiscale

L'écrivain Françoise Sagan a été condamnée hier (26 février 2002) à un an de prison avec sursis pour avoir dissimulé au fisc 838 469 euros (5 millions 500 mille francs) de revenus en 1994.
Elle n'avait pas déclaré au fisc en 1995 les 610 000 euros (4 millions de francs), payés par le pétrolier Elf, via la société suisse Noblepac d'André Guelfi, pour la remercier de ses interventions auprès de son ami François Mitterrand afin qu'il aide Elf à obtenir des droits de prospection en Ouzbékistan. Projet finalement abandonné.
Le reste de la somme fraudée aurait été versé par des amis alors que 1'écrivain se trouvait dans une situation «difficile».
Son avocat avait plaidé qu'elle n'avait pas cherché à dissimuler de 1'argent mais avait fait preuve de "confusion" dans ses comptes.
Libération, 27 février 2002, p. 19.

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Isabelle Adjani au secours de Françoise Sagan

FRANÇOISE SAGAN va mal. Très mal. Si mal qu'une pétition circule dans le petit monde des lettres, des médias et des spectacles pour assurer l'écrivain emblématique des années cinquante du soutien d'une ribambelle de talents, parmi lesquels les acteurs Isabelle Adjani ou Vincent Lindon, les écrivains Geneviève Dormann, Patrick Besson ou l'académicien Jean-Marie Rouart.

« Solution rapide et décente »
A l'origine de cette démarche, l'écrivain Eric Neuhoff et le journaliste Jean-François Coulomb. Il s'agit par cette mobilisation d'obtenir une « solution rapide et décente aux problèmes fiscaux de Françoise Sagan ».
Car Françoise Quoirez (le vrai nom de l'auteur de « Bonjour tristesse ») a été condamnée le 26 février (2002) dernier à un an d'emprisonnement avec sursis pour fraude fiscale. Elle doit rembourser, aggravés des pénalités, les 838 469 € (5,5 millions de francs) de revenus de l'année 1994 dissimulés aux services fiscaux. Une partie de la somme lui aurait été versée par André Guelfi (le fameux Dédé la Sardine) protagonistes de l'affaire Elf, en contrepartie d'interventions auprès de François Mitterrand. Il s'agissait alors de favoriser l'activité de la compagnie pétrolière en Ouzbékistan.
Mais, loin de ces « vulgaires raisons matérielles », les pétitionnaires ­ parmi lesquels on trouve également Ivan Levaï ou Frédéric Beigbeder ­ estiment que si « Françoise Sagan doit de l'argent à l'Etat, la France lui doit beaucoup plus : le prestige, le talent, un certain goût de la liberté et de la douceur de vivre ».
Des arguments qui ne suffiront sans doute pas à lui obtenir une grâce alors que l'écrivain, au plus bas, doit également affronter de graves problèmes de santé.
Hervé François, Le Parisien, mercredi 03 avril 2002, p. 13

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