Robert Barcia
Lutte ouvrière se dévoile
Cohn-Bendit et Libération condamnés
DE L'OMBRE à la lumière. Robert Barcia, alias Hardy, dirigeant historique de Lutte ouvrière, longtemps clandestin, se confie : il publie un livre sur ses soixante ans de militantisme (« la Véritable Histoire de Lutte ouvrière », Editions Denoël), et s'exprime ce soir pour la première fois à la télé, dans « Mots croisés », sur France 2.
Un petit événement en soi : souvent présenté comme le « gourou » d'Arlette Laguiller, le véritable « cerveau » de l'organisation communiste quitte soudain, à près de 75 ans, la pénombre dans laquelle il s'est complu jusque-là. Non pour goûter aux joies de la notoriété : ce n'est pas son style. Mais pour voler au secours d'Arlette. Et tenter de redresser la barre après une année 2002 difficile.
« Nous ne vivons pas en collectivité »
Longtemps adulée par les médias, Laguiller ne fait plus recette. D'abord, elle a été débordée par le succès médiatique d'Olivier Besancenot, le jeune candidat de la Ligue communiste révolutionnaire, à la dernière présidentielle. Ensuite, elle s'est retrouvée incapable de répondre, si ce n'est par des larmes, aux questions sur le fonctionnement de LO. Enfin, son refus d'appeler ses électeurs à faire barrage au Front national entre les deux tours de la présidentielle a fini de ternir l'image du mouvement et de sa porte-parole. « Ce livre vise à dédiaboliser Arlette et LO. Barcia l'a fait pour des raisons très marketing », analyse froidement un spécialiste de l'extrême gauche.
L'homme de l'ombre monte donc en première ligne, et se plie à un long exercice de justification dans son livre. L'opacité de LO, qui lui a valu le qualificatif de secte ? « Nous ne lavons pas le cerveau de nos adhérents, nous ne les faisons pas rompre avec leur famille, nous ne nous approprions pas leurs biens. Nous ne vivons pas en collectivité et nous n'avons pas inventé une religion à nous. » La prohibition du couple ? « Le mariage, nous ne l'interdisons pas, nous sommes contre. » Et celle des enfants ? « Les enfants, il n'est guère possible de les élever correctement et de leur assurer la tendresse et la présence voulues tout en menant une vie militante », assure-t-il. Enfin ses propres activités de cadre supérieur dans l'industrie pharmaceutique ? « Vous pouvez être dirigeant d'une entreprise sans être du côté du patronat », fait-il valoir.
Et Barcia, au fil des pages, de multiplier à l'envi les attaques contre les « cousins » trotskistes de la LCR, et de se moquer gentiment des « gauchistes de 1968 » qui « réduisent leur anticonformisme à circuler à vélo ou à rollers le dimanche ». Quant aux socialistes, pas un mot. Ils n'appartiennent pas à son univers.
Nathalie Segaunes, Le Parisien, lundi 10 février 2003, p. 5
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(Octobre 2004) Gabriel Cohn-Bendit et le journal Libération condamnés
Mardi 5 octobre 2004 le Tribunal correctionnel de Paris les a condamnés à 5 000 euros de dommages et intérêts pour avoir affirmé que Robert Garcia avait procédé dans sa société pharmaceutique à des "licenciements irréguliers".
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