Un portrait d'un proche de Nicolas Sarkozy (Fev. 2009)

Février 2009 : Affaire d'Etat Colonna/Erignac, l'ancien procureur Bot entendu comme témoin
Novembre 2005 : Affaire d'Outreau, appel. Yves Bot présente les regrets de la justice.
Octobre 2002. Un nouveau procureur pour Paris. L'actuel procureur de Nanterre Yves Blot, classé à droite, remplace Jean-Pierre Dintilhac, qui a rejoint la Cour de Cassation.

L'actuel procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine), Yves Bot, a été nommé procureur de la République de Paris, où il succède à Jean-Pierre Dintilhac, selon un décret du président de la République paru samedi au Journal Officiel.
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), saisi pour avis sur cette nomination, a rendu un avis favorable.
Yves Bot, 55 ans, pourrait prendre ses fonctions dans la première quinzaine d'octobre, prenant ainsi la place laissée vacante en juillet dernier par Jean-Pierre Dintilhac, 59 ans, qui a rejoint la Cour de cassation.

Lors de son arrivée à Nanterre, en 1995, Yves Bot avait été nommé par le garde des Sceaux RPR de l'époque, Jacques Toubon, contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature, fait rare qui avait alors provoqué des remous dans les milieux politico-judiciaires.
Classé à droite de l'échiquier politique mais ayant fait preuve d'indépendance dans le traitement sans complaisance de certaines affaires relatives au RPR, Yves Bot a notamment dirigé le parquet du Mans (Sarthe) et travaillé au cabinet de Pierre Méhaignerie (UDF) au ministère de la Justice.
lenouvelobs.com, 05 octobre 2002

--------

LE PROCES EN APPEL D'YVAN COLONNA Yves Bot, un magistrat proche de Nicolas Sarkozy NOUVELOBS.COM | 17.02.2009 | 08:36

L'ancien procureur de Paris, Yves Bot, 61 ans, qui a été entendu, lundi 16 février, à la barre du procès en appel d'Yvan Colonna, est un magistrat autoritaire réputé proche de Nicolas Sarkozy.

Le nom d'Yves Bot, actuel avocat général à la Cour de Justice des Communautés européennes, a été cité vendredi au procès par Didier Vinolas, ancien secrétaire général du préfet de Corse, qui a révélé l'existence de deux suspects de l'assassinat du préfet Claude Erignac non-interpellés.

Ce commissaire de police a expliqué avoir confié cette information à Yves Bot qui a rencontré sa source en 2002, alors qu'il s'apprêtait à prendre la tête du parquet de Paris, juridiction en charge des dossiers antiterroristes.

Classé à droite, ancien membre dirigeant de l'Association professionnelle des magistrats (APM), Yves Bot n'a jamais caché sa proximité avec Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur à l'époque de l'arrestation d'Yvan Colonna.

Il avait notamment salué la loi anti-récidive, cheval de bataille du ministre Sarkozy, estimant que les textes qui l'ont précédée "se situaient dans une logique d'érosion totale de la peine".

"Le patron" et ses "bot-people"

Appelé "le patron" par ses proches collaborateurs surnommés les "bot-people" par la presse, Yves Bot a la réputation d'être un fin juriste mais aussi un magistrat très "politique" qui a marqué son passage au parquet de Paris en limitant les instructions fleuves. Ses détracteurs, au rang desquels plusieurs magistrats spécialisés dans les affaires financières, avaient souligné sa capacité à bloquer la progression de certains dossiers en refusant par exemple d'octroyer aux juges l'autorisation d'enquêter sur des faits nouveaux apparus au fil de l'enquête.

Début 2005, nommé procureur général de la cour d'appel de Paris, il a suivi en détail les péripéties de l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream dans laquelle l'ancien premier ministre Dominique de Villepin est soupçonné d'avoir voulu déstabiliser Nicolas Sarkozy dans la course à la présidentielle.

Il défraie la chronique au procès en appel d'Outreau

Yves Bot s'est également fait remarquer en s'érigeant en défenseur du système judiciaire face aux caméras en novembre 2005 lors du procès en appel d'Outreau. Après avoir présenté ses "regrets" aux accusés avant même qu'ils ne soient acquittés, il avait surpris en tenant une conférence de presse dans la salle d'assises juste après son réquisitoire, un évènement sans précédent.

"Cette véritable catastrophe, ce n'est pas la justice de tous les jours" avait plaidé le haut magistrat qui a manifesté à plusieurs reprises son soutien au juge d'instruction Fabrice Burgaud.

Avant de s'illustrer à Paris, Yves Bot avait dirigé le parquet du Mans, puis rejoint le cabinet de Pierre Méhaignerie au ministère de la Justice pour enfin être nommé, contre l'avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) procureur à Nanterre, en 1995, par Jacques Toubon, devenu garde des Sceaux.

-------

Le procès Colonna continue, de nouveaux témoins entendus Publié le 16/02/2009 à 18:53 - Modifié le 17/02/2009 à 09:15 Le Point.fr Par Ségolène de Larquier (avec agence)

Les juges de la cour d'appel de Paris refusent pour l'instant de renvoyer le procès d'Yvan Colonna

La cour d'assises spéciale de Paris, qui rejuge Yvan Colonna pour l'assassinat du préfet Érignac en février 1998, a refusé lundi le renvoi du procès exigé par les avocats de la défense, considérant que leur requête étant insuffisamment fondée à ses yeux. "La cour estime qu'elle n'a pas assez d'éléments et sursoit à statuer", a déclaré le président de la cour d'assises de Paris Didier Wacogne, se conformant aux réquisitions des avocats généraux sur cette demande.

Lors de son audition, vendredi soir, les révélations de l'ancien secrétaire général de la préfecture de Corse Didier Vinolas ont eu l'effet d'un coup de tonnerre sur ce procès ouvert le 9 février, la défense d'Yvan Colonna fustigeant des "dissimulations" et criant au "scandale d'État" . Didier Vinolas ( lire son portrait ) a laissé entendre que deux suspects dans l'affaire Colonna étaient "peut-être" en liberté et qu'il avait transmis cette information dès 2002 à Yves Bot, qui était alors sur le point de quitter le parquet de Nanterre pour celui de Paris. Puis, en février 2004, à Christian Lambert, principal artisan de l'arrestation d'Yvan Colonna. Mais ces éléments n'ont pas été inscrits au dossier, soutient la défense.
Didier Vinolas a aussi écrit avant le procès au procureur général de Paris Laurent Le Mesle et au président de la cour Didier Wacogne en évoquant ces deux suspects, sans que la défense en ait été informée. D'où la demande des avocats d'Yvan Colonna d'obtenir un supplément d'information.

Vinolas complète son propos

Lundi dans l'après-midi, le président de la cour d'assises a donc appelé à témoigner l'ancien procureur de la République de Paris Yves Bot, l'ancien patron de l'unité d'élite du Raid (Recherche assistance intervention dissuasion) Christian Lambert, l'ancien sous-préfet de Corse Jacques Naudin, et le commissaire de police Philippe Frizon, dont les noms ont été évoqués par Didier Vinolas.

À la barre, Yves Bot a contesté qu'on ait évoqué devant lui l'existence de deux suspects jamais interpellés.

Interrogé de nouveau, Didier Vinolas a affirmé être prêt à révéler les deux noms mais uniquement "dans le secret du cabinet d'un juge d'instruction". Désormais employé à la mairie de Paris, où il travaille avec le maire socialiste Bertrand Delanoë, il s'est défendu d'être un "sous-marin" de la gauche tentant de "déstabiliser le pouvoir", alors que la défense voit en Yvan Colonna une victime de la "raison d'État".

Après Didier Vinolas, de nouveau appelé à la barre mardi matin, vont passer tour à tour l'ancien chef du Raid, Christian Lambert, ainsi que Jacques Nodin, ex-sous-préfet de Corse, et un commissaire de police qui a participé à l'enquête, Philippe Frizon. Ces auditions devraient permettre à la cour de statuer d'ici la fin des débats sur la demande de complément d'information. Mais la défense d'Yvan Colonna ne cache pas son pessimisme : "On continue. On attend les auditions. Mais pour le moment le président ne veut vraiment pas demander de complément d'information", a expliqué mardi matin au point.fr Me Patrick Maisonneuve.

Yvan Colonna est jugé en appel par la cour d'assises de Paris pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Érignac, le 6 février 1998, abattu en pleine rue à Ajaccio. Il a toujours clamé son innocence dans cette affaire pour laquelle il a été condamné, le 13 décembre 2007, à la réclusion criminelle à perpétuité.

--------

Retour Première page