Fiction
Silvio Berlusconi

(Octobre 2009) La Cour constitutionnelle supprime l'immunité
(Avril 2007) Acquittement confirmé en appel
(Mai 2006) Son avocat condamné à 6 ans de réclusion
(Avril 2006) Battu d'extrême justesse aux législatives ; donc les juges ? ...
(Novembre 2004) Huit ans de prison requis ; prescription ..;
(Novembre 2003) Un proche condamné
(Mai 2003) Rendez-vous judiciaire pour Berlusconi ; la suite
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, est convoqué devant la justice italienne, dans le cadre d'une affaire de corruption. Dans le cas ou il serait condamné il risquerait plusieurs années de prison.

Après la condamnation de son vieil ami, et ex-avocat, Cesare Previti à 11 ans de prison pour corruption de magistrats, les regards sont désormais tournés vers Silvio Berlusconi, appelé à comparaître à Milan dans une affaire similaire. Dans un verdict qui a fait grand bruit et suscité de nombreux commentaires en Italie, le tribunal de Milan a condamné mardi soir en première instance Cesare Previti, et six autres personnes à des peines de quatre ans et demi à treize ans de prison. Cette sentence a été assortie du paiement de dommages et intérêts pour un montant d'environ 900 millions d'euros dans deux affaires (IMI-SIR et Lodo-Mondadori).

Ces dernières ont été regroupées dans un même procès instruit depuis près de trois ans. Si le chef du gouvernement italien n'est pas impliqué dans la première affaire, la seconde est en revanche politiquement beaucoup plus gênante, car elle concerne la reprise de la maison d'édition Mondadori par la holding Fininvest, propriété de Silvio Berlusconi, à travers une décision de justice "achetée", a souligné le tribunal.

3 à 8 ans de prison

Ce procès est extrêmement embarrassant pour le chef du gouvernement, qui doit prendre la présidence semestrielle de l'Union européenne le 1er juillet, et risque une peine de trois à huit ans de prison s'il est reconnu coupable. Le verdict devrait en effet être rendu dans le courant de l'été, selon les milieux judiciaires. La condamnation mardi de Cesare Previti est en outre délicate pour le chef du gouvernement italien, car les deux hommes sont très proches depuis des décennies. Leurs liens datent du début des années 70, quand M. Previti, 68 ans, a aidé M. Berlusconi, 66 ans, à acheter sa villa d'Arcore, sa principale résidence près de Milan. Silvio Berlusconi a d'ailleurs immédiatement réagi après sa condamnation, dénonçant dans un communiqué "la persécution politico-judiciaire à l'encontre de Cesare Previti" conduite par une "certaine magistrature qui tente de conditionner notre vie politique".

La thèse de la persécution politique par des magistrats de gauche a cependant été démontée mercredi, dans un éditorial par La Stampa, le quotidien du groupe Fiat. "Cette thèse devrait englober, dans une manœuvre concertée et complexe, non seulement les juges de Milan, mais également ceux de la Cassation", écrit le journal. La juridiction suprême a en effet rendu une décision défavorable à Cesare Previti en jugeant infondée la partialité des juges milanais qu'il avait invoquée pour demander le transfert de son procès à Brescia.
tf1.fr, news, Mis en ligne le 02 mai 2003

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(Novembre 2003) Un proche de Berlusconi condamné
L'ancien ministre Cesare Previti a écopé de cinq ans de prison pour corruption.

Ancien ministre de la Défense et très proche collaborateur de Silvio Berlusconi, Cesare Previti a été condamné samedi, en première instance, à cinq ans de réclusion par le tribunal de Milan pour corruption. L'avocat et ami du chef du gouvernement a été reconnu coupable d'avoir versé des pot-de-vin au magistrat Renato Squillante, ancien responsable des juges des enquêtes préliminaires de Rome, condamné quant à lui à huit ans de prison. En 1991, 434 000 dollars (365 000 euros) seraient notamment passés en quelques heures du compte bancaire Ferrido, appartenant à la Fininvest ­ le groupe de Silvio Berlusconi ­, à celui de Cesare Previti, lequel aurait ensuite détourné la somme sur un troisième compte au nom du magistrat Renato Squillante.

Bénéficiant depuis juin dernier d'une immunité en tant que président du Conseil, Silvio Berlusconi n'a pas été concerné par la sentence. D'autant que, par mesure de précaution, les juges milanais avaient déjà décidé il y a quelques mois de dissocier son procès de celui de Cesare Previti.

Le tribunal de Milan a donc estimé que l'avocat, déjà condamné en première instance à onze ans de prison pour corruption de magistrats dans une autre affaire (Imi-Sir, Mondadori), a, comme le soutenaient les procureurs, «régulièrement rétribué» Renato Squillante «pour le compte de la Finivest».

«J'exprime ma solidarité à Cesare Previti qui avait droit à un procès plus juste et plus respectueux des droits de la défense», a, de son côté, fait savoir le président du Conseil dont la situation judiciaire est encore en suspens. Le 9 décembre, la Cour constitutionnelle devra en effet se prononcer sur la conformité de la loi sur l'immunité. En cas de rejet de celle-ci, Silvio Berlusconi devrait retourner dans le box des accusés avec, en toile de fond, la condamnation à cinq ans de son homme de confiance depuis près de trente ans.
Libération, Par Eric JOZSEF, lundi 24 novembre 2003

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Huit ans de prison requis contre Silvio Berlusconi

Une peine de huit ans de prison a été requise, vendredi (12 novembre 2004), à l'encontre du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, 68 ans, jugé par le tribunal de Milan pour corruption de magistrats.
Le verdict est attendu le 3 décembre, après les plaidoiries de la défense.

Au cours de son réquisitoire, très dur, de près de huit heures, avec une interruption pour le déjeuner, la procureure Iida Boccassini a affirmé que «l'entrepreneur Silvio Berlusconi» devait «être condamné» pour avoir utilisé un holding financier, la Fininvest, afin de «rétribuer des magistrats de Rome pour qu'ils mettent leurs fonctions au service de son groupe», qui contrôle trois chaînes de télévision et une série d'autres sociétés industrielles.
La procureure a requis la peine maximale prévue, demandant une condamnation pour «corruption simple». (AFP)
Libération, 13/14 novembre 2004, p. 10

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(Avril 2006) Sans majorité, Silvio Berlsuconi pourrait revenir devant les juges

Même s'il a déjà été condamné, en première instance, à la prison ferme, M. Berlusconi a été acquitté ou a bénéficié de la prescription des délits, parfois grâce au vote de sa majorité parlementaire.

S 'il perd les élections législatives, Silvio Berlusconi ne pourra plus désormais compter sur une majorité parlementaire et sénatoriale pour le protéger des nombreuses enquêtes judiciaires qui l'ont visé depuis son entrée en politique en 1993. Dernière affaire en date, il est, depuis 2003, sous le coup d'une enquête pour fraude fiscale et corruption de témoin pour l'achat et la vente de droits télévisés et cinématographiques par sa holding Mediaset. La première audience préliminaire a été fixée au 5 juin 2006 par le parquet de Milan.

M. Berlusconi avait déjà été condamné à trois reprises en première instance en 1997 et 1998 à un total de six ans de prison dont cinq mois fermes pour corruption, faux en bilan et financement illicite d'un parti politique. Depuis, il a été acquitté ou a bénéficié de la prescription des délits, parfois grâce à un vote de sa majorité parlementaire.

DÉLITS MAJORITAIREMENT PRESCRITS

Retour sur les nombreuses affaires de la vie judiciaire du "Cavaliere". En 1994, il est accusé d'avoir versé des pots-de-vin à la police financière, et est condamné en première instance en juillet 1998 à 33 mois de prison. Il est acquitté en appel en mai 2000 en partie pour prescription. Puis il est innocenté en cassation en octobre 2001.

En 1995, accusé d'avoir financé en partie avec des fonds d'une caisse noire l'achat du joueur de football Gianluigi Lentini pour son club, le Milan AC, il bénéficie de la prescription en novembre 2002, grâce à une loi dépénalisant partiellement le faux en bilan, votée par sa majorité au Parlement. La même année, il est acquitté par prescription alors qu'il est accusé de fraude fiscale dans l'acquisition d'une luxueuse villa, à Macherio, près de Milan.

Toujours en 1995, accusé de faux en bilan et d'appropriation illicite lors de l'acquisition de la société cinématographique Medusa par ReteItalia, une société de sa holding, la Fininvest, Silvio Berlusconi est condamné à 16 mois de prison en première instance en décembre 1997. Puis il est acquitté en appel en février 2000 et absous en cassation en octobre 2001. Dans le même temps, il est accusé de financement illégal du Parti socialiste italien (PSI) à travers une société off-shore, la All Iberian. Les juges le condamnent en première instance à 28 mois de prison en juillet 1998. Prescription en appel en octobre 1999. La cassation confirme en 2000 la prescription.

POURSUIVI EN ESPAGNE

En 1996, il est accusé de faux en bilan dans un autre volet de l'affaire All Iberian. Le tribunal l'acquitte le 26 septembre 2005. La justice considère que les faits reprochés ne représentent plus un délit au regard de la nouvelle législation sur le faux en bilan adoptée en 2001.
Encore en procès en 1998, M. Berlusconi est accusé de corruption de juge dans le rachat par la Fininvest de la maison d'édition Mondadori. Prescription en appel et acquittement en cassation en novembre 2001.
Suit une affaire de corruption en 1998. La justice l'accuse de corruption de juges dans l'affaire dite "SME" pour empêcher le rachat de cette société publique de produits agroalimentaires en 1985 par l'industriel Carlo De Benedetti. Silvio Berlusconi est relaxé en décembre 2004 pour prescription des faits. Il fait appel pour être totalement blanchi et le procès est en cours.

Enfin, Silvio Berlusconi est poursuivi en Espagne depuis 1996 pour évasion fiscale et infraction à la législation antitrust dans l'affaire du rachat de Telecinco. L'instruction est suspendue depuis 2001.
LEMONDE.FR : Article publié le 10.04.06

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(Décembre 2004) Silvio Berlusconi échappe à une condamnation dans une affaire de corruption de magistrats
La prescription dont bénéficie le président du conseil n'est pas « une déclaration d'innocence », estime l'opposition. Il Cavaliere fait encore l'objet d'autres enquêtes

Silvio Berlusconi est à nouveau passé entre les mailles de la justice, vendredi 10 décembre, après une sentence alambiquée du tribunal de Milan qui l'exonère de toute sanction dans une affaire de corruption de magistrats. Sur l'un des volets de l'affaire, il est complètement relaxé. Sur l'autre, il bénéficie de la prescription.

« Mieux vaut tard que jamais, s'est exclamé le président du conseil italien. J'avais raison d'être serein, pleinement conscient de n'avoir rien fait de mal. » Le soulagement était palpable chez ses alliés politiques, car une condamnation aurait mis M. Berlusconi en position délicate, à quelques jours d'une rencontre avec George Bush à Washington et d'un sommet européen.

Ouvert en 2000, le procès concernait une affaire remontant à 1986, quand la Fininvest de Silvio Berlusconi avait obtenu du tribunal de Rome le blocage de la vente de la société d'agroalimentaire SME au groupe CIR (Buitoni), de l'homme d'affaires Carlo De Benedetti. Ce dernier soupçonnait le versement d'un pot-de-vin pour l'obtention de cette décision de justice. C'est sur cette partie du dossier que le jugement du tribunal milanais a absous Silvio Berlusconi.

Une décision logique dans la mesure où ses coïnculpés, jugés en novembre 2003 pour le même délit, avaient eux aussi été blanchis. « Le fait de corruption n'existe pas » dans l'affaire SME, avaient tranché les juges.

En revanche, l'instruction avait révélé un système de corruption plus large au sein du tribunal de Rome. Il a ainsi été établi qu'un chèque de 434 000 dollars, émis en 1991 depuis un compte de la Fininvest, avait transité sur le compte suisse de l'avocat du groupe, Cesare Previti, pour aboutir le même jour sur celui du juge Renato Squillante, chef des enquêtes préliminaires au tribunal de Rome.

M. Berlusconi, patron de la Fininvest, était-il au courant de ce versement, pour lequel M. Previti et le magistrat ont été condamnés en première instance, le 22 novembre 2003, à cinq et huit ans de prison ?

Le tribunal de Milan a choisi de ne pas répondre clairement. En accordant des « circonstances atténuantes », il a automatiquement réduit de moitié le délai de prescription, qui est de quinze ans. Les poursuites pour ce délit vieux de treize ans sont donc « éteintes ».

L'opposition met l'accent sur « l'ombre constituée par la prescription ». Pour l'ancien magistrat anticorruption Antonio Di Pietro, désormais député européen de centre gauche, « la prescription ne constitue pas une déclaration d'innocence mais une présomption de culpabilité ».

Devant ce qu'il considère comme un jugement « mi-figue, mi-raisin », l'ancien président de la République Francesco Cossiga a conseillé à Silvio Berlusconi « de démissionner et de renoncer au bénéfice de la prescription », car, dit-il, « il n'est pas un citoyen comme les autres ». Au contraire, certains partisans du président du conseil, comme Carlo Taormina, député de Forza Italia, estiment l'heure venue de « punir » les magistrats « qui lui ont fait parcourir un calvaire de dix années ». La procureure Ilda Boccassini avait requis huit ans de prison.

FRAUDE ET « ÉVASION FISCALE »

Les avocats du Cavaliere feront appel pour obtenir une absolution complète. « Nous sommes certains que les juges du procès d'appel diront que M. Berlusconi était complètement étranger à toute cette affaire », a expliqué Me Gaetano Pecorella.

En dix ans de vie politique, Silvio Berlusconi a été souvent confronté aux tribunaux. En 1997 et 1998, alors qu'il était dans l'opposition, il a été condamné trois fois en première instance à un total de six ans et cinq mois de prison ferme pour des affaires de corruption, faux en bilan et financement illicite de parti politique. Il a toujours échappé aux sanctions en appel et en cassation, souvent grâce à la prescription.

Mais il n'en a pas fini avec la justice, étant encore poursuivi pour « faux en bilan » dans une affaire dont le procès est suspendu jusqu'en mars 2005. Il est aussi inquiété pour « évasion fiscale » dans le cadre du rachat de la télévision Telecinco, en Espagne. Enfin, une autre enquête porte sur une fraude éventuelle concernant des droits cinématographiques.
Jean-Jacques Bozonnet, Article paru dans l'édition du 12.12.04, Le Monde

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(Avril 2006) La victoire douce-amère du «peuple de gauche» en Italie
L'Unione a remporté les élections de justesse mais sans élargir sa base électorale.

La gauche italienne est à l'heure de l'examen de conscience.

Certes elle a gagné, mais d'extrême justesse, avec 25 000 voix sur 47 millions d'électeurs, alors que l'accablant bilan de cinq ans de berlusconisme lui ouvrait une autoroute. La coalition de Romano Prodi, allant des catholiques progressistes à l'extrême gauche, a fait le plein des voix du «peuple de gauche», mais elle n'a pas réussi à aller au-delà.
«Sa limite est d'être une gauche classique à la Jospin, regroupant toute la gauche mais rien que la gauche au nom de l'antiberlusconisme et cela explique l'étroitesse de sa victoire», reconnaît Luca Ricolfi, directeur de la revue Polena, sociologue de gauche aux positions volontiers iconoclastes.

«Thèmes sensibles».
Cet échec relatif est reconnu par nombre de grands ténors de l'Unione. «Silvio Berlusconi a joué sur la peur des impôts comme du communisme et même si cela peut paraître absurde il s'agit là de thèmes sensibles pour des centaines de milliers de nos concitoyens», admet dans une interview au quotidien La Repubblica, Massimo D'Alema, président des Démocrates de gauche (DS), l'ex-PCI rénove. «On ne peut pas diaboliser les électeurs de Forza Italia, et l'attitude élitaire de ceux qui les considèrent comme des moutons obtus au crâne bourré par la télé est absurde», insiste l'écrivain Claudio Magris dans La Stampa.

Il est significatif que l'Unione n'ait pas réussi à percer dans le Nord, coeur productif et dynamique du pays avec ses milliers de petites entreprises. «Le centre gauche est perçu d'abord comme le grand défenseur des intérêts des salariés du secteur public ou des grandes industries», explique Giuseppe De Rita, président du Censis, le plus prestigieux centre d'études sociales du pays. «La droite a fait des routes et de l'énergie ses priorités alors que la gauche radicale rejette a priori ces questions», souligne Riccardo Illy, roi du café, ancien maire de Trieste et gouverneur du Frioul sous les couleurs du centre gauche. Le programme de l'Unione, pavé de 280 pages, représente en effet un compromis a minima entre ses composantes. «Pour intégrer la gauche radicale dans la coalition, Prodi et les dirigeants des DS ont accepté un programme nettement en retrait par rapport à 1996 ou à 2001 au lieu de proposer des réformes courageuses à même de séduire ceux qui ont été déçus par les promesses non tenues de la majorité sortante en matière de modernisation économique», insiste Luca Ricolfi.

Une telle politique d'ouverture vers le centre sera maintenant plus compliquée. Les résultats du vote ont enregistré en effet un net succès de la gauche radicale, qui représente désormais quelque 12 % des voix. «Cette poussée de l'extrémisme, qui augmentera les risques d'ingouvernabilité, représente un échec pour le projet Prodi», souligne dans le Corriere della Sera le philosophe Biagio De Giovanni. «Il nous faut maintenant créer le grand moteur réformiste de la coalition de centre gauche», rétorque Prodi, soulignant le bon score à la Chambre des députés de l'Ulivo, liste commune regroupant les ex-démocrates chrétiens de la Margherita et les DS, alors que ces deux partis stagnent au Sénat où ils se sont présentés séparés.

Urgence.
Evoqué depuis cinq ans, ce partito democratico, vrai grand parti commun, n'a jamais pu se réaliser. Désormais c'est une urgence. «Ce serait la seule force réellement en mesure de parler aussi à cette partie de l'Italie, qui ne croit plus à Berlusconi mais ne nous fait pas encore confiance», a insisté le président des DS, rappelant que son pouvoir d'attraction «neutraliserait et équilibrerait les poussées les plus extrémistes». En prenant la tête du camp progressiste en 1996, Prodi ne cachait pas sa volonté «de décongeler la gauche». Le travail est en bonne voie mais il est loin d'être achevé.
par Marc SEMO, Libération, QUOTIDIEN : vendredi 14 avril 2006

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(Mai 2006) Le bras droit de Berlusconi derrière les barreaux
Cesare Previti a été condamné par la Cour de cassation à 6 ans de réclusion pour corruption de magistrats • Après dix ans de procédure judiciaire.

Condamné, jeudi soir, par la Cour de cassation à 6 ans de réclusion pour corruption de magistrats, Cesare Previti, l'un des plus proches collaborateurs de Silvio Berlusconi, a été incarcéré vendredi à Rome.
L'avocat, qui est également député et ancien ministre de la Défense, s'est présenté au pénitencier de Rebbibia où il ne devrait rester que quelques jours. En vertu de l'une des dernières lois adoptées par le gouvernement sortant, Cesare Previti devrait être rapidement placé aux arrêts domiciliaires, étant âgé de plus de 70 ans.

Cet arrêt de la Cour de Cassation met un point final à une procédure qui a duré plus de dix ans et touché le coeur du système berlusconien. L'avocat est depuis toujours considéré comme l'homme des basses oeuvres du Cavaliere, au point que l'ancien garde des Sceaux Filippo Mancuso (membre de Forza Italia) avait un jour affirmé: le «président Berlusconi n'est pas psychologiquement et moralement libre» étant objet de «chantage» de la part de Previti.

Ce dernier commence à être inquiété par la justice en 1995. A cette époque, Stefania Ariosto, la compagne d'un autre avocat de Silvio Berlusconi, révèle à la brigade des finances que Previti a versé de l'argent à différents magistrats romains pour qu'ils ajustent les sentences de certains procès.
En particulier, celui portant sur l'affaire du groupe pétrolier Imi-Sir, qui se soldera l'Etat italien avait versé une indemnité de plus de 500 millions d'euros aux clients de Previti.

«Il s'est agi de la plus grande corruption de l'histoire judiciare italienne», avaient estimé dans leurs attendus les juges milanais en première instance.
Par une série de manoeuvres dilatoires et d'interventions législatives du gouvernement Berlusconi, Cesare Previti a tenté d'échapper au verdict définitif. En vain. Les juges de la cour de Cassation ont même estimé jeudi que le procès de corruption pour l'affaire Mondadori -le numéro un du livre italien que Silvio Berlusconi a réussi à racheter après une bataille contre Carlo De Benedetti-, et qui s'était soldé en appel par un acquittement de Previti devra être rejugé.

Silvio Berlusconi n'a souhaité faire aucun commentaire mais, à l'annonce du verdict, les lieutenants de Forza Italia ont sonné la charge dénoncant une "justice politisée". Et d'ajouter, qu'après la victoire de la gauche aux élections d'avril, «l'ère de la vengeance a commencé».
par Eric Joszef, LIBERATION.FR : vendredi 05 mai 2006 - 18:28

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Berlusconi acquitté en appel dans une affaire de corruption 27.04.07 | 16h17, lemonde.fr

MILAN (Reuters) - Une cour d'appel milanaise a acquitté l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi dans une affaire de corruption, maintenant l'acquittement prononcé en première instance.

"Le délit n'existe pas, il n'en a pas commis", a déclaré le magistrat qui présidait la cour.

L'homme le plus riche d'Italie, propriétaire de l'empire financier Mediaset, avait été acquitté tout d'abord en 2004. Une loi adoptée par son gouvernement stipulait qu'il ne pouvait pas être rejugé, mais celle-ci a été déclarée contraire à la constitution l'an dernier, donnant aux procureurs l'occasion d'un jugement en appel.

Berlusconi, chef de file de l'opposition de droite, était accusé d'avoir soudoyé des juges pour bloquer la vente du groupe alimentaire SME à un homme d'affaires rival dans les années 1980. Berlusconi, qui risquait une peine de cinq ans de prison s'il était reconnu coupable, avait jugé ces accusations "sans aucun fondement".
lemonde.fr, 27.04.07 | 16h17

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Silvio Berlusconi dépouillé de son immunité LE MONDE | 08.10.09 | 13h55 • Mis à jour le 08.10.09 | 13h55 Rome Correspondant Philippe Ridet Article paru dans l'édition du 09.10.09

Silvio Berlusconi a perdu sa cuirasse judiciaire et ses nerfs, mais il n'a pas rendu les armes.
Mercredi 7 octobre, sitôt connu le rejet par la Cour constitutionnelle de la loi Alfano qui, votée en juillet 2008, suspend les procédures judiciaires pour les titulaires des quatre plus hautes fonctions de l'Etat, le président du conseil a cherché à délégitimer la Cour : "C'est un organe politique, elle est de gauche, mais nous allons continuer, nous devons gouverner (...) Vive l'Italie et vive Berlusconi".
Au passage il a attaqué également la presse "de gauche", le président de la République "de gauche" et la télévision publique "de gauche".

Au terme de deux journées de débats, la majorité des quinze magistrats (cinq sont nommés par le président de la République, cinq par le Parlement et cinq par les magistrats) a estimé que seule une procédure de révision constitutionnelle, et non une simple loi ordinaire, pouvait octroyer une immunité pénale aux présidents de la République, du conseil, de l'Assemblée et du Sénat.
Ils ont en outre jugé que cet article contrevenait au principe d'égalité des citoyens devant la loi.

Pour sa défense, les avocats du président du conseil avaient fait valoir - plutôt maladroitement - que si "la loi est égale pour tous, son application ne l'est pas forcément". Arguant que le président du conseil - dont la légitimité procède du Parlement - n'est pas "primus inter pares" (le premier parmi ses pairs) mais "primus super pares" (le premier au-dessus de ses pairs), ils ont agité les risques que ferait courir sur l'activité politique du chef du gouvernement la réouverture de certains procès dans lesquels il est impliqué, offrant ainsi des arguments à ceux qui dénonçaient une loi ad hominem.

Pendant ces deux jours, les pressions n'ont pas manqué. M. Berlusconi - qui, avant l'été, avait dîné à la table de deux des juges constitutionnels - a confié, mardi, à ses proches que les procès lui laisseraient "moins de temps pour s'occuper des Italiens".
Quelques heures avant l'arrêt de la Cour constitutionnelle, mercredi, Umberto Bossi, le leader du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord, l'allié le plus loyal du chef du gouvernement, avait menacé d'un "recours à la rue" au cas où les juges rejetteraient la loi. Mais la Cour s'en est tenue aux principes de la Constitution.

La première conséquence est judiciaire : les procès "gelés" vont reprendre dans les différents tribunaux qui ont à juger des affaires concernant M. Berlusconi. La seconde est politique : déjà empêtré dans les révélations scabreuses sur sa vie privée, condamné à verser 750 millions d'euros à son vieil ennemi Carlo De Benedetti, affaibli sur le plan international, le président du conseil pourra-t-il tenir ?

Seul l'ancien juge anticorruption et président de l'Italie des valeurs Antonio Di Pietro a demandé, mercredi, sa démission pour "être inculpé". Le Parti démocrate (centre gauche) s'est abstenu d'entrer dans cette polémique. Toutefois cette situation va renforcer les pressions à l'encontre de M. Berlusconi et ouvrir une phase d'incertitude. Ignazio Marino, un des trois candidats à la présidence du Parti démocrate, a confié au Monde que de "nombreux chefs d'entreprise ont envie de tourner la page du berlusconisme le plus tôt possible".

Techniquement rien n'empêche M. Berlusconi de gouverner comme il l'a fait, sans immunité, entre 2001 et 2006, même si comme le dit son avocat, Niccolo Ghedini, il devra "suivre des procès sans fin plutôt que de s'occuper des problèmes nationaux et internationaux".

Le gouvernement réfléchit d'ores et déjà à une réforme de la justice qui pourrait tenir le président du conseil éloigné des tribunaux.

M. Berlusconi dispose d'une arme que ses adversaires n'ont pas : la popularité. Dès mercredi soir, un conseiller du palais Chigi (le siège du gouvernement) mettait en avant le "consensus" dont il dispose "parce qu'il travaille bien" et "le vote démocratique" qui l'a conduit pour une troisième fois au pouvoir, en avril 2008.

Selon un sondage Euromedia Research publié mercredi matin à la "une" d'Il Giornale, le quotidien dirigé par le frère du président du conseil, des élections anticipées conduiraient aujourd'hui à la victoire de la droite alliée à la Ligue du Nord. Mais après avoir menacé d'un retour aux urnes, M. Berlusconi paraît privilégier la possibilité de transformer en référendum sur sa personne les élections régionales de mars 2010, pour apporter la preuve qu'il reste maître - du moins politiquement - de la situation.

Perspective trop lointaine, risquée ? Dans son entourage, certains envisagent l'organisation d'une grande manifestation de soutien en décembre. Mais l'un de ses collaborateurs confie : "Les manifestations sont efficaces quand on est dans l'opposition. Aujourd'hui, nous avons quelque chose de beaucoup plus rassurant : les sondages."

Mercredi soir une poignée de manifestants ont crié "En prison ! En prison !", au moment où M. Berlusconi se rendait au vernissage d'une exposition de peinture intitulée "le Pouvoir et la Grâce".

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