Maître Arno Klarsfeld, citoyen franco-israélien, avocat international

Février 2008 : Serge Klarsfeld "profondément touché" par la proposition de Nicolas Sarkozy (qui serait la sienne) de faire mémoriser individuellement la shoah par les enfants de 10 ans
Juillet 2007 : "Conseiller" du Premier Ministre Fillon
Mai/Juin 2007 : Candidat député de Nicolas Sarkozy dans le XIIème arrondissement de Paris ; battu au deuxième tour.
27 décembre 2006 : Pour Sarkozy le soutien des SDF, qui, promesse présidentielle, seront tous assistés humainement "dans les deux ans"
14 septembre 2006 : Me Klarsfeld dénonce
09 septembre 2006 : Le Réseau Education sans frontières (RESF) manipule les sans-papiers
08 août 2006 : Parrainé par le député socialiste Patrick Bloche le lycéen nigérian sans-papiers, Jeff Babatundé Shittu, expulsable selon la justice française, est soutenu par Arno Klarsfeld
12 juillet 2006 : Maître Klarsfeld, ayant fait renvoyé Jean-Marie Le Pen en correctionnelle pour des propos tenus en janvier 2005, déclare :"j'espère que le tribunal prononcera l'inéligibilité de Jean-Marie Le Pen".
07 juillet 2006 : Maître Klarsfeld invite les sans-papiers à son cabinet, de son domicile parisien
28 juin 2006 : Nommé par Nicolas Sarkozy médiateur national pour certains sans-papiers
08 mai 2006 : Le travail de réflexion pour Nicolas Sarkozy est rendu public
25 décembre 2005 : Contre la mémoire des historiens la mémoire d'Arno Klarsfeld est choisi par Nicolas Sarkozy

Mai 2001 : Arno Klarsfeld accusé de diffamation
Mars 2001 : Serge Klarsfeld, à l'origine de la plainte contre Brunner : «Il est l'extrémisme antijuif»
Recueilli par DOMINIQUE SIMONNOT, Libération, 2 mars 2001, p. 17.

Depuis 1971, Serge Klarsfeld et sa femme Beate se battent pour faire juger les criminels nazis. Il raconte ici la longue bataille qui a mené au procès d'Aloïs Brunner, qui s'ouvre aujourd'hui.

Comment a commencé votre combat contre Brunner?
Depuis 1961, on savait qu'il était en Syrie. Il s'était fait connaître en manifestant sa fureur après l'enlèvement d'Eichmann, il voulait enlever un notable juif et l'échanger. En 1976, Beate et moi nous sommes introduits chez sa fille à Vienne, et avons découvert son adresse et son téléphone à Damas. Beate l'a appelé en usant d'un subterfuge: «Je suis la secrétaire d'un magistrat qui ne peut vous appeler lui-même, son père travaillait dans un bureau proche du vôtre à une certaine époque et il vous prévient de ne pas aller en Suisse vous faire soigner les yeux (en 1961, Brunner a perdu l'usage d'un œil dans un attentat, ndlr), un mandat d'arrêt transmis par l'Allemagne vous y attend.» Il est tombé dans le panneau et a répondu «Remerciez-le, je prie pour lui.» Ainsi, nous avions l'assurance que Brunner se trouvait à Damas sous le nom de Fischer.

En 1982, je suis parti là-bas avec le dossier, sachant que je serai refoulé, mais c'était une manière de relancer l'affaire en montrant que Brunner était protégé par Hafez el-Assad, puisqu'il avait travaillé pour la police politique syrienne. A Cologne, à Francfort, nous avons porté plainte contre lui, fait le tour des ministères. Voyant que rien n'aboutissait, en 1987, nous avons porté plainte en France, entrepris des démarches aux Etats-Unis et Beate s'est rendue en Syrie, elle a été refoulée. En 1990, j'y suis allé avec un visa, j'avais un rendez-vous avec le vice-ministre des Affaires étrangères, il a été annulé et, finalement, j'ai demandé à louer un théâtre pour y donner une conférence sur les criminels nazis.C'est moi qui ai été extradé!

En 1991, Beate y est retournée, grimée, avec le passeport d'une amie. Elle a manifesté devant le ministère de l'Intérieur avec un poster en arabe «Assad, libère les juifs syriens! Extrade le criminel nazi Brunner!» Elle a été expulsée. Roland Dumas l'a alors reçue chaleureusement, il lui a assuré qu'il allait en parler à Assad, au cours d'un voyage en Jordanie, mais Assad n'a pas voulu le voir. Plus tard, il a reçu la réponse rituelle de la Syrie: «Nous n'avons pas connaissance de la présence de Brunner sur notre territoire...» Les 16 et 17 juillet 1998, jours anniversaire de la rafle du Vél d'Hiv, Assad était en France, Chirac a abordé le sujet avec lui à deux reprises, il a eu la même réponse. Comme la justice française. Il n'y a pas eu de pressions internationales, les gouvernements ont considéré qu'il y avait des choses plus importantes que l'affaire Brunner.

Parlez-nous de l'arrestation et de la déportation de votre père, Arno, par Brunner, alors chef de la police nazie à Nice...

C'était le 30 septembre 1943, les Allemands étaient entrés dans Nice le 8 et ont déclenché des rafles très brutales. Mon père a construit un double fond dans un placard pour y cacher ma mère, ma sœur et moi. Lui-même se préparant à ouvrir la porte aux Allemands. Ils sont arrivés à minuit et nous sommes allés dans la cachette. Nous entendions les soldats qui battaient les enfants juifs, pour leur faire avouer où étaient cachés leurs frères. Mon père a ouvert, il a prétendu que nous étions à la campagne, les Allemands ont cherché, ne nous ont pas trouvés. On s'en est sortis. Pas lui. A Auschwitz, un kapo l'a frappé, mon père l'a assommé. Il a été envoyé dans les mines de charbon où les gens tenaient six semaines, il a tenu neuf mois. Puis il a été rendu à la chambre à gaz d'Auschwitz.

Qu'attendez-vous de ce procès par contumace?
Cela marque quand même l'importance que l'on attache à une affaire. Brunner, c'est l'extrémisme antijuif. Comme Barbie. Quel besoin avaient-ils d'aller chercher les enfants? Ce procès et la longue instruction qui l'a précédé feront entrer ces enfants dans l'histoire. On va lire leur nom à l'audience. J'ai beaucoup d'affection pour eux, je les connais, je me suis battu pour avoir leur photo, je suis l'un d'eux en quelque sorte. Que peut-on donner aux morts, sinon la fidélité?.

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Arno Klarsfeld accusé de diffamation
L'avocat est poursuivi par le Mrap devant la XVIIe chambre à Paris.

Le Mrap, «ce n'est pas une association sous laquelle on avait crié "mort aux juifs" il n'y a pas longtemps ?», avait déclaré l'avocat.
Le dialogue avait été diffusé sur Canal +, le 21 janvier 2001, au Vrai Faux Journal de Karl Zéro interrogeait l'avocat Arno Klarsfeld à propos du débat sur l'opportunité de maintenir Papon en détention :

Karl Zéro
«Que le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) et la Ligue des droits de l'homme soient d'accord pour cette libération, ça ne t'ennuie pas ?
­ La Ligue des droits de l'homme avait demandé la perpétuité, maintenant elle demande la libération, c'est un peu paradoxal ; quant au Mrap, ce n'est pas une association sous laquelle on avait crié "mort aux juifs" il n'y a pas longtemps ?»

Pour ces paroles, Arno Klarsfeld était poursuivi, hier, par le Mrap, qui l'accuse de l'avoir gravement diffamé. L'avocat du mouvement, Pierre Mairat, a parlé de «comportement ignominieux». Quant au secrétaire général de l'association, Mouloud Aounit, il a estimé qu'accuser son mouvement d'anti sémitisme était «plus qu'une offense, plus qu'une injure» pour les militants qui ont été anciens déportés.

Vieux comptes.
«Mort aux juifs» avait été entendu le 7 octobre 2000 à Paris, lors d'une manifestation contre la «politique sanglante» de Sharon, organisée par une cinquantaine d'associations, dont le Mrap. Selon l'enquête ordonnée par le parquet, ce cri a été proféré par un petit groupe non identifié, à une centaine de mètres de la manifestation.

Arno Klarsfeld aurait pu présenter des excuses, comme a fait Canal + en diffusant les protestations sincères et indignées du Mrap. Mais non. Hier, à l'audience devant la XVIIe chambre correctionnelle de Paris, le «bouillonnant jeune homme», comme l'a qualifié le parquet, a persisté. L'occasion était trop bonne pour régler de vieux comptes : le différend entre Arno Klarsfeld et le Mrap semble avoir éclaté lors du procès Touvier, en 1992, et s'être développé au procès Papon, en 1997.

Hier, Arno avait demandé aux Fils et filles des déportés juifs de France, l'association de son père Serge, d'occuper les bancs de la salle. Il a assuré sa défense lui-même devant un auditoire acquis et turbulent. «On n'avait pas entendu crier "mort aux juifs" en France depuis un demi-siècle», a accusé le jeune homme sous de quasi-applaudissements. Que le Mrap ne soit pour rien dans cette déclaration de haine a au fond peu d'importance. Il s'agissait pour l'avocat de démontrer comment, lors du procès Touvier, le Mrap, partie civile, avait «menti par rapport à la vérité historique», en soutenant que le milicien avait agi sur ordre des nazis. Et qu'il avait encore menti à Bordeaux, en demandant la perpétuité à l'encontre de l'accusé, quand «la vérité et l'équité» voulaient que Papon mérite dix ans de réclusion. Ce «mouvement démagogique», selon le jeune Klarsfeld, s'était encore illustré en se prononçant en faveur de la libération du vieux préfet.

Mauvaise foi.
Quand le Mrap se défend de ces accusations, la salle hue, gronde, proteste à voix haute. «Quel triste spectacle nous donne cette audience !» interrompt la procureure. Fabienne Goget sait bien que cette association n'est pas antisémite. Sa conviction est établie : «La diffamation existe.» Le slogan a été proféré en tête de cortège par un nombre isolé de personnes, rappelle-t-elle. «Quand Arno Klarsfeld est interrogé par Karl Zéro, il sait tout cela, il fait preuve d'une particulière mauvaise foi.»
Jugement le 20 juin.
Par Brigitte VITAL-DURAND, vendredi 17 mai 2002, Libération, 17 mai 2002, p. 16

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(25 décembre 2005) Arno Klarsfeld, des prétoires français à Tsahal

L'avocat Arno Klarsfeld a été chargé par le président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, de mener un "travail approfondi sur la loi, l'histoire et le devoir de mémoire", après la polémique autour de la loi du 23 avril 2005 mentionnant le "rôle positif" de la colonisation.

Né en 1966, Arno Klarsfeld s'est très rapidement familiarisé avec le combat pour la mémoire que ses parents, Serge et Beate Klarsfeld, couple franco-allemand, mène depuis des décennies à la tête de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France. Inscrit aux barreaux de Paris, de New York et de Californie, Arno Klarsfeld laisse tomber le cabinet d'affaires new-yorkais pour rejoindre celui de son père et de sa sœur à Paris. L'un des avocats des parties civiles lors du procès Papon, le jeune Klarsfeld se fait aussitôt remarquer pour sa pugnacité, son sens de la provocation qui frôle parfois l'insolence mais aussi pour sa boulimie de travail et la bonne connaissance de ses dossiers.

Infatigable défenseur de la cause du Rwanda, ce jeune avocat aux cheveux longs, portant jeans et rollers aux abords des palais de justice, veut être un touche à tout : littérature, télévision, radio et pourquoi pas cinéma, dit-il. Après les paillettes du show-biz et les lumières des procès retentissants, il se retire quelques temps du paysage français, indigné par la politique de Paris à l'égard d'Israël. En 2003, il quitte Paris pour l'Etat hébreu où il effectue son service militaire au sein d'une unité de gardes-frontières, les MAGAV, notamment près de Bethléem.

Deux ans après, il rassemble ses souvenirs de soldat de Tsahal dans un ouvrage, " Israël transit " (éditions de L'Archipel) au cœur duquel il creuse des pistes de réflexions sur la question israélo-palestinienne et raconte comment lui et ses frères d'armes luttaient contre les risques d'attentats. " Meilleur tireur de son unité", comme l'indique son éditeur, " il peut, grâce à son passé sportif de tri-athlète, endurer les épreuves physiques auxquelles les recrues sont soumis ".

Mais son ouvrage-entretiens avec Yves Derai n'est pas qu'une histoire d'amour avec Israël, une " fusion" avec l'Etat hébreu, c'est aussi un hymne à la paix avec les Palestiniens, qui vivront dans la dignité sitôt qu'ils disposeront d'un Etat.
A son retour, cet europhile et citoyen franco-israélien éprouvant une admiration pour l'Oncle Sam, a repris les chemins des palais de justice.
lemonde.fr, Gaïdz Minassian, LEMONDE.FR | 25.12.05 | 11h45, Mis à jour le 25.12.05 | 14h08

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(08 mai 2006) Arno Klarsfeld rend un rapport mineur sur la délinquance
Commandées par Sarkozy, les sept pages de l'avocat accumulent les lieux communs.

Pour rédiger un rapport autorisé sur l'enfance délinquante, il suffit d'être un avocat célèbre, admirateur du ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy a donc commandé un «travail de réflexion» sur le sujet à son nouvel ami Arno Klarsfeld. Le résultat tient en sept pages, rendues publiques hier. Comment dire sans trop blesser? C'est plutôt étrange.

On y relève un lot de poncifs rabâchés et flous : «En dix ans, la délinquance des mineurs a doublé» ou la violence des jeunes est «alarmante». Bien informé, l'auteur relève un phénomène de «bandes» et de «territoires». Notons avec lui que, «si la délinquance des mineurs ne s'est pas étendue dans les beaux quartiers, elle s'est intensifiée dans les quartiers défavorisés». Plus dramatique : la violence «consciente, préméditée, pour détrousser des personnes choisies en connaissance de cause parmi les plus vulnérables est inacceptable».

«Férocité».
Quelques premières propositions donc, pour remédier à la «férocité» de cette délinquance. Une idée serait de condamner les mineurs récidivistes de 16 à 18 ans «comme des majeurs» (ce qui existe déjà dans certains cas). Une autre serait de ne pas effacer automatiquement le casier judiciaire des mineurs à 18 ans (c'est déjà le cas, depuis la loi Perben II). On en vient aux parents «défaillants». Il y a ceux qui lancent aux policiers «gardez-le!» quand leur enfant est arrêté. Il y a les familles où «le seul dialogue utilisé envers les enfants est la violence : ainsi [...] certains enfants reproduisent à l'extérieur ce qu'ils vivent chez eux». De plus, «selon toutes les études», la majorité des enfants délinquants souffrent «de problèmes psychologiques, sociaux ou familiaux».

Quels remèdes donc ?
Certains souhaiteraient que les mauvais parents soient poursuivis pour complicité des délits de leurs rejetons. Une métaphore pour expliquer? La voilà, confondante : «Si une série de voitures sort de l'usine avec un vice de fabrication et que ces voitures viciées causent des accidents, des blessés et des morts, il est juste de se retourner contre le constructeur. Peut-on agir de même en assimilant le parent au constructeur et l'enfant au produit vicié?» Ouf, Klarsfeld rejette l'assimilation entre sales gosses et bagnoles pourries. Selon lui, aux Etats-Unis où cela existe, «aucune étude réellement sérieuse» n'a pu en montrer l'efficacité. En revanche, «il serait logique de supprimer les allocations familiales» aux parents d'enfants incarcérés ou placés et aussi de faire pression ­ par ce biais ­ sur les mauvais parents. Autant de vieilles idées.

«Parents à risque».
Page 4, une petite resucée du rapport très controversé de l'Inserm sur les comportements asociaux à détecter dès la maternelle et même dès «la crèche». Et plus tôt encore, dans le ventre de la mère avec un repérage des «parents à risque». Mais là c'est gentil, il s'agit d'aides, conseils et assistance. La page 5 est en grande partie occupée par Victor Hugo qui nous rappelle: «Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne/ Ne sont jamais allés à l'école une fois.» On le devine, il s'agit d'éduquer, de lutter contre l'absentéisme scolaire. Avec cours du soir, ouvertures des écoles pendant les vacances et bien sûr, clin d'oeil à l'ami Nicolas, «discrimination positive, ethnique ou géographique». Page 6, on parle trafic de drogue. «Des enfants de 12-13 ans payés une centaine d'euros» utilisés pour faire les guetteurs et donc rétifs à tout boulot normal : «Pourquoi j'irais travailler huit heures par jour pour le Smic alors que je gagne quatre fois plus, sans me fouler.»

Des scènes connues et dénoncées depuis presque vingt ans.
Le problème, c'est que n'est pas spécialiste de la délinquance des mineurs qui veut. La chose est délicate, les rapports, études, chiffres, livres sont légion pour en traiter avec sérieux. Sans cette pénible impression d'assister à une visite de Marie-Chantal découvrant La Courneuve et rédigeant ensuite son devoir en regardant Navarro à la télé.
Libération, 9 mai 2006, p. 13, par Dominique SIMONNOT

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mercredi 28 juin 2006, 20h12 Arno Klarsfeld nommé médiateur pour faciliter la régularisation des élèves sans papiers et de leur famille

PARIS (AP) - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a nommé mercredi l'avocat Arno Klarsfeld médiateur national pour étudier "les cas les plus difficiles" lors de la procédure de régularisation ouverte pour les familles d'élèves sans papiers.

"J'ai décidé (...) de nommer un médiateur national, pour les cas les plus difficiles où on n'arriverait pas à trouver une solution, en la personne d'Arno Klarsfed", a expliqué M. Sarkozy sur France-3.

Arno Klarsfeld "est un homme d'une grande qualité, (un) avocat qui a toujours combattu pour les droits de l'Homme", a-t-il assuré. C'est "une personnalité qui fera merveille, j'en suis sûr, à cette place".

Le ministre a également demandé que toutes les familles concernées déposent une demande de régularisation. "Tout le monde doit se faire connaître parce que nous allons examiner chaque cas un par un", a-t-il dit. Il a toutefois répété qu'il ne régulariserait pas toutes les familles d'enfants scolarisés parce que cela reviendrait à créer "une nouvelle filière".

"Comme l'inscription dans une école est un droit, si tous ceux qui ont un enfant dans une école deviennent français ou ont le droit de résider en France, vous comprendrez qu'à ce moment-là, on ne peut plus rien contrôler", a indiqué M. Sarkozy.

Le ministre a également précisé que les étrangers ayant déposé une demande d'asile dans un autre pays européen ne pourraient pas bénéficier de cette procédure et qu'ils seraient expulsés vers ce pays, suivant les règles européennes.

Interrogé sur les longues files d'attente qui se forment depuis quelques jours devant les préfectures, le ministre a souligné que les dossiers de régularisation devaient être déposés avant le 13 août, et non le 1er juillet comme le pensent certains. AP
Yahoo.fr, actualités, mercredi 28 juin 2006, 20h12

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AP | 07.07.06 | 23:18 Une soixantaine de sans-papiers reçus par Arno Klarsfeld

PARIS (AP) -- Une soixantaine de sans-papiers ont été reçus vendredi en fin d'après-midi à Paris par l'avocat Arno Klarsfeld, nommé médiateur par Nicolas Sarkozy dans le dossier des parents sans-papiers d'enfants scolarisés.
Ils s'étaient présentés à son cabinet pour lui demander d'intervenir en faveur de la régularisation de tous ceux qui en ont fait la demande.

Les sans-papiers, parmi lesquels figuraient des enfants, ont quitté le cabinet situé rue de la Boétie dans le 8e arrondissement "au bout de trois heures", dans le calme, a-t-on appris auprès de l'avocat.
"Nous sommes pacifistes", a pour sa part déclaré José Pereira, membre du 9e collectif des sans-papiers, précisant que les forces de l'ordre leur avaient demandé de sortir.
Mais "ce n'était pas une occupation, étant donné qu'il (Arno Klarsfeld) est venu, qu'il nous a invités et qu'il nous a ouvert la porte", a-t-il ajouté.

"Nous sommes allés le voir pour qu'il fasse le médiateur entre nous et le ministère" de l'Intérieur, a expliqué José Pereira à l'Associated Press. "Il y a des familles certes, mais il n'y a pas que les familles en France qui sont dans une situation irrégulière.
Il y a aussi des célibataires qui sont là depuis dix, quinze ans, voire dix-huit ans et on ne voit pas pourquoi il y aurait une différence entre un sans-papier scolarisé et un sans-papier qui est là depuis 18 ans".

De son côté, Arno Klarsfeld a dit avoir expliqué aux sans-papiers qu'il avait "invités à entrer" qu'il était "intervenu auprès de Nicolas Sarkozy pour les enfants qui avaient des attaches fortes avec la France" mais qu'il "n'estimait pas que tous les sans-papiers devaient être régularisés parce que ce n'est pas la politique de la France d'ouvrir ses frontières".
"L'Etat ne peut pas régulariser tous les parents qui ont des enfants scolarisés" et "le traitement est nécessairement au cas par cas", a-t-il dit.

Après avoir quitté le cabinet de l'avocat, les sans-papiers se sont regroupés place Chassaigne Goyon, devant l'église Saint-Philippe du Roule. Entourés d'un cordon de CRS, ils ont entonné des slogans comme "Sans-papiers sans le droit, écrasés par la loi", "Sans-papiers raflés, sans-papiers assassinés". Ils avaient aussi scandé, à leur sortie du cabinet, "Allez les Bleus, Allez les Bleus" devant les CRS.

"Ca n'empêche pas que les sans-papiers soutiennent les Bleus aussi", a observé Taieb, d'origine tunisienne, affirmant en outre que les sans-papiers avaient une "grande pensée" pour l'un des leurs, tombé dans le coma après avoir fait une chute sur un chantier de construction. AP
Yahoo.fr, lenouvelobs.com, AP | 07.07.06 | 23:18

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vendredi 7 juillet 2006, 21h55 Des sans-papiers s'installent chez le médiateur nommé par Nicolas Sarkozy

PARIS (AFP) - C'est Arno Klarsfeld, médiateur dans le dossier des parents sans-papiers d'enfants scolarisés qui leur a ouvert la porte de son grand appartement parisien. Une cinquantaine de membres du 9ème collectif, venus "dialoguer", ont décidé de l'occuper, pour obtenir des papiers "pour tous".

Les occupants, des sans-papiers de ce collectif représentant des clandestins à Paris et en Ile-de-France, faisaient depuis 16h00 environ le pied de grue devant la porte de l'appartement haussmannien, situé au 32 rue de la Boétie (8e arrondissement).

C'est ici que se trouve le cabinet d'avocats de Serge et Arno Klarsfeld. Il s'agit aussi du domicile du second et de ses "deux chats", a précisé le médiateur.

Alerté de leur présence, il est arrivé vers 17h00 et a accepté de les recevoir. Dans une salle de réunion attenante à son bureau, l'avocat est en jean et T-shirt, entouré des sans-papiers, des Africains, des Maghrébins, et de leurs enfants dont deux jouent sur la table.
A proximité de l'immeuble de sept étages, sept cars de police sont déjà postés.

Tout le monde parle en même temps à l'homme qui a "de l'influence", car il a été nommé le 28 juin "médiateur national" dans le dossier des sans-papiers qui ont des enfants scolarisés en France.

"On veut la régularisation de tout le monde", a notamment expliqué M. Berriche, qui ne veut pas donner son prénom et s'exprime au nom du collectif.

Il suggère même à Me Klarsfeld de demander à Nicolas Sarkozy que tout le monde soit régularisé si la France gagne contre l'Italie dimanche.
"Allez les Bleus, Allez les Bleus!", entonnent des sans-papiers.

Mais le médiatique avocat laisse peu d'illusions à ses visiteurs, expliquant s'être "engagé pour les enfants".
"Pour ceux qui sont célibataires et qui n'ont pas de papiers, la politique de la France c'est la politique de la France, ce n'est pas moi qui la fixe" déclare-t-il un peu plus tard.
"Je ne vois pas pourquoi la France serait le seul pays qui aurait des frontières ouvertes".
Il s'engage à transmettre leur demande au ministre de l'Intérieur, lors d'une rencontre entre les deux hommes, le 13 juillet, ou avant.

Sous les moulures, des enfants se faufilent entre les beaux meubles, jouent sur les tapis qui protègent le parquet tandis que les parents s'installent un peu partout sur des sièges en velours.

D'autres ont placardé des affiches entre les tableaux, sur la terrasse ou un miroir: "La terre est un seul pays qui appartient à tous". "Sarko touche pas à l'enfant étranger". "1942 Juifs raflés. 2006 rafles de sans-papiers. Honte".

Vers 19h00, lors d'une réunion en aparté pendant que l'avocat s'est absenté avec son caddy pour faire des courses, les sans-papiers semblent décidés à rester, tant qu'ils n'auront pas été reçus par le ministre et qu'une liste collective n'aura pas été examinée en vue d'une régularisation.

A son retour, distribution de lait et biscuits. Certains acceptent, d'autres grommellent: "les petites croquettes, on s'en balance", lâche une dame.

Bahija Ben Kouka et M. Berriche, qui parlent pour tout le monde, demandent à l'avocat s'il a contacté le ministre.
"Le coup de fil, je promets que je le passe demain". "Ca veut dire, il dit 'restez chez moi, on est invités jusqu'à demain'", ironise M. Berriche. "Je n'appellerai jamais sous la contrainte", rétorque l'avocat.
Peu après 20h30, ils occupaient toujours les locaux. Me Klarsfeld avait indiqué qu'il ne demanderait pas leur évacuation forcée.
Yahoo.fr, actualités, vendredi 7 juillet 2006, 21h55, Par Michaëla CANCELA-KIEFFER

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mardi 8 aout 2006, 16h34 Arno Klarsfeld soutient le lycéen nigérian sans papiers

PARIS (Reuters) - Jeff Babatundé Shittu, un lycéen nigérian de 19 ans en instance d'expulsion, a reçu une offre d'embauche de la mairie du XIe arrondissement de Paris, a-t-on appris mardi auprès du cabinet du maire, Georges Sarre.

Ce dernier a pris cette décision après avoir été contacté par Arno Klarsfeld, le "médiateur" nommé par Nicolas Sarkozy dans le dossier des enfants sans papiers scolarisés en France.

"Cela peut faire pencher la balance", a déclaré l'avocat sur France Info. "Je n'ai aucun pouvoir sur l'administration, donc tout ce que je peux faire c'est essayer de trouver des solutions qui sont originales".

Mardi, la cour d'appel de Paris a rejeté à son tour le recours déposé par Jeff Babatundé Shittu contre un arrêté de reconduite à la frontière.

Le tribunal administratif avait statué en sa défaveur lundi en dépit d'une forte mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF), qui a tenté de démontrer que le jeune homme n'avait plus aucune attache familiale au Nigeria.

Après accord de la mairie de Paris, le cabinet de Georges Sarre a rédigé un "contrat d'accompagnement pour l'emploi" pour Jeff Babatundé Shittu d'un an renouvelable une fois. La signature de cette promesse d'embauche est subordonnée à la délivrance d'un titre de séjour.
""La ville est prête, tout est en ordre (...) La balle est dans le camp du ministre de l'Intérieur", souligne-t-on dans l'entourage de Georges Sarre.

Après la décision du tribunal administratif, Jeff Babatundé Shittu a été renvoyé au centre de rétention de Vincennes. Son expulsion est suspendue à la délivrance, par les autorités nigérianes, d'un laissez-passer consulaire.

Le jeune homme est sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière depuis le rejet de sa demande d'asile, en février dernier. Selon RESF, il est arrivé en France en août 2004 à la suite de "graves émeutes au cours desquelles sa mère, personnalité en vue soutenant le gouverneur en place dans l'état d'Ogun au Nigeria, a été enlevée puis assassinée".

Scolarisé dès son arrivée à Paris, l'adolescent a été parrainé à la mairie du XIe arrondissement par son ancienne professeur d'anglais, chez qui il habite, et le député socialiste Patrick Bloche.

Nicolas Sarkozy a annoncé fin juillet que la procédure lancée pour examiner le cas des familles des enfants scolarisés les plus intégrés en France devrait déboucher sur environ 6.000 régularisations, pour 20.000 demandes.

Les familles d'enfants scolarisés ont jusqu'au 14 août pour déposer une demande de régularisation, un délai que l'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a demandé au Premier ministre de prolonger d'un mois.
Yahoo.fr, actualités, mardi 8 aout 2006, 16h34

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(Septembre 2006) Sans-papiers. Arno Klarsfeld, médiateur nommé par Sarkozy, a examiné environ 500 dossiers : «RESF a donné de faux espoirs à des familles»

Arno Klarsfeld a été nommé le 28 juin par Nicolas Sarkozy médiateur national dans le dossier des familles sans papiers d'enfants scolarisés.

Le Réseau Education sans frontières (RESF) affirme que depuis la fin juillet toutes les demandes de régularisation sont rejetées. Cela signifie-t-il que Nicolas Sarkozy a fixé un quota qui a été atteint ?

Il n'y a pas de quotas. Le chiffre de 6 000 régularisations évoqué par Nicolas Sarkozy en juillet [sur un peu moins de 30 000 demandes, ndlr] était une projection.
Pour moi, RESF a incité les gens à multiplier les demandes d'enregistrement et a donné de faux espoirs à des familles dont beaucoup n'entrent pas dans le cadre de la circulaire, afin de pouvoir dire : «Regardez Sarkozy comme il est méchant.»
Pour moi, RESF aurait dû juger si, oui ou non, ces familles avaient des chances de se faire accepter. Je ne dénonce pas le comportement des militants de RESF, la plupart sont des gens sincères.
Mais, à la tête de cette coordination, il y a des gens de gauche et d'extrême gauche qui cherchent à mettre Nicolas Sarkozy en difficulté.

Certains refus de régularisation paraissent incompréhensibles. Cela ne vous a-t-il pas frappé au travers des cas dont vous avez été saisi ?

J'ai dû recevoir 400-500 dossiers. Une grande partie ressort du regroupement familial : un parent est en situation régulière, l'autre non. Parmi les autres, beaucoup n'entrent pas dans le cadre de la circulaire.
Vous avez fait une page sur la famille Pembele ( Libération du 4 et du 5 septembre). Comme je le fais lorsque je reçois des cas qui ne me paraissent pas compréhensibles, j'ai appelé la préfecture. M. Pembele, ressortissant angolais, et son épouse sont arrivés irrégulièrement en France, en janvier 2005, avec leurs quatre enfants.
Ils n'entrent pas dans le cadre de la circulaire. Par ailleurs, leur demande d'asile a été rejetée par l'Ofpra [Office de protection des réfugiés et apatrides] . On ne peut pas dire que les décisions de l'Ofpra ou des commissions de recours ne signifient rien du tout.
Les associations veulent ouvrir les frontières toutes grandes. Je pense qu'on ne peut pas régulariser tous les parents sans papiers d'enfants scolarisés.
Par Catherine COROLLER, Libération, QUOTIDIEN : Samedi 9 septembre 2006 - 06:00, 4

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jeudi 14 septembre 2006, 17h42 Procès Le Pen: Me Klarsfeld dénonce un procès après la présidentielle

PARIS (AP) - Me Arno Klarsfeld, avocat de l'association des Fils et Filles de déportés juifs de France, a dénoncé jeudi la décision de juger après l'élection présidentielle Jean-Marie Le Pen, président du Front national, poursuivi pour "complicité de contestation de crimes contre l'humanité".

Son procès a été fixé les 7 et 8 juin par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. M. Le Pen, également mis en examen pour complicité d'apologie de crime contre l'Humanité, est poursuivi en raison de ses propos sur l'Occupation qu'il jugeait pas "particulièrement inhumaine" dans l'hebdomadaire d'extrême droite "Rivarol".

"Cette audience aurait pu se tenir avant l'élection. On peut en déduire une volonté de ne pas causer du tort à Jean-Marie Le Pen avant la présidentielle, car en cas de condamnation, il aurait pu être inéligible", a déclaré Me Klarsfeld à l'Associated Press.

Une audience de procédure est prévue le 7 février. "Je demanderai que Jean-Marie Le Pen soit jugé avant la présidentielle", a ajouté Me Klarsefeld.

Arno Klarsfeld a par ailleurs été désigné comme médiateur sur le dossier des étrangers sans papiers parents d'enfants scolarisés par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, candidat probable de l'UMP à l'élection présidentielle.

Le délai d'audiencement de la 17e chambre, qui juge les affaires de presse, est d'ordinaire l'un des plus longs des tribunaux parisiens en raison du grand nombre de dossiers jugés par cette chambre. AP
Yahoo.fr, actualités, jeudi 14 septembre 2006, 17h42

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mercredi 27 décembre 2006, 19h24 Arno Klarsfeld s'est rendu sur le bord du canal Saint-Martin

PARIS (AP) - Arno Klarsfeld, chargé par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy d'établir un diagnostic de la situation des sans-abri en France, s'est rendu mercredi après-midi sur le bord du canal Saint-Martin à Paris pour y rencontrer les membres de l'association "Les Enfants de Don Quichotte".

"Si quelqu'un est au canal Saint-Martin et qu'il y a ses habitudes, si on le transporte une fois à Nanterre, l'autre semaine à Vincennes et l'autre semaine à Issy-les-Moulineaux, ça le déstabilise", a expliqué Arno Klarsfeld. Il a avancé l'idée de créer "des centres dans chaque quartier" comme "en Allemagne".

L'avocat a rappelé que "Nicolas Sarkozy s'est engagé" à modifier "le nombre de places et la qualité de ces places" dans "les deux ans", et à faire en sorte que plus aucun SDF "ne soit obligé de dormir dans la rue".

"Là-dessus, j'ai confiance", a poursuivi Arno Klarsfeld. "Est-ce que ça peut se faire du jour au lendemain? Il y a peu de choses qui se font en France et dans le monde du jour au lendemain".

Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a demandé à Arno Klarsfeld d'établir un diagnostic de la situation des sans-abri en France et de lui formuler des propositions "d'ici à la fin du mois de janvier" pour la mise en oeuvre d'un "droit à l'hébergement", selon une lettre à l'avocat rendue publique mercredi par l'UMP.

Alors que l'association "Les Enfants de Don Quichotte" a installé des tentes au bord du canal Saint-Martin dans le Xe arrondissement de Paris pour attirer l'attention sur le sort des sans-abri, Nicolas Sarkozy constate que "plusieurs dizaines de milliers de nos compatriotes sont sans abri". Ils "veulent que cette situation cesse. Ils sont conscients que nul n'est à l'abri de ce type de drame", écrit-il, en plaidant pour "l'instauration d'un droit opposable au logement à l'horizon de 10 ans".

Le président de l'UMP a demandé à Arno Klarsfeld "de poser, tout d'abord, un diagnostic complet sur la situation des sans-abri dans notre pays", puis d'"examiner les moyens concrets et l'organisation institutionnelle nécessaires à l'adaptation de notre offre d'hébergement aux besoins".

Pour cela, il a chargé Arno Klarsfled de consulter "sans exclusive, l'ensemble des associations concernées, notamment les signataires de la plate-forme pour un droit au logement opposable", et de travailler "en étroite liaison avec Christine Boutin, qui a déjà engagé avec le Forum des Républicains sociaux qu'elle préside un travail sur les modifications législatives à apporter à notre droit".

L'avocat Arno Klarsfeld avait déjà été nommé médiateur par Nicolas Sarkozy l'été dernier pour faciliter l'opération de régularisation des parents d'élèves étrangers. AP

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Législatives. Zoom sur...Paris
Klarsfeld, l'ouverture pour reconquérir Paris
Proche de Nicolas Sarkozy, l'avocat a été parachuté dans une circonscription qui pourrait basculer à gauche.
Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007, p. 10

Après de Gaulle, Klarsfeld. L'ouverture sarkozyste est en marche dans le XIIe arrondissement de Paris, où Arno Klarsfeld, avocat patineur, brigue la succession du député Jean de Gaulle, petit-fils du général. Cette candidature, c'est une invention de Nicolas Sarkozy. Une inspiration soudaine, après le second tour de l'élection présidentielle.

«Ami personnel».

Le très discret député de Gaulle ayant démissionné pour rejoindre la Cour des comptes, sa circonscription, la 8e de Paris, était parmi les plus convoitées de France.
Redoutant le parachutage de Borloo, la candidate à la mairie de Paris Françoise de Panafieu défendait la candidature de Catherine Colonna. L'ex-ministre chiraquienne a dû s'effacer devant celui qui se présente comme «un ami personnel» de Sarkozy.

Les deux hommes se sont découverts à Longchamp, en tournant à vélo autour de l'hippodrome. En pleine polémique sur les aspects «positifs» de la colonisation, le ministre de l'Intérieur avait fait appel en 2005 à «l'avocat de la mémoire et de la vérité» pour un «travail de réflexion». Un an plus tard, il lui commandait une autre réflexion, sur la délinquance des mineurs, puis le nommait médiateur sur le dossier des écoliers sans-papiers.

S'il a «choisi Nicolas», c'est, explique Klarsfeld, parce qu'il était «le plus gentil et le moins arrogant des candidats».
Et si Sarkozy a choisi Arno, c'est qu'il le croit capable de faire basculer l'électorat bobo parisien.
Car la 8e circonscription peut basculer à gauche. En 2002, Jean de Gaulle ne l'avait remporté qu'avec 52 % et le scrutin du 6 mai a confirmé le glissement progressif vers la gauche de cette circonscription : Royal y a devancé Sarkozy de 900 voix. Conserver la 8e circonscription, c'est, pour la droite, une condition nécessaire de la reconquête de la capitale aux municipales de 2008.

Samedi, les militants UMP étaient invités à découvrir, dans un restaurant du XIIe, le candidat du Président.
Au micro, son directeur de campagne fait du «play boy célibataire» un portrait dithyrambique, «brillant avocat» et «triathlète de haut niveau ». Il n'aurait qu'un défaut : sa timidité. Klarsfeld corrige : «Je suis moyen : j'ai couru mon dernier marathon en 3 heures et 7 minutes.»

C'est dans les bureaux de vote de Bercy, quartier de jeunes urbains cultivés et aisés, que Royal a fait son meilleur score : 57 %. «Ici, la gauche va payer cher sa campagne de diabolisation. Ils ont crié "Sarkozy facho" et voilà qu'il prend Kouchner dans son gouvernement», jubile Jean-Pierre Bechter, suppléant de Klarsfeld. Dans ce quartier troublé par l'ouverture sarkozyste, le candidat de la majorité présidentielle inaugurera sa permanence la semaine prochaine. Des ministres «importants» sont attendus.

En attendant, le triathlète «fait les marchés» . Il vante son Sarkozy de gauche, celui qui s'ouvre à Martin Hirsch et supprime la double peine. L'avocat sourit beaucoup, parle peu. Il joue à fond le naïf au grand coeur.
«Salut beau gosse, tu sais, j'ai le même âge mental que toi», explique-t-il à un gamin de 5 ans. Plutôt que de bavarder avec ses électeurs, il préfère jouer avec leurs chiens. «C'est plus fort que lui, il adore les bêtes, il en a plein chez lui», l'excuse un militant UMP tandis que le candidat frotte son museau contre celui d'un beau chien de chasse.

«Vote juif».

Les membres de l'importante communauté juive du XIIe réservent le meilleur accueil à celui qui fut, nul ne l'ignore, garde frontière de Tsahal.
«Cela n'a rien à voir avec son investiture, d'ailleurs, le vote juif, ça n'existe pas», tranche Corinne Tapiero, militante UMP. Les socialistes tiennent le même discours, après avoir eux-mêmes nourri la rumeur d'une course au «vote juif» en remplaçant soudainement le suppléant de leur candidate, Sandrine Mazetier.
Au lendemain de la désignation de Klarsfeld, le fabiusien Alexis Corbière était remplacé par la chevènementiste Karen Taïeb, épouse d'un animateur de l'Association pour le bien-être du soldat israélien. Laurent Fabius s'en est ému, s'interrogeant lors du bureau national du PS sur d'éventuels «critères religieux» dans le choix des candidats.

A Bercy, sur la route de Klarsfeld, les passants sont bienveillants. Et les passantes plus encore. Sur le marché de Bercy, une sympathisante écolo constate les dégâts : «Il fait fort, Sarkozy. Maintenant, même mon fils veut voter Klarsfeld.»

«Désinvolture».

La candidate du Parti socialiste ne veut pas croire que les électeurs «avertis et éclairés» du XIIe seront dupes de cette «opération de déstabilisation». Elle se dit sidérée par la «désinvolture» de cet adversaire qui se vante d'avoir «l'oreille du Président». Un argument qui trahit, selon elle, «un profond irrespect des électeurs et un rapport vicié à la démocratie» .
En meeting hier soir en compagnie de Bertrand Delanoë, la candidate parie sur une victoire socialiste dans cette 8e circonscription devenue «un enjeu national». Dominique Strauss-Kahn y animera lui aussi un meeting. Pour mettre à jour «l'imposture Klarsfeld», Sandrine Mazetier, adjointe au maire depuis 2001, fonde beaucoup d'espoir sur le débat public qu'elle espère imposer à son concurrent. Un débat plein de promesses.
Par Alain AUFFRAY, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 25 mai 2007, p. 10

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Arno Klarsfeld court derrière Fillon
Yahoo.fr, actualités, 23 juillet 2007

L'avocat, candidat malheureux aux législatives à Paris, va rejoindre le cabinet du Premier ministre comme «conseiller».
Par A.V. et AFP LIBERATION.FR : mercredi 18 juillet 2007 Reuters.

Rebond gagnant pour l’avocat vedette Arno Klarsfeld? Le candidat UMP malheureux aux législatives à Paris, va intégrer «incessamment sous peu» le cabinet de François Fillon, a indiqué mercredi l’entourage du Premier ministre. Me Klarsfeld aura le titre de «conseiller».

Candidat de l’UMP en juin dernier dans la 8e circonscription de Paris (partie du XIIe arrondissement), il avait été battu par la socialiste Sandrine Mazetier, qui avait fait basculer cette circonscription à gauche pour la première fois depuis 1958. Lors de la campagne, le très médiatique avocat s’était illustré en se défendant d’être «parachuté» dans le sud-est parisien. Il avait brillamment attesté de sa connaissance du XIIe arrondissement: «Je l’ai traversé quand j’ai couru le marathon de Paris. Enfin, j’habite dans le 8e arrondissement, ce qui n’est pas si éloigné que ça», avait-il ajouté.

Le cabinet de Fillon, qui compte actuellement 63 membres, (contre 56 à l’époque de Dominique de Villepin) ne précise pas quel sera l’affectation précise d’Arno Klarsfeld.

On ne sait pas non plus si l'avocat connaît bien le VIIe arrondissement de Paris où est situé l'hôtel Matignon: le marathon n'y passe pas.
Par A.V. et AFP LIBERATION.FR : mercredi 18 juillet 2007

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The Associated Press - 14/02/08 à 16:45:19 - 300 mots France Mémoire de la Shoah: Serge Klarsfeld "profondément touché" par la proposition de Nicolas Sarkozy

Serge Klarsfeld s'est dit "profondément touché" jeudi par la proposition de Nicolas Sarkozy la veille de confier la mémoire d'un enfant juif français mort en déportation à un élève de CM2, estimant que cela pouvait contribuer à leur "formation civique et morale".

"L'initiative du président de la République m'a touché profondément", a déclaré sur Europe-1 le président et fondateur de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, rappelant qu'il avait recensé pour le mémorial des enfants juifs déportés de France les états civils de toutes les jeunes victimes et se sentait à ce titre un peu comme "leur père posthume".

"Savoir que le souvenir" de ces enfants juifs "sera conservé individuellement par des enfants qui le transporteront au cours de ce siècle, je crois que ça peut effectivement aider à la fois à la survie posthume de l'enfant et puis à la formation morale et civique du nouvel enfant", a expliqué M. Klarsfeld.

Mercredi soir, lors du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le président de la République a annoncé que tous les enfants de CM2 se verront confier à partir de la rentrée 2008 la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah. Nicolas Sarkozy a expliqué que "chaque enfant de CM2 devra connaître l'existence d'un enfant mort dans la Shoah". "Rien n'est plus intime que le nom et le prénom d'une personne, rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge", a-t-il ajouté, justifiant cette initiative par la nécessité de transmettre la mémoire de la Shoah aux jeunes générations. AP

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