11 mars 2010. Mise en cause de Malek Boutih, un français trop "jeune"
Gérard Longuet

Avril 2006 : Tout va bien ...
27 octobre 2005 : Relaxe dans l'affaire des marchés truqués d'Ile-de-France
02 juin 2004 : Relaxe dans l'affaire Cogedim
03 mai 2004 : En correctionnelle
28 juin 2003 : De nouveau en correctionnelle ... ?
30 juillet 2002 : Non lieu dans l'affaire de la Cogedim ?
10 juillet 2002 : Président de l'Association des régions de France

14 juillet 2001 : Outrage. Le chauffeur de Gérard Longuet porte le chapeau
Le policier est formel : celui qui l'a traité de "gros con" est un grand brun et non pas un roux barbu ...

Roulant à contre sens dans une rue de Nancy, le 14 juillet 2001, le chauffeur de la voiture du président du conseil général de région avait traité un policier, qui lui faisait remarquer sans vraiment d'aménité son erreur, de «gros con».
L'actuel président de la région, Gérard Longuet (UDF), avait reconnu en avril 2002 qu'il était le conducteur de cette voiture et qu'il présentait ses excuses au policier.
Mais la justice, imperturbable, a suivi son cours, et le chauffeur de Gérard Longuet s'est retrouvé devant le tribunal correctionnel de Nancy : il a expliqué qu'il avait porté le chapeau sur ordre du directeur de cabinet, mais, puisque Longuet avait avoué, il n'y avait pas de raison pour qu'il continue à être le bouc émissaire de cette histoire : ce n'était pas lui qui était au volant.
D'une part, il était simple de noter qu'il se trouvait de repos le 14 juillet 2001. D'autre part, étant roux, barbu et moustachu il n'avait rien à voir avec le grand brun qui avait outragé l'agent.
En 1'absence du véritable fautif, Gérard Longuet, le procureur a renvoyé le dossier au 31 janvier 2003. En attendant, le chauffeur reste inculpé d'outrage à agent.
Marianne, 4 au 10 novembre 2002, page 25

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Jean-Pierre Raffarin lance la décentralisation à l'essai
« Putsch » électoral de Gérard Longuet à l'Association des régions de France

L'ÉLECTION, mercredi 10 juillet (2002), de Gérard Longuet à la tête de l'Association des régions de France (ARF) dote le premier ministre d'un renfort indéfectible pour mener à bien son « grand chantier » de la régionalisation. Le président (UMP-UDF) de la région Lorraine succède à Alain Le Vern, président (PS) de Haute-Normandie, qui assurait l'intérim de la présidence après que Jean-Pierre Raffarin lui-même eut démissionné, le 23 janvier 2001.

L'élection de M. Longuet a toutefois donné lieu à un psychodrame entre régions de droite et de gauche, qui augure mal des chances de l'ARF de rester unie : dix présidents de gauche ont dénoncé, dans un communiqué, mercredi, « le reniement de la parole de Jean-Pierre Raffarin par les présidents de région de droite ».

Quand l'ARF s'est constituée, au lendemain des régionales de 1998, M. Raffarin avait été élu au terme d'un accord qui prévoyait une alternance avec un président PS au bout de trois ans. Présidents de gauche et de droite étaient alors à égalité. Après avoir instrumentalisé l'ARF pour critiquer le gouvernement Jospin - avec parfois l'assentiment des régions de gauche - l'ex-président (DL) de Poitou-Charentes avait obtenu que soit reportée à l'après-présidentielle l'élection officielle de M. Le Vern.

Stupéfaction à gauche

Ces derniers jours, un accord semblait se dessiner qui aurait permis à M. Le Vern d'être élu président et à M. Longuet d'être rapporteur général des groupes de travail sur la réforme au sein de l'association. Mais mercredi matin, à la stupéfaction des élus de gauche, René Garrec, président (DL) de la Basse-Normandie, a présenté la candidature de M. Longuet à la présidence. Quittant immédiatement la salle avec l'ensemble des présidents de gauche qui ont refusé de prendre part au vote, Jean-Paul Huchon, président (PS) de l'Ile-de-France, a qualifié de « brutes ceux qui sont prêts à tout pour récupérer tous les postes tout de suite ».

Interrogé par Le Monde, M. Longuet reproche à la gauche d'avoir fait achopper l'accord initialement prévu. Il souligne que la parité n'était plus respectée à l'ARF depuis l'arrivée, en janvier 1999, d'Anne-Marie Comparini, présidente (UDF-UMP) de Rhône-Alpes, après l'exclusion de son prédécesseur, Charles Millon, pour cause d'alliance avec le FN

M. Longuet estime plus « cohérent » que l'ARF puisse être représentée par un président du même bord que le gouvernement. « On voulait éviter le ridicule d'un président qui critique le gouvernement et d'une association dont les membres souscrivent majoritairement à la réforme », explique-t-il. M. Longuet, très proche de M. Raffarin, accueillera celui-ci en Lorraine mercredi 17 juillet. Sénateur de la Meuse depuis 2001, l'ancien ministre d'Edouard Balladur resurgit ainsi sur la scène politique par l'échelon régional.
BEATRICE JEROME, Le monde, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12 Juillet 2002

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Le parquet de Paris requiert un non-lieu pour Gérard Longuet dans l'affaire de la Cogedim

APRÈS quatre années d'instruction, le parquet de Paris a requis un non-lieu pour Gérard Longuet, le 30 juillet, dans l'affaire de la prestation présumée fictive qu'il aurait fournie à la société immobilière Cogedim, il y a douze ans, moyennant quelque 1,14 million de francs (172 000 euros). Le parquet a conclu à l'absence de « charges suffisantes » pour mettre en cause M. Longuet, mis en examen pour « recel de contrefaçon » et « recel d'abus de biens sociaux ». Il revient à présent à la juge d'instruction Isabelle Prévost-Desprez de rendre une ordonnance de non-lieu conforme aux réquisitions du parquet, ou bien de renvoyer le président du conseil régional (UDF) de Lorraine devant le tribunal correctionnel. « Pour moi, c'est une étape importante et sympathique vers la sérénité », a déclaré au Monde l'ancien président du Parti républicain (PR, devenu Démocratie libérale).

C'est par l'intermédiaire de sa société de conseil Avenir 55, créée en décembre 1986, alors qu'il était ministre délégué des postes et des télécommunications, que M. Longuet a été rémunéré par la Cogedim. Entre juillet 1989 et octobre 1990, la société immobilière lui a ainsi versé 1,14 million de francs, payés en trois fois. Une activité qui, selon le parquet de Paris, « ne peut être sujette à caution ». Ecartés, donc, les soupçons d'abus de biens sociaux.

En 1994, le conseiller rennais Renaud Van Ruymbeke, qui enquêtait sur le financement occulte du PR, avait pourtant été bien en peine de trouver trace des interventions de M. Longuet. La seule contrepartie aux rémunérations de la Cogedim qu'il avait découverte consistait en deux rapports consacrés aux « téléports » et aux « immeubles intelligents ». Deux études, ni signées ni datées, qui ont valu à M. Longuet d'être mis en examen pour « recel d'abus de biens sociaux », le 16 novembre 1997, par la juge parisienne Mireille Filippini, chargée entre-temps du dossier.

Pire : l'ancien ministre est également soupçonné d'avoir plagié les travaux d'une consultante spécialisée en télécommunications, Agnès Huet, afin de rédiger l'un des deux rapports. Auteur d'une étude sur les « immeubles intelligents », Mme Huet s'était aperçue, quelques jours après la première mise en examen de M. Longuet, que quatre de ses chapitres avaient été intégralement reproduits dans le document fourni à la Cogedim. En novembre 2001, trois mois avant la fin de ses investigations, Isabelle Prévost-Desprez, qui avait à son tour hérité du dossier, mettait M. Longuet en examen pour « recel de contrefaçon ».

PRESCRIPTION

Dans son réquisitoire, le parquet explique que M. Longuet « doit être considéré non comme un receleur mais comme l'auteur intellectuel du rapport ». A la limite, il pourrait être désigné comme « le contrefacteur », mais, « les faits de contrefaçon remontant en 1990 et la plainte datant de 1997, l'action publique est atteinte par la prescription ».

Me Thibault de Montbrial, l'avocat d'Agnès Huet, qui s'est constitué partie civile dans le dossier, se dit « stupéfait par ce réquisitoire qui contient des contrevérités factuelles et qui aboutit, par un tour de passe-passe juridique, à faire de M. Longuet, contrairement à ses déclarations pendant l'instruction, le contrefacteur de l'oeuvre de ma cliente, ce qui pourrait lui permettre de bénéficier de la prescription, qui n'existe pas pour le recel ». Pour l'avocat de M. Longuet, Me Jean-René Farthouat, les discussions sur une éventuelle contrefaçon sont à présent « inutiles, puisque le délit est prescrit ». Me Farthouat se félicite du réquisitoire, « parce que celui-ci dit que le rapport fait pour la Cogedim ne peut servir de base à des poursuites pour abus de biens sociaux et qu'il était réellement utile ».

Poursuivi depuis mai 2001 pour « recel de corruption » dans l'affaire des lycées d'Ile-de-France, M. Longuet est également mis en examen depuis 1995 dans l'enquête sur le financement du PR. En novembre 1998, il a été relaxé dans l'affaire de la construction de sa villa de Saint-Tropez (Var).
PIOTR SMOLAR, Le monde, ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30 Août 2002

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(Juin 2003) Longuet, intermittent du pénal
L'ancien ministre de nouveau en correctionnelle pour des activités privées.

Pour la deuxième fois ­ il croise les doigts pour que ce soit la dernière ­, Gérard Longuet vient d'être renvoyé en correctionnelle. Le président de la région Lorraine ­ il a succédé à Raffarin à la tête de l'Association des régions françaises ­ va pouvoir dénoncer un acharnement judiciaire, s'agissant de faits anciens qui remontent à l'époque glorieuse où il dirigeait le Parti républicain (rebaptisé Démocratie libérale par Alain Madelin, puis fondu dans l'UMP), au côté de François Léotard. Relaxé dans l'affaire de sa villa tropézienne, toujours mis en examen dans l'affaire du siège parisien du PR, Longuet est présentement poursuivi pour ses activités privées, parallèles à sa carrière politique, au risque du mélange des genres.

En 1986, alors ministre des Télécommunications, Gérard Longuet monte sa petite société personnelle, baptisée Avenir 55 (le numéro du département de la Meuse, son fief électoral). En marge de ses activités ministérielles, il perçoit 95 000 francs pour un rapport sur «Le développement économique de la Lorraine». Malheureusement, on n'a jamais retrouvé la trace de son travail. Des soupçons de financement occulte ont été éveillés par une lettre anonyme à en-tête de l'Assemblée nationale, indiquant que le payeur de cet introuvable rapport, la société Exergie, fondée par un ami d'enfance, servirait à blanchir l'argent versé par des entreprises au PR. L'enquête n'ayant pas permis de le confirmer, Longuet est simplement renvoyé pour «prestation fictive».

Confession.
Après 1988, la gauche revenue au pouvoir, Gérard Longuet retrouve son siège de député, mais se fait rémunérer en sus par la Cogedim, filiale immobilière de Vivendi. Son PDG, Michel Mauer, explique benoîtement qu'il est fréquent de recruter d'anciens ministres comme consultants, à 40 000 francs par mois dans le cas de Gérard Longuet. Là encore, peu de traces effectives de ses conseils avisés, mais il s'en est joliment expliqué devant les enquêteurs : «Mon rôle était très en amont de l'aspect opérationnel des choses»... Surtout, Longuet avoue sa pudeur à apparaître officiellement dans l'orbite de la Cogedim, dans une ahurissante confession : «Craignant une confusion des genres, je ne souhaitais pas que mon image personnelle semble dépendre du groupe (Cogedim, ndlr), alors que j'étais amené à rencontrer les responsables de tous les plus grands groupes français pour des raisons publiques.»

Après deux ans d'échanges de vues, Mauer demande quand même à Longuet de matérialiser un peu ses prestations. Cela donnera deux superbes rapports, sur les immeubles dits «intelligents» et les «téléports» (des locaux d'entreprises truffés d'électronique), presque intégralement pompés sur des documents publics. Sauf que Longuet va les facturer 1,1 million de francs à la Cogedim (l'équivalent de ses 40 000 francs par mois sur deux ans, qu'il lui faut bien tenter de justifier). «A peu de frais intellectuels», ironise la juge Isabelle Prévost-Desprez dans son ordonnance de renvoi.

Le parquet de Paris, soucieux de sauver le soldat Longuet, avait requis un non-lieu en sa faveur à l'issue d'un audacieux raisonnement procédural. Compte tenu de l'ancienneté des faits, la contrefaçon est prescrite, mais pas son recel. Durant l'instruction, Gérard Longuet s'était fourvoyé en insistant sur le fait qu'il n'avait pas lui-même confectionné les rapports, tâche ingrate confiée à ses collaborateurs, tout en admettant les avoir utilisés pour se faire rémunérer (délit de recel toujours en cours). Volant à son secours à l'insu de son plein gré, le parquet estime au contraire que Longuet est «l'auteur intellectuel» des rapports litigieux (délit prescrit)... La juge d'instruction a refusé cette réécriture de l'histoire. Perfide, elle précise que l'argent de la Cogedim a servi à payer la villa tropézienne de Gérard Longuet.

Puzzle.
On arrive là au coeur des différentes affaires Longuet. Tout a été orchestré afin que ne soient pas assemblés les différents éléments du puzzle : l'origine des fonds (actuel dossier Avenir 55), le prix de la villa (4,5 millions de francs de travaux, payés 3 millions), les contreparties obtenues par l'entrepreneur (affaire des marchés publics de la Meuse, conclue par une relaxe). Le «saucissonnage» est un grand classique judiciaire, mais il est plus rare qu'un magistrat s'en émeuve ouvertement. Isabelle Prévost-Desprez, sur le point de quitter le pôle financier parisien, ne mâche pas ses mots : «Gérard Longuet aura bénéficié d'un étrange "découpage" des faits à l'occasion du traitement de l'ensemble des poursuites le concernant.» Sur le non-lieu réclamé par le parquet, elle ironise : «Il faut rappeler que le ministère public, dans la même période, a requis le renvoi pour des délits similaires mais aux montants nettement moindres (affaire Sages/Reyt).»

Procureur et juge d'instruction se rejoignent au moins sur un point : Gérard Longuet mérite un non-lieu sur d'autres rapports surfaits durant la même période. Comme cette étude sur «Le développement du Minitel» facturée à la Sofres, où Longuet, campant sur sa réputation d'ancien ministre des Télécommunications, omet d'anticiper le développement du fax et de l'Internet. Gérard Longuet, apôtre du libéralisme, pourrait simplement cesser de se flatter de vivre de ses talents d'entrepreneur : avec de telles méthodes, n'importe quel ancien ministre peut prospérer dans le grand bain du business. Son avocat, Me Farthaouat, peste contre les donneurs de leçons : «Pour la morale, il y a le Décalogue. Et encore, il n'est pas admis par tout le monde.» Il entend défendre son client par tous les moyens. Gérard Longuet, multi-mis en examen mais jamais condamné, sait y faire.
Libération, Par Renaud LECADRE, samedi 28 juin 2003, p. 19

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(3 mai 2004) Gérard Longuet en correctionnelle

L'ANCIEN MINISTRE des Télécommunications du gouvernement Balladur, Gérard Longuet, est jugé à partir d'aujourd'hui (03 mai 2004) par le tribunal correctionnel de Paris.
Il est soupçonné de recel d'abus de biens sociaux et de recel de contrefaçon, aux côtés de Michel Mauer, ex-PDG de la société de promotion immobilière Cogedim.
Selon l'accusation, Gérard Longuet aurait perçu 170 000 € de la Cogedim pour des prestations fantômes.

Pour tenter de dissimuler le côté fictif de ses prestations, l'ancien ministre est aussi soupçonné d'avoir remis à la Cogedim deux études, intitulées « les immeubles intelligents » et « le marché des téléports », réalisées en réalité pour le compte du ministère des Télécommunications par une experte, Agnès Huet, partie civile au procès.
Gérard Longuet, défendu par Me Jean-René Fartouat, l'avocat de Roland Dumas, espère un non-lieu.
Le Parisien, lundi 03 mai 2004, p. 14

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Gérard Longuet relaxé par le tribunal correctionnel

L'ancien ministre Gérard Longuet, actuellement sénateur UMP de la Meuse, qui était poursuivi pour recel d'abus de biens sociaux et recel de contrefaçon, a été relaxé mercredi (02 juin 2004) par le tribunal correctionnel de Paris.

M. Longuet est notamment prévenu de "recel d'abus de biens sociaux" pour avoir reçu, par le biais de sa société Avenir 55, la somme de 173.561 euros en rétribution de prestations de conseil fictives en faveur de la société immobilière Cogedim, à l'époque présidée par Michel Mauer, et d'avoir également "sciemment recelé des rapports contrefaits".

Mardi, le parquet avait requis la relaxe pour l'ancien ministre, qui comparaissait depuis lundi.
lexpress.fr, mercredi 02 juin 2004

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(Avril 2006, Marianne, 22 au 28 avril, p. 46) Un cumulard nommé Longuet

Gérard Longuet, sénateur UMP, conseiller régional de Lorraine, cumule les rémunérations.
En tant que parlementaire, il est soumis à une limitation de ses revenus: une fois et demie les 5 326 euros mensuels de son indemnité de la Haute Assemblée, limite qu'il tutoie en tant qu'élu puisqu'il perçoit 7 986 euros: par mois.

Avec la présidence de l'Afitf (Agence de financement des infrastructures de transports de France), l'organisme chargé du développement des autoroutes, il crève le plafond de revenus issus de ses mandats publics. Grâce à la magie de deux décrets et d'un arrêté, ce poste en principe bénévole s'est transformé en minifromage : 42 000 euros par an au titre d'indemnités, soit 3500 euros par mois.
Selon l'esprit d'une loi votée par la gauche en 1992, il n'aurait pas dit pouvoir bénéficier de cette rémunération. Mais le texte a des trous.
« Il s'agissait de limiter les rémunérations générées par la qualité d'élu. Quand nous avons écrit la loi, nous y avons inscrit les sociétés d'économie mixte. Malheureusement, les agences type Afitfi elles, n'y figurent pas », se désole Didier Mathus, député PS, à l'origine du texte.

Ce n'est pas tout. En perdant son fauteuil de président de la région Lorraine, Gérard Longuet a théoriquement perdu son chauffeur et sa voiture. Mais l'Afitf a signé avec La Poste la mise à disposition d'un chauffeur.
Pourquoi La Poste ? Parce que la signature de cette convention « régularise », selon le mot d'une porte-parole de La Poste, un état de fait, en « mettant fin à une situation d'emploi fictif». En tant qu'ancien ministre des PTT, Gérard Longuet bénéficiait d'un chauffeur. Une pratique à laquelle Thierry Breton a mis un terme l'année dernière.
Pour que Longuet puisse toujours être véhiculé par un postier, c'est l'Afitf qui paie.
Em.l., Marianne, 22 au 28 avril 2006, p. 46

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Polémiques après les propos de Gérard Longuet sur Malek Boutih AFP 11 mars 2010

A l'approche du premier tour des régionales Gérard Longuet a déclenché mercredi une polémique en jugeant préférable de nommer à la Halde (Haute autorité de lutte contre les discrimations et pour l'égalité) quelqu'un du "corps français traditionnel" plutôt que le socialiste Malek Boutih dont le nom circule avec insistance pour remplacer Louis Schweitzer.

M. Bouti est "un homme de grande qualité mais ce n'est pas le bon personnage" pour présider la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, a déclaré le patron des sénateurs UMP, invité mercredi de "Questions d'Info LCP/France Info/AFP".

A la question de savoir pourquoi M. Boutih ne correspondait pas, à ses yeux, au poste, il a répondu : "Parce qu'il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains - qui sont d'ailleurs en général Italiens ou Marocains - doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur"."Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a insisté M. Longuet.

Le PS, par la voix de son numéro deux, Harlem Désir, s'est aussitôt dit "scandalisé" par ces propos, demandant à l'UMP de les "condamner immédiatement avec la plus grande fermeté et à M. Longuet de présenter des excuses publiques à Malek Boutih. "Ces propos sont, bien plus qu'un dérapage, une véritable théorie raciale totalement contraire à l'idée de la Nation républicaine et à l'égalité des droits entre les citoyens de toutes origines", a affirmé l'eurodéputé en estimant que de telles assertions méritaient une saisine de la Halde. Fustigeant également des propos "d’un autre siècle", le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a jugé sur Public Sénat que "le rapport de la droite à l’immigration est consternant". "Ce n'est plus un dérapage, c'est une chute libre", a réagi le PCF Faouzi Lamdaoui, membre du Conseil national du PS, a demandé à Nicolas Sarkozy "de prendre toutes les mesures pour mettre fin au déchaînement d’un racisme décontracté, devenu le +sport+ préféré d’un pan entier de la droite française".

Même indignation du côté de SOS Racisme: "La vision véhiculée par M. Longuet (...) montre la conception ethnique qu’il s’en fait et qui rappelle la France de Maurras en contradiction avec la France républicaine qu’il est censé incarner", a dénoncé l'association antiraciste.

L'association Tjenbé Rèd de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida juge que "cette logique Shadok masque mal un retour du refoulé assez évident chez un ancien militant d’extrême droite et M. Longuet pourrait utilement, soit déclarer plus clairement qu’il a du mal à digérer qu’un +bougnoule+ puisse diriger une institution française, soit retirer ses propos manifestement incompatibles avec les valeurs républicaines".

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, Gérard Longuet n'a pas retiré ses propos tout en se disant "désolé d'avoir choqué (son) compatriote Harlem Désir, tout comme" il est "désolé d'avoir sans doute choqué Malek Bouti dont (il) a reconnu volontiers les qualités personnelles"."J'ai simplement exprimé le désir que l'ouverture d'esprit soit portée par une personnalité moins politique et parfaitement sereine en qui puissent et doivent se reconnaître tous nos compatriotes dans leur diversité et dans leur unité", a-t-il ajouté. "Etre militant socialiste n'est certes pas un obstacle, mais ce n'est pas non plus un droit pour exercer une mission nationale à la Halde ou ailleurs", a souligné M. Longuet.

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