Ne pas confondre avec un footballeur mercenaire anglophile
Patrick Henry

Soutenu par une dominicaine

20 janvier 1977 : Un manipulateur attiré par l'appât du gain

03 décembre 2017 : Décès
19 septembre 2017 : Suspension, après 40 ans aux frais des contribuables.

31 mars 2016 : Encore un rejet
07 janvier 2016 : Libéré conditionnel, le parquet fait appel

17 juillet 2014 : Gràce rejetée

15 novembre 2011 : Grève de la faim pour une nouvelle remise en liberté

22 octobre 2003 : 4 ans ferme
17 avril 2003 : Retour en prison d'un symbole
7 janvier 2003 : Prêt à rendre des comptes

14 novembre 2002 : Patrick Henry le pédophile ?
08 octobre 2002 : Patrick Henry le trafiquant, 10 kilos de haschich en Espagne
Commentaires
Réactions
Le point de vue de son avocat Me Thierry Lévy
22 août 2002 : 2 000 euros d'amende
Juillet 2002 : Patrick Henry le voleur

Avril 2001 : Les juges libèrent Patrick Henry l'assassin.
Condamné à perpétuité en 1977 pour le meurtre d'un enfant, il en était à sa huitième demande de libération anticipée.

Condamné à perpétuité en 1977 pour l’assassinat à Troyes de Philippe Bertrand, 7 ans, Patrick Henry, aujourd'hui âgé de 47 ans, a été libéré, après délibération de la juridiction régionale de libération conditionnelle, qui examinait sa huitième demande de libération anticipée.

Selon le procureur général de Caen, Michel Julien, Patrick Henry a été admis au bénéfice de cette libération «sous la condition de se soumettre à titre probatoire au régime du placement à l'extérieur pendant une durée de huit mois». Ce régime prévoit qu'un condamné qui travaille à l'extérieur doit réintégrer l'établissement pénitentiaire pour la nuit selon une fréquence et des modalités fixées par la juridiction. Patrick Henry sera en outre astreint pendant sept ans à des mesures de contrôle et de surveillance par un service pénitentiaire d'insertion et de probation.

Patrick Henry a bénéficié de la nouvelle loi qui transfère du ministre de la Justice à une juridiction régionale, composée d'un conseiller à la cour d'appel et de deux juges d'application des peines, le pouvoir de se prononcer sur une demande de liberté conditionnelle. Elisabeth Guigou, alors garde des Sceaux, aura été la dernière ministre à examiner ce dossier, en juillet 2000: comme ses prédecesseurs, elle avait refusé sa demande de mise en liberté provisoire.

Au centre pénitentiaire de Caen, où il est détenu depuis 1981, Patrick Henry, 47 ans, a passé une licence de mathématiques et un DUT d'informatique, après avoir passé quatre ans dans des quartiers de haute sécurité. Selon son avocat, Robert Bocquillon, «il s'est complètement transformé et a fait un retour sur lui-même qui lui a fait voir l'horreur de son geste». Tour à tour décrit comme arrogant ou désinvolte, cynique ou calculateur, rusé ou imprudent au moment de son procès, Patrick Henry est aujourd'hui considéré comme un détenu modèle et a présenté à la juridiction un projet de réinsertion.

Depuis son incarcération à l’âge de 23 ans, Patrick Henry a fait l'objet de plusieurs avis favorables de la commission d'application des peines. Son crime avait à l'époque profondément choqué l'opinion publique qui réclamait à son encontre la peine capitale: le 30 janvier 1976, Philippe Bertrand est enlevé. Une rançon d'un million de francs est réclamée. Vingt jours après, le cadavre de l'enfant est découvert. Patrick Henry est arrêté.

Le 18 janvier 1977, son procès s'ouvre à Troyes. Grâce à l'intervention de ses deux avocats, dont Robert Badinter qui avait fait de ce procès un plaidoyer contre la peine de mort, Patrick Henry échappe à la guillotine et est condamné à la peine la plus lourde de l’époque, la réclusion criminelle à perpétuité. Au jury de la cour d'assises de l'Aube qui vient de le faire échapper à la peine capitale, Patrick Henry fait cette promesse : «Vous n'aurez pas à le regretter».
Libération.fr, 26 avril 2001

------

Juillet 2002 : Incident de parcours pour Patrick Henry

En libération conditionnelle depuis mai 2001, après avoir été condamné à perpétuité en 1977 pour assassinat, Patrick Henry a été brièvement placé en garde à vue la semaine dernière, pour un vol dans un supermarché. Il a remboursé le larcin, d'un montant de 76 euros, mais la grande surfaœ a quand même porté plainte. Le parquet de Caen l'a déféré devant le juge d'application des peines, qui s'est pour l'instant contenté d'un rappel à l'ordre.
«Il n'avait nullement besoin de voler, plaide son avocat, Me Thierry Lévy. Nous cherchons ensemble une explication. Il y en a sûrement plusieurs.»
Le vol remonte à un mois, mais il a été rendu public hier, jour de diffusion sur F2 d'un documentaire consacré à l'affaire Patrick Henry.
Libération, 19 juillet 2002, p. 14

-------

Patrick Henry condamné à 2 000 € d'amende

DEUX MILLE EUROS (13 119 F) d'amende. C'est la peine à laquelle le tribunal correctionnel de Caen (Calvados) a condamné hier Patrick Henry. Quinze mois après sa mise en liberté conditionnelle, il comparaissait pour un vol d'un montant de près de 81 € (530 F) commis en juin dans un magasin de bricolage à Mondeville, dans la périphérie de Caen. S'il ne s'acquitte pas de son amende dans un délai de cent jours, il sera condamné automatiquement à cinquante jours d'emprisonnement.

« J'étais complètement conscient de ce que je faisais à ce moment-là », a-t-il déclaré. La substitut du procureur venait alors de requérir une amende de 1 600 € (10 495 F), précisant, que ce jugement pourrait de toute façon « avoir des conséquences à moyen terme et entraîner la saisine du juge d'application des peines de la juridiction régionale ». Cette même juridiction qui lui avait accordé la libération conditionnelle, en avril 2001.

Bénéficiant notamment de l'application de la nouvelle loi sur la présomption d'innocence, Patrick Henry, 48 ans, avait été remis en liberté, après vingt-cinq ans passés en prison pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand le 20 janvier 1977 à Troyes (Aube).

Depuis, Patrick Henry a pu reprendre une vie normale. Il a été embauché dans une imprimerie caennaise. Mais il est aujourd'hui encore contrôlé plusieurs fois par mois par le personnel judiciaire, à qui il doit systématiquement rendre compte non seulement de ses fréquentations personnelles, mais également de ses activités professionnelles.

Autant dire que le procès d'hier n'avait rien d'un procès habituel de correctionnelle. Dans sa forme d'abord : un imposant dispositif a en effet été mis en place toute la soirée tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du tribunal, avec notamment un portique de sécurité à l'entrée de la salle d'audience ou encore des barrières de sécurité séparant le prévenu de l'assistance.

Une surveillance judiciaire qui pourrait être renforcée
Mais sur le fond surtout : sans remettre directement en cause la libération conditionnelle de Patrick Henry, le procès et la peine infligée par le tribunal de Caen pourraient amener la juridiction régionale de Basse-Normandie à réexaminer son cas et à renforcer par exemple la surveillance judiciaire dont il fait encore l'objet. « Vous faites l'objet d'un statut très particulier », lui a signifié la présidente du tribunal en lui rappelant ses précédentes condamnations pour vol et escroquerie en 1973 et, depuis sa sortie de prison, à une amende pour excès de vitesse.

A l'occasion de ce procès, une nouvelle expertise psychiatrique avait été demandée par la justice. Elle n'a mis à jour aucun trouble psychologique et surtout, « cet écart de conduite ne permet pas, selon les trois experts mandatés, de prédire de dangerosités à venir ».
Bertrand Fizel, Le Parisien , vendredi 23 août 2002, p. 11

-----

Patrick Henry interpellé en Espagne avec 10 kg de haschich

Patrick Henry, condamné en 1977 à perpétuité pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand et en libération conditionnelle depuis mai 2001, a été interpellé à Valence, en Espagne, en possession de 10 kg de haschich.

Le garde des Sceaux, Dominique Perben, a annoncé que la France allait demander aux autorités espagnoles son extradition.

Patrick Henry a été interpellé en possession de 10 kg de haschich dans la nuit de dimanche à lundi (07 octobre 2002). Patrick Henry avait déjà été condamné en 1989 pour trafic de drogue alors qu'il était en prison.

La garde civile espagnole a confirmé mardi qu'un Français de 49 ans avait été arrêté à Sagunto, dans la région de Valence en possession de 10 kg de pollen de haschich. Cet homme, dont conformément à l'usage local seules les initiales -PDH- ont été rendues publiques, circulait à bord de sa voiture personnelle, immatriculée en France, au moment de son arrestation. Il devait être présenté mardi à la justice, selon la garde civile, mais le cabinet du juge d'instruction de Sagunto n'a pas voulu confirmer son identité.

Patrick Henry avait été condamné le 20 janvier 1977 à Troyes (Aube) pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand. Celui qui avait terrorisé et scandalisé à l'époque l'opinion publique n'avait échappé à la peine de mort que grâce à l'intervention de ses avocats, dont Robert Badinter, ardent ennemi de la peine capitale.

Patrick Henry a obtenu sa libération conditionnelle par décision de la juridiction régionale de Basse-Normandie, qui s'était prononcée en sa faveur le 26 avril 2001.

La juridiction régionale de Basse-Normandie, saisie par le juge d'application des peines, devait statuer à nouveau sur son cas après un écart de conduite pour lequel il a été condamné le 22 août dernier à une amende de 2.000 euros par le tribunal correctionnel de Caen.

Il répondait d'un vol à l'étalage au mois de juin dans un magasin de bricolage de la ville où il avait dérobé pour 81,81 euros de matériels. Patrick Henry s'était aussitôt acquitté de la somme mais le magasin avait quand même porté plainte.

La juridiction régionale devrait se réunir, certainement fin octobre, pour examiner à nouveau le cas de cet homme de 49 ans dont un livre retraçant sa vie avant et après la prison doit sortir ce mois-ci aux éditions Calmann-Lévy.
AFP, mardi 08 octobre 2002, 12h53

-----

La nouvelle affaire Patrick Henry
Le meurtrier du petit Philippe Bertrand, en liberté conditionnelle depuis mai 2001, a été interpellé en Espagne avec 10 kilos de haschich en sa possession. La France va demander son extradition.

Patrick Henry, condamné en 1977 à perpétuité pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand et en libération conditionnelle depuis mai 2001, a été interpellé en possession de 10 kg de haschich dans la nuit de samedi à dimanche près de Valence (Espagne). Il circulait à bord de sa voiture personnelle au moment de son arrestation. Le juge de l'application des peines avait lancé un mandat d'arrêt contre lui dans la mesure où il n'avait pas respecté les obligations de sa libération conditionnelle. Son avocat souligne que lui-même ne savait pas qu'il état en Espagne. Dominique Perben a annoncé que la France allait demander aux autorités espagnoles son extradition.

Patrick Henry, 49 ans, avait été condamné le 20 janvier 1977 à Troyes (Aube) pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand. Celui qui avait terrorisé et scandalisé à l'époque l'opinion publique n'avait échappé à la peine de mort que grâce à l'intervention de ses avocats, dont Robert Badinter, ardent ennemi de la peine capitale. Patrick Henry avait obtenu sa libération conditionnelle par décision de la juridiction régionale de Basse-Normandie, qui s'était prononcée en sa faveur le 26 avril 2001. Il avait également été condamné en 1989 pour trafic de drogue alors qu'il était en prison.

La juridiction régionale de Basse-Normandie, saisie par le juge d'application des peines, doit statuer à nouveau, certainement fin octobre, sur son cas après un écart de conduite pour lequel il a été condamné le 22 août dernier à une amende de 2.000 euros par le tribunal correctionnel de Caen. Il répondait d'un vol à l'étalage au mois de juin dans un magasin de bricolage de la ville où il avait dérobé pour 81,81 euros de matériels. Patrick Henry s'était aussitôt acquitté de la somme mais le magasin avait quand même porté plainte. Le procureur général de Caen, Michel Julien, explique que la comparution devrait révoquer sa liberté conditionnelle. "Patrick Henry n'a pas respecté son contrat, il va devoir maintenant rendre des comptes à la justice et je m'y emploierai".

En apprenant cette affaire, Calmann-Lévy a décidé de suspendre la publication du livre de Patrick Henry, prévue le 22 octobre sous le titre "Vous n'aurez pas à le regretter" ! "Il est bien évident qu'on ne va pas sortir le livre, après ce qui s'est passé, avec en plus un titre pareil", a-t-on commenté, ajoutant qu' "on va attendre un peu pour envisager la suite".
tf1.news, Mis en ligne le 09 octobre 2002

----

Les réactions (TF1 news, Mercredi 09 octobre 2002 Mise à jour : 07 h 49)

Elisabeth Guigou, ancienne Garde des Sceaux
"Ce qui est pénible, c'est de voir que cette rechute va évidemment porter un coup important à toutes les tentatives de réinsertion. C'est extrêmement préoccupant parce que Patrick Henry a été libéré par la juridiction régionale, le tribunal régional de Seine-Maritime. Il a été libéré sous conditions".

Me Thierry Levy, avocat de Patrick Henry
"Cette situation me chagrine évidemment, j'aurais préféré que les choses se passent autrement. Ce qui est très grave, c'est qu'il risque de voir sa liberté conditionnelle révoquée, même si rien n'est encore joué. Patrick Henry est un homme qui à bien des égards est tiré d'affaire mais qui présente encore des faiblesses. Il est atteint d'un double syndrome : celui de l'incarcération et celui du vedettariat, et l'on sait que l'un et l'autre sont difficiles à maîtriser".

Charles Corlet, employeur de Patrick Henry
"Il a eu de la veine partout, on l'a aidé partout... Il a trahi tout le monde. Le plus grave pour moi c'est qu'il vient de mettre un coup de frein à la réinsertion. Je suis complètement découragé parce que tout ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, je l'ai fait parce je trouvais que c'était nécessaire. Patrick Henry aura des comptes à rendre à tout le monde, c'est grave, c'est une trahison. Ce sont ses rapports avec l'argent qui sont mauvais, pour le reste c'est un type qui dans son comportement de tous les jours était normal".

Union syndicale des magistrats
"On sait qu'à un moment les détenus doivent sortir définitivement, et la liberté conditionnelle permet de les y préparer. Le problème c'est que nous devons faire face à un effroyable manque de moyens en termes de suivi. Couper toute forme de liberté conditionnelle serait dangereux. Mais pointer tous les mois ne suffit pas, il faut que le détenu soit progressivement réinséré et nous souffrons cruellement sur ce point d'un manque d'éducateurs".

-----

La nouvelle affaire Patrick Henry par Gilbert Charles, Denis Jeambar, Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut et Jacqueline Remy

En liberté conditionnelle, l'assassin du petit Philippe Bertrand s'était déjà fait prendre pour un vol d'outillage. Il vient d'être arrêté en Espagne avec 10 kilos de haschisch. Retour à la case prison

Vous n'aurez pas à le regretter.

C'était le titre du livre que Patrick Henry, après avoir touché 600 000 francs d'à-valoir, s'apprêtait à publier le 23 octobre (2002) chez Calmann-Lévy (parution suspendue), un an et demi après sa libération de prison.
Il y avait passé vingt-quatre ans après avoir été condamné à la réclusion à perpétuité par les assises de l'Aube au terme d'un procès suivi par la France entière.
Les faits, il est vrai, étaient effrayants: le 30 janvier 1976, alors âgé de 23 ans, ce jeune homme bien sous tous rapports avait kidnappé et assassiné un gamin de 7 ans, le petit Philippe Bertrand. «La France a peur!» clame alors le présentateur du journal de 20 heures, Roger Gicquel.
Malgré cette atmosphère passionnée, Robert Badinter transforme ce procès en procès de la peine de mort et sauve la tête de Patrick Henry au terme d'une éblouissante et émouvante plaidoirie.

Patrick Henry.
«Vous n'aurez pas à le regretter.»

C'était dans la nuit du samedi 5 octobre (2002). Bien qu'en liberté conditionnelle, Patrick Henry s'était rendu en Espagne sans la moindre autorisation du juge d'application des peines. Première violation de ses obligations. Plus grave encore: il est interpellé alors qu'il est en possession de 10 kilos de haschisch. Peu avant minuit, il est arrêté à 28 kilomètres au nord de Valence. La Garde civile a installé son barrage au péage autoroutier de Sagunto, sur un axe très fréquenté par bon nombre de trafiquants français. Patrick Henry, au volant de sa propre voiture (un 4 x 4 Honda CR-V) immatriculée dans le Calvados (609 WS 14), essaie d'échapper au contrôle, mais il est pris avec son passager: dans le véhicule, 10 kilos de pollen, la forme la plus raffinée de cannabis, d'une valeur de 30 000 euros. Sur lui, également, la somme de 8 500 euros et 440 dirhams marocains. Devant les policiers espagnols, il aurait indiqué être marié et père d'un enfant, mais il passe aux aveux: il a acheté la drogue au Maroc, à Tanger. Aussitôt il est inculpé. Deuxième délit. Qui, soudain, transforme son cas en une terrible affaire. Déjà, il y avait eu un premier dérapage, outre une amende pour excès de vitesse: le 22 août dernier, il avait été condamné à une amende de 2 000 euros par le tribunal correctionnel de Caen pour un vol de matériel de bricolage dans une grande surface. Faute vénielle qui n'avait encore rien compromis. Mais, ce week-end, son délit est autrement lourd de sens et de conséquences. La France a demandé, dès le 8 octobre, aux autorités espagnoles son extradition. Son retour dans les prisons françaises n'est, cependant, pas acquis. Encore faut-il qu'il soit d'accord pour être extradé. S'il ne l'est pas, la France a quarante jours pour présenter un dossier et obtenir gain de cause. La procédure peut durer. Une seule certitude: l'échec de cette libération anticipée et l'inadaptation sociale de cet homme.

«Vous n'aurez pas à le regretter.»
C'était, en effet, l'espoir de tous quand fut prise la décision de le remettre en liberté après six demandes rejetées. Tout donnait à croire qu'après un quart de siècle derrière les barreaux il s'était amendé. Que le jeune homme d'apparence banale, au visage enfantin et aux grandes lunettes d'écaille n'était plus cet étrangleur sauvage qui avait roulé sa victime dans un sac de couchage pour la cacher sous un lit dans une chambre de l'hôtel des Charmilles à Troyes. Que le détenu solitaire, énigmatique et sans amis qui fut traîné de prison en prison - Chaumont, Ensisheim, Caen - était devenu un détenu exemplaire, fort d'un pécule de 110 000 francs, et un homme prêt à réintégrer la société.

Un sujet normal, désespérément normal
Au fil de son errance carcérale n'avait-il pas mené des études d'informatique qui lui ouvraient les portes d'un métier? Ne s'était-il pas intéressé aussi au sort des autres en relançant dans son centre de détention une imprimerie ou en élaborant un logiciel éducatif pour les élèves de CE 2? Les expertises psychiatriques étaient, d'ailleurs, formelles: Patrick Henry est un sujet normal. Désespérément normal, pas plus schizophrène, pervers ou asocial que la moyenne. Même s'il est condamné, en juillet 1985, pour trafic de drogue en prison, sa normalité peu à peu s'impose et conduit à sa libération le 15 mai 2001.

«Vous n'aurez pas à le regretter.»
Il aura fallu du courage à la garde des Sceaux, Marylise Le Branchu, pour prendre cette décision. Un an plus tôt, Elisabeth Guigou, alors ministre de la Justice, avait renoncé. On peut comprendre que, parfois, la main tremble. Qui oserait dire en son âme et conscience qu'on peut libérer sans hésiter l'assassin d'un enfant de 7 ans, condamné à la réclusion à perpétuité? Qui oserait dire, aussi, sans s'interroger un seul instant, qu'un tel criminel doit rester derrière les barreaux jusqu'au dernier souffle? La décision, en la matière, est fatalement impure. L'horreur du crime rend inflexible. Mais la longue période de reconstruction psychologique de cet homme fait reculer la répulsion. Patrick Henry avait violé le plus fondamental des interdits en massacrant un enfant, et chacun d'entre nous, parce qu'il se sent intimement concerné, oppose un non spontané radical à la clémence. La justice a, cependant, pour mission de trouver un chemin humain entre la vie et la mort. Sur cette route difficile et douloureuse, il y a l'incarcération et le principe de la dette payée. La garde des Sceaux avait eu la redoutable charge d'arbitrer entre deux absolus inconciliables - répression et rédemption - fondés sur la même conviction qu'il vaut mieux le néant qu'une vie sans justice. Pour les uns, ce néant serait un monde sans peine perpétuelle; pour les autres, une société sans pardon. Pour les uns, il est des crimes imprescriptibles et des hommes qui jamais ne pourront se réinsérer; pour les autres (dont nous sommes à L'Express), tout homme recèle une parcelle d'espoir. Impossible débat dans lequel chaque point de vue est estimable. Libérer Patrick Henry était une décision courageuse et juste. Tout comme il est juste d'avoir libéré Philippe Maurice, dernier condamné à mort à avoir échappé à la guillotine, qui, mardi matin sur France Inter, parlait de ses années de prison et apportait la preuve que la réinsertion peut réussir. Spécialisé dans l'histoire médiévale, il a été libéré en 1999 après avoir soutenu une thèse intitulée «La famille en Gévaudan». Il n'a pas le droit de travailler dans l'enseignement public, mais il a obtenu un poste de chercheur contractuel au CNRS. Après De la haine à la vie (Folio), où il relatait son incarcération, il publie aujourd'hui un livre d'histoire sur Guillaume le Conquérant, nouveau témoignage, au fond, d'une réintégration sociale exemplaire.

Son acte révèle son caractère en même temps que les défaillances de la justice

«Vous n'aurez pas à le regretter.»
C'est ce que l'on voulait que Patrick Henry prouve vraiment. On ne peut avoir banni la peine capitale dans ce pays et refuser de croire à une rédemption possible de l'être humain. La prison doit être le lieu de cette rédemption. Elle n'est pas conçue pour faire des miracles, mais elle peut aider à des métamorphoses qui conduisent à la réinsertion sociale. Elle n'est pas toujours organisée pour faciliter ce difficile apprentissage, et c'est pour cela que la longue route qu'avait suivie Patrick Henry semblait l'assurance la plus sûre pour qu'on lui rende la liberté.

«Vous n'aurez pas à le regretter.»
Il faut bien dire, aujourd'hui, que les regrets sont grands. Certes, Patrick Henry n'a pas commis un nouveau meurtre et son délit relève de la criminalité presque ordinaire. Mais son acte révèle son caractère en même temps que les défaillances de la justice. Il savait la portée symbolique de sa libération et la responsabilité énorme qui pesait, plus que jamais, sur lui. Après sa condamnation pour vol, le 22 août dernier, la juridiction régionale de libération conditionnelle devait, en effet, statuer le 23 octobre sur un éventuel aménagement ou une révocation de sa conditionnelle. Fondamentalement, depuis le début, l'opinion était hostile à sa remise en liberté. Le climat d'insécurité qui règne sur le pays rendait encore plus nécessaire la réussite de sa réinsertion. C'était, bien sûr, beaucoup lui demander, mais c'était aussi le minimum qu'on pouvait attendre de lui. Une conduite exemplaire était impérative pour démontrer que la prison n'est pas un trou sans fin, que la justice est porteuse de rédemption, que la vie peut triompher de la mort. Peut-être cette vie en liberté était-elle trop lourde pour lui et d'autres obsessions le hantaient-elles. Peut-être cette bouffée d'air pur était-elle irrespirable après tant d'années d'incarcération. Peut-être voulait-il qu'on le reprenne pour ne pas être lui-même repris par ses propres démons.

«Vous n'aurez pas à le regretter.»
La justice, elle aussi, doit battre sa coulpe. L'enjeu autour de cet homme était tel qu'on ne comprend guère qu'elle ait pu relâcher sa vigilance et le laisser s'envoler ainsi vers le Maroc, l'Espagne, la drogue, pour prendre un billet retour vers la prison. Certes, rien d'irréparable n'a été commis par Patrick Henry. Il n'a pris aucune vie. Quelques kilos de haschisch n'en refont pas un monstre et ce qu'il vient de faire est «en discordance totale», selon son éditeur, Marc Grinsztajn, avec le livre qu'il allait publier. Le plus grave est ailleurs. «Il a trahi tout le monde», dit son employeur, le généreux Charles Corlet. C'est un peu d'espoir qui vient d'être piétiné. Nous le regretterons pendant longtemps...
L'EXPRESS, mercredi 9 octobre 2002, L'Express du 10/10/2002

-----

Un manipulateur attiré par l'appât du gain

TROYES (AUBE), 20 JANVIER 1977. Patrick Henry est condamné à la réclusion à perpétuité pour le rapt et le meurtre du petit Philippe Bertrand. Il avait réclamé un million de francs de rançon.

«SI ON nous avait demandé notre avis à l'époque, on ne l'aurait jamais libéré. »
Sous couvert d'anonymat, ce surveillant du centre de détention de Caen, où Patrick Henry a purgé l'essentiel de ses vingt-cinq ans de prison, est formel : « Il avait un bon dossier de libération conditionnelle, c'est vrai. Mais c'était un manipulateur. D'autres que lui, en revanche, pourraient très bien sortir. »
Hormis une condamnation pour détention de haschisch en 1989, Patrick Henry avait pourtant tout du détenu modèle. Trois mois après sa condamnation, il reprend les études qu'il a abandonnées en cinquième. BEPC, bac, Deug de sciences, DUT d'informatique, licence de maths... Les diplômes s'accumulent.

« Les menaces des autres détenus ne l'impressionnaient pas »
En 1992, chargé de la gestion de l'imprimerie du centre de détention de Caen, il la transforme en une entreprise florissante avant de la quitter en 1998.

Son parcours est une « rédemption », affirme soeur Marie-Réginald, sa prof de maths, qui n'hésite pas à se porter « garante » de son ancien élève lors de sa libération. Hier, la vieille religieuse était murée dans le silence. « Elle est très affectée », se contentait d'indiquer son entourage.

« Dès le début, Patrick Henry a eu un comportement très particulier », raconte cet autre surveillant, qui l'a connu au tout début de son incarcération, lorsqu'il était encore à Fresnes. « Il contestait tout, il était très exigeant, très râleur. Les menaces des autres détenus ne l'impressionnaient pas. Au contraire, il avait tendance à provoquer. » Vingt-cinq ans plus tard, l'homme semblait avoir changé. « Je me suis dit : pourquoi pas ? Après tout, nous aussi on peut se tromper », poursuit le surveillant.

Anne-Marie Marchetti, maître de conférences à l'université de Picardie, a beaucoup travaillé sur les longues peines. « Au-delà d'une certaine durée, ça ne sert à rien, les détenus n'évoluent plus. Ils ressortent au contraire plus rusés, plus menteurs, plus manipulateurs », affirme-t-elle.

A en croire le surveillant de Caen, Patrick Henry ne s'était guère amendé en profondeur. « Ce qui l'intéressait, c'était l'argent. En détention, il ne fréquentait jamais les indigents. Ses proches, il les choisissait par intérêt. Certains lui cantinaient de la nourriture en échange des services qu'il pouvait leur rendre, grâce à l'imprimerie. »
Quand il a appris son premier faux pas, un vol d'une valeur de 80 € en juin 2002, ce gardien de prison affirme n'avoir pas été surpris. « C'est l'appât du gain qui l'a perdu. »

A sa sortie de prison, Patrick Henry avait mis de côté plus de 16 000 € d'économies et percevait un salaire mensuel de 1 100 €.
Bien qu'à l'abri du besoin, il monnayait chèrement son image auprès des médias. Récemment, l'éditeur Calmann-Lévy lui a versé près de 100 000 € pour un livre qu'il s'apprêtait à publier chez eux. Un livre intitulé « Vous n'aurez pas à le regretter ! », ce cri du coeur lancé aux jurés qui venaient de lui épargner la guillotine. Hier, Calmann-Lévy décidait de suspendre la parution de l'ouvrage.
E. F., Le Parisien , mercredi 09 octobre 2002

-----

Me Thierry Lévy analyse le comportement de son client : "Contraint d'être une icône de la réinsertion"
Thierry Lévy a défendu le dossier de Patrick Henry devant la juridiction d'application des peines qui l'a libéré en mai 2001 et a plaidé sa cause pour un petit vol commis à Caen en juin dernier.
L'avocat répond aux questions de Libération.

Comment expliquez-vous le comportement de votre client?
C'est vrai, il a commis une infraction, mais elle n'est pas grave au regard de la loi espagnole. Ma consœur espagnole m'a dit que s'il n'avait pas tenté de fuir, s'il n'avait pas été français, s'il n'avait pas été Patrick Henry, il serait libre aujourd'hui. Cependant, elle m'a dit aussi que notre client s'était imaginé pouvoir rentrer en Franœ, ni vu ni connu. C'est dire dans quelle irréalité il vit. Il y a quelque chose de très puéril dans son attitude. Et tout œla, c'est la continuation de la vie en prison, où on vous traite en enfant, où on perd toute responsabilité, où on attend, comme un gamin, de se faire taper sur les doigts quand on a mal fait. Je crois aussi que sa notoriété a pesé de manière insupportable sur lui. En sortant de prison, il avait cru qu'il pourrait préserver son anonymat. Cela a été impossible. Il a alors donné une interview à Paris Match croyant naïvement qu'il pourrait maîtriser les choses. Il n'en a rien été. Il s'est alors senti totalement perdu. Lors de son procès pour ce petit vol à Caen, il avait cru que les juges pourraient le protéger des journalistes et des caméras qui l'attendaient, mais la procureure a refusé de le faire passer par une porte dérobée comme elle aurait pu. Il a dans un premier temps refusé d'entrer dans le tribunal et j'ai dû passer près d'une heure à le convaincre. Il mourait de peur devant la presse. Des contraintes extrêmement lourdes pesaient sur ses épaules. Il a pensé qu'il ne sortirait jamais de ce système, qu'il le poursuivrait toute sa vie. Voilà, il a pas sé vingt-cinq ans de sa vie à se fouetter, se contrôler pour être dans les rails. Comme une espèce d'effrayante Cocotte-Minute. Il souffrait énormément, il cherchait sa vraie personnalité, avait un mal fou à la trouver. En sortant, il s'est mis à vivre avec le masque de cette icône de la réinsertion qu'il était contraint d'incarner. Alors, malgré les engagements pris, ce masque qu'il détestait, il l'a enlevé.

Que va-t-il se passer pour lui maintenant?
En Espagne, c'est très simple, il a tout reconnu. Il a acheté la drogue au Maroc et rentrait en Franœ. Il sera jugé, et selon ma consœur espagnole, il s'agit là-bas d'une broutille. En France, c'est le point préoccupant. La demande d'extradition formulée par Dominique Perben doit d'abord parvenir en Espagne, ensuite la procédure s'enclenche et cela peut durer des semaines, voire des mois, sauf si Patrick Henry accepte d'être extradé. Ensuite, il est vrai que la révocation de la 1ibération conditionnelle est une quasi-certitude, mais, en même temps, je ne perds pas espoir. Les juges qui 1'ont libéré avaient réfléchi, ils vont parler avec lui. Iis vont peut- être se demander ce qui se serait passé si Patrick Henry ne s'était pas heurté à tant de refus, si en le libérant avant les choses n'auraient pas été autres.
Libération, Recueilli par DOMINIQUE SIMONNOT, 09 octobre 2002, page 4

------

Nouveau "faux pas" dans l'itinéraire de Patrick Henry

Les policiers ont retrouvé des images pédophiles dans l'ordinateur de l'ancien condamné à perpétuité pour le meurtre d'un enfant en 1977. Il s'est aussi connecté vers des sites spécialisés en achat d'armes ou en falsification de documents. Il incarnait l'espoir d'une réinsertion sociale des grands criminels. Depuis quelques semaines, l'itinétaire de Patrick Henry, condamné à perpétuité pour le meurtre d'un petit garçon et libéré en mai 2001 après vingt-cinq ans de prison, ne suscite plus que stupeur et consternation.

L'ancien détenu modèle, qui a été arrêté le 5 octobre en Espagne en possession de 10 kg de haschich après avoir été condamné le 22 août à payer 2 000 euros d'amende pour un vol dans un grand magasin, pourrait faire l'objet de nouvelles poursuites pénales : dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte sur ses activités en France avant son interpellation, les policiers ont en effet retrouvé dans son ordinateur personnel une dizaine de photos pornographiques à caractère pédophile, dont le téléchargement et la détention sont passibles de deux années d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.

L'examen du disque dur a aussi mis à jour plusieurs connexions suspectes vers des sites spécialisés d'achat d'armes ou encore de falsifications de documents, qui ne tombent toutefois pas sous le coup de la loi pénale.

Depuis sa libération, Patrick Henry travaillait comme secrétaire de rédaction chez un imprimeur, Charles Corlet, qui avait mis à sa disposition un ordinateur. C'est après l'interpellation de son employé à Valence que M. Corlet, en récupérant le matériel informatique, a mis à jour les connexions suspectes. "Le matériel a parlé et j'ai découvert des choses qui m'ont profondément choqué" a-t-il expliqué dans un entretien accordé mercredi 13 novembre à France Bleu Basse-Normandie. "Quand on voit qu'un type comme ça a navigué sur tout ce qui était pédophilie, avec des enfants, avec des photos (...), on est en droit de se poser un tas de questions", poursuit l'imprimeur, qui a donné sa chance à plusieurs autres détenus en leur donnat du travail à leur sortie de prison. "Peut-être que Patrick Henry, par le feu de l'actualité, par tout ce qui s'est passé sur le plan médiatique, était un petit peu dérangé, ça c'est certain", ajoute M. Corlet, qui a voulu, en révélant le contenu du disque dur, expliquer les raisons qui l'ont poussé à ne pas imprimer le livre Avez-vous à le regretter ? de son ex-employé, paru mardi aux éditions Calmann-Lévy.

PARUTION RETARDÉE

L'ouvrage devait initialement s'appeler Vous n'aurez pas à le regretter, en référence à la dernière phrase adressée par Patrick Henry à ses jurés, après le verdict qui l'a sauvé de l'exécution, en 1977. La parution du livre avait été retardée de trois semaines et son titre modifié après l'arrestation de l'auteur en Espagne.

Pour la justice, ce nouveau "faux pas" de l'assassin de Philippe Bertrand ne devrait pas changer grand chose à sa situation pénale. "Tout cela reste anecdotique au regard du risque que sa libération conditionnelle soit révoquée", indique-t-on de source judiciaire. "Et puis, il faut relativiser. Patrick Henry n'est malheureusement pas le seul à avoir consulté ce genre de sites Internet. Le principal, maintenant, c'est qu'il nous revienne en France dans le cadre de la procédure d'extradition", ce qui peut prendre des mois.

Ce nouvel épisode éclaire sous un nouveau jour la personnalité de celui qui était devenu le symbole de la lutte contre la peine de mort puis la figure exemplaire d'une réinsertion réussie dans la société : "c'est une personnalité insaisissable", résume le procureur de Caen, Jacques-Philippe Segondat.

Actuellement détenu à Madrid, Patrick Henry s'est opposé à la procédure d'expulsion simplifiée. Cette décision a pour effet de repousser son retour en France, désormais soumis à une autorisation de l'Audience nationale, principale juridiction pénale espagnole, une procédure qui pourrait prendre plus d'un an.
Alexandre Garcia, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.11.02, LE MONDE | 14.11.02 | 13h57, MIS A JOUR LE 14.11.02 | 15h06

------

Patrick Henry : «Je suis prêt à rendre des comptes»

propos recueillis par Jérôme Dupuis

Incarcéré en Espagne pour trafic de haschisch, l'assassin du petit Philippe Bertrand est en passe d'être extradé vers la France. L'Express l'a rencontré dans sa prison de Valdemoro

Voilà vingt-cinq ans que le cas Patrick Henry mobilise la justice et l'opinion publique françaises.

Condamné en 1977 à la réclusion à perpétuité (après avoir échappé à la peine de mort à une voix près) pour l'enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand, il a bénéficié d'une liberté conditionnelle en 2001.
Du procureur général de Caen aux experts psychiatres, tous les avis pariaient alors sur une réinsertion exemplaire. Depuis, pourtant, il a accumulé les entorses à la loi. Après un vol à l'étalage, il est arrêté en Espagne, l'automne dernier, en possession de 10 kilos de haschisch.
Le 10 janvier, l'Audience nationale de Madrid a donné son feu vert pour son extradition. Un ultime recours doit encore être examiné dans les prochains jours, avant que son retour en France soit définitivement décidé. Il devrait y purger une longue peine.
Patrick Henry est actuellement incarcéré à la prison de Valdemoro, un bâtiment en béton perdu dans une plaine pelée, à une trentaine de kilomètres au sud de Madrid. C'est là que L'Express l'a rencontré, le 2 février (2003).
Trapu, cigarette à la main, le visage large parfois barré d'un sourire qui traduit surtout de la gêne, il parle de son crime, de ses quelques mois de liberté, de ses dérapages et de son avenir. De ses propos émane une personnalité ultra-rationnelle et méticuleuse, prête à évoquer tous ses actes, mais toujours prompte à leur trouver des explications a posteriori.
Insaisissable, ambigu, Patrick Henry semble toujours osciller entre autojustification et regrets sincères. Cet homme qui a cristallisé autour de lui tant de débats judiciaires de la France d'aujourd'hui - peine de mort, prison, réinsertion - n'a jamais parlé depuis son arrestation. Nous publions ce témoignage afin que chacun puisse juger.

Vous avez été arrêté, début octobre, avec 10 kilos de haschisch en Espagne. Pourquoi avoir pris le risque de retourner en prison, alors que vous sortiez à peine de vingt-cinq ans de réclusion?
C'est un long enchaînement de circonstances. En fait, lorsque je suis sorti de prison, en mai 2001, j'ai commencé à travailler chez un imprimeur. Très vite, je me suis senti mal dans cette entreprise, même si j'étais reconnaissant à son patron de m'avoir offert une chance. J'avais l'impression de faire en liberté exactement ce que je faisais dans les ateliers en prison. J'ai commencé à chercher un autre boulot. Mais ce n'est pas facile quand on s'appelle Patrick Henry… Un jour, j'ai voulu louer un garage dans une agence immobilière de Caen. Quand j'ai donné mon nom, l'employé m'a hurlé de sortir. A ce moment-là, j'en suis arrivé à la conclusion que je n'avais pas d'autre solution que de quitter la France. Je me suis dit que j'allais monter une entreprise de programmation informatique en Tunisie. Là-bas, personne ne connaît mon nom, mon visage. Le problème, c'est qu'il me manquait encore un peu d'argent pour financer ce départ.

Votre éditeur vous avait pourtant versé une importante avance. Pourquoi aller acheter du haschisch?
J'allais mal. La seule chose que je savais, c'est que, depuis mon crime, il était évidemment hors de question que je m'attaque à une personne ou commette une agression. J'avais entendu parler du shit, du Maroc. Dans mon esprit, je faisais un seul aller-retour. Je ne savais même pas comment revendre la drogue, ni combien cela allait me rapporter…

La police espagnole ne vous en a pas laissé le temps...
Au péage de Sagunto, au sud de Valence, la Guardia civil me contrôle. Je tremblais, mais, dans ces cas-là, on garde toujours un petit espoir d'y échapper. Pendant que les policiers tournaient autour de la voiture, j'ai réussi à prendre discrètement mes papiers à l'intérieur et à récupérer mon passeport, qui avait été placé sous un képi, sur le toit du véhicule. Quand ils ont découvert les 10 kilos, ils ont vu que j'étais nerveux et m'ont passé les menottes. J'ai quand même essayé de m'échapper, mais je ne suis pas allé bien loin…

Vous avez déçu la confiance de ceux qui vous ont aidé et risquez de porter atteinte à la réinsertion des prisonniers. Comment expliquez-vous votre attitude?
Depuis mon procès, j'ai l'impression d'être un phénomène de foire. On m'a présenté comme le symbole de la lutte pour l'abolition de la peine de mort. Pourtant, après mon procès, alors que j'étais incarcéré, il y a eu plusieurs condamnations à mort et même deux exécutions. On n'en parle pas. Plus tard, j'étais censé incarner le problème de la réinsertion, après vingt-cinq ans passés en détention. On a voulu faire de moi un surhomme, alors qu'en fait je ne suis qu'un pauvre type. Et maintenant que je suis en Espagne, on lance des procédures d'urgence pour me faire revenir le plus vite possible en France. Je suis prêt à rendre des comptes à la justice, mais pas à être récupéré par le débat politique.

«Un an après ma remise en liberté, dans ma tête, j'étais encore en prison»

On a parfois l'impression que vous avez totalement refoulé le meurtre du petit Philippe Bertrand...
Depuis mon acte de 1976, je suis habité par un mal-être. J'ai dans la tête en permanence la mort d'un enfant. Comment est-il possible, si vous êtes normal, d'intégrer une chose pareille, de l'admettre, de l'oublier?

Avant l'épisode du haschisch, il y avait déjà eu le vol à l'étalage chez Leroy-Merlin, en juin 2002...
Rien ne justifiait ce geste stupide. J'ai risqué ma liberté parce que j'ai eu la flemme d'aller chercher de l'argent dans ma voiture, qui était garée à 300 mètres sur un parking! Cette histoire ridicule a eu des conséquences gigantesques. Lorsque la nouvelle a été rendue publique dans les médias, le 18 juillet, le ciel m'est tombé sur la tête. J'étais affolé. J'ai jeté toutes mes affaires dans ma voiture et j'ai pris l'autoroute Caen-Paris sans savoir où aller. Je voulais me cacher. Je me suis finalement arrêté sur une aire de repos, je me suis allongé dans l'herbe et j'ai pleuré pendant vingt minutes. J'ai appelé mon avocat, Me Thierry Lévy, qui m'a demandé de le rejoindre à son cabinet parisien. Là, il m'a expliqué qu'il fallait faire face. Pourtant, le jour du procès, je n'étais pas fier. Le parquet n'a pas voulu que j'entre au tribunal par une porte discrète. Pourquoi m'obliger à affronter les objectifs des photographes? Et pourquoi me condamner à une amende démentielle de 2 000 euros pour un vol de 80 euros que j'avais remboursés?

Votre ancien employeur a déclaré qu'il avait trouvé des photos à caractère pédophile sur l'un de vos ordinateurs...
Je ne sais pas qui a entré ces photos sur mon ordinateur. Je n'ai jamais stocké la moindre photo pédophile. A l'époque de mon crime, il n'y a eu aucun soupçon de cette nature. Je considère que la pédophilie est une maladie. Je ne l'ai pas attrapée en prison.

Compte tenu de votre crime, ne deviez-vous pas être plus irréprochable encore que les autres citoyens?
J'ai du mal à accepter cette idée. J'ai quand même fait vingt-cinq ans de prison. C'est très long. Je ne suis pas sûr que m'y remettre servira à grand-chose. Un an après ma remise en liberté, dans ma tête, j'étais encore en prison. Après l'épisode Leroy-Merlin, j'ai offert ma démission à mon employeur, qui la gardait sous le coude. Je ne savais plus où j'allais, je ne sortais plus de chez moi, je vivais volets clos. J'avais passé dix-sept ans en prison à Caen et je ne connaissais personne dans cette ville. Mon grand regret, c'est de n'avoir pas été capable de parler de mes problèmes avec les quelques personnes qui auraient su m'écouter. J'ai le sentiment d'un immense gâchis.

Vous allez avoir 50 ans dans quelques jours. Comment voyez-vous votre avenir?
Je ne vois pas grand-chose. En France, ma liberté conditionnelle va tomber automatiquement. Je vais sans doute être condamné, peut-être à sept ans de détention. Au bout d'un certain temps, je pourrai toujours essayer de demander une liberté conditionnelle. Mais quel employeur va s'engager à me donner du travail? Or, sans travail, pas de conditionnelle… Et après, quand je sortirai, il faudra tout recommencer à zéro. Je ne sais pas si j'en aurai le courage.
lexpress.fr, Daniau/AFP,

-------

(17 avril 2003) Retour à la case départ pour Patrick Henry
Après un an et demi de liberté, Patrick Henry, symbole du combat contre la peine de mort, a retrouvé la prison de Caen. Le juge d'application des peines lui a notifié la violation des modalités de sa libération conditionnelle.

Après six mois de détention en Espagne pour trafic de haschisch, Patrick Henry (au centre) est arrivé hier en France et a dormi à la maison d'arrêt de Caen.

PATRICK HENRY a dormi cette nuit à la maison d'arrêt de Caen (Calvados). Placé en quartier d'isolement, « pour sa propre sécurité », indique l'administration pénitentiaire, il occupe seul, une cellule de 9 m 2 dotée d'un lit, d'une télévision et d'une cuvette de WC. Presque un régime de faveur, dans cet établissement où plus de 650 détenus, la plupart en détention provisoire, se partagent les 447 places disponibles. Depuis l'annonce de son extradition vers la France, après six mois de détention en Espagne pour trafic de haschisch, toutes les précautions ont été prises pour s'assurer du bon déroulement de son retour. Patrick Henry, 49 ans, a passé la nuit de mardi à mercredi dans un lieu tenu secret, proche de Madrid. Pris en charge par Interpol, il a quitté l'Espagne, hier matin de bonne heure, à bord d'un avion d'Air-France. A son arrivée à 10 h 07, à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, escorté par des policiers et menotté, l'assassin du petit Philippe Bertrand a été transféré dans un fourgon cellulaire, dès sa descente d'avion, sur un parking éloigné de l'aérogare.

Sirènes hurlantes
D'abord, il a été conduit au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), où il a été entendu une vingtaine de minutes par le procureur de la République. Celui-ci lui a signifié un mandat d'arrêt pour violation de sa liberté conditionnelle. Patrick Henry a été ensuite transféré à Caen, dans un fourgon blanc, escorté par les motards et sirènes hurlantes. Il est arrivé au tribunal correctionnel vers 13 h 30. Là, il a été confronté longuement au juge d'application des peines, Michel Lemeur, en présence d'une collaboratrice de son avocat, M e Thierry Lévy. A l'issue de cette confrontation, vers 16 h 35, le procureur de la République de Caen, Jacques-Philippe Segondat, a précisé que « Patrick Henry allait être incarcéré provisoirement à la maison d'arrêt de Caen ». Des mesures particulières y ont été prises par l'administration pénitentiaire pour son accueil. Patrick Henry, qui « a un peu maigri », selon le procureur, est sorti du tribunal vers 16 h 55, toujours sous bonne escorte policière. Le procureur a ajouté : « Il tient toujours la même ligne de défense. Il dit qu'il n'a jamais été favorisé par sa famille et que, depuis gamin, personne ne lui a donné sa chance. C'est exactement le contraire. Il ne perçoit pas la réalité du monde tel qu'il est. » Henry va désormais attendre, en cellule, la comparution pour révocation de sa libération conditionnelle devant la juridiction régionale de Basse-Normandie, qui devra statuer dans les deux mois. Après cette décision, il pourrait être amené à comparaître pour trafic de drogue. Pour Patrick Henry, sauvé in extremis de la guillotine, condamné à la perpétuité en 1977, détenu pendant 25 ans, la liberté aura duré moins de deux ans. En dépit de leur talent, ses avocats auront du mal à convaincre les magistrats qu'ils peuvent, à nouveau, lui faire confiance.
Elisabeth Fleury (avec Bertrand Fizel), Le Parisien, jeudi 17 avril 2003, p. 14

-------

(octobre 2003) Patrick Henry condamné à quatre ans de prison

LA COUR D'APPEL DE CAEN a condamné hier (22 octobre 2003) Patrick Henry à quatre ans de prison et 20 000 € d'amende pour transport de drogue, confirmant ainsi la condamnation en première instance prononcée le 22 juillet.
Cette peine de quatre ans est confondue avec sa réclusion à perpétuité pour le meurtre du petit Philippe Bertrand. Aussitôt finie la lecture de l'arrêt, Patrick Henry a été raccompagné au centre de détention du Val-de-Reuil (Eure).
Placé en liberté conditionnelle le 15 mai 2001, il avait été interpellé le 5 octobre 2002 non loin de Valence (Espagne) avec 9,77 kg de cannabis dans le coffre de sa voiture. Il avait été extradé le 16 avril d'Espagne et sa liberté conditionnelle avait été révoquée le 20 mai 2003.
Le Parisien, jeudi 23 octobre 2003, p. 16

--------

Patrick Henry en grève de la faim contre son maintien en détention lci-tf1.com 15 novembre 2011

Patrick Henry, condamné en 1977 à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un enfant, a entamé une grève de la faim à la prison de Saint-Maur (Indre) pour protester contre les rejets répétés de sa demande de libération conditionnelle, apprend-on mardi de sources syndicales.

Le détenu, âgé de 58 ans, a entamé sa grève de la faim lundi, a-t-on précisé de mêmes sources, confirmant une information révélée par le site L'express.fr. Henry reste pour l'instant dans sa cellule et doit signer une décharge à chaque repas sauté, selon ces sources concordantes.

--------

Pas de grâce présidentielle pour Patrick Henry Par Géraldine Catalano publié le 17/07/2014 à 07:09, mis à jour à 10:53 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/pas-de-grace-presidentielle-pour-patrick-henry_1559934.html#8F7XAB4FUk8VqMvx.99

Le plus célèbre des criminels français ne bénéficiera pas d'une grâce présidentielle. Depuis son retour en prison, en 2002, pour une affaire de stupéfiants, le détenu ne cesse de réclamer sa remise en liberté. En vain.

REUTERS Nouveau revers pour l'un des plus célèbres criminels français: initiée en toute discrétion en février, la demande de recours en grâce de Patrick Henry, condamné en 1977 pour l'enlèvement et le meurtre du petit Philippe Bertrand, vient d'être rejetée par François Hollande.

La nouvelle, parvenue, par courrier vendredi, sur le bureau de l'avocate de Patrick Henry, Me Carine Delaby-Faure, s'ajoute à trois demandes refusées de libération conditionnelle, ainsi qu'à l'échec de la saisine de la Cour européenne des droits de l'homme, en 2012.
"Ce refus, notifié à quelques jours du 14 juillet et sans réelles motivations, est une désillusion supplémentaire pour un homme dont la situation judiciaire, totalement cadenassée, fait les frais d'une frilosité à l'évidence politique.
Les
réserves affichées par Mme Taubira à l'égard des très longues peines laissaient pourtant espérer une issue enfin favorable", se désole Me Delaby-Faure.

En 1977, devant la cour d'assises de l'Aube, Patrick Henry avait échappé de peu à la peine de mort, à l'issue d'une plaidoirie historique de Robert Badinter et d'un procès devenu, en quelque sorte, celui de la peine capitale en France. En 2001, après 25 années de détention au cours desquelles il a collectionné les diplômes (BEPC, baccalauréat, licence de mathématiques et DUT en informatique), l'homme a bénéficié d'une libération conditionnelle... avant de replonger, seize mois plus tard, pour transport illicite de drogue. Son 4/4 avait été stoppé en Espagne avec, à son bord, près de dix kilos de résine de cannabis dissimulés.

Une sortie de route payée au prix fort pour celui qui faisait jusque-là figure de modèle de réinsertion. Condamné en juillet 2003 par le tribunal correctionnel de Caen à quatre ans de détention supplémentaire, Patrick Henry a alors retrouvé la case prison et sa condition de condamné à perpétuité, d'abord à la Maison centrale de Saint-Maur, puis au Centre de détention de Melun, où il a été transféré en 2012.

Il y a trois ans, le détenu avait suivi une grève de la faim pour protester contre les échecs répétés de ses demandes de remise en liberté. Aujourd'hui âgé de 61 ans, Patrick Henry cumule 36 années d'incarcération. Son avocate, sa soeur, ainsi qu'un couple d'amis, continuent de lui rendre régulièrement visite. Agée de 91 ans, sa mère est désormais trop faible pour effectuer le déplacement.

---------

Patrick Henry obtient une libération conditionnelle 07 Janv. 2016, 11h37 | MAJ : 07 Janv. 2016, 12h04

Il avait échappé de justesse à la peine de mort en 1977.
Patrick Henry, condamné à l'époque à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d'un enfant, a obtenu ce jeudi une libération conditionnelle. «Le bénéfice de la libération conditionnelle est accordé, mais sous réserve de l'exécution d'une période de probation» prévue jusqu'au 4 août 2017, a déclaré Béatrice Angelelli, la procureure de Melun (Seine-et-Marne). Elle a par ailleurs indiqué qu'elle réfléchissait à un éventuel appel. Une décision sera prise «dans les prochaines heures».

Ce délibéré fait suite à une audience tenue le 8 décembre devant le tribunal d'application des peines, au centre de détention de Melun où Patrick Henry, 62 ans, est incarcéré. Le parquet avait requis le rejet de cette demande de libération, formulée après le rejet d'un recours en grâce présidentielle, en juillet 2014.

Patrick Henry avait obtenu sa mise en liberté conditionnelle en mai 2001 après 25 ans de prison. Sorti sous le feu des médias, l'homme était resté discret un an avant d'enchaîner les faux pas avec en juin 2002 un vol à l'étalage, pour lequel il a été condamné à une amende de 2000 euros, puis dans la nuit du 5 au 6 octobre 2002 son interpellation près de Valence (Espagne) en possession de 10 kg de cannabis. Sa liberté conditionnelle avait ensuite été révoquée. En 2003, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Caen à quatre ans d'emprisonnement et 20000 euros d'amende, décision confirmée par la cour d'appel de cette ville.

----------

Le parquet bloque la libération conditionnelle de Patrick Henry Le Monde.fr avec AFP | 07.01.2016 à 11h04 • Mis à jour le 07.01.2016 à 21h10

Encore une fois, Patrick Henry, condamné à la réclusion à perpétuité en 1977 pour le meurtre d’un enfant de 7 ans, a obtenu, jeudi 7 janvier, sa libération conditionnelle, avant qu’elle soit rejetée après appel du parquet.
Il reste donc en prison puisque l’appel est suspensif.

« Depuis le départ de cette procédure, nous étions opposés à cette demande », a déclaré Béatrice Angelelli, la procureure de la République de Melun pour qui « le projet d’accompagnement n’est pas assez encadrant ». « La cour d’appel a deux mois pour statuer » sur cet appel, a-t-elle précisé.

Actuellement incarcéré au centre de détention de Melun, il aurait dû débuter dès janvier, avec une première permission de sortie, le parcours de probation qui devait le mener à la liberté conditionnelle en août 2017.

Cette décision de mise en liberté conditionnelle faisait suite à une audience du 8 décembre devant le tribunal d’application des peines. Le parquet s’était prononcé contre cette demande de libération, formulée après le rejet d’un recours en grâce présidentielle en juillet 2014.

La veille, l’avocate lilloise du détenu, Me Carine Delaby-Faure avait déclaré : « Il a payé sa dette auprès de la société. A 62 ans, il a hâte de finir sa vie en homme libre, après avoir passé toute sa vie derrière les barreaux. » .....

--------

Retour Première page