Dans le Gouvernement Fillon 1 (mai 2007) ; Fillon 2 (juin 2007) ; Fillon 3 (mars 2008)

Eric Besson

Mars 2008. Remaniement ministériel, le "traître" Besson récompensé
Janvier 2008. Politique de Civilisation, Rupture et Ouverture : C'est le "traître" socialiste Besson qui évalue les ministres de droite UMP ... et qui lance son club "Les Progressistes"
Novembre 2007. De nouveau Directeur du Conseil d'analyse stratégique (l'ancien Plan)
Septembre 2007. La TVA "sociale" attendra

"Il n'est pas du genre à agir sur un coup de tête", Sylvie Brunel, sa femme (mars 2007)
Appouvé par sa fille, la romancière Ariane Fornia (Août 2007)

Portrait (mars 2007) ; Bio-Express (mars 2007) ;

Eric Besson, dit "le traître Besson" pour avoir en pleine campagne présidentielle 2007 abandonné bruyamment sa candidate, Ségolène Royal, pour rejoindre officiellement l'adversaire de celle-ci, Nicolas Sarkozy - qui l'utilise immédiatement contre elle

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12 juin 2007. Eric Besson, ancien conseiller de Jean-Marie Messier, et du parti socialiste, et Jean-Louis Borloo, avocat d'affaires, sont chargés de la TVA "sociale" ; une TVA injuste et dangereuse selon Ségolène Royal ;

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Portrait
Eric Besson, 48 ans. Un mois après sa démission du PS, minimisée par Ségolène Royal et commentée comme un pétage de plombs, il publie un livre vengeur contre la candidate.

Le monsieur te répond Par Edouard LAUNET, Libération, Portrait, QUOTIDIEN : jeudi 29 mars 2007, p. 35

«Qui connaît Monsieur Besson ?» De plus en plus de monde, au train où vont les choses. Y compris, sans doute, les ouvrières de la Somme à qui Ségolène Royal avait lancé cette phrase , manière de dire : un type a démissionné du secrétariat national du PS pour des histoires internes, on ne va tout de même pas en faire un plat.

L'affaire aurait pu en rester là. Mais les «raisons personnelles» que «Monsieur Besson» avait invoquées pour justifier son départ sans avoir à l'expliquer ont trouvé des traducteurs dans l'entourage de la candidate. «La vie privée d'Eric Besson est un naufrage, il a pété les plombs», ont-ils déchiffré en substance.
Ces gentillesses parviennent aux oreilles de l'intéressé, qui, ulcéré, décide illico d'ouvrir le lance-torpilles. Tube n° 1 : départ du PS pour couper les derniers ponts. Tube n° 2 : conférence de presse pour dénoncer les dérives du parti. Tube n° 3 : parution la semaine dernière d'un livre d'entretiens rédigé ventre à terre pour développer cet impératif : «Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République.» Le porte-avions Ségolène n'a guère tangué, mais le kamikaze a réussi un suicide politique sans précédent.

Un petit bureau chez Grasset, son éditeur. Patient, courtois, Eric Besson est prêt à argumenter sur chaque minute d'un parcours politique entamé en 1993. Les convictions, l'ascension, les doutes, la rupture, le déballage, car «on ne touche pas à ma famille». Il était «prêt à partir en silence», mais on s'en est pris à sa femme, à sa fille aînée. Alors il va dire comment il en est arrivé à douter du PS, parti auquel il a consacré plus de dix ans de sa vie. On vous la fait courte : Ségolène est «fondamentalement dans la société post-industrielle», genre écolo-défaitiste, et par ailleurs héraut d'une démocratie participative proche du «populisme». Lui croit encore en «l'émancipation par l'alliance du progrès technique et du progrès social», et tient à la démocratie représentative. Ce ne sont pas des problèmes d'ego qui l'ont poussé au clash, mais des raisons de fond.

Beaucoup de ses anciens camarades en doutent, grincent sur «son ambition ministérielle contrariée». Pas sa femme. «Il n'est pas du genre à agir sur un coup de tête», assure Sylvie Brunel, économiste et géographe, ancienne présidente de l'ONG Action contre la faim (ACF). Après «des années de travail de fourmi dans l'ombre», il avait pris la peine de sortir discrètement, parce que le parti «ne servait plus les valeurs auxquelles il croyait». Et voilà qu'on le tacle.

«Il était écoeuré

Jusqu'à très récemment, Eric Besson, député PS depuis 1997, membre du conseil national depuis 2000, était un quasi-inconnu pour le grand public (mais pas pour la presse). «On me disait : "Tu es trop lisse, trop gentil, tu ne seras jamais dans les grands noms du parti." Et maintenant on voudrait me présenter en quasi-serial killer ?»

La discrétion n'a pas toujours été son fort.
En 1982, après s'être fait bouler au concours de l'ENA, il se paye un quart de page de pub dans le Monde pour clamer «Je ne crois pas que l'Etat soit le seul à satisfaire l'intérêt général» et proposer ses services au privé. Il y fera une carrière vive et variée, jusqu'à la tête de la fondation Vivendi, les bonnes oeuvres de Jean-Marie Messier.
Un proche témoigne : «C'est une des rares personnes qui a réussi une belle carrière dans le privé avant de percer en politique. Il a apporté une forte culture d'entreprise au PS.» Itinéraire hétérodoxe, qui se serait achevé de manière hétérodoxe, très «société civile» (Servan-Schreiber, Giroud, Tapie, etc.).

La greffe culturelle n'aurait pas pris. «Il y a eu une accumulation de vexations, qu'il a encaissées jusqu'à ce que le vase déborde», poursuit cet ami. La goutte d'eau de la rumeur.
Sylvie Brunel, qui vient elle-même de rendre sa carte du PS, approuve l'attitude de son mari : «C'est par des ruptures qu'on reste fidèle à soi-même.» Propos d'experte : en 2002, Brunel avait brutalement démissionné de la présidence d'ACF, après dix-sept ans d'engagement dans les ONG, provoquant un scandale en tonnant dans Libération : «Les organisations humanitaires sont devenues un business
Dans la famille «je claque la porte», la fille aînée n'est pas mal non plus. A 13 ans, Alexandra réglait déjà ses comptes avec la terre entière dans un livre ( Dieu est une femme, Denoël, sous le pseudo d'Ariane Fornia) avec une plume incroyablement déliée. Sur son député de père, elle écrivait : «Grenouille de bénitier sur les bords, il communie dans l'oecuménisme des socialistes rédempteurs
Quatre ans plus tard, depuis l'internat d'un grand lycée parisien où elle est en hypokhâgne, Alexandra persiste et signe : «Mon père a gâché une bonne partie de sa vie privée dans la politique, avec des gens qui ne lui en sont même pas reconnaissants

Pour ceux qui voulaient donner au coup d'éclat de Besson un motif tout sauf politique, il était tentant de brosser cette famille en grande pétaudière.
Ses membres réfutent absolument. «Chacun mène sa barque mais nous sommes tous solidaires», résume Sylvie Brunel. Quant à la «grenouille de bénitier sur les bords», elle s'affirme agnostique. Eric Besson a juste juré fidélité à une philosophie qu'il se serait forgée dès ses 12 ans dans la rude réalité d'un collège de jésuites, et qui tient en trois mots, nous citons : «Action, justice, fatalisme.» Se battre tout le temps, avoir le souci permanent de la justice, et, une fois qu'on a agi, advienne que pourra.
Le fatalisme, c'est sa «fibre méditerranéenne». Il est né au Maroc d'une mère d'origine libanaise et d'un père pilote-instructeur pour l'armée française, qui s'est tué en vol trois mois après sa naissance. Il a passé là-bas ses dix-sept premières années.

La seule référence culturelle qu'il concède, c'est l'Homme révolté de Camus. Et la grande date, c'est le 6 septembre 1989 : «Le jour de la naissance de mon premier enfant, mes doutes existentiels se sont évanouis.»
Sa première apparition publique, il l'a faite en bébé dans une chronique d'Alexandre Vialatte, car figurez-vous que l'auteur de L'éléphant est irréfutable était son parrain (et une relation de sa grand-mère). L'irréfutabilité de l'éléphant est une image qui poursuit Besson ces jours-ci, il veut bien l'admettre.

Bon, on n'en serait pas à parler de tout ça s'il avait bien voulu patienter jusqu'à la fin mai pour sortir son pamphlet (ou ne pas l'écrire du tout, comme le lui avait conseillé sa mère). «Imaginez que j'aie attendu et que le bouquin soit sorti après la défaite de Royal. On m'aurait dit : "C'est inélégant, c'est le coup de pied de l'âne."
Et s'il était paru après sa victoire, on m'aurait reproché de ne pas avoir prévenu avant !» Car il pense désormais que Sarkozy et Bayrou sont «plus qualifiés» que la candidate du PS pour diriger la France.

«Il est d'une génération qui s'est mise à douter de ce que la politique pouvait réellement apporter», diagnostique un autre quadragénaire du PS. L'avenir, «Monsieur Besson» le brosse en trois mots : «Tout est ouvert.» Dirigeant dans le foot (une passion) ? Il ne dirait pas non, mais ça ne sera sans doute pas à Nantes, dont le maire Jean-Marc Ayrault commentait récemment : «C'est triste, cette dérive personnelle

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BIO-Express (2007) Eric Besson en 8 dates

1958 Naissance à Marrakech.
1983 Cadre chez Renault Véhicules Industriels.
1985 Rédacteur en chef du magazine Challenges.
1989 Conseil en ressources humaines.
1993 Adhère au PS.
1995-1997 Maire de Donzère, puis député de la Drôme.
14 février 2007 Démissionne du PS.
20 mars 2007 Publie Qui connaît Madame Royal ?

Par Edouard LAUNET, Libération, Portrait, QUOTIDIEN : jeudi 29 mars 2007, p. 35

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Gouvernement. Les ministres de l'ouverture. Besson rebondit chez Fillon. Il est nommé secrétaire d'Etat à la Prospective et à l'Evaluation des politiques publiques. Par Muriel GREMILLET, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

C'est finalement la droite et Nicolas Sarkozy qui lui auront donné le poste ministériel dont il rêvait.

Eric Besson, 49 ans, ancien expert économique du PS, a dit avoir ressenti vendredi un «sentiment d'honneur» à sa nomination comme secrétaire d'Etat à la Prospective et à l'Evaluation des politiques publiques.
Il sera directement rattaché au Premier ministre.

Comme il l'avait annoncé, il ne se représentera pas aux législatives, dans la Drôme.
Si les socialistes ont critiqué sa nomination, lui préfère vanter l'oecuménisme de Sarkozy. «C'est une main tendue qui sera bénéfique pour la réforme de la France.»

Auteur d'un succès de librairie, Qui connaît madame Royal ? (Grasset), il était un socialiste atypique qui a fait carrière dans le privé après avoir raté l'ENA.
Carrière qui l'a notamment mené à la tête de la Fondation Vivendi quand Jean-Marie Messier était patron du groupe.
Par Muriel GREMILLET, Libération, QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

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mardi 12 juin 2007, 18h28 TVA sociale: François Fillon demande à Jean-Louis Borloo et Eric Besson de "lancer la réflexion"

PARIS (AP) - Le Premier ministre François Fillon a chargé mardi son ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo et le secrétaire d'Etat chargé de la Prospective Eric Besson de "lancer la réflexion" sur la "TVA sociale", selon un communiqué de Matignon.

François Fillon a transmis aux deux ministres "une lettre de mission pour lancer la réflexion sur la 'TVA sociale'", rapporte Matignon. Cette étude associera les partenaires sociaux dans le cadre d'une "concertation approfondie", souhaite le Premier ministre.

Il est "essentiel (...) que le travail et l'investissement soient à l'avenir moins taxés dans notre pays", estime le Premier ministre dans la lettre de mission adressée à Jean-Louis Borloo, et dont une copie a été envoyée à l'Associated Press.

Le Premier ministre observe que ce mécanisme se traduirait par "le transfert d'une partie des charges grevant le travail vers des prélèvements qui, à l'image de la TVA, ne pèsent pas exclusivement sur les entreprises et les salariés qui produisent en France, mais aussi sur les importations". Les partisans de ce système expliquent qu'il entraîne à la fois une hausse du prix des produits importés et une baisse du coût de production pour ceux qui sont fabriqués en France.

Le ministre de l'Economie devra étudier "la possibilité d'affecter une partie de la TVA au financement de la protection sociale, en contrepartie d'une baisse des charges sociales pesant sur le travail".

A lui d'identifier "précisément les dépenses que la nouvelle ressource fiscale serait susceptible de financer" ainsi que "les prélèvements qui pourraient être réduits en contrepartie". Il n'est pas précisé si les réductions de cotisation sociales affecteront les cotisations patronales ou salariales ni quels sont les produits qui seraient concernés par la hausse de la TVA. M. Fillon lui demande de "dégager plusieurs options", sans imposer de calendrier.

Eric Besson sera, lui, chargé d'une "étude prospective et comparative" sur le sujet. Il devra évaluer "les options ouvertes pour la mise en place d'une 'TVA sociale' et les effets économiques d'une telle mesure". Il devra rendre sa copie "dès que possible" et établira "au besoin" un premier "rapport d'étape dès juillet".

Le Premier ministre a confirmé lundi soir son intention d'ouvrir le chantier de la TVA sociale, tout en assurant qu'une éventuelle mise en place de ce système ne conduira pas à un alourdissement des impôts. Au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy s'était engagé à expérimenter ce système, notamment pour limiter les délocalisations. AP

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JDD Politique 13/06/2007 - 09:25

Royal: TVA "sociale" injuste et dangereuse

Ségolène Royal a déclaré mercredi que le projet de TVA "sociale" du gouvernement était socialement très injuste et économiquement très dangereux.
"Je ne reproche pas au nouveau gouvernement de chercher des solutions, mais ce que je lui demande c'est d'être honnête et clair sur ses intentions et si possible avant les élections", a déclaré l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle sur RMC.
"Je pense que ce gouvernement, puisqu'il a fait beaucoup de promesses fiscales notamment qui va profiter aux plus privilégiés, a besoin de trouver des ressources nouvelles pour les financer. Ces ressources nouvelles manifestement seront trouvées par un impôt, c'est-à-dire l'augmentation de la taxe sur la consommation touchant les catégories moyennes et modestes", a déploré la présidente de Poitou-Charentes.

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La TVA sociale mijotera jusqu’aux municipales
Faute de conjoncture favorable, la parution du rapport Besson est repoussée.
Par Muriel Gremillet, Libération, QUOTIDIEN : mercredi 5 septembre 2007, p. 8

«Franchement, ça n’est guère le moment.»
Dans l’entourage d’Eric Besson, le secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, on la joue modeste. Le rapport attendu sur la TVA sociale, qui devait être rendu cette semaine au président de la République et au Premier ministre, attendra sans doute encore un peu.

La TVA sociale doit permettre de baisser une partie des cotisations payées par l’employeur sur les salaires, contre une augmentation de la TVA. Un dispositif qui doit assurer de nouvelles sources de financements pour la protection sociale, tout en baissant le coût du travail (voir Libération du 10 août).
Le sujet avait été lancé entre les deux tours des législatives par une confidence maladroite de Jean-Louis Borloo. La gauche s’était engouffrée dans le débat, fustigeant un impôt injuste.

Pédagogie.

Après un été d’atermoiements, le message paraît simple : il n’y aura pas de hausse de la TVA au nom de la création d’une TVA sociale.
François Fillon comme le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, le répètent : la mesure n’est pas opportune.
La conjoncture morose semble avoir eu raison des efforts de pédagogie qu’appellent de leurs vœux un certain nombre de députés favorables à la mesure. «Les Français voient les prix s’envoler, note un député UMP.
Et ils ne voient pas encore la traduction directe sur leur fiche de paie du travailler plus pour gagner plus . Alors on ne va pas les embrouiller avec des problèmes de TVA.»

Pierre Méhaignerie, député UMP et président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, très en verve pour torpiller le projet, abonde : «Alors que nous connaissons une conjoncture faible, la mesure n’est pas très favorable, dit-il. L’urgence est plutôt de faire toutes les réformes de structure dont la France à besoin.»

Comme celle sur les licenciements, ou l’assouplissement du CDI. Il avance aussi un autre argument pour repousser le sujet : il y a trois ans, François Fillon, alors ministre du Travail, avait mis en place de gros allégements de charges sur les bas salaires. Des allégements qui ont profité à des secteurs industriels justement frappés par la concurrence internationale. «Qu’on fasse le bilan de ces allégements, en quoi ont-ils aidé les secteurs menacés par la concurrence internationale», avant de repartir pour un nouveau cycle d’allégements.

Précautions.

Méhaignerie a cependant mis de l’eau dans son vin. Certes, il continue à parler de «fausse bonne idée» au sujet de la TVA sociale. «Mais si les réformes de structures sont faites, d’ici huit mois, on pourra en reparler.»
Une fois les municipales passées.

Les élus un peu plus dégagés des contraintes électorales utilisent moins de précautions oratoires. Jean Arthuis, sénateur UDF de la Mayenne, estime que « la majorité comme l’opposition devraient sortir de leurs tabous. Nous avons un problème de compétitivité en France. Je n’ai pas l’intention de baisser la garde sur la TVA sociale.»

Et finalement, peut-être plus que le rapport Besson, c’est celui de Jérôme Chartier, député UMP du Val d’Oise qui semble attendu par la majorité. «Besson donne des chiffres, des cadrages, mais n’ira pas plus loin.
Chartier et les parlementaires vont proposer un package fiscal qui proposera de la TVA sociale mais aussi d’autres mesures , explique un député UMP, plutôt en faveur de la mesure. A la fin, on sait que c’est l’Élysée qui tranchera.»
Comme en toute matière.

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Il l'a dit «Il faut remettre la stratégie prospective au coeur de l'action de l'Etat.»
Magazine Challenges | 08.11.2007 | Réagir à cet article

Il l'a dit : Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective. Il reprend la direction du Conseil d'analyse stratégique.

L'A-T-IL FAIT ?

L'ex-responsable économique du PS prend en main la direction de l'ex-Plan.
Eric Besson, secrétaire d'Etat à la Prospective, reprend la direction générale laissée vacante du Conseil d'analyse stratégique (CAS).

Cet organisme, directement rattaché au Premier ministre, était dirigé par Sophie Boissard, nommée par Dominique de Villepin. Dès son arrivée au gouvernement, Eric Besson lorgnait les équipes et l'héritage de l'institution fondée en 1946 par le général de Gaulle et Jean Monnet.

Sophie Boissard avait été recasée au cabinet de Christine Lagarde pour laisser la place libre. Il était évident qu'un jour ou l'autre le secrétariat d'Etat à la Prospective marcherait sur les plates-bandes du CAS. C'est chose faite.

Eric Besson trouve là une façon d'appliquer ses idées en matière de planification. Son modèle est le pragmatisme anglo-saxon. Après avoir été mûri au sein de commissions pluridisciplinaires, l'impact d'un projet de loi ayant une implication économique et sociale d'avenir doit être testé avant et vérifié dans son application réelle après son adoption.

C'était le dispositif qu'Eric Besson avait souhaité pour la TVA sociale... avant que celle-ci ne soit remise aux calendes grecques.

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C'est Eric Besson qui va évaluer les ministres
Le Parisien, 16 janvier 2008, p. 9

FRANÇOIS FILLON n'a pas renoncé à l'idée de noter ses ministres, bien au contraire. Les Français le sont bien dans leur vie professionnelle, a-t-il plaidé hier lors de ses vœux.
Ce n'est plus le cabinet privé Mars & Co (seulement chargé de chiffrer les objectifs) qui sera à la ma­nœuvre, mais ses propres services, « avec le concours» de l'ex-socialiste Eric Besson, secrétaire d'Etat à l'Evaluation des politiques publiques.
Ce dernier a été autorisé à recruter 10 personnes issues à parité des secteurs public et privé. Cinq sont déjà arrivées et devront fournir les critères d'évaluation.

Accueillie fraîchement par le président de l'Assemblée Bemard Accoyer, pour qui cette expertise est d'abord le rôle du Parlement, qualifiée de « gadget» par la gauche, l'initiative est donc réaffirmée par le chef du gouvernement, qui entend, le cas échéant, «redresser les situations » quand un engagement n'est pas tenu et rendre partiellement publiques ses conclusions.

Même si Besson précise que l'idée n'est pas « de punir, mais d'aider, de montrer quels sont les blocages », sa mission a de quoi susciter la méfiance de ministres UMP : certains ne goûtent guère l'idée d'être évalués par un ancien adversaire politique.

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«Fillon met en œuvre des réformes sociales-démocrates»
Gouvernement. Eric Besson lance son club les Progressistes. Tony Blair est son invité.
Recueilli par PAUL QUINIO Libération QUOTIDIEN : jeudi 31 janvier 2008 p. 10

Eric Besson jure que le calendrier n’a rien à voir avec les municipales. Et que son objectif n’est en rien d’irriter un peu plus ses anciens camarades socialistes. Toujours est-il que le secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Evaluation des politiques publiques organise aujourd’hui à la Sorbonne un colloque sur «la voie progressiste», véritable lancement de son club les Progressistes. Parmi ses invités, le ministre brésilien de la Prospective Roberto Mangabeira Unger, l’anglais et théoricien de la troisième voie Anthony Giddens, ou encore Claude Allègre, toujours très courtisé par Nicolas Sarkozy. Mais surtout Tony Blair, l’ex-Premier ministre travailliste britannique, qui sera donc une nouvelle fois à Paris, après sa visite au conseil national de l’UMP le 12 janvier. François Fillon participera au raout. Nicolas Sarkozy devrait, lui, recevoir tout ce monde le soir à l’Elysée.

Mondialisation et progrès, lutte contre les inégalités, rôle de l’Etat, c’est un colloque du PS que vous organisez ! Par où passe votre «voie progressiste» ?

Je crois qu’un mouvement mondial est en train de naître sur la nécessité de réguler la mondialisation. La mondialisation existe, c’est une opportunité. Mais je constate en même temps qu’elle ne peut pas être livrée à elle-même. Le progressisme n’est ni un protectionnisme ni un libre-échangisme béat qui pense que le commerce peut tout régler. Car le capitalisme mondialisé est un fleuve impétueux, source de création de richesses, mais qui a besoin d’être canalisé pour ne pas emporter sur son passage les digues sur les questions sociales, le rôle de l’Etat, les inégalités.

Prenons le rôle de l’Etat par exemple…

Il faut passer d’un Etat stratège à un Etat prévoyance, régulateur, certainement pas un Etat providence. La question qui compte à la fin, c’est la satisfaction de l’usager, et à quel prix pour la collectivité. Je pense que pour y arriver, il faut développer les partenariats entre public et privé, un domaine où les Anglais sont à la pointe.

Supprimer des fonctionnaires dans l’éducation, c’est progressiste ?

Ce qui est progressiste, c’est d’adapter l’Etat, faire en sorte que les fonctionnaires soient mieux utilisés, mieux rémunérés et que la dépense publique baisse, car elle est objectivement trop importante.

Le progressisme en banlieues, avec des dépenses publiques qu’il faut baisser, ça donne quoi ?

Donner à chacun les outils pour maîtriser son destin s’applique particulièrement bien à la banlieue. Je pense qu’il faut y faire un vrai effort d’insertion et d’individualisation des aides. Il y a surtout besoin d’augmenter le nombre de logements sociaux en France. C’est une nécessité absolue.

La crise financière mondiale et celle de la Société générale ne vous donnent-elles pas tort sur la possibilité de réguler la mondialisation ?

Au contraire. Ces crises démontrent que la spéculation a pris un poids excessif. Comment faire pour que les grands pays se mettent d’accord sur des règles, une fiscalité, défavorables à la spéculation ? Il y a un besoin évident de régulation des règles financières internationales, mais elle ne peut se faire que de manière coordonnée. Je ne crois pas plus à la régulation du capitalisme dans un seul pays que naguère au socialisme dans un seul pays.

C’est pour ça que vous avez invité des progressistes de tous les pays et notamment Tony Blair ?

Ce qui m’intéresse chez Tony Blair, c’est l’idée selon laquelle dans la mondialisation, ceux qui restent immobiles sont mécaniquement perdants. Seuls ceux qui s’adaptent, innovent, évoluent, peuvent gagner. On peut être en désaccord avec lui sur tel ou tel point, mais sa réflexion, offensive, sur l’adaptation à la mondialisation a marqué la gauche et le centre gauche. Son réformisme assumé, son progressisme ne biaise pas avec le fait que nous nous situons dans une économie de marché. Pourquoi dans les pays du Nord de l’Europe, les gens considèrent-ils que la mondialisation est une chance, et les Français, un risque ? C’est la grande leçon de ces pays : ils sont les plus ouverts à la compétition internationale, et en même temps ils offrent les plus fortes protections sociales à leurs citoyens.

Avec une fiscalité adaptée…

C’est le gros problème pour les progressistes dans les vingt ans qui viennent : alors que la demande de protection augmente, l’acceptation de l’impôt, elle, est en train de diminuer. Il faut réfléchir à des impôts plus justes et plus indolores.

Progressisme et socialisme, c’est pour vous une rime désormais pauvre ?

Le PS n’a pas voulu arbitrer entre deux lignes contradictoires et la recherche permanente de la synthèse masquait de trop grandes divergences de fond. Et quand Ségolène Royal - par ailleurs habile et très déterminée en ce moment - redit qu’elle rassemblera d’Olivier Besancenot à François Bayrou, je pense qu’elle s’engage dans une impasse. Le paradoxe, c’est que le gouvernement Fillon est en train de mettre en œuvre des réformes qui partout ailleurs ont été menées par des sociaux-démocrates depuis quinze ans.

Nicolas Sarkozy, premier adhérent des progressistes version Besson ?

Le président de la République est un régulateur. Il plaide en permanence pour une adaptation des règles du jeu, par exemple quand il parle du G 14 pour remplacer le G 8, quand il évoque le rôle de la BCE [Banque centrale européenne] qui doit prendre en compte les problèmes de croissance et d’emploi autant que l’inflation, quand il réaffirme la nécessité d’une politique industrielle. La France est enfin en train de se mettre dans le chemin des démocraties sociales avancées.

Où en est votre rivalité avec Jean-Marie Bockel (le secrétaire d’Etat à la Coopération) pour incarner l’aile gauche du sarkozysme ?

J’ai toujours nié être en rivalité avec qui que ce soit. L’idée d’une fusion après les municipales est dans l’air.

Vous êtes donc un sarkozyste de gauche heureux ?

Quand Nicolas Sarkozy m’a demandé de le rejoindre, il m’a dit clairement : «Je ne te demande pas de te renier, de renoncer à ce que tu es. Tu es un homme de gauche, reste-le.» J’appartiens à la majorité présidentielle, mais je crois au mouvement. Et je crois que la réforme est plus prometteuse que le statu quo. Elle n’est pas forcément un sacrifice.

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Remaniement : Eric Besson chargé du développement de l'économie numérique
ZDNet.fr - Mercredi 19 mars, 00h12

Le secrétaire d'État chargé de la Prospective, de l'évaluation des politiques publiques prend en charge le développement de l'économie numérique. Rattaché au Premier ministre, le fraichement réélu maire de Donzère (Drome) ne figurait pourtant pas parmi les membres du gouvernement le plus souvent cités pour assurer cette charge.

Dans la liste des candidats potentiels dressée par ZDNet.fr, ce sont les noms de Valérie Précresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et d'André Santini, secrétaire d'Vtat en charge de la Fonction publique, qui figuraient en bonne place.

Membre du gouvernement depuis mai 2007, l'ex-secrétaire national à l'économie du PS avait rejoint le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. En septembre dernier, il a lancé le mouvement politique « les progressistes » dont il est président.

Le 22 novembre, lors d'un colloque consacré à la place de l'Europe dans la mondialisation, Eric Besson a formulé quelques propositions au nom de la France, qui pourraient constituer une ébauche de sa politique pour l'économie numérique : renforcer la proprection intellectuelle, mener une politique d'encouragement à l'innovation dans les PME et donner aux PME un accès privilégié aux marchés publics.

Des propositions qui pourraient se traduire par une action en faveur du brevet logiciel, la poursuite d'une politique de lutte contre le téléchargement illégal, le renforcement des mesures fiscales du type « crédit impot recherche » et la mise en oeuvre d'un « small business act ». Autant de mesures demandées par les associations professionnelles comme l'Afdel et Syntec informatique.

Pour en savoir plus : Quaero : Bruxelles avalise les 99 millions d’euros alloués par la France CeBIT 2008 - Sarkozy fixe des objectifs minimums pour l'équipement des ménages
La rédaction, ZDNet France

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