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(Une plaisanterie socialiste de Bernard Langlois)
Silvio Berlusconi

19 juin 2008 : Après sa victoire électorale il fait suspendre les procès pour des faits commis avant le 30 juin 2002 ...
08 juillet 2006 : Après son échec électoral de nouveau en accusation pour "fraude fiscale et abus de biens sociaux"
10 mars 2006 : A l'approche des législatives, nouvelle inculpation ...
03 octobre 2005 : Relaxe
13 janvier 2004 : Le Cavaliere perd son immunité
18 juin 2003 : Silvio immunisé
10 janvier 2002 : Silvio Berlusconi déplace son juge
15 décembre 2001 : Tribunal pénal de Milan, défaite pour la défense de Silvio Berlusconi
11 décembre 2001 : Bruxelles, M. Silvio Berlusconi refuse, puis accepte sous conditions, la création du mandat d'arrêt européen

MILAN - En Italie, le premier ministre Silvio Berlusconi a subi une défaite devant un tribunal de Milan dans un procès pour corruption de juges.
Par ailleurs, la cour a précisé que des documents transmis par la Suisse pourront bien être utilisés.

Le président du Conseil italien figure au banc des accusés en compagnie de son ancien ministre de la Défense Cesare Previti. Pour l'accusation, des pots-de-vin de plusieurs millions de francs auraient transité sur des comptes en Suisse.
Afin de demander l'annulation des documents transmis par la justice suisse, la défense avait invoqué la très controversée loi italienne d'entraide judiciaire, qui prévoit que tout document ayant un vice de forme par rapport aux normes italiennes sera inutilisable.
Une requête qui a été rejetée par la première section pénale du tribunal de Milan, a indiqué samedi l'agence italienne Ansa. Pour motiver leur décision, les juges ont expliqué que l'entraide judiciaire s'est déroulée en conformité avec la législation internationale en la matière.
La loi italienne a été adoptée au Parlement par la majorité de Silvio Berlusconi, qui a fait lui-même l'objet de plusieurs procédures judiciaires ces dernières années. L'opposition a accusé M. Berlusconi d'avoir fait passer ce texte pour régler ses problèmes judiciaires.
Cette loi risque notamment d'annuler les effets d'un accord italo-suisse signé en 1998, qui est censé faciliter l'entraide judiciaire. Avant de le ratifier définitivement, Berne entend examiner comment les tribunaux italiens vont appliquer cette loi.
Récemment, les tribunaux de Milan et Turin avaient déjà refusé, dans le cadre d'autres affaires, d'annuler des documents transmis par la justice suisse.

(SDA-ATS\/fb wac/c4ita c5swi jus reg fin) © ATS, Edicom News, Samedi 15 décembre 2001, 15:29

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11 décembre 2001 : Après un premier refus de M. Sylvio Berlusconi, L'Italie accepte sous conditions le mandat d'arrêt européen

A quelques jours du sommet européen de Laeken (note dt, qui verra la désignation de M. Valéry Giscard d'Estaing comme président le la convention chargée de construire l'organisation politique de l'Europe), l'Italie a finalement accepté le projet de mandat d'arrêt européen. Le Parlement italien devra toutefois adopter des lois le rendant compatible avec le système judiciaire italien pour que son application puisse être effective.

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a annoncé, mardi 11 décembre, que l'Italie accepterait le projet de mandat d'arrêt européen tel que défini par l'Union européenne. M. Berlusconi a, toutefois, conditionné son application à l'adoption de lois, par le Parlement italien, le rendant compatible avec le système judiciaire national.

"L'Italie accepte le mandat d'arrêt européen défini par le conseil des ministres de la justice et de l'intérieur de l'UE du 6 décembre 2001" à Bruxelles, a déclaré M. Berlusconi à l'issue d'un entretien de deux heures à Rome avec son homologue belge, Guy Verhofstadt.

"Pour appliquer la décision-cadre sur le mandat d'arrêt européen, le gouvernement italien devra lancer des procédures de droit interne afin de la rendre compatible avec les principes suprêmes de l'ordre constitutionnel dans le domaine des droits fondamentaux et pour rapprocher son système judiciaire des modèles européens dans le respect des principes constitutionnels", a expliqué M. Berlusconi.

Le premier ministre belge s'est déclaré "très content que l'Italie ait accepté le mandat comme il a été précédemment défini".

Jusqu'à ces derniers jours, l'Italie, seule contre tous, avait insisté pour que la corruption, le blanchiment d'argent et la fraude soient rayés de la liste des 32 crimes qui doivent faire partie du champ d'application d'un éventuel mandat d'arrêt européen. Devant la pression grandissante de ses quatorze partenaires, l'Italie a finalement fait machine arrière et trouvé un compromis acceptable pour ne pas se retrouver isolée au sommet de Laeken vendredi et samedi (14 et 15 décembre 2001).

Interrogé sur le temps que pourraient prendre de telles modifications, M. Berlusconi s'est retranché derrière la "volonté populaire", expliquant qu'il ne revenait pas à l'exécutif mais au Parlement de procéder aux modifications législatives. "Nous allons proposer rapidement au Parlement les modifications car nous travaillons déjà sur la réforme de la justice. Nous espérons que les temps seront rapides", a ajouté M. Berlusconi. Le Parlement italien est particulièrement connu pour sa lenteur et sa capacité à mettre sous le boisseau les projets de loi délicats.

En ce qui concerne l'hypothèse d'un rejet par le Parlement de ces modifications, M. Berlusconi a indiqué que, dans ce cas de figure, "il y aurait un espace judiciaire commun à certains pays et que d'autres n'y appartiendraient pas". "C'est comme pour la monnaie unique, l'euro, il y a des pays ayant un fort ancrage européen mais qui n'appartiennent pas à la zone euro", a affirmé le chef du gouvernement italien.
Avec AFP, LEMONDE.FR | 11.12.01 | 18h40

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Berlusconi déplace son juge Il fait écarter Guido Brambilla d'un procès dangereux pour lui.

Le président du Conseil et son ex-ministre de la Défense sont soupçonnés de corruption de magistrats lors de la privatisation du groupe alimentaire Sme en 1985.

Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, utilise une nouvelle fois son pouvoir pour arranger ses affaires judiciaires. Le garde des Sceaux, Roberto Castelli, vient d'ordonner le transfert «sans délai» du magistrat milanais Guido Brambilla chargé de juger, avec deux autres collègues, le président du Conseil et son ancien ministre de la Défense Cesare Previti. Les deux hommes sont soupçonnés de corruption de magistrats lors de la privatisation du groupe alimentaire Sme en 1985. Le transfert de Guido Brambilla, effectif depuis hier, risque d'annuler tout ou partie du procès qui constitue l'un des plus lourds dossiers judiciaires concernant l'actuel chef de gouvernement. Selon la procureure Ilda Boccassini, Silvio Berlusconi et Cesare Previti auraient payé le juge romain Renato Squillante afin qu'il déboute leur concurrent, Carlo De Benedetti, qui avait contesté les conditions d'attribution de la Sme.

Gain de temps.
Alors que les accusés font traîner en longueur le procès, le ministre de la Justice, Roberto Castelli, a ainsi décidé de ne pas prolonger le mandat de Guido Brambilla. Transféré depuis le mois d'octobre au tribunal de surveillance de Milan, celui-ci avait jusqu'à présent obtenu d'être prorogé ­ comme de coutume ­ pour conclure le procès Sme. Après avoir contesté la validité de la première prolongation de trois mois obtenue cet automne, le garde des Sceaux vient de refuser une deuxième prorogation. «C'est un choix dicté par la loi», a soutenu Roberto Castelli. «La prolongation aurait pu être régularisée», a rétorqué le procureur général de Milan Gerardo D'Ambrosio, ajoutant que le choix de transférer immédiatement le juge Brambilla «est une confirmation supplémentaire de la volonté de l'exécutif d'empêcher le déroulement du procès».

Au mois d'octobre, Cesare Previti s'était par exemple appuyé sur une nouvelle loi adoptée par la majorité parlementaire dont il fait partie en tant que député (tout comme ses avocats) pour demander le rejet des documents transmis à Milan par la magistrature suisse. Le texte voté prévoit en effet que le moindre vice de forme puisse rendre inutilisables tous les éléments acquis à l'étranger via commission rogatoire. La manoeuvre des défenseurs de Previti avait été vaine, le tribunal de Milan confirmant la validité des documents helvétiques.

Dimanche à la messe.
Depuis, l'escorte de la procureure Ilda Boccassini a été réduite et le sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Carlo Taormina, a demandé «l'arrestation des juges de Milan» avant d'être démissionné. Cesare Previti tente régulièrement de se soustraire à la justice en invoquant, pour justifier ses absences, son travail au Parlement. En 1999, pour ne pas interférer avec leurs fonctions de députés, Silvio Berlusconi et Cesare Previti avaient été convoqués au palais de justice un dimanche. Refus des intéressés : «Nous, le dimanche, nous allons à la messe.»

La poursuite du procès Sme est désormais dans les mains de la cour d'appel de Milan qui devra décider d'un éventuel «détachement» partiel du juge Brambilla du tribunal de surveillance, le temps de boucler l'affaire. Les défenseurs de Previti ont d'ores et déjà présenté une demande de «récusation» de Guido Brambilla, estimant qu'une telle dérogation serait illégitime.
Par Eric JOZSEF, Libération, 10 janvier 2002, p. 12

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Italie: Berlusconi protégé par le cadeau des députés
Ils ont approuvé, hier, la loi sur l'immunité.

Deux ans après son retour au pouvoir, Silvio Berlusconi s'est pratiquement mis hors de portée des juges. Bien qu'il ait affirmé mardi devant le tribunal de Milan, où il est accusé de corruption de magistrats, «qu'il n'avait pas donné son avis favorable à l'initiative», sa majorité de droite lui a offert hier une immunité en bonne et due forme.

Convocation. Après le Sénat au début du mois de juin, la Chambre des députés a approuvé hier un texte prévoyant la suspension des procès pour les cinq plus hautes autorités de l'Etat (présidents de la République, du Sénat, de la Chambre, de la Cour constitutionnelle et chef du gouvernement) durant l'exercice de leur mandat. En principe, dès que le chef de l'Etat, Carlo Azeglio Ciampi, aura signé le nouvel article législatif, d'ici à quelques jours, et que le texte sera publié au journal officiel, le procès milanais de Silvio Berlusconi sera suspendu. A moins que les procureurs ne fassent un recours devant la Cour constitutionnelle.

Ombre. Mais, vraisemblablement, l'immunité devrait permettre au chef du gouvernement de ne pas répondre à la prochaine convocation du tribunal de Milan, le 25 juin, et, en conséquence, de prendre, le 1er juillet, la présidence italienne de l'UE sans l'ombre des juges au-dessus de sa tête.

«Nous avons approuvé une loi d'intérêt général», a soutenu Isabella Bertolini, l'une des responsables de Forza Italia, en réponse au secrétaire des Démocrates de gauche, Piero Fassino, qui s'était indigné d'une norme visant uniquement «à protéger l'accusé Berlusconi». Mais, dans l'opposition aussi, certains ont préféré clore la question judiciaire, estimant qu'elle était politiquement contre-productive. «Contre le climat de conflit permanent» entre les pouvoirs politiques et judiciaires, le parti de centre gauche de l'Udeur s'est ainsi abstenu. De même, le quotidien Il Riformista, proche de l'ancien président (démocrate de gauche) du Conseil Massimo D'Alema, a estimé : «Ni l'Italie, ni l'Europe ne sont discréditées par la suspension du procès Berlusconi, parce que de telles mesures existent dans d'autres pays. La France et l'Europe seraient-elles plus saines si Chirac avait été jugé et condamné ?»

Référendum. A l'inverse, plusieurs responsables de l'opposition et une partie de la société civile continuent de protester. «La mesure sur l'immunité blesse la démocratie et humilie les citoyens», s'est par exemple insurgé l'ancien juge vedette Antonio Di Pietro, qui, avec d'autres dirigeants politiques, envisage de proposer un référendum populaire pour abroger la norme «sauve-Berlusconi».
Libération, Par Eric JOZSEF, jeudi 19 juin 2003

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(13 janvier 2004) Silvio Berlusconi à nu devant les juges
La Cour constitutionnelle italienne a invalidé la loi accordant l'immunité au chef du gouvernement.

Le Cavaliere a perdu son armure judiciaire. En juin, à la veille du semestre italien de présidence européenne, le chef du gouvernement s'était très opportunément offert une immunité pour échapper au procès dans lequel il est accusé de corruption. Coup de théâtre : hier, la Cour constitutionnelle a solennellement déclaré que la loi, adoptée au pas de charge par sa majorité, est «illégitime». Saisis par le parquet de Milan, les juges ont ainsi estimé que le texte octroyant une immunité pour les cinq plus hautes autorités de l'Etat ­ à savoir le chef de l'Etat, les présidents de la Chambre des députés et du Sénat, le président de la Cour constitutionnelle et le président du Conseil ­ ne respectait pas deux points de la Constitution. En particulier l'article 3 qui affirme le principe d'égalité des citoyens devant la loi.

Alors que, le mois dernier, le président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, a déjà refusé de contresigner la réforme de l'audiovisuel ­ mise en place par Berlusconi et favorable à son empire Mediaset ­, cette décision constitue un véritable camouflet pour le chef du gouvernement.

Coupables. Concrètement, Berlusconi devra, dans les prochaines semaines, retourner à la barre pour répondre de l'accusation de corruption du magistrat Renato Squillante, ancien responsable des juges des enquêtes préliminaires de Rome. L'affaire est d'autant plus embarrassante pour le président du Conseil que la plupart de ses coïnculpés ont déjà été condamnés en novembre. En effet, en vue de l'approbation en juin de la loi sur l'immunité, le tribunal de Milan avait préféré mettre le cas de Silvio Berlusconi de côté. Mais les audiences se sont poursuivies pour les autres accusés... jusqu'au verdict de novembre. Cesare Previti, son proche collaborateur et ancien ministre de la Défense, a ainsi été reconnu coupable. Estimant qu'il avait «régulièrement rétribué» Renato Squillante «pour le compte de la Fininvest» (le holding qui chapeaute Mediaset), il a écopé de cinq ans de réclusion tandis que l'ancien juge était, lui, condamné à huit ans de prison. Seule consolation pour Silvio Berlusconi : c'est un autre collège de magistrats qui sera chargé de le juger.

«La légalité a gagné», s'est félicité hier le secrétaire de Démocrates de gauche, Piero Fassino. «C'est un jour très positif», lui a sobrement fait écho Francesco Rutelli, le leader de la Marguerite (centre gauche). Dans l'opposition, on fait ainsi part de sa satisfaction sans toutefois exulter. Contrairement à l'ancien juge et fondateur du petit parti L'Italie des Valeurs, Antonio Di Pietro, qui avait lancé une proposition de référendum populaire pour abroger la loi sur l'immunité, la plupart des responsables de la gauche ont en effet préféré éviter d'attaquer Berlusconi sous l'angle de ses problèmes judiciaires. Jugeant le terrain miné et considérant qu'une telle opération renforcerait le chef du gouvernement, ils s'étaient montrés réticents à soutenir le projet de référendum. «Hourra ! s'est, au contraire, écrié Di Pietro. Nous avons toujours soutenu qu'il s'agissait d'une loi inconstitutionnelle et immorale.»

«Maudits communistes.» A l'inverse, pour la majorité de droite, la décision de la Cour constitutionnelle constitue «une sentence politique». «Ce sont des maudits communistes», s'est insurgé l'avocat et ancien secrétaire d'Etat (Forza Italia) à la Justice, Carlo Taormina. «C'était une loi qui visait à protéger les institutions et les plus hautes charges de l'Etat en s'inspirant de normes en vigueur dans quasiment tous les pays européens», a commenté le coordinateur de Forza Italia, Sandro Bondi.

«Il va falloir réfléchir», a toutefois souligné le chef des députés de la Ligue du Nord, Alessandro Cè. Jusqu'à présent aux avant-postes pour défendre Berlusconi face à ses juges, le parti autonomiste préfère ainsi jouer de prudence. Et cela au moment où son leader et ministre des Réformes, Umberto Bossi, menace de retirer ses troupes du gouvernement. Alors que les sondages montrent une majorité affaiblie et que les rumeurs de remaniement se multiplient, Berlusconi a finalement choisi le jour de la sentence de la Cour constitutionnelle pour réagir. Hier soir, avec ses alliés, il a entrepris un bilan de l'action gouvernementale.
Libération, Par Eric JOZSEF, mercredi 14 janvier 2004, p. 8

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(Octobre 2005) Berlusconi, quatre acquittements, une amnistie
Le tribunal de Milan a relaxé le président du Conseil pour l'un de ses derniers procès.

En chute libre dans les sondages, en proie aux divisions de sa majorité, Silvio Berlusconi peut au moins avoir un motif de satisfaction : à l'approche de la fin de la législature, il est pratiquement sorti d'affaire sur le plan judiciaire. Lundi, le tribunal de Milan l'a relaxé pour l'un de ses derniers procès, portant sur la constitution de caisses noires off-shore. Les juges ont dû prendre acte que «le fait [reproché] n'est plus considéré par la loi comme un délit».

Raids boursiers.
En 2001, peu après son retour au pouvoir, la coalition de droite avait en effet voté la dépénalisation partielle du faux en bilan, permettant hier l'acquittement final du président du Conseil et de trois anciens managers de son holding, la Fininvest. L'affaire dite All Iberian a débuté en 1995, lorsque la justice soupçonne cette société basée à Jersey de servir à Berlusconi à décrocher des fréquences télévisées, lancer des raids boursiers ou entretenir ses amitiés politiques. Plus de 10 millions d'euros auraient notamment fini dans les caisses du Parti socialiste de l'ex-président du Conseil Bettino Craxi, condamné, en 1998, à quatre ans de réclusion pour cette affaire. De son côté, le Cavaliere écope alors d'une peine de trente mois de prison. Un an plus tard, l'accusation de financement illicite des partis politiques est cependant déclarée prescrite. Depuis, restait à juger l'autre partie de l'affaire, à savoir la falsification de bilan, qui jusqu'en 2001 était un délit. «Ça ne l'est plus», a noté, hier, le tribunal de Milan.

Loi sur mesure.
«La sentence est juste et était attendue», a commenté Gaetano Pecorella, avocat de Berlusconi et président de la commission justice à la Chambre des députés. En face, l'opposition a dénoncé «le résultat d'une loi sur mesure» qui permet une fois de plus au chef du gouvernement d'échapper aux procureurs. Accusé pêle-mêle de corruption, de fraude fiscale, d'abus de biens sociaux ou de financement illicite des partis, il s'en tire avec six prescriptions, quatre acquittements et une amnistie. Il ne lui reste plus qu'à affronter une seule enquête pour faux en bilan et recyclage ainsi qu'un éventuel procès en appel pour corruption de magistrats, une affaire pour laquelle il a obtenu, en première instance, les circonstances atténuantes.

En attendant, sa majorité est repartie à l'assaut pour faire voter à la hâte une loi prévoyant entre autres de réduire de quinze à dix ans les délais de prescription du délit de corruption de magistrats. Cette mesure permettrait à son avocat et ancien bras droit, Cesare Previti, condamné à seize ans de prison, de sortir lui aussi indemne des griffes de la justice, avant les législatives du printemps 2006.
Par Eric JOZSEF, mercredi 28 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

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(Mars 2006) Berlusconi renvoyé devant les tribunaux
Nouvelle inculpation du chef du gouvernement italien, à l'approche des législatives d'avril.

A seulement trente jours des législatives des 9 et 10 avril, le parquet de Milan a requis vendredi le renvoi devant les tribunaux de Silvio Berlusconi et de l'avocat d'affaires britannique David Mills pour «corruption en actes judiciaires». Le chef du gouvernement italien est soupçonné d'avoir soudoyé ce dernier pour qu'il témoigne en sa faveur. Epoux de la ministre de la Culture de Tony Blair, Tessa Jowell, David Mills aurait cherché à couvrir des irrégularités présumées dans le cadre du rachat de droits cinématographiques par Mediaset.

Concrètement, l'empire audiovisuel du Cavaliere est soupçonné ­ à travers une autre procédure judiciaire encore en cours ­ d'avoir artificiellement gonflé les prix des droits en question à travers des sociétés écrans offshore pour constituer des caisses noires et frauder le fisc italien. Les procureurs de Milan estiment que l'avocat était au courant de ces pratiques et qu'il aurait, par le passé, menti à deux reprises à la justice italienne. En échange de son silence, David Mills aurait perçu 600 000 dollars. Mais il a, semble-t-il, été trahi par le fisc anglais. Sommé par les impôts de justifier l'origine de cet argent, David Mills aurait confié à l'un de ses collaborateurs qu'il s'agissait d'un «cadeau» pour ses témoignages bienveillants. Depuis, l'avocat s'est rétracté.

L'affaire fait grand bruit au Royaume-Uni et Tessa Jowell a aussi été mise sur la sellette, les 600 000 dollars ayant servi à rembourser un prêt immobilier contracté par le couple.

Dès l'annonce de la demande de renvoi, Paolo Bonaiuti, le porte-parole du Cavaliere, a vigoureusement rejeté hier les accusations dénonçant des «théories erronées». Depuis quinze ans, Berlusconi a collectionné les scandales. Pour l'heure, grâce notamment à l'adoption par son gouvernement de lois étendant le domaine de la prescription, il est toujours sorti indemne de ses ennuis judiciaires. Mieux, il a politiquement utilisé ses procès pour s'en prendre à une «justice communiste» et, à ses yeux, liberticide. Citant notamment la publication en novembre 1994, par le Corriere della Sera, de l'annonce d'une ouverture d'enquête à son encontre pour corruption par le parquet de Milan, alors qu'il présidait le sommet des Nations unies sur la criminalité à Naples, avait précipité sa chute du gouvernement.

«Encore une fois, et juste à la veille des élections, certains magistrats renoncent volontairement à la recherche de la vérité pour poursuivre des buts politiques», a tonné vendredi le coordinateur de Forza Italia, Sandro Bondi. La droite ne perd d'ailleurs aucune occasion pour souligner que la coalition de Romano Prodi a embarqué dans ses rangs les anciens procureurs milanais du pool Mains propres, Antonio Di Pietro et Gerardo D'Ambrosio.

Alors que la ministre Jowell a décidé de se séparer de son époux à la suite de l'affaire, Berlusconi espère que, dans ce contexte, le nouveau scandale l'aidera, par un effet boomerang, à prolonger son union avec les électeurs italiens.
Libération, 11/12 mars 2006, p. 11, par Eric JOZSEF, QUOTIDIEN : samedi 11 mars 2006

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08.07.06 | 15h14 CONVOQUÉ PAR LE TRIBUNAL DE MILAN LE 21 NOVEMBRE
Silvio Berlusconi comparaît pour "fraude fiscale et abus de biens sociaux"

Encore un procès pour Silvio Berlusconi. L'ancien président du Conseil italien devra comparaître le 21 novembre prochain devant le tribunal de Milan pour répondre de l'accusation de "fraude fiscale, faux en bilan et abus de biens sociaux".
Il lui est reproché d'avoir transféré des centaines de millions d'euros des caisses de sa société à des comptes personnels. De l'avoir fait à travers des sociétés écrans offshore, des prête-noms et grâce à toute une série de tricheries.
En particulier dans une affaire qui concerne des droits de retransmission de son groupe audiovisuel Mediaset. Selon l'enquête menée depuis quatre ans par le parquet milanais, Mediaset aurait artificiellement gonflé les prix d'achat de droits de diffusion de films américains. Grâce à ces opérations, le groupe aurait constitué des caisses noires à l'étranger et payé moins d'impôts au fisc.

L'avocat du "Cavaliere", Niccolo Ghedini a déclaré que la décision était "prévisible vu ce qui s'est toujours passé au tribunal de Milan". Pour le juge des enquêtes préliminaires, Fabio Paparella, l'accusation était suffisamment étayée pour permettre la tenue du procès.
Outre Silvio Berlusconi, onze autres dirigeants du groupe se retrouveront sur le ban des accusés, parmi lesquels l'ami de toujours Fedele Confalonieri, bras droit, et président de Mediaset.

Il aura à ses côtés l'avocat britannique David Mills, mari séparé du ministre de la culture du gouvernement Blair, Tessa Jovell. Celui-ci est à l'origine d'un autre volet de l'affaire, traité par un juge des enquêtes préliminaires qui doit déterminer s'il y a matière à procès.
Silvio Berlusconi y est soupçonné de corruption pour avoir versé à l'avocat David Mills un pot-de-vin de 600 000 dollars pour "acheter" ses deux témoignages devant les enquêteurs milanais sur l'affaire des droits de retransmission.

IL ENCOURT SIX ANS DE PRISON

Les malversations, niées par l'ancien chef du gouvernement, auraient eu lieu entre 1994 et 1999. Mais grâce à une loi sur la prescription votée par la majorité de centre-droit au cours de la précédente législature, les délits commis jusqu'en 1997 sont prescrits.
Les faits examinés par le juge concernent des droits pour 470 millions d'euros, achetés à des sociétés américaines par Fininvest - le holding qui contrôle 35,5 % de Mediaset - à travers deux sociétés écrans offshore. Ces deux sociétés auraient ensuite revendu ces droits, à un prix gonflé, à Mediaset en créant ainsi des caisses noires qui, selon l'accusation, étaient directement à la disposition du "Cavaliere".
Les traces de virements retrouvées par les enquêteurs prouveraient ces passages mais Silvio Berlusconi a toujours prétendu ne pas être à connaissance de ce mouvement d'argent. Pour l'avocat du président du groupe, "il ne peut y avoir de faux en bilan pour une société cotée en Bourse et si les investisseurs n'ont pas subi de dommages. Ce n'est pas le cas de Mediaset vu que qui a acheté une action à 4 euros se la retrouve aujourd'hui à 10 euros."

Selon Silvio Berlusconi, ce procès, comme les précédents, relève d'une persécution à finalité politique. En théorie, il encourt six ans de prison. M. Berlusconi a connu de nombreux procès et a même été condamné en première instance à trois reprises. Mais il a toujours échappé à toutes sanctions, acquitté en appel ou en cassation ou grâce à la prescription.

Lorsqu'il était chef du gouvernement, il est parvenu à échapper ou retarder les procès le concernant en faisant adopter des lois jugées "ad personam" ou taillées sur mesure pour ses ennuis judiciaires.
Une accusation de fraude fiscale de 150 millions a été enterrée grâce à une amnistie fiscale adoptée sous son gouvernement en 2003. A l'époque, M. Berlusconi avait affirmé ne pas vouloir en bénéficier personnellement.
Il l'a fait. Et grâce au versement de 1 800 euros, il a échappé au procès.
Salvatore Aloise, Article paru dans l'édition du 09.07.06, LE MONDE | 08.07.06 | 15h14 • Mis à jour le 08.07.06 | 15h14

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Silvio Berlusconi obtient du Parlement son immunité judiciaire LE MONDE | 20.06.08 | 15h13 • Mis à jour le 20.06.08 | 15h13 ROME CORRESPONDANT

La trêve est finie entre Silvio Berlusconi et la justice italienne.
Et peut-être aussi entre le gouvernement et l'opposition de centre gauche, qui avaient récemment noué un dialogue sur la réforme des institutions.
Il a suffi d'un amendement au décret sur la sécurité, adopté mercredi 18 juin au Sénat, pour amorcer ce que la presse appelle "un retour vers le passé", c'est-à-dire en 2001, quand le tout nouveau chef du gouvernement faisait voter des lois jugées "ad personam" afin de se protéger des diverses procédures judiciaires dont il était l'objet.

Le texte actuel, baptisé par l'opposition "Sauve premier ministre", prévoit la suspension "immédiate et pour un an" des procès dont les faits remontent à avant le 30 juin 2002, afin de donner la priorité aux affaires plus récentes et plus graves (passibles de dix ans de prison). L'objectif avoué est de désengorger les tribunaux.

"ANOMALIE INSTITUTIONNELLE"

Pour Giuseppe Cascini, secrétaire général de l'Association nationale des magistrats (ANM) qui représente les 9 200 juges italiens, "cela va mettre la justice à genoux". L'ANM "refuse de croire qu'on puisse suspendre 100 000 procès pour en éviter un seul".

Dans une lettre rendue publique mardi au Sénat, le président du Conseil confirme que la mesure s'appliquera à "l'un des nombreux procès fantaisistes que les magistrats d'extrême gauche ont intentés contre moi à des fins politiques".
Il Cavaliere est poursuivi à Milan pour avoir versé, à la fin des années 1990, 600 000 dollars à un avocat britannique, David Mills, en échange de faux témoignages en sa faveur lors de deux procès pour corruption.
Pour faire bonne mesure, ses avocats ont déposé une demande de récusation de la présidente du tribunal.
Selon M. Berlusconi, cette magistrate, Nicoletta Gandus, aurait exprimé "publiquement des positions violemment opposées au gouvernement que j'ai eu l'honneur de diriger de 2001 à 2006".

M. Berlusconi a aussi annoncé la prochaine présentation d'un projet de loi visant à conférer l'immunité aux cinq plus hautes charges de l'Etat pendant leur mandat. Un texte similaire, déjà baptisé "Sauve Berlusconi", avait été rejeté en 2004 par la Cour constitutionnelle. Il Cavaliere le trouve "désormais indispensable".

Ces interventions ont provoqué l'agacement du chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, qui y voit "une anomalie institutionnelle". Elle a surtout réveillé l'indignation d'une opposition qui, jusque-là, avait modéré son antiberlusconisme.
"Au beau milieu de sa lune de miel avec les Italiens, la vraie nature de Berlusconi refait surface, écrit La Repubblica, proche du centre gauche. Nous devrions nous préparer au pire, à moins que nous soyons déjà en train de le vivre."
Le quotidien économique Il Sole 24 Ore, propriété du patronat, redoute que "la législature devienne trop vite le cimetière des illusions".
Jean-Jacques Bozonnet Article paru dans l'édition du 21.06.08

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