Bio express (Marianne 2010)
Maître Arno Klarsfeld, citoyen franco-israélien, avocat international, Conseiller d'Etat de la France

Mars 2015 : Les Mémoires très remarquables des justiciers anti-criminels de guerre d'antan
Février 2015 : Mise en examen d'Arno, pour islamophobie (???)
Janvier 2014 : Le Conseiller d'Etat, et ses parents, appellent à manifester publiquement contre Dieudonné

Octobre 2012 : Arno, qui préside encore l'Office français de l'immigration et de l'intégration, fustige Fillon à propos de la repentance française de François Hollande

Septembre 2011 : Arno, maître de l'Immigration. Encore sérieusement récompensé par son ami le Président Sarkozy

Octobre 2010 : Conseiller d'Etat de par la gràce du Président Sarkozy, et de son ancienne "compagne" Carla Bruni (1994-1996)

Février 2008 : Serge Klarsfeld "profondément touché" par la proposition de Nicolas Sarkozy (qui serait la sienne) de faire mémoriser individuellement la shoah par les enfants de 10 ans

Juillet 2007 : "Conseiller" du Premier Ministre Fillon
Mai/Juin 2007 : Candidat député de Nicolas Sarkozy dans le XIIème arrondissement de Paris ; battu au deuxième tour.

27 décembre 2006 : Pour Sarkozy le soutien des SDF, qui, promesse présidentielle, seront tous assistés humainement "dans les deux ans"
14 septembre 2006 : Me Klarsfeld dénonce
09 septembre 2006 : Le Réseau Education sans frontières (RESF) manipule les sans-papiers
08 août 2006 : Parrainé par le député socialiste Patrick Bloche le lycéen nigérian sans-papiers, Jeff Babatundé Shittu, expulsable selon la justice française, est soutenu par Arno Klarsfeld
12 juillet 2006 : Maître Klarsfeld, ayant fait renvoyé Jean-Marie Le Pen en correctionnelle pour des propos tenus en janvier 2005, déclare :"j'espère que le tribunal prononcera l'inéligibilité de Jean-Marie Le Pen".
07 juillet 2006 : Maître Klarsfeld invite les sans-papiers à son cabinet, de son domicile parisien
28 juin 2006 : Nommé par Nicolas Sarkozy médiateur national pour certains sans-papiers
08 mai 2006 : Le travail de réflexion pour Nicolas Sarkozy est rendu public

25 décembre 2005 : Contre la mémoire des historiens la mémoire d'Arno Klarsfeld est choisi par Nicolas Sarkozy

Mai 2001 : Arno Klarsfeld accusé de diffamation
Mars 2001 : Serge Klarsfeld, à l'origine de la plainte contre Brunner : «Il est l'extrémisme antijuif»
Recueilli par DOMINIQUE SIMONNOT, Libération, 2 mars 2001, p. 17.

Depuis 1971, Serge Klarsfeld et sa femme Beate se battent pour faire juger les criminels nazis. Il raconte ici la longue bataille qui a mené au procès d'Aloïs Brunner, qui s'ouvre aujourd'hui.

Comment a commencé votre combat contre Brunner?
Depuis 1961, on savait qu'il était en Syrie. Il s'était fait connaître en manifestant sa fureur après l'enlèvement d'Eichmann, il voulait enlever un notable juif et l'échanger. En 1976, Beate et moi nous sommes introduits chez sa fille à Vienne, et avons découvert son adresse et son téléphone à Damas. Beate l'a appelé en usant d'un subterfuge: «Je suis la secrétaire d'un magistrat qui ne peut vous appeler lui-même, son père travaillait dans un bureau proche du vôtre à une certaine époque et il vous prévient de ne pas aller en Suisse vous faire soigner les yeux (en 1961, Brunner a perdu l'usage d'un œil dans un attentat, ndlr), un mandat d'arrêt transmis par l'Allemagne vous y attend.» Il est tombé dans le panneau et a répondu «Remerciez-le, je prie pour lui.» Ainsi, nous avions l'assurance que Brunner se trouvait à Damas sous le nom de Fischer.

En 1982, je suis parti là-bas avec le dossier, sachant que je serai refoulé, mais c'était une manière de relancer l'affaire en montrant que Brunner était protégé par Hafez el-Assad, puisqu'il avait travaillé pour la police politique syrienne. A Cologne, à Francfort, nous avons porté plainte contre lui, fait le tour des ministères. Voyant que rien n'aboutissait, en 1987, nous avons porté plainte en France, entrepris des démarches aux Etats-Unis et Beate s'est rendue en Syrie, elle a été refoulée. En 1990, j'y suis allé avec un visa, j'avais un rendez-vous avec le vice-ministre des Affaires étrangères, il a été annulé et, finalement, j'ai demandé à louer un théâtre pour y donner une conférence sur les criminels nazis.C'est moi qui ai été extradé!

En 1991, Beate y est retournée, grimée, avec le passeport d'une amie. Elle a manifesté devant le ministère de l'Intérieur avec un poster en arabe «Assad, libère les juifs syriens! Extrade le criminel nazi Brunner!» Elle a été expulsée. Roland Dumas l'a alors reçue chaleureusement, il lui a assuré qu'il allait en parler à Assad, au cours d'un voyage en Jordanie, mais Assad n'a pas voulu le voir. Plus tard, il a reçu la réponse rituelle de la Syrie: «Nous n'avons pas connaissance de la présence de Brunner sur notre territoire...» Les 16 et 17 juillet 1998, jours anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, Assad était en France, Chirac a abordé le sujet avec lui à deux reprises, il a eu la même réponse. Comme la justice française. Il n'y a pas eu de pressions internationales, les gouvernements ont considéré qu'il y avait des choses plus importantes que l'affaire Brunner.

Parlez-nous de l'arrestation et de la déportation de votre père, Arno, par Brunner, alors chef de la police nazie à Nice...

C'était le 30 septembre 1943, les Allemands étaient entrés dans Nice le 8 et ont déclenché des rafles très brutales. Mon père a construit un double fond dans un placard pour y cacher ma mère, ma sœur et moi. Lui-même se préparant à ouvrir la porte aux Allemands. Ils sont arrivés à minuit et nous sommes allés dans la cachette. Nous entendions les soldats qui battaient les enfants juifs, pour leur faire avouer où étaient cachés leurs frères. Mon père a ouvert, il a prétendu que nous étions à la campagne, les Allemands ont cherché, ne nous ont pas trouvés. On s'en est sortis. Pas lui. A Auschwitz, un kapo l'a frappé, mon père l'a assommé. Il a été envoyé dans les mines de charbon où les gens tenaient six semaines, il a tenu neuf mois. Puis il a été rendu à la chambre à gaz d'Auschwitz.

Qu'attendez-vous de ce procès par contumace?
Cela marque quand même l'importance que l'on attache à une affaire. Brunner, c'est l'extrémisme antijuif. Comme Barbie. Quel besoin avaient-ils d'aller chercher les enfants? Ce procès et la longue instruction qui l'a précédé feront entrer ces enfants dans l'histoire. On va lire leur nom à l'audience. J'ai beaucoup d'affection pour eux, je les connais, je me suis battu pour avoir leur photo, je suis l'un d'eux en quelque sorte. Que peut-on donner aux morts, sinon la fidélité?.

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Arno Klarsfeld accusé de diffamation
L'avocat est poursuivi par le Mrap devant la XVIIe chambre à Paris.

Le Mrap, «ce n'est pas une association sous laquelle on avait crié "mort aux juifs" il n'y a pas longtemps ?», avait déclaré l'avocat.
Le dialogue avait été diffusé sur Canal +, le 21 janvier 2001, au Vrai Faux Journal de Karl Zéro interrogeait l'avocat Arno Klarsfeld à propos du débat sur l'opportunité de maintenir Papon en détention :

Karl Zéro
«Que le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et la Ligue des droits de l'homme soient d'accord pour cette libération, ça ne t'ennuie pas ?
­ La Ligue des droits de l'homme avait demandé la perpétuité, maintenant elle demande la libération, c'est un peu paradoxal ; quant au Mrap, ce n'est pas une association sous laquelle on avait crié "mort aux juifs" il n'y a pas longtemps ?»

Pour ces paroles, Arno Klarsfeld était poursuivi, hier, par le Mrap, qui l'accuse de l'avoir gravement diffamé. L'avocat du mouvement, Pierre Mairat, a parlé de «comportement ignominieux». Quant au secrétaire général de l'association, Mouloud Aounit, il a estimé qu'accuser son mouvement d'anti sémitisme était «plus qu'une offense, plus qu'une injure» pour les militants qui ont été anciens déportés.

Vieux comptes.
«Mort aux juifs» avait été entendu le 7 octobre 2000 à Paris, lors d'une manifestation contre la «politique sanglante» de Sharon, organisée par une cinquantaine d'associations, dont le Mrap. Selon l'enquête ordonnée par le parquet, ce cri a été proféré par un petit groupe non identifié, à une centaine de mètres de la manifestation.

Arno Klarsfeld aurait pu présenter des excuses, comme a fait Canal + en diffusant les protestations sincères et indignées du Mrap. Mais non. Hier, à l'audience devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris, le «bouillonnant jeune homme», comme l'a qualifié le parquet, a persisté. L'occasion était trop bonne pour régler de vieux comptes : le différend entre Arno Klarsfeld et le Mrap semble avoir éclaté lors du procès Touvier, en 1992, et s'être développé au procès Papon, en 1997.

Hier, Arno avait demandé aux Fils et filles des déportés juifs de France, l'association de son père Serge, d'occuper les bancs de la salle. Il a assuré sa défense lui-même devant un auditoire acquis et turbulent. «On n'avait pas entendu crier "mort aux juifs" en France depuis un demi-siècle», a accusé le jeune homme sous de quasi-applaudissements. Que le Mrap ne soit pour rien dans cette déclaration de haine a au fond peu d'importance. Il s'agissait pour l'avocat de démontrer comment, lors du procès Touvier, le Mrap, partie civile, avait «menti par rapport à la vérité historique», en soutenant que le milicien avait agi sur ordre des nazis. Et qu'il avait encore menti à Bordeaux, en demandant la perpétuité à l'encontre de l'accusé, quand «la vérité et l'équité» voulaient que Papon mérite dix ans de réclusion. Ce «mouvement démagogique», selon le jeune Klarsfeld, s'était encore illustré en se prononçant en faveur de la libération du vieux préfet.

Mauvaise foi.
Quand le Mrap se défend de ces accusations, la salle hue, gronde, proteste à voix haute. «Quel triste spectacle nous donne cette audience !» interrompt la procureure. Fabienne Goget sait bien que cette association n'est pas antisémite. Sa conviction est établie : «La diffamation existe.» Le slogan a été proféré en tête de cortège par un nombre isolé de personnes, rappelle-t-elle. «Quand Arno Klarsfeld est interrogé par Karl Zéro, il sait tout cela, il fait preuve d'une particulière mauvaise foi.»
Jugement le 20 juin.
Par Brigitte VITAL-DURAND, vendredi 17 mai 2002, Libération, 17 mai 2002, p. 16

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(25 décembre 2005) Arno Klarsfeld, des prétoires français à Tsahal

L'avocat Arno Klarsfeld a été chargé par le président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, de mener un "travail approfondi sur la loi, l'histoire et le devoir de mémoire", après la polémique autour de la loi du 23 avril 2005 mentionnant le "rôle positif" de la colonisation.

Né en 1966, Arno Klarsfeld s'est très rapidement familiarisé avec le combat pour la mémoire que ses parents, Serge et Beate Klarsfeld, couple franco-allemand, mène depuis des décennies à la tête de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France. Inscrit aux barreaux de Paris, de New York et de Californie, Arno Klarsfeld laisse tomber le cabinet d'affaires new-yorkais pour rejoindre celui de son père et de sa sœur à Paris. L'un des avocats des parties civiles lors du procès Papon, le jeune Klarsfeld se fait aussitôt remarquer pour sa pugnacité, son sens de la provocation qui frôle parfois l'insolence mais aussi pour sa boulimie de travail et la bonne connaissance de ses dossiers.

Infatigable défenseur de la cause du Rwanda, ce jeune avocat aux cheveux longs, portant jeans et rollers aux abords des palais de justice, veut être un touche à tout : littérature, télévision, radio et pourquoi pas cinéma, dit-il. Après les paillettes du show-biz et les lumières des procès retentissants, il se retire quelques temps du paysage français, indigné par la politique de Paris à l'égard d'Israël. En 2003, il quitte Paris pour l'Etat hébreu où il effectue son service militaire au sein d'une unité de gardes-frontières, les MAGAV, notamment près de Bethléem.

Deux ans après, il rassemble ses souvenirs de soldat de Tsahal dans un ouvrage, " Israël transit " (éditions de L'Archipel) au cœur duquel il creuse des pistes de réflexions sur la question israélo-palestinienne et raconte comment lui et ses frères d'armes luttaient contre les risques d'attentats. " Meilleur tireur de son unité", comme l'indique son éditeur, " il peut, grâce à son passé sportif de tri-athlète, endurer les épreuves physiques auxquelles les recrues sont soumis ".

Mais son ouvrage-entretiens avec Yves Derai n'est pas qu'une histoire d'amour avec Israël, une " fusion" avec l'Etat hébreu, c'est aussi un hymne à la paix avec les Palestiniens, qui vivront dans la dignité sitôt qu'ils disposeront d'un Etat.
A son retour, cet europhile et citoyen franco-israélien éprouvant une admiration pour l'Oncle Sam, a repris les chemins des palais de justice.
lemonde.fr, Gaïdz Minassian, LEMONDE.FR | 25.12.05 | 11h45, Mis à jour le 25.12.05 | 14h08

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(08 mai 2006) Arno Klarsfeld rend un rapport mineur sur la délinquance
Commandées par Sarkozy, les sept pages de l'avocat accumulent les lieux communs.

Pour rédiger un rapport autorisé sur l'enfance délinquante, il suffit d'être un avocat célèbre, admirateur du ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy a donc commandé un «travail de réflexion» sur le sujet à son nouvel ami Arno Klarsfeld. Le résultat tient en sept pages, rendues publiques hier. Comment dire sans trop blesser? C'est plutôt étrange.

On y relève un lot de poncifs rabâchés et flous : «En dix ans, la délinquance des mineurs a doublé» ou la violence des jeunes est «alarmante». Bien informé, l'auteur relève un phénomène de «bandes» et de «territoires». Notons avec lui que, «si la délinquance des mineurs ne s'est pas étendue dans les beaux quartiers, elle s'est intensifiée dans les quartiers défavorisés». Plus dramatique : la violence «consciente, préméditée, pour détrousser des personnes choisies en connaissance de cause parmi les plus vulnérables est inacceptable».

«Férocité».
Quelques premières propositions donc, pour remédier à la «férocité» de cette délinquance. Une idée serait de condamner les mineurs récidivistes de 16 à 18 ans «comme des majeurs» (ce qui existe déjà dans certains cas). Une autre serait de ne pas effacer automatiquement le casier judiciaire des mineurs à 18 ans (c'est déjà le cas, depuis la loi Perben II). On en vient aux parents «défaillants». Il y a ceux qui lancent aux policiers «gardez-le!» quand leur enfant est arrêté. Il y a les familles où «le seul dialogue utilisé envers les enfants est la violence : ainsi [...] certains enfants reproduisent à l'extérieur ce qu'ils vivent chez eux». De plus, «selon toutes les études», la majorité des enfants délinquants souffrent «de problèmes psychologiques, sociaux ou familiaux».

Quels remèdes donc ?
Certains souhaiteraient que les mauvais parents soient poursuivis pour complicité des délits de leurs rejetons. Une métaphore pour expliquer? La voilà, confondante : «Si une série de voitures sort de l'usine avec un vice de fabrication et que ces voitures viciées causent des accidents, des blessés et des morts, il est juste de se retourner contre le constructeur. Peut-on agir de même en assimilant le parent au constructeur et l'enfant au produit vicié?» Ouf, Klarsfeld rejette l'assimilation entre sales gosses et bagnoles pourries. Selon lui, aux Etats-Unis où cela existe, «aucune étude réellement sérieuse» n'a pu en montrer l'efficacité. En revanche, «il serait logique de supprimer les allocations familiales» aux parents d'enfants incarcérés ou placés et aussi de faire pression ­ par ce biais ­ sur les mauvais parents. Autant de vieilles idées.

«Parents à risque».
Page 4, une petite resucée du rapport très controversé de l'Inserm sur les comportements asociaux à détecter dès la maternelle et même dès «la crèche». Et plus tôt encore, dans le ventre de la mère avec un repérage des «parents à risque». Mais là c'est gentil, il s'agit d'aides, conseils et assistance. La page 5 est en grande partie occupée par Victor Hugo qui nous rappelle: «Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne/ Ne sont jamais allés à l'école une fois.» On le devine, il s'agit d'éduquer, de lutter contre l'absentéisme scolaire. Avec cours du soir, ouvertures des écoles pendant les vacances et bien sûr, clin d'oeil à l'ami Nicolas, «discrimination positive, ethnique ou géographique». Page 6, on parle trafic de drogue. «Des enfants de 12-13 ans payés une centaine d'euros» utilisés pour faire les guetteurs et donc rétifs à tout boulot normal : «Pourquoi j'irais travailler huit heures par jour pour le Smic alors que je gagne quatre fois plus, sans me fouler.»

Des scènes connues et dénoncées depuis presque vingt ans.
Le problème, c'est que n'est pas spécialiste de la délinquance des mineurs qui veut. La chose est délicate, les rapports, études, chiffres, livres sont légion pour en traiter avec sérieux. Sans cette pénible impression d'assister à une visite de Marie-Chantal découvrant La Courneuve et rédigeant ensuite son devoir en regardant Navarro à la télé.
Libération, 9 mai 2006, p. 13, par Dominique SIMONNOT

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mercredi 28 juin 2006, 20h12 Arno Klarsfeld nommé médiateur pour faciliter la régularisation des élèves sans papiers et de leur famille

PARIS (AP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a nommé mercredi l'avocat Arno Klarsfeld médiateur national pour étudier "les cas les plus difficiles" lors de la procédure de régularisation ouverte pour les familles d'élèves sans papiers.

"J'ai décidé (...) de nommer un médiateur national, pour les cas les plus difficiles où on n'arriverait pas à trouver une solution, en la personne d'Arno Klarsfed", a expliqué M. Sarkozy sur France-3.

Arno Klarsfeld "est un homme d'une grande qualité, (un) avocat qui a toujours combattu pour les droits de l'Homme", a-t-il assuré. C'est "une personnalité qui fera merveille, j'en suis sûr, à cette place".

Le ministre a également demandé que toutes les familles concernées déposent une demande de régularisation. "Tout le monde doit se faire connaître parce que nous allons examiner chaque cas un par un", a-t-il dit. Il a toutefois répété qu'il ne régulariserait pas toutes les familles d'enfants scolarisés parce que cela reviendrait à créer "une nouvelle filière".

"Comme l'inscription dans une école est un droit, si tous ceux qui ont un enfant dans une école deviennent français ou ont le droit de résider en France, vous comprendrez qu'à ce moment-là, on ne peut plus rien contrôler", a indiqué M. Sarkozy.

Le ministre a également précisé que les étrangers ayant déposé une demande d'asile dans un autre pays européen ne pourraient pas bénéficier de cette procédure et qu'ils seraient expulsés vers ce pays, suivant les règles européennes.

Interrogé sur les longues files d'attente qui se forment depuis quelques jours devant les préfectures, le ministre a souligné que les dossiers de régularisation devaient être déposés avant le 13 août, et non le 1er juillet comme le pensent certains. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 juin 2006, 20h12

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AP | 07.07.06 | 23:18 Une soixantaine de sans-papiers reçus par Arno Klarsfeld

PARIS (AP) -- Une soixantaine de sans-papiers ont été reçus vendredi en fin d'après-midi à Paris par l'avocat Arno Klarsfeld, nommé médiateur par Nicolas Sarkozy dans le dossier des parents sans-papiers d'enfants scolarisés.
Ils s'étaient présentés à son cabinet pour lui demander d'intervenir en faveur de la régularisation de tous ceux qui en ont fait la demande.

Les sans-papiers, parmi lesquels figuraient des enfants, ont quitté le cabinet situé rue de la Boétie dans le 8e arrondissement "au bout de trois heures", dans le calme, a-t-on appris auprès de l'avocat.
"Nous sommes pacifistes", a pour sa part déclaré José Pereira, membre du 9e collectif des sans-papiers, précisant que les forces de l'ordre leur avaient demandé de sortir.
Mais "ce n'était pas une occupation, étant donné qu'il (Arno Klarsfeld) est venu, qu'il nous a invités et qu'il nous a ouvert la porte", a-t-il ajouté.

"Nous sommes allés le voir pour qu'il fasse le médiateur entre nous et le ministère" de l'Intérieur, a expliqué José Pereira à l'Associated Press. "Il y a des familles certes, mais il n'y a pas que les familles en France qui sont dans une situation irrégulière.
Il y a aussi des célibataires qui sont là depuis dix, quinze ans, voire dix-huit ans et on ne voit pas pourquoi il y aurait une différence entre un sans-papier scolarisé et un sans-papier qui est là depuis 18 ans".

De son côté, Arno Klarsfeld a dit avoir expliqué aux sans-papiers qu'il avait "invités à entrer" qu'il était "intervenu auprès de Nicolas Sarkozy pour les enfants qui avaient des attaches fortes avec la France" mais qu'il "n'estimait pas que tous les sans-papiers devaient être régularisés parce que ce n'est pas la politique de la France d'ouvrir ses frontières".
"L'Etat ne peut pas régulariser tous les parents qui ont des enfants scolarisés" et "le traitement est nécessairement au cas par cas", a-t-il dit.

Après avoir quitté le cabinet de l'avocat, les sans-papiers se sont regroupés place Chassaigne Goyon, devant l'église Saint-Philippe du Roule. Entourés d'un cordon de CRS, ils ont entonné des slogans comme "Sans-papiers sans le droit, écrasés par la loi", "Sans-papiers raflés, sans-papiers assassinés". Ils avaient aussi scandé, à leur sortie du cabinet, "Allez les Bleus, Allez les Bleus" devant les CRS.

"Ca n'empêche pas que les sans-papiers soutiennent les Bleus aussi", a observé Taieb, d'origine tunisienne, affirmant en outre que les sans-papiers avaient une "grande pensée" pour l'un des leurs, tombé dans le coma après avoir fait une chute sur un chantier de construction. AP
Yahoo.fr, lenouvelobs.com, AP | 07.07.06 | 23:18

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vendredi 7 juillet 2006, 21h55 Des sans-papiers s'installent chez le médiateur nommé par Nicolas Sarkozy

PARIS (AFP) - C'est Arno Klarsfeld, médiateur dans le dossier des parents sans-papiers d'enfants scolarisés qui leur a ouvert la porte de son grand appartement parisien. Une cinquantaine de membres du 9ème collectif, venus "dialoguer", ont décidé de l'occuper, pour obtenir des papiers "pour tous".

Les occupants, des sans-papiers de ce collectif représentant des clandestins à Paris et en Ile-de-France, faisaient depuis 16h00 environ le pied de grue devant la porte de l'appartement haussmannien, situé au 32 rue de la Boétie (8e arrondissement).

C'est ici que se trouve le cabinet d'avocats de Serge et Arno Klarsfeld. Il s'agit aussi du domicile du second et de ses "deux chats", a précisé le médiateur.

Alerté de leur présence, il est arrivé vers 17h00 et a accepté de les recevoir. Dans une salle de réunion attenante à son bureau, l'avocat est en jean et T-shirt, entouré des sans-papiers, des Africains, des Maghrébins, et de leurs enfants dont deux jouent sur la table.
A proximité de l'immeuble de sept étages, sept cars de police sont déjà postés.

Tout le monde parle en même temps à l'homme qui a "de l'influence", car il a été nommé le 28 juin "médiateur national" dans le dossier des sans-papiers qui ont des enfants scolarisés en France.

"On veut la régularisation de tout le monde", a notamment expliqué M. Berriche, qui ne veut pas donner son prénom et s'exprime au nom du collectif.

Il suggère même à Me Klarsfeld de demander à Nicolas Sarkozy que tout le monde soit régularisé si la France gagne contre l'Italie dimanche.
"Allez les Bleus, Allez les Bleus!", entonnent des sans-papiers.

Mais le médiatique avocat laisse peu d'illusions à ses visiteurs, expliquant s'être "engagé pour les enfants".
"Pour ceux qui sont célibataires et qui n'ont pas de papiers, la politique de la France c'est la politique de la France, ce n'est pas moi qui la fixe" déclare-t-il un peu plus tard.
"Je ne vois pas pourquoi la France serait le seul pays qui aurait des frontières ouvertes".
Il s'engage à transmettre leur demande au ministre de l'Intérieur, lors d'une rencontre entre les deux hommes, le 13 juillet, ou avant.

Sous les moulures, des enfants se faufilent entre les beaux meubles, jouent sur les tapis qui protègent le parquet tandis que les parents s'installent un peu partout sur des sièges en velours.

D'autres ont placardé des affiches entre les tableaux, sur la terrasse ou un miroir: "La terre est un seul pays qui appartient à tous". "Sarko touche pas à l'enfant étranger". "1942 Juifs raflés. 2006 rafles de sans-papiers. Honte".

Vers 19h00, lors d'une réunion en aparté pendant que l'avocat s'est absenté avec son caddy pour faire des courses, les sans-papiers semblent décidés à rester, tant qu'ils n'auront pas été reçus par le ministre et qu'une liste collective n'aura pas été examinée en vue d'une régularisation.

A son retour, distribution de lait et biscuits. Certains acceptent, d'autres grommellent: "les petites croquettes, on s'en balance", lâche une dame.

Bahija Ben Kouka et M. Berriche, qui parlent pour tout le monde, demandent à l'avocat s'il a contacté le ministre.
"Le coup de fil, je promets que je le passe demain". "Ca veut dire, il dit 'restez chez moi, on est invités jusqu'à demain'", ironise M. Berriche. "Je n'appellerai jamais sous la contrainte", rétorque l'avocat.
Peu après 20h30, ils occupaient toujours les locaux. Me Klarsfeld avait indiqué qu'il ne demanderait pas leur évacuation forcée.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 7 juillet 2006, 21h55, Par Michaëla CANCELA-KIEFFER

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mardi 8 aout 2006, 16h34 Arno Klarsfeld soutient le lycéen nigérian sans papiers

PARIS (Reuters) - Jeff Babatundé Shittu, un lycéen nigérian de 19 ans en instance d'expulsion, a reçu une offre d'embauche de la mairie du XIe arrondissement de Paris, a-t-on appris mardi auprès du cabinet du maire, Georges Sarre.

Ce dernier a pris cette décision après avoir été contacté par Arno Klarsfeld, le "médiateur" nommé par Nicolas Sarkozy dans le dossier des enfants sans papiers scolarisés en France.

"Cela peut faire pencher la balance", a déclaré l'avocat sur France Info. "Je n'ai aucun pouvoir sur l'administration, donc tout ce que je peux faire c'est essayer de trouver des solutions qui sont originales".

Mardi, la cour d'appel de Paris a rejeté à son tour le recours déposé par Jeff Babatundé Shittu contre un arrêté de reconduite à la frontière.

Le tribunal administratif avait statué en sa défaveur lundi en dépit d'une forte mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF), qui a tenté de démontrer que le jeune homme n'avait plus aucune attache familiale au Nigeria.

Après accord de la mairie de Paris, le cabinet de Georges Sarre a rédigé un "contrat d'accompagnement pour l'emploi" pour Jeff Babatundé Shittu d'un an renouvelable une fois. La signature de cette promesse d'embauche est subordonnée à la délivrance d'un titre de séjour.
""La ville est prête, tout est en ordre (...) La balle est dans le camp du ministre de l'Intérieur", souligne-t-on dans l'entourage de Georges Sarre.

Après la décision du tribunal administratif, Jeff Babatundé Shittu a été renvoyé au centre de rétention de Vincennes. Son expulsion est suspendue à la délivrance, par les autorités nigérianes, d'un laissez-passer consulaire.

Le jeune homme est sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière depuis le rejet de sa demande d'asile, en février dernier. Selon RESF, il est arrivé en France en août 2004 à la suite de "graves émeutes au cours desquelles sa mère, personnalité en vue soutenant le gouverneur en place dans l'état d'Ogun au Nigeria, a été enlevée puis assassinée".

Scolarisé dès son arrivée à Paris, l'adolescent a été parrainé à la mairie du XIe arrondissement par son ancienne professeur d'anglais, chez qui il habite, et le député socialiste Patrick Bloche.

Nicolas Sarkozy a annoncé fin juillet que la procédure lancée pour examiner le cas des familles des enfants scolarisés les plus intégrés en France devrait déboucher sur environ 6.000 régularisations, pour 20.000 demandes.

Les familles d'enfants scolarisés ont jusqu'au 14 août pour déposer une demande de régularisation, un délai que l'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a demandé au Premier ministre de prolonger d'un mois.
Yahoo.fr, actualités, mardi 8 aout 2006, 16h34

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(Septembre 2006) Sans-papiers. Arno Klarsfeld, médiateur nommé par Sarkozy, a examiné environ 500 dossiers : «RESF a donné de faux espoirs à des familles»

Arno Klarsfeld a été nommé le 28 juin par Nicolas Sarkozy médiateur national dans le dossier des familles sans papiers d'enfants scolarisés.

Le Réseau Education sans frontières (RESF) affirme que depuis la fin juillet toutes les demandes de régularisation sont rejetées. Cela signifie-t-il que Nicolas Sarkozy a fixé un quota qui a été atteint ?

Il n'y a pas de quotas. Le chiffre de 6 000 régularisations évoqué par Nicolas Sarkozy en juillet [sur un peu moins de 30 000 demandes, ndlr] était une projection.
Pour moi, RESF a incité les gens à multiplier les demandes d'enregistrement et a donné de faux espoirs à des familles dont beaucoup n'entrent pas dans le cadre de la circulaire, afin de pouvoir dire : «Regardez Sarkozy comme il est méchant.»
Pour moi, RESF aurait dû juger si, oui ou non, ces familles avaient des chances de se faire accepter. Je ne dénonce pas le comportement des militants de RESF, la plupart sont des gens sincères.
Mais, à la tête de cette coordination, il y a des gens de gauche et d'extrême gauche qui cherchent à mettre Nicolas Sarkozy en difficulté.

Certains refus de régularisation paraissent incompréhensibles. Cela ne vous a-t-il pas frappé au travers des cas dont vous avez été saisi ?

J'ai dû recevoir 400-500 dossiers. Une grande partie ressort du regroupement familial : un parent est en situation régulière, l'autre non. Parmi les autres, beaucoup n'entrent pas dans le cadre de la circulaire.
Vous avez fait une page sur la famille Pembele ( Libération du 4 et du 5 septembre). Comme je le fais lorsque je reçois des cas qui ne me paraissent pas compréhensibles, j'ai appelé la préfecture. M. Pembele, ressortissant angolais, et son épouse sont arrivés irrégulièrement en France, en janvier 2005, avec leurs quatre enfants.
Ils n'entrent pas dans le cadre de la circulaire. Par ailleurs, leur demande d'asile a été rejetée par l'Ofpra [Office de protection des réfugiés et apatrides] . On ne peut pas dire que les décisions de l'Ofpra ou des commissions de recours ne signifient rien du tout.
Les associations veulent ouvrir les frontières toutes grandes. Je pense qu'on ne peut pas régulariser tous les parents sans papiers d'enfants scolarisés.
Par Catherine COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : Samedi 9 septembre 2006 - 06:00, 4

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jeudi 14 septembre 2006, 17h42 Procès Le Pen: Me Klarsfeld dénonce un procès après la présidentielle

PARIS (AP) - Me Arno Klarsfeld, avocat de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France, a dénoncé jeudi la décision de juger après l'élection présidentielle Jean-Marie Le Pen, président du Front national, poursuivi pour "complicité de contestation de crimes contre l'humanité".

Son procès a été fixé les 7 et 8 juin par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. M. Le Pen, également mis en examen pour complicité d'apologie de crime contre l'Humanité, est poursuivi en raison de ses propos sur l'Occupation qu'il jugeait pas "particulièrement inhumaine" dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Rivarol".

"Cette audience aurait pu se tenir avant l'élection. On peut en déduire une volonté de ne pas causer du tort à Jean-Marie Le Pen avant la présidentielle, car en cas de condamnation, il aurait pu être inéligible", a déclaré Me Klarsfeld à l'Associated Press.

Une audience de procédure est prévue le 7 février. "Je demanderai que Jean-Marie Le Pen soit jugé avant la présidentielle", a ajouté Me Klarsefeld.

Arno Klarsfeld a par ailleurs été désigné comme médiateur sur le dossier des étrangers sans papiers parents d'enfants scolarisés par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, candidat probable de l'UMP à l'élection présidentielle.

Le délai d'audiencement de la 17e chambre, qui juge les affaires de presse, est d'ordinaire l'un des plus longs des tribunaux parisiens en raison du grand nombre de dossiers jugés par cette chambre. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 14 septembre 2006, 17h42

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mercredi 27 décembre 2006, 19h24 Arno Klarsfeld s'est rendu sur le bord du canal Saint-Martin

PARIS (AP) - Arno Klarsfeld, chargé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy d'établir un diagnostic de la situation des sans-abri en France, s'est rendu mercredi après-midi sur le bord du canal Saint-Martin à Paris pour y rencontrer les membres de l'association "Les Enfants de Don Quichotte".

"Si quelqu'un est au canal Saint-Martin et qu'il y a ses habitudes, si on le transporte une fois à Nanterre, l'autre semaine à Vincennes et l'autre semaine à Issy-les-Moulineaux, ça le déstabilise", a expliqué Arno Klarsfeld. Il a avancé l'idée de créer "des centres dans chaque quartier" comme "en Allemagne".

L'avocat a rappelé que "Nicolas Sarkozy s'est engagé" à modifier "le nombre de places et la qualité de ces places" dans "les deux ans", et à faire en sorte que plus aucun SDF "ne soit obligé de dormir dans la rue".

"Là-dessus, j'ai confiance", a poursuivi Arno Klarsfeld. "Est-ce que ça peut se faire du jour au lendemain? Il y a peu de choses qui se font en France et dans le monde du jour au lendemain".

Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a demandé à Arno Klarsfeld d'établir un diagnostic de la situation des sans-abri en France et de lui formuler des propositions "d'ici à la fin du mois de janvier" pour la mise en oeuvre d'un "droit à l'hébergement", selon une lettre à l'avocat rendue publique mercredi par l'UMP.

Alors que l'association "Les Enfants de Don Quichotte" a installé des tentes au bord du canal Saint-Martin dans le Xe arrondissement de Paris pour attirer l'attention sur le sort des sans-abri, Nicolas Sarkozy constate que "plusieurs dizaines de milliers de nos compatriotes sont sans abri". Ils "veulent que cette situation cesse. Ils sont conscients que nul n'est à l'abri de ce type de drame", écrit-il, en plaidant pour "l'instauration d'un droit opposable au logement à l'horizon de 10 ans".

Le président de l'UMP a demandé à Arno Klarsfeld "de poser, tout d'abord, un diagnostic complet sur la situation des sans-abri dans notre pays", puis d'"examiner les moyens concrets et l'organisation institutionnelle nécessaires à l'adaptation de notre offre d'hébergement aux besoins".

Pour cela, il a chargé Arno Klarsfled de consulter "sans exclusive, l'ensemble des associations concernées, notamment les signataires de la plate-forme pour un droit au logement opposable", et de travailler "en étroite liaison avec Christine Boutin, qui a déjà engagé avec le Forum des Républicains sociaux qu'elle préside un travail sur les modifications législatives à apporter à notre droit".

L'avocat Arno Klarsfeld avait déjà été nommé médiateur par Nicolas Sarkozy l'été dernier pour faciliter l'opération de régularisation des parents d'élèves étrangers. AP

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Législatives. Zoom sur...Paris
Klarsfeld, l'ouverture pour reconquérir Paris
Proche de Nicolas Sarkozy, l'avocat a été parachuté dans une circonscription qui pourrait basculer à gauche.
Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007, p. 10

Après de Gaulle, Klarsfeld. L'ouverture sarkozyste est en marche dans le XIIe arrondissement de Paris, où Arno Klarsfeld, avocat patineur, brigue la succession du député Jean de Gaulle, petit-fils du général. Cette candidature, c'est une invention de Nicolas Sarkozy. Une inspiration soudaine, après le second tour de l'élection présidentielle.

«Ami personnel».

Le très discret député de Gaulle ayant démissionné pour rejoindre la Cour des comptes, sa circonscription, la 8e de Paris, était parmi les plus convoitées de France.
Redoutant le parachutage de Borloo, la candidate à la mairie de Paris Françoise de Panafieu défendait la candidature de Catherine Colonna. L'ex-ministre chiraquienne a dû s'effacer devant celui qui se présente comme «un ami personnel» de Sarkozy.

Les deux hommes se sont découverts à Longchamp, en tournant à vélo autour de l'hippodrome. En pleine polémique sur les aspects «positifs» de la colonisation, le ministre de l'Intérieur avait fait appel en 2005 à «l'avocat de la mémoire et de la vérité» pour un «travail de réflexion». Un an plus tard, il lui commandait une autre réflexion, sur la délinquance des mineurs, puis le nommait médiateur sur le dossier des écoliers sans-papiers.

S'il a «choisi Nicolas», c'est, explique Klarsfeld, parce qu'il était «le plus gentil et le moins arrogant des candidats».
Et si Sarkozy a choisi Arno, c'est qu'il le croit capable de faire basculer l'électorat bobo parisien.
Car la 8e circonscription peut basculer à gauche. En 2002, Jean de Gaulle ne l'avait remporté qu'avec 52 % et le scrutin du 6 mai a confirmé le glissement progressif vers la gauche de cette circonscription : Royal y a devancé Sarkozy de 900 voix. Conserver la 8e circonscription, c'est, pour la droite, une condition nécessaire de la reconquête de la capitale aux municipales de 2008.

Samedi, les militants UMP étaient invités à découvrir, dans un restaurant du XIIe, le candidat du Président.
Au micro, son directeur de campagne fait du «play boy célibataire» un portrait dithyrambique, «brillant avocat» et «triathlète de haut niveau ». Il n'aurait qu'un défaut : sa timidité. Klarsfeld corrige : «Je suis moyen : j'ai couru mon dernier marathon en 3 heures et 7 minutes.»

C'est dans les bureaux de vote de Bercy, quartier de jeunes urbains cultivés et aisés, que Royal a fait son meilleur score : 57 %. «Ici, la gauche va payer cher sa campagne de diabolisation. Ils ont crié "Sarkozy facho" et voilà qu'il prend Kouchner dans son gouvernement», jubile Jean-Pierre Bechter, suppléant de Klarsfeld. Dans ce quartier troublé par l'ouverture sarkozyste, le candidat de la majorité présidentielle inaugurera sa permanence la semaine prochaine. Des ministres «importants» sont attendus.

En attendant, le triathlète «fait les marchés» . Il vante son Sarkozy de gauche, celui qui s'ouvre à Martin Hirsch et supprime la double peine. L'avocat sourit beaucoup, parle peu. Il joue à fond le naïf au grand coeur.
«Salut beau gosse, tu sais, j'ai le même âge mental que toi», explique-t-il à un gamin de 5 ans. Plutôt que de bavarder avec ses électeurs, il préfère jouer avec leurs chiens. «C'est plus fort que lui, il adore les bêtes, il en a plein chez lui», l'excuse un militant UMP tandis que le candidat frotte son museau contre celui d'un beau chien de chasse.

«Vote juif».

Les membres de l'importante communauté juive du XIIe réservent le meilleur accueil à celui qui fut, nul ne l'ignore, garde frontière de Tsahal.
«Cela n'a rien à voir avec son investiture, d'ailleurs, le vote juif, ça n'existe pas», tranche Corinne Tapiero, militante UMP. Les socialistes tiennent le même discours, après avoir eux-mêmes nourri la rumeur d'une course au «vote juif» en remplaçant soudainement le suppléant de leur candidate, Sandrine Mazetier.
Au lendemain de la désignation de Klarsfeld, le fabiusien Alexis Corbière était remplacé par la chevènementiste Karen Taïeb, épouse d'un animateur de l'Association pour le bien-être du soldat israélien. Laurent Fabius s'en est ému, s'interrogeant lors du bureau national du PS sur d'éventuels «critères religieux» dans le choix des candidats.

A Bercy, sur la route de Klarsfeld, les passants sont bienveillants. Et les passantes plus encore. Sur le marché de Bercy, une sympathisante écolo constate les dégâts : «Il fait fort, Sarkozy. Maintenant, même mon fils veut voter Klarsfeld.»

«Désinvolture».

La candidate du Parti socialiste ne veut pas croire que les électeurs «avertis et éclairés» du XIIe seront dupes de cette «opération de déstabilisation». Elle se dit sidérée par la «désinvolture» de cet adversaire qui se vante d'avoir «l'oreille du Président». Un argument qui trahit, selon elle, «un profond irrespect des électeurs et un rapport vicié à la démocratie» .
En meeting hier soir en compagnie de Bertrand Delanoë, la candidate parie sur une victoire socialiste dans cette 8e circonscription devenue «un enjeu national». Dominique Strauss-Kahn y animera lui aussi un meeting. Pour mettre à jour «l'imposture Klarsfeld», Sandrine Mazetier, adjointe au maire depuis 2001, fonde beaucoup d'espoir sur le débat public qu'elle espère imposer à son concurrent. Un débat plein de promesses.
Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007, p. 10

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Arno Klarsfeld court derrière Fillon
Yahoo.fr, actualités, 23 juillet 2007

L'avocat, candidat malheureux aux législatives à Paris, va rejoindre le cabinet du Premier ministre comme «conseiller».
Par A.V. et AFP LIBERATION.FR : mercredi 18 juillet 2007 Reuters.

Rebond gagnant pour l’avocat vedette Arno Klarsfeld? Le candidat UMP malheureux aux législatives à Paris, va intégrer «incessamment sous peu» le cabinet de François Fillon, a indiqué mercredi l’entourage du Premier ministre. Me Klarsfeld aura le titre de «conseiller».

Candidat de l’UMP en juin dernier dans la 8e circonscription de Paris (partie du XIIe arrondissement), il avait été battu par la socialiste Sandrine Mazetier, qui avait fait basculer cette circonscription à gauche pour la première fois depuis 1958. Lors de la campagne, le très médiatique avocat s’était illustré en se défendant d’être «parachuté» dans le sud-est parisien. Il avait brillamment attesté de sa connaissance du XIIe arrondissement: «Je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris. Enfin, j’habite dans le 8e arrondissement, ce qui n’est pas si éloigné que ça», avait-il ajouté.

Le cabinet de Fillon, qui compte actuellement 63 membres, (contre 56 à l’époque de Dominique de Villepin) ne précise pas quel sera l’affectation précise d’Arno Klarsfeld.

On ne sait pas non plus si l'avocat connaît bien le VIIe arrondissement de Paris où est situé l'hôtel Matignon: le marathon n'y passe pas.
Par A.V. et AFP LIBERATION.FR : mercredi 18 juillet 2007

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The Associated Press - 14/02/08 à 16:45:19 - 300 mots France Mémoire de la Shoah: Serge Klarsfeld "profondément touché" par la proposition de Nicolas Sarkozy

Serge Klarsfeld s'est dit "profondément touché" jeudi par la proposition de Nicolas Sarkozy la veille de confier la mémoire d'un enfant juif français mort en déportation à un élève de CM2, estimant que cela pouvait contribuer à leur "formation civique et morale".

"L'initiative du président de la République m'a touché profondément", a déclaré sur Europe-1 le président et fondateur de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, rappelant qu'il avait recensé pour le mémorial des enfants juifs déportés de France les états civils de toutes les jeunes victimes et se sentait à ce titre un peu comme "leur père posthume".

"Savoir que le souvenir" de ces enfants juifs "sera conservé individuellement par des enfants qui le transporteront au cours de ce siècle, je crois que ça peut effectivement aider à la fois à la survie posthume de l'enfant et puis à la formation morale et civique du nouvel enfant", a expliqué M. Klarsfeld.

Mercredi soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le président de la République a annoncé que tous les enfants de CM2 se verront confier à partir de la rentrée 2008 la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nicolas Sarkozy a expliqué que "chaque enfant de CM2 devra connaître l'existence d'un enfant mort dans la Shoah". "Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne, rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge", a-t-il ajouté, justifiant cette initiative par la nécessité de transmettre la mémoire de la Shoah aux jeunes générations. AP

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Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'Etat Le Monde.fr avec AP et Reuters | 27.10.2010 à 16h30 http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/10/27/arno-klarsfeld-a-ete-nomme-au-conseil-d-etat_1432049_823448.html

L'avocat Arno Klarsfeld a été nommé au Conseil d'Etat, mercredi en conseil des ministres, selon le compte-rendu de l'Elysée. Emmanuelle Prada Bordenave, Rémi Keller et François Delion ont également été nommés conseillers d'Etat, sur proposition de la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie.

Le Conseil d'Etat conseille le gouvernement pour la préparation des projets de loi et des décrets. Il est aussi le juge administratif suprême qui tranche les litiges relatifs aux actes des administrations.

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dimanche 7 novembre 2010 Arno Klarsfeld, un zozo au Palais-Royal - Jacqueline Rémy Marianne, no. 707 - France, samedi, 6 novembre 2010, p. 42

L'avocat fils de, ex de, ami de, vient de trouver une place au chaud au Conseil d'Etat. Une recrue bling-bling qui fait tousser la vénérable institution...

Au Conseil d'Etat, où l'on use des mots avec précaution, la nomination au tour extérieur, le 27 octobre, d'Arno Klarsfeld comme conseiller d'Etat n'est pas loin d'être considérée par certains comme une insulte doublée d'une faute de goût. " Il est rare de nommer quelqu'un d'aussi étranger à l'éthique de la maison et à son mode de travail ", s'indigne un membre éminent du Conseil. " Il n'a pas le style argumentatif qu'on attend d'un conseiller d'Etat ", renchérit un autre. Bref, comment ose-t-on nommer un " zozo " dans une institution aussi respectable, alors que, un mois plus tôt, le 16 septembre, le Premier ministre était venu en présider l'assemblée générale en lui rendant hommage pour sa dignité, son sérieux et sa vigilance ?

Les 300 membres du Conseil d'Etat - 200 effectivement présents - ne sortent pas tous du moule de l'ENA, voie royale pour ce corps où l'on débute comme auditeur. Dès le grade suivant, un maître des requêtes sur quatre est nommé au tour extérieur puis, au-dessus, un conseiller sur trois. Un principe oxygénant que personne n'a envie de remettre en question. Ce tour extérieur sert à repêcher les recalés de l'ENA, à récupérer les compétences des tribunaux administratifs, et à offrir une autre situation flatteuse à ceux qui - ministres déchus ou ex-membres du secrétariat général du gouvernement - ont perdu la leur. On peut s'en émouvoir, mais c'est ainsi, et ça ne choque pas grand monde. Il sert aussi à récompenser ou à consoler les " amis " du pouvoir exécutif, généralement ceux du président de la République. Un privilège régalien qui exaspère lorsqu'il est utilisé sans circonspection. Sous François Mitterrand, la nomination de Paule Dayan, fille de l'ami Georges, avait provoqué des hoquets, bien qu'elle fût magistrate. " Mais la nomination de l'ex-ministre communiste Anicet Le Pors, qui avait été lourdement critiquée, s'est révélée une très grande réussite ", rappelle Marceau Long, qui présida le Conseil d'Etat de 1987 à 1995. La liste est longue de ceux dont, à tort ou à raison, les nominations ont fait jaser, d'Erik Orsenna à Régis Debray, de Jean Lecanuet à Jean-François Mattei et Jeannette Bougrab, en passant par Isabelle Lemesle, aujourd'hui présidente des Monuments de Paris, Hugues Gall, ex-directeur de l'Opéra de Paris, Pierre Zémor, consultant en com, ou les journalistes Philippe Boucher et Guy Thomas. Mais rien à voir avec le flamboyant play-boy de la cause juive, qui marqua l'opinion en se rendant à patins à roulettes au procès Papon, et en tenant dans les bras un peu plus longtemps que d'autres un top model des années 80 nommé Carla Bruni.

On sait à quel point la première dame se soucie de ses ex, comme le raconte Besma Lahouri dans son livre Carla, une vie secrète. Mais Nicolas Sarkozy s'est allié les Klarsfeld - comme Chirac avant lui - en confiant au bel Arno mission sur mission depuis 2005, bien avant de la connaître. Et c'est Michèle Alliot-Marie qui a gentiment endossé la proposition de nomination. Alors, pourquoi lui ? Pourquoi un homme qui a aussi peu le profil de l'emploi ? Courageux, rétif aux compromis, ce militant qui, depuis le biberon, a tendance à asséner ses convictions sans supporter la contradiction, n'a jamais démontré un goût prononcé pour la nuance ni la mesure. Aux débats, il préfère les coups d'éclat. Médiatiques, s'entend. Dernier en date, le 1er septembre : sur le plateau d'Ardisson, il lance un verre d'eau à la tête de Robert Ménard, de Reporters sans frontières. Mais ses engagements, réels quoi qu'on en pense - pour la guerre en Irak, pour le jugement international des criminels de guerre au Kosovo ou au Rwanda -, sont paradoxalement brouillés par son image de ludion charmant et superficiel, papillonnant nonchalamment d'un métier à l'autre, séduisant sans chercher à retenir, picorant la vie en oubliant de la construire. Cet ingénu narcissique cherche moins à convaincre qu'à se faire remarquer. " La notoriété est une arme ", a-t-il lancé un jour. Là encore, on est loin de la rigueur de mise au Conseil d'Etat.

Sous perfusion paternelle

On dirait qu'il s'en moque, comme s'il tirait sa légitimité d'ailleurs. Ex de. Ami de. Et surtout fils de. Quand il débarque sur un plateau de télévision, il commence généralement par s'entendre rappeler : " On ne vous présente plus. Vous êtes le fils de Serge et Beate Klarsfeld... " Comme si cette filiation suffisait à lui donner une identité. Lorsqu'il se présente en 2007 aux élections législatives, dans la 8e circonscription de Paris (XIIe arrondissement), c'est lui qui résume sur ses tracts de campagne : " Arno, un ami personnel de Nicolas Sarkozy. " Son atout ? " J'ai l'oreille du président de la République quand je veux, détaille-t-il alors, je peux aller l'emmerder et taper du poing sur la table quand il y a quelque chose qui bloque. " En service commandé, il fanfaronne déjà en dessinant le secrétariat d'Etat qu'il va se voir confier s'il gagne : " Un secrétariat pas plan-plan, mais une mission difficile, avec des coups à prendre, une réforme juste à mener, cela m'intéresserait. "

Battu, il est recasé à Matignon, comme conseiller. Personne ne sait très bien en quoi. " Il est conseiller pour tout, explique son père, pour tout conseil qu'on lui demande, pour tout conseil qu'il estime devoir donner. " Ses premières analyses de la situation en Haïti, où il s'est rendu avant et après le séisme, ont stupéfié par leur indigence, de même que, quelques années plus tôt, il avait consterné en publiant sept feuillets de platitudes en guise de rapport sur la délinquance des mineurs. Mais il sait quand il faut monter au front pour soutenir, par une tribune dans le Monde, la politique de Sarkozy à propos des Roms, prôner la discrimination positive, défendre les lois mémorielles et répéter partout à quel point il juge le président impeccable. A l'approche du remaniement, deux mois après son 45e anniversaire, âge minimal pour être nommé au tour extérieur, voilà l'" ami personnel de Nicolas Sarkozy " mis au chaud au Conseil d'Etat.

Pourquoi lui ? Arno boude Marianne. C'est son père qui répond : " Il souhaitait cette nomination. Et cela correspond à ses aptitudes. " En l'occurrence, Serge Klarsfeld fait allusion aux études de droit plutôt solides que le jeune Arno a menées à Paris puis à New York, où il aurait obtenu la meilleure note à l'examen national. Inscrit aux barreaux de Paris, New York et Sacramento, il peut se targuer d'une carte de visite qui en jette. Il a rarement plaidé, mais tout le monde s'en souvient. La première fois, ce fut au procès Touvier, en 1994. " Je l'ai pris sous mon aile à la demande de son père ", raconte Charles Libman, alors avocat de l'Association des fils et filles des déportés juifs de France, partie civile, que préside Serge Klarsfeld. " Arno ne manquait ni d'intelligence ni de caractère, mais il n'était pas dans les normes. Il arrivait en retard, mettait sa robe une fois l'audience commencée, et n'arrêtait pas de se bourrer de bonbons, même en présence de caméras. " Le clan Klarsfeld se distingue alors des autres parties civiles en réclamant une peine modérée pour Paul Touvier. Trois ans plus tard, en 1997, au procès Papon, Arno Klarsfeld défend toujours l'association de son père, de nouveau partie civile. Cette fois encore, sous perfusion paternelle, il ne demande pas la perpétuité, contrairement aux autres parties civiles. Provocateur, bruyant mais pugnace, Arno Klarsfeld tient son rôle. Il est l'un des rares avocats parisiens à faire acte de présence six mois à Bordeaux. Ses dossiers dans son sac à dos, il se réjouit comme un môme quand il déniche un élément que " Serge " n'a pas vu. Sa plaidoirie finale sera éblouissante. C'est son père qui l'a écrite.

Ceux qui, au Conseil d'Etat, s'interdisent de condamner leur nouveau collègue avant de l'avoir vu à l'oeuvre, se rassurent au vu de sa profession. " Sur le papier, Arno Klarsfeld est avocat, relève Maryvonne de Saint-Pulgent, chef de section au Palais-Royal. Cette nomination n'est donc pas déshonorante pour le Conseil d'Etat. " Certes, mais c'est une profession qu'il exècre, dit-il sans détour. Et qu'il n'a guère exercée. Quelques affaires financières dans les années 90, et basta ! Chez Skadden Arps, le cabinet américain qui l'a employé fugitivement, on n'a pas gardé le souvenir d'un bourreau de travail. " Nous n'avions pas la vocation ", admet Serge Klarsfeld, qui emploie volontiers le " nous " quand il parle de son fils. " Ni ma fille, ni mon fils, ni moi ne sommes intéressés par cette profession. Arno comme moi préférons jouer le rôle de procureurs, défendre les victimes et accuser les bourreaux. " Serge a prêté serment pour mieux poursuivre la tâche qu'il s'était donnée : combattre l'enfouissement de la persécution des juifs de France. " Le métier d'avocat fut pour nous un outil. Mais, s'il n'est pas appliqué dans des régions difficiles où il faut se battre pour une cause, ce n'est pas un métier très valorisant. Il faut gagner à tout prix, au mépris de ses scrupules. On y laisse parfois un nom, mais pas de trace. "

" Enfant extrêmement gâté "

La " trace ", voilà l'important. La soeur d'Arno, Lida, 37 ans, a quitté le barreau pour pouponner. Quant à Arno, il n'en finit pas de chercher sa trace sans se résoudre à lâcher celles de ses parents. Ces quatre-là s'adorent de façon fusionnelle. Il n'y a pas si longtemps, lui et sa soeur partageaient avec leur père un compte bancaire commun. Et Arno habite toujours rue La Boétie, au quartier général de Serge et Beate, qu'il appelle par leur prénom. Là, il traîne languissamment sa dégaine d'ado et joue avec son chat américain mais surtout avec sa chatte israélienne, à qui il a appris des tours et qui lui obéit comme rarement les félins. Quand cette native de Jérusalem lui montre les griffes, il la traite de " Palestinienne ".

En 2005, à 40 ans, ce décalé perpétuel confiait : " Moi, je voudrais vivre dans un grand ranch au Kenya, je voudrais avoir des léopards, des lions, plein de bêtes. Voilà, j'aimerais être Noé dans l'arche. " Deux ans plus tard, le candidat UMP déclarait candidement : " Quand j'étais petit, je voulais être archéologue, vétérinaire ou cycliste. Pas député. Mais j'aime les défis ! "

Il sera donc Noé au Conseil d'Etat. " Il va conseiller l'Etat ! " veut croire son père. Etrange défi pour un garçon qui prétendait " taper sur la table " et rêvait d'être un héros. Aux journalistes, il a souvent livré qu'il vibrait au cinéma en s'identifiant à Gary Cooper ou à John Wayne. Il faut épouser des causes plus grandes que soi, aime-t-il dire. Lui n'a pas eu le choix. Dès la naissance, on l'a habillé d'un costume chargé d'attentes vibrantes en lui donnant le prénom de son grand-père mort à Auschwitz, qui a sauvé la vie de sa famille, cachée dans le double fond d'un placard, en offrant la sienne. " Il est allé manifester dans les bras de Beate en Allemagne, explique Serge Klarsfeld. Ce fut notre premier militant, notre collaborateur le plus proche. Je lui demande conseil depuis qu'il est en âge de penser. Il nous aide beaucoup dans toutes les tâches, y compris pour porter des colis de livres. " Arno, lui, soutient que nul ne peut l'instrumentaliser, sauf son père. Enfant " extrêmement gâté ", selon les proches de la famille, il s'est coulé dans le credo paternel. Au point parfois d'en perdre ses mots, bredouillant, flottant, ses yeux lavande agrandis par un trac mêlé d'insolence. " Arno est un timide ", affirme son amie Sandrine Sebbane.

Eternel célibataire, fils pour toujours, cet athlète au mental de gamin se jette dans l'action comme on va au feu pour l'histoire ou le cinéma. Il monte sur scène, lors d'un meeting du Front national, pour crier " Le Pen, nazi ! ", sachant qu'il va se faire casser la figure, et il y perd quelques dixièmes à l'oeil. En 2002, il décide de prendre la nationalité israélienne, demande à faire son service militaire, reste là-bas dix-huit mois, dont plusieurs à la frontière.

Donc Arno Klarsfeld va devoir humblement, sans faire de bruit, se plonger dans le " contentieux " pendant plusieurs années, comme il se doit quand on débute au Conseil d'Etat. Une recherche de jurisprudence que Régis Debray qualifia de " tâche manuelle estimable, mais d'un intérêt intellectuel limité " dans la lettre qu'il envoya au vice-président pour lui signifier en 1992 sa démission et, au passage, sa déception sur certains sujets de fond. Au contentieux, épreuve initiatique, ça passe ou ça casse. " On a parfois des surprises ", dit-on au Conseil d'Etat. Certains s'y sont mis. D'autres, comme Michel Barnier, Jean-François Mattei ou Christine Albanel, ne s'y sont pas faits. Ils sont partis. La maison, pourtant, a un énorme pouvoir d'absorption. Mais il faut supporter de " sacrifier ses convictions à son confort ", selon l'expression de Debray, c'est-à-dire de voir rendus des arrêts parfois contraires à ce que l'on pense. " Et, surtout, il faut travailler ", préviennent les anciens. Sinon, on est privé de primes, calculées jusqu'à 36 % des rémunérations (en moyenne 7 000 € net mensuels pour un conseiller), au vu du nombre de dossiers abattus. Pas sûr qu'Arno Klarsfeld ait le goût des statistiques. C'est le symbole qu'en lui Nicolas Sarkozy s'emploie à choyer. Combien de temps tiendra l'homme ?

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Bio express

1965 Naissance le 27 août, à Paris.
1988 Après des études de droit, entre au cabinet d'avocats de Roland Dumas.
1991 Part pour les Etats-Unis (banque Lazard, puis cabinet Skadden, Arps, Slate, Meagher and Flom, à New York).
1994 Avocat des parties civiles au procès Touvier.
1994-1996 Liaison avec Carla Bruni.
1997-1998 Avocat au procès Papon.
2002 Prend la nationalité israélienne.
2004 Soutient l'intervention américaine en Irak.
2005 Sollicité par Nicolas Sarkozy pour diverses médiations (sur l'expulsion des enfants de sans-papiers ou auprès des Enfants de Don Quichotte) et rapports (délinquance, écologie et transports...).

2007 Battu aux législatives, nommé conseiller à Matignon.

2010 Nommé au Conseil d'Etat.

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Arno Klarsfeld à la tête de l'Office français de l'immigration Publié le 13-09-11 à 10:55 Modifié à 14:16 par Le Nouvel Observateur avec AFP

L'avocat remplace Dominique Paillé, remercié par Nicolas Sarkozy au début du mois.

L'avocat Arno Klarsfeld, proche de Nicolas Sarkozy, a été nommé président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) par un décret du président de la République paru mardi 13 septembre au Journal officiel.

Il remplace à ce poste Dominique Paillé, proche de Jean-Louis Borloo, qui avait été nommé il y a huit mois et avait exprimé à plusieurs reprises des positions à contre-courant de celles du ministre de l'Intérieur Claude Guéant ou de l'UMP, dont il a dénoncé un "durcissement" et une "droitisation" sur les questions d'immigration.

Arno Klarsfeld, 46 ans, est le fils de Beate, infatigable chasseur de nazis, et de Serge, avocat et président-fondateur de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France dont Arno a été l'avocat aux procès Touvier et Papon.

Nicolas Sarkozy lui avait confié à plusieurs reprises des missions variées : sur "la loi, l'histoire et le devoir de mémoire" en 2005 ; sur la prévention de la délinquance des mineurs ou bien encore une médiation auprès des sans-papiers parents d'enfants scolarisés en 2006. Le Nouvel Observateur - AFP

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Politique 19/10/12 - 15h56 http://www.lechorepublicain.fr/page-4/france-monde/actualites/economie-politique/politique/2012/10/19/culpabilite-permanente-en-france-arno-klarsfeld-s-en-prend-a-fillon-1302216.html "Culpabilité permanente" en France: Arno Klarsfeld s'en prend à Fillon

Arno Klarsfeld, ex-avocat de Fils et Filles de déportés juifs de France, a vivement critiqué vendredi les propos de François Fillon sur "la culpabilité permanente" en France, après la reconnaissance par François Hollande de la "sanglante répression" du 17 octobre 1961.

Jeudi, le candidat à la présidence de l'UMP avait expliqué sur Europe 1 en avoir "assez que tous les quinze jours la France se découvre une nouvelle responsabilité, mette en avant sa culpabilité permanente". Il s'était dit aussi "choqué il y a un mois par les déclarations" du chef de l'Etat sur "la France responsable des crimes commis pendant l'Occupation sur son territoire".

"Le 22 juillet 2007, j'étais conseiller de François Fillon et je l'ai entendu au Vel d'Hiv dans un discours que j'ai contribué à écrire, rappeler l'itinéraire terrible des enfants du Vel d'Hiv, de leur arrestation à leur assassinat à Auschwitz", se souvient Me Klarsfeld dans une déclaration à l'AFP.

Selon l'avocat, François Fillon avait alors rendu "hommage au +courage et à la lucidité de Jacques Chirac pour avoir déclaré que ce jour là (le 16 juillet 1942) la France accomplissait l'irréparable+".

"Sa voix était alors émue et sincère. Cinq ans plus tard (...) sur Europe 1, il fustige avec une voix excédée et tout aussi sincère le discours de Jacques Chirac au Vel d'Hiv et celui de François Hollande qui est dans sa droite ligne", poursuit Arno Klarsfeld.

"Je me pose donc la question logique, quand François Fillon est-il sincère? Le discours qu'il a prononcé au Vel d'Hiv était-il un numéro d'acteur et peut-on ainsi faire volte face sur des questions de morale politique?", s'interroge l'avocat.

En juillet, Arno Klarsfeld, qui préside l'Office français de l'immigration et de l'intégration, avait dit "merci" au président François Hollande pour le discours "lucide, émouvant, courageux et vrai" lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv.

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Arno Klarsfeld appelle à manifester contre les spectacles de Dieudonné Le Point.fr - Publié le 02/01/2014 à 19:43 http://www.lepoint.fr/societe/arno-klarsfeld-appelle-a-manifester-contre-les-spectacles-de-dieudonne-02-01-2014-1776302_23.php

Cible d'une violente diatribe de la part de l'humoriste, le juriste et fils de juifs déportés a décidé de riposter dans la rue.

L'avocat Arno Klarsfeld, fils du chasseur de nazis Serge Klarsfeld, appelle les Français à manifester contre les spectacles de Dieudonné qui l'a violemment pris à partie dans une vidéo postée mardi soir sur le compte YouTube de l'humoriste controversé. "En tant que membre des Fils et filles des déportés juifs de France, association présidée par mon père, j'appelle les citoyens, juifs et non juifs, à manifester leur indignation - ce qui est un droit constitutionnel - afin de dénoncer la haine antisémite et qu'il ne soit pas permis dans la France de 2014 de dire que les chambres à gaz n'ont pas gazé assez de juifs", a expliqué l'avocat à l'AFP.

L'ancien président de l'Office de l'immigration et de l'intégration (Ofii) appelle à manifester à l'occasion de tous les spectacles de Dieudonné, qui entame une tournée le 9 janvier à Nantes. En revanche, Arno Klarsfeld exclut de déposer une plainte contre l'humoriste qui l'a violemment pris à partie dans une vidéo mise en ligne mardi soir. "Je dépose une plainte uniquement pour crimes contre l'humanité, pas contre un antisémite nauséeux", a argué l'avocat. S'adressant à lui dans la vidéo postée sur YouTube, Dieudonné lui dit notamment : "Arno (...), à jouer aux cons, à menacer tout le monde, tu vas finir par te faire défoncer ta petite gueule de petite chatte d'appartement. Sois responsable. On doit montrer l'exemple."

Dans le viseur du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui étudie la possibilité de faire interdire ses spectacles, Dieudonné a plusieurs fois été condamné pour des propos jugés antisémites. Selon une source judiciaire, l'humoriste a déposé une plainte mardi au commissariat du 11e arrondissement pour "menaces réitérées de destruction du théâtre de la Main d'Or", où il se produit à Paris, et "menaces de violences".

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Actualités http://www.crif.org/fr/actualites/arno-klarsfeld-appel%C3%A9-%C3%A0-comparaitre-au-tgi-de-nanterres/54288 Publié le 6 Février 2015 Arno Klarsfeld appelé à comparaitre au TGI de Nanterres

Il avait déclaré : « certains jeunes de banlieues sont antisémites »…

Arno Klarsfeld , appelé à comparaître au TGI de Versailles pour avoir déclaré : "la France n'est pas antisémite, il y a le noyau dur… une partie des jeunes de banlieue", a été pris à partie au cours de l'émission "le grand décryptage" sur I-Télé le 5 février.
Le CRIF soutient Arno Klarsfeld lorsqu'il condamne l'antisémitisme qui sévit au sein de certaines banlieues, et s'étonne qu'on en fasse un sujet de polémique plutôt que de chercher des solutions.

Publié sur I-Télé le 5 février 2015
Arno Klarsfeld est venu sur le plateau d'I-Télé pour s'expliquer quant à sa mise en examen. Il a été convoqué, le 3 février 2015, par un juge et mis en examen pour avoir dit, sur la chaine d’informations en janvier 2014 : « Non, la France n’est pas antisémite, il y a le noyau dur de l’extrême droite qui l’est vigoureusement, une partie de l’ultra gauche et les islamistes et une partie des jeunes de banlieue »… Lire l’intégralité.
Source : http://www.itele.fr/france/video/arno-klarsfeld-mis-en-examen-pour-avoir-accuse-une-partie-des-jeunes-de-banlieue-dantisemitisme-110758 CRIF

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Beate et Serge Klarsfeld, un couple de justiciers LE MONDE DES LIVRES | 25.03.2015 à 17h31 • Mis à jour le 26.03.2015 à 10h17 | Par Julie Clarini
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/03/25/beate-de-serge-klarsfeld-un-couple-de-justiciers_4601231_3260.html#BZDqjRE07JWh7Vqc.99

On aurait pu ne jamais lire leurs Mémoires et c’eût été dommage. Au fond, ni l’un ni l’autre ne trouvaient vraiment nécessaire ce travail d’inventaire et d’introspection, au couchant d’une vie. Beate et Serge Klarsfeld s’en expliquent à la fin du livre : ce qui compte, à leurs yeux, ce n’est – et cela n’a jamais été – que leur action. Or leur long combat en ­faveur de la justice et de la mémoire, leur obstination à dénoncer l’impunité des criminels nazis, fut public, médiatique même. Quel besoin d’en rajouter ? « Le personnage que j’incarne est bien plus grand que moi, je le sais », écrit simplement Beate, faisant montre d’une retenue qui caractérise ses textes comme ceux de Serge, avec lesquels ils alternent.

C’eût été dommage parce que, dans la confrontation avec l’Histoire, certains se révèlent sans que soit ­jamais résolu le mystère de leur engagement. Et que ces Mémoires nous le rappellent aussi bien qu’une pièce de Sartre. Les Klarsfeld ne trouvent guère les mots pour ­décrire ce moment de 1967 qui décide de leur vie. En ce dernier mois d’été, Beate vient d’apprendre qu’elle est ­révoquée de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) pour avoir dénoncé dans la revue Combat le scandale que constituait l’élection de Kiesinger, ancien nazi, au poste de chancelier en Allemagne ­fédérale. ­Révolté, le couple choisit de mener ­l’offensive. La première. « Une fois ­engagé, le destin de chaque homme est figé par ses actes », avance Beate.

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