Octobre 2004 : La supercherie du clône ?
Avril 2004 : Raël attaque Ophélie
13 janvier 2003 : Vengeance d'une femme jalouse ? ou bien "détruite" ?
1er janvier 2002 : Pour un clonage reproductif maîtrisé (Israel)
25 décembre 2002 : Rael annonce le premier clonage humain
Gourou et/ou savant fou ?
Fils d'une catholique auvergnate et d'un juif alsacien, donc "extra-terrestre", comme Yeshuah ben Yosseph ?

Mars 2001, Raël, clonage
Les apprentis cloneurs invités au Congrès américain.
La Chambre des représentants a consulté le gourou de la secte Raël pour réfléchir sur le copiage génétique.

Les raéliens croient pouvoir «dupliquer» un enfant mort à l'âge de 10 mois au cours d'une opération chirurgicale, et que ses parents espèrent pouvoir «ressusciter». Washington de notre correspondant

On a parlé de monstres [...]. Mais les risques d'anormalité génétique (1) existent aussi lorsqu'on fait un enfant par des moyens naturels. Faut-il interdire la reproduction sexuelle?», lance Raël, visiblement content de son astuce. Il rayonne. Il y a de quoi, il est entendu par le Congrès américain! Du sérieux, le Congrès! Quelle reconnaissance! Raël, né Claude Vorilhon, à Vichy, gourou de la secte des raéliens, participait hier comme témoin aux auditions sur le clonage humain, menées par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants. Le Congrès, qui songe à interdire le clonage humain aux Etats-Unis, comme l'ont déjà fait 26 autres pays, a entendu des scientifiques, des responsables d'associations et des représentants d'agences gouvernementales, et donc les raéliens français.

Raël porte sa plus belle tenue blanche, de style samourai des années 70. C'est celle des elohims, ces êtres venus d'un autre monde qui l'ont enlevé dans leur soucoupe volante, en 1975, pour lui expliquer comment ils avaient créé l'humanité en laboratoire. «C'est formidable cette commission. Cela ne se passerait pas comme ça, en France, hein?», nous glisse le grand maître pendant une pause, avec un accent de titi peu assorti à sa tenue. Si cette très sérieuse commission se réunit ce jeudi c'est, en partie, à cause de lui. Le mouvement raélien a annoncé au début de l'année qu'il travaillait activement au premier clone humain.

Troupes nécessaires.
La technologie du clonage, en elle-même, n'est pas si compliquée. Simplement, il faut faire des centaines d'essais pour arriver à un clone viable. Or, à la différence de la plupart des savants fous isolés, les raéliens ont les troupes nécessaires pour la phase d'incubation: 50 adeptes sont prêtes à jouer les mères porteuses, et à recevoir un œuf reproduit 50 fois à l'identique. Les raéliens croient pouvoir «dupliquer» un enfant mort, à l'âge de 10 mois, au cours d'une opération chirurgicale, et que ses parents espèrent pouvoir «ressusciter». Lorsque les raéliens ont annoncé qu'ils commençaient leurs travaux au début de l'année, les magazines Wired, New York Times Magazine ou Time leur ont consacré la une. Et le Congrès a fini par se saisir de la question. Dans la matinée, la raélienne Brigitte Boisselier, 44 ans, «directrice scientifique» de Clonaid - l'une des branches de Raël -, une femme aux longs cheveux noirs et aux bottines à hauts talons, n'a pas voulu révéler le lieu où se trouve le laboratoire: «Dans un Etat des Etats-Unis qui n'a pas interdit le clonage humain» (ce qui n'élimine que la Californie, le Michigan, la Louisiane et Rhode Island). Elle n'a pas non plus rendu publique l'identité des cinq scientifiques de son équipe. Actuellement, dit-elle, ceux-ci travaillent sur «l'énucléation d'œufs de vache», et devraient s'attaquer «très bientôt» à des ovocytes humains. Le clonage, selon Brigitte Boisselier, sera destiné à aider «les couples homosexuels, infertiles, ou les parents ayant perdu un enfant». Il devrait aussi aider les finances du mouvement raélien. Le tarif affiché sur le site Internet de Clonaid pour une reproduction par clonage est de 200.000 dollars (226.475 euros). «Nous ajusterons le tarif lorsque nous saurons quel a été le coût du premier clonage», a précisé, hier, Brigitte Boisselier. Les raéliens ont reçu mercredi une lettre de la Food and Drug Administration qui commence enfin à s'affoler. La FDA leur interdit de poursuivre les expériences sans son accord: «La FDA estime qu'il existe de nombreuses questions de sûreté non encore résolues et qu'elle n'autorisera donc pas de telles recherches.» Boisselier a refusé de dire si elle se plierait à l'injonction: «Mon avocat est en train d'examiner la lettre.»

Un autre «cloneur» a été entendu par les représentants: le professeur Panayiotis Zavos, spécialiste de physiologie reproductive à l'Université du Kentucky. Il est beaucoup plus crédible que la demi-douzaine de scientifiques anonymes que revendique Raël. Et donc, pour les parlementaires américains, il peut être bien plus dangereux. En tout cas, il se désolidarise ostensiblement des raéliens: «L'intérêt de tous est que ce soient des gens sérieux qui travaillent sur le clonage humain», a-t-il déclaré.

Renommée internationale.
Zavos, qui porte un pin's en forme de spermatozoïde, travaille avec d'autres chercheurs étrangers, comme l'Italien Severino Antinori qui s'était fait une renommée en aidant, il y a quelques années, une femme de 62 ans à être enceinte. Zavos pense que son groupe sera en mesure de réussir un clonage humain d'ici deux ans. Où? «A l'étranger, mais je ne peux pas révéler le pays.» Quel est le but? «Reculer les limites de la science.»

Les scientifiques présents l'ont traité d'«irresponsable». Certains, comme le Dr Rudolf Jaenishch, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), ont souligné qu'à l'heure actuelle, «tous les mammifères clonés présentaient des anomalies». Souris obèses, vaches aux poumons atrophiés... Visiblement, des mutations ont lieu pendant le processus. Même la doyenne des clones, la brebis Dolly, souffre d'une «surcharge pondérale». «Il y a toujours des gens pour s'alarmer des avancées scientifiques, a répondu Zavos avec mépris, c'était le cas lorsqu'on a envoyé Neil Armstrong sur la Lune, lorsque Christophe Colomb est parti pour l'Amérique!» (En fait, il partait pour les Indes, ndlr).

Traitements.
Au terme de cette journée, la plupart des représentants présents avaient fait part de leur dégoût pour les expériences en cours et souhaité l'interdiction de «la production d'humains manufacturés» aux Etats-Unis. Le républicain Brian Kerns (Indiana) a déjà déposé une proposition de loi allant dans ce sens. Dans la journée, la Maison Blanche a fait savoir qu'elle appuierait une telle interdiction. Des scientifiques ont mis en garde contre le risque de freiner, par une telle législation, la recherche sur le clonage d'embryons en vue d'améliorer des traitements. Mais personne, après le cauchemar dessiné par les Zavos et autre Raël, n'a semblé les écouter.

Raël est reparti heureux de Washington: «Cette interdiction, je la souhaite presque, dit-il. Car l'étape d'après ce sera la Cour suprême, et elle, elle ne pourra faire autrement que de reconnaître le droit à la reproduction de son choix.».

Par PASCAL RICHÉ, Libération, Le vendredi 30 mars 2001, p. 21 (1) Lire Libération d'hier (20 mars 2001) sur le «père de Dolly» qui mettait en garde contre les dangers du clonage dans Science.

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Une secte annonce la naissance du premier clone humain
Le clonage reproductif est condamné par toutes les instances de bioéthique au monde. Mais, à ce jour, aucune convention internationale ne l'interdit et les législations des pays sont diverses ou inexistantes.

Brigitte Boisselier, responsable du programme de clonage Clonaid développé par le Mouvement des raéliens, a annoncé, jeudi 26 décembre à Miami (Floride), la naissance du premier clone humain. La secte des raéliens est le principal groupe ufologique au monde. Elle a été fondée en 1973 par un ancien journaliste sportif français, Claude Vorilhon, alias Raël, sur la croyance que l'humanité aurait été créée en laboratoire et exportée sur terre il y a 25 000 ans par des extraterrestres.

Le premier clone humain serait une petite fille, née jeudi 26 décembre, sous césarienne, en un lieu tenu secret, selon Mme Boisselier. "Ça s'est très bien passé", s'est bornée à dire cette scientifique de formation, qui se présente également comme ayant rang de"guide-évêque raélienne" . Cette annonce a été détaillée vendredi 27, à 15 heures, heure française, lors d'une conférence de presse organisée en Floride. La responsable a annoncé d'emblée d'autres naissances à venir "dés la semiane prochaine".

"Le prochain (bébé cloné) sera dans le nord de l'Europe la semaine prochaine, et il y en aura trois autres en janvier" dont deux en Asie, a-t-elle affirmé.

Mme Boisselier a annoncé vendredi la naissance d'une petite fille de 3,1 kilos qui "est venue au monde jeudi à 11 h 55". Elle n'a pas précisé le pays de naissance de l'enfant. Les parents sont Américains.

"La mère a 31 ans, c'est elle qui a été clonée et c'est elle qui a porté le bébé cloné", a précisé la responsable de Clonaid lors d'une conférence de presse à Hollywood (Floride, sud-est). "Nous avons utilisé l'ovule de la mère" et la mère a accouché par césarienne, a-t-elle ajouté.

Cette "évêque" de la secte a chargé un journaliste indépendant, Michael Guillen, de réaliser des tests pour apporter la preuve que cette naissance est issue du clonage. Des résultats devraient être disponibles "d'ici huit à neuf jours", a précisé Mme Boisselier.

Le journaliste, présent à la conférence de presse, a accepté de mener ces tests avec l'aide de scientifiques indépendants et à la condition de disposer de toutes libertés pour procéder à cette vérification. "Toute la procédure prendra certainement une semaine", a déclaré M. Guillen.

"Une fois le bébé rentré à la maison dans trois jours, nous donnerons l'adresse pour la réalisation de prélèvement. Et une semaine plus tard, nous pouvons attendre les résultats", a précisé Mme Boisselier.

Si une telle naissance devait être prouvée, celle-ci constituerait une révolution pour l'humanité, celle-ci entrant alors dans l'ère de la reproduction asexuée, résultant de la reproduction d'un seul patrimoine génétique et non du "mélange" génétique d'un père et d'une mère. Très controversée, la technique du clonage à visée reproductrice a été déjà condamnée par la quasi totalité des structures nationales et internationales chargées des questions de bioéthique.

Annoncée à l'Agence France presse dans la nuit de jeudi à vendredi, cette information avait été soigneusement préparée par la société Clonaid. Elle indiquait, jeudi 26, avoir ainsi convié, 24 heures à l'avance, "une douzaine de médias internationaux" à participer à une conférence de presse dans un hôtel de Floride, à Hollywood, situé entre Miami et Fort-Lauderdale, au cours de laquelle Brigitte Boisselier devait faire "une annonce importante".

Depuis plusieurs semaines, et de manière constante, Mme Boisselier, qui est engagée depuis 1997 dans une course au clonage humain, notamment face au gynécologue italien Severino Antinori et à l'andrologue américain Panayiotis Zavos, avait affirmé qu'une telle naissance interviendrait "avant la fin de l'année 2002".

"JUMELLE" À DISTANCE

Rencontrée par Le Monde à la mi-décembre, Mme Boisselier avait précisé que la petite fille à naître serait "le clone de sa maman", ses deux parents - américains - étant "infertiles" . Le couple aurait ainsi choisi de transmettre à l'enfant l'entier patrimoine génétique de sa mère par la technique du clonage, faisant ainsi d'elle sa "jumelle" à distance dans le temps.

Mme Boisselier déclarait alors qu'une exclusivité audiovisuelle était en cours de négociation avec une société de production de documentaires américaine. Cette société devait avoir la possibilité, à la naissance, de confier "à l'expert de son choix" le soin de prélever des cellules du bébé et de sa mère afin de prouver, par examen des ADN respectifs, qu'il s'agissait bien d'un enfant cloné. Jeudi 26, Clonaid confirmait que ce scénario était toujours en vigueur.

Ancienne chef de projet à l'Air liquide, chimiste de formation, Mme Boisselier nous affirmait également que dix embryons humains clonés avaient été implantés en mars et que la moitié de ces implantations avaient abouti à des fausses couches liées, selon elle, "à la préparation des mères et non à la technique du clonage".

Sur les cinq grossesses qui resteraient en cours (deux américaines, deux asiatiques, une européenne), deux auraient trait à des cas d'infertilité ; deux à des clones d'enfants décédés prématurément de maladie et sur lesquels des cellules avaient été prélevées de leur vivant ; une à un cas de lesbiennes désirant un enfant. Selon Mme Boisselier, toutes ces naissances seraient prévues d'ici à la fin février 2003.

Créée en 1997 après l'annonce de la naissance de la brebis clonée Dolly, la société Clonaid, initialement basée aux Bahamas, puis à Las Vegas, est toujours demeurée secrète tant sur ses moyens humains que financiers. Elle est encore plus fermée depuis que la Food and Drug Administration (FDA), après avoir perquisitionné des locaux en Virginie occidentale en 2001, a obtenu l'engagement de Mme Boisselier de ne plus procéder à des travaux liés au clonage sur le sol américain. Certains détracteurs des raéliens estiment que leurs expériences ne sont destinées qu'à des effets d'annonce, ayant valeur de publicité pour le mouvement.

"MACHINE À CLONER"

Selon Mme Boisselier, Clonaid compterait une équipe de six scientifiques (généticien, biochimiste, spécialiste de la fécondation in vitro ...), dont elle a indiqué ne pas vouloir révéler l'identité pour des raisons de sécurité. Ils viendraient notamment des Etats-Unis, d'Europe de l'Est et d'Asie. Cette équipe est augmentée de deux psychologues, quatre avocats et deux spécialistes de marketing.

En juillet, une société coréenne liée à Clonaid a présenté au Japon une "machine à cloner", baptisée RMX 2010. Bien que la facturation d'un clonage s'élèverait à 200 000 dollars, Mme Boisselier a indiqué que les premiers couples n'auraient rien eu à payer - l'un d'entre eux ayant cependant investi dans la société. Elle a également déclaré bénéficier d'"aides de quelques scientifiques universitaires", notamment en Asie. Elle estime à 1 500 le nombre de personnes ayant déjà pris contact avec Clonaid pour un clonage humain.

Une deuxième vague d'une vingtaine d'inséminations serait prévue pour 2003, avec notamment le clonage d'une jeune femme suicidée dont la mère aurait obtenu de conserver des cellules hépatiques prélevées post mortem, mais encore vivantes.

Classée par les sociologues, notamment nord-américains, dans la catégorie des nouveaux mouvements religieux, le raélisme, athée, constitué en église au Québec, revendique 55 000 membres à travers le monde. En France, il figure dans la liste des sectes recensées par la commission d'enquête parlementaire ad hoc en 1996. En mars 2001, son chef Raël, qui dit avoir rencontré des extraterrestres en 1973 et 1975, s'est exprimé devant une commission du Congrès américain pour défendre le clonage humain. Celui-ci représente, selon Raël, la possibilité, à terme, d'accéder à la vie éternelle.

REACTIONS

Les scientifiques mettent au défi Brigitte Boisselier de prouver ses dires en produisant les cartes génétiques du bébé et de l'adulte dont il est le clone. Même le gynécologue italien Severino Antinori, qui a annoncé la naissance pour janvier d'un bébé cloné, n'y croit pas.

Le Prrofesseur Jacques Montaigut, spécialiste de la reproduction et membre du Comité national français d'Ethique se dit "indigné" par cette "annonce douteuse" et cette "course fantasque à l'immortalité, aux réserves d'organes et aux affaires. On se demande si l'on n'est pas dans une course d'illuminés." "Il faut saisir l'occasion pour cesser de tergiverser et interdire au niveau mondial le clonage reproductif. Il y va des droits de l'homme", estime-t-il en dénonçant les "risques inadmissibles pour l'enfant". L'enfant, s'il est vraiment cloné, reste la préoccupation première des médecins. Pour le Professeur Montaigut, "pas question d'en faire un objet de foire".

"On est vraiment dans l'absurde et le scandaleux", selon le généticien Axel Kahn. Outre la difficulté de la technique dont les chances de réussite sont extrêmement faibles, actuellement seulement 1% de succès chez les animaux parmi lesquels ça marche mieux, selon le Professeur Kahn, "les ennuis guettent les survivants."

A maintes reprises, les scientifiques ont averti des dangers multiples menaçant les clones : anomalies du coeur, des poumons, du système immunitaire, du foie, obésité, morts fréquentes avant ou juste après la naissance, cancers, vieillissement prématuré et arthrite dont souffre la brebis clonée Dolly...

"Même ceux qui ont l'air normal à la naissance développent souvent des problèmes par la suite", rappelle un vétérinaire américain spécialiste du clonage bovin, le Docteur Jon Hill.

Le clonage reproductif est encore loin d'être une science exacte et les scientifiques, encore bien en peine pour expliquer pourquoi leurs clones animaux sont affligés de telles difformités. Plusieurs équipes y voient des "erreurs" de la reprogrammation génétique.

La technique de clonage par transfert nucléaire consiste à introduire le noyau d'une cellule adulte dans un ovule (ovocyte) non fécondé. Le noyau de la cellule adulte, qui contient le programme génétique, doit alors être reprogrammé pour retourner à un état embryonnaire, sans que l'on comprenne toujours pourquoi ça marche ou pas. Certains gènes transférés pour des raisons inconnues ne fonctionnent pas du tout ou adoptent des comportements aberrants.

"C'est la grande loterie", selon le Professeur Jean-Paul Renard de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA). Mais selon ce spécialiste du clonage animal, "pour trois clones qui vont naître, il y aura 30 à 40% d'anormaux, un risque inacceptable en médecine!".

Au-delà des craintes concernant le clone, notamment d'ordre psychologique, il existe aussi des inquiétudes concernant la santé de la mère-cobaye. Ainsi, Richard Gardner, président d'un groupe de travail de la Britain Royal Society sur le clonage, évoquait en avril un risque de tumeur maligne rapidement envahissante.
Jean-Michel Dumay, • LE MONDE | 27.12.02 | 12h38, MIS A JOUR LE 27.12.02 | 18h43

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Une empreinte génétique est promise

Citée, dans la matinée du vendredi 27 décembre, sur le site internet du New York Times, la porte-parole de Brigitte Boisselier a indiqué que la directrice scientifique de l'église raélienne fournirait des preuves démontrant que l'enfant qui vient de naître est bien le clone d'une femme adulte. Elle a précisé que ces preuves seraient données grâce à la technique hautement fiable des empreintes génétiques, ces empreintes étant effectuées par un expert "indépendant" . S'exprimant au même moment sur Europe 1, le généticien français Axel Kahn a déclaré que tant que ces preuves ne seraient pas apportées, toutes les déclarations faites ne devaient être considérées que comme de "la propagande".

Rappelant que le clonage reproductif n'avait jamais pu être mis en œuvre chez les singes, Axel Kahn, opposé à cette technique, estime que cette annonce est peut-être"une fantaisie dont les raéliens sont coutumiers".
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.12.02

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Quand un gourou se fait savant fou
Depuis sa «rencontre» en 1973 avec une soucoupe volante, Claude Vorilhon, rebaptisé Raël, diffuse la «parole» extra-terrestre : la vie humaine est une création scientifique.

Dans le musée du Centre Ufoland de Valcourt, au Québec, les visiteurs peuvent admirer une soucoupe volante couleur acier, d'environ sept mètres de diamètre. Un peu plus loin, Claude Vorilhon reçoit en combinaison blanche avec un pendentif autour du cou. A tous ceux qui l'ont rencontré, ce Français, né à Vichy en 1946, raconte la même histoire. Comment, le 13 décembre 1973, il a vu atterrir une soucoupe volante (UFO) tout près de Clermont-Ferrand, au cours d'une randonnée dans le cratère d'un volcan d'Auvergne. En est descendu un extraterrestre avec une grosse tête, les yeux en amande et le teint jaunâtre. Ce dernier a alors expliqué que la vie sur Terre n'avait pas grand-chose à voir avec les thèses darwiniennes sur l'évolution, mais que les humains avaient été créés, à partir de l'ADN, par un peuple interstellaire des plus sophistiqués, les Elohim (1). L'extraterrestre a ensuite rebaptisé Claude Vorilhon Raël et lui a demandé de faire passer son message sur Terre, en y implantant une «ambassade». Ce sera le Centre Ufoland, créé en 1997.

Du chanteur pop au prophète

Avant de s'imposer sur la scène «ufologique», Claude Vorilhon avait tenté de percer dans la chanson. Il se faisait appeler Claude Celler et avait enregistré deux disques où il chantait le Miel et la cannelle, Mon amour Patricia ou encore Sacrée sale gueule. Il s'était aussi essayé à la course automobile avant de chroniquer ce sport dans un éphémère magazine baptisé Autopop.

La fable de Claude Vorilhon n'aurait sans doute pas intéressé grand monde, si celui qui se désigne lui-même comme un prophète n'avait pas décidé de suivre la voie de ses amis «créateurs» extraterrestres grâce aux progrès de la science. Tout en établissant Ufoland, Raël a ainsi mis sur pied en 1997 une société du nom de Clonaid, dont le but avoué est de réaliser des clonages humains. Depuis cette date, Clonaid fait part de ses progrès de façon régulière à la presse. Le 20 décembre dernier, sa directrice et membre de la secte raélienne, la Française Brigitte Boisselier (lire page 4), a ainsi à nouveau garanti «la première naissance, d'ici deux semaines, du premier bébé cloné de l'histoire». Elle ajoutait que le bébé ­ une fille ­ serait en réalité le clone de sa mère porteuse, et elle s'engageait à en fournir la preuve «grâce à des prélèvements d'ADN».

Pour de nombreux experts, les annonces à répétition de Clonaid ressemblent toutefois à une série de coups publicitaires, dans ce qui a l'air d'une course au clonage humain lancée avec le professeur italien Severino Antinori (lire page 2), qui a, de son côté, annoncé une naissance pour janvier 2003.

Des laboratoires vétustes

Les spécialistes mettent aussi en doute les qualifications de Brigitte Boisselier, qui est une chimiste, mais n'a pas de formation en biologie génétique. En 2001, par exemple, elle avait expliqué au New York Times que Clonaid travaillait au clonage d'un bébé mort. Les parents du bébé avaient largement financé les travaux de laboratoire. Depuis, cependant, aucune information n'a été fournie sur l'avancée de l'expérimentation. De même, un peu plus tard, les raéliens ont dit avoir prélevé de l'ADN sur un malade en phase terminale pour entreprendre son clonage. Là encore, sans livrer d'éléments ultérieurs sur la suite de la procédure.

En réalité, au sein de la communauté scientifique, le «mystère» qui entoure Clonaid et les raéliens ne sert pas vraiment la crédibilité du mouvement. Jamais par exemple Raël et Boisselier n'ont accepté de faire visiter leur laboratoire ni de révéler l'identité des «dizaines» de mères porteuses qui se seraient portées volontaires pour leurs expériences. Depuis l'opposition affichée par George W. Bush au clonage humain au début de l'année, on sait seulement que les naissances à venir se feront hors des Etats-Unis, peut-être en Amérique du Sud. Un entretien prévu entre Brigitte Boisselier et Libération a par ailleurs été annulé à la dernière minute...

«C'est sûr, Severino Antinori a plus de qualifications que les raéliens pour arriver à ses fins», explique Gregory Pence, un expert du clonage reproductif (et favorable à celui-ci), de l'université de l'Alabama. «Avec Raël et Boisselier, c'est un peu trop mystique et pas assez scientifique. Il y a quelque temps, Boisselier a présenté des images de son précédent laboratoire. Il s'agissait de locaux vétustes dans un vieux collège désaffecté perdu dans les Appalaches, avec un équipement des plus primaires. On avait l'impression de gens qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient ou qui essayaient de duper tout le monde.»

Libre pensée et amour libre

Raël, en tout cas, revendique un mouvement de 55 000 membres dans 84 pays. En l'an 2000, lors d'une journée d'ouverture d'Ufoland au public, des dizaines de milliers de personnes ont fait la queue afin de pouvoir contempler la copie de la soucoupe volante de Clermont-Ferrand. Le «prophète» organise également des séminaires pour lancer une «révolution humaine» de la libre pensée. Il y évoque la possibilité d'établir un paradis sur Terre, qui accueillerait tous les non-conformis tes. Entre au tres choses, les raéliens font la promotion de l'amour libre et n'obligent personne à porter des vêtements lors de leurs rassemblements. Sur une vidéo de son site web, Claude Vorilhon incite ainsi tout le monde à venir vivre une «expérience sans pareille» et à passer une «superbe semaine» lors de ses stages. Le gourou explique en outre que ses amis extraterrestres n'ont aucune volonté d'envahir la Terre, et que sa mission au contraire est de faire en sorte que les humains les accueillent pacifiquement un jour ou l'autre. Lui ne serait que leur messager de paix et de fraternité. Selon sa doctrine spirituelle, la Terre devrait disparaître lors d'une guerre atomique mondiale, mais les Eholim seraient prêts à intervenir pour sauver certains «êtres exceptionnels», notamment les êtres clonés.

En mars 2001, Brigitte Boisselier était allée à Washington pour essayer de convaincre le Congrès américain du bien-fondé de ses travaux sur le premier bébé cloné. «Comment un bébé qui n'est pas encore né peut-il engendrer tant de peur sur la planète et dans ce pays ?, s'interrogeait-elle. Pourquoi est-il présenté comme un monstre, et pourquoi sommes-nous, à Clonaid, regardés comme des monstres ?» Et l'«évêque» raélienne d'en appeler à «la liberté de la recherche scientifique».

Procès pour pédophilie

En France, le mouvement raélien compte rait un peu moins d'un millier d'adeptes. Il serait actuellement en «perte de vitesse», selon un officier du renseignement, pour qui l'annonce du premier clone humain «apparaît comme un coup médiatique, sans fondement réel, destiné à faire rebondir la secte» en choisissant une période chargée de symboles, celle de la Nativité.

Les Renseignements généraux français s'intéressent depuis plus de vingt-cinq ans à la secte, dont la réputation a été aggravée par des accusations de pédophilie parmi les adeptes de la liberté sexuelle. En 1997, la cour d'assises du Vaucluse a condamné deux hommes accusés d'avoir abusé d'une fillette au cours d'une réunion du mouvement raélien. En 2002, la cour d'appel de Lyon (Rhône) a condamné à des peines de dix-huit mois de prison, ferme ou avec sursis, quatre mem bres du mouvement raélien reconnus coupables de «corruption de mineures», pour avoir imposé des relations sexuelles à des adolescentes de 15 ans.

Le mouvement raélien a répliqué en créant Nopedo, association pour la dénonciation des prêtres catholiques pédophiles, dans plusieurs pays européens. Des tracts demandant aux parents «de ne plus envoyer leurs enfants au catéchisme» ont été diffusés dans plusieurs villes de France au printemps 2001. L'évêque de Metz a obtenu, en novembre dernier, la condamnation d'un adepte raélien ayant distribué ces tracts, pour «provocation à la discrimination».
(1) Raël assure que le mot «Elohim», qui se traduit par «Dieu» en hébreu, signifie en réalité «ceux qui sont venus du ciel».
Libération, Par Jacky DURAND et Fabrice ROUSSELOT, samedi 28 décembre 2002, p. 3-4

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Pour un clonage reproductif humain maîtrisé, par Michel Revel
Michel Revel est professeur de génétique moléculaire à l'Institut Weizmann des Sciences, Rehovot, Israël

La compagnie Clonaid affiliée à la secte Raël a-t-elle réellement provoqué une grossesse d'une femme puis la naissance d'un bébé par la technologie du clonage reproductif ? Un scepticisme certain est de mise, puisque la seule publication scientifique existante rapportait en janvier 2002 que sur 71 ovules humains utilisés pour des essais de fertilisation par injection du noyau d'une cellule adulte, aucun ne s'est développé jusqu'au stade où il aurait été possible de l'implanter dans l'utérus, condition indispensable pour déclencher une grossesse.

La méthode scientifique exige que l'on présente des preuves expérimentales rigoureuses. Comment croire celui qui affirme avoir réussi s'il ne montre pas en quoi sa méthode est meilleure ? Mais, en admettant la véracité d'une réelle procréation par clonage, il est intolérable qu'une telle expérimentation soit faite sur l'homme avant d'avoir apporté la preuve que cette méthode est fiable et ne comporte pas de dangers graves pour l'enfant.

Or le monde scientifique sait, et cela a été établi par une commission spéciale de l'Académie nationale des sciences des Etats-Unis, que les résultats de ce type de clonage chez l'animal montrent que la méthode est dangereuse et échoue fréquemment ou est suivie par un développement qui n'est pas entièrement normal, ainsi que le démontrent, entre autres, des tests sur l'expression génique chez la souris clonée. L'éthique médicale et les régulations en vigueur interdisent formellement d'employer chez l'homme, même avec son consentement, une procédure ou un médicament dont la sûreté et l'efficacité n'ont pas été démontrées chez l'animal.

Une telle utilisation du clonage reproductif est donc une intolérable expérimentation sur l'homme et une violation des règles bioéthiques qui, il faut le rappeler, sont issues du procès de Nuremberg sur les atrocités des médecins nazis.

La solution est-elle donc d'interdire toute forme de clonage, et toutes recherches pouvant mener au clonage chez l'homme, comme le demandent le président George W. Bush et une proposition américaine au comité de l'ONU dont l'intention était une convention internationale n'interdisant que le clonage reproductif ? Au contraire, la démarche scientifique aurait demandé qu'on autorise et même encourage les recherches pour déterminer s'il est possible, et dans quelles conditions, d'obtenir qu'un œuf fécondé par transfert de noyau d'une cellule adulte (donc clonée) réalise les premiers stades du développement en laboratoire d'une manière absolument normale, comme le font les embryons obtenus par fécondation spermatique. Ces recherches scientifiques pourraient faire partie intégrante de ce qu'on appelle le clonage thérapeutique, mieux dénommé clonage pour la dérivation (au cinquième jour in vitro) de cellules souches pluripotentes et de là de tissus autologues pour une thérapie régénératrice d'organes lésés.

Le rapport du comité international de bioéthique (CIB) de l'Unesco sur les cellules souches d'embryons humains propose une approche pluraliste, qui définit pour les Etats qui l'autoriseraient les modalités de recherches sur le clonage dit thérapeutique, notamment la source des ovules assez nombreux nécessités pour ces recherches. Israël a été un des premiers pays à se doter d'une loi (1998) qui interdit le clonage reproductif pour créer un être humain entier, mais n'inclut pas d'interdit contre le clonage sans implantation dans l'utérus. Une situation semblable existe au Royaume-Uni et dans d'autres pays européens, bien qu'une résolution de l'Union européenne (1998) interdise même ces buts thérapeutiques.

La loi en Israël établit une commission dont le rôle est de suivre l'avancement de la médecine reproductive, et de conseiller le gouvernement sur la nécessité ou non de prolonger la loi, dont la durée a été fixée à l'origine à cinq ans. Ceci pour permettre un débat éthique, philosophique, religieux et social sur tous les aspects de cette nouvelle technologie du clonage et évaluer son éventuel intérêt médical et son impact sur la dignité humaine. Les questions scientifiques sont fondamentales, touchant à la différentiation, la reprogrammation de l'ADN, au cancer, tout autant qu'à la reproduction. Un débat sérieux mené au niveau bioéthique et médical est essentiel pour ne pas laisser la tribune aux illuminés et aux charlatans.

En effet, un des dommages les plus graves causés par la secte des raéliens, d'inspiration extraterrestre, est de présenter le clonage comme une recherche d'immortalité. Cela dérive d'une croyance extrême dans un déterminisme génétique qui n'a aucune base scientifique. Le clonage reproductif, biologiquement parlant, donnerait naissance à un enfant qui serait le jumeau génétique du parent contribuant au noyau utilisé pour la fécondation. Deux vrais jumeaux ne sont pas une même personne dupliquée ; leurs capacités cognitives montrent une corrélation de 50 %, haute il est vrai, mais laissant 50 % de liberté façonnée par l'éducation, l'environnement et l'expérience personnelle de chacun. Les dizaines d'années qui sépareraient l'enfant cloné de son parent accentueraient encore la différence entre eux. Les gènes donnent des prédispositions, mais on ne peut cloner ni la personnalité ni l'âme humaine. "Je pense donc je suis." Un autre, même mon jumeau, ne peut pas être moi-même, et bien moins me rendre immortel.

Similairement, présenter le clonage comme un moyen de restituer un enfant mort est une cruelle gageure : même s'il y a une ressemblance physique, la personne disparue ne sera jamais remplacée. Dire que le clonage permet de créer une armée de robots humains laisse tout autant croire que le comportement est entièrement génétique ; l'endoctrinement est bien plus dangereux. Cloner la beauté ? Même la beauté n'est pas entièrement physique et dépend d'un désir actif de plaire.

Il est extrêmement regrettable que le débat sur le clonage prenne comme base l'existence d'une prédétermination génétique, qui nierait le libre-arbitre, la libre volonté et la responsabilité. Un vrai débat sur le clonage devrait se préoccuper de ses applications médicales, comme la possibilité d'enfanter pour un couple stérile qui ne veut pas utiliser une banque anonyme de sperme ou un don d'ovule en dehors du couple. Ou la possibilité d'assurer la non-transmission du gène cause d'une maladie héréditaire dans un couple à haut risque.

Si, grâce à une recherche non reproductive, le clonage pouvait être démontré comme méthode sûre et efficace, de telles applications pour certains cas bien délimités seraient-elles contraires à la dignité humaine ? L'enfant cloné naît comme tout humain d'une femme enceinte qui l'a porté (et l'on voit bien que rien dans la petite Eve raélienne ne permet de voir qu'elle résulte d'un clonage, hors les tests génétiques promis). On objectera qu'il s'agit d'une instrumentalisation, ou de l'abandon de la reproduction sexuée. Certes le clonage ne devra jamais être utilisé en masse, seulement dans des indications médicales précises que définira l'éthique médicale. La fécondation en éprouvette a été elle aussi considérée à ses débuts comme instrumentalisation et offense à la dignité humaine, et elle est encore inacceptable pour ceux qui considèrent l'œuf fécondé comme une personne. Néanmoins, la FIVE est acceptée dans de nombreux pays et a aidé des millions de couples dans le monde à enfanter. L'humanité continuera à se reproduire naturellement par accouplement sexuel, même si, dans des indications médicales précises, des méthodes moins naturelles sont autorisées. C'est l'essence même de la médecine que de corriger la nature là où elle fait défaut, mais bien sûr de ne le faire que dans le respect des droits de l'homme. La Charte des droits de l'homme inclut notamment le droit de bénéficier des avancements de la science.

Le débat bioéthique soulevé par la technologie du clonage est justifié, mais dans son fond doit s'abstenir de propager un déterminisme génétique tout-puissant qui prétendrait priver l'homme de sa fondamentale liberté et responsabilité. L'interdiction actuelle du clonage reproductif dans de nombreux pays est justifiée, car la méthode est dangereuse, gaspille trop d'ovules, et les effets secondaires sur le développement de l'organisme cloné sont trop mal compris. Les initiatives politiques nationales ou à l'ONU sont compréhensibles, surtout pour éviter les actions irresponsables d'apprentis sorciers clandestins dont nous sommes témoins.

Mais il est essentiel de ne pas diaboliser la science, qui ne fait que proposer des possibilités qu'il est du devoir de l'homme d'utiliser pour le bien, renforçant ainsi la dignité humaine, afin de réparer la nature et agir comme associé à la Création, selon une expression chère à la pensée juive. Poursuivre, comme l'autorise le CIB, des recherches scientifiques sur la fécondation par transfert de noyau, sans but reproductif, mais pour obtenir des blastocytes dont peuvent être dérivées des cellules souches pour des transplantations de tissus autologues est justifié au vu des immenses possibilités thérapeutiques de la médecine régénérative. C'est aussi la meilleure voie pour déterminer si la technologie du clonage peut être applicable sans dangers en médecine reproductive. Une bioéthique pluraliste permettrait alors de définir les limites du permissible dans ses applications médicales et des
Michel Revel est professeur de génétique moléculaire à l'Institut Weizmann des Sciences, Rehovot, Israël, président du Comité de bioéthique de l'Académie des Sciences d'Israël et membre du Comité International de Bioéthique de l'Unesco.
lemonde.fr, LE MONDE | 03.01.03 | 12h44

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Le lundi 13 janvier 2003 «Son but, c'est d'avoir des femmes»
Une entrevue de l'ex-compagne de Raël à La Presse (Québec)

Doté d'une grande intelligence, mais aussi égoïste, manipulateur et motivé par une insatiable soif de femmes, de notoriété et d'argent. Tel est le portrait sans complaisance que brosse de Claude Vorilhon, alias Raël, la personne qui l'a sans doute le mieux connu: son ex-femme, que La Presse a retrouvée en France ce week-end.

Les souvenirs peu rigolos de Christine

Au téléphone, Christine s'est montrée hésitante, peu encline à rouvrir des plaies qui demeurent encore vives une quinzaine d'années après la rupture définitive du couple. Depuis l'annonce en grande pompe de la naissance par clonage de la petite Ève, en décembre, elle a gardé un mutisme presque complet, n'accordant qu'une entrevue au Journal du dimanche, un hebdomadaire parisien.

Si elle a finalement accepté de rencontrer La Presse, dans la jolie maison de l'est de la France où elle vit seule avec son chat et son chien, c'est dans l'espoir que son message se fasse entendre au Québec, où le mouvement raélien est bien implanté depuis plusieurs années.

En 15 ans de mariage, Christine (elle préfère cacher sa véritable identité, craignant pour son emploi si on l'associait au chef de la secte raélienne) a vu l'émule de Jacques Brel qu'elle avait épousé devenir journaliste et pilote de course, puis se métamorphoser en ambassadeur des Élohims, ces extraterrestres qui auraient, à en croire Raël, créé l'humanité en laboratoire.

Ils se sont rencontrés à Paris par un soir de juin 1970. Christine, 23 ans, était une infirmière récemment diplômée. Claude Vorilhon, qui avait le même âge, venait tout juste de lancer sous le pseudonyme de Claude Celler l'ultime disque d'une brève carrière de chanteur populaire émaillée de petits succès comme Sacrée sale gueule et Le Miel et la cannelle. «Il était sympathique, agréable, amusant, mais quand même autoritaire», se souvient-elle.

Après trois mois de fréquentations, le couple se marie près de Nevers, en Bourgogne, où la famille bourgeoise de la jeune femme possède un château. «Je me suis retrouvée avec quelqu'un qui n'avait pas du tout la même éducation que moi, quelqu'un de très libre et qui se fichait de tout. Ça n'a pas été bien perçu. Ma famille était très catholique, mais lui n'était pas baptisé, alors on a dû se marier à la mairie plutôt qu'à l'église.»

Le nouveau marié avait pourtant l'air bien sage si on le compare au gourou intergalactique qu'il est devenu. Sur une photo prise peu après la naissance de leur fille, Aurore, l'année suivante, son allure de cadre moyen - lunettes, cheveux courts, menton glabre, habit marron et noeud papillon - est à des années-lumière des accoutrements dignes de Star Trek dont il s'affuble depuis qu'il prétend frayer avec les visiteurs de l'espace.

Abandonnant ses espoirs de devenir le prochain Brel - une idole de jeunesse -, Claude Vorilhon reprend peu après son vrai nom et part s'établir avec sa femme à Clermont-Ferrand, en Auvergne, sa région natale. Dans la capitale de l'empire Michelin, il fonde Autopop, une revue de sport automobile. «C'était un petit journal qui couvrait toute la France, mais dont le tirage n'était pas très élevé pour l'époque, pas plus de 20000 ou 30000 exemplaires, dit Patrice Vergès, un journaliste clermontois qui l'a côtoyé. C'était assez mal fait, avec un seul permanent. Ce n'était pas la grande presse.»

Parallèlement, M. Vorilhon participe lui-même à plusieurs courses en sol français, pilotant d'abord - avec un certain talent, selon M. Vergès - une Volkswagen, puis une Audi. Son mari étant souvent absent pendant plusieurs jours à la fois, Christine doit se démener avec leurs deux enfants en bas âge (un petit garçon, Ramuel, est né entre-temps). Elle affirme aujourd'hui que le futur Raël s'était déjà mis à la tromper. «Avoir des femmes était son but - et ça l'est toujours, d'ailleurs», lance-t-elle, cinglante.
cyberpresse.ca, Jean-François Bégin, La Presse, 13 janvier 2003

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Comment Claude l'Auvergnat est devenu fils d'un extraterrestre

A PETITS PAS, la vieille dame passe de la cuisine au salon. Derrière le canapé-lit, où dormait Claudy, son neveu, elle met la main sur un album de famille.
Le premier cliché date de 1947. Un bébé, bien en chair, fixe, avec surprise, l'appareil photo. Sur la dernière page de l'album, un petit homme, drapé dans un linge blanc, la barbe méticuleusement taillée, hypnotise l'objectif.
Raccourci saisissant de la vie d'un homme attiré par la lumière et le pouvoir. Dans les années d'après-guerre, Claude Vorilhon n'est pas encore Raël mais le fils illégitime d'une famille de notables d'Ambert, un gros bourg de 7 500 habitants.

Chanteur raté

Un soir, sa mère Colette tombe dans les bras d'un étranger, Marcel, réfugié juif, patron d'une entreprise de bois en Alsace. « Le Claude, c'est un bâtard », entend-on bientôt au village.
Bien plus tard, Raël réécrira le scénario de sa conception, expliquant qu'il est issu d'un extraterrestre et de sa mère. « C'est vrai que je dors la fenêtre ouverte », répond Colette Vorilhon.
Claude est finalement élevé par deux femmes. Car Thérèse, sa tante, l'accompagne dans ses premières années quand Colette part rejoindre son amant Marcel.
« Claude était un garçon affectueux. Il aimait bien qu'on lui raconte des histoires », se souvient Thérèse, ancienne rebouteuse. Claude use ses pantalons dans des pensionnats de frères. Scolarité médiocre, élève dissipé. Au moins lui accorde-t-on du talent en dissertation où son imagination féconde déconcerte quelques professeurs de la vieille école.
Claude a quinze ans et son père « terrien » vient de mourir. Il décide de suivre son étoile vers Paris, guitare en bandoulière. « Il avait gagné un radio crochet, dans le coin, en 1963. Il avait une gueule et un beau brin de voix. Il a pris comme nom de scène Claude Celler », se rappelle Roland, un de ses anciens amis. La raie sur le côté, le verbe fort, l'Auvergnat imite le grand Jacques. Un clone de Brel dont le tube « Miel et cannelle » passe vite aux oubliettes, après quelques années de vache maigre à courir le cachet.
Marié à Christine, Claude, redevenu Vorilhon, crée un journal automobile à Clermont-Ferrand, « Auto Pop ». Le choc pétrolier de 1973 met fin à ce projet. Deuxième échec.
Le 13 décembre de cette même année, sur le puy de Lassalas, Claude Vorilhon, désargenté, a cette vision sidérale et sidérante : les Eholims, des extraterrestres d'une taille de 1,20 m, « à la peau blanche tirant sur le vert », lui délivrent une interprétation spécifique de la Bible.
« Voir ces créatures exige un peu d'imagination, concède sa tante avec un sourire. Il me fait penser à un Jules Verne des temps modernes. »

Voiture rose bonbon

En 1974, le passage de Raël au « Grand Echiquier », de Jacques Chancel, met sur orbite sa secte jusque-là confidentielle. Les adhésions affluent. La « petite entreprise » auvergnate ne connaît plus de crise.
Raël, son épouse et leurs deux enfants déménagent dans le Périgord. Là, le gourou met en pratique avec des raéliens « sa méditation sensuelle » pour accéder à « l'orgasme cosmique ». En 1985, Christine se fâche et laisse Raël avec « ses anges ».
Dépressif, Claude est en proie à une profonde crise identitaire. Raël prend l'ascendant sur Vorilhon. « Il est parti au Canada parce que les associations anti-sectes lui cherchaient des poux », explique sa tante.
Claude revient parfois dans le Puy-de-Dôme et parade avec une jolie femme dans une BMW rose bonbon. Ce qui indispose les habitants. « Il n'a pas vraiment le look de l'Auvergnat », observe Michel Dajoux, adjoint au maire.
Ambert revendique sa fourme mais pas les petits hommes verts. « Nous ne voulons pas d'un nouveau Mandarom », ajoute l'élu. En 1996, Raël a bien tenté de fêter ses 50 ans au village avec plusieurs milliers de disciples. Mais sa demande a été refusée. Nul n'est prophète en son pays.
Depuis, Raël n'a plus été vu en France. Ses détracteurs disent qu'il a des problèmes avec le fisc. Raël nie. « Il me dit toujours au téléphone que, s'il remet les pieds en France, des policiers lui mettront les menottes aux poings, dès son arrivée », assure sa tante Thérèse.
Thérèse, la tante de celui qui est devenu Raël, explique en souriant : « Il me fait penser à un Jules Verne des temps modernes. » Assise sur le lit où il dormait alors, elle montre des photos de lui bébé et à l'âge de 17 ans, lorsqu'il tenta de devenir chanteur.
François Vignolle, Le Parisien, mercredi 15 janvier 2003

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« Mon mari m'a complètement détruite »

«VOUS N'AVEZ qu'à m'appeler Christine. Je ne veux pas que ses fidèles me harcèlent. Cette secte est dangereuse. »
Cette mère de famille, de 57 ans, aujourd'hui installée dans un village des Alpes s'empourpre dès qu'il s'agit de parler de son ex-mari : « Je crois finalement que je devrais suivre une thérapie comme ma fille. Mon mari m'a complètement détruite. »
Avant de reprendre son nom de jeune fille, Christine a porté celui de Vorilhon. Un mariage heureux au début des années soixante-dix et deux beaux enfants qui suivent. « J'étais très amoureuse de lui. Il avait beaucoup de charisme », admet l'ex-épouse.
Mais la lune de miel ne dure qu'un temps. « Il fallait toujours être d'accord avec lui. Il ne supportait pas la contradiction. On a passé des nuits entières à se disputer », poursuit Christine. Claude Vorilhon, fondateur d'un journal automobile, rapidement à l'agonie, se métamorphose en gourou dès 1973.
« Au départ, j'ai cru que c'était vrai son histoire. Je me suis prise au jeu. Vous savez quand on est amoureuse… », concède Christine. Et la petite famille déménage dans le Périgord. Dans cette maison ouverte à tout le monde, Raël affine ses thèses de soucoupes volantes et délaisse les tâches plus terre à terre.
« J'étais bobonne à la maison. Lui, il avait les pieds sous la table et philosophait pendant que moi je me tapais la vaisselle et le ménage », gronde Christine.

Un homme pingre, égocentrique et sans humanité

Le message de Raël attire des fidèles de toute la France. « Ses passages à la télévision nous ont amené beaucoup d'illuminés à la maison », regrette l'ex-épouse de Raël. Il n'a pas échappé non plus à Christine que « son Claude » s'amourache très rapidement de jeunes femmes adeptes du mouvement.
« C'était devenu malsain. »
Humiliée, bafouée dans son honneur, Christine demande le divorce en 1985. Elle se retrouve du jour au lendemain sans un sou : « Raël m'a coupé les vivres. Il ne m'a jamais envoyé d'argent. Ce qui l'intéressait, c'était sa mission. Il n'a jamais levé le petit doigt pour moi. »
Christine brosse le portrait d'un homme pingre, égocentrique et sans humanité… loin des messages véhiculés par Raël. « Il considère ses enfants comme d'autres personnes. Il n'a aucune générosité pour eux. »
Aujourd'hui, Christine s'est reconstruit une vie tant bien que mal. Le fantôme de Raël obsède encore ses nuits. En décembre dernier, son ex-mari lui a envoyé un e-mail. « C'était juste après l'annonce du premier clonage humain, se souvient-elle. Il me souhaitait un joyeux anniversaire. Un instant, j'ai pensé lui répondre. Ma fille Aurore m'a alors dit : Attention, maman, tu es encore en train de te faire manipuler . »
F.Vig., Le Parisien, mercredi 15 janvier 2003

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La crise de foi d'Ophélie Winter contre Raël et ses clones
La chanteuse se retrouve au tribunal pour avoir déclaré dans une interview qu'«il faut tuer» le gourou.

La présidente fait mine de s'inquiéter : «Les gens se sont perdus ? On va être tranquilles...» C'est donc dans une salle déserte au fin fond du tribunal de Nanterre que s'est déroulée, hier, l'improbable audience : Claude Vorilhon, dit Raël, demi-frère autoproclamé du Christ, adepte du clonage humain, poursuit Ophélie Winter, chanteuse qui a la foi, pour «provocation publique, non suivie d'effet, à la commission d'un crime».
C'était dans une interview au magazine Max, au printemps 2003. Question : «Comme J-Lo (Jennifer Lopez, ndlr), penses-tu que le clonage est l'avenir de l'homme ?» Réponse : «Non. Je pense qu'il faut tuer Raël.»

Pour Me Jean-Marc Florand, avocat du gourou, «les mots de Mlle Winter sont simples, d'un usage courant : sujet, verbe et complément. Il n'y a pas lieu à interprétation».

Me Valentine Giraud intervient au nom de la chanteuse, en territoire connu. «Pas besoin de présenter Ophélie Winter, j'ai suffisamment plaidé devant vous pour atteinte au droit à l'image et à la vie privée.» Elle pose un gros bémol aux déclarations de sa cliente : «On est vraiment dans le léger, avec une Ophélie Winter assez dénudée.» L'interview est en effet titrée «Dieu lui a donné le string».

Me Florand réfute le second degré : «Il y a un débat sur le clonage comme il y en avait un, avant 1975, sur l'avortement. Personne n'aurait alors accepté qu'on dise "il faut tuer Simone Veil".»
Suit un concours de perfidies. Me Giraud, pour Ophélie : «Sa sainteté Raël affirme qu'il est immortel, car déjà cloné. Quand on est à ce point au-dessus du commun des mortels, je ne vois pas quel serait le préjudice d'une menace de mort.»
Me Florand, pour Raël : «Mlle Winter a constitué sa fortune grâce à une chanson intitulée Dieu m'a donné la foi. Si elle a lu le Décalogue, elle aurait dû retenir "Tu ne tueras point".»

L'avocat de Max, Me Frédéric Gras, tente d'échapper aux poursuites au motif que le groupe Excelsior, qui édite le magazine, est situé dans «l'enclave» de l'héliport d'Issy-les-Moulineaux : «L'adresse postale est parisienne, mais le bâtiment est, du point de vue cadastral, à Issy», l'huissier s'étant mélangé les pinceaux. Il affirme que les propos litigieux s'inscrivent dans le cadre d'une «mise en valeur de la plastique d'Ophélie Winter : on est plus proche d'Eros que de Thanatos».
A Me Florand qui s'inquiète de ce qu'un «fan au cerveau un peu dérangé» puisse prendre ses propos au pied de la lettre, Me Giraud rétorque que «Max n'est pas destiné au public d'Ophélie Winter, mais plutôt à un public masculin amateur de jolies filles assez dénudées».

Pour conclure, Me Gras exhume une vieille jurisprudence concernant un brûlot antiparlementaire où il était écrit : «Des députés communistes grillés, ça ferait de belles merguez à la Fête de l'Humanité.» Un tribunal l'avait relaxé au motif que les propos étaient «stupides et grossiers».
L'avocat de Max n'est pas allé jusqu'à qualifier l'interview de la sorte. Jugement le 2 juin.
Libération, Par Renaud LECADRE, jeudi 08 avril 2004, p. 16

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(Octobre 2004) SECTE. « Le clone de Raël, c'était une supercherie ! »
On en sait désormais beaucoup plus sur le fameux bébé créé de toutes pièces par Raël à Noël 2002. Un livre signé par deux Canadiennes qui se sont infiltrées pendant sept mois paraît aujourd'hui. Il raconte la secte de l'intérieur. Edifiant.

PENDANT SEPT MOIS, elles se sont fait passer pour de fidèles adeptes. Toutes dévouées à Raël, leur gourou. La journaliste québécoise Brigitte McCann et la photographe Chantal Poirier ont réussi à infiltrer la secte canadienne, dont le siège est dans la banlieue de Montréal.

Elles en ont tiré un livre passionnant* qui paraît aujourd'hui. Comme de véritables espionnes, les reporters se sont forgé une nouvelle identité : faux noms, nouvelles adresses mail... Elles ont pris le maximum de précautions pour ne pas être repérées et ainsi livrer un terrible témoignage de l'intérieur. Actuellement, elles sont toujours protégées par des gardes du corps payés par leur employeur, « le Journal de Montréal ». Brigitte McCann nous raconte la vérité sur la fausse annonce du premier clone humain, le 27 décembre 2002, qui avait tenté de piéger les médias du monde entier.

Savez-vous pourquoi Raël avait décidé d'annoncer la naissance du premier clone humain précisément un 27 décembre ?
Brigitte McCann. Oui, cela remonte à février 1997, lorsque Claude Vorilhon, alias Raël, a appris la naissance de Dolly, la première brebis clonée. Il a vu qu'il y avait un énorme coup à faire. Il a demandé à Brigitte Boisselier, sa chimiste, de « fabriquer un clone humain ». Puis cela a un peu traîné. Pendant l'hiver 2002, le clonage humain est redevenu à la mode, après les annonces de l'imminence de sa naissance par le gynécologue italien Antinori et l'Américain Zavos. Raël a décidé de les devancer. Il a lui-même choisi la date du 27 décembre pour annoncer la naissance d'« Eve », à l'hôtel Hollywood, en Floride, car il savait, en tant qu'ancien journaliste (NDLR : Claude Vorilhon a été reporter sportif à « Auto Pop », un magazine auvergnat) , que l'actualité était creuse à ce moment de l'année et qu'elle avait ainsi de grandes chances d'être fortement reprise.

Lors de votre « infiltration » chez Raël, avez-vous vu ce clone humain ?
Bien sur que non ! Aucune des raëliennes avec qui j'ai discuté n'a d'ailleurs jamais vu de clone humain de ses yeux. Il n'y a strictement aucune preuve d'une éventuelle naissance. Il s'agit bel et bien d'une supercherie. J'ai souvent entendu Brigitte Boisselier et Vorilhon rire entre eux en se disant que les gens étaient vraiment trop crédules. Pour en savoir plus, au bout de six mois dans leur centre appelé UFO-Land (voir encadré), je me suis portée candidate pour faire un don d'ovule. Brigitte Boisselier, qui m'avait baptisée, m'a dit, tout bas : « C'est bien, on en cherche... »

C'était dans un laboratoire scientifique ?
Non, on était dans un appartement avec six autres raëliennes, qui acceptaient de faire la même chose. Un « évêque » nous a dit que nos ovules seraient fécondés pour créer des cellules, afin de guérir des raëliens atteints de maladies incurables, pour faire remarcher des paralysés, mais aussi pour créer un clone humain. Avant la sélection définitive, il fallait signer un contrat jurant qu'on ne parlerait pas de ce que l'on venait de voir sous peine de payer un million de dollars à Brigitte Boisselier.

Que s'est-il passé ensuite ?
Les avocats du journal ont donné leur feu vert pour que je signe le contrat. Mais par la suite, sans que je sache pourquoi, Marc Rivard, le vice-président de l'organisation, qui devait me recontacter, ne l'a pas fait. Peut-être que je ne correspondais pas à leurs critères. J'ai discuté par la suite discrètement avec les femmes qui avaient été sélectionnées. Elles étaient très jolies, d'une vingtaine d'années, l'une d'entre elles était Française. Elles sont devenues des « anges de Raël », sa garde rapprochée, acceptant d'avoir des relations sexuelles avec lui. Et de donner des ovules...

Que deviennent les ovules par la suite ?
Ils sont mis en vente sur le site Internet de Clonaid, le bureau de la secte situé à Las Vegas. Plusieurs personnes rencontrées m'ont dit que ces ovules étaient achetés 100 000 $ par de riches Américains dans le but d'avoir un enfant. Raël est une supercherie doublée d'une escroquerie financière.
*Brigitte McCann et la photographe Chantal Poirier, « Raël, journal d'une infiltrée », Ed. Stanké, 362 pages, 15 €.
Le Parisien, Marc Payé, 6 octobre 2004, p. 14

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