Jean-Luc Mélenchon ... (Tanger 1951-)
Trotskiste lambertiste puis socialiste jospinien, puis socialiste jacobin et souverainiste. Maire, conseiller général de l'Essonne, Sénateur.
(Novembre 2004)Contre la Constitution européenne de Valéry Giscard d'Estaing
La blague du oui social-démocrate :
La Constitution européenne est incompatible avec un projet réformiste et progressiste.
La grosse blague du débat sur la Constitution européenne au PS, c'est la posture sociale-démocrate que se donnent les tenants du oui. Bien sûr, personne n'est dupe de la ruse que le numéro induit. D'un côté, il y aurait des réalistes qui avanceraient à petits pas, de l'autre des maximalistes. Faites votre choix, braves gens. Mais les nouveaux apôtres sociaux-démocrates font pâle figure dès qu'on confronte leurs professions de foi avec le texte. Car que reste-t-il avec cette Constitution pour faire de la négociation et du progrès social selon la recette éprouvée qui a fait les beaux jours de la social-démocratie ?
Exemple : que devient l'objectif d'harmonisation progressive des droits sociaux ? N'est-ce pas une raison majeure d'être européen quand on est de gauche ? N'était-ce d'ailleurs pas la nouvelle ligne d'horizon que nous proposions comme substitut au projet socialiste lui-même après qu'il s'est dissous dans les brumes des Bad Godesberg de tous les pays ? Certes, ce n'était pas révolutionnaire. Mais ça promettait d'être efficace. Deux voies se présentaient. D'abord, on pouvait penser avancer par le vote de lois européennes ou plus modestement encore par des lois cadres balisant le chemin car on ne pourrait sûrement pas obtenir tout d'un seul coup.
Avec le projet de Constitution, il ne faut plus y penser. Car l'harmonisation sociale est la seule chose qui soit explicitement interdite par le texte. L'article III-207 dit une première fois que «la loi cadre européenne ne comporte pas d'harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres». Vous pensiez-vous reporter sur les coopérations entre les Etats pour forcer le barrage ? L'article III-210 dispose bien que ces coopérations sur les questions sociales sont encouragées. Mais seulement tant qu'il s'agit d'«échanger des informations», de «promouvoir des approches novatrices» ou d'«évaluer des expériences».
Si des petits malins pensaient se faufiler au milieu de ces généralités, ils perdraient leur temps. Le texte assène la limite de toutes ces bonnes choses : «... à l'exclusion de toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des Etats membres». Inutile non plus de rêver s'introduire par le biais des politiques industrielles. L'article III-279 qui organise la question comporte une disposition nouvelle par rapport à sa rédaction antérieure sans doute jugée trop évasive : «la présente section ne constitue pas une base pour l'introduction par l'Union de quelque mesure que ce soit pouvant entraîner des distorsions de concurrence ou comportant des dispositions fiscales ou relatives aux droits des travailleurs salariés». Malheur ! Il faut donc voir l'autre piste. Si la porte de la loi est fermée, le social-démocrate sait qu'il lui reste la négociation entre syndicats ouvriers et patronaux et ce bon vieux contrat tellement plus souple et adaptable que la loi uniformisante et si lourdement politique ! Les partisans du oui de gauche ne cessent d'ailleurs de le proclamer : pour la première fois, le dialogue et la consultation de partenaires sociaux sont reconnus !
En effet, c'est le cas aux articles III-211 et III-212. Mais c'est pour organiser un «cause toujours tu m'intéresses» de première grandeur ! Certes, tout est prévu : la durée des discussions, l'information des parties, etc. Le paragraphe 1 de l'article III-212 déclare même, magnanime : «Le dialogue entre partenaires sociaux au niveau de l'Union peut conduire s'ils le souhaitent à des relations conventionnelles, y compris des accords.» Mais, «lorsque l'accord en question contient une ou plusieurs dispositions relatives à l'un des domaines pour lequel l'unanimité est requise... le conseil statue à l'unanimité».
Fin de la récréation partenariale et du très social-démocrate dialogue social. On mesure mieux la rudesse du coup quand on lit la liste des sujets concernés par cette machine à barrer les revendications sociales. Elle figure à cet article III-210 déjà cité. On y trouve pêle-mêle ce qui fait le quotidien le plus ordinaire des travailleurs, la raison d'être du syndicalisme et la matière première du projet socialiste : les conditions de travail, la protection de la santé et de la sécurité au travail, l'égalité entre hommes et femmes, la lutte contre l'exclusion sociale, la protection sociale, l'information et la consultation des travailleurs. Rien de moins.
On comprend dans ces conditions que plus du tiers des syndicats constituant le collectif de la Confédération européenne des syndicats aient préféré s'abstenir quand le pétaradant blairiste qui dirige ce bureau international voulait leur soutirer un soutien franc et massif à la Constitution ! N'empêche, dans un tel cadre, quel est l'espace de la social-démocratie ? Il n'est pas meilleur que celui du social-républicanisme qui pour sa part compte plutôt sur la démocratie d'Assemblée pour faire avancer l'intérêt général des salariés.
C'est donc une mystification d'affirmer que la doctrine sociale-démocrate se trouverait confortée par ce texte. La Constitution européenne est tout bonnement incompatible avec un projet réformiste progressiste, qu'il veuille passer par la loi ou par le contrat, qu'il vise à faire vivre le pacte social ou le pacte politique ! Les «euro-béats» feraient bien de prendre au sérieux les libéraux qui ont eu la haute main sur ce texte. Ceux-là ne se paient pas de mots. Par ce texte, ils veulent la victoire totale et la fin du compromis avec la social-démocratie européenne traditionnelle autant qu'avec le social-républicanisme légiférant et normatif. Le coeur de leur doctrine y est pérennisé. D'abord un modèle économique exclusif où la concurrence libre et non faussée est le principe suprême. Ensuite un modèle de régulation sociétale où les communautés peuvent prendre la relève de l'Etat tutélaire mis hors circuit. Ainsi, la devise introduite dans la Constitution (I-8) n'est-elle pas «égaux en droit» pour parler des citoyens comme des Etats de l'Union mais «unie dans la diversité».
C'est tout un programme. Dans le même temps est introduit «le droit des personnes appartenant à des minorités» (I-2) et la laïcité est dissoute dans l'oecuménisme (II-52 et II-70). La Constitution européenne forme un tout qui fait système pour chacune des parties qui la compose. Et c'est la fin d'une histoire qui est ainsi programmée. Celle ou la construction de l'Europe dessinait un horizon progressiste.
Par Jean-Luc MELENCHON, mercredi 03 novembre 2004, Libération, 3 novembre 2004, p. 36
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(Avril 2005) Mélenchon épinglé sur sa voiture de service
LA LETTRE A SEMÉ une certaine zizanie.
Cet après-midi, le président PS du département organise un point-presse exceptionnel pour commenter
un courrier que vient d'adresser Christian Schoettl, conseiller général (divers droite) de Janvry
à... 6 000 élus de l'Essonne !
Dans cette missive, l'élu de l'opposition accuse le conseil général
d'avoir mis à disposition un véhicule « au service de personnes qui n'avaient pas la légitimité
à en bénéficier. » Pointé du doigt : Jean-Luc Mélenchon, actuel sénateur PS, qui aurait bénéficié
d'une voiture de service et d'un chauffeur du conseil général de mars à juin 2004, trois mois
durant lesquels il n'était plus un élu de l'assemblée départementale.
Un courrier qui commence
à provoquer un émoi du côté de la classe politique locale... et surtout un profond agacement
chez Michel Berson, le patron (PS) du conseil général ! Dès hier soir, en apprenant que la fameuse
lettre circulait un peu partout en Essonne, l'élu a tenu à effectuer une sérieuse mise au point
sur le sujet.
« C'est un non-événement, un épiphénomène et en même temps une volonté délibérée
de nuire à notre institution », s'indigne Michel Berson. Sur le fond de la question, le président
du conseil général reconnaît - « en toute transparence » - que Jean-Luc Mélenchon ait pu « occasionnellement
» être conduit par un chauffeur et une voiture du département.
« Mais le fait qu'un ancien ministre
puisse être transporté par nos soins pour assister à des réunions de travail concernant l'Essonne
ne me choque nullement, martèle Michel Berson. Il n'y absolument rien d'illégal là-dedans. »
Et d'estimer qu'en « s'attaquant à Jean-Luc Mélenchon, c'est bien moi que Christian Schoettl
vise d'une façon purement scandaleuse. »
Depuis le mois d'octobre, l'élu d'opposition tente de mettre un chiffre sur l'expression « occasionnellement ». Pour lui, c'est une pratique « qui constitue un véritable détournement de fonds public », écrit-il dans sa lettre. « Ce sont des soupçons insupportables », rétorque Michel Berson.
Une accusation que le principal intéressé réfute en bloc
Dans les couloirs du conseil général, certains ironisent sur le calendrier choisi par Christian Schoettl. « Attaquer Jean-Luc Mélenchon - grand supporter du non à la Constitution - à quelques jours du référendum, ce n'est pas anodin, ça peut attirer plus d'écho », lâche t-on dans l'entourage de Michel Berson.
Une accusation que le principal
intéressé réfute en bloc, évoquant simplement sa volonté « d'exercer un contrôle sur l'utilisation
de l'argent public ». En déplacement toute la journée pour aller défendre le non à Rodez (Aveyron),
Jean-Luc Mélenchon n'a pas pu être joint hier. Le dossier, lui, devrait arriver prochainement
sur le bureau du procureur de la République. « C'est tout ce que je demande pour que la lumière
soit faite et que les soupçons soient levés ! », lâche Michel Berson.
leparisien.com, Grégory Plouviez, Paru le : 27/04/2005
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L’Irlandais du PS
Jean-Luc Mélenchon. Ultime noniste socialiste, le sénateur de l’Essonne promeut, à train d’enfer, une alliance avec «l’autre gauche». Et le non irlandais à l’UE conforte sa conviction têtue.
Pierre Marcelle MYOP Libération
QUOTIDIEN : lundi 16 juin 2008
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Mélenchon crée son Parti de gauche et tente de rassembler Par Christiane Chombeau | Journaliste | 13/11/2008 | 11H15 rue89
Cinq jours après leur départ du Parti socialiste, le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député Marc Dolez, ont annoncé, mercredi 12 novembre, la création d’un nouveau parti, le Parti de la gauche. Celui-ci organisera son premier meeting samedi 29 novembre en présence d’Oskar Lafontaine, qui, avec Lothar Bisky, préside Die Linke, en Allemagne -un parti dont les deux parlementaires s’inspirent largement- et tiendra son congrès les 7 et 8 février. "Plus de trois mille personnes", selon François Delapierre, délégué général de PRS (Pour la République sociale), ont déjà apporté leur soutien à cette initiative sur le site casuffitcommeca.fr. Lors de la conférence de presse de mercredi, Mélenchon et Dolez étaient accompagnés de Claude Debons, ancien syndicaliste CFDT, cheville ouvrière des collectifs contre le Traité constitutionnel européen ainsi que d’Eric Coquerel, président du petit parti Mars-Gauche républicaine (des anciens chevènementistes). D’autres devraient, selon Mélenchon, venir grossir dans les semaines à venir les rangs de ce nouveau parti qui veut être un "parti de gouvernement", "résolument républicain", "défendant sans concession la souveraineté du peuple, la laïcité des institutions et de la société et l’intérêt général contre le productivisme face à la crise écologique". Il espère attirer des socialistes qui ne pourraient se résoudre à voir leur parti "glisser vers un parti de centre gauche3 après le congrès de Reims. Notamment en cas de victoire de Ségolène Royal. Des contacts avec le PC et la LCR/NPA de Besancenot Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez jettent des ponts pour construire leur "front de gauche" aux élections européennes. Des contacts ont été pris avec le PC et la LCR/NPA d’Olivier Besancenot. Les communistes leur ont donné rendez-vous mardi prochain, en revanche il faudra attendre lundi prochain, date à laquelle la LCR/NPA réunit sa direction, pour savoir si celle-ci accepte une rencontre. Ce jeudi, Alain Krivine a, dans un entretien au site Médiapart, qualifié de "nécessaire" un débat sur "une liste unitaire aux européennes "en ajoutant toutefois que "l’expérience a montré, avec les parcours de Fabius, Montebourg, Peillon ou malheureusement celui de Bové que le non à un référendum ne suffit pas à se mettre d’accord sur un programme anticapitaliste". Krivine rappelle notamment que le NPA ne veut pas "participer à des coalitions gouvernementales avec le PS comme l’ont fait le PRC en Italie ou Die Linke en Allemagne". Lors de la conférence de presse de mercredi, Mélenchon a également précisé que le le MRC, le parti de Jean-Pierre Chevènement, devrait être approché dans les jours à venir.-------